Les pays africains s’intéressent de plus en plus à la technologie spatiale pour soutenir le développement socio-économique. Plus de cent satellites devraient être lancés d’ici la fin de la décennie, contre une soixantaine aujourd’hui.
La Côte d’Ivoire veut s’appuyer sur l’expertise de l’Université de Montpellier, en France, pour la formation de ses premiers spécialistes du spatial. La collaboration portera également sur la fabrication du premier satellite national.
Cette coopération a été discutée le mercredi 15 avril lors d’une rencontre entre Adama Diawara (photo, au centre), ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et une délégation du Centre spatial de l’Université de Montpellier, conduite par son directeur, Laurent Dusseau. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du démarrage des activités de l’Agence spatiale de Côte d’Ivoire (ASCI).
Selon le communiqué du gouvernement ivoirien, M. Dusseau a fait remarquer que l’Université de Montpellier dispose d’une infrastructure lui permettant de former des techniciens et des ingénieurs, en combinant connaissances théoriques et compétences pratiques. « Nous le faisons dans le cadre d’un master spécialisé des grandes écoles, qui s’adresse à des ingénieurs déjà diplômés dans différents domaines et qui viennent suivre, pendant un an, une formation extrêmement intensive afin d’acquérir une compétence spatiale leur permettant d’accéder à des métiers très spécifiques du spatial, comme ingénieur IT ou ingénieur système », a-t-il expliqué.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de développement du secteur spatial en Côte d’Ivoire. En mai 2023, le pays annonçait une collaboration avec la société Universal Konstructors Associated (UKA) pour la construction de Yam-Sat CI 01, le premier satellite national, dont le lancement était prévu pour août 2024. Avant cela, le pays avait annoncé, dès 2021, la création d’une agence spatiale, finalement instituée par décret en juin 2025. Elle est chargée du renforcement des capacités nationales et de la mise en place d’infrastructures dans le domaine spatial.
« L’étendue de ses activités couvre les piliers essentiels d’application du spatial, à savoir l’observation de la Terre, la météorologie spatiale, l’astronomie, l’exploration spatiale, ainsi que la navigation et la communication par satellite », peut-on lire dans le compte rendu du Conseil des ministres du 4 juin 2025. Le gouvernement précise que cela permettra de répondre efficacement aux enjeux de développement économique, de sécurisation du territoire national et de protection de l’environnement.
Ces efforts de la Côte d’Ivoire en faveur du développement spatial s’inscrivent dans une dynamique continentale. Selon un rapport du Centre africain d’études stratégiques (ACFSS), publié en septembre 2025, les États africains consacrent environ 500 millions de dollars par an à leurs programmes spatiaux. L’étude indique que plus de 21 pays africains ont mis en place des programmes spatiaux et que 18 ont lancé au moins un satellite. Le continent a ainsi lancé un total cumulé de 65 satellites. Il compte également plus de 120 satellites supplémentaires en cours de développement, dont le lancement est prévu d’ici 2030.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Alors que la Guinée prépare sa stratégie nationale sur l’intelligence artificielle, les autorités multiplient les partenariats pour en établir les bases. L’appui des partenaires techniques est jugé essentiel pour structurer l’écosystème et accélérer la transition numérique.
Le ministère de la Communication et de l’Économie numérique et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ont signé, le mercredi 15 avril, un document de projet portant sur le développement de l’innovation numérique et de l’intelligence artificielle (IA) en Guinée. L’accord définit un cadre d’appui technique destiné à accompagner la transformation numérique du pays à l’horizon 2035.
Le document, paraphé par le ministre Mourana Soumah et le représentant résident du PNUD, Anthony Ohemeng-Boamah, prévoit la mise en place de mécanismes d’accompagnement du secteur technologique. Ceux-ci portent principalement sur le développement de hubs technologiques et la mise en œuvre de programmes de formation à l’IA sur l’ensemble du territoire national.
Ce nouveau cadre de coopération s’inscrit dans la continuité d’initiatives déjà engagées entre les deux parties. En mai dernier, l’Institut supérieur de technologie (IST) de Mamou a accueilli le lancement de l’UniPod Guinée, premier pôle d’innovation technologique universitaire du pays, soutenu par le programme panafricain Timbuktoo du PNUD. Ce centre constitue aujourd’hui un espace de prototypage et d’incubation pour des projets étudiants et entrepreneuriaux dans des domaines tels que l’agritech, les technologies vertes et l’intelligence artificielle appliquée.
