La montée en puissance de l’e‑commerce transforme les habitudes de consommation à Maurice et entraîne une hausse du volume de colis traités par la douane. Un an après l’annonce d’un projet de cadre légal dédié, les autorités veulent désormais renforcer les outils numériques de contrôle.

Face à l’augmentation du volume de colis liés au commerce en ligne et à la multiplication des trafics illicites, Maurice veut renforcer le contrôle de ses flux postaux grâce au numérique. Le sujet a été au centre d’une rencontre tenue le vendredi 15 mai entre le junior minister des Finances, Dhaneshwar Damry, le directeur général de la Mauritius Revenue Authority (MRA), Rohit Ramnawaz, et une délégation des douanes sud-coréennes (Korean Customs Service).

Les échanges ont porté sur le renforcement des systèmes de gestion des risques et l’intégration de technologies avancées dans le traitement des colis entrants. Les autorités mauriciennes veulent notamment améliorer les capacités de détection des drogues, armes et marchandises frauduleuses grâce à des dispositifs de scanning et d’analyse automatisée. « La vision du gouvernement, c’est de digitaliser les services gouvernementaux afin d’améliorer leur efficacité et leur efficience, tout en gérant les risques grandissants liés au trafic de drogue et aux produits illicites », a déclaré Dhaneshwar Damry à l’issue de la rencontre.

Cette coopération s’inscrit dans un contexte de progression rapide de l’e‑commerce à Maurice. Selon les autorités douanières, entre 4000 et 5000 colis transitent chaque jour par le territoire mauricien, un volume en hausse porté par les achats en ligne et les plateformes internationales d’e‑commerce. Cette croissance complique le travail des services de contrôle, confrontés à des méthodes de fraude de plus en plus sophistiquées, notamment la sous‑évaluation des marchandises ou la dissimulation de produits prohibés dans les colis postaux.

L’initiative intervient alors que le gouvernement mauricien multiplie depuis plusieurs années les investissements dans la modernisation des services douaniers et fiscaux. La Mauritius Revenue Authority a engagé plusieurs projets liés à l’automatisation des procédures de dédouanement, à la gestion numérique des risques et au renforcement du contrôle des colis entrants. L’institution travaille notamment sur des systèmes de scanning avancés destinés à détecter plus efficacement les drogues, les armes et autres produits prohibés. Les autorités misent également sur la coopération internationale pour moderniser les infrastructures de contrôle et accélérer le traitement des marchandises tout en sécurisant les échanges commerciaux.

Samira Njoya

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La transformation numérique s’accélère en Afrique, portée par la digitalisation des services et la connectivité mobile. Les pays investissent dans la montée en compétences des populations pour accompagner cette transition et en tirer pleinement profit.

Le gouvernement algérien a annoncé la semaine dernière le lancement d’un programme d’autonomisation numérique baptisé « 77.7 ». Cette initiative vise à former les citoyens algériens de toutes les tranches d’âge et à leur fournir les compétences numériques nécessaires pour répondre aux exigences de l’époque et accompagner la dynamique de transformation numérique du pays.

L’annonce a été faite le samedi 17 mai par Sid Ali Zerrouki, à l’occasion de la Journée mondiale des télécommunications et des technologies de l’information. Le programme est mis en œuvre en partenariat avec les opérateurs Algérie Télécom et Mobilis, avec la perspective d’intégrer d’autres acteurs dans les prochaines phases.

Des compétences numériques pour tous les âges

Le programme « 77.7 » est considéré comme le plus complet à l’échelle nationale. Il cible sept groupes d’âge distincts à travers sept parcours pédagogiques conçus de manière adaptée.

Ces parcours vont de « Explorateurs de la technologie » pour les enfants de 7 à 10 ans, aux modules « Couches de la technologie », « Innovateurs » et « Technologie professionnelle » destinés aux jeunes et étudiants, jusqu’aux programmes « Technologie pour la croissance », « Autonomisation numérique » et « Seniors de la technologie », destinés aux adultes et aux personnes âgées jusqu’à 77 ans.

