Face aux mutations technologiques dans le secteur médical, la formation des professionnels de santé évolue vers des modèles plus interactifs. L’objectif est de combiner compétences pratiques et maîtrise des outils numériques pour répondre aux nouveaux besoins des systèmes de santé.
Le département de pharmacie de l’Université d’Abomey-Calavi a mis en service, le lundi 27 avril, un centre de simulation dédié à la formation pratique des étudiants en sciences pharmaceutiques. Baptisé « Pharm Expérience », ce dispositif vise à rapprocher l’apprentissage académique des conditions concrètes d’exercice en officine et en milieu hospitalier.
Le centre repose sur une architecture technologique en deux volets complémentaires. Il comprend une salle de dispensation reproduisant une officine moderne et une salle de cours équipée d’outils numériques interactifs. Un système de caméras et de visioconférence permet de suivre en temps réel les scénarios pratiques et jeux de rôle réalisés en simulation, offrant aux étudiants une immersion pédagogique renforcée.
Pour les autorités universitaires, cette innovation vise à élever les standards d’apprentissage en rapprochant la théorie des exigences professionnelles du terrain. Le Prof. Habib Ganfon (photo, au centre), vice-doyen de la pharmacie, souligne que l’ambition est de placer l’apprenant au cœur de la dynamique de changement technologique en cours dans le secteur.
Le centre servira également de base pour familiariser les futurs praticiens avec la solution numérique « e‑pharmacie », actuellement en phase de concrétisation au niveau national. L’objectif est de créer un maillage technologique permettant aux étudiants de maîtriser les outils numériques de gestion pharmaceutique avant leur déploiement généralisé.
Au-delà du cas béninois, le développement de solutions numériques dans le secteur pharmaceutique s’accélère sur le continent. Plusieurs pays africains explorent ou encadrent déjà les modèles de pharmacie en ligne et de distribution numérisée des médicaments, dans un contexte marqué par des défis persistants de chaîne d’approvisionnement et d’accès aux produits essentiels.
Selon le rapport « La pharmacie en ligne en Afrique : panorama des réglementations et opportunités d’action » publié en 2023 par le cabinet Salient, cinq pays africains – le Ghana, le Kenya, le Nigeria, le Rwanda et l’Afrique du Sud – ont déjà adopté des cadres réglementaires ou des directives encadrant les pharmacies en ligne. Le Ghana est allé plus loin en mettant en place une pharmacie électronique nationale pilotée par l’État.
Samira Njoya
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Le Cameroun a récemment mis en œuvre un nouveau mécanisme de collecte des droits de douane sur les téléphones et terminaux numériques. Moins d’un mois après le lancement effectif, ce dispositif automatisé produit déjà ses premiers résultats.
Au Cameroun, la régulation du marché des terminaux numériques franchit une nouvelle étape. Le ministère des Finances a annoncé l’entrée en vigueur effective d’un mécanisme électronique de collecte des droits de douane sur les téléphones, tablettes et autres équipements connectés. En moins d’un mois, le système a déjà permis d’identifier près de 700 000 nouveaux appareils connectés au réseau local sans dédouanement préalable, mettant en évidence l’ampleur des circuits informels dans ce segment en forte croissance.
Dans un communiqué publié le lundi 27 avril, le ministre des Finances Louis Paul Motaze précise que ce dispositif, opérationnel depuis le 1er avril 2026, repose sur l’identification des terminaux via leur numéro IMEI. Ce procédé permet de croiser les données issues des réseaux des opérateurs télécoms avec celles de l’administration douanière, afin de détecter en temps réel les équipements introduits sur le territoire en dehors des circuits officiels.
L’enjeu est d’autant plus important que le marché camerounais des smartphones connaît une expansion rapide, portée par la démocratisation des usages numériques et la baisse progressive du coût des terminaux d’entrée de gamme. Dans ce contexte, une part significative des appareils échappe encore au contrôle fiscal, notamment en raison des importations informelles et du commerce transfrontalier non déclaré, privant l’État de ressources importantes.
