La digitalisation des services publics s’accélère en Afrique avec un recours croissant aux outils d’IA. En Côte d’Ivoire, les autorités misent sur un chatbot pour fluidifier les échanges avec les citoyens.
Le gouvernement ivoirien accélère la digitalisation de ses services publics avec le lancement cette semaine de « EMY 101 », un assistant conversationnel basé sur l’intelligence artificielle. Accessible via WhatsApp et Messenger, cet outil vise à faciliter l’accès des citoyens à l’information administrative et à renforcer leur interaction avec les institutions publiques.
#CeQuiChangeiCI | 𝐄𝐌𝐘 𝟏𝟎𝟏, 𝐥𝐞 𝐂𝐡𝐚𝐭𝐛𝐨𝐭 𝐈𝐀 𝐝𝐮 𝐆𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭
— Gouvernement de Côte d'Ivoire (@Gouvciofficiel) March 18, 2026
𝐃𝐞 𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐬'𝐚𝐠𝐢𝐭-𝐢𝐥 ?
Le Gouvernement ivoirien lance EMY 101, un assistant conversationnel intelligent, accessible directement sur WhatsApp et Messenger.
Ce chatbot permet aux… pic.twitter.com/g6uXiQ6xhR
Développé dans le cadre de la modernisation de l’administration, ce chatbot permet aux usagers d’obtenir rapidement des informations fiables sur l’action gouvernementale, ainsi que sur les démarches administratives, notamment pour l’état civil, la fiscalité ou les services ministériels. L’objectif est de réduire les déplacements physiques, souvent contraignants, et d’améliorer l’efficacité de la relation entre l’État et les citoyens.
Concrètement, EMY 101 se positionne comme un guichet numérique accessible en continu. Les utilisateurs peuvent également s’en servir pour signaler des préoccupations, envoyer des alertes ou encore identifier les contacts utiles au sein des services publics. Cette approche s’inscrit dans une logique de gouvernance participative en facilitant la remontée d’informations des citoyens vers l’administration.
L’outil contribue ainsi à plusieurs objectifs stratégiques : rapprochement de l’administration des citoyens, amélioration de l’accès à l’information publique, renforcement de la participation citoyenne et accélération du traitement des requêtes. Il s’appuie sur les usages numériques déjà largement répandus dans le pays, en particulier les applications de messagerie instantanée.
Pour utiliser le service, les citoyens doivent enregistrer le numéro WhatsApp dédié, puis envoyer le mot‑clé « Emy 101 » afin d’accéder aux différentes fonctionnalités proposées. Le service est également accessible via Messenger, tandis qu’un numéro vert, le 101, est mis à disposition pour compléter le dispositif.
Le lancement d’EMY 101 s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique engagée par la Côte d’Ivoire. Le pays multiplie ces dernières années les initiatives visant à moderniser les services publics et améliorer leur accessibilité, dans un contexte où le numérique devient un levier clé de gouvernance et de développement. À travers ce type d’outils, les autorités ivoiriennes entendent renforcer l’efficacité de l’action publique tout en favorisant une administration plus transparente, réactive et centrée sur les besoins des citoyens.
Samira Njoya
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Le gouvernement mauritanien accélère la digitalisation des services publics. Le dernier acte en date est la dématérialisation du processus de demande du permis de conduire.
Les autorités mauritaniennes cherchent à digitaliser des services liés au ministère de la Fonction publique et du Travail. L’initiative vise à moderniser l’administration, simplifier les procédures et améliorer l’accès des citoyens aux services publics.
Ce projet a fait l’objet d’une réunion en début de semaine entre Mariem Boidiel Houmeid (photo, à gauche), ministre de la Fonction publique et du Travail, et son homologue chargé de la Transformation numérique, Ahmed Salem Ould Bede (photo, à droite). Dans son allocution, la ministre a expliqué que l’objectif de cette réunion est de présenter les besoins du secteur en matière de systèmes informatiques et de numérisation des services, afin d’identifier des solutions adaptées.
Parmi les projets proposés figurent la mise en place d’un portail de la fonction publique intégré au système « Khidmati », le lancement d’un service de gestion des décisions administratives intégré au système des ressources humaines, ainsi que la numérisation des activités de la direction générale du Travail et des délégations régionales.
