Les pays africains misent sur la coopération régionale et internationale pour accélérer la réalisation de leurs ambitions de transformation numérique, considérée comme un levier de développement socio-économique.

L’Afrique du Sud explore une coopération avec les Pays-Bas dans plusieurs domaines du numérique afin de stimuler l’innovation et de renforcer la protection des espaces en ligne. Les deux parties ont signé, à cet effet, un protocole d’accord le mardi 3 mars.

Cette initiative a été actée lors d’une réunion bilatérale entre Mondli Gungubele (photo, à gauche), vice-ministre sud-africain des Communications et des Technologies numériques, et une délégation de l’ambassade des Pays-Bas en Afrique du Sud. Les échanges ont porté sur le développement des compétences numériques, les technologies émergentes, l’intelligence artificielle (IA), la cybersécurité et la protection des enfants en ligne.

Ce rapprochement s’inscrit dans le cadre des efforts des pays africains pour accélérer leur transformation numérique, en intégrant les technologies numériques dans tous les secteurs de l’économie afin de soutenir le développement socio-économique.

L’Afrique du Sud reste toutefois l’un des leaders africains en matière de transformation numérique, notamment dans l’administration publique. Le pays a enregistré un score de 0,8616 sur 1 à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, se classant premier sur 54 pays africains et 40ᵉ sur 193 dans le monde, au-dessus de la moyenne mondiale de 0,6382.

En cybersécurité, l’Union internationale des télécommunications (UIT) classe le pays dans la deuxième catégorie de performance sur cinq. Ses mesures techniques, légales et de coopération sont jugées relativement satisfaisantes, avec le score maximal de 20 sur deux piliers, mais l’organisation souligne la nécessité de renforcer le développement des capacités et les mesures organisationnelles.

Les Pays-Bas, de leur côté, figurent au 10ᵉ rang mondial de l’EGDI 2024 avec un score de 0,9538 sur 1. En matière de cybersécurité, le pays est classé dans la première catégorie, considérée comme modèle à suivre, ayant obtenu le score maximal dans quatre des cinq piliers de l’indice UIT : légaux, techniques, organisationnels et de coopération. Pour le développement des capacités, il a obtenu 19,22 sur 20.

Si ces données illustrent l’expertise potentielle des Pays-Bas pour soutenir les ambitions sud-africaines, il convient de rappeler que les deux parties n’ont signé, pour l’instant, qu’un protocole d’accord. Celui-ci formalise la volonté de coopérer, mais ne garantit pas encore la concrétisation de projets dotés de financements et d’un calendrier clair. Il faudra donc observer les prochaines étapes pour en évaluer la portée réelle.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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La protection des données personnelles constitue un chantier engagé depuis plus d’une décennie au Maroc. Mais l’essor rapide de l’IA et des usages numériques impose un renforcement des mécanismes de coopération et de régulation pour faire face à des risques plus complexes et transfrontaliers.

Le Maroc et le Portugal renforcent leur coordination face aux nouveaux défis du numérique. Les autorités nationales chargées de la protection des données personnelles des deux pays ont signé, le mercredi 25 février à Lisbonne, un mémorandum d’entente destiné à structurer leur coopération institutionnelle.

L’accord a été paraphé au siège de la Commission nationale de protection des données (CNPD) par sa présidente, Paula Meira Lourenço (photo, à droite), et par Omar Seghrouchni (photo, à gauche), président de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP). Le texte établit un cadre opérationnel visant à intensifier l’échange d’expertise technique et le partage d’informations.

IA et violences numériques au cœur des priorités 

La coopération ciblera en priorité les enjeux liés à l’intelligence artificielle, à la manipulation d’images (deepfakes) et aux violences numériques. Ces phénomènes soulèvent des questions croissantes en matière de protection de la vie privée, de sécurité juridique et de régulation des usages numériques. Le mémorandum prévoit également des programmes de formation, des projets éducatifs et un partage de bonnes pratiques en matière de contrôle et d’application des cadres réglementaires, dans un contexte d’évolution rapide des technologies.

Cette initiative intervient alors que les deux pays connaissent une forte dynamique numérique. Au Maroc, le taux de pénétration d’Internet dépasse 92 % fin 2025 selon DataReportal, plaçant le pays parmi les marchés les plus connectés du continent africain. Le Portugal s’est, pour sa part, distingué par un taux élevé d’adoption de l’intelligence artificielle générative, selon une étude récente de Bain & Company. Le pays bénéficie en outre d’une expérience avancée dans l’application du Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne.

