La République mauricienne fait partie des meilleurs élèves africains en matière d’IA. Selon le Government AI Readiness Index du cabinet britannique Oxford Insights, Maurice affichait en 2024 un score de 53,94 sur 100, se classant premier en Afrique subsaharienne.
Maurice intègre l’intelligence artificielle générative dans son système éducatif avec le lancement de mytGPT Education, un assistant pédagogique développé par Mauritius Telecom et le ministère de l’Éducation. L’outil, officiellement lancé le lundi 26 janvier, vise à moderniser les pratiques d’apprentissage et d’enseignement à l’échelle nationale.
« La mise en œuvre de mytGPT Education dans les écoles s’inscrit pleinement dans notre stratégie, dont l’objectif est de faire de l’intelligence artificielle un outil au service du progrès national, accessible à tous. À travers ce projet, chaque enfant à Maurice pourra disposer d’un accompagnateur pédagogique IA capable de soutenir son apprentissage », a déclaré Veemal Gungadin, CEO de Mauritius Telecom.
Concrètement, mytGPT Education repose sur des technologies d’IA générative conçues pour fournir un accompagnement pédagogique personnalisé aux élèves. La plateforme propose des explications adaptées au niveau de chaque apprenant, des exercices interactifs ainsi qu’un contenu sécurisé disponible en anglais, français et créole phonétique. Pour les enseignants, l’outil permet d’automatiser la production de quiz et de supports pédagogiques, tout en intégrant des fonctionnalités d’analyse des performances scolaires, susceptibles d’orienter plus finement les stratégies d’enseignement.
Le projet est déployé, dans un premier temps, sur une base pilote auprès des élèves des Grades 4, 7, 8 et 9, dans huit établissements scolaires, comprenant quatre écoles primaires et quatre collèges d’État répartis sur l’ensemble du territoire. Plus de 50 ressources pédagogiques, alignées sur le National Curriculum Framework, ont déjà été intégrées à la plateforme. En parallèle, des sessions de formation organisées entre décembre 2025 et janvier 2026 ont permis de sensibiliser les enseignants aux fondamentaux de l’intelligence artificielle, à l’usage de la plateforme et aux bonnes pratiques liées au prompt engineering.
À travers cette expérimentation, Maurice s’inscrit dans une tendance mondiale visant à explorer le potentiel de l’IA générative appliquée à l’éducation, un segment encore émergent dans les pays africains. Si le projet ouvre la voie à une personnalisation accrue des apprentissages et à une optimisation des ressources pédagogiques, son passage à l’échelle dépendra de plusieurs facteurs clés : la robustesse technologique de la plateforme, son intégration avec les systèmes éducatifs existants, la gouvernance des données scolaires et la capacité du système éducatif à accompagner durablement les enseignants dans l’appropriation de ces nouveaux outils numériques.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte de forte concurrence entre hubs africains du numérique, le royaume mise sur des partenariats ciblés pour consolider son attractivité auprès des acteurs internationaux de l’offshoring.
Le Maroc a procédé, le mardi 27 janvier à Rabat, à la signature de trois accords destinés à renforcer l’écosystème de l’offshoring numérique. Conclus en marge d’une rencontre dédiée au renouvellement de l’offre nationale du secteur, ces partenariats visent à soutenir la formation, l’attractivité territoriale et l’implantation de projets à forte valeur ajoutée.
Les conventions portent notamment sur le déploiement de la prime à la formation, conçue comme un levier d’adaptation des compétences aux besoins des entreprises du numérique. Elles prévoient également le développement des Tech Valleys Offshoring, à travers la création de pôles économiques spécialisés intégrant infrastructures technologiques, services mutualisés et espaces dédiés à l’accueil d’investissements nationaux et internationaux.
La signature de ces accords intervient dans un contexte de transformation accélérée du marché mondial de l’offshoring, marqué par la digitalisation des services, l’essor du cloud, de la data et de l’intelligence artificielle. Dans ce nouvel environnement, les destinations historiques sont désormais en concurrence avec des hubs émergents, notamment en Afrique. Le Maroc cherche ainsi à consolider son positionnement en misant sur une offre plus structurée, davantage orientée vers les métiers numériques et les services à forte valeur ajoutée.
L’offshoring s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux contributeurs aux exportations de services du royaume. À fin 2024, le secteur comptait près de 148 500 emplois et générait plus de 26,2 milliards de dirhams (≈2,8 milliards USD) de recettes à l’export. Cette dynamique s’accompagne d’une évolution progressive des activités, avec un recul des centres d’appels traditionnels au profit des services IT, de l’ingénierie et des fonctions digitales spécialisées. Les autorités marocaines visent, à l’horizon 2030, un doublement des performances du secteur, avec un objectif de 270 000 emplois et près de 40 milliards de dirhams d’exportations.
