Confronté au sous-emploi des jeunes, le Kenya mise sur l’externalisation pour créer des emplois numériques et séduire les investisseurs, avec l’ambition de devenir une référence africaine des services aux entreprises.
Dans une démarche inédite, quatre opérateurs majeurs de l’externalisation des services aux entreprises ont lancé cette semaine « The Outsourcing Alliance of Kenya » (OAK). Cette coalition privée vise à structurer et accélérer le développement des Global Business Services, incluant le BPO et les services informatiques externalisés. L’annonce a été faite le jeudi 5 février par le ministère de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique sur son compte X, marquant une nouvelle étape pour un secteur appelé à jouer un rôle central dans la création d’emplois.
𝐊𝐞𝐧𝐲𝐚'𝐬 𝐆𝐥𝐨𝐛𝐚𝐥 𝐁𝐮𝐬𝐢𝐧𝐞𝐬𝐬 𝐒𝐞𝐫𝐯𝐢𝐜𝐞𝐬 𝐒𝐞𝐜𝐭𝐨𝐫 𝐑𝐞𝐚𝐜𝐡𝐞𝐬 𝐍𝐞𝐰 𝐌𝐢𝐥𝐞𝐬𝐭𝐨𝐧𝐞𝐬 𝐰𝐢𝐭𝐡 𝐋𝐚𝐮𝐧𝐜𝐡 𝐨𝐟 𝐎𝐮𝐭𝐬𝐨𝐮𝐫𝐜𝐢𝐧𝐠 𝐀𝐥𝐥𝐢𝐚𝐧𝐜𝐞
— Ministry of Info, Comms & The Digital Economy KE (@MoICTKenya) February 5, 2026
The Outsourcing Alliance of Kenya (OAK) was officially launched on February 3, 2026, signaling… pic.twitter.com/NjaNNt3g7M
Le lancement officiel s’est déroulé en présence de représentants du gouvernement. Selon Kenyan Wall Street, l’alliance regroupe notamment CCI Kenya, CloudFactory Kenya, Teleperformance Kenya et Sama Kenya. Elle ambitionne de fédérer plus de vingt membres d’ici au deuxième trimestre 2026 et de contribuer à la création de 100 000 emplois sur l’ensemble de la chaîne de valeur.
Le secrétaire principal chargé des TIC et de l’Économie numérique, John Tanui, a rappelé dans un discours lu lors de l’événement que l’expansion des Global Business Services constitue un levier pour offrir des opportunités inclusives aux jeunes. Il a souligné le rôle catalyseur de l’État à travers des politiques ciblées, des cadres réglementaires adaptés et des mesures facilitant l’accès aux marchés internationaux. Le gouvernement s’appuie notamment sur des programmes de formation comme Ajira Digital et Jitume, qui visent à former massivement les jeunes Kényans aux compétences recherchées par le marché mondial de l’outsourcing, selon le ministère de l’Économie numérique.
Cette initiative intervient alors que le Kenya enregistre un taux de chômage d’environ 5,2 % en 2025, avec une situation particulièrement difficile pour les jeunes. Dans le même temps, la pénétration d’internet atteint 48 % en 2025, un taux encore perfectible, mais en nette progression, qui constitue un facteur déterminant pour le développement des services numériques et de l’outsourcing.
Félicien Houindo Lokossou
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Malgré leur popularité auprès du public, de nombreux artistes ivoiriens tirent peu de revenus de la diffusion numérique de leurs œuvres. Les autorités entendent corriger cette situation en structurant la monétisation des contenus numériques, afin de garantir une rémunération plus équitable.
Le gouvernement ivoirien a annoncé sa volonté de faire de la monétisation des contenus numériques une réalité à l’horizon 2026, en réponse aux attentes des acteurs de la culture, de la musique et des médias. La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a engagé, le lundi 2 février, des discussions avec la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) ainsi que plusieurs partenaires du secteur, afin de définir des mécanismes de valorisation des contenus numériques produits localement.
Concrètement, la démarche vise à mettre en place un cadre réglementaire et opérationnel permettant de capter et de redistribuer une part significative des revenus issus de l’écoute en ligne, du streaming musical, de la vidéo et des contenus audiovisuels. L’exécutif entend ainsi structurer un écosystème dans lequel les plateformes numériques, locales comme internationales, rémunèrent les artistes et créateurs selon des règles claires, tout en renforçant la régulation des droits d’auteur et des contrats de distribution.
La question revêt une dimension économique croissante. Selon le « Global Music Report 2025 » de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI), l’Afrique subsaharienne a enregistré en 2024 une croissance de 22,6 % des revenus de la musique enregistrée, atteignant un niveau record de 110 millions USD, soit près de cinq fois la croissance mondiale, estimée à 4,8 % sur la même période.
En Côte d’Ivoire, les plateformes de streaming musical telles que Boomplay, Spotify, Apple Music ou Deezer gagnent progressivement du terrain. Les modèles de rémunération varient toutefois selon les plateformes et les marchés. À titre indicatif, un million d’écoutes sur Spotify peut générer environ 1,2 million FCFA (environ 2155 USD) pour les ayants droit, illustrant le potentiel économique du streaming, mais aussi les écarts persistants de revenus.
