Malgré la progression de l’accès à Internet sur le continent, les conditions d’utilisation restent très variables d’un pays à l’autre. Entre environnements ouverts et restrictions marquées, la liberté numérique continue de refléter les dynamiques politiques et socioéconomiques propres à chaque État africain.
L’accès à Internet progresse sur le continent africain, mais la liberté en ligne reste très inégale selon les pays. Un rapport publié mi-mars par la plateforme spécialisée Cloudwards montre que certains États offrent une navigation relativement ouverte, tandis que d’autres imposent de sévères restrictions, limitant l’expression et l’innovation numériques.
Intitulé « Mapped: Internet Freedom by Country in 2026 », le document évalue la liberté sur Internet sur une échelle de 0 à 100, en fonction de l’accès aux contenus politiques et civiques, de l’usage des réseaux sociaux ou encore des VPN. L’indice prend également en compte les pratiques de censure, les blocages de plateformes ainsi que les sanctions potentielles encourues par les internautes, permettant d’apprécier à la fois l’accès technique et le niveau réel de liberté d’expression en ligne.
Des niveaux de liberté numérique très contrastés, selon les pays
À l’échelle africaine, plusieurs pays affichent des niveaux relativement élevés de liberté en ligne. Le Cap-Vert (84 points) figure en tête du classement continental, aux côtés de la Côte d’Ivoire et des Seychelles, également créditées du même score. Ils sont suivis par un groupe de pays, dont le Bénin, le Niger, mais aussi la Gambie et le Liberia (76 points), qui bénéficient d’un environnement numérique globalement ouvert. Le Ghana (72 points) complète ce groupe de tête.
Un deuxième ensemble de pays, dont l’Angola, le Mozambique, la République démocratique du Congo (RDC), le Mali ou encore Maurice (68 points), présentent des niveaux intermédiaires de liberté, bien que marqués par certaines limites.
À l’inverse, d’autres pays continuent d’imposer des restrictions importantes. Le Soudan et l’Égypte (ex æquo avec12 points) figurent parmi les États les plus contraignants du continent, illustrant des limitations sévères sur les contenus en ligne et l’expression numérique.
Entre ces deux extrêmes, la majorité des pays africains se situent dans une zone intermédiaire. C’est le cas du Maroc ou de l’Afrique du Sud, mais aussi du Cameroun, de la Tunisie ou du Rwanda (56 points).
Des restrictions coûteuses
Au-delà des enjeux de gouvernance, les restrictions numériques ont également un impact économique significatif. Selon le rapport The Cost of Internet Shutdowns in 2025 publié par Top10VPN, les coupures d’Internet ont coûté environ 1,11 milliard de dollars à l’Afrique subsaharienne en 2025.
Ces chiffres traduisent une légère baisse par rapport à 2024, où les pertes étaient évaluées à 1,56 milliard de dollars. Malgré cette diminution, l’impact reste significatif, dans un contexte marqué par des interruptions fréquentes.
En 2025, plus de 24 000 heures de coupures ont été recensées, touchant environ 116 millions d’utilisateurs dans la région. Ces interruptions surviennent le plus souvent dans des contextes de tensions politiques, d’élections ou de crises sécuritaires, avec des conséquences directes sur les économies numériques et l’accès aux services essentiels.
Sur le plan mondial, les pertes liées à ces coupures sont estimées à 19,7 milliards de dollars.