Pour accompagner la mise en œuvre de la réforme, les autorités ont instauré une phase transitoire. Les importateurs et utilisateurs d’appareils non conformes disposent d’un délai de grâce jusqu’au 30 avril pour régulariser leur situation sans pénalité. Durant cette période, le blocage automatique des terminaux a été suspendu afin de favoriser la sensibilisation et d’éviter une rupture brutale dans l’usage des services mobiles.
Passé ce délai, les équipements identifiés comme issus de la contrebande seront bloqués sur l’ensemble des réseaux nationaux, sans préavis supplémentaire. Cette mesure vise à renforcer la discipline sur le marché, mais aussi à instaurer un signal dissuasif à l’égard des circuits d’importation illégaux qui continuent de prospérer en marge des circuits formels.
Au-delà de la mobilisation des recettes douanières, les autorités inscrivent cette réforme dans une approche plus large de sécurisation et de structuration de l’écosystème numérique. La traçabilité accrue des terminaux permet en effet de mieux encadrer leur circulation, de limiter l’usage d’équipements contrefaits ou non homologués et de renforcer, à terme, la sécurité des réseaux et des utilisateurs.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les autorités tchadiennes font du numérique un levier central de transformation et entendent en généraliser l’usage. Cette dynamique implique néanmoins un encadrement renforcé afin de prévenir les dérives.
Le gouvernement tchadien a engagé une actualisation de son cadre juridique du numérique afin de l’adapter à l’évolution rapide des technologies et des usages. Un comité de 34 membres a été officiellement installé à N’Djamena le lundi 27 avril par le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration, Haliki Choua Mahamat (photo).
Le ministre a souligné que les textes en vigueur sont devenus obsolètes face aux mutations du secteur numérique, en appelant à des réformes rapides et efficaces. Le comité dispose de 45 jours pour proposer des textes modernisés, concrets et directement applicables.
S’appuyant sur les travaux déjà réalisés, notamment ceux de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), la mission consistera à harmoniser et moderniser l’ensemble des dispositions existantes afin de doter le pays d’un cadre juridique plus adapté aux enjeux actuels du numérique.
La mise en place du comité intervient quelques mois après que Boukar Michel, ancien ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration publique, a annoncé que le pays élaborait un Code du numérique. Celui-ci intègre les normes internationales en matière de cybersécurité, de protection des données et de gouvernance de l’Internet, dotant ainsi le Tchad d’un cadre juridique moderne, conforme aux meilleures pratiques mondiales.
En octobre 2025, l’Assemblée nationale du Tchad a ratifié une ordonnance prise plus tôt dans l’année modifiant un article de la loi de 2014 sur la régulation des communications électroniques et des activités postales. Le texte vise à moderniser le cadre juridique du secteur, à favoriser la concurrence, à améliorer la couverture des réseaux et à renforcer la souveraineté numérique du pays.
Ces efforts s’inscrivent dans un contexte marqué par une accélération croissante de la transformation numérique, avec l’émergence de nouvelles technologies et de nouveaux usages. L’intelligence artificielle (IA), par exemple, s’impose progressivement dans de nombreux usages numériques, mais elle soulève aussi des défis majeurs. En l’absence de règles claires, elle peut être utilisée pour la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, la création de contenus trompeurs (deepfakes) ou encore la facilitation d’arnaques en ligne de plus en plus sophistiquées.
D’autres technologies comme le cloud computing, la blockchain ou encore l’essor des plateformes numériques accentuent également les enjeux de cybersécurité et de protection des données. Le vide juridique actuel peut ainsi exposer les utilisateurs, les entreprises et les institutions à des risques accrus de cyberattaques, de fraude numérique ou d’exploitation abusive des données personnelles.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Avec l’essor des réseaux sociaux, les États africains font face à de nouveaux défis de régulation. En RDC, les autorités ont saisi la justice pour lutter contre les abus en ligne, dans un contexte régional marqué par un encadrement accru du cyberespace.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé, samedi 25 avril, avoir saisi les autorités judiciaires face à la multiplication de contenus jugés diffamatoires ou haineux visant des responsables publics sur les réseaux sociaux.
