En Guinée, l’agriculture mobilise près de 58 % de la population active. Pour renforcer la productivité et sécuriser la filière, le gouvernement mise sur le numérique, modernisant la gestion des intrants et soutenant directement les producteurs.
La Guinée a officiellement lancé, le jeudi 15 janvier à Conakry, sa plateforme digitale de gestion des intrants agricoles. Portée par le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, l’initiative vise à moderniser l’accès des producteurs aux engrais, semences et autres intrants stratégiques, dans un contexte où la performance du secteur agricole demeure un enjeu central pour la sécurité alimentaire et la croissance économique du pays.
Conçue comme un outil de pilotage et de transparence, la plateforme permet de centraliser les opérations liées à la commande, à la distribution et au suivi des intrants agricoles. Elle ambitionne de réduire les dysfonctionnements structurels de la filière, notamment les retards de livraison, les problèmes de qualité et les inégalités d’accès entre producteurs. Développée avec l’appui du Projet de production alimentaire d’urgence (PPAU), financé par la Banque africaine de développement (BAD), elle constitue la pierre angulaire de la stratégie nationale de fourniture durable des intrants agricoles.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme du secteur agricole guinéen, amorcée à l’issue des États généraux du secteur agropastoral tenus en 2024. Les autorités cherchent à repositionner l’État comme régulateur et garant de la qualité, tout en renforçant le rôle du secteur privé dans l’importation et la distribution des intrants. Une approche alignée sur les orientations de plusieurs pays africains qui misent sur la digitalisation pour améliorer l’efficience des chaînes de valeur agricoles.
Sur le terrain, les défis restent importants pour les producteurs guinéens. L’agriculture représente environ 30 % du PIB et repose majoritairement sur de petites exploitations à faible productivité. L’accès limité à des intrants de qualité, les coûts élevés, les circuits de distribution peu structurés et la dépendance aux aléas climatiques freinent les rendements. Selon les données de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), l’utilisation d’engrais en Guinée reste nettement inférieure à la moyenne africaine, ce qui pèse sur la compétitivité du secteur et les revenus des agriculteurs.
En misant sur la digitalisation pour restructurer un segment stratégique de son économie, les autorités espèrent contribuer à une meilleure allocation des intrants, à une réduction des coûts logistiques et à un ciblage plus efficace des politiques de soutien aux producteurs. En posant les bases d’un système plus transparent et traçable, la plateforme ouvre également la voie à d’autres services numériques agricoles, tels que l’identification des producteurs ou le suivi des performances des filières. Un levier stratégique pour renforcer la productivité, sécuriser les approvisionnements et accompagner la transformation durable de l’agriculture guinéenne.
Samira Njoya
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À l’heure où les données personnelles deviennent un actif stratégique pour les États, le Burundi renforce son arsenal juridique pour encadrer leur collecte et leur usage. Une étape clé pour sécuriser la transformation numérique, protéger les citoyens et instaurer la confiance.
Le Burundi s’est doté d’un cadre juridique dédié à la protection des données à caractère personnel. Réunis en séance plénière le jeudi 15 janvier à Kigobe, les députés de l’Assemblée nationale ont adopté à l’unanimité le projet de loi encadrant la collecte, le traitement et l’exploitation des données personnelles, dans un contexte de numérisation croissante de l’administration et des services publics.
Données personnelles : le Burundi verrouille l’ère numérique
— Irebe FM (@IrebeFM) January 15, 2026
Une Assemblée en mode responsabilité
L’Assemblée nationale s’est réunie ce 15 janvier 2026, au Palais des Congrès de Kigobe, sous la présidence de Daniel Gélase Ndabirabe, afin d’analyser et d’adopter le projet de loi… pic.twitter.com/NRu0IhKEsK
Portée par le ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, la nouvelle loi vise à combler un vide juridique alors que l’usage des outils numériques s’intensifie dans l’administration publique, le secteur privé et la vie quotidienne. La généralisation des systèmes informatisés, la numérisation du fichier électoral ou encore le déploiement progressif de la carte nationale d’identité biométrique ont accru la production de données sensibles, jusque‑là peu encadrées par le droit burundais.
Le texte pose les principes fondamentaux de protection de la vie privée, en insistant sur le respect des droits et libertés fondamentales des personnes physiques. Il instaure plusieurs régimes de protection des données et prévoit la création d’une autorité administrative indépendante chargée de veiller à leur mise en œuvre, un dispositif aligné sur les standards internationaux en matière de gouvernance numérique.
