Le gouvernement gabonais mise sur une approche structurée pour connecter ses administrations, optimiser la gestion des données et améliorer l’accès aux services. Une feuille de route nationale est en cours de finalisation pour encadrer cette dynamique.
Le ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba (photo), a présenté le vendredi 3 avril à Libreville les grandes orientations de la future stratégie nationale de numérisation. Ce document‑cadre, dévoilé au siège de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) à l’occasion d’une réunion avec les principaux responsables des systèmes d’information de l’administration publique, fixe la trajectoire du pays pour moderniser l’État et renforcer l’efficacité des services destinés aux citoyens et aux entreprises.
La stratégie repose sur cinq axes fondamentaux : la poursuite des réformes et la mise en place d’un cadre réglementaire adapté, le développement des infrastructures numériques, la numérisation et la dématérialisation des services publics et des paiements, la promotion de l’entrepreneuriat national et le développement des compétences locales, la migration vers une administration et une économie intelligentes, fondées sur une donnée structurée et valorisée. Selon le ministre, ces axes visent à réduire la fragmentation des systèmes d’information, améliorer l’interopérabilité entre administrations et créer un pilotage centralisé des projets numériques à l’échelle nationale.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de transformation numérique déjà amorcé. Pour l’exercice 2026, le ministère dispose d’un budget de 82 milliards de francs CFA (environ 145 millions de dollars), en forte augmentation (+156,2 %) par rapport aux 32 milliards FCFA de 2025. Cette enveloppe est prioritairement consacrée aux investissements dans la connectivité, la modernisation des infrastructures et la numérisation des services publics, et soutient également le développement des compétences et la gouvernance des données.
Les contours précis et le calendrier de mise en œuvre n’ont pas encore été dévoilés. Néanmoins, les autorités entendent rompre avec la gestion fragmentée des projets numériques en instaurant une gouvernance centralisée, appuyée sur des schémas directeurs sectoriels et un pilotage renforcé des systèmes d’information. Déjà doté d’un cadre légal solide, le Gabon ambitionne ainsi de bâtir une stratégie numérique unifiée, cohérente et souveraine, au service de la performance publique et de l’amélioration des services aux citoyens.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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D’après la SFI et Google, l’économie numérique africaine pourrait atteindre 180 milliards $ d’ici 2025, soit 5,2 % du PIB du continent, avant de grimper à 712 milliards $ à l’horizon 2050. Ces projections renforcent la volonté des États de se positionner dès maintenant sur cette croissance.
L’Afrique accélère la création de pôles technologiques pour structurer son innovation et capter une part croissante de l’économie numérique mondiale. D’un pays à l’autre, les gouvernements investissent dans des espaces dédiés destinés à concentrer start‑up, centres de recherche, universités et grandes entreprises, avec l’ambition de s’inspirer, à leur échelle, du modèle des grandes Silicon Valleys mondiales.
Des hubs pionniers déjà en structuration
Certains écosystèmes se sont déjà affirmés comme des références. À Nairobi, surnommée « Silicon Savannah », l’innovation repose sur un écosystème structuré autour de la fintech et des services mobiles. Le succès de M‑Pesa a largement contribué à faire du Kenya l’un des marchés les plus avancés en matière de paiements numériques. Le projet Konza Technopolis, ville technologique en développement, illustre cette ambition avec un investissement estimé à plusieurs milliards de dollars à long terme.
Au Nigeria, Lagos s’affirme comme la principale place technologique du continent. Le pays capte une part significative des levées de fonds en capital‑risque en Afrique. Cette dynamique repose également sur des zones dédiées comme Itana (ex-Talent City Lagos) ou encore l’Ekiti Knowledge Zone, conçues pour structurer des environnements favorables à l’innovation et à l’accueil des entreprises technologiques.
Kigali, de son côté, s’appuie sur une stratégie volontariste. Le projet Kigali Innovation City, évalué à environ 2 milliards de dollars et déployé sur 70 hectares, vise à réunir universités, centres de recherche et entreprises dans un écosystème intégré, soutenu par des politiques publiques attractives.
Ces hubs présentent des caractéristiques communes : concentration de talents, présence d’incubateurs et d’accélérateurs, infrastructures dédiées et attractivité croissante pour les investisseurs.
Une nouvelle génération de hubs en émergence
Au‑delà de ces pionniers, une nouvelle vague de projets illustre l’intensification de la compétition entre pays africains.
Au Maroc, Casa Tech Valley, dont le lancement est annoncé comme imminent par les autorités, ambitionne de structurer un hub technologique à Casablanca. Déployé sur 6,5 hectares dans l’arrondissement de Sidi Othmane, le projet s’appuie sur l’écosystème existant de Casablanca Nearshore et vise à attirer des investissements technologiques à forte valeur ajoutée tout en générant des milliers d’emplois.
