L’exécutif ivoirien a lancé depuis quelques années la numérisation des institutions publiques, avec pour objectif de renforcer la transparence et de stimuler l’activité économique. Les partenariats internationaux jouent ici un rôle clé pour accélérer cette transformation.
Le conseil d’administration de l’Export-Import Bank of the United States (EXIM), l’agence américaine de crédit à l’exportation, a approuvé le vendredi 15 août un financement de 47 millions de dollars pour la numérisation du ministère ivoirien du Commerce et de l’Industrie. Le projet sera mis en œuvre par le Cybastion Institute of Technology, basé à Washington, en partenariat avec des géants technologiques tels que Cisco, Amazon Web Services (AWS), Motorola Solutions et Microsoft.
« Soutenir la numérisation du ministère renforce l’engagement d’EXIM à contrer l’influence croissante de la République populaire de Chine. En approuvant cette transaction, nous soutenons une centaine d’emplois aux États-Unis tout en sécurisant nos chaînes d’approvisionnement », a déclaré James Cruse, président par intérim d’EXIM.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du China and Transformational Exports Program (CTEP), un dispositif lancé par EXIM pour appuyer les exportations technologiques américaines stratégiques, en particulier face à la concurrence chinoise. Pour la Côte d’Ivoire, ce projet vient soutenir son ambition de modernisation numérique de l’administration.
Ce projet, sur le point de démarrer, vise à moderniser les systèmes d’information du ministère, à renforcer la cybersécurité, à intégrer des solutions cloud et à améliorer l’efficacité administrative. L’objectif est de renforcer la transparence et la réactivité des services publics, de faciliter les démarches pour les entreprises et d’accroître l’attractivité du pays auprès des investisseurs. Il constitue également une étape importante vers la mise en place d’un environnement industriel et commercial plus compétitif et mieux aligné sur les standards internationaux.
Samira Njoya
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Les super applications s’imposent en Afrique comme de véritables plateformes tout-en-un. Du paiement au transport, elles simplifient la vie quotidienne, favorisent l’inclusion financière et incarnent la nouvelle ère numérique du continent.
Entre innovation et inclusion, l’Afrique voit émerger une nouvelle génération d’applications capables de tout gérer depuis un smartphone. Inspirées du modèle asiatique de WeChat ou Grab, ces « super apps » intègrent messagerie, paiements, transport, commerce et même santé, offrant un accès centralisé à de multiples services. Sur un continent où le mobile constitue souvent le premier point d’entrée vers le numérique, elles se positionnent comme un levier stratégique pour accélérer la transformation numérique.
Pour l’Afrique, ce modèle est particulièrement prometteur. Selon la GSMA, le continent comptera plus de 1,1 milliard d’abonnés mobiles d’ici 2028, malgré des infrastructures physiques et bancaires encore limitées. En centralisant de multiples services dans une seule application, ces outils répondent à des besoins concrets, que ce soit pour les citadins ou les populations rurales, tout en favorisant l’inclusion financière.
Les leaders du marché en Afrique
Plusieurs acteurs se disputent déjà ce marché. M-Pesa, lancé par Safaricom au Kenya, en est la figure de proue. Initialement conçu pour le transfert d’argent, il s’est mué en une plateforme multifonctions intégrant paiements marchands, microcrédit et assurance. En Afrique de l’Ouest, Gozem, surnommé le « Gojek africain », combine transport, livraison, mobile money et services financiers, avec une implantation déjà forte au Togo et au Bénin. En Afrique de l’Est, SafeBoda propose un modèle similaire, allant de la réservation de moto-taxis aux paiements numériques. Enfin, des opérateurs télécoms développent aussi leurs propres écosystèmes, à l’image d’Orange avec son application Max It proposant du paiement mobile avec son service Orange Money, de l’achat de crédit téléphonique mais aussi de la télévision en streaming ou du shopping en ligne.
Un levier d’inclusion et de croissance
Les super apps représentent bien plus qu’une innovation technique. Elles participent à l’inclusion numérique et financière en réduisant la dépendance au cash, en démocratisant l’accès à des services autrefois réservés aux bancarisés et en offrant une vitrine digitale aux petites entreprises. Artisans, commerçants et entrepreneurs informels peuvent toucher de nouveaux clients, encaisser des paiements électroniques et solliciter des microcrédits. Elles pourraient également devenir un relais de croissance en intégrant progressivement des services liés à l’éducation, la santé ou l’agriculture.
Des défis persistants
Le potentiel est immense, mais les obstacles restent nombreux. Le développement d’une super app exige des investissements massifs en infrastructures numériques et en cybersécurité. Les cadres réglementaires, encore fragiles sur la gestion des données personnelles et la protection des consommateurs, constituent un autre frein. À cela s’ajoute le manque de compétences spécialisées, qui ralentit la conception et la maintenance de ces écosystèmes complexes. Enfin, la confiance des utilisateurs, encore marquée par une certaine méfiance vis-à-vis des services numériques, demeure un enjeu déterminant.