Sur le plan opérationnel, la loi introduit également des sanctions pénales spécifiques en cas de violation, en complément des dispositions existantes relatives à la cybercriminalité. Un signal destiné à renforcer la confiance des citoyens dans les systèmes numériques, alors que les préoccupations liées à la sécurité et à l’utilisation abusive des données personnelles ont été largement soulevées lors des débats parlementaires.
Au‑delà du cadre national, cette réforme s’inscrit dans une dynamique continentale plus large. L’Union africaine encourage depuis plusieurs années l’harmonisation des législations à travers la Convention de Malabo sur la cybersécurité et la protection des données personnelles. À date récente, environ 39 pays africains ont déjà adopté une loi dédiée à la protection des données, tandis que plusieurs autres projets sont en cours d’examen ou de finalisation.
Dans le cas burundais, l’adoption de ce cadre légal devrait par ailleurs lever l’un des principaux freins au déploiement de la carte nationale d’identité biométrique. Les autorités indiquent que plusieurs étapes techniques ont déjà été franchies, notamment l’installation de logiciels d’enregistrement conformes au nouveau découpage administratif. Le projet est actuellement testé dans une douzaine de communes pilotes, avant une généralisation progressive à l’échelle nationale.
Samira Njoya
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Classé 144e sur 193 par les Nations unies pour son e‑gouvernement en 2024, le Nigeria cherche à moderniser ses services publics. Pour y parvenir, le pays multiplie les partenariats internationaux. cBrain pourrait jouer un rôle clé dans cette transformation.
cBrain, éditeur danois spécialisé dans les logiciels gouvernementaux, a annoncé le mercredi 14 janvier un partenariat avec le fournisseur nigérian de solutions technologiques Publica AI pour déployer sa plateforme F2 auprès des ministères et agences fédéraux du Nigeria. Cette solution standardisée combine gestion de cas, workflows automatisés et intelligence artificielle intégrée, offrant un outil prêt à l’emploi capable d’accélérer la modernisation administrative.
Publica AI, partenaire local, sera chargé de l’implémentation et de l’adaptation aux exigences réglementaires nigérianes. « Ce partenariat conjugue expertise internationale et connaissance locale, garantissant que toutes les données souveraines restent au Nigeria, tout en offrant une technologie de classe mondiale », souligne Willie Ignatius, PDG de Publica AI.
La plateforme numérique F2 de cBrain, prête à l’emploi (COTS), est spécialement conçue pour le gouvernement. Prête à l’emploi, F2 fournit les capacités de base requises pour le gouvernement numérique, éliminant la dépendance au développement personnalisé et aux longs projets informatiques. Cela comprend la gestion de cas, les flux de travail intégrés, les libre‑services, les registres pour les citoyens et les entreprises, les capacités d’opération de masse pour gérer de grands volumes de cas, ainsi que l’IA intégrée sur site.
Le déploiement de F2 s’inscrit dans la stratégie africaine de cBrain, déjà testée avec succès au Kenya. Le choix du Nigeria n’est pas anodin : avec plus de 200 millions d’habitants et un besoin croissant de services publics numériques accessibles, le pays représente un marché clé pour le développement du gouvernement digital en Afrique. Le gouvernement nigérian vise à numériser 75 % de ses services publics d’ici 2027.
Au‑delà de l’efficacité administrative, ce partenariat ambitionne de stimuler l’économie numérique nigériane, en facilitant l’accès aux services publics et en renforçant la transparence et la responsabilité des institutions. Il constitue également une opportunité stratégique pour cBrain, qui entend développer son empreinte africaine tout en capitalisant sur des standards internationaux pour créer un modèle réplicable dans d’autres pays du continent.
Samira Njoya
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En janvier 2023, Starlink d’Elon Musk faisait son entrée sur le plus gros marché télécoms africain, fort de plus de 200 millions d’habitants. Même si la société compte aujourd’hui plus de 66 000 abonnés, elle risque de perdre son monopole.
Le marché nigérian du haut débit par satellite s’ouvre à un nouvel acteur mondial. Amazon a obtenu un permis d’atterrissage de sept ans auprès de la Commission nigériane des communications (NCC), autorisant son projet Kuiper à lancer des services internet au Nigeria à partir de février 2026. Cette décision marque une étape clé dans la stratégie du pays visant à diversifier ses infrastructures de connectivité et à attirer des investissements technologiques de nouvelle génération.
