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La digitalisation des services judiciaires change progressivement la manière dont les citoyens accèdent au droit au Burkina Faso. Mais cette évolution reste freinée par une fracture numérique persistante entre zones urbaines et rurales.

Le Burkina Faso poursuit la modernisation de son système judiciaire à travers le numérique. Les plateformes déployées par le ministère de la Justice ont permis la délivrance de plus de 600 000 casiers judiciaires et près de 70 000 certificats de nationalité, illustrant l’accélération de la dématérialisation des services destinés aux citoyens. Ces chiffres ont été dévoilés à l’occasion du Forum national sur la digitalisation de la justice, organisé du mardi 2 au mercredi 3 juin à Ouagadougou.

Ces résultats témoignent des progrès enregistrés ces dernières années dans la mise en ligne de certaines procédures administratives. Outre les plateformes dédiées au casier judiciaire et au certificat de nationalité, le pays a lancé en février dernier un service numérique consacré aux actes dérivés du Registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM), qui a déjà permis la délivrance d’environ 2000 documents. Les autorités ont également mis en place un système permettant le dépôt et le suivi en ligne des plaintes pénales.

Cependant, l’accès aux services judiciaires numériques demeure confronté à un obstacle majeur : la fracture numérique. Selon les données présentées lors du Forum national sur la digitalisation de la justice, le taux d’accès à Internet atteint environ 72 % dans les zones urbaines, contre seulement 27 % dans les zones rurales. Une situation qui reflète les inégalités d’accès aux technologies numériques dans le pays. Selon des données de la Banque mondiale en 2024, seulement 37,24 % des habitants disposaient d’un smartphone. D’après DataReportal, le pays comptait 5,42 millions d'internautes à la fin de 2025.

Cette fracture numérique constitue un enjeu majeur pour les ambitions de transformation de l’administration. Si les services en ligne permettent de réduire les délais de traitement et les déplacements des usagers, leur impact reste limité tant qu’une part importante de la population demeure privée des équipements ou de la connectivité nécessaires pour y accéder.

Les autorités réfléchissent également à d’autres mesures d’accompagnement. Parmi les pistes évoquées figurent l’intégration des langues nationales dans les plateformes numériques, le développement de solutions adaptées aux personnes peu alphabétisées ainsi que l’extension des infrastructures de connectivité dans les zones rurales.

Ces mesures s’ajoutent à d’autres initiatives déjà en cours, notamment le déploiement d’infrastructures télécoms dans les zones blanches et les cases numériques qui serviront de relais pour permettre aux populations d’accéder à Internet et à divers services publics dématérialisés.

Samira Njoya

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Posted On mercredi, 03 juin 2026 10:40 Written by

Face à la montée en puissance des besoins numériques dans les administrations et les entreprises, le Gabon mise sur la formation de profils spécialisés pour limiter sa dépendance aux expertises étrangères.

L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) et l’Institut national de la poste, des technologies de l’information et de la communication (INPTIC) ont signé, le lundi 1er juin à Libreville, une « convention de subvention » de 5 milliards FCFA (8,9 millions $) destinée à moderniser la formation aux métiers du numérique. L’accord a été conclu en présence du ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark Alexandre Doumba, et du ministre de l’Enseignement supérieur, Charles Edgar Mombo.

Prévu pour une durée de deux ans renouvelables, le partenariat prévoit de réhabiliter les infrastructures pédagogiques de l’établissement, d’acquérir de nouveaux équipements technologiques et de développer des laboratoires spécialisés. Les fonds serviront également à ouvrir ou consolider plusieurs filières dans des domaines jugés stratégiques tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la data, le cloud computing, les réseaux et télécommunications ou encore l’entrepreneuriat numérique.

À travers ce projet, les autorités souhaitent aligner l’offre de formation sur les besoins économiques. Selon les responsables, l’accord prévoit une refonte des mécanismes de pilotage de l’INPTIC ainsi qu’un accès aux données et aux analyses sectorielles de l’ARCEP afin d’anticiper l’évolution des métiers et des compétences recherchées par les entreprises.