Un ancrage dans les réseaux régionaux 

L’accord prévoit l’organisation de réunions bilatérales annuelles afin d’assurer un suivi structuré. Chaque institution mobilisera également ses réseaux internationaux : la CNPD s’appuiera sur le Réseau ibéro-américain de protection des données personnelles (RIPD) et le Réseau lusophone de protection des données personnelles (RLPD). La CNDP marocaine pourra, de son côté, activer le Réseau africain des autorités de protection des données personnelles (NADPA-RAPDP) ainsi que l’Association francophone des autorités de protection des données personnelles (AFAPDP).

Samira Njoya

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De nombreux pays africains misent sur la transformation numérique pour soutenir leur développement socio-économique. Cela passe par l’intégration de technologies comme l’intelligence artificielle dans l’ensemble des secteurs.

Les autorités ghanéennes ont finalisé la stratégie nationale d’intelligence artificielle (IA), récemment validée par le gouvernement. La feuille de route devrait être officiellement lancée dans les prochaines semaines par le président John Dramani Mahama.

 

L’information a été révélée par Samuel Nartey George, ministre de la Communication, de la Technologie numérique et de l’Innovation, dans son intervention lors de la conférence nationale sur la protection des données 2026, tenue le jeudi 26 février.

La stratégie nationale d’IA du Ghana repose sur quatre priorités clés. Elle vise à exploiter et protéger les données nationales, y compris les données génomiques africaines, comme un atout stratégique. Elle prévoit de développer une infrastructure numérique robuste et une puissance de calcul adaptée pour soutenir l’innovation et le traitement massif de données. La formation et le renforcement des compétences, notamment via le programme « One Million Coders », visent à constituer une main-d’œuvre qualifiée en IA et cybersécurité. Enfin, la stratégie garantit une gouvernance transparente et éthique, avec des cas d’utilisation concrets, pour générer une valeur réelle pour tous les citoyens.

Cette feuille de route reflète la volonté des autorités ghanéennes de faire des technologies numériques un levier central du développement national. Elles mettent en avant le potentiel transformateur de l’IA dans de nombreux secteurs. Lors du lancement du Forum de consultation des parties prenantes sur la Stratégie nationale d’IA en mai 2025, M. George avait présenté des exemples concrets comme la prévision de la santé des cultures en agriculture, des diagnostics plus rapides en santé, un apprentissage personnalisé en éducation, une sécurité renforcée dans les transports et une surveillance accrue pour la défense et la sécurité frontalière.

Cette vision du gouvernement ghanéen bénéficie du soutien des Nations unies. Dans son « E-Government Survey 2024 », le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DAES) souligne que l’intelligence artificielle a le potentiel d’optimiser les opérations du secteur public. Grâce à l’automatisation des tâches administratives, l’IA peut non seulement accroître l’efficacité, mais aussi éliminer les retards et les redondances. Elle peut également détecter des défauts, classer des données et formuler des recommandations précises.

Malgré les opportunités offertes par l’IA, le DAES souligne plusieurs risques potentiels. Il s’agit notamment du biais des données, qui peut entraîner une mauvaise représentation de certains groupes, ainsi que des préoccupations éthiques, sécuritaires et sociales. La fracture numérique a également été pointée du doigt comme un défi majeur pour la mise en œuvre des technologies de l’IA dans le secteur public, en particulier dans les pays à revenu moyen, à faible revenu et les pays les moins avancés.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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À l’horizon 2060, le Burundi ambitionne de bâtir une économie tirée par le numérique et des services publics modernisés. Pour atteindre cet objectif, les autorités misent sur des partenariats technologiques et des investissements capables d’accélérer la connectivité et l’innovation.

Le Président de la République du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a reçu vendredi 27 février une délégation du groupe britannique Lyca Mobile, conduite par son président fondateur, Subaskaran Allirajah. Selon le communiqué de la présidence, la rencontre a permis de poser les bases d’un partenariat stratégique visant à accélérer la transformation numérique du pays et à renforcer la couverture sanitaire.

Dans le domaine des télécommunications, la coopération envisagée a pour objectif de développer l’accès universel à Internet et aux services de communication sur l’ensemble du territoire. Au Burundi, le taux de pénétration d’Internet reste encore faible malgré une progression récente, avec environ 11,1 % à fin 2025, soit près de 1,6 million d’utilisateurs en ligne, selon les données de DataReportal.