Au Bénin, Sèmè City s’affirme déjà comme un modèle opérationnel, combinant formation, entrepreneuriat et recherche dans un même espace. D’ici 2030, les autorités béninoises s’attendent à voir au moins 130 000 diplômés sortir de la CIIS. Sur cette même période, l’objectif est de créer plus de 100 000 emplois, dont au moins un tiers d’auto‑emplois et 40 % par des femmes.
En Guinée, la Cité des Sciences et de l’Innovation de Guinée, dont les travaux ont été lancés en 2024, illustre également cette volonté de structurer un écosystème national autour de la technologie.
D’autres initiatives émergent à travers le continent, notamment avec le Parc des technologies numériques de Diamniadio au Sénégal ou encore au Gabon avec son futur village technologique, qui témoigne d’une dynamique désormais généralisée.
Une stratégie continentale portée par les infrastructures
Selon l’International Trade Centre (ITC), l’Afrique comptait plus de 1000 hubs technologiques en 2024, contre moins de 600 recensés par la GSMA en 2019. Cette progression illustre un véritable changement de stratégie. Les États ne se contentent plus de soutenir les start‑up, ils investissent désormais dans des infrastructures capables de structurer des écosystèmes complets.
Ces espaces permettent de concentrer les ressources, de favoriser les synergies entre acteurs et d’attirer progressivement les investissements. Ils s’imposent ainsi comme des leviers essentiels pour soutenir une innovation durable et renforcer la compétitivité du continent sur la scène numérique mondiale.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’insécurité reste l’un des principaux défis auxquels le Nigeria est confronté. Le pays mise sur les technologies numériques pour contenir ce phénomène qui affecte la stabilité sociale et pèse sur les perspectives de développement économique.
Le gouvernement nigérian envisage de déployer un réseau de plus de 5000 caméras numériques intégrant l’intelligence artificielle (IA) pour renforcer la sécurité dans l’État du Plateau, au centre du pays. Selon les autorités, cette initiative s’appuie sur des systèmes déjà déployés dans les États de Lagos et d’Enugu.
President Tinubu: FG to Deploy AI-Enabled Camera Networks to Combat Insecurity in Plateau. pic.twitter.com/608mMEHPxX
— Presidency Nigeria (@NGRPresident) April 3, 2026
L’annonce a été faite le jeudi 2 avril par le président Bola Tinubu (photo, à droite) lors d’une allocution à Jos, la capitale de l’État, récemment touchée par une attaque meurtrière. Il a précisé que le ministre des Communications et de l’Économie numérique, Bosun Tijjani, sera chargé de superviser l’installation de ces dispositifs, en coordination avec le gouvernement local et les agences de sécurité. Le déploiement débutera à Jos avant d’être étendu à l’ensemble du territoire.
Les autorités n’ont toutefois fourni aucun détail sur les caractéristiques techniques ni sur le fonctionnement du système. Cependant, dans une interview accordée à Radio Nigeria en mars, Nguuma Tyokaha, expert en TIC, estimait que le Nigeria peut réduire significativement les enlèvements et d’autres menaces sécuritaires grâce à l’intelligence artificielle, à l’analyse prédictive et à des systèmes de surveillance intelligente adaptés aux réalités locales.
Selon lui, bien que l’IA ne soit pas humaine, elle est capable d’analyser de vastes volumes de données, d’identifier des schémas et d’appuyer la prise de décision, ce qui en fait un outil stratégique pour les opérations de sécurité modernes.
M. Tyokaha a expliqué que ces technologies peuvent servir à anticiper les zones à risque d’enlèvements en s’appuyant sur des données historiques, telles que les localisations, les périodes, les profils des victimes ou encore les modes opératoires des criminels. Elles permettent de générer des « cartes de chaleur » pour identifier les zones à haut risque, permettant ainsi la mise en œuvre de mesures préventives par les autorités et les populations.
Le recours à cette technologie intervient dans un contexte de transformation numérique où les autorités nigérianes cherchent à généraliser l’intégration des TIC dans l’ensemble des secteurs afin de soutenir le développement socio‑économique et de répondre aux défis structurels du pays. L’insécurité demeure l’un des défis les plus pressants. À titre d’illustration, une attaque d’hommes armés survenue le 29 mars a fait une trentaine de morts. Le pays est également confronté à des enlèvements contre rançon, à des violences intercommunautaires ainsi qu’à des attaques attribuées à des groupes armés et terroristes.
Il convient toutefois de rappeler que le calendrier de déploiement n’a pas été précisé, même si le communiqué du gouvernement évoque une mise en œuvre « immédiate ». L’initiative soulève ainsi des interrogations, notamment sur ses modalités concrètes d’exécution et son efficacité à court terme. Des interrogations subsistent également sur la capacité des infrastructures existantes à supporter un tel dispositif, les compétences locales, ainsi que sur la disponibilité de données fiables et actualisées pour en garantir la pertinence.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Avec plusieurs projets numériques déjà finalisés et d’autres en cours, la Tunisie accélère la numérisation de son administration. Une dynamique inscrite dans une volonté de renforcer la gouvernance et la transparence des services publics.
