Face aux défis de la mobilité urbaine, Yaoundé adopte une solution numérique pour identifier et suivre les taxis opérant dans la capitale. Le dispositif s’inscrit dans une logique de modernisation et de régulation du secteur.
La ville de Yaoundé accélère la numérisation de son système de transport urbain. Le maire Luc Messi Atangana a signé, le jeudi 25 juin, un arrêté instituant l'enregistrement numérique obligatoire des propriétaires et conducteurs de taxis opérant dans la capitale camerounaise. La réforme prévoit la création d'une base de données centralisée et l'attribution d'un identifiant numérique obligatoire unique à chaque taxi et à chaque conducteur afin d'améliorer la traçabilité du secteur.
Le dispositif repose sur la plateforme Taxi-Yaoundé.com, développée par la Communauté urbaine de Yaoundé avec l'appui technique de la coopération allemande (GIZ). Chaque conducteur enregistré recevra un QR code personnel, tandis que chaque véhicule se verra attribuer un numéro de portière unique destiné à remplacer les anciennes identifications. Les données collectées serviront exclusivement à la modernisation, à la sécurisation et à la digitalisation du transport urbain, précise l'arrêté municipal.
L'enregistrement concerne l'ensemble des taxis jaunes titulaires d'une licence de transport urbain de première catégorie circulant dans les limites territoriales de Yaoundé. Les propriétaires et conducteurs devront présenter plusieurs documents administratifs, notamment leur pièce d'identité, leurs titres de transport, les documents du véhicule ainsi que les justificatifs d'assurance et de visite technique. La municipalité garantit la confidentialité des informations recueillies, dont l'accès sera réservé aux seuls services habilités.
Cette réforme s'inscrit dans les travaux engagés depuis plusieurs années pour moderniser la mobilité urbaine à Yaoundé. La capitale camerounaise, où les taxis constituent le principal mode de déplacement quotidien, cherche à mieux structurer un secteur largement dominé par l'informel afin d'améliorer la qualité du service, la sécurité des usagers et la gouvernance des transports. Le lancement de la plateforme Taxi-Yaoundé fait ainsi partie des actions prévues dans le cadre du Projet de mobilité urbaine de Yaoundé, soutenu par plusieurs partenaires internationaux.
Au-delà de la modernisation administrative, la réforme répond aux enjeux de sécurité auxquels est confronté le transport urbain. L'identification numérique des taxis et de leurs conducteurs devrait faciliter les contrôles, limiter les fraudes, améliorer le suivi des véhicules autorisés à circuler et renforcer la protection des usagers. Les informations centralisées pourraient également contribuer à une meilleure planification des politiques de mobilité dans une agglomération qui compte plus de 4 millions d'habitants.
Les opérations d'enregistrement se dérouleront du 3 juillet au 5 octobre dans les services de la Communauté urbaine et les mairies d'arrondissement. À l'issue de cette période, tout taxi non enregistré circulant dans la ville de Yaoundé sera systématiquement mis en fourrière, conformément aux dispositions de l'arrêté municipal.
Samira Njoya
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L’intelligence artificielle s’est imposée ces dernières années comme la technologie phare de la révolution numérique en cours. Pour devenir un hub régional dans ce domaine, le Bénin a décidé de former les jeunes dès le collège et le lycée.
Le Bénin a organisé, le samedi 27 juin à Cotonou, une compétition de sélection réunissant 150 jeunes dans le cadre de la première édition des Olympiades nationales d’intelligence artificielle (NOAI). L’exercice doit désigner les candidats qui représenteront le pays aux Olympiades internationales d’intelligence artificielle (IOAI), prévues du 2 au 8 août 2026 à Astana, au Kazakhstan.
L’initiative est pilotée par le ministère de la Transformation digitale et de l’Innovation, chargé de la stratégie nationale d’IA, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle, ainsi que l’Agence de développement de Sèmè City (ADSC), dans le cadre de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle et des mégadonnées (SNIAM 2023-2027).
« Vous représentez le Bénin d’aujourd’hui et de demain. Ce que nous faisons ici, aujourd’hui, c’est vous donner la lumière que vous porterez, afin de rendre le Bénin compétitif sur le plan du numérique et de l’intelligence artificielle de demain », a indiqué Sèdami Médégan Fagla, ministre béninoise de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Et d’ajouter : « nous avons le devoir de vous préparer pour ce Bénin-là, afin que vous soyez capables de construire le Bénin de vos rêves, le Bénin de nous tous. Tout ce que nous pouvons faire aujourd’hui, c’est vous accompagner et vous en donner les moyens ».

À l’issue de cette phase, 16 candidats seront retenus pour un second cycle comprenant la remise de kits pédagogiques, un programme de préparation, un bootcamp technique et un encadrement par des mentors. Huit d’entre eux formeront, à terme, l’équipe nationale qui représentera le Bénin au Kazakhstan.
