Le Maroc se distingue comme l’un des pays africains les plus avancés dans la numérisation des services publics. Avec plus de 600 services en ligne et une population fortement connectée, le royaume accélère l’inclusion numérique et modernise ses interactions entre citoyens, entreprises et administrations.
Le Maroc accélère la structuration de son écosystème d’e-gouvernement. Huit mémorandums d’entente ont été signés mardi 10 février à Rabat pour lancer la phase opérationnelle du projet « Idarati X.0 », une méta-application appelée à devenir le point d’entrée unifié des services publics numériques.
Porté par le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, en coordination avec la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), le projet ambitionne de structurer un véritable écosystème autour d’un wallet numérique national. Cette brique centrale permettra aux citoyens d’accéder, via une interface unique, à plusieurs services administratifs, en s’appuyant sur la carte nationale d’identité électronique (CNIE) comme socle d’authentification.
Les conventions signées engagent notamment le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, le ministère du Transport et de la Logistique, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) ainsi que l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC). D’autres administrations sont également parties prenantes, traduisant une approche transversale fondée sur l’interopérabilité des systèmes.
Pensée comme une méta-application, Idarati X.0 ne se limite pas à agréger des services existants. Elle vise à repenser l’architecture des parcours usagers, à réduire la fragmentation des plateformes publiques et à centraliser les interactions entre l’administration et les citoyens. Le projet doit se déployer en quatre phases — du benchmark initial au chiffrage des investissements (Capex) et des coûts d’exploitation (Opex) — pour une durée estimée à six mois.
La question de la protection des données constitue un axe structurant du dispositif. Les autorités mettent en avant une approche fondée sur les principes de « privacy by design » et de « security by design », intégrant les exigences de conformité réglementaire et de cybersécurité dès la phase de conception technique. La CNDP est associée au processus afin d’assurer l’alignement du projet avec les standards nationaux en matière de confidentialité et de gouvernance des données.
Ce chantier s’inscrit dans la continuité de la stratégie « Maroc Digital 2030 », qui ambitionne d’accélérer la dématérialisation des procédures, de renforcer l’inclusion numérique et d’améliorer la qualité des services publics. En 2024, 600 services publics étaient déjà en ligne : 300 pour les citoyens, 200 pour les entreprises et 100 pour les administrations. Cette dynamique place le Maroc parmi les pays leaders en Afrique en matière de transformation numérique. Le royaume est classé 90ᵉ mondial et 4ᵉ en Afrique à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, avec un score de 0,6841 sur 1, supérieur aux moyennes africaine et mondiale.
Le contexte numérique marocain est particulièrement favorable à ce type d’initiative. Selon DataReportal, le royaume comptait plus de 35,3 millions d’internautes à la fin de 2025, soit un taux de pénétration d’environ 92 % de la population, tandis que le nombre de connexions mobiles dépassait 54,9 millions, traduisant une adoption massive du mobile et de l’accès Internet à large échelle.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Avec l’accélération de la numérisation des services publics, les données s’imposent comme un actif stratégique pour les États. Leur organisation et leur exploitation deviennent essentielles pour améliorer la gouvernance, moderniser l’administration et soutenir la transformation numérique.
Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb (photo), a officiellement lancé le lundi 9 février le dispositif national de gouvernance des données. Les autorités présentent le projet comme un socle pour la modernisation de l’État et l’accélération de la transformation numérique du pays.
Selon le Premier ministre, ce dispositif constitue un modèle souverain reposant sur la maîtrise, l’organisation et la protection des données, considérées comme des actifs stratégiques. Il doit favoriser la transition d’une gouvernance administrative traditionnelle vers une gouvernance numérique fondée sur l’exploitation de données fiables pour améliorer la prise de décision publique.
Le système prévoit la mise en place d’un cadre juridique, institutionnel et technique destiné à organiser la collecte, le stockage, le partage et l’exploitation des données publiques. Il doit notamment renforcer la sécurité des systèmes d’information, assurer l’interopérabilité entre les administrations et établir une base nationale unifiée des sources de données. L’objectif est de permettre un échange sécurisé et standardisé des informations entre les institutions, afin d’éviter les silos de données et de fiabiliser les statistiques publiques, tout en soutenant le développement de services numériques fondés sur des données centralisées et actualisées.
L’initiative s’inscrit dans la stratégie « Algérie Numérique 2030 », qui vise la modernisation de l’administration et le développement de l’économie digitale. Le pays a déjà engagé plusieurs projets de dématérialisation des services publics et de renforcement des infrastructures numériques, avec notamment la mise en service de cinq centres de données régionaux destinés à l’hébergement et à la sécurisation des informations publiques.
Consacré par le décret présidentiel n° 25‑350 du 30 décembre 2025, le dispositif national de gouvernance des données doit désormais servir de socle à l’exploitation structurée des données publiques. Les autorités attendent de ce cadre une meilleure coordination entre administrations, une fiabilisation des décisions publiques et un environnement réglementaire plus lisible pour les acteurs économiques, alors que les données s’imposent comme un levier central de la transformation numérique et de l’attractivité économique du pays.