L’Afrique n’est pas condamnée à copier le modèle asiatique. Elle peut inventer ses propres solutions, adaptées à ses réalités économiques et sociales. Les super apps pourraient intégrer, par exemple, des paiements transfrontaliers pour accompagner la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), ou encore recourir à l’intelligence artificielle pour optimiser les services agricoles et élargir l’accès à la santé et à l’éducation via le mobile.
Si les défis sont relevés, les super applications pourraient devenir l’un des piliers de la compétitivité économique du continent, en alliant innovation technologique, inclusion financière et développement durable.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’Afrique voit sa population urbaine croître à grande vitesse, mettant à rude épreuve ses infrastructures et services. Les villes intelligentes apparaissent comme une réponse innovante pour mieux gérer l’énergie, la mobilité et l’environnement, tout en favorisant l’inclusion.
L’Afrique connaît l’un des taux d’urbanisation les plus rapides au monde. Selon les Nations unies, près de 60 % de la population africaine vivra en zone urbaine d’ici 2050, contre environ 43 % aujourd’hui. Cette croissance démographique accélérée transforme profondément les paysages urbains et exerce une pression considérable sur les infrastructures, la mobilité, la gestion des ressources et les services publics.

Pour répondre à ces enjeux, le concept de ville intelligente s’impose comme une solution stratégique et innovante. Il ne s’agit pas seulement d’ériger des gratte-ciel futuristes ou de déployer la fibre optique, mais bien d’intégrer des technologies avancées telles que l’Internet des objets (IoT), l’intelligence artificielle, les plateformes de données et les systèmes d’information géographique (SIG) pour optimiser la gestion des services publics, fluidifier la mobilité, surveiller l’environnement et favoriser l’inclusion sociale. Une ville intelligente combine ainsi innovation technologique, développement durable et participation citoyenne pour offrir un cadre de vie plus efficace, attractif et résilient.
Des projets concrets à travers le continent
Plusieurs pays africains se positionnent sur ce créneau avec des projets concrets. Le Kenya développe Konza Technopolis, un hub technologique et urbain intégrant entreprises, universités et pôles d’innovation. Le Sénégal, avec Diamniadio, vise à désengorger Dakar tout en créant une ville moderne associant zones administratives, industrielles et résidentielles. Le Maroc mise sur la gestion intelligente des réseaux d’eau, de l’éclairage public et de la circulation dans plusieurs villes. En Tunisie, un projet ambitieux envisage la création de la première ville intelligente automobile du continent, un projet susceptible de générer jusqu’à 100 000 emplois, en alliant production industrielle, innovation technologique et urbanisme durable.
Ces initiatives s’inscrivent dans une dynamique mondiale de croissance rapide. D’après Fortune Business Insights, le marché mondial des villes intelligentes, évalué à 623,9 milliards USD en 2023, devrait atteindre 4 647,63 milliards USD d’ici 2032, avec un taux de croissance annuel composé de 25,2 %. Si l’Amérique du Nord domine aujourd’hui ce marché avec 40,87 % de parts, l’Afrique dispose d’un potentiel immense de rattrapage, grâce notamment à sa démographie favorable et aux marges d’amélioration importantes de ses infrastructures.
Défis et perspectives pour le développement des villes intelligentes en Afrique
Toutefois, la concrétisation de villes intelligentes sur le continent reste confrontée à de nombreux défis. Les coûts élevés de conception, construction et maintenance pèsent lourdement, d’autant plus que les financements adaptés se font encore rares. Le cadre réglementaire, notamment en matière de protection des données et de cybersécurité, est souvent insuffisant ou lent à se mettre en place, freinant le développement des projets. Par ailleurs, la pénurie de compétences limite la capacité des pays à concevoir et gérer ces systèmes complexes. L’acceptabilité sociale est également un facteur clé, car l’implication des citoyens dans la gouvernance des projets est indispensable à leur succès. Enfin, l’Afrique doit veiller à ne pas creuser davantage la fracture numérique, en évitant que les technologies profitent uniquement aux quartiers aisés, au détriment des zones défavorisées.
Un potentiel à exploiter
Si ces obstacles sont levés, les bénéfices pour le continent pourraient être majeurs : modernisation accélérée des infrastructures, gestion urbaine optimisée, coûts opérationnels réduits pour les collectivités, création d’emplois qualifiés à grande échelle et amélioration notable de la qualité de vie. Les villes intelligentes pourraient alors devenir de véritables moteurs de compétitivité régionale tout en contribuant aux Objectifs de développement durable (ODD), offrant à l’Afrique un levier essentiel pour son avenir urbain et économique.
