Les autorités algériennes ont entamé depuis plusieurs années la numérisation des services judiciaires. Plusieurs fonctionnalités sont déjà disponibles, comme la consultation des affaires, le retrait électronique des copies de jugements ou l’accès au casier judiciaire.

Le ministre algérien de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaâ, a annoncé le dimanche 15 février depuis la Cour de Biskra le lancement d’une plateforme numérique permettant aux avocats de demander et retirer en ligne les copies exécutoires des jugements et décisions de justice. L’initiative vise à simplifier les démarches et à réduire les déplacements physiques vers les tribunaux.

La plateforme offre aux avocats la possibilité de déposer leurs demandes de « grosses » issues des juridictions ordinaires et administratives et de récupérer les documents signés électroniquement. Chaque demande est traitée automatiquement et mise à disposition dans un délai maximum de 24 heures. Selon le ministre, ce dispositif contribue à moderniser le fonctionnement des juridictions et à améliorer la réactivité des services destinés aux professionnels du droit et aux justiciables. L’accès se fait via le compte électronique de chaque avocat sur l’interface numérique d’échange de requêtes et de mémoires du ministère.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de digitalisation des services judiciaires en Algérie. Depuis mai 2024, un guichet électronique national permet déjà le suivi des affaires et le retrait des copies simples de jugements et arrêts depuis n’importe quelle juridiction du pays, réduisant délais et déplacements pour les justiciables et leurs avocats.

À l’instar de l’Algérie, plusieurs pays africains ont engagé la modernisation numérique de leurs systèmes judiciaires. Au Maroc, les plateformes numériques permettent aux avocats de déposer des documents électroniquement, de suivre l’avancée des procédures et d’accéder à certains actes comme les extraits de casier ou décisions de justice. Au Rwanda, le système intégré de gestion électronique des dossiers (IECMS) assure la numérisation du dépôt des affaires, le suivi des dossiers et la tenue d’audiences virtuelles, rendant les procédures plus accessibles et transparentes pour les justiciables.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Dans le cadre de sa transformation numérique, le Mozambique a intensifié ces derniers mois les initiatives visant à généraliser l’accès aux TIC, en particulier à Internet. Selon les données de l’UIT, près de 80 % des Mozambicains n’étaient pas connectés en 2024.

La semaine dernière, les autorités ont officiellement lancé le processus d’élaboration de la Stratégie nationale de transformation numérique. Cette feuille de route ambitionne de tirer parti du potentiel géographique, énergétique et démographique du pays, en l’articulant avec les infrastructures numériques publiques pour favoriser un développement inclusif et renforcer la résilience économique.

Le lancement a eu lieu le jeudi 12 février, lors d’une session spéciale organisée dans le cadre de la Conférence nationale sur la transformation numérique, qui s’est déroulée du 11 au 12 février. Selon les autorités, l’élaboration de la stratégie comprendra des consultations régionales et nationales, la définition d’une vision, de priorités et d’indicateurs de performance, la fixation d’objectifs stratégiques et d’un plan d’action, ainsi que la mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation et d’un modèle clair de gouvernance. L’ensemble du processus aboutira à une validation participative.

« Une stratégie conçue et assumée au niveau national, cohérente et pragmatique, pourra servir de base pour mobiliser investissements et soutien international, consolidant la digitalisation comme facilitateur transversal de la transformation économique, de l’inclusion sociale, du développement des infrastructures et de la durabilité environnementale dans le pays », a déclaré Lourino Chemane, président du Conseil d’administration de l’Institut national des TIC (INTIC).

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de transformation numérique accélérée sur le continent africain, où de nombreux pays intègrent les TIC dans tous les secteurs pour soutenir leur développement socio-économique. Dans ce cadre, les autorités mozambicaines multiplient les efforts pour élargir l’accès aux services de téléphonie mobile, dont les taux de pénétration étaient respectivement de 79,9 % pour la téléphonie mobile et de 20,5 % pour l’Internet mobile, selon l’UIT.

Pour rappel, le Mozambique est classé 177ᵉ sur 193 pays à l’Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) 2024 des Nations unies, avec un score de 0,2848 sur 1, inférieur aux moyennes sous-régionale (0,3903), africaine (0,4247) et mondiale (0,6382). En matière de cybersécurité, le pays se situe au troisième palier de l’Indice global de l’UIT en 2024, avec des marges de progression notables dans les domaines légal, technique et du renforcement des capacités.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Le gouvernement tunisien intensifie ses efforts pour transformer l’administration grâce au numérique. Objectif : rapprocher les services publics des citoyens, améliorer la transparence et créer un cadre propice à l’investissement et à l’innovation.

