Tiré par l’essor du mobile gaming et la montée en puissance des compétitions eSport, le marché marocain du jeu vidéo attire de plus en plus les acteurs technologiques. Orange veut se positionner comme un partenaire clé de cette industrie à travers des initiatives dédiées aux talents et aux communautés.

En marge du Morocco Gaming Expo 2026, organisé du mercredi 20 au dimanche 24 mai à Rabat, Orange Maroc a annoncé plusieurs partenariats et initiatives visant à soutenir le développement du gaming et de l’eSport au Maroc. L’opérateur télécom veut renforcer sa présence dans un secteur en forte croissance, porté par l’augmentation des usages numériques et l’intérêt croissant des jeunes pour les compétitions de jeux vidéo et les contenus interactifs.

Parmi les principales initiatives figure le lancement de la « Bourse Orange eSport », développée en partenariat avec la Fédération Royale Marocaine des Jeux Électroniques. Ce programme vise à accompagner cinq associations eSport implantées en dehors des principaux pôles urbains de Casablanca et Rabat afin de favoriser l’émergence de nouveaux talents dans les régions. Orange Maroc a également signé un partenariat avec la Team xProjekt, devenant ainsi le premier opérateur télécom du pays à sponsoriser officiellement une équipe nationale d’eSport. La structure compte aujourd’hui 29 joueurs répartis sur plusieurs disciplines compétitives.

L’opérateur a aussi annoncé de nouvelles initiatives autour de la culture numérique et de la gamification. La Fondation Orange et la journaliste Nadia Larguet ont notamment présenté une version numérisée du jeu « 1001 Questions sur le Maroc », désormais intégrée à l’application MaxIt. À travers ces projets, le groupe cherche à associer gaming, contenus éducatifs et usages mobiles afin de renforcer l’engagement des jeunes publics autour des plateformes numériques.

Cette offensive intervient dans un contexte de forte progression du gaming au Maroc et plus largement en Afrique du Nord. Selon les données du rapport « State of the African Video Game Industry 2026 » de SpielFabrique, publié en janvier 2026, les revenus annuels de ce secteur sont estimés à 227,3 millions USD en 2024 au Maroc. Le pays figure aujourd’hui parmi les marchés africains les plus dynamiques du jeu vidéo, porté par une population jeune, l’essor du mobile gaming et l’amélioration progressive des infrastructures numériques. Le développement de la fibre optique, de la 4G et de la 5G contribue également à accélérer les usages liés aux jeux en ligne, au streaming et aux compétitions eSport.

Ces nouvelles collaborations s’inscrivent dans la stratégie du Maroc visant à structurer une véritable industrie nationale du gaming et de l’eSport. Les autorités marocaines considèrent désormais ce secteur comme un levier de croissance pour l’économie numérique, les industries créatives et l’emploi des jeunes. Le royaume ambitionne de porter le chiffre d’affaires annuel de son industrie du jeu vidéo d’environ 200 millions de dollars actuellement à 3 milliards de dollars d’ici 2030-2032, avec l’objectif de capter près de 1 % du marché mondial du gaming.

Samira Njoya

Lire aussi:

Gaming : le Maroc s’associe à Huawei pour développer son industrie locale

Published in Tech

La commande publique constitue un moteur essentiel de la croissance économique nationale guinéenne. Cette bascule technologique a pour objectif d’harmoniser les pratiques du pays avec les standards de performance des grandes économies africaines.

La Guinée a officiellement lancé, le vendredi 22 mai à Conakry, la plateforme TELEMO, une plateforme numérique destinée à dématérialiser toutes les procédures de passation des marchés publics. Développée dans le cadre d’une coopération avec le Rwanda, cette plateforme vise à moderniser la gestion de la commande publique, renforcer la transparence et réduire les délais administratifs.

« La vision de TELEMO est de mettre en place un système national unique, fiable et sécurisé pour la gestion de la commande publique. Chaque action est tracée et chaque décision enregistrée, ce qui permet une transparence totale. Nous visons aussi l’efficacité et l’inclusion, car la plateforme est ouverte à toutes les entreprises, nationales comme internationales », a déclaré le chef de projet TELEMO, Mouslihou Diallo.

