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Tiré par l’essor du mobile gaming et la montée en puissance des compétitions eSport, le marché marocain du jeu vidéo attire de plus en plus les acteurs technologiques. Orange veut se positionner comme un partenaire clé de cette industrie à travers des initiatives dédiées aux talents et aux communautés.

En marge du Morocco Gaming Expo 2026, organisé du mercredi 20 au dimanche 24 mai à Rabat, Orange Maroc a annoncé plusieurs partenariats et initiatives visant à soutenir le développement du gaming et de l’eSport au Maroc. L’opérateur télécom veut renforcer sa présence dans un secteur en forte croissance, porté par l’augmentation des usages numériques et l’intérêt croissant des jeunes pour les compétitions de jeux vidéo et les contenus interactifs.

Parmi les principales initiatives figure le lancement de la « Bourse Orange eSport », développée en partenariat avec la Fédération Royale Marocaine des Jeux Électroniques. Ce programme vise à accompagner cinq associations eSport implantées en dehors des principaux pôles urbains de Casablanca et Rabat afin de favoriser l’émergence de nouveaux talents dans les régions. Orange Maroc a également signé un partenariat avec la Team xProjekt, devenant ainsi le premier opérateur télécom du pays à sponsoriser officiellement une équipe nationale d’eSport. La structure compte aujourd’hui 29 joueurs répartis sur plusieurs disciplines compétitives.

L’opérateur a aussi annoncé de nouvelles initiatives autour de la culture numérique et de la gamification. La Fondation Orange et la journaliste Nadia Larguet ont notamment présenté une version numérisée du jeu « 1001 Questions sur le Maroc », désormais intégrée à l’application MaxIt. À travers ces projets, le groupe cherche à associer gaming, contenus éducatifs et usages mobiles afin de renforcer l’engagement des jeunes publics autour des plateformes numériques.

Cette offensive intervient dans un contexte de forte progression du gaming au Maroc et plus largement en Afrique du Nord. Selon les données du rapport « State of the African Video Game Industry 2026 » de SpielFabrique, publié en janvier 2026, les revenus annuels de ce secteur sont estimés à 227,3 millions USD en 2024 au Maroc. Le pays figure aujourd’hui parmi les marchés africains les plus dynamiques du jeu vidéo, porté par une population jeune, l’essor du mobile gaming et l’amélioration progressive des infrastructures numériques. Le développement de la fibre optique, de la 4G et de la 5G contribue également à accélérer les usages liés aux jeux en ligne, au streaming et aux compétitions eSport.

Ces nouvelles collaborations s’inscrivent dans la stratégie du Maroc visant à structurer une véritable industrie nationale du gaming et de l’eSport. Les autorités marocaines considèrent désormais ce secteur comme un levier de croissance pour l’économie numérique, les industries créatives et l’emploi des jeunes. Le royaume ambitionne de porter le chiffre d’affaires annuel de son industrie du jeu vidéo d’environ 200 millions de dollars actuellement à 3 milliards de dollars d’ici 2030-2032, avec l’objectif de capter près de 1 % du marché mondial du gaming.

Samira Njoya

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Posted On mardi, 26 mai 2026 13:23 Written by

Engagé depuis plusieurs années dans la numérisation de son administration, le Sénégal veut franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son état civil. Le pays revendiquait déjà plus de 19 millions d’actes numérisés en 2024.

La transformation numérique de l’état civil s’accélère au Sénégal. L’Agence nationale de l’état civil (ANEC) et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) ont signé, vendredi 22 mai à Dakar, une convention de partenariat destinée à moderniser et sécuriser les services d’état civil par la numérisation sur l’ensemble du territoire. Les deux institutions veulent notamment renforcer la gestion des données administratives, améliorer l’accès des citoyens aux documents officiels et lutter contre les fraudes documentaires qui continuent d’affecter plusieurs procédures administratives dans le pays.

Le partenariat prévoit la numérisation progressive des procédures d’état civil, la sécurisation des archives, la modernisation des centres administratifs ainsi que le déploiement d’outils numériques de gestion. Parmi les projets déjà engagés figurent la création d’une base de données centralisée et le déploiement du logiciel de gestion intégré dans plusieurs centres d’état civil. Les autorités misent également sur la plateforme « Sama État civil », qui permet déjà d’effectuer certaines démarches administratives à distance, afin de réduire les déplacements des usagers et accélérer le traitement des demandes.

