Face à la concurrence mondiale autour de l’intelligence artificielle, la Chine multiplie les initiatives pour se positionner en Afrique. À travers de nouveaux dispositifs, le pays cherche à identifier des talents et des solutions capables de soutenir la transformation numérique du continent.

La Chine a annoncé le vendredi 24 avril le lancement d’un concours international dédié à l’intelligence artificielle. L’initiative s’inscrit dans la célébration des 70 ans de relations diplomatiques entre la Chine et plusieurs pays africains. Elle vise à valoriser les jeunes talents africains ainsi que des solutions technologiques innovantes issues du continent.

Porté par le Secrétariat du Forum sur la coopération sino‑africaine (FOCAC), ce programme traduit une volonté de Pékin de prospecter les écosystèmes africains de l’innovation, dans un contexte où l’intelligence artificielle s’impose comme un levier stratégique de transformation économique et de compétitivité internationale.

La compétition vise à identifier des projets capables d’apporter des réponses concrètes aux défis de développement du continent, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’industrie, de la recherche scientifique et des services publics. L’accent est mis sur des solutions à fort impact, susceptibles d’être intégrées dans des dynamiques de transformation numérique à plus grande échelle.

Au‑delà de la compétition, l’initiative ambitionne de servir de plateforme d’exposition internationale pour les innovateurs africains. Les projets retenus bénéficieront d’une visibilité accrue, d’une publication dans un recueil international et d’un accompagnement vers des opportunités de collaboration avec des acteurs de l’écosystème technologique chinois.

Les lauréats seront également invités à participer à une immersion en Chine, destinée à renforcer les échanges entre porteurs de projets africains et experts de l’intelligence artificielle. Cette démarche vise à favoriser le transfert de compétences et la création de partenariats dans un secteur en pleine structuration.

Le concours est ouvert aux étudiants, chercheurs, entrepreneurs et professionnels du numérique issus du continent africain. Aucune structure formelle n’est exigée, l’évaluation étant centrée sur la pertinence des idées, leur caractère innovant et leur potentiel d’impact.

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 29 mai 2026 via le lien : https://ecnxdbgxnkac.feishu.cn/share/base/form/shrcnOZjhi7LTFB6eLAFb6ej5Ve

Samira Njoya

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La Guinée multiplie les efforts en vue d’une amélioration de la connectivité Internet pour soutenir la transformation numérique. Le pays veut par exemple se connecter à un second câble sous‑marin.

Les autorités guinéennes veulent doubler la capacité de la dorsale nationale de fibre optique (backbone). L’initiative permettra à l’infrastructure d’absorber la croissance rapide du trafic Internet et d’éviter les risques de saturation qui pourraient entraîner une dégradation de la qualité de service, notamment des lenteurs et des interruptions.

Le projet a été examiné lors de la réunion de cabinet du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation du lundi 27 avril. La Société de gestion et d’exploitation du backbone national (SOGEB) a indiqué que les études préparatoires avancent en vue de sa mise en œuvre.

Ce projet de doublement de la capacité intervient dans un contexte de transformation numérique marqué par une hausse rapide des usages. Le trafic Internet mobile est passé de 23,98 millions de gigabytes (GB) au deuxième trimestre 2021 à 118,86 millions GB à la même période en 2025, selon les données du régulateur télécoms. Sur la même période, le nombre d’abonnés Internet mobile est passé de 6,6 millions à 8,3 millions.

Par ailleurs, le pays a engagé des discussions pour se connecter à un second câble sous‑marin de fibre optique. Cette initiative vise à renforcer la résilience de l’infrastructure numérique nationale tout en augmentant la capacité internationale afin de mieux répondre à la demande croissante. La Guinée explore également des solutions satellitaires pour améliorer la couverture et sécuriser l’accès à Internet dans les zones moins bien desservies.

Dans ce contexte, le renforcement de la dorsale vise à accompagner la transformation numérique en cours en garantissant une connectivité plus stable, plus rapide et plus fiable. En réduisant les risques de congestion du réseau, il doit permettre d’améliorer durablement la qualité de service pour les usagers, aussi bien particuliers que entreprises.

Les particuliers peuvent utiliser des services comme la maison connectée, l’Internet des objets, le télétravail, le streaming ou l’e‑learning. Les entreprises pourront, de leur côté, s’appuyer sur une infrastructure plus robuste pour développer leurs activités numériques, accélérer leur digitalisation et déployer des solutions gourmandes en bande passante comme le cloud, les services en ligne, le commerce électronique ou encore les applications métiers en temps réel.

