À l’horizon 2030, le Maroc compte mobiliser l’intelligence artificielle pour renforcer sa croissance économique et créer des milliers d’emplois qualifiés. L’industrie apparaît comme l’un des principaux terrains d’application de cette stratégie.
Le ministère de l’Industrie et du Commerce, le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration et le ministère de l’Économie et des Finances ont signé le mardi 10 mars à Fès une convention avec plusieurs établissements universitaires pour créer l’Institut JAZARI Industrie X.0. Cette structure est destinée à soutenir l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) et des technologies numériques dans l’industrie marocaine, qui s’inscrit dans les efforts du royaume pour renforcer la recherche appliquée et accélérer la transformation du tissu productif.
(1) Lors de sa participation à une rencontre consacrée au rôle de l’intelligence artificielle dans la transformation numérique des organisations, avec un focus sur l’Industrie X.0 et les industries de la santé, Madame @AmalElfallah , pic.twitter.com/ATD0gjdVgc
— Ministère Délégué auprès du CG chargé de la TN&RA (@Ministere_TNRA) March 10, 2026
Le partenariat associe notamment l’Université Euromed de Fès, l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, l’Université Moulay Ismaïl et l’Université Al Akhawayn. Le futur institut servira de plateforme de recherche et d’innovation autour des technologies de l’industrie 4.0, incluant l’Internet des objets (IoT), la robotique avancée et l’analyse des données industrielles. L’objectif central est de rapprocher la recherche scientifique des besoins concrets des entreprises.
Selon les autorités, l’institut contribuera à transformer les résultats académiques en solutions technologiques applicables. Les travaux porteront sur l’amélioration de la productivité, la maintenance prédictive, la qualité des processus de production et le développement d’applications dans des secteurs tels que l’agriculture intelligente ou la santé. L’initiative prévoit également de soutenir la création de startups technologiques et de former des compétences spécialisées dans la data industrielle et la cybersécurité.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration d’un écosystème national autour de l’intelligence artificielle. Les autorités marocaines ont récemment lancé un réseau d’instituts baptisé « Jazari », destiné à développer des centres d’excellence dans différentes régions du pays afin de soutenir l’innovation et l’industrialisation des technologies numériques. Cette orientation rejoint les ambitions de la stratégie Maroc Digital 2030, qui place l’IA au cœur de la modernisation économique.
Le pays ambitionne, à cet effet, de générer 100 milliards de dirhams de PIB (environ 11 milliards $) grâce au déploiement structuré de l’intelligence artificielle. Selon les projections officielles, cette dynamique pourrait conduire à la création de 50 000 emplois et à la formation de 200 000 diplômés spécialisés, renforçant ainsi la compétitivité technologique et industrielle du royaume.
Samira Njoya
Lire aussi:
Le Maroc mise sur l'IA pour générer 11 milliards $ de PIB additionnel d’ici 2030
En Afrique, les femmes restent minoritaires dans les métiers scientifiques et technologiques, malgré la croissance rapide de l’économie numérique. L’accès aux formations et aux opportunités professionnelles dans le digital reste limité, accentuant le besoin d’initiatives pour élargir la participation féminine.
La filiale guinéenne d’Orange a annoncé le lancement de l’édition 2026 de son programme « Hello Women », une initiative destinée à encourager les jeunes filles et les femmes à s’orienter vers les métiers scientifiques, techniques et du numérique. Le dispositif, présenté le lundi 9 mars, vise à renforcer l’accès des Guinéennes aux compétences numériques et à favoriser leur insertion dans un secteur encore largement dominé par les hommes.
Le programme prévoit plusieurs activités, notamment des sessions de sensibilisation aux métiers technologiques, des rencontres avec des professionnelles du secteur, ainsi que des visites de sites techniques de l’entreprise. Les participantes pourront également suivre des formations courtes au sein de l’Orange Digital Center, couvrant des domaines tels que le développement informatique, le cloud computing, la cybersécurité ou encore l’analyse de données. L’initiative comprend aussi l’organisation d’un hackathon dédié aux femmes afin de stimuler l’innovation autour de solutions technologiques répondant à des problématiques locales.
Selon Ousmane Boly Traoré, directeur général d’Orange Guinée, le programme vise à accompagner les femmes à différentes étapes de leur parcours, qu’il s’agisse de découvrir les métiers du numérique, de se reconvertir vers des filières techniques ou d’accéder à une première expérience professionnelle. L’entreprise affirme vouloir contribuer à élargir la participation féminine dans les secteurs scientifiques et technologiques, où elles restent encore sous-représentées.
Cette initiative intervient dans un contexte où la participation des femmes aux métiers du numérique demeure limitée sur le continent africain. D’après l’UNESCO, les femmes représentent environ 30 % des chercheurs scientifiques en Afrique, mais leur présence dans les domaines liés aux technologies de l’information reste plus faible. Dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest et centrale, elles constituent moins de 15 % des chercheurs en ingénierie et technologies, ce qui limite leur participation à l’économie digitale.
