La numérisation s’impose comme un levier pour renforcer la transparence et la traçabilité des opérations douanières, tout en sécurisant les recettes publiques et en améliorant la compétitivité économique.

L’Office Burundais des Recettes (OBR), avec l’appui de TradeMark Africa et de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a présenté, mardi 17 février à Bujumbura, la nouvelle version web du Guichet Unique Électronique (GUE) pour la gestion des permis d’importation. Le dispositif inclut désormais le module ABREMA, destiné aux produits pharmaceutiques et médicaux.

La plateforme permet aux importateurs et exportateurs de déposer leurs demandes, suivre l’avancement de leurs dossiers en temps réel et effectuer les paiements en ligne, sans avoir à se déplacer. Conçue comme une plateforme intégrée, elle centralise les procédures auprès de l’Autorité burundaise de régulation des médicaments à usage humain et des aliments (ABREMA), chargée du contrôle de la qualité et de la conformité des produits pharmaceutiques, du ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage pour les certifications sanitaires et phytosanitaires, ainsi que de l’OBR pour l’apurement des autorisations. La plateforme dispose d’un tableau de bord interactif permettant aux utilisateurs de suivre à tout moment l’état de leurs dossiers et de calculer automatiquement les frais, avec possibilité de paiement en devises.

Cette modernisation s’inscrit dans la politique de transformation numérique des services publics au Burundi, visant à réduire les délais administratifs, à renforcer la traçabilité des opérations commerciales et à améliorer la compétitivité de l’économie. Elle prolonge également les efforts engagés pour intégrer le GUE au système douanier ASYCUDA, dans le cadre de la transition vers un Territoire Douanier Unique. L’usage de cette plateforme est devenu exclusif et tous les importateurs de produits pharmaceutiques devront désormais passer par ce système pour leurs démarches.

La digitalisation du GUE contribue par ailleurs à fluidifier les échanges entre les agences réglementaires et les entreprises, tout en soutenant les réformes destinées à intégrer le pays dans un territoire douanier unique régional. Des pays comme le Rwanda, le Kenya, l’Ouganda ou le Zimbabwe exploitent également des guichets uniques électroniques interconnectés aux systèmes douaniers en ligne. Le système ASYCUDA WORLD, développé avec l’appui de la CNUCED, est déployé dans plus de 100 économies et contribue à réduire les délais de dédouanement et les coûts administratifs.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Alors que la connectivité est devenue un moteur essentiel de croissance et d’innovation, les restrictions numériques imposées par certains États continuent de fragiliser les économies et de limiter l’exercice des droits fondamentaux.

Les coupures d’Internet et les restrictions d’accès aux plateformes numériques ont coûté à l’Afrique subsaharienne 1,11 milliard de dollars en 2025, selon le rapport The Cost of Internet Shutdowns in 2025 publié par la plateforme spécialisée britannique Top10VPN. Au niveau mondial, ces interruptions ont engendré une perte totale de 19,7 milliards de dollars, soulignant une escalade préoccupante des atteintes numériques.

En Afrique subsaharienne, les pertes de 2025 représentent une diminution par rapport aux 1,56 milliard de dollars enregistrés en 2024, mais restent massives. Les coupures ont totalisé 24 276 heures d’interruption, affectant 116,1 millions d’internautes. Les perturbations sont survenues dans des contextes de troubles politiques ou de conflits : élections, protestations, examens, coups d’État militaires.

Les pays les plus touchés 

La République démocratique du Congo est le pays le plus impacté en Afrique avec 67,2 millions de dollars de pertes, touchant 34,7 millions d’internautes sur 1 008 heures d’interruptions. Le Soudan, malgré un nombre plus limité d’internautes touchés (14,9 millions), a enregistré 66,6 millions de dollars de pertes sur 2 148 heures de coupures, reflétant l’ampleur prolongée des interruptions. Le Cameroun a subi 40,5 millions de dollars de pertes, affectant 12,6 millions d’internautes sur 52 heures d’interruption.

