La cybersécurité fait partie des priorités des autorités namibiennes, qui ont fait du numérique un pilier du développement socio‑économique. Le gouvernement a alloué un budget de 1 million $ au secteur pour l’exercice financier 2026/2027.
La Namibie a enregistré 1,7 million de cyberattaques entre janvier et décembre 2025, selon les autorités, soit une hausse d’environ 37 % par rapport à la même période de l’année précédente. C’est ce que révèle le « Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025 ».
The Namibia Cyber Security Incident Response Team (NAM-CSIRT) housed at CRAN, released it’s annual Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025.
— CRAN (@CRANamibia) April 11, 2026
Highlighting the national and international landscapes, in this edition, NAM-CSIRT draws the spotlight on the secured electronic… pic.twitter.com/1Qe7FtjalG
Le rapport, publié le vendredi 11 avril par l’Équipe namibienne de réponse aux incidents cybernétiques (NAM‑CSIRT), indique que 2 231 970 vulnérabilités ont été identifiées au cours de l’année. Celles‑ci ont directement facilité les attaques observées, notamment les attaques par déni de service distribué (DDoS), la propagation de malwares et les accès distants non autorisés.
Selon le document, l’année 2025 marque un net basculement vers une exploitation massive de la confiance, où l’ingénierie sociale et les tromperies assistées par l’intelligence artificielle amplifient les cas traditionnels. Au premier trimestre, les cas ont notamment inclus des campagnes de deepfake générées par l’IA pour promouvoir des schémas d’investissement frauduleux. À mi‑année, le phishing via Telegram et les autres formes d’ingénierie sociale sont restés très présents.
Le rapport souligne également l’émergence de ransomwares au niveau municipal, utilisant des techniques de double extorsion, ainsi que des campagnes de smishing imitant des services de livraison et des vidéos deepfake mettant en scène de hauts responsables, illustrant un écosystème de fraude de plus en plus structuré et alimenté par la désinformation générée par l’IA.
Une dynamique globale et continentale
Cette augmentation des fraudes s’inscrit dans un contexte global et continental. Dans son « Cybercrime Africa Cyberthreat Assessment 2025 », Interpol indique que l’accélération de la cybercriminalité en Afrique est facilitée par l’essor des activités en ligne comme les services numériques, les réseaux sociaux, le commerce numérique et la banque mobile.
Interpol souligne dans son rapport que « les cybercriminels affinent en permanence leurs tactiques, en recourant à l’ingénierie sociale, à l’intelligence artificielle et aux plateformes de messagerie instantanée pour lancer des attaques de plus en plus sophistiquées. Les réseaux cybercriminels, qu’ils soient locaux ou internationaux, exploitent les vulnérabilités humaines comme méthode principale, utilisant des techniques de tromperie avancées pour cibler organisations et individus ».
Des mesures pour sécuriser l’avenir numérique de la Namibie
La NAM‑CSIRT souligne que le déploiement de l’e‑ID, l’essor des services numériques et la croissance des infrastructures rendent l’intégration de la cybersécurité au développement national de plus en plus urgente. Une approche globale impliquant l’État, les régulateurs, les secteurs critiques, les entreprises, le monde académique et les citoyens est jugée essentielle pour préserver la confiance numérique et assurer la continuité des services.
Dans ce contexte, le « Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025 » recommande de finaliser le cadre juridique relatif à la cybercriminalité, à la protection des données et aux infrastructures critiques. Il appelle également à renforcer les capacités du NAM‑CSIRT afin d’améliorer la surveillance, la détection et la coordination des incidents.
Le rapport préconise la création de CSIRT sectoriels dans les principaux secteurs et la réduction des vulnérabilités critiques, comme les systèmes obsolètes et mal sécurisés. Il insiste aussi sur l’accélération du déploiement de l’identité numérique et des services de confiance. Les autorités sont invitées à rendre obligatoire l’authentification à plusieurs facteurs, à renforcer la sensibilisation aux menaces telles que le phishing et les deepfakes. Elles doivent également améliorer le partage d’informations sur les cybermenaces.
Enfin, le document met l’accent sur le renforcement de la gouvernance cyber via les normes internationales. Il recommande également un soutien accru aux PME et aux administrations disposant de faibles ressources afin d’améliorer leur niveau de protection.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
La transformation numérique de l’administration s’intensifie au Burkina Faso, portée par des impératifs d’efficacité et de sécurité. Dans un contexte de vigilance accrue, les autorités misent sur le numérique pour renforcer la gestion des flux et la performance des services publics.
Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a procédé le mercredi 8 avril au lancement officiel de la plateforme numérique de gestion de la fiche de voyage. Accessible en ligne via l’adresse https://fichedevoyage.gov.bf/, la plateforme permet désormais aux voyageurs de renseigner leur fiche jusqu’à 72 heures avant leur départ. L’objectif est de fluidifier les procédures d’entrée et de sortie du territoire, tout en réduisant les files d’attente et les délais de traitement dans les points de contrôle, notamment à l’aéroport international de Ouagadougou.