Malgré une audience numérique en expansion, la monétisation demeure limitée pour de nombreux artistes d’Afrique francophone. Une part importante de la valeur créée continue d’échapper aux créateurs locaux, en raison de structures contractuelles peu favorables et de cadres réglementaires encore insuffisamment adaptés aux réalités du numérique.
L’initiative ivoirienne s’inscrit, par ailleurs, dans un contexte plus large de développement de l’économie numérique nationale. Le pays dispose d’une infrastructure mobile relativement solide. Au premier trimestre 2025, le taux de couverture 4G atteignait 76,88 %, facilitant l’accès aux services numériques et aux plateformes de diffusion de contenus.
En structurant la monétisation des contenus numériques, Abidjan cherche à intégrer davantage l’économie créative dans le secteur formel, à renforcer les revenus des artistes et producteurs locaux et à positionner la culture numérique comme un levier de croissance économique et d’emplois, alors que les marchés du streaming et des contenus numériques poursuivent leur dynamique d’expansion sur le continent africain.
Samira Njoya
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Partenaire de Zipline depuis près d’une décennie, le Rwanda a été l’un des premiers pays au monde à adopter la livraison autonome par drone. Cette collaboration historique prend désormais une nouvelle dimension, avec l’élargissement des usages et de la couverture du service.
Le Rwanda a signé, le jeudi 6 février, un accord d’expansion stratégique avec Zipline afin de devenir le premier pays au monde à disposer d’un réseau national de livraison autonome par drones, incluant le tout premier réseau urbain de livraison par drone en Afrique. Cet accord intervient dans le cadre de la subvention de 150 millions de dollars accordée à Zipline par le Département d’État américain, dont le Rwanda est le premier bénéficiaire.
« Le Rwanda et Zipline travaillent ensemble depuis des années pour exploiter la technologie au service de notre peuple. Nous avons été témoins de l’impact extraordinaire de la livraison par drone – économiser du temps, économiser de l’argent et sauver des vies. Grâce à ce partenariat, nous allons désormais étendre la livraison urbaine, en apportant ces avantages à encore plus de collectivités », a déclaré Paula Ingabire, ministre rwandaise des TIC et de l’Innovation.
Concrètement, le Rwanda sera le premier pays africain à déployer le système de livraison urbaine de Zipline, Platform 2 (P2). Cette technologie permet des livraisons rapides, silencieuses et extrêmement précises dans des environnements urbains denses comme Kigali, qui concentre à elle seule près de 40 % de la demande nationale de soins de santé. La plateforme est déjà utilisée aux États‑Unis pour livrer des dizaines de milliers de produits de détail et alimentaires directement à domicile ou dans des espaces publics.
L’accord prévoit également le renforcement du réseau existant avec l’ouverture d’un troisième centre de distribution longue distance dans le district de Karongi, en complément des hubs de Muhanga et Kayonza. Cette nouvelle infrastructure permettra d’étendre les livraisons au‑delà de la forêt de Nyungwe, notamment vers les districts frontaliers de la République démocratique du Congo, améliorant ainsi l’équité territoriale dans l’accès aux produits médicaux essentiels.
Au‑delà de la logistique, Zipline ambitionne d’installer au Rwanda son premier centre international d’essais dédié à l’intelligence artificielle et à la robotique. Ce centre de recherche et développement servira à tester de nouveaux systèmes de sécurité, des logiciels logistiques de nouvelle génération et les performances des aéronefs dans diverses conditions climatiques. Il vise également la formation de talents locaux et la création d’emplois hautement qualifiés dans les technologies avancées.
Ce nouvel accord s’inscrit dans une coopération de long terme entre le Rwanda et Zipline. Présente dans le pays depuis 2016, la société américaine a vu son partenariat renouvelé à plusieurs reprises, dont un contrat de 61 millions de dollars signé en décembre 2022. Celui‑ci prévoit l’extension des sites de livraison en zones rurales et urbaines, avec l’objectif de tripler les volumes et d’atteindre près de 2 millions de livraisons d’ici 2029, pour plus de 200 millions de kilomètres parcourus par des drones autonomes.
Selon les données communiquées par l’entreprise, cette collaboration avec Zipline a contribué à une baisse de 51 % de la mortalité maternelle dans les zones couvertes. Par ailleurs, l’intégration en temps réel des données de livraison dans les systèmes nationaux de santé et d’urgence a permis de renforcer la capacité de surveillance épidémiologique et la réactivité face aux crises sanitaires.
Samira Njoya
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Face à la pénurie de médecins et à la demande croissante de soins spécialisés, l’Afrique explore la chirurgie robotique pour optimiser les compétences disponibles. Le Maroc, en multipliant les initiatives, entend se positionner à l’avant-garde de cette révolution médicale sur le continent.
Le jeudi 29 janvier, le Maroc a inauguré ses premiers services publics de chirurgie robotique au Centre hospitalier universitaire (CHU) Mohammed VI d’Agadir, avec les premières interventions assistées par robot réalisées dans un établissement public. Cette annonce est survenue la veille de l’inauguration, à Casablanca, de la Mohammed VI Interventional Simulation and Robotic Surgery School (M6 ISRSS), école dédiée à la formation en chirurgie robotique et en simulation interventionnelle. Ces deux initiatives successives illustrent une stratégie nationale visant à moderniser le système de santé et à réduire les disparités régionales en matière d’accès aux soins spécialisés.