Samira Njoya
Les Pays africains, selon leur score de liberté Internet (2026)
|
Pays |
Score |
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Cap-Vert |
84 |
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Côte d’Ivoire |
84 |
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Seychelles |
84 |
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Bénin |
76 |
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Gambie |
76 |
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Liberia |
76 |
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Madagascar |
76 |
|
Namibie |
76 |
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Niger |
76 |
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Ghana |
72 |
|
Angola |
68 |
|
RD Congo |
68 |
|
Gabon |
68 |
|
Malawi |
68 |
|
Mali |
68 |
|
Maurice |
68 |
|
Mozambique |
68 |
|
Congo |
68 |
|
Sénégal |
68 |
|
Botswana |
64 |
|
République centrafricaine |
64 |
|
Guinée-Bissau |
64 |
|
Lesotho |
64 |
|
Maroc |
64 |
|
Nigeria |
64 |
|
Afrique du Sud |
64 |
|
Mauritanie |
60 |
|
Burundi |
56 |
|
Cameroun |
56 |
|
Tchad |
56 |
|
Eswatini |
56 |
|
Guinée |
56 |
|
Rwanda |
56 |
|
Tunisie |
56 |
|
Kenya |
52 |
|
Zambie |
52 |
|
Algérie |
48 |
|
Burkina Faso |
48 |
|
Djibouti |
48 |
|
Togo |
48 |
|
Zimbabwe |
48 |
|
Somalie |
44 |
|
Guinée équatoriale |
36 |
|
Ethiopie |
36 |
|
Libye |
28 |
|
Tanzanie |
28 |
|
Ouganda |
24 |
|
Egypte |
12 |
|
Soudan |
12 |
L’Afrique est confrontée à des menaces cybernétiques croissantes parallèlement à l’accélération de sa transformation numérique. Selon Interpol, les incidents de cybersécurité sur le continent ont entraîné des pertes financières estimées à plus de 3 milliards de dollars entre 2019 et 2025.
Le gouvernement nigérian envisage de créer un Conseil de coordination de la cybersécurité. Il vise à renforcer la résilience collective du Nigeria face aux cybermenaces et à améliorer la réponse coordonnée aux menaces cybernétiques en constante évolution dans les secteurs public et privé.
ESTABLISHMENT OF NIGERIA'S NATIONAL CYBERSECURITY COORDINATION COUNCIL TO STRENGTHEN CYBER RESILIENCE
— Dr. 'Bosun Tijani (@bosuntijani) April 1, 2026
The Federal Government has signalled its intention to work collaboratively with the private sector and key stakeholders toward the establishment of a Cybersecurity Coordination… pic.twitter.com/BSqEJIyj9h
L’initiative a été annoncée dans un communiqué le mercredi 1er avril par Bosun Tijani, ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie Numérique. Le Conseil proposé, plateforme de coordination multi-acteurs non statutaire, visera à rassembler les principaux acteurs pour renforcer les partenariats, faciliter le partage d’informations fiables et assurer une coopération durable entre les institutions chargées de la cybersécurité.
Selon le ministre, cette initiative fait suite à des incidents récents de cybersécurité ayant représenté des risques significatifs pour les clients et perturbé les opérations dans les grandes institutions privées, les systèmes publics et l’industrie des services au Nigeria. « Ces incidents mettent en évidence la nature de plus en plus coordonnée et sophistiquée des menaces cybernétiques, orchestrées par des acteurs organisés et des réseaux malveillants cherchant à saper la confiance dans l’écosystème numérique en pleine croissance du Nigeria », peut-on lire dans le communiqué.
Le Nigeria, à l’instar de nombreux pays africains, est confronté à une accélération des menaces informatiques, parallèlement à la progression de sa transformation numérique. Dans un rapport publié en janvier 2026, le cabinet de conseil Deloitte souligne qu’en 2025, « Les organisations, tous secteurs confondus, ont fait face à une augmentation notable des attaques, allant des escroqueries dopées à l’intelligence artificielle aux incidents de ransomware, en passant par l’usurpation d’identité affectant les utilisateurs au quotidien. Au fil de l’année, une tendance claire s’est dessinée : les attaquants sont devenus plus sophistiqués et plus agiles […] ». Le rapport prévoit qu’en 2026, ces acteurs s’appuieront encore davantage sur l’automatisation et les outils pilotés par l’IA.
Par ailleurs, la National Information Technology Development Agency (NITDA) a indiqué que le Nigeria perd chaque année plus de 500 millions de dollars à cause de la cybercriminalité. Ce fléau peut compromettre l’ambition des autorités de créer une économie de 1 000 milliards de dollars.
Intervenant en janvier dernier, lors d’une conférence, M. Bosun Tijani a souligné que cette ambition dépend autant de la confiance que des infrastructures physiques, au vu de l’importance croissante du numérique. « Si nous perdons la confiance dans ce secteur, les citoyens seront découragés d’utiliser les outils capables de transformer notre économie. Si nous maintenons cette confiance, les citoyens croiront en ces outils, et ces derniers contribueront à rendre le Nigeria prospère ».
