Avec un secteur du e-commerce estimé à 2,64 milliards de dollars d’ici 2030, le Ghana veut mettre fin à l'anarchie dans la livraison. La dématérialisation des licences constitue désormais la condition première pour identifier les opérateurs et sécuriser les transactions en ligne.

Le ministère de la Communication, de la Technologie numérique et des Innovations a officiellement lancé le jeudi 12 mars, iCOLMS-GH, une plateforme entièrement digitale destinée à encadrer les activités des services de messagerie et de livraison, un secteur en forte expansion porté par le commerce électronique.

iCOLMS-GH introduit un processus de licence entièrement numérique, permettant aux entreprises de messagerie et aux livreurs indépendants de s’enregistrer, de renouveler leurs autorisations et de vérifier leur conformité en ligne. La plateforme s’intègre aux infrastructures numériques nationales existantes, facilitant l’interconnexion avec les bases de données publiques afin d’améliorer la transparence et la traçabilité du secteur.

Cette initiative intervient dans un contexte de croissance rapide des plateformes de e-commerce et des services de livraison à domicile, qui ont profondément modifié les habitudes de consommation dans les grandes villes du pays. Cette dynamique a toutefois révélé des défis importants en matière de régulation, notamment la présence d’opérateurs non enregistrés et des difficultés de contrôle administratif. Le nouveau système vise donc à moderniser le cadre réglementaire tout en renforçant la sécurité des consommateurs.

Pour le consommateur, le dispositif mise sur la transparence. Le système permet de vérifier en temps réel le statut réglementaire d'un prestataire avant toute transaction, renforçant ainsi la sécurité des échanges. Pour l'administration, iCOLMS-GH constitue un levier de supervision efficace, capable de suivre l'évolution d'un marché qui devrait peser environ 2,64 milliards de dollars d’ici 2030 selon Statista.

En structurant la logistique du « dernier kilomètre » par le numérique, Accra sécurise un maillon essentiel de sa chaîne de valeur digitale. Une phase transitoire est actuellement ouverte pour permettre aux opérateurs de régulariser leur situation avant le lancement de contrôles renforcés sur l'ensemble du territoire.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Dans un contexte mondial marqué par l’économie de la connaissance et l’innovation, l’Algérie accélère la modernisation de son enseignement supérieur. L’installation d’une commission dédiée traduit la volonté de structurer le passage vers un modèle universitaire 4.0, plus numérique et tourné vers l’employabilité.

En Algérie, l’Université de la formation continue (UFC) a officiellement installé une commission chargée de piloter sa transition vers l’université dite de « quatrième génération » (4.0). Selon Algérie Presse Service (APS), qui a relayé l’information ce jeudi 12 mars, cette démarche « reflète l’orientation du secteur vers l’accompagnement des mutations technologiques mondiales et le renforcement du rôle de l’université dans le domaine de l’innovation ».

L’établissement public dédié à l’enseignement à distance y voit « une étape vers l’édification d’une université intelligente et innovante, capable de relever les défis de l’avenir et de contribuer efficacement au développement national et à l’économie de la connaissance ».

La commission s’appuie sur un socle numérique déjà bien avancé. En septembre 2025, lors de la Semaine nationale de l’enseignement numérique, le recteur Yahia Djaafri avait indiqué que l’UFC avait formé plus de 800 enseignants aux technologies de l’information et de la communication, finalisé 683 cours en ligne, dont 120 en anglais, et déployé 68 plateformes numériques dédiées aux étudiants. Sa formalisation en instance institutionnelle lui confère désormais les moyens d’aller plus loin.

Ce chantier s’inscrit dans une dynamique sectorielle plus large. Pour l’année universitaire 2024/2025, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique recense 1 530 230 étudiants, dont 938 673 femmes (63 %). Un volume qui traduit à la fois la massification du système et l’urgence d’en moderniser les contenus.

Sur le plan de la visibilité internationale, la trajectoire est nette. Avec 46 établissements référencés dans le classement QS Arab Region 2026, contre 17 en 2025 et 14 en 2024, l’Algérie se hisse au premier rang du Maghreb et du monde arabe en nombre d’universités classées. Il reste à convertir cette dynamique en employabilité concrète, défi central que le modèle 4.0 de l’enseignement supérieur est précisément appelé à relever.

Félicien Houindo Lokossou

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Avec un déficit de 220 MW à Libreville, le Gabon fait face à un défi énergétique majeur pour ses ambitions technologiques. La mobilisation de financements pour injecter 200 MW dans le réseau est désormais la condition première au fonctionnement du futur data center IA.