La Tunisie a achevé 20 projets numériques au premier trimestre 2026, tandis que 121 autres sont en cours sur un total de 192 initiatives engagées à l’échelle nationale. L’annonce a été faite vendredi 2 avril par le ministre des Technologies de la communication, Sofiene Hemissi (photo), lors d’une séance au Conseil national des régions et des districts.
Parmi les chantiers en cours, le ministre a notamment mis en avant la généralisation de la facturation électronique au sein du ministère des Finances, dont le déploiement est attendu au troisième trimestre 2026. Cette réforme doit renforcer la transparence et l’équité fiscale. D’autres projets structurants sont également en cours, notamment le timbre fiscal électronique, le paiement à distance de la taxe de circulation et la mise en place d’un identifiant fiscal en ligne. La numérisation touche aussi plusieurs secteurs clés, avec le développement de services administratifs en ligne, la mise en œuvre de l’hôpital numérique, ou encore la numérisation des systèmes éducatifs et des services de transport.
Ces réformes s’inscrivent dans une stratégie nationale de transformation numérique, en cours de structuration depuis 2024, visant à moderniser l’action publique et à améliorer l’efficacité des services administratifs. Cette stratégie repose sur le déploiement d’infrastructures numériques, le renforcement des compétences et la digitalisation progressive des procédures dans l’ensemble des secteurs publics.
À terme, cette transition devrait permettre d’améliorer la transparence, de réduire les délais administratifs et de renforcer l’accès des citoyens aux services publics. Elle conforte également la position de la Tunisie dans les classements internationaux. Selon le rapport « E-Government Survey 2024 » des Nations unies, le pays se classe au premier rang en Afrique du Nord, troisième en Afrique et 87e au niveau mondial, avec un indice de développement de l’administration électronique (EGDI) de 0,6935, supérieur à la moyenne africaine. Cette performance traduit les progrès réalisés et les ambitions du pays en matière de gouvernance numérique.
Samira Njoya
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Face aux défis d’accès et de gouvernance éducative, la RDC mise sur le numérique pour réformer ses secteurs clés. L’éducation, en particulier, fait l’objet d’investissements et de projets visant à renforcer son efficacité et son intégration à l’ère du numérique.
Le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté (MINEDU‑NC) et le Fonds de développement du service universel (FDSU) ont signé jeudi 2 avril à Kinshasa un mémorandum d’entente pour renforcer l’intégration du numérique dans l’ensemble du système éducatif congolais. Cette initiative vise à moderniser la gestion des écoles, des bureaux gestionnaires et des directions provinciales, tout en facilitant la circulation sécurisée et fiable des données éducatives.
« Ce cadre de collaboration, qui prévoit l’interconnexion de l’administration centrale, des directions provinciales, des bureaux gestionnaires et des établissements scolaires, a pour objectif de faciliter la circulation de l’information, la gestion des données et d’améliorer la gestion du système éducatif à tous les niveaux », a déclaré Paterne Binene‑A‑Kadiat (photo, à droite), directeur général du FDSU.
Le mémorandum définit un écosystème éducatif intégré reposant sur cinq piliers : l’interconnexion globale des structures, l’interopérabilité des systèmes d’information, le pilotage institutionnel, la fiabilisation et traçabilité des données, et la modernisation de la gouvernance numérique. Les outils prévus incluent des plateformes numériques sécurisées, des systèmes d’information interopérables, ainsi que l’équipement numérique des établissements scolaires. Le FDSU, bras technique de l’inclusion numérique, s’engage à étendre l’accès aux technologies dans les zones rurales et périurbaines, réduisant ainsi la fracture numérique sur l’ensemble du territoire.
Cette collaboration s’inscrit dans le cadre du Plan quinquennal 2024‑2029 du ministère, qui place la transformation numérique comme levier stratégique de modernisation de l’éducation. Elle complète le programme national de formation numérique destiné à 250 000 jeunes Congolais, dont la phase opérationnelle a débuté le 12 février dernier avec la formation de 200 formateurs à Kinshasa.
L’ensemble de ces mesures vise à garantir un enseignement plus connecté, une gestion centralisée des données et une meilleure préparation des jeunes aux métiers du numérique, tout en renforçant l’efficacité et la transparence du système éducatif.
Samira Njoya
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Malgré la progression de l’accès à Internet sur le continent, les conditions d’utilisation restent très variables d’un pays à l’autre. Entre environnements ouverts et restrictions marquées, la liberté numérique continue de refléter les dynamiques politiques et socioéconomiques propres à chaque État africain.
L’accès à Internet progresse sur le continent africain, mais la liberté en ligne reste très inégale selon les pays. Un rapport publié mi-mars par la plateforme spécialisée Cloudwards montre que certains États offrent une navigation relativement ouverte, tandis que d’autres imposent de sévères restrictions, limitant l’expression et l’innovation numériques.