Isaac K. Kassouwi
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En Afrique, la gestion des déchets reste un défi majeur, avec des volumes en forte augmentation face à des systèmes de collecte submergés. L’accompagnement des jeunes pousses œuvrant dans le domaine peut transformer ces déchets en opportunités économiques et sociales.
Le Sénégal a officiellement lancé le lundi 30 mars, le projet Digital Innovation for Circular Economy (DICE) Africa, une initiative régionale visant à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) de l’économie circulaire, à travers l’innovation numérique. Egalement déployé au Nigeria, au Ghana et en Côte d’Ivoire, le programme ambitionne de lever les contraintes structurelles dans le domaine, et d’améliorer la valorisation des déchets grâce à des solutions digitales.

Piloté par le Nigeria Climate Innovation Center (NCIC) et soutenu par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada, le projet dispose d’un budget d’environ 1 million de dollars canadiens (environ 718 200 USD) pour ces quatre pays, sur 30 mois. Il combine recherche, renforcement des capacités et mobilisation de financements pour créer un écosystème durable autour de l’économie circulaire.
Selon Oluwatosin Ajide, coordinateur de DICE Africa, l’identification d'innovations locales est au cœur de l’initiative. Un hackathon sera organisé pour stimuler la créativité des talents sénégalais et concevoir des solutions numériques adaptées aux besoins des entreprises circulaires. Ces outils joueront un rôle central dans mise en œuvre d’une plateforme numérique nationale visant à faciliter les échanges et améliorer la compétitivité de ces PME.
La gestion des déchets demeure un défi majeur en Afrique. Selon la Plateforme africaine des villes propres, près de 90 % des déchets produits sur le continent sont déversés dans des décharges non contrôlées ou brûlés à ciel ouvert. Au Sénégal, la production dépasse 3 millions de tonnes par an, tandis que l’Afrique subsaharienne concentre 19 des 50 plus grandes décharges au monde et pourrait, à terme, devenir la région la plus productrice de déchets.
Samira Njoya
Edité par : Feriol Bewa
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Le gouvernement éthiopien accélère sa transformation numérique pour soutenir le développement social et économique. Cela implique la dématérialisation de l’accès aux services de l’administration publique.
L’Ethiopie introduit la signature électronique pour faciliter l’accès aux services publics. Dénommée teleSign, l’initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation numérique du pays.
digitized workflows allowing citizens and organizations to authenticate legal documents and enabling legal practitioners to issue or renew attorney licenses remotely from any location.
— Ethio telecom (@ethiotelecom) March 31, 2026
The solution ensures robust security by utilizing AI-powered Liveness Detection 3/6 pic.twitter.com/VGFhwux2sv
Développée par l’opérateur historique Ethio Telecom, la solution a été présentée officiellement le mardi 31 janvier. Elle permet aux citoyens éthiopiens de réaliser leurs démarches administratives en ligne de manière sécurisée et sans se déplacer. Ils peuvent signer des documents officiels, vérifier leur identité numériquement, demander des certificats, authentifier des documents ou donner des procurations, le tout depuis n’importe quel endroit et à tout moment.
« Le lancement de teleSign constitue une étape majeure dans le parcours de transformation numérique de l’Éthiopie, en introduisant la vérification d’identité numérique sécurisée, des signatures numériques reconnues légalement et des flux de travail gouvernementaux entièrement numérisés qui réduisent la bureaucratie, augmentent l’accessibilité et favorisent l’inclusion numérique nationale », a déclaré Ethio Telecom dans un communiqué.
La signature numérique peut contribuer à accélérer la transformation numérique, selon la Banque mondiale. Dans un rapport publié en 2024, l’institution de Bretton Woods rappelle que, à mesure que les transactions se dématérialisent, les mécanismes qui en garantissent la sécurité doivent eux aussi évoluer vers le format électronique. En l’absence de dispositifs fiables et reconnus sur le plan juridique pour authentifier les échanges en ligne, le recours aux signatures manuscrites demeure nécessaire, ce qui oblige encore citoyens et entreprises à se déplacer physiquement et freine ainsi la dynamique de numérisation.