Samira Njoya
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Pour réussir sa transformation numérique, le Sénégal doit mobiliser des ressources financières conséquentes afin de concrétiser pleinement les ambitions de sa stratégie phare, le New Deal Technologique.
Le ministre sénégalais de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall (photo) a reçu le jeudi 7 août une délégation de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD). L’initiative avait pour but de discuter d’une coopération entre les deux parties, avec pour ambition de renforcer la souveraineté numérique du Sénégal et d’améliorer l’efficacité des services publics.
Dans le cadre de la mise en œuvre du #NewDealTechnologique, le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a rencontré une délégation de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD).
— Ministère Communication - Télécoms et Numérique (@mctngouvsn) August 8, 2025
Cette rencontre s’inscrit également dans une dynamique de… pic.twitter.com/BEgoSMqZJl
Au cœur des échanges, la présentation du Fonds de Transformation Digitale (FTD), un mécanisme de financement innovant soutenu conjointement par la BOAD et la banque allemande KfW. Ce fonds vise à accompagner des projets numériques structurants et à fort impact, capables de catalyser la modernisation des systèmes d’information et des services publics.
Les discussions ont permis d’identifier des synergies entre les projets prioritaires du New Deal Technologique, la stratégie numérique nationale et les lignes de financement proposées par la BOAD. L’institution a réaffirmé son engagement à accompagner l’État du Sénégal dans sa transformation numérique et à renforcer l’administration à travers des partenariats stratégiques.
Si cette collaboration se concrétise, la BOAD pourrait jouer un rôle déterminant en mobilisant des financements pour les infrastructures critiques, en soutenant les projets de numérisation de l’administration et en favorisant l’émergence d’un écosystème numérique dynamique. Cet appui permettrait au Sénégal d’accélérer la réalisation des objectifs du New Deal Technologique tout en renforçant sa souveraineté et sa compétitivité dans l’économie numérique.
Lors de son lancement, le New Deal Technologique disposait d’un budget global de 1105 milliards FCFA (1,7 milliard $). Sur ce montant, 950 milliards avaient déjà été identifiés, dont 150 milliards provenant de financements privés. Les 800 milliards restants figurent dans l’Agenda de transformation « Vision 2050 », laissant un déficit de 155 milliards FCFA à mobiliser pour atteindre pleinement les objectifs fixés.
Samira Njoya
Édité par : Ubrick Quenum
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Le secteur minier, qui contribue à environ 23% au PIB de la Mauritanie, constitue un pilier essentiel de l’économie nationale. Sa modernisation progressive reflète la volonté des autorités d’en améliorer la gouvernance et de mieux en encadrer le développement.
Le ministère des Mines et de l’Industrie de la Mauritanie a annoncé le lancement d’une nouvelle plateforme numérique dédiée au contrôle et au suivi des permis d’exploitation minière et de carrières. L’initiative vise à renforcer la transparence, fiabiliser les données et simplifier les démarches administratives liées à l’octroi et au contrôle des licences.
Accessible via un identifiant personnel et sécurisé, la plateforme permettra aux titulaires de permis de fournir leurs données techniques et de production (BTR/BTE), les documents relatifs aux dépenses engagées, de mettre à jour les éléments liés à leur responsabilité sociale d’entreprise (RSE) et de soumettre diverses demandes administratives, dont l’envoi d’échantillons et les demandes d’approbation.
La confidentialité des données fournies est garantie par l’article 59 de la loi minière en matière de déclaration des activités, de contrôle environnemental, administratif et financier, ainsi que de transfert d’informations obligatoires. Le ministère invite les détenteurs de licences à contacter ses équipes régionales ou à écrire à l’adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. pour obtenir leurs identifiants et le guide d’utilisation.
Cette plateforme survient dans un contexte d’e-gouvernance encore embryonnaire en Mauritanie. Le pays se classe 174ᵉ sur 193 au Global E-Government Development Index des Nations unies, avec un score de 0,3491. Ce classement reflète un déficit notable en matière d’infrastructures numériques, d’accès aux services publics en ligne et d’usage des technologies au sein de l’administration.
La numérisation du contrôle minier représente ainsi une étape clé pour un secteur qui contribue à environ 23% au PIB national. Elle pourrait non seulement améliorer la transparence des acteurs, mais aussi renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs. En centralisant les données et en fluidifiant les échanges entre l’administration et les opérateurs, cette plateforme offre un outil stratégique pour un encadrement plus rigoureux et plus moderne de l’activité extractive en Mauritanie.
Samira Njoya
Edité par : Feriol Bewa
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Alors que les paiements instantanés gagnent du terrain en Afrique, sa région occidentale prend un tournant décisif vers des transactions numériques plus rapides, inclusives et interopérables.
