Entre industrialisation locale, montée en puissance du mobile et politiques d’emploi, le Kenya cherche à bâtir une économie digitale capable de soutenir la croissance et l’insertion des jeunes.
Au Kenya, près de cinq millions de smartphones ont déjà été assemblés sur le territoire national afin de renforcer l’accès aux outils numériques et de stimuler la création d’emplois ainsi que l’industrialisation technologique. L’annonce a été faite le lundi 19 janvier par William Kabogo Gitau, secrétaire de cabinet au ministère de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique, en marge du lancement du soutien en capital commercial NYOTA destiné aux jeunes porteurs de projets.
Government prioritises youth empowerment
— H.E William Kabogo Gitau, E.G.H (@honkabogo) January 19, 2026
The Government has rolled out several initiatives to empower youths, create vast opportunities for boosting entrepreneurship and job creation.
Today, I was honoured to join the President H.E. Dr. @WilliamsRuto and Deputy President H.E.… pic.twitter.com/H7ytbZYh0Y
Commercialisés à des prix compris entre 6000 et 8000 shillings kényans (46,5 et 62,2 dollars), ces appareils s’inscrivent dans la stratégie gouvernementale d’inclusion numérique, alors que le pays cherche à élargir l’usage des technologies digitales au sein de sa population, notamment chez les jeunes, afin de tirer pleinement parti des opportunités offertes par la connectivité mobile.
Dans un pays où le taux de pénétration de la téléphonie mobile dépasse 140 %, selon les données de l’Autorité kényane des communications, la démocratisation des smartphones joue un rôle central dans l’expansion des usages numériques. Elle pourrait accélérer l’adoption des services financiers numériques, du e‑commerce, de l’e‑gouvernement et des plateformes d’emploi en ligne, tout en soutenant l’essor de l’économie numérique locale.
Cette dynamique industrielle s’intègre dans une politique plus large de promotion de l’emploi par le numérique. Selon le gouvernement, plus de 300 000 emplois ont déjà été créés grâce aux entreprises d’externalisation des processus métiers (BPO) et aux plateformes numériques, un segment appelé à jouer un rôle clé dans la diversification de l’économie kényane.
Parallèlement, les autorités multiplient les programmes de soutien à l’entrepreneuriat des jeunes. À travers le projet NYOTA, une enveloppe de 258,4 millions de shillings kényans a récemment été mobilisée pour accompagner plus de 10 300 jeunes entrepreneurs dans les comtés de Nairobi, Kiambu et Kajiado, avec pour objectif de renforcer les revenus et de promouvoir l’épargne.
Le renforcement des compétences constitue un autre pilier de cette stratégie. Environ 350 centres numériques ont déjà été installés dans les établissements d’enseignement et de formation techniques et professionnels, tandis que 1450 centres supplémentaires sont prévus à terme dans les circonscriptions du pays afin de réduire la fracture numérique et de stimuler l’innovation locale.
Pour accompagner cette transformation, le Kenya investit également dans les infrastructures. Le gouvernement prévoit le déploiement de 100 000 kilomètres de fibre optique à haut débit à travers le pays, une initiative jugée essentielle pour attirer les investissements et soutenir les activités numériques à travers le pays.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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De nombreux pays africains accélèrent le développement de leur secteur spatial, considéré comme un catalyseur de développement. Les applications varient, de l’observation de la Terre à la gestion des ressources naturelles, en passant par la sécurité et la planification des infrastructures.
Le Nigeria entend s’appuyer sur la technologie spatiale pour renforcer la lutte contre la criminalité, en particulier l’exploitation minière illégale. À cet effet, la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) et l’Agence nationale de recherche et de développement spatiaux (NASRDA) ont signé, le jeudi 15 janvier, un protocole d’accord visant à formaliser leur coopération.
EFCC, NASRDA Sign MoU on Inter-agency Collaboration
— EFCC Nigeria (@officialEFCC) January 15, 2026
The Economic and Financial Crimes Commission, EFCC and the National Space Research and Development Agency, NASRDA on Thursday, January 15, 2026 formalised their resolve for inter-agency collaboration with a Memorandum of… pic.twitter.com/7oKEFT3GvA
Selon le président exécutif de l’EFCC, Ola Olukoyede (photo, à droite), la NASRDA fournira des technologies destinées à renforcer les capacités d’enquête et de traçabilité des actifs de la Commission. « Grâce à vos technologies, nous pourrons accéder à des zones auxquelles nos moyens traditionnels ne permettent pas d’atteindre. Vous savez que nous sommes engagés dans l’enquête et la poursuite des activités minières illégales. Ces outils nous aideront à identifier certaines de ces zones », a‑t‑il précisé.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’un rapprochement engagé en juin 2025 entre la NASRDA et le ministère du Développement sidérurgique. À l’époque, le ministre Shuaibu Abubakar Audu avait appelé à dépasser les systèmes de suivi traditionnels, jugés obsolètes, au profit de solutions satellitaires plus intelligentes. Il avait notamment souligné que le secteur sidérurgique nigérian, malgré son fort potentiel en matière de transformation économique et d’industrialisation, reste confronté à des défis structurels, tels que l’extraction illégale et la fiabilité limitée des données fournies par certains opérateurs.
« Ces pratiques affaiblissent le potentiel économique du pays et compliquent les efforts de régulation ainsi que la planification à long terme », avait‑il déclaré. Selon les autorités, l’exploitation minière illégale entraînerait des pertes estimées à environ 9 milliards $ par an pour le Nigeria.