Ces olympiades font suite à la première participation du Bénin aux IOAI en août 2025, à Pékin, en Chine. Selon le communiqué de l’ADSC, le pays s’était classé 30ᵉ sur 78 équipes représentant 62 nations, où Merveille Agbossaga avait obtenu une distinction individuelle. L’Agence présente cette distinction comme l’une des deux seules décrochées par des pays africains lors de cette édition.
« Notre ambition est claire : faire du Bénin une référence africaine de l’éducation à l’intelligence artificielle », a déclaré Mahuna Akplogan, ministre de la Transformation digitale et de l’Innovation, chargé de la Stratégie nationale d’IA, dans un communiqué diffusé à l’occasion du lancement des NOAI. Les modalités de financement et de pérennisation du dispositif au-delà de cette première édition n’ont toutefois pas été précisées.
Des projections macroéconomiques à interpréter avec prudence
Cette initiative s’inscrit dans un contexte continental où l’intelligence artificielle est présentée comme un important levier de croissance. Les estimations de son impact économique varient toutefois sensiblement selon les hypothèses retenues. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), citant une analyse du cabinet britannique d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC), estime que l’IA pourrait contribuer à hauteur d’environ 1 200 milliards de dollars au PIB africain, à condition que le continent capte 2,5 % du marché mondial de cette technologie, soit sa part actuelle dans le PIB mondial. De son côté, Olumide Balogun, directeur de Google pour l’Afrique de l’Ouest, avance un potentiel de 1 500 milliards de dollars d’ici 2030, lors d’une intervention au Sommet économique nigérian.
Adoni Conrad Quenum
Edité par M.F. Vahid Codjia
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La transformation numérique ne repose pas uniquement sur les infrastructures, mais aussi sur les compétences. En Côte d’Ivoire, le gouvernement mise sur un rapprochement entre les établissements de formation et les start‑up afin de mieux préparer les jeunes aux métiers émergents.
La Côte d’Ivoire veut rapprocher davantage son système de formation des besoins de l’économie numérique. Les autorités ivoiriennes ont signé la semaine passée un Pacte Industrie – Enseignement technique et professionnel (PIETP) avec la French Tech Abidjan afin d’associer les start‑up à la définition des compétences recherchées par les entreprises innovantes. L’initiative vise à réduire l’écart entre les formations dispensées dans les établissements techniques et les besoins d’un écosystème technologique en pleine expansion.
À travers ce pacte, les start‑up s’engagent à contribuer à l’évolution des formations afin qu’elles répondent davantage aux besoins des métiers du numérique, notamment dans la data, l’intelligence artificielle, et la cybersécurité. L’accord consacre également leur implication dans la modernisation des infrastructures pédagogiques, le développement des stages, de l’alternance et du mentorat, ainsi que dans les initiatives destinées à favoriser l’accès des jeunes filles aux filières technologiques. Il institue par ailleurs un cadre permanent de concertation entre les entreprises innovantes et les acteurs de la formation professionnelle.
Cette évolution intervient alors que la Côte d’Ivoire cherche à renforcer son capital humain pour accompagner sa stratégie de transformation numérique. Ces dernières années, le pays a multiplié les initiatives en faveur de l’innovation, avec la mise en place de la Startup Act en 2023, le développement des infrastructures numériques, la baisse progressive du coût d’accès à Internet et la montée en puissance des incubateurs.
La montée en puissance de la French Tech Abidjan illustre cette dynamique. Créée en 2015 avec quelques entreprises, la communauté fédère aujourd’hui 75 entreprises technologiques issues de secteurs variés, allant de la fintech aux services cloud, en passant par la cybersécurité, la data, l’intelligence artificielle ou encore les technologies éducatives. Ses membres comptent parmi les principaux acteurs de l’innovation numérique opérant en Côte d’Ivoire.
L’enjeu dépasse le seul cas ivoirien. D’après l’IFC, 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne exigeront des compétences numériques à l’horizon 2030, tandis que la demande continuera de progresser dans l’ensemble des secteurs économiques. En rapprochant les établissements de formation des entreprises innovantes, la Côte d’Ivoire cherche ainsi à anticiper les besoins d’un marché du travail où les profils qualifiés en data, cybersécurité, intelligence artificielle ou développement logiciel figurent parmi les plus recherchés.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Alors que les fintechs demeurent le premier secteur technologique financé en Afrique, avec environ 1,4 milliard $ levés en 2025, Maurice veut créer un environnement favorable à leur développement. Le pays a dévoilé une stratégie nationale pour moderniser les paiements et stimuler l’innovation financière.