Cette réforme intervient dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à moderniser leurs systèmes d’identification et de gestion des données civiles. Selon l’UNICEF, près de 150 millions d’enfants de moins de cinq ans dans le monde ne disposent toujours pas d’enregistrement officiel à la naissance, l’Afrique subsaharienne restant l’une des régions les plus concernées. Au Sénégal, les difficultés liées à l’enregistrement des naissances, à la conservation des archives papier et à l’accès aux documents administratifs continuent de compliquer l’accès de nombreuses populations à certains services publics, notamment dans les zones rurales.

À travers cette réforme, les autorités sénégalaises cherchent aussi à renforcer la fiabilité des données publiques dans un contexte d’accélération des services administratifs numériques. La modernisation de l’état civil est considérée comme un maillon essentiel de la stratégie numérique nationale, pour améliorer l’identification des citoyens, faciliter l’accès aux services publics et soutenir les futurs projets liés à l’identité numérique et à la numérisation de l’administration.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 26 mai 2026 06:21 Written by

Le Togo ambitionne de renforcer la sécurité nationale et d’améliorer la productivité agricole tout en affirmant son rôle dans l’écosystème numérique africain. Les autorités ont choisi de s’appuyer sur un partenaire européen afin de lancer une initiative structurante dans le domaine des drones.

Le Togo et la Pologne ont signé, le mardi 19 mai, un accord de financement de 24 millions d'euros (environ 27,8 millions USD) pour le lancement d'Africa Drone Company, un projet destiné à développer des capacités locales de conception, d'assemblage et de déploiement de drones.

La signature a eu lieu à l'occasion de la visite officielle à Lomé de Krzysztof Gawkowski, vice-Premier ministre et ministre du Numérique de la Pologne.

Cyber Defense Africa, l'entité chargée de piloter le projet, est issue d'un partenariat public-privé entre l'État togolais et le groupe européen Asseco Data Systems, noué depuis 2019 dans le domaine de la cybersécurité. C'est cette structure qui portera le développement de la filière des drones, avec des applications attendues dans la sécurité, l'agriculture, la logistique, l'industrie et la surveillance des infrastructures critiques.

Le financement est mobilisé par Bank Gospodarstwa Krajowego (BGK), la banque publique de développement polonaise, dans le cadre de l'initiative Global Gateway de l'Union européenne, dont la garantie est apportée via le Fonds européen pour le développement durable Plus (EFSD+).

Au-delà de la simple acquisition de technologies importées, le projet vise à favoriser le transfert de compétences, la formation technique et l'émergence d'une expertise industrielle locale dans un domaine jugé stratégique.

Le ministère de l'Efficacité du service public et de la Transformation numérique a souligné que cette coopération s'inscrit dans l'ambition de Lomé de renforcer sa souveraineté technologique et de construire des infrastructures capables de répondre durablement aux priorités du pays.

Le Togo mise depuis plusieurs années sur le numérique comme levier de modernisation économique et administrative, avec des investissements croissants dans les infrastructures numériques et la cybersécurité. Le développement d'une filière des drones élargit cette stratégie à des technologies industrielles à plus forte valeur ajoutée.

Adoni Conrad Quenum (Agence Ecofin)

Éditée par M.F. Vahid Codjia

Posted On lundi, 25 mai 2026 07:40 Written by

Le Kenya poursuit le développement de son secteur spatial. Le pays dispose depuis 2023 d’un satellite d’observation de la Terre, dénommé Taifa-1.

Le Kenya explore un partenariat avec la société kazakhe Ghalam LLP, dans le domaine spatial. Le pays souhaite notamment tirer parti de l’expertise de cette entreprise, spécialisée dans le développement de véhicules spatiaux et dans la fabrication de composants. Le président William Ruto s’est rendu dans les locaux de Ghalam LLP lors de sa visite d’État au Kazakhstan, les mardi 19 et mercredi 20 mai.