Les entreprises technologiques et les opérateurs télécoms multiplient ainsi les initiatives pour réduire cet écart. Au sein du groupe Orange, les femmes représentent environ 25,4 % des effectifs dans les métiers techniques et du numérique. En soutenant des programmes de formation et d’accompagnement comme « Hello Women », l’opérateur espère contribuer à élargir le vivier de talents féminins et favoriser une plus grande diversité dans les professions technologiques.
Au-delà des enjeux d’égalité, l’inclusion des femmes dans les filières scientifiques et technologiques est également considérée comme un levier de développement économique. La transformation numérique du continent crée en effet une demande croissante de compétences dans des domaines tels que la cybersécurité, l’intelligence artificielle ou l’analyse de données. Selon la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne pourrait générer jusqu’à 230 millions d’emplois liés au numérique d’ici 2030, sous l’effet de l’expansion rapide des services digitaux, ce qui renforce la nécessité de former davantage de talents, y compris féminins.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Sénégal : Orange Business soutient la transformation numérique du Port autonome de Dakar
Alors que l’économie numérique africaine connaît une croissance rapide, l’accès à des outils fiables pour créer et gérer sa présence en ligne reste un défi pour de nombreux entrepreneurs et PME. Lever les obstacles techniques et financiers devient crucial pour soutenir l’inclusion digitale.
Gebeya, plateforme panafricaine spécialisée dans le digital pour les PME, et InterNetX, registraire européen filiale du groupe IONOS, ont annoncé, lundi 9 mars, la signature d’un partenariat stratégique. L’objectif est de permettre aux entrepreneurs africains, freelances et petites entreprises d’enregistrer et de gérer des domaines web directement via la plateforme Gebeya, en utilisant des méthodes de paiement locales.
« Posséder un domaine web est désormais indispensable pour toute entreprise ou professionnel souhaitant se développer sur le marché numérique africain », souligne Amadou Daffe (photo), PDG de Gebeya. « Ce partenariat avec InterNetX simplifie cette étape cruciale et supprime les obstacles liés aux cartes de crédit internationales et aux restrictions de devises. »
La collaboration intégrera la plateforme AutoDNS d’InterNetX aux solutions Gebeya, notamment le marché Jitume AI et le studio Dala AI. Les utilisateurs pourront ainsi acheter des domaines, configurer des certificats SSL et lancer leurs sites web en quelques minutes, en utilisant des paiements en monnaie locale. Cette approche contourne les blocages fréquents liés aux transactions internationales, qui restent un frein pour de nombreux entrepreneurs africains.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de croissance rapide des services d’hébergement en ligne et de l’utilisation du numérique sur le continent. Selon We Are Social et Meltwater, l’Afrique comptait environ 670 millions d’internautes début 2025. Dans ce cadre, les start-up et PME africaines cherchent à renforcer leur présence en ligne pour mieux atteindre leurs clients et développer leurs activités.
Au-delà de la simple acquisition de domaines, ce partenariat contribue à renforcer la souveraineté numérique africaine et à réduire les obstacles techniques à l’entrepreneuriat en ligne. L’accès simplifié aux outils de gestion de domaines et aux certificats SSL permettra de sécuriser les sites web, de stimuler le commerce électronique et de soutenir la croissance des PME, tout en favorisant l’inclusion numérique sur le continent.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Cassava et Gebeya lancent une plateforme d’IA pour démocratiser la création numérique
Face à des cybermenaces de plus en plus nombreuses et sophistiquées, la protection des internautes s’impose comme un enjeu majeur pour les États. En Égypte, le gouvernement a choisi de renforcer la sensibilisation aux bonnes pratiques numériques afin de réduire la vulnérabilité des utilisateurs.
Le ministère égyptien des Communications et des Technologies de l’information a annoncé, vendredi 6 mars, le lancement d’une initiative nationale baptisée « Digital Citizenship and Online Protection » (Citoyenneté numérique et protection en ligne). Au cœur de ce programme figure la plateforme Wa3i.net, conçue pour sensibiliser les citoyens aux bonnes pratiques numériques et réduire leur exposition aux cybermenaces.
La plateforme se veut un centre de connaissances dédié à la sécurité numérique. Accessible en langue arabe, elle propose des contenus pédagogiques, des guides pratiques et des ressources éducatives destinés à différents publics, notamment les enfants, les adolescents, les parents et les enseignants. L’objectif est de promouvoir les bonnes pratiques en matière de protection des données personnelles, de navigation sécurisée et d’utilisation responsable des technologies.
Le programme repose sur l’idée que la sensibilisation constitue la première ligne de défense contre les cyberattaques. En renforçant la culture numérique des citoyens, les autorités espèrent réduire leur vulnérabilité face à des menaces telles que le phishing, le cyberharcèlement, les escroqueries en ligne ou encore la diffusion de fausses informations.
Cette initiative intervient dans un contexte d’expansion rapide de l’usage d’Internet dans le pays. Selon les données de DataReportal, l’Égypte comptait près de 98 millions d’internautes, soit un taux de pénétration de l’Internet estimé à 72,2 % de la population. L’essor des services numériques, des réseaux sociaux et des plateformes de paiement en ligne s’accompagne toutefois d’une hausse des risques liés à la cybercriminalité, qui touche aussi bien les particuliers que les entreprises et les administrations.