À travers ces partenariats, le gouvernement entend renforcer la compétitivité de l’offre « Made in Morocco » sur le marché mondial des services numériques. La montée en compétences des talents, la structuration de pôles territoriaux spécialisés et la visibilité offerte aux investisseurs constituent les principaux leviers attendus.
À terme, ces accords pourraient contribuer à attirer de nouveaux projets technologiques, soutenir l’emploi qualifié et renforcer la place du Maroc comme plateforme régionale de services numériques destinés aux marchés européen et africain.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’intelligence artificielle est annoncée comme un moteur de transformation mondiale, avec des retombées économiques colossales attendues. Les pays africains, conscients des opportunités, se mobilisent pour développer leurs stratégies nationales et s’assurer une place dans cette course à l’innovation digitale.
Djibouti a lancé un processus structuré visant à définir sa future Stratégie nationale de l’intelligence artificielle (IA), avec l’appui du système des Nations unies. Le ministère de l’Économie numérique et de l’Innovation a organisé la semaine dernière une phase diagnostique nationale, suivie d’un atelier multi‑acteurs, réunissant institutions publiques, experts nationaux, partenaires internationaux, jeunes innovateurs et représentants du secteur privé et de la société civile.
#Djibouti pose les bases de son avenir numérique✨
— United Nations | Djibouti (@UNDjibouti) January 27, 2026
L’élaboration de la Stratégie nationale de l’#IA par le @MENIDjib, avec l'appui de l'@UNESCO à travers la phase diagnostique RAM et de l'@UNESCWA, marque une étape clé pour une IA éthique, inclusive et souveraine, au service du…
Les autorités djiboutiennes entendent ainsi poser les bases d’un cadre stratégique orienté vers une intelligence artificielle responsable, inclusive et éthique. L’objectif est d’anticiper les usages de l’IA, d’en encadrer le développement et d’en maximiser les retombées économiques et sociales, tout en assurant la protection des citoyens et la souveraineté numérique du pays.
Les échanges ont permis d’identifier plusieurs axes structurants, notamment : le renforcement des compétences locales, le développement des infrastructures numériques, la gouvernance des données, l’innovation technologique et l’intégration progressive de l’IA dans les politiques publiques. Une attention particulière a également été accordée à l’employabilité des jeunes et à la réduction des inégalités numériques.
Les contributions recueillies au cours de cet exercice alimenteront la version finale de la stratégie, afin qu’elle soit à la fois techniquement robuste, politiquement portée et opérationnelle à court et moyen terme. L’enjeu pour Djibouti est de disposer d’un cadre clair permettant d’orienter les investissements, de structurer l’écosystème numérique et d’attirer les partenariats technologiques.
Cette future Stratégie nationale de l’intelligence artificielle s’inscrit pleinement dans la Vision Djibouti 2035, le Plan national de développement 2025–2030 ainsi que le Cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable. Elle s’inscrit également dans une tendance mondiale marquée par l’essor rapide de l’intelligence artificielle. Selon le rapport « Annual Global CEO Survey » du cabinet PwC, l’IA pourrait générer jusqu’à 15 700 milliards USD pour l’économie mondiale d’ici 2030, dont près de 1200 milliards USD pour l’Afrique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Engagé dans un vaste chantier de transformation numérique, le Gabon s’appuie sur la coopération internationale pour renforcer ses capacités. Le pays a récemment consolidé son partenariat avec les États‑Unis, notamment dans le domaine de la formation aux métiers du digital.
La société technologique américaine Cybastion et l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) ont officiellement lancé, le mardi 27 janvier, un programme national de formations gratuites dédié aux métiers du numérique et de la cybersécurité. L’initiative est destinée à 1000 jeunes Gabonais.
Présentant le programme Africa DigiEmpower, la directrice générale de Cybastion Gabon, Antonia Akouré‑Davain (photo), a mis en avant la nécessité de développer les compétences locales afin de soutenir la dynamique de transformation numérique engagée par le Gabon. Elle a indiqué que l’initiative entend à la fois accompagner la modernisation des infrastructures digitales du pays et permettre aux jeunes ainsi qu’aux femmes d’acquérir des compétences opérationnelles adaptées aux besoins du marché, dans l’objectif de renforcer leur employabilité aussi bien dans le secteur public que privé.
Le dispositif repose sur trois niveaux de formation, allant de l’initiation aux spécialisations techniques. Un premier niveau, accessible sans prérequis, permettra aux apprenants d’acquérir des compétences de base en informatique et en usage des outils numériques. Les niveaux avancés offriront quant à eux des parcours certifiants en réseaux, cybersécurité et technologies numériques, afin de répondre aux besoins croissants du secteur digital.