M. Bede a réaffirmé l’engagement de son département à accompagner le ministère de la Fonction publique et du Travail dans la mise en œuvre de ces priorités, en fournissant les solutions techniques nécessaires et en garantissant l’interopérabilité des systèmes d’information. Il a également appelé à un travail d’équipe et à une coordination directe et rigoureuse afin d’accélérer la réalisation des projets proposés, qui auront un impact direct sur la qualité des services du secteur.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation numérique des autorités mauritaniennes, qui veulent mettre les TIC au service du développement de tous les secteurs de l’économie. Dans l’administration publique, elles misent sur la digitalisation des processus et des services pour plus de transparence, de productivité et d’amélioration dans l’accès des populations.
Le renforcement de la productivité et de l’efficacité du ministère de la Fonction publique et du Travail, qui œuvre pour améliorer les services aux citoyens et soutenir le marché de l’emploi, constitue une lueur d’espoir pour les jeunes. Selon les données d’une enquête d’Afrobarometer publiée en 2024, 47 % des Mauritaniens âgés de 18 à 35 ans sont au chômage tout en recherchant activement un emploi, un taux légèrement supérieur à la moyenne nationale de 44 %. Le rapport indique également que 26 % des jeunes sont sans emploi mais ne cherchent pas de travail.
Rappelons cependant que le processus de dématérialisation des services du ministère de la Fonction publique et du Travail est encore au stade de discussions et qu’aucun calendrier n’a été dévoilé. Il faudra donc attendre les prochains développements pour s’avancer davantage sur sa mise en œuvre, ainsi que les impacts potentiels.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Avec un taux de pénétration d’Internet encore limité et des enjeux croissants de cybersécurité, la Côte d’Ivoire cherche à consolider son économie numérique. Le gouvernement affiche pour 2026 une feuille de route centrée sur l’inclusion, la confiance et l’innovation.
La Côte d’Ivoire entend accélérer sa transformation numérique en 2026 autour de cinq priorités stratégiques : l’élargissement de l’accès à Internet, la digitalisation de la collecte des recettes publiques, le développement des compétences et de l’inclusion numérique, le renforcement de la cybersécurité et la promotion de l’innovation technologique. Ces orientations ont été présentées le mardi 17 mars à Abidjan par le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara (photo, au centre), à l’occasion de la rentrée budgétaire de son département.
Rentrée budgétaire 2026 :Budget : 83,275 milliards FCFA (+37 %)
— MTNIT (@MTNIT_CI) March 18, 2026
5 axes stratégiques :
📌Accès à Internet
📌Recettes de l'État
📌Inclusion numérique
📌Cybersécurité
📌Innovation technologique
Djibril Ouattara : La « juste dépense » comme boussole#TransitionNumérique pic.twitter.com/DJRAnJkwwf
Doté d’un budget de 83,2 milliards FCFA (145,5 millions $) pour 2026, en hausse par rapport aux 68,6 milliards FCFA de 2025, le ministère entend faire du numérique un levier central de modernisation de l’économie et d’amélioration des services publics. Les autorités misent notamment sur les paiements électroniques pour optimiser les recettes de l’État, tout en soutenant l’émergence d’un écosystème innovant et inclusif.
Ces priorités s’inscrivent dans un contexte de progression de l’usage du numérique dans le pays. Selon les données de DataReportal, le taux de pénétration d’Internet en Côte d’Ivoire atteignait environ 40,7 % à fin 2025, laissant entrevoir un potentiel important d’élargissement de l’accès, notamment dans les zones rurales encore peu desservies. Parallèlement, la montée en puissance des services numériques s’accompagne d’une exposition accrue aux risques cybernétiques, dans un environnement où les attaques informatiques ciblant les administrations et les entreprises se multiplient sur le continent.
Dans ce contexte, le renforcement de la cybersécurité apparaît comme un enjeu stratégique pour instaurer la confiance dans l’économie numérique. Les autorités ivoiriennes cherchent ainsi à consolider un cadre sécurisé, condition indispensable au développement des services en ligne, à l’attractivité des investissements et à la croissance des usages numériques.