Les données du secteur confirment l’ampleur croissante de ces menaces. Selon les analyses de la société de cybersécurité Kaspersky, 27,4 % des internautes en Égypte ont été confrontés à des menaces en ligne en 2024, notamment des sites malveillants ou des logiciels malveillants diffusés via le web. L’entreprise indique également que les attaques de phishing et d’ingénierie sociale ont progressé de 44 % dans la région Moyen-Orient, Turquie et Afrique, illustrant la sophistication croissante des méthodes utilisées par les cybercriminels.
Face à cette évolution du paysage cybernétique, le gouvernement égyptien mise sur une approche collaborative. Le programme prévoit la mise en place de partenariats avec des institutions publiques, des organisations internationales et des acteurs du secteur privé afin de partager les bonnes pratiques et de renforcer les capacités nationales en matière de cybersécurité.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Deepfakes et IA générative : l’Afrique face au défi de la protection des mineurs
A travers ce partenariat stratégique, le pays cherche à renforcer l’intégration des entreprises locales dans l’économie numérique et à stimuler l’essor du e-commerce sur le continent.
Le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a officialisé, le jeudi 5 mars, un protocole d’accord avec la société technologique Quest Ghana Limited et le gouvernement des Seychelles. Ce partenariat vise à transformer l’archipel en un hub compétitif pour l’économie numérique et le commerce transfrontalier en Afrique.
Today, the #AfCFTA Secretariat, Quest Ghana Limited and the government of the Republic of Seychelles signed a Memorandum of Understanding (MoU) to advance Seychelles’ digital economy, and digital trade under the AfCFTA.
— AfCFTA Secretariat Official (@AfCFTA) March 5, 2026
The collaboration aims to position Seychelles as a… pic.twitter.com/M4xsA9bnZZ
L’initiative se concentre sur l’intégration des entreprises locales dans les chaînes de valeur numériques du continent. Selon les parties prenantes, l'objectif est de permettre aux opérateurs seychellois de participer plus activement aux échanges dématérialisés, en s'appuyant sur les mécanismes de facilitation du commerce prévus par la ZLECAf.
Le partenariat prévoit la mise en place d’un cadre technique destiné à sécuriser les transactions numériques transfrontalières. L’accord met l’accent sur l’interopérabilité des systèmes, condition indispensable pour simplifier les paiements et les échanges commerciaux entre des entreprises opérant dans des juridictions différentes.
Un accent particulier est mis sur les micro, petites et moyennes entreprises (MPME). En améliorant leur accès aux infrastructures numériques, les partenaires espèrent lever certaines barrières à l’entrée du commerce intra-africain et favoriser la participation des entreprises locales aux échanges digitaux du continent.
Pour les Seychelles, cette stratégie de diversification s’appuie sur une maturité numérique déjà avancée. Début 2025, le taux de pénétration d’Internet atteignait 87,4 % de la population, selon DataReportal. Dans ce contexte, le commerce électronique connaît également une progression notable : le marché devrait croître à un rythme annuel moyen de 14,35 % entre 2023 et 2027, pour atteindre 46,41 millions de dollars en 2027, d’après les estimations de Statista.
À l’échelle continentale, ce projet pilote s’inscrit dans l’ambition de la ZLECAf de bâtir un marché unique de 1,3 milliard de consommateurs. Le commerce électronique et les services numériques sont perçus comme des moteurs essentiels pour atteindre l’objectif d'un PIB combiné de 3400 milliards de dollars, en réduisant les coûts de transaction et en accélérant la circulation des biens et services.
Samira Njoya
Lire aussi:
Maurice, Maroc et Afrique du Sud : les leaders africains de l’innovation en 2025 (OMPI)
Les Seychelles testent un système de contrôle routier par vidéo-verbalisation
Alors que l’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un levier stratégique de développement, plusieurs initiatives émergent pour permettre aux pays africains de développer des capacités locales tout en conservant la maîtrise de leurs données et de leurs infrastructures technologiques.
La Smart Africa Alliance a annoncé le jeudi 5 mars la signature d’un partenariat stratégique avec la société américaine MeetKai, spécialisée dans l’intelligence artificielle souveraine. L’accord, présenté lors du Mobile World Congress (MWC) de Barcelone, prévoit le lancement d’un programme pilote de développement d’infrastructures et de capacités nationales d’IA dans cinq pays africains, sous l’égide du Conseil africain pour l’IA.
At #MWC2026 in Barcelona, Smart Africa and MeetKai launched a landmark 5-country pilot to accelerate Sovereign AI across Africa through the Africa AI Council.#SmartAfrica #SovereignAI #AI #MWC2026 pic.twitter.com/uJxBWGWCBB
— Lacina Koné (@CEOSmartAfrica) March 5, 2026
Le déploiement de « piles d’IA souveraines »
L’initiative vise à accompagner les États participants dans la mise en place d’infrastructures nationales d’intelligence artificielle. Elle repose notamment sur le déploiement de « piles d’IA souveraines », des architectures technologiques destinées à garantir aux gouvernements la maîtrise de l’hébergement des données, du développement des modèles et du déploiement des applications. Ce cadre doit permettre aux pays concernés de développer des solutions d’IA conformes à leurs législations et à leurs priorités de développement. Les cinq pays pilotes seront annoncés dans les prochaines semaines.