Un déficit de médecins qui pèse sur l’offre de soins spécialisés
Cette démarche répond à un déficit structurel de médecins et de chirurgiens. En 2023, le royaume affichait une densité médicale de 7,8 à 7,9 médecins pour 10 000 habitants, inférieure au seuil critique de 2,5 médecins pour 1000 habitants recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En 2025, le ministère de la Santé a estimé le besoin supplémentaire en ressources humaines à plus de 96 000 professionnels, dont 32 000 médecins et 64 000 infirmiers, afin de faire face à la demande croissante de soins spécialisés.
L’introduction de la chirurgie robotique vise à compenser partiellement cette pénurie en optimisant l’utilisation des compétences existantes. Les systèmes robotisés permettent aux chirurgiens d’intervenir avec une précision accrue et ouvrent la voie à des modèles d’intervention à distance et de supervision inter-hospitalière, rendus possibles par des infrastructures numériques fiables.
Le Maroc a déjà démontré sa capacité à opérer à distance. En 2024, une prostatectomie radicale a été réalisée entre Casablanca et Shanghai, à plus de 12 000 km. L’année suivante, une nouvelle téléchirurgie a été menée avec succès entre Casablanca et Tanger, confirmant la faisabilité technique de ces interventions au niveau national.
Un marché mondial en forte croissance
L’investissement marocain s’inscrit dans un contexte mondial de forte expansion de la chirurgie robotique. Selon Mordor Intelligence, le marché mondial est estimé à 8,31 milliards USD en 2025 et devrait atteindre 12,83 milliards USD d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel moyen de 9,07 %. Cette croissance est portée par la demande des populations vieillissantes pour des interventions moins invasives et plus précises, ainsi que par la consolidation hospitalière favorisant les plateformes de chirurgie à forte utilisation. En Afrique, le marché reste dominé par l’Afrique du Sud et l’Égypte, mais le Maroc pourrait en profiter grâce à ses nouvelles infrastructures et à l’expertise croissante de ses équipes médicales.
Un investissement stratégique pour le pays
Le projet de robot chirurgical Revo-i au CHU d’Agadir représente un investissement public de 26,35 millions de dirhams (≈ 2,9 millions USD). Il s’inscrit dans une stratégie visant à rapprocher les soins spécialisés des citoyens, à réduire les déplacements médicaux et à renforcer l’offre régionale et nationale. La plateforme sert également de centre de formation et de supervision pour les équipes hospitalières, garantissant un déploiement progressif et sécurisé de la technologie.
Le lancement de la M6 ISRSS complète cette démarche. L’école propose le premier diplôme universitaire de chirurgie robotique, couvrant plusieurs spécialités : urologie, chirurgie générale, gynécologie et chirurgie thoracique, et forme des chirurgiens et techniciens capables de maintenir un niveau homogène de qualité des soins, même lorsque les compétences spécialisées ne sont pas disponibles localement. Cette approche permet aussi d’améliorer l’attractivité des carrières hospitalières et de limiter la fuite des talents vers le secteur privé ou l’étranger.
Si la chirurgie robotique ne peut à elle seule combler le déficit de médecins et d’infirmiers, elle constitue un levier stratégique pour moderniser l’offre de soins spécialisés. En combinant investissement technologique, formation avancée et premières expérimentations de téléchirurgie, le Maroc cherche à bâtir un système de santé plus résilient, capable d’absorber les tensions liées à la pénurie de praticiens tout en s’alignant sur les standards internationaux.
Samira Njoya
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À la tête de ce ministère, sa prédécesseure Rose Pola Pricemou a marqué le développement du numérique guinéen. Mourana Soumah prend ses fonctions avec la mission de consolider ces acquis et de déployer des projets numériques à l’échelle nationale.
Mourana Soumah (photo) est désormais ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation. Il a été nommé le lundi 2 février par décret présidentiel signé par le président guinéen Mamadi Doumbouya. Il prend la tête d’un ministère élargi, issu de la fusion entre le ministère de l’Information et de la Communication, précédemment dirigé par Fana Soumah, et celui des Postes, Télécommunications et de l’Économie numérique, anciennement occupé par Rose Pola Pricemou.
Formé en sciences économiques à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, Mourana Soumah est titulaire d’un master en gestion de la politique économique (CERDI-Université d’Auvergne, France) et d’un diplôme du cycle international de l’ENA Paris-Strasbourg, option Économie et finances publiques. Il a également suivi de nombreuses formations spécialisées auprès d’institutions internationales, notamment au FMI, à Bercy, à la BCEAO, au Canada et au Maroc.
Une longue expérience en finance
Avant cette nomination, Mourana Soumah occupait le portefeuille de l’Économie et des Finances depuis mars 2024, pilotant des réformes majeures pour moderniser la gestion financière de l’État, assainir la trésorerie publique et renforcer la crédibilité budgétaire. Il a également représenté la Guinée auprès du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, tout en présidant ou siégeant dans plusieurs comités stratégiques nationaux, tels que le Comité stratégique Simandou et le Comité de pilotage du C2D.