Les interruptions ciblent fréquemment les plateformes de réseaux sociaux telles que Twitter, Telegram, TikTok, Facebook ou WhatsApp, outils essentiels pour la communication, le commerce et l’information. Dans certains cas, les gouvernements recourent à des ralentissements intentionnels, rendant l’accès aux contenus multimédias ou aux diffusions en direct pratiquement impossible.

Comment ces pertes sont‑elles calculées ? 

Le rapport de Top10VPN précise que les coûts économiques des coupures sont calculés à l’aide de l’outil Netblocks Cost of Shutdown Tool, basé sur la méthodologie de la Brookings Institution, adaptée pour l’Afrique subsaharienne. Les pertes sont estimées en fonction du PIB numérique, de la durée des interruptions et du nombre d’internautes affectés. Les données proviennent de sources fiables, notamment la Banque mondiale et les statistiques gouvernementales. Les restrictions sur les réseaux sociaux, bien que spécifiques, sont évaluées sur l’ensemble des internautes, car elles perturbent l’accès pour tous, même ceux n’utilisant pas activement les plateformes bloquées.

Un frein majeur à la transformation numérique 

Ces pertes massives illustrent les conséquences des coupures d’Internet sur le développement économique de l’Afrique subsaharienne. Alors que la région investit dans la transformation numérique pour rattraper son retard, ces interruptions délibérées freinent l’innovation et la compétitivité. Elles provoquent également un manque à gagner pour les opérateurs télécoms, les entreprises dépendant du numérique et les particuliers, freinant ainsi le potentiel de croissance dans un monde de plus en plus connecté.

Dans une déclaration publiée en janvier 2026, l’UNESCO a rappelé que l’accès à Internet constitue un pilier de la liberté d’expression et un élément central de l’exercice des droits démocratiques, et a appelé les États à privilégier des politiques favorisant la connectivité plutôt que des restrictions.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Porté par l’essor d’Internet mobile et des usages numériques, le gaming connaît une croissance rapide en Afrique. Dans ce contexte, le Sénégal entend capter une part de ce marché en structurant son écosystème et en soutenant des initiatives comme Efest Africa.

L’Association Sénégalaise des Gamers et le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique ont signé, le vendredi 13 février à Dakar, une convention de partenariat pour l’organisation d’Efest Africa. Cet accord encadre la préparation de cet événement international dédié au gaming, à l’esport, à l’innovation technologique et à la transformation numérique au Sénégal.

Présent lors de la signature, Alioune Sall a indiqué que ce cadre de coopération vise à renforcer le positionnement du pays comme hub technologique émergent sur le continent. L’accord prévoit la conception, la promotion et l’organisation de l’événement, avec pour objectifs de valoriser les initiatives publiques et privées, de promouvoir les start‑up locales, d’attirer des investisseurs internationaux et de stimuler l’employabilité des jeunes dans les secteurs du numérique et du gaming.

L’initiative s’inscrit dans la vision gouvernementale visant à faire de Dakar un pôle africain de l’innovation à travers le New Deal Technologique. L’événement doit également favoriser la mise en réseau entre entrepreneurs, mentors, institutions et partenaires. Dans le cadre de la convention, SENGAMES assurera la coordination générale du projet, la mobilisation de partenaires et la stratégie de communication, tandis que le ministère garantira le portage institutionnel, l’accompagnement technique et la participation aux instances de gouvernance.

La signature intervient alors que le gaming s’impose progressivement comme un segment émergent de l’économie numérique sénégalaise. Selon une étude publiée en 2025 par SENGAMES, le marché national des jeux vidéo est estimé à environ 49 milliards FCFA (88,5 millions USD), en incluant les dépenses en jeux, microtransactions et connectivité. Le pays compterait par ailleurs environ 1,7 million de joueurs réguliers, soit près d’un habitant sur dix. Dans ce contexte, des initiatives comme Efest Africa visent à structurer davantage l’écosystème national, à promouvoir la création de contenus locaux et à attirer des investissements dans un secteur encore émergent mais en forte progression.

