Le Sénégal numérise le contrôle routier avec l’introduction de 2 500 caméras portables

Par : Samira Njoya

Date de création : vendredi, 20 février 2026 12:21

Au Sénégal, les contrôles routiers sont régulièrement entachés de corruption, pénalisant les usagers. Pour y remédier, le pays mise sur l’introduction d’outils technologiques visant à encadrer l’action des agents et à assurer une meilleure traçabilité des interventions sur le terrain.

Le gouvernement du Sénégal va doter prochainement ses unités de régulation de la circulation de 2500 caméras portables (bodycams). Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a annoncé la mesure le mercredi 18 février devant l’Assemblée nationale, lors de l’examen d’un projet de loi visant à professionnaliser le secteur de la sécurité privée.

Selon le ministre, ces équipements permettront d’enregistrer les interactions entre agents et usagers, fournissant des éléments factuels exploitables en cas de litige et favorisant une meilleure traçabilité des interventions sur la voie publique. L’objectif est d’améliorer les pratiques opérationnelles et de renforcer la qualité du service rendu aux citoyens.

Modernisation du contrôle routier par les outils numériques 

Sur le plan technique, les caméras piétons seront associées aux assistants numériques personnels (PDA) déjà utilisés par le ministère pour la gestion des contraventions et la dématérialisation des procédures. Cette combinaison vise à standardiser le traitement des infractions, limiter les manipulations en espèces et assurer un reversement direct des amendes au Trésor public, contribuant ainsi à une gestion plus rigoureuse des flux financiers.

Le projet accompagne la modernisation progressive des forces de sécurité, engagée depuis plusieurs années à travers l’intégration d’outils numériques dans la gestion du trafic et des contrôles routiers. L’administration mise sur l’exploitation des technologies mobiles pour améliorer l’efficacité des opérations et fiabiliser la collecte des données liées aux infractions.

Une technologie déjà expérimentée dans plusieurs pays 

À l’échelle internationale, les caméras portables se généralisent dans les services de sécurité comme outil d’appui aux procédures et à la gestion des preuves. Plusieurs études menées en Amérique du Nord et en Europe montrent une amélioration du respect des protocoles lors des contrôles et une diminution des incidents liés aux interventions.

Sur le continent africain, l’Afrique du Sud a engagé depuis 2023 un programme d’équipement de certains agents de police et de circulation en bodycams afin d’améliorer le suivi des interventions. Le Nigéria et le Kenya ont également amorcé des réflexions sur l’intégration de ces dispositifs dans leurs systèmes de sécurité publique.

Pour le Sénégal, l’introduction conjointe des bodycams et des PDA traduit une volonté d’articuler innovation technologique et réforme des pratiques administratives. En reliant ces outils à un circuit numérique de gestion des infractions, les autorités cherchent à fiabiliser les procédures, optimiser la perception des amendes et moderniser l’environnement opérationnel des forces de sécurité.

L’efficacité du dispositif reposera sur la formation des agents, l’encadrement juridique de l’utilisation des enregistrements et l’intégration de ces technologies dans un système de gestion cohérent, enjeux déjà observés dans plusieurs pays ayant adopté des solutions similaires.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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