Au‑delà de la simplification des démarches, la dématérialisation introduit un changement structurel dans la gestion des données migratoires. Les services de sécurité disposent désormais d’un accès centralisé et en temps réel aux informations des voyageurs, ce qui améliore la traçabilité des flux et renforce les capacités d’analyse dans un contexte régional marqué par des enjeux sécuritaires persistants.
Le lancement s’inscrit dans la dynamique de transformation numérique de l’administration publique. La plateforme vient ainsi s’ajouter à un ensemble de services déjà numérisés dans le cadre de la modernisation administrative en cours. Cette évolution s’est accélérée avec le développement de 272 plateformes de services en ligne annoncées en février, dont 146 sont déjà opérationnelles, facilitant l’accès des citoyens et des entreprises aux démarches administratives.
Cette extension de la dématérialisation répond à plusieurs défis structurels auxquels l’administration burkinabè reste confrontée, notamment la lenteur des procédures physiques, la fragmentation des bases de données et la difficulté de suivi des flux de voyageurs. En centralisant les informations et en automatisant une partie du traitement administratif, ces solutions numériques visent à réduire les délais, limiter les erreurs humaines et renforcer la fiabilité des données.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Portée par des ambitions croissantes dans le numérique, la coopération entre le Maroc et le Gabon se renforce autour de la formation et de l’intelligence artificielle. Les deux pays misent sur le transfert de compétences pour accélérer leur transformation numérique et soutenir leur compétitivité.
En marge de l’édition 2026 du GITEX Africa, tenue du mardi 7 au jeudi 9 avril à Marrakech, le Maroc et le Gabon ont signé deux accords dans les domaines du numérique, de la formation et de l’intelligence artificielle. Ces initiatives traduisent une volonté commune d’accélérer la transformation numérique et le développement des compétences.
Le premier accord, signé entre les ministres en charge du numérique, Amal El Fallah Seghrouchni et Mark Alexandre Doumba, porte sur la structuration de la coopération bilatérale. Il couvre plusieurs axes, notamment le partage d’expertise en politiques publiques numériques, l’harmonisation des cadres réglementaires et la mise en place de programmes de formation adaptés aux évolutions du secteur. Dans le cadre de cet accord, 15 étudiants gabonais bénéficieront de bourses complètes pour intégrer l’Université Mohammed VI Polytechnique dès la rentrée de septembre 2026.
Le second accord a été conclu entre l’Institut national des postes et télécommunications du Maroc et l’Institut national des postes et télécommunications du Gabon. Il vise la modernisation des cursus de formation afin de mieux les aligner sur les besoins du marché du numérique et de l’administration publique. Le dispositif inclut notamment un programme dédié aux agents publics gabonais, avec l’attribution de 5 bourses annuelles sur 5 ans, entièrement financées, dans l’objectif de renforcer durablement les compétences techniques au sein des administrations.
Cette coopération s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération Sud‑Sud sur le continent africain, où plusieurs États misent sur le partage d’expertise pour accélérer leur transition numérique et renforcer la compétitivité de leurs écosystèmes. Le Gabon cherche ainsi à capitaliser sur l’expérience marocaine pour structurer son environnement numérique et diversifier son économie. Le pays peaufine actuellement sa stratégie numérique autour de plusieurs axes, notamment le renforcement du cadre réglementaire, le développement des infrastructures, la numérisation et la dématérialisation des services publics, ainsi que le développement des compétences numériques.
De son côté, le Maroc poursuit ses ambitions dans l’intelligence artificielle, avec un objectif de création de valeur pouvant atteindre 100 milliards de dirhams (≈ 10,7 milliards $) à l’horizon 2030, en s’appuyant sur l’innovation, la montée en compétences et le renforcement des partenariats internationaux.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La Guinée cherche à accélérer l’intégration de l'IA dans son tissu économique. Face aux défis de compétitivité et d’innovation, les acteurs publics et privés multiplient les initiatives pour faciliter l’appropriation de ces technologies par les entreprises locales.
La Confédération Générale des Entreprises de Guinée (CGE-GUI) a lancé, le mercredi 8 avril à Conakry, le programme « AI Xcelerate », en partenariat avec l'Organisation Internationale des Employeurs et Microsoft. Cette initiative vise à accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) au sein du tissu productif, dans un contexte où la transformation numérique devient un levier clé de compétitivité pour les entreprises africaines.