Intitulé « Mapped: Internet Freedom by Country in 2026 », le document évalue la liberté sur Internet sur une échelle de 0 à 100, en fonction de l’accès aux contenus politiques et civiques, de l’usage des réseaux sociaux ou encore des VPN. L’indice prend également en compte les pratiques de censure, les blocages de plateformes ainsi que les sanctions potentielles encourues par les internautes, permettant d’apprécier à la fois l’accès technique et le niveau réel de liberté d’expression en ligne.
Des niveaux de liberté numérique très contrastés, selon les pays
À l’échelle africaine, plusieurs pays affichent des niveaux relativement élevés de liberté en ligne. Le Cap-Vert (84 points) figure en tête du classement continental, aux côtés de la Côte d’Ivoire et des Seychelles, également créditées du même score. Ils sont suivis par un groupe de pays, dont le Bénin, le Niger, mais aussi la Gambie et le Liberia (76 points), qui bénéficient d’un environnement numérique globalement ouvert. Le Ghana (72 points) complète ce groupe de tête.
Un deuxième ensemble de pays, dont l’Angola, le Mozambique, la République démocratique du Congo (RDC), le Mali ou encore Maurice (68 points), présentent des niveaux intermédiaires de liberté, bien que marqués par certaines limites.
À l’inverse, d’autres pays continuent d’imposer des restrictions importantes. Le Soudan et l’Égypte (ex æquo avec12 points) figurent parmi les États les plus contraignants du continent, illustrant des limitations sévères sur les contenus en ligne et l’expression numérique.
Entre ces deux extrêmes, la majorité des pays africains se situent dans une zone intermédiaire. C’est le cas du Maroc ou de l’Afrique du Sud, mais aussi du Cameroun, de la Tunisie ou du Rwanda (56 points).
Des restrictions coûteuses
Au-delà des enjeux de gouvernance, les restrictions numériques ont également un impact économique significatif. Selon le rapport The Cost of Internet Shutdowns in 2025 publié par Top10VPN, les coupures d’Internet ont coûté environ 1,11 milliard de dollars à l’Afrique subsaharienne en 2025.
Ces chiffres traduisent une légère baisse par rapport à 2024, où les pertes étaient évaluées à 1,56 milliard de dollars. Malgré cette diminution, l’impact reste significatif, dans un contexte marqué par des interruptions fréquentes.
En 2025, plus de 24 000 heures de coupures ont été recensées, touchant environ 116 millions d’utilisateurs dans la région. Ces interruptions surviennent le plus souvent dans des contextes de tensions politiques, d’élections ou de crises sécuritaires, avec des conséquences directes sur les économies numériques et l’accès aux services essentiels.
Sur le plan mondial, les pertes liées à ces coupures sont estimées à 19,7 milliards de dollars.
Samira Njoya
Les Pays africains, selon leur score de liberté Internet (2026)
|
Pays |
Score |
|
Cap-Vert |
84 |
|
Côte d’Ivoire |
84 |
|
Seychelles |
84 |
|
Bénin |
76 |
|
Gambie |
76 |
|
Liberia |
76 |
|
Madagascar |
76 |
|
Namibie |
76 |
|
Niger |
76 |
|
Ghana |
72 |
|
Angola |
68 |
|
RD Congo |
68 |
|
Gabon |
68 |
|
Malawi |
68 |
|
Mali |
68 |
|
Maurice |
68 |
|
Mozambique |
68 |
|
Congo |
68 |
|
Sénégal |
68 |
|
Botswana |
64 |
|
République centrafricaine |
64 |
|
Guinée-Bissau |
64 |
|
Lesotho |
64 |
|
Maroc |
64 |
|
Nigeria |
64 |
|
Afrique du Sud |
64 |
|
Mauritanie |
60 |
|
Burundi |
56 |
|
Cameroun |
56 |
|
Tchad |
56 |
|
Eswatini |
56 |
|
Guinée |
56 |
|
Rwanda |
56 |
|
Tunisie |
56 |
|
Kenya |
52 |
|
Zambie |
52 |
|
Algérie |
48 |
|
Burkina Faso |
48 |
|
Djibouti |
48 |
|
Togo |
48 |
|
Zimbabwe |
48 |
|
Somalie |
44 |
|
Guinée équatoriale |
36 |
|
Ethiopie |
36 |
|
Libye |
28 |
|
Tanzanie |
28 |
|
Ouganda |
24 |
|
Egypte |
12 |
|
Soudan |
12 |
En Afrique, la gestion des déchets reste un défi majeur, avec des volumes en forte augmentation face à des systèmes de collecte submergés. L’accompagnement des jeunes pousses œuvrant dans le domaine peut transformer ces déchets en opportunités économiques et sociales.
Le Sénégal a officiellement lancé le lundi 30 mars, le projet Digital Innovation for Circular Economy (DICE) Africa, une initiative régionale visant à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) de l’économie circulaire, à travers l’innovation numérique. Egalement déployé au Nigeria, au Ghana et en Côte d’Ivoire, le programme ambitionne de lever les contraintes structurelles dans le domaine, et d’améliorer la valorisation des déchets grâce à des solutions digitales.

