Selon Kaspersky, l’Afrique subsaharienne a enregistré 138 millions de cyberattaques au premier semestre 2025. Cette pression croissante souligne l’urgence de renforcer les capacités en cybersécurité sur le continent.
L’Afrique structure sa riposte face à l’explosion des cybermenaces et au manque critique de main-d’œuvre qualifiée. Dans cette optique, l’International Cybersecurity Community for Africa (ICCA), une plateforme panafricaine de cybersécurité, a été lancée le vendredi 20 mars à Kigali, au Rwanda. Ce nouvel organe vise à fédérer les experts du continent et à accroître les capacités opérationnelles régionales.
The International Cybersecurity Community for Africa (ICCA) officially launched in Kigali on 20 March 2026.
— International Cybersecurity Community for Africa (@icca_afrika) March 21, 2026
More than just an organization, ICCA is a movement focused on building a stronger, more resilient cybersecurity ecosystem across Africa through collaboration, capacity… pic.twitter.com/hq7fUm09dz
Le dispositif se positionne comme un cadre de coopération dédié au partage d’informations sur les risques numériques, à l’apprentissage et au perfectionnement des talents. Son déploiement intervient alors que les attaques informatiques s’intensifient. Selon les indicateurs révélés lors de l’inauguration, les organisations africaines subissent en moyenne environ 1848 attaques hebdomadaires.
Pour répondre à cette pression, l’ICCA ambitionne de former un million de spécialistes d’ici 2030, un défi de taille alors que le continent n’en compte actuellement que 300 000 pour une demande en pleine expansion.
Afin de soutenir cet objectif, deux outils technologiques ont été présentés. Le premier, Umurinzi Cyber Threat Intelligence, permet de repérer les identifiants compromis sur le dark web et d’alerter les structures visées. Le second est un système de formation pratique, de type Capture the Flag (CTF). Il propose des simulations d’attaques pour renforcer l’expertise technique à des coûts maîtrisés et dans un environnement adapté aux réalités locales.
Soutenue par les autorités rwandaises et des partenaires internationaux, cette initiative s’intègre dans une stratégie globale de valorisation du capital humain et de protection des infrastructures critiques. À travers ce projet, les promoteurs souhaitent favoriser l’émergence d’un écosystème numérique intégré, apte à relever les défis de la transition digitale.
Dans sa feuille de route, l’ICCA prévoit d’étendre ses activités à une quinzaine de pays d’ici 2027 et d’instaurer des programmes de certification. À terme, l’institution compte lancer un indice africain de résilience cyber afin de mesurer le degré de préparation des États face à la cybercriminalité.
Samira Njoya
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La chute des recettes douanières sur les téléphones pousse le Cameroun à revoir son dispositif de collecte. Le gouvernement introduit un mécanisme électronique pour améliorer la traçabilité et limiter les pertes fiscales.
Le Cameroun accélère la modernisation de son administration douanière avec la mise en œuvre d’un mécanisme électronique de collecte des droits et taxes à l’importation des téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques. Le système, récemment entré en vigueur, vise à renforcer la traçabilité des appareils et à lutter contre les pertes de recettes liées à la fraude.
Présenté lors d’une session d’information organisée le jeudi 19 mars à Douala par le directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, ce nouveau système s’inscrit dans le cadre de la réforme prévue par la loi de finances 2023. Il repose sur une digitalisation complète du processus de déclaration, de liquidation et de paiement des droits de douane, via le système informatique CAMCIS.
Cette réforme intervient dans un contexte de forte érosion des recettes douanières issues des terminaux mobiles. Selon les données présentées par l’administration, elles sont passées d’environ 2 milliards FCFA (3,5 millions $) par mois dans les années 2000 à seulement 100 millions FCFA en 2025. Une chute attribuée notamment à la fraude, à la contrebande, à l’incivisme fiscal et à la multiplication des points d’entrée informels sur le territoire national.
Le nouveau mécanisme vise ainsi à restaurer l’équité fiscale et améliorer la mobilisation des ressources publiques, tout en renforçant la transparence des opérations. Il permet également une meilleure identification des terminaux circulant sur le marché, contribuant à la protection des consommateurs contre les risques liés aux appareils frauduleux, notamment en matière de cybercriminalité et de vols.
