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En Tunisie, les greentech figurent parmi les segments les moins financés de l’écosystème start‑up, bien qu’elles jouent un rôle clé dans la transition écologique. Dans un contexte marqué par des levées de fonds limitées en 2025, un nouveau mécanisme public cible leur passage à l’échelle et l’accès au marché.

La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) a annoncé, mardi 24 février, le lancement de la première cohorte du programme MAIR (Market Access for Impact and Resilience), un mécanisme de financement destiné aux start‑up et aux PME greentech en phase de commercialisation. Le dispositif vise à soutenir le passage à l’échelle industrielle, faciliter l’accès aux marchés initiaux et consolider les revenus des entreprises bénéficiaires.

L’outil cible en priorité les segments liés à la transition écologique, notamment les énergies renouvelables, la mobilité durable, l’éco‑construction, la gestion des déchets, l’agriculture durable, les technologies de l’eau, l’efficacité énergétique et la biodiversité. En intervenant à un stade où les besoins en financement augmentent pour l’industrialisation et la commercialisation, MAIR entend combler le déficit structurel d’accompagnement entre l’amorçage et la commercialisation.

MAIR est déployé dans le cadre de l’initiative « GreenTECH », portée par Smart Capital et intégrée au projet Greenov’i. Celui‑ci est financé par l’Union européenne à travers le programme « Tunisie Verte & Durable », mis en œuvre par Expertise France en collaboration avec le Centre International des Technologies de l’Environnement de Tunis, le ministère de l’Environnement et le ministère de l’Économie et de la Planification.

L’instrument s’insère dans une architecture de financement structurée comprenant également VAIR (Venture Acceleration for Impact and Resilience), qui soutient les start‑up en phase d’idéation dans le développement de leurs preuves de concept. L’ensemble du programme prévoit de financer 32 start‑up en phase amont et d’accompagner 10 start‑up et PME dans leur accès au marché, avec un objectif d’environ 300 emplois directs dans les filières de la transition écologique.

Ce lancement intervient dans un contexte de financement encore limité pour l’écosystème entrepreneurial tunisien. Selon le rapport annuel de Wamda, les start‑up tunisiennes ont levé 6,6 millions de dollars en 2025 à travers 13 opérations, un niveau inférieur aux niveaux observés dans plusieurs marchés de la région Moyen‑Orient et Afrique du Nord. Dans ce contexte, les mécanismes publics et les instruments dédiés à l’innovation à impact apparaissent comme des leviers structurants pour les jeunes entreprises en phase de croissance.

En ciblant les segments industriels liés à la transition écologique et en intervenant à un stade avancé du cycle de développement des entreprises, MAIR vise à renforcer la capacité des start‑up tunisiennes à transformer leurs innovations en offres commercialisées et à s’insérer durablement sur les marchés.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 26 février 2026 09:36 Written by

Face aux enjeux du marché de l’emploi et à la demande croissante de compétences numériques, l’Ouganda mise sur la formation et l’entrepreneuriat technologique pour renforcer l’inclusion, stimuler l’innovation locale et préparer les jeunes aux métiers de demain.

Le ministère ougandais des TIC et de l’Orientation nationale a annoncé, jeudi 19 février, la signature d’un partenariat avec Spotlight on Africa, et Algorithmic Partners. L’accord prévoit la création d’un pôle d’innovation en TIC à Mbale, destiné à renforcer les compétences numériques des jeunes Ougandais et à soutenir l’entrepreneuriat technologique local.

Selon les autorités, cette initiative marque le passage de l’intention à l’exécution dans la politique publique de développement numérique. Elle s’appuie sur une collaboration public‑privé visant à élargir l’accès aux compétences recherchées sur le marché, à stimuler l’innovation locale et à favoriser l’autonomisation économique, notamment des femmes. Le futur centre proposera des formations allant des compétences de base en littératie numérique aux compétences avancées telles que le codage, l’intelligence artificielle et la blockchain.