Les contenus sont modulaires, progressifs et adaptés à chaque tranche d’âge, allant de la découverte des outils numériques jusqu’à leur maîtrise avancée. La cybersécurité constitue un pilier obligatoire dans l’ensemble des parcours, couvrant notamment la lutte contre le phishing, la fraude en ligne, la désinformation et la protection des données personnelles.

Sur le plan opérationnel, le programme repose sur un modèle hybride combinant formation en présentiel et à distance. Sept « Skills Centers » répartis dans les wilayas d’Alger, Oran, Annaba, Sétif, Chlef, Saïda et Adrar constituent le socle de la mise en œuvre, avec une capacité d’accueil d’environ 1000 apprenants par centre et par an. Pour sa première année, le ministère prévoit de former entre 25 000 et 30 000 citoyens.

Une dynamique nationale de montée en compétences

Cette initiative s’inscrit dans une intensification des efforts des autorités algériennes en matière de développement des compétences numériques. L’État affirme vouloir investir dans le capital humain comme « base essentielle » pour accompagner les mutations technologiques rapides du monde actuel.

Ces derniers mois, plusieurs programmes ont été lancés dans cette dynamique. En avril 2026, Alger a mis en place un programme national de formation à l’intelligence artificielle, d’une durée de 12 semaines. En mai 2025, l’exécutif a lancé le programme « Chabab Tech », destiné à former les jeunes aux technologies telles que le cloud computing, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’Internet des objets. Plus tôt la même année, le gouvernement avait déjà entamé le déploiement de « Skills Centers ».

Vers la stratégie « Algérie Numérique 2030 »

Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la stratégie « Algérie Numérique 2030 », qui fait du renforcement des compétences l’un de ses cinq piliers majeurs. Cette feuille de route ambitionne de former jusqu’à 500 000 spécialistes des TIC et de réduire significativement la fuite des talents qualifiés.

Dans un contexte marqué par un chômage encore élevé, notamment chez les jeunes, ces efforts sont présentés comme une réponse structurelle. Selon l’enquête « Activité, Emploi et Chômage » de l’Office national des statistiques (ONS) pour 2024, le taux de chômage global s’élève à 9,7 %. La Banque mondiale estime, de son côté, le chômage des jeunes à 29,4 % en 2024, contre 29,9 % l’année précédente.

Au‑delà des perspectives d’emploi, la formation numérique vise également à faciliter l’adoption des services digitaux, à renforcer l’inclusion numérique et à améliorer la protection des utilisateurs dans un environnement de plus en plus connecté.

Isaac K. Kassouwi

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Le transport routier assure l’essentiel des échanges de marchandises au Maroc. Les autorités veulent accélérer la numérisation du secteur pour moderniser sa gestion et renforcer la sécurité routière.

Selon les données sectorielles, le transport routier représente plus de 75 % des flux de marchandises au Maroc et constitue l’un des piliers de la logistique nationale. Face à la croissance des échanges et à l’augmentation du trafic, les autorités marocaines accélèrent la numérisation du secteur afin d’améliorer la sécurité routière, moderniser les services administratifs et renforcer le suivi des activités de transport.

C’est dans ce contexte que le ministère du Transport et de la Logistique a signé, le jeudi 15 mai à Rabat, une convention de partenariat avec la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) et sa filiale CDG Incept. L’accord vise à accompagner la mise en œuvre de la feuille de route digitale du transport routier, dans le cadre de la stratégie nationale « Digital Morocco 2030 ».

Le partenariat prévoit la création d’une plateforme numérique intégrée dédiée au transport routier, incluant un système de chronotachygraphe numérique. Ce dispositif permettra de suivre en temps réel plusieurs données relatives aux véhicules, notamment la vitesse, les distances parcourues, les temps de conduite ou encore la localisation des camions et autocars.

Selon le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, cette solution doit permettre aux conducteurs et aux entreprises de transport d’assurer un suivi numérique plus précis de leurs opérations, tout en facilitant l’accès aux services administratifs. Les usagers pourront effectuer certaines démarches à distance via une plateforme centralisée, sans devoir se déplacer dans les services du ministère.