À travers ce protocole, les autorités guinéennes et le PNUD entendent structurer davantage les initiatives de recherche, de formation et d’entrepreneuriat numérique. L’objectif est de favoriser l’émergence de solutions technologiques locales capables de répondre aux besoins des secteurs économiques et sociaux, tout en renforçant l’intégration des technologies émergentes dans les politiques publiques.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le marché mondial des logiciels de simulation pourrait atteindre plus de 36 milliards de dollars d’ici 2030, selon MarketsandMarkets. Dans cette dynamique, le Rwanda anticipe en introduisant ces outils dans ses universités afin de former des profils alignés sur les besoins industriels.
Le ministère des TIC et de l’Innovation du Rwanda a annoncé le mardi 14 avril, à Kigali, la signature d’un protocole d’accord avec Ansys, société américaine spécialisée dans la simulation numérique. Ce partenariat stratégique vise à intégrer des outils de simulation d’ingénierie de pointe dans le cursus des universités et écoles polytechniques du pays.
Minister of State @yves_Iradukunda welcomed a delegation from @ANSYS led by Mr. Lou Major, Managing Director for Africa, for the signing of an MoU between MINICT and Ansys. The agreement establishes a single framework through which universities and polytechnics can be onboarded… pic.twitter.com/is1CiD2GEZ
— Ministry of ICT and Innovation | Rwanda (@RwandaICT) April 14, 2026
L’accord, paraphé par le ministre d’État Yves Iradukunda et le directeur général d’Ansys pour l’Afrique, Lou Major, instaure un cadre centralisé permettant d’intégrer les universités et écoles polytechniques rwandaises aux plateformes d’Ansys. Les établissements auront ainsi accès à des logiciels de simulation avancés ainsi qu’aux licences associées, avec pour objectif de favoriser une adoption plus large de ces technologies dans l’enseignement.
L’accord inclut également des programmes de formation, des conférences, des démonstrations et des sessions d’engagement avec l’industrie. Ces initiatives visent à exposer les étudiants et les enseignants à des applications concrètes de la simulation, dans une logique de rapprochement entre formation académique et besoins du marché du travail.
Ce projet s’inscrit dans la stratégie du Rwanda visant à renforcer l’adéquation entre les cursus universitaires et les exigences de l’industrie, en particulier dans les secteurs de l’ingénierie et des technologies. En intégrant la simulation numérique dans les programmes, les autorités entendent améliorer le développement de compétences pratiques adaptées à une économie de plus en plus tournée vers le numérique.
Les solutions d’Ansys sont aujourd’hui utilisées par des groupes industriels dans des secteurs tels que l’aéronautique, l’automobile ou l’énergie pour simuler le comportement de produits avant leur fabrication. Ces outils contribuent à réduire les coûts de développement et à accélérer les cycles d’innovation. Leur introduction dans l’enseignement supérieur rwandais vise ainsi à familiariser les étudiants avec des technologies déjà largement déployées dans l’industrie, dans un contexte de demande croissante en compétences d’ingénierie avancée.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte de transformation numérique accélérée en Afrique, l’Ouganda multiplie les initiatives pour améliorer l’accès à Internet. Le déploiement d’un point d’échange national vise à rendre la connectivité plus efficace et plus abordable pour les utilisateurs.
L’Autorité nationale des technologies de l’information (NITA‑U), en collaboration avec le ministère des TIC et de l’Orientation nationale, a annoncé le lundi 14 avril le déploiement imminent du National IP Peering Exchange (NIPX). Ce premier point d’échange Internet vise à structurer l’acheminement du trafic numérique local et à renforcer l’efficacité de l’écosystème Internet ougandais.
@NITAUganda1 in collaboration with @MoICT_Ug have officially announced the launch of the National IP Peering Exchange (NIPX) scheduled to take place this Friday, 17th April, at Speke Resort Munyonyo.
— NITA-Uganda (@NITAUganda1) April 15, 2026
As Uganda’s first neutral and open Internet Exchange Point (IXP), the NIPX… pic.twitter.com/aLH7YgzImJ
S’adressant aux journalistes lors de la présentation, le ministre d’État chargé de l’Orientation nationale, Kabbyanga Godfrey Baluku, a souligné la portée stratégique de cette infrastructure. Selon lui, le NIPX permettra de positionner l’Ouganda comme un centre TIC compétitif et attractif en Afrique de l’Est et au‑delà. Il a également indiqué que cette infrastructure devrait favoriser l’investissement, stimuler l’innovation, encourager la production de contenus et de services numériques locaux, tout en créant de nouvelles opportunités économiques pour les jeunes et les entrepreneurs.
