Le numérique occupe une place croissante dans les politiques publiques sénégalaises, traduisant les ambitions de modernisation et de souveraineté technologique du pays. Dans ce contexte, le ministère connaît un changement de nom et de direction avec la nomination d’un nouveau responsable à sa tête.

La composition du nouveau gouvernement sénégalais a été dévoilée le lundi 1er juin. Parmi les nominations de l’équipe dirigée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, celle de Samba Diouf (photo) au poste de ministre des Télécommunications et du Numérique attire particulièrement l’attention. Il succède à Alioune Sall à la tête d’un département qui change également de configuration institutionnelle, le numérique étant désormais dissocié du portefeuille de la Communication.

Cette réorganisation traduit l’importance croissante accordée au numérique dans les politiques publiques sénégalaises. Le nouveau ministre hérite ainsi d’un secteur placé au cœur des ambitions économiques et de souveraineté technologique des autorités.

Un spécialiste de la transformation numérique

Avant son entrée au gouvernement, Samba Diouf occupait les fonctions de ministre‑conseiller chargé du Numérique auprès du président de la République. Son parcours professionnel s’est principalement construit dans les domaines de la transformation numérique, des télécommunications et des services financiers.

Il a notamment exercé des responsabilités au sein de plusieurs groupes technologiques internationaux tels que Huawei, IBM, Oracle, Atos et Ericsson. Au cours de sa carrière, il a piloté des projets de transformation numérique touchant aussi bien les administrations publiques que les opérateurs télécoms et les institutions financières.

Son profil se distingue également par une double compétence technique et managériale. Titulaire d’un master en physique, d’un master en ingénierie des systèmes d’information et de communication, d’un Executive MBA en stratégie d’entreprise ainsi que d’un MBA en finance, il dispose d’une expertise couvrant à la fois les enjeux technologiques, de gouvernance et de développement des affaires.

Des chantiers stratégiques à poursuivre

L’arrivée de Samba Diouf intervient deux mois après le premier anniversaire du New Deal Technologique et le lancement de ses projets structurants. Lancé l’année précédente, ce programme repose sur 12 projets prioritaires et mobilise des investissements évalués à près de 1100 milliards de francs CFA (1,95 milliard $) entre 2025 et 2034. Il vise notamment à renforcer la connectivité, développer les services publics numériques, soutenir l’économie numérique et améliorer la souveraineté technologique du pays.

Les défis restent toutefois nombreux. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), si le Sénégal figure parmi les 15 pays africains les plus avancés en matière de services numériques en 2025, des disparités persistent dans l’accès à Internet, notamment entre zones urbaines et rurales. Les questions de cybersécurité, d’identité numérique, de développement de l’intelligence artificielle et d’accompagnement des start‑up technologiques figurent également parmi les priorités du secteur.

À la tête d’un ministère désormais entièrement consacré aux télécommunications et au numérique, Samba Diouf devra transformer les ambitions affichées par les autorités en réalisations concrètes, dans un contexte où le numérique est appelé à jouer un rôle croissant dans la compétitivité économique du Sénégal et la modernisation de l’action publique.

Samira Njoya

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Alors que les outils d’IA capables de créer des images et vidéos hyperréalistes se démocratisent, le Bénin alerte contre les risques d’usurpation d’identité, de manipulation et d’atteinte à la réputation. Les contrevenants s’exposent à de lourdes sanctions prévues par le Code du numérique.

Le Centre national d’investigations numériques (CNIN) du Bénin a rappelé, vendredi 29 août, les sanctions encourues en cas d’utilisation de l’intelligence artificielle pour modifier, générer ou diffuser l’image d’une personne sans son autorisation. Selon l’institution, ces pratiques constituent une atteinte au droit à l’image et sont passibles de poursuites sur la base de l’article 576 du Code du numérique. Les contrevenants s’exposent à une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement et à une amende de 25 millions FCFA (environ 44 400 $). 

Cette mise en garde intervient dans un contexte de démocratisation rapide des outils d’intelligence artificielle générative capables de produire des images, des vidéos ou des contenus audiovisuels de plus en plus réalistes. Les technologies dites de deepfake permettent notamment de remplacer le visage d’une personne, de modifier ses propos ou de créer de fausses scènes susceptibles d’être utilisées à des fins de manipulation, de diffamation, d’escroquerie ou d’atteinte à la réputation. Des chercheurs alertent depuis plusieurs années sur la difficulté croissante à distinguer les contenus authentiques des contenus générés artificiellement.

