Selon la Banque mondiale, le secteur forestier est le premier employeur privé au Gabon, avec près de 15 000 emplois. Les autorités cherchent désormais à renforcer la gouvernance de cette filière stratégique, notamment à travers des outils numériques de suivi.

Le gouvernement gabonais a annoncé, le jeudi 12 mars la mise en place d’une centrale numérique de données destinée à assurer la traçabilité complète des grumes, de la forêt au port d’exportation. L’annonce a été faite par le ministre des Eaux et forêts, Maurice Ntossui Allogo, lors d’une communication consacrée à la modernisation de la filière bois et à l’amélioration du suivi des ressources naturelles du pays.

Le dispositif prévu reposera sur la digitalisation et la centralisation des données forestières. Il permettra notamment le suivi de chaque arbre dès la phase d’aménagement, avec l’intégration de la géolocalisation GPS avant la coupe,  le cubage du bois extrait, ainsi que le contrôle des quantités envoyées aux usines, transformées puis exportées. L’objectif est également d’harmoniser les informations entre les différentes administrations impliquées, notamment les services des Eaux et Forêts et ceux des Douanes.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par des incohérences dans les statistiques du secteur. Selon les données communiquées par le ministère, 1,5 million de m³ de grumes ont généré plus de 42 milliards FCFA (73,5 millions $) en 2024, contre plus de 3 millions de m³ en 2025 pour seulement 31 milliards FCFA de recettes. Des écarts que les autorités jugent difficiles à expliquer et qui mettent en évidence des insuffisances dans le système actuel de suivi et de contrôle des données.

En mettant en place cette centrale numérique, les autorités entendent renforcer la transparence, améliorer la fiabilité des statistiques, réduire les risques de fraude et consolider la souveraineté forestière du Gabon. À terme, l’outil devrait permettre un meilleur contrôle de la chaîne de valeur, de la production à l’exportation, et soutenir une gestion plus efficace et durable des ressources naturelles.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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L’Angola poursuit le développement de son secteur spatial. Le pays dispose déjà d’un satellite de télécommunications, AngoSat-2, utilisé notamment pour accélérer la couverture du réseau sur l’ensemble du territoire.

Les autorités angolaises ont procédé, lundi 16 mars, au lancement officiel du projet de construction et de mise en orbite du premier satellite d’observation de la Terre du pays,  ANGEO-1. D’un coût estimé à environ 225 millions d’euros (259 millions USD), l’appareil est développé en partenariat avec Airbus.

Les travaux ont été lancés dans les locaux d’Airbus Defence and Space à Toulouse, en France, par Mário Augusto da Silva Oliveira (photo, à gauche), ministre des Télécommunications, des Technologies de l’information et de la Communication sociale. Lors de la cérémonie, le ministre a souligné que ANGEO-1 permettra à Angola d’accéder de manière souveraine et directe à plus de 1000 images à haute résolution par jour, d’après un communiqué du Bureau de gestion du Programme spatial national (GGPEN) qui faisait partie de la délégation angolaise.

« Cette capacité sera essentielle pour soutenir le développement économique, la gestion durable des ressources naturelles et la sécurité du territoire, renforçant la capacité du pays à élaborer des politiques publiques et à prendre des décisions stratégiques fondées sur des données concrètes », peut-on lire dans le communiqué.

Le projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme spatial national. Les autorités ambitionnent « de transformer la République d’Angola d’un simple utilisateur de services, de produits et de technologies spatiales en un opérateur et producteur de ces mêmes technologies, assurant ainsi son indépendance technologique spatiale ». Outre les télécommunications, un programme d’observation de la Terre est également prévu, visant la surveillance environnementale, l’agriculture de précision, la gestion des ressources naturelles et la prévention des catastrophes.

Dans ce contexte, le président de la République, João Lourenço, a annoncé en octobre 2025 la création de l’Agence spatiale angolaise. Le « Livre blanc des TIC 2023–2027 » prévoit également la création d’un centre d’études spatiales, la formation d’experts nationaux, ainsi que le développement d’infrastructures de communication, de navigation et de météorologie. 

