Face à la multiplication des plateformes de services publics, le gouvernement a opté pour une centralisation numérique afin de simplifier l’accès aux démarches administratives. L’objectif est de renforcer l’interopérabilité des systèmes et d’améliorer l’efficacité de l’administration.
L'Éthiopie a officiellement lancé le samedi 20 juin la plateforme numérique unifiée MESOB, une initiative destinée à centraliser l'accès aux services publics et à accélérer la modernisation de l'administration. Présentée lors du sommet « Digital for Excellence », l'application vise à simplifier les démarches des citoyens et à accélérer la transformation numérique du secteur public.
Développée par l'Institut éthiopien d'intelligence artificielle, la solution MESOB fonctionne comme une super appli gouvernementale. À partir d'un compte unique adossé au système national d’identité numérique (Fayda), les utilisateurs peuvent accéder à plus de 185 services publics : obtention d’une pièce d’identité, démarches fiscales, licences commerciales, permis de travail ou formalités d’investissement.
La plateforme repose sur l'interconnexion des bases de données de plusieurs administrations, ce qui évite aux usagers de fournir plusieurs fois les mêmes informations et réduit les déplacements physiques entre les bureaux publics. Selon les autorités, cette intégration doit permettre de raccourcir les délais de traitement, d'améliorer la transparence administrative et de réduire les opportunités de corruption liées aux procédures manuelles.
Le lancement de MESOB s'inscrit dans une dynamique mondiale de développement des infrastructures publiques numériques (DPI). Ces systèmes reposent généralement sur trois piliers : une identité numérique, des plateformes d'échange de données entre administrations et des services accessibles en ligne. En Afrique, plusieurs pays, dont le Rwanda, le Kenya ou encore le Maroc, investissent dans ces infrastructures afin de rendre les services publics plus accessibles et de soutenir la transformation numérique de leur économie.
En Éthiopie, MESOB constitue l'un des piliers de la stratégie gouvernementale de numérisation 2025-2030. La plateforme s'appuie notamment sur Fayda, qui comptait plus de 20 millions d’inscrits en juillet 2025 et déjà 55 organismes connectés. Lors de sa phase pilote, lancée en avril 2025, MESOB regroupait 12 institutions fédérales et 41 services publics. Les autorités prévoient désormais d'étendre progressivement son périmètre à l'ensemble des ministères et organismes publics du pays.
Samira Njoya
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Alors que les données s'imposent comme une ressource stratégique pour les économies numériques, la Guinée prépare un cadre national visant à mieux les gérer et les exploiter. Le projet ambitionne d’accompagner la modernisation de l'administration, renforcer la prise de décision publique et favoriser l'innovation numérique.
La Guinée poursuit la structuration de son économie numérique. Le gouvernement a lancé le vendredi 19 juin les travaux d’élaboration d’une Stratégie nationale de gouvernance des données, un document appelé à définir les règles de collecte, de partage, de sécurisation et de valorisation des données produites par les administrations, les entreprises et les citoyens.
Portée par la Direction nationale des technologies de l'information et de l'économie numérique (DNTIEN), cette stratégie vise à doter le pays d'un cadre de référence pour améliorer la qualité des données publiques, renforcer leur interopérabilité et favoriser leur exploitation dans les services numériques. Les autorités souhaitent également créer les conditions nécessaires au développement de nouveaux usages autour de l’intelligence artificielle, de l’innovation et de l’économie de la donnée, tout en garantissant la protection des informations sensibles et la souveraineté numérique nationale.
Cette initiative intervient alors que la Guinée multiplie les investissements dans les infrastructures numériques et place la transformation numérique parmi les priorités de son programme de développement Simandou 2040. Ce plan national de long terme prévoit notamment la modernisation des infrastructures technologiques et le développement d'une économie davantage fondée sur la connaissance, l'innovation et les services numériques.