À l’échelle continentale, le développement du gaming et de l’esport s’appuie sur la croissance d’une population jeune et connectée, ainsi que sur l’amélioration de l’accès à Internet mobile. Selon l’éditeur de jeux Carry1st et le cabinet d’études Newzoo, les principaux marchés africains restent dominés par l’Égypte, le Nigeria et l’Afrique du Sud, qui concentrent plus de la moitié de la valeur du marché, portés notamment par l’adoption rapide des smartphones et l’amélioration de la connectivité.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Ces derniers mois, le Maroc a multiplié les partenariats pour accélérer la formation aux métiers du numérique. Aux côtés des acteurs publics, des groupes technologiques comme Samsung et Mistral AI accompagnent cette montée en compétences.

Le ministère de l’Industrie et du Commerce, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation ainsi que le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration ont signé, lundi 16 février à Rabat, une convention de partenariat avec le groupe international français spécialisé dans l’assurance AXA. L’accord vise à renforcer les compétences nationales dans les métiers de la Data, de l’intelligence artificielle et des technologies numériques.

Le dispositif prévoit le déploiement de formations initiales et continues, le développement de parcours en alternance et l’appui à des projets de recherche et développement liés à la transformation digitale. Il ambitionne également d’anticiper les besoins en profils spécialisés dans des domaines tels que la cybersécurité, le cloud, le DevOps ou encore le testing, tout en assurant une meilleure adéquation entre l’offre de formation et les besoins du marché du travail.

Dans le cadre de cet accord, les universités et établissements publics d’enseignement supérieur seront mobilisés aux côtés d’écoles relevant du ministère de l’Industrie et du Commerce afin de renforcer les passerelles entre le monde académique et le tissu économique. Le partenariat prévoit également le développement de stages, de dispositifs d’immersion professionnelle et de programmes favorisant l’insertion des jeunes diplômés dans les secteurs technologiques.

Cette convention s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique à l’horizon 2030, qui fait du développement du capital humain un levier central de compétitivité économique. La formation aux métiers du numérique, l’essor de l’intelligence artificielle et la création d’emplois qualifiés figurent parmi les priorités de cette feuille de route. Le pays prévoit notamment de former 100 000 jeunes par an aux compétences numériques, avec l’objectif de générer 240 000 emplois dans le secteur à l’horizon 2030 afin de répondre à la demande croissante en profils spécialisés.

Selon le ministère chargé de la Transition numérique, ce partenariat doit contribuer à structurer un écosystème national capable d’anticiper les mutations technologiques et de positionner le Maroc comme un hub régional des métiers technologiques, au service de la souveraineté numérique et de la compétitivité économique.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Les autorités sénégalaises prévoient d’accélérer la transformation numérique en 2026. De nombreux projets sont déjà en cours pour moderniser les services publics, renforcer la connectivité et développer l’économie numérique.

À l’occasion de la revue du portefeuille de la Banque mondiale au Sénégal, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a reçu, le jeudi 12 février à Dakar, le vice‑président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, en tournée dans le pays avec ses équipes. La rencontre a été l’occasion de présenter la vision intégrée du numérique portée par les autorités sénégalaises et d’examiner les grands axes du New Deal technologique, la feuille de route nationale pour la transformation digitale.

Au cœur des discussions, le Projet d’Accélération de l’Économie Numérique au Sénégal (PAENS), récemment aligné sur l’agenda national. Après plusieurs mois de structuration approfondie, le projet intègre désormais des priorités concrètes, notamment le déploiement du système intégré de gestion des finances publiques, le renforcement des capacités en cybersécurité, la mise en place d’un Cloud gouvernemental souverain et le développement de cas d’usage dans l’IA.

Au‑delà des orientations, les échanges ont permis d’acter des étapes opérationnelles concrètes attendues au premier semestre 2026. Parmi elles figurent le lancement de l’appel d’offres pour la connexion des zones blanches, notamment dans le bassin arachidier et la basse Casamance, le démarrage des travaux pour le module comptable intégré du SIGIF, et le déploiement du dossier patient informatisé, financé dans le cadre du PAENS.

Un budget en nette progression pour soutenir le numérique 

Pour soutenir ces objectifs, le Sénégal a renforcé l’allocation budgétaire dédiée au numérique. Le budget du ministère du Numérique pour 2026 s’élève à 81,06 milliards de francs CFA (environ 146 millions USD), soit une hausse de près de 38,7 % par rapport à 2025. Près de 60 % de cette enveloppe est dédiée à l’investissement, notamment dans les infrastructures, la cybersécurité et le développement de l’économie numérique.