Ce programme s’inscrit dans le prolongement d’un partenariat signé en 2025 entre Cybastion et l’État gabonais, visant à accélérer le développement des infrastructures numériques et à doter la main‑d’œuvre du pays de compétences numériques de classe mondiale. Dans ce cadre, l’ANINF, partenaire clé du projet, accueillera les formations au sein de l’ANINF Academy, dans les locaux de la tour ANINF, et accompagnera les apprenants tout au long de leur parcours. L’agence a également indiqué que les profils les plus performants pourront être mobilisés dans ses projets de transformation numérique du pays.
Au‑delà du Gabon, cette initiative s’inscrit dans un enjeu stratégique continental. Selon la Banque mondiale, plus de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne devraient nécessiter des compétences numériques d’ici 2030, dans une région où près de 60 % de la population a moins de 25 ans. En misant sur la formation, le Gabon entend ainsi renforcer son capital humain, stimuler l’employabilité des jeunes, soutenir l’économie numérique et contribuer à l’émergence d’une Afrique plus compétitive dans l’économie digitale mondiale.
Samira Njoya
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Dans un contexte de pressions financières croissantes, le Kenya mise sur le numérique pour automatiser ses paiements. L’idée est de renforcer la transparence, la rapidité et le contrôle, tout en modernisant ses systèmes de finances publiques.
Le Trésor national du Kenya a annoncé, le mardi 27 janvier, le lancement prochain d’un système numérique destiné à automatiser les paiements de la dette extérieure. L’information a été communiquée par le secrétaire principal du Trésor, Chris Kiptoo, à l’issue d’un briefing de l’équipe projet, en présence de représentants du Bureau du contrôleur du budget, du vérificateur général et de la Banque mondiale.
La plateforme devrait être opérationnelle à partir du lundi 2 février 2026, avec une période de fonctionnement parallèle d’un mois pour assurer une transition sécurisée.
Le système intégrera plusieurs dispositifs clés : le système de gestion de la dette Meridian, le système de taux de change de la Banque centrale du Kenya, ainsi que les processus de demande et d’approbation du Trésor public. Cette architecture vise à automatiser l’ensemble de la chaîne de paiement, de la génération des instructions à leur approbation et exécution, remplaçant ainsi les procédures manuelles par des flux de travail numériques sécurisés. Selon Chris Kiptoo, cette réforme devrait réduire les retards et les erreurs tout en améliorant la surveillance des obligations financières du pays.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la dette extérieure du Kenya représente près de la moitié de la dette publique totale. À la fin de 2025, la dette extérieure s’élevait à environ 5,5 milliards de shillings (42 milliards $), sur une dette publique totale dépassant les 11 000 milliards de shillings. L’importance de ces engagements rend cruciale la mise en place de mécanismes transparents et fiables pour le service de la dette, en particulier alors que Fitch souligne des besoins de financement croissants et la nécessité de gérer efficacement les emprunts extérieurs en 2026.
En modernisant la gestion des paiements de la dette, cette plateforme pourrait accélérer le traitement des transactions, renforcer la transparence et améliorer la traçabilité des fonds publics. Elle devrait également contribuer à une meilleure coordination entre les différents organismes gouvernementaux et à une supervision plus rigoureuse des obligations financières.
Toutefois, le passage à un système entièrement numérique soulève des défis en matière de cybersécurité, notamment la protection contre les intrusions, les fraudes et les défaillances techniques. La sécurisation des données sensibles et la résilience du système face aux cyberattaques seront déterminantes pour garantir la fiabilité et la continuité du paiement de la dette.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’utilisation d’Internet par les mineurs suscite un débat croissant à l’échelle mondiale. L’Afrique, elle aussi confrontée aux risques liés à l’exposition précoce aux réseaux sociaux, cherche à renforcer la protection des enfants en ligne. En Égypte, les autorités envisagent l’adoption d’un cadre législatif dédié.
Le Parlement égyptien a annoncé, le dimanche 25 janvier, son intention de rédiger une législation visant à réglementer l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants. L’information a été rendue publique dans un communiqué de la Chambre des représentants, qui indique que ce projet de loi ambitionne de limiter les effets négatifs du numérique sur les mineurs, notamment les risques psychologiques et comportementaux liés à une exposition précoce aux plateformes sociales.
Selon le texte, les députés entendent engager des consultations avec le gouvernement ainsi qu’avec des organismes spécialisés afin d’élaborer un cadre juridique adapté. Cette démarche vise à instaurer des mécanismes de contrôle de l’accès des enfants aux réseaux sociaux, tout en encadrant les pratiques des plateformes numériques opérant dans le pays.
