Avec la transformation numérique, les pays africains préparent leurs citoyens aux compétences de demain. Par exemple, la Banque mondiale indique que près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.

Le gouvernement djiboutien a lancé une étude de faisabilité en vue de la création de « Maisons du numérique » dans les cinq régions de l’intérieur du pays. L’initiative s’inscrit dans le programme E-SKILLS, destiné à renforcer les compétences numériques de la population.

Dans un communiqué publié le mercredi 13 mai, le ministère délégué chargé de l’Économie numérique et de l’Innovation précise que cette étude constitue une étape déterminante pour définir les modalités de déploiement de ces espaces de proximité. Ceux-ci sont conçus comme des leviers d’inclusion numérique et de réduction de la fracture digitale.

« Les futures Maisons du numérique auront vocation à renforcer l’accès aux compétences numériques, accompagner les populations dans leurs usages du digital, encourager l’innovation locale et favoriser l’émergence d’opportunités économiques au sein des régions », indique le communiqué relayé sur les réseaux sociaux.

Ces structures devraient rapprocher le programme E-SKILLS des populations locales. Celui-ci vise à former au moins 3000 jeunes et femmes d’ici 2029, pour un coût estimé à 7 millions d’euros (environ 8,1 millions de dollars). Le projet s’inscrit dans la Vision Djibouti 2035, la feuille de route « Smart Nation » et le Plan national de développement 2025-2030, qui ambitionnent de positionner le pays comme un hub régional de compétences numériques.

Les compétences numériques sont considérées comme un levier de la transformation numérique. Elles constituent également un enjeu majeur en Afrique, où la problématique de l’emploi des jeunes reste particulièrement préoccupante. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), 90 % des métiers dans le monde nécessiteront une certaine compétence numérique d’ici 2030. À la même échéance, la Banque mondiale estime que 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne dépendront de ces aptitudes.

En 2024, le chômage des jeunes djiboutiens âgés de 15 à 24 ans atteignait 76,32 % selon la Banque mondiale, soit près de cinq fois la moyenne mondiale (15,7 %). La même année, seuls 23,7 % des personnes en âge de travailler occupaient un emploi, l’un des niveaux les plus faibles parmi les membres de l’Organisation de coopération islamique (OCI), selon le Centre de recherches statistiques, économiques et sociales et de formation pour les pays islamiques (SESRIC).

Au-delà des compétences, les Maisons du numérique peuvent également contribuer à réduire la fracture digitale dans un pays où la connectivité reste inégalement répartie. Selon l’Union internationale des télécommunications, la couverture 4G atteignait 76 % de la population en 2024, tandis que le taux de pénétration d’Internet s’établissait à 65,3 %.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Djibouti officialise sa plateforme d’identité numérique Mobile ID 

Djibouti prépare sa Stratégie nationale d’intelligence artificielle

Published in Gestion Publique

Le pays a lancé un vaste chantier de modernisation de ses services publics afin de les rendre plus accessibles et efficaces par le numérique. Les archives administratives constituent un axe central de la réforme, avec l’objectif de les centraliser.

Le gouvernement tchadien a officiellement lancé, le jeudi 14 mai à N’Djamena, une plateforme numérique dédiée au Journal officiel de la République. Accessible via journalofficiel.td, ce portail vise à moderniser l’accès aux textes juridiques et administratifs, renforcer la transparence de l’action publique et faciliter la diffusion des informations officielles auprès des citoyens, des entreprises et des institutions.

La nouvelle plateforme centralise désormais les lois, décrets, communiqués officiels, avis d’appels d’offres, marchés publics approuvés ainsi que différents textes réglementaires publiés par l’État. Le portail permet également de consulter plus de 68 années d’archives administratives et réglementaires, couvrant la période allant de 1958 à aujourd’hui.

Financé par l’Union européenne et mis en œuvre avec l’appui du PNUD, le projet s’inscrit dans les efforts engagés par les autorités pour accélérer la transformation numérique de l’administration tchadienne. L’objectif est de sécuriser et préserver la mémoire administrative nationale tout en garantissant un accès plus rapide et plus large aux documents officiels. Le gouvernement souhaite également améliorer la transparence autour des marchés publics et renforcer la fiabilité de l’information administrative diffusée aux citoyens.

Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs pays africains accélèrent la numérisation de leurs services publics afin d’améliorer la gouvernance, réduire les délais administratifs et faciliter l’accès à l’information publique. La dématérialisation des journaux officiels apparaît également comme un moyen de renforcer la sécurité juridique et de simplifier les démarches des citoyens, des investisseurs et des professionnels du droit.