Au‑delà de ces usages, ce renforcement vise à structurer et dynamiser l’écosystème numérique guinéen. Il crée de meilleures conditions de développement pour les jeunes entreprises du numérique. En Afrique, l’absence d’une connectivité fiable et abordable est souvent considérée comme l’un des principaux freins à la croissance des start‑up. Elle limite leur capacité à attirer des investisseurs et freine le développement de nouveaux services. Elle réduit également leurs possibilités d’innovation et leur capacité à élargir leur clientèle, aussi bien au niveau national qu’international.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Alors que l’exposition des enfants aux plateformes numériques s’intensifie, le Rwanda renforce sa stratégie de protection en ligne. Le pays rejoint plusieurs États africains qui cherchent à mieux réguler l’usage des réseaux sociaux chez les mineurs face aux enjeux éducatifs et sociaux.

Le gouvernement rwandais envisage de renforcer l’encadrement de l’usage des réseaux sociaux par les mineurs. La ministre des TIC et de l’Innovation, Paula Ingabire, a déclaré le mercredi 29 avril que la loi en préparation vise à interdire l’accès aux plateformes numériques aux enfants de moins de 16 ans, dans un contexte de préoccupations croissantes liées aux contenus en ligne et à leurs effets sur le développement des plus jeunes.

La future réglementation viserait à empêcher les mineurs de créer des comptes ou d’accéder à des contenus sur des réseaux tels que Facebook, Instagram ou encore YouTube. La mise en œuvre reposerait sur une collaboration entre les fournisseurs d’accès à Internet, les plateformes numériques et les parents, avec en perspective l’appui d’un système national d’identification numérique pour vérifier l’âge des utilisateurs.

Selon la ministre, cette démarche repose sur des constats précis. Une étude nationale révèle que 46 % des écoliers accèdent déjà aux services numériques via des téléphones mobiles, souvent sans encadrement parental. Dans le même temps, 30 à 35 % des élèves déclarent être confrontés à des difficultés liées à l’usage des réseaux sociaux, notamment des troubles de l’attention ou des formes d’anxiété associées à la consommation de contenus en ligne.

Cette initiative ne constitue pas une mesure isolée. Elle s’appuie sur un cadre réglementaire déjà existant, notamment la politique nationale de protection de l’enfance en ligne adoptée en 2025, qui prévoit le renforcement de la surveillance des contenus numériques et la collaboration avec les fournisseurs d’accès et les plateformes pour limiter les contenus préjudiciables. Le pays dispose par ailleurs d’un arsenal juridique incluant des lois sur la cybersécurité et la protection des données, avec des dispositions spécifiques pour les mineurs de moins de 16 ans.

Une dynamique qui s’accélère en Afrique

Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large observée sur le continent, où plusieurs États cherchent à mieux réguler l’accès des mineurs aux plateformes numériques. Au Gabon, les autorités ont récemment annoncé l’introduction d’une réglementation imposant un âge minimum de 16 ans pour l’accès aux réseaux sociaux, accompagné de mécanismes d’identification renforcés. Le Zimbabwe étudie également des restrictions similaires visant les moins de 18 ans, tandis que le Nigeria a lancé des consultations publiques en vue d’introduire des limitations d’âge sur les plateformes.

D’autres pays, comme l’Égypte, ont engagé des réflexions réglementaires pour mieux protéger les enfants face à la montée des contenus jugés nocifs sur les réseaux sociaux. Ces initiatives s’inscrivent dans les efforts de coordination portés notamment par l’Union africaine pour renforcer la sécurité des enfants en ligne.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Face aux mutations technologiques dans le secteur médical, la formation des professionnels de santé évolue vers des modèles plus interactifs. L’objectif est de combiner compétences pratiques et maîtrise des outils numériques pour répondre aux nouveaux besoins des systèmes de santé.

Le département de pharmacie de l’Université d’Abomey-Calavi a mis en service, le lundi 27 avril, un centre de simulation dédié à la formation pratique des étudiants en sciences pharmaceutiques. Baptisé « Pharm Expérience », ce dispositif vise à rapprocher l’apprentissage académique des conditions concrètes d’exercice en officine et en milieu hospitalier.

