Pilier de l’économie malgache, l’agriculture contribue à près de 30 % du PIB national, mais reste confrontée à de faibles gains de productivité et à une forte vulnérabilité climatique. Le gouvernement veut y répondre en accélérant la transformation numérique du secteur.
Madagascar accélère la transformation numérique de son agriculture avec le lancement d’une infrastructure publique numérique et de trois premiers services destinés aux producteurs. L’initiative a été dévoilée le mardi 30 juin lors d’un atelier consacré à l’élaboration de la feuille de route nationale pour la numérisation de l’agriculture, organisé à Antananarivo par les ministères de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement numérique, avec l’appui de la Banque mondiale à travers le mécanisme KWPF.
Au cœur du dispositif figure une infrastructure publique numérique agricole destinée à garantir l’interopérabilité et la souveraineté des données relatives à l’agriculture, à l’élevage et à la pêche. Les autorités ont parallèlement présenté trois premières solutions numériques. La première consiste en un annuaire national des producteurs, qui constituera une base de données unifiée des exploitants agricoles. La deuxième combine un système de suivi des prix des produits agricoles et un dispositif d’alerte météorologique diffusant des informations actualisées en temps réel. Enfin, une plateforme de conseil agricole numérique fournira aux producteurs des recommandations adaptées à leurs cultures, à leur localisation et aux conditions climatiques locales.
Selon le ministère de l’Agriculture, ces outils ont vocation à améliorer l’accès des producteurs aux informations sur les marchés, à faciliter les décisions culturales et à renforcer leur capacité d’anticipation face aux aléas climatiques. Trois entreprises ont été retenues par les autorités, sous la supervision de l’assistant technique NextA, pour développer ces solutions. Des projets similaires sont également en cours dans l’élevage, notamment autour de la digitalisation des ruches et du suivi sanitaire numérique des cheptels bovins.
Ce chantier intervient dans un contexte où l’agriculture demeure un pilier de l’économie malgache. D’après la Banque mondiale, le secteur représente près de 30 % du PIB, environ 40 % des recettes d’exportation et fait vivre près de 70 % de la population active. Pourtant, les faibles niveaux de productivité, l’accès limité aux services agricoles et la forte exposition aux chocs climatiques continuent de freiner son développement. Pour les institutions internationales, le recours aux technologies numériques constitue désormais un levier essentiel pour améliorer les rendements, faciliter l’accès aux marchés et renforcer la sécurité alimentaire.
Le lancement de ces solutions s’inscrit également dans une stratégie plus large de transformation numérique du secteur agricole. Madagascar travaille depuis plusieurs années, avec l’appui de partenaires comme la Banque mondiale et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, à l’élaboration d’une feuille de route nationale pour l’agriculture numérique. Celle‑ci doit permettre de structurer les infrastructures de données, d’améliorer la gouvernance numérique du secteur et de favoriser le déploiement de services digitaux à grande échelle au bénéfice des producteurs.
Samira Njoya
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