« Lorsque les transactions sont numérisées, de nouveaux problèmes de sécurité apparaissent, car la facilité avec laquelle les données numériques peuvent être dupliquées ou modifiées introduit des vulnérabilités supplémentaires qui n’existaient pas avec le papier », peut-on lire dans le rapport intitulé « Signatures électroniques : Permettre une transformation numérique fiable ».
Pour rappel, l’Ethiopie mise sur la transformation numérique pour accélérer son développement socio-économique, conformément à la stratégie « Digital Ethiopia 2030 ». Pour le moment, le pays se classe à la 169e selon l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI). En 2024, le pays a enregistré un score de 0,3111 sur 1, en dessous des moyennes sous-régionale, continentale et mondiale.
Isaac K. Kassouwi
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Face à la montée des usages numériques, le Rwanda amorce l’encadrement d’un secteur encore peu régulé. Les autorités entendent poser les bases d’un environnement plus sécurisé pour les transactions et les acteurs du marché.
Le Parlement du Rwanda a approuvé, mardi 31 mars, l’exposé des motifs du projet de loi visant à encadrer les activités liées aux actifs virtuels. Le texte ambitionne d’établir un cadre juridique clair pour ce secteur en pleine expansion, tout en conciliant protection des investisseurs et soutien à l’innovation numérique.
Today, the Chamber of Deputies approved the rationale of the draft law regulating virtual assets in Rwanda. The law aims to create a safe and clear framework for this growing sector, protecting investors while supporting innovation.
— Ministry of Finance & Economic Planning (@RwandaFinance) March 31, 2026
The draft law will now move to the commission… pic.twitter.com/HmF6Oq2AiV
Selon le document officiel, la future loi vise notamment à prévenir les risques liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, à protéger les consommateurs face à la nature spéculative des actifs numériques, ainsi qu’à garantir l’intégrité et la transparence du marché. Elle entend également préserver la stabilité financière en limitant les risques systémiques liés à l’interconnexion croissante entre actifs numériques et système financier traditionnel.
Le projet introduit par ailleurs un dispositif de régulation structuré, avec la désignation d’une autorité de supervision chargée d’encadrer les prestataires de services sur actifs virtuels, en coordination avec la Banque centrale. Il couvre aussi des activités clés telles que les plateformes d’échange, les services de conversion entre monnaies classiques et actifs numériques, ainsi que les offres publiques de cryptoactifs, désormais soumises à des obligations d’information renforcées.
Cette initiative intervient dans un contexte de montée des usages, mais aussi des risques. Les autorités rwandaises ont notamment recensé plusieurs cas de fraudes liés à de faux projets d’actifs numériques. Selon les données présentées lors des discussions parlementaires, l’Office rwandais d’investigation (RIB) a déjà enregistré 35 cas de schémas pyramidaux et d’arnaques impliquant des pseudo-cryptomonnaies, entraînant des pertes financières significatives pour les populations.
En dotant le pays d’un cadre réglementaire dédié, les autorités entendent sécuriser les pratiques, renforcer la confiance dans les services financiers numériques et positionner le Rwanda sur le marché émergent des actifs numériques en Afrique. Le projet de loi sera désormais transmis à la commission compétente pour un examen approfondi, avant son éventuelle adoption.
Samira Njoya
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Depuis son lancement en 2011, le POESAM a déjà accompagné de nombreux entrepreneurs en Afrique et au Moyen-Orient. Cette année, le concours met l’accent sur les projets intégrant l’IA, la data et la cybersécurité, pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux actuels.
Orange a annoncé, le lundi 30 mars , l’ouverture des candidatures pour la 16ᵉ édition du Prix Orange de l’Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen-Orient (POESAM). Les jeunes entrepreneurs issus des 17 pays où est présent le groupe télécoms, ont jusqu’au 10 mai pour soumettre leurs projets sur la plateforme dédiée.