Le centre repose sur une architecture technologique en deux volets complémentaires. Il comprend une salle de dispensation reproduisant une officine moderne et une salle de cours équipée d’outils numériques interactifs. Un système de caméras et de visioconférence permet de suivre en temps réel les scénarios pratiques et jeux de rôle réalisés en simulation, offrant aux étudiants une immersion pédagogique renforcée.

Une approche pour anticiper la solution « e‑pharmacie »

Pour les autorités universitaires, cette innovation vise à élever les standards d’apprentissage en rapprochant la théorie des exigences professionnelles du terrain. Le Prof. Habib Ganfon (photo, au centre), vice-doyen de la pharmacie, souligne que l’ambition est de placer l’apprenant au cœur de la dynamique de changement technologique en cours dans le secteur.

Le centre servira également de base pour familiariser les futurs praticiens avec la solution numérique « e‑pharmacie », actuellement en phase de concrétisation au niveau national. L’objectif est de créer un maillage technologique permettant aux étudiants de maîtriser les outils numériques de gestion pharmaceutique avant leur déploiement généralisé.

Une tendance continentale vers la numérisation de la pharmacie

Au-delà du cas béninois, le développement de solutions numériques dans le secteur pharmaceutique s’accélère sur le continent. Plusieurs pays africains explorent ou encadrent déjà les modèles de pharmacie en ligne et de distribution numérisée des médicaments, dans un contexte marqué par des défis persistants de chaîne d’approvisionnement et d’accès aux produits essentiels.

Selon le rapport « La pharmacie en ligne en Afrique : panorama des réglementations et opportunités d’action » publié en 2023 par le cabinet Salient, cinq pays africains – le Ghana, le Kenya, le Nigeria, le Rwanda et l’Afrique du Sud – ont déjà adopté des cadres réglementaires ou des directives encadrant les pharmacies en ligne. Le Ghana est allé plus loin en mettant en place une pharmacie électronique nationale pilotée par l’État.

Samira Njoya

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Le Cameroun a récemment mis en œuvre un nouveau mécanisme de collecte des droits de douane sur les téléphones et terminaux numériques. Moins d’un mois après le lancement effectif, ce dispositif automatisé produit déjà ses premiers résultats.

Au Cameroun, la régulation du marché des terminaux numériques franchit une nouvelle étape. Le ministère des Finances a annoncé l’entrée en vigueur effective d’un mécanisme électronique de collecte des droits de douane sur les téléphones, tablettes et autres équipements connectés. En moins d’un mois, le système a déjà permis d’identifier près de 700 000 nouveaux appareils connectés au réseau local sans dédouanement préalable, mettant en évidence l’ampleur des circuits informels dans ce segment en forte croissance.

Dans un communiqué publié le lundi 27 avril, le ministre des Finances Louis Paul Motaze précise que ce dispositif, opérationnel depuis le 1er avril 2026, repose sur l’identification des terminaux via leur numéro IMEI. Ce procédé permet de croiser les données issues des réseaux des opérateurs télécoms avec celles de l’administration douanière, afin de détecter en temps réel les équipements introduits sur le territoire en dehors des circuits officiels.

L’enjeu est d’autant plus important que le marché camerounais des smartphones connaît une expansion rapide, portée par la démocratisation des usages numériques et la baisse progressive du coût des terminaux d’entrée de gamme. Dans ce contexte, une part significative des appareils échappe encore au contrôle fiscal, notamment en raison des importations informelles et du commerce transfrontalier non déclaré, privant l’État de ressources importantes.

Pour accompagner la mise en œuvre de la réforme, les autorités ont instauré une phase transitoire. Les importateurs et utilisateurs d’appareils non conformes disposent d’un délai de grâce jusqu’au 30 avril pour régulariser leur situation sans pénalité. Durant cette période, le blocage automatique des terminaux a été suspendu afin de favoriser la sensibilisation et d’éviter une rupture brutale dans l’usage des services mobiles.

Passé ce délai, les équipements identifiés comme issus de la contrebande seront bloqués sur l’ensemble des réseaux nationaux, sans préavis supplémentaire. Cette mesure vise à renforcer la discipline sur le marché, mais aussi à instaurer un signal dissuasif à l’égard des circuits d’importation illégaux qui continuent de prospérer en marge des circuits formels.