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest a annoncé vendredi le lancement officiel dès fin septembre, de sa Plateforme Interopérable de Système de Paiement Instantané (PI-SPI), une infrastructure régionale conçue pour faciliter les transferts d’argent en temps réel dans l’espace UEMOA.
Elle permettra aux clients de banques, institutions de microfinance et opérateurs de transactions monétaires électroniques d’effectuer des transferts instantanées, sécurisées, et interopérables quel que soit le type de compte ou de canal utilisé. Des tests pilotes sont en cours depuis le 5 juin auprès d’un échantillon de clients sélectionnés, afin d’évaluer les performances du dispositif en conditions réelles.
La mise en place de ce système de paiement unifié répond à une demande croissante de services financiers plus rapides, sûrs et accessibles en Afrique de l’Ouest. Entre 2022 et 2023, le nombre de comptes de monnaie électronique actifs est passé de 157 à 209 millions dans l’espace UEMOA, soit une hausse de 32,74% selon un rapport de la BCEAO. Ces services contribuent désormais à 56% du taux global d’inclusion financière, estimé à 72,3% fin 2023.
Avec la PI-SPI, la banque centrale amorce ainsi une nouvelle phase de son plan de modernisation des systèmes de paiement, en facilitant l’interconnexion des différents acteurs financiers de la région. L’objectif est de bâtir un écosystème plus intégré, apte à soutenir l’essor des fintechs, à fluidifier les flux électroniques et à réduire la dépendance au cash.
À terme, le système pourrait favoriser une adoption plus large des moyens de paiement numériques dans les usages quotidiens, et élargir l’accès aux services financiers dans les zones encore peu desservies par les réseaux traditionnels. En rapprochant les acteurs du secteur financier, cette initiative ouvre la voie à une interconnexion sans précédent dans la région.
Samira Njoya
Edité par : Feriol Bewa
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Face à un déficit budgétaire estimé à 14% du PIB et une dette publique à 119% en 2024, le Sénégal explore de nouveaux leviers économiques, en s’appuyant entre autres sur le potentiel fiscal du secteur du numérique.
Dans un contexte macroéconomique difficile, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko (photo), a dévoilé en début de mois Jubbanti-Koom, le Plan de redressement économique et social du pays, pierre angulaire de la Vision 2050. Objectif : restaurer la soutenabilité budgétaire tout en finançant un développement plus inclusif. Pour ce faire, l’exécutif mise résolument sur le numérique, identifié comme un levier stratégique à la fois pour la croissance et pour l’optimisation des recettes publiques.
Le plan s’articule autour de plusieurs mesures fiscales ciblant des segments en forte croissance : jeux en ligne, mobile money, publicité numérique, vidéos à la demande ou encore revenus des influenceurs. Le gouvernement entend ainsi exploiter les niches fiscales du digital souvent sous-régulées, pour dégager de nouvelles marges de manœuvre budgétaires.
Encadrer et taxer les paris en ligne : 400 milliards FCFA de revenus attendus par an
Parmi les mesures phares figure la taxation du Produit Brut des Jeux (PBJ) issus des paris sportifs et jeux de hasard en ligne, majoritairement opérés par des sociétés étrangères. Une fiscalité sur les gains des joueurs est également prévue. Cette réforme vise non seulement à générer environ 400 milliards FCFA de recettes fiscales annuelles, mais aussi à protéger les consommateurs sénégalais, notamment les plus jeunes, des dérives potentielles d’un cadre insuffisamment réglementé.

Numérisation de la commande publique, mobile money et fiscalité de l’audiovisuel
La réforme prévoit par ailleurs une numérisation renforcée de la commande publique, outil qui aura le double effet de rationnaliser les dépenses publiques et d’améliorer la traçabilité des flux financiers. La publicité en ligne, les vidéos à la demande et les revenus tirés des contenus numériques seront eux aussi désormais intégrés dans l’assiette fiscale. Autre axe stratégique, l’optimisation de la fiscalité sur le mobile money, devenu un canal privilégié de transfert d’argent pour des millions de Sénégalais.

Une transformation structurelle du cadre fiscal numérique
Au-delà des mesures immédiates, le plan prévoit un volet technique visant à préparer l’économie à l’émergence de nouveaux services digitaux. Cela passe notamment par l’accélération de l’identification numérique, indispensable à l’efficacité des réformes, et par le déploiement d’infrastructures tech viables, comme spécifié dans le New Deal Technologique.
Dans un pays où le numérique pèse désormais lourd dans l’économie informelle, ces mesures devraient permettre de réduire l’évasion fiscale, de mieux encadrer les acteurs du digital et de structurer un écosystème plus formel et productif. À terme, le Sénégal espère transformer ce secteur en un véritable moteur de croissance et d’équité fiscale.
