Dans le cadre de la transformation numérique, le Burkina Faso accélère l’intégration des technologies dans tous les secteurs. Cela inclut la radiodiffusion, considérée comme un pilier de la souveraineté nationale.

Les autorités burkinabè prévoient de lancer de nouvelles technologies de diffusion numérique afin de moderniser le radiodiffuseur public et de faciliter l’accès des populations aux contenus audiovisuels.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une stratégie globale de transformation de l’écosystème audiovisuel du pays. Cette dernière a été présentée par le DG de Société burkinabè de télédiffusion (STB), David Ganou, le lundi 23 mars, à l’occasion de la première session ordinaire 2026 du Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM).

Parmi les innovations envisagées, la technologie « TV White Space » permettra de fournir un Internet haut débit sur de longues distances, en particulier dans les zones rurales. La « 5G Broadcast » offrira la possibilité de regarder la télévision gratuitement, sans consommation de données mobiles ni carte SIM. La radio numérique, quant à elle, garantira une meilleure qualité sonore et une diffusion optimisée des contenus.

Le radiodiffuseur public projette également de migrer vers des plateformes numériques nationales (OTT), permettant aux citoyens d’accéder aux contenus sur mobile, tablette ou télévision connectée. L’archivage numérique sera développé pour valoriser les contenus nationaux et renforcer la mémoire audiovisuelle du pays. Le déploiement de la fibre optique viendra compléter cette modernisation, assurant une connectivité plus rapide et stable.

Cette transformation est jugée nécessaire face à l’évolution rapide du secteur audiovisuel. Comme l’a souligné M. Ganou, plus de 70 % du trafic Internet mondial provient aujourd’hui de la vidéo. Les usages se tournent vers le multi-écrans, le streaming à la demande et l’interactivité, tandis que les modèles traditionnels de diffusion sont progressivement remplacés par les plateformes numériques.

Outre le public, le secteur privé est également préoccupé par les enjeux du numérique. En décembre 2025, l’Union burkinabè des éditeurs privés de services de télévision (UBES TV) avait organisé un atelier de deux jours pour identifier des solutions capables d’adapter l’audiovisuel privé aux mutations technologiques et économiques en cours.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Aujourd’hui, le numérique est présent dans tous les secteurs en Afrique, y compris dans le commerce. Celui-ci représentait le deuxième plus important contributeur au PIB réel du Nigeria au quatrième trimestre 2025.

Les autorités nigérianes ont lancé, le mardi 24 mars, la Fenêtre unique nationale pour le commerce. Cette plateforme numérique vise à moderniser le secteur, réduire les coûts et améliorer l’efficacité à travers l’économie.

Selon le ministère des Finances, la plateforme intègre les agences gouvernementales dans un système numérique unique, simplifiant les processus d’importation et d’exportation, réduisant les délais et abaissant le coût des affaires. Pour le gouvernement, le système renforce la transparence, la coordination et la collecte des recettes. Pour les entreprises, il réduit la bureaucratie et accélère l’accès aux marchés.

« Il s’agit d’un passage décisif de la complexité à la coordination », a déclaré le ministre des Finances, Wale Edun. « Cela facilitera le commerce, améliorera la compétitivité et soutiendra la croissance économique », a-t-il ajouté. La Fenêtre unique nationale fait partie d’un programme de réformes plus large visant à construire une économie nigériane plus compétitive et attractive pour les investisseurs. Elle intervient dans un contexte de transformation numérique où les autorités nigérianes misent sur l’intégration des technologies numériques dans tous les secteurs pour soutenir le développement socio-économique. Par exemple, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) estime que la digitalisation du commerce joue un rôle clé dans l’amélioration de l’efficacité des contrôles aux frontières et des procédures administratives, réduisant ainsi les coûts commerciaux et renforçant la résilience des chaînes d’approvisionnement mondiales. La GSMA souligne que la numérisation peut soutenir les efforts d’expansion commerciale et faciliter le commerce pour tirer pleinement parti de l’intégration régionale. Selon l’organisation, la digitalisation du secteur commercial pourrait créer une valeur ajoutée de 873 milliards de nairas (663,6 millions USD) d’ici 2030, soit 1,3 % du PIB du secteur. Elle pourrait également générer 90 000 emplois supplémentaires et contribuer à hauteur de 70 millions de nairas supplémentaires aux recettes de l’État. Au quatrième trimestre 2025, le commerce était le deuxième contributeur au PIB réel du Nigeria avec 16,84 %, derrière la production agricole (20,44 %), selon les sources officielles. Il convient toutefois de rappeler que la numérisation du commerce en question ne se limite pas à l’administration. La CNUCED estime que l’intégration de technologies avancées telles que l’analyse des mégadonnées, l’intelligence artificielle et la blockchain renforce l’efficacité, la transparence et les capacités de gestion des risques des processus commerciaux. La GSMA met également en avant le e-commerce, qui permet la commercialisation de nouveaux produits, l’expansion des services de livraison et une réduction significative des coûts de transaction.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Le gouvernement burkinabè entend accélérer le développement d’une intelligence artificielle adaptée aux réalités locales, en intégrant les langues nationales au cœur de sa stratégie numérique. L’objectif est de réduire les barrières linguistiques qui limitent encore l’accès aux technologies numériques pour une grande partie de la population.