La plateforme permet désormais de gérer de manière entièrement numérique l’ensemble du cycle des marchés publics, de la planification des appels d’offres jusqu’à l’attribution des contrats. Le système centralise la publication des appels d’offres, la réception et l’évaluation des soumissions, le suivi des procédures ainsi que l’archivage sécurisé des données. Le projet entend également faciliter l’accès des PME aux marchés publics via une plateforme en ligne.

Cette opérationnalisation s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des finances publiques et de numérisation de l’administration guinéenne. Selon les chiffres officiels, les marchés publics représentent entre 11 % et 15 % du PIB national, ce qui en fait un levier majeur de l’économie nationale. À l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, la Banque mondiale estime que les marchés publics représentent environ 11,5 % du PIB des pays de la sous‑région, soit un total d’environ 80 milliards de dollars dépensés chaque année en biens, services et travaux.

Pour la Guinée, les enjeux dépassent la simple modernisation administrative. Les autorités misent sur la numérisation de la commande publique pour améliorer l’efficacité de la dépense publique, renforcer l’attractivité du climat des affaires et accroître la participation des entreprises locales aux contrats publics.

Samira Njoya

Lire aussi:

La Guinée lance le 3e pilier du programme Simandou 2040 consacré au numérique

Guinée : Rose Pola Pricemou reconduite pour poursuivre la transformation numérique

Published in Gestion Publique

Engagé depuis plusieurs années dans la numérisation de son administration, le Sénégal veut franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son état civil. Le pays revendiquait déjà plus de 19 millions d’actes numérisés en 2024.

La transformation numérique de l’état civil s’accélère au Sénégal. L’Agence nationale de l’état civil (ANEC) et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) ont signé, vendredi 22 mai à Dakar, une convention de partenariat destinée à moderniser et sécuriser les services d’état civil par la numérisation sur l’ensemble du territoire. Les deux institutions veulent notamment renforcer la gestion des données administratives, améliorer l’accès des citoyens aux documents officiels et lutter contre les fraudes documentaires qui continuent d’affecter plusieurs procédures administratives dans le pays.

Le partenariat prévoit la numérisation progressive des procédures d’état civil, la sécurisation des archives, la modernisation des centres administratifs ainsi que le déploiement d’outils numériques de gestion. Parmi les projets déjà engagés figurent la création d’une base de données centralisée et le déploiement du logiciel de gestion intégré dans plusieurs centres d’état civil. Les autorités misent également sur la plateforme « Sama État civil », qui permet déjà d’effectuer certaines démarches administratives à distance, afin de réduire les déplacements des usagers et accélérer le traitement des demandes.

Cette réforme intervient dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à moderniser leurs systèmes d’identification et de gestion des données civiles. Selon l’UNICEF, près de 150 millions d’enfants de moins de cinq ans dans le monde ne disposent toujours pas d’enregistrement officiel à la naissance, l’Afrique subsaharienne restant l’une des régions les plus concernées. Au Sénégal, les difficultés liées à l’enregistrement des naissances, à la conservation des archives papier et à l’accès aux documents administratifs continuent de compliquer l’accès de nombreuses populations à certains services publics, notamment dans les zones rurales.

À travers cette réforme, les autorités sénégalaises cherchent aussi à renforcer la fiabilité des données publiques dans un contexte d’accélération des services administratifs numériques. La modernisation de l’état civil est considérée comme un maillon essentiel de la stratégie numérique nationale, pour améliorer l’identification des citoyens, faciliter l’accès aux services publics et soutenir les futurs projets liés à l’identité numérique et à la numérisation de l’administration.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Le Sénégal a déjà numérisé plus de 19 millions d’actes d’état civil 

Published in Tech

En Côte d’Ivoire, le numérique ne représente encore qu’environ 6 % du PIB, mais le gouvernement ambitionne de porter cette contribution à 15 % d’ici 2030. Dans cette dynamique, le pays multiplie les initiatives destinées à renforcer les compétences numériques et soutenir l’innovation.

Orange Côte d’Ivoire et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) entendent accélérer l’inclusion numérique et l’employabilité des jeunes à travers un nouveau partenariat axé sur la formation et l’entrepreneuriat digital. Les deux parties ont officialisé le jeudi 21 mai cette coopération à travers un protocole d’accord signé à Abidjan.