Samira Njoya
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Alors que la transformation numérique s’accélère en Afrique, les gouvernements intensifient la numérisation des services publics. D’où la nécessité de garantir la confiance numérique, en particulier à travers des dispositifs d’identification.
Le président de la République de Djibouti, Ismail Omar Guelleh, a procédé, le lundi 9 février, au lancement officiel de la plateforme Mobile ID, en marge de la clôture du Forum national de l’identité numérique, tenu au Palais du Peuple sous son haut patronage.
Conçue pour simplifier et sécuriser l’accès des citoyens aux services publics et privés, Mobile ID permet une authentification électronique via smartphone ou identifiant numérique unique. La plateforme vise à réduire les démarches administratives, à renforcer la transparence des interactions avec l’État et à inscrire Djibouti dans une dynamique d’économie numérique moderne. Parmi les usages prioritaires figurent l’accès aux services d’état civil, les démarches fiscales, l’ouverture de comptes bancaires ou encore la signature électronique de documents officiels.
Au-delà de la simplification des procédures, les autorités entendent faire de Mobile ID un outil d’interopérabilité des données. À terme, des documents tels que le permis de conduire ou certaines informations de santé pourraient être intégrés autour de l’identifiant unique du citoyen. Le ministre de l’Intérieur a illustré cette perspective par la possibilité, pour un médecin urgentiste, d’accéder rapidement aux données médicales essentielles d’un patient via un identifiant biométrique.
Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’administration publique, dans la continuité d’initiatives comme « Djibouti fondement du Numérique », un programme quinquennal visant à développer les infrastructures haut débit, promouvoir les compétences numériques et renforcer la couverture mobile et Internet sur l’ensemble du territoire. L’initiative intervient dans un contexte d’amélioration progressive de la connectivité. Selon DataReportal, Djibouti comptait 616 000 connexions mobiles cellulaires actives à la fin de 2025 (soit 51,9 % de la population), tandis que 772 000 personnes utilisaient Internet, pour un taux de pénétration de 65 %.
Toutefois, la réussite du projet dépendra largement de la sécurisation des données. Face aux préoccupations liées à la protection de la vie privée, le gouvernement a assuré que les données biométriques des citoyens seront conservées exclusivement par le ministère de l’Intérieur. Les autres institutions y accéderont uniquement via un système d’échange sécurisé de requêtes et de réponses entre serveurs, garantissant, selon les autorités, la souveraineté des données et leur confidentialité.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Après avoir posé les bases juridiques de la transformation numérique de son administration, le Gabon accélère sa stratégie digitale. Libreville mise désormais sur des partenariats technologiques pour moderniser l’action publique et optimiser la gestion des données.
Le ministère gabonais de l’Économie numérique a signé, le vendredi 6 février, en marge de discussions de haut niveau organisées à Abu Dhabi, un mémorandum d’entente avec Presight, filiale du groupe technologique émirati G42. L’initiative vise à accompagner la transformation numérique de l’administration publique et de plusieurs services stratégiques de l’État.
À Abu Dhabi, le Gabon a signé trois Mémorandums d’Entente stratégiques dans les secteurs minier, numérique et logistique.
— Présidence de la République Gabonaise (@PresidenceGA) February 6, 2026
Ces accords s’inscrivent dans la vision du Président de la République, S. E. @oliguinguema, visant à accélérer la transformation économique et renforcer… pic.twitter.com/hkZcUEH6bP
Selon les autorités, la coopération portera sur le déploiement de solutions d’intelligence artificielle, d’analytique avancée et de big data. L’objectif est d’améliorer la gestion des données publiques, d’optimiser les services administratifs et de renforcer les capacités d’aide à la décision. Ce type de solutions est généralement utilisé pour moderniser les systèmes d’information de l’État, automatiser certains processus et améliorer la qualité des services rendus aux citoyens et aux entreprises.
Ce partenariat s’inscrit dans un contexte où la transformation numérique constitue l’un des chantiers prioritaires des autorités gabonaises. D’après DataReportal, le pays comptait environ 1,8 million d’utilisateurs d’Internet en 2025, soit près de 71,9 % de la population, tandis que les connexions mobiles dépassaient 3,27 millions. Malgré ces progrès, la digitalisation des services publics et la gestion des données à l’échelle nationale restent des enjeux majeurs pour améliorer l’efficacité administrative et soutenir la diversification économique.
Présente sur plusieurs marchés, la société Presight a déjà noué des partenariats avec des gouvernements et des institutions en Afrique, notamment en Gambie et en Côte d’Ivoire, pour des projets liés à l’intelligence artificielle, à la sécurité ou encore à la gestion des données publiques. L’entreprise, cotée à la Bourse d’Abu Dhabi, se positionne comme un acteur clé de l’exportation des solutions d’IA développées aux Émirats arabes unis.
Avec ce mémorandum, Libreville et Presight posent les bases d’une coopération appelée à se préciser dans les prochains mois. La signature d’accords opérationnels permettra de définir le périmètre exact des projets, les modalités de mise en œuvre ainsi que les investissements associés, dans un contexte où le Gabon cherche à structurer une stratégie numérique plus cohérente et mieux alignée sur ses priorités de modernisation de l’État.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Confronté au sous-emploi des jeunes, le Kenya mise sur l’externalisation pour créer des emplois numériques et séduire les investisseurs, avec l’ambition de devenir une référence africaine des services aux entreprises.