Le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques a engagé le mardi 24 mars des travaux visant à structurer les bases linguistiques nécessaires au développement de solutions d’intelligence artificielle. Les discussions ont notamment porté sur la formalisation de ressources exploitables par les modèles d’IA, en particulier pour quatre langues locales : le mooré, le dioula, le fulfuldé et le gulmancema.

Ces ressources sont essentielles pour concevoir des applications telles que la reconnaissance vocale, la traduction automatique ou encore la synthèse vocale, des technologies clés pour démocratiser l’accès aux services numériques dans un pays marqué par une forte diversité linguistique.

« À travers l’intégration des langues nationales dans les technologies émergentes, le Burkina Faso affirme sa volonté de bâtir une intelligence artificielle inclusive, accessible et adaptée à son contexte socioculturel. Cet atelier s’inscrit pleinement dans les 12 chantiers majeurs de la transformation digitale à l’horizon 2030, notamment le chantier dédié à une intelligence artificielle au service de tous les Burkinabè », informe le ministère.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large observée sur le continent. Plusieurs pays africains ont récemment lancé des programmes visant à intégrer les langues locales dans les technologies d’intelligence artificielle. Au Bénin, le projet « JaimeMaLangue » est en cours avec l’ambition de donner aux langues béninoises une existence numérique. Au Nigeria, les autorités ont récemment lancé N-ATLAS v1, un modèle de langage open source développé en partenariat avec Meta. Cette IA prend en charge plusieurs langues locales, dont le yoruba, le haoussa et l’igbo, en plus de l’anglais nigérian, avec l’ambition de réduire la fracture linguistique qui freine l’adoption des technologies sur le continent.

Dans le même temps, des acteurs technologiques internationaux s’intéressent de plus en plus à cette problématique. La filiale de Google dédiée à l’intelligence artificielle pour l’Afrique a récemment lancé le projet Wazal, visant à améliorer la prise en charge des langues africaines dans les modèles d’IA, notamment à travers la collecte de données linguistiques et le développement de systèmes de traduction. La base couvre 21 langues africaines, parmi lesquelles le haoussa, le yoruba, le luganda, l’acholi, le swahili, l’igbo ou encore le peul.

Au Burkina Faso, les autorités misent sur la production de données locales pour bâtir un écosystème d’IA plus souverain. Le projet est conduit en collaboration avec des acteurs publics et des structures de recherche, dans une logique de constitution de corpus fiables, indispensables à l’entraînement des modèles.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Les projets de modernisation de l’administration publique suivent leur cours en Éthiopie. Les autorités viennent de lancer un projet pilote pour transformer les commissariats grâce au numérique.

L’Éthiopie a inauguré, dans sa capitale Addis-Abeba, un commissariat de police intelligent, conçu pour offrir aux citoyens un accès simplifié, rapide et continu aux services publics. L’information a été annoncée par l’Agence de presse éthiopienne, Ethiopian News Agency (ENA), le dimanche 22 mars.

Dans ce poste de police de nouvelle génération, les usagers interagissent directement avec des bornes numériques en libre-service. Grâce à des écrans interactifs et à une assistance vidéo à distance, ils peuvent déposer une plainte, soumettre des documents ou encore régler une amende sans passer par un guichet traditionnel. Le service est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, supprimant ainsi les contraintes horaires souvent associées aux administrations publiques.

« Cette innovation améliore sensiblement la qualité du service offert aux citoyens et contribue au renforcement du système judiciaire et des services de police », a indiqué Andnet Sisay, chef du département technologique de la police fédérale éthiopienne.