La Tunisie mise sur 192 projets numériques pour accélérer la modernisation de son administration et engager, dès 2026, la digitalisation complète des services publics. L’annonce a été faite à l’issue d’un conseil ministériel consacré au suivi de la transition numérique, tenu le vendredi 13 février au palais de La Kasbah.

Présidant la réunion, la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a souligné que la transformation numérique constitue un pilier du programme économique et social de l’État. Les autorités entendent renforcer les services en ligne, généraliser le paiement électronique et assurer l’interopérabilité entre les structures publiques, dans le cadre du plan de développement 2026-2030.

Selon l’exécutif, cette modernisation vise à simplifier les procédures administratives, réduire les délais de traitement, améliorer la transparence des transactions et soutenir l’attractivité économique du pays. Elle s’inscrit également dans une stratégie de lutte contre la corruption, la fraude fiscale et les pratiques informelles.

Plusieurs projets structurants étaient déjà opérationnels à fin 2025, dont un portail unifié des services administratifs, le timbre fiscal électronique, le paiement à distance de certaines taxes, la première phase du programme d’hôpital numérique ainsi que des plateformes dédiées aux permis de construire et aux démarches administratives en ligne. D’autres initiatives concernent l’interconnexion des services publics et le développement de solutions numériques à destination des citoyens et des entreprises.

Ces avancées s’appuient sur un niveau d’adoption numérique relativement élevé en Tunisie. Selon le « Digital 2026: Tunisia » de DataReportal, environ 84 % de la population utilise Internet, tandis que les connexions mobiles dépassent 125 % de la population, un contexte favorable à l’essor des services publics en ligne.

Les autorités prévoient de prioriser les projets à impact direct sur les usagers et les investisseurs, tout en renforçant les exigences en matière de cybersécurité et de protection des données. Un plan national de communication devrait accompagner ce chantier afin de favoriser l’appropriation des services numériques par les citoyens.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Le secteur de la santé est au cœur des politiques de développement au Maroc. La numérisation des services dans le domaine constitue un levier clé pour en améliorer l’efficacité, réduire les coûts, et moderniser le suivi des patients à l’échelle nationale.

Le Maroc prévoit de lancer dès fin mars 2026 la phase pilote de la feuille de soins électronique (FSE) à Kénitra, selon la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Cette étape vient en prélude à la dématérialisation du traitement des feuilles de soins, dont la généralisation progressive à l’échelle nationale est prévue entre avril et juin, sous réserve de validation des étapes techniques et réglementaires.

La FSE permet notamment aux médecins, pharmaciens et autres professionnels de la santé de transmettre par voie électronique les données relatives aux consultations, examens et prescriptions directement aux organismes d’assurance maladie, sans recourir au dossier papier. Concrètement, chaque prescripteur établit l’ordonnance via son logiciel ou le portail FSE de la CNSS, le patient recevant une prescription comportant un QR code et un numéro FSE unique. Lors de l’exécution des actes, le professionnel n’aura qu’à scanner ce QR code pour accéder au dossier et renseigner les prestations réalisées, assurant ainsi un suivi instantané et sécurisé.

Cette réforme s’inscrit dans un contexte plus large de digitalisation du système sanitaire marocain, visant à améliorer la coordination des soins, à réduire les délais de remboursement et à fiabiliser les données administratives. Elle complète d’autres initiatives comme le Dossier médical partagé (DMP) ou la future carte de santé numérique, qui permettront de centraliser et d’unifier les informations sanitaires pour faciliter l’accès aux soins et générer des économies pour les caisses d’assurance.

Au-delà de la simplification administrative, la FSE prend une dimension stratégique pour l’ensemble du système. Le secteur de la santé représente près de 6 % du PIB marocain, un apport modeste comparé aux pays développés (10 %). Il doit composer avec des coûts administratifs élevés et des délais de remboursement qui pèsent sur les assurés et les professionnels. La FSE permettra de fiabiliser les flux de données, de réduire les contentieux liés aux dossiers papier et de diminuer les coûts de gestion, estimés à plusieurs centaines de millions de dirhams par an pour les caisses d’assurance maladie, tout en modernisant le pilotage et le suivi du système de santé national.