Concrètement, le dédouanement des équipements reste à la charge des importateurs, qui doivent effectuer leurs déclarations via la plateforme numérique des douanes. Les paiements peuvent être réalisés par des moyens électroniques, renforçant ainsi la traçabilité des flux financiers. Le dispositif introduit par ailleurs un contrôle plus strict de l’accès des terminaux aux réseaux de télécommunications : seuls les appareils régulièrement dédouanés, en itinérance ou ayant bénéficié d’une amnistie fiscale seront autorisés à se connecter.
Le nouveau mécanisme n’introduit pas de taxation supplémentaire et ne devrait pas entraîner de hausse des prix des appareils. Il vise plutôt à sécuriser les recettes existantes et à assainir le marché. Des mesures transitoires ont également été prévues. Les terminaux déjà en circulation sur le réseau local sont considérés comme régularisés, tandis que les distributeurs disposent d’un délai pour se conformer aux nouvelles exigences. Les petites quantités d’appareils non déclarés pourront faire l’objet de procédures simplifiées.
Portée par une collaboration entre plusieurs institutions publiques, dont le ministère des Postes et Télécommunications, l’Agence de régulation des télécommunications et l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication, ainsi que des partenaires privés, cette réforme illustre la volonté des autorités camerounaises de s’appuyer sur le numérique pour renforcer la gouvernance fiscale.
Samira Njoya
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La digitalisation des services publics s’accélère en Afrique avec un recours croissant aux outils d’IA. En Côte d’Ivoire, les autorités misent sur un chatbot pour fluidifier les échanges avec les citoyens.
Le gouvernement ivoirien accélère la digitalisation de ses services publics avec le lancement cette semaine de « EMY 101 », un assistant conversationnel basé sur l’intelligence artificielle. Accessible via WhatsApp et Messenger, cet outil vise à faciliter l’accès des citoyens à l’information administrative et à renforcer leur interaction avec les institutions publiques.
#CeQuiChangeiCI | 𝐄𝐌𝐘 𝟏𝟎𝟏, 𝐥𝐞 𝐂𝐡𝐚𝐭𝐛𝐨𝐭 𝐈𝐀 𝐝𝐮 𝐆𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭
— Gouvernement de Côte d'Ivoire (@Gouvciofficiel) March 18, 2026
𝐃𝐞 𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐬'𝐚𝐠𝐢𝐭-𝐢𝐥 ?
Le Gouvernement ivoirien lance EMY 101, un assistant conversationnel intelligent, accessible directement sur WhatsApp et Messenger.
Ce chatbot permet aux… pic.twitter.com/g6uXiQ6xhR
Développé dans le cadre de la modernisation de l’administration, ce chatbot permet aux usagers d’obtenir rapidement des informations fiables sur l’action gouvernementale, ainsi que sur les démarches administratives, notamment pour l’état civil, la fiscalité ou les services ministériels. L’objectif est de réduire les déplacements physiques, souvent contraignants, et d’améliorer l’efficacité de la relation entre l’État et les citoyens.
Concrètement, EMY 101 se positionne comme un guichet numérique accessible en continu. Les utilisateurs peuvent également s’en servir pour signaler des préoccupations, envoyer des alertes ou encore identifier les contacts utiles au sein des services publics. Cette approche s’inscrit dans une logique de gouvernance participative en facilitant la remontée d’informations des citoyens vers l’administration.
L’outil contribue ainsi à plusieurs objectifs stratégiques : rapprochement de l’administration des citoyens, amélioration de l’accès à l’information publique, renforcement de la participation citoyenne et accélération du traitement des requêtes. Il s’appuie sur les usages numériques déjà largement répandus dans le pays, en particulier les applications de messagerie instantanée.
Pour utiliser le service, les citoyens doivent enregistrer le numéro WhatsApp dédié, puis envoyer le mot‑clé « Emy 101 » afin d’accéder aux différentes fonctionnalités proposées. Le service est également accessible via Messenger, tandis qu’un numéro vert, le 101, est mis à disposition pour compléter le dispositif.
Le lancement d’EMY 101 s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique engagée par la Côte d’Ivoire. Le pays multiplie ces dernières années les initiatives visant à moderniser les services publics et améliorer leur accessibilité, dans un contexte où le numérique devient un levier clé de gouvernance et de développement. À travers ce type d’outils, les autorités ivoiriennes entendent renforcer l’efficacité de l’action publique tout en favorisant une administration plus transparente, réactive et centrée sur les besoins des citoyens.