Ce dispositif repose sur l’intégration de technologies telles que l’intelligence artificielle et la gestion centralisée des données. Il permet de réduire significativement les délais de traitement tout en limitant les erreurs humaines liées aux procédures manuelles. Pour les citoyens, l’expérience se veut plus fluide : moins d’attente, moins de paperasse et une interaction plus directe avec l’administration.

Au-delà du gain de temps, cette transformation modifie la relation entre les usagers et l’administration. En réduisant les contacts physiques, elle contribue également à limiter certaines pratiques informelles, renforçant ainsi la transparence du service. Le commissariat fonctionne avec un personnel réduit sur site, tandis que les agents assurent un accompagnement à distance, garantissant un suivi continu des dossiers. Pensé comme un projet pilote, ce modèle pourrait être étendu à d’autres villes du pays.

Adoni Conrad Quenum

Éditée par M.F. Vahid Codjia

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Face aux enjeux de modernisation et de compétitivité, le Sénégal mise sur le numérique pour transformer durablement son administration. À travers le New Deal Technologique, les autorités ambitionnent de bâtir un écosystème numérique plus performant et inclusif.

Le gouvernement sénégalais a procédé, mardi 23 mars, au lancement des projets structurants du New Deal Technologique, marquant l’entrée en phase opérationnelle de cette stratégie destinée à accélérer la transformation numérique de l’administration et de l’économie sénégalaises. Un an après son annonce, les autorités enclenchent ainsi une nouvelle étape, axée sur le déploiement de plateformes numériques et d’infrastructures visant à moderniser les services publics, renforcer la souveraineté numérique et améliorer l’accès des citoyens aux prestations de l’État.

Un guichet unique pour simplifier les services publics 

Parmi les dispositifs phares figure la plateforme « e-Senegal », présentée comme un guichet unique permettant aux citoyens et aux entreprises d’accéder en ligne à leurs démarches administratives. L’objectif est de centraliser les services publics sur un point d’entrée unique, afin de réduire les délais, limiter les déplacements et améliorer la transparence.

Dans la même logique, la solution « e-Consulat » cible la diaspora en offrant un accès dématérialisé aux services consulaires, tandis que la plateforme « SenTrésor » introduit un système de paiement électronique unifié pour les redevances publiques, incluant les impôts, les droits de douane, et les services des collectivités territoriales. 

Ces outils s’appuient sur une plateforme nationale d’interopérabilité permettant aux administrations d’échanger des données en temps réel, selon le principe du « once only » (ne fournir ses données qu’une seule fois), évitant aux usagers de répéter les mêmes informations.

Une gouvernance renforcée pour éviter les silos 

Le déploiement de ces projets s’accompagne d’une refonte de la gouvernance du numérique. Le Comité de gouvernance du numérique (GouvNum), mis en place en mars 2025, est chargé de coordonner les initiatives digitales de l’État et d’en assurer la cohérence.

Cette approche vise à corriger les dysfonctionnements liés à la multiplication de projets non harmonisés entre administrations. En parallèle, le Conseil national du numérique, composé d’experts du secteur, joue un rôle consultatif pour orienter les choix stratégiques et anticiper les évolutions technologiques.

Connectivité et innovation au cœur de la stratégie 

Le programme s’inscrit dans la stratégie Vision Sénégal 2050, qui prévoit un portefeuille d’investissements estimé à 1 100 milliards FCFA (environ 1,95 milliard USD) sur la période 2025-2034. Il intègre également un volet inclusion numérique, avec un projet visant à connecter plus d’un million de Sénégalais dans les zones blanches, afin de réduire la fracture territoriale en matière d’accès à Internet.

L’État mise notamment sur le développement d’infrastructures souveraines, avec le déploiement de data centers à Diamniadio et Orana, ainsi que sur le renforcement de la bande passante nationale, qui doit passer de 600 Mbps à 20 Gbps. Un cloud souverain est également en cours de mise en place afin d’assurer l’hébergement local des données publiques sensibles, dans un contexte où la cybersécurité devient un enjeu stratégique.

Parallèlement, le Start-up Act, désormais en phase d’exécution, ambitionne de structurer l’écosystème entrepreneurial en facilitant le financement et l’accompagnement des jeunes entreprises innovantes.