Les autorités veulent également utiliser ces outils numériques pour renforcer la sécurité routière. Le Maroc enregistre encore plusieurs milliers d’accidents de la route chaque année. D’après l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA), plus de 143 000 accidents corporels ont été recensés en 2024 dans le pays, causant plus de 4000 décès. Le suivi numérique des temps de conduite et des déplacements des véhicules pourrait ainsi contribuer à limiter certaines infractions liées à la fatigue, aux excès de vitesse ou au non‑respect des règles de circulation.

Cette transformation numérique intervient également dans un contexte de modernisation progressive de la logistique marocaine. Selon le ministère du Transport, le secteur contribue à environ 5 % du PIB national et joue un rôle stratégique dans les échanges commerciaux du royaume avec l’Europe et l’Afrique. Le développement des infrastructures portuaires, notamment autour du complexe Tanger Med, a accru les besoins en solutions numériques capables d’améliorer la traçabilité des marchandises et l’efficacité des chaînes logistiques.

Pour la CDG, ce projet constitue une première étape dans l’accompagnement de la digitalisation des procédures du ministère. Les travaux devraient s’étaler sur environ six mois. À terme, les autorités espèrent bâtir un écosystème numérique capable d’améliorer la gouvernance du transport routier, de fluidifier les opérations et de rapprocher davantage les services publics des professionnels et des citoyens.

Samira Njoya 

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La transformation numérique des administrations devient un enjeu stratégique sur le continent. En Guinée, les autorités misent sur plusieurs projets structurants pour moderniser les services publics et renforcer leur performance.

La Guinée accélère la modernisation de son administration publique. Le ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique a présenté, le vendredi 15 mai à Conakry, neuf projets stratégiques destinés à renforcer la numérisation des services publics, améliorer la gestion administrative et moderniser les outils de gouvernance de l’État.

Les initiatives portent notamment sur la numérisation des services publics à travers le Guichet unique des services publics (GUSP), la modernisation des systèmes de gestion des ressources humaines et le déploiement d’équipements numériques au sein de l’administration. Le programme prévoit également une cartographie détaillée de l’administration publique, un recensement des systèmes informatiques actuellement utilisés pour la gestion du personnel ainsi que le renforcement des capacités des agents publics à l’utilisation des outils numériques.

Les autorités veulent aussi réhabiliter et moderniser le Gouv‑Lab, restructurer les établissements publics administratifs (EPA) et rationaliser l’intervention de l’État afin d’améliorer la coordination administrative. Des outils digitaux, dont la plateforme FUGAS dédiée à la gestion des ressources humaines publiques, doivent également être renforcés. Selon le ministère chargé de la Fonction publique, ces projets doivent permettre de réduire les lourdeurs administratives, renforcer la transparence et améliorer l’accès des citoyens et des entreprises aux services publics.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Simandou 2040, présenté par les autorités comme la nouvelle feuille de route économique et institutionnelle de la Guinée pour les quinze prochaines années. Longtemps associé au gigantesque projet minier de Simandou, ce programme englobe désormais plusieurs réformes liées au numérique, à la gouvernance publique et au développement des infrastructures. Les autorités cherchent ainsi à bâtir une administration plus performante et davantage orientée vers les résultats, dans un contexte où plusieurs pays africains accélèrent la transformation numérique de leurs services publics.

Les nouveaux projets interviennent alors que la Guinée a déjà engagé plusieurs initiatives dans le domaine de l’e‑gouvernement ces dernières années. Le pays dispose désormais d’un portail national de services publics donnant accès à plusieurs démarches administratives en ligne, notamment les demandes de passeport, de visa, d’actes d’état civil ou encore de permis biométriques. Le gouvernement a également lancé des plateformes numériques comme eTax pour la télédéclaration et le télépaiement des impôts, tandis que l’Agence nationale de digitalisation de l’État (ANDE), créée en 2022, pilote plusieurs projets liés à l’interconnexion des administrations, au développement de solutions numériques publiques et au déploiement du réseau métropolitain de fibre optique de Conakry.

