Dans un contexte de forte concurrence entre hubs africains du numérique, le royaume mise sur des partenariats ciblés pour consolider son attractivité auprès des acteurs internationaux de l’offshoring.

Le Maroc a procédé, le mardi 27 janvier à Rabat, à la signature de trois accords destinés à renforcer l’écosystème de l’offshoring numérique. Conclus en marge d’une rencontre dédiée au renouvellement de l’offre nationale du secteur, ces partenariats visent à soutenir la formation, l’attractivité territoriale et l’implantation de projets à forte valeur ajoutée.

Les conventions portent notamment sur le déploiement de la prime à la formation, conçue comme un levier d’adaptation des compétences aux besoins des entreprises du numérique. Elles prévoient également le développement des Tech Valleys Offshoring, à travers la création de pôles économiques spécialisés intégrant infrastructures technologiques, services mutualisés et espaces dédiés à l’accueil d’investissements nationaux et internationaux.

Se repositionner dans le marché mondial

La signature de ces accords intervient dans un contexte de transformation accélérée du marché mondial de l’offshoring, marqué par la digitalisation des services, l’essor du cloud, de la data et de l’intelligence artificielle. Dans ce nouvel environnement, les destinations historiques sont désormais en concurrence avec des hubs émergents, notamment en Afrique. Le Maroc cherche ainsi à consolider son positionnement en misant sur une offre plus structurée, davantage orientée vers les métiers numériques et les services à forte valeur ajoutée.

Un secteur clé de l’économie numérique

L’offshoring s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux contributeurs aux exportations de services du royaume. À fin 2024, le secteur comptait près de 148 500 emplois et générait plus de 26,2 milliards de dirhams (≈2,8 milliards USD) de recettes à l’export. Cette dynamique s’accompagne d’une évolution progressive des activités, avec un recul des centres d’appels traditionnels au profit des services IT, de l’ingénierie et des fonctions digitales spécialisées. Les autorités marocaines visent, à l’horizon 2030, un doublement des performances du secteur, avec un objectif de 270 000 emplois et près de 40 milliards de dirhams d’exportations.

Des accords pour renforcer la compétitivité

À travers ces partenariats, le gouvernement entend renforcer la compétitivité de l’offre « Made in Morocco » sur le marché mondial des services numériques. La montée en compétences des talents, la structuration de pôles territoriaux spécialisés et la visibilité offerte aux investisseurs constituent les principaux leviers attendus.

À terme, ces accords pourraient contribuer à attirer de nouveaux projets technologiques, soutenir l’emploi qualifié et renforcer la place du Maroc comme plateforme régionale de services numériques destinés aux marchés européen et africain.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

 Intelligence artificielle : le Maroc trace sa feuille de route jusqu’en 2030

Published in Tech

Le Nigeria se présente comme le seul pays d’Afrique de l’Ouest à disposer d’un satellite de communications opérationnel. Mais cette infrastructure approche progressivement de la fin de sa vie.

Les autorités nigérianes avancent vers leur objectif d’acquérir deux nouveaux satellites télécoms afin de renforcer l’infrastructure numérique nationale. Le président de la République, Bola Ahmed Tinubu, a approuvé l’initiative, selon le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Bosun Tijani, cité par la presse locale.

M. Tijani a fait cette annonce le mercredi 28 janvier à Abuja, lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la protection de la vie privée, par la Commission nigériane de protection des données.

Les deux nouveaux satellites sont destinés à remplacer le NigComSat‑1R, seul satellite de communications exploité par le Nigeria depuis décembre 2011. Celui‑ci avait été lancé pour succéder au NigComSat‑1, mis en orbite le 13 mai 2007 avec l’appui de la Chine, mais perdu peu après son lancement. Conçu pour une durée de vie de 15 ans, le NigComSat‑1R devait atteindre sa fin de vie en 2026. Le gouvernement a toutefois annoncé, en septembre 2025, la prolongation de son exploitation jusqu’en 2028.