Au-delà des infrastructures, plusieurs experts estiment que la capacité des États à exploiter efficacement leurs données devient un facteur déterminant pour améliorer les services publics, renforcer la planification économique et attirer les investissements. C'est dans cette logique que de nombreux pays africains accélèrent la mise en place de cadres de gouvernance des données. Le Rwanda, l'Afrique du Sud, la Sierra Leone, la Gambie, le Lesotho, le Burundi, la République démocratique du Congo ou encore le Mozambique travaillent déjà au renforcement ou à la mise en œuvre de politiques nationales dédiées.
Pour la Guinée, les enjeux dépassent la seule modernisation administrative. Une gouvernance efficace des données pourrait faciliter le partage sécurisé d'informations entre administrations, améliorer la prise de décision publique et soutenir l'émergence d'applications reposant sur l'intelligence artificielle dans des secteurs tels que la santé, l'éducation, l'agriculture ou encore les services financiers. Les autorités espèrent ainsi jeter les bases d'un écosystème numérique capable de soutenir les ambitions économiques du pays à l'horizon 2040.
Samira Njoya
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Face à un taux de chômage des jeunes avoisinant les 30 % en Algérie en 2025, les autorités misent sur un nouveau cadre numérique de certification des diplômes. Objectif : mieux aligner les formations sur les besoins du marché et faciliter l’insertion des diplômés.
Le ministère algérien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a annoncé le mercredi 17 juin la mise en ligne d’une version pilote du Cadre national de certification et de qualification (CNC), une plateforme numérique destinée à structurer et harmoniser la reconnaissance des diplômes universitaires. Accessible à l’adresse https://cnc.mesrs.dz/, l’outil vise à améliorer la lisibilité des formations et à faciliter la reconnaissance des compétences à l’échelle nationale et internationale.
« Cette version pilote constitue une étape fondamentale dans la mise en place d’un système d’enseignement supérieur transparent et fiable, et l’alignement des résultats de la formation universitaire sur les besoins réels de l’économie nationale », indique le ministère, qui précise que le dispositif devrait également renforcer la mobilité professionnelle des diplômés.
Le CNC repose sur une approche basée sur les compétences. Il permet de classer les diplômes selon des niveaux précis intégrant les savoirs, savoir-faire et savoir-être, ainsi que des critères comme l’autonomie, la responsabilité et les capacités de communication. L’objectif est de fournir une lecture plus claire des qualifications et de mieux relier les parcours universitaires aux besoins du marché de l’emploi.
Dans le détail, la plateforme sert à décrire et classifier les certifications délivrées par l’enseignement supérieur, tout en établissant des repères comparables au niveau international. Elle s’adresse à la fois aux étudiants, aux établissements et aux employeurs, afin de faciliter l’interprétation des diplômes et l’identification des compétences lors des recrutements.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’université algérienne. Elle vise à renforcer la transparence du système, améliorer la crédibilité des diplômes nationaux et adapter plus efficacement l’offre de formation aux besoins de l’économie. Selon le ministère, les méthodologies adoptées s’inspirent de cadres déjà en vigueur dans près de 150 pays, qui ont développé des systèmes similaires pour standardiser les qualifications et améliorer la mobilité académique et professionnelle.
Samira Njoya
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L’Algérie recherche un expert national en transformation numérique
La connectivité mobile poursuit son expansion sur le continent et renforce son rôle dans l’économie africaine. Pour la GSMA, la prochaine étape clé consiste à transformer cette connectivité en usage numérique réel et inclusif.
Les technologies et services mobiles ont généré 240 milliards USD de valeur ajoutée en 2025 en Afrique, soit 7,8 % du PIB du continent, selon un rapport publié le mardi 16 juin par la GSMA. Le secteur a également soutenu environ 13 millions d’emplois et contribué à hauteur de 45 milliards USD aux recettes publiques, confirmant son poids croissant dans l’économie africaine.
Intitulé The Mobile Economy Africa 2026, le rapport précise que cette performance s’inscrit dans un contexte de transformation progressive du secteur mobile, qui ne se limite plus à la connectivité mais devient un moteur d’innovation et de numérisation. Les opérateurs évoluent désormais vers un rôle de partenaires de transformation numérique, en intégrant l’intelligence artificielle, les services numériques et les API ouvertes destinées aux développeurs.
