En Côte d’Ivoire, le numérique ne représente encore qu’environ 6 % du PIB, mais le gouvernement ambitionne de porter cette contribution à 15 % d’ici 2030. Dans cette dynamique, le pays multiplie les initiatives destinées à renforcer les compétences numériques et soutenir l’innovation.

Orange Côte d’Ivoire et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) entendent accélérer l’inclusion numérique et l’employabilité des jeunes à travers un nouveau partenariat axé sur la formation et l’entrepreneuriat digital. Les deux parties ont officialisé le jeudi 21 mai cette coopération à travers un protocole d’accord signé à Abidjan.

L’accord prévoit le déploiement conjoint de programmes de formation aux compétences numériques, en mettant l’accent sur les jeunes femmes et les populations vulnérables. Les initiatives porteront également sur l’accompagnement des start‑up et le développement de pôles d’innovation, en s’appuyant notamment sur les infrastructures d’Orange Digital Center, le dispositif d’accompagnement entrepreneurial du groupe télécom.

En dehors d’Abidjan, les partenaires annoncent vouloir étendre ces programmes dans plusieurs zones rurales et localités moins couvertes par les dispositifs de formation technologique. L’objectif affiché est de réduire les disparités d’accès aux compétences numériques dans un pays où la transformation numérique progresse, mais demeure largement concentrée dans les grands centres urbains.

Cette initiative intervient dans un contexte où la question des compétences numériques devient stratégique pour l’économie ivoirienne. Le Projet d’accélération digitale en Côte d’Ivoire (PADCI) prévoit notamment le développement de compétences numériques avancées et intermédiaires, en ciblant prioritairement les jeunes et les femmes. Les autorités ivoiriennes ambitionnent par ailleurs de porter la contribution du numérique à 15 % du PIB d’ici 2030, contre environ 6 % actuellement, en s’appuyant sur le développement des infrastructures, des services digitaux et du capital humain.

Pour Orange Côte d’Ivoire, ce partenariat s’inscrit dans une stratégie plus large de développement de services à valeur ajoutée autour de l’éducation numérique et de l’innovation. L’opérateur, qui revendique plus de 35 millions de clients à travers ses activités en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Liberia, multiplie depuis plusieurs années les initiatives liées à la formation aux métiers du numérique, du codage et de l’accompagnement des entrepreneurs technologiques.

Du côté du Programme des Nations unies pour le Développement, cette coopération s’aligne sur les programmes visant à utiliser le numérique comme levier de réduction des inégalités et d’insertion économique. Les deux partenaires entendent ainsi soutenir l’émergence d’un écosystème numérique plus inclusif, capable de répondre aux besoins croissants du marché du travail ivoirien.

Samira Njoya

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Le Kenya poursuit le développement de son secteur spatial. Le pays dispose depuis 2023 d’un satellite d’observation de la Terre, dénommé Taifa-1.

Le Kenya explore un partenariat avec la société kazakhe Ghalam LLP, dans le domaine spatial. Le pays souhaite notamment tirer parti de l’expertise de cette entreprise, spécialisée dans le développement de véhicules spatiaux et dans la fabrication de composants. Le président William Ruto s’est rendu dans les locaux de Ghalam LLP lors de sa visite d’État au Kazakhstan, les mardi 19 et mercredi 20 mai.

Selon lui, le partenariat envisagé vise principalement à accélérer le développement du jeune programme spatial kényan, centré à Malindi. Ce rapprochement survient dans un contexte où le pays est-africain cherche à « étendre ses connaissances et ses capacités spatiales afin de renforcer la collecte de données précises, d’améliorer la recherche et de soutenir une planification et un développement nationaux éclairés ». Il mise sur la coopération internationale pour atteindre cet objectif.

Depuis le début de l’année, le Kenya a multiplié les rapprochements dans le domaine spatial, notamment avec la Chine, l’Inde, l’Italie, les Etats-Unis et l’Allemagne. Avec cette dernière, les discussions ont notamment porté sur plusieurs axes de coopération, dont l’observation de la Terre, l’innovation et l’incubation d’entreprises, le renforcement des capacités, ainsi que l’utilisation des technologies spatiales au service du développement socio-économique.