Cette initiative intervient dans un contexte politique marqué par l’intervention du président Abdel‑Fattah el‑Sissi, qui a appelé, la veille, le gouvernement et les parlementaires à examiner la possibilité de restreindre l’usage des réseaux sociaux par les enfants, jusqu’à ce qu’ils atteignent un âge leur permettant de « gérer correctement » ces outils numériques. Les autorités égyptiennes rejoignent ainsi un débat mondial de plus en plus présent autour de la protection des mineurs dans l’espace numérique.
À l’échelle internationale, plusieurs pays ont déjà pris des mesures concrètes pour encadrer l’accès des jeunes aux plateformes sociales. En France, l’Assemblée nationale a récemment adopté en première lecture un texte visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’Australie a, pour sa part, adopté en décembre 2025 une loi pionnière interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, obligeant les plateformes à supprimer les comptes non conformes sous peine de lourdes amendes.
En Afrique, la protection de l’enfance en ligne demeure inégale. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), seuls 39 pays africains avaient, en 2024, adopté une stratégie nationale de protection des enfants en ligne. Dans le même temps, 32 % des États du continent étaient encore en phase d’élaboration, tandis que 41 % n’avaient engagé aucune démarche en ce sens. Cette situation contraste avec la croissance rapide des usages numériques, alors qu’un enfant dans le monde se connecte à Internet pour la première fois toutes les demi‑secondes, selon l’UIT.
Pour l’Égypte, l’adoption d’une telle législation pourrait renforcer la protection des mineurs face aux risques liés au numérique, notamment le cyberharcèlement, l’exposition à des contenus inadaptés ou les pressions sociales générées par l’usage intensif des écrans. Le chantier reste cependant complexe. La députée Amira El‑Adly a récemment souligné le manque de données officielles fiables sur l’utilisation d’Internet par les enfants dans le pays, ainsi que sur les impacts psychologiques ou comportementaux associés. Une lacune qui pourrait compliquer l’élaboration d’un cadre juridique à la fois efficace, équilibré et applicable.
Samira Njoya
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Le Bénin a placé la numérisation des services publics au cœur de sa stratégie nationale. Les résultats obtenus jusqu’ici sont satisfaisants, avec une adoption croissante des démarches en ligne et un accès facilité aux prestations pour les citoyens.
En 2025, l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) a servi 4 millions de citoyens et délivré 10,5 millions de documents d’état civil et d’identité au Bénin, selon les données publiées par l’institution le lundi 26 janvier 2026. Sur l’ensemble des démarches enregistrées, 75 % ont été réalisées en ligne ou à distance, illustrant la place croissante du numérique dans l’accès aux services d’identification.
Cette transformation repose sur une diversification des canaux d’accès aux services. Les citoyens ont utilisé eservices.anip.bj (37 % des requêtes), l’application mobile ANIP BJ (30 %) et le service USSD (8 %), tandis que les guichets physiques représentent 25 % des demandes. La sécurité des opérations est renforcée, avec 3,8 millions d’authentifications via les opérateurs GSM et 25 millions de vérifications d’identité (eKYC), garantissant fiabilité et intégrité des données.
Le programme s’inscrit dans un contexte plus large de transformation numérique initié par le Bénin depuis 2018, avec le lancement progressif de services publics digitalisés visant à moderniser l’administration, améliorer la transparence et renforcer la proximité avec les citoyens. La digitalisation des documents d’état civil et d’identité constitue un pilier central de cette stratégie, essentielle pour faciliter l’accès aux services sociaux et économiques.
L’ANIP s’intègre dans l’ambition nationale de généraliser les services publics numériques. Le pays a déployé plusieurs plateformes gouvernementales (déclarations fiscales, démarches de santé, formalités administratives), favorisant interopérabilité des services et centralisation des données. Ces initiatives visent à améliorer la gouvernance, la traçabilité des processus et la satisfaction des citoyens, tout en stimulant l’efficacité économique.
Pour 2026, l’ANIP entend poursuivre l’enregistrement et la délivrance de documents, avec un accent particulier sur les zones rurales encore sous-desservies. Les citoyens pourront accéder en ligne à une large gamme de services : acte de naissance, certificat de résidence, certificat de coutume et de célibat, certificat d’identification personnelle, carte d’identité nationale biométrique.
Samira Njoya
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A l’approche du lancement de sa stratégie nationale en intelligence artificielle, le Zimbabwe renforce ses échanges internationaux pour en soutenir la mise en œuvre. L’Australie apparaît comme un partenaire clé pour accompagner le développement des compétences et l’innovation technologique.
Le Zimbabwe poursuit sa dynamique de transformation numérique. La ministre des Technologies de l’information, des services postaux et de messagerie, Tatenda Mavetera, a rencontré le lundi 26 janvier 2026 l’ambassadrice d’Australie au Zimbabwe, Minoli Perera, afin d’explorer les perspectives de coopération bilatérale dans le domaine des TIC.