L’accompagnement technique de MeetKai vise à mettre en place des plateformes d’IA capables d’intégrer les langues africaines. L’objectif est d’automatiser les services publics numériques dans des secteurs critiques tels que la santé, l’agriculture, l’éducation et l’administration. Pour ce faire, la firme de Los Angeles mobilise son système phare, MKA1, conçu pour bâtir des écosystèmes hébergés localement, évitant ainsi la dépendance aux infrastructures cloud étrangères tout en stimulant l’innovation domestique.
Un enjeu de captation de valeur
Cette approche souveraine est déterminante pour l’avenir économique du continent. Selon le cabinet McKinsey & Company, l’IA pourrait générer jusqu’à 1 200 milliards $ de valeur en Afrique d’ici 2030. Toutefois, sans le contrôle des infrastructures et des talents, une grande partie de cette richesse risque d’échapper aux économies locales. Le succès de ce pilote conditionne donc la capacité des États à transformer ce potentiel technologique en un véritable levier de croissance souveraine.
Samira Njoya
Lire aussi:
Protection des données : le Maroc et le Portugal scellent un partenariat face aux défis de l’IA
Le Sénégal mise sur le numérique pour transformer l’ensemble des secteurs de l’économie et accélérer le développement national. Dans cette dynamique, Orange se positionne comme un partenaire technologique de choix.
Orange Business Sénégal, la filiale B2B de Sonatel, a annoncé le jeudi 5 mars la signature d’une convention de partenariat avec la Société nationale du Port autonome de Dakar (SONAPAD). Cette collaboration vise à moderniser ce pilier stratégique de l’économie sénégalaise et à en faire un « Smart Port ».
Orange Business Sénégal au cœur de la transformation du Port Autonome de Dakar
— Orange Business Sénégal (@obs_senegal) March 5, 2026
Le Port Autonome de Dakar est bien plus qu’une infrastructure logistique.
C’est un pilier stratégique de l’économie sénégalaise traitant l’essentiel des flux commerciaux du pays.
Ce jeudi 5 mars,… pic.twitter.com/ceBUBpoCLT
Selon Orange, la convention prévoit la modernisation des infrastructures grâce à une connectivité de classe mondiale, l’amélioration de la performance opérationnelle, la digitalisation du parcours de paiement et la sécurisation des systèmes critiques afin de garantir la continuité des activités.
« Il ne s’agit plus seulement d’informatiser l’existant, mais de refonder nos chaînes de valeur autour d’infrastructures numériques robustes et résilientes », a affirmé Waly Diouf Bodian (photo, à gauche), directeur général de la SONAPAD, lors de la cérémonie de signature, selon des propos rapportés par Seneweb.
Ce partenariat s’inscrit dans les efforts de transformation numérique engagés par l’institution portuaire. Celle-ci lancera, à compter du 2 janvier 2026, la phase pilote de l’échange électronique des Bons à délivrer via le Guichet unique portuaire électronique, une plateforme opérationnelle depuis février 2024.
En octobre 2024, un mémorandum d’entente (MoU) avait également été signé avec Huawei Technologies pour la digitalisation des services portuaires. L’accord porte notamment sur l’implémentation de solutions technologiques destinées à améliorer la gestion des flux de camions et de conteneurs sur la plateforme portuaire.
L’innovation technologique est perçue comme un levier d’efficacité et de compétitivité du Port de Dakar à l’échelle sous-régionale et internationale. Pour rappel, l’infrastructure génère près de 95 % des recettes douanières nationales, soit environ 25 % du budget de l’État.
La mise en place du guichet unique figure d’ailleurs parmi les facteurs ayant contribué à l’amélioration de la performance du PAD en 2024, selon l’Indice de performance des ports à conteneurs (CPPI) publié par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence. Le port s’est hissé à la première place en Afrique subsaharienne, avec un score passé de –82 en 2023 à +23 en 2024, soit l’une des plus fortes progressions enregistrées dans le monde.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Sénégal : le Port de Dakar lance l’échange électronique des Bons à Délivrer
Alors que les menaces informatiques se multiplient et que le pays figure parmi les plus exposés aux attaques numériques, l’Algérie entend renforcer sa souveraineté numérique, la sécurisation des systèmes d’information devenant un enjeu central pour préserver les données publiques et la stabilité des services essentiels.
L’Agence de sécurité des systèmes d’information du ministère de la Défense nationale a dévoilé, mardi 3 mars, la Stratégie nationale 2025‑2029 pour la sécurité des systèmes d’information. Validé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ce document cadre vise à structurer la riposte de l’État face à l’escalade des menaces cyber et à renforcer la résilience numérique du pays.