𝗜𝗔 | 𝗨𝗻 𝗹𝗲𝘃𝗶𝗲𝗿 𝘀𝘁𝗿𝗮𝘁é𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗶𝘀𝗲𝘀 𝗴𝘂𝗶𝗻é𝗲𝗻𝗻𝗲𝘀
— Rose Pola Pricemou (@rppola) April 10, 2026
Ce mercredi 8 avril 2026, j'ai pris part au lancement du programme « 𝗔𝗜 𝗫𝗰𝗲𝗹𝗲𝗿𝗮𝘁𝗲 », une initiative portée par la 𝗖𝗼𝗻𝗳𝗲́𝗱𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗚𝗲́𝗻𝗲́𝗿𝗮𝗹𝗲… pic.twitter.com/kQxFcecMjf
Le programme cible plus de 250 entreprises guinéennes, avec l’objectif de faciliter l’appropriation de technologies encore peu exploitées localement. Il ambitionne notamment d’accompagner les acteurs économiques dans l’amélioration de leur productivité, la modernisation de leurs outils de gestion et leur adaptation aux mutations économiques mondiales, selon Mansah Sy Savané, vice-président de la CGE-GUI.
Au-delà de la formation, « AI Xcelerate » propose un accompagnement structuré permettant aux entreprises de tester et d’intégrer progressivement l’intelligence artificielle dans leurs activités. L’enjeu est de passer d’une phase de sensibilisation à une adoption opérationnelle, en particulier pour les PME qui constituent l’essentiel du tissu économique guinéen.
Cette initiative intervient alors que l’intelligence artificielle s’impose comme un moteur de croissance à l’échelle mondiale. Pour la Guinée, l’enjeu est d’éviter un décrochage technologique, en dotant ses entreprises des capacités nécessaires pour tirer parti de ces outils dans un environnement économique en mutation rapide.
L’offensive du patronat s’inscrit dans un cadre institutionnel déjà engagé.
Selon Rose Pola Pricemou (photo), conseillère à la présidence chargée des Nouvelles technologies et de l’IA, le pays a adopté la démarche AILA du PNUD, ayant conduit à l’élaboration d’une feuille de route nationale de l’intelligence artificielle pour la période 2026-2035. Cette dynamique a été renforcée par les conférences DounIA, consacrées à la structuration d’une stratégie nationale sur les données numériques.
Samira Njoya
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L’essor du numérique en Algérie s’accompagne d’une forte hausse des cybermenaces, allant des escroqueries en ligne aux attaques massives contre les systèmes d’information. Un phénomène qui met à l’épreuve les dispositifs de cybersécurité du pays.
L’Algérie a enregistré 13 204 affaires de cybercriminalité en 2025, impliquant 7 815 individus. Ces chiffres ont été donnés le mardi 7 avril par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), à l’occasion d’une conférence de presse consacrée à la présentation du bilan annuel de ses activités opérationnelles. Une tendance en nette hausse, alors que la Gendarmerie nationale faisait déjà état de plus de 2700 affaires en 2024, illustrant l’ampleur croissante du phénomène.
Dans le détail, les infractions recensées concernent principalement des escroqueries en ligne, des atteintes aux droits des enfants, ainsi que la vente de produits interdits sur internet. La généralisation des réseaux sociaux et du commerce en ligne informel a favorisé l’émergence de nouvelles formes de criminalité, souvent difficiles à détecter et à tracer. Les autorités soulignent par ailleurs une sophistication accrue des modes opératoires, avec un recours croissant à l’usurpation d’identité et aux techniques d’ingénierie sociale.
Dans le même temps, la pression cyber s’intensifie à grande échelle. D’après Kaspersky, l’Algérie a été la cible de plus de 70 millions de cyberattaques en 2024. Sur la même période, plus de 13 millions de tentatives de phishing et près de 750 000 pièces jointes malveillantes ont été neutralisées, illustrant l’ampleur et la diversité des menaces qui ciblent les systèmes numériques du pays.
Face à cette montée des risques, les pouvoirs publics cherchent à structurer leur réponse. L’Agence de sécurité des systèmes d’information du ministère de la Défense nationale a récemment dévoilé la Stratégie nationale de cybersécurité 2025 – 2029, destinée à renforcer la protection des systèmes d’information, sécuriser les infrastructures critiques et améliorer la coordination entre les acteurs institutionnels.
Sur le plan international, l’Algérie demeure toutefois dans une phase de consolidation. Selon la 5ᵉ édition du Global Cybersecurity Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), le pays est classé au niveau « établissement » (T3). Ce positionnement traduit l’existence d’un cadre en construction, soutenu par des initiatives publiques, mais encore éloigné des standards des économies les plus avancées en matière de cybersécurité.
Dans un contexte continental, cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large de montée des cybermenaces en Afrique. Selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), le manque de préparation face aux cybermenaces pourrait coûter annuellement en moyenne jusqu’à 10 % du PIB des pays africains.
Samira Njoya
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Avec l’ambition de devenir un acteur majeur de l’intelligence artificielle, le Maroc mise sur le numérique pour soutenir sa croissance. Le partenariat engagé avec l’Union européenne vise à accompagner cette stratégie et à développer des capacités locales.
La ministre marocaine de la Transition numérique, Amal El Fallah Seghrouchni (photo, au centre), et la vice‑présidente exécutive de la Commission européenne, Henna Virkkunen, ont lancé le mercredi 8 avril le « Dialogue numérique UE–Maroc ». Ce partenariat, marqué par la signature d’un accord sur les écosystèmes d’intelligence artificielle, vise à positionner le royaume comme un hub régional de l’innovation et du calcul haute performance.