Samira Njoya
Edité par : Feriol Bewa
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A un an de la fin du programme Force-N, lancé en 2022 pour une durée de cinq ans, les objectifs sont encore loin d’être atteints. Les autorités sénégalaises en accélèrent donc la mise en œuvre et le suivi.
Le ministre sénégalais de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Dr Abdourahmane Diouf, a présidé le mardi 29 juillet à Diamniadio le premier Comité de pilotage du programme Force-N, développé par l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UNCHK) en partenariat avec la Fondation Mastercard.
1/3📢 𝐏𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐂𝐨𝐦𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐏𝐢𝐥𝐨𝐭𝐚𝐠𝐞 (𝐂𝐎𝐏𝐈𝐋) 𝐝𝐮 𝐩𝐫𝐨𝐠𝐫𝐚𝐦𝐦𝐞 𝐅𝐎𝐑𝐂𝐄-𝐍
— Force-N Sénégal (@forcensenegal) July 31, 2025
Ce mardi s’est tenu à Diamniadio le 1er COPIL de @forcensenegal, présidé par le MESRI , Dr @drelhadjiAdiouf, en présence du Recteur de l’UNCHK, Pr Samuel Ouya.#forcen pic.twitter.com/aWGY1c019l
Ce comité regroupe les principaux acteurs institutionnels impliqués (Présidence, Primature, ministères, partenaires publics et privés). Il a permis de faire le point sur l’avancement du programme, d’en préciser les orientations stratégiques et de renforcer sa gouvernance ainsi que son déploiement à l’échelle nationale.
Lancé en 2022 pour une durée de cinq ans, Force-N ambitionne de faire employer 70 000 jeunes, d’accompagner 10 000 entrepreneurs et de créer 1 000 start-up, le tout dans les métiers du numérique. Le programme s’articule autour de cinq axes majeurs : la formation, l’insertion professionnelle, l’entrepreneuriat, la digitalisation de l’administration et la promotion de l’intelligence artificielle.
Bien qu’antérieur au New Deal technologique, Force-N rejoint ses ambitions et celles de l’Agenda 2050 visant à faire du Sénégal un hub numérique, notamment par la promotion des compétences STEM, l’insertion professionnelle des jeunes et le soutien à l’entrepreneuriat innovant.
À un an de sa clôture prévue en 2026, le programme affiche des résultats encore modestes avec 2548 jeunes formés à l’entrepreneuriat, 13 554 mis en relation pour l’emploi et 7 start-up créées. La tenue de ce premier comité de pilotage devrait permettre d’intensifier les actions, renforcer les synergies entre partenaires, accélérer le déploiement territorial du programme et adopter des mécanismes plus agiles afin d’atteindre les objectifs ambitieux fixés.
Ces mesures visent à maximiser l’impact de Force-N et à consolider la dynamique de la transformation numérique au Sénégal.
Samira Njoya
Edité par : Feriol Bewa
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Freinées par des recettes locales difficilement mobilisables, les collectivités misent sur la numérisation des services municipaux pour mieux tracer les paiements et renforcer la transparence budgétaire.
Dans une volonté de moderniser la gestion financière municipale, la mairie de Libreville a lancé, mardi 29 juillet 2025, un projet pilote de numérisation du recouvrement des recettes locales. L’initiative, portée par le délégué spécial Adrien Nguema Mba et développée par la société GTI Gabon, vise à sécuriser les paiements, limiter les erreurs liées à la saisie manuelle et garantir une meilleure traçabilité des transactions fiscales.
« Ce dispositif permettra de connaître instantanément l’état des paiements pour chaque taxe et chaque arrondissement, et d’éviter les relances aléatoires. Cet outil de rationalisation va transformer notre manière de collecter et d’analyser les recettes locales », a déclaré Mohamed Ahmed Essgheir, directeur de GTI Gabon.
La plateforme repose sur cinq axes principaux : un référentiel géolocalisé des contribuables pour cibler les notifications ; des déclarations et paiements entièrement en ligne disponibles à tout moment ; un calcul automatique des taxes et pénalités selon la réglementation en vigueur ; un système de relance intelligent basé sur des données en temps réel ; et un tableau de bord dynamique et analytique pour piloter les recettes municipales.
Le budget primitif 2025 de la commune s’élève à 25,12 milliards FCFA (44,3 millions USD), en recul par rapport à l’année précédente, principalement en raison de la baisse des recettes propres (de 8,1 à 7,5 milliards FCFA) et de la diminution des ristournes versées par l’État. Dans ce contexte, la digitalisation des processus apparaît comme une stratégie essentielle pour optimiser les ressources disponibles.