Malgré ces avancées, le principal défi du continent reste l’adoption des services numériques. Si la couverture mobile haut débit est largement disponible, environ 63 % des Africains couverts n’utilisent pas Internet mobile, en raison notamment du coût des terminaux, du prix des données et du manque de compétences numériques. L’abordabilité demeure ainsi le principal frein à l’inclusion numérique sur le continent.
Le rapport met également en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans le secteur mobile, utilisée pour améliorer les réseaux, optimiser l’expérience client et développer de nouveaux services. Toutefois, la GSMA note que les modèles d’IA restent encore peu adaptés aux réalités linguistiques africaines.
Enfin, les opérateurs mobiles devraient investir plus de 76 milliards USD entre 2024 et 2030 dans les infrastructures réseau, afin d’accompagner l’extension de la 5G, l’amélioration de la qualité des services et la montée en puissance des usages numériques sur le continent. Selon la GSMA, ces investissements seront déterminants pour transformer la connectivité existante en gains économiques effectifs et réduire le déficit d’adoption numérique en Afrique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Alors que l’intelligence artificielle s’impose progressivement dans les économies africaines, le Burkina Faso veut définir sa propre trajectoire. La feuille de route adoptée par les acteurs du secteur fixe les priorités nationales pour transformer cette technologie en levier de développement économique et social.
Le Burkina Faso veut créer les conditions nécessaires à l’essor de l’intelligence artificielle sur son territoire. Les autorités ont validé à cet effet le mercredi 17 juin, la feuille de route nationale sur l’intelligence artificielle (IA) pour la période 2026-2030. Ce document devrait servir de cadre de référence pour le développement de solutions adaptées aux priorités du pays, dans des secteurs comme la santé, l’agriculture, l’éducation ou encore l’administration publique.
Concrètement, la stratégie identifie plusieurs domaines prioritaires dans lesquels des applications basées sur l’IA devraient être développées au cours des prochaines années. Les autorités évoquent notamment des outils d’aide au diagnostic médical, des solutions destinées à accompagner les producteurs agricoles grâce aux prévisions météorologiques, ainsi que des dispositifs pédagogiques adaptés aux réalités locales pour les élèves et étudiants. Le document prévoit également des applications dans les secteurs de l’eau et de l’énergie afin de faciliter la remontée d’informations par les citoyens et d’améliorer la gestion des services publics.
Cette feuille de route s’inscrit dans le cadre du Plan RELANCE 2026-2030 et du chantier gouvernemental « IA pour tous », présenté comme l’un des principaux axes de la transformation numérique du pays. Son élaboration a mobilisé des représentants de l’administration, du secteur privé, des universités, des centres de recherche, de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Le Burkina Faso rejoint ainsi le groupe croissant de pays africains qui se dotent d’un cadre stratégique dédié à l’intelligence artificielle. Ces dernières années, des pays comme le Rwanda, le Sénégal, le Bénin, l’Égypte ou encore le Kenya ont engagé des initiatives similaires afin d’encadrer le développement de cette technologie et de renforcer leur compétitivité numérique.
Pour le Burkina Faso, les enjeux dépassent le seul secteur technologique. Dans un contexte marqué par des besoins importants en matière d’accès aux services publics, de productivité agricole et de développement des compétences, l’intelligence artificielle est perçue comme un outil susceptible d’améliorer l’efficacité des politiques publiques, de soutenir l’innovation locale et de favoriser l’émergence de nouveaux services numériques adaptés aux réalités nationales.
Samira Njoya
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Les autorités algériennes s’apprêtent à lancer une nouvelle stratégie de transformation numérique, un chantier ambitieux visant à développer l’économie numérique. Pour accompagner cette mise en œuvre, des compétences expertes sont indispensables afin de piloter efficacement les réformes engagées.
L’Algérie poursuit le déploiement de sa stratégie de transformation numérique 2025-2030 et cherche à renforcer les compétences mobilisées autour de ce chantier. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a lancé dans ce cadre un appel à candidatures pour recruter un expert national en transformation numérique qui assurera également la coordination d’une équipe d’appui chargée d’accompagner la mise en œuvre des réformes engagées.