Selon le ministre, l’acquisition de nouveaux satellites s’inscrit pleinement dans les ambitions de transformation numérique du Nigeria. Il a rappelé que le pays poursuit parallèlement le déploiement de 90 000 km de fibre optique, un projet déjà achevé à 60 %. La technologie numérique occupe une place centrale dans la stratégie du président Tinubu visant à bâtir une économie de 1000 milliards USD. Les satellites peuvent notamment contribuer à élargir l’accès aux TIC dans un pays où la GSMA estime à 120 millions le nombre de personnes non connectées à l’Internet mobile fin 2023, sur une population de 223,8 millions d’habitants.

Dès 2016, le gouvernement nigérian avait exprimé sa volonté de se doter de deux nouveaux satellites télécoms, évaluant le coût du projet à environ 500 millions USD. L’exécutif indiquait alors négocier un prêt avec la Banque d’export‑import de Chine (China Eximbank), sur le modèle du financement du premier satellite.

Toutefois, Jane Nkechi Egerton‑Idehen, directrice générale de Nigerian Communications Satellite Limited (NigComSat), expliquait dans une interview accordée à TechCabal en septembre 2025 que ce schéma n’est plus l’unique option. Selon elle, le processus est désormais ouvert, et plusieurs fournisseurs et investisseurs ont soumis des offres.

Au‑delà de la question financière, Mme Egerton‑Idehen souligne que le Nigeria cherche aussi à préserver ses créneaux orbitaux, c’est‑à‑dire les positions réservées à chaque pays pour le déploiement de satellites. Le NigComSat‑1R occupe actuellement l’un des trois créneaux attribués au Nigeria par l’Union internationale des télécommunications (UIT).

Isaac K. Kassouwi

Lire aussi:

Lutte contre l’exploitation minière illégale : le Nigeria mise sur la technologie spatiale

Internet par satellite : Amazon autorisé à entrer sur un marché nigérian dominé par Starlink 

Published in Télécom

L’intelligence artificielle est annoncée comme un moteur de transformation mondiale, avec des retombées économiques colossales attendues. Les pays africains, conscients des opportunités, se mobilisent pour développer leurs stratégies nationales et s’assurer une place dans cette course à l’innovation digitale.

Djibouti a lancé un processus structuré visant à définir sa future Stratégie nationale de l’intelligence artificielle (IA), avec l’appui du système des Nations unies. Le ministère de l’Économie numérique et de l’Innovation a organisé la semaine dernière une phase diagnostique nationale, suivie d’un atelier multi‑acteurs, réunissant institutions publiques, experts nationaux, partenaires internationaux, jeunes innovateurs et représentants du secteur privé et de la société civile.

Les autorités djiboutiennes entendent ainsi poser les bases d’un cadre stratégique orienté vers une intelligence artificielle responsable, inclusive et éthique. L’objectif est d’anticiper les usages de l’IA, d’en encadrer le développement et d’en maximiser les retombées économiques et sociales, tout en assurant la protection des citoyens et la souveraineté numérique du pays.

Les échanges ont permis d’identifier plusieurs axes structurants, notamment : le renforcement des compétences locales, le développement des infrastructures numériques, la gouvernance des données, l’innovation technologique et l’intégration progressive de l’IA dans les politiques publiques. Une attention particulière a également été accordée à l’employabilité des jeunes et à la réduction des inégalités numériques.

Les contributions recueillies au cours de cet exercice alimenteront la version finale de la stratégie, afin qu’elle soit à la fois techniquement robuste, politiquement portée et opérationnelle à court et moyen terme. L’enjeu pour Djibouti est de disposer d’un cadre clair permettant d’orienter les investissements, de structurer l’écosystème numérique et d’attirer les partenariats technologiques.