L’accord prévoit le déploiement conjoint de programmes de formation aux compétences numériques, en mettant l’accent sur les jeunes femmes et les populations vulnérables. Les initiatives porteront également sur l’accompagnement des start‑up et le développement de pôles d’innovation, en s’appuyant notamment sur les infrastructures d’Orange Digital Center, le dispositif d’accompagnement entrepreneurial du groupe télécom.

En dehors d’Abidjan, les partenaires annoncent vouloir étendre ces programmes dans plusieurs zones rurales et localités moins couvertes par les dispositifs de formation technologique. L’objectif affiché est de réduire les disparités d’accès aux compétences numériques dans un pays où la transformation numérique progresse, mais demeure largement concentrée dans les grands centres urbains.

Cette initiative intervient dans un contexte où la question des compétences numériques devient stratégique pour l’économie ivoirienne. Le Projet d’accélération digitale en Côte d’Ivoire (PADCI) prévoit notamment le développement de compétences numériques avancées et intermédiaires, en ciblant prioritairement les jeunes et les femmes. Les autorités ivoiriennes ambitionnent par ailleurs de porter la contribution du numérique à 15 % du PIB d’ici 2030, contre environ 6 % actuellement, en s’appuyant sur le développement des infrastructures, des services digitaux et du capital humain.

Pour Orange Côte d’Ivoire, ce partenariat s’inscrit dans une stratégie plus large de développement de services à valeur ajoutée autour de l’éducation numérique et de l’innovation. L’opérateur, qui revendique plus de 35 millions de clients à travers ses activités en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Liberia, multiplie depuis plusieurs années les initiatives liées à la formation aux métiers du numérique, du codage et de l’accompagnement des entrepreneurs technologiques.

Du côté du Programme des Nations unies pour le Développement, cette coopération s’aligne sur les programmes visant à utiliser le numérique comme levier de réduction des inégalités et d’insertion économique. Les deux partenaires entendent ainsi soutenir l’émergence d’un écosystème numérique plus inclusif, capable de répondre aux besoins croissants du marché du travail ivoirien.

Samira Njoya

Lire aussi:

Orange déploie un nouvel axe sous-marin afin de renforcer la liaison Afrique – Europe 

Published in Actualités

Le Kenya poursuit le développement de son secteur spatial. Le pays dispose depuis 2023 d’un satellite d’observation de la Terre, dénommé Taifa-1.

Le Kenya explore un partenariat avec la société kazakhe Ghalam LLP, dans le domaine spatial. Le pays souhaite notamment tirer parti de l’expertise de cette entreprise, spécialisée dans le développement de véhicules spatiaux et dans la fabrication de composants. Le président William Ruto s’est rendu dans les locaux de Ghalam LLP lors de sa visite d’État au Kazakhstan, les mardi 19 et mercredi 20 mai.

Selon lui, le partenariat envisagé vise principalement à accélérer le développement du jeune programme spatial kényan, centré à Malindi. Ce rapprochement survient dans un contexte où le pays est-africain cherche à « étendre ses connaissances et ses capacités spatiales afin de renforcer la collecte de données précises, d’améliorer la recherche et de soutenir une planification et un développement nationaux éclairés ». Il mise sur la coopération internationale pour atteindre cet objectif.

Depuis le début de l’année, le Kenya a multiplié les rapprochements dans le domaine spatial, notamment avec la Chine, l’Inde, l’Italie, les Etats-Unis et l’Allemagne. Avec cette dernière, les discussions ont notamment porté sur plusieurs axes de coopération, dont l’observation de la Terre, l’innovation et l’incubation d’entreprises, le renforcement des capacités, ainsi que l’utilisation des technologies spatiales au service du développement socio-économique.

Par ailleurs, le Kenya s’est associé à l’Egypte et à l’Ouganda pour lancer le programme « ClimCam », une initiative régionale axée sur l’observation climatique et les applications environnementales.

Un levier de développement socio-économique

Les autorités kényanes considèrent les technologies spatiales comme un levier de développement socio-économique dans plusieurs secteurs. Dans l’agriculture, par exemple, l’Agence spatiale kényane (KSA) souligne leur rôle central dans l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la productivité.

L’utilisation d’images satellites permet de suivre l’état et la santé des cultures, de détecter précocement les anomalies et de faciliter des interventions rapides. Ces données servent également à la cartographie des cultures, au suivi de leur croissance et à l’estimation des rendements, afin d’anticiper les risques liés à la sécurité alimentaire.