Prévu pour être officiellement lancé le vendredi 17 avril, le NIPX est conçu comme un hub d’interconnexion national permettant aux fournisseurs d’accès à Internet, aux fournisseurs de contenus, aux réseaux publics et aux acteurs privés d’échanger directement le trafic local à l’intérieur du pays. Jusqu’ici, une part importante du trafic Internet domestique transitait par des infrastructures situées à l’étranger avant de revenir sur le territoire, une configuration considérée comme coûteuse et inefficiente. Le nouveau dispositif vise ainsi à internaliser ces échanges afin de réduire les coûts et d’améliorer la performance globale du réseau.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la Vision Uganda 2040, qui place la transformation numérique, la science et l’innovation au cœur de la stratégie de développement économique du pays. Il traduit également la volonté des autorités de renforcer la souveraineté numérique, de moderniser le secteur des TIC et de consolider l’attractivité du pays pour les investissements dans l’économie digitale.
Selon les autorités, le NIPX devrait contribuer à réduire les coûts de connectivité internationale, à améliorer la vitesse et la qualité des services numériques, ainsi qu’à renforcer la résilience du réseau national face aux perturbations extérieures. Pour les utilisateurs, cela devrait se traduire par une expérience en ligne plus fluide, notamment dans les services de communication, l’administration numérique et l’éducation.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Face à l’accélération des usages numériques, le Sénégal cherche à structurer son écosystème et à mieux encadrer l’innovation. Un nouveau partenariat avec le PNUD vient appuyer cette dynamique, avec un accent sur l’intelligence artificielle et l’inclusion.
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) ont signé, mardi 14 avril à Dakar, un protocole d’accord cadre visant à structurer la gouvernance numérique du Sénégal et à accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle dans les services publics.
Le PNUD & le Ministère de la Communication, des Télécommunications & du numérique (MCTN) ont signé un protocole d’accord pour collaborer sur la gouvernance numérique, l’inclusion, l’iA et l’innovation, afin de promouvoir la transformation #numérique du #Sénégal.@mctngouvsn pic.twitter.com/TH3hokHdph
— PNUD Sénégal (@PNUDSenegal) April 14, 2026
L’accord a été paraphé par le ministre Alioune Sall (photo, à gauche) et Njoya Tikum (photo, à droite), représentant résident du PNUD. Il intervient dans un contexte stratégique pour la politique numérique sénégalaise, marqué par l’ambition des autorités de renforcer l’inclusion numérique et de mettre en place un cadre réglementaire favorable à l’innovation. Le gouvernement qualifie ce partenariat de « structurant et orienté vers des résultats tangibles », en cohérence avec ses priorités en matière de dématérialisation des services publics et de compétitivité économique.
La concrétisation la plus immédiate de cette coopération est attendue le 27 avril prochain avec l’inauguration de l’University Innovation Pod (UNIPOD) au sein de l’Université Amadou Mahtar Mbow. Financé à hauteur d’un million de dollars, ce hub technologique sera conçu comme un incubateur de nouvelle génération destiné à accompagner les jeunes innovateurs dans la transformation de leurs projets de recherche en solutions entrepreneuriales à fort impact. Les autorités envisagent, à terme, de répliquer ce modèle à travers le territoire national afin de renforcer le maillage des pôles d’innovation.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du « New Deal technologique », la stratégie nationale de transformation numérique du Sénégal. Celle-ci ambitionne notamment la création de plus de 500 start-up technologiques labellisées à l’horizon 2034 et la génération d’environ 150 000 emplois directs dans le secteur. Selon les données de StartupBlink, le pays compte actuellement une soixantaine de start-up actives, illustrant un écosystème en structuration, encore en phase de montée en puissance.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le mobile money s’impose en Afrique comme un pilier des transactions financières, porté par une forte adoption dans les services du quotidien et les paiements publics. En Zambie, les autorités l’intègrent désormais aux postes de péage pour moderniser la collecte routière.
L’Agence nationale du fonds routier (NRFA) a introduit un système de paiement par mobile money sur l’ensemble des postes de péage qu’elle exploite à travers la Zambie. Cette réforme vise à moderniser la collecte des redevances routières, réduire les congestions aux barrières et améliorer l’efficacité des opérations de péage.
L’initiative, présentée le dimanche 12 avril par le responsable des relations publiques de la NRFA, Alphonsius Hamachila, s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation numérique de l’agence. Le nouveau dispositif fonctionne en parallèle avec les moyens de paiement existants, notamment les espèces et la carte électronique E-Toll, offrant ainsi trois options de paiement aux usagers de la route. Selon la NRFA, ce système permet des transactions plus rapides, sécurisées et moins dépendantes de la manipulation de liquidités, tout en contribuant à la fluidification du trafic aux points de passage.
