Tech

Tech (1477)

Les besoins en compétences numériques devraient exploser en Afrique au cours des prochaines années, portés par la transformation numérique des économies et des administrations. Selon la SFI, plus de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et la Banque africaine de développement (BAD) ont conclu, le mercredi 24 juin, un accord de partenariat destiné à soutenir la formation numérique et l’entrepreneuriat dans plusieurs pays africains. Signé à l’issue d’une rencontre entre la Secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo (photo, à droite), et le président de la BAD, Sidi Ould Tah (photo, à gauche), cet accord cible en priorité les jeunes et les femmes, considérés comme des acteurs clés de la transformation numérique du continent.

Cette coopération sera déployée dans une première phase au Bénin, au Cameroun, en Guinée, à Madagascar et en République démocratique du Congo. Elle répond à un défi partagé par de nombreux pays francophones : offrir à une population jeune, souvent confrontée au chômage ou au sous-emploi, la possibilité de saisir les opportunités créées par le développement rapide des technologies numériques.

Le programme prévoit des formations dans plusieurs domaines à forte demande, notamment le développement web et mobile, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’analyse de données. Les bénéficiaires auront également accès à des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi, l’auto-emploi et la création d’entreprise. Des camps de formation, des ateliers de prototypage ainsi que des collaborations avec des incubateurs et accélérateurs d’entreprises sont également prévus afin de favoriser l’émergence de projets innovants.

Une attention particulière sera accordée aux initiatives portées par les femmes et les jeunes entrepreneurs. Les deux institutions entendent ainsi contribuer à réduire les inégalités d’accès aux compétences numériques et aux opportunités économiques dans les pays concernés.

L’initiative s’appuie sur l’expérience acquise par l’OIF à travers ses différents programmes dédiés à la jeunesse. L’organisation indique avoir déjà accompagné près de 19 000 jeunes dans les domaines du numérique, de l’employabilité et de l’entrepreneuriat au sein de l’espace francophone, notamment grâce au programme D-CLIC.

Au-delà des formations, l’OIF et la BAD travailleront avec les gouvernements, les établissements de formation et les acteurs locaux afin de renforcer durablement les capacités nationales. L’objectif est de favoriser une appropriation locale des programmes et de garantir leur pérennité à long terme. La phase pilote du projet s’étendra sur une période comprise entre 12 et 24 mois dans les cinq pays retenus. Une extension à d’autres États membres de la Francophonie pourrait ensuite être envisagée en fonction des résultats obtenus.

Pour l’OIF, ce partenariat marque également une nouvelle étape dans sa stratégie de mobilisation de financements et de partenariats destinés à élargir l’impact de ses programmes. À travers cette coopération avec la BAD, l’organisation entend accélérer le développement de projets à forte valeur ajoutée dans les domaines de l’emploi, de l’entrepreneuriat et de la transformation numérique au bénéfice de la jeunesse francophone.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Madagascar : 1000 jeunes formés aux métiers du numérique d’ici juin via D CLIC

Posted On vendredi, 26 juin 2026 09:16 Written by

Avec la progression rapide du numérique sur le continent, les cybermenaces gagnent en ampleur. En Namibie, certaines entités pourraient voir leurs identifiants exposés.

L’équipe namibienne de réponse aux incidents de cybersécurité (NAM-CSIRT) a identifié 13 organisations du pays potentiellement exposées à FortiBleed, une campagne mondiale de compromission d’identifiants ciblant les pare-feu et les passerelles VPN fabriqués par l’entreprise américaine Fortinet.

Dans une alerte publiée ce week-end, l’organisme précise qu’aucune compromission généralisée n’a été confirmée à ce stade, mais qu’il est encore temps d’agir, appelant les entités concernées à prendre des mesures correctives sans délai.

« Bien qu’il n’existe actuellement aucune preuve d’une compromission généralisée parmi les organisations namibiennes identifiées, cet incident souligne l’importance d’adopter des mesures proactives en matière de cybersécurité. En termes simples, les pare-feu Fortinet constituent la porte d’entrée numérique vers le réseau d’une organisation », a déclaré Mufaro Nesongano, porte-parole de l’Autorité de régulation des communications de Namibie (CRAN).

