Le recours aux technologies numériques transforme progressivement les modèles d’enseignement en Afrique. Le Bénin mise désormais sur l’e‑learning pour moderniser ses universités publiques et élargir l’accès à l’enseignement supérieur.

Le Bénin a autorisé la contractualisation avec plusieurs prestataires chargés de mettre en œuvre son projet national d’e‑learning. La décision, prise en Conseil des ministres le mercredi 1er juillet, ouvre la voie au déploiement des infrastructures et outils numériques nécessaires au lancement du télé‑enseignement dans les universités publiques dès la rentrée académique 2026‑2027.

Le projet repose sur la création d’un environnement numérique complet destiné à accompagner l’enseignement à distance. Il comprend notamment le développement et le déploiement de la plateforme nationale etudiant.bj, qui servira de portail de diffusion des cours et des contenus pédagogiques. Le dispositif comprend aussi l’aménagement d’amphithéâtres connectés, la création de studios de télé‑enseignement, l’installation d’équipements audiovisuels et de vidéoprojection, ainsi que la mise en place d’un dispositif d’assurance qualité pédagogique pour garantir la qualité des enseignements en ligne.

La première phase du programme concernera les quatre universités publiques du pays : l’Université d’Abomey‑Calavi, l’Université de Parakou, l’Université nationale des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (UNSTIM) ainsi que l’Université nationale d’Agriculture (UNA).

À travers cette initiative, les autorités béninoises souhaitent moderniser les pratiques pédagogiques, enrichir les ressources d’apprentissage et offrir un accès plus équitable à l’enseignement supérieur. Le recours au numérique devrait permettre aux étudiants de suivre les enseignements indépendamment de leur localisation géographique, tout en favorisant le partage des cours entre établissements et la mutualisation des ressources pédagogiques.

Cette transformation s’inscrit dans une dynamique plus large de numérisation de l’éducation en Afrique. Selon l’UNESCO, les technologies numériques constituent un levier majeur pour élargir l’accès à l’enseignement supérieur, améliorer la qualité des formations et renforcer la résilience des systèmes éducatifs face aux crises. Leur efficacité dépend toutefois de la disponibilité des infrastructures, de la connectivité, des équipements et de la formation des enseignants.

Avec le lancement opérationnel du projet e‑learning, le Bénin entend progressivement étendre le télé‑enseignement à l’ensemble de son système éducatif. L’ambition est de bâtir un modèle d’apprentissage hybride combinant enseignement présentiel et numérique afin d’améliorer durablement l’accès à une formation de qualité sur l’ensemble du territoire.

Samira Njoya

 

 

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La transformation numérique s’accélère en Afrique, où elle est considérée comme un levier majeur de développement socio‑économique, mais elle s’accompagne de nouveaux risques.

Le fournisseur de solutions de paiement américain Mastercard prévoit de mettre en place un centre d’excellence en cybersécurité en Afrique. Cette initiative vise à renforcer la cyberrésilience du continent face à la montée des menaces liées à l’accélération de la transformation numérique.

Selon un communiqué de Mastercard publié lundi 29 juin, l’entreprise précise que le centre réunira institutions financières, organisations publiques et entreprises afin de partager des renseignements, améliorer la préparation, anticiper plus tôt les menaces et renforcer durablement la résilience des systèmes. Son déploiement progressif débutera en 2026 par l’Afrique du Sud et le Nigeria.

« Alors que le Nigeria approfondit sa transformation numérique, des systèmes sécurisés et fiables seront essentiels à l’inclusion et à la croissance. Nous accueillons favorablement les collaborations qui renforcent notre économie numérique et construisent une résilience pour l’avenir », a déclaré le président nigérian Bola Ahmed Tinubu.

Cette initiative intervient dans un contexte où les pays africains intensifient leurs efforts pour renforcer leur cybersécurité, à travers des stratégies nationales, la mise en place de centres de réponse aux incidents et le développement de partenariats, entre autres. La sécurité du cyberespace est désormais perçue comme un levier essentiel pour tirer pleinement parti des opportunités offertes par la transformation numérique.

Dans un rapport publié en juin 2025, Interpol souligne que les cyberattaques se sont intensifiées sur le continent, dans un environnement marqué par une connectivité croissante et l’adoption rapide de technologies telles que la banque mobile et le commerce en ligne. L’organisation estime qu’entre 2019 et 2025, les incidents de cybersécurité en Afrique ont généré plus de 3 milliards de dollars de pertes financières.