Au-delà des aspects techniques, le projet ambitionne de redéfinir la relation entre la municipalité et les contribuables. En apportant plus de clarté, de prévisibilité et de simplicité dans les démarches fiscales, la mairie de Libreville souhaite renforcer la confiance des opérateurs économiques, améliorer la mobilisation des recettes et réduire les tensions générées par une fiscalité locale trop opaque.
Selon les autorités, si les résultats du pilote s’avèrent positifs, le projet pourra être étendu à d’autres communes. Dans un contexte de décentralisation progressive et de recherche d’autonomie financière des collectivités locales, cette expérimentation pourrait enclencher une véritable réforme structurelle de la gestion des ressources locales au Gabon.
Samira Njoya
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Sur le continent africain, l’absence d’un adressage numérique fiable freine l’accès aux services essentiels et au développement économique. Plusieurs pays multiplient les initiatives pour cartographier leurs territoires et bâtir une gouvernance plus connectée et inclusive.
Dans de nombreux pays africains, l’attribution d’adresses numériques précises et standardisées aux habitations, entreprises et infrastructures reste un défi structurel, alors même que l’économie numérique et les services en ligne se développent rapidement. Cette absence de systèmes d’adressage cohérents freine l’accès à des services essentiels tels que la livraison de colis, les soins de santé, la gestion des urgences et les démarches administratives.
Plusieurs pays souffrent d’un manque d’adresses officielles, ce qui constitue un obstacle de taille à l’inclusion sociale et économique. Dans de nombreuses zones rurales, mais aussi dans des quartiers urbains en pleine expansion, les habitants vivent souvent sans adresses formelles, ce qui complique considérablement la logistique, la planification territoriale et la prestation de services de base.
Conscients de ces enjeux, plusieurs États africains ont engagé des réformes ambitieuses pour se doter de systèmes d’adressage numérique fiables. Le Nigeria, par exemple, a lancé un vaste programme national pour moderniser son système d’adresses en s’appuyant sur les technologies GPS, les applications mobiles et les bases de données numériques centralisées. Cette dynamique permet de faciliter l’identification des lieux, d’améliorer la prestation des services publics et de soutenir la croissance de l’économie numérique.
D’autres pays comme le Kenya, l’Afrique du Sud, le Rwanda ou encore le Sénégal suivent la même voie, multipliant les partenariats entre acteurs publics et privés pour numériser leur territoire. Au Cameroun et en Guinée, les autorités collaborent avec la start-up FindMe pour déployer des solutions d’adressage numérique dans certaines zones pilotes, dans une perspective de modernisation des services postaux et d’amélioration de la connectivité territoriale.
Cette mobilisation croissante s’inscrit dans un cadre international plus large. En 2009, l’Union postale universelle (UPU) a adopté une résolution invitant tous ses pays membres à mettre en place un système d’adressage national. Cet appel a servi de catalyseur pour plusieurs pays africains, qui voient désormais l’adressage numérique comme un levier essentiel pour accompagner leur transition numérique et renforcer l’efficacité des politiques publiques.
La généralisation de l’adressage numérique sur le continent pourrait transformer profondément les économies africaines. En offrant une visibilité géographique plus fine, ces systèmes facilitent l’émergence de services innovants dans le e-commerce, la fintech, la mobilité ou encore la santé.
Dans le domaine du commerce en ligne par exemple, la fiabilité des adresses est un facteur clé de succès. Or, le marché africain du e-commerce connaît une croissance rapide, avec des projections estimant un chiffre d’affaires dépassant les 45 milliards de dollars d’ici 2028, selon un rapport publié par la fintech lituanienne Nikulipe. L’absence d’adresses précises ralentit cette dynamique, en rendant les livraisons plus complexes, plus coûteuses et moins fiables.
Un outil pour renforcer la gouvernance et l’inclusion
Au-delà de la sphère économique, l’adressage numérique constitue un pilier pour une gouvernance territoriale plus efficace. Les municipalités peuvent planifier avec plus de précision les infrastructures, assurer la gestion des services publics (collecte des déchets, recensement, secours d’urgence), et renforcer leur capacité d’intervention face aux crises sanitaires ou environnementales.
Cette structuration spatiale améliore aussi l’accès des citoyens aux services sociaux et financiers. Une adresse formelle peut faciliter l’ouverture d’un compte bancaire, l’enregistrement d’une entreprise ou la réception d’aides publiques, contribuant ainsi à une inclusion sociale et économique plus large.
En modernisant les systèmes d’adressage, les pays africains posent les fondations d’une transformation numérique durable. L’enjeu dépasse la simple localisation. Il s’agit d’un outil stratégique pour organiser le territoire, structurer les services et accompagner la transition vers une économie numérique inclusive.