Et d’ajouter : « si les clés de cette porte, telles que les noms d’utilisateur, les mots de passe ou les identifiants VPN des administrateurs, sont exposées, des acteurs malveillants pourraient être en mesure d’accéder au réseau comme s’ils étaient des utilisateurs autorisés et d’y mener des activités malveillantes sans éveiller immédiatement les soupçons ».

Selon les analyses de plusieurs sociétés de cybersécurité, FortiBleed n’est pas liée à une nouvelle faille logicielle. Fortinet a lui-même indiqué qu’il s’agissait d’une campagne de réutilisation d’identifiants déjà compromis lors d’incidents antérieurs, combinée à des attaques par force brute visant des appareils insuffisamment protégés, notamment ceux dépourvus d’authentification multifacteur. La société SOCRadar évalue à plus de 86 000 le nombre d’identifiants valides et exploitables recensés à l’échelle mondiale dans 194 pays à partir d’infrastructures Fortinet exposées sur Internet.

Ce chiffre est régulièrement révisé à la hausse depuis la découverte de la campagne. La première estimation publique avancée par la société de cybersécurité Field Effect faisait état d’environ 74 000 configurations VPN et équipements pare-feu compromis.

Les organisations potentiellement concernées en Namibie ont été invitées à réinitialiser leurs identifiants administrateurs et VPN, à activer l’authentification multifacteur et à mettre à jour leurs équipements Fortinet. La CRAN recommande également un examen approfondi des configurations de pare-feu afin de détecter d’éventuelles modifications non autorisées et salue les organisations ayant déjà engagé ces mesures correctives.

Adoni Conrad Quenum

Lire aussi:

Congo : 1,5 milliard $ et 144 000 emplois grâce au numérique d’ici 2030 (GSMA)

Posted On vendredi, 26 juin 2026 03:33 Written by

En 2014, Madagascar s’est doté d’un cadre légal pour lutter contre la cybercriminalité. Mais depuis la pandémie de Covid-19 et l’accélération de la transformation numérique, les incidents se multiplient et ce dispositif apparaît désormais dépassé.

Le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications a profité du premier Symposium de la cybersécurité, organisé les lundi 22 et mardi 23 juin à Antananarivo, afin de faire le point sur la modernisation du cadre légal malgache.

Le pays s’appuie encore sur une loi adoptée en 2014, jugée de plus en plus inadaptée face à l’évolution rapide des technologies et des menaces. Un chantier de refonte a été engagé depuis décembre 2025, avec un objectif initial de finalisation en trois mois.

« Le processus touche à sa fin et le nouveau cadre réglementaire sera publié d’ici peu », a indiqué le ministre du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications, Mahefa Andriamampiadana. La future loi permettra de définir précisément ce qu’est un incident de sécurité et d’identifier les Organisations d’Importance Vitale (OIV).

« Ce cadre juridique ne sera pas seulement théorique : il intégrera un système d’injonctions strictes. En cas de non-respect des règles établies, des sanctions sévères seront appliquées, qu’elles visent les décideurs politiques ou les techniciens sur le terrain », précise le directeur général du Computer Incident Response Team (CIRT), Éric Rakotomaniraka.

Cette modernisation du cadre légal intervient alors que la cybercriminalité progresse fortement sur le continent. Selon le rapport 2025 sur les cybermenaces en Afrique publié par INTERPOL, la part des crimes liés au numérique atteint désormais 30 % de l’ensemble des infractions signalées en Afrique de l’Ouest et de l’Est. Les rançongiciels ont fortement augmenté en 2024, l’Afrique du Sud et l’Égypte enregistrant les niveaux les plus élevés, suivies du Nigeria et du Kenya.

Le rapport souligne par ailleurs que 90 % des pays africains interrogés estiment avoir besoin d’une amélioration significative de leurs capacités en matière d’application de la loi ou de poursuites judiciaires.