L’observation de la Terre contribue aussi à la surveillance de l’humidité des sols pour optimiser l’irrigation, à l’évaluation des pâturages et à l’analyse de la végétation pour anticiper les sécheresses. Les technologies de télé-détection permettent enfin d’estimer la teneur des sols en nutriments, afin d’améliorer le ciblage et l’efficacité de l’utilisation des engrais.

Dans le domaine de la santé, la KSA met en avant le potentiel des technologies spatiales pour renforcer les systèmes de soins. Les satellites favorisent notamment le développement de la télémédecine en étendant la connectivité numérique vers les zones reculées, permettant ainsi l’accès à des services médicaux, à des expertises et à des données sanitaires.

Les données satellitaires sont également utilisées pour surveiller les facteurs environnementaux influençant la santé publique, tels que les vecteurs de maladies et la qualité de l’eau. Elles contribuent enfin à l’évaluation de l’impact des urgences sanitaires et des catastrophes naturelles, afin de faciliter des réponses plus rapides et mieux coordonnées.

Isaac K. Kassouwi

Edité par : Feriol Bewa 

Lire aussi: Le Kenya lancera Taifa-1, son premier satellite opérationnel, le 10 avril

Published in Tech

Face à la hausse des usages numériques, le Maroc poursuit la modernisation de son administration. Les autorités préparent le déploiement de nouveaux services en ligne destinés à simplifier le renouvellement des cartes nationales d’identité et renforcer l’efficacité des démarches publiques.

Le Maroc poursuit la modernisation de ses services administratifs avec la mise en ligne progressive de nouvelles procédures liées à la carte nationale d’identité électronique (CNIE). La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a annoncé, lors de ses Journées Portes Ouvertes organisées du lundi 18 au vendredi 22 mai à Rabat, le lancement prochain de plusieurs services numériques destinés à simplifier les démarches administratives des citoyens et réduire l’affluence dans les centres d’enregistrement. La principale nouveauté concerne le renouvellement de la carte d’identité électronique. Les usagers dont la CNIE arrive à expiration pourront désormais engager une partie importante de la procédure à distance via les plateformes numériques de la DGSN, notamment le portail Epolice.ma et le site cnie.ma. Le dispositif permettra de préremplir les demandes, transmettre certains justificatifs administratifs, suivre le traitement du certificat de résidence et régler les frais de timbre par voie électronique avant le passage final dans les services compétents pour la validation biométrique.

Les autorités marocaines présentent cette évolution comme une étape supplémentaire dans la stratégie nationale de transformation numérique des services publics. Selon la commissaire divisionnaire Loubna Kikou, citée par l’agence MAP, cette réforme vise à réduire les déplacements inutiles des citoyens et à accélérer le traitement des dossiers, notamment durant les périodes de forte demande comme les vacances estivales.

Le projet prévoit également le lancement d’une version numérique de la carte d’identité accessible depuis l’application mobile « Mon e‑ID ». Cette carte numérique doit permettre aux citoyens de disposer d’une copie sécurisée de leur document d’identité sur smartphone, y compris sur des appareils ne disposant pas de la technologie NFC. La DGSN indique par ailleurs avoir renforcé les mécanismes de cybersécurité afin de protéger les données personnelles et sécuriser les échanges numériques liés aux procédures administratives.

Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de numérisation de l’administration marocaine engagé ces dernières années. Le royaume a multiplié les plateformes numériques dans plusieurs secteurs, notamment la justice, les services fiscaux, l’état civil ou encore les démarches liées aux entreprises. Le Maroc figure parmi les pays africains les plus avancés en matière d’e‑gouvernement. Selon le rapport « UN E‑Government Survey » des Nations unies, le pays affichait en 2024 un indice de développement de l’e‑gouvernement (EGDI) de 0,6841, le plaçant parmi les administrations numériques les plus avancées du continent africain et au 90e rang mondial. Les autorités marocaines cherchent également à accompagner la hausse des usages numériques dans le pays. D’après l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), rapport publié en juin 2025, le Maroc comptait 39,9 millions d’abonnements Internet à fin mars 2025, avec un taux de pénétration supérieur à 108 %. Dans ce contexte, la dématérialisation des procédures d’identité apparaît comme un enjeu stratégique pour fluidifier les relations entre l’administration et les citoyens tout en renforçant la sécurité des services publics numériques.