Le Gabon a conclu, le mercredi 11 mars, une mission économique à Washington visant à sécuriser les bases énergétiques de son futur écosystème numérique. Conduite par le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, et le ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, la délégation gabonaise a rencontré investisseurs et institutions américaines afin d’explorer des solutions de financement pour accroître la capacité électrique du pays.

Coordonnée par l’entreprise technologique américaine Cybastion, la mission visait notamment à mobiliser 200 MW supplémentaires de production d’électricité, considérés comme nécessaires pour soutenir les projets industriels et numériques en cours. Lors d’une table ronde organisée par la Chambre de commerce des USA, les responsables gabonais ont présenté aux entreprises américaines les opportunités d’investissement dans les infrastructures énergétiques de leur pays.

Selon les autorités, la région de Libreville fait face à un déficit énergétique estimé à environ 220 MW, un manque de capacité qui limite l’expansion des infrastructures numériques à forte intensité énergétique. Dans ce contexte, la sécurisation de nouvelles sources d’électricité constitue une condition préalable au développement du centre de données national dédié à l’intelligence artificielle, conçu pour héberger et traiter localement les données publiques et privées du pays, afin de réduire la dépendance aux infrastructures étrangères et renforcer la souveraineté numérique.

Ce projet s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique conclu en janvier dernier entre le gouvernement gabonais et Cybastion pour développer les infrastructures numériques nationales. L’accord prévoit notamment la construction d’un data center de nouvelle génération à Libreville, destiné à héberger et traiter localement les données publiques et privées du pays, afin de réduire la dépendance aux infrastructures étrangères et renforcer la souveraineté numérique.

Au-delà des infrastructures, le partenariat comprend également un volet de développement des compétences. À travers le programme Africa DigiEmpower, mis en œuvre avec la Cisco Networking Academy, environ 1000 jeunes Gabonais devraient être formés aux métiers du numérique et de la cybersécurité.

Samira Njoya

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À l’horizon 2030, le Maroc compte mobiliser l’intelligence artificielle pour renforcer sa croissance économique et créer des milliers d’emplois qualifiés. L’industrie apparaît comme l’un des principaux terrains d’application de cette stratégie.

Le ministère de l’Industrie et du Commerce, le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration et le ministère de l’Économie et des Finances ont signé le mardi 10 mars à Fès une convention avec plusieurs établissements universitaires pour créer l’Institut JAZARI Industrie X.0. Cette structure est destinée à soutenir l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) et des technologies numériques dans l’industrie marocaine, qui s’inscrit dans les efforts du royaume pour renforcer la recherche appliquée et accélérer la transformation du tissu productif.

 

Le partenariat associe notamment l’Université Euromed de Fès, l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, l’Université Moulay Ismaïl et l’Université Al Akhawayn. Le futur institut servira de plateforme de recherche et d’innovation autour des technologies de l’industrie 4.0, incluant l’Internet des objets (IoT), la robotique avancée et l’analyse des données industrielles. L’objectif central est de rapprocher la recherche scientifique des besoins concrets des entreprises.

Selon les autorités, l’institut contribuera à transformer les résultats académiques en solutions technologiques applicables. Les travaux porteront sur l’amélioration de la productivité, la maintenance prédictive, la qualité des processus de production et le développement d’applications dans des secteurs tels que l’agriculture intelligente ou la santé. L’initiative prévoit également de soutenir la création de startups technologiques et de former des compétences spécialisées dans la data industrielle et la cybersécurité.

Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration d’un écosystème national autour de l’intelligence artificielle. Les autorités marocaines ont récemment lancé un réseau d’instituts baptisé « Jazari », destiné à développer des centres d’excellence dans différentes régions du pays afin de soutenir l’innovation et l’industrialisation des technologies numériques. Cette orientation rejoint les ambitions de la stratégie Maroc Digital 2030, qui place l’IA au cœur de la modernisation économique.

Le pays ambitionne, à cet effet, de générer 100 milliards de dirhams de PIB (environ 11 milliards $) grâce au déploiement structuré de l’intelligence artificielle. Selon les projections officielles, cette dynamique pourrait conduire à la création de 50 000 emplois et à la formation de 200 000 diplômés spécialisés, renforçant ainsi la compétitivité technologique et industrielle du royaume.