Au-delà de la modernisation administrative, le pays cherche à améliorer l’accès à l’information juridique et à renforcer l’attractivité du pays pour les investisseurs. La maîtrise nationale des infrastructures et des archives numériques constitue un enjeu stratégique pour construire une administration plus efficace, plus transparente et davantage accessible sur l’ensemble du territoire.

Samira Njoya

Lire aussi:

Mauritanie : plus de 30 000 textes juridiques désormais accessibles en ligne

Published in Tech

La numérisation des services financiers gagne du terrain en Algérie. Entre hausse du nombre de cartes bancaires, déploiement des terminaux de paiement et progression des transactions électroniques, le pays cherche à installer durablement les usages numériques dans l’économie.

L’Algérie poursuit l’accélération de sa transition vers les paiements numériques. Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a annoncé le jeudi 14 mai devant le Conseil de la nation que le pays comptait, à fin mars 2026, plus de 22 millions de cartes de paiement en circulation, dont près de 18 millions de cartes Edahabia émises par Algérie Poste. Cette progression s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique engagée par les autorités pour renforcer l’inclusion financière et moderniser les services de paiement.

Les chiffres communiqués par le ministère témoignent de cette progression. Le parc national de distributeurs automatiques de billets a atteint 4713 appareils à fin mars 2026, pour environ 235 millions d’opérations enregistrées. Le nombre de terminaux de paiement électronique (TPE) dépasse désormais les 104 000 unités, contre environ 68 000 à fin 2024, traduisant une accélération importante du déploiement des équipements chez les commerçants.

L’utilisation des moyens de paiement numériques progresse également en valeur. Selon les données du GIE Monétique, les paiements électroniques réalisés via TPE, Internet et mobile ont atteint 939 milliards de dinars (7 milliards $) en 2025, en hausse de 46 % sur un an. Les paiements sur Internet ont particulièrement progressé, avec plus de 27 millions de transactions enregistrées pour une valeur dépassant 145 milliards de dinars. Les transferts d’argent via mobile ont eux aussi connu une forte croissance, stimulés notamment par les applications BaridMob et Wimpay.

Cette dynamique est portée par plusieurs réformes engagées ces dernières années. Les autorités ont notamment créé, en 2024, une Commission nationale des moyens de paiement électronique afin d’accélérer le développement de la monétique et d’améliorer la sécurité des transactions. En parallèle, l’extension des services publics numériques, l’essor du commerce électronique et la généralisation progressive des paiements en ligne contribuent à modifier les habitudes de consommation dans un pays historiquement dominé par les paiements en espèces.

Le développement du e-paiement reste toutefois confronté à plusieurs défis. Malgré l’augmentation rapide du nombre de cartes et de TPE, l’usage du cash demeure largement dominant dans l’économie algérienne. Selon des données relayées récemment par le GIE Monétique, moins de 10 % des commerçants du pays disposent actuellement d’un terminal de paiement électronique.

Les autorités misent néanmoins sur la poursuite de la numérisation des services financiers pour accélérer l’adoption des paiements électroniques. Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse la simple modernisation des transactions : il s’agit aussi de réduire l’économie informelle, d’améliorer la traçabilité des flux financiers et de favoriser une plus grande inclusion financière dans le pays.

Samira Njoya

Lire aussi:

 L’Algérie lance son premier cluster de start up dédié à l’IA et à la cybersécurité 

Published in Tech

Les pays africains misent de plus en plus sur le numérique pour soutenir leur développement socio-économique. Pour y parvenir, ils doivent investir davantage dans la cybersécurité.

Le Liberia s’est doté d’un laboratoire de cybersécurité et d’investigation numérique. Le dispositif vise à renforcer les capacités du pays face à la montée des menaces cybernétiques.

Une délégation de la CEDEAO a effectué une visite d’inspection de l’infrastructure le mardi 12 mai. L’organisation sous-régionale a ainsi évalué le niveau de conformité et de performance du laboratoire, dans le cadre de son dispositif de suivi et d’évaluation des initiatives liées à la cybersécurité dans les États membres, conformément à sa stratégie régionale en la matière.