Le dispositif intègre également un système de certification numérique basé sur la blockchain, conçu pour sécuriser la vérification des qualifications et réduire la fraude documentaire. En renforçant la confiance entre institutions de formation, employeurs et diplômés, l’outil devrait améliorer la transparence du marché du travail numérique et soutenir l’émergence d’un écosystème d’innovation structuré autour des compétences.

Au‑delà de la formation, le projet vise à élargir l’accès aux services publics numériques dans les zones mal desservies et à dynamiser les écosystèmes locaux d’innovation. Il s’inscrit dans la feuille de route nationale qui accorde une place centrale aux infrastructures numériques, aux compétences, à la cybersécurité et à la protection des données, avec l’objectif de bâtir une économie numérique inclusive et génératrice d’emplois.

Des programmes tels que le laboratoire informatique mobile DigiTrack ont déjà formé plus de 11 000 personnes à l’échelle nationale au cours des deux derniers trimestres, y compris des jeunes ayant des besoins spécifiques, en apportant directement les compétences numériques dans les communautés. Il complète également la stratégie nationale d’externalisation des processus d’affaires de l’Ouganda, qui vise à connecter les jeunes professionnels anglophones aux marchés mondiaux.

Cette initiative prend également tout son sens dans un contexte continental. Selon la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC), d’ici 2030, environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques. La transformation numérique du marché du travail, accélérée par la quatrième révolution industrielle, crée une demande massive de talents qualifiés. Des centres comme celui de Mbale apparaissent ainsi comme des réponses concrètes à ce besoin, en formant les jeunes aux métiers de demain et en soutenant l’inclusion économique et sociale à grande échelle.

Samira Njoya

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Posted On mercredi, 25 février 2026 14:16 Written by

Le lancement de nouvelles plateformes vise à moderniser la gestion académique, améliorer les services aux étudiants et soutenir l’innovation, dans un contexte de transition vers une université plus connectée et productive.

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari (photo), a procédé mardi 24 février à Alger au lancement de quatre nouvelles plateformes numériques, portant à 73 le nombre total de services numériques intégrés au système d’information du secteur.

S’exprimant à l’occasion de cette cérémonie, Kamel Baddari a souligné que ce renforcement du paysage digital est le fruit des efforts conjoints des établissements universitaires, des centres de données et des laboratoires de recherche du pays. Il a insisté sur le fait que ces plateformes numériques « illustrent le haut niveau de numérisation atteint par le secteur dans ses activités d’enseignement, de recherche, de gouvernance et de services à la communauté universitaire ».

Les quatre nouvelles plateformes couvrent des domaines stratégiques et sociaux. Le Registre numérique des filières universitaires vise une meilleure gestion des filières économiques des universités et à valoriser les résultats de la recherche scientifique en projets à forte valeur ajoutée économique et sociale. Le Réseau universitaire des incubateurs et centres de développement de l’entrepreneuriat (AUNEI) cherche à consolider l’écosystème d’innovation et à accompagner les étudiants et chercheurs dans la création de start-up. Une plateforme de consultations psychologiques en ligne est destinée à promouvoir la santé mentale en milieu universitaire, et la plateforme de réservation de repas intégrée à l’application mobile destinée aux étudiants modernise les services de restauration.

Ce lancement s’inscrit dans un contexte de digitalisation progressive du secteur, marqué notamment par une série d’outils déjà déployés ces dernières années, tels que les systèmes de gestion électronique des diplômes, les portails de suivi des recherches scientifiques ou encore les modules de gestion administrative dématérialisée. L’ensemble de ces services vise à réduire les délais bureaucratiques, à améliorer l’efficacité de la gouvernance et à rapprocher les universités de leurs partenaires socio-économiques.