Samira Njoya

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Le gouvernement mauritanien accélère la digitalisation des services publics pour soutenir sa transformation numérique. Dans le secteur des transports, l’obtention des cartes grises et le système numérique du trafic routier sont déjà accessibles sur la plateforme nationale dédiée.

Les autorités mauritaniennes travaillent sur la dématérialisation des procédures d’obtention des permis de conduire. L’initiative s’inscrit dans une vision plus large de digitalisation des services publics afin d’en faciliter l’accès pour les populations.

Le projet était au cœur d’une réunion de travail sur la digitalisation des services des transports tenue le mardi 10 mars. La réunion a rassemblé le ministre de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, Ahmed Salem Bede, et son homologue chargé de l’Équipement et des Transports, Ely Ould Veirek.

Au cours de la rencontre, les deux ministres ont suivi une démonstration technique détaillée d’un nouveau dispositif numérique en cours de déploiement pour transformer le parcours d’obtention du permis de conduire. Toutes les étapes seront dématérialisées : inscription à distance, passage de l’examen et délivrance numérique et sécurisée du permis. Le système devrait réduire l’intervention humaine et renforcer la fiabilité du document délivré.

« Ce projet traduit les orientations des hautes autorités en matière de modernisation de l’administration publique et de simplification des démarches publiques. Il place les usagers au cœur d'une administration qui avance, pour des services publics à la hauteur des attentes des citoyens », a déclaré le ministère de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Cette initiative intervient environ deux semaines après que les autorités ont lancé une plateforme répertoriant 800 démarches administratives pour faciliter l’accès des populations aux informations. Ces démarches seront progressivement ajoutées à la plateforme nationale de services numériques, « Khdamati ». Cette dernière compte déjà des services comme l’inscription des étudiants à l’Université de Nouakchott, le Système numérique du trafic routier (SNTR), la création d’entreprise, la demande d’agrément au Code des investissements, la délivrance du casier judiciaire, des cartes grises, des certificats de perte pour documents officiels…

Il convient toutefois de rappeler que le calendrier précis de mise en service du dispositif n’est pas encore connu. Par ailleurs, la question de son adoption par les usagers se pose. Selon les dernières données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), la couverture 2G atteignait 97 % de la population mauritanienne en 2023. En 2022, les réseaux 3G et 4G couvraient respectivement 43,9 % et 34,7 % de la population. Par ailleurs, selon DataReportal, la Mauritanie comptait environ 2 millions d’utilisateurs d’Internet à fin décembre 2025, soit un taux de pénétration de 37,4 %.

Au-delà de la couverture et de la qualité des réseaux, l’adoption des services numériques dépend également de l’accès aux terminaux compatibles. D’après la Banque mondiale, 56,61 % des Mauritaniens âgés de plus de 15 ans possédaient un smartphone à fin 2024. D’autres facteurs peuvent aussi influencer l’usage effectif des services dématérialisés, notamment le niveau de compétences numériques des populations ou encore l’accessibilité financière des offres Internet.

Isaac K. Kassouwi

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Pour renforcer la transparence et l’efficacité du contrôle routier, le gouvernement kényan mise sur la technologie plutôt que sur l’intervention humaine. Cette stratégie, amorcée dès 2020, entend freiner la hausse des accidents constatée entre 2024 et 2025.

Le Kenya vient de franchir un nouveau cap dans la numérisation du contrôle routier. L’Autorité nationale des transports et de la sécurité (NTSA) a annoncé le lundi 9 mars la mise en service d’un système automatisé de gestion du trafic routier avec amendes instantanées. Grâce à des caméras intelligentes, il détecte les infractions routières et les contrevenants sont notifiés par SMS. Fini l’intervention humaine directe. L’autorité présente cette réforme comme un moyen de renforcer l’efficacité et la transparence dans le contrôle routier et la sécurité routière.

Le mardi 10 mars, dans un souci d’information, la NTSA a publié une liste de 35 infractions routières assorties d’amendes immédiates correspondantes. Le barème va d’un simple avertissement pour un léger excès de vitesse à des sanctions de 10 000 shillings kényans (77,37 USD) pour des manquements jugés plus graves, comme l’excès de vitesse, le stationnement causant une obstruction, la non-installation des limiteurs de vitesse réglementaires sur les véhicules de transport en commun et les véhicules commerciaux ou encore la conduite d’un véhicule sans certificat de contrôle technique valide. D’autres infractions sont également visées : le non-respect des feux de signalisation, la conduite sur trottoir ou passage piéton ou encore le défaut de port de la ceinture de sécurité. Les contrevenants disposent de sept jours pour régler l’amende, faute de quoi des intérêts s’appliquent et l’accès aux services de la NTSA peut être bloqué.