Adoni Conrad Quenum

Lire aussi:

Madagascar : vers une université publique 100 % numérique

Posted On mercredi, 24 juin 2026 15:58 Written by

Le pays intensifie ses efforts en faveur de la montée en compétences numériques à l’échelle nationale. Un programme de formation destiné aux enfants a par exemple été lancé en octobre 2025.

Les autorités marocaines prévoient l’ouverture d’un nouveau campus YouCode à Errachidia, dans la région de Drâa‑Tafilalet. L’initiative vise à renforcer l’accès des jeunes aux compétences numériques et à élargir l’offre de formation aux métiers du codage dans les régions moins centralisées du pays.

Le projet a été officialisé à travers une convention signée entre plusieurs acteurs publics et associatifs, en marge de la première édition du « Rally IA Future Lab » tenue du mercredi 17 au vendredi 19 juin. Il associe notamment le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, le ministère de l’Économie et des Finances, les autorités régionales de Drâa‑Tafilalet ainsi que l’association LEET INITIATIVE.

Le futur campus proposera une formation intensive de deux ans en programmation et technologies numériques, avec environ 50 apprenants par promotion, soit près de 100 jeunes formés chaque année. Le programme cible en priorité les jeunes de la région, y compris ceux en situation de décrochage scolaire disposant de compétences ou d’un potentiel dans le numérique.

Une stratégie nationale de développement des talents numériques

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie « Digital Morocco 2030 », notamment dans son axe consacré au développement des talents numériques. Le gouvernement ambitionne d’assurer la disponibilité de compétences adaptées aux besoins du marché du travail, dans un contexte de transformation accélérée de l’économie.

Dans ce cadre, le Maroc s’est fixé plusieurs objectifs à l’horizon 2026 et 2030, dont la formation de 20 000 talents numériques par an à partir de 2026, puis 45 000 à l’horizon 2030. Le pays prévoit également la reconversion de 26 000 personnes par an aux métiers du digital dès 2026, puis 50 000 par an à partir de 2030.

Pour atteindre ces objectifs, les autorités misent entre autres sur le déploiement de bootcamps, l’adaptation de la formation professionnelle aux besoins du marché de l’emploi, le soutien à la création d’écoles de codage dans les différentes régions du Royaume, ainsi que le développement de dispositifs de certification des compétences numériques.

Un enjeu d’emploi des jeunes

Ces efforts interviennent dans un contexte où la transformation numérique redéfinit progressivement le marché du travail. Selon la Banque mondiale, environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne devraient nécessiter des compétences numériques d’ici 2030.

Au Maroc, la question de l’emploi des jeunes reste un défi structurel. Selon le Haut‑Commissariat au Plan (HCP), le taux de chômage national s’est établi à 13 % en 2025, contre 13,3 % un an plus tôt. Cette moyenne masque toutefois de fortes disparités, notamment chez les jeunes de 15 à 24 ans, où le chômage atteint 37,2 %. La même source indique que 19,1 % des jeunes diplômés sont sans emploi, tandis que le sous‑emploi touche 10,9 % de cette catégorie.

Isaac K. Kassouwi

Lire aussi:

Maroc : 15 000 jeunes à doter de compétences numériques d'ici 2026

Le Maroc s'engage à former 22 500 talents numériques par an d'ici 2027

Posted On mercredi, 24 juin 2026 03:11 Written by

La montée en puissance des technologies numériques en Afrique devrait profondément transformer les économies, avec des impacts attendus sur la productivité, l’emploi et l’accès aux services publics.

La transformation numérique de l’économie de la République du Congo pourrait générer environ 870 milliards FCFA (1,5 milliard USD) de valeur ajoutée d’ici 2030, créer plus de 144 000 emplois et connecter environ 540 000 personnes supplémentaires à l’Internet mobile, selon un rapport publié le lundi 22 juin par l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA).