Cette feuille de route s’articule autour de plusieurs piliers, notamment la consolidation des capacités techniques, l’optimisation de la coordination interinstitutionnelle ainsi que la prévention et la gestion des crises numériques. Un accent particulier est également mis sur la sensibilisation des administrations et des citoyens.
Selon le ministère de la Défense, l’objectif est triple : protéger les infrastructures critiques, sécuriser les données étatiques sensibles et garantir la continuité du service public dans un contexte de transformation digitale accélérée. Plus largement, la stratégie entend préserver la souveraineté numérique et restaurer la confiance dans l’environnement digital national.
L’initiative intervient dans un climat de cybercriminalité soutenue. D’après le groupe Kaspersky, l’Algérie a été la cible de plus de 70 millions de cyberattaques en 2024. Sur la même période, plus de 13 millions de tentatives de phishing et près de 750 000 pièces jointes malveillantes ont été neutralisées — illustrant l’ampleur de la pression cyber.
Sur le plan institutionnel, le pays demeure au stade « établissement » (T3) en matière de cybersécurité, selon la 5ᵉ édition du Global Cybersecurity Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications. Ce classement traduit un engagement structuré mais encore en phase de consolidation, soutenu par des actions gouvernementales.
Au‑delà des considérations sécuritaires, le renforcement du dispositif cyber s’impose comme un impératif économique. À l’échelle mondiale, la cybercriminalité représente un coût annuel estimé à plusieurs milliers de milliards de dollars. Dans ce contexte, la stratégie 2025‑2029 se positionne comme un levier destiné à sécuriser l’expansion de l’économie numérique algérienne et à protéger ses investissements digitaux.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Cybersécurité : l'Algérie veut adapter le cadre réglementaire
L’essor de l’intelligence artificielle générative facilite la création de contenus manipulés, notamment les deepfakes. En Afrique, où la régulation numérique demeure fragmentée, la protection des mineurs devient un enjeu prioritaire pour les États et les régulateurs.
À mesure que les câbles sous-marins se multiplient et que la 4G puis la 5G progressent sur le continent, une génération entière s’installe dans l’univers numérique. Cette connectivité constitue un levier majeur de développement économique, éducatif et social. Elle expose cependant des millions de mineurs à des menaces nouvelles, plus sophistiquées et plus difficiles à détecter.
Selon les estimations conjointes de l’Union internationale des télécommunications et de l’Union africaine, environ 40 % des jeunes Africains âgés de 15 à 24 ans ont aujourd’hui accès à Internet. Ce chiffre, en progression constante, souligne un double impératif : accélérer l’inclusion numérique tout en renforçant les mécanismes de protection.
L’IA générative, nouvelle frontière des violences numériques
L’intelligence artificielle générative modifie profondément la nature des atteintes visant les enfants en ligne. Le cyberharcèlement ne se limite plus aux insultes ou à la diffusion d’images réelles : il peut désormais reposer sur des contenus entièrement fabriqués. Des applications accessibles au grand public permettent de créer de fausses images intimes, de cloner une voix ou de manipuler une vidéo à partir d’une simple photographie.
En 2023, l’Internet Watch Foundation a signalé pour la première fois l’apparition d’images d’abus sexuels d’enfants entièrement générées par IA circulant sur Internet. L’organisation souligne que ces technologies abaissent considérablement les barrières techniques et compliquent l’identification des auteurs. INTERPOL reconnaît également que la sophistication croissante des deepfakes complique les enquêtes, rendant plus difficile la distinction entre contenus authentiques et images manipulées. Ces outils alimentent aussi des pratiques de « sextorsion », dans lesquelles des individus utilisent de faux contenus pour faire chanter des adolescents et leurs familles.
Des organisations de défense des droits de l’enfant signalent que les prédateurs peuvent par ailleurs utiliser l’IA pour analyser le comportement en ligne, l’état émotionnel et les centres d’intérêt d’un enfant afin d’adapter leur stratégie de manipulation.
Des cadres juridiques encore inadaptés
Face à cette évolution rapide, la réponse réglementaire demeure inégale. La Convention de Malabo adoptée par l’Union africaine établit un socle en matière de cybersécurité et de protection des données à caractère personnel. Toutefois, ce texte précède l’essor de l’intelligence artificielle et ne traite pas explicitement des contenus synthétiques visant des mineurs.
Dans plusieurs États africains, les lois sur la protection des données encadrent la collecte et le traitement des informations personnelles sans prévoir de dispositions spécifiques concernant la responsabilité des plateformes en cas de diffusion de deepfakes impliquant des enfants.
En Afrique du Sud, la Protection of Personal Information Act impose des obligations strictes en matière de traitement des données, y compris celles des mineurs. Néanmoins, comme dans de nombreux pays, le cadre reste centré sur la protection de la vie privée plutôt que sur la prévention proactive des contenus générés par IA.
Au Cameroun, une charte sur la protection des enfants en ligne adoptée en 2023 pose les bases d’une responsabilité partagée entre opérateurs télécoms, régulateurs et familles. La loi vise uniquement la protection des enfants âgés de moins de 18 ans. Elle n’assure donc pas la protection de tous les mineurs puisque la minorité légale au Cameroun est fixée à 21 ans.