Cet investissement s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de digitalisation et plus particulièrement de son volet consacré au développement du capital humain. Les autorités considèrent désormais la disponibilité de compétences locales comme une condition essentielle pour accompagner la transformation numérique de l’administration, des entreprises et des services publics.

Le défi est d’autant plus important que les besoins en experts du numérique progressent rapidement à travers l’Afrique. Selon la Société financière internationale (IFC), près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Les profils spécialisés en cybersécurité, intelligence artificielle, gestion des données ou cloud computing figurent parmi les plus recherchés par les organisations publiques et privées.

En renforçant les capacités de l’INPTIC, Libreville ambitionne de réduire sa dépendance aux expertises extérieures et de positionner l’établissement comme un pôle régional de référence pour la formation aux métiers du numérique en Afrique centrale.

Samira Njoya 

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 03 juin 2026 09:56 Written by

Alors que les outils d’IA capables de créer des images et vidéos hyperréalistes se démocratisent, le Bénin alerte contre les risques d’usurpation d’identité, de manipulation et d’atteinte à la réputation. Les contrevenants s’exposent à de lourdes sanctions prévues par le Code du numérique.

Le Centre national d’investigations numériques (CNIN) du Bénin a rappelé, vendredi 29 mai, les sanctions encourues en cas d’utilisation de l’intelligence artificielle pour modifier, générer ou diffuser l’image d’une personne sans son autorisation. Selon l’institution, ces pratiques constituent une atteinte au droit à l’image et sont passibles de poursuites sur la base de l’article 576 du Code du numérique. Les contrevenants s’exposent à une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement et à une amende de 25 millions FCFA (environ 44 400 $). 

Cette mise en garde intervient dans un contexte de démocratisation rapide des outils d’intelligence artificielle générative capables de produire des images, des vidéos ou des contenus audiovisuels de plus en plus réalistes. Les technologies dites de deepfake permettent notamment de remplacer le visage d’une personne, de modifier ses propos ou de créer de fausses scènes susceptibles d’être utilisées à des fins de manipulation, de diffamation, d’escroquerie ou d’atteinte à la réputation. Des chercheurs alertent depuis plusieurs années sur la difficulté croissante à distinguer les contenus authentiques des contenus générés artificiellement.

Une menace croissante pour les autorités

Le rappel du CNIN s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement de la lutte contre la cybercriminalité au Bénin. Selon les chiffres communiqués par le procureur spécial de la CRIET en octobre 2024, les procédures liées à la cybercriminalité sont passées de 347 en 2022 à 415 en 2023, puis à 576 dossiers enregistrés au 17 septembre 2024.

Les autorités béninoises ont également multiplié les opérations contre les réseaux d’arnaques en ligne et les usurpations d’identité sur les réseaux sociaux. En 2024, le CNIN avait notamment annoncé la désactivation d’environ 600 faux comptes utilisés dans des escroqueries sentimentales ou des arnaques liées au maraboutage.

Des enjeux qui dépassent les deepfakes

Au‑delà de la question du droit à l’image, les deepfakes s’inscrivent dans un ensemble plus vaste de cybermenaces qui préoccupent de plus en plus les gouvernements africains. Selon Interpol, les escroqueries en ligne, les fraudes numériques, les rançongiciels et les usurpations d’identité figurent parmi les principales menaces recensées sur le continent. Entre 2019 et 2025, les pertes financières liées à la cybercriminalité en Afrique sont estimées à plus de 3 milliards de dollars.

Dans ce contexte, les autorités béninoises cherchent à prévenir l’utilisation abusive des nouveaux outils d’intelligence artificielle avant qu’ils ne deviennent un vecteur supplémentaire de fraude et de désinformation. Pour les régulateurs, l’enjeu consiste désormais à trouver un équilibre entre l’essor des technologies d’IA générative et la protection des droits des citoyens dans l’espace numérique.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 02 juin 2026 09:13 Written by

Entre ambitions de souveraineté numérique et besoin urgent de compétences, la Côte d’Ivoire place l’IA au cœur de sa stratégie de développement. Le pays entend accélérer la formation de talents et structurer un écosystème technologique capable d’accompagner sa transformation économique.