Au-delà des ambitions affichées, la capacité à traduire ces priorités en résultats concrets dépendra de l’efficacité de l’exécution budgétaire et de la coordination entre les acteurs publics et privés, dans un environnement où les enjeux d’inclusion, de compétences et de confiance numérique restent déterminants pour l’essor du secteur.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Face aux limites de son système d’information économique, l’Algérie veut centraliser les données sur ses produits et services. L’objectif est de mieux orienter l’offre locale vers les marchés extérieurs et soutenir la diversification des exportations.
L’Algérie envisage de se doter d’un fichier numérique national exhaustif recensant l’ensemble des biens et services produits localement, afin de mieux structurer son offre exportable. Le projet a été au cœur d’une réunion de coordination présidée mardi 17 mars à Alger par le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig (photo, au centre).
#Commerce_extérieur
— Algérie Presse Service وكالة الأنباء الجزائرية (@Algerie_aps) March 17, 2026
Vers la création d’un fichier numérique des services et produits fabriqués en #Algérie
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Ce dispositif vise à mettre en place une base de données centralisée et actualisée, permettant d’orienter plus efficacement les produits algériens vers les marchés extérieurs et d’en améliorer la visibilité. Il devrait également faciliter l’identification des capacités productives nationales, dans un contexte où les informations restent encore dispersées entre plusieurs administrations. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de diversification économique, alors que les hydrocarbures représentent encore près de 90 % des recettes d’exportation du pays. Dans ce cadre, la structuration et la valorisation de l’offre locale apparaissent comme des leviers essentiels pour renforcer la présence des produits algériens à l’international. Le projet devrait également permettre aux différents secteurs d’identifier plus précisément leurs besoins en biens et services, contribuant ainsi à une meilleure coordination des politiques publiques. Les autorités espèrent, à terme, disposer d’un outil capable de soutenir une stratégie d’exportation plus ciblée et d’améliorer la compétitivité des entreprises locales.
Samira Njoya
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Malgré un écosystème de start‑up parmi les plus dynamiques d’Afrique, le Kenya reste confronté à des contraintes d’accès au financement pour ses jeunes entreprises. Les autorités cherchent à lever ces obstacles afin de soutenir la croissance et l’industrialisation du numérique.
Le Kenya muscle le financement de son écosystème technologique en s'attaquant au verrou du crédit local. Le mardi 17 mars à Nairobi, le Fonds d’équipement des Nations unies (FENU) et la Co‑operative Bank of Kenya ont acté un mécanisme de garantie de portefeuille de prêts. Ce dispositif, intégré au programme DigiKen, est conçu pour rassurer les banques face au risque perçu des jeunes pousses numériques et des plateformes en pleine croissance.
𝐋𝐚𝐮𝐧𝐜𝐡 𝐨𝐟 𝐅𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐢𝐧𝐠 𝐅𝐚𝐜𝐢𝐥𝐢𝐭𝐲 𝐭𝐨 𝐔𝐧𝐥𝐨𝐜𝐤 𝐆𝐫𝐨𝐰𝐭𝐡 𝐟𝐨𝐫 𝐈𝐧𝐝𝐢𝐠𝐞𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐃𝐢𝐠𝐢𝐭𝐚𝐥 𝐏𝐥𝐚𝐭𝐟𝐨𝐫𝐦𝐬 𝐚𝐧𝐝 𝐌𝐒𝐌𝐄𝐬
— Ministry of Info, Comms & The Digital Economy KE (@MoICTKenya) March 17, 2026
Nairobi, Kenya – 17th March, 2026
The Ministry of Information, Communications and the Digital Economy today… pic.twitter.com/rWoBshALxJ
Le dispositif repose sur un mécanisme de partage des risques, permettant d’encourager les banques à accorder des prêts à des entreprises numériques en phase de croissance. En réduisant l’exposition des établissements financiers, l’initiative entend lever l’un des principaux obstacles au développement des start‑up sur le continent : l’accès au financement.
Un écosystème numérique en forte structuration
Ce mécanisme intervient dans un contexte de montée en puissance de l’économie numérique kényane. Le pays s’est imposé ces dernières années comme l’un des principaux hubs technologiques d’Afrique, porté par un écosystème dynamique de start‑up, notamment dans les fintechs, les plateformes de services et le commerce numérique.