Samira Njoya

Lire aussi:

Le Maroc digitalise le suivi des véhicules de transport  

Published in Tech

Paiement des impôts en ligne, demandes de passeport dématérialisées, etc. le continent accélère la numérisation des services publics pour moderniser ses administrations et améliorer la relation avec les citoyens. Mais derrière les progrès affichés, le continent avance encore à plusieurs vitesses.

Les plateformes unifiées de services publics gagnent progressivement du terrain en Afrique. Inspirés des modèles d’e‑gouvernement développés en Europe, en Asie ou au Moyen‑Orient, plusieurs pays africains accélèrent désormais la centralisation de leurs démarches administratives sur des portails numériques uniques. L’objectif est de simplifier l’accès des citoyens aux services publics, réduire les délais administratifs et améliorer l’efficacité des administrations dans un contexte de forte progression des usages numériques.

Des exemples concrets... 

Cette dynamique s’est récemment renforcée dans plusieurs pays du continent. Le Burkina Faso a lancé récemment une nouvelle plateforme centralisée de services publics numériques destinée à regrouper progressivement différentes démarches administratives en ligne. À ce stade, la plateforme propose déjà 1672 fiches pratiques, 95 procédures dématérialisées et mobilise 183 institutions publiques.

Le Sénégal accélère également le développement de ses services numériques à travers le « New Deal Technologique », avec l’ambition de connecter davantage les administrations et de faciliter l’accès aux procédures administratives en ligne. Le pays a aussi lancé en mars dernier son guichet unique de services publics baptisée « e‑Sénégal ».

Le Rwanda reste l’un des modèles les plus avancés du continent avec la plateforme Irembo, qui donne accès à plusieurs centaines de services administratifs, allant des actes d’état civil aux demandes de permis ou aux paiements publics.

D’autres pays africains ont également multiplié les initiatives ces dernières années. Le Kenya a développé le portail eCitizen, devenu l’un des principaux points d’accès aux services administratifs numériques du pays. Au Bénin, les autorités ont renforcé le portail national de services publics permettant d’effectuer en ligne certaines démarches liées aux documents administratifs ou aux services fiscaux. Le pays indique avoir délivré plus de 10,5 millions de documents numériques en 2025 et précise que 75 % des services publics sont désormais accessibles en ligne.

Une progression encore très inégale sur le continent 

Cette accélération intervient dans un contexte où les États africains cherchent à moderniser leurs administrations et à améliorer la qualité des services publics. Selon le rapport « UN E‑Government Survey 2024 » publié par l’Organisation des Nations unies (ONU), l’indice africain de développement de l’e‑gouvernement (EGDI) est passé de 0,4054 en 2022 à 0,4247 en 2024, soit une progression de 4,8 %. Le continent affiche ainsi la deuxième plus forte progression mondiale après l’Asie.

Mais derrière cette progression continentale, les écarts restent importants entre les pays. Des États comme le Rwanda, l’Afrique du Sud, Maurice ou encore le Maroc figurent parmi les administrations numériques les plus avancées du continent grâce à des investissements soutenus dans les infrastructures et les services publics en ligne. À l’inverse, plusieurs pays accusent encore des retards importants dans la centralisation numérique des services administratifs.

Le Cameroun, par exemple, reste confronté à une forte fragmentation de ses plateformes publiques, avec de nombreuses démarches encore largement manuelles malgré plusieurs projets de transformation numérique lancés ces dernières années. D’autres pays comme le Tchad, la République centrafricaine ou le Soudan du Sud demeurent freinés par des déficits d’infrastructures télécoms, une faible connectivité Internet et des capacités administratives limitées. Dans certains cas, les plateformes existantes restent peu utilisées par les citoyens en raison du manque d’interopérabilité entre administrations ou de la faible numérisation des procédures internes.

La sécurité et la confiance constituent désormais des enjeux majeurs 

Les enjeux autour des plateformes unifiées dépassent désormais la simple modernisation administrative. Pour les gouvernements, ces outils permettent aussi d’améliorer la collecte des recettes publiques, de renforcer la transparence des procédures, de limiter certaines formes de corruption administrative et de faciliter les interactions entre l’État, les citoyens et les entreprises.

La question de la sécurité et de la fiabilité des données devient également centrale, alors que les administrations africaines gèrent un volume croissant d’informations sensibles liées à l’identité, à la fiscalité ou aux services sociaux. Les États doivent notamment renforcer leurs capacités en cybersécurité afin de protéger les plateformes publiques contre les risques de fraude, de piratage ou de fuite de données personnelles.