Intitulé « Drive Digital Transformation of the Economy in the Republic of Congo », le rapport met en avant le rôle central du numérique dans la croissance future du pays, porté par la connectivité mobile, les services financiers numériques et la numérisation progressive des secteurs productifs.

« La République du Congo a construit une base solide dans la connectivité mobile, mais combler le fossé d’utilisation nécessite désormais des réformes budgétaires, réglementaires et de la demande coordonnées », souligne la GSMA. L’organisation estime qu’un environnement plus favorable à l’investissement est indispensable pour libérer le potentiel économique du numérique.

Une adoption numérique encore limitée malgré une bonne couverture

Le Congo affiche une couverture relativement avancée avec environ 86 % de la population couverte par les réseaux 4G. Pourtant, l’usage reste très faible : seulement 19 % de la population utilise effectivement l’Internet mobile, tandis qu’environ 70 % des personnes couvertes restent hors ligne.

Ce déséquilibre met en évidence un enjeu structurel d’adoption plutôt qu’un manque d’infrastructures. Le pays obtient un score de 26/100 dans l’indice GSMA Digital Nations and Society 2025, dont 33/100 pour l’environnement politique et réglementaire, traduisant un cadre encore insuffisamment incitatif.

La GSMA souligne également que la numérisation de l’économie pourrait porter le nombre d’utilisateurs d’Internet mobile à environ 2,2 millions d’ici 2030, soit près de 31 % de la population congolaise. Cette progression s’accompagnerait d’un impact économique significatif, avec un impact fiscal net d’environ 93 milliards FCFA en 2030, grâce à une meilleure efficacité de la collecte et à l’élargissement de la base économique. Sur la période, les recettes fiscales cumulées pourraient atteindre 174 milliards FCFA, selon le rapport.

Des secteurs clés directement impactés par la numérisation

La GSMA souligne que les effets du numérique se feront sentir dans l’ensemble des secteurs de l’économie congolaise, notamment l’agriculture, l’industrie, les services, le commerce, les transports, les services financiers et l’administration publique.

Le développement du mobile money et des services numériques devrait notamment renforcer l’inclusion financière, en particulier dans les zones où l’accès aux services bancaires reste limité. La numérisation des chaînes de valeur devrait également améliorer la productivité, réduire les coûts de transaction et faciliter l’accès aux marchés.

Des réformes jugées indispensables pour accélérer la transformation

Pour concrétiser ce potentiel, le rapport insiste sur la nécessité de réformes structurelles. Celles‑ci portent sur le renforcement de l’environnement d’investissement dans les infrastructures numériques, l’amélioration du cadre réglementaire et fiscal, ainsi que la réduction des coûts d’accès aux smartphones et aux données mobiles.

La GSMA met également en avant l’importance du développement des compétences numériques et du renforcement de la confiance dans les services numériques à travers des politiques de cybersécurité adaptées.

Samira Njoya

Lire aussi:

 La téléphonie mobile a injecté 240 milliards $ dans l’économie en 2025 (GSMA)

Posted On mercredi, 24 juin 2026 03:04 Written by

Déjà adopté ou étudié par plusieurs pays d’Afrique, le modèle indien d’infrastructures publiques numériques suscite désormais l’intérêt du Burundi. Les discussions engagées ouvrent la voie à un éventuel partage d’expertise dans deux leviers jugés essentiels à la transformation numérique de l’économie.

Le Burundi explore des possibilités de coopération avec l’Inde pour renforcer ses infrastructures numériques, notamment dans les domaines de l’identité numérique et des paiements électroniques. Cette perspective a été évoquée le lundi 22 juin lors d’une rencontre entre Isidora Ntakiyiruta, assistante du ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, et Upender Singh Rawat, ambassadeur de l’Inde au Burundi. Les échanges ont porté sur les mécanismes susceptibles d’accompagner la modernisation des services publics et l’inclusion financière à travers le partage de l’expérience indienne en matière de transformation numérique.