Il convient toutefois de noter qu’à ce stade, les deux agences se sont essentiellement accordées sur le principe d’une collaboration. Aucun calendrier précis n’a encore été communiqué pour la mise en œuvre opérationnelle du protocole d’accord. M. Olukoyede a néanmoins indiqué que l’EFCC mettra en place une équipe dédiée au suivi de l’opérationnalisation du protocole et à l’évaluation périodique de son efficacité.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Alors que les démarches administratives restent contraignantes pour une partie de la population, la Côte d’Ivoire mise sur le numérique pour rapprocher les services publics des citoyens, en combinant identité digitale et accès mobile.
La Côte d’Ivoire poursuit la modernisation de son administration en s’appuyant sur le numérique. Le vendredi 16 janvier 2026, l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI) et La Poste de Côte d’Ivoire ont lancé « MaPoste », une application destinée à dématérialiser l’accès aux services postaux et administratifs grâce à l’identité numérique.
Pensée comme une « super application », MaPoste permet à chaque citoyen disposant d’un Numéro national d’identification (NNI) d’accéder à une boîte postale numérique depuis son smartphone. L’outil s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation digitale, visant à rapprocher les services publics des usagers tout en renforçant la sécurité des échanges.
À travers cette plateforme, La Poste de Côte d’Ivoire adopte une approche dite phygitale, combinant son réseau physique de plus de 200 agences à des services entièrement dématérialisés. L’objectif est de réduire les déplacements, fluidifier les démarches et améliorer l’expérience des usagers, dans un contexte où la demande pour les services publics numériques ne cesse de croître.
Le projet repose sur l’intégration du Registre national des personnes physiques (RNPP), géré par l’ONECI. Ce système attribue à chaque citoyen une identité unique fondée sur des données biométriques, devenue un pilier central du développement de l’e‑gouvernement ivoirien. Selon les autorités, l’adossement des services numériques à une identité certifiée constitue une condition clé pour garantir la fiabilité des transactions et la protection des données personnelles.
Concrètement, MaPoste doit faciliter plusieurs démarches administratives, notamment la livraison de la carte nationale d’identité, la demande et le suivi de documents officiels tels que les actes d’état civil, le certificat de nationalité ou le casier judiciaire. Une évolution qui vise à réduire les délais de traitement et à renforcer la traçabilité des procédures.
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de numérisation des services publics en Côte d’Ivoire. Ces dernières années, le pays a multiplié les projets autour de l’identité numérique, de la cybersécurité et de la dématérialisation administrative, avec l’ambition de bâtir une administration plus efficace, plus inclusive et mieux adaptée aux usages numériques des citoyens.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Face à la pression croissante sur les services publics, le Burkina Faso mise sur le numérique pour améliorer l’efficacité administrative et l’accès des citoyens aux services essentiels. Le pays multiplie ainsi les échanges avec des partenaires pour soutenir sa stratégie de transformation numérique.
Le Burkina Faso poursuit ses démarches en faveur de la transformation numérique de l’administration. Le mercredi 14 janvier, la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo/Sabane, a reçu une délégation du groupe égyptien MAG Trade & Investment venue présenter plusieurs projets technologiques.
Selon les informations communiquées par le ministère, les discussions ont porté sur des solutions numériques appliquées notamment aux secteurs de la santé et de l’identité numérique. Ces domaines figurent parmi les priorités du gouvernement burkinabé, engagé depuis plusieurs années dans la modernisation de son administration et l’amélioration de l’accès des citoyens aux services publics.
Le groupe MAG Trade & Investment, accompagné du Bureau national des grands projets du Burkina Faso (BN‑GPB), a indiqué vouloir s’inscrire dans une logique de coopération axée sur le transfert de compétences, le renforcement des capacités locales et le déploiement de solutions numériques durables. L’entreprise égyptienne ambitionne ainsi de contribuer à la structuration de projets alignés sur la stratégie nationale de développement du numérique.
Ces échanges interviennent dans un contexte où le Burkina Faso cherche à consolider son écosystème digital, alors que plusieurs chantiers restent en cours, notamment la digitalisation des procédures administratives, l’interopérabilité des systèmes publics et la sécurisation des données des usagers. Le développement de solutions d’identité numérique est notamment perçu comme un levier clé pour améliorer l’efficacité de l’action publique et soutenir l’inclusion numérique.
Pour les autorités, l’ouverture à des investisseurs et opérateurs étrangers vise à combler les déficits technologiques et financiers, tout en favorisant la montée en compétence des acteurs nationaux. La ministre Aminata Zerbo/Sabane a salué l’intérêt manifesté par le groupe égyptien, estimant que ce type d’initiative s’inscrit dans la vision gouvernementale d’accélération de la transformation digitale.
À ce stade, aucune convention n’a été annoncée. Les discussions pourraient toutefois déboucher, à terme, sur des partenariats structurants, alors que le Burkina Faso multiplie les démarches pour faire du numérique un pilier de la modernisation des services publics et du développement économique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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En Guinée, l’agriculture mobilise près de 58 % de la population active. Pour renforcer la productivité et sécuriser la filière, le gouvernement mise sur le numérique, modernisant la gestion des intrants et soutenant directement les producteurs.
La Guinée a officiellement lancé, le jeudi 15 janvier à Conakry, sa plateforme digitale de gestion des intrants agricoles. Portée par le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, l’initiative vise à moderniser l’accès des producteurs aux engrais, semences et autres intrants stratégiques, dans un contexte où la performance du secteur agricole demeure un enjeu central pour la sécurité alimentaire et la croissance économique du pays.