Cette future Stratégie nationale de l’intelligence artificielle s’inscrit pleinement dans la Vision Djibouti 2035, le Plan national de développement 2025–2030 ainsi que le Cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable. Elle s’inscrit également dans une tendance mondiale marquée par l’essor rapide de l’intelligence artificielle. Selon le rapport « Annual Global CEO Survey » du cabinet PwC, l’IA pourrait générer jusqu’à 15 700 milliards USD pour l’économie mondiale d’ici 2030, dont près de 1200 milliards USD pour l’Afrique.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Djibouti : vers la création d’une fédération nationale des entreprises du numérique 

Published in Tech

De nombreux pays africains misent sur la transformation numérique pour soutenir leur développement socio‑économique. La cybersécurité est considérée comme une condition préalable pour tirer pleinement parti des TIC.

Le Parlement somalien a officiellement approuvé, le lundi 26 janvier, la loi sur la cybersécurité. Cette adoption vient renforcer le cadre réglementaire national, dans un contexte d’efforts accrus des autorités pour assurer la sécurité du cyberespace du pays.

Selon la National Communications Authority (NCA), le texte établit un cadre national de gestion de la cybersécurité. Il précise notamment les responsabilités du ministère des Communications, le rôle technique du régulateur télécoms, les obligations des opérateurs d’infrastructures critiques, ainsi que les mécanismes de prévention, de signalement et de réponse aux incidents cybernétiques.

Le texte prévoit également la création de l’équipe somalienne de réponse aux incidents informatiques (SOM‑CIRT), ainsi que la mise en place d’un comité de cybersécurité composé de neuf membres et d’un centre d’intervention d’urgence chargé de coordonner les réponses rapides aux incidents.

« La loi sur la cybersécurité devrait jouer un rôle clé dans le renforcement de la confiance numérique, le soutien à la croissance de l’économie numérique et l’intensification de la coopération entre les institutions publiques, le secteur privé et les partenaires internationaux », a indiqué le régulateur télécoms dans un communiqué.

En août 2025, le gouvernement somalien avait approuvé le projet de loi sur la cybercriminalité. En mars 2023, la loi sur la protection des données (Data Protection Act) entrait en vigueur. Celle‑ci a notamment conduit à la création de l’Agence de protection des données (ADP), chargée de veiller à son application.

Au‑delà du cadre réglementaire, la Somalie mise sur la coopération internationale pour assurer la protection de son cyberspace. Le pays a par exemple signé en août 2025 un protocole d’accord avec la Malaisie, considérée comme l’un des modèles mondiaux en matière de cybersécurité. En novembre 2024, le pays s’était déjà rapproché de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour renforcer sa capacité à lutter contre les crimes perpétrés sur Internet.

Ces efforts interviennent dans un contexte de recrudescence des cybermenaces. Dans son rapport « State of Cybersecurity in Somalia 2024 », Abdullahi Guled, consultant auprès du ministère des Communications, a indiqué que la Somalie a connu plusieurs incidents en 2024, même si une bonne partie n’a pas été rendue publique. Il s’agit notamment d’attaques par rançongiciel contre des institutions publiques et de tentatives d’hameçonnage visant le secteur financier. Par exemple, en novembre 2025, la plateforme e‑visa a été piratée, compromettant les données personnelles de plusieurs milliers de personnes.

Pour rappel, la Somalie a été classée au quatrième pallier (Tier 4) sur 5 dans le « Global Cybersecurity Index 2024 » de l’Union internationale des télécommunications (UIT), « témoignant d’un engagement de base en matière de cybersécurité ». Le pays doit toutefois intensifier ses efforts, notamment en matière de mesures techniques, légales et de développement des capacités. Il a enregistré un score global de 37,38 sur 100. 

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

 Somalie : le Conseil des ministres approuve un projet de loi portant sur la cybersécurité 

Published in Télécom

Dans un contexte de pressions financières croissantes, le Kenya mise sur le numérique pour automatiser ses paiements. L’idée est de renforcer la transparence, la rapidité et le contrôle, tout en modernisant ses systèmes de finances publiques.

Le Trésor national du Kenya a annoncé, le mardi 27 janvier, le lancement prochain d’un système numérique destiné à automatiser les paiements de la dette extérieure. L’information a été communiquée par le secrétaire principal du Trésor, Chris Kiptoo, à l’issue d’un briefing de l’équipe projet, en présence de représentants du Bureau du contrôleur du budget, du vérificateur général et de la Banque mondiale.

