De nombreux pays africains misent sur la transformation numérique pour soutenir leur développement socio‑économique. La cybersécurité est considérée comme une condition préalable pour tirer pleinement parti des TIC.
Le Parlement somalien a officiellement approuvé, le lundi 26 janvier, la loi sur la cybersécurité. Cette adoption vient renforcer le cadre réglementaire national, dans un contexte d’efforts accrus des autorités pour assurer la sécurité du cyberespace du pays.
𝐒𝐨𝐦𝐚𝐥𝐢𝐚’𝐬 𝐏𝐚𝐫𝐥𝐢𝐚𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐀𝐩𝐩𝐫𝐨𝐯𝐞𝐬 𝐭𝐡𝐞 𝐂𝐲𝐛𝐞𝐫𝐬𝐞𝐜𝐮𝐫𝐢𝐭𝐲 𝐋𝐚𝐰
— NCA Somalia (@SomaliaNCA) January 26, 2026
Mogadishu, Somalia – January 26, 2026 — The House of the People of the Federal Parliament of Somalia has today officially approved Somalia’s Cybersecurity Law, which aims to protect… pic.twitter.com/7XOgRDLp5A
Selon la National Communications Authority (NCA), le texte établit un cadre national de gestion de la cybersécurité. Il précise notamment les responsabilités du ministère des Communications, le rôle technique du régulateur télécoms, les obligations des opérateurs d’infrastructures critiques, ainsi que les mécanismes de prévention, de signalement et de réponse aux incidents cybernétiques.
Le texte prévoit également la création de l’équipe somalienne de réponse aux incidents informatiques (SOM‑CIRT), ainsi que la mise en place d’un comité de cybersécurité composé de neuf membres et d’un centre d’intervention d’urgence chargé de coordonner les réponses rapides aux incidents.
« La loi sur la cybersécurité devrait jouer un rôle clé dans le renforcement de la confiance numérique, le soutien à la croissance de l’économie numérique et l’intensification de la coopération entre les institutions publiques, le secteur privé et les partenaires internationaux », a indiqué le régulateur télécoms dans un communiqué.
En août 2025, le gouvernement somalien avait approuvé le projet de loi sur la cybercriminalité. En mars 2023, la loi sur la protection des données (Data Protection Act) entrait en vigueur. Celle‑ci a notamment conduit à la création de l’Agence de protection des données (ADP), chargée de veiller à son application.
Au‑delà du cadre réglementaire, la Somalie mise sur la coopération internationale pour assurer la protection de son cyberspace. Le pays a par exemple signé en août 2025 un protocole d’accord avec la Malaisie, considérée comme l’un des modèles mondiaux en matière de cybersécurité. En novembre 2024, le pays s’était déjà rapproché de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour renforcer sa capacité à lutter contre les crimes perpétrés sur Internet.
Ces efforts interviennent dans un contexte de recrudescence des cybermenaces. Dans son rapport « State of Cybersecurity in Somalia 2024 », Abdullahi Guled, consultant auprès du ministère des Communications, a indiqué que la Somalie a connu plusieurs incidents en 2024, même si une bonne partie n’a pas été rendue publique. Il s’agit notamment d’attaques par rançongiciel contre des institutions publiques et de tentatives d’hameçonnage visant le secteur financier. Par exemple, en novembre 2025, la plateforme e‑visa a été piratée, compromettant les données personnelles de plusieurs milliers de personnes.
Pour rappel, la Somalie a été classée au quatrième pallier (Tier 4) sur 5 dans le « Global Cybersecurity Index 2024 » de l’Union internationale des télécommunications (UIT), « témoignant d’un engagement de base en matière de cybersécurité ». Le pays doit toutefois intensifier ses efforts, notamment en matière de mesures techniques, légales et de développement des capacités. Il a enregistré un score global de 37,38 sur 100.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Somalie : le Conseil des ministres approuve un projet de loi portant sur la cybersécurité
Dans un contexte de pressions financières croissantes, le Kenya mise sur le numérique pour automatiser ses paiements. L’idée est de renforcer la transparence, la rapidité et le contrôle, tout en modernisant ses systèmes de finances publiques.