Plus largement, cette dynamique s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique à l’horizon 2030. Deux piliers transversaux soutiennent cette stratégie : l’instauration d’un cadre juridique et réglementaire adapté, avec l’élaboration en cours d’un projet de loi sur la numérisation, et le renforcement de la cybersécurité, jugé essentiel pour protéger les données et les systèmes d’information face à des menaces cybernétiques de plus en plus sophistiquées.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 25 février 2026 08:38 Written by

Alors que la transformation numérique s’accélère en Afrique, Madagascar renforce ses efforts pour former sa jeunesse. Selon la Banque mondiale, près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.

Le Centre National de Télé-enseignement et de l’Enseignement à Distance (CNTEMAD) devient une Université Virtuelle Publique. Le projet a été lancé officiellement le 20 février à Antananarivo. Soutenue par la Banque mondiale via le programme DECIM, l’initiative vise à élargir l’accès à l’enseignement supérieur grâce au numérique et à renforcer les compétences du capital humain malgache.

La nouvelle université numérique repose sur une plateforme développée en partenariat avec SAYNA, permettant de gérer tout le parcours étudiant à distance, de l’inscription aux examens jusqu’aux soutenances. L’objectif est de répondre à une demande croissante de formation universitaire, particulièrement dans les zones reculées, tout en réduisant les coûts logistiques et en modernisant les pratiques pédagogiques. Le financement alloué à ce projet s’élève à 3 millions de dollars, et l’UVP ambitionne d’accueillir jusqu’à 49 000 apprenants par an d’ici 2029, avec 10 000 diplômés supplémentaires chaque année.

Cette transformation s’inscrit dans la stratégie nationale de développement du capital humain et de transformation numérique à Madagascar. Dans un pays où plus de 40 % des jeunes âgés de 18 à 35 ans étaient au chômage en 2024, selon Afrobarometer, l’accès à des formations adaptées aux besoins du marché devient un levier stratégique pour améliorer l’employabilité. Les obstacles identifiés – manque de formation ou de préparation (30 %), manque d’expérience (27 %) et inadéquation entre les qualifications scolaires et les besoins des employeurs (16 %) – soulignent l’importance de solutions éducatives innovantes et inclusives.

En parallèle, le projet UVP prévoit la modernisation des infrastructures techniques et l’extension du dispositif à 16 centres régionaux équipés de solutions solaires autonomes, garantissant la continuité des activités même dans les zones à faible connexion électrique. Cette initiative complète les programmes nationaux de formation numérique, tels qu’ASAN’AI ou Skills4Job, qui visent à former des jeunes aux compétences recherchées sur le marché, notamment dans les métiers du digital et de la relation client.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 24 février 2026 13:45 Written by

Portée par des investissements croissants dans les énergies renouvelables, la Côte d’Ivoire accélère la numérisation de ses procédures publiques. La mise en ligne des services administratifs liés au secteur énergétique s’inscrit dans l’ambition de bâtir un gouvernement pleinement digitalisé.

L’administration de la Côte d’Ivoire accélère sa transition vers un gouvernement en ligne. La multiplication des services publics numériques, dont les plateformes sectorielles récemment lancées, s’inscrit dans une stratégie visant à moderniser l’action publique et à faciliter l’accès des usagers aux démarches administratives.

La Direction générale de l’énergie a lancé, le vendredi 20 février à Abidjan, une plateforme en ligne dédiée aux demandes d’attestations d’exonération de TVA (Taxe sur la Valeur ajoutée), de TOB (Taxe sur les Opérations bancaires) et de droits de douane pour les équipements d’énergies renouvelables. L’initiative vise à simplifier les démarches administratives, réduire les délais de traitement et sécuriser l’instruction des dossiers liés aux investissements dans les technologies énergétiques propres.