Les discussions ont notamment mis en lumière le potentiel d’adaptation au contexte burundais de certaines composantes de l’India Stack, l’infrastructure publique numérique développée par l’Inde. Celle-ci repose sur plusieurs plateformes permettant l’identification numérique des citoyens, les paiements instantanés, l’échange sécurisé de données et l’accès dématérialisé aux services publics. Au cours des dernières années, ce modèle s’est imposé comme une référence internationale en matière de gouvernance numérique et d’inclusion financière.

L’intérêt du Burundi pour cette expérience intervient alors que les infrastructures publiques numériques (Digital Public Infrastructure – DPI) sont de plus en plus perçues comme des outils structurants pour améliorer l’efficacité de l’action publique, renforcer l’inclusion financière et élargir l’accès aux services essentiels. Dans ce domaine, l’Inde s’est imposée comme l’un des principaux référents mondiaux grâce à un écosystème numérique desservant environ 1,3 milliard de personnes. Son système de paiement instantané UPI (Unified Payments Interface), qui permet d’effectuer des transactions en temps réel, a notamment dépassé les frontières indiennes et est aujourd’hui opérationnel dans plusieurs pays, dont les Émirats arabes unis, Singapour, le Bhoutan, le Népal, le Sri Lanka, Maurice, le Qatar et la France.

Fort de cette expérience, New Delhi multiplie les partenariats internationaux autour de ses infrastructures numériques. Selon le gouvernement indien, 23 pays ont déjà signé des accords de coopération portant sur le partage de solutions liées à l’identité numérique, aux paiements électroniques, à l’échange de données et à la fourniture de services publics numériques. En Afrique, des pays comme le Kenya, la Tanzanie, l’Éthiopie, la Sierra Leone, la Gambie et le Lesotho figurent parmi les États engagés dans cette démarche.

Les deux parties ont également évoqué la possibilité d’établir des contacts techniques entre les institutions concernées afin d’examiner les conditions d’une éventuelle collaboration. Cette coopération viendrait renforcer des relations bilatérales déjà actives dans plusieurs secteurs, notamment l’énergie, où l’Inde soutient le projet hydroélectrique Kabu 16, considéré comme l’un des principaux symboles du partenariat entre les deux pays.

Samira Njoya

Lire aussi:

 Numérisation des services publics : l’Angola s’appuie sur le modèle indien

Posted On mardi, 23 juin 2026 12:22 Written by

Face à la multiplication des plateformes de services publics, le gouvernement a opté pour une centralisation numérique afin de simplifier l’accès aux démarches administratives. L’objectif est de renforcer l’interopérabilité des systèmes et d’améliorer l’efficacité de l’administration.

L'Éthiopie a officiellement lancé le samedi 20 juin la plateforme numérique unifiée MESOB, une initiative destinée à centraliser l'accès aux services publics et à accélérer la modernisation de l'administration. Présentée lors du sommet « Digital for Excellence », l'application vise à simplifier les démarches des citoyens et à accélérer la transformation numérique du secteur public.

Développée par l'Institut éthiopien d'intelligence artificielle, la solution MESOB fonctionne comme une super appli gouvernementale. À partir d'un compte unique adossé au système national d’identité numérique (Fayda), les utilisateurs peuvent accéder à plus de 185 services publics : obtention d’une pièce d’identité, démarches fiscales, licences commerciales, permis de travail ou formalités d’investissement.

La plateforme repose sur l'interconnexion des bases de données de plusieurs administrations, ce qui évite aux usagers de fournir plusieurs fois les mêmes informations et réduit les déplacements physiques entre les bureaux publics. Selon les autorités, cette intégration doit permettre de raccourcir les délais de traitement, d'améliorer la transparence administrative et de réduire les opportunités de corruption liées aux procédures manuelles.

Le lancement de MESOB s'inscrit dans une dynamique mondiale de développement des infrastructures publiques numériques (DPI). Ces systèmes reposent généralement sur trois piliers : une identité numérique, des plateformes d'échange de données entre administrations et des services accessibles en ligne. En Afrique, plusieurs pays, dont le Rwanda, le Kenya ou encore le Maroc, investissent dans ces infrastructures afin de rendre les services publics plus accessibles et de soutenir la transformation numérique de leur économie.