Vers une gouvernance plus structurée de l’IA
La réflexion progresse toutefois au niveau continental et international. L’Union africaine a engagé des travaux sur une stratégie encadrant le développement et l’usage de l’intelligence artificielle, avec un accent sur l’éthique, la gouvernance des données et la souveraineté numérique. La question de la protection des enfants y apparaît progressivement comme un enjeu transversal, dans un continent où la population est la plus jeune du monde.
À l’échelle mondiale, l’UNICEF plaide pour une approche fondée sur le « Safety by Design », consistant à intégrer la sécurité et la protection des mineurs dès la conception des produits numériques. Cette démarche vise à anticiper les risques plutôt qu’à intervenir uniquement après la diffusion de contenus préjudiciables. L’organisation souligne que les enfants sont surexposés aux risques en ligne dans les contextes où la régulation, la modération en langues locales et les mécanismes de signalement restent insuffisamment développés.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Égypte : le Parlement prépare une loi sur l’usage des réseaux sociaux par les mineurs
LaGSMA et l’UNICEF lancent un groupe de travail pour protéger les enfants en ligne
La protection des données personnelles constitue un chantier engagé depuis plus d’une décennie au Maroc. Mais l’essor rapide de l’IA et des usages numériques impose un renforcement des mécanismes de coopération et de régulation pour faire face à des risques plus complexes et transfrontaliers.
Le Maroc et le Portugal renforcent leur coordination face aux nouveaux défis du numérique. Les autorités nationales chargées de la protection des données personnelles des deux pays ont signé, le mercredi 25 février à Lisbonne, un mémorandum d’entente destiné à structurer leur coopération institutionnelle.
L’accord a été paraphé au siège de la Commission nationale de protection des données (CNPD) par sa présidente, Paula Meira Lourenço (photo, à droite), et par Omar Seghrouchni (photo, à gauche), président de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP). Le texte établit un cadre opérationnel visant à intensifier l’échange d’expertise technique et le partage d’informations.
IA et violences numériques au cœur des priorités
La coopération ciblera en priorité les enjeux liés à l’intelligence artificielle, à la manipulation d’images (deepfakes) et aux violences numériques. Ces phénomènes soulèvent des questions croissantes en matière de protection de la vie privée, de sécurité juridique et de régulation des usages numériques. Le mémorandum prévoit également des programmes de formation, des projets éducatifs et un partage de bonnes pratiques en matière de contrôle et d’application des cadres réglementaires, dans un contexte d’évolution rapide des technologies.
Cette initiative intervient alors que les deux pays connaissent une forte dynamique numérique. Au Maroc, le taux de pénétration d’Internet dépasse 92 % fin 2025 selon DataReportal, plaçant le pays parmi les marchés les plus connectés du continent africain. Le Portugal s’est, pour sa part, distingué par un taux élevé d’adoption de l’intelligence artificielle générative, selon une étude récente de Bain & Company. Le pays bénéficie en outre d’une expérience avancée dans l’application du Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne.
Un ancrage dans les réseaux régionaux
L’accord prévoit l’organisation de réunions bilatérales annuelles afin d’assurer un suivi structuré. Chaque institution mobilisera également ses réseaux internationaux : la CNPD s’appuiera sur le Réseau ibéro-américain de protection des données personnelles (RIPD) et le Réseau lusophone de protection des données personnelles (RLPD). La CNDP marocaine pourra, de son côté, activer le Réseau africain des autorités de protection des données personnelles (NADPA-RAPDP) ainsi que l’Association francophone des autorités de protection des données personnelles (AFAPDP).
Samira Njoya
Lire aussi:
À l’ère du numérique, les preuves électroniques s’imposent comme des outils clés pour la justice. Ces éléments facilitent la vérification des faits, limitent les risques de falsification et soutiennent l’efficacité des procédures pénales.
Le gouvernement du Gabon a validé, le jeudi 26 février en Conseil des ministres, un projet d’ordonnance modifiant le Code de procédure pénale afin d’encadrer l’admissibilité des preuves numériques devant les juridictions. Présenté par le ministre de la Justice, Augustin Emane, le texte introduit des exigences formelles destinées à adapter l’appareil judiciaire à la montée des infractions liées au numérique.
La réforme instaure un cadre technique pour l’utilisation des données électroniques dans les procédures pénales. Désormais, les éléments numériques ne pourront être admis que s’ils démontrent leur fiabilité, leur authenticité et leur traçabilité, après vérification par des entités publiques habilitées, telles que les services de cybersécurité ou les organismes d’État compétents. L’objectif est de sécuriser l’exploitation judiciaire des données issues des environnements numériques tout en limitant les risques de manipulation ou de falsification.
Par cette modification, les autorités entendent renforcer la fiabilité des enquêtes et améliorer la protection des justiciables. La reconnaissance formelle de standards techniques de validation vise également à encadrer les poursuites liées aux infractions numériques, dont la progression suit l’essor rapide des usages digitaux dans le pays. La diffusion d’Internet, qui concerne désormais plus de la moitié de la population gabonaise, accroît le volume d’interactions numériques susceptibles de générer des contentieux.