Selon lui, le partenariat envisagé vise principalement à accélérer le développement du jeune programme spatial kényan, centré à Malindi. Ce rapprochement survient dans un contexte où le pays est-africain cherche à « étendre ses connaissances et ses capacités spatiales afin de renforcer la collecte de données précises, d’améliorer la recherche et de soutenir une planification et un développement nationaux éclairés ». Il mise sur la coopération internationale pour atteindre cet objectif.

Depuis le début de l’année, le Kenya a multiplié les rapprochements dans le domaine spatial, notamment avec la Chine, l’Inde, l’Italie, les Etats-Unis et l’Allemagne. Avec cette dernière, les discussions ont notamment porté sur plusieurs axes de coopération, dont l’observation de la Terre, l’innovation et l’incubation d’entreprises, le renforcement des capacités, ainsi que l’utilisation des technologies spatiales au service du développement socio-économique.

Par ailleurs, le Kenya s’est associé à l’Egypte et à l’Ouganda pour lancer le programme « ClimCam », une initiative régionale axée sur l’observation climatique et les applications environnementales.

Un levier de développement socio-économique

Les autorités kényanes considèrent les technologies spatiales comme un levier de développement socio-économique dans plusieurs secteurs. Dans l’agriculture, par exemple, l’Agence spatiale kényane (KSA) souligne leur rôle central dans l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la productivité.

L’utilisation d’images satellites permet de suivre l’état et la santé des cultures, de détecter précocement les anomalies et de faciliter des interventions rapides. Ces données servent également à la cartographie des cultures, au suivi de leur croissance et à l’estimation des rendements, afin d’anticiper les risques liés à la sécurité alimentaire.

L’observation de la Terre contribue aussi à la surveillance de l’humidité des sols pour optimiser l’irrigation, à l’évaluation des pâturages et à l’analyse de la végétation pour anticiper les sécheresses. Les technologies de télé-détection permettent enfin d’estimer la teneur des sols en nutriments, afin d’améliorer le ciblage et l’efficacité de l’utilisation des engrais.

Dans le domaine de la santé, la KSA met en avant le potentiel des technologies spatiales pour renforcer les systèmes de soins. Les satellites favorisent notamment le développement de la télémédecine en étendant la connectivité numérique vers les zones reculées, permettant ainsi l’accès à des services médicaux, à des expertises et à des données sanitaires.

Les données satellitaires sont également utilisées pour surveiller les facteurs environnementaux influençant la santé publique, tels que les vecteurs de maladies et la qualité de l’eau. Elles contribuent enfin à l’évaluation de l’impact des urgences sanitaires et des catastrophes naturelles, afin de faciliter des réponses plus rapides et mieux coordonnées.

Isaac K. Kassouwi

Edité par : Feriol Bewa 

Lire aussi: Le Kenya lancera Taifa-1, son premier satellite opérationnel, le 10 avril

Posted On dimanche, 24 mai 2026 02:37 Written by

Face à la hausse des usages numériques, le Maroc poursuit la modernisation de son administration. Les autorités préparent le déploiement de nouveaux services en ligne destinés à simplifier le renouvellement des cartes nationales d’identité et renforcer l’efficacité des démarches publiques.

Le Maroc poursuit la modernisation de ses services administratifs avec la mise en ligne progressive de nouvelles procédures liées à la carte nationale d’identité électronique (CNIE). La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a annoncé, lors de ses Journées Portes Ouvertes organisées du lundi 18 au vendredi 22 mai à Rabat, le lancement prochain de plusieurs services numériques destinés à simplifier les démarches administratives des citoyens et réduire l’affluence dans les centres d’enregistrement. La principale nouveauté concerne le renouvellement de la carte d’identité électronique. Les usagers dont la CNIE arrive à expiration pourront désormais engager une partie importante de la procédure à distance via les plateformes numériques de la DGSN, notamment le portail Epolice.ma et le site cnie.ma. Le dispositif permettra de préremplir les demandes, transmettre certains justificatifs administratifs, suivre le traitement du certificat de résidence et régler les frais de timbre par voie électronique avant le passage final dans les services compétents pour la validation biométrique.