Une infrastructure de pointe dédiée à la cybersécurité

Selon le ministère des Postes et Télécommunications, le laboratoire est équipé d’outils de criminalistique numérique de dernière génération, de systèmes de surveillance des menaces en temps réel, de capacités avancées de réponse aux incidents, ainsi que d’équipements spécialisés de formation. « Ce laboratoire de classe mondiale renforce considérablement la capacité du pays à enquêter sur les cybercrimes, à récupérer des preuves numériques, à analyser les menaces et à se défendre contre les risques cyber émergents », indique le ministère dans un communiqué publié sur Facebook.

Un précédent communiqué du ministère datant de 2024 lors du lancement du projet précisait que le laboratoire serait structuré en deux principales sections : une cellule de réponse aux incidents informatiques (CERT) et une unité de criminalistique numérique. La première sera chargée de répondre aux menaces numériques, notamment les cyberattaques et tentatives de piratage, tout en assurant la surveillance des systèmes, l’atténuation des risques et la formation des acteurs de la sécurité. La seconde sera dédiée aux enquêtes, permettant aux forces de l’ordre de collecter et analyser des preuves numériques dans des affaires telles que la fraude financière ou le trafic de drogue.

Un projet soutenu par la CEDEAO depuis 2019

Les prémices de cette initiative remontent à 2019, lorsque la CEDEAO s’était engagée à fournir au Liberia environ 400 millions de dollars d’équipements de criminalistique numérique, sous réserve de la mise à disposition d’un site adapté. Toutefois, des retards liés à l’acquisition de 100 000 dollars destinés aux travaux de rénovation ont freiné sa mise en œuvre pendant plusieurs années. Le projet a néanmoins connu une accélération en 2024, notamment sous la houlette du président Joseph Boakai.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts des autorités pour sécuriser le cyberespace national dans un contexte marqué par la montée des menaces numériques. Dans son « Cybercrime Africa Cyberthreat Assessment 2025 », Interpol souligne que l’essor des services numériques, des réseaux sociaux, du commerce en ligne et de la banque mobile a favorisé l’expansion de la cybercriminalité en Afrique. Le rapport indique que celle-ci représente plus de 30 % des infractions signalées en Afrique de l’Ouest et de l’Est en 2024, tandis que les pertes financières cumulées sur le continent entre 2019 et 2025 sont estimées à plus de 3 milliards de dollars.

Dans ce contexte, l’Union internationale des télécommunications (UIT) appelle les États à renforcer leurs dispositifs de cybersécurité afin de tirer pleinement parti des opportunités du numérique. Elle classe actuellement le Liberia à l’avant-dernier niveau de son Indice global de cybersécurité (2024), saluant des progrès en matière de cadre réglementaire et de coopération, mais pointant encore des insuffisances sur les plans technique, organisationnel et du développement des compétences. 

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Le Liberia annonce une formation sur la création de contenus pour Meta et TikTok

Published in Gestion Publique

Dans un contexte de forte demande en emplois qualifiés, les compétences numériques prennent une place de plus en plus importante. Orange intensifie ses actions pour soutenir l’insertion professionnelle des jeunes en Afrique.

Investir dans le plus grand atout de l’Afrique : sa jeunesse. C’est autour de cet axe que le groupe Orange a dévoilé le mardi 12 mai, lors du Sommet Africa Forward organisé à Nairobi, une nouvelle phase de son engagement en faveur de l’employabilité des jeunes sur le continent.

Dans le cadre de sa stratégie de transformation socio-économique, l’opérateur ambitionne de former plus de 3 millions de jeunes d’ici 2030 aux métiers du numérique, notamment dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le cloud ou encore l’entrepreneuriat. Ces formations, gratuites et certifiantes, seront déployées à travers un réseau élargi d’infrastructures dédiées.

Pour soutenir cet objectif, Orange prévoit l’ouverture de 50 nouveaux Orange Digital Centers, portant leur nombre total à 100 en Afrique et au Moyen-Orient. Le dispositif s’appuiera également sur des partenariats académiques, avec plus de 167 universités, ainsi que sur des plateformes d’apprentissage internationales comme Coursera. L’ambition est de renforcer l’accès aux compétences numériques et de mieux aligner les formations aux besoins du marché du travail.

Au-delà de la formation, le groupe entend également accélérer l’insertion professionnelle des jeunes. Orange prévoit ainsi d’accompagner plus de 500 start-up à l’horizon 2030, en s’appuyant sur un dispositif qui a déjà permis de soutenir plus de 400 jeunes entreprises sur le continent. L’objectif est de transformer les compétences acquises en opportunités économiques concrètes, dans des secteurs porteurs comme la fintech, la santé, l’agriculture ou encore le e-commerce.