Selon le communiqué conjoint des deux parties, le dialogue s’articule autour de plusieurs piliers, notamment le soutien aux start‑up, la cybersécurité et l’interopérabilité des services publics numériques. L’objectif est de structurer une coopération de long terme pour accompagner la stratégie « Maroc Digital 2030 », tout en facilitant le partage de ressources technologiques entre les deux rives de la Méditerranée. Dans ce cadre, le Maroc ambitionne de générer 100 milliards de dirhams (≈ 11 milliards $) de PIB grâce à l’intelligence artificielle à l’horizon 2030.
L’un des volets les plus concrets de cet accord repose sur le calcul haute performance (HPC). Quatre centres européens de supercalcul (BSC, CINECA, GENCI et LUMI) ont signé une lettre d’intention avec l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Cette collaboration permettra à l’UM6P, qui héberge déjà le supercalculateur le plus puissant d’Afrique, de se connecter aux « usines d’IA » de l’Union européenne. Cette synergie technique s’appuie notamment sur le câble sous‑marin Medusa, récemment raccordé à Nador, garantissant une connectivité à haut débit et une latence réduite pour les projets de recherche communs.
Ce rapprochement intervient dans un contexte marqué par le 30e anniversaire de l’accord d’association UE–Maroc (1996) et s’inscrit dans la continuité du « Pacte pour la Méditerranée » lancé fin 2025. Pour Rabat, l’enjeu est de consolider sa souveraineté technologique tout en attirant des investissements européens dans son écosystème de start‑up. Côté européen, ce dialogue vise à renforcer la sécurité des chaînes de valeur numériques et à promouvoir des standards communs de gouvernance de l’IA avec ses partenaires du Sud.
Samira Njoya
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En Côte d’Ivoire, l’éducation des jeunes filles reste confrontée à des disparités marquées, notamment dans les filières scientifiques et technologiques. Des initiatives numériques cherchent à combler ce déficit.
L’Unicef Côte d’Ivoire et la Fondation Maarif de Türkiye ont paraphé, le mardi 7 avril à Abidjan, un protocole d’entente. Cette alliance vise à renforcer l’inclusion numérique et l’accès à l’éducation pour les jeunes filles, avec un accent particulier sur les filières scientifiques.
Fruit d’une année de négociations, ce partenariat s’articule autour de la réduction des disparités de genre dans le système éducatif ivoirien. Les deux institutions prévoient d’orienter massivement les élèves vers les disciplines STEM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques), des secteurs où les filles restent historiquement sous‑représentées. « Ce protocole est une opportunité de mettre l’accent sur la participation des filles dans des domaines qui ne sont pas traditionnellement les leurs », a précisé Jean‑François Basse (photo, à droite), représentant résident de l’Unicef en Côte d’Ivoire.
Le second volet de l’accord repose sur l’exploitation de la plateforme numérique des jeunes « U‑Report ». Avec plus de 3 millions d’adhérents dans le pays, cet outil de participation citoyenne servira de canal pour promouvoir l’engagement social des jeunes, y compris dans les zones rurales. L’objectif est de transformer ces adolescents en acteurs du changement tout en développant des programmes de formation pratique destinés à améliorer l’employabilité des profils les plus vulnérables.
Cette collaboration intervient alors que la Côte d’Ivoire multiplie les initiatives pour moderniser son secteur éducatif. Selon les données du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, le taux de scolarisation des filles s’est amélioré, passant de 33 % en 2011 à 83 % en 2024. Cependant, la migration vers les filières techniques et scientifiques reste un défi majeur. La Fondation Maarif, qui gère un réseau croissant d’écoles à l’international, apporte ici son expertise pédagogique pour compléter les programmes humanitaires de l’agence onusienne.
Notons que cet accord s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors du festival technologique de l’an dernier. Il prévoit également le soutien à des événements nationaux d’envergure, tels que la Fête de la Science, afin de créer un pont durable entre les institutions internationales et le tissu éducatif local.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La montée en puissance de l’intelligence artificielle en Afrique s’accompagne d’une volonté croissante de maîtriser les infrastructures et les données. Au Maroc, des acteurs locaux s’organisent pour proposer des solutions souveraines adaptées aux réalités du continent.
ABA Technology, entreprise marocaine spécialisée dans l’intelligence artificielle, et le groupe français Atos ont annoncé avoir signé, mardi 7 avril, en marge du GITEX Africa 2026 à Marrakech, un mémorandum d’entente visant à accélérer le déploiement de la plateforme Fusion AI auprès d’acteurs publics et privés. Cette technologie, récemment lancée, ambitionne de structurer l’usage de l’IA dans des environnements complexes tout en garantissant la souveraineté des données.