Une transformation structurelle de l’action publique 

Au-delà des outils, les autorités sénégalaises présentent cette initiative comme une transformation en profondeur du fonctionnement de l’État. L’ambition est de passer d’une administration fragmentée à un système intégré, centré sur l’usager et fondé sur l’exploitation des données.

Avec cette phase de déploiement, le Sénégal cherche ainsi à bâtir un écosystème numérique cohérent, capable de soutenir la performance publique et de stimuler une économie digitale compétitive.

Samira Njoya

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La numérisation des procédures commerciales s'impose comme le pilier de la réforme de l'État en Algérie. En structurant mieux les flux de marchandises destinées à la revente, les autorités cherchent à instaurer une transparence accrue et une prévisibilité indispensable à la stabilité du marché.

L’Algérie renforce l’encadrement de ses flux commerciaux extérieurs. Le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a annoncé l’ouverture, du dimanche 22 mars au 30 avril prochain, d’une plateforme numérique dédiée au dépôt des programmes prévisionnels pour les opérateurs exerçant dans l’importation pour la revente en l’état.

Ce dispositif vise à centraliser les intentions d’achat des opérateurs économiques (activité n°4) afin d’ajuster au mieux les besoins du marché national tout en limitant les sorties de devises. Les acteurs concernés sont invités à soumettre leurs prévisions via le portail officiel (import.mcepe.gov.dz), conformément aux réformes engagées pour moderniser la gouvernance commerciale du pays.

Une stratégie de compression de la facture d'importation 

Cette dématérialisation intervient alors que l’Algérie affiche une volonté ferme de rationaliser ses dépenses extérieures. Après avoir réussi à ramener la facture des importations de biens sous la barre des 45 milliards de dollars ces dernières années — contre plus de 58 milliards de dollars en 2014 — le gouvernement mise désormais sur la précision des données numériques pour éviter les pénuries tout en protégeant la production locale.

Le nouveau mécanisme s’articule avec le projet de fichier numérique national des biens et services produits localement, dévoilé la semaine dernière. L'objectif est double : identifier les capacités de substitution à l'importation et soutenir la dynamique des exportations hors hydrocarbures, que les autorités espèrent voir atteindre 29 milliards de dollars d’ici 2030.

En s'appuyant sur ces outils digitaux, l'administration douanière et commerciale entend réduire l'informel et assurer une meilleure traçabilité des flux financiers, tout en offrant aux opérateurs une procédure simplifiée et transparente pour l'obtention de leurs certificats de respect.

Samia Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Comme de nombreux pays africains, l’Algérie mise sur les technologies numériques pour résoudre ses défis. L’un des problèmes majeurs auxquels le pays est confronté est l’accès à l’eau.

Les autorités algériennes explorent des solutions technologiques locales pour développer le secteur de l’eau, renforcer la sécurité hydrique et relever les défis, notamment ceux liés au changement climatique. Un appel à projet a été lancé dans ce sens.

Selon un communiqué du ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises publié le mercredi 18 mars, cet appel s’adresse aux porteurs de projets innovants, aux start-up et scale-up, aux micro-entreprises, aux incubateurs et accélérateurs, aux chercheurs issus des universités et centres de recherche, ainsi qu’aux experts et spécialistes du secteur économique, y compris les talents algériens établis à l’étranger. L’initiative vise à construire un écosystème national d’innovation dans le domaine de l’eau, à développer des solutions technologiques nationales, à lancer des projets pilotes sur le terrain et à créer des opportunités de collaboration entre les secteurs public et privé. Les domaines prioritaires incluent la réduction des fuites et du gaspillage d’eau, le dessalement avec une meilleure efficacité énergétique, la réutilisation de l’eau, l’irrigation intelligente et l’agriculture durable, l’utilisation de l’intelligence artificielle et de l’Internet des objets dans la gestion de l’eau, ainsi que les solutions d’adaptation au changement climatique. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique, qui mise sur l’intégration des TIC dans tous les secteurs pour soutenir le développement socio-économique. En ce qui concerne le secteur de l’eau, l’Algérie est confrontée à un stress hydrique croissant. Le pays figure parmi les zones arides à semi-arides, avec des ressources en eau limitées et une dépendance accrue aux précipitations irrégulières et aux nappes souterraines surexploitées. Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le recours aux nouvelles technologies peut améliorer considérablement la gestion des ressources en eau, permettant ainsi de faire face à la pénurie liée à la demande croissante et au changement climatique. L’organisation souligne notamment que les systèmes d’alerte reposant sur des drones ou sur des dispositifs intégrés d’observation de la Terre peuvent contribuer à la prévision et à l’atténuation des risques de catastrophes. Par ailleurs, des solutions comme les compteurs intelligents, qui fournissent des données en temps réel et un retour d’information personnalisé, sont susceptibles d’améliorer l’efficacité des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement existants. Toutefois, comme le souligne Abdesselam Malek, docteur en hydrogéologie, dans une interview accordée au quotidien Horizons, la problématique de l’eau en Algérie dépasse la seule question technologique. « Chez nous, surtout dans le Sud, nos oasis ont perduré grâce à cette résilience face à des pluies très irrégulières, avec des digues de dérivation vers des surfaces de stockage et un partage ingénieux. Nos oueds dans le Nord perdent trop vite des écoulements en centaines de millions de mètres cubes qui rejoignent la mer en quelques jours, parfois en quelques heures », a-t-il déclaré.