Dans un communiqué, l’exécutif dénonce une « recrudescence » de publications comportant injures, menaces, diffamations et autres atteintes à la dignité. Les autorités estiment que certains de ces contenus ne relèvent pas d’expressions isolées, mais s’inscrivent dans des « campagnes coordonnées de dénigrement » susceptibles d’affecter la crédibilité des institutions et la cohésion nationale.
Face à cette situation, le gouvernement indique avoir engagé des investigations pour identifier les auteurs, co-auteurs et éventuels commanditaires de ces contenus, y compris ceux opérant anonymement ou depuis l’étranger. Des poursuites pourraient être engagées sur la base des dispositions légales encadrant la diffamation, le harcèlement numérique ou les discours de haine.
Dans un contexte d’essor des réseaux sociaux
Cette démarche intervient dans un contexte de montée en puissance des réseaux sociaux dans le pays. Selon les données de DataReportal, la RDC comptait environ 34,7 millions d’utilisateurs des réseaux sociaux en 2025, soit près de 30 % de la population, un chiffre en progression constante, porté par l’expansion de l’Internet mobile. Ces plateformes s’imposent désormais comme des espaces centraux du débat public, mais aussi comme des vecteurs de désinformation et de contenus problématiques.
Un durcissement observé à l’échelle régionale
Au-delà du cas congolais, cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large de renforcement de la régulation du numérique en Afrique. Au Gabon, les autorités ont récemment annoncé de nouvelles mesures visant à encadrer plus strictement les contenus diffusés en ligne, notamment en matière de lutte contre la désinformation, les discours de haine et les atteintes à l’ordre public.
Ces initiatives traduisent une volonté croissante des États de reprendre le contrôle sur des espaces numériques devenus centraux dans la formation de l’opinion publique. Elles soulignent également les défis liés à la modération des contenus, à l’identification des auteurs, souvent anonymes, et à l’application des lois dans un environnement transfrontalier.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Portés par la croissance du mobile money et du commerce digital, les systèmes de paiement instantané se multiplient en Afrique. Ils répondent à un besoin de rapidité, de réduction des coûts et de traçabilité des flux, dans des économies encore largement dominées par le cash.
La Banque de la République du Burundi (BRB) a lancé, le jeudi 23 avril à Bujumbura, le système de paiement instantané « BurundiPay », une nouvelle infrastructure destinée à moderniser les transactions financières dans le pays. L’initiative vise à fluidifier les transactions, renforcer l’inclusion financière et réduire la dépendance aux espèces. Concrètement, BurundiPay permet d’effectuer des transferts d’argent et des paiements en temps réel, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, aussi bien depuis des comptes bancaires que des portefeuilles mobiles.
#SETIC 1/3 @BankiNkuru Lancement officiel du système de paiement instantané du Burundi, "BurundiPay", sous le financement de @PafenBurundi. Le Burundi devient le 22è pays Africain à se doter d'un système de paiement instantané, sécurisé, interopérable&accessible.@BurundiGov pic.twitter.com/aYlfcrFHUn
— Secrétariat Exécutif des TIC - Burundi (@seticburundi) April 23, 2026
La principale innovation réside dans l'interopérabilité totale. Désormais, les banques commerciales, institutions de microfinance et opérateurs de paiement sont connectés au sein d’un même système, facilitant les transactions entre réseaux jusque-là cloisonnés. Cette évolution met fin à certaines pratiques contraignantes, comme le retrait préalable d’espèces pour transférer des fonds entre établissements différents.
Le dispositif repose sur des standards internationaux, notamment la norme ISO 20022, garantissant un haut niveau de sécurité et une compatibilité avec les systèmes financiers mondiaux. Il s’intègre également aux infrastructures existantes du pays, telles que le système de règlement brut en temps réel (RTGS) ou encore la chambre de compensation automatisée, consolidant ainsi l’architecture globale des paiements.