Le directeur général de l'énergie, Narcisse Kalifa Éhouman (photo), a déclaré que la plateforme constitue une avancée majeure dans la transformation numérique de l'administration énergétique. « Grâce à cette plateforme développée en étroite collaboration avec le Guichet unique du Commerce extérieur, les importateurs pourront désormais soumettre leurs demandes en ligne, suivre en temps réel l'évolution de leurs dossiers et interagir avec l'administration de manière plus fluide, plus efficace et plus transparente », a-t-il expliqué.

La numérisation de ces procédures doit permettre de raccourcir les délais d’instruction, d’améliorer la traçabilité des décisions administratives et de fiabiliser l’analyse des dossiers. En centralisant le traitement des demandes d’exonération, les autorités entendent réduire les coûts d’investissement pour les projets solaires, éoliens et hybrides, tout en offrant un cadre opérationnel plus lisible aux acteurs du secteur.

Le lancement de la plateforme s’inscrit dans la stratégie ivoirienne de modernisation de l’action publique par la dématérialisation des services administratifs. Ces dernières années, les autorités ont accéléré la digitalisation de plusieurs procédures, notamment à travers l’automatisation des formalités du commerce extérieur, l’extension des services fiscaux en ligne et l’intégration progressive d’outils numériques dans la gestion des services publics économiques.

L’initiative intervient parallèlement à l’accélération de la transition énergétique nationale. La Côte d’Ivoire vise une part d’environ 42 % à 45 % d’énergies renouvelables dans son mix électrique d’ici 2030, avec plusieurs projets solaires et d’infrastructures énergétiques en développement destinés à soutenir la croissance de la demande en électricité.

La digitalisation des exonérations liées aux équipements d’énergies renouvelables s’aligne ainsi sur une dynamique plus large d’e-gouvernement visant à renforcer la transparence administrative, améliorer le climat des affaires et faciliter l’investissement privé. L’État ivoirien prévoit d’étendre progressivement la dématérialisation à d’autres procédures sectorielles, permettant un suivi centralisé et en ligne des dossiers.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 23 février 2026 09:05 Written by

La transformation numérique s’accélère en Afrique, considérée par les gouvernements comme un levier de développement socio-économique. Les entreprises y voient également une opportunité pour améliorer leur productivité, entre autres.

La transformation digitale s’impose désormais comme un levier stratégique de compétitivité pour les entreprises ivoiriennes. C’est l’un des principaux enseignements de la 20e édition d’« Orange Business Live », organisée le jeudi 19 février autour du thème « Innovation et Transformation digitale : accélérer la compétitivité des entreprises ivoiriennes ». Elle a été animée par Pacôme Boidi (photo, à gauche), manager senior coordination B2B, et Fitzgerald Bony (photo, au centre), directeur adjoint des opérations B2B chez Orange CI.

À travers cette rencontre, les experts ont mis en avant le rôle des solutions numériques dans l’amélioration de la productivité, la réduction des coûts et l’optimisation des processus internes. L’accent a également été mis sur la nécessité pour les entreprises locales d’intégrer l’innovation au cœur de leur stratégie afin de renforcer leur positionnement sur un marché de plus en plus concurrentiel.

Fitzgerald Bony a toutefois nuancé l’approche en soulignant que la priorité de la transformation digitale peut varier d’un marché à l’autre, selon les pratiques sectorielles. Dans un environnement où les concurrents n’ont pas encore adopté de solutions digitales, l’absence de digitalisation n’est pas nécessairement pénalisante à court terme. En revanche, dans un secteur où ces outils sont déjà largement intégrés, les entreprises doivent s’aligner pour préserver leur compétitivité.

De son côté, Pacôme Boidi a insisté sur l’effet de la connectivité globale, qui élargit désormais le périmètre concurrentiel au-delà des frontières nationales. « La compétition est ouverte. Connaissez votre secteur d’activité, osez vous lancer et engagez-vous dans les projets structurants. Essayez d’être cette boussole stratégique et n’oubliez pas qu’Orange est là pour vous accompagner », a-t-il déclaré à l’endroit des entreprises ivoiriennes.