L’opérateur prévoit également de contribuer à l’intégration numérique des administrations et des services publics, afin de dynamiser l’efficacité administrative et la fourniture de services essentiels dans un contexte où la transformation numérique est considérée comme un levier clé de croissance.

Au-delà des télécommunications, le groupe prévoit également d’intervenir dans le secteur de la santé via sa branche Lyca Health. L’ambition est de contribuer au renforcement de la couverture sanitaire universelle, d’introduire des solutions innovantes telles que la télémédecine et d’appuyer la modernisation de certaines infrastructures médicales. Cette orientation s’inscrit dans la Vision nationale 2040-2060 du Burundi, qui positionne les technologies de l’information et de la communication comme des leviers structurants de transformation économique et sociale.

Cette dynamique prolonge des échanges déjà engagés entre les autorités burundaises et le groupe. Déjà implanté en Ouganda et en Tunisie, Lyca Mobile a obtenu en octobre 2025 une licence d’établissement et d’exploitation d’un réseau de télécommunications dans le pays par décret présidentiel. Les discussions ont désormais évolué vers une phase technique consacrée à la préparation du déploiement, avec pour objectif d’élargir l’accès à une connectivité fiable, d’améliorer la qualité du service et de favoriser l’émergence d’offres de communication plus abordables pour les populations.

Samira Njoya

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À l’ère du numérique, les preuves électroniques s’imposent comme des outils clés pour la justice. Ces éléments facilitent la vérification des faits, limitent les risques de falsification et soutiennent l’efficacité des procédures pénales.

Le gouvernement du Gabon a validé, le jeudi 26 février en Conseil des ministres, un projet d’ordonnance modifiant le Code de procédure pénale afin d’encadrer l’admissibilité des preuves numériques devant les juridictions. Présenté par le ministre de la Justice, Augustin Emane, le texte introduit des exigences formelles destinées à adapter l’appareil judiciaire à la montée des infractions liées au numérique.

La réforme instaure un cadre technique pour l’utilisation des données électroniques dans les procédures pénales. Désormais, les éléments numériques ne pourront être admis que s’ils démontrent leur fiabilité, leur authenticité et leur traçabilité, après vérification par des entités publiques habilitées, telles que les services de cybersécurité ou les organismes d’État compétents. L’objectif est de sécuriser l’exploitation judiciaire des données issues des environnements numériques tout en limitant les risques de manipulation ou de falsification.

Par cette modification, les autorités entendent renforcer la fiabilité des enquêtes et améliorer la protection des justiciables. La reconnaissance formelle de standards techniques de validation vise également à encadrer les poursuites liées aux infractions numériques, dont la progression suit l’essor rapide des usages digitaux dans le pays. La diffusion d’Internet, qui concerne désormais plus de la moitié de la population gabonaise, accroît le volume d’interactions numériques susceptibles de générer des contentieux.

L’ordonnance s’inscrit dans un mouvement régional visant à moderniser les cadres juridiques africains face aux défis de la transformation numérique, marquée par la multiplication des litiges liés aux contenus électroniques, aux transactions en ligne et aux systèmes d’information. À l’échelle internationale, la place des preuves numériques dans les enquêtes judiciaires ne cesse de croître. Une étude menée par Cellebrite, spécialiste israélien de la criminalistique numérique, auprès de plus de 2000 enquêteurs, procureurs et experts, indique que 60 % considèrent désormais les preuves numériques comme plus déterminantes que l’ADN dans certaines affaires, et que 74 % estiment que leur utilisation améliore le taux de résolution des enquêtes.

Selon les autorités gabonaises, l’ordonnance entrera en vigueur après sa publication au Journal officiel, conformément à la procédure de promulgation des textes législatifs. Elle constitue un premier pas vers la modernisation du traitement judiciaire des infractions numériques et un renforcement de la sécurité juridique dans le cadre pénal, en phase avec les évolutions technologiques du pays.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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La robotique transforme la santé en Afrique, offrant des perspectives inédites pour améliorer la qualité des soins et optimiser les coûts. Mais le continent doit relever des défis majeurs, de la formation au financement, pour que ces technologies profitent réellement aux populations.

La robotique médicale, qui intègre des systèmes automatisés pour la chirurgie assistée, le diagnostic et l’assistance hospitalière, s’impose progressivement comme un moteur de modernisation des systèmes de santé africains. Selon Data Bridge Market Research, le marché des robots médicaux au Moyen-Orient et en Afrique connaît un taux de croissance annuel composé de 13,5 % entre 2022 et 2029, passant de 451,26 millions de dollars en 2021 à 1 144,64 millions de dollars d’ici 2029. Malgré cette croissance, l’adoption sur le continent reste encore faible comparée aux autres régions, concentrée dans des pays à revenus plus élevés ou disposant d’infrastructures hospitalières avancées.