La Côte d’Ivoire prévoit de créer une université publique dédiée à l’intelligence artificielle (IA) dans le cadre de son Plan national de développement (PND) 2026‑2030, présenté récemment par le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba (photo). L’initiative vise à aligner le système éducatif sur les besoins d’une économie de plus en plus fondée sur la donnée, l’automatisation et les technologies émergentes.

Cette future université s’intègre à un programme plus large de renforcement de l’enseignement supérieur. Les autorités ivoiriennes prévoient en effet la construction de nouveaux établissements à Abengourou, Daoukro et Dabou, ainsi que la création de plusieurs instituts universitaires de technologie. L’objectif est double : accroître les capacités d’accueil et orienter davantage les formations vers les secteurs jugés prioritaires pour la croissance, notamment le numérique, l’agro‑industrie, les mines, la santé et les services.

Au‑delà de l’expansion du système universitaire, cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’intelligence artificielle à l’horizon 2030. Ce cadre, lancé par les autorités l’année dernière, ambitionne de positionner l’IA comme un levier de souveraineté numérique et de compétitivité économique. Il prévoit notamment la création de centres d’excellence dédiés à l’IA au sein des universités et institutions techniques, chargés de la formation avancée, de la recherche appliquée et de l’innovation.

Les curricula envisagés couvriront plusieurs domaines clés, dont la science des données, l’apprentissage automatique, le traitement du langage naturel, la vision par ordinateur et les systèmes intelligents. L’enjeu est de structurer une offre de compétences adaptée aux besoins du marché, dans un contexte où la demande en profils spécialisés reste largement supérieure à l’offre disponible.

Le PND 2026‑2030, doté d’un budget de plus de 114 800 milliards de francs CFA (environ 204 milliards USD), prévoit également des investissements majeurs dans les infrastructures numériques. Ceux‑ci portent notamment sur l’extension de la fibre optique, le développement de centres de données et le déploiement de solutions technologiques résilientes, en parallèle à la numérisation progressive de l’administration publique.

Dans ce dispositif, l’université dédiée à l’intelligence artificielle apparaît comme un maillon structurant d’un écosystème en construction. Elle devrait contribuer à rapprocher davantage la formation académique du secteur productif, tout en renforçant les capacités de recherche et l’émergence de solutions technologiques locales.

Samira Njoya

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Posted On mardi, 02 juin 2026 02:16 Written by

Longtemps freiné par le déficit d’infrastructures et la faible numérisation de ses services publics, le Tchad multiplie les démarches pour attirer des partenaires technologiques internationaux. Une mission menée aux États‑Unis illustre cette volonté.

Le Tchad intensifie ses démarches pour nouer des partenariats avec les grandes entreprises technologiques mondiales. En mission à Washington du samedi 23 au dimanche 31 mai, une délégation gouvernementale conduite par le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation, Haliki Choua Mahamat, a mené de nombreux échanges avec plusieurs acteurs américains du numérique, des infrastructures et de la santé connectée. L’objectif est de mobiliser des expertises et des investissements capables d’accélérer la transformation numérique du pays.

Au cours de cette mission, les autorités tchadiennes ont rencontré des représentants du Département d’État américain, du Département du Commerce ainsi que plusieurs entreprises technologiques de premier plan, parmi lesquelles InterSystems, Starlink, Cybastion, Vertiv et 19Labs. Les discussions ont porté sur plusieurs projets structurants liés à l’amélioration de la connectivité, à la modernisation des infrastructures numériques, à la cybersécurité, à la numérisation des services publics et au développement de la santé numérique.