Dans une démarche inédite, quatre opérateurs majeurs de l’externalisation des services aux entreprises ont lancé cette semaine « The Outsourcing Alliance of Kenya » (OAK). Cette coalition privée vise à structurer et accélérer le développement des Global Business Services, incluant le BPO et les services informatiques externalisés. L’annonce a été faite le jeudi 5 février par le ministère de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique sur son compte X, marquant une nouvelle étape pour un secteur appelé à jouer un rôle central dans la création d’emplois.
𝐊𝐞𝐧𝐲𝐚'𝐬 𝐆𝐥𝐨𝐛𝐚𝐥 𝐁𝐮𝐬𝐢𝐧𝐞𝐬𝐬 𝐒𝐞𝐫𝐯𝐢𝐜𝐞𝐬 𝐒𝐞𝐜𝐭𝐨𝐫 𝐑𝐞𝐚𝐜𝐡𝐞𝐬 𝐍𝐞𝐰 𝐌𝐢𝐥𝐞𝐬𝐭𝐨𝐧𝐞𝐬 𝐰𝐢𝐭𝐡 𝐋𝐚𝐮𝐧𝐜𝐡 𝐨𝐟 𝐎𝐮𝐭𝐬𝐨𝐮𝐫𝐜𝐢𝐧𝐠 𝐀𝐥𝐥𝐢𝐚𝐧𝐜𝐞
— Ministry of Info, Comms & The Digital Economy KE (@MoICTKenya) February 5, 2026
The Outsourcing Alliance of Kenya (OAK) was officially launched on February 3, 2026, signaling… pic.twitter.com/NjaNNt3g7M
Le lancement officiel s’est déroulé en présence de représentants du gouvernement. Selon Kenyan Wall Street, l’alliance regroupe notamment CCI Kenya, CloudFactory Kenya, Teleperformance Kenya et Sama Kenya. Elle ambitionne de fédérer plus de vingt membres d’ici au deuxième trimestre 2026 et de contribuer à la création de 100 000 emplois sur l’ensemble de la chaîne de valeur.
Le secrétaire principal chargé des TIC et de l’Économie numérique, John Tanui, a rappelé dans un discours lu lors de l’événement que l’expansion des Global Business Services constitue un levier pour offrir des opportunités inclusives aux jeunes. Il a souligné le rôle catalyseur de l’État à travers des politiques ciblées, des cadres réglementaires adaptés et des mesures facilitant l’accès aux marchés internationaux. Le gouvernement s’appuie notamment sur des programmes de formation comme Ajira Digital et Jitume, qui visent à former massivement les jeunes Kényans aux compétences recherchées par le marché mondial de l’outsourcing, selon le ministère de l’Économie numérique.
Cette initiative intervient alors que le Kenya enregistre un taux de chômage d’environ 5,2 % en 2025, avec une situation particulièrement difficile pour les jeunes. Dans le même temps, la pénétration d’internet atteint 48 % en 2025, un taux encore perfectible, mais en nette progression, qui constitue un facteur déterminant pour le développement des services numériques et de l’outsourcing.
Félicien Houindo Lokossou
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Malgré leur popularité auprès du public, de nombreux artistes ivoiriens tirent peu de revenus de la diffusion numérique de leurs œuvres. Les autorités entendent corriger cette situation en structurant la monétisation des contenus numériques, afin de garantir une rémunération plus équitable.
Le gouvernement ivoirien a annoncé sa volonté de faire de la monétisation des contenus numériques une réalité à l’horizon 2026, en réponse aux attentes des acteurs de la culture, de la musique et des médias. La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a engagé, le lundi 2 février, des discussions avec la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) ainsi que plusieurs partenaires du secteur, afin de définir des mécanismes de valorisation des contenus numériques produits localement.
Concrètement, la démarche vise à mettre en place un cadre réglementaire et opérationnel permettant de capter et de redistribuer une part significative des revenus issus de l’écoute en ligne, du streaming musical, de la vidéo et des contenus audiovisuels. L’exécutif entend ainsi structurer un écosystème dans lequel les plateformes numériques, locales comme internationales, rémunèrent les artistes et créateurs selon des règles claires, tout en renforçant la régulation des droits d’auteur et des contrats de distribution.
La question revêt une dimension économique croissante. Selon le « Global Music Report 2025 » de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI), l’Afrique subsaharienne a enregistré en 2024 une croissance de 22,6 % des revenus de la musique enregistrée, atteignant un niveau record de 110 millions USD, soit près de cinq fois la croissance mondiale, estimée à 4,8 % sur la même période.
En Côte d’Ivoire, les plateformes de streaming musical telles que Boomplay, Spotify, Apple Music ou Deezer gagnent progressivement du terrain. Les modèles de rémunération varient toutefois selon les plateformes et les marchés. À titre indicatif, un million d’écoutes sur Spotify peut générer environ 1,2 million FCFA (environ 2155 USD) pour les ayants droit, illustrant le potentiel économique du streaming, mais aussi les écarts persistants de revenus.