Cette orientation vers l’emploi se matérialise notamment à travers le programme « Master Repair », développé en partenariat avec la GIZ. Déployé au Maroc, en Tunisie, au Sénégal et en Égypte, ce projet vise à former des jeunes aux métiers techniques liés à la réparation d’équipements électroniques, ainsi qu’à l’installation et à la maintenance de solutions énergétiques et de connectivité.

À mi-parcours, le programme a déjà permis à 285 jeunes d’acquérir des compétences opérationnelles, avec une attention particulière portée à l’inclusion : 26 % des bénéficiaires sont des femmes et près d’un tiers sont des personnes en situation de handicap. Le projet entre désormais dans une phase dédiée à l’insertion professionnelle, avec un accompagnement renforcé vers l’emploi salarié ou l’auto-emploi.

En combinant formation, accompagnement entrepreneurial et insertion professionnelle, Orange cherche à répondre à l’un des principaux défis du continent : la création d’emplois pour une population jeune en forte croissance. Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique plus large visant à faire du numérique un levier d’inclusion économique et sociale en Afrique.

Samira Njoya

Lire aussi:

Orange s’associe à Circle K pour numériser plus de 200 points de vente en Égypte

Published in Tech

Les infrastructures critiques, notamment dans le transport aérien, figurent parmi les cibles privilégiées des cyberattaques. Face à ces risques, le Gabon engage un renforcement de la sécurité de ses systèmes numériques pour garantir la continuité des opérations.

Le Gabon veut renforcer la protection de ses systèmes numériques dans le secteur de l’aviation civile. L’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) a annoncé à cet effet le jeudi 7 mai, la signature d'un accord de partenariat avec l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF). L'initiative vise à sécuriser les infrastructures critiques et à moderniser les systèmes d’information du secteur aérien.

Dans le cadre de cet accord, l’ANINF accompagnera l’ANAC dans la modernisation de ses systèmes numériques. L’objectif est de renforcer la sécurité des infrastructures informatiques, d’améliorer la gestion des données sensibles et d’optimiser les outils de gestion et de communication utilisés dans l’administration de l’aviation civile.

Le partenariat prévoit également une montée en capacité des systèmes de continuité de service et une amélioration de la résilience face aux incidents numériques. Les deux institutions travaillent aussi sur l’interopérabilité des systèmes d’information, afin de faciliter un échange sécurisé et structuré des données entre administrations.

Un cadre de transformation numérique plus large

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique portée par les autorités gabonaises, qui font de la souveraineté numérique et de la modernisation de l’administration des priorités. Elle est également alignée avec les standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui encourage les États à renforcer la cybersécurité de leurs infrastructures aéronautiques.

Le partenariat intervient dans un contexte international marqué par la recrudescence et la montée croissante des cyberattaques ciblant les systèmes d’aviation civile et les infrastructures critiques. Face aux nouveaux défis liés à l’interconnexion des environnements IT (Technologies de l’Information) et OT (Technologies Opérationnelles), la protection des systèmes numériques, la sécurisation des données sensibles ainsi que la continuité des opérations deviennent des objectifs centraux.

Vers une administration plus résiliente et interconnectée

Au-delà du secteur aérien, cette coopération illustre la volonté du Gabon de construire une administration plus sécurisée et mieux interconnectée. En structurant ses systèmes autour de standards de cybersécurité plus élevés, le pays cherche à renforcer la fiabilité de ses services publics numériques et la protection de ses données stratégiques.

Samira Njoya

Lire aussi:

Le Gabon prépare une stratégie de transformation numérique autour de cinq axes

Published in Tech

Le pays opte pour une modernisation de ses procédures d’entrée sur le territoire en misant sur la numérisation des démarches consulaires. Une évolution qui redéfinit la gestion administrative des flux migratoires.

Depuis le lundi 11 mai, toutes les demandes de visa pour le Tchad doivent obligatoirement être effectuées en ligne, via la plateforme officielle evisa.td. L’annonce a été faite par la sous-direction de l’E-Visa du ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration dans un communiqué publié le vendredi 8 mai 2026.

La plateforme eVisa Tchad, déjà opérationnelle depuis décembre 2024, devient désormais l’unique canal de demande pour l’ensemble des catégories de visas, à l’exception des visas diplomatiques et de courtoisie, qui restent gérés par les missions diplomatiques tchadiennes.