« Fusion AI répond à une exigence aujourd’hui centrale : déployer une intelligence artificielle gouvernée, sécurisée et pleinement opérationnelle dans des environnements critiques », a indiqué Safia Faraj (photo, à droite), directrice Afrique d’Atos. Selon elle, ce partenariat doit permettre de faire passer les organisations « de l’expérimentation à la production », en intégrant des systèmes capables d’automatiser les processus tout en respectant des standards stricts de sécurité et de conformité.
Dans le cadre de cet accord, Atos interviendra comme intégrateur de la plateforme développée par ABA Technology auprès de ses clients, notamment dans le secteur public, industriel et scientifique. La coopération prévoit le déploiement de solutions d’IA adaptées à différents usages, allant de l’optimisation industrielle à la recherche scientifique, en passant par la gestion des politiques publiques. L’objectif est de proposer des architectures capables d’unifier les données, les systèmes et les opérations au sein d’environnements fortement régulés.
Ce partenariat intervient dans un contexte d’accélération des investissements dans l’intelligence artificielle, y compris en Afrique où les enjeux de souveraineté technologique deviennent stratégiques. Selon les estimations de Google, les investissements mondiaux dans l’IA pourraient dépasser 1500 milliards de dollars dans les prochaines années, poussant les États et les entreprises à mieux maîtriser leurs infrastructures et leurs données.
Il s’inscrit également dans la continuité du lancement, la semaine précédente, de Fusion AI par ABA Technology. Présentée comme une plateforme conçue et opérée depuis le Maroc, cette solution repose sur une architecture unifiée capable de connecter systèmes informatiques, infrastructures industrielles et objets connectés. Déclinée en plusieurs applications sectorielles, elle permet par exemple d’optimiser la production industrielle via des jumeaux numériques, d’améliorer la prise de décision publique grâce à des outils d’intelligence territoriale ou encore d’accélérer la recherche biomédicale.
À travers cette alliance, les deux partenaires ambitionnent de structurer une offre d’intelligence artificielle adaptée aux réalités africaines, en combinant expertise technologique et capacités d’intégration à grande échelle. Pour ABA Technology, l’enjeu est d’étendre l’adoption de sa plateforme au-delà du marché marocain, tandis qu’Atos renforce son positionnement sur les projets liés à la souveraineté numérique sur le continent.
Samira Njoya
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Fort de plusieurs millions de joueurs et d’un marché en expansion, le gaming prend une place croissante dans l’économie numérique marocaine. Devant ce potentiel encore sous‑exploité, les autorités multiplient les initiatives pour structurer une filière locale et accompagner les talents.
Le Maroc accélère la structuration de son industrie du gaming, un secteur émergent mais à fort potentiel. En marge du salon GITEX Africa Morocco 2026 à Marrakech, le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et Huawei Maroc ont signé, mardi 7 avril, un protocole d’accord visant à soutenir le développement des industries numériques et créatives.
Signé par Mohamed Mehdi Bensaid (photo, à gauche), ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, et David Li (photo, à droite), directeur général de Huawei Maroc, cet accord s’inscrit dans une dynamique de consolidation d’un écosystème national encore fragmenté, mais porté par l’essor d’une nouvelle génération de développeurs et de studios indépendants.
Le partenariat prévoit plusieurs axes d’intervention, notamment un soutien technique au Morocco Gaming Expo 2026, prévu du 20 au 24 mai à Rabat. Huawei contribuera à l’équipement des espaces dédiés à la formation et aux ateliers, avec pour objectif d’optimiser les conditions d’apprentissage et de permettre aux développeurs de tester leurs projets dans un environnement adapté.
L’accord inclut également un accompagnement de talents locaux, avec le soutien à la participation d’équipes marocaines à des initiatives internationales portées par le groupe chinois, ainsi qu’un soutien ciblé à cinq développeurs sélectionnés par le ministère. Cette démarche vise à renforcer la visibilité des profils locaux et à faciliter leur intégration dans des circuits internationaux.
Au Maroc, le gaming s’inscrit aujourd’hui au‑delà du simple divertissement. Il est perçu comme une industrie créative à fort potentiel de création d’emplois, d’attraction d’investissements et de développement de compétences numériques avancées. Selon les projections du rapport « State of the African Video Game Industry 2026 » de SpielFabrique, publié en janvier 2026, les revenus annuels de ce secteur sont estimés à 227,3 millions USD en 2024 au Maroc, avec une croissance anticipée à 297 millions USD d’ici 2027.
Cette dynamique n’échappe pas aux pouvoirs publics. Le Maroc a multiplié les initiatives pour structurer son écosystème gaming, avec des programmes d’incubation de start-up, des espaces dédiés comme Rabat Gaming City et des partenariats public‑privé visant à rapprocher les talents locaux des chaînes de valeur mondiales.