Initiatives phares de robotique médicale sur le continent 

En Afrique du Sud, plusieurs hôpitaux publics ont déjà réalisé plus de 600 interventions assistées par robot, principalement en urologie et gynécologie, réduisant les séjours hospitaliers et les complications post-opératoires. Au Nigeria, une plateforme clinique de chirurgie robotique a été récemment approuvée, permettant pour la première fois des interventions robotisées dans un établissement public. À Luanda (Angola), des expérimentations de téléchirurgie ont été menées via des systèmes robotisés, démontrant le potentiel de ces technologies même dans des contextes de réseau limité.

Le Maroc se distingue également : une prostatectomie radicale a été réalisée entre Casablanca et Shanghai, illustrant la faisabilité de la téléchirurgie sur de longues distances. D’autres interventions ont été conduites entre plusieurs villes marocaines, confirmant la capacité technique et l’intérêt pour la robotique chirurgicale. En dehors de la chirurgie, la robotique est utilisée pour l’assistance hospitalière au Kenya et dans d’autres pays, améliorant l’efficacité des services et libérant du temps pour le personnel soignant.

Défis liés à l’adoption de la robotique 

Pour les pays africains, l’un des défis majeurs reste le coût élevé des équipements robotiques, souvent plusieurs millions de dollars par unité, ce qui limite leur acquisition par les établissements publics. Un système de chirurgie robotique, tel que le da Vinci 5, coûte généralement entre 1,5 et 2,5 millions de dollars. La formation constitue un autre défi : les interventions robotisées nécessitent des compétences chirurgicales et techniques spécifiques.

Des initiatives telles que Ircad Africa, au Rwanda, forment les médecins africains à la chirurgie mini-invasive et à la robotique avancée. Par ailleurs, l’émergence de start-up et laboratoires d’innovation autour de l’IA, de la robotique et de l’e-santé ouvre des perspectives de croissance pour le secteur au cours de la prochaine décennie.

La robotique médicale soulève également des questions éthiques et réglementaires, notamment la responsabilité en cas de dysfonctionnement, la protection des données des patients et l’acceptabilité de l’automatisation dans les soins.

Une trajectoire de croissance malgré les obstacles 

Selon les prévisions de la société d’études de marché Spherical Insights, le marché global de la robotique chirurgicale devrait dépasser 22,89 milliards de dollars d’ici 2030, avec des opportunités croissantes pour les pays émergents qui investissent dans la transformation numérique de la santé.

Pour l’Afrique, réussir cette transition nécessite un effort coordonné en matière de politiques publiques, d’investissements, de formation et de partenariats internationaux, afin d’assurer que la robotique médicale devienne un vecteur tangible de modernisation des systèmes de santé et d’amélioration de la qualité des soins.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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L’artisanat, pilier de l’économie au Maroc, demeure un secteur à fort potentiel d’emploi et d’exportation. Sa numérisation s’impose comme un levier de modernisation, visant à renforcer la compétitivité des artisans, structurer les filières et élargir l’accès aux marchés.

Le Maroc engage 36 millions de dirhams (3,9 millions USD) pour accélérer la transformation numérique de son artisanat. Un accord a été signé mercredi 25 février entre le Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat, les Chambres d’Artisanat, leur Fédération et l’Agence de développement du digital. Deux autres conventions relatives à la promotion internationale et à l’appui institutionnel du secteur ont également été conclues lors de la même cérémonie.

L’accord de digitalisation prévoit la mise en place de la carte professionnelle de l’artisan, la mise en service du Registre national de l’artisanat ainsi que la dématérialisation des services des Chambres et de leurs structures affiliées. Les autorités entendent, à travers ce dispositif, améliorer l’efficacité administrative, simplifier les procédures et doter le secteur d’infrastructures numériques structurantes.

Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre du contrat‑programme national dédié au développement de l’artisanat, considéré comme un pilier de l’économie marocaine en raison de sa contribution à l’emploi, à l’exportation et au développement territorial. Selon les chiffres officiels, le secteur emploie 22 % de la main‑d’œuvre nationale, contribue à hauteur de 7 % au PIB, enregistre une croissance des exportations de 7,6 %, et représente 10 % des recettes touristiques en devises grâce à l’achat de produits artisanaux. Sa modernisation numérique est présentée comme un levier de gain de productivité, de formalisation des activités et d’élargissement de l’accès aux marchés nationaux et internationaux.