Selon les autorités, cette mesure s’inscrit dans l’application du décret n°2299/PR/PM/MSPI/2025 et d’un arrêté conjoint de 2026, qui encadrent les conditions d’entrée et de séjour des étrangers au Tchad. L’objectif est de centraliser et sécuriser le traitement des demandes, tout en simplifiant les procédures administratives.

Les autorités précisent par ailleurs qu’une période de transition est en cours. Les visas délivrés avant l’entrée en vigueur du dispositif restent valables jusqu’à leur expiration. En revanche, à partir du 21 mai 2026, tout visa délivré en dehors de la plateforme sera considéré comme invalide et ne permettra plus l’entrée sur le territoire tchadien. Les autorisations manuelles d’entrée sont supprimées définitivement.

Avec cette réforme, le Tchad rejoint un mouvement plus large de dématérialisation des procédures de visa observé dans plusieurs pays africains, à l’instar du Rwanda, du Kenya et du Ghana, qui ont déjà basculé vers des systèmes entièrement numériques pour la gestion des demandes d’entrée sur leur territoire.

Samira Njoya

Lire aussi:

Burkina Faso : l’Etat regroupe ses e-services dans un souci d’efficacité

Published in Tech

Les pays africains misent sur l’intégration des TIC pour assurer le développement socio-économique. Cette transformation touche à tous les secteurs, dont l’éducation.

L’Université du Burundi s’est dotée d’une Unité d’appui à l’enseignement numérique. Annoncée la semaine dernière, l’initiative s’inscrit dans le cadre plus large de la transformation numérique de l’enseignement supérieur dans le pays.

Selon la décision rectorale établissant l’unité, celle-ci a pour mission de développer et renforcer l’enseignement numérique dans toutes les facultés et instituts de l’université. Elle devra également initier et accompagner efficacement les projets et programmes visant l’intégration des technologies numériques afin d’améliorer la qualité de l’enseignement. L’unité sera aussi chargée de promouvoir la réflexion, la recherche et les partenariats dans le domaine des technologies éducatives.

Pour assurer la mise en œuvre du dispositif, des points focaux ont été désignés dans l’ensemble des facultés et instituts. Leur rôle consistera principalement à accompagner les enseignants dans l’adoption des pratiques pédagogiques numériques, à identifier les besoins en formation et en ressources. Ils devront aussi suivre les nouvelles perspectives offertes par les technologies éducatives et contribuer au développement d’une culture du numérique au sein de l’enseignement supérieur.

Entre potentiel, retard et défis

Cette initiative intervient alors que les autorités burundaises veulent digitaliser l’enseignement supérieur, à l’instar de nombreux pays africains. L’intégration des TIC dans les processus d’enseignement-apprentissage est perçue comme un moyen d’améliorer l’accès aux ressources pédagogiques, de moderniser les méthodes d’enseignement et de renforcer les compétences numériques des étudiants et des enseignants.

Le Burundi accuse toutefois un retard dans ce domaine. Richard Ndayishimiye, doyen de l’Institut Supérieur de Commerce (ISCO) à l’Université du Burundi et expert en transformation numérique de l’enseignement supérieur, l’a souligné en janvier dernier lors du 8e colloque de AUPTIC à Lausanne, en Suisse. Il a notamment évoqué les difficultés liées à la fracture numérique, au faible accès aux infrastructures de connexion et d’énergie, ainsi qu’au besoin de renforcement des compétences numériques au sein de la communauté universitaire.

Au niveau des pratiques, une enquête citée indique que seulement 19,69 % des étudiants suivent régulièrement un enseignement numérique, alors que 49,32 % des enseignants déclarent organiser des cours numériques. Par ailleurs, 82,7 % des étudiants expriment des besoins en formation, contre 93,5 % des enseignants.

Concernant la fracture numérique, les étudiants disposent d’équipements limités : seul un étudiant sur cinq possède un ordinateur. Les smartphones sont plus répandus, mais souvent incompatibles avec certaines applications pédagogiques. Les campus disposent également de peu, voire pas, d’espaces de travail équipés.

Malgré ces contraintes, un fort appétit pour le numérique se dégage au sein de la communauté universitaire. Selon l’enquête, 85,04 % des étudiants se disent favorables au développement du numérique, contre 96,1 % des enseignants.

Isaac K. Kassouwi

Published in Gestion Publique

Avec une économie numérique africaine en forte croissance, les coopérations entre États deviennent un levier clé. Le Maroc et le Ghana entendent capitaliser sur ce potentiel pour développer des services publics plus accessibles et stimuler l’innovation.