Zimbabwe and Australia to boost ICT
— Ministry of ICT, Postal & Courier Services - Zim (@MICTPCS_ZW) January 26, 2026
Zimbabwe is taking strides in digital transformation Hon. Tatenda Mavetera, Minister of ICT, Postal and Courier Services, met with Australia's Ambassador to Zimbabwe, Her Excellency Minoli Perera, to strengthen ICT collaboration between… pic.twitter.com/HlnQLtzISa
Les échanges ont porté sur la future stratégie nationale du Zimbabwe en matière d’intelligence artificielle, dont le lancement est annoncé pour mars 2026 par le président Emmerson Mnangagwa. Cette feuille de route devrait fixer les priorités du pays en matière d’innovation numérique, de modernisation des services publics et de développement des compétences technologiques.
Selon des données officielles, les investissements dans les TIC ont progressé de 14,5 %, parallèlement à l’amélioration de la connectivité. La pénétration mobile atteint 103 %, tandis que celle d’Internet s’élève à 83 %, traduisant un accès croissant de la population aux services numériques.
L’Australie s’est dite disposée à accompagner Harare via un appui technique et un partage d’expertise. Canberra dispose en effet d’une stratégie avancée en matière d’IA : en décembre 2025, le gouvernement australien a dévoilé un Plan national sur l’IA visant à accélérer son adoption dans l’ensemble de l’économie. Selon McKinsey, l’IA et l’automatisation pourraient générer entre 170 et 600 milliards USD supplémentaires pour le PIB australien d’ici 2030.
La coopération envisagée pourrait porter sur la formation, le transfert de compétences, la gouvernance de l’IA et le soutien aux start‑up locales. Pour Harare, l’enjeu est de structurer un écosystème numérique créateur d’emplois qualifiés, dans un pays où plus de 60 % de la population a moins de 25 ans.
À travers ce rapprochement avec Canberra, le Zimbabwe cherche à renforcer sa position sur la scène technologique régionale. En misant sur l’IA et les partenariats internationaux, le pays ambitionne de faire du numérique un levier stratégique de diversification économique et de développement durable.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Au fur et à mesure que l’administration algérienne se numérise, ses systèmes d’information deviennent de plus en plus exposés aux cybermenaces. Pour anticiper ces risques, le pays consolide ses structures de protection numérique.
L’Algérie s’est dotée d’un cadre institutionnel renforcé pour protéger ses systèmes d’information face à la montée des cybermenaces. Le décret présidentiel n° 26‑07 du 7 janvier 2026, publié le mercredi 21 janvier au Journal officiel, définit l’organisation et le fonctionnement des structures de cybersécurité au sein des institutions, administrations et organismes publics, afin de mieux anticiper et gérer les risques liés aux cyberattaques.
Dans chaque entité publique, une structure dédiée à la cybersécurité sera créée, distincte de celle en charge de la gestion technique des systèmes d’information. Placée sous l’autorité directe du premier responsable de l’institution, cette entité aura pour mission de coordonner toutes les actions relatives à la protection des données et à la sécurité des systèmes, y compris pour les organismes sous tutelle.
Elle sera chargée d’élaborer et de suivre la mise en œuvre de la politique de cybersécurité, d’identifier les risques à travers une cartographie dédiée et de mettre en place des plans de remédiation adaptés. Une veille continue, des audits réguliers et la notification immédiate de tout incident aux autorités compétentes complètent le dispositif.
Le texte impose également le respect de la législation sur la protection des données à caractère personnel, en liaison avec l’autorité nationale compétente. Il encourage par ailleurs la coordination avec les structures chargées des marchés publics et de la sûreté interne, afin d’intégrer des clauses de sécurité dans les contrats de sous‑traitance et de renforcer la protection du personnel et des équipements.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensification des attaques numériques en Algérie. En 2024, le pays a été confronté à un volume estimé à plus de 70 millions de cyberattaques, selon des données de Kaspersky, qui place l’Algérie au 17ᵉ rang mondial des nations les plus ciblées par les menaces numériques. Parmi ces attaques, plus de 13 millions de tentatives de phishing ont été bloquées, ainsi que près de 750 000 pièces jointes malveillantes neutralisées par les solutions de sécurité, illustrant l’ampleur des risques auxquels sont exposés les utilisateurs et les organisations.
Pour les autorités algériennes, ce dispositif devrait permettre de consolider durablement la gouvernance de la cybersécurité dans le secteur public et d’accompagner la transition numérique par un encadrement institutionnel renforcé. Dans un pays où l’usage des systèmes digitalisés s’étend rapidement, la mise en place d’un cadre opérationnel de cybersécurité vise à protéger les services publics, les infrastructures critiques et les données sensibles, tout en renforçant la confiance des citoyens et des acteurs économiques dans l’écosystème numérique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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À mesure que le numérique devient un levier de compétitivité, l’État ivoirien renforce son pilotage. Le nouveau choix s’est porté sur un profil issu du secteur privé, aguerri aux enjeux internationaux du secteur.