Conçue comme un outil de pilotage et de transparence, la plateforme permet de centraliser les opérations liées à la commande, à la distribution et au suivi des intrants agricoles. Elle ambitionne de réduire les dysfonctionnements structurels de la filière, notamment les retards de livraison, les problèmes de qualité et les inégalités d’accès entre producteurs. Développée avec l’appui du Projet de production alimentaire d’urgence (PPAU), financé par la Banque africaine de développement (BAD), elle constitue la pierre angulaire de la stratégie nationale de fourniture durable des intrants agricoles.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme du secteur agricole guinéen, amorcée à l’issue des États généraux du secteur agropastoral tenus en 2024. Les autorités cherchent à repositionner l’État comme régulateur et garant de la qualité, tout en renforçant le rôle du secteur privé dans l’importation et la distribution des intrants. Une approche alignée sur les orientations de plusieurs pays africains qui misent sur la digitalisation pour améliorer l’efficience des chaînes de valeur agricoles.
Sur le terrain, les défis restent importants pour les producteurs guinéens. L’agriculture représente environ 30 % du PIB et repose majoritairement sur de petites exploitations à faible productivité. L’accès limité à des intrants de qualité, les coûts élevés, les circuits de distribution peu structurés et la dépendance aux aléas climatiques freinent les rendements. Selon les données de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), l’utilisation d’engrais en Guinée reste nettement inférieure à la moyenne africaine, ce qui pèse sur la compétitivité du secteur et les revenus des agriculteurs.
En misant sur la digitalisation pour restructurer un segment stratégique de son économie, les autorités espèrent contribuer à une meilleure allocation des intrants, à une réduction des coûts logistiques et à un ciblage plus efficace des politiques de soutien aux producteurs. En posant les bases d’un système plus transparent et traçable, la plateforme ouvre également la voie à d’autres services numériques agricoles, tels que l’identification des producteurs ou le suivi des performances des filières. Un levier stratégique pour renforcer la productivité, sécuriser les approvisionnements et accompagner la transformation durable de l’agriculture guinéenne.
Samira Njoya
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À l’heure où les données personnelles deviennent un actif stratégique pour les États, le Burundi renforce son arsenal juridique pour encadrer leur collecte et leur usage. Une étape clé pour sécuriser la transformation numérique, protéger les citoyens et instaurer la confiance.
Le Burundi s’est doté d’un cadre juridique dédié à la protection des données à caractère personnel. Réunis en séance plénière le jeudi 15 janvier à Kigobe, les députés de l’Assemblée nationale ont adopté à l’unanimité le projet de loi encadrant la collecte, le traitement et l’exploitation des données personnelles, dans un contexte de numérisation croissante de l’administration et des services publics.
Données personnelles : le Burundi verrouille l’ère numérique
— Irebe FM (@IrebeFM) January 15, 2026
Une Assemblée en mode responsabilité
L’Assemblée nationale s’est réunie ce 15 janvier 2026, au Palais des Congrès de Kigobe, sous la présidence de Daniel Gélase Ndabirabe, afin d’analyser et d’adopter le projet de loi… pic.twitter.com/NRu0IhKEsK
Portée par le ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, la nouvelle loi vise à combler un vide juridique alors que l’usage des outils numériques s’intensifie dans l’administration publique, le secteur privé et la vie quotidienne. La généralisation des systèmes informatisés, la numérisation du fichier électoral ou encore le déploiement progressif de la carte nationale d’identité biométrique ont accru la production de données sensibles, jusque‑là peu encadrées par le droit burundais.
Le texte pose les principes fondamentaux de protection de la vie privée, en insistant sur le respect des droits et libertés fondamentales des personnes physiques. Il instaure plusieurs régimes de protection des données et prévoit la création d’une autorité administrative indépendante chargée de veiller à leur mise en œuvre, un dispositif aligné sur les standards internationaux en matière de gouvernance numérique.
Sur le plan opérationnel, la loi introduit également des sanctions pénales spécifiques en cas de violation, en complément des dispositions existantes relatives à la cybercriminalité. Un signal destiné à renforcer la confiance des citoyens dans les systèmes numériques, alors que les préoccupations liées à la sécurité et à l’utilisation abusive des données personnelles ont été largement soulevées lors des débats parlementaires.
Au‑delà du cadre national, cette réforme s’inscrit dans une dynamique continentale plus large. L’Union africaine encourage depuis plusieurs années l’harmonisation des législations à travers la Convention de Malabo sur la cybersécurité et la protection des données personnelles. À date récente, environ 39 pays africains ont déjà adopté une loi dédiée à la protection des données, tandis que plusieurs autres projets sont en cours d’examen ou de finalisation.
Dans le cas burundais, l’adoption de ce cadre légal devrait par ailleurs lever l’un des principaux freins au déploiement de la carte nationale d’identité biométrique. Les autorités indiquent que plusieurs étapes techniques ont déjà été franchies, notamment l’installation de logiciels d’enregistrement conformes au nouveau découpage administratif. Le projet est actuellement testé dans une douzaine de communes pilotes, avant une généralisation progressive à l’échelle nationale.
Samira Njoya
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L’intelligence artificielle (IA) s’impose comme un catalyseur de croissance en Afrique, transformant entreprises, services publics et infrastructures numériques. Le Maroc entend capitaliser sur cette révolution technologique pour stimuler son développement et renforcer sa souveraineté numérique.
Le Maroc place l’intelligence artificielle au cœur de sa stratégie de transformation économique. À l’horizon 2030, le royaume ambitionne de générer 100 milliards de dirhams de PIB, soit environ 11 milliards $, grâce au déploiement structuré de l’IA. Cette dynamique pourrait également conduire à la création de 50 000 emplois et à la formation de 200 000 diplômés aux compétences liées à l’intelligence artificielle, selon les projections officielles.