Malgré une audience numérique en expansion, la monétisation demeure limitée pour de nombreux artistes d’Afrique francophone. Une part importante de la valeur créée continue d’échapper aux créateurs locaux, en raison de structures contractuelles peu favorables et de cadres réglementaires encore insuffisamment adaptés aux réalités du numérique.
L’initiative ivoirienne s’inscrit, par ailleurs, dans un contexte plus large de développement de l’économie numérique nationale. Le pays dispose d’une infrastructure mobile relativement solide. Au premier trimestre 2025, le taux de couverture 4G atteignait 76,88 %, facilitant l’accès aux services numériques et aux plateformes de diffusion de contenus.
En structurant la monétisation des contenus numériques, Abidjan cherche à intégrer davantage l’économie créative dans le secteur formel, à renforcer les revenus des artistes et producteurs locaux et à positionner la culture numérique comme un levier de croissance économique et d’emplois, alors que les marchés du streaming et des contenus numériques poursuivent leur dynamique d’expansion sur le continent africain.
Samira Njoya
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Partenaire de Zipline depuis près d’une décennie, le Rwanda a été l’un des premiers pays au monde à adopter la livraison autonome par drone. Cette collaboration historique prend désormais une nouvelle dimension, avec l’élargissement des usages et de la couverture du service.
Le Rwanda a signé, le jeudi 6 février, un accord d’expansion stratégique avec Zipline afin de devenir le premier pays au monde à disposer d’un réseau national de livraison autonome par drones, incluant le tout premier réseau urbain de livraison par drone en Afrique. Cet accord intervient dans le cadre de la subvention de 150 millions de dollars accordée à Zipline par le Département d’État américain, dont le Rwanda est le premier bénéficiaire.
« Le Rwanda et Zipline travaillent ensemble depuis des années pour exploiter la technologie au service de notre peuple. Nous avons été témoins de l’impact extraordinaire de la livraison par drone – économiser du temps, économiser de l’argent et sauver des vies. Grâce à ce partenariat, nous allons désormais étendre la livraison urbaine, en apportant ces avantages à encore plus de collectivités », a déclaré Paula Ingabire, ministre rwandaise des TIC et de l’Innovation.
Concrètement, le Rwanda sera le premier pays africain à déployer le système de livraison urbaine de Zipline, Platform 2 (P2). Cette technologie permet des livraisons rapides, silencieuses et extrêmement précises dans des environnements urbains denses comme Kigali, qui concentre à elle seule près de 40 % de la demande nationale de soins de santé. La plateforme est déjà utilisée aux États‑Unis pour livrer des dizaines de milliers de produits de détail et alimentaires directement à domicile ou dans des espaces publics.
L’accord prévoit également le renforcement du réseau existant avec l’ouverture d’un troisième centre de distribution longue distance dans le district de Karongi, en complément des hubs de Muhanga et Kayonza. Cette nouvelle infrastructure permettra d’étendre les livraisons au‑delà de la forêt de Nyungwe, notamment vers les districts frontaliers de la République démocratique du Congo, améliorant ainsi l’équité territoriale dans l’accès aux produits médicaux essentiels.
Au‑delà de la logistique, Zipline ambitionne d’installer au Rwanda son premier centre international d’essais dédié à l’intelligence artificielle et à la robotique. Ce centre de recherche et développement servira à tester de nouveaux systèmes de sécurité, des logiciels logistiques de nouvelle génération et les performances des aéronefs dans diverses conditions climatiques. Il vise également la formation de talents locaux et la création d’emplois hautement qualifiés dans les technologies avancées.
Ce nouvel accord s’inscrit dans une coopération de long terme entre le Rwanda et Zipline. Présente dans le pays depuis 2016, la société américaine a vu son partenariat renouvelé à plusieurs reprises, dont un contrat de 61 millions de dollars signé en décembre 2022. Celui‑ci prévoit l’extension des sites de livraison en zones rurales et urbaines, avec l’objectif de tripler les volumes et d’atteindre près de 2 millions de livraisons d’ici 2029, pour plus de 200 millions de kilomètres parcourus par des drones autonomes.
Selon les données communiquées par l’entreprise, cette collaboration avec Zipline a contribué à une baisse de 51 % de la mortalité maternelle dans les zones couvertes. Par ailleurs, l’intégration en temps réel des données de livraison dans les systèmes nationaux de santé et d’urgence a permis de renforcer la capacité de surveillance épidémiologique et la réactivité face aux crises sanitaires.
Samira Njoya
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Face à la pénurie de médecins et à la demande croissante de soins spécialisés, l’Afrique explore la chirurgie robotique pour optimiser les compétences disponibles. Le Maroc, en multipliant les initiatives, entend se positionner à l’avant-garde de cette révolution médicale sur le continent.
Le jeudi 29 janvier, le Maroc a inauguré ses premiers services publics de chirurgie robotique au Centre hospitalier universitaire (CHU) Mohammed VI d’Agadir, avec les premières interventions assistées par robot réalisées dans un établissement public. Cette annonce est survenue la veille de l’inauguration, à Casablanca, de la Mohammed VI Interventional Simulation and Robotic Surgery School (M6 ISRSS), école dédiée à la formation en chirurgie robotique et en simulation interventionnelle. Ces deux initiatives successives illustrent une stratégie nationale visant à moderniser le système de santé et à réduire les disparités régionales en matière d’accès aux soins spécialisés.