Le Trésor national du Kenya a annoncé, le mardi 27 janvier, le lancement prochain d’un système numérique destiné à automatiser les paiements de la dette extérieure. L’information a été communiquée par le secrétaire principal du Trésor, Chris Kiptoo, à l’issue d’un briefing de l’équipe projet, en présence de représentants du Bureau du contrôleur du budget, du vérificateur général et de la Banque mondiale.
La plateforme devrait être opérationnelle à partir du lundi 2 février 2026, avec une période de fonctionnement parallèle d’un mois pour assurer une transition sécurisée.
Le système intégrera plusieurs dispositifs clés : le système de gestion de la dette Meridian, le système de taux de change de la Banque centrale du Kenya, ainsi que les processus de demande et d’approbation du Trésor public. Cette architecture vise à automatiser l’ensemble de la chaîne de paiement, de la génération des instructions à leur approbation et exécution, remplaçant ainsi les procédures manuelles par des flux de travail numériques sécurisés. Selon Chris Kiptoo, cette réforme devrait réduire les retards et les erreurs tout en améliorant la surveillance des obligations financières du pays.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la dette extérieure du Kenya représente près de la moitié de la dette publique totale. À la fin de 2025, la dette extérieure s’élevait à environ 5,5 milliards de shillings (42 milliards $), sur une dette publique totale dépassant les 11 000 milliards de shillings. L’importance de ces engagements rend cruciale la mise en place de mécanismes transparents et fiables pour le service de la dette, en particulier alors que Fitch souligne des besoins de financement croissants et la nécessité de gérer efficacement les emprunts extérieurs en 2026.
En modernisant la gestion des paiements de la dette, cette plateforme pourrait accélérer le traitement des transactions, renforcer la transparence et améliorer la traçabilité des fonds publics. Elle devrait également contribuer à une meilleure coordination entre les différents organismes gouvernementaux et à une supervision plus rigoureuse des obligations financières.
Toutefois, le passage à un système entièrement numérique soulève des défis en matière de cybersécurité, notamment la protection contre les intrusions, les fraudes et les défaillances techniques. La sécurisation des données sensibles et la résilience du système face aux cyberattaques seront déterminantes pour garantir la fiabilité et la continuité du paiement de la dette.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Kenya : 5 millions de smartphones assemblés pour soutenir l’emploi numérique
L’utilisation d’Internet par les mineurs suscite un débat croissant à l’échelle mondiale. L’Afrique, elle aussi confrontée aux risques liés à l’exposition précoce aux réseaux sociaux, cherche à renforcer la protection des enfants en ligne. En Égypte, les autorités envisagent l’adoption d’un cadre législatif dédié.
Le Parlement égyptien a annoncé, le dimanche 25 janvier, son intention de rédiger une législation visant à réglementer l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants. L’information a été rendue publique dans un communiqué de la Chambre des représentants, qui indique que ce projet de loi ambitionne de limiter les effets négatifs du numérique sur les mineurs, notamment les risques psychologiques et comportementaux liés à une exposition précoce aux plateformes sociales.
Selon le texte, les députés entendent engager des consultations avec le gouvernement ainsi qu’avec des organismes spécialisés afin d’élaborer un cadre juridique adapté. Cette démarche vise à instaurer des mécanismes de contrôle de l’accès des enfants aux réseaux sociaux, tout en encadrant les pratiques des plateformes numériques opérant dans le pays.
Cette initiative intervient dans un contexte politique marqué par l’intervention du président Abdel‑Fattah el‑Sissi, qui a appelé, la veille, le gouvernement et les parlementaires à examiner la possibilité de restreindre l’usage des réseaux sociaux par les enfants, jusqu’à ce qu’ils atteignent un âge leur permettant de « gérer correctement » ces outils numériques. Les autorités égyptiennes rejoignent ainsi un débat mondial de plus en plus présent autour de la protection des mineurs dans l’espace numérique.
À l’échelle internationale, plusieurs pays ont déjà pris des mesures concrètes pour encadrer l’accès des jeunes aux plateformes sociales. En France, l’Assemblée nationale a récemment adopté en première lecture un texte visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’Australie a, pour sa part, adopté en décembre 2025 une loi pionnière interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, obligeant les plateformes à supprimer les comptes non conformes sous peine de lourdes amendes.