Ces objectifs ont été dévoilés le lundi 12 janvier à Rabat par Amal El Fallah Seghrouchni (photo), ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, lors d’une conférence consacrée au numérique. La ministre a rappelé que le PIB actuel du Maroc avoisine 170 milliards $, soulignant que l’IA représente un levier majeur de croissance, à condition d’être intégrée dans un cadre structuré, souverain et orienté vers l’impact.
Ces annonces s’inscrivent dans le cadre de la future stratégie nationale de l’intelligence artificielle, dont la feuille de route doit être prochainement dévoilée. Celle‑ci repose sur plusieurs piliers clés : le renforcement des compétences, le développement d’infrastructures numériques souveraines, et l’essor des services cloud et de traitement de données capables de soutenir des usages avancés de l’IA à l’échelle nationale.
Pour concrétiser cette ambition et structurer l’écosystème national, le Maroc a également annoncé le lancement du réseau Jazari Root, un cœur fédérateur de l’écosystème national d’intelligence artificielle. Avec un campus de 20 hectares et un data center souverain de 50 MW, Jazari Root vise à réunir chercheurs, start‑up, grandes entreprises et institutions publiques autour de projets concrets, allant de l’e‑gouvernement à la gestion des villes intelligentes, en passant par l’agriculture, la santé ou la logistique.
En structurant dès à présent ses investissements et son écosystème, le royaume entend se positionner comme un acteur crédible de l’intelligence artificielle à l’échelle régionale et africaine, afin de capter une part de la valeur que l’IA pourrait générer dans l’économie mondiale, estimée à près de 15 700 milliards $ d’ici 2030 selon PwC.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le numérique occupe une place centrale dans les projets de développement en Guinée. L’année 2025 a été marquée par des avancées majeures en infrastructures dans le secteur. Pour 2026, les autorités souhaitent consolider les acquis et accélérer la mise en œuvre de projets structurants.
En 2025, la Guinée a intensifié ses initiatives dans le cadre de sa transformation numérique, accélérant le déploiement des infrastructures, renforçant la digitalisation de l’État et modernisant la gouvernance du secteur des télécommunications. Ces avancées ont été mises en perspective par la ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Rose Pola Pricemou (photo), à l’occasion d’un bilan sectoriel.
Sur le plan des infrastructures, la capacité du backbone national a été multipliée par quatre, passant de 50 à 200 Gbps, tandis que près de 12 000 km de fibre optique ont été déployés pour relier l’ensemble des régions administratives. À ces réalisations s’ajoutent la mise en service du premier data center national certifié Tier 3, l’opérationnalisation du point d’échange Internet (IXP) et la gestion souveraine du nom de domaine national .gn, renforçant la sécurité et la résilience des réseaux.
La digitalisation de l’administration publique s’est également accélérée. En 2025, 39 applications de services publics ont été déployées et plusieurs démarches majeures, dont la délivrance du passeport, ont été entièrement dématérialisées via un portail numérique unifié. La plateforme TELEMO a permis la digitalisation complète des marchés publics, garantissant transparence et traçabilité. Parallèlement, le FUGAS, fichier unique de la fonction publique, a rationalisé les effectifs, générant des économies budgétaires de plus de 233 milliards de francs guinéens (environ 26,9 millions USD).
Du côté de l’éducation et de l’inclusion numérique, plus de 10 000 personnes ont bénéficié de formations aux usages du numérique. Le projet Univ Connect a interconnecté plusieurs universités, touchant plus de 80 000 étudiants, enseignants et chercheurs. Dans le primaire, 585 écoles ont été connectées à Internet via le programme GIGA, avec l’objectif d’atteindre 2 200 établissements d’ici 2026, soit près de 900 000 bénéficiaires. Parallèlement, des hubs numériques se déploient dans les régions, avec 20 autres en construction, offrant des espaces d’apprentissage pour la jeunesse. Plus de 4 millions USD ont été investis pour soutenir l’entrepreneuriat technologique et stimuler l’innovation locale.
Ces réformes portent leurs fruits sur le plan économique et stratégique. Le secteur des télécommunications représente désormais 4,4 % du PIB guinéen et a attiré environ 220 millions USD d’investissements, tandis que le coût de l’Internet mobile a reculé d’environ 25 %.
Pour 2026, les priorités porteront sur l’extension de la connectivité aux zones encore non desservies, avec plus de 600 zones blanches identifiées, la montée en puissance des usages numériques dans l’éducation et les services publics, ainsi que le renforcement de la cybersécurité et de l’hébergement local des données. Toutefois, des défis demeurent, notamment en matière d’accessibilité universelle, de maintenance des infrastructures et de formation continue des compétences numériques pour accompagner une adoption durable à l’échelle nationale.
Samira Njoya
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Alors que l’usage des cryptomonnaies progresse rapidement en Afrique, les enjeux de sécurité numérique deviennent centraux. Entre opportunités économiques et risques croissants de fraude, le continent cherche à structurer un cadre plus sûr pour accompagner le développement des actifs numériques.
Tether, une société mondiale de cryptomonnaies, a annoncé le vendredi 9 janvier une collaboration avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) afin de renforcer la cybersécurité et l’éducation du public autour des actifs numériques en Afrique. Cette initiative intervient alors que l’adoption des cryptomonnaies progresse rapidement sur le continent, exposant davantage les utilisateurs aux risques de fraude et de criminalité financière.