Djibril Ouattara (photo) est désormais le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique de la Côte d’Ivoire. Il a été nommé le vendredi 23 janvier, au sein du gouvernement Beugré Mambé II, dans le cadre d’un remaniement ministériel. Il succède à Ibrahim Kalil Konaté, qui occupait ce portefeuille depuis octobre 2023.
Figure reconnue de l’écosystème télécoms, Djibril Ouattara totalise plus de vingt années d’expérience dans les Technologies de l’information et de la communication (TIC). Il a notamment dirigé MTN Congo, puis MTN Côte d’Ivoire, où il a conduit des programmes de modernisation des réseaux, d’extension des infrastructures numériques et d’amélioration de la qualité de service sur un marché particulièrement concurrentiel.
Son itinéraire professionnel comprend aussi des postes à haute responsabilité chez Canal+ Côte d’Ivoire et au sein d’Etisalat Atlantique Togo, un opérateur de télécommunications d’Afrique de l’Ouest actif dans les services mobiles, internet et de données.
Formé à l’Institut national polytechnique Félix Houphouët‑Boigny (INP‑HB) et titulaire d’un MBA de la MIT Sloan School of Management (États‑Unis), le nouveau ministre dispose d’un profil mêlant expertise technique, management stratégique et exposition internationale. Un parcours qui devrait peser dans la conduite des grands projets numériques de l’État.
À la tête du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara hérite de chantiers structurants. Parmi les priorités figurent la poursuite de la digitalisation de l’administration, l’amélioration de la qualité des services numériques publics, le renforcement de la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel.
Le gouvernement attend également une accélération du déploiement des infrastructures à haut débit, la préparation à l’introduction de la 5G, ainsi qu’une meilleure couverture des zones rurales encore peu connectées. Le pays compte déjà plus de 58 millions de lignes mobiles actives et un taux de pénétration d’Internet supérieur à 185 %, selon les sources officielles.
Le nouveau ministre devra par ailleurs structurer un environnement favorable à l’innovation locale, en soutenant les start‑up, en facilitant l’investissement privé et en développant les compétences numériques de la jeunesse, alors que la demande en talents technologiques ne cesse de croître.
La nomination de Djibril Ouattara marque ainsi une nouvelle étape dans la gouvernance numérique ivoirienne. Après une phase de structuration portée par son prédécesseur, l’exécutif attend désormais une accélération opérationnelle, capable de transformer les ambitions digitales du pays en résultats concrets, mesurables et durables.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’Afrique reste l’une des régions les plus touchées par les coupures volontaires d’Internet et leurs répercussions économiques. En 2024 et 2025, ces interruptions ont freiné l’essor de l’économie numérique sur le continent.
L’UNESCO s’inquiète de la multiplication des coupures d’Internet décidées par les gouvernements, notamment en période de crise politique ou électorale. Dans une déclaration publiée le mardi 21 janvier, l’organisation onusienne a rappelé que l’accès à Internet constitue un pilier de la liberté d’expression et un élément central de l’exercice des droits démocratiques, et a appelé les États à privilégier des politiques favorisant la connectivité plutôt que des restrictions.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des coupures gouvernementales à l’échelle mondiale, y compris en Afrique. Selon l’ONG Access Now citée par l’UNESCO, au moins 300 coupures d’Internet ont été recensées dans plus de 54 pays au cours des deux dernières années, faisant de 2024 la pire année enregistrée depuis 2016.
Depuis le début de l’année 2026, plusieurs pays ont de nouveau imposé des interruptions totales ou partielles de la connectivité, notamment lors de manifestations de grande ampleur ou de processus électoraux sensibles.
En Afrique subsaharienne, ces pratiques ont un coût économique particulièrement lourd. D’après le rapport Global Cost of Internet Shutdowns 2024 publié par la plateforme britannique Top10VPN, les coupures d’Internet et les restrictions d’accès aux réseaux sociaux ont entraîné des pertes estimées à 1,56 milliard de dollars dans la région en 2024. Bien qu’en légère baisse par rapport aux 1,74 milliard de dollars enregistrés en 2023, ces pertes restent significatives et traduisent la persistance de mesures qui freinent la croissance de l’économie numérique africaine.
Le rapport indique que ces interruptions ont totalisé 32 938 heures de coupure en Afrique subsaharienne en 2024, affectant 111,2 millions d’internautes. Le Soudan figure parmi les pays les plus touchés, avec une perte économique estimée à 1,12 milliard de dollars, soit près de 72 % du total régional, sur fond de conflit et de restrictions prolongées. L’Éthiopie et le Kenya ont également enregistré des pertes notables, respectivement de 211,2 millions et 75 millions de dollars, dans des contextes mêlant tensions sécuritaires, manifestations et contrôle de l’information.