Dans la pratique, le paiement s’effectue directement via téléphone mobile. Le numéro de l’usager est saisi par l’agent au poste de péage, puis la transaction est validée instantanément sur l’appareil du conducteur. Toutefois, l’agence précise que cette solution ne s’appliquera pas aux postes de péage opérés dans le cadre de partenariats public-privé (PPP), qui conservent leurs propres systèmes de gestion.
Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la montée en puissance du mobile money en Zambie. Selon la Banque de Zambie, le secteur a franchi une étape sans précédent, avec des transactions dépassant 100 milliards de kwachas (environ 5,2 milliards $) en mars 2025, soit le niveau mensuel le plus élevé jamais enregistré, confirmant l’ampleur de l’adoption des paiements numériques dans l’économie nationale.
En intégrant ce mode de paiement dans la gestion des péages, les autorités misent sur une amélioration de la collecte des recettes destinées à l’entretien et à la modernisation du réseau routier national. Le système devrait également réduire les risques liés à la gestion des espèces et améliorer la transparence des transactions.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La cybersécurité fait partie des priorités des autorités namibiennes, qui ont fait du numérique un pilier du développement socio‑économique. Le gouvernement a alloué un budget de 1 million $ au secteur pour l’exercice financier 2026/2027.
La Namibie a enregistré 1,7 million de cyberattaques entre janvier et décembre 2025, selon les autorités, soit une hausse d’environ 37 % par rapport à la même période de l’année précédente. C’est ce que révèle le « Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025 ».
The Namibia Cyber Security Incident Response Team (NAM-CSIRT) housed at CRAN, released it’s annual Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025.
— CRAN (@CRANamibia) April 11, 2026
Highlighting the national and international landscapes, in this edition, NAM-CSIRT draws the spotlight on the secured electronic… pic.twitter.com/1Qe7FtjalG
Le rapport, publié le vendredi 11 avril par l’Équipe namibienne de réponse aux incidents cybernétiques (NAM‑CSIRT), indique que 2 231 970 vulnérabilités ont été identifiées au cours de l’année. Celles‑ci ont directement facilité les attaques observées, notamment les attaques par déni de service distribué (DDoS), la propagation de malwares et les accès distants non autorisés.
Selon le document, l’année 2025 marque un net basculement vers une exploitation massive de la confiance, où l’ingénierie sociale et les tromperies assistées par l’intelligence artificielle amplifient les cas traditionnels. Au premier trimestre, les cas ont notamment inclus des campagnes de deepfake générées par l’IA pour promouvoir des schémas d’investissement frauduleux. À mi‑année, le phishing via Telegram et les autres formes d’ingénierie sociale sont restés très présents.
Le rapport souligne également l’émergence de ransomwares au niveau municipal, utilisant des techniques de double extorsion, ainsi que des campagnes de smishing imitant des services de livraison et des vidéos deepfake mettant en scène de hauts responsables, illustrant un écosystème de fraude de plus en plus structuré et alimenté par la désinformation générée par l’IA.
Une dynamique globale et continentale
Cette augmentation des fraudes s’inscrit dans un contexte global et continental. Dans son « Cybercrime Africa Cyberthreat Assessment 2025 », Interpol indique que l’accélération de la cybercriminalité en Afrique est facilitée par l’essor des activités en ligne comme les services numériques, les réseaux sociaux, le commerce numérique et la banque mobile.
Interpol souligne dans son rapport que « les cybercriminels affinent en permanence leurs tactiques, en recourant à l’ingénierie sociale, à l’intelligence artificielle et aux plateformes de messagerie instantanée pour lancer des attaques de plus en plus sophistiquées. Les réseaux cybercriminels, qu’ils soient locaux ou internationaux, exploitent les vulnérabilités humaines comme méthode principale, utilisant des techniques de tromperie avancées pour cibler organisations et individus ».
Des mesures pour sécuriser l’avenir numérique de la Namibie
La NAM‑CSIRT souligne que le déploiement de l’e‑ID, l’essor des services numériques et la croissance des infrastructures rendent l’intégration de la cybersécurité au développement national de plus en plus urgente. Une approche globale impliquant l’État, les régulateurs, les secteurs critiques, les entreprises, le monde académique et les citoyens est jugée essentielle pour préserver la confiance numérique et assurer la continuité des services.
Dans ce contexte, le « Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025 » recommande de finaliser le cadre juridique relatif à la cybercriminalité, à la protection des données et aux infrastructures critiques. Il appelle également à renforcer les capacités du NAM‑CSIRT afin d’améliorer la surveillance, la détection et la coordination des incidents.