Maurice entend accélérer la transformation numérique de son secteur financier en s’appuyant davantage sur les technologies financières. Le gouvernement a présenté le jeudi 25 juin la National Fintech Strategy 2026‑2030, une feuille de route élaborée avec l’appui technique de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA). L’ambition est de faire de la fintech un levier de modernisation des paiements, d’amélioration de l’inclusion financière et de renforcement de la compétitivité de la place financière mauricienne.
La stratégie prévoit plusieurs réformes destinées à accélérer l’adoption des services financiers numériques. Elle s’articule autour de six axes prioritaires : l’adaptation du cadre réglementaire, le soutien à l’innovation, le renforcement des infrastructures numériques et de la cybersécurité, le développement des compétences, l’attraction des investissements ainsi que l’inclusion financière. La stratégie prévoit aussi la création d’un Comité national de gouvernance des fintechs, la mise en place d’un cadre national de compétences, le développement d’une plateforme d’apprentissage dédiée à l’IA et un accompagnement renforcé des start‑up fintech.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de Maurice visant à consolider son statut de centre financier international tout en accélérant la numérisation de son économie. Les autorités souhaitent favoriser l’émergence de nouveaux services de paiement, développer les transactions transfrontalières, encourager l’open banking et intégrer davantage l’IA dans les services financiers, tout en renforçant la protection des consommateurs et la gouvernance des données.
L’ambition mauricienne intervient alors que le marché africain de la fintech connaît une croissance soutenue. Selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, ce marché pourrait dépasser 65 milliards $ d’ici 2030, porté par la progression des paiements numériques, de la finance mobile et des services financiers dématérialisés. Dans ce contexte, Maurice entend capitaliser sur son environnement réglementaire, son expertise financière et sa position de passerelle entre l’Afrique et les marchés internationaux pour attirer davantage d’entreprises technologiques et d’investissements.
La mise en œuvre de cette feuille de route sera accompagnée de plusieurs réformes législatives, dont le futur Business Facilitation Bill, ainsi que d’une coordination renforcée entre les autorités financières, la Banque de Maurice, les acteurs privés et les partenaires internationaux. Les autorités espèrent ainsi faire de la fintech un moteur de modernisation des paiements publics et privés, mais également un levier de croissance économique et d’innovation pour l’ensemble du pays.
Samira Njoya
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La numérisation des services publics gagne progressivement l’ensemble des secteurs administratifs en Algérie. Après plusieurs réformes engagées ces dernières années, les services consulaires amorcent à leur tour leur modernisation pour rendre les démarches plus accessibles aux membres de la diaspora.
L’Algérie a officiellement lancé un nouveau service numérique destiné à faciliter les démarches administratives des membres de la communauté nationale établie à l’étranger. Ce dispositif permet désormais de déposer à distance les demandes de renouvellement du passeport biométrique. L’initiative a été annoncée le mercredi 24 juin par les ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports.
Développée dans le cadre de la transformation numérique de l’administration, la plateforme permet aux ressortissants algériens de soumettre leur dossier en ligne à tout moment, 24h/24 et 7j/7, et d’en suivre le traitement à chaque étape. Les autorités assurent que le système intègre des mécanismes avancés de cybersécurité et de protection des données personnelles afin de garantir la fiabilité des échanges et la sécurisation des documents officiels.
Le lancement intervient dans un contexte marqué par l’expiration progressive d’un grand nombre de passeports biométriques délivrés il y a une dizaine d’années. Cette situation a entraîné une augmentation des demandes de renouvellement auprès des consulats algériens, notamment dans les pays accueillant d’importantes communautés algériennes. Les autorités espèrent ainsi fluidifier le traitement des dossiers et réduire la pression sur les services consulaires.
La première phase du projet est déployée au Consulat général d’Algérie à Paris, l’un des postes consulaires les plus sollicités du réseau diplomatique algérien. Une généralisation progressive est prévue dans les autres représentations à l’étranger après évaluation du dispositif et ajustement des procédures.
Les autorités mettent également en avant la dimension sécuritaire du projet. La plateforme repose sur un système d’information développé selon des normes destinées à garantir la protection des données personnelles, la sécurisation des échanges électroniques et la fiabilité du traitement des demandes. Le gouvernement présente cette initiative comme une contribution au renforcement de la souveraineté numérique du pays et à la modernisation de l’administration publique.