Une série d’investissements techniques

Cette automatisation du contrôle routier est rendue possible grâce à une série d’innovations introduites depuis 2020 par le gouvernement. Le cadre légal du pays prévoit désormais un permis de conduire sous forme de carte intelligente dotée d’une puce électronique. La puce renferme non seulement les données d’identité du conducteur, mais aussi ses empreintes digitales, sa photographie, sa signature et des informations biométriques. En 2022, les plaques d’immatriculation de seconde génération, souvent présentées au Kenya comme des plaques « numériques » ou sécurisées, sont intervenues. Les autorités expliquent qu’elles intègrent des éléments de sécurité avancés, y compris des fonctions de traçabilité numérique des propriétaires des véhicules. En 2024, le gouvernement a officiellement fait des caméras de vitesse et de la vidéosurveillance un pilier supplémentaire de sa nouvelle stratégie de sécurité routière. Déployées en phase pilote en 2024, ces caméras seront renforcées en 2026 par de nouvelles prévues dans les six grandes villes du pays, sur demande du président de la République William Ruto.

En pratique, ce couplage entre permis biométrique, plaques sécurisées et caméras permet aux autorités d’identifier plus rapidement le véhicule en infraction, de rattacher l’infraction à un conducteur ou à un propriétaire et d’alimenter ainsi un historique de conduite exploitable par l’administration.

Des réserves persistent

Mais le système automatisé de gestion du trafic routier avec amendes instantanées soulève déjà des contestations. L’Association des automobilistes du Kenya (Motorists Association of Kenya, MAK) a publiquement demandé des clarifications urgentes à la NTSA. Le groupe estime que le nouveau dispositif laisse en suspens plusieurs questions de fond : quelle procédure pour un automobiliste qui souhaite contester l’amende ? Quels garde-fous pour éviter qu’un système automatisé ne devienne à la fois enquêteur, juge et exécutant ? Qui certifie et vérifie régulièrement la qualité des caméras et autres équipements de détection ? Et dans quel compte public seront versées les amendes perçues ? La MAK demande aussi à savoir quelle concertation publique a précédé l’entrée en vigueur du système.

L’association rappelle en outre que la crédibilité d’un contrôle entièrement numérisé dépend aussi de la disponibilité des documents d’identification des véhicules. Or, depuis février 2026, elle dénonce un retard de production de plus de 70 000 plaques d’immatriculation, s’interrogeant sur l’usage des fonds déjà collectés auprès des automobilistes pour leur production. Pour la MAK, il ne suffit pas de numériser le contrôle routier et la sanction ; encore faut-il que toute la chaîne administrative — plaques, licences, traçabilité et recours — fonctionne sans retard ni opacité.

En installant la route sous l’œil des caméras intelligentes et en faisant du SMS le nouveau procès-verbal, le Kenya affiche une ambition nette : réduire les infractions, limiter les contacts propices à la corruption et moderniser la sécurité routière afin de réduire le nombre d’accidents de la route, qui s’élevait à 5009 en 2025 contre 4748 en 2024 selon les données du Conseil national sur l’administration de la justice (NCAJ). 

Muriel EDJO

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Alors que l’économie numérique africaine connaît une croissance rapide, l’accès à des outils fiables pour créer et gérer sa présence en ligne reste un défi pour de nombreux entrepreneurs et PME. Lever les obstacles techniques et financiers devient crucial pour soutenir l’inclusion digitale.

Gebeya, plateforme panafricaine spécialisée dans le digital pour les PME, et InterNetX, registraire européen filiale du groupe IONOS, ont annoncé, lundi 9 mars, la signature d’un partenariat stratégique. L’objectif est de permettre aux entrepreneurs africains, freelances et petites entreprises d’enregistrer et de gérer des domaines web directement via la plateforme Gebeya, en utilisant des méthodes de paiement locales.