Avant son entrée au gouvernement, il a occupé des postes clés au sein de l’administration financière, notamment comme directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP) de 2021 à 2024, après avoir dirigé l’Agence comptable centrale des dépôts du Trésor et participé à plusieurs comités stratégiques rattachés à la Primature, au ministère des Finances et au ministère du Budget. Il a contribué à des réformes telles que la mise en place du Compte unique du Trésor (CUT), du Système comptable intégré de l’État (SCIE) et du Système national de paiements, illustrant son engagement pour une gestion publique modernisée.
Des attentes fortes
À son nouveau poste, Mourana Soumah est attendu pour apporter une vision moderne et intégrée de la communication publique, accélérer la transformation numérique de l’administration, renforcer la souveraineté numérique et stimuler l’innovation comme levier de croissance économique, de transparence et d’inclusion. Les chantiers prioritaires en cours incluent l’extension de la connectivité aux zones encore non desservies, où plus de 600 zones blanches ont été identifiées, le développement des usages numériques dans l’éducation et les services publics, ainsi que le renforcement de la cybersécurité et de l’hébergement local des données.
Dans un pays où 14,2 millions de connexions mobiles ont été enregistrées en 2025, soit environ 95 % de la population selon DataReportal, et où la pénétration Internet atteint près de 26,5 % (environ 4 millions d’utilisateurs), la structuration de l’écosystème numérique demeure un enjeu central pour l’inclusion digitale et l’accès à l’information. La Guinée a également connu une croissance rapide des abonnements à l’Internet mobile, avec une hausse de près de 97,4 % ces dernières années, illustrant l’expansion des usages numériques et l’urgence de ces chantiers.
Samira Njoya
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Avec plus de neuf objectifs sur dix atteints en 2025, le ministère burkinabè chargé du numérique présente un bilan solide. Connectivité, services publics en ligne et inclusion numérique figurent au cœur des avancées, alors que de nouveaux chantiers structurants sont annoncés pour 2026.
Le Burkina Faso a enregistré une avancée significative dans la mise en œuvre de son contrat d’objectifs 2025, avec un taux de réalisation de 91 % au sein du ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques. Ces résultats ont été présentés lors de la séance d’évaluation tenue le mardi 3 février, sous la présidence du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
Selon le communiqué officiel du ministère, l’année 2025 aura été une année « charnière » pour le département chargé de la transition digitale et des postes, tant par l’ampleur des chantiers engagés que par les résultats concrets obtenus. En matière de connectivité, 370 nouvelles localités ont été raccordées au réseau de téléphonie, offrant pour la première fois à leurs populations un accès effectif aux services de téléphonie et à Internet, contribuant ainsi à la réduction de la fracture numérique.
Au-delà de l’extension de la connectivité, plusieurs réalisations structurantes ont marqué l’année écoulée. La modernisation de l’administration publique s’est accélérée avec 272 plateformes de services en ligne développées ou en cours de déploiement, dont 146 déjà opérationnelles, facilitant l’accès des citoyens et des entreprises aux services publics. Sur le plan de l’inclusion numérique, un contrat d’objectifs entre l’État et La Poste a été signé pour la construction de 20 « Zama Tchéy » ou Maisons du citoyen, destinées à accompagner notamment les populations les plus vulnérables dans l’utilisation des services numériques.
Pour 2026, le ministère entend capitaliser sur ces acquis. Les priorités incluent la mise en place d’un système d’enrôlement pour l’identification unique électronique de la personne, avec l’objectif d’enregistrer sept millions de personnes d’ici la fin de l’année. La poursuite du chantier « zéro zone blanche », avec la couverture de 750 nouvelles localités, la construction d’un réseau dédié à l’administration publique, ainsi que le développement d’outils nationaux de messagerie et de collaboration numériques, figurent également parmi les actions prévues.
Parallèlement, un centre de supervision des infrastructures numériques a été lancé en janvier 2026 afin de renforcer la capacité du pays à protéger et à gérer ses systèmes numériques critiques. Pour la mise en œuvre de l’ensemble de ces projets, le ministère a mobilisé un budget de 61 milliards de francs CFA, soit environ 109,7 millions de dollars.
Malgré ces avancées, le Burkina Faso reste confronté à des défis structurels, notamment en matière de pénétration d’Internet et d’accès équitable à des services numériques de qualité sur l’ensemble du territoire. Selon DataReportal, le pays comptait 5,42 millions d’utilisateurs d’Internet à la fin de 2025, pour un taux de pénétration de 22,4 %. À la même période, 29,3 millions de connexions mobiles étaient actives, soit 121 % de la population totale, illustrant un important potentiel de développement des usages numériques.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Présentée comme une solution au déficit de financement des travailleurs de l’économie des plateformes en Afrique, GoCab cherche à accélérer son passage à l’échelle. La fintech s’appuie sur cette nouvelle levée de fonds pour renforcer son modèle de mobilité inclusive et électrique.
Dans un communiqué publié le mardi 3 février, la fintech GoCab, spécialisée dans la mobilité et le financement de véhicules, a annoncé la clôture d’un tour de table de 45 millions de dollars. L’opération comprend 15 millions de dollars en fonds propres et 30 millions de dollars en dette, et vise à accélérer le déploiement de solutions de mobilité électrique et inclusive sur plusieurs marchés africains.