Tether and the United Nations Join Forces to Safeguard Africa’s Digital Economy
— Tether (@tether) January 9, 2026
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« Grâce à cette collaboration, nous pouvons faire progresser l’inclusion numérique, renforcer les compétences numériques et l’employabilité des jeunes, promouvoir des écosystèmes numériques sécurisés et transparents et exploiter l’innovation pour prévenir le crime organisé tout en favorisant une croissance économique durable et inclusive », a déclaré Sylvie Bertrand, représentante régionale de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Concrètement, le partenariat se décline à travers plusieurs projets ciblés. Au Sénégal, une initiative dédiée à l’éducation des jeunes à la cybersécurité prévoit des programmes de formation en plusieurs phases, intégrant des sessions menées avec la fondation Plan B issue de la collaboration entre Tether et la ville de Lugano, ainsi qu’un accompagnement en coaching et en mentorat pour développer des projets numériques sécurisés.
À l’échelle continentale, le programme soutient également des organisations de la société civile venant en aide aux victimes de la traite des êtres humains dans des pays comme le Nigeria, la RDC, le Malawi, l’Éthiopie et l’Ouganda, tout en renforçant la sensibilisation aux risques financiers en ligne.
Cette alliance s’inscrit dans un contexte marqué par l’essor rapide des usages des actifs numériques en Afrique. Le continent est aujourd’hui la troisième région du monde connaissant la croissance la plus rapide du marché des cryptomonnaies. Cette dynamique s’accompagne toutefois de vulnérabilités croissantes : une récente opération coordonnée par Interpol a permis de mettre au jour près de 260 millions de dollars en cryptomonnaies et en monnaies fiduciaires issues d’activités illicites à travers plusieurs pays africains.
À terme, cette alliance pourrait contribuer à renforcer la confiance dans les actifs numériques, soutenir l’inclusion financière et améliorer la capacité des États africains à prévenir les crimes financiers, tout en accompagnant une croissance plus sûre et plus durable de l’économie numérique du continent.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Selon la Banque africaine de développement (BAD), l’IA pourrait ajouter 1 000 milliards de dollars au PIB africain d’ici 2035. Le Maroc veut tirer parti de cette opportunité en mettant en œuvre une stratégie capable de stimuler la croissance, moderniser l’administration et renforcer la compétitivité nationale.
Le Maroc s’apprête à dévoiler officiellement sa feuille de route « Maroc IA 2030 », un cadre stratégique conçu pour structurer l’écosystème national de l’intelligence artificielle. Attendue ce mois de janvier, cette initiative a pour objectif d’exploiter pleinement le potentiel de l’IA afin de moderniser les services publics, améliorer l’interopérabilité des systèmes numériques et renforcer la compétitivité économique, a précisé la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni (photo), en amont de l’événement « AI Made in Morocco », ouvert le lundi 12 janvier à Rabat.
Selon la ministre, la stratégie « Maroc IA 2030 » structure une approche globale autour de priorités claires : garantir l’indépendance technologique, instaurer un climat de confiance autour des usages, développer les compétences nationales, soutenir l’innovation locale et assurer une couverture équilibrée sur l’ensemble du territoire. Au cœur du dispositif figurent la création des Al‑Jazari Institutes, un réseau national de centres d’excellence dédiés à l’IA, qui seront chargés de rapprocher la recherche académique, l’innovation technologique et les besoins des acteurs économiques régionaux.
Ce cadre s’inscrit dans la continuité de la stratégie nationale « Digital Morocco 2030 », lancée en septembre 2024, qui place l’intelligence artificielle au centre de la transformation numérique du royaume. Cette stratégie vise notamment à générer plus de 240 000 emplois numériques d’ici 2030 et à faire contribuer le numérique à hauteur d’environ 10 milliards de dollars au PIB national. Le contexte international et régional est aussi un moteur pour cette ambition. En 2025, le Maroc a progressé de 14 points dans l’indice de préparation des gouvernements à l’IA, atteignant la 87ᵉ place mondiale et la 8ᵉ au niveau du Moyen‑Orient et de l’Afrique du Nord, selon les autorités.
Cette progression se traduit par des actions concrètes : la création d’une direction générale dédiée à l’IA et aux technologies émergentes, chargée de piloter la politique publique en la matière, et la mise en place prochaine d’un pôle numérique régional arabo‑africain en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), destiné à devenir une plateforme d’innovation numérique durable.
À l’échelle africaine, le Maroc n’est pas isolé dans cette démarche. Plusieurs pays du continent, tels que l’Égypte, le Rwanda et le Kenya, ont lancé leurs propres stratégies nationales d’IA ou renforcé leurs cadres institutionnels pour accélérer l’adoption de l’IA dans l’économie et les services publics. Ces démarches incluent la création de centres d’excellence, des initiatives de formation et des cadres réglementaires destinés à encourager l’innovation responsable.
Si la stratégie est pleinement mise en œuvre, les effets pourraient être multiples : le renforcement de la compétitivité de l’économie marocaine, la création d’emplois qualifiés, l’amélioration de l’efficacité des services publics grâce à des systèmes plus intelligents, et une position renforcée sur la scène technologique continentale et mondiale.
Samira Njoya
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Selon l’Office National des Pêches, le volume des débarquements des produits de la pêche côtière et artisanale accuse un repli de 15% à fin novembre 2025. Les revenus du secteur ont également baissé de 4% durant la même période. Une situation que le numérique peut contribuer à résoudre.
Le Maroc accélère la transformation numérique de son secteur halieutique. Selon des déclarations faites cette semaine au Parlement, 68 des 76 marchés aux poissons du pays fonctionnent désormais grâce à des systèmes numériques.
Lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants, lundi 5 janvier 2026, Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée des Pêches maritimes, a indiqué que le déploiement de ces outils sur les marchés de première vente, permet à l’État d’accéder à des informations plus précises et de renforcer la surveillance des transactions commerciales.
Concrètement, l’enregistrement numérique facilite le suivi des ventes et la production de données exploitables, réduisant ainsi l’opacité des échanges. Il améliore également les capacités de contrôle et d’audit, un levier essentiel pour assainir les pratiques et la gouvernance du secteur.
Cette transition ne se limite pas aux marchés. La surveillance a été étendue aux zones de pêche : tous les navires opérant dans les eaux marocaines sont désormais suivis par satellite, a précisé la responsable. Parallèlement, l’identification par radiofréquence (RFID) est utilisée pour tracer les bateaux autorisés, afin de renforcer les contrôles et de lutter contre la pêche illégale.
Le gouvernement applique également ces outils numériques à la recherche scientifique, à la gestion des pêches, aux méthodes de production et à la commercialisation. Cette approche vise à améliorer la collecte de données, la planification et une gestion plus durable des ressources.
Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie engagée de longue date. La stratégie Halieutis, lancée en 2009, avait déjà initié une modernisation progressive, notamment en remplaçant la documentation papier par le traitement électronique des données à l’exportation.
Aujourd’hui, avec la numérisation des marchés de première vente et le renforcement des contrôles en mer, le Maroc franchit une nouvelle étape vers une filière plus traçable, mieux régulée et davantage pilotée par la donnée.
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Moderniser l'enseignement supérieur et booster la recherche est l’un des objectifs que s’est fixés la Guinée pour se doter d’une jeunesse compétente et entreprenante. Le gouvernement voit dans le recours au numérique un atout pour l’atteinte de ses objectifs.
Sous la présidence de la ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Rose Pola Pricemou (photo), la Guinée a officiellement lancé fin décembre 2025 « Univ Connect ». Ce projet d’interconnexion par fibre optique des institutions d’enseignement supérieur (IES), piloté par l’Agence nationale du service universel des télécommunications et du numérique (ANSUTEN), vise à doter les campus du pays d’une infrastructure Internet plus rapide, plus stable et mieux sécurisée.
« Cette initiative constitue une étape déterminante dans l’accompagnement de l’évolution numérique du secteur éducatif en Guinée, et permettra à nos établissements d’offrir des services académiques à la hauteur des standards internationaux », a déclaré l’ANSUTEN.
Sur le plan opérationnel, 13 sites sont déjà raccordés à la fibre nationale, selon les informations communiquées lors du lancement. 9 sont déjà totalement fonctionnels, et 4 sont en cours de mise en service. Quatre sites supplémentaires sont par ailleurs annoncés en phase de déploiement. À terme, le programme prévoit la connectivité et l’interconnexion de 17 institutions d’enseignement supérieur, afin de constituer un réseau universitaire haut débit et sécurisé à l’échelle du pays.
Selon l’ANSUTEN, ce projet s'inscrit dans la dynamique de la transformation numérique impulsée par le gouvernement dans le cadre du programme socio-économique durable Simandou 2040. Il vise à renforcer l'accès à une infrastructure numérique moderne et fiable pour les universités et établissements d’enseignement supérieur privés à travers la Guinée.
Au-delà de l’accès Internet, l’enjeu est de créer un véritable « réseau académique » permettant aux établissements de partager des ressources et de moderniser leurs services. Univ Connect doit faciliter l’accès aux bibliothèques numériques, aux plateformes d’apprentissage en ligne et aux outils de recherche, tout en améliorant la qualité des échanges entre près de 80 000 enseignants, chercheurs et étudiants.
L’interconnexion ouvre la voie à des usages plus intensifs : visioconférence, cours hybrides, collaboration interuniversitaire, accès aux bases de données scientifiques et hébergement d’applications pédagogiques. À moyen terme, ce socle pourrait soutenir des plateformes nationales de recherche et d’innovation.
Reste un défi de pérennité. L’impact à long terme de ce réseau universitaire dépendra de l’entretien des équipements, de la robustesse des réseaux internes sur les campus, de la disponibilité énergétique et de la mise en place de standards de cybersécurité. Autrement dit, la fibre n’est qu’un socle : pour atteindre les standards internationaux visés, il faudra aussi une gouvernance durable.
Muriel EDJO
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A la veille de la grande finale de l’Orange EA SPORTS FC™ 26 qui s’est déroulée à Casablanca à l’espace Sacré-Cœur les 19 et 20 décembre, la directrice Communication commerciale, Marque et Sponsoring d’Orange Afrique et Moyen-Orient (OMEA), est revenue sur l’évolution du tournoi, les ambitions d’Orange et son impact dans l’écosystème esportif africain, avec sa vision résolument inclusive et responsable.
Avant, c’était le tournoi Orange eSport Experience. Aujourd’hui, on parle d’Orange EA SPORTS FC™ 26. Qu'est-ce qui a changé à part le nom, et pourquoi ?
Effectivement, le tournoi Orange eSport Experience a existé pendant sept ans, avec plusieurs éditions. Aujourd’hui, nous avions besoin d’apporter davantage de valeur à ce tournoi. C’est ainsi que nous avons saisi l’opportunité d’un partenariat avec EA Sports, un acteur essentiel du gaming. Ce partenariat nous permet d’augmenter la crédibilité et la visibilité de notre compétition, mais aussi d’offrir à nos gamers le tout nouveau jeu EA Sports FC 26, sur lequel ils vont compétir.