Samira Njoya
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Le gouvernement mauritanien accélère la digitalisation des services publics. Le dernier acte en date est la dématérialisation du processus de demande du permis de conduire.
Les autorités mauritaniennes cherchent à digitaliser des services liés au ministère de la Fonction publique et du Travail. L’initiative vise à moderniser l’administration, simplifier les procédures et améliorer l’accès des citoyens aux services publics.
Ce projet a fait l’objet d’une réunion en début de semaine entre Mariem Boidiel Houmeid (photo, à gauche), ministre de la Fonction publique et du Travail, et son homologue chargé de la Transformation numérique, Ahmed Salem Ould Bede (photo, à droite). Dans son allocution, la ministre a expliqué que l’objectif de cette réunion est de présenter les besoins du secteur en matière de systèmes informatiques et de numérisation des services, afin d’identifier des solutions adaptées.
Parmi les projets proposés figurent la mise en place d’un portail de la fonction publique intégré au système « Khidmati », le lancement d’un service de gestion des décisions administratives intégré au système des ressources humaines, ainsi que la numérisation des activités de la direction générale du Travail et des délégations régionales.
M. Bede a réaffirmé l’engagement de son département à accompagner le ministère de la Fonction publique et du Travail dans la mise en œuvre de ces priorités, en fournissant les solutions techniques nécessaires et en garantissant l’interopérabilité des systèmes d’information. Il a également appelé à un travail d’équipe et à une coordination directe et rigoureuse afin d’accélérer la réalisation des projets proposés, qui auront un impact direct sur la qualité des services du secteur.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation numérique des autorités mauritaniennes, qui veulent mettre les TIC au service du développement de tous les secteurs de l’économie. Dans l’administration publique, elles misent sur la digitalisation des processus et des services pour plus de transparence, de productivité et d’amélioration dans l’accès des populations.
Le renforcement de la productivité et de l’efficacité du ministère de la Fonction publique et du Travail, qui œuvre pour améliorer les services aux citoyens et soutenir le marché de l’emploi, constitue une lueur d’espoir pour les jeunes. Selon les données d’une enquête d’Afrobarometer publiée en 2024, 47 % des Mauritaniens âgés de 18 à 35 ans sont au chômage tout en recherchant activement un emploi, un taux légèrement supérieur à la moyenne nationale de 44 %. Le rapport indique également que 26 % des jeunes sont sans emploi mais ne cherchent pas de travail.
Rappelons cependant que le processus de dématérialisation des services du ministère de la Fonction publique et du Travail est encore au stade de discussions et qu’aucun calendrier n’a été dévoilé. Il faudra donc attendre les prochains développements pour s’avancer davantage sur sa mise en œuvre, ainsi que les impacts potentiels.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Avec un taux de pénétration d’Internet encore limité et des enjeux croissants de cybersécurité, la Côte d’Ivoire cherche à consolider son économie numérique. Le gouvernement affiche pour 2026 une feuille de route centrée sur l’inclusion, la confiance et l’innovation.
La Côte d’Ivoire entend accélérer sa transformation numérique en 2026 autour de cinq priorités stratégiques : l’élargissement de l’accès à Internet, la digitalisation de la collecte des recettes publiques, le développement des compétences et de l’inclusion numérique, le renforcement de la cybersécurité et la promotion de l’innovation technologique. Ces orientations ont été présentées le mardi 17 mars à Abidjan par le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara (photo, au centre), à l’occasion de la rentrée budgétaire de son département.
Rentrée budgétaire 2026 :Budget : 83,275 milliards FCFA (+37 %)
— MTNIT (@MTNIT_CI) March 18, 2026
5 axes stratégiques :
📌Accès à Internet
📌Recettes de l'État
📌Inclusion numérique
📌Cybersécurité
📌Innovation technologique
Djibril Ouattara : La « juste dépense » comme boussole#TransitionNumérique pic.twitter.com/DJRAnJkwwf
Doté d’un budget de 83,2 milliards FCFA (145,5 millions $) pour 2026, en hausse par rapport aux 68,6 milliards FCFA de 2025, le ministère entend faire du numérique un levier central de modernisation de l’économie et d’amélioration des services publics. Les autorités misent notamment sur les paiements électroniques pour optimiser les recettes de l’État, tout en soutenant l’émergence d’un écosystème innovant et inclusif.