Isaac K. Kassouwi

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Dans un contexte de diversification économique, le Botswana cherche à renforcer la compétitivité de ses zones économiques spéciales. Le développement d’infrastructures numériques apparaît comme un levier clé pour attirer les investisseurs et moderniser ces espaces.

L’opérateur Orange Botswana et l’Autorité des zones économiques spéciales (SEZA) ont scellé, le vendredi 13 mars, un partenariat stratégique pour moderniser les infrastructures numériques des pôles d'investissement du pays. Ce protocole d’accord définit un cadre de collaboration axé sur l’innovation technique et le déploiement de solutions connectées sur mesure.

« La connectivité numérique est désormais un facteur essentiel de la compétitivité économique. Grâce à cette collaboration, nous visons à renforcer les capacités en matière de TIC et de télécommunications dans ces zones afin que les entreprises qui y opèrent puissent bénéficier de solutions numériques modernes », a indiqué la directrice générale d’Orange Botswana, Nene Maiga (photo, à gauche).

Le cœur de ce partenariat repose sur l'intégration de technologies de pointe dans les zones économiques. Orange Botswana prévoit notamment d'y déployer des services basés sur l’Internet des objets (IoT) pour la gestion des services publics, des systèmes de sécurité intelligente, ainsi que des solutions de connectivité avancées. L'objectif est de transformer ces espaces en écosystèmes intelligents, capables de répondre aux exigences de productivité des investisseurs internationaux.

Ce partenariat s’inscrit dans la stratégie du Botswana visant à diversifier son économie au-delà du secteur minier, en misant sur l’industrialisation et l’attraction d’investissements étrangers. Les zones économiques spéciales constituent à cet égard des instruments clés de politique économique. Elles offrent un cadre réglementaire et fiscal incitatif destiné à attirer des entreprises industrielles, logistiques et de services. Dans un contexte de transformation numérique, leur compétitivité repose de plus en plus sur la qualité des infrastructures technologiques, notamment la connectivité, les plateformes numériques et les services intelligents.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Avec plus de deux millions d’enfants hors école et un enseignement supérieur en quête de modernisation, le gouvernement malien mise sur un partenariat avec Orange Mali pour accélérer la transition numérique des campus.

Lors d’une audience accordée le vendredi 13 mars au nouveau directeur général d’Orange Mali, M. Leyti N’Diaye, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Bouréma Kansaye, a réaffirmé la volonté du gouvernement d’approfondir la collaboration avec l’opérateur télécom. D’après le communiqué officiel du gouvernement malien, quatre chantiers ont structuré les discussions, à savoir la connectivité des universités, la digitalisation de l’enseignement, le développement de bibliothèques numériques et la création d’une Université numérique. Ce dernier projet, présenté comme prioritaire, vise à « moderniser et à élargir l’accès à l’enseignement supérieur au Mali ».

Le ministre a mis l’accent sur l’importance stratégique d’Orange Mali dans le développement numérique du pays, saluant la qualité du partenariat existant entre l’opérateur et son département. Le directeur général, lui, a présenté sa visite comme une démarche de prise de contact destinée à consolider cette coopération. Au‑delà du protocole, l’ambition est plus large. Connectivité des campus, ressources documentaires en ligne et enseignement à distance doivent, ensemble, réduire le manque d’accès, l’obsolescence pédagogique et le décalage persistant entre formations et emplois.

Un pari sur l’avenir dans un contexte éducatif sous pression

Cette initiative prend forme dans un contexte marqué par de profondes fragilités. Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), plus de deux millions d’enfants maliens âgés de 5 à 17 ans ne vont toujours pas à l’école, et plus de la moitié des jeunes de 15 à 24 ans sont analphabètes. La situation s’est aggravée avec l’insécurité. D’après les données de la Cellule de planification et de statistiques du secteur de l’éducation, 2036 écoles étaient fermées en juin 2025, privant de scolarisation quelque 610 800 enfants.