Les autorités justifient généralement ces coupures par des impératifs de sécurité nationale, de maintien de l’ordre public ou de lutte contre la désinformation. Dans les faits, elles prennent souvent la forme de blocages des réseaux sociaux, de ralentissements intentionnels du débit ou de coupures totales, affectant des plateformes devenues centrales pour l’information, les échanges commerciaux, les services financiers numériques et l’organisation sociale.
Pour l’UNESCO, ces perturbations vont bien au-delà de la seule question de l’accès à l’information. Elles fragilisent l’écosystème médiatique, entravent le travail des journalistes et favorisent la circulation d’informations non vérifiées. Elles portent également atteinte à des droits fondamentaux connexes, tels que l’accès à l’éducation, la liberté de réunion et la participation à la vie publique, tout en affaiblissant la confiance dans l’environnement numérique.
Alors que de nombreux pays africains misent sur le numérique pour soutenir la croissance, l’inclusion financière et la modernisation des services publics, la répétition des coupures apparaît de plus en plus contradictoire avec ces ambitions. Selon Top10VPN, les pertes économiques liées aux interruptions de connectivité sont calculées à partir du PIB numérique, de la durée des coupures et du nombre d’utilisateurs affectés, soulignant un manque à gagner direct pour les entreprises, les opérateurs télécoms et les États eux-mêmes.
Samira Njoya
Edité par Ubrick F. Quenum
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Le gouvernement guinéen est engagé dans un processus de transformation numérique pour soutenir le développement socio‑économique. Pour garantir cette transformation, l’exécutif doit notamment renforcer la sécurité du cyberspace national.
La Guinée poursuit le renforcement de son dispositif de sécurité numérique. Le mercredi 21 janvier, la primature a annoncé la réhabilitation complète et l’équipement de la Direction de la cybercriminalité et de la lutte contre les traces technologiques, une initiative financée par le Budget national de développement (BND). Le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est rendu dans les nouveaux locaux, aux côtés du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Bachir Dial.
Implantée au quartier Minière, dans la commune de Dixinn, l’infrastructure comprend un bâtiment moderne de type R+2, conçu pour répondre aux exigences techniques des enquêtes numériques. Inauguré officiellement le 17 décembre 2025, le site est désormais doté d’équipements spécialisés destinés à l’analyse des traces technologiques, à la collecte de preuves numériques et au traitement des infractions liées aux technologies de l’information.
Cette modernisation intervient alors que la cybersécurité occupe une place stratégique dans les politiques publiques guinéennes. Avec la digitalisation progressive des services administratifs, la montée des paiements électroniques et l’essor des usages numériques, les risques liés aux attaques informatiques, à l’usurpation d’identité et aux escroqueries en ligne se multiplient. Les autorités entendent ainsi adapter les capacités opérationnelles de la Police nationale à un environnement numérique en constante évolution.
Dans son Global Cybersecurity Index 2024, l’Union internationale des télécommunications (UIT) souligne que les pays doivent accorder une attention soutenue à la cybersécurité s’ils souhaitent tirer pleinement parti du potentiel des technologies de l’information et de la communication. À ce titre, la Guinée est classée dans la troisième des cinq catégories de performance établies par l’institution onusienne. Le pays affiche des résultats solides en matière de cadre légal et organisationnel, avec des scores respectifs de 16,27 et 14,38 sur 20, tout en faisant face à des marges de progression sur les plans technique et opérationnel.
À travers cet investissement, la Guinée ambitionne de renforcer l’efficacité de la lutte contre la cybercriminalité, d’améliorer la formation des agents spécialisés et de consolider la confiance des citoyens dans les services de sécurité. À terme, ce dispositif devrait sécuriser les usages numériques, accompagner la transformation digitale du pays et offrir un environnement plus sûr aux acteurs économiques engagés dans le développement du numérique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’insertion professionnelle des jeunes en Afrique représente un défi majeur. La formation numérique pourrait bien être la clé qui ouvrira les portes de l’employabilité à la jeunesse en quête d’opportunité.
À Madagascar, 1000 jeunes seront formés gratuitement aux métiers du numérique d’ici la fin du premier semestre 2026, dans le cadre du programme « D‑CLIC, formez‑vous au numérique avec l’OIF ». Le lancement officiel de cette nouvelle phase du projet a eu lieu le lundi 19 janvier à Antananarivo, à travers un partenariat entre l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (METFP).