Le rapport préconise la création de CSIRT sectoriels dans les principaux secteurs et la réduction des vulnérabilités critiques, comme les systèmes obsolètes et mal sécurisés. Il insiste aussi sur l’accélération du déploiement de l’identité numérique et des services de confiance. Les autorités sont invitées à rendre obligatoire l’authentification à plusieurs facteurs, à renforcer la sensibilisation aux menaces telles que le phishing et les deepfakes. Elles doivent également améliorer le partage d’informations sur les cybermenaces.
Enfin, le document met l’accent sur le renforcement de la gouvernance cyber via les normes internationales. Il recommande également un soutien accru aux PME et aux administrations disposant de faibles ressources afin d’améliorer leur niveau de protection.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
La transformation numérique de l’administration s’intensifie au Burkina Faso, portée par des impératifs d’efficacité et de sécurité. Dans un contexte de vigilance accrue, les autorités misent sur le numérique pour renforcer la gestion des flux et la performance des services publics.
Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a procédé le mercredi 8 avril au lancement officiel de la plateforme numérique de gestion de la fiche de voyage. Accessible en ligne via l’adresse https://fichedevoyage.gov.bf/, la plateforme permet désormais aux voyageurs de renseigner leur fiche jusqu’à 72 heures avant leur départ. L’objectif est de fluidifier les procédures d’entrée et de sortie du territoire, tout en réduisant les files d’attente et les délais de traitement dans les points de contrôle, notamment à l’aéroport international de Ouagadougou.
Au‑delà de la simplification des démarches, la dématérialisation introduit un changement structurel dans la gestion des données migratoires. Les services de sécurité disposent désormais d’un accès centralisé et en temps réel aux informations des voyageurs, ce qui améliore la traçabilité des flux et renforce les capacités d’analyse dans un contexte régional marqué par des enjeux sécuritaires persistants.
Le lancement s’inscrit dans la dynamique de transformation numérique de l’administration publique. La plateforme vient ainsi s’ajouter à un ensemble de services déjà numérisés dans le cadre de la modernisation administrative en cours. Cette évolution s’est accélérée avec le développement de 272 plateformes de services en ligne annoncées en février, dont 146 sont déjà opérationnelles, facilitant l’accès des citoyens et des entreprises aux démarches administratives.
Cette extension de la dématérialisation répond à plusieurs défis structurels auxquels l’administration burkinabè reste confrontée, notamment la lenteur des procédures physiques, la fragmentation des bases de données et la difficulté de suivi des flux de voyageurs. En centralisant les informations et en automatisant une partie du traitement administratif, ces solutions numériques visent à réduire les délais, limiter les erreurs humaines et renforcer la fiabilité des données.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Portée par des ambitions croissantes dans le numérique, la coopération entre le Maroc et le Gabon se renforce autour de la formation et de l’intelligence artificielle. Les deux pays misent sur le transfert de compétences pour accélérer leur transformation numérique et soutenir leur compétitivité.
En marge de l’édition 2026 du GITEX Africa, tenue du mardi 7 au jeudi 9 avril à Marrakech, le Maroc et le Gabon ont signé deux accords dans les domaines du numérique, de la formation et de l’intelligence artificielle. Ces initiatives traduisent une volonté commune d’accélérer la transformation numérique et le développement des compétences.
Le premier accord, signé entre les ministres en charge du numérique, Amal El Fallah Seghrouchni et Mark Alexandre Doumba, porte sur la structuration de la coopération bilatérale. Il couvre plusieurs axes, notamment le partage d’expertise en politiques publiques numériques, l’harmonisation des cadres réglementaires et la mise en place de programmes de formation adaptés aux évolutions du secteur. Dans le cadre de cet accord, 15 étudiants gabonais bénéficieront de bourses complètes pour intégrer l’Université Mohammed VI Polytechnique dès la rentrée de septembre 2026.
Le second accord a été conclu entre l’Institut national des postes et télécommunications du Maroc et l’Institut national des postes et télécommunications du Gabon. Il vise la modernisation des cursus de formation afin de mieux les aligner sur les besoins du marché du numérique et de l’administration publique. Le dispositif inclut notamment un programme dédié aux agents publics gabonais, avec l’attribution de 5 bourses annuelles sur 5 ans, entièrement financées, dans l’objectif de renforcer durablement les compétences techniques au sein des administrations.
Cette coopération s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération Sud‑Sud sur le continent africain, où plusieurs États misent sur le partage d’expertise pour accélérer leur transition numérique et renforcer la compétitivité de leurs écosystèmes. Le Gabon cherche ainsi à capitaliser sur l’expérience marocaine pour structurer son environnement numérique et diversifier son économie. Le pays peaufine actuellement sa stratégie numérique autour de plusieurs axes, notamment le renforcement du cadre réglementaire, le développement des infrastructures, la numérisation et la dématérialisation des services publics, ainsi que le développement des compétences numériques.