Interpol ajoute que « les cybercriminels affinent en permanence leurs tactiques, en recourant à l’ingénierie sociale, à l’intelligence artificielle et aux plateformes de messagerie instantanée pour lancer des attaques de plus en plus sophistiquées. Les réseaux cybercriminels, qu’ils soient locaux ou internationaux, exploitent les vulnérabilités humaines comme principal vecteur, en utilisant des techniques de tromperie avancées pour cibler organisations et individus ».

Isaac K. Kassouwi

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À l’heure où les données alimentent les systèmes d’IA, leur valorisation constitue désormais un enjeu de souveraineté, de compétitivité et de gouvernance. Le Sénégal veut créer un cadre permettant de transformer ce patrimoine numérique en solutions concrètes au service de l’État, des entreprises et des citoyens.

Le Sénégal veut faire des données et de l’intelligence artificielle (IA) des leviers de modernisation de l’administration, d’amélioration des politiques publiques et de création de valeur économique. Les mercredi 1er et jeudi 2 juillet, le ministère des Télécommunications et du Numérique, en partenariat avec Smart Africa et avec l’appui de la coopération allemande (GIZ), a réuni administrations publiques, secteur privé, universités et partenaires techniques afin de définir les cas d’usage prioritaires des données et de l’IA qui alimenteront le futur Blueprint national de création de valeur par les données. Cette feuille de route accompagnera la mise en œuvre du New Deal technologique, la stratégie nationale de transformation numérique.

Au‑delà de la dimension institutionnelle, l’objectif est de déterminer dans quels secteurs les données peuvent produire les retombées les plus importantes. Les travaux portent notamment sur la santé, l’agriculture, les transports, l’éducation, la fiscalité, la gestion des territoires, la sécurité ou encore les services administratifs. L’IA pourrait y être mobilisée pour anticiper les besoins des populations, optimiser l’allocation des ressources publiques, optimiser la planification des infrastructures, automatiser certaines démarches administratives ou encore détecter plus rapidement les fraudes et les anomalies dans les bases de données.

Le Sénégal souhaite également mettre en place un cadre de gouvernance permettant aux administrations d’échanger leurs données de manière sécurisée tout en garantissant leur qualité, leur interopérabilité et leur protection. Cette approche vise à éviter la prolifération de bases de données cloisonnées, souvent responsables de doublons, d’inefficacités administratives et de décisions fondées sur des informations incomplètes. La souveraineté des données constitue d’ailleurs l’un des piliers du New Deal Technologique, qui prévoit le développement d’infrastructures nationales d’hébergement, d’identité numérique et d’interopérabilité des services publics.

Cette orientation rejoint les recommandations des institutions internationales. La Banque mondiale estime que des systèmes de données fiables et interopérables permettent aux gouvernements d’améliorer le ciblage des politiques publiques, d’accroître l’efficacité des dépenses publiques et de renforcer la qualité des services rendus aux citoyens. Dans le domaine de l’intelligence artificielle, la disponibilité de données de qualité constitue également une condition essentielle au développement de solutions adaptées aux réalités locales.

L’initiative s’inscrit dans l’exécution du New Deal Technologique, lancé en 2025 et intégré à la Vision Sénégal 2050. Cette stratégie vise notamment à renforcer la souveraineté numérique, accélérer la digitalisation des services publics, développer une économie numérique compétitive et positionner le Sénégal parmi les leaders africains du numérique. Les conclusions de l’atelier alimenteront ainsi une feuille de route nationale destinée à orienter les futurs investissements dans l’économie de la donnée et les applications de l’intelligence artificielle.

Samira Njoya

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Le recours à l’IA et aux drones gagne du terrain dans le secteur de la santé en Afrique. Associées à la cartographie géospatiale et à l’analyse des données, ces technologies ouvrent la voie à des interventions plus ciblées, rapides et efficaces contre les maladies à forte prévalence.

Le Bénin veut expérimenter l’intelligence artificielle, les drones et la cartographie géospatiale pour renforcer la lutte contre le paludisme. Le gouvernement a lancé, le mardi 30 juin à Cotonou, le projet « Action intégrée pour la prévention du paludisme », financé par le Japon à hauteur de 2,3 millions de dollars. Déployée dans six communes pilotes, cette initiative combine innovations technologiques, vaccination, lutte antivectorielle et mobilisation communautaire afin de mieux cibler les zones à risque et de réduire la transmission de la maladie.