Les autorités marocaines présentent cette évolution comme une étape supplémentaire dans la stratégie nationale de transformation numérique des services publics. Selon la commissaire divisionnaire Loubna Kikou, citée par l’agence MAP, cette réforme vise à réduire les déplacements inutiles des citoyens et à accélérer le traitement des dossiers, notamment durant les périodes de forte demande comme les vacances estivales.

Le projet prévoit également le lancement d’une version numérique de la carte d’identité accessible depuis l’application mobile « Mon e‑ID ». Cette carte numérique doit permettre aux citoyens de disposer d’une copie sécurisée de leur document d’identité sur smartphone, y compris sur des appareils ne disposant pas de la technologie NFC. La DGSN indique par ailleurs avoir renforcé les mécanismes de cybersécurité afin de protéger les données personnelles et sécuriser les échanges numériques liés aux procédures administratives.

Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de numérisation de l’administration marocaine engagé ces dernières années. Le royaume a multiplié les plateformes numériques dans plusieurs secteurs, notamment la justice, les services fiscaux, l’état civil ou encore les démarches liées aux entreprises. Le Maroc figure parmi les pays africains les plus avancés en matière d’e‑gouvernement. Selon le rapport « UN E‑Government Survey » des Nations unies, le pays affichait en 2024 un indice de développement de l’e‑gouvernement (EGDI) de 0,6841, le plaçant parmi les administrations numériques les plus avancées du continent africain et au 90e rang mondial. Les autorités marocaines cherchent également à accompagner la hausse des usages numériques dans le pays. D’après l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), rapport publié en juin 2025, le Maroc comptait 39,9 millions d’abonnements Internet à fin mars 2025, avec un taux de pénétration supérieur à 108 %. Dans ce contexte, la dématérialisation des procédures d’identité apparaît comme un enjeu stratégique pour fluidifier les relations entre l’administration et les citoyens tout en renforçant la sécurité des services publics numériques.

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 22 mai 2026 12:27 Written by

Paiement des impôts en ligne, demandes de passeport dématérialisées, etc. le continent accélère la numérisation des services publics pour moderniser ses administrations et améliorer la relation avec les citoyens. Mais derrière les progrès affichés, le continent avance encore à plusieurs vitesses.

Les plateformes unifiées de services publics gagnent progressivement du terrain en Afrique. Inspirés des modèles d’e‑gouvernement développés en Europe, en Asie ou au Moyen‑Orient, plusieurs pays africains accélèrent désormais la centralisation de leurs démarches administratives sur des portails numériques uniques. L’objectif est de simplifier l’accès des citoyens aux services publics, réduire les délais administratifs et améliorer l’efficacité des administrations dans un contexte de forte progression des usages numériques.

Des exemples concrets... 

Cette dynamique s’est récemment renforcée dans plusieurs pays du continent. Le Burkina Faso a lancé récemment une nouvelle plateforme centralisée de services publics numériques destinée à regrouper progressivement différentes démarches administratives en ligne. À ce stade, la plateforme propose déjà 1672 fiches pratiques, 95 procédures dématérialisées et mobilise 183 institutions publiques.

Le Sénégal accélère également le développement de ses services numériques à travers le « New Deal Technologique », avec l’ambition de connecter davantage les administrations et de faciliter l’accès aux procédures administratives en ligne. Le pays a aussi lancé en mars dernier son guichet unique de services publics baptisée « e‑Sénégal ».

Le Rwanda reste l’un des modèles les plus avancés du continent avec la plateforme Irembo, qui donne accès à plusieurs centaines de services administratifs, allant des actes d’état civil aux demandes de permis ou aux paiements publics.

D’autres pays africains ont également multiplié les initiatives ces dernières années. Le Kenya a développé le portail eCitizen, devenu l’un des principaux points d’accès aux services administratifs numériques du pays. Au Bénin, les autorités ont renforcé le portail national de services publics permettant d’effectuer en ligne certaines démarches liées aux documents administratifs ou aux services fiscaux. Le pays indique avoir délivré plus de 10,5 millions de documents numériques en 2025 et précise que 75 % des services publics sont désormais accessibles en ligne.

