La gestion des actes d’état civil au Burundi reste encore largement dominée par des procédures manuelles, souvent sources de lenteurs administratives. Les autorités veulent désormais s’appuyer sur le numérique pour sécuriser les données des citoyens et moderniser l’administration publique.
Le Burundi poursuit la modernisation de son administration publique à travers un vaste chantier de numérisation de l’état civil et de l’identification des citoyens. Le ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique a présenté, le mardi 6 mai, une plateforme numérique dédiée à la gestion des documents administratifs et à la production d’une nouvelle carte nationale d’identité biométrique.
Selon Valentin Nahimana (photo), directeur général chargé des programmes de l’administration au sein du ministère, cette réforme était en préparation depuis plusieurs années. Sa mise en œuvre a toutefois nécessité une adaptation du cadre juridique existant, notamment des dispositions du code de la famille qui prévoyaient encore un enregistrement manuel des actes d’état civil. Ces ajustements étaient indispensables pour permettre l’intégration des nouvelles technologies dans le système administratif.
La future carte biométrique intégrera plusieurs éléments de sécurité destinés à limiter les risques de falsification et d’usurpation d’identité. Son numéro unique devrait également servir de référence dans d’autres documents officiels, notamment le passeport et différents services administratifs.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique engagée par les autorités burundaises afin de moderniser les services publics, renforcer la sécurité des données et améliorer l’identification des citoyens. Le projet prévoit notamment la numérisation des actes d’état civil, longtemps gérés de manière manuelle, ainsi que l’instauration d’un système d’identification conforme aux standards internationaux.
Sur le plan technique, les autorités affirment que les infrastructures nécessaires sont presque finalisées et que le système attend désormais l’adoption du décret devant encadrer officiellement son utilisation. Plusieurs défis persistent, notamment l’accès limité à l’électricité et à Internet dans certaines zones rurales. Selon les dernières données de DataReportal, le taux de pénétration d’Internet au Burundi est de 11,1 % fin 2025, l’un des plus faibles d’Afrique subsaharienne.
Au-delà de la simple délivrance d’un document d’identité, ce projet marque une nouvelle étape dans la transformation numérique du Burundi. Les autorités espèrent qu’il permettra de renforcer la gouvernance administrative, de faciliter l’accès aux services publics et de poser les bases d’un écosystème numérique plus moderne et interconnecté.
Samira Njoya
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