Cette nouvelle étape prolonge les efforts déjà engagés pour numériser les services consulaires. Les ressortissants algériens à l’étranger disposent déjà de plusieurs services en ligne, notamment pour le suivi des demandes de documents administratifs. Avec la dématérialisation du dépôt des dossiers de renouvellement de passeport, l’Algérie franchit une étape supplémentaire vers une administration davantage accessible à distance.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les besoins en compétences numériques devraient exploser en Afrique au cours des prochaines années, portés par la transformation numérique des économies et des administrations. Selon la SFI, plus de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et la Banque africaine de développement (BAD) ont conclu, le mercredi 24 juin, un accord de partenariat destiné à soutenir la formation numérique et l’entrepreneuriat dans plusieurs pays africains. Signé à l’issue d’une rencontre entre la Secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo (photo, à droite), et le président de la BAD, Sidi Ould Tah (photo, à gauche), cet accord cible en priorité les jeunes et les femmes, considérés comme des acteurs clés de la transformation numérique du continent.
L’OIF et la Banque africaine de développement ont conclu ce jour un partenariat stratégique visant à renforcer les compétences numériques, l’employabilité et l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes au Bénin, au Cameroun, en Guinée, à Madagascar et en République démocratique du… pic.twitter.com/R3Zgg7p5e0
— La Francophonie (@OIFrancophonie) June 24, 2026
Cette coopération sera déployée dans une première phase au Bénin, au Cameroun, en Guinée, à Madagascar et en République démocratique du Congo. Elle répond à un défi partagé par de nombreux pays francophones : offrir à une population jeune, souvent confrontée au chômage ou au sous-emploi, la possibilité de saisir les opportunités créées par le développement rapide des technologies numériques.
Le programme prévoit des formations dans plusieurs domaines à forte demande, notamment le développement web et mobile, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’analyse de données. Les bénéficiaires auront également accès à des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi, l’auto-emploi et la création d’entreprise. Des camps de formation, des ateliers de prototypage ainsi que des collaborations avec des incubateurs et accélérateurs d’entreprises sont également prévus afin de favoriser l’émergence de projets innovants.
Une attention particulière sera accordée aux initiatives portées par les femmes et les jeunes entrepreneurs. Les deux institutions entendent ainsi contribuer à réduire les inégalités d’accès aux compétences numériques et aux opportunités économiques dans les pays concernés.
L’initiative s’appuie sur l’expérience acquise par l’OIF à travers ses différents programmes dédiés à la jeunesse. L’organisation indique avoir déjà accompagné près de 19 000 jeunes dans les domaines du numérique, de l’employabilité et de l’entrepreneuriat au sein de l’espace francophone, notamment grâce au programme D-CLIC.
Au-delà des formations, l’OIF et la BAD travailleront avec les gouvernements, les établissements de formation et les acteurs locaux afin de renforcer durablement les capacités nationales. L’objectif est de favoriser une appropriation locale des programmes et de garantir leur pérennité à long terme. La phase pilote du projet s’étendra sur une période comprise entre 12 et 24 mois dans les cinq pays retenus. Une extension à d’autres États membres de la Francophonie pourrait ensuite être envisagée en fonction des résultats obtenus.
Pour l’OIF, ce partenariat marque également une nouvelle étape dans sa stratégie de mobilisation de financements et de partenariats destinés à élargir l’impact de ses programmes. À travers cette coopération avec la BAD, l’organisation entend accélérer le développement de projets à forte valeur ajoutée dans les domaines de l’emploi, de l’entrepreneuriat et de la transformation numérique au bénéfice de la jeunesse francophone.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Avec la progression rapide du numérique sur le continent, les cybermenaces gagnent en ampleur. En Namibie, certaines entités pourraient voir leurs identifiants exposés.
L’équipe namibienne de réponse aux incidents de cybersécurité (NAM-CSIRT) a identifié 13 organisations du pays potentiellement exposées à FortiBleed, une campagne mondiale de compromission d’identifiants ciblant les pare-feu et les passerelles VPN fabriqués par l’entreprise américaine Fortinet.
Dans une alerte publiée ce week-end, l’organisme précise qu’aucune compromission généralisée n’a été confirmée à ce stade, mais qu’il est encore temps d’agir, appelant les entités concernées à prendre des mesures correctives sans délai.
« Bien qu’il n’existe actuellement aucune preuve d’une compromission généralisée parmi les organisations namibiennes identifiées, cet incident souligne l’importance d’adopter des mesures proactives en matière de cybersécurité. En termes simples, les pare-feu Fortinet constituent la porte d’entrée numérique vers le réseau d’une organisation », a déclaré Mufaro Nesongano, porte-parole de l’Autorité de régulation des communications de Namibie (CRAN).
Et d’ajouter : « si les clés de cette porte, telles que les noms d’utilisateur, les mots de passe ou les identifiants VPN des administrateurs, sont exposées, des acteurs malveillants pourraient être en mesure d’accéder au réseau comme s’ils étaient des utilisateurs autorisés et d’y mener des activités malveillantes sans éveiller immédiatement les soupçons ».