Une progression encore très inégale sur le continent 

Cette accélération intervient dans un contexte où les États africains cherchent à moderniser leurs administrations et à améliorer la qualité des services publics. Selon le rapport « UN E‑Government Survey 2024 » publié par l’Organisation des Nations unies (ONU), l’indice africain de développement de l’e‑gouvernement (EGDI) est passé de 0,4054 en 2022 à 0,4247 en 2024, soit une progression de 4,8 %. Le continent affiche ainsi la deuxième plus forte progression mondiale après l’Asie.

Mais derrière cette progression continentale, les écarts restent importants entre les pays. Des États comme le Rwanda, l’Afrique du Sud, Maurice ou encore le Maroc figurent parmi les administrations numériques les plus avancées du continent grâce à des investissements soutenus dans les infrastructures et les services publics en ligne. À l’inverse, plusieurs pays accusent encore des retards importants dans la centralisation numérique des services administratifs.

Le Cameroun, par exemple, reste confronté à une forte fragmentation de ses plateformes publiques, avec de nombreuses démarches encore largement manuelles malgré plusieurs projets de transformation numérique lancés ces dernières années. D’autres pays comme le Tchad, la République centrafricaine ou le Soudan du Sud demeurent freinés par des déficits d’infrastructures télécoms, une faible connectivité Internet et des capacités administratives limitées. Dans certains cas, les plateformes existantes restent peu utilisées par les citoyens en raison du manque d’interopérabilité entre administrations ou de la faible numérisation des procédures internes.

La sécurité et la confiance constituent désormais des enjeux majeurs 

Les enjeux autour des plateformes unifiées dépassent désormais la simple modernisation administrative. Pour les gouvernements, ces outils permettent aussi d’améliorer la collecte des recettes publiques, de renforcer la transparence des procédures, de limiter certaines formes de corruption administrative et de faciliter les interactions entre l’État, les citoyens et les entreprises.

La question de la sécurité et de la fiabilité des données devient également centrale, alors que les administrations africaines gèrent un volume croissant d’informations sensibles liées à l’identité, à la fiscalité ou aux services sociaux. Les États doivent notamment renforcer leurs capacités en cybersécurité afin de protéger les plateformes publiques contre les risques de fraude, de piratage ou de fuite de données personnelles.

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 22 mai 2026 11:33 Written by

Portée par la montée en puissance de l’IA et des infrastructures numériques, la transformation numérique africaine attire de nouveaux acteurs technologiques. Yango Tech fait son entrée sur le continent avec l’ambition de soutenir la modernisation des entreprises et institutions.

Le groupe technologique Yango Group a annoncé le lancement de sa branche B2B, Yango Tech, sur plusieurs marchés africains, avec une offre axée sur l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques et la transformation digitale des organisations. Déjà connu en Afrique pour ses services de mobilité et de livraison, le groupe veut désormais se positionner sur le marché des solutions technologiques destinées aux entreprises, aux villes et aux institutions publiques.

L’entreprise veut accompagner les acteurs africains dans l’automatisation de leurs opérations et la modernisation de leurs systèmes numériques, notamment dans les secteurs de la santé, des transports, du commerce, de la finance et des services publics. Son offre comprend des plateformes basées sur l’IA générative, des outils de gestion intelligente des données, des solutions de mobilité urbaine, ainsi qu’un accompagnement stratégique autour de la gouvernance de l’IA et de la formation des dirigeants. Le groupe veut aussi aider les entreprises à évaluer le retour sur investissement de leurs projets IA et à accélérer le déploiement de services numériques à grande échelle.

Cette offensive intervient dans un contexte de forte progression des usages numériques sur le continent. Selon le cabinet McKinsey, l’intelligence artificielle générative pourrait générer jusqu’à 103 milliards $ de valeur économique par an en Afrique. De son côté, la GSMA estime que l’économie mobile africaine pourrait contribuer à hauteur de 270 milliards $ au PIB continental d’ici 2030, portée par l’essor des services numériques, du cloud et des technologies basées sur l’IA.