À l’université, la pression est tout aussi forte. Selon le Bulletin statistique de la Direction générale de l’enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (DGESRS), les effectifs des établissements publics sont passés de 88 379 étudiants en 2019-2020 à 147 855 en 2021-2022, soit une progression de près de 39 % en deux ans. Une croissance rapide, mais encore trop peu inclusive. La part des femmes dans l’enseignement supérieur, bien qu’en hausse, ne dépassait pas 37,98 % en 2021-2022.

Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement supérieur au Mali reste parmi les plus bas du continent. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) l’estimait à 3 % pour les femmes et 6 % pour les hommes en 2019, dernières données disponibles pour le Mali. À titre de comparaison, ce taux atteignait 9 % en Afrique subsaharienne, loin des 42 % à l’échelle mondiale en 2024. Un écart qui mesure l’ampleur du chemin à parcourir. Les États généraux de l’éducation, tenus en janvier 2024, avaient d’ailleurs conclu à la nécessité d’une transformation fondamentale du système, notamment sur la qualité de l’enseignement, l’intégration des technologies et la formation des enseignants.

Le partenariat avec Orange Mali, s’il se concrétise, pourrait constituer un premier pas dans cette direction. Si l’élan est réel, les modalités concrètes, les échéances et les budgets restent à préciser, et c’est la formalisation d’un cadre opérationnel qui dira si cet accord de principe se traduit en actes.

Félicien Houindo Lokossou

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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La montée en puissance des services numériques renforce les enjeux liés à la gestion et à la protection des données personnelles. En RDC, les autorités veulent consolider un cadre robuste de gouvernance des données pour accompagner le développement de l’économie numérique.

La République démocratique du Congo accélère la mise en œuvre de sa gouvernance des données. Le ministère de l’Économie numérique a officialisé, le jeudi 12 mars à Kinshasa, le lancement du Réseau national des data protection officers (DPO). Ce regroupement de spécialistes vise à uniformiser les pratiques de gestion des données personnelles et à accompagner la mise en conformité des secteurs public et privé.

 

Cette initiative, soutenue par RUDI International et Droit‑Numérique.cd, intervient trois ans après l’adoption de l’ordonnance‑loi n°23/010 portant Code du numérique. Ce texte consacre les principes de licéité, de transparence et de sécurisation des traitements de données à caractère personnel. Dans cette architecture, les DPO font office de pivots. Ils garantissent le respect des standards techniques et juridiques au sein des organisations, tout en protégeant les droits fondamentaux des citoyens.

Pour le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba (photo), la structuration de ce vivier d’experts précède la création prochaine d’une Autorité nationale de protection des données. Au‑delà de l’aspect réglementaire, Kinshasa perçoit la sécurité des données comme un facteur d’attractivité économique. Un cadre robuste de gouvernance des données renforce la confiance des partenaires internationaux et favorise l’investissement dans les services technologiques à haute valeur ajoutée.

Cette démarche s’aligne sur les engagements de la RDC dans le cadre de la Convention de Malabo. En professionnalisant la fonction de DPO, le pays se met au diapason des standards de l’Union africaine en matière de cybersécurité. L’enjeu est de transformer les données, aujourd’hui ressources stratégiques, en leviers de croissance sécurisés face aux risques croissants de cybercriminalité et d’exploitation illicite des informations.

Samira Njoya

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Face à la dispersion des initiatives de soutien, le Rwanda centralise son écosystème tech. Avec le lancement d’Innovate Rwanda, Kigali crée un guichet unique numérique pour interconnecter start-up et investisseurs, visant à optimiser les flux de capitaux vers les projets à fort potentiel.

Le gouvernement rwandais a officialisé, jeudi 12 mars, le lancement d’Innovate Rwanda, une plateforme numérique nationale conçue pour centraliser l’écosystème d’innovation. Cet outil vise à interconnecter start-up, investisseurs, incubateurs et institutions afin de renforcer la coordination d’un secteur technologique devenu le pilier de la stratégie de croissance du pays en Afrique de l’Est.