L’un des dossiers les plus sensibles a concerné les services satellitaires de Starlink. Face aux responsables de l’entreprise de SpaceX, les autorités tchadiennes ont soulevé la question de la qualité du service fourni au Tchad ainsi que celle des tarifs pratiqués, jugés supérieurs à ceux pratiqués sur d’autres marchés africains. Pour N’Djamena, l’amélioration de l’accès à Internet reste un enjeu crucial dans un pays où les infrastructures télécoms demeurent insuffisantes pour répondre à la demande croissante des administrations, des entreprises et des particuliers.

Cette offensive diplomatique intervient alors que le gouvernement tchadien cherche à faire du numérique l’un des leviers de diversification économique du pays. Malgré des progrès enregistrés ces dernières années, le Tchad figure encore parmi les pays les moins avancés du continent en matière de connectivité et de développement numérique. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), le taux de pénétration d’Internet demeure inférieur à la moyenne africaine, tandis que l’accès aux services numériques reste particulièrement limité dans les zones rurales.

Les autorités misent également sur le numérique pour moderniser le système de santé. Les échanges avec plusieurs institutions américaines spécialisées ont notamment porté sur la numérisation des cinq centres hospitaliers universitaires du pays, des 23 hôpitaux régionaux et de plus de 1000 centres de santé. L’ambition est d’améliorer la gestion des données médicales, le suivi des patients et l’accès aux soins grâce aux technologies numériques.

Au‑delà des infrastructures, le gouvernement tchadien cherche aussi à renforcer les compétences locales. Les discussions engagées avec les partenaires américains incluent des programmes de formation et de transfert de technologies destinés à développer un vivier national de compétences dans les domaines du numérique, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité. Un enjeu crucial pour un pays qui souhaite réduire sa dépendance technologique et bâtir un écosystème numérique capable de soutenir sa stratégie de modernisation économique.

Avec cette mission de prospection, le Tchad cherche ainsi à se positionner sur la carte des partenariats technologiques internationaux. Reste désormais à transformer les discussions engagées à Washington en projets concrets capables d’améliorer durablement la connectivité, les services publics et la compétitivité de l’économie nationale.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 01 juin 2026 06:49 Written by

Face aux fraudes, aux pertes financières et aux pannes qui fragilisent son réseau électrique, le Cameroun doit impérativement moderniser son système. L’adoption de compteurs intelligents s’impose comme une nécessité pour sécuriser les revenus, fiabiliser la facturation et stabiliser l’offre.

Le ministère camerounais de l’Eau et de l’Énergie (MINEE) a annoncé, le mercredi 27 mai, le lancement du déploiement de 20 000 compteurs intelligents. Ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme de réformes du secteur de l’électricité (PRSEC‑PforR) et soutenu par la Banque mondiale. Il vise à améliorer le suivi des consommations, réduire les pertes techniques et renforcer la fiabilité de la facturation.

Le dispositif repose sur une infrastructure de comptage avancée (Advanced Metering Infrastructure – AMI), capable de transmettre automatiquement les données de consommation électrique. Selon le MINEE, cette technologie permettra un suivi en temps réel des usages énergétiques et une meilleure détection des anomalies, des fraudes et des pertes non techniques qui pèsent sur les finances du secteur.

Le projet est piloté par l’Unité de coordination du programme sous la tutelle du MINEE, en collaboration avec la Société camerounaise d’électricité (Socadel, ex‑Eneo). Après les tests techniques réalisés entre janvier et février 2026, les équipements ont été réceptionnés en avril, ouvrant la voie au déploiement progressif des compteurs. Un centre de données est également en cours d’installation à Douala afin de centraliser et sécuriser les informations issues des compteurs intelligents.

Cette initiative s’inscrit dans le Plan de redressement du secteur de l’électricité (PRSEC) déployé sur la période 2024‑2026, évalué à près de 400 milliards FCFA (710 millions $). Le programme bénéficie notamment d’un financement de 180 milliards FCFA de la Banque mondiale et de 48 milliards FCFA de la Banque africaine de développement.