Piloté par le Nigeria Climate Innovation Center (NCIC) et soutenu par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada, le projet dispose d’un budget d’environ 1 million de dollars canadiens (environ 718 200 USD) pour ces quatre pays, sur 30 mois. Il combine recherche, renforcement des capacités et mobilisation de financements pour créer un écosystème durable autour de l’économie circulaire.
Selon Oluwatosin Ajide, coordinateur de DICE Africa, l’identification d'innovations locales est au cœur de l’initiative. Un hackathon sera organisé pour stimuler la créativité des talents sénégalais et concevoir des solutions numériques adaptées aux besoins des entreprises circulaires. Ces outils joueront un rôle central dans mise en œuvre d’une plateforme numérique nationale visant à faciliter les échanges et améliorer la compétitivité de ces PME.
La gestion des déchets demeure un défi majeur en Afrique. Selon la Plateforme africaine des villes propres, près de 90 % des déchets produits sur le continent sont déversés dans des décharges non contrôlées ou brûlés à ciel ouvert. Au Sénégal, la production dépasse 3 millions de tonnes par an, tandis que l’Afrique subsaharienne concentre 19 des 50 plus grandes décharges au monde et pourrait, à terme, devenir la région la plus productrice de déchets.
Samira Njoya
Edité par : Feriol Bewa
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Face aux limites d’accès au savoir et à la fragmentation des données universitaires, la RDC mise sur le numérique pour moderniser son enseignement supérieur. Une réforme qui vise à améliorer l’efficacité du système et l’inclusion des étudiants.
La République démocratique du Congo (RDC) enclenche la structuration numérique de son enseignement supérieur. Le lundi 30 mars à Kinshasa, le gouvernement a mis en service le portail numérique du secteur de l’enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations (ESURSI), intégrant la première Bibliothèque numérique nationale. La plateforme ouvre un accès unifié aux ressources pédagogiques et scientifiques pour les étudiants, enseignants et chercheurs.
Soutenue par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD), l’infrastructure s’inscrit dans une logique de réduction des inégalités d’accès au savoir, notamment entre zones urbaines et rurales.
Déjà opérationnel, le portail propose plusieurs services, parmi lesquels la gestion des parcours académiques, l’identification des étudiants, le traitement des équivalences, ainsi que des modules liés aux bourses et aux évaluations. Il pose ainsi les bases d’un système harmonisé et sécurisé à l’échelle nationale.
« Dans une approche progressive, ce portail intégrera également une plateforme nationale d’enseignement ouvert et à distance, pour démocratiser l’accès à la formation, un système d’archivage des productions scientifiques […] et des services numériques avancés pour accompagner la gestion académique », a indiqué la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo.
Au-delà de l’accès au contenu, la réforme vise à améliorer la gouvernance du système universitaire. La centralisation des données doit permettre de mieux tracer les parcours, de fiabiliser les diplômes et de réduire la dispersion des systèmes d’information. L’adhésion de la RDC à l’initiative « Gateways », portée par l’UNESCO et l’UNICEF, inscrit cette transformation dans un cadre aligné sur les standards internationaux.
Reste un défi majeur : les infrastructures numériques. Fin 2025, la RDC comptait 34,7 millions d’internautes, soit un taux de pénétration de 30,5 % selon DataReportal. Dans ce contexte, l’accès au haut débit et l’appropriation des outils numériques par les administrations et le corps académique seront déterminants. L’enjeu est désormais de passer d’un outil technique à un levier effectif de modernisation, capable de soutenir la gouvernance publique, la production scientifique et, à terme, l’écosystème numérique national.
Samira Njoya
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Face à la montée des usages numériques, le Rwanda amorce l’encadrement d’un secteur encore peu régulé. Les autorités entendent poser les bases d’un environnement plus sécurisé pour les transactions et les acteurs du marché.
Le Parlement du Rwanda a approuvé, mardi 31 mars, l’exposé des motifs du projet de loi visant à encadrer les activités liées aux actifs virtuels. Le texte ambitionne d’établir un cadre juridique clair pour ce secteur en pleine expansion, tout en conciliant protection des investisseurs et soutien à l’innovation numérique.
Today, the Chamber of Deputies approved the rationale of the draft law regulating virtual assets in Rwanda. The law aims to create a safe and clear framework for this growing sector, protecting investors while supporting innovation.
— Ministry of Finance & Economic Planning (@RwandaFinance) March 31, 2026
The draft law will now move to the commission… pic.twitter.com/HmF6Oq2AiV
Selon le document officiel, la future loi vise notamment à prévenir les risques liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, à protéger les consommateurs face à la nature spéculative des actifs numériques, ainsi qu’à garantir l’intégrité et la transparence du marché. Elle entend également préserver la stabilité financière en limitant les risques systémiques liés à l’interconnexion croissante entre actifs numériques et système financier traditionnel.
Le projet introduit par ailleurs un dispositif de régulation structuré, avec la désignation d’une autorité de supervision chargée d’encadrer les prestataires de services sur actifs virtuels, en coordination avec la Banque centrale. Il couvre aussi des activités clés telles que les plateformes d’échange, les services de conversion entre monnaies classiques et actifs numériques, ainsi que les offres publiques de cryptoactifs, désormais soumises à des obligations d’information renforcées.