Pour cette édition, l’initiative met en avant des projets s’appuyant sur des technologies comme l’intelligence artificielle, le big data ou la cybersécurité. Les solutions développées dans des secteurs tels que l’agriculture, la santé, l’éducation ou l’environnement sont particulièrement ciblées, dans un contexte où ces domaines concentrent une part importante des besoins d'innovation en Afrique.
Le concours s’articule en deux phases. Une première sélection est organisée au niveau national, permettant de désigner les meilleurs projets dans chaque pays. Les candidats retenus accèdent ensuite à une phase internationale au cours de laquelle sont attribués le Grand Prix, ainsi qu’un Prix dédié à l’entrepreneuriat féminin.
Les lauréats bénéficieront d’un appui financier, avec des récompenses allant de 10 000 à 25 000 euros pour les trois premiers prix, et de 20 000 euros pour le Prix international de la femme. Au-delà de ces dotations, le programme prévoit aussi un accompagnement à travers les dispositifs du groupe Orange, notamment en matière de mise en réseau et d’accès à des opportunités de développement.
Lancé il y a plusieurs années, le POESAM a déjà enregistré plus de 17 000 candidatures et permis de distinguer de nombreuses start-up dans la région. Il s’inscrit dans une dynamique plus large de soutien à l’innovation portée par les grands groupes télécoms en Afrique et au Moyen-Orient, dans un contexte de montée en puissance des écosystèmes technologiques.
Les entrepreneurs intéressés peuvent soumettre leur candidature en ligne via la plateforme dédiée : https://POESAM.Orange.com/.
Samira Njoya
Edité par : Feriol Bewa
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Le Nigeria a lancé un projet de 2 milliards $ pour déployer 90 000 km de fibre optique, visant à réduire la fracture numérique. Le pays entend également développer l’écosystème numérique afin de tirer pleinement parti de ces infrastructures et stimuler l’innovation et la croissance économique.
Les autorités nigérianes veulent consacrer 12 milliards de nairas (8,6 millions de dollars) à un programme de recherche national sur l’économie numérique. Il vise à renforcer les institutions et à garantir que la transition numérique profite à l’ensemble de la société, en s’appuyant sur des preuves scientifiques plutôt que sur des décisions à court terme.
Ce programme, baptisé National Digital Economy Research Clusters (NDERC), s’inscrit dans le cadre du projet BRIDGE, initiative nationale qui prévoit le déploiement de 90 000 km de fibre optique à travers le pays afin d’améliorer la connectivité et de soutenir le développement d’une économie numérique moderne. Le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Bosun Tijani (photo), a annoncé le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt le dimanche 29 mars.
Today my heart is filled with deep joy as we announce the Expression of Interest for the National Digital Economy Research Clusters— a ₦12 billion research funding scheme designed to place ideas, evidence, and research at the centre of Nigeria’s digital transformation.
— Dr. 'Bosun Tijani (@bosuntijani) March 28, 2026
This… pic.twitter.com/UfDrbPVHUX
« À mesure que nous développons notre infrastructure numérique, il devient essentiel d’adopter des approches fondées sur des données probantes et une réflexion approfondie, afin que tous puissent tirer pleinement profit de cet investissement majeur. Trop souvent, les politiques numériques sont influencées par les dynamiques de marché et les cycles politiques, plutôt que par la recherche et une vision à long terme », a déclaré le ministre, dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux.
Le NDERC prévoit la création de six clusters de recherche couvrant des domaines stratégiques : connectivité, infrastructures publiques numériques, compétences et éducation numériques, économie numérique et emploi, sécurité et protection des consommateurs, ainsi qu’intelligence artificielle et technologies émergentes. Le programme mobilisera 36 professeurs issus de 36 universités nigérianes, en collaboration avec des partenaires académiques internationaux, et impliquera plus de 200 chercheurs, afin de produire des travaux scientifiques rigoureux et directement exploitables dans l’élaboration des politiques publiques.
Le programme s’inscrit dans l’ambition des autorités nigérianes de mettre le numérique au service du développement socio-économique. Selon le gouvernement, les TIC devraient contribuer à hauteur de 22 % du PIB, d’ici 2027.