L’innovation repose sur l’utilisation combinée de plusieurs technologies. Les outils de cartographie géospatiale et d’intelligence artificielle devraient servir à analyser les données environnementales afin d’identifier les zones présentant les plus forts risques de prolifération des moustiques. Ces informations guideront ensuite le déploiement de drones capables de pulvériser avec précision des larvicides homologués par l’Organisation mondiale de la Santé sur les gîtes larvaires, y compris dans des zones difficiles d’accès. Les autorités béninoises souhaitent ainsi rendre les opérations de lutte antivectorielle plus ciblées, plus rapides et plus efficaces que les méthodes conventionnelles.

Cette initiative intervient alors que le paludisme demeure le principal défi de santé publique au Bénin. Selon les autorités sanitaires, la maladie reste le premier motif de consultation et d’hospitalisation dans les établissements de santé. Les efforts engagés ces dernières années ont toutefois permis de réduire de 38 % l’incidence entre 2022 et 2024 et de 39 % la mortalité, grâce aux campagnes de moustiquaires imprégnées et à l’introduction du vaccin antipaludique.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie nationale de renforcement du système de santé et dans la vision « Bénin 2060 Alafia ». Soutenue par le Japon dans le cadre de la TICAD, l’initiative traduit la volonté des autorités béninoises d’intégrer les technologies émergentes à la lutte contre le paludisme afin d’améliorer le ciblage des interventions, d’optimiser les ressources mobilisées et de renforcer durablement la prévention.

Samira Njoya

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Engagés dans le développement de l’intelligence artificielle, le Rwanda et l’Égypte souhaitent renforcer leur coopération pour lancer des projets communs et favoriser le transfert de compétences. Les initiatives prévues devraient contribuer à moderniser les services publics et à stimuler l’innovation.

Le Rwanda et l’Égypte souhaitent approfondir leur coopération dans les domaines de l’intelligence artificielle (IA), de la transformation numérique et du développement des compétences numériques. Les ministres rwandais des TIC et de l’Innovation, Paula Ingabire, et égyptien des Communications et des Technologies de l’information, Raafat Hindi, se sont rencontrés le lundi 29 juin au Caire pour définir de nouveaux axes de collaboration. Les deux gouvernements sont convenus de préparer un protocole d’accord qui servira de cadre à leur coopération dans les technologies de l’information et de la communication.

Les discussions ont porté sur la mise en œuvre de projets pilotes utilisant l’intelligence artificielle dans plusieurs secteurs prioritaires, notamment la santé, l’agriculture, les services publics numériques et les technologies dédiées aux langues locales. Kigali et Le Caire souhaitent également renforcer les échanges entre administrations, universités, centres de recherche et pôles d’innovation afin de favoriser le transfert de connaissances, la recherche appliquée et la formation de talents spécialisés dans l’IA.

Au‑delà des projets bilatéraux, les deux pays ambitionnent de promouvoir une approche africaine commune de l’intelligence artificielle, fondée sur des principes de responsabilité, d’inclusion et de développement durable. Les ministres ont notamment évoqué une coordination accrue dans les forums régionaux et internationaux consacrés à la gouvernance de l’IA, afin de faire émerger des positions africaines communes sur les technologies émergentes. L’Égypte participe déjà au groupe de travail de l’Union africaine sur l’intelligence artificielle ainsi qu’aux travaux du Conseil de l’IA de Smart Africa.

Ce rapprochement intervient alors que les deux pays accélèrent leurs propres stratégies nationales. Le Rwanda vient d’approuver la création d’une Agence nationale de l’intelligence artificielle destinée à coordonner les investissements, l’innovation et la gouvernance de cette technologie, après avoir lancé sa stratégie d’infrastructures publiques numériques.

De son côté, l’Égypte déploie sa Stratégie nationale pour l’intelligence artificielle 2025‑2030, qui prévoit l’intégration de l’IA dans les services publics, le développement d’une main‑d’œuvre spécialisée et le renforcement des capacités de recherche. Le gouvernement a également adopté un plan opérationnel avec indicateurs de suivi et multiplie les partenariats avec les pays africains afin d’accélérer l’adoption de ces technologies sur le continent.

Samira Njoya

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Premier producteur africain de diamants artisanaux, la RDC veut tirer davantage de valeur de cette ressource. Le pays entend s’appuyer sur les technologies numériques pour renforcer la transparence et créer davantage de valeur localement.