Au‑delà des compteurs intelligents, le PRSEC prévoit plusieurs chantiers destinés à améliorer la qualité du service électrique, parmi lesquels l’extension du réseau, le renforcement des postes de transformation, le remplacement de plus de 50 000 poteaux en bois et la migration progressive de 1,5 million de compteurs postpayés vers des compteurs prépayés.

Pour les pouvoirs publics, la numérisation du comptage constitue donc un levier stratégique afin d’améliorer la gouvernance énergétique, sécuriser les revenus des opérateurs et accompagner la hausse de la demande électrique liée à la croissance urbaine et industrielle du pays.

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 29 mai 2026 09:03 Written by

Alors que les transferts de la diaspora représentent des milliards de dollars chaque année vers l’Afrique centrale, une fintech congolaise s’ouvre à l’international via une solution numérique de paiement. L’objectif est de rendre les envois d’argent plus rapides, plus accessibles et moins coûteux pour les utilisateurs.

La fintech panafricaine DigiPay Group et la société européenne de technologie financière Belmoney ont annoncé le jeudi 28 mai le lancement de DigiTransfer, une application mobile destinée aux transferts d’argent depuis la France et la Belgique vers la République du Congo et la République démocratique du Congo (RDC).

Disponible sur Android et iOS, la plateforme permet d’envoyer des fonds directement vers des portefeuilles mobiles et des comptes bancaires. Les deux partenaires indiquent que les transactions sont exécutées en quelques minutes grâce aux réseaux Visa et Mastercard et au cadre réglementaire européen de la société Belmoney, agréée comme établissement de paiement par la Banque nationale de Belgique.

Cette initiative intervient dans un contexte de forte croissance des flux financiers de la diaspora africaine. Selon les données de la Banque mondiale, les transferts de fonds vers la RDC dépassent 3,2 milliards USD par an. Mais ces opérations restent parmi les plus coûteuses au monde pour les utilisateurs africains. D’après le Migration Data Portal, le coût moyen des transferts vers l’Afrique subsaharienne s’élève encore à près de 8 %, bien au‑dessus de l’objectif de 3 % fixé par les Nations unies dans les Objectifs de développement durable.

Les fintechs misent désormais sur les infrastructures numériques et les portefeuilles mobiles pour réduire ces coûts et accélérer les paiements transfrontaliers. En Afrique centrale, où le taux de bancarisation demeure relativement faible, les services de mobile money connaissent une progression rapide et deviennent progressivement un canal privilégié pour les transferts de la diaspora. DigiPay affirme avoir déjà traité plus de 4,2 millions de transactions depuis 2020 à travers ses différentes solutions de paiement.

Pour Belmoney, ce partenariat illustre également la montée en puissance du modèle « Remittance‑as‑a‑Service » (RaaS), qui permet à des fintechs ou opérateurs locaux de lancer rapidement des services de transfert internationaux en s’appuyant sur une infrastructure réglementaire déjà existante. Les deux entreprises prévoient d’étendre progressivement ce corridor de paiement à d’autres pays européens afin de capter une part croissante du marché des transferts vers l’Afrique.

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 28 mai 2026 13:09 Written by

Alors que la Côte d’Ivoire accélère le déploiement de sa stratégie nationale de l’intelligence artificielle et de la gouvernance des données, le gouvernement entend renforcer son administration numérique. Dans ce contexte, le recours à une expertise de premier plan s’avère indispensable.

Le ministère ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation a lancé le mardi 26 mai un appel à candidatures pour le recrutement de six cadres expérimentés pour renforcer la mise en œuvre des projets numériques de l’État. Les postes ouverts concernent trois conseillers techniques spécialisés en innovation et IA, cybersécurité et confiance numérique, ainsi qu’en affaires juridiques, régulation et économie du numérique. Le ministère recrute également un Directeur des Systèmes d’Information (DSI), un Directeur de la Transformation Digitale de l’Administration et un Directeur du Développement des Infrastructures Numériques et des Postes.