Au-delà de la mobilisation des recettes douanières, les autorités inscrivent cette réforme dans une approche plus large de sécurisation et de structuration de l’écosystème numérique. La traçabilité accrue des terminaux permet en effet de mieux encadrer leur circulation, de limiter l’usage d’équipements contrefaits ou non homologués et de renforcer, à terme, la sécurité des réseaux et des utilisateurs.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Les autorités tchadiennes font du numérique un levier central de transformation et entendent en généraliser l’usage. Cette dynamique implique néanmoins un encadrement renforcé afin de prévenir les dérives.

Le gouvernement tchadien a engagé une actualisation de son cadre juridique du numérique afin de l’adapter à l’évolution rapide des technologies et des usages. Un comité de 34 membres a été officiellement installé à N’Djamena le lundi 27 avril par le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration, Haliki Choua Mahamat (photo).

Le ministre a souligné que les textes en vigueur sont devenus obsolètes face aux mutations du secteur numérique, en appelant à des réformes rapides et efficaces. Le comité dispose de 45 jours pour proposer des textes modernisés, concrets et directement applicables.

S’appuyant sur les travaux déjà réalisés, notamment ceux de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), la mission consistera à harmoniser et moderniser l’ensemble des dispositions existantes afin de doter le pays d’un cadre juridique plus adapté aux enjeux actuels du numérique.

La mise en place du comité intervient quelques mois après que Boukar Michel, ancien ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration publique, a annoncé que le pays élaborait un Code du numérique. Celui-ci intègre les normes internationales en matière de cybersécurité, de protection des données et de gouvernance de l’Internet, dotant ainsi le Tchad d’un cadre juridique moderne, conforme aux meilleures pratiques mondiales.

En octobre 2025, l’Assemblée nationale du Tchad a ratifié une ordonnance prise plus tôt dans l’année modifiant un article de la loi de 2014 sur la régulation des communications électroniques et des activités postales. Le texte vise à moderniser le cadre juridique du secteur, à favoriser la concurrence, à améliorer la couverture des réseaux et à renforcer la souveraineté numérique du pays.

Ces efforts s’inscrivent dans un contexte marqué par une accélération croissante de la transformation numérique, avec l’émergence de nouvelles technologies et de nouveaux usages. L’intelligence artificielle (IA), par exemple, s’impose progressivement dans de nombreux usages numériques, mais elle soulève aussi des défis majeurs. En l’absence de règles claires, elle peut être utilisée pour la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, la création de contenus trompeurs (deepfakes) ou encore la facilitation d’arnaques en ligne de plus en plus sophistiquées.

D’autres technologies comme le cloud computing, la blockchain ou encore l’essor des plateformes numériques accentuent également les enjeux de cybersécurité et de protection des données. Le vide juridique actuel peut ainsi exposer les utilisateurs, les entreprises et les institutions à des risques accrus de cyberattaques, de fraude numérique ou d’exploitation abusive des données personnelles.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Avec l’essor des réseaux sociaux, les États africains font face à de nouveaux défis de régulation. En RDC, les autorités ont saisi la justice pour lutter contre les abus en ligne, dans un contexte régional marqué par un encadrement accru du cyberespace.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé, samedi 25 avril, avoir saisi les autorités judiciaires face à la multiplication de contenus jugés diffamatoires ou haineux visant des responsables publics sur les réseaux sociaux.

Dans un communiqué, l’exécutif dénonce une « recrudescence » de publications comportant injures, menaces, diffamations et autres atteintes à la dignité. Les autorités estiment que certains de ces contenus ne relèvent pas d’expressions isolées, mais s’inscrivent dans des « campagnes coordonnées de dénigrement » susceptibles d’affecter la crédibilité des institutions et la cohésion nationale.

Face à cette situation, le gouvernement indique avoir engagé des investigations pour identifier les auteurs, co-auteurs et éventuels commanditaires de ces contenus, y compris ceux opérant anonymement ou depuis l’étranger. Des poursuites pourraient être engagées sur la base des dispositions légales encadrant la diffamation, le harcèlement numérique ou les discours de haine.

Dans un contexte d’essor des réseaux sociaux 

Cette démarche intervient dans un contexte de montée en puissance des réseaux sociaux dans le pays. Selon les données de DataReportal, la RDC comptait environ 34,7 millions d’utilisateurs des réseaux sociaux en 2025, soit près de 30 % de la population, un chiffre en progression constante, porté par l’expansion de l’Internet mobile. Ces plateformes s’imposent désormais comme des espaces centraux du débat public, mais aussi comme des vecteurs de désinformation et de contenus problématiques.