Un déficit de médecins qui pèse sur l’offre de soins spécialisés
Cette démarche répond à un déficit structurel de médecins et de chirurgiens. En 2023, le royaume affichait une densité médicale de 7,8 à 7,9 médecins pour 10 000 habitants, inférieure au seuil critique de 2,5 médecins pour 1000 habitants recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En 2025, le ministère de la Santé a estimé le besoin supplémentaire en ressources humaines à plus de 96 000 professionnels, dont 32 000 médecins et 64 000 infirmiers, afin de faire face à la demande croissante de soins spécialisés.
L’introduction de la chirurgie robotique vise à compenser partiellement cette pénurie en optimisant l’utilisation des compétences existantes. Les systèmes robotisés permettent aux chirurgiens d’intervenir avec une précision accrue et ouvrent la voie à des modèles d’intervention à distance et de supervision inter-hospitalière, rendus possibles par des infrastructures numériques fiables.
Le Maroc a déjà démontré sa capacité à opérer à distance. En 2024, une prostatectomie radicale a été réalisée entre Casablanca et Shanghai, à plus de 12 000 km. L’année suivante, une nouvelle téléchirurgie a été menée avec succès entre Casablanca et Tanger, confirmant la faisabilité technique de ces interventions au niveau national.
Un marché mondial en forte croissance
L’investissement marocain s’inscrit dans un contexte mondial de forte expansion de la chirurgie robotique. Selon Mordor Intelligence, le marché mondial est estimé à 8,31 milliards USD en 2025 et devrait atteindre 12,83 milliards USD d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel moyen de 9,07 %. Cette croissance est portée par la demande des populations vieillissantes pour des interventions moins invasives et plus précises, ainsi que par la consolidation hospitalière favorisant les plateformes de chirurgie à forte utilisation. En Afrique, le marché reste dominé par l’Afrique du Sud et l’Égypte, mais le Maroc pourrait en profiter grâce à ses nouvelles infrastructures et à l’expertise croissante de ses équipes médicales.
Un investissement stratégique pour le pays
Le projet de robot chirurgical Revo-i au CHU d’Agadir représente un investissement public de 26,35 millions de dirhams (≈ 2,9 millions USD). Il s’inscrit dans une stratégie visant à rapprocher les soins spécialisés des citoyens, à réduire les déplacements médicaux et à renforcer l’offre régionale et nationale. La plateforme sert également de centre de formation et de supervision pour les équipes hospitalières, garantissant un déploiement progressif et sécurisé de la technologie.
Le lancement de la M6 ISRSS complète cette démarche. L’école propose le premier diplôme universitaire de chirurgie robotique, couvrant plusieurs spécialités : urologie, chirurgie générale, gynécologie et chirurgie thoracique, et forme des chirurgiens et techniciens capables de maintenir un niveau homogène de qualité des soins, même lorsque les compétences spécialisées ne sont pas disponibles localement. Cette approche permet aussi d’améliorer l’attractivité des carrières hospitalières et de limiter la fuite des talents vers le secteur privé ou l’étranger.
Si la chirurgie robotique ne peut à elle seule combler le déficit de médecins et d’infirmiers, elle constitue un levier stratégique pour moderniser l’offre de soins spécialisés. En combinant investissement technologique, formation avancée et premières expérimentations de téléchirurgie, le Maroc cherche à bâtir un système de santé plus résilient, capable d’absorber les tensions liées à la pénurie de praticiens tout en s’alignant sur les standards internationaux.
Samira Njoya
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À la tête de ce ministère, sa prédécesseure Rose Pola Pricemou a marqué le développement du numérique guinéen. Mourana Soumah prend ses fonctions avec la mission de consolider ces acquis et de déployer des projets numériques à l’échelle nationale.
Mourana Soumah (photo) est désormais ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation. Il a été nommé le lundi 2 février par décret présidentiel signé par le président guinéen Mamadi Doumbouya. Il prend la tête d’un ministère élargi, issu de la fusion entre le ministère de l’Information et de la Communication, précédemment dirigé par Fana Soumah, et celui des Postes, Télécommunications et de l’Économie numérique, anciennement occupé par Rose Pola Pricemou.
Formé en sciences économiques à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, Mourana Soumah est titulaire d’un master en gestion de la politique économique (CERDI-Université d’Auvergne, France) et d’un diplôme du cycle international de l’ENA Paris-Strasbourg, option Économie et finances publiques. Il a également suivi de nombreuses formations spécialisées auprès d’institutions internationales, notamment au FMI, à Bercy, à la BCEAO, au Canada et au Maroc.
Une longue expérience en finance
Avant cette nomination, Mourana Soumah occupait le portefeuille de l’Économie et des Finances depuis mars 2024, pilotant des réformes majeures pour moderniser la gestion financière de l’État, assainir la trésorerie publique et renforcer la crédibilité budgétaire. Il a également représenté la Guinée auprès du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, tout en présidant ou siégeant dans plusieurs comités stratégiques nationaux, tels que le Comité stratégique Simandou et le Comité de pilotage du C2D.