L’ensemble de ces initiatives s’inscrit pleinement dans le cadre du New Deal technologique lancé en février 2026 par les autorités sénégalaises, qui vise à faire du numérique un moteur de souveraineté et de développement. Dans ce contexte, le PAENS bénéficie d’un soutien conséquent de la Banque mondiale, avec une enveloppe de 95,05 milliards de francs CFA, destinée entre autres à renforcer l’environnement juridique, réglementaire et institutionnel de l’économie numérique, développer la connectivité à large bande et favoriser l’inclusion numérique, tout en soutenant l’adoption du numérique dans les services publics, notamment à travers la santé digitale.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Face aux enjeux sociaux et environnementaux croissants, l’innovation technologique portée par les jeunes entrepreneurs gagne du terrain en Afrique et au Moyen-Orient. À travers le concours Orange Summer Challenge, le groupe Orange soutient l’émergence de solutions à impact et accompagne leur développement.

Le concours international Orange Summer Challenge, dédié à l’entrepreneuriat responsable en Afrique et au Moyen-Orient, a dévoilé les lauréats de la finale de sa 3ᵉ édition organisée le 4 février à Casablanca, au Maroc. Trois start-up ont été distinguées pour leur potentiel d’impact dans des domaines liés à la sécurité au travail, à l’énergie durable et à la gestion des ressources en eau.

La start-up jordanienne SafeGuard a remporté le premier prix grâce à un dispositif intelligent de prévention des accidents professionnels basé sur la détection des risques. La malgache GasNika s’est classée deuxième avec une solution de production de biogaz à partir de déchets organiques, valorisés en fertilisant biologique. La tunisienne DripIn complète le podium avec une solution connectée utilisant l’intelligence artificielle pour détecter les fuites d’eau et optimiser la consommation.

Les lauréats bénéficieront d’un accompagnement financier, technique et commercial assuré par le réseau des Orange Digital Centers, ainsi que d’une dotation globale de 50 000 euros destinée à accélérer le développement de leurs projets.

Pour l’édition 2025, 369 jeunes innovateurs issus de 14 pays ont suivi un programme d’accompagnement intensif combinant formation, mentorat et coaching, déployé par Orange Afrique et Moyen-Orient avec l’appui de partenaires technologiques et institutionnels, dont Amazon Web Services, Meta, le Programme des Nations Unies pour le développement, The Hashgraph Association et Dar Blockchain. Au total, 56 projets ont émergé autour de la thématique Startup4Good, dans des secteurs tels que l’environnement, la santé, l’éducation et l’agriculture.

Selon Ben Cheick Haidara, directeur général adjoint et directeur des opérations d’Orange Afrique et Moyen-Orient, cette édition illustre l’ambition du groupe de faire des Orange Digital Centers des plateformes d’innovation ouvertes, orientées vers des solutions technologiques à impact social et environnemental. « Bien plus qu’une compétition, ce programme permet aux jeunes entrepreneurs de développer des solutions technologiques, notamment basées sur l’intelligence artificielle, pour répondre concrètement aux défis sociétaux et environnementaux. À travers les Orange Digital Centers, Orange s’engage durablement aux côtés de la jeunesse pour faire émerger une innovation à fort impact en Afrique et au Moyen-Orient », a-t-il souligné.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Les autorités algériennes ont entamé depuis plusieurs années la numérisation des services judiciaires. Plusieurs fonctionnalités sont déjà disponibles, comme la consultation des affaires, le retrait électronique des copies de jugements ou l’accès au casier judiciaire.

Le ministre algérien de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaâ, a annoncé le dimanche 15 février depuis la Cour de Biskra le lancement d’une plateforme numérique permettant aux avocats de demander et retirer en ligne les copies exécutoires des jugements et décisions de justice. L’initiative vise à simplifier les démarches et à réduire les déplacements physiques vers les tribunaux.