Un durcissement observé à l’échelle régionale 

Au-delà du cas congolais, cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large de renforcement de la régulation du numérique en Afrique. Au Gabon, les autorités ont récemment annoncé de nouvelles mesures visant à encadrer plus strictement les contenus diffusés en ligne, notamment en matière de lutte contre la désinformation, les discours de haine et les atteintes à l’ordre public.

Ces initiatives traduisent une volonté croissante des États de reprendre le contrôle sur des espaces numériques devenus centraux dans la formation de l’opinion publique. Elles soulignent également les défis liés à la modération des contenus, à l’identification des auteurs, souvent anonymes, et à l’application des lois dans un environnement transfrontalier.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Portés par la croissance du mobile money et du commerce digital, les systèmes de paiement instantané se multiplient en Afrique. Ils répondent à un besoin de rapidité, de réduction des coûts et de traçabilité des flux, dans des économies encore largement dominées par le cash.

La Banque de la République du Burundi (BRB) a lancé, le jeudi 23 avril à Bujumbura, le système de paiement instantané « BurundiPay », une nouvelle infrastructure destinée à moderniser les transactions financières dans le pays. L’initiative vise à fluidifier les transactions, renforcer l’inclusion financière et réduire la dépendance aux espèces. Concrètement, BurundiPay permet d’effectuer des transferts d’argent et des paiements en temps réel, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, aussi bien depuis des comptes bancaires que des portefeuilles mobiles.

La principale innovation réside dans l'interopérabilité totale. Désormais, les banques commerciales, institutions de microfinance et opérateurs de paiement sont connectés au sein d’un même système, facilitant les transactions entre réseaux jusque-là cloisonnés. Cette évolution met fin à certaines pratiques contraignantes, comme le retrait préalable d’espèces pour transférer des fonds entre établissements différents.

Le dispositif repose sur des standards internationaux, notamment la norme ISO 20022, garantissant un haut niveau de sécurité et une compatibilité avec les systèmes financiers mondiaux. Il s’intègre également aux infrastructures existantes du pays, telles que le système de règlement brut en temps réel (RTGS) ou encore la chambre de compensation automatisée, consolidant ainsi l’architecture globale des paiements.

Au-delà de ses performances techniques, BurundiPay mise sur l’accessibilité pour favoriser son adoption à grande échelle. Dans un pays où le taux de pénétration d’Internet demeure limité autour de 30 % selon les données officielles — la plateforme a été pensée pour fonctionner aussi bien sur smartphones que sur des téléphones basiques via des codes USSD. Cette approche inclusive vise à étendre l’accès aux services financiers aux populations encore faiblement bancarisées, notamment en milieu rural.

Financé avec le soutien de la Banque mondiale à travers le Projet d’Appui aux Fondations de l’Économie Numérique (PAFEN), ce système positionne le Burundi comme le 22e pays africain à se doter d’une infrastructure de paiement instantané. Une avancée qui s’aligne sur les tendances observées sur le continent, où la numérisation des services financiers constitue un levier clé de transformation économique.

Le succès de BurundiPay dépendra de son appropriation par les acteurs du marché et par les usagers. Son déploiement pourrait accélérer l’intégration financière, soutenir le développement du commerce numérique et renforcer la transparence des flux économiques, autant d’éléments essentiels pour accompagner les ambitions de croissance et de modernisation du pays.

Samira Njoya

Edité par : Feriol Bewa

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Porté par une population de plus de 100 millions d’habitants, le marché du commerce de détail en Égypte figure parmi les plus dynamiques du Moyen-Orient. Dans ce secteur concurrentiel, les enseignes accélèrent leur transformation numérique pour améliorer leurs performances et répondre à l’évolution des usages.

Orange Egypt et Circle K ont annoncé, mercredi 22 avril, la conclusion d’un partenariat visant à accompagner la modernisation du réseau de distribution de l’enseigne de retail, présente à travers plus de 200 points de vente dans le pays. Cet accord positionne l’opérateur télécom comme partenaire de transformation numérique de Circle K, dans un contexte de numérisation croissante du secteur de la distribution en Égypte.

Dans le cadre de ce partenariat, Orange fournira un ensemble de solutions de connectivité et d’infrastructures numériques, incluant l’accès à Internet haut débit et une interconnexion sécurisée entre les différents points de vente. L’objectif est d’assurer une meilleure continuité des opérations, tout en optimisant les performances et la gestion des activités commerciales sur l’ensemble du réseau.