Samira Njoya

Lire aussi:

Tunisie : 20 projets numériques achevés au premier trimestre sur un total de 192

Published in Tech

Portée par la montée en puissance de l’IA et des infrastructures numériques, la transformation numérique africaine attire de nouveaux acteurs technologiques. Yango Tech fait son entrée sur le continent avec l’ambition de soutenir la modernisation des entreprises et institutions.

Le groupe technologique Yango Group a annoncé le lancement de sa branche B2B, Yango Tech, sur plusieurs marchés africains, avec une offre axée sur l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques et la transformation digitale des organisations. Déjà connu en Afrique pour ses services de mobilité et de livraison, le groupe veut désormais se positionner sur le marché des solutions technologiques destinées aux entreprises, aux villes et aux institutions publiques.

L’entreprise veut accompagner les acteurs africains dans l’automatisation de leurs opérations et la modernisation de leurs systèmes numériques, notamment dans les secteurs de la santé, des transports, du commerce, de la finance et des services publics. Son offre comprend des plateformes basées sur l’IA générative, des outils de gestion intelligente des données, des solutions de mobilité urbaine, ainsi qu’un accompagnement stratégique autour de la gouvernance de l’IA et de la formation des dirigeants. Le groupe veut aussi aider les entreprises à évaluer le retour sur investissement de leurs projets IA et à accélérer le déploiement de services numériques à grande échelle.

Cette offensive intervient dans un contexte de forte progression des usages numériques sur le continent. Selon le cabinet McKinsey, l’intelligence artificielle générative pourrait générer jusqu’à 103 milliards $ de valeur économique par an en Afrique. De son côté, la GSMA estime que l’économie mobile africaine pourrait contribuer à hauteur de 270 milliards $ au PIB continental d’ici 2030, portée par l’essor des services numériques, du cloud et des technologies basées sur l’IA.

Yango Tech s’appuie déjà sur plusieurs projets pilotes lancés hors du continent, notamment dans la gestion intelligente des services d’urgence et les systèmes de suivi en temps réel des ambulances en Asie centrale. En Afrique, le groupe a amorcé ses premiers déploiements au Mozambique et en Afrique du Sud avant d’élargir progressivement sa présence à d’autres marchés africains jugés stratégiques. L’entreprise rejoint ainsi une liste croissante d’acteurs technologiques internationaux cherchant à se positionner sur le marché africain de l’IA, où la demande en automatisation, en analyse de données et en infrastructures numériques connaît une accélération rapide.

Le déploiement de Yango Tech reflète également la compétition croissante autour du marché africain de l’IA et des infrastructures numériques. Malgré des déficits persistants en connectivité, en capacités de calcul et en compétences spécialisées, les besoins des entreprises et des administrations en solutions d’automatisation et d’analyse de données progressent rapidement. Cette dynamique attire de plus en plus d’acteurs internationaux désireux de se positionner sur un marché encore émergent mais à fort potentiel.

Samira Njoya

Lire aussi:

 Côte d’Ivoire : Yango lance un service de prêt numérique pour ses chauffeurs

Published in Tech

En Côte d’Ivoire, le secteur agricole contribue à hauteur de 15 % du PIB et emploie environ 46 % de la population active. Face aux défis liés à la productivité, à la traçabilité des cultures et aux effets du changement climatique, le pays veut accélérer la transformation numérique du secteur.

La Côte d’Ivoire veut renforcer la digitalisation de son agriculture. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a reçu le mardi 19 mai à Abidjan une délégation de Huawei Côte d’Ivoire conduite par son directeur général par intérim, Benoît Wu. Les échanges ont porté sur le projet « Smart Agriculture », lancé en 2023 lors du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA), destiné à moderniser les pratiques agricoles grâce aux technologies numériques.

Le projet prévoit notamment le déploiement d’une plateforme numérique capable de cartographier les parcelles agricoles, suivre l’évolution des cultures et fournir aux exploitants des données sur les intrants, les rendements ou encore les conditions météorologiques. Les autorités estiment que ces outils pourraient contribuer à améliorer la productivité agricole, renforcer le suivi des exploitations et faciliter la prise de décision des producteurs face aux aléas climatiques.