Selon les analyses de plusieurs sociétés de cybersécurité, FortiBleed n’est pas liée à une nouvelle faille logicielle. Fortinet a lui-même indiqué qu’il s’agissait d’une campagne de réutilisation d’identifiants déjà compromis lors d’incidents antérieurs, combinée à des attaques par force brute visant des appareils insuffisamment protégés, notamment ceux dépourvus d’authentification multifacteur. La société SOCRadar évalue à plus de 86 000 le nombre d’identifiants valides et exploitables recensés à l’échelle mondiale dans 194 pays à partir d’infrastructures Fortinet exposées sur Internet.
Ce chiffre est régulièrement révisé à la hausse depuis la découverte de la campagne. La première estimation publique avancée par la société de cybersécurité Field Effect faisait état d’environ 74 000 configurations VPN et équipements pare-feu compromis.
Les organisations potentiellement concernées en Namibie ont été invitées à réinitialiser leurs identifiants administrateurs et VPN, à activer l’authentification multifacteur et à mettre à jour leurs équipements Fortinet. La CRAN recommande également un examen approfondi des configurations de pare-feu afin de détecter d’éventuelles modifications non autorisées et salue les organisations ayant déjà engagé ces mesures correctives.
Adoni Conrad Quenum
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En 2014, Madagascar s’est doté d’un cadre légal pour lutter contre la cybercriminalité. Mais depuis la pandémie de Covid-19 et l’accélération de la transformation numérique, les incidents se multiplient et ce dispositif apparaît désormais dépassé.
Le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications a profité du premier Symposium de la cybersécurité, organisé les lundi 22 et mardi 23 juin à Antananarivo, afin de faire le point sur la modernisation du cadre légal malgache.
Le pays s’appuie encore sur une loi adoptée en 2014, jugée de plus en plus inadaptée face à l’évolution rapide des technologies et des menaces. Un chantier de refonte a été engagé depuis décembre 2025, avec un objectif initial de finalisation en trois mois.
« Le processus touche à sa fin et le nouveau cadre réglementaire sera publié d’ici peu », a indiqué le ministre du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications, Mahefa Andriamampiadana. La future loi permettra de définir précisément ce qu’est un incident de sécurité et d’identifier les Organisations d’Importance Vitale (OIV).
« Ce cadre juridique ne sera pas seulement théorique : il intégrera un système d’injonctions strictes. En cas de non-respect des règles établies, des sanctions sévères seront appliquées, qu’elles visent les décideurs politiques ou les techniciens sur le terrain », précise le directeur général du Computer Incident Response Team (CIRT), Éric Rakotomaniraka.
Cette modernisation du cadre légal intervient alors que la cybercriminalité progresse fortement sur le continent. Selon le rapport 2025 sur les cybermenaces en Afrique publié par INTERPOL, la part des crimes liés au numérique atteint désormais 30 % de l’ensemble des infractions signalées en Afrique de l’Ouest et de l’Est. Les rançongiciels ont fortement augmenté en 2024, l’Afrique du Sud et l’Égypte enregistrant les niveaux les plus élevés, suivies du Nigeria et du Kenya.
Le rapport souligne par ailleurs que 90 % des pays africains interrogés estiment avoir besoin d’une amélioration significative de leurs capacités en matière d’application de la loi ou de poursuites judiciaires.
Adoni Conrad Quenum
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Le pays intensifie ses efforts en faveur de la montée en compétences numériques à l’échelle nationale. Un programme de formation destiné aux enfants a par exemple été lancé en octobre 2025.
Les autorités marocaines prévoient l’ouverture d’un nouveau campus YouCode à Errachidia, dans la région de Drâa‑Tafilalet. L’initiative vise à renforcer l’accès des jeunes aux compétences numériques et à élargir l’offre de formation aux métiers du codage dans les régions moins centralisées du pays.
Le projet a été officialisé à travers une convention signée entre plusieurs acteurs publics et associatifs, en marge de la première édition du « Rally IA Future Lab » tenue du mercredi 17 au vendredi 19 juin. Il associe notamment le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, le ministère de l’Économie et des Finances, les autorités régionales de Drâa‑Tafilalet ainsi que l’association LEET INITIATIVE.
Le futur campus proposera une formation intensive de deux ans en programmation et technologies numériques, avec environ 50 apprenants par promotion, soit près de 100 jeunes formés chaque année. Le programme cible en priorité les jeunes de la région, y compris ceux en situation de décrochage scolaire disposant de compétences ou d’un potentiel dans le numérique.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie « Digital Morocco 2030 », notamment dans son axe consacré au développement des talents numériques. Le gouvernement ambitionne d’assurer la disponibilité de compétences adaptées aux besoins du marché du travail, dans un contexte de transformation accélérée de l’économie.