Le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN) et la société suisse ADEX Platform AG ont conclu, le lundi 29 juin, un accord destiné à développer une plateforme numérique de traçabilité et de commercialisation des diamants en République démocratique du Congo. Cette infrastructure numérique vise à connecter directement les producteurs congolais aux acheteurs internationaux tout en améliorant la transparence des échanges.

La future plateforme devrait assurer le suivi des diamants tout au long de la chaîne d’approvisionnement, depuis leur production jusqu’à leur commercialisation. Elle s’appuiera sur des outils numériques destinés à renforcer la traçabilité des pierres, sécuriser et fiabiliser les données commerciales, et faciliter la mise en relation entre producteurs congolais et acheteurs internationaux. Pour les autorités, cette infrastructure numérique répond à un double objectif : réduire les circuits informels qui pénalisent encore la filière et renforcer la crédibilité des diamants congolais sur les marchés internationaux grâce à une meilleure transparence des échanges.

Le projet intervient dans un contexte où la RDC cherche à mieux valoriser ses ressources minières grâce aux technologies numériques. Malgré son rang parmi les principaux producteurs mondiaux de diamants, le pays exporte encore une grande partie de sa production à l’état brut, tandis que l’exploitation artisanale demeure largement dominante. Les difficultés de traçabilité et la contrebande continuent également de limiter les retombées économiques du secteur.

Selon les données de la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM), la RDC a produit 8,1 millions de carats de diamants en 2025, contre 13 millions de carats en 2021, illustrant le recul de la production ces dernières années. Environ 85 % des diamants proviennent encore de l’exploitation artisanale, un segment fortement exposé aux circuits informels. Pour le gouvernement, le recours aux outils numériques constitue ainsi un levier pour mieux contrôler les flux, renforcer la certification des pierres et améliorer la compétitivité de la filière.

Au‑delà de la plateforme, le partenariat prévoit la création d’ADEX RDC S.A., une société commune chargée du déploiement des solutions numériques. Il comprend également l’installation d’une taillerie‑joaillerie de niveau international, un programme de transfert de technologies ainsi que des actions de renforcement des capacités des professionnels congolais. L’objectif est de développer une chaîne de valeur davantage intégrée, capable d’accroître la transformation locale des diamants tout en accompagnant la modernisation numérique du secteur minier.

Samira Njoya

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L’amélioration de l’accès à l’information représente l’un des piliers des stratégies de santé numérique en Afrique. Le Mali vient de renforcer ce volet en mettant en ligne une plateforme destinée à centraliser les informations et les services de son ministère de la Santé.

Le Mali poursuit la numérisation de son système de santé avec la mise en service d’une nouvelle plateforme numérique destinée à améliorer l’accès des citoyens à l’information sanitaire et à faciliter l’orientation des usagers. Accessible à l’adresse www.sante.gov.ml, le portail officiel du ministère de la Santé et du Développement social centralise les informations institutionnelles tout en proposant des services pratiques, notamment la géolocalisation des structures sanitaires et administratives.

Au‑delà de la diffusion de l’actualité institutionnelle, le portail intègre un système de géolocalisation des services administratifs ainsi que des établissements hospitaliers et pharmaceutiques relevant du ministère. Conçu pour être consulté aussi bien sur ordinateur que sur smartphone ou tablette, il vise à améliorer l’accès des citoyens à l’information publique, renforcer la transparence de l’action gouvernementale et accroître la visibilité des initiatives du secteur de la santé, aussi bien au niveau national qu’international.

Ce lancement s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique engagée par les autorités maliennes dans le secteur de la santé. Adopté en 2024, le Plan stratégique national de santé numérique 2024‑2028 prévoit le développement d’un écosystème numérique capable d’améliorer la production et le partage des données sanitaires, de renforcer les systèmes d’information et de faciliter l’accès aux services de santé grâce aux technologies numériques. Le document met également l’accent sur l’interopérabilité des plateformes, le renforcement des infrastructures numériques et le développement des compétences des personnels de santé.

Cette orientation répond à des défis persistants. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les systèmes d’information sanitaire constituent un pilier essentiel de la couverture sanitaire universelle, en permettant aux décideurs comme aux populations d’accéder à des informations fiables pour orienter les politiques publiques et améliorer la qualité des soins. Dans de nombreux pays africains, la numérisation des administrations sanitaires s’accélère afin de rendre les services plus accessibles, renforcer la gouvernance et améliorer le suivi des politiques de santé.