Menée par E3 Capital et Janngo Capital, la levée de fonds a également réuni KawiSafi Ventures et Cur8 Capital. Selon l’entreprise, les ressources mobilisées serviront à renforcer ses activités sur ses marchés actuels, à s’implanter dans de nouvelles villes à forte croissance et à augmenter la part de véhicules électriques au sein de sa flotte. GoCab prévoit par ailleurs de déployer des outils basés sur l’intelligence artificielle pour le scoring, l’optimisation de flotte et la gestion des risques.
« En Afrique, des millions de personnes restent exclues à la fois de la mobilité et du financement. Ce tour de table nous permet de changer d’échelle tout en élargissant l’accès à un financement éthique et en accélérant la transition vers la mobilité électrique », souligne Azamat Sultan, cofondateur et président exécutif de GoCab.
Fondée en 2024 par Azamat Sultan et Hendrick Ketchemen, deux anciens professionnels de la banque d’investissement spécialisés en finance structurée et en marchés émergents, GoCab s’est donné pour objectif de répondre à l’accès limité au financement et à la propriété de véhicules pour les travailleurs de l’économie des plateformes. L’entreprise propose un modèle permettant aux chauffeurs et livreurs de générer des revenus réguliers tout en accédant progressivement à la propriété de leur véhicule.
Après 18 mois d’activité, GoCab est présente sur cinq marchés africains et revendique plus de 17 millions de dollars de revenus annuels récurrents. L’entreprise emploie aujourd’hui plus de 120 personnes issues de 18 nationalités. Elle accompagne plusieurs milliers de chauffeurs et entend contribuer à la structuration de systèmes de mobilité urbaine plus durables.
Dans un contexte où l’Afrique compte une population croissante de travailleurs de l’économie des plateformes, encore largement exclue des systèmes financiers traditionnels, GoCab ambitionne de s’imposer comme un acteur clé de la mobilité durable. À moyen terme, l’entreprise vise le déploiement de 10 000 véhicules opérationnels et l’atteinte de 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents, en s’appuyant sur un modèle combinant financement éthique, technologie et transition énergétique.
Samira Njoya
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Dans plusieurs pays africains, l’accès au financement demeure l’un des principaux obstacles à la concrétisation des projets entrepreneuriaux. Parmi les facteurs en cause figurent la faiblesse du montage des dossiers et la complexité des procédures.
Le Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo (Fogec) a lancé, le mardi 3 février à Kinshasa, une plateforme numérique dédiée à l’élaboration des plans d’affaires et à la dématérialisation du processus de soumission des dossiers de financement. Baptisée Bokeli, l’initiative s’inscrit dans les efforts des autorités congolaises pour améliorer l’accompagnement des porteurs de projets et renforcer l’accès des PME et des start‑up au crédit.
Accessible via l’adresse https://bokeli.fogec.cd/, la plateforme permet aux entrepreneurs de structurer leurs projets à travers des outils numériques dédiés à la conception de business plans, à la préparation des dossiers financiers et à leur transmission aux structures concernées. Elle vise notamment à standardiser les informations requises par les institutions financières et à réduire les contraintes administratives qui freinent l’instruction des demandes de financement.
À travers ce dispositif, le Fogec entend répondre à l’un des principaux obstacles identifiés dans l’écosystème entrepreneurial congolais : la difficulté pour de nombreux porteurs de projets à présenter des dossiers techniquement solides et conformes aux exigences des banques et des mécanismes de garantie. L’institution rappelle que sa mission consiste à faciliter l’accès au financement des PME, des start‑up et des artisans, en apportant des garanties aux projets jugés viables, dans un contexte où l’insuffisance de garanties reste un frein majeur au crédit bancaire.
Cette initiative intervient dans un environnement marqué par une montée progressive de l’entrepreneuriat, portée notamment par une population jeune de plus en plus engagée dans la création d’activités économiques. Toutefois, le dynamisme entrepreneurial peine encore à se traduire par des financements structurés. Selon les données de Partech Africa, qui recense les opérations de levées de fonds supérieures à 100 000 USD sur le continent, les start‑up de la RDC ont levé 2 millions USD en 2024, après 1 million USD en 2023, des montants qui restent modestes au regard du potentiel du marché congolais. Du côté du Fogec, en cinq années d’existence, l’institution revendique l’accompagnement de près de 300 projets pour un montant global avoisinant 3,2 millions USD.
Dans ce contexte, les difficultés liées à la formalisation des projets, à la qualité des plans d’affaires et à la complexité des procédures figurent parmi les facteurs régulièrement cités par les acteurs du secteur financier. En mettant à disposition un outil numérique dédié à ces étapes clés, le Fogec cherche à renforcer la bancabilité des projets et à fluidifier l’interaction entre entrepreneurs, structures de garantie et institutions financières, dans l’objectif de soutenir plus efficacement le développement du tissu productif national.
Samira Njoya
La République mauricienne fait partie des meilleurs élèves africains en matière d’IA. Selon le Government AI Readiness Index du cabinet britannique Oxford Insights, Maurice affichait en 2024 un score de 53,94 sur 100, se classant premier en Afrique subsaharienne.