L’adressage numérique, à travers ses multiples retombées, représente donc bien plus qu’un projet technique. C’est une étape-clé vers une Afrique mieux gouvernée, plus intégrée, et résolument tournée vers l’avenir.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Alors que la transformation numérique s’accélère au Tchad, la formation des cadres publics devient un enjeu stratégique pour accompagner la modernisation de l’administration et garantir des services efficaces et adaptés aux citoyens.
L’Agence de développement des technologies de l’information et de la communication (ADETIC) du Tchad a conclu un partenariat avec l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE), un centre privé de formation basé à Ouagadougou, au Burkina Faso. L’initiative vise à former les ressources humaines tchadiennes aux métiers du numérique et aux technologies avancées et émergentes.
L’accord-cadre repose sur trois axes principaux, à savoir : la formation de cadres tchadiens dans les domaines de l’intelligence artificielle et des technologies émergentes ; l’accueil de stagiaires burkinabè au sein de l’ADETIC ; et le développement de projets conjoints de recherche appliquée axés sur la gouvernance numérique, l’innovation locale et le développement durable. Un protocole de collaboration distinct a également été signé entre l’École nationale supérieure des TIC (ENASTIC) du Tchad et 2iE, ouvrant la voie à des échanges académiques et à la co-construction de programmes.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la visite officielle du ministre tchadien des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration, Boukar Michel, à Ouagadougou. L’accord traduit une volonté de construire un capital humain apte à accompagner la modernisation de l’administration et à répondre aux exigences de l’économie numérique. En s’alliant à 2iE, le Tchad entend accélérer la professionnalisation de ses talents, souvent limitée par l’insuffisance d’infrastructures de formation spécialisée sur le territoire national.
Ce rapprochement intervient alors que de nombreux pays africains s’engagent dans des politiques de digitalisation des services publics. La réussite de ces réformes dépend en grande partie de la disponibilité de compétences techniques locales. Investir dans la formation de cadres qualifiés devient ainsi un enjeu stratégique pour des États comme le Tchad, confrontés à la fois à un déficit de ressources humaines spécialisées et à des besoins croissants en matière d’administration électronique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte où les financements destinés aux start-up africaines peinent à retrouver leur niveau d’avant-crise, la société sud-africaine HAVAÍC poursuit ses investissements en capital-risque pour dynamiser l’innovation technologique sur le continent.
La société sud-africaine de capital-risque HAVAÍC a annoncé le mardi 29 juillet la deuxième clôture de son Fonds africain d’innovation, qui atteint désormais 50 millions $. Cette nouvelle phase a permis de lever 25 millions $ supplémentaires, apportés par Sanlam Multi-Manager ainsi que par des investisseurs déjà engagés tels que Fireball Capital et le SA SME Fund.
« Ces soutiens témoignent de notre capacité à générer des rendements attractifs tout en créant un impact social et économique tangible. Ensemble, nous pouvons continuer à faire grandir le capital-risque africain et soutenir l’écosystème technologique du continent », a déclaré Ian Lessem (photo, à gauche), associé directeur à HAVAÍC.
Lancé en août 2024, ce troisième fonds cible des start-up africaines post-revenus, combinant fort potentiel de croissance et impact mesurable. Il a récemment investi 1 million USD dans SAPay, une fintech sud-africaine qui dématérialise les paiements dans le secteur des taxis minibus, et renforcé sa participation dans Sportable, une jeune pousse développant des technologies de tracking sportif en temps réel.
Un rebond du capital-risque africain qui reste fragile
L’année 2023 a marqué un coup d’arrêt brutal dans le financement des start-up africaines, avec un recul de 36 % selon Africa: The Big Deal, et moins de 3,2 milliards USD levés au total, contre plus de 6 milliards USD en 2022. En 2024, les montants levés restaient encore modestes, avec 2,2 milliards USD, selon les mêmes sources.
Avec un portefeuille de 22 start-up actives dans 183 pays, et six sorties notables dont la vente de RapidDeploy à Motorola Solutions en février 2025 et la fusion entre hearX et la société américaine Eargo, HAVAÍC affiche une stratégie centrée sur la structuration de champions technologiques africains à portée globale.
Au-delà de l’accès au financement, les fonds levés par HAVAÍC devraient contribuer à consolider l’écosystème tech africain, en soutenant la scalabilité des entreprises innovantes dans des secteurs clés notamment fintech, agritech, healthtech ou edtech. Pour les investisseurs institutionnels comme Sanlam, cette incursion vise à capter le potentiel de long terme d’un marché en construction, en s’appuyant sur des partenaires locaux expérimentés.
Le défi reste toutefois immense. Selon l’African Private Capital Association (ex-AVCA), le continent ne capte encore qu’une fraction du capital-risque mondial (moins de 1 %). Des initiatives comme le Fonds II de HAVAÍC constituent donc autant de leviers pour attirer des capitaux locaux et internationaux vers les entreprises les plus prometteuses du continent.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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En scellant un partenariat avec Alibaba Cloud, le Sénégal entend ériger les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 en levier d’accélération de sa transformation numérique, alliant souveraineté technologique, innovation locale et formation de talents.