Au-delà de ses performances techniques, BurundiPay mise sur l’accessibilité pour favoriser son adoption à grande échelle. Dans un pays où le taux de pénétration d’Internet demeure limité autour de 30 % selon les données officielles — la plateforme a été pensée pour fonctionner aussi bien sur smartphones que sur des téléphones basiques via des codes USSD. Cette approche inclusive vise à étendre l’accès aux services financiers aux populations encore faiblement bancarisées, notamment en milieu rural.
Financé avec le soutien de la Banque mondiale à travers le Projet d’Appui aux Fondations de l’Économie Numérique (PAFEN), ce système positionne le Burundi comme le 22e pays africain à se doter d’une infrastructure de paiement instantané. Une avancée qui s’aligne sur les tendances observées sur le continent, où la numérisation des services financiers constitue un levier clé de transformation économique.
Le succès de BurundiPay dépendra de son appropriation par les acteurs du marché et par les usagers. Son déploiement pourrait accélérer l’intégration financière, soutenir le développement du commerce numérique et renforcer la transparence des flux économiques, autant d’éléments essentiels pour accompagner les ambitions de croissance et de modernisation du pays.
Samira Njoya
Edité par : Feriol Bewa
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Porté par une population de plus de 100 millions d’habitants, le marché du commerce de détail en Égypte figure parmi les plus dynamiques du Moyen-Orient. Dans ce secteur concurrentiel, les enseignes accélèrent leur transformation numérique pour améliorer leurs performances et répondre à l’évolution des usages.
Orange Egypt et Circle K ont annoncé, mercredi 22 avril, la conclusion d’un partenariat visant à accompagner la modernisation du réseau de distribution de l’enseigne de retail, présente à travers plus de 200 points de vente dans le pays. Cet accord positionne l’opérateur télécom comme partenaire de transformation numérique de Circle K, dans un contexte de numérisation croissante du secteur de la distribution en Égypte.
Dans le cadre de ce partenariat, Orange fournira un ensemble de solutions de connectivité et d’infrastructures numériques, incluant l’accès à Internet haut débit et une interconnexion sécurisée entre les différents points de vente. L’objectif est d’assurer une meilleure continuité des opérations, tout en optimisant les performances et la gestion des activités commerciales sur l’ensemble du réseau.
Le projet intègre également le déploiement de la technologie SD-WAN, une solution avancée de gestion de réseau permettant une orchestration plus flexible et centralisée des flux de données entre les sites. Cette architecture vise à renforcer la sécurité, améliorer la stabilité des services et optimiser l’efficacité opérationnelle de l’entreprise.
Présente sur le marché égyptien à travers un réseau de magasins de proximité et de stations-service, Circle K figure parmi les principaux acteurs du retail de proximité. L’enseigne, qui fait partie d’un groupe international opérant dans plus de 20 pays, s’appuie sur une forte capacité de distribution et un volume important de clients servis quotidiennement grâce à son réseau étendu. Son modèle repose sur la vente de produits de consommation courante et de services rapides, avec une stratégie d’expansion continue sur les marchés urbains et périurbains.
Dans un marché de détail égyptien parmi les plus importants du Moyen-Orient, porté par une population de plus de 100 millions d’habitants, ce partenariat prend une dimension stratégique pour les deux groupes. Il s’inscrit dans la dynamique de numérisation des réseaux de distribution, où la connectivité et les systèmes d’information deviennent des leviers essentiels de performance et d’expansion.
Pour Mohamed Shebl, directeur commercial d’Orange Egypt, cette collaboration confirme la capacité de l’opérateur à répondre aux exigences des marques internationales. « Grâce à ce partenariat, nous continuons à exploiter les innovations de pointe pour améliorer la compétitivité et optimiser l’efficacité opérationnelle, conformément à notre vision de mener la transformation numérique du secteur des entreprises vers des modèles plus avancés et plus durables, tout en soutenant les objectifs de la stratégie numérique égyptienne et “Vision Égypte 2030” », a-t-il précisé.