Avant son entrée au gouvernement, il a occupé des postes clés au sein de l’administration financière, notamment comme directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP) de 2021 à 2024, après avoir dirigé l’Agence comptable centrale des dépôts du Trésor et participé à plusieurs comités stratégiques rattachés à la Primature, au ministère des Finances et au ministère du Budget. Il a contribué à des réformes telles que la mise en place du Compte unique du Trésor (CUT), du Système comptable intégré de l’État (SCIE) et du Système national de paiements, illustrant son engagement pour une gestion publique modernisée.
Des attentes fortes
À son nouveau poste, Mourana Soumah est attendu pour apporter une vision moderne et intégrée de la communication publique, accélérer la transformation numérique de l’administration, renforcer la souveraineté numérique et stimuler l’innovation comme levier de croissance économique, de transparence et d’inclusion. Les chantiers prioritaires en cours incluent l’extension de la connectivité aux zones encore non desservies, où plus de 600 zones blanches ont été identifiées, le développement des usages numériques dans l’éducation et les services publics, ainsi que le renforcement de la cybersécurité et de l’hébergement local des données.
Dans un pays où 14,2 millions de connexions mobiles ont été enregistrées en 2025, soit environ 95 % de la population selon DataReportal, et où la pénétration Internet atteint près de 26,5 % (environ 4 millions d’utilisateurs), la structuration de l’écosystème numérique demeure un enjeu central pour l’inclusion digitale et l’accès à l’information. La Guinée a également connu une croissance rapide des abonnements à l’Internet mobile, avec une hausse de près de 97,4 % ces dernières années, illustrant l’expansion des usages numériques et l’urgence de ces chantiers.
Samira Njoya
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Avec plus de neuf objectifs sur dix atteints en 2025, le ministère burkinabè chargé du numérique présente un bilan solide. Connectivité, services publics en ligne et inclusion numérique figurent au cœur des avancées, alors que de nouveaux chantiers structurants sont annoncés pour 2026.
Le Burkina Faso a enregistré une avancée significative dans la mise en œuvre de son contrat d’objectifs 2025, avec un taux de réalisation de 91 % au sein du ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques. Ces résultats ont été présentés lors de la séance d’évaluation tenue le mardi 3 février, sous la présidence du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
Selon le communiqué officiel du ministère, l’année 2025 aura été une année « charnière » pour le département chargé de la transition digitale et des postes, tant par l’ampleur des chantiers engagés que par les résultats concrets obtenus. En matière de connectivité, 370 nouvelles localités ont été raccordées au réseau de téléphonie, offrant pour la première fois à leurs populations un accès effectif aux services de téléphonie et à Internet, contribuant ainsi à la réduction de la fracture numérique.
Au-delà de l’extension de la connectivité, plusieurs réalisations structurantes ont marqué l’année écoulée. La modernisation de l’administration publique s’est accélérée avec 272 plateformes de services en ligne développées ou en cours de déploiement, dont 146 déjà opérationnelles, facilitant l’accès des citoyens et des entreprises aux services publics. Sur le plan de l’inclusion numérique, un contrat d’objectifs entre l’État et La Poste a été signé pour la construction de 20 « Zama Tchéy » ou Maisons du citoyen, destinées à accompagner notamment les populations les plus vulnérables dans l’utilisation des services numériques.
Pour 2026, le ministère entend capitaliser sur ces acquis. Les priorités incluent la mise en place d’un système d’enrôlement pour l’identification unique électronique de la personne, avec l’objectif d’enregistrer sept millions de personnes d’ici la fin de l’année. La poursuite du chantier « zéro zone blanche », avec la couverture de 750 nouvelles localités, la construction d’un réseau dédié à l’administration publique, ainsi que le développement d’outils nationaux de messagerie et de collaboration numériques, figurent également parmi les actions prévues.
Parallèlement, un centre de supervision des infrastructures numériques a été lancé en janvier 2026 afin de renforcer la capacité du pays à protéger et à gérer ses systèmes numériques critiques. Pour la mise en œuvre de l’ensemble de ces projets, le ministère a mobilisé un budget de 61 milliards de francs CFA, soit environ 109,7 millions de dollars.
Malgré ces avancées, le Burkina Faso reste confronté à des défis structurels, notamment en matière de pénétration d’Internet et d’accès équitable à des services numériques de qualité sur l’ensemble du territoire. Selon DataReportal, le pays comptait 5,42 millions d’utilisateurs d’Internet à la fin de 2025, pour un taux de pénétration de 22,4 %. À la même période, 29,3 millions de connexions mobiles étaient actives, soit 121 % de la population totale, illustrant un important potentiel de développement des usages numériques.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Présentée comme une solution au déficit de financement des travailleurs de l’économie des plateformes en Afrique, GoCab cherche à accélérer son passage à l’échelle. La fintech s’appuie sur cette nouvelle levée de fonds pour renforcer son modèle de mobilité inclusive et électrique.
Dans un communiqué publié le mardi 3 février, la fintech GoCab, spécialisée dans la mobilité et le financement de véhicules, a annoncé la clôture d’un tour de table de 45 millions de dollars. L’opération comprend 15 millions de dollars en fonds propres et 30 millions de dollars en dette, et vise à accélérer le déploiement de solutions de mobilité électrique et inclusive sur plusieurs marchés africains.
