Engagé dans la modernisation de son administration, le Burundi mise sur le numérique pour renforcer la gestion des ressources publiques. Un projet soutenu par la Banque mondiale progresse et vise à améliorer l’efficacité des services de l’État.

Le Projet d’appui aux fondations de l’économie numérique (PAFEN), pilier de la stratégie de transformation numérique du Burundi, affiche un taux d’engagement budgétaire de 61 % à mi‑parcours. Ce chiffre a été révélé lors d’une mission d’évaluation le jeudi 26 mars conduite par la Banque mondiale, partenaire du programme.

Lancé en 2024 et financé à hauteur de 92 millions de dollars par l’institution financière, ce projet vise à moderniser les systèmes publics à travers le numérique, notamment dans la gestion des finances publiques et l’accès aux services administratifs.

Au cœur de cette phase d’évaluation figure le projet de modernisation de la gestion des finances publiques. Le gouvernement mise sur des systèmes numérisés pour améliorer la collecte des recettes et le suivi des dépenses. L’objectif est de réduire les pertes de ressources et de renforcer la transparence budgétaire, dans un contexte de consolidation du cadre macroéconomique, en cohérence avec la Vision 2040‑2060.

Le PAFEN prévoit également la mise en place d’une identité numérique nationale, considérée comme un levier central pour améliorer l’accès aux services publics. Ce dispositif vise notamment à faciliter l’identification des citoyens, à simplifier les démarches administratives et à favoriser l’intégration des populations, en particulier rurales, dans l’économie formelle. La mise en place d’un data center national est également prévue.

La mission de la Banque mondiale vise enfin à identifier les contraintes opérationnelles qui freinent l’exécution du projet, à évaluer les résultats enregistrés et à identifier les ajustements nécessaires pour accélérer sa mise en œuvre à l’horizon 2028. À l’issue des échanges techniques engagés depuis le lundi 23 mars, les parties ont insisté sur la nécessité d’adapter certains dispositifs afin de faciliter le déploiement des infrastructures numériques.

Samira Njoya

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Face aux limites d’un système toujours largement manuel, les Comores misent sur le numérique pour refondre leur état civil. Cette transformation vise à améliorer la fiabilité des données et à renforcer la confiance dans les services administratifs.

Le gouvernement comorien poursuit la modernisation de son administration sous l’impulsion du chef de l’État, Azali Assoumani, avec la validation, le mercredi 25 mars à Moroni, des études préparatoires à la numérisation intégrale du système d’état civil. Porté par le projet d’Appui à la modernisation de l’état civil aux Comores (Amecc), ce chantier vise à mettre fin à la fragmentation des registres et à garantir l’identité légale de chaque citoyen.

L’étude validée pose les bases d’un système moderne et sécurisé. Parmi les innovations majeures figure la création d’un Numéro d’Identification Personnel (NIP), qui deviendra le pilier de l’identité citoyenne. Ce matricule unique permettra de centraliser les informations, de faciliter l’accès aux services publics et de renforcer la fiabilité des données. Le plan prévoit également l’interopérabilité avec les autres systèmes de l’État, ainsi qu’un cadre technique, juridique et institutionnel définissant les responsabilités de chaque acteur. Le plan intègre aussi une évaluation des infrastructures existantes et des capacités en ressources humaines. 

Le plan validé s’appuie sur la loi du 27 juillet 2023, qui rend obligatoire la mise en place d’un traitement informatisé des données d’état civil. Il prévoit ainsi la centralisation des fichiers afin d’améliorer l’efficacité des services, tant pour l’administration que pour les usagers. Cette réforme répond aux conclusions de l’évaluation menée en 2022, qui avait mis en évidence les limites d’un système toujours largement manuel, marqué par des coûts élevés, des erreurs fréquentes et des risques accrus de fraude documentaire.

Financé par l’ambassade de France avec l’appui technique de l’Unicef, le projet Amecc ambitionne d’harmoniser les pratiques sur l’ensemble de l’archipel. L’adhésion des communes est acquise, mais le déploiement devra composer avec des niveaux de maturité numérique variables entre les îles. L’étude validée constitue ainsi une étape déterminante vers un système d’état civil fiable, sécurisé et aligné sur les standards internationaux.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Les autorités mozambicaines accélèrent les efforts en faveur de la transformation numérique. Une stratégie nationale dédiée est en cours de développement depuis février dernier.