Défis de la transformation digitale : facteur humain et cybersécurité

Au-delà de la technologie, les intervenants ont souligné un enjeu central : l’alignement managérial et la conduite du changement. Ils estiment qu’en l’absence d’une vision stratégique claire et d’un leadership affirmé, les projets de transformation digitale peinent à s’inscrire dans la durée. La valeur ne tient pas à l’outil en lui-même, mais à sa capacité à répondre à un besoin concret et prioritaire de l’entreprise. D’où la recommandation d’une approche progressive, appuyée sur des résultats rapides et mesurables, afin d’embarquer progressivement l’ensemble des équipes.

Les échanges ont également mis en avant le rôle des jeunes diplômés dans cet écosystème en évolution. La formation, l’accompagnement des startups et le renforcement continu des compétences apparaissent comme des leviers clés. Les MOOC (cours en ligne ouverts à tous), les partenariats universitaires et les stages structurants peuvent ainsi contribuer à structurer un écosystème numérique plus solide, en mesure de soutenir durablement la compétitivité des entreprises ivoiriennes.

Par ailleurs, les experts ont reconnu que la digitalisation expose toutefois les entreprises à de nouveaux risques, notamment en matière de cybersécurité. Dans une étude publiée en octobre 2025, « Orange Business CI » reconnaît que les petites et moyennes entreprises (PME) sont particulièrement exposées aux cyberattaques. En 2022, plus de 27 500 PME ivoiriennes ont subi 2,8 millions de cyberattaques, soit une augmentation de plus de 39 % par rapport à l'année précédente. Malgré cette menace croissante, 81 % des PME n'ont jamais dispensé ou reçu de formation en cybersécurité, et 66 % n'abordent jamais ce sujet en comité de direction.

En 2024, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a recensé plus de 12 100 cas de cybercriminalité, un chiffre en constante augmentation depuis plusieurs années. L’agence explique que ces menaces touchent l’ensemble de la société : particuliers, entreprises, collectivités, mais aussi les structures étatiques. Elle ajoute que les cybercriminels exploitent la transformation numérique accélérée, la faible culture en cybersécurité, ainsi que l’usage croissant des smartphones, des objets connectés et des services en ligne pour développer leurs actions malveillantes.

Dans ce contexte, « Orange Business CI » propose un ensemble d’outils couvrant plusieurs niveaux de la cybersécurité en entreprise. L’offre comprend d’abord des prestations d’évaluation, comme le cyber diagnostic, qui vise à identifier les vulnérabilités organisationnelles et techniques d’un système d’information et à définir un plan d’action, ainsi que le « pentest », centré sur des tests d’intrusion techniques débouchant sur un rapport d’audit détaillé.

Le dispositif inclut également des solutions opérationnelles : une plateforme cloud de type MSSP pour sécuriser les accès Internet, des outils de protection des terminaux mobiles (MTP), une solution de supervision et de réponse aux incidents pour serveurs et postes de travail (MicroSOC), ainsi qu’un service de gestion des appareils mobiles (MDM) destiné à contrôler et sécuriser les données professionnelles sur smartphones. L’ensemble répond aux besoins des entreprises face à la diversification des risques cyber.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On vendredi, 20 février 2026 14:49 Written by

La cybercriminalité en Afrique connaît une recrudescence inquiétante, avec des arnaques de plus en plus sophistiquées touchant prêts mobiles, investissements frauduleux et services en ligne. Ces attaques menacent les économies, la confiance numérique et la sécurité des populations.

Interpol, l’Organisation internationale de police criminelle, a annoncé le mercredi 18 février 2026 l’arrestation de 651 personnes et la récupération de plus de 4,3 millions de dollars dans le cadre de l’opération Red Card 2.0, menée entre le 8 décembre 2025 et le 30 janvier 2026 dans 16 pays africains. L’action ciblait les infrastructures et les acteurs derrière les arnaques à haut rendement, la fraude à l’argent mobile et les applications de prêts frauduleuses. Elle a permis d’identifier 1247 victimes, pour des pertes estimées à plus de 45 millions de dollars.