Isaac K. Kassouwi

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Selon Kaspersky, l’Afrique subsaharienne a enregistré 138 millions de cyberattaques au premier semestre 2025. Cette pression croissante souligne l’urgence de renforcer les capacités en cybersécurité sur le continent.

L’Afrique structure sa riposte face à l’explosion des cybermenaces et au manque critique de main-d’œuvre qualifiée. Dans cette optique, l’International Cybersecurity Community for Africa (ICCA), une plateforme panafricaine de cybersécurité, a été lancée le vendredi 20 mars à Kigali, au Rwanda. Ce nouvel organe vise à fédérer les experts du continent et à accroître les capacités opérationnelles régionales.

Le dispositif se positionne comme un cadre de coopération dédié au partage d’informations sur les risques numériques, à l’apprentissage et au perfectionnement des talents. Son déploiement intervient alors que les attaques informatiques s’intensifient. Selon les indicateurs révélés lors de l’inauguration, les organisations africaines subissent en moyenne environ 1848 attaques hebdomadaires.

Pour répondre à cette pression, l’ICCA ambitionne de former un million de spécialistes d’ici 2030, un défi de taille alors que le continent n’en compte actuellement que 300 000 pour une demande en pleine expansion.

Afin de soutenir cet objectif, deux outils technologiques ont été présentés. Le premier, Umurinzi Cyber Threat Intelligence, permet de repérer les identifiants compromis sur le dark web et d’alerter les structures visées. Le second est un système de formation pratique, de type Capture the Flag (CTF). Il propose des simulations d’attaques pour renforcer l’expertise technique à des coûts maîtrisés et dans un environnement adapté aux réalités locales.

Soutenue par les autorités rwandaises et des partenaires internationaux, cette initiative s’intègre dans une stratégie globale de valorisation du capital humain et de protection des infrastructures critiques. À travers ce projet, les promoteurs souhaitent favoriser l’émergence d’un écosystème numérique intégré, apte à relever les défis de la transition digitale.

Dans sa feuille de route, l’ICCA prévoit d’étendre ses activités à une quinzaine de pays d’ici 2027 et d’instaurer des programmes de certification. À terme, l’institution compte lancer un indice africain de résilience cyber afin de mesurer le degré de préparation des États face à la cybercriminalité.

Samira Njoya

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La chute des recettes douanières sur les téléphones pousse le Cameroun à revoir son dispositif de collecte. Le gouvernement introduit un mécanisme électronique pour améliorer la traçabilité et limiter les pertes fiscales.

Le Cameroun accélère la modernisation de son administration douanière avec la mise en œuvre d’un mécanisme électronique de collecte des droits et taxes à l’importation des téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques. Le système, récemment entré en vigueur, vise à renforcer la traçabilité des appareils et à lutter contre les pertes de recettes liées à la fraude.

Présenté lors d’une session d’information organisée le jeudi 19 mars à Douala par le directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, ce nouveau système s’inscrit dans le cadre de la réforme prévue par la loi de finances 2023. Il repose sur une digitalisation complète du processus de déclaration, de liquidation et de paiement des droits de douane, via le système informatique CAMCIS.

Cette réforme intervient dans un contexte de forte érosion des recettes douanières issues des terminaux mobiles. Selon les données présentées par l’administration, elles sont passées d’environ 2 milliards FCFA (3,5 millions $) par mois dans les années 2000 à seulement 100 millions FCFA en 2025. Une chute attribuée notamment à la fraude, à la contrebande, à l’incivisme fiscal et à la multiplication des points d’entrée informels sur le territoire national.