La plateforme devrait être opérationnelle à partir du lundi 2 février 2026, avec une période de fonctionnement parallèle d’un mois pour assurer une transition sécurisée.

Le système intégrera plusieurs dispositifs clés : le système de gestion de la dette Meridian, le système de taux de change de la Banque centrale du Kenya, ainsi que les processus de demande et d’approbation du Trésor public. Cette architecture vise à automatiser l’ensemble de la chaîne de paiement, de la génération des instructions à leur approbation et exécution, remplaçant ainsi les procédures manuelles par des flux de travail numériques sécurisés. Selon Chris Kiptoo, cette réforme devrait réduire les retards et les erreurs tout en améliorant la surveillance des obligations financières du pays.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la dette extérieure du Kenya représente près de la moitié de la dette publique totale. À la fin de 2025, la dette extérieure s’élevait à environ 5,5 milliards de shillings (42 milliards $), sur une dette publique totale dépassant les 11 000 milliards de shillings. L’importance de ces engagements rend cruciale la mise en place de mécanismes transparents et fiables pour le service de la dette, en particulier alors que Fitch souligne des besoins de financement croissants et la nécessité de gérer efficacement les emprunts extérieurs en 2026.

En modernisant la gestion des paiements de la dette, cette plateforme pourrait accélérer le traitement des transactions, renforcer la transparence et améliorer la traçabilité des fonds publics. Elle devrait également contribuer à une meilleure coordination entre les différents organismes gouvernementaux et à une supervision plus rigoureuse des obligations financières.

Toutefois, le passage à un système entièrement numérique soulève des défis en matière de cybersécurité, notamment la protection contre les intrusions, les fraudes et les défaillances techniques. La sécurisation des données sensibles et la résilience du système face aux cyberattaques seront déterminantes pour garantir la fiabilité et la continuité du paiement de la dette.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Kenya : 5 millions de smartphones assemblés pour soutenir l’emploi numérique

Published in Tech

L’utilisation d’Internet par les mineurs suscite un débat croissant à l’échelle mondiale. L’Afrique, elle aussi confrontée aux risques liés à l’exposition précoce aux réseaux sociaux, cherche à renforcer la protection des enfants en ligne. En Égypte, les autorités envisagent l’adoption d’un cadre législatif dédié.

Le Parlement égyptien a annoncé, le dimanche 25 janvier, son intention de rédiger une législation visant à réglementer l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants. L’information a été rendue publique dans un communiqué de la Chambre des représentants, qui indique que ce projet de loi ambitionne de limiter les effets négatifs du numérique sur les mineurs, notamment les risques psychologiques et comportementaux liés à une exposition précoce aux plateformes sociales.

Selon le texte, les députés entendent engager des consultations avec le gouvernement ainsi qu’avec des organismes spécialisés afin d’élaborer un cadre juridique adapté. Cette démarche vise à instaurer des mécanismes de contrôle de l’accès des enfants aux réseaux sociaux, tout en encadrant les pratiques des plateformes numériques opérant dans le pays.

Cette initiative intervient dans un contexte politique marqué par l’intervention du président Abdel‑Fattah el‑Sissi, qui a appelé, la veille, le gouvernement et les parlementaires à examiner la possibilité de restreindre l’usage des réseaux sociaux par les enfants, jusqu’à ce qu’ils atteignent un âge leur permettant de « gérer correctement » ces outils numériques. Les autorités égyptiennes rejoignent ainsi un débat mondial de plus en plus présent autour de la protection des mineurs dans l’espace numérique.

À l’échelle internationale, plusieurs pays ont déjà pris des mesures concrètes pour encadrer l’accès des jeunes aux plateformes sociales. En France, l’Assemblée nationale a récemment adopté en première lecture un texte visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’Australie a, pour sa part, adopté en décembre 2025 une loi pionnière interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, obligeant les plateformes à supprimer les comptes non conformes sous peine de lourdes amendes.