« Ces syndicats cybercriminels organisés infligent des préjudices financiers et psychologiques dévastateurs aux individus, aux entreprises et aux communautés entières avec leurs fausses promesses. L’opération Red Card souligne l’importance de la collaboration dans la lutte contre la cybercriminalité transnationale », a déclaré Neal Jetton, directeur de la cybercriminalité à Interpol.

Dans les cas clés, les forces de l’ordre ont agi de manière ciblée. Au Nigeria, plus de 1000 comptes frauduleux ont été fermés et une propriété résidentielle servant de base aux opérations a été confisquée. Au Kenya, 27 arrestations ont été effectuées dans le cadre de stratagèmes d’investissement frauduleux diffusés via messagerie et réseaux sociaux, avec des victimes attirées par de faux rendements et des relevés de compte falsifiés. En Côte d’Ivoire, 58 personnes ont été arrêtées et 240 téléphones portables, 25 ordinateurs portables et plus de 300 cartes SIM ont été saisis dans une opération ciblée contre la fraude aux prêts mobiles touchant principalement les populations vulnérables.

Cette initiative est la suite de l’opération Red Card, menée entre novembre 2024 et février 2025, qui avait déjà permis l’arrestation d’environ 300 cybercriminels et la saisie de près de 2000 appareils dans sept pays africains, tandis que plusieurs milliers de victimes d’escroqueries aux services bancaires mobiles, aux investissements frauduleux et aux arnaques par messagerie avaient été recensées.

L’opération Red Card 2.0 s’inscrit dans un contexte de forte augmentation de la cybercriminalité en Afrique, alimentée par l’adoption rapide des technologies numériques et les lacunes en matière juridique, de formation et de moyens techniques. Selon le Rapport d’évaluation de la cybermenace en Afrique d’Interpol, la criminalité liée au cyberespace représente désormais plus de 30 % des infractions signalées dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest et de l’Est, et la majorité des pays appelle à un renforcement significatif des capacités de lutte contre ces crimes.

Les pertes financières liées à la cybercriminalité constituent également une menace croissante pour les économies africaines. Selon des estimations compilées à partir de rapports internationaux, la cybercriminalité aurait coûté au moins 3 milliards de dollars entre 2019 et 2025 à divers pays du continent, avec des coûts potentiellement plus élevés en tenant compte des pertes indirectes, comme la perte de productivité, l’atteinte à la réputation et les frais de restauration des systèmes.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On vendredi, 20 février 2026 12:54 Written by

Au Sénégal, les contrôles routiers sont régulièrement entachés de corruption, pénalisant les usagers. Pour y remédier, le pays mise sur l’introduction d’outils technologiques visant à encadrer l’action des agents et à assurer une meilleure traçabilité des interventions sur le terrain.

Le gouvernement du Sénégal va doter prochainement ses unités de régulation de la circulation de 2500 caméras portables (bodycams). Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a annoncé la mesure le mercredi 18 février devant l’Assemblée nationale, lors de l’examen d’un projet de loi visant à professionnaliser le secteur de la sécurité privée.

Selon le ministre, ces équipements permettront d’enregistrer les interactions entre agents et usagers, fournissant des éléments factuels exploitables en cas de litige et favorisant une meilleure traçabilité des interventions sur la voie publique. L’objectif est d’améliorer les pratiques opérationnelles et de renforcer la qualité du service rendu aux citoyens.

Modernisation du contrôle routier par les outils numériques 

Sur le plan technique, les caméras piétons seront associées aux assistants numériques personnels (PDA) déjà utilisés par le ministère pour la gestion des contraventions et la dématérialisation des procédures. Cette combinaison vise à standardiser le traitement des infractions, limiter les manipulations en espèces et assurer un reversement direct des amendes au Trésor public, contribuant ainsi à une gestion plus rigoureuse des flux financiers.