Développée par le ministère des Technologies de l’Information et de l’Innovation (MINICT), la plateforme fait office de point d’accès unique aux programmes de financement et aux mécanismes de soutien. « Nous voulons créer un environnement où les innovateurs peuvent facilement accéder aux ressources, aux financements et aux partenaires nécessaires pour transformer leurs idées en solutions concrètes », a déclaré la ministre des TIC et de l’Innovation, Paula Ingabire (photo), lors du lancement du dispositif.

Un écosystème en expansion

Le lancement d’Innovate Rwanda intervient dans un contexte de croissance continue de l’écosystème technologique rwandais. Le pays compte aujourd’hui plus de 76 start-up actives selon les estimations des principaux acteurs de l’écosystème et des plateformes de suivi de l’innovation en Afrique de l’Est. Le pays abrite également plusieurs incubateurs et hubs technologiques, dont des structures soutenues par des partenariats publics et privés.

Selon le Global Startup Ecosystem Index 2025 du cabinet StartupBlink, le Rwanda occupe la 96ᵉ place mondiale, en progression de deux rangs. À l’échelle de l’Afrique de l’Est, le pays consolide sa 3ᵉ place, se positionnant comme un hub stratégique derrière l’Ouganda et devant la Somalie.

Innovate Rwanda offre aux investisseurs une meilleure visibilité sur les start-up locales grâce à des profils vérifiés et des indicateurs de performance, centralisant des informations auparavant dispersées et fluidifiant les processus de diligence raisonnable, afin de renforcer la confiance dans le pipeline d’investissement.

Une réponse aux défis de coordination

Au-delà de la visibilité, la plateforme répond à un enjeu structurel, en particulier le manque de coordination entre les multiples programmes de soutien à l’innovation. Selon les responsables du ministère, la centralisation des informations devrait permettre d’éviter les doublons entre incubateurs, d’identifier les lacunes du marché et d’orienter plus efficacement les financements vers les projets à fort potentiel.

Samira Njoya

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Face aux défis du développement, plusieurs pays africains se tournent vers les technologies numériques. L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme l’un des piliers de cette transformation.

Le gouvernement zimbabwéen a procédé, vendredi 13 mars, au lancement de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle pour la période 2026-2030. Cette feuille de route définit comment le Zimbabwe entend mettre l’IA au service de son développement socio-économique au cours des cinq prochaines années.

« Nous nous engageons à garantir que l’utilisation de l’intelligence artificielle soit centrée sur l’humain, transparente et exempte de biais. La protection de nos intérêts nationaux ainsi que la dignité de tous les Zimbabwéens demeurent au cœur des cadres juridiques que nous mettons en place », a déclaré le président Emmerson Mnangagwa (photo, au centre) dans son discours.

La stratégie repose sur quatre piliers : le développement des talents et des capacités, la souveraineté en matière d’infrastructures, l’adoption de l’IA et la gouvernance éthique. Elle définit plusieurs priorités, notamment l’intégration dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, les mines, la santé et l’éducation, afin d’améliorer la productivité, l’efficacité et la qualité des services.

La feuille de route prévoit également des incitations pour les entreprises et innovateurs qui adoptent les technologies d’IA, dans le but de favoriser une économie numérique dynamique et d’encourager le développement technologique local. Elle met aussi l’accent sur la conception de systèmes d’IA éthiques et centrés sur l’humain, respectueux des droits fondamentaux tout en soutenant une croissance inclusive.

Cette stratégie s’inscrit dans le cadre plus large des ambitions de transformation numérique des autorités zimbabwéennes. À travers le « Plan directeur Smart Zimbabwe 2030 », le gouvernement souhaite intégrer pleinement les TIC dans l’ensemble de la société et dans tous les secteurs de l’économie afin de favoriser un développement socio-économique rapide et durable.

Le plan cite notamment une étude de l’Union internationale des télécommunications (UIT) indiquant qu’une augmentation de 10 % du score de numérisation d’un pays entraîne une hausse de 0,75 % de son PIB par habitant. Pour l’heure, le Zimbabwe occupe la 149ᵉ place sur 193 pays dans l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, avec un score de 0,4481 sur 1, inférieur à la moyenne mondiale de 0,6382.