Le Mozambique avance vers la mise en service de son Agence de transformation numérique et d’innovation (ATDI), créée au début du mois. L’exécutif a annoncé, en début de semaine, la nomination d’Adilson dos Santos Cousin Gomes (photo) au poste de président du conseil d’administration de l’institution.

Sa mission consistera à coordonner les activités de l’ATDI, chargée de la fourniture de services et de l’accompagnement du processus de transformation numérique dans le secteur public. Plus précisément, cela inclut l’harmonisation et l’interopérabilité des plateformes numériques de l’État, la gestion et l’intégration des centres de données, la rationalisation des procédures d’acquisition de solutions technologiques, ainsi que le développement de systèmes numériques de services aux citoyens.

Dans un communiqué, le ministère des Communications et de la Transformation numérique a déclaré que cette nomination « intervient dans un contexte où le Mozambique intensifie ses efforts pour accélérer la transformation numérique, renforcer la cybersécurité et promouvoir l’interopérabilité des systèmes de l’État, des facteurs jugés déterminants pour l’efficacité des services publics et le développement économique ».

En plus de l’ATDI, le 10 mars, le gouvernement mozambicain avait institué par décret une Commission nationale pour l’intelligence artificielle (CNIA) ainsi qu’une Commission technique multisectorielle de coordination et de mise en œuvre de la transformation numérique (CTD). En février, le Mozambique lançait officiellement le processus d’élaboration de sa Stratégie nationale de transformation numérique. Une fois terminée, cette feuille de route doit permettre la valorisation des infrastructures numériques publiques pour favoriser un développement inclusif et renforcer la résilience économique.

Maputo a également intensifié au cours des derniers mois les initiatives pour généraliser l’accès à Internet dans le pays. Il ambitionne d’atteindre un taux de pénétration mobile de 80 % et une couverture de 95 % du territoire national. La disponibilité du réseau devrait atteindre 99 %. Côté performances, l’exécutif vise des débits de connexion de 100 Mbps à 1 Gbps pour la 5G, 10 Mbps à 100 Mbps pour la 4G. Pour y arriver, il mise sur la technologie satellitaire, l’extension et la modernisation du réseau télécoms, ainsi que l’extension du réseau de fibre optique.

Pour rappel, le Mozambique est classé 177ᵉ sur 193 pays à l’Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) 2024 des Nations unies, avec un score de 0,2848 sur 1, inférieur aux moyennes sous-régionale, africaine et mondiale. En matière de cybersécurité, le pays se situe au troisième palier de l’Indice global de l’Union internationale des télécommunications (UIT) en 2024, avec des marges de progression notables dans les domaines légal, technique et du renforcement des capacités. L’UIT estime également le taux de pénétration d’Internet à 20,5 %.

Isaac K. Kassouwi

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Dans un contexte de numérisation croissante des services publics, le Gabon engage une réforme visant à mieux exploiter les données liées au transport routier et à renforcer la sécurité des titres administratifs.

Le Gabon a lancé, le mardi 24 mars à Libreville, son système de permis de conduire numérique, marquant le début d’une centralisation des données liées aux conducteurs. Portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema (photo, au centre), cette réforme s’inscrit dans la stratégie de modernisation de l’administration et de renforcement du contrôle dans le secteur des transports.

Le dispositif repose sur un enrôlement biométrique complet des usagers, intégrant empreintes digitales, photographie et signature électronique. Cette collecte vise à constituer un fichier national fiable des conducteurs, permettant d’authentifier les titres de transport et de limiter les risques de falsification. Le permis intègre également des technologies telles que le QR code et la communication sans contact (NFC), facilitant la vérification des informations par les agents de contrôle.

Au-delà du permis, les autorités envisagent d’étendre cette numérisation à l’ensemble des documents routiers, notamment les certificats d’immatriculation et les licences de transport. L’objectif est de bâtir un système interconnecté permettant de centraliser les informations sur les conducteurs et les véhicules, et d’améliorer la traçabilité des opérations. Une telle architecture pourrait renforcer les capacités de régulation de l’administration, en offrant une meilleure visibilité sur le parc automobile et les acteurs du secteur.