Le projet accompagne la modernisation progressive des forces de sécurité, engagée depuis plusieurs années à travers l’intégration d’outils numériques dans la gestion du trafic et des contrôles routiers. L’administration mise sur l’exploitation des technologies mobiles pour améliorer l’efficacité des opérations et fiabiliser la collecte des données liées aux infractions.

Une technologie déjà expérimentée dans plusieurs pays 

À l’échelle internationale, les caméras portables se généralisent dans les services de sécurité comme outil d’appui aux procédures et à la gestion des preuves. Plusieurs études menées en Amérique du Nord et en Europe montrent une amélioration du respect des protocoles lors des contrôles et une diminution des incidents liés aux interventions.

Sur le continent africain, l’Afrique du Sud a engagé depuis 2023 un programme d’équipement de certains agents de police et de circulation en bodycams afin d’améliorer le suivi des interventions. Le Nigéria et le Kenya ont également amorcé des réflexions sur l’intégration de ces dispositifs dans leurs systèmes de sécurité publique.

Pour le Sénégal, l’introduction conjointe des bodycams et des PDA traduit une volonté d’articuler innovation technologique et réforme des pratiques administratives. En reliant ces outils à un circuit numérique de gestion des infractions, les autorités cherchent à fiabiliser les procédures, optimiser la perception des amendes et moderniser l’environnement opérationnel des forces de sécurité.

L’efficacité du dispositif reposera sur la formation des agents, l’encadrement juridique de l’utilisation des enregistrements et l’intégration de ces technologies dans un système de gestion cohérent, enjeux déjà observés dans plusieurs pays ayant adopté des solutions similaires.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On vendredi, 20 février 2026 12:21 Written by

La numérisation s’impose comme un levier pour renforcer la transparence et la traçabilité des opérations douanières, tout en sécurisant les recettes publiques et en améliorant la compétitivité économique.

L’Office Burundais des Recettes (OBR), avec l’appui de TradeMark Africa et de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a présenté, mardi 17 février à Bujumbura, la nouvelle version web du Guichet Unique Électronique (GUE) pour la gestion des permis d’importation. Le dispositif inclut désormais le module ABREMA, destiné aux produits pharmaceutiques et médicaux.

La plateforme permet aux importateurs et exportateurs de déposer leurs demandes, suivre l’avancement de leurs dossiers en temps réel et effectuer les paiements en ligne, sans avoir à se déplacer. Conçue comme une plateforme intégrée, elle centralise les procédures auprès de l’Autorité burundaise de régulation des médicaments à usage humain et des aliments (ABREMA), chargée du contrôle de la qualité et de la conformité des produits pharmaceutiques, du ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage pour les certifications sanitaires et phytosanitaires, ainsi que de l’OBR pour l’apurement des autorisations. La plateforme dispose d’un tableau de bord interactif permettant aux utilisateurs de suivre à tout moment l’état de leurs dossiers et de calculer automatiquement les frais, avec possibilité de paiement en devises.

Cette modernisation s’inscrit dans la politique de transformation numérique des services publics au Burundi, visant à réduire les délais administratifs, à renforcer la traçabilité des opérations commerciales et à améliorer la compétitivité de l’économie. Elle prolonge également les efforts engagés pour intégrer le GUE au système douanier ASYCUDA, dans le cadre de la transition vers un Territoire Douanier Unique. L’usage de cette plateforme est devenu exclusif et tous les importateurs de produits pharmaceutiques devront désormais passer par ce système pour leurs démarches.