L’ordonnance s’inscrit dans un mouvement régional visant à moderniser les cadres juridiques africains face aux défis de la transformation numérique, marquée par la multiplication des litiges liés aux contenus électroniques, aux transactions en ligne et aux systèmes d’information. À l’échelle internationale, la place des preuves numériques dans les enquêtes judiciaires ne cesse de croître. Une étude menée par Cellebrite, spécialiste israélien de la criminalistique numérique, auprès de plus de 2000 enquêteurs, procureurs et experts, indique que 60 % considèrent désormais les preuves numériques comme plus déterminantes que l’ADN dans certaines affaires, et que 74 % estiment que leur utilisation améliore le taux de résolution des enquêtes.
Selon les autorités gabonaises, l’ordonnance entrera en vigueur après sa publication au Journal officiel, conformément à la procédure de promulgation des textes législatifs. Elle constitue un premier pas vers la modernisation du traitement judiciaire des infractions numériques et un renforcement de la sécurité juridique dans le cadre pénal, en phase avec les évolutions technologiques du pays.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Gabon : un accord avec Presight pour introduire l’IA dans les services publics
L’Algérie signe un accord avec le Royaume-Uni sur l’analyse des empreintes électroniques
La robotique transforme la santé en Afrique, offrant des perspectives inédites pour améliorer la qualité des soins et optimiser les coûts. Mais le continent doit relever des défis majeurs, de la formation au financement, pour que ces technologies profitent réellement aux populations.
La robotique médicale, qui intègre des systèmes automatisés pour la chirurgie assistée, le diagnostic et l’assistance hospitalière, s’impose progressivement comme un moteur de modernisation des systèmes de santé africains. Selon Data Bridge Market Research, le marché des robots médicaux au Moyen-Orient et en Afrique connaît un taux de croissance annuel composé de 13,5 % entre 2022 et 2029, passant de 451,26 millions de dollars en 2021 à 1 144,64 millions de dollars d’ici 2029. Malgré cette croissance, l’adoption sur le continent reste encore faible comparée aux autres régions, concentrée dans des pays à revenus plus élevés ou disposant d’infrastructures hospitalières avancées.
Initiatives phares de robotique médicale sur le continent
En Afrique du Sud, plusieurs hôpitaux publics ont déjà réalisé plus de 600 interventions assistées par robot, principalement en urologie et gynécologie, réduisant les séjours hospitaliers et les complications post-opératoires. Au Nigeria, une plateforme clinique de chirurgie robotique a été récemment approuvée, permettant pour la première fois des interventions robotisées dans un établissement public. À Luanda (Angola), des expérimentations de téléchirurgie ont été menées via des systèmes robotisés, démontrant le potentiel de ces technologies même dans des contextes de réseau limité.
Le Maroc se distingue également : une prostatectomie radicale a été réalisée entre Casablanca et Shanghai, illustrant la faisabilité de la téléchirurgie sur de longues distances. D’autres interventions ont été conduites entre plusieurs villes marocaines, confirmant la capacité technique et l’intérêt pour la robotique chirurgicale. En dehors de la chirurgie, la robotique est utilisée pour l’assistance hospitalière au Kenya et dans d’autres pays, améliorant l’efficacité des services et libérant du temps pour le personnel soignant.
Défis liés à l’adoption de la robotique
Pour les pays africains, l’un des défis majeurs reste le coût élevé des équipements robotiques, souvent plusieurs millions de dollars par unité, ce qui limite leur acquisition par les établissements publics. Un système de chirurgie robotique, tel que le da Vinci 5, coûte généralement entre 1,5 et 2,5 millions de dollars. La formation constitue un autre défi : les interventions robotisées nécessitent des compétences chirurgicales et techniques spécifiques.
Des initiatives telles que Ircad Africa, au Rwanda, forment les médecins africains à la chirurgie mini-invasive et à la robotique avancée. Par ailleurs, l’émergence de start-up et laboratoires d’innovation autour de l’IA, de la robotique et de l’e-santé ouvre des perspectives de croissance pour le secteur au cours de la prochaine décennie.
La robotique médicale soulève également des questions éthiques et réglementaires, notamment la responsabilité en cas de dysfonctionnement, la protection des données des patients et l’acceptabilité de l’automatisation dans les soins.
Une trajectoire de croissance malgré les obstacles
Selon les prévisions de la société d’études de marché Spherical Insights, le marché global de la robotique chirurgicale devrait dépasser 22,89 milliards de dollars d’ici 2030, avec des opportunités croissantes pour les pays émergents qui investissent dans la transformation numérique de la santé.
Pour l’Afrique, réussir cette transition nécessite un effort coordonné en matière de politiques publiques, d’investissements, de formation et de partenariats internationaux, afin d’assurer que la robotique médicale devienne un vecteur tangible de modernisation des systèmes de santé et d’amélioration de la qualité des soins.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Chirurgie Robotique : les enjeux de l’investissement du Maroc
Le Béninois Bertin Nahum allie robotique et imagerie pour traiter le cancer
L’artisanat, pilier de l’économie au Maroc, demeure un secteur à fort potentiel d’emploi et d’exportation. Sa numérisation s’impose comme un levier de modernisation, visant à renforcer la compétitivité des artisans, structurer les filières et élargir l’accès aux marchés.