Le consultant retenu aura notamment pour mission de soutenir le Haut-Commissariat à la numérisation (HCN) dans l’opérationnalisation de la Stratégie nationale de transformation numérique. Son rôle devrait couvrir la coordination des travaux des experts mobilisés, l’appui à l’élaboration de plans d’action prioritaires, le suivi des projets numériques ainsi que la mise en place d’outils de pilotage et d’évaluation destinés à mesurer les progrès réalisés. Cette expertise s’inscrit dans le cadre d’un projet conduit conjointement par le PNUD et le HCN pour accélérer la mise en œuvre de la feuille de route numérique du pays.
Ce recrutement intervient alors que l’Algérie s’emploie à traduire en actions concrètes sa Stratégie nationale de transformation numérique 2025-2030. Celle-ci vise notamment la modernisation de l’administration publique, l’amélioration des services aux citoyens, le renforcement de la gouvernance numérique et le développement de l’économie numérique. Pour soutenir cette ambition, les autorités ont engagé plusieurs centaines de projets de numérisation couvrant différents secteurs de l’administration et des services publics.
La mission est prévue sur une durée de huit mois, entre juillet 2026 et mars 2027, pour un volume de 70 jours ouvrables. Les candidatures peuvent être soumises jusqu’au 24 juin via le portail fournisseurs Quantum du PNUD : https://supplier.quantum.partneragencies.org/.
Samira Njoya
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Dans un contexte où les infrastructures ferroviaires africaines restent confrontées à des défis de sécurité, le Sénégal déploie une solution numérique associant connectivité mobile, énergie solaire et centralisation des données pour sécuriser ses passages à niveau.
La société nationale des Chemins de fer du Sénégal (CFS) a lancé à Thiès un projet pilote de passages à niveau intelligents destinés à renforcer la sécurité sur l’axe ferroviaire Dakar‑Thiès. Le dispositif, qui sera déployé sur 7 sites, combine des barrières automatiques, des capteurs connectés et un système de communication sans fil fonctionnant grâce à des réseaux cellulaires et satellitaires. Alimentée par l’énergie solaire, la solution a été présentée le dimanche 14 juin en marge de la Journée mondiale de sensibilisation aux passages à niveau.
Papa Babacar Youm, directeur des projets aux CFS, a expliqué que chaque conducteur serait informé en temps réel de la situation du passage à niveau avant de l’aborder. Selon lui, l’ensemble des équipements installés sur les passages à niveau communiquera directement avec les locomotives et le centre de contrôle de Thiès afin de fournir en temps réel des informations sur l’état des infrastructures et la circulation des trains.
Le projet marque une nouvelle étape dans la transformation numérique du réseau sénégalais. Les installations reposent sur une architecture autonome, capable de fonctionner sans câblage physique, un choix particulièrement adapté aux zones où les infrastructures de télécommunication restent limitées. Les données collectées sont centralisées puis intégrées aux systèmes de supervision des CFS afin de permettre un suivi à distance des équipements et une meilleure gestion opérationnelle du trafic.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique mondiale de modernisation des infrastructures ferroviaires par les technologies numériques. Les exploitants ferroviaires recourent de plus en plus aux capteurs connectés, aux systèmes de surveillance en temps réel et aux plateformes de gestion de données pour améliorer la sécurité et la maintenance des réseaux. Au Sénégal, où les autorités ambitionnent de renforcer le rôle du rail dans la mobilité et le transport de marchandises, ces solutions pourraient contribuer à accélérer la modernisation d’un réseau longtemps confronté à un déficit d’investissements.
Les enjeux dépassent le seul cadre de la sécurité routière. En misant sur une infrastructure connectée et alimentée par l’énergie solaire, les CFS expérimentent un modèle susceptible d’être reproduit sur d’autres lignes ferroviaires du pays. La capacité à superviser à distance des équipements critiques, même dans des zones dépourvues de réseaux filaires, pourrait ouvrir la voie à une gestion plus intelligente des infrastructures de transport et à une réduction des coûts d’exploitation.