La digitalisation du GUE contribue par ailleurs à fluidifier les échanges entre les agences réglementaires et les entreprises, tout en soutenant les réformes destinées à intégrer le pays dans un territoire douanier unique régional. Des pays comme le Rwanda, le Kenya, l’Ouganda ou le Zimbabwe exploitent également des guichets uniques électroniques interconnectés aux systèmes douaniers en ligne. Le système ASYCUDA WORLD, développé avec l’appui de la CNUCED, est déployé dans plus de 100 économies et contribue à réduire les délais de dédouanement et les coûts administratifs.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Posted On jeudi, 19 février 2026 12:22 Written by

Alors que la connectivité est devenue un moteur essentiel de croissance et d’innovation, les restrictions numériques imposées par certains États continuent de fragiliser les économies et de limiter l’exercice des droits fondamentaux.

Les coupures d’Internet et les restrictions d’accès aux plateformes numériques ont coûté à l’Afrique subsaharienne 1,11 milliard de dollars en 2025, selon le rapport The Cost of Internet Shutdowns in 2025 publié par la plateforme spécialisée britannique Top10VPN. Au niveau mondial, ces interruptions ont engendré une perte totale de 19,7 milliards de dollars, soulignant une escalade préoccupante des atteintes numériques.

En Afrique subsaharienne, les pertes de 2025 représentent une diminution par rapport aux 1,56 milliard de dollars enregistrés en 2024, mais restent massives. Les coupures ont totalisé 24 276 heures d’interruption, affectant 116,1 millions d’internautes. Les perturbations sont survenues dans des contextes de troubles politiques ou de conflits : élections, protestations, examens, coups d’État militaires.

Les pays les plus touchés 

La République démocratique du Congo est le pays le plus impacté en Afrique avec 67,2 millions de dollars de pertes, touchant 34,7 millions d’internautes sur 1 008 heures d’interruptions. Le Soudan, malgré un nombre plus limité d’internautes touchés (14,9 millions), a enregistré 66,6 millions de dollars de pertes sur 2 148 heures de coupures, reflétant l’ampleur prolongée des interruptions. Le Cameroun a subi 40,5 millions de dollars de pertes, affectant 12,6 millions d’internautes sur 52 heures d’interruption.

Les interruptions ciblent fréquemment les plateformes de réseaux sociaux telles que Twitter, Telegram, TikTok, Facebook ou WhatsApp, outils essentiels pour la communication, le commerce et l’information. Dans certains cas, les gouvernements recourent à des ralentissements intentionnels, rendant l’accès aux contenus multimédias ou aux diffusions en direct pratiquement impossible.

Comment ces pertes sont‑elles calculées ? 

Le rapport de Top10VPN précise que les coûts économiques des coupures sont calculés à l’aide de l’outil Netblocks Cost of Shutdown Tool, basé sur la méthodologie de la Brookings Institution, adaptée pour l’Afrique subsaharienne. Les pertes sont estimées en fonction du PIB numérique, de la durée des interruptions et du nombre d’internautes affectés. Les données proviennent de sources fiables, notamment la Banque mondiale et les statistiques gouvernementales. Les restrictions sur les réseaux sociaux, bien que spécifiques, sont évaluées sur l’ensemble des internautes, car elles perturbent l’accès pour tous, même ceux n’utilisant pas activement les plateformes bloquées.

Un frein majeur à la transformation numérique 

Ces pertes massives illustrent les conséquences des coupures d’Internet sur le développement économique de l’Afrique subsaharienne. Alors que la région investit dans la transformation numérique pour rattraper son retard, ces interruptions délibérées freinent l’innovation et la compétitivité. Elles provoquent également un manque à gagner pour les opérateurs télécoms, les entreprises dépendant du numérique et les particuliers, freinant ainsi le potentiel de croissance dans un monde de plus en plus connecté.

Dans une déclaration publiée en janvier 2026, l’UNESCO a rappelé que l’accès à Internet constitue un pilier de la liberté d’expression et un élément central de l’exercice des droits démocratiques, et a appelé les États à privilégier des politiques favorisant la connectivité plutôt que des restrictions.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 19 février 2026 11:43 Written by
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