Selon les fiches de poste publiées par le ministère, les conseillers techniques auront pour mission d’assister le ministre et le directeur de cabinet dans leurs domaines d’expertise respectifs. Ils seront notamment chargés d’apporter un appui technique et stratégique à la prise de décision, d’évaluer les dossiers soumis au cabinet ministériel et de contribuer à l’élaboration des orientations du département dans les domaines du numérique, de l’IA, de la cybersécurité ou encore du droit du numérique.

Le futur Directeur des Systèmes d’Information sera chargé de définir et piloter les schémas directeurs des systèmes d’information du ministère afin d’accompagner la modernisation de l’administration et la transformation digitale, ainsi que la sécurisation des données publiques. De son côté, le Directeur de la Transformation Digitale de l’Administration devra coordonner les projets de digitalisation des services publics et assurer leur cohérence avec les orientations gouvernementales.

Enfin, le futur Directeur du Développement des Infrastructures Numériques et des Postes sera chargé de concevoir et mettre en œuvre les politiques de développement des infrastructures numériques et postales, avec pour objectif d’améliorer l’accessibilité et la qualité des services télécoms et TIC sur l’ensemble du territoire national.

Les candidatures doivent être transmises via l’adresse électronique officielle du ministère : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 28 mai 2026 10:16 Written by

Face à la hausse du trafic passagers, le Ghana investit dans la modernisation de ses contrôles aéroportuaires. Le pays déploie de nouvelles technologies de sécurité et les services frontaliers afin de réduire les délais et soutenir son ambition de hub régional en Afrique de l’Ouest.

Le Ghana accélère la modernisation de ses infrastructures aéroportuaires avec le déploiement de scanners de sécurité 3D avancés dans les terminaux 2 et 3 de l’aéroport international Kotoka d’Accra. L’annonce a été faite le lundi 25 mai par le président John Dramani Mahama lors de la cérémonie de lancement de la nouvelle plateforme nationale d’e‑visa. Les nouvelles technologies visent à réduire les files d’attente et les délais de traitement dans les terminaux.

Le gouvernement ghanéen prévoit également l’installation, à partir d’août 2026, de nouveaux équipements qui permettront aux voyageurs de garder ordinateurs portables, liquides et appareils électroniques dans leurs bagages lors des contrôles de sûreté. Les passagers n’auront également plus à retirer leurs chaussures et leurs ceintures pendant les inspections.

Selon les autorités, ces réformes s’inscrivent dans un programme plus large de modernisation des procédures aéroportuaires, intégrant des systèmes d’information avancée sur les passagers (API) et des outils d’analyse des données voyageurs (PNR) afin d’améliorer les contrôles basés sur le renseignement tout en fluidifiant les déplacements. Accra a aussi confirmé la gratuité des visas électroniques pour plusieurs voyageurs africains et l’extension prochaine du système numérique aux permis de travail et de résidence.

Ces investissements interviennent dans un contexte de forte progression du trafic aérien au Ghana. Selon les chiffres communiqués par les autorités aéroportuaires, le nombre de passagers est passé de 1,8 million en 2022 à 2,5 millions en 2025, soit une hausse d’environ 39 % en trois ans dans cet aéroport. Cette croissance exerce une pression accrue sur les infrastructures existantes, notamment aux heures de pointe où les congestions affectent l’enregistrement, l’immigration, les contrôles de sécurité et la gestion des bagages. Pour accompagner cette montée en charge, le pays prévoit également l’extension de la piste de l’aéroport de Kumasi, la construction d’une nouvelle tour de contrôle à Accra et le développement de nouveaux aéroports régionaux.

Le Ghana rejoint ainsi plusieurs pays africains qui investissent massivement dans les infrastructures aéroportuaires intelligentes et la numérisation des services frontaliers. Le Maroc, le Rwanda, l’Éthiopie ou encore le Kenya ont multiplié ces dernières années les projets liés aux contrôles biométriques, aux plateformes numériques de voyage et aux technologies destinées à fluidifier les flux de passagers. Dans un contexte de concurrence croissante entre hubs régionaux africains, la qualité de l’expérience aéroportuaire devient progressivement un critère stratégique pour attirer compagnies aériennes, investisseurs, touristes et événements internationaux.