Par ailleurs, le projet BRIDGE devrait, selon les autorités, permettre la création de nouvelles opportunités d’emploi, avec jusqu’à 20 000 emplois directs et plus de 150 000 emplois indirects, tout en stimulant l’innovation. Il contribuera également à une hausse de 1,5 % du PIB par habitant, faisant passer le PIB du pays de 472,62 milliards de dollars à environ 502 milliards de dollars en quatre ans.
Isaac K. Kassouwi
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Face à une demande électrique en hausse et aux exigences de la transition énergétique, la Tunisie accélère la modernisation de ses infrastructures électriques. Dans ce contexte, les réseaux intelligents apparaissent comme un levier stratégique pour renforcer la performance du système électrique national.
La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a mis en service, dans la région de Moknine, de nouvelles solutions technologiques avancées au sein de son réseau de distribution. Ce déploiement s’inscrit dans un programme pilote global d’un montant de 15 millions de dinars (environ 5 millions de dollars), entièrement financé par le gouvernement américain, destiné à moderniser des infrastructures électriques jugées critiques.
🇺🇸🤝🇹🇳 Ambassador Bazzi joined Governor of Sousse Sofiane Tanfouri and CEO of STEG Faycel Trifa in the transfer of the U.S.-funded Smart Grid pilot project to #STEG ⚡🔌
— U.S. Embassy Tunis (@usembassytunis) March 27, 2026
This project features advanced technology from American companies and subsidiaries including Schweitzer…
« Ce projet s’inscrit pleinement dans la vision stratégique de la STEG visant à moderniser le réseau électrique national et à accompagner la transition énergétique de la Tunisie à travers le déploiement de technologies Smart Grid », a déclaré le PDG de la STEG, Faycel Tarifa.
L’innovation majeure de ce site réside dans l’installation du système FLISR (localisation, isolement des défauts et réalimentation du réseau). Déployée en partenariat avec les entreprises américaines E3-International, Schweitzer Engineering Laboratories et G&W Electric, cette technologie permet de détecter rapidement les pannes et de rétablir automatiquement l’alimentation électrique, réduisant ainsi les délais d’intervention humaine. Pour piloter ces équipements, une infrastructure de communication privée LTE (pLTE) a été mise en place par Nokia, offrant une supervision en temps réel de l’ensemble du réseau de distribution.
Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large de développement des réseaux intelligents (Smart Grid), visant à transformer le système électrique en un réseau connecté et capable d’optimiser l’ensemble de la chaîne énergétique, de la production jusqu’au consommateur final, grâce à l’analyse des données en temps réel. Mis en œuvre entre 2020 et 2026, il combine études techniques, transfert de compétences et déploiement de technologies avancées, avec l’objectif de tester un modèle susceptible d’être généralisé à l’échelle nationale.
Dans un pays où la capacité installée atteint environ 5 944 MW répartis sur 25 centrales, la STEG assure près de 96 % de la production électrique nationale. Dans ce contexte, le programme Smart Grid vise notamment à réduire les pertes d’énergie, à optimiser la courbe de charge et à faciliter l’intégration des énergies renouvelables, dont la part devrait atteindre 35 % du mix électrique à l’horizon 2030.
Pour la STEG, l’enjeu est double : optimiser la performance opérationnelle pour limiter les pertes d’énergie et accompagner la transition énergétique grâce à une gestion plus fine de la demande. À terme, ces technologies devraient également améliorer la relation avec les usagers, notamment à travers le déploiement de compteurs intelligents permettant un suivi plus précis de la consommation et une facturation basée sur les usages réels.
Samira Njoya
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Le gouvernement angolais accélère la transformation numérique dans tous les secteurs de gestion publique. En 2025, il s’est associé à la société américaine Cybastion, notamment afin de renforcer le volet cybersécurité.
Les autorités angolaises ont annoncé le vendredi 27 mars, le lancement d'un Laboratoire d’innovation pour les finances publiques (i.Lab). Ce dispositif permet de tester des solutions, de mesurer leur impact et de déployer celles qui améliorent effectivement les services de l'Etat. Il a été mis sur pied par le Service des TIC des Finances Publiques (SETIC-FP), rattaché au ministère des Finances.