La nouvelle formule réunit 15 pays d'Afrique (sur les 17 filiales Orange), auxquels s'ajoute La Réunion, qui s'allie à Orange Afrique et Moyen-Orient (OMEA) pour cette édition. C’est une innovation. L'objectif est de montrer que l'Afrique ainsi que ses jeunes talents ont toute leur place sur la scène mondiale du eSport. Ce partenariat avec un leader du gaming va nous y aider.
Au niveau de la stratégie d'Orange pour le développement de l’eSport en Afrique et au Moyen-Orient, comment cette édition s'inscrit-elle dans cette stratégie ?
C'est une continuité. L'ambition d'Orange dans l’eSport depuis 2016 est d'abord cohérente avec notre activité de fourniture d'accès Internet, le haut débit étant fondamental pour les jeux en ligne et la diffusion des tournois. Le second objectif est l'inclusion. Pendant longtemps, nos champions locaux avaient des difficultés à accéder aux tournois internationaux. L'un de nos objectifs initiaux était de promouvoir l’eSport, de structurer les écosystèmes locaux et de le rendre accessible à tous.
Grâce aux tournois Orange eSport Experience organisés dans de nombreux pays depuis 2018, nous avons permis aux joueurs de se confronter entre eux et de gagner en visibilité. Cela a participé à l'émergence ou au renforcement d'écosystèmes existants qui aboutissent aujourd'hui à la création de fédérations dans plusieurs pays. Nous restons en droite ligne de cette ambition initiale : promouvoir l'eSport, faire émerger les talents locaux, leur offrir des expériences qualitatives et les confronter à l'international.
« Nous restons en droite ligne de cette ambition initiale : promouvoir l'eSport, faire émerger les talents locaux, leur offrir des expériences qualitatives et les confronter à l'international. »
L'aspect inclusion est également central dans notre vision responsable et éthique. Nous voulons rendre l'eSport accessible à tous les jeunes et plus inclusif en termes de genre. D'ailleurs, lors de notre finale à Casablanca, nous accueillerons des eSportives, notamment du Cameroun et du Maroc.
Quel est aujourd’hui le bilan chiffré de cet engagement d'Orange dans l'eSport depuis son lancement ?
Nous avons organisé cinq éditions panafricaines depuis 2018, permettant à nos sportifs de se rencontrer et d'évoluer. Le bilan est positif à plusieurs niveaux. Nous avons contribué à la structuration d'écosystèmes embryonnaires dans nos pays, en travaillant avec des associations locales. Aujourd'hui, on observe la création de fédérations dans plusieurs pays comme le Cameroun ou le Sénégal et d’autres. Orange a fortement participé à cette émergence et à cette professionnalisation.
En termes de chiffres, le gaming est la première industrie mondiale du divertissement devant le cinéma et la musique. Sur l’Afrique, bien que nous n’ayons pas beaucoup d’études, nous notons que le eSport est en plein développement en Afrique. Statista évoque plus de 420 millions de joueurs d'ici 2026 et un taux de pénétration des gamers à 27% sur le continent. Orange, en tant qu'opérateur majeur dans la zone Afrique et Moyen-Orient, veut continuer à participer activement à cette dynamique.
« Nous notons que le eSport est en plein développement en Afrique. Statista évoque plus de 420 millions de joueurs d'ici 2026 […] »
Pour cet événement, quels moyens sont déployés pour garantir une expérience exceptionnelle pour les joueurs et les spectateurs, compte tenu de la dispersion géographique ?
Les technologies de pointe que nous apportons aux jeunes esportifs sont d'abord le haut débit, via la fibre et la 5G que nous déployons sur nos marchés. Elles permettent aux joueurs de compétir avec une latence minimale et de rendre les tournois visibles. Au-delà de cette connectivité de base, nous utilisons nos plateformes comme Max it, présente sur 16 marchés avec 22 millions d'utilisateurs actifs pour promouvoir le eSport.
Notre super application Max it va davantage intégrer le eSport et le gaming. Par exemple, le tournoi de Casablanca sera diffusé en direct en streaming sur Max it. Nous prévoyons d'y développer un "corner" dédié avec des contenus pertinents : streaming de matchs, offres, mais aussi des contenus éducatifs et exclusifs réalisés avec des gamers internationaux connus pour conseiller nos talents locaux. L'idée est d'apporter une vraie valeur ajoutée à cette communauté à travers Max it.
La grande finale aura lieu à Casablanca les 19 et 20 décembre. Quels sont les enjeux pour les vainqueurs locaux qui représentent leur pays, et quel impact régional attendez-vous de cet événement ?
Pour nos champions, c'est d'abord un enjeu national ; ils font vibrer la fibre patriotique, d'autant que ce tournoi est focalisé sur le football virtuel (EA Sports FC 26), en cohérence avec notre engagement historique dans le football. À titre individuel, cela leur permet de se bonifier.
En termes de perspectives, tous les champions présents sont d'office qualifiés pour un futur tournoi EA SPORTS FC™ Mobile prévu mi-2026. Cette compétition réunira, au-delà des pays d'OMEA, des pays européens d'Orange, permettant à nos champions de se mesurer à des joueurs du monde entier.
Par ailleurs, le super gagnant du tournoi actuel bénéficiera aussi d'un voyage VIP au Real Madrid.
La visibilité est également un enjeu majeur, avec une diffusion sur Max it, YouTube et FCM TV (la chaîne d'EA Sports FC).
Concernant l'impact régional, cette large diffusion multiplie l'audience et nous espérons susciter des vocations. Organiser un tel tournoi à la veille de la Coupe d'Afrique des Nations TotalEnergies Maroc 2026 démontre l'importance du eSport pour Orange. Nous souhaitons confirmer notre engagement à soutenir cet écosystème, sa réglementation et favoriser la création de fédérations, pour porter nos champions au plus haut niveau international.