Samira Njoya

Edité par : Feriol Bewa

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L’écosystème entrepreneurial égyptien connaît une dynamique soutenue et gagne en visibilité à l’échelle régionale. Dans ce contexte, le gouvernement entend mieux structurer le secteur et centraliser les données afin de disposer d’indicateurs plus précis sur son évolution.

L’Agence pour le développement de l'industrie des technologies de l'information (ITIDA) a procédé, le jeudi 12 février au Caire, au lancement officiel de la version remaniée de la plateforme « Egypt Innovate », présentée comme la première plateforme numérique nationale entièrement intégrée dédiée à l’innovation et à l’entrepreneuriat. L’annonce est intervenue en marge du salon AI Everything Middle East & Africa, organisé au Centre international des expositions d’Égypte, en présence de délégations issues de plus de 30 pays.

La plateforme est développée et exploitée par un consortium conduit par Entlaq, en partenariat avec Robusta et Kamelizer. Cette alliance public-privé ambitionne de structurer un point d’accès unifié reliant start-up, investisseurs, universités, centres de recherche et institutions publiques au sein d’un même environnement numérique.

Selon Ahmed ElZaher, PDG de l’ITIDA, cette nouvelle version s’inscrit dans la stratégie nationale visant à bâtir une économie fondée sur la connaissance, en s’appuyant sur la donnée et les technologies avancées pour soutenir une croissance durable . La plateforme entend faciliter l’accès au financement grâce à une base de données dynamique présentant les modèles économiques et propositions de valeur des jeunes entreprises, tout en renforçant la visibilité de l’écosystème égyptien à l’échelle régionale et internationale.

Un accent particulier est mis sur la production de contenus spécialisés en langue arabe, considérée comme un levier d’inclusion numérique et de montée en compétences locales. Les autorités estiment que la disponibilité de ressources techniques et entrepreneuriales dans la langue maternelle des porteurs de projets contribue à élargir l’accès aux opportunités et à consolider le positionnement de l’Égypte comme pôle régional d’innovation.

Au terme de sa phase pilote, « Egypt Innovate » fédère 780 entités – start-up, investisseurs, incubateurs et centres de recherche – et héberge plus de 3700 contenus sectoriels. La communauté compte également plus de 81 000 utilisateurs inscrits, ainsi qu’un réseau d’experts mobilisés pour accompagner les entrepreneurs.

Sur le plan fonctionnel, la plateforme intègre des outils reposant sur la donnée et l’intelligence artificielle, dont un assistant numérique, une cartographie interactive de l’écosystème, un système de mise en relation automatisé entre start-up et investisseurs, ainsi qu’un centre d’apprentissage proposant formations, mentorat et simulations entrepreneuriales. Un mécanisme d’auto-vérification des données, fondé sur la mise à jour directe par les entités concernées, vise à garantir la fiabilité et l’actualisation des informations publiées.

Elle s’ajoute aux multiples dispositifs déjà déployés pour structurer et financer l’écosystème entrepreneurial égyptien, qui s’impose comme l’un des plus dynamiques de la région. En 2025, les start-up locales ont levé près de 614 millions de dollars en capital-risque et en financement par emprunt, selon le ministère égyptien de la Planification, du Développement économique et de la Coopération internationale. Ce montant illustre l’appétit croissant des investisseurs.  Dans ce contexte, « Egypt Innovate » ambitionne de renforcer la coordination entre acteurs et de fluidifier l’accès aux opportunités de financement dans un marché en pleine maturation.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Engagé dans une modernisation progressive de son administration, le Mali multiplie les initiatives numériques pour simplifier l’accès aux services publics. La mise en ligne de nouveaux documents officiels s’inscrit dans cette stratégie visant à renforcer l’efficacité de l’État et l’accessibilité des démarches administratives.

Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a participé le mardi 10 février aux côtés du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué, au lancement officiel de la délivrance en ligne du casier judiciaire et du certificat de nationalité. Désormais, les citoyens peuvent effectuer leurs demandes et recevoir ces documents administratifs via des plateformes numériques dédiées, sans avoir à se déplacer physiquement.

Les demandes sont accessibles à travers deux portails distincts : casiercasier.gouv.ml pour le casier judiciaire et nationalitenationalite.gouv.ml pour le certificat de nationalité. Le dispositif permet aux usagers de soumettre leurs requêtes et d’en suivre l’avancement en ligne. La plateforme a été développée dans le cadre d’une collaboration entre le ministère chargé du Numérique, à travers l’Agence des technologies de l’information et de la communication (AGETIC), et le ministère de la Justice.