Une menace croissante pour les autorités

Le rappel du CNIN s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement de la lutte contre la cybercriminalité au Bénin. Selon les chiffres communiqués par le procureur spécial de la CRIET en octobre 2024, les procédures liées à la cybercriminalité sont passées de 347 en 2022 à 415 en 2023, puis à 576 dossiers enregistrés au 17 septembre 2024.

Les autorités béninoises ont également multiplié les opérations contre les réseaux d’arnaques en ligne et les usurpations d’identité sur les réseaux sociaux. En 2024, le CNIN avait notamment annoncé la désactivation d’environ 600 faux comptes utilisés dans des escroqueries sentimentales ou des arnaques liées au maraboutage.

Des enjeux qui dépassent les deepfakes

Au‑delà de la question du droit à l’image, les deepfakes s’inscrivent dans un ensemble plus vaste de cybermenaces qui préoccupent de plus en plus les gouvernements africains. Selon Interpol, les escroqueries en ligne, les fraudes numériques, les rançongiciels et les usurpations d’identité figurent parmi les principales menaces recensées sur le continent. Entre 2019 et 2025, les pertes financières liées à la cybercriminalité en Afrique sont estimées à plus de 3 milliards de dollars.

Dans ce contexte, les autorités béninoises cherchent à prévenir l’utilisation abusive des nouveaux outils d’intelligence artificielle avant qu’ils ne deviennent un vecteur supplémentaire de fraude et de désinformation. Pour les régulateurs, l’enjeu consiste désormais à trouver un équilibre entre l’essor des technologies d’IA générative et la protection des droits des citoyens dans l’espace numérique.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Face à l’ampleur croissante des exigences budgétaires et administratives des systèmes de protection sociale, les États sont contraints de repenser en profondeur leurs outils de gestion. À Maurice, cette dynamique engage un chantier stratégique où la transformation numérique devient autant un levier de performance qu’un enjeu de gouvernance publique.

À Maurice, la transformation numérique du système de sécurité sociale est officiellement engagée après treize années d’attente. Le gouvernement a officiellement lancé, le mercredi 27 mai, le programme de numérisation des dossiers des bénéficiaires des prestations sociales, dans le cadre du projet « Bulk Scanning of Beneficiary Files ». Une opération de grande ampleur qui vise à intégrer plus de 10,5 millions de documents au futur système E‑Social Security.

L’initiative intervient dans un contexte où la protection sociale représente l’un des principaux postes de dépenses publiques du pays. Selon les données officielles, les dépenses consacrées à ce secteur ont atteint 91,4 milliards de roupies (1,9 milliard de dollars) durant l’exercice budgétaire 2024‑2025, soit 37,4 % des dépenses totales de l’État et 12,8 % du produit intérieur brut (PIB). À juin 2025, le nombre de bénéficiaires de la Pension de Retraite de Base s’élevait à 279 559 personnes.

Jusqu’à présent, la gestion administrative de ces prestations reposait largement sur des archives papier. Dans certains bureaux de la Sécurité sociale, les dossiers s’accumulaient du sol au plafond, compliquant le travail quotidien des agents chargés du traitement des pensions, aides sociales et contributions des affiliés, explique le ministre de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale, Ashok Subron.

Une administration appelée à gagner en efficacité

Le projet prévoit la numérisation progressive de l’ensemble des dossiers liés aux pensions, aides sociales, prestations destinées aux personnes en situation de handicap ainsi qu’aux affiliés du National Pension Scheme (NPS) et du National Solidarity Fund (NSF). Les autorités estiment qu’environ 18 mois seront nécessaires pour finaliser l’intégration complète des données.

Chaque mois, près de 800 000 paiements sont effectués au profit d’au moins 350 000 bénéficiaires. Dans ce contexte, la dématérialisation des procédures apparaît comme un levier majeur d’amélioration de la qualité du service public.

L’accès instantané aux informations devrait permettre de réduire les délais de traitement des demandes, réduire les erreurs liées aux traitements manuels et améliorer les conditions de travail du personnel. Pour les autorités, la modernisation de la sécurité sociale doit contribuer à rendre l’action publique à la fois plus efficace et plus accessible.

Un outil au service de la soutenabilité du système

Au‑delà des gains opérationnels, le projet répond également à des préoccupations financières de long terme.