Au‑delà de la modernisation administrative, les enjeux sont également économiques. La Guinée espère améliorer le climat des affaires, renforcer l’efficacité de l’action publique et faciliter les interactions entre l’administration, les citoyens et les entreprises. Les autorités estiment aussi que la digitalisation des procédures pourrait contribuer à réduire les délais administratifs, renforcer la traçabilité des opérations et améliorer la transparence dans la gestion publique.

Samira Njoya

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Avec la transformation numérique, les pays africains préparent leurs citoyens aux compétences de demain. Par exemple, la Banque mondiale indique que près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.

Le gouvernement djiboutien a lancé une étude de faisabilité en vue de la création de « Maisons du numérique » dans les cinq régions de l’intérieur du pays. L’initiative s’inscrit dans le programme E-SKILLS, destiné à renforcer les compétences numériques de la population.

Dans un communiqué publié le mercredi 13 mai, le ministère délégué chargé de l’Économie numérique et de l’Innovation précise que cette étude constitue une étape déterminante pour définir les modalités de déploiement de ces espaces de proximité. Ceux-ci sont conçus comme des leviers d’inclusion numérique et de réduction de la fracture digitale.

« Les futures Maisons du numérique auront vocation à renforcer l’accès aux compétences numériques, accompagner les populations dans leurs usages du digital, encourager l’innovation locale et favoriser l’émergence d’opportunités économiques au sein des régions », indique le communiqué relayé sur les réseaux sociaux.

Ces structures devraient rapprocher le programme E-SKILLS des populations locales. Celui-ci vise à former au moins 3000 jeunes et femmes d’ici 2029, pour un coût estimé à 7 millions d’euros (environ 8,1 millions de dollars). Le projet s’inscrit dans la Vision Djibouti 2035, la feuille de route « Smart Nation » et le Plan national de développement 2025-2030, qui ambitionnent de positionner le pays comme un hub régional de compétences numériques.

Les compétences numériques sont considérées comme un levier de la transformation numérique. Elles constituent également un enjeu majeur en Afrique, où la problématique de l’emploi des jeunes reste particulièrement préoccupante. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), 90 % des métiers dans le monde nécessiteront une certaine compétence numérique d’ici 2030. À la même échéance, la Banque mondiale estime que 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne dépendront de ces aptitudes.

En 2024, le chômage des jeunes djiboutiens âgés de 15 à 24 ans atteignait 76,32 % selon la Banque mondiale, soit près de cinq fois la moyenne mondiale (15,7 %). La même année, seuls 23,7 % des personnes en âge de travailler occupaient un emploi, l’un des niveaux les plus faibles parmi les membres de l’Organisation de coopération islamique (OCI), selon le Centre de recherches statistiques, économiques et sociales et de formation pour les pays islamiques (SESRIC).

Au-delà des compétences, les Maisons du numérique peuvent également contribuer à réduire la fracture digitale dans un pays où la connectivité reste inégalement répartie. Selon l’Union internationale des télécommunications, la couverture 4G atteignait 76 % de la population en 2024, tandis que le taux de pénétration d’Internet s’établissait à 65,3 %.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Le pays a lancé un vaste chantier de modernisation de ses services publics afin de les rendre plus accessibles et efficaces par le numérique. Les archives administratives constituent un axe central de la réforme, avec l’objectif de les centraliser.

Le gouvernement tchadien a officiellement lancé, le jeudi 14 mai à N’Djamena, une plateforme numérique dédiée au Journal officiel de la République. Accessible via journalofficiel.td, ce portail vise à moderniser l’accès aux textes juridiques et administratifs, renforcer la transparence de l’action publique et faciliter la diffusion des informations officielles auprès des citoyens, des entreprises et des institutions.

La nouvelle plateforme centralise désormais les lois, décrets, communiqués officiels, avis d’appels d’offres, marchés publics approuvés ainsi que différents textes réglementaires publiés par l’État. Le portail permet également de consulter plus de 68 années d’archives administratives et réglementaires, couvrant la période allant de 1958 à aujourd’hui.

Financé par l’Union européenne et mis en œuvre avec l’appui du PNUD, le projet s’inscrit dans les efforts engagés par les autorités pour accélérer la transformation numérique de l’administration tchadienne. L’objectif est de sécuriser et préserver la mémoire administrative nationale tout en garantissant un accès plus rapide et plus large aux documents officiels. Le gouvernement souhaite également améliorer la transparence autour des marchés publics et renforcer la fiabilité de l’information administrative diffusée aux citoyens.

Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs pays africains accélèrent la numérisation de leurs services publics afin d’améliorer la gouvernance, réduire les délais administratifs et faciliter l’accès à l’information publique. La dématérialisation des journaux officiels apparaît également comme un moyen de renforcer la sécurité juridique et de simplifier les démarches des citoyens, des investisseurs et des professionnels du droit.

Au-delà de la modernisation administrative, le pays cherche à améliorer l’accès à l’information juridique et à renforcer l’attractivité du pays pour les investisseurs. La maîtrise nationale des infrastructures et des archives numériques constitue un enjeu stratégique pour construire une administration plus efficace, plus transparente et davantage accessible sur l’ensemble du territoire.

Samira Njoya

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La numérisation des services financiers gagne du terrain en Algérie. Entre hausse du nombre de cartes bancaires, déploiement des terminaux de paiement et progression des transactions électroniques, le pays cherche à installer durablement les usages numériques dans l’économie.

L’Algérie poursuit l’accélération de sa transition vers les paiements numériques. Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a annoncé le jeudi 14 mai devant le Conseil de la nation que le pays comptait, à fin mars 2026, plus de 22 millions de cartes de paiement en circulation, dont près de 18 millions de cartes Edahabia émises par Algérie Poste. Cette progression s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique engagée par les autorités pour renforcer l’inclusion financière et moderniser les services de paiement.

Les chiffres communiqués par le ministère témoignent de cette progression. Le parc national de distributeurs automatiques de billets a atteint 4713 appareils à fin mars 2026, pour environ 235 millions d’opérations enregistrées. Le nombre de terminaux de paiement électronique (TPE) dépasse désormais les 104 000 unités, contre environ 68 000 à fin 2024, traduisant une accélération importante du déploiement des équipements chez les commerçants.

L’utilisation des moyens de paiement numériques progresse également en valeur. Selon les données du GIE Monétique, les paiements électroniques réalisés via TPE, Internet et mobile ont atteint 939 milliards de dinars (7 milliards $) en 2025, en hausse de 46 % sur un an. Les paiements sur Internet ont particulièrement progressé, avec plus de 27 millions de transactions enregistrées pour une valeur dépassant 145 milliards de dinars. Les transferts d’argent via mobile ont eux aussi connu une forte croissance, stimulés notamment par les applications BaridMob et Wimpay.

Cette dynamique est portée par plusieurs réformes engagées ces dernières années. Les autorités ont notamment créé, en 2024, une Commission nationale des moyens de paiement électronique afin d’accélérer le développement de la monétique et d’améliorer la sécurité des transactions. En parallèle, l’extension des services publics numériques, l’essor du commerce électronique et la généralisation progressive des paiements en ligne contribuent à modifier les habitudes de consommation dans un pays historiquement dominé par les paiements en espèces.

Le développement du e-paiement reste toutefois confronté à plusieurs défis. Malgré l’augmentation rapide du nombre de cartes et de TPE, l’usage du cash demeure largement dominant dans l’économie algérienne. Selon des données relayées récemment par le GIE Monétique, moins de 10 % des commerçants du pays disposent actuellement d’un terminal de paiement électronique.

Les autorités misent néanmoins sur la poursuite de la numérisation des services financiers pour accélérer l’adoption des paiements électroniques. Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse la simple modernisation des transactions : il s’agit aussi de réduire l’économie informelle, d’améliorer la traçabilité des flux financiers et de favoriser une plus grande inclusion financière dans le pays.

Samira Njoya

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Les pays africains misent de plus en plus sur le numérique pour soutenir leur développement socio-économique. Pour y parvenir, ils doivent investir davantage dans la cybersécurité.

Le Liberia s’est doté d’un laboratoire de cybersécurité et d’investigation numérique. Le dispositif vise à renforcer les capacités du pays face à la montée des menaces cybernétiques.