Samira Njoya
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Alors que le capital-risque poursuit sa consolidation en Afrique, la région SADC tente de combler son retard en matière de financement technologique. Le Botswana mise sur un fonds dédié pour soutenir les start-up et stimuler l’émergence d’un écosystème plus compétitif.
L’écosystème du capital-risque en Afrique australe vient de franchir un nouveau palier. Le Botswana Tech Fund (BTF) a annoncé, le mardi 21 avril, le lancement d’un fonds de 50 millions de livres sterling (environ 67,5 millions de dollars) destiné à soutenir les start-up technologiques de la région. Basé à Gaborone, le fonds est soutenu par Pula Investments, le family office de Stephen Lansdown, cofondateur du groupe britannique Hargreaves Lansdown.
Le fonds est structuré pour intervenir à différents stades de développement, des jeunes entreprises en phase de pré-amorçage (pre-seed) jusqu’aux sociétés en phase de croissance avancée (scale-up). Sa première phase de déploiement comprend des investissements de démarrage ainsi que des prises de participation dans des entreprises plus matures. Il prévoit également des opérations sur le marché secondaire, une approche encore peu répandue sur le continent, mais destinée à améliorer la liquidité des investisseurs et des fondateurs.
Le lancement du BTF intervient dans un contexte de structuration progressive de l’écosystème du capital-risque en Afrique australe, où le financement des start-up reste marqué par un déficit structurel, notamment dans les technologies applicatives et les infrastructures numériques. La région demeure fortement dépendante des capitaux étrangers, malgré une montée en puissance progressive des initiatives locales.
Le fonds mise notamment sur les atouts du Botswana, dont un taux de pénétration Internet estimé à environ 80 %, ainsi que sur un environnement institutionnel stable en matière de gouvernance. Ces facteurs sont considérés comme des leviers pour attirer les investissements technologiques dans une région qui représente un marché potentiel de plus de 370 millions d’habitants, au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
Selon plusieurs analyses de marché (Partech Africa et Briter Bridges), les start-up africaines ont levé environ 3 à 4 milliards de dollars américains en 2025, après un pic supérieur à 6 milliards en 2022. Cette tendance confirme une phase de normalisation du capital-risque, marquée par une sélection plus rigoureuse des projets et une concentration des financements sur les marchés les plus matures, notamment le Nigeria, le Kenya, l’Afrique du Sud et l’Égypte.
Dans ce contexte, le Botswana Tech Fund entend repositionner l’Afrique australe sur la carte du capital-risque, en structurant des financements mieux adaptés aux besoins des entrepreneurs et en facilitant l’accès au capital pour les fondateurs.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Engagé dans des réformes pour accélérer sa transformation numérique, le Burkina Faso ouvre progressivement son marché aux innovations technologiques. Cette dynamique attire des investisseurs étrangers par des opportunités dans l’IA, la santé et les drones.
Le ministère burkinabè de la Transition digitale, représenté par son Secrétaire général, Borlli Michel Some (photo, à droite), a accueilli le mercredi 22 avril une importante délégation d’investisseurs italiens conduite par l’ambassadrice du Burkina Faso en Italie, Cyrille Ganou/Badolo (photo, à gauche). Cette rencontre marque une étape clé dans la stratégie nationale visant à interconnecter l’ensemble de l’administration et à éliminer les « zones blanches » sur le territoire.
Les échanges ont porté sur plusieurs solutions technologiques adaptées aux réalités locales. Les investisseurs ont notamment présenté des projets liés à l’utilisation de drones pour l’accès aux soins et aux campagnes de vaccination en zone rurale, ainsi que des systèmes de gestion des données médicales. La délégation, composée d’acteurs issus des secteurs de la technologie, de l’agriculture et de l’énergie, a exprimé son intérêt pour le développement de partenariats public‑privé.