Dans ce cadre, le Maroc s’est fixé plusieurs objectifs à l’horizon 2026 et 2030, dont la formation de 20 000 talents numériques par an à partir de 2026, puis 45 000 à l’horizon 2030. Le pays prévoit également la reconversion de 26 000 personnes par an aux métiers du digital dès 2026, puis 50 000 par an à partir de 2030.
Pour atteindre ces objectifs, les autorités misent entre autres sur le déploiement de bootcamps, l’adaptation de la formation professionnelle aux besoins du marché de l’emploi, le soutien à la création d’écoles de codage dans les différentes régions du Royaume, ainsi que le développement de dispositifs de certification des compétences numériques.
Ces efforts interviennent dans un contexte où la transformation numérique redéfinit progressivement le marché du travail. Selon la Banque mondiale, environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne devraient nécessiter des compétences numériques d’ici 2030.
Au Maroc, la question de l’emploi des jeunes reste un défi structurel. Selon le Haut‑Commissariat au Plan (HCP), le taux de chômage national s’est établi à 13 % en 2025, contre 13,3 % un an plus tôt. Cette moyenne masque toutefois de fortes disparités, notamment chez les jeunes de 15 à 24 ans, où le chômage atteint 37,2 %. La même source indique que 19,1 % des jeunes diplômés sont sans emploi, tandis que le sous‑emploi touche 10,9 % de cette catégorie.
Isaac K. Kassouwi
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La montée en puissance des technologies numériques en Afrique devrait profondément transformer les économies, avec des impacts attendus sur la productivité, l’emploi et l’accès aux services publics.
La transformation numérique de l’économie de la République du Congo pourrait générer environ 870 milliards FCFA (1,5 milliard USD) de valeur ajoutée d’ici 2030, créer plus de 144 000 emplois et connecter environ 540 000 personnes supplémentaires à l’Internet mobile, selon un rapport publié le lundi 22 juin par l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA).
Intitulé « Drive Digital Transformation of the Economy in the Republic of Congo », le rapport met en avant le rôle central du numérique dans la croissance future du pays, porté par la connectivité mobile, les services financiers numériques et la numérisation progressive des secteurs productifs.
« La République du Congo a construit une base solide dans la connectivité mobile, mais combler le fossé d’utilisation nécessite désormais des réformes budgétaires, réglementaires et de la demande coordonnées », souligne la GSMA. L’organisation estime qu’un environnement plus favorable à l’investissement est indispensable pour libérer le potentiel économique du numérique.
Le Congo affiche une couverture relativement avancée avec environ 86 % de la population couverte par les réseaux 4G. Pourtant, l’usage reste très faible : seulement 19 % de la population utilise effectivement l’Internet mobile, tandis qu’environ 70 % des personnes couvertes restent hors ligne.
Ce déséquilibre met en évidence un enjeu structurel d’adoption plutôt qu’un manque d’infrastructures. Le pays obtient un score de 26/100 dans l’indice GSMA Digital Nations and Society 2025, dont 33/100 pour l’environnement politique et réglementaire, traduisant un cadre encore insuffisamment incitatif.
La GSMA souligne également que la numérisation de l’économie pourrait porter le nombre d’utilisateurs d’Internet mobile à environ 2,2 millions d’ici 2030, soit près de 31 % de la population congolaise. Cette progression s’accompagnerait d’un impact économique significatif, avec un impact fiscal net d’environ 93 milliards FCFA en 2030, grâce à une meilleure efficacité de la collecte et à l’élargissement de la base économique. Sur la période, les recettes fiscales cumulées pourraient atteindre 174 milliards FCFA, selon le rapport.
La GSMA souligne que les effets du numérique se feront sentir dans l’ensemble des secteurs de l’économie congolaise, notamment l’agriculture, l’industrie, les services, le commerce, les transports, les services financiers et l’administration publique.
Le développement du mobile money et des services numériques devrait notamment renforcer l’inclusion financière, en particulier dans les zones où l’accès aux services bancaires reste limité. La numérisation des chaînes de valeur devrait également améliorer la productivité, réduire les coûts de transaction et faciliter l’accès aux marchés.
Pour concrétiser ce potentiel, le rapport insiste sur la nécessité de réformes structurelles. Celles‑ci portent sur le renforcement de l’environnement d’investissement dans les infrastructures numériques, l’amélioration du cadre réglementaire et fiscal, ainsi que la réduction des coûts d’accès aux smartphones et aux données mobiles.
La GSMA met également en avant l’importance du développement des compétences numériques et du renforcement de la confiance dans les services numériques à travers des politiques de cybersécurité adaptées.
Samira Njoya
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Déjà adopté ou étudié par plusieurs pays d’Afrique, le modèle indien d’infrastructures publiques numériques suscite désormais l’intérêt du Burundi. Les discussions engagées ouvrent la voie à un éventuel partage d’expertise dans deux leviers jugés essentiels à la transformation numérique de l’économie.