Avec ce nouveau portail, le ministère de la Santé et du Développement social dispose désormais d’un canal officiel destiné à faciliter la communication avec les citoyens, les professionnels de santé, les partenaires techniques et financiers ainsi que les médias. Les autorités invitent les usagers à consulter régulièrement la plateforme afin de suivre l’actualité du département et d’accéder aux informations officielles.

Samira Njoya

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Face aux difficultés d’insertion professionnelle des jeunes, les autorités mauritaniennes cherchent à renforcer l’efficacité de leurs politiques d’emploi. La numérisation des services fait partie des leviers privilégiés pour simplifier l’accès aux opportunités.

La Mauritanie a lancé une nouvelle plateforme numérique appelée « Mourchid », destinée à faciliter l’accès des jeunes aux programmes publics d’emploi, de formation et d’accompagnement entrepreneurial. L’initiative a été présentée vendredi 26 juin par le ministre de l’Autonomisation des jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service civique, Mohamed Abdallahi Ould Louly.

Accessible en ligne 24 heures sur 24 et depuis tout appareil connecté, la plateforme vise à centraliser l’ensemble des dispositifs du ministère afin d’améliorer leur visibilité et de simplifier l’accès à l’information pour les bénéficiaires. Selon le ministre, « Mourchid » ne constitue pas seulement un portail administratif, mais un outil d’orientation destiné à accompagner les jeunes dans la construction de leurs parcours professionnels et sociaux. Il s’inscrit dans la vision des autorités mauritaniennes qui placent la jeunesse au cœur des priorités de développement national.

Concrètement, la plateforme regroupe les informations relatives aux programmes de financement, aux opportunités de formation et d’emploi, ainsi qu’à plusieurs initiatives ciblées, notamment les dispositifs de soutien aux jeunes talents, les concours de création de contenu et les programmes d’accès à la fonction publique.

Une réponse à un défi structurel d’emploi 

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par des difficultés persistantes d’insertion professionnelle des jeunes. En Mauritanie, le taux de chômage des 15-24 ans est estimé à 22,9 % en 2025, selon les données compilées par la Banque mondiale sur la base des modèles de l’OIT. À titre de comparaison, le taux de chômage global est estimé à 14,7 %, illustrant un déséquilibre structurel touchant particulièrement les jeunes actifs. Dans ce contexte, les autorités misent de plus en plus sur la digitalisation des politiques publiques de l’emploi afin d’améliorer la circulation de l’information, de réduire les barrières administratives et de renforcer l’efficacité des dispositifs existants.

Un outil d’inclusion et de centralisation des opportunités 

La plateforme « Mourchid » s’adresse à l’ensemble des catégories de jeunes, qu’il s’agisse d’étudiants en quête de formation, de jeunes diplômés à la recherche d’un premier emploi, de porteurs de projets en zones rurales ou encore de jeunes engagés dans des activités créatives ou de volontariat. Les autorités présentent ce dispositif comme un outil de centralisation des opportunités, visant à réduire la fragmentation des programmes publics et à en améliorer l’accessibilité. La plateforme devrait être progressivement enrichie de nouveaux services afin de devenir un point d’entrée unique pour l’ensemble des dispositifs destinés à la jeunesse mauritanienne.

Samira Njoya

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Face aux défis de la mobilité urbaine, Yaoundé adopte une solution numérique pour identifier et suivre les taxis opérant dans la capitale. Le dispositif s’inscrit dans une logique de modernisation et de régulation du secteur.

La ville de Yaoundé accélère la numérisation de son système de transport urbain. Le maire Luc Messi Atangana a signé, le jeudi 25 juin, un arrêté instituant l'enregistrement numérique obligatoire des propriétaires et conducteurs de taxis opérant dans la capitale camerounaise. La réforme prévoit la création d'une base de données centralisée et l'attribution d'un identifiant numérique obligatoire unique à chaque taxi et à chaque conducteur afin d'améliorer la traçabilité du secteur.

Le dispositif repose sur la plateforme Taxi-Yaoundé.com, développée par la Communauté urbaine de Yaoundé avec l'appui technique de la coopération allemande (GIZ). Chaque conducteur enregistré recevra un QR code personnel, tandis que chaque véhicule se verra attribuer un numéro de portière unique destiné à remplacer les anciennes identifications. Les données collectées serviront exclusivement à la modernisation, à la sécurisation et à la digitalisation du transport urbain, précise l'arrêté municipal.