La réforme intervient alors que Maurice engage une restructuration progressive de son système de retraite. Le budget 2025‑2026 prévoit notamment un relèvement graduel de l’âge d’éligibilité à la Pension de Retraite de Base, de 60 à 65 ans, afin de tenir compte du vieillissement de la population et des contraintes budgétaires croissantes.

Plusieurs observateurs soulignent depuis plusieurs années les fragilités structurelles du financement des retraites et des aides sociales – la contribution sociale généralisée instaurée en pleine crise sanitaire – qui se heurte désormais à des défis de soutenabilité budgétaire, d’équité intergénérationnelle et de cohérence économique.

Dans ce contexte, la mise en place d’une base de données centralisée pourrait permettre un meilleur suivi des bénéficiaires, une identification plus rapide des doublons ou anomalies administratives et une plus grande visibilité sur les flux financiers. Des éléments devenus essentiels pour piloter un dispositif représentant plus d’un tiers des dépenses publiques nationales.

Une pièce supplémentaire dans la stratégie numérique de l’État

Le projet E‑Social Security s’inscrit également dans la feuille de route numérique du gouvernement mauricien, qui place la modernisation administrative, la transparence et la gouvernance publique au cœur de son programme.

La démarche rejoint une tendance observée dans plusieurs pays africains, où les gouvernements investissent dans la création de registres sociaux numériques afin d’améliorer le ciblage des aides publiques, de réduire les erreurs d’inclusion ou d’exclusion et de renforcer l’efficacité des politiques sociales.

Pour Maurice, l’enjeu dépasse donc la simple numérisation d’archives. Il s’agit de bâtir une infrastructure de données capable d’accompagner l’évolution future du système de protection sociale et de soutenir les décisions publiques dans un contexte de pression démographique et budgétaire croissante.

Les défis de la transition numérique

La réussite du projet dépendra toutefois de plusieurs facteurs.

La cybersécurité constitue l’un des principaux défis. La centralisation de données sensibles concernant plusieurs centaines de milliers de citoyens exige des dispositifs robustes de protection contre les cyberattaques et les fuites d’informations.

Les autorités devront également veiller au respect de la confidentialité des données personnelles, à l’accompagnement des agents publics dans l’adoption des nouveaux outils et à l’accessibilité des services numériques pour les populations les plus vulnérables, notamment les personnes âgées.

Si ces conditions sont réunies, la numérisation de la sécurité sociale pourrait devenir l’un des projets emblématiques de la modernisation administrative mauricienne et contribuer à renforcer l’efficacité d’un système qui constitue l’un des principaux piliers de la solidarité nationale.

Muriel EDJO

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Entre ambitions de souveraineté numérique et besoin urgent de compétences, la Côte d’Ivoire place l’IA au cœur de sa stratégie de développement. Le pays entend accélérer la formation de talents et structurer un écosystème technologique capable d’accompagner sa transformation économique.

La Côte d’Ivoire prévoit de créer une université publique dédiée à l’intelligence artificielle (IA) dans le cadre de son Plan national de développement (PND) 2026‑2030, présenté récemment par le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba (photo). L’initiative vise à aligner le système éducatif sur les besoins d’une économie de plus en plus fondée sur la donnée, l’automatisation et les technologies émergentes.

Cette future université s’intègre à un programme plus large de renforcement de l’enseignement supérieur. Les autorités ivoiriennes prévoient en effet la construction de nouveaux établissements à Abengourou, Daoukro et Dabou, ainsi que la création de plusieurs instituts universitaires de technologie. L’objectif est double : accroître les capacités d’accueil et orienter davantage les formations vers les secteurs jugés prioritaires pour la croissance, notamment le numérique, l’agro‑industrie, les mines, la santé et les services.

Au‑delà de l’expansion du système universitaire, cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’intelligence artificielle à l’horizon 2030. Ce cadre, lancé par les autorités l’année dernière, ambitionne de positionner l’IA comme un levier de souveraineté numérique et de compétitivité économique. Il prévoit notamment la création de centres d’excellence dédiés à l’IA au sein des universités et institutions techniques, chargés de la formation avancée, de la recherche appliquée et de l’innovation.

Les curricula envisagés couvriront plusieurs domaines clés, dont la science des données, l’apprentissage automatique, le traitement du langage naturel, la vision par ordinateur et les systèmes intelligents. L’enjeu est de structurer une offre de compétences adaptée aux besoins du marché, dans un contexte où la demande en profils spécialisés reste largement supérieure à l’offre disponible.