Ces priorités s’inscrivent dans un contexte de progression de l’usage du numérique dans le pays. Selon les données de DataReportal, le taux de pénétration d’Internet en Côte d’Ivoire atteignait environ 40,7 % à fin 2025, laissant entrevoir un potentiel important d’élargissement de l’accès, notamment dans les zones rurales encore peu desservies. Parallèlement, la montée en puissance des services numériques s’accompagne d’une exposition accrue aux risques cybernétiques, dans un environnement où les attaques informatiques ciblant les administrations et les entreprises se multiplient sur le continent.
Dans ce contexte, le renforcement de la cybersécurité apparaît comme un enjeu stratégique pour instaurer la confiance dans l’économie numérique. Les autorités ivoiriennes cherchent ainsi à consolider un cadre sécurisé, condition indispensable au développement des services en ligne, à l’attractivité des investissements et à la croissance des usages numériques.
Au-delà des ambitions affichées, la capacité à traduire ces priorités en résultats concrets dépendra de l’efficacité de l’exécution budgétaire et de la coordination entre les acteurs publics et privés, dans un environnement où les enjeux d’inclusion, de compétences et de confiance numérique restent déterminants pour l’essor du secteur.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Face aux limites de son système d’information économique, l’Algérie veut centraliser les données sur ses produits et services. L’objectif est de mieux orienter l’offre locale vers les marchés extérieurs et soutenir la diversification des exportations.
L’Algérie envisage de se doter d’un fichier numérique national exhaustif recensant l’ensemble des biens et services produits localement, afin de mieux structurer son offre exportable. Le projet a été au cœur d’une réunion de coordination présidée mardi 17 mars à Alger par le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig (photo, au centre).
#Commerce_extérieur
— Algérie Presse Service وكالة الأنباء الجزائرية (@Algerie_aps) March 17, 2026
Vers la création d’un fichier numérique des services et produits fabriqués en #Algérie
🔗https://t.co/P1BG0KZTZj pic.twitter.com/nc3L8uxHdg
Ce dispositif vise à mettre en place une base de données centralisée et actualisée, permettant d’orienter plus efficacement les produits algériens vers les marchés extérieurs et d’en améliorer la visibilité. Il devrait également faciliter l’identification des capacités productives nationales, dans un contexte où les informations restent encore dispersées entre plusieurs administrations. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de diversification économique, alors que les hydrocarbures représentent encore près de 90 % des recettes d’exportation du pays. Dans ce cadre, la structuration et la valorisation de l’offre locale apparaissent comme des leviers essentiels pour renforcer la présence des produits algériens à l’international. Le projet devrait également permettre aux différents secteurs d’identifier plus précisément leurs besoins en biens et services, contribuant ainsi à une meilleure coordination des politiques publiques. Les autorités espèrent, à terme, disposer d’un outil capable de soutenir une stratégie d’exportation plus ciblée et d’améliorer la compétitivité des entreprises locales.
Samira Njoya
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Malgré un écosystème de start‑up parmi les plus dynamiques d’Afrique, le Kenya reste confronté à des contraintes d’accès au financement pour ses jeunes entreprises. Les autorités cherchent à lever ces obstacles afin de soutenir la croissance et l’industrialisation du numérique.
Le Kenya muscle le financement de son écosystème technologique en s'attaquant au verrou du crédit local. Le mardi 17 mars à Nairobi, le Fonds d’équipement des Nations unies (FENU) et la Co‑operative Bank of Kenya ont acté un mécanisme de garantie de portefeuille de prêts. Ce dispositif, intégré au programme DigiKen, est conçu pour rassurer les banques face au risque perçu des jeunes pousses numériques et des plateformes en pleine croissance.