Les deux autres conventions conclues lors de la cérémonie portent respectivement sur la promotion internationale du savoir‑faire marocain, en partenariat avec SMAP EVENTS, et sur un contrat‑programme 2026 consacré à la structuration professionnelle, à la formation et à l’encadrement des artisans. Ensemble, ces dispositifs doivent renforcer la compétitivité du secteur, faciliter l’accès des artisans aux marchés et soutenir l’émergence d’un écosystème plus formalisé et productif, en complément du volet numérique piloté avec l’Agence de développement du digital au Maroc.

Samira Njoya   

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Les besoins en connectivité s’intensifient avec l’essor du streaming, du gaming, de l’e‑learning et la multiplication des écrans dans les foyers. Pour y répondre, Orange Maroc déploie de nouvelles solutions mobiles et fixes, adaptées aux usages numériques en constante évolution des particuliers.

Le groupe Orange Maroc a présenté, mardi 24 février à Casablanca, deux innovations majeures destinées au grand public : les forfaits mobiles personnalisables Yo Max 5G et la Livebox 7, premier routeur nouvelle génération lancé en première mondiale au Maroc. Ces dispositifs s’appuient sur le réseau 5G récemment lancé et répondent aux usages numériques croissants dans le pays.

Les forfaits Yo Max 5G permettent aux abonnés de composer eux‑mêmes leur expérience digitale, en choisissant les services adaptés à leurs besoins : streaming vidéo et musical, gaming ou e‑learning. Disponibles sur six formules allant de 99 à 649 dirhams (environ 11 à 71 USD), elles offrent jusqu’à 160 Go de data ou une connexion illimitée, avec la possibilité d’accéder aux services depuis l’application Maxit, qui centralise le pilotage du forfait.

La Livebox 7, quant à elle, inaugure l’utilisation du Wi‑Fi 7 dans un routeur grand public et introduit le système d’exploitation prplOS, qui permet d’installer directement des applications sur la box, telles qu’un VPN intégré et un contrôle parental. Équipée de dix antennes intelligentes, elle assure un débit stable dans l’ensemble du foyer et offre aux développeurs locaux la possibilité de créer des applications adaptées au marché marocain, contribuant ainsi à enrichir l’écosystème Nova Box.

Ces innovations s’inscrivent dans la stratégie d’Orange Maroc de soutenir la transformation digitale du royaume et de proposer des services connectés adaptés aux évolutions des usages, notamment la multiplication des écrans dans les foyers, l’e‑learning, le streaming et le gaming. Elles interviennent dans un contexte où la pénétration numérique au Maroc est déjà élevée. Selon Datareportal, à la fin de 2025, le pays comptait près de 57,1 millions de connexions mobiles, soit environ 148 % de la population, et plus de 35 millions d’internautes, avec un taux de pénétration dépassant 92 %, ce qui traduit l’usage intensif des téléphones mobiles et la multiplication des cartes SIM par foyer et par individu.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Comme partout dans le monde, le Kenya est confronté à une accélération des risques informatiques qui accompagne sa transformation numérique. Le pays redouble d’efforts pour protéger son cyberespace, qui a été exposé à plus de 10 milliards de menaces informatiques en 2025, selon les autorités.

Le gouvernement kényan explore une coopération dans le domaine de la cybersécurité avec la société roumaine Safetech Innovations. William Kabogo Gitau, ministre de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique, a reçu une délégation de l’entreprise basée à Bucarest, accompagnée de l’ambassadrice de Roumanie au Kenya, Gentiana Serbu.

Mardi 24 février, un communiqué du ministre publié sur X précise : « notre discussion a porté sur la cybersécurité en tant que priorité critique pour le Kenya, notamment alors que nous accélérons la numérisation au sein du gouvernement. Nous avons débattu de la protection des infrastructures critiques, du renforcement des capacités institutionnelles et de la nécessité de construire des cadres de résilience cybernétique solides et durables ».

Le ministre a ajouté que la discussion a également porté sur la collaboration en matière de recherche et de développement, avec un accent particulier sur les partenariats avec les établissements d’enseignement supérieur kényans afin de promouvoir le transfert de connaissances et l’échange d’expériences.