Cette dynamique est confirmée par les classements internationaux. Selon l’indice StartupBlink de mars 2026, le Kenya figure parmi les écosystèmes de start‑up les plus performants du continent, avec 612 start‑up répertoriées, consolidant ainsi son statut de pôle régional d’innovation. Les investissements publics dans les infrastructures ont également contribué à cette évolution. Selon les autorités, plus de 40 000 kilomètres de fibre optique ont déjà été déployés à travers le pays, tandis que la plateforme gouvernementale eCitizen revendique plus de 16 millions d’utilisateurs, avec environ 500 000 connexions quotidiennes.
Lever les contraintes de financement des start‑up
Malgré ces progrès, l’accès au financement reste un défi majeur pour les jeunes entreprises numériques. Souvent perçues comme risquées en raison de modèles économiques encore émergents, elles peinent à mobiliser des capitaux auprès des banques traditionnelles. Le mécanisme mis en place vise ainsi à corriger cette défaillance du marché en mobilisant des partenaires publics et privés autour d’un modèle de financement innovant. En partageant les risques, les acteurs impliqués espèrent stimuler l’octroi de crédits et accompagner le passage à l’échelle des entreprises locales.
Samira Njoya
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Selon la Banque mondiale, le secteur forestier est le premier employeur privé au Gabon, avec près de 15 000 emplois. Les autorités cherchent désormais à renforcer la gouvernance de cette filière stratégique, notamment à travers des outils numériques de suivi.
Le gouvernement gabonais a annoncé, le jeudi 12 mars la mise en place d’une centrale numérique de données destinée à assurer la traçabilité complète des grumes, de la forêt au port d’exportation. L’annonce a été faite par le ministre des Eaux et forêts, Maurice Ntossui Allogo, lors d’une communication consacrée à la modernisation de la filière bois et à l’amélioration du suivi des ressources naturelles du pays.
Le dispositif prévu reposera sur la digitalisation et la centralisation des données forestières. Il permettra notamment le suivi de chaque arbre dès la phase d’aménagement, avec l’intégration de la géolocalisation GPS avant la coupe, le cubage du bois extrait, ainsi que le contrôle des quantités envoyées aux usines, transformées puis exportées. L’objectif est également d’harmoniser les informations entre les différentes administrations impliquées, notamment les services des Eaux et Forêts et ceux des Douanes.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par des incohérences dans les statistiques du secteur. Selon les données communiquées par le ministère, 1,5 million de m³ de grumes ont généré plus de 42 milliards FCFA (73,5 millions $) en 2024, contre plus de 3 millions de m³ en 2025 pour seulement 31 milliards FCFA de recettes. Des écarts que les autorités jugent difficiles à expliquer et qui mettent en évidence des insuffisances dans le système actuel de suivi et de contrôle des données.
En mettant en place cette centrale numérique, les autorités entendent renforcer la transparence, améliorer la fiabilité des statistiques, réduire les risques de fraude et consolider la souveraineté forestière du Gabon. À terme, l’outil devrait permettre un meilleur contrôle de la chaîne de valeur, de la production à l’exportation, et soutenir une gestion plus efficace et durable des ressources naturelles.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’Angola poursuit le développement de son secteur spatial. Le pays dispose déjà d’un satellite de télécommunications, AngoSat-2, utilisé notamment pour accélérer la couverture du réseau sur l’ensemble du territoire.
Les autorités angolaises ont procédé, lundi 16 mars, au lancement officiel du projet de construction et de mise en orbite du premier satellite d’observation de la Terre du pays, ANGEO-1. D’un coût estimé à environ 225 millions d’euros (259 millions USD), l’appareil est développé en partenariat avec Airbus.
Les travaux ont été lancés dans les locaux d’Airbus Defence and Space à Toulouse, en France, par Mário Augusto da Silva Oliveira (photo, à gauche), ministre des Télécommunications, des Technologies de l’information et de la Communication sociale. Lors de la cérémonie, le ministre a souligné que ANGEO-1 permettra à Angola d’accéder de manière souveraine et directe à plus de 1000 images à haute résolution par jour, d’après un communiqué du Bureau de gestion du Programme spatial national (GGPEN) qui faisait partie de la délégation angolaise.