« L’approbation s’aligne sur les meilleures pratiques mondiales et reflète la volonté du Nigeria d’ouvrir son marché des communications par satellite aux fournisseurs de services à large bande de nouvelle génération », a indiqué la NCC, soulignant l’importance stratégique de cette autorisation dans un contexte de forte demande en connectivité.
Le permis permet à Amazon Kuiper d’exploiter son segment spatial au Nigeria dans le cadre d’une constellation mondiale pouvant atteindre 3236 satellites en orbite terrestre basse (LEO). L’entreprise est autorisée à proposer des services fixes par satellite (FSS), des services mobiles par satellite (MSS) ainsi que des stations terrestres en mouvement (ESIM), couvrant aussi bien les ménages et les entreprises que les besoins de mobilité, de logistique, de transport aérien et maritime ou encore d’infrastructures critiques.
L’arrivée d’Amazon sur ce segment met fin à la domination quasi exclusive de Starlink sur le marché nigérian de l’internet par satellite LEO. Jusqu’ici, l’entreprise d’Elon Musk bénéficiait d’un avantage de premier entrant, avec une base estimée à plus de 66 000 abonnés dans le pays. L’entrée de Kuiper introduit une concurrence directe entre deux géants disposant de capacités financières, technologiques et industrielles à l’échelle mondiale, susceptible d’influencer les prix, la qualité de service et la couverture.
Sur le plan technique, l’autorisation accordée à Kuiper couvre l’exploitation de fréquences en bande Ka, connues pour leur capacité élevée de transmission de données. Avec des canaux de 100 MHz, Amazon prévoit des débits pouvant atteindre jusqu’à 400 Mbps, tout en maintenant des coûts de terminaux compatibles avec une adoption à grande échelle. Ces caractéristiques renforcent l’attractivité du satellite comme alternative crédible aux réseaux terrestres, y compris dans les zones urbaines et semi‑urbaines.
Le Nigeria représente un marché stratégique pour Amazon. Le pays compte plus de 200 millions d’habitants et affiche encore d’importantes lacunes en matière de connectivité. Selon la NCC, plus de 23 millions de Nigérians vivent dans des zones non ou mal desservies, tandis que la pénétration du haut débit mobile atteignait 50,58 % en novembre 2025. Dans ce contexte, les satellites LEO, grâce à leur faible latence, sont perçus comme un levier clé pour soutenir les usages numériques avancés, du cloud computing aux services financiers numériques.
Au‑delà des particuliers, les services de Kuiper pourraient répondre aux besoins des entreprises opérant dans des secteurs tels que le pétrole et le gaz, les mines, les ports ou les corridors logistiques, où le déploiement de la fibre reste coûteux ou techniquement complexe. Amazon, qui a rebaptisé Project Kuiper en Amazon LEO en novembre 2025, entend également capitaliser sur l’intégration avec Amazon Web Services (AWS) pour proposer des offres combinant connectivité et services cloud.
Avec cette autorisation, le Nigeria confirme son positionnement comme l’un des marchés africains les plus dynamiques pour le haut débit par satellite. La concurrence accrue entre opérateurs LEO devrait, à terme, favoriser un accès à Internet plus rapide, plus abordable et plus résilient, au bénéfice des consommateurs, des entreprises et de l’économie numérique nigériane.
Samira Njoya, Agence Ecofin
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L’intelligence artificielle (IA) s’impose comme un catalyseur de croissance en Afrique, transformant entreprises, services publics et infrastructures numériques. Le Maroc entend capitaliser sur cette révolution technologique pour stimuler son développement et renforcer sa souveraineté numérique.
Le Maroc place l’intelligence artificielle au cœur de sa stratégie de transformation économique. À l’horizon 2030, le royaume ambitionne de générer 100 milliards de dirhams de PIB, soit environ 11 milliards $, grâce au déploiement structuré de l’IA. Cette dynamique pourrait également conduire à la création de 50 000 emplois et à la formation de 200 000 diplômés aux compétences liées à l’intelligence artificielle, selon les projections officielles.
Ces objectifs ont été dévoilés le lundi 12 janvier à Rabat par Amal El Fallah Seghrouchni (photo), ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, lors d’une conférence consacrée au numérique. La ministre a rappelé que le PIB actuel du Maroc avoisine 170 milliards $, soulignant que l’IA représente un levier majeur de croissance, à condition d’être intégrée dans un cadre structuré, souverain et orienté vers l’impact.