Le Maroc et le Ghana ont signé, le jeudi 7 mai à Rabat, une déclaration d’intention pour renforcer leur coopération dans la transition numérique et la modernisation de l’administration. L’accord a été paraphé en marge de la clôture des Assises africaines du Gouvernement.

Le protocole — signé par Amal El Fallah Seghrouchni (photo, à gauche), ministre marocaine de la Transition numérique, et Akanvariva Lydia Lamisi (photo, à droite), ministre d'État chargée de la Réforme du secteur public — fixe plusieurs axes prioritaires, dont la numérisation des services publics, le gouvernement ouvert, l’intelligence artificielle, ainsi que la gouvernance et la valorisation des données. Les deux parties entendent également promouvoir les technologies émergentes comme levier d’amélioration de la performance administrative.

Au-delà des engagements politiques, la coopération prévoit la mise en place de mécanismes opérationnels concrets. Des échanges d’expertise, des missions techniques, des ateliers, ainsi que des initiatives d’innovation collaborative — telles que des hackathons — devraient favoriser l’émergence de projets communs à fort impact. L’objectif affiché est de renforcer les capacités des administrations tout en stimulant les écosystèmes numériques nationaux.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement entre pays africains autour des enjeux de souveraineté numérique et d’efficacité de l’action publique. Le Maroc, qui déploie sa stratégie numérique à horizon 2030, multiplie les partenariats pour consolider son positionnement comme hub régional des services numériques. De son côté, le Ghana s’impose progressivement comme un acteur clé de l’innovation numérique en Afrique de l’Ouest, notamment grâce à ses avancées dans les services financiers numériques et l’identité numérique.

Cette signature intervient alors que les organisations de la société civile présentes à Rabat ont adopté une déclaration commune pour renforcer l'engagement politique en faveur de la transparence et de la participation citoyenne sur le continent.

Samira Njoya

Lire aussi:

 Le Maroc renforce sa transformation numérique avec trois nouveaux partenariats 

Published in Tech

Depuis le lancement de sa stratégie numérique à l’horizon 2030, le Maroc accélère la modernisation de son administration publique. Le pays enchaîne les partenariats dans le secteur numérique afin de soutenir la transformation des services publics et renforcer la qualité de la gouvernance.

Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration a signé, le mardi 5 mai à Rabat, trois conventions de partenariat destinées à accélérer la numérisation des services publics, améliorer la relation entre l’administration et les citoyens et renforcer les mécanismes de transparence. Ces accords ont été conclus en marge des Assises africaines du gouvernement ouvert (AAGO), organisées dans la capitale marocaine.

Le premier partenariat a été conclu avec l’Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO). L’accord porte sur plusieurs axes liés à la transformation numérique, notamment l’intelligence artificielle (IA), la formation, l’échange d’expertises et le développement de projets technologiques innovants dans les administrations publiques. Les deux parties ambitionnent également de promouvoir les données ouvertes et de renforcer la coopération autour de la numérisation du patrimoine culturel et scientifique.

Le deuxième accord, signé avec l’Institution du Médiateur du royaume, vise à moderniser l’accueil des usagers dans les services publics. Les autorités marocaines veulent améliorer la qualité des prestations administratives et renforcer la confiance des citoyens envers l’administration à travers de nouveaux dispositifs numériques et des expériences pilotes appelées à être progressivement généralisées.

Le troisième partenariat concerne l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption. Il prévoit la modernisation des systèmes d’information de l’institution ainsi que le développement d’outils numériques capables de renforcer la transparence et d’améliorer la détection des risques de corruption. L’accord mise notamment sur l’utilisation de l’IA et de l’analyse de données pour accompagner la digitalisation de la gouvernance publique.

Ces accords s’inscrivent dans un contexte d’intensification des investissements dans la transformation numérique de l’administration publique. Le Maroc mise notamment sur la dématérialisation des procédures, l’interconnexion des plateformes publiques et l’intégration progressive des technologies émergentes afin d’améliorer l’efficacité des services administratifs. Cette stratégie s’appuie sur une forte progression des usages numériques dans le pays. Selon l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), le taux de pénétration de l’Internet atteignait 112,59 % fin 2025, un niveau qui s’explique par la multiplication des abonnements mobiles et fixes.

Samira Njoya

Lire aussi:

 Le Maroc signe avec Huawei pour accélérer la télémédecine et moderniser les hôpitaux 

Published in Tech
Page 1 sur 175

Please publish modules in offcanvas position.