Le PND 2026‑2030, doté d’un budget de plus de 114 800 milliards de francs CFA (environ 204 milliards USD), prévoit également des investissements majeurs dans les infrastructures numériques. Ceux‑ci portent notamment sur l’extension de la fibre optique, le développement de centres de données et le déploiement de solutions technologiques résilientes, en parallèle à la numérisation progressive de l’administration publique.

Dans ce dispositif, l’université dédiée à l’intelligence artificielle apparaît comme un maillon structurant d’un écosystème en construction. Elle devrait contribuer à rapprocher davantage la formation académique du secteur productif, tout en renforçant les capacités de recherche et l’émergence de solutions technologiques locales.

Samira Njoya

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Longtemps freiné par le déficit d’infrastructures et la faible numérisation de ses services publics, le Tchad multiplie les démarches pour attirer des partenaires technologiques internationaux. Une mission menée aux États‑Unis illustre cette volonté.

Le Tchad intensifie ses démarches pour nouer des partenariats avec les grandes entreprises technologiques mondiales. En mission à Washington du samedi 23 au dimanche 31 mai, une délégation gouvernementale conduite par le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation, Haliki Choua Mahamat, a mené de nombreux échanges avec plusieurs acteurs américains du numérique, des infrastructures et de la santé connectée. L’objectif est de mobiliser des expertises et des investissements capables d’accélérer la transformation numérique du pays.

Au cours de cette mission, les autorités tchadiennes ont rencontré des représentants du Département d’État américain, du Département du Commerce ainsi que plusieurs entreprises technologiques de premier plan, parmi lesquelles InterSystems, Starlink, Cybastion, Vertiv et 19Labs. Les discussions ont porté sur plusieurs projets structurants liés à l’amélioration de la connectivité, à la modernisation des infrastructures numériques, à la cybersécurité, à la numérisation des services publics et au développement de la santé numérique.

L’un des dossiers les plus sensibles a concerné les services satellitaires de Starlink. Face aux responsables de l’entreprise de SpaceX, les autorités tchadiennes ont soulevé la question de la qualité du service fourni au Tchad ainsi que celle des tarifs pratiqués, jugés supérieurs à ceux pratiqués sur d’autres marchés africains. Pour N’Djamena, l’amélioration de l’accès à Internet reste un enjeu crucial dans un pays où les infrastructures télécoms demeurent insuffisantes pour répondre à la demande croissante des administrations, des entreprises et des particuliers.

Cette offensive diplomatique intervient alors que le gouvernement tchadien cherche à faire du numérique l’un des leviers de diversification économique du pays. Malgré des progrès enregistrés ces dernières années, le Tchad figure encore parmi les pays les moins avancés du continent en matière de connectivité et de développement numérique. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), le taux de pénétration d’Internet demeure inférieur à la moyenne africaine, tandis que l’accès aux services numériques reste particulièrement limité dans les zones rurales.

Les autorités misent également sur le numérique pour moderniser le système de santé. Les échanges avec plusieurs institutions américaines spécialisées ont notamment porté sur la numérisation des cinq centres hospitaliers universitaires du pays, des 23 hôpitaux régionaux et de plus de 1000 centres de santé. L’ambition est d’améliorer la gestion des données médicales, le suivi des patients et l’accès aux soins grâce aux technologies numériques.

Au‑delà des infrastructures, le gouvernement tchadien cherche aussi à renforcer les compétences locales. Les discussions engagées avec les partenaires américains incluent des programmes de formation et de transfert de technologies destinés à développer un vivier national de compétences dans les domaines du numérique, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité. Un enjeu crucial pour un pays qui souhaite réduire sa dépendance technologique et bâtir un écosystème numérique capable de soutenir sa stratégie de modernisation économique.

Avec cette mission de prospection, le Tchad cherche ainsi à se positionner sur la carte des partenariats technologiques internationaux. Reste désormais à transformer les discussions engagées à Washington en projets concrets capables d’améliorer durablement la connectivité, les services publics et la compétitivité de l’économie nationale.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Face aux fraudes, aux pertes financières et aux pannes qui fragilisent son réseau électrique, le Cameroun doit impérativement moderniser son système. L’adoption de compteurs intelligents s’impose comme une nécessité pour sécuriser les revenus, fiabiliser la facturation et stabiliser l’offre.