Une délégation de la CEDEAO a effectué une visite d’inspection de l’infrastructure le mardi 12 mai. L’organisation sous-régionale a ainsi évalué le niveau de conformité et de performance du laboratoire, dans le cadre de son dispositif de suivi et d’évaluation des initiatives liées à la cybersécurité dans les États membres, conformément à sa stratégie régionale en la matière.

Une infrastructure de pointe dédiée à la cybersécurité

Selon le ministère des Postes et Télécommunications, le laboratoire est équipé d’outils de criminalistique numérique de dernière génération, de systèmes de surveillance des menaces en temps réel, de capacités avancées de réponse aux incidents, ainsi que d’équipements spécialisés de formation. « Ce laboratoire de classe mondiale renforce considérablement la capacité du pays à enquêter sur les cybercrimes, à récupérer des preuves numériques, à analyser les menaces et à se défendre contre les risques cyber émergents », indique le ministère dans un communiqué publié sur Facebook.

Un précédent communiqué du ministère datant de 2024 lors du lancement du projet précisait que le laboratoire serait structuré en deux principales sections : une cellule de réponse aux incidents informatiques (CERT) et une unité de criminalistique numérique. La première sera chargée de répondre aux menaces numériques, notamment les cyberattaques et tentatives de piratage, tout en assurant la surveillance des systèmes, l’atténuation des risques et la formation des acteurs de la sécurité. La seconde sera dédiée aux enquêtes, permettant aux forces de l’ordre de collecter et analyser des preuves numériques dans des affaires telles que la fraude financière ou le trafic de drogue.

Un projet soutenu par la CEDEAO depuis 2019

Les prémices de cette initiative remontent à 2019, lorsque la CEDEAO s’était engagée à fournir au Liberia environ 400 millions de dollars d’équipements de criminalistique numérique, sous réserve de la mise à disposition d’un site adapté. Toutefois, des retards liés à l’acquisition de 100 000 dollars destinés aux travaux de rénovation ont freiné sa mise en œuvre pendant plusieurs années. Le projet a néanmoins connu une accélération en 2024, notamment sous la houlette du président Joseph Boakai.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts des autorités pour sécuriser le cyberespace national dans un contexte marqué par la montée des menaces numériques. Dans son « Cybercrime Africa Cyberthreat Assessment 2025 », Interpol souligne que l’essor des services numériques, des réseaux sociaux, du commerce en ligne et de la banque mobile a favorisé l’expansion de la cybercriminalité en Afrique. Le rapport indique que celle-ci représente plus de 30 % des infractions signalées en Afrique de l’Ouest et de l’Est en 2024, tandis que les pertes financières cumulées sur le continent entre 2019 et 2025 sont estimées à plus de 3 milliards de dollars.

Dans ce contexte, l’Union internationale des télécommunications (UIT) appelle les États à renforcer leurs dispositifs de cybersécurité afin de tirer pleinement parti des opportunités du numérique. Elle classe actuellement le Liberia à l’avant-dernier niveau de son Indice global de cybersécurité (2024), saluant des progrès en matière de cadre réglementaire et de coopération, mais pointant encore des insuffisances sur les plans technique, organisationnel et du développement des compétences. 

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Dans un contexte de forte demande en emplois qualifiés, les compétences numériques prennent une place de plus en plus importante. Orange intensifie ses actions pour soutenir l’insertion professionnelle des jeunes en Afrique.

Investir dans le plus grand atout de l’Afrique : sa jeunesse. C’est autour de cet axe que le groupe Orange a dévoilé le mardi 12 mai, lors du Sommet Africa Forward organisé à Nairobi, une nouvelle phase de son engagement en faveur de l’employabilité des jeunes sur le continent.

Dans le cadre de sa stratégie de transformation socio-économique, l’opérateur ambitionne de former plus de 3 millions de jeunes d’ici 2030 aux métiers du numérique, notamment dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le cloud ou encore l’entrepreneuriat. Ces formations, gratuites et certifiantes, seront déployées à travers un réseau élargi d’infrastructures dédiées.