La plateforme offre aux avocats la possibilité de déposer leurs demandes de « grosses » issues des juridictions ordinaires et administratives et de récupérer les documents signés électroniquement. Chaque demande est traitée automatiquement et mise à disposition dans un délai maximum de 24 heures. Selon le ministre, ce dispositif contribue à moderniser le fonctionnement des juridictions et à améliorer la réactivité des services destinés aux professionnels du droit et aux justiciables. L’accès se fait via le compte électronique de chaque avocat sur l’interface numérique d’échange de requêtes et de mémoires du ministère.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de digitalisation des services judiciaires en Algérie. Depuis mai 2024, un guichet électronique national permet déjà le suivi des affaires et le retrait des copies simples de jugements et arrêts depuis n’importe quelle juridiction du pays, réduisant délais et déplacements pour les justiciables et leurs avocats.

À l’instar de l’Algérie, plusieurs pays africains ont engagé la modernisation numérique de leurs systèmes judiciaires. Au Maroc, les plateformes numériques permettent aux avocats de déposer des documents électroniquement, de suivre l’avancée des procédures et d’accéder à certains actes comme les extraits de casier ou décisions de justice. Au Rwanda, le système intégré de gestion électronique des dossiers (IECMS) assure la numérisation du dépôt des affaires, le suivi des dossiers et la tenue d’audiences virtuelles, rendant les procédures plus accessibles et transparentes pour les justiciables.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Dans le cadre de sa transformation numérique, le Mozambique a intensifié ces derniers mois les initiatives visant à généraliser l’accès aux TIC, en particulier à Internet. Selon les données de l’UIT, près de 80 % des Mozambicains n’étaient pas connectés en 2024.

La semaine dernière, les autorités ont officiellement lancé le processus d’élaboration de la Stratégie nationale de transformation numérique. Cette feuille de route ambitionne de tirer parti du potentiel géographique, énergétique et démographique du pays, en l’articulant avec les infrastructures numériques publiques pour favoriser un développement inclusif et renforcer la résilience économique.

Le lancement a eu lieu le jeudi 12 février, lors d’une session spéciale organisée dans le cadre de la Conférence nationale sur la transformation numérique, qui s’est déroulée du 11 au 12 février. Selon les autorités, l’élaboration de la stratégie comprendra des consultations régionales et nationales, la définition d’une vision, de priorités et d’indicateurs de performance, la fixation d’objectifs stratégiques et d’un plan d’action, ainsi que la mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation et d’un modèle clair de gouvernance. L’ensemble du processus aboutira à une validation participative.

« Une stratégie conçue et assumée au niveau national, cohérente et pragmatique, pourra servir de base pour mobiliser investissements et soutien international, consolidant la digitalisation comme facilitateur transversal de la transformation économique, de l’inclusion sociale, du développement des infrastructures et de la durabilité environnementale dans le pays », a déclaré Lourino Chemane, président du Conseil d’administration de l’Institut national des TIC (INTIC).

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de transformation numérique accélérée sur le continent africain, où de nombreux pays intègrent les TIC dans tous les secteurs pour soutenir leur développement socio-économique. Dans ce cadre, les autorités mozambicaines multiplient les efforts pour élargir l’accès aux services de téléphonie mobile, dont les taux de pénétration étaient respectivement de 79,9 % pour la téléphonie mobile et de 20,5 % pour l’Internet mobile, selon l’UIT.

Pour rappel, le Mozambique est classé 177ᵉ sur 193 pays à l’Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) 2024 des Nations unies, avec un score de 0,2848 sur 1, inférieur aux moyennes sous-régionale (0,3903), africaine (0,4247) et mondiale (0,6382). En matière de cybersécurité, le pays se situe au troisième palier de l’Indice global de l’UIT en 2024, avec des marges de progression notables dans les domaines légal, technique et du renforcement des capacités.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Le gouvernement tunisien intensifie ses efforts pour transformer l’administration grâce au numérique. Objectif : rapprocher les services publics des citoyens, améliorer la transparence et créer un cadre propice à l’investissement et à l’innovation.