Le projet intègre également le déploiement de la technologie SD-WAN, une solution avancée de gestion de réseau permettant une orchestration plus flexible et centralisée des flux de données entre les sites. Cette architecture vise à renforcer la sécurité, améliorer la stabilité des services et optimiser l’efficacité opérationnelle de l’entreprise.

Présente sur le marché égyptien à travers un réseau de magasins de proximité et de stations-service, Circle K figure parmi les principaux acteurs du retail de proximité. L’enseigne, qui fait partie d’un groupe international opérant dans plus de 20 pays, s’appuie sur une forte capacité de distribution et un volume important de clients servis quotidiennement grâce à son réseau étendu. Son modèle repose sur la vente de produits de consommation courante et de services rapides, avec une stratégie d’expansion continue sur les marchés urbains et périurbains.

Dans un marché de détail égyptien parmi les plus importants du Moyen-Orient, porté par une population de plus de 100 millions d’habitants, ce partenariat prend une dimension stratégique pour les deux groupes. Il s’inscrit dans la dynamique de numérisation des réseaux de distribution, où la connectivité et les systèmes d’information deviennent des leviers essentiels de performance et d’expansion.

Pour Mohamed Shebl, directeur commercial d’Orange Egypt, cette collaboration confirme la capacité de l’opérateur à répondre aux exigences des marques internationales. « Grâce à ce partenariat, nous continuons à exploiter les innovations de pointe pour améliorer la compétitivité et optimiser l’efficacité opérationnelle, conformément à notre vision de mener la transformation numérique du secteur des entreprises vers des modèles plus avancés et plus durables, tout en soutenant les objectifs de la stratégie numérique égyptienne et “Vision Égypte 2030” », a-t-il précisé.

Samira Njoya

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Alors que le capital-risque poursuit sa consolidation en Afrique, la région SADC tente de combler son retard en matière de financement technologique. Le Botswana mise sur un fonds dédié pour soutenir les start-up et stimuler l’émergence d’un écosystème plus compétitif.

L’écosystème du capital-risque en Afrique australe vient de franchir un nouveau palier. Le Botswana Tech Fund (BTF) a annoncé, le mardi 21 avril, le lancement d’un fonds de 50 millions de livres sterling (environ 67,5 millions de dollars) destiné à soutenir les start-up technologiques de la région. Basé à Gaborone, le fonds est soutenu par Pula Investments, le family office de Stephen Lansdown, cofondateur du groupe britannique Hargreaves Lansdown.

Le fonds est structuré pour intervenir à différents stades de développement, des jeunes entreprises en phase de pré-amorçage (pre-seed) jusqu’aux sociétés en phase de croissance avancée (scale-up). Sa première phase de déploiement comprend des investissements de démarrage ainsi que des prises de participation dans des entreprises plus matures. Il prévoit également des opérations sur le marché secondaire, une approche encore peu répandue sur le continent, mais destinée à améliorer la liquidité des investisseurs et des fondateurs.

Le lancement du BTF intervient dans un contexte de structuration progressive de l’écosystème du capital-risque en Afrique australe, où le financement des start-up reste marqué par un déficit structurel, notamment dans les technologies applicatives et les infrastructures numériques. La région demeure fortement dépendante des capitaux étrangers, malgré une montée en puissance progressive des initiatives locales.

Le fonds mise notamment sur les atouts du Botswana, dont un taux de pénétration Internet estimé à environ 80 %, ainsi que sur un environnement institutionnel stable en matière de gouvernance. Ces facteurs sont considérés comme des leviers pour attirer les investissements technologiques dans une région qui représente un marché potentiel de plus de 370 millions d’habitants, au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Selon plusieurs analyses de marché (Partech Africa et Briter Bridges), les start-up africaines ont levé environ 3 à 4 milliards de dollars américains en 2025, après un pic supérieur à 6 milliards en 2022. Cette tendance confirme une phase de normalisation du capital-risque, marquée par une sélection plus rigoureuse des projets et une concentration des financements sur les marchés les plus matures, notamment le Nigeria, le Kenya, l’Afrique du Sud et l’Égypte.

Dans ce contexte, le Botswana Tech Fund entend repositionner l’Afrique australe sur la carte du capital-risque, en structurant des financements mieux adaptés aux besoins des entrepreneurs et en facilitant l’accès au capital pour les fondateurs.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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