Le ministère camerounais de l’Eau et de l’Énergie (MINEE) a annoncé, le mercredi 27 mai, le lancement du déploiement de 20 000 compteurs intelligents. Ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme de réformes du secteur de l’électricité (PRSEC‑PforR) et soutenu par la Banque mondiale. Il vise à améliorer le suivi des consommations, réduire les pertes techniques et renforcer la fiabilité de la facturation.

Le dispositif repose sur une infrastructure de comptage avancée (Advanced Metering Infrastructure – AMI), capable de transmettre automatiquement les données de consommation électrique. Selon le MINEE, cette technologie permettra un suivi en temps réel des usages énergétiques et une meilleure détection des anomalies, des fraudes et des pertes non techniques qui pèsent sur les finances du secteur.

Le projet est piloté par l’Unité de coordination du programme sous la tutelle du MINEE, en collaboration avec la Société camerounaise d’électricité (Socadel, ex‑Eneo). Après les tests techniques réalisés entre janvier et février 2026, les équipements ont été réceptionnés en avril, ouvrant la voie au déploiement progressif des compteurs. Un centre de données est également en cours d’installation à Douala afin de centraliser et sécuriser les informations issues des compteurs intelligents.

Cette initiative s’inscrit dans le Plan de redressement du secteur de l’électricité (PRSEC) déployé sur la période 2024‑2026, évalué à près de 400 milliards FCFA (710 millions $). Le programme bénéficie notamment d’un financement de 180 milliards FCFA de la Banque mondiale et de 48 milliards FCFA de la Banque africaine de développement.

Au‑delà des compteurs intelligents, le PRSEC prévoit plusieurs chantiers destinés à améliorer la qualité du service électrique, parmi lesquels l’extension du réseau, le renforcement des postes de transformation, le remplacement de plus de 50 000 poteaux en bois et la migration progressive de 1,5 million de compteurs postpayés vers des compteurs prépayés.

Pour les pouvoirs publics, la numérisation du comptage constitue donc un levier stratégique afin d’améliorer la gouvernance énergétique, sécuriser les revenus des opérateurs et accompagner la hausse de la demande électrique liée à la croissance urbaine et industrielle du pays.

Samira Njoya

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Alors que les transferts de la diaspora représentent des milliards de dollars chaque année vers l’Afrique centrale, une fintech congolaise s’ouvre à l’international via une solution numérique de paiement. L’objectif est de rendre les envois d’argent plus rapides, plus accessibles et moins coûteux pour les utilisateurs.

La fintech panafricaine DigiPay Group et la société européenne de technologie financière Belmoney ont annoncé le jeudi 28 mai le lancement de DigiTransfer, une application mobile destinée aux transferts d’argent depuis la France et la Belgique vers la République du Congo et la République démocratique du Congo (RDC).

Disponible sur Android et iOS, la plateforme permet d’envoyer des fonds directement vers des portefeuilles mobiles et des comptes bancaires. Les deux partenaires indiquent que les transactions sont exécutées en quelques minutes grâce aux réseaux Visa et Mastercard et au cadre réglementaire européen de la société Belmoney, agréée comme établissement de paiement par la Banque nationale de Belgique.

Cette initiative intervient dans un contexte de forte croissance des flux financiers de la diaspora africaine. Selon les données de la Banque mondiale, les transferts de fonds vers la RDC dépassent 3,2 milliards USD par an. Mais ces opérations restent parmi les plus coûteuses au monde pour les utilisateurs africains. D’après le Migration Data Portal, le coût moyen des transferts vers l’Afrique subsaharienne s’élève encore à près de 8 %, bien au‑dessus de l’objectif de 3 % fixé par les Nations unies dans les Objectifs de développement durable.

Les fintechs misent désormais sur les infrastructures numériques et les portefeuilles mobiles pour réduire ces coûts et accélérer les paiements transfrontaliers. En Afrique centrale, où le taux de bancarisation demeure relativement faible, les services de mobile money connaissent une progression rapide et deviennent progressivement un canal privilégié pour les transferts de la diaspora. DigiPay affirme avoir déjà traité plus de 4,2 millions de transactions depuis 2020 à travers ses différentes solutions de paiement.