Cette initiative intervient dans un contexte de montée des usages, mais aussi des risques. Les autorités rwandaises ont notamment recensé plusieurs cas de fraudes liés à de faux projets d’actifs numériques. Selon les données présentées lors des discussions parlementaires, l’Office rwandais d’investigation (RIB) a déjà enregistré 35 cas de schémas pyramidaux et d’arnaques impliquant des pseudo-cryptomonnaies, entraînant des pertes financières significatives pour les populations.
En dotant le pays d’un cadre réglementaire dédié, les autorités entendent sécuriser les pratiques, renforcer la confiance dans les services financiers numériques et positionner le Rwanda sur le marché émergent des actifs numériques en Afrique. Le projet de loi sera désormais transmis à la commission compétente pour un examen approfondi, avant son éventuelle adoption.
Samira Njoya
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Dans un contexte où l’Afrique aiguise l’appétit des pays européens sur le terrain du numérique, le Sénégal se positionne comme un partenaire de plus en plus courtisé. Le pays commence à explorer de nouvelles formes de coopération avec des acteurs déjà actifs sur le continent.
Jeudi 26 mars, le ministre sénégalais de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall (photo), a reçu une délégation finlandaise conduite par Outi Holopainen, sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères, lors de la deuxième session des consultations politiques avec la Finlande.
Concrètement, les deux délégations ont passé en revue les chantiers numériques tels que les infrastructures, la mise en place d’un data center compatible avec l’intelligence artificielle (IA), la connectivité des services publics, les câbles sous-marins, ainsi que deux sujets devenus incontournables : la désinformation et l’éducation des citoyens aux médias.
Ce rapprochement avec Helsinki illustre la volonté de Dakar d’élargir son réseau de partenaires technologiques. Avec le lancement opérationnel du New Deal technologique, le pays a besoin de diversifier ses partenaires pour atteindre, dans les délais fixés par les autorités, ses objectifs en matière de transformation numérique.
Ces derniers mois, Dakar s’est rapproché de plusieurs entreprises technologiques, telles que l’Américain Visa ou le Chinois Huawei, ainsi que de différentes organisations internationales, comme l’Union internationale des télécommunications ou la Banque mondiale, pour soutenir ses projets numériques et technologiques.
La Finlande, de son côté, s’inscrit dans la dynamique européenne Global Gateway. Il s’agit d’une stratégie de l’Union européenne, mise en place en 2021, visant à développer des liens intelligents, fiables et sûrs avec le reste du monde dans plusieurs domaines, dont le numérique. L’initiative vise à mobiliser jusqu’à 300 milliards d’euros (345 milliards $) d’investissements pour atteindre ces objectifs.
Toutefois, le Sénégal et la Finlande n’ont pas encore signé d’accord officiel.
Adoni Conrad Quenum
Éditée par M.F. Vahid Codjia
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Comme de nombreux pays africains, la Somalie fait de la cybersécurité un enjeu clé pour sécuriser ses services publics numériques. Les autorités avaient mis en place, début mars, une équipe pour conseiller les administrations et coordonner la gestion des incidents de sécurité en ligne.
Le gouvernement somalien a annoncé, dimanche 29 mars, le lancement d’un programme de formation spécialisé en cybersécurité à destination des professionnels des TIC des institutions publiques. Sanctionnée par des certifications reconnues à l’international, l’initiative vise à renforcer leur capacité à protéger les données nationales et à faire face aux risques croissants de cybermenaces.
𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 𝐂𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐀𝐮𝐭𝐡𝐨𝐫𝐢𝐭𝐲 𝐋𝐚𝐮𝐧𝐜𝐡𝐞𝐬 𝐂𝐲𝐛𝐞𝐫𝐬𝐞𝐜𝐮𝐫𝐢𝐭𝐲 𝐂𝐞𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐓𝐫𝐚𝐢𝐧𝐢𝐧𝐠 𝐏𝐫𝐨𝐠𝐫𝐚𝐦 𝐟𝐨𝐫 𝐆𝐨𝐯𝐞𝐫𝐧𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐎𝐟𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐬
— NCA Somalia (@SomaliaNCA) March 29, 2026
Mogadishu, Somalia – March 29, 2026 — The Director General of… pic.twitter.com/XQSltPWK9x
Des modules complets et internationaux
La formation est supervisée par l’Autorité nationale des communications (NCA) en partenariat avec le Groupe de la Banque mondiale. Elle couvre un ensemble de modules allant des bases aux niveaux avancés de la cybersécurité, incluant la protection des systèmes informatiques, la gestion et la réponse aux incidents, la sécurisation des données dans le cloud, ainsi que la mise en place et l’audit de politiques de sécurité au sein des organisations. Elle aborde également les bonnes pratiques de gestion des risques et de gouvernance de la sécurité des systèmes d’information. Ces cours seront dispensés à Mogadiscio via des plateformes en ligne, ainsi qu’à Nairobi, au Kenya, entre le 28 mars et le 8 mai.