Cette mise en ligne s’ajoute à une série d’initiatives numériques déployées par les autorités maliennes ces derniers mois. Des solutions ont notamment été présentées à la Primature dans les secteurs des Transports, de la Santé et de l’Administration territoriale. Elles viennent renforcer des dispositifs déjà opérationnels, tels que les plateformes dédiées aux Maliens de la diaspora pour l’obtention de documents administratifs, les systèmes informatisés de gestion des dossiers judiciaires ou encore les projets de numérisation des services consulaires.

Au-delà de ces avancées sectorielles, le Mali cherche à améliorer sa performance globale en matière de gouvernance numérique. Selon l’Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) 2024 des Nations unies, le pays affiche un score de 0,3005 sur 1, le plaçant au 173ᵉ rang sur 193 États. Un niveau inférieur à la moyenne africaine (0,4247), qui souligne les progrès réalisés dans l’offre de services en ligne, mais aussi les défis persistants liés aux infrastructures et aux compétences numériques.

La dématérialisation du casier judiciaire et du certificat de nationalité élargit le portefeuille de services publics accessibles en ligne. Elle soulève néanmoins des défis en matière de cybersécurité, de protection des données personnelles et d’appropriation effective par les usagers, notamment dans les zones éloignées des centres urbains.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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L’adoption des services de téléphonie mobile, d’Internet et de mobile money s’accélère en Afrique. Cette dynamique favorise toutefois la multiplication des cas de cybercriminalité, entraînant des pertes estimées à plusieurs milliards de dollars.

La Direction générale de la police du Sénégal (DGPN) a procédé, le jeudi 12 février, au lancement officiel de la plateforme de signalement des infractions cybercriminelles. Accessible via signalementcyber.dgpn.sn, cette initiative vise à faciliter la dénonciation et le suivi des actes de cybercriminalité, en pleine progression. Un accent particulier est mis sur la protection des enfants en ligne.

La plateforme permet de signaler, de manière sécurisée et confidentielle, une large gamme d’infractions numériques. Il s’agit notamment des escroqueries, de la diffusion non autorisée de contenus, de la diffusion de contenus obscènes, du harcèlement en ligne, de la diffamation, de l’extorsion numérique, de la cyberpédopornographie, des contenus haineux, de l’intrusion dans un système informatique, du piratage de comptes, de l’usurpation d’identité, du SIM Swap, de l’escroquerie sentimentale, des faux investissements, des arnaques mobile money, de l’accès frauduleux à un compte mobile money, des faux recrutements en ligne, des paiements frauduleux et des fausses ventes en ligne.

« Le dispositif offre aux victimes la possibilité d’effectuer un pré-signalement en ligne avant de formaliser, le cas échéant, une plainte auprès des services compétents, facilitant ainsi l’accès à la justice et la prise en charge rapide des dossiers. Développée en interne par des ingénieurs de la police nationale, la plateforme de signalement en ligne des infractions cybercriminelles constitue un levier majeur de la réforme du secteur public et du renforcement de la police de proximité », a déclaré le directeur adjoint de la police judiciaire, Moustapha Diouf, cité par le média local SocialNetLink.

Ce lancement intervient dans un contexte africain de transformation numérique accélérée, marqué par une adoption croissante des services de télécommunications, d’Internet et des réseaux sociaux. Cette dynamique s’accompagne toutefois d’une recrudescence des infractions en ligne, notamment des arnaques financières et des atteintes aux données personnelles. Selon Interpol, les incidents de cybersécurité sur le continent auraient entraîné des pertes financières estimées à plus de 3 milliards USD entre 2019 et 2025.

Au Sénégal, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de la cybersécurité, considérée comme une condition indispensable pour tirer pleinement profit de la transformation numérique, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT). Dans son Indice mondial de cybersécurité 2024, l’organisation classe le pays au troisième palier, avec des performances jugées satisfaisantes en matière de cadre réglementaire, de mesures techniques et de coopération. Des efforts restent toutefois à fournir dans le développement des capacités et le renforcement des mesures organisationnelles.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Comme de nombreux pays africains, le Zimbabwe mise sur les TIC pour son développement socio-économique. Le pays compte sur la coopération régionale et internationale pour réaliser ses objectifs.