Par ailleurs, le Kenya s’est associé à l’Egypte et à l’Ouganda pour lancer le programme « ClimCam », une initiative régionale axée sur l’observation climatique et les applications environnementales.

Un levier de développement socio-économique

Les autorités kényanes considèrent les technologies spatiales comme un levier de développement socio-économique dans plusieurs secteurs. Dans l’agriculture, par exemple, l’Agence spatiale kényane (KSA) souligne leur rôle central dans l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la productivité.

L’utilisation d’images satellites permet de suivre l’état et la santé des cultures, de détecter précocement les anomalies et de faciliter des interventions rapides. Ces données servent également à la cartographie des cultures, au suivi de leur croissance et à l’estimation des rendements, afin d’anticiper les risques liés à la sécurité alimentaire.

L’observation de la Terre contribue aussi à la surveillance de l’humidité des sols pour optimiser l’irrigation, à l’évaluation des pâturages et à l’analyse de la végétation pour anticiper les sécheresses. Les technologies de télé-détection permettent enfin d’estimer la teneur des sols en nutriments, afin d’améliorer le ciblage et l’efficacité de l’utilisation des engrais.

Dans le domaine de la santé, la KSA met en avant le potentiel des technologies spatiales pour renforcer les systèmes de soins. Les satellites favorisent notamment le développement de la télémédecine en étendant la connectivité numérique vers les zones reculées, permettant ainsi l’accès à des services médicaux, à des expertises et à des données sanitaires.

Les données satellitaires sont également utilisées pour surveiller les facteurs environnementaux influençant la santé publique, tels que les vecteurs de maladies et la qualité de l’eau. Elles contribuent enfin à l’évaluation de l’impact des urgences sanitaires et des catastrophes naturelles, afin de faciliter des réponses plus rapides et mieux coordonnées.

Isaac K. Kassouwi

Edité par : Feriol Bewa 

Lire aussi: Le Kenya lancera Taifa-1, son premier satellite opérationnel, le 10 avril

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Face à la hausse des usages numériques, le Maroc poursuit la modernisation de son administration. Les autorités préparent le déploiement de nouveaux services en ligne destinés à simplifier le renouvellement des cartes nationales d’identité et renforcer l’efficacité des démarches publiques.

Le Maroc poursuit la modernisation de ses services administratifs avec la mise en ligne progressive de nouvelles procédures liées à la carte nationale d’identité électronique (CNIE). La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a annoncé, lors de ses Journées Portes Ouvertes organisées du lundi 18 au vendredi 22 mai à Rabat, le lancement prochain de plusieurs services numériques destinés à simplifier les démarches administratives des citoyens et réduire l’affluence dans les centres d’enregistrement. La principale nouveauté concerne le renouvellement de la carte d’identité électronique. Les usagers dont la CNIE arrive à expiration pourront désormais engager une partie importante de la procédure à distance via les plateformes numériques de la DGSN, notamment le portail Epolice.ma et le site cnie.ma. Le dispositif permettra de préremplir les demandes, transmettre certains justificatifs administratifs, suivre le traitement du certificat de résidence et régler les frais de timbre par voie électronique avant le passage final dans les services compétents pour la validation biométrique.

Les autorités marocaines présentent cette évolution comme une étape supplémentaire dans la stratégie nationale de transformation numérique des services publics. Selon la commissaire divisionnaire Loubna Kikou, citée par l’agence MAP, cette réforme vise à réduire les déplacements inutiles des citoyens et à accélérer le traitement des dossiers, notamment durant les périodes de forte demande comme les vacances estivales.

Le projet prévoit également le lancement d’une version numérique de la carte d’identité accessible depuis l’application mobile « Mon e‑ID ». Cette carte numérique doit permettre aux citoyens de disposer d’une copie sécurisée de leur document d’identité sur smartphone, y compris sur des appareils ne disposant pas de la technologie NFC. La DGSN indique par ailleurs avoir renforcé les mécanismes de cybersécurité afin de protéger les données personnelles et sécuriser les échanges numériques liés aux procédures administratives.

Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de numérisation de l’administration marocaine engagé ces dernières années. Le royaume a multiplié les plateformes numériques dans plusieurs secteurs, notamment la justice, les services fiscaux, l’état civil ou encore les démarches liées aux entreprises. Le Maroc figure parmi les pays africains les plus avancés en matière d’e‑gouvernement. Selon le rapport « UN E‑Government Survey » des Nations unies, le pays affichait en 2024 un indice de développement de l’e‑gouvernement (EGDI) de 0,6841, le plaçant parmi les administrations numériques les plus avancées du continent africain et au 90e rang mondial. Les autorités marocaines cherchent également à accompagner la hausse des usages numériques dans le pays. D’après l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), rapport publié en juin 2025, le Maroc comptait 39,9 millions d’abonnements Internet à fin mars 2025, avec un taux de pénétration supérieur à 108 %. Dans ce contexte, la dématérialisation des procédures d’identité apparaît comme un enjeu stratégique pour fluidifier les relations entre l’administration et les citoyens tout en renforçant la sécurité des services publics numériques.

Samira Njoya

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Paiement des impôts en ligne, demandes de passeport dématérialisées, etc. le continent accélère la numérisation des services publics pour moderniser ses administrations et améliorer la relation avec les citoyens. Mais derrière les progrès affichés, le continent avance encore à plusieurs vitesses.

Les plateformes unifiées de services publics gagnent progressivement du terrain en Afrique. Inspirés des modèles d’e‑gouvernement développés en Europe, en Asie ou au Moyen‑Orient, plusieurs pays africains accélèrent désormais la centralisation de leurs démarches administratives sur des portails numériques uniques. L’objectif est de simplifier l’accès des citoyens aux services publics, réduire les délais administratifs et améliorer l’efficacité des administrations dans un contexte de forte progression des usages numériques.

Des exemples concrets... 

Cette dynamique s’est récemment renforcée dans plusieurs pays du continent. Le Burkina Faso a lancé récemment une nouvelle plateforme centralisée de services publics numériques destinée à regrouper progressivement différentes démarches administratives en ligne. À ce stade, la plateforme propose déjà 1672 fiches pratiques, 95 procédures dématérialisées et mobilise 183 institutions publiques.

Le Sénégal accélère également le développement de ses services numériques à travers le « New Deal Technologique », avec l’ambition de connecter davantage les administrations et de faciliter l’accès aux procédures administratives en ligne. Le pays a aussi lancé en mars dernier son guichet unique de services publics baptisée « e‑Sénégal ».

Le Rwanda reste l’un des modèles les plus avancés du continent avec la plateforme Irembo, qui donne accès à plusieurs centaines de services administratifs, allant des actes d’état civil aux demandes de permis ou aux paiements publics.

D’autres pays africains ont également multiplié les initiatives ces dernières années. Le Kenya a développé le portail eCitizen, devenu l’un des principaux points d’accès aux services administratifs numériques du pays. Au Bénin, les autorités ont renforcé le portail national de services publics permettant d’effectuer en ligne certaines démarches liées aux documents administratifs ou aux services fiscaux. Le pays indique avoir délivré plus de 10,5 millions de documents numériques en 2025 et précise que 75 % des services publics sont désormais accessibles en ligne.

Une progression encore très inégale sur le continent 

Cette accélération intervient dans un contexte où les États africains cherchent à moderniser leurs administrations et à améliorer la qualité des services publics. Selon le rapport « UN E‑Government Survey 2024 » publié par l’Organisation des Nations unies (ONU), l’indice africain de développement de l’e‑gouvernement (EGDI) est passé de 0,4054 en 2022 à 0,4247 en 2024, soit une progression de 4,8 %. Le continent affiche ainsi la deuxième plus forte progression mondiale après l’Asie.

Mais derrière cette progression continentale, les écarts restent importants entre les pays. Des États comme le Rwanda, l’Afrique du Sud, Maurice ou encore le Maroc figurent parmi les administrations numériques les plus avancées du continent grâce à des investissements soutenus dans les infrastructures et les services publics en ligne. À l’inverse, plusieurs pays accusent encore des retards importants dans la centralisation numérique des services administratifs.

