Start-up africaines : la dette dépasse les levées en capital pour la première fois

Par : Adoni Conrad Quenum

Date de création : jeudi, 14 mai 2026 04:27

Depuis quelques années, les financements dans les jeunes pousses africaines ralentissent. Avec la hausse des taux d’intérêt, les investisseurs sont devenus de plus en plus sélectifs, obligeant les entrepreneurs technologiques africains à se tourner vers le financement par dette.

Le financement par dette est devenu, pour la première fois, le principal mode de financement dans l’écosystème des start-up africaines. Au premier trimestre 2026, la dette a représenté 305 millions USD sur les 600 millions de dollars levés, contre seulement 50 millions USD au premier trimestre 2025, soit un montant six fois supérieur en un an, selon les données d’Africa: The Big Deal.

Ce basculement s’inscrit dans une tendance de fond amorcée depuis plusieurs années. Selon le rapport annuel 2025 de Partech publié en janvier 2026, les financements par dette sont passés de 1,01 milliard USD fin 2024 à 1,64 milliard USD fin 2025, soit une hausse de 63 % sur un an.

Le nombre d’opérations a suivi la même trajectoire, progressant de 40 % pour atteindre 108 transactions, un niveau record sur le continent. En 2025, la dette a ainsi représenté 41 % de l’ensemble des capitaux investis dans les start-up africaines, contre 31 % en 2024 et 17 % en 2019.

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« Nous avons constaté que l’endettement constituait le changement structurel le plus important de l’année 2025. Encore marginal il y a quelques années, le financement par dette est devenu un pilier central du financement technologique africain », souligne Partech dans son rapport.

Pour le cabinet, cette progression ne traduit pas une reprise cyclique mais un changement durable des modes de financement. Un nombre croissant de start-up africaines atteint désormais un niveau d’activité, de génération de trésorerie et de gouvernance suffisant pour accéder à des instruments structurés et non dilutifs.

En avril 2026, le togolais Gozem a ainsi levé 24,5 millions USD en dette auprès de la Société financière internationale (SFI) pour financer l’expansion de sa flotte, tandis que la start-up agricole kényane Victory Farms a obtenu 15 millions USD via AgDevCo.

« Les chiffres semblent corrects à première vue, mais le fort recul des financements en capital [equity, Ndlr] et la raréfaction des petites levées témoignent d’un environnement plus difficile pour les start-up en phase d’amorçage », nuance Max Cuvellier Giacomelli, cofondateur d’Africa: The Big Deal.

La répartition géographique de la dette révèle des écarts marqués. En 2025, le Kenya arrive en tête avec 498 millions USD levés par dette, soit 48 % du capital total déployé dans le pays, suivi de l’Égypte (246 millions USD, +73 % sur un an), du Nigeria (160 millions USD, +132 %), du Sénégal (139 millions USD) et de l’Afrique du Sud (72 millions USD, -45 %).

Cette montée en puissance a toutefois une contrepartie. Le nombre total d’opérations a chuté de 34 % entre le premier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, passant de 140 à 92 transactions. Les petites levées, comprises entre 100 000 et 500 000 USD, sont passées de 73 à 32. Les start-up en phase d’amorçage, qui ne disposent pas encore d’une croissance suffisante pour accéder à la dette, se retrouvent ainsi exclues d’une partie du marché du financement.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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