𝐋𝐚𝐮𝐧𝐜𝐡 𝐨𝐟 𝐅𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐢𝐧𝐠 𝐅𝐚𝐜𝐢𝐥𝐢𝐭𝐲 𝐭𝐨 𝐔𝐧𝐥𝐨𝐜𝐤 𝐆𝐫𝐨𝐰𝐭𝐡 𝐟𝐨𝐫 𝐈𝐧𝐝𝐢𝐠𝐞𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐃𝐢𝐠𝐢𝐭𝐚𝐥 𝐏𝐥𝐚𝐭𝐟𝐨𝐫𝐦𝐬 𝐚𝐧𝐝 𝐌𝐒𝐌𝐄𝐬
— Ministry of Info, Comms & The Digital Economy KE (@MoICTKenya) March 17, 2026
Nairobi, Kenya – 17th March, 2026
The Ministry of Information, Communications and the Digital Economy today… pic.twitter.com/rWoBshALxJ
Le dispositif repose sur un mécanisme de partage des risques, permettant d’encourager les banques à accorder des prêts à des entreprises numériques en phase de croissance. En réduisant l’exposition des établissements financiers, l’initiative entend lever l’un des principaux obstacles au développement des start‑up sur le continent : l’accès au financement.
Un écosystème numérique en forte structuration
Ce mécanisme intervient dans un contexte de montée en puissance de l’économie numérique kényane. Le pays s’est imposé ces dernières années comme l’un des principaux hubs technologiques d’Afrique, porté par un écosystème dynamique de start‑up, notamment dans les fintechs, les plateformes de services et le commerce numérique.
Cette dynamique est confirmée par les classements internationaux. Selon l’indice StartupBlink de mars 2026, le Kenya figure parmi les écosystèmes de start‑up les plus performants du continent, avec 612 start‑up répertoriées, consolidant ainsi son statut de pôle régional d’innovation. Les investissements publics dans les infrastructures ont également contribué à cette évolution. Selon les autorités, plus de 40 000 kilomètres de fibre optique ont déjà été déployés à travers le pays, tandis que la plateforme gouvernementale eCitizen revendique plus de 16 millions d’utilisateurs, avec environ 500 000 connexions quotidiennes.
Lever les contraintes de financement des start‑up
Malgré ces progrès, l’accès au financement reste un défi majeur pour les jeunes entreprises numériques. Souvent perçues comme risquées en raison de modèles économiques encore émergents, elles peinent à mobiliser des capitaux auprès des banques traditionnelles. Le mécanisme mis en place vise ainsi à corriger cette défaillance du marché en mobilisant des partenaires publics et privés autour d’un modèle de financement innovant. En partageant les risques, les acteurs impliqués espèrent stimuler l’octroi de crédits et accompagner le passage à l’échelle des entreprises locales.
Samira Njoya
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Selon la Banque mondiale, le secteur forestier est le premier employeur privé au Gabon, avec près de 15 000 emplois. Les autorités cherchent désormais à renforcer la gouvernance de cette filière stratégique, notamment à travers des outils numériques de suivi.
Le gouvernement gabonais a annoncé, le jeudi 12 mars la mise en place d’une centrale numérique de données destinée à assurer la traçabilité complète des grumes, de la forêt au port d’exportation. L’annonce a été faite par le ministre des Eaux et forêts, Maurice Ntossui Allogo, lors d’une communication consacrée à la modernisation de la filière bois et à l’amélioration du suivi des ressources naturelles du pays.
Le dispositif prévu reposera sur la digitalisation et la centralisation des données forestières. Il permettra notamment le suivi de chaque arbre dès la phase d’aménagement, avec l’intégration de la géolocalisation GPS avant la coupe, le cubage du bois extrait, ainsi que le contrôle des quantités envoyées aux usines, transformées puis exportées. L’objectif est également d’harmoniser les informations entre les différentes administrations impliquées, notamment les services des Eaux et Forêts et ceux des Douanes.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par des incohérences dans les statistiques du secteur. Selon les données communiquées par le ministère, 1,5 million de m³ de grumes ont généré plus de 42 milliards FCFA (73,5 millions $) en 2024, contre plus de 3 millions de m³ en 2025 pour seulement 31 milliards FCFA de recettes. Des écarts que les autorités jugent difficiles à expliquer et qui mettent en évidence des insuffisances dans le système actuel de suivi et de contrôle des données.