Cette structuration des données ouvre également la voie à de nouveaux usages, notamment en matière de sécurité routière. Le gouvernement prévoit à terme l’introduction de dispositifs de vidéo-verbalisation, reposant sur l’interconnexion entre les systèmes de surveillance et les bases de données administratives. Ce type de mécanisme permettrait d’automatiser la détection et la sanction des infractions, tout en renforçant l’efficacité des contrôles.

Plus largement, la réforme traduit une volonté de faire du numérique un levier de gouvernance publique. La centralisation et la fiabilisation des données constituent en effet un préalable à l’amélioration des services administratifs, mais aussi à une meilleure exploitation des informations dans des secteurs connexes, comme l’assurance ou la gestion du trafic. La réussite du dispositif dépendra toutefois de sa capacité à s’intégrer dans un écosystème numérique cohérent, incluant la protection des données personnelles et l’adhésion des usagers.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Avec la mise en ligne de ses premiers services administratifs, le Sénégal entre dans la phase opérationnelle de son New Deal technologique. Un chantier structurant pour l’action publique, confronté aux défis d’accès et d’usage du numérique.

Le Sénégal accélère la mise en œuvre de son New Deal technologique. Un an après le lancement de cette stratégie, le gouvernement a déployé, le mardi 24 mars, la numérisation de plusieurs démarches administratives critiques. Désormais, le casier judiciaire, le certificat de nationalité et l’attestation de non‑appartenance à la Fonction publique sont accessibles en quelques clics via le portail e‑senegal.sn.

Cette première vague de services en ligne marque le début d'une extension massive. Le guichet unique prévoit d'intégrer prochainement des actes liés à l'urbanisme (permis de construire), à l'état civil et au foncier. L'enjeu est de centraliser les interactions entre l'État et les citoyens sur une plateforme sécurisée pour réduire drastiquement les délais de traitement et les coûts de transaction, tant pour les particuliers que pour les entreprises et la diaspora.

Le défi de l'inclusion et de la connectivité

Malgré une progression notable au classement mondial de l'e‑gouvernement des Nations unies (135e rang en 2024 contre 143e en 2022), le Sénégal doit encore lever des barrières structurelles. Pour que e‑Sénégal ne laisse personne de côté, les autorités misent sur une couverture hybride associant réseaux terrestres et satellites, notamment via Starlink. L'objectif est d’offrir un accès gratuit à Internet à un million de citoyens pour garantir que la dématérialisation profite également aux zones rurales. DataReportal estime le taux de pénétration d’Internet dans le pays à 60,6 % à fin 2025. 

La réussite de ce virage numérique repose sur la capacité de l'administration à assurer l'interopérabilité de ses systèmes et la sécurité des données personnelles. Au-delà de l'outil technique, le gouvernement devra accompagner cette transition par des campagnes de littératie numérique et des points d'accès publics dans les collectivités locales, afin de transformer l'essai et de bâtir une administration réellement connectée et centrée sur l'usager.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Dans le cadre de la transformation numérique, le Burkina Faso accélère l’intégration des technologies dans tous les secteurs. Cela inclut la radiodiffusion, considérée comme un pilier de la souveraineté nationale.

Les autorités burkinabè prévoient de lancer de nouvelles technologies de diffusion numérique afin de moderniser le radiodiffuseur public et de faciliter l’accès des populations aux contenus audiovisuels.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une stratégie globale de transformation de l’écosystème audiovisuel du pays. Cette dernière a été présentée par le DG de Société burkinabè de télédiffusion (STB), David Ganou, le lundi 23 mars, à l’occasion de la première session ordinaire 2026 du Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM).

Parmi les innovations envisagées, la technologie « TV White Space » permettra de fournir un Internet haut débit sur de longues distances, en particulier dans les zones rurales. La « 5G Broadcast » offrira la possibilité de regarder la télévision gratuitement, sans consommation de données mobiles ni carte SIM. La radio numérique, quant à elle, garantira une meilleure qualité sonore et une diffusion optimisée des contenus.