En Afrique, la protection de l’enfance en ligne demeure inégale. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), seuls 39 pays africains avaient, en 2024, adopté une stratégie nationale de protection des enfants en ligne. Dans le même temps, 32 % des États du continent étaient encore en phase d’élaboration, tandis que 41 % n’avaient engagé aucune démarche en ce sens. Cette situation contraste avec la croissance rapide des usages numériques, alors qu’un enfant dans le monde se connecte à Internet pour la première fois toutes les demi‑secondes, selon l’UIT.
Pour l’Égypte, l’adoption d’une telle législation pourrait renforcer la protection des mineurs face aux risques liés au numérique, notamment le cyberharcèlement, l’exposition à des contenus inadaptés ou les pressions sociales générées par l’usage intensif des écrans. Le chantier reste cependant complexe. La députée Amira El‑Adly a récemment souligné le manque de données officielles fiables sur l’utilisation d’Internet par les enfants dans le pays, ainsi que sur les impacts psychologiques ou comportementaux associés. Une lacune qui pourrait compliquer l’élaboration d’un cadre juridique à la fois efficace, équilibré et applicable.
Samira Njoya
Lire aussi:
La GSMA et l’UNICEF lancent un groupe de travail pour protéger les enfants en ligne
JA Africa et Google s’allient pour former 250 000 enfants à la sécurité en ligne d’ici 2027
Le Bénin a placé la numérisation des services publics au cœur de sa stratégie nationale. Les résultats obtenus jusqu’ici sont satisfaisants, avec une adoption croissante des démarches en ligne et un accès facilité aux prestations pour les citoyens.
En 2025, l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) a servi 4 millions de citoyens et délivré 10,5 millions de documents d’état civil et d’identité au Bénin, selon les données publiées par l’institution le lundi 26 janvier 2026. Sur l’ensemble des démarches enregistrées, 75 % ont été réalisées en ligne ou à distance, illustrant la place croissante du numérique dans l’accès aux services d’identification.
Cette transformation repose sur une diversification des canaux d’accès aux services. Les citoyens ont utilisé eservices.anip.bj (37 % des requêtes), l’application mobile ANIP BJ (30 %) et le service USSD (8 %), tandis que les guichets physiques représentent 25 % des demandes. La sécurité des opérations est renforcée, avec 3,8 millions d’authentifications via les opérateurs GSM et 25 millions de vérifications d’identité (eKYC), garantissant fiabilité et intégrité des données.
Le programme s’inscrit dans un contexte plus large de transformation numérique initié par le Bénin depuis 2018, avec le lancement progressif de services publics digitalisés visant à moderniser l’administration, améliorer la transparence et renforcer la proximité avec les citoyens. La digitalisation des documents d’état civil et d’identité constitue un pilier central de cette stratégie, essentielle pour faciliter l’accès aux services sociaux et économiques.
L’ANIP s’intègre dans l’ambition nationale de généraliser les services publics numériques. Le pays a déployé plusieurs plateformes gouvernementales (déclarations fiscales, démarches de santé, formalités administratives), favorisant interopérabilité des services et centralisation des données. Ces initiatives visent à améliorer la gouvernance, la traçabilité des processus et la satisfaction des citoyens, tout en stimulant l’efficacité économique.
Pour 2026, l’ANIP entend poursuivre l’enregistrement et la délivrance de documents, avec un accent particulier sur les zones rurales encore sous-desservies. Les citoyens pourront accéder en ligne à une large gamme de services : acte de naissance, certificat de résidence, certificat de coutume et de célibat, certificat d’identification personnelle, carte d’identité nationale biométrique.
Samira Njoya
Lire aussi:
Bénin : le budget du numérique en baisse de 6,32 % malgré des ambitions accrues
A l’approche du lancement de sa stratégie nationale en intelligence artificielle, le Zimbabwe renforce ses échanges internationaux pour en soutenir la mise en œuvre. L’Australie apparaît comme un partenaire clé pour accompagner le développement des compétences et l’innovation technologique.
Le Zimbabwe poursuit sa dynamique de transformation numérique. La ministre des Technologies de l’information, des services postaux et de messagerie, Tatenda Mavetera, a rencontré le lundi 26 janvier 2026 l’ambassadrice d’Australie au Zimbabwe, Minoli Perera, afin d’explorer les perspectives de coopération bilatérale dans le domaine des TIC.