De son côté, le Maroc poursuit ses ambitions dans l’intelligence artificielle, avec un objectif de création de valeur pouvant atteindre 100 milliards de dirhams (≈ 10,7 milliards $) à l’horizon 2030, en s’appuyant sur l’innovation, la montée en compétences et le renforcement des partenariats internationaux.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La Guinée cherche à accélérer l’intégration de l'IA dans son tissu économique. Face aux défis de compétitivité et d’innovation, les acteurs publics et privés multiplient les initiatives pour faciliter l’appropriation de ces technologies par les entreprises locales.
La Confédération Générale des Entreprises de Guinée (CGE-GUI) a lancé, le mercredi 8 avril à Conakry, le programme « AI Xcelerate », en partenariat avec l'Organisation Internationale des Employeurs et Microsoft. Cette initiative vise à accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) au sein du tissu productif, dans un contexte où la transformation numérique devient un levier clé de compétitivité pour les entreprises africaines.
𝗜𝗔 | 𝗨𝗻 𝗹𝗲𝘃𝗶𝗲𝗿 𝘀𝘁𝗿𝗮𝘁é𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗶𝘀𝗲𝘀 𝗴𝘂𝗶𝗻é𝗲𝗻𝗻𝗲𝘀
— Rose Pola Pricemou (@rppola) April 10, 2026
Ce mercredi 8 avril 2026, j'ai pris part au lancement du programme « 𝗔𝗜 𝗫𝗰𝗲𝗹𝗲𝗿𝗮𝘁𝗲 », une initiative portée par la 𝗖𝗼𝗻𝗳𝗲́𝗱𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗚𝗲́𝗻𝗲́𝗿𝗮𝗹𝗲… pic.twitter.com/kQxFcecMjf
Le programme cible plus de 250 entreprises guinéennes, avec l’objectif de faciliter l’appropriation de technologies encore peu exploitées localement. Il ambitionne notamment d’accompagner les acteurs économiques dans l’amélioration de leur productivité, la modernisation de leurs outils de gestion et leur adaptation aux mutations économiques mondiales, selon Mansah Sy Savané, vice-président de la CGE-GUI.
Au-delà de la formation, « AI Xcelerate » propose un accompagnement structuré permettant aux entreprises de tester et d’intégrer progressivement l’intelligence artificielle dans leurs activités. L’enjeu est de passer d’une phase de sensibilisation à une adoption opérationnelle, en particulier pour les PME qui constituent l’essentiel du tissu économique guinéen.
Cette initiative intervient alors que l’intelligence artificielle s’impose comme un moteur de croissance à l’échelle mondiale. Pour la Guinée, l’enjeu est d’éviter un décrochage technologique, en dotant ses entreprises des capacités nécessaires pour tirer parti de ces outils dans un environnement économique en mutation rapide.
L’offensive du patronat s’inscrit dans un cadre institutionnel déjà engagé.
Selon Rose Pola Pricemou (photo), conseillère à la présidence chargée des Nouvelles technologies et de l’IA, le pays a adopté la démarche AILA du PNUD, ayant conduit à l’élaboration d’une feuille de route nationale de l’intelligence artificielle pour la période 2026-2035. Cette dynamique a été renforcée par les conférences DounIA, consacrées à la structuration d’une stratégie nationale sur les données numériques.
Samira Njoya
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L’essor du numérique en Algérie s’accompagne d’une forte hausse des cybermenaces, allant des escroqueries en ligne aux attaques massives contre les systèmes d’information. Un phénomène qui met à l’épreuve les dispositifs de cybersécurité du pays.
L’Algérie a enregistré 13 204 affaires de cybercriminalité en 2025, impliquant 7 815 individus. Ces chiffres ont été donnés le mardi 7 avril par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), à l’occasion d’une conférence de presse consacrée à la présentation du bilan annuel de ses activités opérationnelles. Une tendance en nette hausse, alors que la Gendarmerie nationale faisait déjà état de plus de 2700 affaires en 2024, illustrant l’ampleur croissante du phénomène.
Dans le détail, les infractions recensées concernent principalement des escroqueries en ligne, des atteintes aux droits des enfants, ainsi que la vente de produits interdits sur internet. La généralisation des réseaux sociaux et du commerce en ligne informel a favorisé l’émergence de nouvelles formes de criminalité, souvent difficiles à détecter et à tracer. Les autorités soulignent par ailleurs une sophistication accrue des modes opératoires, avec un recours croissant à l’usurpation d’identité et aux techniques d’ingénierie sociale.