En Éthiopie, MESOB constitue l'un des piliers de la stratégie gouvernementale de numérisation 2025-2030. La plateforme s'appuie notamment sur Fayda, qui comptait plus de 20 millions d’inscrits en juillet 2025 et déjà 55 organismes connectés. Lors de sa phase pilote, lancée en avril 2025, MESOB regroupait 12 institutions fédérales et 41 services publics. Les autorités prévoient désormais d'étendre progressivement son périmètre à l'ensemble des ministères et organismes publics du pays.

Samira Njoya

Lire aussi:

 Identité numérique : l’Éthiopie met son expertise au service du Mozambique 

Posted On lundi, 22 juin 2026 11:57 Written by

Face à un taux de chômage des jeunes avoisinant les 30 % en Algérie en 2025, les autorités misent sur un nouveau cadre numérique de certification des diplômes. Objectif : mieux aligner les formations sur les besoins du marché et faciliter l’insertion des diplômés.

Le ministère algérien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a annoncé le mercredi 17 juin la mise en ligne d’une version pilote du Cadre national de certification et de qualification (CNC), une plateforme numérique destinée à structurer et harmoniser la reconnaissance des diplômes universitaires. Accessible à l’adresse https://cnc.mesrs.dz/, l’outil vise à améliorer la lisibilité des formations et à faciliter la reconnaissance des compétences à l’échelle nationale et internationale.

« Cette version pilote constitue une étape fondamentale dans la mise en place d’un système d’enseignement supérieur transparent et fiable, et l’alignement des résultats de la formation universitaire sur les besoins réels de l’économie nationale », indique le ministère, qui précise que le dispositif devrait également renforcer la mobilité professionnelle des diplômés.

Le CNC repose sur une approche basée sur les compétences. Il permet de classer les diplômes selon des niveaux précis intégrant les savoirs, savoir-faire et savoir-être, ainsi que des critères comme l’autonomie, la responsabilité et les capacités de communication. L’objectif est de fournir une lecture plus claire des qualifications et de mieux relier les parcours universitaires aux besoins du marché de l’emploi.

Dans le détail, la plateforme sert à décrire et classifier les certifications délivrées par l’enseignement supérieur, tout en établissant des repères comparables au niveau international. Elle s’adresse à la fois aux étudiants, aux établissements et aux employeurs, afin de faciliter l’interprétation des diplômes et l’identification des compétences lors des recrutements.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’université algérienne. Elle vise à renforcer la transparence du système, améliorer la crédibilité des diplômes nationaux et adapter plus efficacement l’offre de formation aux besoins de l’économie. Selon le ministère, les méthodologies adoptées s’inspirent de cadres déjà en vigueur dans près de 150 pays, qui ont développé des systèmes similaires pour standardiser les qualifications et améliorer la mobilité académique et professionnelle.

Samira Njoya

Lire aussi:

 L’Algérie recherche un expert national en transformation numérique

Posted On vendredi, 19 juin 2026 10:31 Written by

La connectivité mobile poursuit son expansion sur le continent et renforce son rôle dans l’économie africaine. Pour la GSMA, la prochaine étape clé consiste à transformer cette connectivité en usage numérique réel et inclusif.

Les technologies et services mobiles ont généré 240 milliards USD de valeur ajoutée en 2025 en Afrique, soit 7,8 % du PIB du continent, selon un rapport publié le mardi 16 juin par la GSMA. Le secteur a également soutenu environ 13 millions d’emplois et contribué à hauteur de 45 milliards USD aux recettes publiques, confirmant son poids croissant dans l’économie africaine.

Intitulé The Mobile Economy Africa 2026, le rapport précise que cette performance s’inscrit dans un contexte de transformation progressive du secteur mobile, qui ne se limite plus à la connectivité mais devient un moteur d’innovation et de numérisation. Les opérateurs évoluent désormais vers un rôle de partenaires de transformation numérique, en intégrant l’intelligence artificielle, les services numériques et les API ouvertes destinées aux développeurs.