Samira Njoya
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Le Sénégal s’appuie sur Orange Money pour moderniser les paiements dans la santé
L’Afrique demeure sous‑équipée en infrastructures de données par rapport aux autres régions du monde. Afin de combler ce retard et d’accompagner la croissance de l’économie numérique, plusieurs pays, dont l’Égypte, multiplient les investissements dans les centres de données et les services cloud.
L’Égypte poursuit le renforcement de ses infrastructures numériques. L’Autorité nationale de régulation des télécommunications (NTRA) a accordé le lundi 15 mai une licence à Hassan Allam Digital Infrastructure and Data Center Solutions pour construire et exploiter un centre de données dans le pays. Développé en partenariat avec la société technologique A15, le projet prévoit un investissement initial de 400 millions USD pour sa première phase.
Selon les promoteurs, cet investissement constitue la première phase d’un programme plus large destiné à être étendu dans les années à venir. L’infrastructure, conçue selon les standards internationaux, doit fournir des services d’hébergement de données, de cloud computing et des capacités adaptées aux applications d’intelligence artificielle. Elle ciblera aussi bien les administrations publiques que les institutions financières et les entreprises locales et internationales.
L’annonce intervient alors que l’Égypte multiplie les investissements dans les infrastructures numériques. Selon la NTRA, il s’agit de la dixième licence de centre de données accordée au cours des deux dernières années, illustrant l’accélération du développement de ce secteur dans le pays. Les autorités considèrent désormais les centres de données comme un maillon essentiel de la transformation numérique et de la souveraineté technologique nationale.
Cette dynamique s’accompagne de la préparation d’une stratégie nationale dédiée aux centres de données et au cloud computing. Le gouvernement entend s’appuyer sur la position géographique stratégique de l’Égypte, située au carrefour de l’Afrique, de l’Europe et de l’Asie, ainsi que sur ses infrastructures de télécommunications, pour attirer davantage d’investissements dans les services numériques. L’objectif est de renforcer le rôle du pays comme plateforme régionale d’échange de données et de services numériques.
Le projet s’inscrit également dans les ambitions égyptiennes en matière d’intelligence artificielle. La deuxième stratégie nationale de l’IA prévoit de porter la contribution des technologies numériques et de l’intelligence artificielle à 7,7 % du PIB d’ici 2030. Les autorités estiment par ailleurs que l’IA pourrait générer jusqu’à 42,7 milliards USD de valeur économique au cours des prochaines années grâce à son adoption dans des secteurs tels que les services publics, la finance, la santé et l’industrie.
Au‑delà du seul marché égyptien, les nouvelles infrastructures sont destinées à répondre à une demande régionale croissante en matière d’hébergement de données et de services cloud. La progression rapide de l’intelligence artificielle, du commerce électronique et de la transformation numérique des entreprises alimente les besoins en capacités de stockage et de calcul.
Samira Njoya
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Fort de la progression rapide des paiements numériques ces dernières années, le Sénégal cherche désormais à étendre leur usage au secteur de la santé. L’objectif est de moderniser les services, sécuriser les transactions et améliorer l’expérience des usagers.
Le ministère sénégalais de la Santé et de l’Hygiène publique a signé le lundi 15 juin à Dakar une convention‑cadre avec Orange Finance Mobile Sénégal (OFMS) pour accélérer la numérisation des paiements dans les établissements publics de santé. L’initiative vise à simplifier les démarches des usagers, améliorer la gestion financière des structures sanitaires et renforcer l’accès aux services de santé à travers le pays.
Dans le cadre de ce partenariat, les deux parties prévoient d’élargir l’utilisation des solutions de paiement électronique dans les hôpitaux, centres de santé et autres établissements publics. Selon les autorités, cette évolution devrait permettre de réduire les paiements en espèces, d’améliorer la traçabilité des transactions et de sécuriser davantage les recettes des structures sanitaires.