« Ce programme de formation s’inscrit dans les efforts de l’Autorité pour renforcer la protection de l’infrastructure numérique de la Somalie, sécuriser les données nationales et répondre à l’augmentation des risques liés aux cybermenaces. Il contribuera également à renforcer les capacités du personnel public à protéger efficacement les systèmes et services numériques nationaux », a déclaré Mustafa Yasin Sheikh, directeur général de la NCA.
L’initiative intervient dans une dynamique où les autorités somaliennes intensifient leurs efforts pour renforcer la sécurité du cyberespace national face aux menaces croissantes. Le samedi 7 mars, le pays a lancé l’équipe nationale de réponse aux incidents (SOMCIRT), prévue par la Loi sur la cybersécurité, validée par le Parlement en janvier 2026. En août 2025, il avait approuvé le projet de loi sur la cybercriminalité. Par ailleurs, la loi sur la protection des données, entrée en vigueur en mars 2023, a donné lieu à la création de l’Agence de protection des données (ADP), chargée d’en assurer l’application.
Renforcement du cadre légal et de la coopération internationale
La Somalie intensifie également sa coopération internationale afin de bénéficier d’expertises extérieures. Elle a signé, le mardi 10 février, un protocole d’accord avec la Turquie couvrant plusieurs domaines du numérique, dont la cybersécurité. Le pays s’est aussi rapproché de la Malaisie, du Nigeria et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), entre autres partenaires. Le pays de la Corne de l’Afrique est par ailleurs signataire de la Convention de Malabo, qui vise à renforcer le cadre juridique africain en matière de cybersécurité, de protection des données et de lutte contre la cybercriminalité.
Pour rappel, la cybersécurité est considérée comme une condition sine qua non pour les États qui veulent profiter pleinement des opportunités qu’offrent les TIC par l’Union internationale des télécommunications (UIT). Dans son « Global Cybersecurity Index 2024 » l’organisation a classé la Somalie au quatrième palier (Tier 4) sur 5. Le pays a enregistré un score global de 37,39 sur 100 et doit intensifier ses efforts, notamment en matière de mesures techniques, légales et de développement des capacités.
Isaac K. Kassouwi
Éditée par M.F. Vahid Codjia
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Depuis son lancement en 2011, le POESAM a déjà accompagné de nombreux entrepreneurs en Afrique et au Moyen-Orient. Cette année, le concours met l’accent sur les projets intégrant l’IA, la data et la cybersécurité, pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux actuels.
Orange a annoncé, le lundi 30 mars , l’ouverture des candidatures pour la 16ᵉ édition du Prix Orange de l’Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen-Orient (POESAM). Les jeunes entrepreneurs issus des 17 pays où est présent le groupe télécoms, ont jusqu’au 10 mai pour soumettre leurs projets sur la plateforme dédiée.
Pour cette édition, l’initiative met en avant des projets s’appuyant sur des technologies comme l’intelligence artificielle, le big data ou la cybersécurité. Les solutions développées dans des secteurs tels que l’agriculture, la santé, l’éducation ou l’environnement sont particulièrement ciblées, dans un contexte où ces domaines concentrent une part importante des besoins d'innovation en Afrique.
Le concours s’articule en deux phases. Une première sélection est organisée au niveau national, permettant de désigner les meilleurs projets dans chaque pays. Les candidats retenus accèdent ensuite à une phase internationale au cours de laquelle sont attribués le Grand Prix, ainsi qu’un Prix dédié à l’entrepreneuriat féminin.
Les lauréats bénéficieront d’un appui financier, avec des récompenses allant de 10 000 à 25 000 euros pour les trois premiers prix, et de 20 000 euros pour le Prix international de la femme. Au-delà de ces dotations, le programme prévoit aussi un accompagnement à travers les dispositifs du groupe Orange, notamment en matière de mise en réseau et d’accès à des opportunités de développement.
Lancé il y a plusieurs années, le POESAM a déjà enregistré plus de 17 000 candidatures et permis de distinguer de nombreuses start-up dans la région. Il s’inscrit dans une dynamique plus large de soutien à l’innovation portée par les grands groupes télécoms en Afrique et au Moyen-Orient, dans un contexte de montée en puissance des écosystèmes technologiques.
Les entrepreneurs intéressés peuvent soumettre leur candidature en ligne via la plateforme dédiée : https://POESAM.Orange.com/.
Samira Njoya
Edité par : Feriol Bewa
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Orange Summer Challenge : l’édition internationale 2025 révèle ses lauréats
Face à une demande électrique en hausse et aux exigences de la transition énergétique, la Tunisie accélère la modernisation de ses infrastructures électriques. Dans ce contexte, les réseaux intelligents apparaissent comme un levier stratégique pour renforcer la performance du système électrique national.