Orange parle d'une vision d'« eSport responsable », soutenue par le programme #ForGoodConnection. Que signifie concrètement cet engagement et quelles actions sont menées en marge de la compétition ?
Le programme #ForGoodConnection nous permet de sensibiliser au cyberharcèlement. Il y a environ deux ans, Orange a lancé en Europe des "safe zones" dans certains jeux : des zones virtuelles où un joueur victime de harcèlement peut trouver des contacts d’associations par exemple et un accompagnement.
Notre approche responsable se concentre donc sur l'inclusion de tous et la sensibilisation au cyberharcèlement ainsi qu'à l'usage responsable des écrans, une problématique importante dans l'eSport. #ForGoodConnection est un programme permanent, intégré dans ce tournoi mais qui s'étend sur toute l'année.
Notre action concrète dans ce tournoi a été d'intégrer des joueuses dans le tournoi pour promouvoir l'inclusion des femmes dans le eSport.
« Notre action concrète dans ce tournoi a été d'intégrer des joueuses dans le tournoi pour promouvoir l'inclusion des femmes dans le eSport. »
Quels défis avez-vous relevés pour organiser un tournoi regroupant 15 pays d'Afrique et La Réunion ?
L'héritage et l'expérience des précédentes éditions d'Orange eSport Experience nous ont été précieux. Nos équipes, basées à Londres, à Casablanca (OMEA) et dans les pays, se sont aguerries à l'organisation d'événements eSport. Nous nous sommes aussi appuyés sur une agence spécialisée. Ce travail d'équipe et cette synergie nous ont permis de surmonter les obstacles pour créer ce bel événement.
Les défis logistiques étaient nombreux, notamment l'obtention des visas pour amener tous les joueurs au Maroc, mais ils ont quasiment tous obtenu des visas. Organiser cet événement juste avant la CAN TotalEnergies Maroc 2026 ajoutait une certaine complexité. En nous y prenant à temps et grâce à l'expérience collective, nous avons pu relever ces défis.
Au-delà des joueurs professionnels, comment Orange parvient-elle à impliquer et fédérer les communautés locales et les amateurs dans chaque pays ?
Les phases nationales sont souvent organisées de manière très professionnelle dans des salles qui accueillent du public, créant ainsi un événement local. Ces finales nationales sont aussi fréquemment diffusées sur les plateformes locales, touchant un public plus large d'amateurs.
Dans certains pays, nous sponsorisons également des salles publiques de jeu où nous organisons des activités de sensibilisation et des « activations » autour de petits matchs. L'objectif est de promouvoir globalement l'eSport auprès d'un public large et de ne pas en faire un écosystème réservé aux seuls professionnels.
Quelles sont les perspectives d'Orange dans l'eSport en Afrique ?
La grande perspective, c'est le tournoi international prévu pour juin-juillet 2026. Ce sera la prochaine étape majeure : un tournoi EA SPORTS FC™ Mobile qui rassemblera non seulement les pays d'Afrique et du Moyen-Orient d'Orange, mais aussi certaines de nos filiales européennes. Cela créera une véritable rencontre internationale, offrant à nos champions africains une vitrine et une expérience de compétition à une échelle globale. Le projet est en cours de finalisation, mais il incarne parfaitement la suite de notre engagement à inspirer la jeunesse, à renforcer la notoriété du eSport et à soutenir l’innovation et la passion.
Propos recueillis par Muriel Edjo
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Confronté à un faible taux de connectivité et à de fortes disparités territoriales, le Tchad cherche à accélérer sa transition numérique. Les autorités multiplient les échanges avec des acteurs technologiques pour renforcer les infrastructures et élargir l’accès aux services digitaux.
Le Tchad cherche à accélérer la mise en œuvre de sa stratégie numérique nationale « Tchad Connexion 2030 ». Dans ce cadre, le ministre de l’Économie numérique et de la Digitalisation, Boukar Michel (photo), a reçu le mercredi 24 décembre une délégation de Huawei Afrique du Nord, conduite par son vice-président Jason Ye, afin d’échanger sur les priorités de la transformation numérique du pays.
Les discussions ont porté sur plusieurs chantiers stratégiques, notamment l’extension des infrastructures de télécommunications, l’élargissement de l’accès aux services connectés et l’accélération de la digitalisation des services publics. Dans un pays où la connectivité reste inégalement répartie, ces axes figurent au cœur des ambitions affichées par les autorités.
Le gouvernement tchadien mise notamment sur des partenariats technologiques pour réduire la fracture numérique, en particulier dans les zones rurales, et soutenir l’émergence d’un écosystème digital plus inclusif. L’amélioration de la couverture réseau, le déploiement de solutions numériques adaptées aux réalités locales et le renforcement des compétences techniques sont identifiés comme des leviers clés pour accompagner cette transition.
Pour Huawei, déjà impliqué dans plusieurs projets d’infrastructures numériques sur le continent, ces échanges s’inscrivent dans une logique de coopération technique avec les États engagés dans la modernisation de leurs économies. Les deux parties ont évoqué la possibilité de traduire ces discussions en projets opérationnels, alignés sur les priorités définies par « Tchad Connexion 2030 ».
Cette rencontre intervient dans un contexte de retard structurel en matière de connectivité. Selon DataReportal, seuls 13,2 % des Tchadiens avaient accès à Internet début 2025, avec de fortes disparités entre les centres urbains et les zones rurales.
Samira Njoya
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