Zimbabwe and Australia to boost ICT
— Ministry of ICT, Postal & Courier Services - Zim (@MICTPCS_ZW) January 26, 2026
Zimbabwe is taking strides in digital transformation Hon. Tatenda Mavetera, Minister of ICT, Postal and Courier Services, met with Australia's Ambassador to Zimbabwe, Her Excellency Minoli Perera, to strengthen ICT collaboration between… pic.twitter.com/HlnQLtzISa
Les échanges ont porté sur la future stratégie nationale du Zimbabwe en matière d’intelligence artificielle, dont le lancement est annoncé pour mars 2026 par le président Emmerson Mnangagwa. Cette feuille de route devrait fixer les priorités du pays en matière d’innovation numérique, de modernisation des services publics et de développement des compétences technologiques.
Selon des données officielles, les investissements dans les TIC ont progressé de 14,5 %, parallèlement à l’amélioration de la connectivité. La pénétration mobile atteint 103 %, tandis que celle d’Internet s’élève à 83 %, traduisant un accès croissant de la population aux services numériques.
L’Australie s’est dite disposée à accompagner Harare via un appui technique et un partage d’expertise. Canberra dispose en effet d’une stratégie avancée en matière d’IA : en décembre 2025, le gouvernement australien a dévoilé un Plan national sur l’IA visant à accélérer son adoption dans l’ensemble de l’économie. Selon McKinsey, l’IA et l’automatisation pourraient générer entre 170 et 600 milliards USD supplémentaires pour le PIB australien d’ici 2030.
La coopération envisagée pourrait porter sur la formation, le transfert de compétences, la gouvernance de l’IA et le soutien aux start‑up locales. Pour Harare, l’enjeu est de structurer un écosystème numérique créateur d’emplois qualifiés, dans un pays où plus de 60 % de la population a moins de 25 ans.
À travers ce rapprochement avec Canberra, le Zimbabwe cherche à renforcer sa position sur la scène technologique régionale. En misant sur l’IA et les partenariats internationaux, le pays ambitionne de faire du numérique un levier stratégique de diversification économique et de développement durable.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Zimbabwe: un troisième satellite pour renforcer la connectivité
Les autorités malgaches misent sur le numérique comme levier de développement socio‑économique. Cette orientation concerne l’ensemble des secteurs, notamment l’éducation.
Le gouvernement malgache poursuit ses efforts en faveur de la transformation numérique de l’enseignement supérieur. Un partenariat a été officialisé la semaine dernière entre la Primature et cinq ministères, dont ceux chargés du Développement numérique et de l’Enseignement supérieur.
Dans un communiqué publié le mercredi 21 janvier 2026, le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications (MDNPT) a déclaré que ce partenariat traduit la vision selon laquelle « la transformation numérique de l’enseignement supérieur n’est plus une option, mais une nécessité pour améliorer l’accès de tous les jeunes à une éducation de qualité et les préparer au marché du travail de demain ».
Dans ce cadre, le MDNPT pilote plusieurs axes clés, dont l’intégration du numérique dans les universités via le déploiement de l’Internet haut débit et leur interconnexion à la plateforme numérique nationale. Le ministère soutient aussi la recherche en Big Data et en intelligence artificielle par l’accès aux centres de données, promeut l’entrepreneuriat numérique au sein des universités et œuvre à la valorisation des compétences locales afin d’aligner les certifications sur les standards internationaux et les besoins du secteur privé.
La signature de ce partenariat intervient quelques semaines après que le ministère a signé un accord avec un opérateur télécoms privé malgache pour déployer des points d’accès Wi‑Fi (hotspots Internet) destinés aux étudiants dans les universités.
L’intégration des TIC à tous les niveaux de l’enseignement figure parmi les priorités du Plan stratégique du numérique (PSN 2023–2028). Le gouvernement vise ainsi à renforcer une éducation inclusive, adaptée aux normes et besoins actuels, en généralisant l’usage des TIC dans l’enseignement. Cette stratégie comprend, entre autres, la numérisation des supports pédagogiques, l’adaptation des méthodes d’apprentissage et la digitalisation du parcours étudiant, tout en valorisant et sécurisant les compétences et en mettant en place un référentiel formation‑emploi pour améliorer l’orientation des étudiants.