« Cette capacité sera essentielle pour soutenir le développement économique, la gestion durable des ressources naturelles et la sécurité du territoire, renforçant la capacité du pays à élaborer des politiques publiques et à prendre des décisions stratégiques fondées sur des données concrètes », peut-on lire dans le communiqué.
Le projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme spatial national. Les autorités ambitionnent « de transformer la République d’Angola d’un simple utilisateur de services, de produits et de technologies spatiales en un opérateur et producteur de ces mêmes technologies, assurant ainsi son indépendance technologique spatiale ». Outre les télécommunications, un programme d’observation de la Terre est également prévu, visant la surveillance environnementale, l’agriculture de précision, la gestion des ressources naturelles et la prévention des catastrophes.
Dans ce contexte, le président de la République, João Lourenço, a annoncé en octobre 2025 la création de l’Agence spatiale angolaise. Le « Livre blanc des TIC 2023–2027 » prévoit également la création d’un centre d’études spatiales, la formation d’experts nationaux, ainsi que le développement d’infrastructures de communication, de navigation et de météorologie.
Isaac K. Kassouwi
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Dans un contexte de diversification économique, le Botswana cherche à renforcer la compétitivité de ses zones économiques spéciales. Le développement d’infrastructures numériques apparaît comme un levier clé pour attirer les investisseurs et moderniser ces espaces.
L’opérateur Orange Botswana et l’Autorité des zones économiques spéciales (SEZA) ont scellé, le vendredi 13 mars, un partenariat stratégique pour moderniser les infrastructures numériques des pôles d'investissement du pays. Ce protocole d’accord définit un cadre de collaboration axé sur l’innovation technique et le déploiement de solutions connectées sur mesure.
« La connectivité numérique est désormais un facteur essentiel de la compétitivité économique. Grâce à cette collaboration, nous visons à renforcer les capacités en matière de TIC et de télécommunications dans ces zones afin que les entreprises qui y opèrent puissent bénéficier de solutions numériques modernes », a indiqué la directrice générale d’Orange Botswana, Nene Maiga (photo, à gauche).
Le cœur de ce partenariat repose sur l'intégration de technologies de pointe dans les zones économiques. Orange Botswana prévoit notamment d'y déployer des services basés sur l’Internet des objets (IoT) pour la gestion des services publics, des systèmes de sécurité intelligente, ainsi que des solutions de connectivité avancées. L'objectif est de transformer ces espaces en écosystèmes intelligents, capables de répondre aux exigences de productivité des investisseurs internationaux.
Ce partenariat s’inscrit dans la stratégie du Botswana visant à diversifier son économie au-delà du secteur minier, en misant sur l’industrialisation et l’attraction d’investissements étrangers. Les zones économiques spéciales constituent à cet égard des instruments clés de politique économique. Elles offrent un cadre réglementaire et fiscal incitatif destiné à attirer des entreprises industrielles, logistiques et de services. Dans un contexte de transformation numérique, leur compétitivité repose de plus en plus sur la qualité des infrastructures technologiques, notamment la connectivité, les plateformes numériques et les services intelligents.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Avec plus de deux millions d’enfants hors école et un enseignement supérieur en quête de modernisation, le gouvernement malien mise sur un partenariat avec Orange Mali pour accélérer la transition numérique des campus.
Lors d’une audience accordée le vendredi 13 mars au nouveau directeur général d’Orange Mali, M. Leyti N’Diaye, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Bouréma Kansaye, a réaffirmé la volonté du gouvernement d’approfondir la collaboration avec l’opérateur télécom. D’après le communiqué officiel du gouvernement malien, quatre chantiers ont structuré les discussions, à savoir la connectivité des universités, la digitalisation de l’enseignement, le développement de bibliothèques numériques et la création d’une Université numérique. Ce dernier projet, présenté comme prioritaire, vise à « moderniser et à élargir l’accès à l’enseignement supérieur au Mali ».
Le ministre a mis l’accent sur l’importance stratégique d’Orange Mali dans le développement numérique du pays, saluant la qualité du partenariat existant entre l’opérateur et son département. Le directeur général, lui, a présenté sa visite comme une démarche de prise de contact destinée à consolider cette coopération. Au‑delà du protocole, l’ambition est plus large. Connectivité des campus, ressources documentaires en ligne et enseignement à distance doivent, ensemble, réduire le manque d’accès, l’obsolescence pédagogique et le décalage persistant entre formations et emplois.