Le radiodiffuseur public projette également de migrer vers des plateformes numériques nationales (OTT), permettant aux citoyens d’accéder aux contenus sur mobile, tablette ou télévision connectée. L’archivage numérique sera développé pour valoriser les contenus nationaux et renforcer la mémoire audiovisuelle du pays. Le déploiement de la fibre optique viendra compléter cette modernisation, assurant une connectivité plus rapide et stable.

Cette transformation est jugée nécessaire face à l’évolution rapide du secteur audiovisuel. Comme l’a souligné M. Ganou, plus de 70 % du trafic Internet mondial provient aujourd’hui de la vidéo. Les usages se tournent vers le multi-écrans, le streaming à la demande et l’interactivité, tandis que les modèles traditionnels de diffusion sont progressivement remplacés par les plateformes numériques.

Outre le public, le secteur privé est également préoccupé par les enjeux du numérique. En décembre 2025, l’Union burkinabè des éditeurs privés de services de télévision (UBES TV) avait organisé un atelier de deux jours pour identifier des solutions capables d’adapter l’audiovisuel privé aux mutations technologiques et économiques en cours.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Aujourd’hui, le numérique est présent dans tous les secteurs en Afrique, y compris dans le commerce. Celui-ci représentait le deuxième plus important contributeur au PIB réel du Nigeria au quatrième trimestre 2025.

Les autorités nigérianes ont lancé, le mardi 24 mars, la Fenêtre unique nationale pour le commerce. Cette plateforme numérique vise à moderniser le secteur, réduire les coûts et améliorer l’efficacité à travers l’économie.

Selon le ministère des Finances, la plateforme intègre les agences gouvernementales dans un système numérique unique, simplifiant les processus d’importation et d’exportation, réduisant les délais et abaissant le coût des affaires. Pour le gouvernement, le système renforce la transparence, la coordination et la collecte des recettes. Pour les entreprises, il réduit la bureaucratie et accélère l’accès aux marchés.

« Il s’agit d’un passage décisif de la complexité à la coordination », a déclaré le ministre des Finances, Wale Edun. « Cela facilitera le commerce, améliorera la compétitivité et soutiendra la croissance économique », a-t-il ajouté. La Fenêtre unique nationale fait partie d’un programme de réformes plus large visant à construire une économie nigériane plus compétitive et attractive pour les investisseurs. Elle intervient dans un contexte de transformation numérique où les autorités nigérianes misent sur l’intégration des technologies numériques dans tous les secteurs pour soutenir le développement socio-économique. Par exemple, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) estime que la digitalisation du commerce joue un rôle clé dans l’amélioration de l’efficacité des contrôles aux frontières et des procédures administratives, réduisant ainsi les coûts commerciaux et renforçant la résilience des chaînes d’approvisionnement mondiales. La GSMA souligne que la numérisation peut soutenir les efforts d’expansion commerciale et faciliter le commerce pour tirer pleinement parti de l’intégration régionale. Selon l’organisation, la digitalisation du secteur commercial pourrait créer une valeur ajoutée de 873 milliards de nairas (663,6 millions USD) d’ici 2030, soit 1,3 % du PIB du secteur. Elle pourrait également générer 90 000 emplois supplémentaires et contribuer à hauteur de 70 millions de nairas supplémentaires aux recettes de l’État. Au quatrième trimestre 2025, le commerce était le deuxième contributeur au PIB réel du Nigeria avec 16,84 %, derrière la production agricole (20,44 %), selon les sources officielles. Il convient toutefois de rappeler que la numérisation du commerce en question ne se limite pas à l’administration. La CNUCED estime que l’intégration de technologies avancées telles que l’analyse des mégadonnées, l’intelligence artificielle et la blockchain renforce l’efficacité, la transparence et les capacités de gestion des risques des processus commerciaux. La GSMA met également en avant le e-commerce, qui permet la commercialisation de nouveaux produits, l’expansion des services de livraison et une réduction significative des coûts de transaction.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Le gouvernement burkinabè entend accélérer le développement d’une intelligence artificielle adaptée aux réalités locales, en intégrant les langues nationales au cœur de sa stratégie numérique. L’objectif est de réduire les barrières linguistiques qui limitent encore l’accès aux technologies numériques pour une grande partie de la population.