Pour Belmoney, ce partenariat illustre également la montée en puissance du modèle « Remittance‑as‑a‑Service » (RaaS), qui permet à des fintechs ou opérateurs locaux de lancer rapidement des services de transfert internationaux en s’appuyant sur une infrastructure réglementaire déjà existante. Les deux entreprises prévoient d’étendre progressivement ce corridor de paiement à d’autres pays européens afin de capter une part croissante du marché des transferts vers l’Afrique.

Samira Njoya

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Alors que la Côte d’Ivoire accélère le déploiement de sa stratégie nationale de l’intelligence artificielle et de la gouvernance des données, le gouvernement entend renforcer son administration numérique. Dans ce contexte, le recours à une expertise de premier plan s’avère indispensable.

Le ministère ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation a lancé le mardi 26 mai un appel à candidatures pour le recrutement de six cadres expérimentés pour renforcer la mise en œuvre des projets numériques de l’État. Les postes ouverts concernent trois conseillers techniques spécialisés en innovation et IA, cybersécurité et confiance numérique, ainsi qu’en affaires juridiques, régulation et économie du numérique. Le ministère recrute également un Directeur des Systèmes d’Information (DSI), un Directeur de la Transformation Digitale de l’Administration et un Directeur du Développement des Infrastructures Numériques et des Postes.

Selon les fiches de poste publiées par le ministère, les conseillers techniques auront pour mission d’assister le ministre et le directeur de cabinet dans leurs domaines d’expertise respectifs. Ils seront notamment chargés d’apporter un appui technique et stratégique à la prise de décision, d’évaluer les dossiers soumis au cabinet ministériel et de contribuer à l’élaboration des orientations du département dans les domaines du numérique, de l’IA, de la cybersécurité ou encore du droit du numérique.

Le futur Directeur des Systèmes d’Information sera chargé de définir et piloter les schémas directeurs des systèmes d’information du ministère afin d’accompagner la modernisation de l’administration et la transformation digitale, ainsi que la sécurisation des données publiques. De son côté, le Directeur de la Transformation Digitale de l’Administration devra coordonner les projets de digitalisation des services publics et assurer leur cohérence avec les orientations gouvernementales.

Enfin, le futur Directeur du Développement des Infrastructures Numériques et des Postes sera chargé de concevoir et mettre en œuvre les politiques de développement des infrastructures numériques et postales, avec pour objectif d’améliorer l’accessibilité et la qualité des services télécoms et TIC sur l’ensemble du territoire national.

Les candidatures doivent être transmises via l’adresse électronique officielle du ministère : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Samira Njoya

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Face à la hausse du trafic passagers, le Ghana investit dans la modernisation de ses contrôles aéroportuaires. Le pays déploie de nouvelles technologies de sécurité et les services frontaliers afin de réduire les délais et soutenir son ambition de hub régional en Afrique de l’Ouest.

Le Ghana accélère la modernisation de ses infrastructures aéroportuaires avec le déploiement de scanners de sécurité 3D avancés dans les terminaux 2 et 3 de l’aéroport international Kotoka d’Accra. L’annonce a été faite le lundi 25 mai par le président John Dramani Mahama lors de la cérémonie de lancement de la nouvelle plateforme nationale d’e‑visa. Les nouvelles technologies visent à réduire les files d’attente et les délais de traitement dans les terminaux.

Le gouvernement ghanéen prévoit également l’installation, à partir d’août 2026, de nouveaux équipements qui permettront aux voyageurs de garder ordinateurs portables, liquides et appareils électroniques dans leurs bagages lors des contrôles de sûreté. Les passagers n’auront également plus à retirer leurs chaussures et leurs ceintures pendant les inspections.

Selon les autorités, ces réformes s’inscrivent dans un programme plus large de modernisation des procédures aéroportuaires, intégrant des systèmes d’information avancée sur les passagers (API) et des outils d’analyse des données voyageurs (PNR) afin d’améliorer les contrôles basés sur le renseignement tout en fluidifiant les déplacements. Accra a aussi confirmé la gratuité des visas électroniques pour plusieurs voyageurs africains et l’extension prochaine du système numérique aux permis de travail et de résidence.

Ces investissements interviennent dans un contexte de forte progression du trafic aérien au Ghana. Selon les chiffres communiqués par les autorités aéroportuaires, le nombre de passagers est passé de 1,8 million en 2022 à 2,5 millions en 2025, soit une hausse d’environ 39 % en trois ans dans cet aéroport. Cette croissance exerce une pression accrue sur les infrastructures existantes, notamment aux heures de pointe où les congestions affectent l’enregistrement, l’immigration, les contrôles de sécurité et la gestion des bagages. Pour accompagner cette montée en charge, le pays prévoit également l’extension de la piste de l’aéroport de Kumasi, la construction d’une nouvelle tour de contrôle à Accra et le développement de nouveaux aéroports régionaux.