Quelques défis à prendre en compte

Comme toute technologie, l’intelligence artificielle comporte néanmoins des risques. Le président Mnangagwa a par exemple appelé au renforcement des lois et des cadres réglementaires afin de protéger les enfants et les citoyens dans l’espace numérique, à mesure que les technologies d’IA continuent de se développer.

L’UNESCO, qui a contribué à l’élaboration de la stratégie, a également évalué l’état de préparation du pays à l’IA. Dans un rapport publié en juillet 2025, l’organisation souligne que la stratégie doit être accompagnée d’un plan visant à gérer les principaux défis et risques liés à cette technologie. Ceux-ci incluent notamment la domination étrangère, la perte d’autonomie humaine, ainsi que les limites en matière de financement, d’infrastructures techniques et de capacités de recherche. Ces difficultés sont aggravées par l’émigration de talents hautement qualifiés.

Le Département des affaires économiques et sociales (DAES) des Nations unies reconnaît également le potentiel de l’IA pour soutenir le développement socio-économique, notamment dans son rapport « E-Government Survey 2024 ». Il met toutefois en garde contre certains risques, comme les biais dans les données, susceptibles d’entraîner une mauvaise représentation de certains groupes, ainsi que diverses préoccupations éthiques, sécuritaires et sociales.

Le DAES estime par ailleurs que la fracture numérique persistante constitue un défi majeur pour la mise en œuvre des technologies d’IA dans le secteur public, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Au Zimbabwe, 58,4 % de la population n’utilisait pas Internet en 2024, selon les données de l’UIT. Cette situation peut s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment la disponibilité du réseau télécoms, l’accessibilité d’appareils compatibles (ordinateurs, smartphones, tablettes) et le niveau de compétences numériques.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Avec un secteur du e-commerce estimé à 2,64 milliards de dollars d’ici 2030, le Ghana veut mettre fin à l'anarchie dans la livraison. La dématérialisation des licences constitue désormais la condition première pour identifier les opérateurs et sécuriser les transactions en ligne.

Le ministère de la Communication, de la Technologie numérique et des Innovations a officiellement lancé le jeudi 12 mars, iCOLMS-GH, une plateforme entièrement digitale destinée à encadrer les activités des services de messagerie et de livraison, un secteur en forte expansion porté par le commerce électronique.

iCOLMS-GH introduit un processus de licence entièrement numérique, permettant aux entreprises de messagerie et aux livreurs indépendants de s’enregistrer, de renouveler leurs autorisations et de vérifier leur conformité en ligne. La plateforme s’intègre aux infrastructures numériques nationales existantes, facilitant l’interconnexion avec les bases de données publiques afin d’améliorer la transparence et la traçabilité du secteur.

Cette initiative intervient dans un contexte de croissance rapide des plateformes de e-commerce et des services de livraison à domicile, qui ont profondément modifié les habitudes de consommation dans les grandes villes du pays. Cette dynamique a toutefois révélé des défis importants en matière de régulation, notamment la présence d’opérateurs non enregistrés et des difficultés de contrôle administratif. Le nouveau système vise donc à moderniser le cadre réglementaire tout en renforçant la sécurité des consommateurs.

Pour le consommateur, le dispositif mise sur la transparence. Le système permet de vérifier en temps réel le statut réglementaire d'un prestataire avant toute transaction, renforçant ainsi la sécurité des échanges. Pour l'administration, iCOLMS-GH constitue un levier de supervision efficace, capable de suivre l'évolution d'un marché qui devrait peser environ 2,64 milliards de dollars d’ici 2030 selon Statista.

En structurant la logistique du « dernier kilomètre » par le numérique, Accra sécurise un maillon essentiel de sa chaîne de valeur digitale. Une phase transitoire est actuellement ouverte pour permettre aux opérateurs de régulariser leur situation avant le lancement de contrôles renforcés sur l'ensemble du territoire.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Dans un contexte mondial marqué par l’économie de la connaissance et l’innovation, l’Algérie accélère la modernisation de son enseignement supérieur. L’installation d’une commission dédiée traduit la volonté de structurer le passage vers un modèle universitaire 4.0, plus numérique et tourné vers l’employabilité.