L’accord signé avec Huawei Maroc s’inscrit dans la continuité de ce mouvement. Il fait suite à un précédent partenariat autour du développement de l’e‑sport local, mené en collaboration avec Rabat Gaming City, la Fédération royale marocaine des jeux électroniques (FRMJE) et des programmes de formation innovants.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Face à l’essor des nouvelles technologies de défense, en particulier les drones, les armées accélèrent leur transformation pour intégrer ces outils devenus stratégiques. En Afrique, cette évolution suscite un intérêt croissant pour la formation et le renforcement des capacités opérationnelles.
Le Maroc s’apprête à accueillir le premier centre régional américain de formation aux drones en Afrique, selon une annonce récente du général Christopher Donahue, commandant des forces américaines en Europe et en Afrique (USAREUR‑AF). Le projet démarre par une phase pilote lors de l’exercice African Lion 2026, prévu du 20 avril au 8 mai dans le royaume, mené conjointement par l’armée américaine et plusieurs armées africaines.
Porté par ce commandement, le programme vise à doter les armées africaines de compétences opérationnelles dans l’utilisation des drones. Seize militaires issus de pays partenaires participeront à cette première phase de formation, structurée autour de deux volets : l’intégration des drones dans la planification des opérations et la prise en main de différents systèmes de drones.
Cette initiative s’inscrit dans le renforcement de la coopération militaire entre Washington et ses partenaires africains, dans un contexte marqué par la montée en puissance rapide des drones dans les opérations sécuritaires à l’échelle mondiale. De plus en plus accessibles et polyvalents, ces équipements sont désormais utilisés pour des missions de surveillance, de renseignement ou d’intervention, avec un rapport coût‑efficacité généralement supérieur à celui des équipements militaires conventionnels.
Cette dynamique s’accompagne d’une expansion soutenue du marché. Selon le cabinet Fortune Business Insights, le marché mondial des drones militaires pourrait atteindre 30,9 milliards de dollars d’ici 2034, contre 18,2 milliards en 2025 et 20,8 milliards en 2026.
En Afrique, l’intérêt pour ces technologies progresse également, notamment pour répondre aux enjeux de surveillance des frontières, de lutte contre les trafics et de sécurisation des infrastructures. Toutefois, leur adoption reste inégale. Si des modèles légers et accessibles se diffusent progressivement, les systèmes avancés, dotés de capacités de renseignement ou d’intervention, demeurent coûteux pour de nombreux pays.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La Namibie a fait de la transformation numérique un levier de son développement économique. Mais pour tirer pleinement parti des avantages des TIC, le pays doit renforcer sa vigilance en matière de cybersécurité.
Les autorités namibiennes prévoient d’investir 17,4 millions de dollars namibiens (environ 1 million $) pour renforcer la cybersécurité et d’autres domaines clés dans les prochains mois. Cette initiative vise à accroître les capacités du pays dans ce secteur stratégique.
Cette enveloppe s’inscrit dans les 682 millions de dollars namibiens alloués au ministère des Technologies de l’information et de la communication (MICT) pour ses activités au cours de l’exercice 2026/2027. Ce budget a été présenté la semaine dernière au Parlement par la ministre Emma Theofelus (photo), selon la presse locale.
La ministre indique que les actions seront centrées autour de l’équipe namibienne de réponse aux incidents de cybersécurité (NAM‑CSIRT). Les financements permettront de soutenir la mise en œuvre du projet de loi sur la cybercriminalité, la création d’un centre des opérations de sécurité opérationnel 24 h/24, ainsi que le développement d’un laboratoire national de criminalistique numérique. Par ailleurs, les cadres de cybersécurité du pays seront renforcés.
Ce budget s’inscrit dans les efforts croissants des autorités namibiennes pour renforcer la sécurité du cyberespace national. L’une des principales initiatives est la mise en œuvre, en juillet, du NAM‑CSIRT, doté d’un budget initial de 20 millions de dollars namibiens. Cette entité a été créée pour servir d’autorité centrale nationale chargée de la gestion des cybermenaces et des incidents de cybersécurité. Son objectif est de renforcer la sécurité et la stabilité des infrastructures critiques et des systèmes d’information en Namibie, notamment au sein des institutions publiques, des agences et d’autres secteurs clés.
Parmi les autres initiatives figurent une application mobile permettant de signaler les escroqueries, de recevoir des alertes en temps réel et d’accéder à des conseils en matière de sécurité en ligne, la sensibilisation des populations, ainsi que des textes législatifs relatifs à la cybercriminalité et à la protection des données en cours d’élaboration.
Ces efforts interviennent dans un contexte de transformation numérique accélérée, couplée à une multiplication des cybermenaces. La NAM‑CSIRT a détecté un total de 549 556 vulnérabilités informatiques dans divers domaines du paysage numérique namibien entre avril et juin 2025, en hausse de 1,62 % par rapport au trimestre précédent. Au cours de l’année 2024, 1,2 million de cyberattaques avaient été recensées.