Orange Finance Mobile Sénégal est déjà présent dans plus de 600 pharmacies et plus de 200 structures de santé publiques et privées du pays. L’opérateur entend s’appuyer sur son réseau et son expertise dans les services financiers numériques pour faciliter les paiements de soins, y compris dans les zones éloignées où l’accès aux services bancaires demeure limité.
Cette initiative intervient dans un contexte de forte progression des paiements numériques au Sénégal. Selon les données relayées par la BCEAO, le pays est devenu en 2024 le premier marché de monnaie électronique de l’UEMOA, représentant 24,1 % du volume régional des transactions. Le mobile money constitue désormais l’un des principaux moteurs de l’inclusion financière dans le pays. La dynamique se reflète également dans les performances des opérateurs. Le service Orange Money revendiquait 13 millions de clients actifs en 2025 et près de 3,8 milliards de transactions réalisées au cours de l’année, illustrant l’ancrage croissant des paiements dématérialisés dans les usages quotidiens des Sénégalais.
La convention s’inscrit plus largement dans l’Agenda Sénégal 2050 et le New Deal Technologique, qui placent le numérique au cœur de la modernisation des services publics. Pour le gouvernement, la numérisation des paiements devrait contribuer à améliorer la gouvernance des établissements de santé, renforcer la transparence dans la gestion des ressources et faciliter l’accès des citoyens à des services publics plus efficaces.
Samira Njoya
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Face à la croissance des usages numériques, la Guinée équatoriale entend mieux exploiter ses infrastructures existantes. Les autorités envisagent de transformer le réseau de fibre optique de SEGESA en actif commercial au service des opérateurs télécoms et de la connectivité nationale.
La Société d’électricité de Guinée équatoriale (SEGESA) envisage d’élargir son champ d’activité au‑delà de la distribution d’énergie. Réuni le vendredi 12 juin à Malabo avec les responsables de l’entreprise publique, le vice‑président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a recommandé la création d’une structure dédiée à la gestion et à la valorisation du réseau national de fibre optique déployé par l’entreprise.
Cette orientation s’inscrit dans le projet de modernisation du réseau électrique national conduit par SEGESA. L’entreprise s’appuie sur près de 2000 kilomètres de fibre optique installés le long de ses infrastructures afin d’améliorer la supervision du réseau, la gestion de la facturation, le suivi des opérations et l’efficacité globale des services. Selon les autorités, ces investissements pourraient également servir de socle au développement du haut débit et de technologies avancées comme la 5G.
Au‑delà de ses besoins internes, SEGESA envisage désormais d’exploiter commercialement cette infrastructure en la mettant à la disposition d’autres acteurs du marché, notamment les opérateurs de télécommunications. Une telle stratégie permettrait à l’entreprise de diversifier ses sources de revenus tout en contribuant au renforcement de la connectivité numérique dans le pays.
Cette ambition intervient alors que la demande en services numériques continue de progresser en Guinée équatoriale. Selon DataReportal, le pays comptait environ 1,16 million d’utilisateurs d’Internet au début de 2025, soit un taux de pénétration de 60,4 % de la population. Le nombre d’internautes a augmenté de 28 000 en un an, illustrant une adoption croissante des services numériques par les ménages, les entreprises et les administrations.
L’initiative de SEGESA rejoint une tendance observée dans certains pays où les entreprises publiques d’électricité cherchent à rentabiliser leurs infrastructures numériques. Au Kenya, la société publique de transport d’électricité KETRACO commercialise une partie de sa capacité de fibre optique auprès d’opérateurs télécoms afin de générer des revenus supplémentaires et de soutenir le développement du haut débit.
Pour les autorités équato‑guinéennes, le projet présente un potentiel économique important. S’appuyant sur une étude réalisée par Huawei, le vice‑président a estimé que cette infrastructure pouvait créer davantage de valeur pour l’entreprise publique. Il a ainsi recommandé la mise en place d’une entité spécialisée, dotée de compétences techniques adaptées et accompagnée par un partenaire technologique expérimenté.
Samira Njoya
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