« Posséder un domaine web est désormais indispensable pour toute entreprise ou professionnel souhaitant se développer sur le marché numérique africain », souligne Amadou Daffe (photo), PDG de Gebeya. « Ce partenariat avec InterNetX simplifie cette étape cruciale et supprime les obstacles liés aux cartes de crédit internationales et aux restrictions de devises. »

La collaboration intégrera la plateforme AutoDNS d’InterNetX aux solutions Gebeya, notamment le marché Jitume AI et le studio Dala AI. Les utilisateurs pourront ainsi acheter des domaines, configurer des certificats SSL et lancer leurs sites web en quelques minutes, en utilisant des paiements en monnaie locale. Cette approche contourne les blocages fréquents liés aux transactions internationales, qui restent un frein pour de nombreux entrepreneurs africains.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de croissance rapide des services d’hébergement en ligne et de l’utilisation du numérique sur le continent. Selon We Are Social et Meltwater, l’Afrique comptait environ 670 millions d’internautes début 2025. Dans ce cadre, les start-up et PME africaines cherchent à renforcer leur présence en ligne pour mieux atteindre leurs clients et développer leurs activités.

Au-delà de la simple acquisition de domaines, ce partenariat contribue à renforcer la souveraineté numérique africaine et à réduire les obstacles techniques à l’entrepreneuriat en ligne. L’accès simplifié aux outils de gestion de domaines et aux certificats SSL permettra de sécuriser les sites web, de stimuler le commerce électronique et de soutenir la croissance des PME, tout en favorisant l’inclusion numérique sur le continent.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Face à des cybermenaces de plus en plus nombreuses et sophistiquées, la protection des internautes s’impose comme un enjeu majeur pour les États. En Égypte, le gouvernement a choisi de renforcer la sensibilisation aux bonnes pratiques numériques afin de réduire la vulnérabilité des utilisateurs.

Le ministère égyptien des Communications et des Technologies de l’information a annoncé, vendredi 6 mars, le lancement d’une initiative nationale baptisée « Digital Citizenship and Online Protection » (Citoyenneté numérique et protection en ligne). Au cœur de ce programme figure la plateforme Wa3i.net, conçue pour sensibiliser les citoyens aux bonnes pratiques numériques et réduire leur exposition aux cybermenaces.

La plateforme se veut un centre de connaissances dédié à la sécurité numérique. Accessible en langue arabe, elle propose des contenus pédagogiques, des guides pratiques et des ressources éducatives destinés à différents publics, notamment les enfants, les adolescents, les parents et les enseignants. L’objectif est de promouvoir les bonnes pratiques en matière de protection des données personnelles, de navigation sécurisée et d’utilisation responsable des technologies.

Le programme repose sur l’idée que la sensibilisation constitue la première ligne de défense contre les cyberattaques. En renforçant la culture numérique des citoyens, les autorités espèrent réduire leur vulnérabilité face à des menaces telles que le phishing, le cyberharcèlement, les escroqueries en ligne ou encore la diffusion de fausses informations.

Cette initiative intervient dans un contexte d’expansion rapide de l’usage d’Internet dans le pays. Selon les données de DataReportal, l’Égypte comptait près de 98 millions d’internautes, soit un taux de pénétration de l’Internet estimé à 72,2 % de la population. L’essor des services numériques, des réseaux sociaux et des plateformes de paiement en ligne s’accompagne toutefois d’une hausse des risques liés à la cybercriminalité, qui touche aussi bien les particuliers que les entreprises et les administrations.

Les données du secteur confirment l’ampleur croissante de ces menaces. Selon les analyses de la société de cybersécurité Kaspersky, 27,4 % des internautes en Égypte ont été confrontés à des menaces en ligne en 2024, notamment des sites malveillants ou des logiciels malveillants diffusés via le web. L’entreprise indique également que les attaques de phishing et d’ingénierie sociale ont progressé de 44 % dans la région Moyen-Orient, Turquie et Afrique, illustrant la sophistication croissante des méthodes utilisées par les cybercriminels.

Face à cette évolution du paysage cybernétique, le gouvernement égyptien mise sur une approche collaborative. Le programme prévoit la mise en place de partenariats avec des institutions publiques, des organisations internationales et des acteurs du secteur privé afin de partager les bonnes pratiques et de renforcer les capacités nationales en matière de cybersécurité.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Comme de nombreux pays africains, la Somalie intensifie ses efforts pour protéger le cyberespace national. Le pays a récemment adopté une loi dans ce domaine.

Le gouvernement somalien a procédé, le samedi 7 mars, au lancement de la Somalia Computer Incident Response Team (SOMCIRT). Ce centre est dédié à la coordination de la prévention, de la détection et de la réponse aux incidents de cybersécurité.