Pour soutenir cet objectif, Orange prévoit l’ouverture de 50 nouveaux Orange Digital Centers, portant leur nombre total à 100 en Afrique et au Moyen-Orient. Le dispositif s’appuiera également sur des partenariats académiques, avec plus de 167 universités, ainsi que sur des plateformes d’apprentissage internationales comme Coursera. L’ambition est de renforcer l’accès aux compétences numériques et de mieux aligner les formations aux besoins du marché du travail.

Au-delà de la formation, le groupe entend également accélérer l’insertion professionnelle des jeunes. Orange prévoit ainsi d’accompagner plus de 500 start-up à l’horizon 2030, en s’appuyant sur un dispositif qui a déjà permis de soutenir plus de 400 jeunes entreprises sur le continent. L’objectif est de transformer les compétences acquises en opportunités économiques concrètes, dans des secteurs porteurs comme la fintech, la santé, l’agriculture ou encore le e-commerce.

Cette orientation vers l’emploi se matérialise notamment à travers le programme « Master Repair », développé en partenariat avec la GIZ. Déployé au Maroc, en Tunisie, au Sénégal et en Égypte, ce projet vise à former des jeunes aux métiers techniques liés à la réparation d’équipements électroniques, ainsi qu’à l’installation et à la maintenance de solutions énergétiques et de connectivité.

À mi-parcours, le programme a déjà permis à 285 jeunes d’acquérir des compétences opérationnelles, avec une attention particulière portée à l’inclusion : 26 % des bénéficiaires sont des femmes et près d’un tiers sont des personnes en situation de handicap. Le projet entre désormais dans une phase dédiée à l’insertion professionnelle, avec un accompagnement renforcé vers l’emploi salarié ou l’auto-emploi.

En combinant formation, accompagnement entrepreneurial et insertion professionnelle, Orange cherche à répondre à l’un des principaux défis du continent : la création d’emplois pour une population jeune en forte croissance. Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique plus large visant à faire du numérique un levier d’inclusion économique et sociale en Afrique.

Samira Njoya

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Les infrastructures critiques, notamment dans le transport aérien, figurent parmi les cibles privilégiées des cyberattaques. Face à ces risques, le Gabon engage un renforcement de la sécurité de ses systèmes numériques pour garantir la continuité des opérations.

Le Gabon veut renforcer la protection de ses systèmes numériques dans le secteur de l’aviation civile. L’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) a annoncé à cet effet le jeudi 7 mai, la signature d'un accord de partenariat avec l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF). L'initiative vise à sécuriser les infrastructures critiques et à moderniser les systèmes d’information du secteur aérien.

Dans le cadre de cet accord, l’ANINF accompagnera l’ANAC dans la modernisation de ses systèmes numériques. L’objectif est de renforcer la sécurité des infrastructures informatiques, d’améliorer la gestion des données sensibles et d’optimiser les outils de gestion et de communication utilisés dans l’administration de l’aviation civile.

Le partenariat prévoit également une montée en capacité des systèmes de continuité de service et une amélioration de la résilience face aux incidents numériques. Les deux institutions travaillent aussi sur l’interopérabilité des systèmes d’information, afin de faciliter un échange sécurisé et structuré des données entre administrations.

Un cadre de transformation numérique plus large

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique portée par les autorités gabonaises, qui font de la souveraineté numérique et de la modernisation de l’administration des priorités. Elle est également alignée avec les standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui encourage les États à renforcer la cybersécurité de leurs infrastructures aéronautiques.

Le partenariat intervient dans un contexte international marqué par la recrudescence et la montée croissante des cyberattaques ciblant les systèmes d’aviation civile et les infrastructures critiques. Face aux nouveaux défis liés à l’interconnexion des environnements IT (Technologies de l’Information) et OT (Technologies Opérationnelles), la protection des systèmes numériques, la sécurisation des données sensibles ainsi que la continuité des opérations deviennent des objectifs centraux.

Vers une administration plus résiliente et interconnectée

Au-delà du secteur aérien, cette coopération illustre la volonté du Gabon de construire une administration plus sécurisée et mieux interconnectée. En structurant ses systèmes autour de standards de cybersécurité plus élevés, le pays cherche à renforcer la fiabilité de ses services publics numériques et la protection de ses données stratégiques.

Samira Njoya

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