Yango Tech s’appuie déjà sur plusieurs projets pilotes lancés hors du continent, notamment dans la gestion intelligente des services d’urgence et les systèmes de suivi en temps réel des ambulances en Asie centrale. En Afrique, le groupe a amorcé ses premiers déploiements au Mozambique et en Afrique du Sud avant d’élargir progressivement sa présence à d’autres marchés africains jugés stratégiques. L’entreprise rejoint ainsi une liste croissante d’acteurs technologiques internationaux cherchant à se positionner sur le marché africain de l’IA, où la demande en automatisation, en analyse de données et en infrastructures numériques connaît une accélération rapide.

Le déploiement de Yango Tech reflète également la compétition croissante autour du marché africain de l’IA et des infrastructures numériques. Malgré des déficits persistants en connectivité, en capacités de calcul et en compétences spécialisées, les besoins des entreprises et des administrations en solutions d’automatisation et d’analyse de données progressent rapidement. Cette dynamique attire de plus en plus d’acteurs internationaux désireux de se positionner sur un marché encore émergent mais à fort potentiel.

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 21 mai 2026 10:07 Written by

En Côte d’Ivoire, le secteur agricole contribue à hauteur de 15 % du PIB et emploie environ 46 % de la population active. Face aux défis liés à la productivité, à la traçabilité des cultures et aux effets du changement climatique, le pays veut accélérer la transformation numérique du secteur.

La Côte d’Ivoire veut renforcer la digitalisation de son agriculture. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a reçu le mardi 19 mai à Abidjan une délégation de Huawei Côte d’Ivoire conduite par son directeur général par intérim, Benoît Wu. Les échanges ont porté sur le projet « Smart Agriculture », lancé en 2023 lors du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA), destiné à moderniser les pratiques agricoles grâce aux technologies numériques.

Le projet prévoit notamment le déploiement d’une plateforme numérique capable de cartographier les parcelles agricoles, suivre l’évolution des cultures et fournir aux exploitants des données sur les intrants, les rendements ou encore les conditions météorologiques. Les autorités estiment que ces outils pourraient contribuer à améliorer la productivité agricole, renforcer le suivi des exploitations et faciliter la prise de décision des producteurs face aux aléas climatiques.

Le ministre Bruno Koné a donné un accord de principe pour accompagner l’initiative, qu’il considère comme un levier stratégique pour accélérer la modernisation du secteur agricole ivoirien. Le gouvernement souhaite également établir une coopération plus étroite avec Huawei Côte d’Ivoire afin de soutenir le déploiement opérationnel du projet sur le territoire national.

Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs pays africains accélèrent la numérisation de leur agriculture afin d’améliorer les rendements et la résilience du secteur. En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou, les enjeux de traçabilité et de collecte de données agricoles prennent une importance croissante, notamment avec les nouvelles exigences environnementales imposées par certains marchés internationaux comme l’Union européenne. Plusieurs programmes de géolocalisation des plantations et de suivi numérique des chaînes agricoles sont déjà en cours dans la filière cacao.

Au‑delà de la modernisation des exploitations, les autorités ivoiriennes misent également sur le numérique pour renforcer la sécurité alimentaire, améliorer l’accès des producteurs aux informations agricoles et soutenir la transformation structurelle du secteur. Le gouvernement considère désormais les technologies numériques comme un outil clé pour accompagner la compétitivité de l’agriculture ivoirienne et attirer davantage d’investissements dans les chaînes de valeur agricoles.

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 21 mai 2026 05:54 Written by

Avec la progression du commerce numérique, les acteurs du paiement accélèrent le développement de nouvelles infrastructures financières basées sur la blockchain. Les stablecoins apparaissent comme des outils capables de réduire les coûts et d’améliorer la rapidité des transactions internationales.

PayPal a annoncé, le mercredi 20 mai, l’extension de son stablecoin PayPal USD (PYUSD) à 70 marchés à travers le monde, dont plusieurs pays africains. L’entreprise américaine spécialisée dans les paiements numériques veut permettre aux particuliers et aux entreprises d’effectuer des transferts internationaux plus rapides et à moindre coût grâce à cette monnaie numérique adossée au dollar américain.

Le PYUSD sera directement accessible depuis les comptes PayPal des utilisateurs concernés. Ces derniers pourront acheter, détenir, envoyer ou recevoir des fonds en stablecoin, mais aussi transférer de l’argent vers des portefeuilles numériques tiers ou convertir leurs avoirs en monnaie locale. Pour les entreprises, PayPal met surtout en avant l’accélération des règlements transfrontaliers, avec des délais ramenés à quelques minutes contre plusieurs jours dans les circuits bancaires traditionnels.