Maurice intègre l’intelligence artificielle générative dans son système éducatif avec le lancement de mytGPT Education, un assistant pédagogique développé par Mauritius Telecom et le ministère de l’Éducation. L’outil, officiellement lancé le lundi 26 janvier, vise à moderniser les pratiques d’apprentissage et d’enseignement à l’échelle nationale.
« La mise en œuvre de mytGPT Education dans les écoles s’inscrit pleinement dans notre stratégie, dont l’objectif est de faire de l’intelligence artificielle un outil au service du progrès national, accessible à tous. À travers ce projet, chaque enfant à Maurice pourra disposer d’un accompagnateur pédagogique IA capable de soutenir son apprentissage », a déclaré Veemal Gungadin, CEO de Mauritius Telecom.
Concrètement, mytGPT Education repose sur des technologies d’IA générative conçues pour fournir un accompagnement pédagogique personnalisé aux élèves. La plateforme propose des explications adaptées au niveau de chaque apprenant, des exercices interactifs ainsi qu’un contenu sécurisé disponible en anglais, français et créole phonétique. Pour les enseignants, l’outil permet d’automatiser la production de quiz et de supports pédagogiques, tout en intégrant des fonctionnalités d’analyse des performances scolaires, susceptibles d’orienter plus finement les stratégies d’enseignement.
Le projet est déployé, dans un premier temps, sur une base pilote auprès des élèves des Grades 4, 7, 8 et 9, dans huit établissements scolaires, comprenant quatre écoles primaires et quatre collèges d’État répartis sur l’ensemble du territoire. Plus de 50 ressources pédagogiques, alignées sur le National Curriculum Framework, ont déjà été intégrées à la plateforme. En parallèle, des sessions de formation organisées entre décembre 2025 et janvier 2026 ont permis de sensibiliser les enseignants aux fondamentaux de l’intelligence artificielle, à l’usage de la plateforme et aux bonnes pratiques liées au prompt engineering.
À travers cette expérimentation, Maurice s’inscrit dans une tendance mondiale visant à explorer le potentiel de l’IA générative appliquée à l’éducation, un segment encore émergent dans les pays africains. Si le projet ouvre la voie à une personnalisation accrue des apprentissages et à une optimisation des ressources pédagogiques, son passage à l’échelle dépendra de plusieurs facteurs clés : la robustesse technologique de la plateforme, son intégration avec les systèmes éducatifs existants, la gouvernance des données scolaires et la capacité du système éducatif à accompagner durablement les enseignants dans l’appropriation de ces nouveaux outils numériques.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte de forte concurrence entre hubs africains du numérique, le royaume mise sur des partenariats ciblés pour consolider son attractivité auprès des acteurs internationaux de l’offshoring.
Le Maroc a procédé, le mardi 27 janvier à Rabat, à la signature de trois accords destinés à renforcer l’écosystème de l’offshoring numérique. Conclus en marge d’une rencontre dédiée au renouvellement de l’offre nationale du secteur, ces partenariats visent à soutenir la formation, l’attractivité territoriale et l’implantation de projets à forte valeur ajoutée.
Les conventions portent notamment sur le déploiement de la prime à la formation, conçue comme un levier d’adaptation des compétences aux besoins des entreprises du numérique. Elles prévoient également le développement des Tech Valleys Offshoring, à travers la création de pôles économiques spécialisés intégrant infrastructures technologiques, services mutualisés et espaces dédiés à l’accueil d’investissements nationaux et internationaux.
La signature de ces accords intervient dans un contexte de transformation accélérée du marché mondial de l’offshoring, marqué par la digitalisation des services, l’essor du cloud, de la data et de l’intelligence artificielle. Dans ce nouvel environnement, les destinations historiques sont désormais en concurrence avec des hubs émergents, notamment en Afrique. Le Maroc cherche ainsi à consolider son positionnement en misant sur une offre plus structurée, davantage orientée vers les métiers numériques et les services à forte valeur ajoutée.
L’offshoring s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux contributeurs aux exportations de services du royaume. À fin 2024, le secteur comptait près de 148 500 emplois et générait plus de 26,2 milliards de dirhams (≈2,8 milliards USD) de recettes à l’export. Cette dynamique s’accompagne d’une évolution progressive des activités, avec un recul des centres d’appels traditionnels au profit des services IT, de l’ingénierie et des fonctions digitales spécialisées. Les autorités marocaines visent, à l’horizon 2030, un doublement des performances du secteur, avec un objectif de 270 000 emplois et près de 40 milliards de dirhams d’exportations.
À travers ces partenariats, le gouvernement entend renforcer la compétitivité de l’offre « Made in Morocco » sur le marché mondial des services numériques. La montée en compétences des talents, la structuration de pôles territoriaux spécialisés et la visibilité offerte aux investisseurs constituent les principaux leviers attendus.
À terme, ces accords pourraient contribuer à attirer de nouveaux projets technologiques, soutenir l’emploi qualifié et renforcer la place du Maroc comme plateforme régionale de services numériques destinés aux marchés européen et africain.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’intelligence artificielle est annoncée comme un moteur de transformation mondiale, avec des retombées économiques colossales attendues. Les pays africains, conscients des opportunités, se mobilisent pour développer leurs stratégies nationales et s’assurer une place dans cette course à l’innovation digitale.