Ces annonces s’inscrivent dans le cadre de la future stratégie nationale de l’intelligence artificielle, dont la feuille de route doit être prochainement dévoilée. Celle‑ci repose sur plusieurs piliers clés : le renforcement des compétences, le développement d’infrastructures numériques souveraines, et l’essor des services cloud et de traitement de données capables de soutenir des usages avancés de l’IA à l’échelle nationale.
Pour concrétiser cette ambition et structurer l’écosystème national, le Maroc a également annoncé le lancement du réseau Jazari Root, un cœur fédérateur de l’écosystème national d’intelligence artificielle. Avec un campus de 20 hectares et un data center souverain de 50 MW, Jazari Root vise à réunir chercheurs, start‑up, grandes entreprises et institutions publiques autour de projets concrets, allant de l’e‑gouvernement à la gestion des villes intelligentes, en passant par l’agriculture, la santé ou la logistique.
En structurant dès à présent ses investissements et son écosystème, le royaume entend se positionner comme un acteur crédible de l’intelligence artificielle à l’échelle régionale et africaine, afin de capter une part de la valeur que l’IA pourrait générer dans l’économie mondiale, estimée à près de 15 700 milliards $ d’ici 2030 selon PwC.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le numérique occupe une place centrale dans les projets de développement en Guinée. L’année 2025 a été marquée par des avancées majeures en infrastructures dans le secteur. Pour 2026, les autorités souhaitent consolider les acquis et accélérer la mise en œuvre de projets structurants.
En 2025, la Guinée a intensifié ses initiatives dans le cadre de sa transformation numérique, accélérant le déploiement des infrastructures, renforçant la digitalisation de l’État et modernisant la gouvernance du secteur des télécommunications. Ces avancées ont été mises en perspective par la ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Rose Pola Pricemou (photo), à l’occasion d’un bilan sectoriel.
Sur le plan des infrastructures, la capacité du backbone national a été multipliée par quatre, passant de 50 à 200 Gbps, tandis que près de 12 000 km de fibre optique ont été déployés pour relier l’ensemble des régions administratives. À ces réalisations s’ajoutent la mise en service du premier data center national certifié Tier 3, l’opérationnalisation du point d’échange Internet (IXP) et la gestion souveraine du nom de domaine national .gn, renforçant la sécurité et la résilience des réseaux.
La digitalisation de l’administration publique s’est également accélérée. En 2025, 39 applications de services publics ont été déployées et plusieurs démarches majeures, dont la délivrance du passeport, ont été entièrement dématérialisées via un portail numérique unifié. La plateforme TELEMO a permis la digitalisation complète des marchés publics, garantissant transparence et traçabilité. Parallèlement, le FUGAS, fichier unique de la fonction publique, a rationalisé les effectifs, générant des économies budgétaires de plus de 233 milliards de francs guinéens (environ 26,9 millions USD).
Du côté de l’éducation et de l’inclusion numérique, plus de 10 000 personnes ont bénéficié de formations aux usages du numérique. Le projet Univ Connect a interconnecté plusieurs universités, touchant plus de 80 000 étudiants, enseignants et chercheurs. Dans le primaire, 585 écoles ont été connectées à Internet via le programme GIGA, avec l’objectif d’atteindre 2 200 établissements d’ici 2026, soit près de 900 000 bénéficiaires. Parallèlement, des hubs numériques se déploient dans les régions, avec 20 autres en construction, offrant des espaces d’apprentissage pour la jeunesse. Plus de 4 millions USD ont été investis pour soutenir l’entrepreneuriat technologique et stimuler l’innovation locale.
Ces réformes portent leurs fruits sur le plan économique et stratégique. Le secteur des télécommunications représente désormais 4,4 % du PIB guinéen et a attiré environ 220 millions USD d’investissements, tandis que le coût de l’Internet mobile a reculé d’environ 25 %.
Pour 2026, les priorités porteront sur l’extension de la connectivité aux zones encore non desservies, avec plus de 600 zones blanches identifiées, la montée en puissance des usages numériques dans l’éducation et les services publics, ainsi que le renforcement de la cybersécurité et de l’hébergement local des données. Toutefois, des défis demeurent, notamment en matière d’accessibilité universelle, de maintenance des infrastructures et de formation continue des compétences numériques pour accompagner une adoption durable à l’échelle nationale.
Samira Njoya
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Selon la Banque africaine de développement (BAD), l’IA pourrait ajouter 1 000 milliards de dollars au PIB africain d’ici 2035. Le Maroc veut tirer parti de cette opportunité en mettant en œuvre une stratégie capable de stimuler la croissance, moderniser l’administration et renforcer la compétitivité nationale.