Malgré ces avancées, le principal défi du continent reste l’adoption des services numériques. Si la couverture mobile haut débit est largement disponible, environ 63 % des Africains couverts n’utilisent pas Internet mobile, en raison notamment du coût des terminaux, du prix des données et du manque de compétences numériques. L’abordabilité demeure ainsi le principal frein à l’inclusion numérique sur le continent.

Le rapport met également en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans le secteur mobile, utilisée pour améliorer les réseaux, optimiser l’expérience client et développer de nouveaux services. Toutefois, la GSMA note que les modèles d’IA restent encore peu adaptés aux réalités linguistiques africaines.

Enfin, les opérateurs mobiles devraient investir plus de 76 milliards USD entre 2024 et 2030 dans les infrastructures réseau, afin d’accompagner l’extension de la 5G, l’amélioration de la qualité des services et la montée en puissance des usages numériques sur le continent. Selon la GSMA, ces investissements seront déterminants pour transformer la connectivité existante en gains économiques effectifs et réduire le déficit d’adoption numérique en Afrique.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Mobile Money : en Afrique, la cherté du mobile et l'illettrisme numérique freinent la révolution annoncée

Posted On jeudi, 18 juin 2026 13:29 Written by

Alors que l’intelligence artificielle s’impose progressivement dans les économies africaines, le Burkina Faso veut définir sa propre trajectoire. La feuille de route adoptée par les acteurs du secteur fixe les priorités nationales pour transformer cette technologie en levier de développement économique et social.

Le Burkina Faso veut créer les conditions nécessaires à l’essor de l’intelligence artificielle sur son territoire. Les autorités ont validé à cet effet le mercredi 17 juin, la feuille de route nationale sur l’intelligence artificielle (IA) pour la période 2026-2030. Ce document devrait servir de cadre de référence pour le développement de solutions adaptées aux priorités du pays, dans des secteurs comme la santé, l’agriculture, l’éducation ou encore l’administration publique.

Concrètement, la stratégie identifie plusieurs domaines prioritaires dans lesquels des applications basées sur l’IA devraient être développées au cours des prochaines années. Les autorités évoquent notamment des outils d’aide au diagnostic médical, des solutions destinées à accompagner les producteurs agricoles grâce aux prévisions météorologiques, ainsi que des dispositifs pédagogiques adaptés aux réalités locales pour les élèves et étudiants. Le document prévoit également des applications dans les secteurs de l’eau et de l’énergie afin de faciliter la remontée d’informations par les citoyens et d’améliorer la gestion des services publics.

Cette feuille de route s’inscrit dans le cadre du Plan RELANCE 2026-2030 et du chantier gouvernemental « IA pour tous », présenté comme l’un des principaux axes de la transformation numérique du pays. Son élaboration a mobilisé des représentants de l’administration, du secteur privé, des universités, des centres de recherche, de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers.

Le Burkina Faso rejoint ainsi le groupe croissant de pays africains qui se dotent d’un cadre stratégique dédié à l’intelligence artificielle. Ces dernières années, des pays comme le Rwanda, le Sénégal, le Bénin, l’Égypte ou encore le Kenya ont engagé des initiatives similaires afin d’encadrer le développement de cette technologie et de renforcer leur compétitivité numérique.

Pour le Burkina Faso, les enjeux dépassent le seul secteur technologique. Dans un contexte marqué par des besoins importants en matière d’accès aux services publics, de productivité agricole et de développement des compétences, l’intelligence artificielle est perçue comme un outil susceptible d’améliorer l’efficacité des politiques publiques, de soutenir l’innovation locale et de favoriser l’émergence de nouveaux services numériques adaptés aux réalités nationales.

Samira Njoya

Lire aussi:

 Le Burkina Faso lance une campagne nationale de sensibilisation et de formation sur l'IA

Posted On jeudi, 18 juin 2026 13:28 Written by
Page 1 sur 106

Please publish modules in offcanvas position.