Djibouti a lancé un processus structuré visant à définir sa future Stratégie nationale de l’intelligence artificielle (IA), avec l’appui du système des Nations unies. Le ministère de l’Économie numérique et de l’Innovation a organisé la semaine dernière une phase diagnostique nationale, suivie d’un atelier multi‑acteurs, réunissant institutions publiques, experts nationaux, partenaires internationaux, jeunes innovateurs et représentants du secteur privé et de la société civile.
#Djibouti pose les bases de son avenir numérique✨
— United Nations | Djibouti (@UNDjibouti) January 27, 2026
L’élaboration de la Stratégie nationale de l’#IA par le @MENIDjib, avec l'appui de l'@UNESCO à travers la phase diagnostique RAM et de l'@UNESCWA, marque une étape clé pour une IA éthique, inclusive et souveraine, au service du…
Les autorités djiboutiennes entendent ainsi poser les bases d’un cadre stratégique orienté vers une intelligence artificielle responsable, inclusive et éthique. L’objectif est d’anticiper les usages de l’IA, d’en encadrer le développement et d’en maximiser les retombées économiques et sociales, tout en assurant la protection des citoyens et la souveraineté numérique du pays.
Les échanges ont permis d’identifier plusieurs axes structurants, notamment : le renforcement des compétences locales, le développement des infrastructures numériques, la gouvernance des données, l’innovation technologique et l’intégration progressive de l’IA dans les politiques publiques. Une attention particulière a également été accordée à l’employabilité des jeunes et à la réduction des inégalités numériques.
Les contributions recueillies au cours de cet exercice alimenteront la version finale de la stratégie, afin qu’elle soit à la fois techniquement robuste, politiquement portée et opérationnelle à court et moyen terme. L’enjeu pour Djibouti est de disposer d’un cadre clair permettant d’orienter les investissements, de structurer l’écosystème numérique et d’attirer les partenariats technologiques.
Cette future Stratégie nationale de l’intelligence artificielle s’inscrit pleinement dans la Vision Djibouti 2035, le Plan national de développement 2025–2030 ainsi que le Cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable. Elle s’inscrit également dans une tendance mondiale marquée par l’essor rapide de l’intelligence artificielle. Selon le rapport « Annual Global CEO Survey » du cabinet PwC, l’IA pourrait générer jusqu’à 15 700 milliards USD pour l’économie mondiale d’ici 2030, dont près de 1200 milliards USD pour l’Afrique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Engagé dans un vaste chantier de transformation numérique, le Gabon s’appuie sur la coopération internationale pour renforcer ses capacités. Le pays a récemment consolidé son partenariat avec les États‑Unis, notamment dans le domaine de la formation aux métiers du digital.
La société technologique américaine Cybastion et l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) ont officiellement lancé, le mardi 27 janvier, un programme national de formations gratuites dédié aux métiers du numérique et de la cybersécurité. L’initiative est destinée à 1000 jeunes Gabonais.
Présentant le programme Africa DigiEmpower, la directrice générale de Cybastion Gabon, Antonia Akouré‑Davain (photo), a mis en avant la nécessité de développer les compétences locales afin de soutenir la dynamique de transformation numérique engagée par le Gabon. Elle a indiqué que l’initiative entend à la fois accompagner la modernisation des infrastructures digitales du pays et permettre aux jeunes ainsi qu’aux femmes d’acquérir des compétences opérationnelles adaptées aux besoins du marché, dans l’objectif de renforcer leur employabilité aussi bien dans le secteur public que privé.
Le dispositif repose sur trois niveaux de formation, allant de l’initiation aux spécialisations techniques. Un premier niveau, accessible sans prérequis, permettra aux apprenants d’acquérir des compétences de base en informatique et en usage des outils numériques. Les niveaux avancés offriront quant à eux des parcours certifiants en réseaux, cybersécurité et technologies numériques, afin de répondre aux besoins croissants du secteur digital.
Ce programme s’inscrit dans le prolongement d’un partenariat signé en 2025 entre Cybastion et l’État gabonais, visant à accélérer le développement des infrastructures numériques et à doter la main‑d’œuvre du pays de compétences numériques de classe mondiale. Dans ce cadre, l’ANINF, partenaire clé du projet, accueillera les formations au sein de l’ANINF Academy, dans les locaux de la tour ANINF, et accompagnera les apprenants tout au long de leur parcours. L’agence a également indiqué que les profils les plus performants pourront être mobilisés dans ses projets de transformation numérique du pays.
Au‑delà du Gabon, cette initiative s’inscrit dans un enjeu stratégique continental. Selon la Banque mondiale, plus de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne devraient nécessiter des compétences numériques d’ici 2030, dans une région où près de 60 % de la population a moins de 25 ans. En misant sur la formation, le Gabon entend ainsi renforcer son capital humain, stimuler l’employabilité des jeunes, soutenir l’économie numérique et contribuer à l’émergence d’une Afrique plus compétitive dans l’économie digitale mondiale.
Samira Njoya
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Dans un contexte de pressions financières croissantes, le Kenya mise sur le numérique pour automatiser ses paiements. L’idée est de renforcer la transparence, la rapidité et le contrôle, tout en modernisant ses systèmes de finances publiques.