Le Burundi explore des possibilités de coopération avec l’Inde pour renforcer ses infrastructures numériques, notamment dans les domaines de l’identité numérique et des paiements électroniques. Cette perspective a été évoquée le lundi 22 juin lors d’une rencontre entre Isidora Ntakiyiruta, assistante du ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, et Upender Singh Rawat, ambassadeur de l’Inde au Burundi. Les échanges ont porté sur les mécanismes susceptibles d’accompagner la modernisation des services publics et l’inclusion financière à travers le partage de l’expérience indienne en matière de transformation numérique.
Les discussions ont notamment mis en lumière le potentiel d’adaptation au contexte burundais de certaines composantes de l’India Stack, l’infrastructure publique numérique développée par l’Inde. Celle-ci repose sur plusieurs plateformes permettant l’identification numérique des citoyens, les paiements instantanés, l’échange sécurisé de données et l’accès dématérialisé aux services publics. Au cours des dernières années, ce modèle s’est imposé comme une référence internationale en matière de gouvernance numérique et d’inclusion financière.
L’intérêt du Burundi pour cette expérience intervient alors que les infrastructures publiques numériques (Digital Public Infrastructure – DPI) sont de plus en plus perçues comme des outils structurants pour améliorer l’efficacité de l’action publique, renforcer l’inclusion financière et élargir l’accès aux services essentiels. Dans ce domaine, l’Inde s’est imposée comme l’un des principaux référents mondiaux grâce à un écosystème numérique desservant environ 1,3 milliard de personnes. Son système de paiement instantané UPI (Unified Payments Interface), qui permet d’effectuer des transactions en temps réel, a notamment dépassé les frontières indiennes et est aujourd’hui opérationnel dans plusieurs pays, dont les Émirats arabes unis, Singapour, le Bhoutan, le Népal, le Sri Lanka, Maurice, le Qatar et la France.
Fort de cette expérience, New Delhi multiplie les partenariats internationaux autour de ses infrastructures numériques. Selon le gouvernement indien, 23 pays ont déjà signé des accords de coopération portant sur le partage de solutions liées à l’identité numérique, aux paiements électroniques, à l’échange de données et à la fourniture de services publics numériques. En Afrique, des pays comme le Kenya, la Tanzanie, l’Éthiopie, la Sierra Leone, la Gambie et le Lesotho figurent parmi les États engagés dans cette démarche.
Les deux parties ont également évoqué la possibilité d’établir des contacts techniques entre les institutions concernées afin d’examiner les conditions d’une éventuelle collaboration. Cette coopération viendrait renforcer des relations bilatérales déjà actives dans plusieurs secteurs, notamment l’énergie, où l’Inde soutient le projet hydroélectrique Kabu 16, considéré comme l’un des principaux symboles du partenariat entre les deux pays.
Samira Njoya
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Face à la multiplication des plateformes de services publics, le gouvernement a opté pour une centralisation numérique afin de simplifier l’accès aux démarches administratives. L’objectif est de renforcer l’interopérabilité des systèmes et d’améliorer l’efficacité de l’administration.
L'Éthiopie a officiellement lancé le samedi 20 juin la plateforme numérique unifiée MESOB, une initiative destinée à centraliser l'accès aux services publics et à accélérer la modernisation de l'administration. Présentée lors du sommet « Digital for Excellence », l'application vise à simplifier les démarches des citoyens et à accélérer la transformation numérique du secteur public.
Développée par l'Institut éthiopien d'intelligence artificielle, la solution MESOB fonctionne comme une super appli gouvernementale. À partir d'un compte unique adossé au système national d’identité numérique (Fayda), les utilisateurs peuvent accéder à plus de 185 services publics : obtention d’une pièce d’identité, démarches fiscales, licences commerciales, permis de travail ou formalités d’investissement.
La plateforme repose sur l'interconnexion des bases de données de plusieurs administrations, ce qui évite aux usagers de fournir plusieurs fois les mêmes informations et réduit les déplacements physiques entre les bureaux publics. Selon les autorités, cette intégration doit permettre de raccourcir les délais de traitement, d'améliorer la transparence administrative et de réduire les opportunités de corruption liées aux procédures manuelles.
Le lancement de MESOB s'inscrit dans une dynamique mondiale de développement des infrastructures publiques numériques (DPI). Ces systèmes reposent généralement sur trois piliers : une identité numérique, des plateformes d'échange de données entre administrations et des services accessibles en ligne. En Afrique, plusieurs pays, dont le Rwanda, le Kenya ou encore le Maroc, investissent dans ces infrastructures afin de rendre les services publics plus accessibles et de soutenir la transformation numérique de leur économie.