Le Cameroun, par exemple, reste confronté à une forte fragmentation de ses plateformes publiques, avec de nombreuses démarches encore largement manuelles malgré plusieurs projets de transformation numérique lancés ces dernières années. D’autres pays comme le Tchad, la République centrafricaine ou le Soudan du Sud demeurent freinés par des déficits d’infrastructures télécoms, une faible connectivité Internet et des capacités administratives limitées. Dans certains cas, les plateformes existantes restent peu utilisées par les citoyens en raison du manque d’interopérabilité entre administrations ou de la faible numérisation des procédures internes.

La sécurité et la confiance constituent désormais des enjeux majeurs 

Les enjeux autour des plateformes unifiées dépassent désormais la simple modernisation administrative. Pour les gouvernements, ces outils permettent aussi d’améliorer la collecte des recettes publiques, de renforcer la transparence des procédures, de limiter certaines formes de corruption administrative et de faciliter les interactions entre l’État, les citoyens et les entreprises.

La question de la sécurité et de la fiabilité des données devient également centrale, alors que les administrations africaines gèrent un volume croissant d’informations sensibles liées à l’identité, à la fiscalité ou aux services sociaux. Les États doivent notamment renforcer leurs capacités en cybersécurité afin de protéger les plateformes publiques contre les risques de fraude, de piratage ou de fuite de données personnelles.

Samira Njoya

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Portée par la montée en puissance de l’IA et des infrastructures numériques, la transformation numérique africaine attire de nouveaux acteurs technologiques. Yango Tech fait son entrée sur le continent avec l’ambition de soutenir la modernisation des entreprises et institutions.

Le groupe technologique Yango Group a annoncé le lancement de sa branche B2B, Yango Tech, sur plusieurs marchés africains, avec une offre axée sur l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques et la transformation digitale des organisations. Déjà connu en Afrique pour ses services de mobilité et de livraison, le groupe veut désormais se positionner sur le marché des solutions technologiques destinées aux entreprises, aux villes et aux institutions publiques.

L’entreprise veut accompagner les acteurs africains dans l’automatisation de leurs opérations et la modernisation de leurs systèmes numériques, notamment dans les secteurs de la santé, des transports, du commerce, de la finance et des services publics. Son offre comprend des plateformes basées sur l’IA générative, des outils de gestion intelligente des données, des solutions de mobilité urbaine, ainsi qu’un accompagnement stratégique autour de la gouvernance de l’IA et de la formation des dirigeants. Le groupe veut aussi aider les entreprises à évaluer le retour sur investissement de leurs projets IA et à accélérer le déploiement de services numériques à grande échelle.

Cette offensive intervient dans un contexte de forte progression des usages numériques sur le continent. Selon le cabinet McKinsey, l’intelligence artificielle générative pourrait générer jusqu’à 103 milliards $ de valeur économique par an en Afrique. De son côté, la GSMA estime que l’économie mobile africaine pourrait contribuer à hauteur de 270 milliards $ au PIB continental d’ici 2030, portée par l’essor des services numériques, du cloud et des technologies basées sur l’IA.

Yango Tech s’appuie déjà sur plusieurs projets pilotes lancés hors du continent, notamment dans la gestion intelligente des services d’urgence et les systèmes de suivi en temps réel des ambulances en Asie centrale. En Afrique, le groupe a amorcé ses premiers déploiements au Mozambique et en Afrique du Sud avant d’élargir progressivement sa présence à d’autres marchés africains jugés stratégiques. L’entreprise rejoint ainsi une liste croissante d’acteurs technologiques internationaux cherchant à se positionner sur le marché africain de l’IA, où la demande en automatisation, en analyse de données et en infrastructures numériques connaît une accélération rapide.

Le déploiement de Yango Tech reflète également la compétition croissante autour du marché africain de l’IA et des infrastructures numériques. Malgré des déficits persistants en connectivité, en capacités de calcul et en compétences spécialisées, les besoins des entreprises et des administrations en solutions d’automatisation et d’analyse de données progressent rapidement. Cette dynamique attire de plus en plus d’acteurs internationaux désireux de se positionner sur un marché encore émergent mais à fort potentiel.

Samira Njoya

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En Côte d’Ivoire, le secteur agricole contribue à hauteur de 15 % du PIB et emploie environ 46 % de la population active. Face aux défis liés à la productivité, à la traçabilité des cultures et aux effets du changement climatique, le pays veut accélérer la transformation numérique du secteur.