Le Trésor national du Kenya a annoncé, le mardi 27 janvier, le lancement prochain d’un système numérique destiné à automatiser les paiements de la dette extérieure. L’information a été communiquée par le secrétaire principal du Trésor, Chris Kiptoo, à l’issue d’un briefing de l’équipe projet, en présence de représentants du Bureau du contrôleur du budget, du vérificateur général et de la Banque mondiale.
La plateforme devrait être opérationnelle à partir du lundi 2 février 2026, avec une période de fonctionnement parallèle d’un mois pour assurer une transition sécurisée.
Le système intégrera plusieurs dispositifs clés : le système de gestion de la dette Meridian, le système de taux de change de la Banque centrale du Kenya, ainsi que les processus de demande et d’approbation du Trésor public. Cette architecture vise à automatiser l’ensemble de la chaîne de paiement, de la génération des instructions à leur approbation et exécution, remplaçant ainsi les procédures manuelles par des flux de travail numériques sécurisés. Selon Chris Kiptoo, cette réforme devrait réduire les retards et les erreurs tout en améliorant la surveillance des obligations financières du pays.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la dette extérieure du Kenya représente près de la moitié de la dette publique totale. À la fin de 2025, la dette extérieure s’élevait à environ 5,5 milliards de shillings (42 milliards $), sur une dette publique totale dépassant les 11 000 milliards de shillings. L’importance de ces engagements rend cruciale la mise en place de mécanismes transparents et fiables pour le service de la dette, en particulier alors que Fitch souligne des besoins de financement croissants et la nécessité de gérer efficacement les emprunts extérieurs en 2026.
En modernisant la gestion des paiements de la dette, cette plateforme pourrait accélérer le traitement des transactions, renforcer la transparence et améliorer la traçabilité des fonds publics. Elle devrait également contribuer à une meilleure coordination entre les différents organismes gouvernementaux et à une supervision plus rigoureuse des obligations financières.
Toutefois, le passage à un système entièrement numérique soulève des défis en matière de cybersécurité, notamment la protection contre les intrusions, les fraudes et les défaillances techniques. La sécurisation des données sensibles et la résilience du système face aux cyberattaques seront déterminantes pour garantir la fiabilité et la continuité du paiement de la dette.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’utilisation d’Internet par les mineurs suscite un débat croissant à l’échelle mondiale. L’Afrique, elle aussi confrontée aux risques liés à l’exposition précoce aux réseaux sociaux, cherche à renforcer la protection des enfants en ligne. En Égypte, les autorités envisagent l’adoption d’un cadre législatif dédié.
Le Parlement égyptien a annoncé, le dimanche 25 janvier, son intention de rédiger une législation visant à réglementer l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants. L’information a été rendue publique dans un communiqué de la Chambre des représentants, qui indique que ce projet de loi ambitionne de limiter les effets négatifs du numérique sur les mineurs, notamment les risques psychologiques et comportementaux liés à une exposition précoce aux plateformes sociales.
Selon le texte, les députés entendent engager des consultations avec le gouvernement ainsi qu’avec des organismes spécialisés afin d’élaborer un cadre juridique adapté. Cette démarche vise à instaurer des mécanismes de contrôle de l’accès des enfants aux réseaux sociaux, tout en encadrant les pratiques des plateformes numériques opérant dans le pays.
Cette initiative intervient dans un contexte politique marqué par l’intervention du président Abdel‑Fattah el‑Sissi, qui a appelé, la veille, le gouvernement et les parlementaires à examiner la possibilité de restreindre l’usage des réseaux sociaux par les enfants, jusqu’à ce qu’ils atteignent un âge leur permettant de « gérer correctement » ces outils numériques. Les autorités égyptiennes rejoignent ainsi un débat mondial de plus en plus présent autour de la protection des mineurs dans l’espace numérique.
À l’échelle internationale, plusieurs pays ont déjà pris des mesures concrètes pour encadrer l’accès des jeunes aux plateformes sociales. En France, l’Assemblée nationale a récemment adopté en première lecture un texte visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’Australie a, pour sa part, adopté en décembre 2025 une loi pionnière interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, obligeant les plateformes à supprimer les comptes non conformes sous peine de lourdes amendes.
En Afrique, la protection de l’enfance en ligne demeure inégale. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), seuls 39 pays africains avaient, en 2024, adopté une stratégie nationale de protection des enfants en ligne. Dans le même temps, 32 % des États du continent étaient encore en phase d’élaboration, tandis que 41 % n’avaient engagé aucune démarche en ce sens. Cette situation contraste avec la croissance rapide des usages numériques, alors qu’un enfant dans le monde se connecte à Internet pour la première fois toutes les demi‑secondes, selon l’UIT.
Pour l’Égypte, l’adoption d’une telle législation pourrait renforcer la protection des mineurs face aux risques liés au numérique, notamment le cyberharcèlement, l’exposition à des contenus inadaptés ou les pressions sociales générées par l’usage intensif des écrans. Le chantier reste cependant complexe. La députée Amira El‑Adly a récemment souligné le manque de données officielles fiables sur l’utilisation d’Internet par les enfants dans le pays, ainsi que sur les impacts psychologiques ou comportementaux associés. Une lacune qui pourrait compliquer l’élaboration d’un cadre juridique à la fois efficace, équilibré et applicable.
Samira Njoya
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