La Guinée se dote d’une plateforme numérique de gestion des intrants agricoles

Par : Samira Njoya

Date de création : vendredi, 16 janvier 2026 13:33

En Guinée, l’agriculture mobilise près de 58 % de la population active. Pour renforcer la productivité et sécuriser la filière, le gouvernement mise sur le numérique, modernisant la gestion des intrants et soutenant directement les producteurs.

La Guinée a officiellement lancé, le jeudi 15 janvier à Conakry, sa plateforme digitale de gestion des intrants agricoles. Portée par le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, l’initiative vise à moderniser l’accès des producteurs aux engrais, semences et autres intrants stratégiques, dans un contexte où la performance du secteur agricole demeure un enjeu central pour la sécurité alimentaire et la croissance économique du pays.

Conçue comme un outil de pilotage et de transparence, la plateforme permet de centraliser les opérations liées à la commande, à la distribution et au suivi des intrants agricoles. Elle ambitionne de réduire les dysfonctionnements structurels de la filière, notamment les retards de livraison, les problèmes de qualité et les inégalités d’accès entre producteurs. Développée avec l’appui du Projet de production alimentaire d’urgence (PPAU), financé par la Banque africaine de développement (BAD), elle constitue la pierre angulaire de la stratégie nationale de fourniture durable des intrants agricoles.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme du secteur agricole guinéen, amorcée à l’issue des États généraux du secteur agropastoral tenus en 2024. Les autorités cherchent à repositionner l’État comme régulateur et garant de la qualité, tout en renforçant le rôle du secteur privé dans l’importation et la distribution des intrants. Une approche alignée sur les orientations de plusieurs pays africains qui misent sur la digitalisation pour améliorer l’efficience des chaînes de valeur agricoles.

Sur le terrain, les défis restent importants pour les producteurs guinéens. L’agriculture représente environ 30 % du PIB et repose majoritairement sur de petites exploitations à faible productivité. L’accès limité à des intrants de qualité, les coûts élevés, les circuits de distribution peu structurés et la dépendance aux aléas climatiques freinent les rendements. Selon les données de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), l’utilisation d’engrais en Guinée reste nettement inférieure à la moyenne africaine, ce qui pèse sur la compétitivité du secteur et les revenus des agriculteurs.

En misant sur la digitalisation pour restructurer un segment stratégique de son économie, les autorités espèrent contribuer à une meilleure allocation des intrants, à une réduction des coûts logistiques et à un ciblage plus efficace des politiques de soutien aux producteurs. En posant les bases d’un système plus transparent et traçable, la plateforme ouvre également la voie à d’autres services numériques agricoles, tels que l’identification des producteurs ou le suivi des performances des filières. Un levier stratégique pour renforcer la productivité, sécuriser les approvisionnements et accompagner la transformation durable de l’agriculture guinéenne.

Samira Njoya

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