Selon M. Kabogo, ce rapprochement s’inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale entre le Kenya et la Roumanie, régie par un protocole d’entente existant, qui favorise la collaboration dans des secteurs clés tels que les TIC et l’innovation. Il intervient environ un mois après le lancement du projet Kenya Cyber Resilience (KCR), mené en partenariat avec l’Union européenne et destiné à renforcer la sécurité, la résilience et la fiabilité d’un écosystème numérique national en pleine expansion. Son coût total est estimé à environ 454 millions de shillings kényans (≈ 3,5 millions USD). Le pays s’est également rapproché des États‑Unis, de l’ONU et de la société technologique chinoise Huawei.

Outre les efforts de coopération régionale et internationale, le pays renforce également ses capacités nationales. Ainsi, le projet de création d’une Agence nationale de cybersécurité (NCSA) est en cours afin de compléter les institutions existantes. Sur le plan réglementaire, le Kenya dispose d’une loi sur la protection des données, du Computer Misuse and Cybercrimes Act, ainsi que d’une stratégie nationale de cybersécurité pour la période 2022–2027.

Ces efforts interviennent dans un contexte où les autorités reconnaissent que l’ampleur et la rapidité de la transformation numérique du Kenya ont accru son exposition à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées. D’après les données de la Communications Authority (CA), 12,5 milliards d’incidents ou tentatives de cyberattaques ont été détectés en 2025, soit une hausse de 247 % par rapport à 2024.

Pour rappel, dans son Indice mondial de cybersécurité 2024, l’Union internationale des télécommunications (UIT) a classé le Kenya 21ᵉ au niveau mondial et 3ᵉ en Afrique. Le pays a obtenu les scores maximaux en matière de coopération, de développement des capacités et de mesures organisationnelles. Des efforts restent toutefois nécessaires pour renforcer le cadre réglementaire et les mesures techniques.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Face aux enjeux du marché de l’emploi et à la demande croissante de compétences numériques, l’Ouganda mise sur la formation et l’entrepreneuriat technologique pour renforcer l’inclusion, stimuler l’innovation locale et préparer les jeunes aux métiers de demain.

Le ministère ougandais des TIC et de l’Orientation nationale a annoncé, jeudi 19 février, la signature d’un partenariat avec Spotlight on Africa, et Algorithmic Partners. L’accord prévoit la création d’un pôle d’innovation en TIC à Mbale, destiné à renforcer les compétences numériques des jeunes Ougandais et à soutenir l’entrepreneuriat technologique local.

Selon les autorités, cette initiative marque le passage de l’intention à l’exécution dans la politique publique de développement numérique. Elle s’appuie sur une collaboration public‑privé visant à élargir l’accès aux compétences recherchées sur le marché, à stimuler l’innovation locale et à favoriser l’autonomisation économique, notamment des femmes. Le futur centre proposera des formations allant des compétences de base en littératie numérique aux compétences avancées telles que le codage, l’intelligence artificielle et la blockchain.

Le dispositif intègre également un système de certification numérique basé sur la blockchain, conçu pour sécuriser la vérification des qualifications et réduire la fraude documentaire. En renforçant la confiance entre institutions de formation, employeurs et diplômés, l’outil devrait améliorer la transparence du marché du travail numérique et soutenir l’émergence d’un écosystème d’innovation structuré autour des compétences.

Au‑delà de la formation, le projet vise à élargir l’accès aux services publics numériques dans les zones mal desservies et à dynamiser les écosystèmes locaux d’innovation. Il s’inscrit dans la feuille de route nationale qui accorde une place centrale aux infrastructures numériques, aux compétences, à la cybersécurité et à la protection des données, avec l’objectif de bâtir une économie numérique inclusive et génératrice d’emplois.

Des programmes tels que le laboratoire informatique mobile DigiTrack ont déjà formé plus de 11 000 personnes à l’échelle nationale au cours des deux derniers trimestres, y compris des jeunes ayant des besoins spécifiques, en apportant directement les compétences numériques dans les communautés. Il complète également la stratégie nationale d’externalisation des processus d’affaires de l’Ouganda, qui vise à connecter les jeunes professionnels anglophones aux marchés mondiaux.

Cette initiative prend également tout son sens dans un contexte continental. Selon la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC), d’ici 2030, environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques. La transformation numérique du marché du travail, accélérée par la quatrième révolution industrielle, crée une demande massive de talents qualifiés. Des centres comme celui de Mbale apparaissent ainsi comme des réponses concrètes à ce besoin, en formant les jeunes aux métiers de demain et en soutenant l’inclusion économique et sociale à grande échelle.

Samira Njoya

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