Souveraineté et transfert de compétences
Les autorités burkinabè ont toutefois insisté sur la nécessité d’inscrire ces collaborations dans une logique de souveraineté technologique. Pour le pays, la priorité est accordée à des partenariats intégrant la formation, le co‑développement et l’appropriation des technologies, afin de renforcer les capacités locales. L’objectif est notamment de s’appuyer sur les ressources humaines nationales pour assurer la gestion des infrastructures et des données stratégiques.
Le défi de l’énergie numérique
Le lien entre numérique et énergie a également été au cœur des échanges. Pour atteindre l’objectif « zéro zone blanche » d’ici 2030, le Burkina Faso mise sur des solutions solaires innovantes pour alimenter les infrastructures télécoms en milieu rural. Les autorités ont invité les investisseurs italiens à proposer des technologies durables capables de soutenir cette expansion du réseau, indispensable à la modernisation des services publics.
Cette rencontre intervient dans un contexte d’accélération des projets numériques au Burkina Faso, avec des priorités telles que l’identité numérique et l’intégration de technologies émergentes, dans l’objectif d’améliorer l’efficacité des services publics.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle, le Burundi pose les bases d’un cadre national pour encadrer son développement. Avec une stratégie dédiée, les autorités cherchent à structurer l’écosystème local et à capter les gains économiques liés à l’exploitation des données.
Le Burundi accélère son positionnement sur les technologies émergentes. Le pays a validé, le mercredi 22 avril à Bujumbura, sa Stratégie nationale sur l’intelligence artificielle pour la période 2025‑2030. Portée par le ministère des Finances, du Budget et de l’Économie numérique avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement, cette feuille de route vise à faire de l’intelligence artificielle un outil opérationnel au service de la gouvernance, de la croissance et de la modernisation des services publics.
Une stratégie structurée autour de six priorités
Le premier pilier concerne la gouvernance. Il prévoit la création d’organes de pilotage, l’élaboration d’une charte d’éthique et l’adaptation du cadre réglementaire, afin d’encadrer le développement de l’IA. Cette dimension est complétée par un volet spécifique consacré à l’éthique, à l’inclusion et à la durabilité, avec des mécanismes de contrôle des algorithmes, la prise en compte des langues locales et la promotion d’une IA responsable.
Sur le plan technique, la stratégie met l’accent sur le renforcement des infrastructures numériques et des capacités de gestion des données. Elle prévoit notamment la modernisation des centres de données, la mise en place de hubs sectoriels et le développement de solutions de cloud souverain, en parallèle de l’extension des réseaux télécoms.
Le développement du capital humain constitue un autre axe central. Le gouvernement ambitionne d’adapter les formations universitaires aux métiers de l’IA, de former plus de 1000 agents publics et de soutenir l’émergence de talents, notamment à travers des programmes ciblant les jeunes et les femmes.
En parallèle, un accent particulier est mis sur l’innovation et l’entrepreneuriat. La stratégie prévoit la création de mécanismes de financement dédiés, l’installation d’incubateurs dans plusieurs villes et la mise en place d’incitations pour soutenir l’émergence de start‑up spécialisées dans l’intelligence artificielle.
Enfin, l’approche retenue privilégie des applications concrètes. Une quinzaine de projets pilotes doivent être déployés dans des secteurs clés comme la santé, avec des outils d’aide au diagnostic et de télémédecine, ou l’agriculture, via des systèmes d’alerte climatique et de conseil aux producteurs. L’objectif est de démontrer rapidement l’impact de ces technologies sur la productivité et les services publics.
Un positionnement encore en construction
Malgré ces ambitions, le Burundi part d’un niveau de maturité encore limité en matière d’infrastructures numériques et de valorisation des données. Comme dans plusieurs économies africaines, les enjeux portent sur la disponibilité des données, l’interopérabilité des systèmes et la mise en place de cadres réglementaires adaptés. La stratégie adoptée vise précisément à structurer ces fondations, en alignant les investissements, les compétences et les usages autour d’une vision cohérente. Elle s’inscrit également dans la Vision 2040‑2060 du pays, qui identifie le numérique comme un moteur de transformation économique.