Un pari sur l’avenir dans un contexte éducatif sous pression
Cette initiative prend forme dans un contexte marqué par de profondes fragilités. Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), plus de deux millions d’enfants maliens âgés de 5 à 17 ans ne vont toujours pas à l’école, et plus de la moitié des jeunes de 15 à 24 ans sont analphabètes. La situation s’est aggravée avec l’insécurité. D’après les données de la Cellule de planification et de statistiques du secteur de l’éducation, 2036 écoles étaient fermées en juin 2025, privant de scolarisation quelque 610 800 enfants.
À l’université, la pression est tout aussi forte. Selon le Bulletin statistique de la Direction générale de l’enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (DGESRS), les effectifs des établissements publics sont passés de 88 379 étudiants en 2019-2020 à 147 855 en 2021-2022, soit une progression de près de 39 % en deux ans. Une croissance rapide, mais encore trop peu inclusive. La part des femmes dans l’enseignement supérieur, bien qu’en hausse, ne dépassait pas 37,98 % en 2021-2022.
Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement supérieur au Mali reste parmi les plus bas du continent. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) l’estimait à 3 % pour les femmes et 6 % pour les hommes en 2019, dernières données disponibles pour le Mali. À titre de comparaison, ce taux atteignait 9 % en Afrique subsaharienne, loin des 42 % à l’échelle mondiale en 2024. Un écart qui mesure l’ampleur du chemin à parcourir. Les États généraux de l’éducation, tenus en janvier 2024, avaient d’ailleurs conclu à la nécessité d’une transformation fondamentale du système, notamment sur la qualité de l’enseignement, l’intégration des technologies et la formation des enseignants.
Le partenariat avec Orange Mali, s’il se concrétise, pourrait constituer un premier pas dans cette direction. Si l’élan est réel, les modalités concrètes, les échéances et les budgets restent à préciser, et c’est la formalisation d’un cadre opérationnel qui dira si cet accord de principe se traduit en actes.
Félicien Houindo Lokossou
Edité par Sèna D. B. de Sodji
La montée en puissance des services numériques renforce les enjeux liés à la gestion et à la protection des données personnelles. En RDC, les autorités veulent consolider un cadre robuste de gouvernance des données pour accompagner le développement de l’économie numérique.
La République démocratique du Congo accélère la mise en œuvre de sa gouvernance des données. Le ministère de l’Économie numérique a officialisé, le jeudi 12 mars à Kinshasa, le lancement du Réseau national des data protection officers (DPO). Ce regroupement de spécialistes vise à uniformiser les pratiques de gestion des données personnelles et à accompagner la mise en conformité des secteurs public et privé.
Protection des données : Augustin Kibassa Maliba lance le Réseau des Data Protection Officershttps://t.co/UY0SMMekDR
— Ministère de l'Économie Numérique - RDC (@econonumerique) March 13, 2026
Cette initiative, soutenue par RUDI International et Droit‑Numérique.cd, intervient trois ans après l’adoption de l’ordonnance‑loi n°23/010 portant Code du numérique. Ce texte consacre les principes de licéité, de transparence et de sécurisation des traitements de données à caractère personnel. Dans cette architecture, les DPO font office de pivots. Ils garantissent le respect des standards techniques et juridiques au sein des organisations, tout en protégeant les droits fondamentaux des citoyens.
Pour le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba (photo), la structuration de ce vivier d’experts précède la création prochaine d’une Autorité nationale de protection des données. Au‑delà de l’aspect réglementaire, Kinshasa perçoit la sécurité des données comme un facteur d’attractivité économique. Un cadre robuste de gouvernance des données renforce la confiance des partenaires internationaux et favorise l’investissement dans les services technologiques à haute valeur ajoutée.
Cette démarche s’aligne sur les engagements de la RDC dans le cadre de la Convention de Malabo. En professionnalisant la fonction de DPO, le pays se met au diapason des standards de l’Union africaine en matière de cybersécurité. L’enjeu est de transformer les données, aujourd’hui ressources stratégiques, en leviers de croissance sécurisés face aux risques croissants de cybercriminalité et d’exploitation illicite des informations.
Samira Njoya
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