La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a mis en service, dans la région de Moknine, de nouvelles solutions technologiques avancées au sein de son réseau de distribution. Ce déploiement s’inscrit dans un programme pilote global d’un montant de 15 millions de dinars (environ 5 millions de dollars), entièrement financé par le gouvernement américain, destiné à moderniser des infrastructures électriques jugées critiques.
🇺🇸🤝🇹🇳 Ambassador Bazzi joined Governor of Sousse Sofiane Tanfouri and CEO of STEG Faycel Trifa in the transfer of the U.S.-funded Smart Grid pilot project to #STEG ⚡🔌
— U.S. Embassy Tunis (@usembassytunis) March 27, 2026
This project features advanced technology from American companies and subsidiaries including Schweitzer…
« Ce projet s’inscrit pleinement dans la vision stratégique de la STEG visant à moderniser le réseau électrique national et à accompagner la transition énergétique de la Tunisie à travers le déploiement de technologies Smart Grid », a déclaré le PDG de la STEG, Faycel Tarifa.
L’innovation majeure de ce site réside dans l’installation du système FLISR (localisation, isolement des défauts et réalimentation du réseau). Déployée en partenariat avec les entreprises américaines E3-International, Schweitzer Engineering Laboratories et G&W Electric, cette technologie permet de détecter rapidement les pannes et de rétablir automatiquement l’alimentation électrique, réduisant ainsi les délais d’intervention humaine. Pour piloter ces équipements, une infrastructure de communication privée LTE (pLTE) a été mise en place par Nokia, offrant une supervision en temps réel de l’ensemble du réseau de distribution.
Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large de développement des réseaux intelligents (Smart Grid), visant à transformer le système électrique en un réseau connecté et capable d’optimiser l’ensemble de la chaîne énergétique, de la production jusqu’au consommateur final, grâce à l’analyse des données en temps réel. Mis en œuvre entre 2020 et 2026, il combine études techniques, transfert de compétences et déploiement de technologies avancées, avec l’objectif de tester un modèle susceptible d’être généralisé à l’échelle nationale.
Dans un pays où la capacité installée atteint environ 5 944 MW répartis sur 25 centrales, la STEG assure près de 96 % de la production électrique nationale. Dans ce contexte, le programme Smart Grid vise notamment à réduire les pertes d’énergie, à optimiser la courbe de charge et à faciliter l’intégration des énergies renouvelables, dont la part devrait atteindre 35 % du mix électrique à l’horizon 2030.
Pour la STEG, l’enjeu est double : optimiser la performance opérationnelle pour limiter les pertes d’énergie et accompagner la transition énergétique grâce à une gestion plus fine de la demande. À terme, ces technologies devraient également améliorer la relation avec les usagers, notamment à travers le déploiement de compteurs intelligents permettant un suivi plus précis de la consommation et une facturation basée sur les usages réels.
Samira Njoya
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Dans un contexte de transformation numérique, la gestion de l’identité devient un enjeu stratégique pour les États. Le Niger mise sur la biométrie pour renforcer la sécurité des documents officiels, améliorer les services administratifs et soutenir sa souveraineté numérique.
Le président du Niger, Abdourahamane Tiani, a officiellement lancé, vendredi 27 mars à Niamey, le processus d’établissement de la carte nationale d’identité biométrique de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’initiative marque une étape dans la modernisation des systèmes d’identification et dans le renforcement de la souveraineté numérique du pays.
La carte repose sur un système d’identification biométrique sécurisé, fondé sur la collecte et l’intégration de données personnelles uniques, notamment les empreintes digitales, la photographie faciale numérique et une signature électronique conforme aux standards internationaux. D’après les autorités, ces informations, stockées dans des bases centralisées et sécurisées, doivent permettre d’identifier de manière fiable les citoyens, de réduire les risques d’usurpation d’identité et de faciliter l’accès aux services publics, tout en garantissant l’authenticité des documents délivrés.
Au-delà du document physique, le programme vise à doter le pays d’une infrastructure de données de pointe. Il prévoit notamment la mise en place d’un centre de données moderne et de systèmes sécurisés permettant une gestion centralisée et fiable des ressources nationales. Cette architecture vise également à garantir la souveraineté des données et à améliorer la fiabilité des échanges entre les différentes administrations.
Le projet s’inscrit dans une dynamique amorcée fin 2025, avec son adoption en Conseil des ministres le 26 décembre. Il s’intègre dans la stratégie de transformation numérique portée par l’Alliance des États du Sahel, qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso, et vise à doter ces pays d’infrastructures numériques souveraines. Au-delà de l’équipement technologique, les autorités entendent également développer des compétences locales à travers des programmes de formation, afin d’assurer la pérennité du système et de réduire la dépendance aux solutions extérieures.
Un comité de suivi a été institué pour superviser la production des cartes biométriques et des passeports électroniques (e-passeports), ces derniers étant déjà en phase de finalisation. Le projet bénéficie par ailleurs de l’expertise technique de la société Al Itisal Aljadeed, spécialisée dans les technologies de réseau, les centres de données et les solutions d’identification biométrique.
Samira Njoya
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