En mettant en place cette centrale numérique, les autorités entendent renforcer la transparence, améliorer la fiabilité des statistiques, réduire les risques de fraude et consolider la souveraineté forestière du Gabon. À terme, l’outil devrait permettre un meilleur contrôle de la chaîne de valeur, de la production à l’exportation, et soutenir une gestion plus efficace et durable des ressources naturelles.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’Angola poursuit le développement de son secteur spatial. Le pays dispose déjà d’un satellite de télécommunications, AngoSat-2, utilisé notamment pour accélérer la couverture du réseau sur l’ensemble du territoire.
Les autorités angolaises ont procédé, lundi 16 mars, au lancement officiel du projet de construction et de mise en orbite du premier satellite d’observation de la Terre du pays, ANGEO-1. D’un coût estimé à environ 225 millions d’euros (259 millions USD), l’appareil est développé en partenariat avec Airbus.
Les travaux ont été lancés dans les locaux d’Airbus Defence and Space à Toulouse, en France, par Mário Augusto da Silva Oliveira (photo, à gauche), ministre des Télécommunications, des Technologies de l’information et de la Communication sociale. Lors de la cérémonie, le ministre a souligné que ANGEO-1 permettra à Angola d’accéder de manière souveraine et directe à plus de 1000 images à haute résolution par jour, d’après un communiqué du Bureau de gestion du Programme spatial national (GGPEN) qui faisait partie de la délégation angolaise.
« Cette capacité sera essentielle pour soutenir le développement économique, la gestion durable des ressources naturelles et la sécurité du territoire, renforçant la capacité du pays à élaborer des politiques publiques et à prendre des décisions stratégiques fondées sur des données concrètes », peut-on lire dans le communiqué.
Le projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme spatial national. Les autorités ambitionnent « de transformer la République d’Angola d’un simple utilisateur de services, de produits et de technologies spatiales en un opérateur et producteur de ces mêmes technologies, assurant ainsi son indépendance technologique spatiale ». Outre les télécommunications, un programme d’observation de la Terre est également prévu, visant la surveillance environnementale, l’agriculture de précision, la gestion des ressources naturelles et la prévention des catastrophes.
Dans ce contexte, le président de la République, João Lourenço, a annoncé en octobre 2025 la création de l’Agence spatiale angolaise. Le « Livre blanc des TIC 2023–2027 » prévoit également la création d’un centre d’études spatiales, la formation d’experts nationaux, ainsi que le développement d’infrastructures de communication, de navigation et de météorologie.
Isaac K. Kassouwi
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Dans un contexte de diversification économique, le Botswana cherche à renforcer la compétitivité de ses zones économiques spéciales. Le développement d’infrastructures numériques apparaît comme un levier clé pour attirer les investisseurs et moderniser ces espaces.
L’opérateur Orange Botswana et l’Autorité des zones économiques spéciales (SEZA) ont scellé, le vendredi 13 mars, un partenariat stratégique pour moderniser les infrastructures numériques des pôles d'investissement du pays. Ce protocole d’accord définit un cadre de collaboration axé sur l’innovation technique et le déploiement de solutions connectées sur mesure.
« La connectivité numérique est désormais un facteur essentiel de la compétitivité économique. Grâce à cette collaboration, nous visons à renforcer les capacités en matière de TIC et de télécommunications dans ces zones afin que les entreprises qui y opèrent puissent bénéficier de solutions numériques modernes », a indiqué la directrice générale d’Orange Botswana, Nene Maiga (photo, à gauche).
Le cœur de ce partenariat repose sur l'intégration de technologies de pointe dans les zones économiques. Orange Botswana prévoit notamment d'y déployer des services basés sur l’Internet des objets (IoT) pour la gestion des services publics, des systèmes de sécurité intelligente, ainsi que des solutions de connectivité avancées. L'objectif est de transformer ces espaces en écosystèmes intelligents, capables de répondre aux exigences de productivité des investisseurs internationaux.
Ce partenariat s’inscrit dans la stratégie du Botswana visant à diversifier son économie au-delà du secteur minier, en misant sur l’industrialisation et l’attraction d’investissements étrangers. Les zones économiques spéciales constituent à cet égard des instruments clés de politique économique. Elles offrent un cadre réglementaire et fiscal incitatif destiné à attirer des entreprises industrielles, logistiques et de services. Dans un contexte de transformation numérique, leur compétitivité repose de plus en plus sur la qualité des infrastructures technologiques, notamment la connectivité, les plateformes numériques et les services intelligents.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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