Une fois mise en œuvre, cette stratégie permettra au pays de rejoindre des États africains ayant déjà structuré leur approche de l’intelligence artificielle, comme le Rwanda, le Sénégal, le Maroc ou le Bénin. Dans un contexte de compétition autour de la donnée et des technologies avancées, l’enjeu sera désormais de traduire cette ambition en déploiements concrets capables de générer des gains économiques mesurables.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les autorités zambiennes souhaitent généraliser l’accès à Internet dans le pays, dans le cadre des aspirations de transformation numérique. Cette ambition concerne non seulement les particuliers, mais aussi les établissements publics tels que les écoles et les hôpitaux.
Le gouvernement zambien prévoit de connecter 2500 écoles supplémentaires à Internet d’ici la fin de l’année 2026. L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation numérique du système éducatif.
Dans ce cadre, les entreprises de télécommunications et les institutions financières zambiennes se sont engagées la semaine dernière à soutenir le ministère de l’Éducation dans l’extension de la connectivité Internet dans les écoles à travers le pays. Cet engagement a été pris lors d’une réunion de concertation avec les partenaires consacrée à la connectivité scolaire.
« La collaboration a permis à des salles de classe autrefois limitées en ressources d’introduire aujourd’hui les apprenants aux outils numériques. Les enseignants élargissent leurs méthodes. Les élèves accèdent à des connaissances qui dépassent largement leur environnement immédiat », a déclaré Noriana Muneku, secrétaire permanente chargée de l’Administration au ministère de l’Éducation.
Cette initiative intervient dans un contexte où les autorités zambiennes misent sur la technologie pour soutenir le développement socio-économique dans l’ensemble des secteurs. Dans le domaine de l’éducation, cette ambition est mise en œuvre en partenariat avec des acteurs privés et des organisations internationales.
Le ministère de l’Éducation estime notamment que les écoles peuvent tirer parti d’un large éventail d’outils TIC pour communiquer, créer, diffuser, stocker et gérer l’information de manière efficace. Les technologies de l’information et de la communication offrent aux apprenants un accès à une vaste gamme de ressources éducatives en ligne, telles que des manuels numériques, des livres électroniques et des logiciels éducatifs spécialisés, disponibles à tout moment et depuis n’importe quel lieu.
« Contrairement aux méthodes d’enseignement traditionnelles, qui peuvent limiter le rythme d’apprentissage, l’intégration des TIC permet aux élèves d’apprendre à leur propre rythme et selon leur propre emploi du temps, leur offrant ainsi la flexibilité nécessaire pour concilier études, activités personnelles ou engagements professionnels », indique le ministère dans son « Education Statistics Bulletin 2025 ».
Dans cette dynamique, le gouvernement a mis en place la plateforme « Digital Learning Passport » en collaboration avec l’UNESCO, l’UNICEF et Microsoft. Elle propose une large gamme de contenus éducatifs, incluant des leçons interactives, des supports audio et vidéo ainsi que des ressources pédagogiques numérisées alignées sur le programme scolaire. En 2024, plus de 300 000 élèves y accédaient pour étudier des matières telles que l’anglais, les mathématiques, les sciences et les études sociales.
Selon les données du ministère de l’Éducation, 8 239 écoles sur les 13 987 que compte le pays disposaient d’un accès à Internet pour des usages administratifs à fin 2025. Cependant, seules 5487 écoles bénéficiaient d’un accès destiné à l’enseignement et à l’apprentissage, tandis que 3276 disposaient d’une connexion jugée fiable.
Cette initiative soulève toutefois plusieurs interrogations, notamment sur la généralisation effective de la connectivité dans les écoles, la fiabilité et la pérennité des réseaux, la disponibilité des équipements TIC, ainsi que les capacités des enseignants et des élèves à utiliser ces outils. L’accès à l’électricité reste également un enjeu majeur : en 2025, 5812 écoles ne disposaient d’aucune alimentation électrique.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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