Pour Accra, l’enjeu dépasse la seule modernisation technologique. Les autorités veulent renforcer le positionnement du Ghana comme porte d’entrée régionale pour l’Afrique de l’Ouest et soutenir l’attractivité du pays auprès des entreprises internationales. La simplification des formalités migratoires, l’amélioration des infrastructures et la numérisation des services publics sont également perçues comme des leviers pour accompagner la montée en puissance des échanges commerciaux continentaux dans le cadre de la Zone de libre‑échange continentale africaine (ZLECAf).

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 28 mai 2026 10:13 Written by

Tiré par l’essor du mobile gaming et la montée en puissance des compétitions eSport, le marché marocain du jeu vidéo attire de plus en plus les acteurs technologiques. Orange veut se positionner comme un partenaire clé de cette industrie à travers des initiatives dédiées aux talents et aux communautés.

En marge du Morocco Gaming Expo 2026, organisé du mercredi 20 au dimanche 24 mai à Rabat, Orange Maroc a annoncé plusieurs partenariats et initiatives visant à soutenir le développement du gaming et de l’eSport au Maroc. L’opérateur télécom veut renforcer sa présence dans un secteur en forte croissance, porté par l’augmentation des usages numériques et l’intérêt croissant des jeunes pour les compétitions de jeux vidéo et les contenus interactifs.

Parmi les principales initiatives figure le lancement de la « Bourse Orange eSport », développée en partenariat avec la Fédération Royale Marocaine des Jeux Électroniques. Ce programme vise à accompagner cinq associations eSport implantées en dehors des principaux pôles urbains de Casablanca et Rabat afin de favoriser l’émergence de nouveaux talents dans les régions. Orange Maroc a également signé un partenariat avec la Team xProjekt, devenant ainsi le premier opérateur télécom du pays à sponsoriser officiellement une équipe nationale d’eSport. La structure compte aujourd’hui 29 joueurs répartis sur plusieurs disciplines compétitives.

L’opérateur a aussi annoncé de nouvelles initiatives autour de la culture numérique et de la gamification. La Fondation Orange et la journaliste Nadia Larguet ont notamment présenté une version numérisée du jeu « 1001 Questions sur le Maroc », désormais intégrée à l’application MaxIt. À travers ces projets, le groupe cherche à associer gaming, contenus éducatifs et usages mobiles afin de renforcer l’engagement des jeunes publics autour des plateformes numériques.

Cette offensive intervient dans un contexte de forte progression du gaming au Maroc et plus largement en Afrique du Nord. Selon les données du rapport « State of the African Video Game Industry 2026 » de SpielFabrique, publié en janvier 2026, les revenus annuels de ce secteur sont estimés à 227,3 millions USD en 2024 au Maroc. Le pays figure aujourd’hui parmi les marchés africains les plus dynamiques du jeu vidéo, porté par une population jeune, l’essor du mobile gaming et l’amélioration progressive des infrastructures numériques. Le développement de la fibre optique, de la 4G et de la 5G contribue également à accélérer les usages liés aux jeux en ligne, au streaming et aux compétitions eSport.

Ces nouvelles collaborations s’inscrivent dans la stratégie du Maroc visant à structurer une véritable industrie nationale du gaming et de l’eSport. Les autorités marocaines considèrent désormais ce secteur comme un levier de croissance pour l’économie numérique, les industries créatives et l’emploi des jeunes. Le royaume ambitionne de porter le chiffre d’affaires annuel de son industrie du jeu vidéo d’environ 200 millions de dollars actuellement à 3 milliards de dollars d’ici 2030-2032, avec l’objectif de capter près de 1 % du marché mondial du gaming.

Samira Njoya

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Posted On mardi, 26 mai 2026 13:23 Written by
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