Dans le même temps, la pression cyber s’intensifie à grande échelle. D’après Kaspersky, l’Algérie a été la cible de plus de 70 millions de cyberattaques en 2024. Sur la même période, plus de 13 millions de tentatives de phishing et près de 750 000 pièces jointes malveillantes ont été neutralisées, illustrant l’ampleur et la diversité des menaces qui ciblent les systèmes numériques du pays.
Face à cette montée des risques, les pouvoirs publics cherchent à structurer leur réponse. L’Agence de sécurité des systèmes d’information du ministère de la Défense nationale a récemment dévoilé la Stratégie nationale de cybersécurité 2025 – 2029, destinée à renforcer la protection des systèmes d’information, sécuriser les infrastructures critiques et améliorer la coordination entre les acteurs institutionnels.
Sur le plan international, l’Algérie demeure toutefois dans une phase de consolidation. Selon la 5ᵉ édition du Global Cybersecurity Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), le pays est classé au niveau « établissement » (T3). Ce positionnement traduit l’existence d’un cadre en construction, soutenu par des initiatives publiques, mais encore éloigné des standards des économies les plus avancées en matière de cybersécurité.
Dans un contexte continental, cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large de montée des cybermenaces en Afrique. Selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), le manque de préparation face aux cybermenaces pourrait coûter annuellement en moyenne jusqu’à 10 % du PIB des pays africains.
Samira Njoya
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Avec l’ambition de devenir un acteur majeur de l’intelligence artificielle, le Maroc mise sur le numérique pour soutenir sa croissance. Le partenariat engagé avec l’Union européenne vise à accompagner cette stratégie et à développer des capacités locales.
La ministre marocaine de la Transition numérique, Amal El Fallah Seghrouchni (photo, au centre), et la vice‑présidente exécutive de la Commission européenne, Henna Virkkunen, ont lancé le mercredi 8 avril le « Dialogue numérique UE–Maroc ». Ce partenariat, marqué par la signature d’un accord sur les écosystèmes d’intelligence artificielle, vise à positionner le royaume comme un hub régional de l’innovation et du calcul haute performance.
Selon le communiqué conjoint des deux parties, le dialogue s’articule autour de plusieurs piliers, notamment le soutien aux start‑up, la cybersécurité et l’interopérabilité des services publics numériques. L’objectif est de structurer une coopération de long terme pour accompagner la stratégie « Maroc Digital 2030 », tout en facilitant le partage de ressources technologiques entre les deux rives de la Méditerranée. Dans ce cadre, le Maroc ambitionne de générer 100 milliards de dirhams (≈ 11 milliards $) de PIB grâce à l’intelligence artificielle à l’horizon 2030.
L’un des volets les plus concrets de cet accord repose sur le calcul haute performance (HPC). Quatre centres européens de supercalcul (BSC, CINECA, GENCI et LUMI) ont signé une lettre d’intention avec l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Cette collaboration permettra à l’UM6P, qui héberge déjà le supercalculateur le plus puissant d’Afrique, de se connecter aux « usines d’IA » de l’Union européenne. Cette synergie technique s’appuie notamment sur le câble sous‑marin Medusa, récemment raccordé à Nador, garantissant une connectivité à haut débit et une latence réduite pour les projets de recherche communs.
Ce rapprochement intervient dans un contexte marqué par le 30e anniversaire de l’accord d’association UE–Maroc (1996) et s’inscrit dans la continuité du « Pacte pour la Méditerranée » lancé fin 2025. Pour Rabat, l’enjeu est de consolider sa souveraineté technologique tout en attirant des investissements européens dans son écosystème de start‑up. Côté européen, ce dialogue vise à renforcer la sécurité des chaînes de valeur numériques et à promouvoir des standards communs de gouvernance de l’IA avec ses partenaires du Sud.
Samira Njoya
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En Côte d’Ivoire, l’éducation des jeunes filles reste confrontée à des disparités marquées, notamment dans les filières scientifiques et technologiques. Des initiatives numériques cherchent à combler ce déficit.
L’Unicef Côte d’Ivoire et la Fondation Maarif de Türkiye ont paraphé, le mardi 7 avril à Abidjan, un protocole d’entente. Cette alliance vise à renforcer l’inclusion numérique et l’accès à l’éducation pour les jeunes filles, avec un accent particulier sur les filières scientifiques.