Le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques a engagé le mardi 24 mars des travaux visant à structurer les bases linguistiques nécessaires au développement de solutions d’intelligence artificielle. Les discussions ont notamment porté sur la formalisation de ressources exploitables par les modèles d’IA, en particulier pour quatre langues locales : le mooré, le dioula, le fulfuldé et le gulmancema.

Ces ressources sont essentielles pour concevoir des applications telles que la reconnaissance vocale, la traduction automatique ou encore la synthèse vocale, des technologies clés pour démocratiser l’accès aux services numériques dans un pays marqué par une forte diversité linguistique.

« À travers l’intégration des langues nationales dans les technologies émergentes, le Burkina Faso affirme sa volonté de bâtir une intelligence artificielle inclusive, accessible et adaptée à son contexte socioculturel. Cet atelier s’inscrit pleinement dans les 12 chantiers majeurs de la transformation digitale à l’horizon 2030, notamment le chantier dédié à une intelligence artificielle au service de tous les Burkinabè », informe le ministère.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large observée sur le continent. Plusieurs pays africains ont récemment lancé des programmes visant à intégrer les langues locales dans les technologies d’intelligence artificielle. Au Bénin, le projet « JaimeMaLangue » est en cours avec l’ambition de donner aux langues béninoises une existence numérique. Au Nigeria, les autorités ont récemment lancé N-ATLAS v1, un modèle de langage open source développé en partenariat avec Meta. Cette IA prend en charge plusieurs langues locales, dont le yoruba, le haoussa et l’igbo, en plus de l’anglais nigérian, avec l’ambition de réduire la fracture linguistique qui freine l’adoption des technologies sur le continent.

Dans le même temps, des acteurs technologiques internationaux s’intéressent de plus en plus à cette problématique. La filiale de Google dédiée à l’intelligence artificielle pour l’Afrique a récemment lancé le projet Wazal, visant à améliorer la prise en charge des langues africaines dans les modèles d’IA, notamment à travers la collecte de données linguistiques et le développement de systèmes de traduction. La base couvre 21 langues africaines, parmi lesquelles le haoussa, le yoruba, le luganda, l’acholi, le swahili, l’igbo ou encore le peul.

Au Burkina Faso, les autorités misent sur la production de données locales pour bâtir un écosystème d’IA plus souverain. Le projet est conduit en collaboration avec des acteurs publics et des structures de recherche, dans une logique de constitution de corpus fiables, indispensables à l’entraînement des modèles.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Les projets de modernisation de l’administration publique suivent leur cours en Éthiopie. Les autorités viennent de lancer un projet pilote pour transformer les commissariats grâce au numérique.

L’Éthiopie a inauguré, dans sa capitale Addis-Abeba, un commissariat de police intelligent, conçu pour offrir aux citoyens un accès simplifié, rapide et continu aux services publics. L’information a été annoncée par l’Agence de presse éthiopienne, Ethiopian News Agency (ENA), le dimanche 22 mars.

Dans ce poste de police de nouvelle génération, les usagers interagissent directement avec des bornes numériques en libre-service. Grâce à des écrans interactifs et à une assistance vidéo à distance, ils peuvent déposer une plainte, soumettre des documents ou encore régler une amende sans passer par un guichet traditionnel. Le service est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, supprimant ainsi les contraintes horaires souvent associées aux administrations publiques.

« Cette innovation améliore sensiblement la qualité du service offert aux citoyens et contribue au renforcement du système judiciaire et des services de police », a indiqué Andnet Sisay, chef du département technologique de la police fédérale éthiopienne.

Ce dispositif repose sur l’intégration de technologies telles que l’intelligence artificielle et la gestion centralisée des données. Il permet de réduire significativement les délais de traitement tout en limitant les erreurs humaines liées aux procédures manuelles. Pour les citoyens, l’expérience se veut plus fluide : moins d’attente, moins de paperasse et une interaction plus directe avec l’administration.