Le ministre Bruno Koné a donné un accord de principe pour accompagner l’initiative, qu’il considère comme un levier stratégique pour accélérer la modernisation du secteur agricole ivoirien. Le gouvernement souhaite également établir une coopération plus étroite avec Huawei Côte d’Ivoire afin de soutenir le déploiement opérationnel du projet sur le territoire national.

Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs pays africains accélèrent la numérisation de leur agriculture afin d’améliorer les rendements et la résilience du secteur. En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou, les enjeux de traçabilité et de collecte de données agricoles prennent une importance croissante, notamment avec les nouvelles exigences environnementales imposées par certains marchés internationaux comme l’Union européenne. Plusieurs programmes de géolocalisation des plantations et de suivi numérique des chaînes agricoles sont déjà en cours dans la filière cacao.

Au‑delà de la modernisation des exploitations, les autorités ivoiriennes misent également sur le numérique pour renforcer la sécurité alimentaire, améliorer l’accès des producteurs aux informations agricoles et soutenir la transformation structurelle du secteur. Le gouvernement considère désormais les technologies numériques comme un outil clé pour accompagner la compétitivité de l’agriculture ivoirienne et attirer davantage d’investissements dans les chaînes de valeur agricoles.

Samira Njoya

Lire aussi:

Côte d’Ivoire : la gestion des déchets industriels dangereux passe au numérique

Published in Tech

Avec la progression du commerce numérique, les acteurs du paiement accélèrent le développement de nouvelles infrastructures financières basées sur la blockchain. Les stablecoins apparaissent comme des outils capables de réduire les coûts et d’améliorer la rapidité des transactions internationales.

PayPal a annoncé, le mercredi 20 mai, l’extension de son stablecoin PayPal USD (PYUSD) à 70 marchés à travers le monde, dont plusieurs pays africains. L’entreprise américaine spécialisée dans les paiements numériques veut permettre aux particuliers et aux entreprises d’effectuer des transferts internationaux plus rapides et à moindre coût grâce à cette monnaie numérique adossée au dollar américain.

Le PYUSD sera directement accessible depuis les comptes PayPal des utilisateurs concernés. Ces derniers pourront acheter, détenir, envoyer ou recevoir des fonds en stablecoin, mais aussi transférer de l’argent vers des portefeuilles numériques tiers ou convertir leurs avoirs en monnaie locale. Pour les entreprises, PayPal met surtout en avant l’accélération des règlements transfrontaliers, avec des délais ramenés à quelques minutes contre plusieurs jours dans les circuits bancaires traditionnels.

« Proposer le PYUSD en Afrique, c’est apporter une valeur tangible aux personnes et aux entreprises qui stimulent la croissance sur ces marchés dynamiques. Les particuliers bénéficient d’un moyen flexible et stable de transférer des fonds plus rapidement, tandis que les entreprises peuvent rationaliser les paiements transfrontaliers, améliorer les délais de règlement et créer de nouvelles perspectives de croissance », déclare Otto Williams, vice‑président principal et directeur général de PayPal pour le Moyen‑Orient et l’Afrique.

Cette initiative intervient dans un contexte de forte croissance des paiements numériques et des transferts transfrontaliers sur le continent africain. Selon la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne reste la région où les coûts des transferts d’argent sont les plus élevés au monde, avec un coût moyen supérieur à 7 % pour l’envoi de 200 dollars. Les stablecoins suscitent ainsi un intérêt croissant auprès des fintech et des acteurs du paiement, qui y voient une alternative aux circuits traditionnels souvent jugés lents et coûteux.

Le lancement du PYUSD à l’international s’inscrit également dans une compétition croissante autour des monnaies numériques adossées au dollar. Depuis son lancement aux États‑Unis en 2023, PayPal cherche à renforcer l’usage de son stablecoin dans le commerce électronique, les transferts internationaux et les services financiers numériques. Selon la plateforme spécialisée Odaily, l’offre de stablecoins a atteint un nouveau sommet, dépassant 323 milliards de dollars, porté notamment par la progression des usages liés aux paiements numériques et aux actifs numériques dans les économies émergentes.

Samira Njoya

Lire aussi:

 Flutterwave intègre les paiements en stablecoins pour ses commerçants en Afrique

Published in Tech
Page 1 sur 177

Please publish modules in offcanvas position.