Il convient toutefois de rappeler que la numérisation de l’enseignement supérieur à Madagascar demeure à un stade embryonnaire. En juillet 2025, lors d’une conférence‑débat organisée par le PNUD et la Banque mondiale, les acteurs du secteur ont mis en avant plusieurs contraintes structurelles persistantes, notamment la faible connectivité, le manque d’équipements, la fragmentation institutionnelle et les fortes disparités d’accès. Ils ont également insisté sur la nécessité de stratégies claires, de plans de mise en œuvre assortis de mécanismes rigoureux de suivi‑évaluation, ainsi que d’une volonté politique affirmée, d’une meilleure coordination entre les acteurs et d’une inclusion effective.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Madagascar : 1000 jeunes formés aux métiers du numérique d’ici juin via D CLIC
Skills4Job : Madagascar mise sur le digital pour renforcer l’employabilité des jeunes
Au fur et à mesure que l’administration algérienne se numérise, ses systèmes d’information deviennent de plus en plus exposés aux cybermenaces. Pour anticiper ces risques, le pays consolide ses structures de protection numérique.
L’Algérie s’est dotée d’un cadre institutionnel renforcé pour protéger ses systèmes d’information face à la montée des cybermenaces. Le décret présidentiel n° 26‑07 du 7 janvier 2026, publié le mercredi 21 janvier au Journal officiel, définit l’organisation et le fonctionnement des structures de cybersécurité au sein des institutions, administrations et organismes publics, afin de mieux anticiper et gérer les risques liés aux cyberattaques.
Dans chaque entité publique, une structure dédiée à la cybersécurité sera créée, distincte de celle en charge de la gestion technique des systèmes d’information. Placée sous l’autorité directe du premier responsable de l’institution, cette entité aura pour mission de coordonner toutes les actions relatives à la protection des données et à la sécurité des systèmes, y compris pour les organismes sous tutelle.
Elle sera chargée d’élaborer et de suivre la mise en œuvre de la politique de cybersécurité, d’identifier les risques à travers une cartographie dédiée et de mettre en place des plans de remédiation adaptés. Une veille continue, des audits réguliers et la notification immédiate de tout incident aux autorités compétentes complètent le dispositif.
Le texte impose également le respect de la législation sur la protection des données à caractère personnel, en liaison avec l’autorité nationale compétente. Il encourage par ailleurs la coordination avec les structures chargées des marchés publics et de la sûreté interne, afin d’intégrer des clauses de sécurité dans les contrats de sous‑traitance et de renforcer la protection du personnel et des équipements.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensification des attaques numériques en Algérie. En 2024, le pays a été confronté à un volume estimé à plus de 70 millions de cyberattaques, selon des données de Kaspersky, qui place l’Algérie au 17ᵉ rang mondial des nations les plus ciblées par les menaces numériques. Parmi ces attaques, plus de 13 millions de tentatives de phishing ont été bloquées, ainsi que près de 750 000 pièces jointes malveillantes neutralisées par les solutions de sécurité, illustrant l’ampleur des risques auxquels sont exposés les utilisateurs et les organisations.
Pour les autorités algériennes, ce dispositif devrait permettre de consolider durablement la gouvernance de la cybersécurité dans le secteur public et d’accompagner la transition numérique par un encadrement institutionnel renforcé. Dans un pays où l’usage des systèmes digitalisés s’étend rapidement, la mise en place d’un cadre opérationnel de cybersécurité vise à protéger les services publics, les infrastructures critiques et les données sensibles, tout en renforçant la confiance des citoyens et des acteurs économiques dans l’écosystème numérique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Cybersécurité : l'Algérie veut adapter le cadre réglementaire
À mesure que le numérique devient un levier de compétitivité, l’État ivoirien renforce son pilotage. Le nouveau choix s’est porté sur un profil issu du secteur privé, aguerri aux enjeux internationaux du secteur.
Djibril Ouattara (photo) est désormais le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique de la Côte d’Ivoire. Il a été nommé le vendredi 23 janvier, au sein du gouvernement Beugré Mambé II, dans le cadre d’un remaniement ministériel. Il succède à Ibrahim Kalil Konaté, qui occupait ce portefeuille depuis octobre 2023.