Fruit d’une année de négociations, ce partenariat s’articule autour de la réduction des disparités de genre dans le système éducatif ivoirien. Les deux institutions prévoient d’orienter massivement les élèves vers les disciplines STEM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques), des secteurs où les filles restent historiquement sous‑représentées. « Ce protocole est une opportunité de mettre l’accent sur la participation des filles dans des domaines qui ne sont pas traditionnellement les leurs », a précisé Jean‑François Basse (photo, à droite), représentant résident de l’Unicef en Côte d’Ivoire.
Le second volet de l’accord repose sur l’exploitation de la plateforme numérique des jeunes « U‑Report ». Avec plus de 3 millions d’adhérents dans le pays, cet outil de participation citoyenne servira de canal pour promouvoir l’engagement social des jeunes, y compris dans les zones rurales. L’objectif est de transformer ces adolescents en acteurs du changement tout en développant des programmes de formation pratique destinés à améliorer l’employabilité des profils les plus vulnérables.
Cette collaboration intervient alors que la Côte d’Ivoire multiplie les initiatives pour moderniser son secteur éducatif. Selon les données du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, le taux de scolarisation des filles s’est amélioré, passant de 33 % en 2011 à 83 % en 2024. Cependant, la migration vers les filières techniques et scientifiques reste un défi majeur. La Fondation Maarif, qui gère un réseau croissant d’écoles à l’international, apporte ici son expertise pédagogique pour compléter les programmes humanitaires de l’agence onusienne.
Notons que cet accord s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors du festival technologique de l’an dernier. Il prévoit également le soutien à des événements nationaux d’envergure, tels que la Fête de la Science, afin de créer un pont durable entre les institutions internationales et le tissu éducatif local.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La montée en puissance de l’intelligence artificielle en Afrique s’accompagne d’une volonté croissante de maîtriser les infrastructures et les données. Au Maroc, des acteurs locaux s’organisent pour proposer des solutions souveraines adaptées aux réalités du continent.
ABA Technology, entreprise marocaine spécialisée dans l’intelligence artificielle, et le groupe français Atos ont annoncé avoir signé, mardi 7 avril, en marge du GITEX Africa 2026 à Marrakech, un mémorandum d’entente visant à accélérer le déploiement de la plateforme Fusion AI auprès d’acteurs publics et privés. Cette technologie, récemment lancée, ambitionne de structurer l’usage de l’IA dans des environnements complexes tout en garantissant la souveraineté des données.
« Fusion AI répond à une exigence aujourd’hui centrale : déployer une intelligence artificielle gouvernée, sécurisée et pleinement opérationnelle dans des environnements critiques », a indiqué Safia Faraj (photo, à droite), directrice Afrique d’Atos. Selon elle, ce partenariat doit permettre de faire passer les organisations « de l’expérimentation à la production », en intégrant des systèmes capables d’automatiser les processus tout en respectant des standards stricts de sécurité et de conformité.
Dans le cadre de cet accord, Atos interviendra comme intégrateur de la plateforme développée par ABA Technology auprès de ses clients, notamment dans le secteur public, industriel et scientifique. La coopération prévoit le déploiement de solutions d’IA adaptées à différents usages, allant de l’optimisation industrielle à la recherche scientifique, en passant par la gestion des politiques publiques. L’objectif est de proposer des architectures capables d’unifier les données, les systèmes et les opérations au sein d’environnements fortement régulés.
Ce partenariat intervient dans un contexte d’accélération des investissements dans l’intelligence artificielle, y compris en Afrique où les enjeux de souveraineté technologique deviennent stratégiques. Selon les estimations de Google, les investissements mondiaux dans l’IA pourraient dépasser 1500 milliards de dollars dans les prochaines années, poussant les États et les entreprises à mieux maîtriser leurs infrastructures et leurs données.
Il s’inscrit également dans la continuité du lancement, la semaine précédente, de Fusion AI par ABA Technology. Présentée comme une plateforme conçue et opérée depuis le Maroc, cette solution repose sur une architecture unifiée capable de connecter systèmes informatiques, infrastructures industrielles et objets connectés. Déclinée en plusieurs applications sectorielles, elle permet par exemple d’optimiser la production industrielle via des jumeaux numériques, d’améliorer la prise de décision publique grâce à des outils d’intelligence territoriale ou encore d’accélérer la recherche biomédicale.
À travers cette alliance, les deux partenaires ambitionnent de structurer une offre d’intelligence artificielle adaptée aux réalités africaines, en combinant expertise technologique et capacités d’intégration à grande échelle. Pour ABA Technology, l’enjeu est d’étendre l’adoption de sa plateforme au-delà du marché marocain, tandis qu’Atos renforce son positionnement sur les projets liés à la souveraineté numérique sur le continent.
Samira Njoya
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