En Afrique, la protection de l’enfance en ligne demeure inégale. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), seuls 39 pays africains avaient, en 2024, adopté une stratégie nationale de protection des enfants en ligne. Dans le même temps, 32 % des États du continent étaient encore en phase d’élaboration, tandis que 41 % n’avaient engagé aucune démarche en ce sens. Cette situation contraste avec la croissance rapide des usages numériques, alors qu’un enfant dans le monde se connecte à Internet pour la première fois toutes les demi‑secondes, selon l’UIT.

Pour l’Égypte, l’adoption d’une telle législation pourrait renforcer la protection des mineurs face aux risques liés au numérique, notamment le cyberharcèlement, l’exposition à des contenus inadaptés ou les pressions sociales générées par l’usage intensif des écrans. Le chantier reste cependant complexe. La députée Amira El‑Adly a récemment souligné le manque de données officielles fiables sur l’utilisation d’Internet par les enfants dans le pays, ainsi que sur les impacts psychologiques ou comportementaux associés. Une lacune qui pourrait compliquer l’élaboration d’un cadre juridique à la fois efficace, équilibré et applicable.

Samira Njoya

Lire aussi:

La GSMA et l’UNICEF lancent un groupe de travail pour protéger les enfants en ligne

JA Africa et Google s’allient pour former 250 000 enfants à la sécurité en ligne d’ici 2027

Published in Tech

Le Bénin a placé la numérisation des services publics au cœur de sa stratégie nationale. Les résultats obtenus jusqu’ici sont satisfaisants, avec une adoption croissante des démarches en ligne et un accès facilité aux prestations pour les citoyens.

En 2025, l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) a servi 4 millions de citoyens et délivré 10,5 millions de documents d’état civil et d’identité au Bénin, selon les données publiées par l’institution le lundi 26 janvier 2026. Sur l’ensemble des démarches enregistrées, 75 % ont été réalisées en ligne ou à distance, illustrant la place croissante du numérique dans l’accès aux services d’identification.

Cette transformation repose sur une diversification des canaux d’accès aux services. Les citoyens ont utilisé eservices.anip.bj (37 % des requêtes), l’application mobile ANIP BJ (30 %) et le service USSD (8 %), tandis que les guichets physiques représentent 25 % des demandes. La sécurité des opérations est renforcée, avec 3,8 millions d’authentifications via les opérateurs GSM et 25 millions de vérifications d’identité (eKYC), garantissant fiabilité et intégrité des données.

Le programme s’inscrit dans un contexte plus large de transformation numérique initié par le Bénin depuis 2018, avec le lancement progressif de services publics digitalisés visant à moderniser l’administration, améliorer la transparence et renforcer la proximité avec les citoyens. La digitalisation des documents d’état civil et d’identité constitue un pilier central de cette stratégie, essentielle pour faciliter l’accès aux services sociaux et économiques.

L’ANIP s’intègre dans l’ambition nationale de généraliser les services publics numériques. Le pays a déployé plusieurs plateformes gouvernementales (déclarations fiscales, démarches de santé, formalités administratives), favorisant interopérabilité des services et centralisation des données. Ces initiatives visent à améliorer la gouvernance, la traçabilité des processus et la satisfaction des citoyens, tout en stimulant l’efficacité économique.

Pour 2026, l’ANIP entend poursuivre l’enregistrement et la délivrance de documents, avec un accent particulier sur les zones rurales encore sous-desservies. Les citoyens pourront accéder en ligne à une large gamme de services : acte de naissance, certificat de résidence, certificat de coutume et de célibat, certificat d’identification personnelle, carte d’identité nationale biométrique.

Samira Njoya

Lire aussi:

Bénin : le budget du numérique en baisse de 6,32 % malgré des ambitions accrues 

Published in Tech

A l’approche du lancement de sa stratégie nationale en intelligence artificielle, le Zimbabwe renforce ses échanges internationaux pour en soutenir la mise en œuvre. L’Australie apparaît comme un partenaire clé pour accompagner le développement des compétences et l’innovation technologique.