Le gouvernement zimbabwéen explore de nouvelles pistes de collaboration avec l’UNESCO dans les domaines de l’intelligence artificielle (IA), de la transformation numérique et de la gouvernance numérique. Cette coopération a été au cœur d’une réunion le mardi 10 février entre la ministre des TIC, Tatenda Mavetera (photo, au centre), et Tawfik Jelassi, directeur général adjoint de l’UNESCO pour la communication et l’information.

« Nos discussions ont porté sur l’intelligence artificielle et les cadres nationaux de politique, la transformation numérique dans le secteur public, la régulation et la gouvernance des plateformes, ainsi que le développement des compétences numériques pour les jeunes et les adultes », a déclaré M. Jelassi.

De son côté, Mme Mavetera a mis en avant le rôle transformateur de l’IA et des technologies émergentes dans le fonctionnement du gouvernement et le développement national. Elle a souligné l’importance de la recherche, de l’innovation et de la collaboration avec les institutions académiques et techniques pour favoriser des solutions technologiques durables.

Ce rapprochement s’inscrit dans le cadre des ambitions de transformation numérique des autorités zimbabwéennes. À travers le « Plan directeur Smart Zimbabwe 2030 », le gouvernement souhaite intégrer pleinement les TIC dans l’ensemble de la société et dans tous les secteurs de l’économie afin de favoriser un développement socio-économique rapide et durable. Le plan cite une étude de l’Union internationale des télécommunications (UIT) indiquant qu’une augmentation de 10 % du score de numérisation d’un pays entraîne une hausse de 0,75 % de son PIB par habitant.

Dans cette stratégie, l’intelligence artificielle est considérée comme un catalyseur essentiel, promettant d’accroître l’efficacité, de stimuler l’innovation et d’améliorer les services dans des secteurs allant de l’agriculture et la santé à l’éducation et l’administration publique. C’est précisément autour de l’IA que se concentre la collaboration récente avec l’UNESCO, qui a participé à l’élaboration de la stratégie nationale du Zimbabwe et à l’évaluation de l’état de préparation du pays pour l’IA.

Le rapport d’évaluation publié en juillet 2025 souligne toutefois que, pour exploiter pleinement le potentiel de l’IA, le Zimbabwe doit mettre en place une stratégie nationale complète, accompagnée d’un plan visant à gérer les principaux défis et risques. Ceux-ci incluent la domination étrangère, notamment par l’imposition culturelle, la perte d’autonomie humaine, ainsi que les limites de financement, d’infrastructures techniques et de capacités de recherche, aggravées par l’émigration de talents hautement qualifiés, connue sous le nom de « fuite des cerveaux ».

Actuellement, le Zimbabwe occupe la 149ᵉ place sur 193 pays dans l’indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, avec un score de 0,4481 sur 1, en dessous de la moyenne mondiale de 0,6382.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Le Maroc se distingue comme l’un des pays africains les plus avancés dans la numérisation des services publics. Avec plus de 600 services en ligne et une population fortement connectée, le royaume accélère l’inclusion numérique et modernise ses interactions entre citoyens, entreprises et administrations.

Le Maroc accélère la structuration de son écosystème d’e-gouvernement. Huit mémorandums d’entente ont été signés mardi 10 février à Rabat pour lancer la phase opérationnelle du projet « Idarati X.0 », une méta-application appelée à devenir le point d’entrée unifié des services publics numériques.

Porté par le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, en coordination avec la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), le projet ambitionne de structurer un véritable écosystème autour d’un wallet numérique national. Cette brique centrale permettra aux citoyens d’accéder, via une interface unique, à plusieurs services administratifs, en s’appuyant sur la carte nationale d’identité électronique (CNIE) comme socle d’authentification.

Les conventions signées engagent notamment le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, le ministère du Transport et de la Logistique, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) ainsi que l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC). D’autres administrations sont également parties prenantes, traduisant une approche transversale fondée sur l’interopérabilité des systèmes.

Pensée comme une méta-application, Idarati X.0 ne se limite pas à agréger des services existants. Elle vise à repenser l’architecture des parcours usagers, à réduire la fragmentation des plateformes publiques et à centraliser les interactions entre l’administration et les citoyens. Le projet doit se déployer en quatre phases — du benchmark initial au chiffrage des investissements (Capex) et des coûts d’exploitation (Opex) — pour une durée estimée à six mois.

La question de la protection des données constitue un axe structurant du dispositif. Les autorités mettent en avant une approche fondée sur les principes de « privacy by design » et de « security by design », intégrant les exigences de conformité réglementaire et de cybersécurité dès la phase de conception technique. La CNDP est associée au processus afin d’assurer l’alignement du projet avec les standards nationaux en matière de confidentialité et de gouvernance des données.