La Côte d’Ivoire veut renforcer la digitalisation de son agriculture. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a reçu le mardi 19 mai à Abidjan une délégation de Huawei Côte d’Ivoire conduite par son directeur général par intérim, Benoît Wu. Les échanges ont porté sur le projet « Smart Agriculture », lancé en 2023 lors du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA), destiné à moderniser les pratiques agricoles grâce aux technologies numériques.

Le projet prévoit notamment le déploiement d’une plateforme numérique capable de cartographier les parcelles agricoles, suivre l’évolution des cultures et fournir aux exploitants des données sur les intrants, les rendements ou encore les conditions météorologiques. Les autorités estiment que ces outils pourraient contribuer à améliorer la productivité agricole, renforcer le suivi des exploitations et faciliter la prise de décision des producteurs face aux aléas climatiques.

Le ministre Bruno Koné a donné un accord de principe pour accompagner l’initiative, qu’il considère comme un levier stratégique pour accélérer la modernisation du secteur agricole ivoirien. Le gouvernement souhaite également établir une coopération plus étroite avec Huawei Côte d’Ivoire afin de soutenir le déploiement opérationnel du projet sur le territoire national.

Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs pays africains accélèrent la numérisation de leur agriculture afin d’améliorer les rendements et la résilience du secteur. En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou, les enjeux de traçabilité et de collecte de données agricoles prennent une importance croissante, notamment avec les nouvelles exigences environnementales imposées par certains marchés internationaux comme l’Union européenne. Plusieurs programmes de géolocalisation des plantations et de suivi numérique des chaînes agricoles sont déjà en cours dans la filière cacao.

Au‑delà de la modernisation des exploitations, les autorités ivoiriennes misent également sur le numérique pour renforcer la sécurité alimentaire, améliorer l’accès des producteurs aux informations agricoles et soutenir la transformation structurelle du secteur. Le gouvernement considère désormais les technologies numériques comme un outil clé pour accompagner la compétitivité de l’agriculture ivoirienne et attirer davantage d’investissements dans les chaînes de valeur agricoles.

Samira Njoya

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Avec la progression du commerce numérique, les acteurs du paiement accélèrent le développement de nouvelles infrastructures financières basées sur la blockchain. Les stablecoins apparaissent comme des outils capables de réduire les coûts et d’améliorer la rapidité des transactions internationales.

PayPal a annoncé, le mercredi 20 mai, l’extension de son stablecoin PayPal USD (PYUSD) à 70 marchés à travers le monde, dont plusieurs pays africains. L’entreprise américaine spécialisée dans les paiements numériques veut permettre aux particuliers et aux entreprises d’effectuer des transferts internationaux plus rapides et à moindre coût grâce à cette monnaie numérique adossée au dollar américain.

Le PYUSD sera directement accessible depuis les comptes PayPal des utilisateurs concernés. Ces derniers pourront acheter, détenir, envoyer ou recevoir des fonds en stablecoin, mais aussi transférer de l’argent vers des portefeuilles numériques tiers ou convertir leurs avoirs en monnaie locale. Pour les entreprises, PayPal met surtout en avant l’accélération des règlements transfrontaliers, avec des délais ramenés à quelques minutes contre plusieurs jours dans les circuits bancaires traditionnels.

« Proposer le PYUSD en Afrique, c’est apporter une valeur tangible aux personnes et aux entreprises qui stimulent la croissance sur ces marchés dynamiques. Les particuliers bénéficient d’un moyen flexible et stable de transférer des fonds plus rapidement, tandis que les entreprises peuvent rationaliser les paiements transfrontaliers, améliorer les délais de règlement et créer de nouvelles perspectives de croissance », déclare Otto Williams, vice‑président principal et directeur général de PayPal pour le Moyen‑Orient et l’Afrique.

Cette initiative intervient dans un contexte de forte croissance des paiements numériques et des transferts transfrontaliers sur le continent africain. Selon la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne reste la région où les coûts des transferts d’argent sont les plus élevés au monde, avec un coût moyen supérieur à 7 % pour l’envoi de 200 dollars. Les stablecoins suscitent ainsi un intérêt croissant auprès des fintech et des acteurs du paiement, qui y voient une alternative aux circuits traditionnels souvent jugés lents et coûteux.