L'enregistrement concerne l'ensemble des taxis jaunes titulaires d'une licence de transport urbain de première catégorie circulant dans les limites territoriales de Yaoundé. Les propriétaires et conducteurs devront présenter plusieurs documents administratifs, notamment leur pièce d'identité, leurs titres de transport, les documents du véhicule ainsi que les justificatifs d'assurance et de visite technique. La municipalité garantit la confidentialité des informations recueillies, dont l'accès sera réservé aux seuls services habilités.

Cette réforme s'inscrit dans les travaux engagés depuis plusieurs années pour moderniser la mobilité urbaine à Yaoundé. La capitale camerounaise, où les taxis constituent le principal mode de déplacement quotidien, cherche à mieux structurer un secteur largement dominé par l'informel afin d'améliorer la qualité du service, la sécurité des usagers et la gouvernance des transports. Le lancement de la plateforme Taxi-Yaoundé fait ainsi partie des actions prévues dans le cadre du Projet de mobilité urbaine de Yaoundé, soutenu par plusieurs partenaires internationaux.

Au-delà de la modernisation administrative, la réforme répond aux enjeux de sécurité auxquels est confronté le transport urbain. L'identification numérique des taxis et de leurs conducteurs devrait faciliter les contrôles, limiter les fraudes, améliorer le suivi des véhicules autorisés à circuler et renforcer la protection des usagers. Les informations centralisées pourraient également contribuer à une meilleure planification des politiques de mobilité dans une agglomération qui compte plus de 4 millions d'habitants.

Les opérations d'enregistrement se dérouleront du 3 juillet au 5 octobre dans les services de la Communauté urbaine et les mairies d'arrondissement. À l'issue de cette période, tout taxi non enregistré circulant dans la ville de Yaoundé sera systématiquement mis en fourrière, conformément aux dispositions de l'arrêté municipal.

Samira Njoya

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La transformation numérique ne repose pas uniquement sur les infrastructures, mais aussi sur les compétences. En Côte d’Ivoire, le gouvernement mise sur un rapprochement entre les établissements de formation et les start‑up afin de mieux préparer les jeunes aux métiers émergents.

La Côte d’Ivoire veut rapprocher davantage son système de formation des besoins de l’économie numérique. Les autorités ivoiriennes ont signé la semaine passée un Pacte Industrie – Enseignement technique et professionnel (PIETP) avec la French Tech Abidjan afin d’associer les start‑up à la définition des compétences recherchées par les entreprises innovantes. L’initiative vise à réduire l’écart entre les formations dispensées dans les établissements techniques et les besoins d’un écosystème technologique en pleine expansion.

À travers ce pacte, les start‑up s’engagent à contribuer à l’évolution des formations afin qu’elles répondent davantage aux besoins des métiers du numérique, notamment dans la data, l’intelligence artificielle, et la cybersécurité. L’accord consacre également leur implication dans la modernisation des infrastructures pédagogiques, le développement des stages, de l’alternance et du mentorat, ainsi que dans les initiatives destinées à favoriser l’accès des jeunes filles aux filières technologiques. Il institue par ailleurs un cadre permanent de concertation entre les entreprises innovantes et les acteurs de la formation professionnelle.

Cette évolution intervient alors que la Côte d’Ivoire cherche à renforcer son capital humain pour accompagner sa stratégie de transformation numérique. Ces dernières années, le pays a multiplié les initiatives en faveur de l’innovation, avec la mise en place de la Startup Act en 2023, le développement des infrastructures numériques, la baisse progressive du coût d’accès à Internet et la montée en puissance des incubateurs.

La montée en puissance de la French Tech Abidjan illustre cette dynamique. Créée en 2015 avec quelques entreprises, la communauté fédère aujourd’hui 75 entreprises technologiques issues de secteurs variés, allant de la fintech aux services cloud, en passant par la cybersécurité, la data, l’intelligence artificielle ou encore les technologies éducatives. Ses membres comptent parmi les principaux acteurs de l’innovation numérique opérant en Côte d’Ivoire.

L’enjeu dépasse le seul cas ivoirien. D’après l’IFC, 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne exigeront des compétences numériques à l’horizon 2030, tandis que la demande continuera de progresser dans l’ensemble des secteurs économiques. En rapprochant les établissements de formation des entreprises innovantes, la Côte d’Ivoire cherche ainsi à anticiper les besoins d’un marché du travail où les profils qualifiés en data, cybersécurité, intelligence artificielle ou développement logiciel figurent parmi les plus recherchés.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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