En Algérie, l’Université de la formation continue (UFC) a officiellement installé une commission chargée de piloter sa transition vers l’université dite de « quatrième génération » (4.0). Selon Algérie Presse Service (APS), qui a relayé l’information ce jeudi 12 mars, cette démarche « reflète l’orientation du secteur vers l’accompagnement des mutations technologiques mondiales et le renforcement du rôle de l’université dans le domaine de l’innovation ».

L’établissement public dédié à l’enseignement à distance y voit « une étape vers l’édification d’une université intelligente et innovante, capable de relever les défis de l’avenir et de contribuer efficacement au développement national et à l’économie de la connaissance ».

La commission s’appuie sur un socle numérique déjà bien avancé. En septembre 2025, lors de la Semaine nationale de l’enseignement numérique, le recteur Yahia Djaafri avait indiqué que l’UFC avait formé plus de 800 enseignants aux technologies de l’information et de la communication, finalisé 683 cours en ligne, dont 120 en anglais, et déployé 68 plateformes numériques dédiées aux étudiants. Sa formalisation en instance institutionnelle lui confère désormais les moyens d’aller plus loin.

Ce chantier s’inscrit dans une dynamique sectorielle plus large. Pour l’année universitaire 2024/2025, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique recense 1 530 230 étudiants, dont 938 673 femmes (63 %). Un volume qui traduit à la fois la massification du système et l’urgence d’en moderniser les contenus.

Sur le plan de la visibilité internationale, la trajectoire est nette. Avec 46 établissements référencés dans le classement QS Arab Region 2026, contre 17 en 2025 et 14 en 2024, l’Algérie se hisse au premier rang du Maghreb et du monde arabe en nombre d’universités classées. Il reste à convertir cette dynamique en employabilité concrète, défi central que le modèle 4.0 de l’enseignement supérieur est précisément appelé à relever.

Félicien Houindo Lokossou

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Avec un déficit de 220 MW à Libreville, le Gabon fait face à un défi énergétique majeur pour ses ambitions technologiques. La mobilisation de financements pour injecter 200 MW dans le réseau est désormais la condition première au fonctionnement du futur data center IA.

Le Gabon a conclu, le mercredi 11 mars, une mission économique à Washington visant à sécuriser les bases énergétiques de son futur écosystème numérique. Conduite par le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, et le ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, la délégation gabonaise a rencontré investisseurs et institutions américaines afin d’explorer des solutions de financement pour accroître la capacité électrique du pays.

Coordonnée par l’entreprise technologique américaine Cybastion, la mission visait notamment à mobiliser 200 MW supplémentaires de production d’électricité, considérés comme nécessaires pour soutenir les projets industriels et numériques en cours. Lors d’une table ronde organisée par la Chambre de commerce des USA, les responsables gabonais ont présenté aux entreprises américaines les opportunités d’investissement dans les infrastructures énergétiques de leur pays.

Selon les autorités, la région de Libreville fait face à un déficit énergétique estimé à environ 220 MW, un manque de capacité qui limite l’expansion des infrastructures numériques à forte intensité énergétique. Dans ce contexte, la sécurisation de nouvelles sources d’électricité constitue une condition préalable au développement du centre de données national dédié à l’intelligence artificielle, conçu pour héberger et traiter localement les données publiques et privées du pays, afin de réduire la dépendance aux infrastructures étrangères et renforcer la souveraineté numérique.

Ce projet s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique conclu en janvier dernier entre le gouvernement gabonais et Cybastion pour développer les infrastructures numériques nationales. L’accord prévoit notamment la construction d’un data center de nouvelle génération à Libreville, destiné à héberger et traiter localement les données publiques et privées du pays, afin de réduire la dépendance aux infrastructures étrangères et renforcer la souveraineté numérique.

Au-delà des infrastructures, le partenariat comprend également un volet de développement des compétences. À travers le programme Africa DigiEmpower, mis en œuvre avec la Cisco Networking Academy, environ 1000 jeunes Gabonais devraient être formés aux métiers du numérique et de la cybersécurité.

Samira Njoya

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