Selon l’Autorité nationale des communications (NCA), le centre soutiendra la déclaration des incidents, émettra des alertes et des avertissements, coordonnera les réponses aux menaces cybernétiques et promouvra la sensibilisation à la cybersécurité ainsi que la coopération entre les institutions gouvernementales, le secteur privé et les partenaires internationaux afin de renforcer la protection des infrastructures numériques critiques de la Somalie.

« Alors que les services numériques continuent de se développer à travers la Somalie, le renforcement des systèmes de cybersécurité est essentiel pour protéger les institutions gouvernementales, les infrastructures de télécommunications et d’autres secteurs critiques. SOMCIRT jouera un rôle clé pour garantir que notre écosystème numérique reste sûr et résilient », a déclaré Mohamed Hassan Mohamed, ministre des Communications et de la Technologie.

La création de la SOMCIRT est prévue par la Loi sur la cybersécurité, validée par le parlement en janvier 2026. Elle vient s’ajouter à différentes initiatives prises au cours des derniers mois pour renforcer la capacité de la Somalie à faire face aux menaces cybernétiques et à protéger les infrastructures numériques critiques.

En ce qui concerne le cadre réglementaire, au-delà de la loi sur la cybersécurité, le gouvernement somalien a également engagé plusieurs réformes ces dernières années. En août 2025, il a approuvé le projet de loi sur la cybercriminalité. Par ailleurs, la loi sur la protection des données, entrée en vigueur en mars 2023, a conduit à la création de l’Agence de protection des données (ADP), chargée d’en assurer l’application.

Le pays intensifie également sa coopération internationale. Il a signé le 10 février 2026 un protocole d’accord avec la Turquie couvrant plusieurs domaines du numérique, dont la cybersécurité. La Somalie s’était déjà rapprochée de la Malaisie et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

Ces efforts interviennent dans un contexte de transformation numérique où la cybersécurité est considérée comme une condition sine qua non pour les États qui veulent profiter pleinement des opportunités qu’offrent les TIC. La Somalie a été classée au quatrième pallier (Tier 4) sur 5 dans le « Global Cybersecurity Index 2024 » de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Le pays a enregistré un score global de 37,39 sur 100 et doit intensifier ses efforts, notamment en matière de mesures techniques, légales et de développement des capacités.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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A travers ce partenariat stratégique, le pays cherche à renforcer l’intégration des entreprises locales dans l’économie numérique et à stimuler l’essor du e-commerce sur le continent.

Le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a officialisé, le jeudi 5 mars, un protocole d’accord avec la société technologique Quest Ghana Limited et le gouvernement des Seychelles. Ce partenariat vise à transformer l’archipel en un hub compétitif pour l’économie numérique et le commerce transfrontalier en Afrique.

L’initiative se concentre sur l’intégration des entreprises locales dans les chaînes de valeur numériques du continent. Selon les parties prenantes, l'objectif est de permettre aux opérateurs seychellois de participer plus activement aux échanges dématérialisés, en s'appuyant sur les mécanismes de facilitation du commerce prévus par la ZLECAf.

Le partenariat prévoit la mise en place d’un cadre technique destiné à sécuriser les transactions numériques transfrontalières. L’accord met l’accent sur l’interopérabilité des systèmes, condition indispensable pour simplifier les paiements et les échanges commerciaux entre des entreprises opérant dans des juridictions différentes.

Un accent particulier est mis sur les micro, petites et moyennes entreprises (MPME). En améliorant leur accès aux infrastructures numériques, les partenaires espèrent lever certaines barrières à l’entrée du commerce intra-africain et favoriser la participation des entreprises locales aux échanges digitaux du continent.

Pour les Seychelles, cette stratégie de diversification s’appuie sur une maturité numérique déjà avancée. Début 2025, le taux de pénétration d’Internet atteignait 87,4 % de la population, selon DataReportal. Dans ce contexte, le commerce électronique connaît également une progression notable : le marché devrait croître à un rythme annuel moyen de 14,35 % entre 2023 et 2027, pour atteindre 46,41 millions de dollars en 2027, d’après les estimations de Statista.

À l’échelle continentale, ce projet pilote s’inscrit dans l’ambition de la ZLECAf de bâtir un marché unique de 1,3 milliard de consommateurs. Le commerce électronique et les services numériques sont perçus comme des moteurs essentiels pour atteindre l’objectif d'un PIB combiné de 3400 milliards de dollars, en réduisant les coûts de transaction et en accélérant la circulation des biens et services.

 Samira Njoya

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