Menée par E3 Capital et Janngo Capital, la levée de fonds a également réuni KawiSafi Ventures et Cur8 Capital. Selon l’entreprise, les ressources mobilisées serviront à renforcer ses activités sur ses marchés actuels, à s’implanter dans de nouvelles villes à forte croissance et à augmenter la part de véhicules électriques au sein de sa flotte. GoCab prévoit par ailleurs de déployer des outils basés sur l’intelligence artificielle pour le scoring, l’optimisation de flotte et la gestion des risques.
« En Afrique, des millions de personnes restent exclues à la fois de la mobilité et du financement. Ce tour de table nous permet de changer d’échelle tout en élargissant l’accès à un financement éthique et en accélérant la transition vers la mobilité électrique », souligne Azamat Sultan, cofondateur et président exécutif de GoCab.
Fondée en 2024 par Azamat Sultan et Hendrick Ketchemen, deux anciens professionnels de la banque d’investissement spécialisés en finance structurée et en marchés émergents, GoCab s’est donné pour objectif de répondre à l’accès limité au financement et à la propriété de véhicules pour les travailleurs de l’économie des plateformes. L’entreprise propose un modèle permettant aux chauffeurs et livreurs de générer des revenus réguliers tout en accédant progressivement à la propriété de leur véhicule.
Après 18 mois d’activité, GoCab est présente sur cinq marchés africains et revendique plus de 17 millions de dollars de revenus annuels récurrents. L’entreprise emploie aujourd’hui plus de 120 personnes issues de 18 nationalités. Elle accompagne plusieurs milliers de chauffeurs et entend contribuer à la structuration de systèmes de mobilité urbaine plus durables.
Dans un contexte où l’Afrique compte une population croissante de travailleurs de l’économie des plateformes, encore largement exclue des systèmes financiers traditionnels, GoCab ambitionne de s’imposer comme un acteur clé de la mobilité durable. À moyen terme, l’entreprise vise le déploiement de 10 000 véhicules opérationnels et l’atteinte de 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents, en s’appuyant sur un modèle combinant financement éthique, technologie et transition énergétique.
Samira Njoya
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Dans plusieurs pays africains, l’accès au financement demeure l’un des principaux obstacles à la concrétisation des projets entrepreneuriaux. Parmi les facteurs en cause figurent la faiblesse du montage des dossiers et la complexité des procédures.
Le Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo (Fogec) a lancé, le mardi 3 février à Kinshasa, une plateforme numérique dédiée à l’élaboration des plans d’affaires et à la dématérialisation du processus de soumission des dossiers de financement. Baptisée Bokeli, l’initiative s’inscrit dans les efforts des autorités congolaises pour améliorer l’accompagnement des porteurs de projets et renforcer l’accès des PME et des start‑up au crédit.
Accessible via l’adresse https://bokeli.fogec.cd/, la plateforme permet aux entrepreneurs de structurer leurs projets à travers des outils numériques dédiés à la conception de business plans, à la préparation des dossiers financiers et à leur transmission aux structures concernées. Elle vise notamment à standardiser les informations requises par les institutions financières et à réduire les contraintes administratives qui freinent l’instruction des demandes de financement.
À travers ce dispositif, le Fogec entend répondre à l’un des principaux obstacles identifiés dans l’écosystème entrepreneurial congolais : la difficulté pour de nombreux porteurs de projets à présenter des dossiers techniquement solides et conformes aux exigences des banques et des mécanismes de garantie. L’institution rappelle que sa mission consiste à faciliter l’accès au financement des PME, des start‑up et des artisans, en apportant des garanties aux projets jugés viables, dans un contexte où l’insuffisance de garanties reste un frein majeur au crédit bancaire.
Cette initiative intervient dans un environnement marqué par une montée progressive de l’entrepreneuriat, portée notamment par une population jeune de plus en plus engagée dans la création d’activités économiques. Toutefois, le dynamisme entrepreneurial peine encore à se traduire par des financements structurés. Selon les données de Partech Africa, qui recense les opérations de levées de fonds supérieures à 100 000 USD sur le continent, les start‑up de la RDC ont levé 2 millions USD en 2024, après 1 million USD en 2023, des montants qui restent modestes au regard du potentiel du marché congolais. Du côté du Fogec, en cinq années d’existence, l’institution revendique l’accompagnement de près de 300 projets pour un montant global avoisinant 3,2 millions USD.
Dans ce contexte, les difficultés liées à la formalisation des projets, à la qualité des plans d’affaires et à la complexité des procédures figurent parmi les facteurs régulièrement cités par les acteurs du secteur financier. En mettant à disposition un outil numérique dédié à ces étapes clés, le Fogec cherche à renforcer la bancabilité des projets et à fluidifier l’interaction entre entrepreneurs, structures de garantie et institutions financières, dans l’objectif de soutenir plus efficacement le développement du tissu productif national.
Samira Njoya
La République mauricienne fait partie des meilleurs élèves africains en matière d’IA. Selon le Government AI Readiness Index du cabinet britannique Oxford Insights, Maurice affichait en 2024 un score de 53,94 sur 100, se classant premier en Afrique subsaharienne.