Figure reconnue de l’écosystème télécoms, Djibril Ouattara totalise plus de vingt années d’expérience dans les Technologies de l’information et de la communication (TIC). Il a notamment dirigé MTN Congo, puis MTN Côte d’Ivoire, où il a conduit des programmes de modernisation des réseaux, d’extension des infrastructures numériques et d’amélioration de la qualité de service sur un marché particulièrement concurrentiel.
Son itinéraire professionnel comprend aussi des postes à haute responsabilité chez Canal+ Côte d’Ivoire et au sein d’Etisalat Atlantique Togo, un opérateur de télécommunications d’Afrique de l’Ouest actif dans les services mobiles, internet et de données.
Formé à l’Institut national polytechnique Félix Houphouët‑Boigny (INP‑HB) et titulaire d’un MBA de la MIT Sloan School of Management (États‑Unis), le nouveau ministre dispose d’un profil mêlant expertise technique, management stratégique et exposition internationale. Un parcours qui devrait peser dans la conduite des grands projets numériques de l’État.
À la tête du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara hérite de chantiers structurants. Parmi les priorités figurent la poursuite de la digitalisation de l’administration, l’amélioration de la qualité des services numériques publics, le renforcement de la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel.
Le gouvernement attend également une accélération du déploiement des infrastructures à haut débit, la préparation à l’introduction de la 5G, ainsi qu’une meilleure couverture des zones rurales encore peu connectées. Le pays compte déjà plus de 58 millions de lignes mobiles actives et un taux de pénétration d’Internet supérieur à 185 %, selon les sources officielles.
Le nouveau ministre devra par ailleurs structurer un environnement favorable à l’innovation locale, en soutenant les start‑up, en facilitant l’investissement privé et en développant les compétences numériques de la jeunesse, alors que la demande en talents technologiques ne cesse de croître.
La nomination de Djibril Ouattara marque ainsi une nouvelle étape dans la gouvernance numérique ivoirienne. Après une phase de structuration portée par son prédécesseur, l’exécutif attend désormais une accélération opérationnelle, capable de transformer les ambitions digitales du pays en résultats concrets, mesurables et durables.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Côte d’Ivoire : déploiement de « Tradepost » pour connecter les PME aux marchés africains
L’Afrique reste l’une des régions les plus touchées par les coupures volontaires d’Internet et leurs répercussions économiques. En 2024 et 2025, ces interruptions ont freiné l’essor de l’économie numérique sur le continent.
L’UNESCO s’inquiète de la multiplication des coupures d’Internet décidées par les gouvernements, notamment en période de crise politique ou électorale. Dans une déclaration publiée le mardi 21 janvier, l’organisation onusienne a rappelé que l’accès à Internet constitue un pilier de la liberté d’expression et un élément central de l’exercice des droits démocratiques, et a appelé les États à privilégier des politiques favorisant la connectivité plutôt que des restrictions.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des coupures gouvernementales à l’échelle mondiale, y compris en Afrique. Selon l’ONG Access Now citée par l’UNESCO, au moins 300 coupures d’Internet ont été recensées dans plus de 54 pays au cours des deux dernières années, faisant de 2024 la pire année enregistrée depuis 2016.
Depuis le début de l’année 2026, plusieurs pays ont de nouveau imposé des interruptions totales ou partielles de la connectivité, notamment lors de manifestations de grande ampleur ou de processus électoraux sensibles.
En Afrique subsaharienne, ces pratiques ont un coût économique particulièrement lourd. D’après le rapport Global Cost of Internet Shutdowns 2024 publié par la plateforme britannique Top10VPN, les coupures d’Internet et les restrictions d’accès aux réseaux sociaux ont entraîné des pertes estimées à 1,56 milliard de dollars dans la région en 2024. Bien qu’en légère baisse par rapport aux 1,74 milliard de dollars enregistrés en 2023, ces pertes restent significatives et traduisent la persistance de mesures qui freinent la croissance de l’économie numérique africaine.
Le rapport indique que ces interruptions ont totalisé 32 938 heures de coupure en Afrique subsaharienne en 2024, affectant 111,2 millions d’internautes. Le Soudan figure parmi les pays les plus touchés, avec une perte économique estimée à 1,12 milliard de dollars, soit près de 72 % du total régional, sur fond de conflit et de restrictions prolongées. L’Éthiopie et le Kenya ont également enregistré des pertes notables, respectivement de 211,2 millions et 75 millions de dollars, dans des contextes mêlant tensions sécuritaires, manifestations et contrôle de l’information.