Le Zimbabwe poursuit sa dynamique de transformation numérique. La ministre des Technologies de l’information, des services postaux et de messagerie, Tatenda Mavetera, a rencontré le lundi 26 janvier 2026 l’ambassadrice d’Australie au Zimbabwe, Minoli Perera, afin d’explorer les perspectives de coopération bilatérale dans le domaine des TIC.

Les échanges ont porté sur la future stratégie nationale du Zimbabwe en matière d’intelligence artificielle, dont le lancement est annoncé pour mars 2026 par le président Emmerson Mnangagwa. Cette feuille de route devrait fixer les priorités du pays en matière d’innovation numérique, de modernisation des services publics et de développement des compétences technologiques.

Selon des données officielles, les investissements dans les TIC ont progressé de 14,5 %, parallèlement à l’amélioration de la connectivité. La pénétration mobile atteint 103 %, tandis que celle d’Internet s’élève à 83 %, traduisant un accès croissant de la population aux services numériques.

L’Australie s’est dite disposée à accompagner Harare via un appui technique et un partage d’expertise. Canberra dispose en effet d’une stratégie avancée en matière d’IA : en décembre 2025, le gouvernement australien a dévoilé un Plan national sur l’IA visant à accélérer son adoption dans l’ensemble de l’économie. Selon McKinsey, l’IA et l’automatisation pourraient générer entre 170 et 600 milliards USD supplémentaires pour le PIB australien d’ici 2030.

La coopération envisagée pourrait porter sur la formation, le transfert de compétences, la gouvernance de l’IA et le soutien aux start‑up locales. Pour Harare, l’enjeu est de structurer un écosystème numérique créateur d’emplois qualifiés, dans un pays où plus de 60 % de la population a moins de 25 ans.

À travers ce rapprochement avec Canberra, le Zimbabwe cherche à renforcer sa position sur la scène technologique régionale. En misant sur l’IA et les partenariats internationaux, le pays ambitionne de faire du numérique un levier stratégique de diversification économique et de développement durable.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Zimbabwe: un troisième satellite pour renforcer la connectivité 

Published in Tech

Les autorités malgaches misent sur le numérique comme levier de développement socio‑économique. Cette orientation concerne l’ensemble des secteurs, notamment l’éducation.

Le gouvernement malgache poursuit ses efforts en faveur de la transformation numérique de l’enseignement supérieur. Un partenariat a été officialisé la semaine dernière entre la Primature et cinq ministères, dont ceux chargés du Développement numérique et de l’Enseignement supérieur.

Dans un communiqué publié le mercredi 21 janvier 2026, le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications (MDNPT) a déclaré que ce partenariat traduit la vision selon laquelle « la transformation numérique de l’enseignement supérieur n’est plus une option, mais une nécessité pour améliorer l’accès de tous les jeunes à une éducation de qualité et les préparer au marché du travail de demain ».

Dans ce cadre, le MDNPT pilote plusieurs axes clés, dont l’intégration du numérique dans les universités via le déploiement de l’Internet haut débit et leur interconnexion à la plateforme numérique nationale. Le ministère soutient aussi la recherche en Big Data et en intelligence artificielle par l’accès aux centres de données, promeut l’entrepreneuriat numérique au sein des universités et œuvre à la valorisation des compétences locales afin d’aligner les certifications sur les standards internationaux et les besoins du secteur privé.

La signature de ce partenariat intervient quelques semaines après que le ministère a signé un accord avec un opérateur télécoms privé malgache pour déployer des points d’accès Wi‑Fi (hotspots Internet) destinés aux étudiants dans les universités.

L’intégration des TIC à tous les niveaux de l’enseignement figure parmi les priorités du Plan stratégique du numérique (PSN 2023–2028). Le gouvernement vise ainsi à renforcer une éducation inclusive, adaptée aux normes et besoins actuels, en généralisant l’usage des TIC dans l’enseignement. Cette stratégie comprend, entre autres, la numérisation des supports pédagogiques, l’adaptation des méthodes d’apprentissage et la digitalisation du parcours étudiant, tout en valorisant et sécurisant les compétences et en mettant en place un référentiel formation‑emploi pour améliorer l’orientation des étudiants.