« Proposer le PYUSD en Afrique, c’est apporter une valeur tangible aux personnes et aux entreprises qui stimulent la croissance sur ces marchés dynamiques. Les particuliers bénéficient d’un moyen flexible et stable de transférer des fonds plus rapidement, tandis que les entreprises peuvent rationaliser les paiements transfrontaliers, améliorer les délais de règlement et créer de nouvelles perspectives de croissance », déclare Otto Williams, vice‑président principal et directeur général de PayPal pour le Moyen‑Orient et l’Afrique.

Cette initiative intervient dans un contexte de forte croissance des paiements numériques et des transferts transfrontaliers sur le continent africain. Selon la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne reste la région où les coûts des transferts d’argent sont les plus élevés au monde, avec un coût moyen supérieur à 7 % pour l’envoi de 200 dollars. Les stablecoins suscitent ainsi un intérêt croissant auprès des fintech et des acteurs du paiement, qui y voient une alternative aux circuits traditionnels souvent jugés lents et coûteux.

Le lancement du PYUSD à l’international s’inscrit également dans une compétition croissante autour des monnaies numériques adossées au dollar. Depuis son lancement aux États‑Unis en 2023, PayPal cherche à renforcer l’usage de son stablecoin dans le commerce électronique, les transferts internationaux et les services financiers numériques. Selon la plateforme spécialisée Odaily, l’offre de stablecoins a atteint un nouveau sommet, dépassant 323 milliards de dollars, porté notamment par la progression des usages liés aux paiements numériques et aux actifs numériques dans les économies émergentes.

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 21 mai 2026 05:51 Written by

Face à la montée des cybermenaces, de l’intelligence artificielle et des plateformes mondiales, les régulateurs africains veulent harmoniser les règles de protection des données personnelles.

Les autorités africaines de protection des données personnelles veulent accélérer l’harmonisation des règles numériques sur le continent. Réunis à Abidjan cette semaine dans le cadre de la 9ᵉ conférence du Réseau Africain des Autorités de Protection des Données Personnelles (RAPDP), les représentants de 24 pays africains ont adopté une nouvelle feuille de route couvrant la période 2026‑2030. Les travaux, organisés par l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI), visaient à définir une position commune sur la gouvernance des données personnelles, la cybersécurité et l’encadrement des technologies émergentes comme l’intelligence artificielle.

La déclaration adoptée à l’issue de la rencontre appelle les États africains à considérer la protection des données comme un enjeu stratégique de souveraineté numérique et non plus comme une simple question administrative ou juridique. Les régulateurs plaident notamment pour un renforcement des autorités nationales de protection des données, une meilleure coordination entre pays africains et l’adoption de mécanismes de conformité plus stricts pour les administrations et les entreprises.

Les discussions ont également porté sur la nécessité d’adapter les cadres réglementaires africains à la montée des services financiers numériques, de la biométrie, des plateformes internationales et des usages liés à l’intelligence artificielle.

Cette initiative intervient alors que plusieurs pays africains accélèrent leur transformation numérique et multiplient les projets liés à l’e‑gouvernement, aux paiements numériques ou à l’identité numérique. Mais les régulateurs estiment que cette numérisation rapide accroît également les risques liés aux cyberattaques, à l’exploitation des données personnelles et à la dépendance technologique vis‑à‑vis des grandes plateformes étrangères.

Au‑delà des enjeux réglementaires, les États africains cherchent également à sécuriser le développement de l’économie numérique continentale. Selon la ZLECAf, l’économie numérique africaine pourrait atteindre 721 milliards de dollars en 2050 si les investissements et la numérisation se poursuivent à grande échelle. Les régulateurs considèrent désormais la confiance numérique et la sécurisation des données comme des conditions essentielles au développement du commerce électronique, des services financiers digitaux et des plateformes publiques numériques sur le continent.

Samira Njoya

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Posted On mercredi, 20 mai 2026 12:22 Written by
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