Pour le moment, la Namibie est classée dans l’avant‑dernière cohorte (Tier 4) de l’Indice global de cybersécurité de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Le pays s’en sort relativement bien en matière de mesures organisationnelles, avec un score de 16,35 sur 20. Toutefois, des progrès restent à faire sur les autres piliers : cadre législatif, mesures techniques, développement des capacités et coopération. Il a enregistré un score global de 36,93 sur 100.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le gouvernement gabonais mise sur une approche structurée pour connecter ses administrations, optimiser la gestion des données et améliorer l’accès aux services. Une feuille de route nationale est en cours de finalisation pour encadrer cette dynamique.
Le ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba (photo), a présenté le vendredi 3 avril à Libreville les grandes orientations de la future stratégie nationale de numérisation. Ce document‑cadre, dévoilé au siège de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) à l’occasion d’une réunion avec les principaux responsables des systèmes d’information de l’administration publique, fixe la trajectoire du pays pour moderniser l’État et renforcer l’efficacité des services destinés aux citoyens et aux entreprises.
La stratégie repose sur cinq axes fondamentaux : la poursuite des réformes et la mise en place d’un cadre réglementaire adapté, le développement des infrastructures numériques, la numérisation et la dématérialisation des services publics et des paiements, la promotion de l’entrepreneuriat national et le développement des compétences locales, la migration vers une administration et une économie intelligentes, fondées sur une donnée structurée et valorisée. Selon le ministre, ces axes visent à réduire la fragmentation des systèmes d’information, améliorer l’interopérabilité entre administrations et créer un pilotage centralisé des projets numériques à l’échelle nationale.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de transformation numérique déjà amorcé. Pour l’exercice 2026, le ministère dispose d’un budget de 82 milliards de francs CFA (environ 145 millions de dollars), en forte augmentation (+156,2 %) par rapport aux 32 milliards FCFA de 2025. Cette enveloppe est prioritairement consacrée aux investissements dans la connectivité, la modernisation des infrastructures et la numérisation des services publics, et soutient également le développement des compétences et la gouvernance des données.
Les contours précis et le calendrier de mise en œuvre n’ont pas encore été dévoilés. Néanmoins, les autorités entendent rompre avec la gestion fragmentée des projets numériques en instaurant une gouvernance centralisée, appuyée sur des schémas directeurs sectoriels et un pilotage renforcé des systèmes d’information. Déjà doté d’un cadre légal solide, le Gabon ambitionne ainsi de bâtir une stratégie numérique unifiée, cohérente et souveraine, au service de la performance publique et de l’amélioration des services aux citoyens.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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D’après la SFI et Google, l’économie numérique africaine pourrait atteindre 180 milliards $ d’ici 2025, soit 5,2 % du PIB du continent, avant de grimper à 712 milliards $ à l’horizon 2050. Ces projections renforcent la volonté des États de se positionner dès maintenant sur cette croissance.
L’Afrique accélère la création de pôles technologiques pour structurer son innovation et capter une part croissante de l’économie numérique mondiale. D’un pays à l’autre, les gouvernements investissent dans des espaces dédiés destinés à concentrer start‑up, centres de recherche, universités et grandes entreprises, avec l’ambition de s’inspirer, à leur échelle, du modèle des grandes Silicon Valleys mondiales.
Des hubs pionniers déjà en structuration
Certains écosystèmes se sont déjà affirmés comme des références. À Nairobi, surnommée « Silicon Savannah », l’innovation repose sur un écosystème structuré autour de la fintech et des services mobiles. Le succès de M‑Pesa a largement contribué à faire du Kenya l’un des marchés les plus avancés en matière de paiements numériques. Le projet Konza Technopolis, ville technologique en développement, illustre cette ambition avec un investissement estimé à plusieurs milliards de dollars à long terme.
Au Nigeria, Lagos s’affirme comme la principale place technologique du continent. Le pays capte une part significative des levées de fonds en capital‑risque en Afrique. Cette dynamique repose également sur des zones dédiées comme Itana (ex-Talent City Lagos) ou encore l’Ekiti Knowledge Zone, conçues pour structurer des environnements favorables à l’innovation et à l’accueil des entreprises technologiques.
Kigali, de son côté, s’appuie sur une stratégie volontariste. Le projet Kigali Innovation City, évalué à environ 2 milliards de dollars et déployé sur 70 hectares, vise à réunir universités, centres de recherche et entreprises dans un écosystème intégré, soutenu par des politiques publiques attractives.
Ces hubs présentent des caractéristiques communes : concentration de talents, présence d’incubateurs et d’accélérateurs, infrastructures dédiées et attractivité croissante pour les investisseurs.
Une nouvelle génération de hubs en émergence
Au‑delà de ces pionniers, une nouvelle vague de projets illustre l’intensification de la compétition entre pays africains.
Au Maroc, Casa Tech Valley, dont le lancement est annoncé comme imminent par les autorités, ambitionne de structurer un hub technologique à Casablanca. Déployé sur 6,5 hectares dans l’arrondissement de Sidi Othmane, le projet s’appuie sur l’écosystème existant de Casablanca Nearshore et vise à attirer des investissements technologiques à forte valeur ajoutée tout en générant des milliers d’emplois.