Le Maroc engage 36 millions de dirhams (3,9 millions USD) pour accélérer la transformation numérique de son artisanat. Un accord a été signé mercredi 25 février entre le Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat, les Chambres d’Artisanat, leur Fédération et l’Agence de développement du digital. Deux autres conventions relatives à la promotion internationale et à l’appui institutionnel du secteur ont également été conclues lors de la même cérémonie.
L’accord de digitalisation prévoit la mise en place de la carte professionnelle de l’artisan, la mise en service du Registre national de l’artisanat ainsi que la dématérialisation des services des Chambres et de leurs structures affiliées. Les autorités entendent, à travers ce dispositif, améliorer l’efficacité administrative, simplifier les procédures et doter le secteur d’infrastructures numériques structurantes.
Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre du contrat‑programme national dédié au développement de l’artisanat, considéré comme un pilier de l’économie marocaine en raison de sa contribution à l’emploi, à l’exportation et au développement territorial. Selon les chiffres officiels, le secteur emploie 22 % de la main‑d’œuvre nationale, contribue à hauteur de 7 % au PIB, enregistre une croissance des exportations de 7,6 %, et représente 10 % des recettes touristiques en devises grâce à l’achat de produits artisanaux. Sa modernisation numérique est présentée comme un levier de gain de productivité, de formalisation des activités et d’élargissement de l’accès aux marchés nationaux et internationaux.
Les deux autres conventions conclues lors de la cérémonie portent respectivement sur la promotion internationale du savoir‑faire marocain, en partenariat avec SMAP EVENTS, et sur un contrat‑programme 2026 consacré à la structuration professionnelle, à la formation et à l’encadrement des artisans. Ensemble, ces dispositifs doivent renforcer la compétitivité du secteur, faciliter l’accès des artisans aux marchés et soutenir l’émergence d’un écosystème plus formalisé et productif, en complément du volet numérique piloté avec l’Agence de développement du digital au Maroc.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Santé : le Maroc lancera la phase pilote de la feuille de soins électronique dès mars 2026
En Tunisie, les greentech figurent parmi les segments les moins financés de l’écosystème start‑up, bien qu’elles jouent un rôle clé dans la transition écologique. Dans un contexte marqué par des levées de fonds limitées en 2025, un nouveau mécanisme public cible leur passage à l’échelle et l’accès au marché.
La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) a annoncé, mardi 24 février, le lancement de la première cohorte du programme MAIR (Market Access for Impact and Resilience), un mécanisme de financement destiné aux start‑up et aux PME greentech en phase de commercialisation. Le dispositif vise à soutenir le passage à l’échelle industrielle, faciliter l’accès aux marchés initiaux et consolider les revenus des entreprises bénéficiaires.
L’outil cible en priorité les segments liés à la transition écologique, notamment les énergies renouvelables, la mobilité durable, l’éco‑construction, la gestion des déchets, l’agriculture durable, les technologies de l’eau, l’efficacité énergétique et la biodiversité. En intervenant à un stade où les besoins en financement augmentent pour l’industrialisation et la commercialisation, MAIR entend combler le déficit structurel d’accompagnement entre l’amorçage et la commercialisation.
MAIR est déployé dans le cadre de l’initiative « GreenTECH », portée par Smart Capital et intégrée au projet Greenov’i. Celui‑ci est financé par l’Union européenne à travers le programme « Tunisie Verte & Durable », mis en œuvre par Expertise France en collaboration avec le Centre International des Technologies de l’Environnement de Tunis, le ministère de l’Environnement et le ministère de l’Économie et de la Planification.
L’instrument s’insère dans une architecture de financement structurée comprenant également VAIR (Venture Acceleration for Impact and Resilience), qui soutient les start‑up en phase d’idéation dans le développement de leurs preuves de concept. L’ensemble du programme prévoit de financer 32 start‑up en phase amont et d’accompagner 10 start‑up et PME dans leur accès au marché, avec un objectif d’environ 300 emplois directs dans les filières de la transition écologique.
Ce lancement intervient dans un contexte de financement encore limité pour l’écosystème entrepreneurial tunisien. Selon le rapport annuel de Wamda, les start‑up tunisiennes ont levé 6,6 millions de dollars en 2025 à travers 13 opérations, un niveau inférieur aux niveaux observés dans plusieurs marchés de la région Moyen‑Orient et Afrique du Nord. Dans ce contexte, les mécanismes publics et les instruments dédiés à l’innovation à impact apparaissent comme des leviers structurants pour les jeunes entreprises en phase de croissance.
En ciblant les segments industriels liés à la transition écologique et en intervenant à un stade avancé du cycle de développement des entreprises, MAIR vise à renforcer la capacité des start‑up tunisiennes à transformer leurs innovations en offres commercialisées et à s’insérer durablement sur les marchés.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Tunisie : 192 projets pour accélérer la transformation numérique de l’État