Le Maroc s’apprête à dévoiler officiellement sa feuille de route « Maroc IA 2030 », un cadre stratégique conçu pour structurer l’écosystème national de l’intelligence artificielle. Attendue ce mois de janvier, cette initiative a pour objectif d’exploiter pleinement le potentiel de l’IA afin de moderniser les services publics, améliorer l’interopérabilité des systèmes numériques et renforcer la compétitivité économique, a précisé la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni (photo), en amont de l’événement « AI Made in Morocco », ouvert le lundi 12 janvier à Rabat.
Selon la ministre, la stratégie « Maroc IA 2030 » structure une approche globale autour de priorités claires : garantir l’indépendance technologique, instaurer un climat de confiance autour des usages, développer les compétences nationales, soutenir l’innovation locale et assurer une couverture équilibrée sur l’ensemble du territoire. Au cœur du dispositif figurent la création des Al‑Jazari Institutes, un réseau national de centres d’excellence dédiés à l’IA, qui seront chargés de rapprocher la recherche académique, l’innovation technologique et les besoins des acteurs économiques régionaux.
Ce cadre s’inscrit dans la continuité de la stratégie nationale « Digital Morocco 2030 », lancée en septembre 2024, qui place l’intelligence artificielle au centre de la transformation numérique du royaume. Cette stratégie vise notamment à générer plus de 240 000 emplois numériques d’ici 2030 et à faire contribuer le numérique à hauteur d’environ 10 milliards de dollars au PIB national. Le contexte international et régional est aussi un moteur pour cette ambition. En 2025, le Maroc a progressé de 14 points dans l’indice de préparation des gouvernements à l’IA, atteignant la 87ᵉ place mondiale et la 8ᵉ au niveau du Moyen‑Orient et de l’Afrique du Nord, selon les autorités.
Cette progression se traduit par des actions concrètes : la création d’une direction générale dédiée à l’IA et aux technologies émergentes, chargée de piloter la politique publique en la matière, et la mise en place prochaine d’un pôle numérique régional arabo‑africain en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), destiné à devenir une plateforme d’innovation numérique durable.
À l’échelle africaine, le Maroc n’est pas isolé dans cette démarche. Plusieurs pays du continent, tels que l’Égypte, le Rwanda et le Kenya, ont lancé leurs propres stratégies nationales d’IA ou renforcé leurs cadres institutionnels pour accélérer l’adoption de l’IA dans l’économie et les services publics. Ces démarches incluent la création de centres d’excellence, des initiatives de formation et des cadres réglementaires destinés à encourager l’innovation responsable.
Si la stratégie est pleinement mise en œuvre, les effets pourraient être multiples : le renforcement de la compétitivité de l’économie marocaine, la création d’emplois qualifiés, l’amélioration de l’efficacité des services publics grâce à des systèmes plus intelligents, et une position renforcée sur la scène technologique continentale et mondiale.
Samira Njoya
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Selon l’Office National des Pêches, le volume des débarquements des produits de la pêche côtière et artisanale accuse un repli de 15% à fin novembre 2025. Les revenus du secteur ont également baissé de 4% durant la même période. Une situation que le numérique peut contribuer à résoudre.
Le Maroc accélère la transformation numérique de son secteur halieutique. Selon des déclarations faites cette semaine au Parlement, 68 des 76 marchés aux poissons du pays fonctionnent désormais grâce à des systèmes numériques.
Lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants, lundi 5 janvier 2026, Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée des Pêches maritimes, a indiqué que le déploiement de ces outils sur les marchés de première vente, permet à l’État d’accéder à des informations plus précises et de renforcer la surveillance des transactions commerciales.
Concrètement, l’enregistrement numérique facilite le suivi des ventes et la production de données exploitables, réduisant ainsi l’opacité des échanges. Il améliore également les capacités de contrôle et d’audit, un levier essentiel pour assainir les pratiques et la gouvernance du secteur.
Cette transition ne se limite pas aux marchés. La surveillance a été étendue aux zones de pêche : tous les navires opérant dans les eaux marocaines sont désormais suivis par satellite, a précisé la responsable. Parallèlement, l’identification par radiofréquence (RFID) est utilisée pour tracer les bateaux autorisés, afin de renforcer les contrôles et de lutter contre la pêche illégale.
Le gouvernement applique également ces outils numériques à la recherche scientifique, à la gestion des pêches, aux méthodes de production et à la commercialisation. Cette approche vise à améliorer la collecte de données, la planification et une gestion plus durable des ressources.
Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie engagée de longue date. La stratégie Halieutis, lancée en 2009, avait déjà initié une modernisation progressive, notamment en remplaçant la documentation papier par le traitement électronique des données à l’exportation.
Aujourd’hui, avec la numérisation des marchés de première vente et le renforcement des contrôles en mer, le Maroc franchit une nouvelle étape vers une filière plus traçable, mieux régulée et davantage pilotée par la donnée.
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Le Zimbabwe veut faire de son programme spatial un levier de développement socio-économique. Le pays a lancé son premier satellite en 2022 et le second en 2024.
Les autorités zimbabwéennes misent sur le troisième satellite national, le ZIMSAT-3, pour améliorer la connectivité dans le pays. C’est ce que prévoit la Stratégie nationale de développement 2 (NDS2), qui couvre la période 2026-2030.
« ZIMSAT-3 soutiendra le renforcement de la connectivité et les efforts de transformation numérique, viendra compléter l’expansion nationale du haut débit et contribuera à améliorer l’accès aux services numériques dans les zones rurales comme urbaines », peut-on lire dans le document de la stratégie.
Cette initiative intervient alors que les autorités cherchent à généraliser l’accès à Internet dans le pays. En mars 2024, le gouvernement avait révélé qu’il explorait des partenariats avec plusieurs fournisseurs de services par satellite afin d’étendre ses services et de réduire les coûts.
La NDS2 prévoit également l’extension des infrastructures numériques afin d’assurer une connectivité à l’échelle nationale. Il est notamment prévu l’extension de la couverture en fibre optique haut débit aux zones urbaines, périurbaines et rurales, l’expansion du haut débit mobile et l’installation de kiosques numériques alimentés à l’énergie solaire dans les communautés hors réseau et mal desservies.
Les autorités recommandent aussi des accords de partage d’infrastructures entre les fournisseurs de services de télécommunications pour accélérer la couverture et réduire les coûts d’Internet et des services numériques.
Le recours au satellite intervient alors que cette technologie est de plus en plus plébiscitée pour réduire la fracture numérique, notamment en Afrique subsaharienne. Selon la GSMA, « la région abrite certaines des géographies les plus difficiles pour les réseaux terrestres, comprenant des forêts tropicales, des déserts et des chaînes de montagnes ».
Pour rappel, le Zimbabwe comptait 6,45 millions d’utilisateurs d’Internet au début de l’année 2025, pour un taux de pénétration de 38,4 %, selon DataReportal. Par ailleurs, l’Union internationale des télécommunications (UIT) estime que les réseaux 2G, 3G, 4G et 5G couvraient respectivement 93,9 %, 87,9 %, 51,6 % et 15,9 % en 2024.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Ubrick F. Quenum
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En Afrique, obtenir des données fiables sur les entreprises est souvent très complexe. Cette Ivoirienne mise sur la technologie pour répondre à ces défis.
Aissata Diallo Bah est une spécialiste du marketing et une entrepreneure ivoirienne. Elle est la directrice générale de Nakani AI, une entreprise qu’elle a fondée avec Steve Bah Blesson. Nakani AI propose une plateforme en ligne permettant d’accéder facilement à des informations financières, légales et juridiques sur les entreprises africaines, avec un focus particulier sur celles de la Côte d’Ivoire.
Fondée en 2024, Nakani AI a pour but de centraliser les informations clés sur les entreprises du continent. La plateforme utilise un agent conversationnel pour répondre aux questions des utilisateurs sur les sociétés africaines, sans nécessiter la maîtrise du jargon financier ou juridique.
Elle offre un accès à une vaste base de données regroupant des états financiers d’entreprises et des textes de loi officiels africains. En posant quelques questions simples, l’utilisateur peut obtenir des informations fiables sur une entreprise ou sur le cadre légal régissant une activité.
Nakani AI s’adresse autant aux investisseurs internationaux qu’aux entrepreneurs, juristes, consultants et particuliers en Afrique. La plateforme aide les professionnels à évaluer leurs partenaires et à mieux gérer les risques, tout en permettant aux citoyens de mieux comprendre les règles qui régissent la vie des affaires.
Depuis 2017, Aissata Bah est responsable du suivi clientèle à la Nouvelle Parfumerie Gandour en Côte d’Ivoire. Elle est titulaire d’un master en marketing obtenu la même année à Pigier et a commencé sa carrière en 2013 comme agent marketing et communication à la Banque de l’Habitat de Côte d’Ivoire.
Melchior Koba
Edité par Ubrick F. Quenum
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