Au Bénin, Sèmè City s’affirme déjà comme un modèle opérationnel, combinant formation, entrepreneuriat et recherche dans un même espace. D’ici 2030, les autorités béninoises s’attendent à voir au moins 130 000 diplômés sortir de la CIIS. Sur cette même période, l’objectif est de créer plus de 100 000 emplois, dont au moins un tiers d’auto‑emplois et 40 % par des femmes.
En Guinée, la Cité des Sciences et de l’Innovation de Guinée, dont les travaux ont été lancés en 2024, illustre également cette volonté de structurer un écosystème national autour de la technologie.
D’autres initiatives émergent à travers le continent, notamment avec le Parc des technologies numériques de Diamniadio au Sénégal ou encore au Gabon avec son futur village technologique, qui témoigne d’une dynamique désormais généralisée.
Une stratégie continentale portée par les infrastructures
Selon l’International Trade Centre (ITC), l’Afrique comptait plus de 1000 hubs technologiques en 2024, contre moins de 600 recensés par la GSMA en 2019. Cette progression illustre un véritable changement de stratégie. Les États ne se contentent plus de soutenir les start‑up, ils investissent désormais dans des infrastructures capables de structurer des écosystèmes complets.
Ces espaces permettent de concentrer les ressources, de favoriser les synergies entre acteurs et d’attirer progressivement les investissements. Ils s’imposent ainsi comme des leviers essentiels pour soutenir une innovation durable et renforcer la compétitivité du continent sur la scène numérique mondiale.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’insécurité reste l’un des principaux défis auxquels le Nigeria est confronté. Le pays mise sur les technologies numériques pour contenir ce phénomène qui affecte la stabilité sociale et pèse sur les perspectives de développement économique.
Le gouvernement nigérian envisage de déployer un réseau de plus de 5000 caméras numériques intégrant l’intelligence artificielle (IA) pour renforcer la sécurité dans l’État du Plateau, au centre du pays. Selon les autorités, cette initiative s’appuie sur des systèmes déjà déployés dans les États de Lagos et d’Enugu.
President Tinubu: FG to Deploy AI-Enabled Camera Networks to Combat Insecurity in Plateau. pic.twitter.com/608mMEHPxX
— Presidency Nigeria (@NGRPresident) April 3, 2026
L’annonce a été faite le jeudi 2 avril par le président Bola Tinubu (photo, à droite) lors d’une allocution à Jos, la capitale de l’État, récemment touchée par une attaque meurtrière. Il a précisé que le ministre des Communications et de l’Économie numérique, Bosun Tijjani, sera chargé de superviser l’installation de ces dispositifs, en coordination avec le gouvernement local et les agences de sécurité. Le déploiement débutera à Jos avant d’être étendu à l’ensemble du territoire.
Les autorités n’ont toutefois fourni aucun détail sur les caractéristiques techniques ni sur le fonctionnement du système. Cependant, dans une interview accordée à Radio Nigeria en mars, Nguuma Tyokaha, expert en TIC, estimait que le Nigeria peut réduire significativement les enlèvements et d’autres menaces sécuritaires grâce à l’intelligence artificielle, à l’analyse prédictive et à des systèmes de surveillance intelligente adaptés aux réalités locales.
Selon lui, bien que l’IA ne soit pas humaine, elle est capable d’analyser de vastes volumes de données, d’identifier des schémas et d’appuyer la prise de décision, ce qui en fait un outil stratégique pour les opérations de sécurité modernes.
M. Tyokaha a expliqué que ces technologies peuvent servir à anticiper les zones à risque d’enlèvements en s’appuyant sur des données historiques, telles que les localisations, les périodes, les profils des victimes ou encore les modes opératoires des criminels. Elles permettent de générer des « cartes de chaleur » pour identifier les zones à haut risque, permettant ainsi la mise en œuvre de mesures préventives par les autorités et les populations.
Le recours à cette technologie intervient dans un contexte de transformation numérique où les autorités nigérianes cherchent à généraliser l’intégration des TIC dans l’ensemble des secteurs afin de soutenir le développement socio‑économique et de répondre aux défis structurels du pays. L’insécurité demeure l’un des défis les plus pressants. À titre d’illustration, une attaque d’hommes armés survenue le 29 mars a fait une trentaine de morts. Le pays est également confronté à des enlèvements contre rançon, à des violences intercommunautaires ainsi qu’à des attaques attribuées à des groupes armés et terroristes.
Il convient toutefois de rappeler que le calendrier de déploiement n’a pas été précisé, même si le communiqué du gouvernement évoque une mise en œuvre « immédiate ». L’initiative soulève ainsi des interrogations, notamment sur ses modalités concrètes d’exécution et son efficacité à court terme. Des interrogations subsistent également sur la capacité des infrastructures existantes à supporter un tel dispositif, les compétences locales, ainsi que sur la disponibilité de données fiables et actualisées pour en garantir la pertinence.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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