Maurice intègre l’intelligence artificielle générative dans son système éducatif avec le lancement de mytGPT Education, un assistant pédagogique développé par Mauritius Telecom et le ministère de l’Éducation. L’outil, officiellement lancé le lundi 26 janvier, vise à moderniser les pratiques d’apprentissage et d’enseignement à l’échelle nationale.
« La mise en œuvre de mytGPT Education dans les écoles s’inscrit pleinement dans notre stratégie, dont l’objectif est de faire de l’intelligence artificielle un outil au service du progrès national, accessible à tous. À travers ce projet, chaque enfant à Maurice pourra disposer d’un accompagnateur pédagogique IA capable de soutenir son apprentissage », a déclaré Veemal Gungadin, CEO de Mauritius Telecom.
Concrètement, mytGPT Education repose sur des technologies d’IA générative conçues pour fournir un accompagnement pédagogique personnalisé aux élèves. La plateforme propose des explications adaptées au niveau de chaque apprenant, des exercices interactifs ainsi qu’un contenu sécurisé disponible en anglais, français et créole phonétique. Pour les enseignants, l’outil permet d’automatiser la production de quiz et de supports pédagogiques, tout en intégrant des fonctionnalités d’analyse des performances scolaires, susceptibles d’orienter plus finement les stratégies d’enseignement.
Le projet est déployé, dans un premier temps, sur une base pilote auprès des élèves des Grades 4, 7, 8 et 9, dans huit établissements scolaires, comprenant quatre écoles primaires et quatre collèges d’État répartis sur l’ensemble du territoire. Plus de 50 ressources pédagogiques, alignées sur le National Curriculum Framework, ont déjà été intégrées à la plateforme. En parallèle, des sessions de formation organisées entre décembre 2025 et janvier 2026 ont permis de sensibiliser les enseignants aux fondamentaux de l’intelligence artificielle, à l’usage de la plateforme et aux bonnes pratiques liées au prompt engineering.
À travers cette expérimentation, Maurice s’inscrit dans une tendance mondiale visant à explorer le potentiel de l’IA générative appliquée à l’éducation, un segment encore émergent dans les pays africains. Si le projet ouvre la voie à une personnalisation accrue des apprentissages et à une optimisation des ressources pédagogiques, son passage à l’échelle dépendra de plusieurs facteurs clés : la robustesse technologique de la plateforme, son intégration avec les systèmes éducatifs existants, la gouvernance des données scolaires et la capacité du système éducatif à accompagner durablement les enseignants dans l’appropriation de ces nouveaux outils numériques.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte de forte concurrence entre hubs africains du numérique, le royaume mise sur des partenariats ciblés pour consolider son attractivité auprès des acteurs internationaux de l’offshoring.
Le Maroc a procédé, le mardi 27 janvier à Rabat, à la signature de trois accords destinés à renforcer l’écosystème de l’offshoring numérique. Conclus en marge d’une rencontre dédiée au renouvellement de l’offre nationale du secteur, ces partenariats visent à soutenir la formation, l’attractivité territoriale et l’implantation de projets à forte valeur ajoutée.
Les conventions portent notamment sur le déploiement de la prime à la formation, conçue comme un levier d’adaptation des compétences aux besoins des entreprises du numérique. Elles prévoient également le développement des Tech Valleys Offshoring, à travers la création de pôles économiques spécialisés intégrant infrastructures technologiques, services mutualisés et espaces dédiés à l’accueil d’investissements nationaux et internationaux.
La signature de ces accords intervient dans un contexte de transformation accélérée du marché mondial de l’offshoring, marqué par la digitalisation des services, l’essor du cloud, de la data et de l’intelligence artificielle. Dans ce nouvel environnement, les destinations historiques sont désormais en concurrence avec des hubs émergents, notamment en Afrique. Le Maroc cherche ainsi à consolider son positionnement en misant sur une offre plus structurée, davantage orientée vers les métiers numériques et les services à forte valeur ajoutée.
L’offshoring s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux contributeurs aux exportations de services du royaume. À fin 2024, le secteur comptait près de 148 500 emplois et générait plus de 26,2 milliards de dirhams (≈2,8 milliards USD) de recettes à l’export. Cette dynamique s’accompagne d’une évolution progressive des activités, avec un recul des centres d’appels traditionnels au profit des services IT, de l’ingénierie et des fonctions digitales spécialisées. Les autorités marocaines visent, à l’horizon 2030, un doublement des performances du secteur, avec un objectif de 270 000 emplois et près de 40 milliards de dirhams d’exportations.
À travers ces partenariats, le gouvernement entend renforcer la compétitivité de l’offre « Made in Morocco » sur le marché mondial des services numériques. La montée en compétences des talents, la structuration de pôles territoriaux spécialisés et la visibilité offerte aux investisseurs constituent les principaux leviers attendus.
À terme, ces accords pourraient contribuer à attirer de nouveaux projets technologiques, soutenir l’emploi qualifié et renforcer la place du Maroc comme plateforme régionale de services numériques destinés aux marchés européen et africain.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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