Le projet #DCLIC franchit une étape décisive à #Madagascar. Grâce à un partenariat entre l’OIF et le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (METFP), 1 000 jeunes seront formés gratuitement aux métiers du #numérique d’ici la fin de l’année 2026.… pic.twitter.com/Cn7iVvBHqr
— La Francophonie (@OIFrancophonie) January 21, 2026
Cette étape marque l’entrée du programme dans une phase opérationnelle à plus grande échelle. Elle débute par la formation de formateurs nationaux, appelés à constituer un réseau capable d’accompagner durablement les bénéficiaires à travers le pays. Les parcours de formation, développés par l’OIF via une plateforme d’apprentissage en ligne, portent notamment sur les compétences numériques recherchées sur le marché du travail, ainsi que sur l’entrepreneuriat digital.
Le dispositif D‑CLIC s’inscrit dans une démarche plus large de renforcement des compétences numériques dans l’espace francophone. Déployé dans plusieurs pays africains, le programme vise à améliorer l’employabilité des jeunes, à faciliter leur insertion professionnelle et à répondre aux besoins croissants en talents numériques, dans un contexte marqué par la digitalisation progressive des économies.
À Madagascar, cette initiative intervient alors que les besoins en formation numérique s’intensifient. Le pays fait face à une forte pression démographique, avec une population majoritairement jeune, tandis que le marché de l’emploi formel reste limité. Les autorités misent désormais sur le numérique comme l’un des piliers de la formation professionnelle. La ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Marie Marcelline Rasoloarisoa, a récemment indiqué que Madagascar ambitionne de former 40 000 personnes aux compétences numériques à l’horizon 2028, afin d’adapter la main‑d’œuvre aux nouveaux usages économiques et technologiques.
Dans ce contexte, le programme D‑CLIC apparaît comme un maillon opérationnel de cette stratégie nationale. En renforçant l’accès à des formations qualifiantes et en favorisant l’acquisition de compétences directement mobilisables, cette nouvelle cohorte pourrait contribuer à améliorer l’employabilité des jeunes, soutenir l’auto‑emploi et accompagner l’émergence d’un écosystème numérique plus structuré à Madagascar.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte de modernisation de l’administration publique, le Burundi accélère la numérisation de sa fiscalité. Les autorités misent sur les outils numériques pour améliorer la mobilisation des ressources internes, renforcer la transparence et simplifier les démarches des contribuables.
Le Burundi a officiellement lancé, le lundi 19 janvier à Bujumbura, les travaux de mise en place du système e‑KORI, un programme numérique dédié à la déclaration et au paiement en ligne des impôts et taxes. Le projet est porté par l’Office burundais des recettes (OBR), avec l’appui de la Banque mondiale.
« La mise en place d’un tel système constitue une étape cruciale vers la transformation numérique de notre pays, en permettant à l’État de mieux mobiliser ses propres ressources. Le projet e‑KORI est un outil stratégique, car il permettra au Burundi de collecter ses propres fonds et de financer ses projets de développement sans dépendre exclusivement des aides extérieures », a déclaré Alain Ndikumana (photo), ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique.
Concrètement, le programme e‑KORI vise à digitaliser l’ensemble des processus liés à la collecte des taxes internes et des recettes non fiscales. Le dispositif est conçu pour permettre aux contribuables d’effectuer leurs déclarations et paiements en ligne, de suivre leurs opérations à distance et de réduire les démarches physiques auprès de l’administration. Il est également présenté comme un outil destiné à améliorer la traçabilité des recettes publiques, à limiter les risques d’erreurs et à renforcer le contrôle fiscal.
Cette initiative intervient dans un contexte où le Burundi accélère sa transition vers une administration numérique. Ces dernières années, les autorités ont engagé plusieurs réformes destinées à moderniser la gestion publique, améliorer la gouvernance financière et renforcer la transparence. Toutefois, la mobilisation des recettes intérieures demeure un défi, dans un pays marqué par l’importance du secteur informel et par des procédures fiscales jugées complexes par une partie des acteurs économiques.
Selon les responsables du projet, e‑KORI sera mis en œuvre en neuf phases, avec une validation progressive de chaque livrable avant le passage à l’étape suivante. Le dispositif prévoit également des sessions de formation et de sensibilisation à destination des agents de l’administration fiscale et des contribuables. La sécurité du système constitue un axe central du projet. Un partenaire technique est chargé d’assurer la protection des infrastructures, la sécurisation des données et la prévention des risques de cyberattaques, dans un contexte de montée des enjeux de cybersécurité liés à la digitalisation des finances publiques.
À terme, les autorités misent sur e‑KORI pour élargir l’assiette fiscale, renforcer la discipline des contribuables et améliorer la planification budgétaire de l’État. En facilitant l’accès aux services fiscaux et en sécurisant les échanges numériques, le système pourrait également contribuer à améliorer le climat des affaires, à renforcer la confiance entre l’administration et les citoyens, et à soutenir les ambitions du Burundi de bâtir un État plus efficace, transparent et numérisé.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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