Le lancement du PYUSD à l’international s’inscrit également dans une compétition croissante autour des monnaies numériques adossées au dollar. Depuis son lancement aux États‑Unis en 2023, PayPal cherche à renforcer l’usage de son stablecoin dans le commerce électronique, les transferts internationaux et les services financiers numériques. Selon la plateforme spécialisée Odaily, l’offre de stablecoins a atteint un nouveau sommet, dépassant 323 milliards de dollars, porté notamment par la progression des usages liés aux paiements numériques et aux actifs numériques dans les économies émergentes.

Samira Njoya

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Face à la montée des cybermenaces, de l’intelligence artificielle et des plateformes mondiales, les régulateurs africains veulent harmoniser les règles de protection des données personnelles.

Les autorités africaines de protection des données personnelles veulent accélérer l’harmonisation des règles numériques sur le continent. Réunis à Abidjan cette semaine dans le cadre de la 9ᵉ conférence du Réseau Africain des Autorités de Protection des Données Personnelles (RAPDP), les représentants de 24 pays africains ont adopté une nouvelle feuille de route couvrant la période 2026‑2030. Les travaux, organisés par l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI), visaient à définir une position commune sur la gouvernance des données personnelles, la cybersécurité et l’encadrement des technologies émergentes comme l’intelligence artificielle.

La déclaration adoptée à l’issue de la rencontre appelle les États africains à considérer la protection des données comme un enjeu stratégique de souveraineté numérique et non plus comme une simple question administrative ou juridique. Les régulateurs plaident notamment pour un renforcement des autorités nationales de protection des données, une meilleure coordination entre pays africains et l’adoption de mécanismes de conformité plus stricts pour les administrations et les entreprises.

Les discussions ont également porté sur la nécessité d’adapter les cadres réglementaires africains à la montée des services financiers numériques, de la biométrie, des plateformes internationales et des usages liés à l’intelligence artificielle.

Cette initiative intervient alors que plusieurs pays africains accélèrent leur transformation numérique et multiplient les projets liés à l’e‑gouvernement, aux paiements numériques ou à l’identité numérique. Mais les régulateurs estiment que cette numérisation rapide accroît également les risques liés aux cyberattaques, à l’exploitation des données personnelles et à la dépendance technologique vis‑à‑vis des grandes plateformes étrangères.

Au‑delà des enjeux réglementaires, les États africains cherchent également à sécuriser le développement de l’économie numérique continentale. Selon la ZLECAf, l’économie numérique africaine pourrait atteindre 721 milliards de dollars en 2050 si les investissements et la numérisation se poursuivent à grande échelle. Les régulateurs considèrent désormais la confiance numérique et la sécurisation des données comme des conditions essentielles au développement du commerce électronique, des services financiers digitaux et des plateformes publiques numériques sur le continent.

Samira Njoya

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Face aux critiques croissantes sur la gestion des contenus et la protection des utilisateurs mineurs, les grandes plateformes numériques renforcent progressivement leurs investissements dans les technologies de contrôle et les équipes dédiées à la sécurité en ligne.

Le réseau social chinois TikTok a supprimé 820 552 vidéos au Kenya entre octobre et décembre 2025 pour violation de ses règles communautaires. Les chiffres ont été publiés le mardi 19 mai dans le dernier rapport trimestriel de transparence de la plateforme, qui détaille les opérations de modération de contenus menées à l’échelle mondiale.

Selon TikTok, 99,9 % des vidéos supprimées au Kenya ont été détectées automatiquement avant même d’être signalées par les utilisateurs, grâce à des systèmes de modération reposant sur l’intelligence artificielle et le machine learning. La plateforme affirme également que 98,4 % des contenus jugés contraires aux règles ont été retirés dans les 24 heures suivant leur publication. Les suppressions concernaient notamment des contenus liés à la désinformation, aux discours haineux, aux contenus violents ou encore aux violations des règles de sécurité en ligne.