Les autorités justifient généralement ces coupures par des impératifs de sécurité nationale, de maintien de l’ordre public ou de lutte contre la désinformation. Dans les faits, elles prennent souvent la forme de blocages des réseaux sociaux, de ralentissements intentionnels du débit ou de coupures totales, affectant des plateformes devenues centrales pour l’information, les échanges commerciaux, les services financiers numériques et l’organisation sociale.
Pour l’UNESCO, ces perturbations vont bien au-delà de la seule question de l’accès à l’information. Elles fragilisent l’écosystème médiatique, entravent le travail des journalistes et favorisent la circulation d’informations non vérifiées. Elles portent également atteinte à des droits fondamentaux connexes, tels que l’accès à l’éducation, la liberté de réunion et la participation à la vie publique, tout en affaiblissant la confiance dans l’environnement numérique.
Alors que de nombreux pays africains misent sur le numérique pour soutenir la croissance, l’inclusion financière et la modernisation des services publics, la répétition des coupures apparaît de plus en plus contradictoire avec ces ambitions. Selon Top10VPN, les pertes économiques liées aux interruptions de connectivité sont calculées à partir du PIB numérique, de la durée des coupures et du nombre d’utilisateurs affectés, soulignant un manque à gagner direct pour les entreprises, les opérateurs télécoms et les États eux-mêmes.
Samira Njoya
Edité par Ubrick F. Quenum
Lire aussi:
Coupures d’Internet: l’économie africaine a perdu 1,5 milliard$ en 2024(Top10VPN)
Le gouvernement guinéen est engagé dans un processus de transformation numérique pour soutenir le développement socio‑économique. Pour garantir cette transformation, l’exécutif doit notamment renforcer la sécurité du cyberspace national.
La Guinée poursuit le renforcement de son dispositif de sécurité numérique. Le mercredi 21 janvier, la primature a annoncé la réhabilitation complète et l’équipement de la Direction de la cybercriminalité et de la lutte contre les traces technologiques, une initiative financée par le Budget national de développement (BND). Le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est rendu dans les nouveaux locaux, aux côtés du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Bachir Dial.
Implantée au quartier Minière, dans la commune de Dixinn, l’infrastructure comprend un bâtiment moderne de type R+2, conçu pour répondre aux exigences techniques des enquêtes numériques. Inauguré officiellement le 17 décembre 2025, le site est désormais doté d’équipements spécialisés destinés à l’analyse des traces technologiques, à la collecte de preuves numériques et au traitement des infractions liées aux technologies de l’information.
Cette modernisation intervient alors que la cybersécurité occupe une place stratégique dans les politiques publiques guinéennes. Avec la digitalisation progressive des services administratifs, la montée des paiements électroniques et l’essor des usages numériques, les risques liés aux attaques informatiques, à l’usurpation d’identité et aux escroqueries en ligne se multiplient. Les autorités entendent ainsi adapter les capacités opérationnelles de la Police nationale à un environnement numérique en constante évolution.
Dans son Global Cybersecurity Index 2024, l’Union internationale des télécommunications (UIT) souligne que les pays doivent accorder une attention soutenue à la cybersécurité s’ils souhaitent tirer pleinement parti du potentiel des technologies de l’information et de la communication. À ce titre, la Guinée est classée dans la troisième des cinq catégories de performance établies par l’institution onusienne. Le pays affiche des résultats solides en matière de cadre légal et organisationnel, avec des scores respectifs de 16,27 et 14,38 sur 20, tout en faisant face à des marges de progression sur les plans technique et opérationnel.
À travers cet investissement, la Guinée ambitionne de renforcer l’efficacité de la lutte contre la cybercriminalité, d’améliorer la formation des agents spécialisés et de consolider la confiance des citoyens dans les services de sécurité. À terme, ce dispositif devrait sécuriser les usages numériques, accompagner la transformation digitale du pays et offrir un environnement plus sûr aux acteurs économiques engagés dans le développement du numérique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
La Guinée se dote d’une plateforme numérique de gestion des intrants agricoles