Le gouvernement sénégalais a annoncé, le lundi 28 juillet, la signature d’un protocole d’accord à Hangzhou avec le chinois Alibaba Cloud. L’initiative vise à doter les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) prévus à Dakar en 2026 d’une infrastructure cloud sécurisée, performante et souveraine, tout en posant les bases d’un écosystème numérique pérenne au Sénégal.
« C’est la première fois que la technologie Cloud de classe mondiale va accompagner un événement olympique en Afrique. À travers notre infrastructure Cloud éprouvée et nos capacités en matière d’intelligence artificielle, notre ambition est de délivrer une expérience digitale efficiente, sécurisée et innovante pour les athlètes, les organisateurs et les spectateurs en général », a affirmé Selina Yuan (photo, au centre), vice-présidente du groupe Alibaba et présidente d'Alibaba Cloud Intelligence International.
Selon les termes de l’accord, un investissement initial de 5 millions USD sera mobilisé pour le déploiement de la solution hybride Apsara Stack d’Alibaba Cloud. Celle-ci permettra l’hébergement local des données dans le respect des normes internationales. Le partenariat prévoit également la formation de 200 ingénieurs cloud, la création d’un centre d’excellence technologique, ainsi que la mise en œuvre de services numériques pour les JOJ, incluant la billetterie, le e-transport et la diffusion en direct. Après l’événement, l’infrastructure devrait évoluer vers un cloud public national destiné à soutenir les services publics et le secteur privé.
Ce partenariat s’inscrit dans la dynamique enclenchée par la visite officielle du Premier ministre Ousmane Sonko en Chine en juin 2025. Il s’intègre pleinement au « New Deal Technologique », la stratégie nationale qui vise à renforcer la souveraineté numérique du Sénégal en misant sur l’innovation, l’infrastructure locale et la formation. L’accord marque aussi une nouvelle étape dans le renforcement des liens technologiques entre Dakar et Pékin.
Avec cette initiative, les autorités sénégalaises ambitionnent non seulement d’ériger les JOJ en tremplin technologique, mais aussi de consolider leur stratégie de souveraineté numérique. La montée en compétence locale, à travers la formation de 1000 jeunes via Alibaba Cloud Academy, et le développement d’une infrastructure solide devraient permettre au Sénégal d’accélérer sa transformation numérique tout en stimulant l’innovation et l’emploi qualifié.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le gouvernement nigérian et Google poursuivent leur collaboration dans le cadre de la stratégie nationale pour le numérique. L’intelligence artificielle, la cybersécurité et l’éducation numérique figurent parmi les priorités mises en avant lors d’échanges récents.
L’Agence nationale pour le développement des technologies de l'information (NITDA) et la société technologique Google ont réaffirmé, vendredi 25 juillet, leur volonté commune de faire du Nigeria un acteur de premier plan dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) et de la cybersécurité en Afrique de l’Ouest. La déclaration a été faite à l’issue d’une série de réunions stratégiques tenues à Abuja entre le directeur général de la NITDA, Kashifu Inuwa, et Marcus Jadotte, vice-président des affaires gouvernementales et des politiques publiques (cloud) chez Google.
Les discussions ont porté sur les axes clés de la transformation numérique du pays notamment l'adoption de l’IA dans les services publics, la modernisation du système éducatif à travers des outils numériques, le renforcement de la cybersécurité nationale et la promotion de l’innovation locale. Google a réitéré son soutien aux priorités du gouvernement, notamment dans le déploiement d’infrastructures cloud et la réduction des coûts technologiques pour les institutions publiques.
Ces échanges interviennent alors que Google vient d’annoncer un investissement de 37 millions de dollars pour soutenir le développement de l’IA en Afrique. L’enveloppe servira à financer la recherche, la formation, les infrastructures et le développement de solutions IA adaptées aux besoins du continent. L’entreprise a également récemment inauguré un centre communautaire dédié à l’IA à Accra, au Ghana, marquant ainsi son ambition d’ancrer durablement son action en Afrique subsaharienne.
Le renforcement de la coopération entre le Nigeria et Google autour de l’intelligence artificielle s’inscrit dans un contexte où le pays accélère ses initiatives pour structurer un écosystème numérique robuste. Abuja mise notamment sur son programme « 3MTT » (Three Million Technical Talent) pour former des millions de jeunes aux compétences numériques de demain, y compris en IA. En soutenant ces efforts, Google pourrait non seulement accompagner la montée en compétences locales, mais aussi soutenir l’émergence de solutions locales capables de répondre aux défis économiques et sociaux du pays.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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