Le Ghana rejoint ainsi plusieurs pays africains qui investissent massivement dans les infrastructures aéroportuaires intelligentes et la numérisation des services frontaliers. Le Maroc, le Rwanda, l’Éthiopie ou encore le Kenya ont multiplié ces dernières années les projets liés aux contrôles biométriques, aux plateformes numériques de voyage et aux technologies destinées à fluidifier les flux de passagers. Dans un contexte de concurrence croissante entre hubs régionaux africains, la qualité de l’expérience aéroportuaire devient progressivement un critère stratégique pour attirer compagnies aériennes, investisseurs, touristes et événements internationaux.

Pour Accra, l’enjeu dépasse la seule modernisation technologique. Les autorités veulent renforcer le positionnement du Ghana comme porte d’entrée régionale pour l’Afrique de l’Ouest et soutenir l’attractivité du pays auprès des entreprises internationales. La simplification des formalités migratoires, l’amélioration des infrastructures et la numérisation des services publics sont également perçues comme des leviers pour accompagner la montée en puissance des échanges commerciaux continentaux dans le cadre de la Zone de libre‑échange continentale africaine (ZLECAf).

Samira Njoya

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Le numérique s’impose désormais comme un levier stratégique pour la population africaine, en particulier pour la jeunesse. Toutefois, pour en tirer pleinement parti, l’enjeu central reste la formation et le développement des compétences adaptées aux besoins du marché.

Le gouvernement nigérian a signé un accord de partenariat avec l’edtech américaine Coursera afin de doter les jeunes de compétences numériques compétitives à l’échelle mondiale. Baptisée « Digital Training Academy (DTA) », cette initiative s’inscrit dans les efforts du pays pour accélérer la formation aux métiers du numérique.

Le partenariat a été signé par Maruf Tunji Alausa (photo, à droite), ministre de l’Éducation du Nigeria, la semaine dernière, en marge de l’édition 2026 du Forum mondial de l’éducation qui s’est tenu à Londres, au Royaume-Uni.

« Grâce à ce programme, les jeunes Nigérians recevront une formation de haut niveau dans des domaines très demandés tels que l’intelligence artificielle, la science des données, la cybersécurité, le cloud computing, l’ingénierie logicielle, ainsi que d’autres secteurs numériques clés. Ils obtiendront également des certifications reconnues internationalement et valorisées par les employeurs du monde entier », a déclaré M. Alausa dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux le jeudi 21 mai.

Le programme sera mis en œuvre en partenariat avec la National Open University of Nigeria (NOUN) et le Yaba College of Technology (YABATECH), combinant un accès national avec un accompagnement et un mentorat adaptés aux besoins du marché. Dans le cadre de cette initiative, le gouvernement a entièrement financé 36 000 licences Coursera et Pluralsight dès la première année.

La signature de ce partenariat est intervenue quelques jours après l’annonce d’une initiative devant permettre de former 50 000 jeunes aux compétences numériques. L’exécutif, en collaboration avec Ericsson, avait déjà lancé en février 2026 le programme Connect NextGen Innovation Hackathon, une formation numérique intensive de quatre mois destinée à 50 000 jeunes.

En février 2026, Young Advocates for a Sustainable and Inclusive Future, une organisation de la société civile axée sur le développement durable et l’inclusion, a annoncé son intention de former 15 000 jeunes Nigérians issus de milieux défavorisés via la plateforme IBM SkillsBuild.

Ces différentes initiatives dénotent de la volonté des autorités d’autonomiser les jeunes en misant sur le numérique. Cette approche intervient dans un contexte de transformation numérique qui redéfinit progressivement le marché du travail. La Banque mondiale estime par exemple qu’environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Au Nigeria, entre 35 % et 45 % des emplois devraient requérir ce type de compétences sur la période.

Pour rappel, 23 % des Nigérians âgés de 18 à 35 ans étaient sans emploi tout en étant à la recherche d’un travail, selon une enquête d’Afrobarometer publiée en juin 2025. L’étude indique que 32 % de cette tranche d’âge ne recherchait pas de travail.

Isaac K. Kassouwi

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