Il convient toutefois de rappeler que la numérisation de l’enseignement supérieur à Madagascar demeure à un stade embryonnaire. En juillet 2025, lors d’une conférence‑débat organisée par le PNUD et la Banque mondiale, les acteurs du secteur ont mis en avant plusieurs contraintes structurelles persistantes, notamment la faible connectivité, le manque d’équipements, la fragmentation institutionnelle et les fortes disparités d’accès. Ils ont également insisté sur la nécessité de stratégies claires, de plans de mise en œuvre assortis de mécanismes rigoureux de suivi‑évaluation, ainsi que d’une volonté politique affirmée, d’une meilleure coordination entre les acteurs et d’une inclusion effective.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Madagascar : 1000 jeunes formés aux métiers du numérique d’ici juin via D CLIC

Skills4Job : Madagascar mise sur le digital pour renforcer l’employabilité des jeunes

Published in Gestion Publique

Au fur et à mesure que l’administration algérienne se numérise, ses systèmes d’information deviennent de plus en plus exposés aux cybermenaces. Pour anticiper ces risques, le pays consolide ses structures de protection numérique.

L’Algérie s’est dotée d’un cadre institutionnel renforcé pour protéger ses systèmes d’information face à la montée des cybermenaces. Le décret présidentiel n° 26‑07 du 7 janvier 2026, publié le mercredi 21 janvier au Journal officiel, définit l’organisation et le fonctionnement des structures de cybersécurité au sein des institutions, administrations et organismes publics, afin de mieux anticiper et gérer les risques liés aux cyberattaques.

Dans chaque entité publique, une structure dédiée à la cybersécurité sera créée, distincte de celle en charge de la gestion technique des systèmes d’information. Placée sous l’autorité directe du premier responsable de l’institution, cette entité aura pour mission de coordonner toutes les actions relatives à la protection des données et à la sécurité des systèmes, y compris pour les organismes sous tutelle.

Elle sera chargée d’élaborer et de suivre la mise en œuvre de la politique de cybersécurité, d’identifier les risques à travers une cartographie dédiée et de mettre en place des plans de remédiation adaptés. Une veille continue, des audits réguliers et la notification immédiate de tout incident aux autorités compétentes complètent le dispositif.

Le texte impose également le respect de la législation sur la protection des données à caractère personnel, en liaison avec l’autorité nationale compétente. Il encourage par ailleurs la coordination avec les structures chargées des marchés publics et de la sûreté interne, afin d’intégrer des clauses de sécurité dans les contrats de sous‑traitance et de renforcer la protection du personnel et des équipements.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensification des attaques numériques en Algérie. En 2024, le pays a été confronté à un volume estimé à plus de 70 millions de cyberattaques, selon des données de Kaspersky, qui place l’Algérie au 17ᵉ rang mondial des nations les plus ciblées par les menaces numériques. Parmi ces attaques, plus de 13 millions de tentatives de phishing ont été bloquées, ainsi que près de 750 000 pièces jointes malveillantes neutralisées par les solutions de sécurité, illustrant l’ampleur des risques auxquels sont exposés les utilisateurs et les organisations.

Pour les autorités algériennes, ce dispositif devrait permettre de consolider durablement la gouvernance de la cybersécurité dans le secteur public et d’accompagner la transition numérique par un encadrement institutionnel renforcé. Dans un pays où l’usage des systèmes digitalisés s’étend rapidement, la mise en place d’un cadre opérationnel de cybersécurité vise à protéger les services publics, les infrastructures critiques et les données sensibles, tout en renforçant la confiance des citoyens et des acteurs économiques dans l’écosystème numérique.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Cybersécurité : l'Algérie veut adapter le cadre réglementaire

Published in Tech
Page 1 sur 159

Please publish modules in offcanvas position.