La Tunisie mise sur 192 projets numériques pour accélérer la modernisation de son administration et engager, dès 2026, la digitalisation complète des services publics. L’annonce a été faite à l’issue d’un conseil ministériel consacré au suivi de la transition numérique, tenu le vendredi 13 février au palais de La Kasbah.

Présidant la réunion, la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a souligné que la transformation numérique constitue un pilier du programme économique et social de l’État. Les autorités entendent renforcer les services en ligne, généraliser le paiement électronique et assurer l’interopérabilité entre les structures publiques, dans le cadre du plan de développement 2026-2030.

Selon l’exécutif, cette modernisation vise à simplifier les procédures administratives, réduire les délais de traitement, améliorer la transparence des transactions et soutenir l’attractivité économique du pays. Elle s’inscrit également dans une stratégie de lutte contre la corruption, la fraude fiscale et les pratiques informelles.

Plusieurs projets structurants étaient déjà opérationnels à fin 2025, dont un portail unifié des services administratifs, le timbre fiscal électronique, le paiement à distance de certaines taxes, la première phase du programme d’hôpital numérique ainsi que des plateformes dédiées aux permis de construire et aux démarches administratives en ligne. D’autres initiatives concernent l’interconnexion des services publics et le développement de solutions numériques à destination des citoyens et des entreprises.

Ces avancées s’appuient sur un niveau d’adoption numérique relativement élevé en Tunisie. Selon le « Digital 2026: Tunisia » de DataReportal, environ 84 % de la population utilise Internet, tandis que les connexions mobiles dépassent 125 % de la population, un contexte favorable à l’essor des services publics en ligne.

Les autorités prévoient de prioriser les projets à impact direct sur les usagers et les investisseurs, tout en renforçant les exigences en matière de cybersécurité et de protection des données. Un plan national de communication devrait accompagner ce chantier afin de favoriser l’appropriation des services numériques par les citoyens.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Le secteur de la santé est au cœur des politiques de développement au Maroc. La numérisation des services dans le domaine constitue un levier clé pour en améliorer l’efficacité, réduire les coûts, et moderniser le suivi des patients à l’échelle nationale.

Le Maroc prévoit de lancer dès fin mars 2026 la phase pilote de la feuille de soins électronique (FSE) à Kénitra, selon la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Cette étape vient en prélude à la dématérialisation du traitement des feuilles de soins, dont la généralisation progressive à l’échelle nationale est prévue entre avril et juin, sous réserve de validation des étapes techniques et réglementaires.

La FSE permet notamment aux médecins, pharmaciens et autres professionnels de la santé de transmettre par voie électronique les données relatives aux consultations, examens et prescriptions directement aux organismes d’assurance maladie, sans recourir au dossier papier. Concrètement, chaque prescripteur établit l’ordonnance via son logiciel ou le portail FSE de la CNSS, le patient recevant une prescription comportant un QR code et un numéro FSE unique. Lors de l’exécution des actes, le professionnel n’aura qu’à scanner ce QR code pour accéder au dossier et renseigner les prestations réalisées, assurant ainsi un suivi instantané et sécurisé.

Cette réforme s’inscrit dans un contexte plus large de digitalisation du système sanitaire marocain, visant à améliorer la coordination des soins, à réduire les délais de remboursement et à fiabiliser les données administratives. Elle complète d’autres initiatives comme le Dossier médical partagé (DMP) ou la future carte de santé numérique, qui permettront de centraliser et d’unifier les informations sanitaires pour faciliter l’accès aux soins et générer des économies pour les caisses d’assurance.

Au-delà de la simplification administrative, la FSE prend une dimension stratégique pour l’ensemble du système. Le secteur de la santé représente près de 6 % du PIB marocain, un apport modeste comparé aux pays développés (10 %). Il doit composer avec des coûts administratifs élevés et des délais de remboursement qui pèsent sur les assurés et les professionnels. La FSE permettra de fiabiliser les flux de données, de réduire les contentieux liés aux dossiers papier et de diminuer les coûts de gestion, estimés à plusieurs centaines de millions de dirhams par an pour les caisses d’assurance maladie, tout en modernisant le pilotage et le suivi du système de santé national.

Samira Njoya

Edité par : Feriol Bewa

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