Lors de la cérémonie de lancement, une preuve de concept (PoC) a été présentée. Elle est axée sur l’introduction de signatures numériques qualifiées dans le Système Intégré de Gestion Documentaire (SIGD), une plateforme développée en interne par le SETIC-FP pour numériser le processus de gestion documentaire au sein du ministère. Cette solution vise à renforcer l’authenticité et l’intégrité des documents électroniques, à réduire les validations manuelles et à augmenter la confiance dans les processus digitaux.
Selon les autorités, la création de l’i.Lab entre dans le cadre des efforts pour accélérer la transformation numérique des finances publiques, principalement menés à travers le SETIC-FP. Ce dernier a développé plusieurs outils, tels que le Portail de l’Unité de Gestion de la Dette Publique (UGD), une application pour le ministère des Finances, le Système Intégré de Gestion des Programmes d’Investissement Public (SIGPIP), et le Système de Gestion du Conseil Fiscal (CGCF).

Par ailleurs, le SETIC-FP participe à des événements internationaux et explore les possibilités de coopération. Début mars, un accord a été signé avec le Cap-Vert, dans lequel les deux parties se sont engagées à mettre en œuvre des solutions technologiques innovantes, à assurer la formation technique des équipes et à consolider une gouvernance numérique plus robuste, alignée sur les meilleures pratiques internationales. Le pays s’est également rapproché du Brésil.
Le processus de transformation numérique des finances publiques s’inscrit dans le cadre plus large de la stratégie nationale de transformation numérique de l’Angola, qui vise à intégrer les TIC dans tous les secteurs pour soutenir le développement socio-économique. Dans l’administration publique, Luanda voit la numérisation comme un gage de modernisation, ainsi que d’une gestion financière plus efficace, transparente et axée sur les résultats.
Isaac K. Kassouwi
Edité par : Feriol Bewa
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Dans un contexte de transformation numérique, la gestion de l’identité devient un enjeu stratégique pour les États. Le Niger mise sur la biométrie pour renforcer la sécurité des documents officiels, améliorer les services administratifs et soutenir sa souveraineté numérique.
Le président du Niger, Abdourahamane Tiani, a officiellement lancé, vendredi 27 mars à Niamey, le processus d’établissement de la carte nationale d’identité biométrique de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’initiative marque une étape dans la modernisation des systèmes d’identification et dans le renforcement de la souveraineté numérique du pays.
La carte repose sur un système d’identification biométrique sécurisé, fondé sur la collecte et l’intégration de données personnelles uniques, notamment les empreintes digitales, la photographie faciale numérique et une signature électronique conforme aux standards internationaux. D’après les autorités, ces informations, stockées dans des bases centralisées et sécurisées, doivent permettre d’identifier de manière fiable les citoyens, de réduire les risques d’usurpation d’identité et de faciliter l’accès aux services publics, tout en garantissant l’authenticité des documents délivrés.
Au-delà du document physique, le programme vise à doter le pays d’une infrastructure de données de pointe. Il prévoit notamment la mise en place d’un centre de données moderne et de systèmes sécurisés permettant une gestion centralisée et fiable des ressources nationales. Cette architecture vise également à garantir la souveraineté des données et à améliorer la fiabilité des échanges entre les différentes administrations.
Le projet s’inscrit dans une dynamique amorcée fin 2025, avec son adoption en Conseil des ministres le 26 décembre. Il s’intègre dans la stratégie de transformation numérique portée par l’Alliance des États du Sahel, qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso, et vise à doter ces pays d’infrastructures numériques souveraines. Au-delà de l’équipement technologique, les autorités entendent également développer des compétences locales à travers des programmes de formation, afin d’assurer la pérennité du système et de réduire la dépendance aux solutions extérieures.
Un comité de suivi a été institué pour superviser la production des cartes biométriques et des passeports électroniques (e-passeports), ces derniers étant déjà en phase de finalisation. Le projet bénéficie par ailleurs de l’expertise technique de la société Al Itisal Aljadeed, spécialisée dans les technologies de réseau, les centres de données et les solutions d’identification biométrique.
Samira Njoya
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