Le nouveau mécanisme vise ainsi à restaurer l’équité fiscale et améliorer la mobilisation des ressources publiques, tout en renforçant la transparence des opérations. Il permet également une meilleure identification des terminaux circulant sur le marché, contribuant à la protection des consommateurs contre les risques liés aux appareils frauduleux, notamment en matière de cybercriminalité et de vols.

Concrètement, le dédouanement des équipements reste à la charge des importateurs, qui doivent effectuer leurs déclarations via la plateforme numérique des douanes. Les paiements peuvent être réalisés par des moyens électroniques, renforçant ainsi la traçabilité des flux financiers. Le dispositif introduit par ailleurs un contrôle plus strict de l’accès des terminaux aux réseaux de télécommunications : seuls les appareils régulièrement dédouanés, en itinérance ou ayant bénéficié d’une amnistie fiscale seront autorisés à se connecter.

Le nouveau mécanisme n’introduit pas de taxation supplémentaire et ne devrait pas entraîner de hausse des prix des appareils. Il vise plutôt à sécuriser les recettes existantes et à assainir le marché. Des mesures transitoires ont également été prévues. Les terminaux déjà en circulation sur le réseau local sont considérés comme régularisés, tandis que les distributeurs disposent d’un délai pour se conformer aux nouvelles exigences. Les petites quantités d’appareils non déclarés pourront faire l’objet de procédures simplifiées.

Portée par une collaboration entre plusieurs institutions publiques, dont le ministère des Postes et Télécommunications, l’Agence de régulation des télécommunications et l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication, ainsi que des partenaires privés, cette réforme illustre la volonté des autorités camerounaises de s’appuyer sur le numérique pour renforcer la gouvernance fiscale.

Samira Njoya

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La digitalisation des services publics s’accélère en Afrique avec un recours croissant aux outils d’IA. En Côte d’Ivoire, les autorités misent sur un chatbot pour fluidifier les échanges avec les citoyens.

Le gouvernement ivoirien accélère la digitalisation de ses services publics avec le lancement cette semaine de « EMY 101 », un assistant conversationnel basé sur l’intelligence artificielle. Accessible via WhatsApp et Messenger, cet outil vise à faciliter l’accès des citoyens à l’information administrative et à renforcer leur interaction avec les institutions publiques.

Développé dans le cadre de la modernisation de l’administration, ce chatbot permet aux usagers d’obtenir rapidement des informations fiables sur l’action gouvernementale, ainsi que sur les démarches administratives, notamment pour l’état civil, la fiscalité ou les services ministériels. L’objectif est de réduire les déplacements physiques, souvent contraignants, et d’améliorer l’efficacité de la relation entre l’État et les citoyens.

Concrètement, EMY 101 se positionne comme un guichet numérique accessible en continu. Les utilisateurs peuvent également s’en servir pour signaler des préoccupations, envoyer des alertes ou encore identifier les contacts utiles au sein des services publics. Cette approche s’inscrit dans une logique de gouvernance participative en facilitant la remontée d’informations des citoyens vers l’administration.

L’outil contribue ainsi à plusieurs objectifs stratégiques : rapprochement de l’administration des citoyens, amélioration de l’accès à l’information publique, renforcement de la participation citoyenne et accélération du traitement des requêtes. Il s’appuie sur les usages numériques déjà largement répandus dans le pays, en particulier les applications de messagerie instantanée.

Pour utiliser le service, les citoyens doivent enregistrer le numéro WhatsApp dédié, puis envoyer le mot‑clé « Emy 101 » afin d’accéder aux différentes fonctionnalités proposées. Le service est également accessible via Messenger, tandis qu’un numéro vert, le 101, est mis à disposition pour compléter le dispositif.

Le lancement d’EMY 101 s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique engagée par la Côte d’Ivoire. Le pays multiplie ces dernières années les initiatives visant à moderniser les services publics et améliorer leur accessibilité, dans un contexte où le numérique devient un levier clé de gouvernance et de développement. À travers ce type d’outils, les autorités ivoiriennes entendent renforcer l’efficacité de l’action publique tout en favorisant une administration plus transparente, réactive et centrée sur les besoins des citoyens.

Samira Njoya 

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