En Éthiopie, MESOB constitue l'un des piliers de la stratégie gouvernementale de numérisation 2025-2030. La plateforme s'appuie notamment sur Fayda, qui comptait plus de 20 millions d’inscrits en juillet 2025 et déjà 55 organismes connectés. Lors de sa phase pilote, lancée en avril 2025, MESOB regroupait 12 institutions fédérales et 41 services publics. Les autorités prévoient désormais d'étendre progressivement son périmètre à l'ensemble des ministères et organismes publics du pays.
Samira Njoya
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Face à un taux de chômage des jeunes avoisinant les 30 % en Algérie en 2025, les autorités misent sur un nouveau cadre numérique de certification des diplômes. Objectif : mieux aligner les formations sur les besoins du marché et faciliter l’insertion des diplômés.
Le ministère algérien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a annoncé le mercredi 17 juin la mise en ligne d’une version pilote du Cadre national de certification et de qualification (CNC), une plateforme numérique destinée à structurer et harmoniser la reconnaissance des diplômes universitaires. Accessible à l’adresse https://cnc.mesrs.dz/, l’outil vise à améliorer la lisibilité des formations et à faciliter la reconnaissance des compétences à l’échelle nationale et internationale.
« Cette version pilote constitue une étape fondamentale dans la mise en place d’un système d’enseignement supérieur transparent et fiable, et l’alignement des résultats de la formation universitaire sur les besoins réels de l’économie nationale », indique le ministère, qui précise que le dispositif devrait également renforcer la mobilité professionnelle des diplômés.
Le CNC repose sur une approche basée sur les compétences. Il permet de classer les diplômes selon des niveaux précis intégrant les savoirs, savoir-faire et savoir-être, ainsi que des critères comme l’autonomie, la responsabilité et les capacités de communication. L’objectif est de fournir une lecture plus claire des qualifications et de mieux relier les parcours universitaires aux besoins du marché de l’emploi.
Dans le détail, la plateforme sert à décrire et classifier les certifications délivrées par l’enseignement supérieur, tout en établissant des repères comparables au niveau international. Elle s’adresse à la fois aux étudiants, aux établissements et aux employeurs, afin de faciliter l’interprétation des diplômes et l’identification des compétences lors des recrutements.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’université algérienne. Elle vise à renforcer la transparence du système, améliorer la crédibilité des diplômes nationaux et adapter plus efficacement l’offre de formation aux besoins de l’économie. Selon le ministère, les méthodologies adoptées s’inspirent de cadres déjà en vigueur dans près de 150 pays, qui ont développé des systèmes similaires pour standardiser les qualifications et améliorer la mobilité académique et professionnelle.
Samira Njoya
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La connectivité mobile poursuit son expansion sur le continent et renforce son rôle dans l’économie africaine. Pour la GSMA, la prochaine étape clé consiste à transformer cette connectivité en usage numérique réel et inclusif.
Les technologies et services mobiles ont généré 240 milliards USD de valeur ajoutée en 2025 en Afrique, soit 7,8 % du PIB du continent, selon un rapport publié le mardi 16 juin par la GSMA. Le secteur a également soutenu environ 13 millions d’emplois et contribué à hauteur de 45 milliards USD aux recettes publiques, confirmant son poids croissant dans l’économie africaine.
Intitulé The Mobile Economy Africa 2026, le rapport précise que cette performance s’inscrit dans un contexte de transformation progressive du secteur mobile, qui ne se limite plus à la connectivité mais devient un moteur d’innovation et de numérisation. Les opérateurs évoluent désormais vers un rôle de partenaires de transformation numérique, en intégrant l’intelligence artificielle, les services numériques et les API ouvertes destinées aux développeurs.
Malgré ces avancées, le principal défi du continent reste l’adoption des services numériques. Si la couverture mobile haut débit est largement disponible, environ 63 % des Africains couverts n’utilisent pas Internet mobile, en raison notamment du coût des terminaux, du prix des données et du manque de compétences numériques. L’abordabilité demeure ainsi le principal frein à l’inclusion numérique sur le continent.
Le rapport met également en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans le secteur mobile, utilisée pour améliorer les réseaux, optimiser l’expérience client et développer de nouveaux services. Toutefois, la GSMA note que les modèles d’IA restent encore peu adaptés aux réalités linguistiques africaines.
Enfin, les opérateurs mobiles devraient investir plus de 76 milliards USD entre 2024 et 2030 dans les infrastructures réseau, afin d’accompagner l’extension de la 5G, l’amélioration de la qualité des services et la montée en puissance des usages numériques sur le continent. Selon la GSMA, ces investissements seront déterminants pour transformer la connectivité existante en gains économiques effectifs et réduire le déficit d’adoption numérique en Afrique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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