Ce chantier s’inscrit dans la continuité de la stratégie « Maroc Digital 2030 », qui ambitionne d’accélérer la dématérialisation des procédures, de renforcer l’inclusion numérique et d’améliorer la qualité des services publics. En 2024, 600 services publics étaient déjà en ligne : 300 pour les citoyens, 200 pour les entreprises et 100 pour les administrations. Cette dynamique place le Maroc parmi les pays leaders en Afrique en matière de transformation numérique. Le royaume est classé 90ᵉ mondial et 4ᵉ en Afrique à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, avec un score de 0,6841 sur 1, supérieur aux moyennes africaine et mondiale.

Le contexte numérique marocain est particulièrement favorable à ce type d’initiative. Selon DataReportal, le royaume comptait plus de 35,3 millions d’internautes à la fin de 2025, soit un taux de pénétration d’environ 92 % de la population, tandis que le nombre de connexions mobiles dépassait 54,9 millions, traduisant une adoption massive du mobile et de l’accès Internet à large échelle.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Les autorités misent sur la transformation numérique pour soutenir la montée en compétence des populations. En janvier, elles avaient lancé des formations en IA obligatoires pour tous les fonctionnaires.

Le gouvernement rwandais s’associe à la société technologique américaine Oracle pour lancer une initiative nationale de développement des compétences numériques. Un protocole d’accord signé entre les deux parties a été annoncé le mardi 10 février.

Selon Oracle, l’initiative vise à offrir aux Rwandais une formation numérique de haut niveau, alignée sur les standards internationaux et reconnue par l’industrie, à travers ses programmes Oracle Academy et Oracle University. Oracle Academy interviendra au sein des établissements d’enseignement en dotant les enseignants de contenus pédagogiques actualisés, de ressources structurées et d’un accès à des technologies professionnelles, ainsi qu’à divers outils logiciels et dispositifs de perfectionnement, afin de renforcer la qualité de l’enseignement numérique.

De son côté, Oracle University proposera, via un portail e-learning, des formations spécialisées et des certifications reconnues dans des domaines stratégiques tels que le cloud computing, l’intelligence artificielle, l’IA générative, la cybersécurité, la programmation et les processus métier, avec pour objectif de préparer les apprenants aux compétences recherchées sur le marché du travail.

Le programme intervient alors que le Rwanda, à l’instar de nombreux pays africains, a fait de la transformation numérique un levier central de son développement socio-économique. L’Union internationale des télécommunications (UIT) souligne que les compétences numériques constituent un pilier essentiel de la numérisation des économies et un élément désormais central des stratégies nationales de transformation digitale.

Par ailleurs, une étude publiée en octobre 2025 par le ministère des TIC et de l’Innovation (MINICT), en partenariat avec la Digital Cooperation Organisation (DCO), mettait en évidence un décalage entre les compétences recherchées par les employeurs et celles développées dans les universités. Cette inadéquation crée des contraintes pour l’industrie, et les acteurs du secteur privé ont appelé à un renforcement des investissements académiques dans la formation aux métiers du numérique. Les enseignants et professeurs universitaires ont notamment besoin de compétences numériques avancées pour mieux préparer les étudiants aux exigences actuelles et futures du marché du travail.

Selon la Banque mondiale, 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Cette dynamique représente une opportunité majeure dans un contexte rwandais marqué par un chômage élevé : la Banque africaine de développement (BAD) estimait le taux de chômage à 40,2 % en 2023, soulignant que l’inadéquation des compétences en constitue l’une des principales causes. Dans une étude publiée en 2022, la Banque mondiale indiquait également qu’environ 14 % de la population active est sans emploi et ne dispose pas des qualifications requises par le marché. Le chômage des jeunes atteint près de 21 %, et parmi ceux qui travaillent, environ 60 % occupent des emplois peu productifs, notamment dans l’agriculture de subsistance, le commerce de détail ou la construction.

Si la formation est en ligne et complètement gratuite, l’accès réel des populations rwandaises dépendra de plusieurs autres facteurs, notamment l’accès à des appareils numériques (smartphones, tablettes, ordinateurs…) ou encore l’accès à Internet. Selon DataReportal, le pays comptait 5,01 millions d’abonnés à l’Internet fin décembre 2025, pour un taux de pénétration de 34,2 %.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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