Au-delà du gain de temps, cette transformation modifie la relation entre les usagers et l’administration. En réduisant les contacts physiques, elle contribue également à limiter certaines pratiques informelles, renforçant ainsi la transparence du service. Le commissariat fonctionne avec un personnel réduit sur site, tandis que les agents assurent un accompagnement à distance, garantissant un suivi continu des dossiers. Pensé comme un projet pilote, ce modèle pourrait être étendu à d’autres villes du pays.

Adoni Conrad Quenum

Éditée par M.F. Vahid Codjia

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Face aux enjeux de modernisation et de compétitivité, le Sénégal mise sur le numérique pour transformer durablement son administration. À travers le New Deal Technologique, les autorités ambitionnent de bâtir un écosystème numérique plus performant et inclusif.

Le gouvernement sénégalais a procédé, mardi 23 mars, au lancement des projets structurants du New Deal Technologique, marquant l’entrée en phase opérationnelle de cette stratégie destinée à accélérer la transformation numérique de l’administration et de l’économie sénégalaises. Un an après son annonce, les autorités enclenchent ainsi une nouvelle étape, axée sur le déploiement de plateformes numériques et d’infrastructures visant à moderniser les services publics, renforcer la souveraineté numérique et améliorer l’accès des citoyens aux prestations de l’État.

Un guichet unique pour simplifier les services publics 

Parmi les dispositifs phares figure la plateforme « e-Senegal », présentée comme un guichet unique permettant aux citoyens et aux entreprises d’accéder en ligne à leurs démarches administratives. L’objectif est de centraliser les services publics sur un point d’entrée unique, afin de réduire les délais, limiter les déplacements et améliorer la transparence.

Dans la même logique, la solution « e-Consulat » cible la diaspora en offrant un accès dématérialisé aux services consulaires, tandis que la plateforme « SenTrésor » introduit un système de paiement électronique unifié pour les redevances publiques, incluant les impôts, les droits de douane, et les services des collectivités territoriales. 

Ces outils s’appuient sur une plateforme nationale d’interopérabilité permettant aux administrations d’échanger des données en temps réel, selon le principe du « once only » (ne fournir ses données qu’une seule fois), évitant aux usagers de répéter les mêmes informations.

Une gouvernance renforcée pour éviter les silos 

Le déploiement de ces projets s’accompagne d’une refonte de la gouvernance du numérique. Le Comité de gouvernance du numérique (GouvNum), mis en place en mars 2025, est chargé de coordonner les initiatives digitales de l’État et d’en assurer la cohérence.

Cette approche vise à corriger les dysfonctionnements liés à la multiplication de projets non harmonisés entre administrations. En parallèle, le Conseil national du numérique, composé d’experts du secteur, joue un rôle consultatif pour orienter les choix stratégiques et anticiper les évolutions technologiques.

Connectivité et innovation au cœur de la stratégie 

Le programme s’inscrit dans la stratégie Vision Sénégal 2050, qui prévoit un portefeuille d’investissements estimé à 1 100 milliards FCFA (environ 1,95 milliard USD) sur la période 2025-2034. Il intègre également un volet inclusion numérique, avec un projet visant à connecter plus d’un million de Sénégalais dans les zones blanches, afin de réduire la fracture territoriale en matière d’accès à Internet.

L’État mise notamment sur le développement d’infrastructures souveraines, avec le déploiement de data centers à Diamniadio et Orana, ainsi que sur le renforcement de la bande passante nationale, qui doit passer de 600 Mbps à 20 Gbps. Un cloud souverain est également en cours de mise en place afin d’assurer l’hébergement local des données publiques sensibles, dans un contexte où la cybersécurité devient un enjeu stratégique.

Parallèlement, le Start-up Act, désormais en phase d’exécution, ambitionne de structurer l’écosystème entrepreneurial en facilitant le financement et l’accompagnement des jeunes entreprises innovantes.

Une transformation structurelle de l’action publique 

Au-delà des outils, les autorités sénégalaises présentent cette initiative comme une transformation en profondeur du fonctionnement de l’État. L’ambition est de passer d’une administration fragmentée à un système intégré, centré sur l’usager et fondé sur l’exploitation des données.

Avec cette phase de déploiement, le Sénégal cherche ainsi à bâtir un écosystème numérique cohérent, capable de soutenir la performance publique et de stimuler une économie digitale compétitive.

Samira Njoya

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