Au‑delà des vidéos supprimées, TikTok indique avoir suspendu 108 752 comptes au Kenya durant la même période. Parmi eux, 93 704 appartenaient à des utilisateurs présumés âgés de moins de 13 ans, soit en dessous de l’âge minimum requis pour utiliser la plateforme. L’entreprise explique que ces mesures s’inscrivent dans sa stratégie de protection des mineurs et de sécurisation de son environnement numérique, alors que plusieurs pays renforcent leurs exigences réglementaires vis‑à‑vis des réseaux sociaux.

Cette intensification des contrôles intervient dans un contexte de forte croissance des usages numériques et des plateformes sociales en Afrique. Selon les données de DataReportal, le Kenya comptait plus de 18 millions d’utilisateurs actifs des réseaux sociaux en fin 2025, avec une forte progression des usages vidéo mobiles. TikTok figure parmi les applications les plus populaires auprès des jeunes utilisateurs kényans, notamment grâce aux contenus courts liés au divertissement, à la musique et à l’actualité.

À l’échelle mondiale, TikTok indique avoir supprimé plus de 175,3 millions de vidéos au quatrième trimestre 2025, soit environ 0,5 % de l’ensemble des publications sur la plateforme durant cette période. Plus de 152 millions de vidéos ont été détectées automatiquement via des outils d’intelligence artificielle. La société affirme également avoir restauré environ 8,4 millions de vidéos après réexamen humain, illustrant les limites des systèmes automatisés de modération.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Face à la hausse des flux commerciaux et à la sophistication des fraudes, la Tunisie accélère la modernisation de son administration douanière. Les autorités misent désormais sur l’intelligence artificielle pour renforcer le ciblage des opérations à risque et fluidifier le dédouanement des marchandises.

La Douane tunisienne poursuit sa transformation numérique avec l’intégration d’un module basé sur l’intelligence artificielle au sein du système national de sélectivité douanière. L’annonce a été faite dans un communiqué publié le samedi 16 mai par la Direction générale des douanes, à l’issue d’une réunion de la commission centrale de gestion des risques douaniers tenue à Tunis.

Le nouveau dispositif s’appuie sur des algorithmes de « machine learning » capables d’exploiter de grands volumes de données douanières afin d’identifier automatiquement les opérations présentant un risque élevé de fraude. Concrètement, le système analyse plusieurs paramètres comme la nature des marchandises, leur origine, leur valeur déclarée, les historiques d’importation ou encore le profil des opérateurs économiques. Grâce à ces modèles prédictifs, l’administration douanière veut améliorer la précision du ciblage des cargaisons suspectes, limiter les contrôles manuels systématiques et accélérer le traitement des dossiers jugés conformes.

Cette évolution intervient dans un contexte où les autorités cherchent à moderniser l’ensemble de la chaîne douanière afin de soutenir le commerce extérieur et améliorer l’efficacité administrative. La Direction générale des douanes travaille notamment sur le déploiement du système « Sinda 2 », présenté comme une nouvelle génération de plateforme numérique destinée à interconnecter les différentes administrations impliquées dans les opérations douanières. La première phase du projet doit entrer en service d’ici fin 2026.

La Tunisie multiplie également les partenariats internationaux pour accélérer la numérisation de ses services douaniers. En avril dernier, la Douane tunisienne a lancé, en coopération avec la Corée du Sud, un projet de système électronique intégré destiné à numériser davantage les procédures douanières et renforcer la transparence des échanges administratifs avec les opérateurs économiques.

Les enjeux sont aussi économiques et sécuritaires. Selon les données communiquées par la Douane tunisienne, près de 4000 affaires douanières ont été enregistrées au premier trimestre 2026, pour une valeur totale de marchandises saisies dépassant 51 millions de dinars tunisiens (17,6 millions $). Les saisies concernaient notamment des devises, de l’or, des cartouches, des vêtements et des produits de contrebande.

À travers l’intégration de l’intelligence artificielle, les autorités tunisiennes cherchent ainsi à améliorer la gestion des risques douaniers, réduire les délais de traitement et renforcer la compétitivité logistique du pays. Cette modernisation s’inscrit dans une tendance plus large observée au sein des administrations douanières, où les technologies d’analyse automatisée deviennent progressivement un levier stratégique pour sécuriser les échanges commerciaux tout en facilitant le commerce légal.

Samira Njoya

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