Face aux difficultés d’insertion professionnelle des jeunes, les autorités mauritaniennes cherchent à renforcer l’efficacité de leurs politiques d’emploi. La numérisation des services fait partie des leviers privilégiés pour simplifier l’accès aux opportunités.
La Mauritanie a lancé une nouvelle plateforme numérique appelée « Mourchid », destinée à faciliter l’accès des jeunes aux programmes publics d’emploi, de formation et d’accompagnement entrepreneurial. L’initiative a été présentée vendredi 26 juin par le ministre de l’Autonomisation des jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service civique, Mohamed Abdallahi Ould Louly.
Accessible en ligne 24 heures sur 24 et depuis tout appareil connecté, la plateforme vise à centraliser l’ensemble des dispositifs du ministère afin d’améliorer leur visibilité et de simplifier l’accès à l’information pour les bénéficiaires. Selon le ministre, « Mourchid » ne constitue pas seulement un portail administratif, mais un outil d’orientation destiné à accompagner les jeunes dans la construction de leurs parcours professionnels et sociaux. Il s’inscrit dans la vision des autorités mauritaniennes qui placent la jeunesse au cœur des priorités de développement national.
Concrètement, la plateforme regroupe les informations relatives aux programmes de financement, aux opportunités de formation et d’emploi, ainsi qu’à plusieurs initiatives ciblées, notamment les dispositifs de soutien aux jeunes talents, les concours de création de contenu et les programmes d’accès à la fonction publique.
Une réponse à un défi structurel d’emploi
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par des difficultés persistantes d’insertion professionnelle des jeunes. En Mauritanie, le taux de chômage des 15-24 ans est estimé à 22,9 % en 2025, selon les données compilées par la Banque mondiale sur la base des modèles de l’OIT. À titre de comparaison, le taux de chômage global est estimé à 14,7 %, illustrant un déséquilibre structurel touchant particulièrement les jeunes actifs. Dans ce contexte, les autorités misent de plus en plus sur la digitalisation des politiques publiques de l’emploi afin d’améliorer la circulation de l’information, de réduire les barrières administratives et de renforcer l’efficacité des dispositifs existants.
Un outil d’inclusion et de centralisation des opportunités
La plateforme « Mourchid » s’adresse à l’ensemble des catégories de jeunes, qu’il s’agisse d’étudiants en quête de formation, de jeunes diplômés à la recherche d’un premier emploi, de porteurs de projets en zones rurales ou encore de jeunes engagés dans des activités créatives ou de volontariat. Les autorités présentent ce dispositif comme un outil de centralisation des opportunités, visant à réduire la fragmentation des programmes publics et à en améliorer l’accessibilité. La plateforme devrait être progressivement enrichie de nouveaux services afin de devenir un point d’entrée unique pour l’ensemble des dispositifs destinés à la jeunesse mauritanienne.
Samira Njoya
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La transformation numérique en Afrique et dans le monde ouvre un large éventail d’opportunités d’emploi pour les jeunes du continent. Cependant, il est nécessaire de disposer des capacités adéquates pour en tirer pleinement profit.
Les autorités libériennes envisagent de créer 15 centres de compétences numériques à travers le pays. L’initiative vise à doter les jeunes Libériens des compétences numériques, des outils et des opportunités nécessaires pour réussir dans un monde de plus en plus axé sur les technologies.
Un protocole d’accord a été signé à cet effet le jeudi 25 juin entre l’Autorité des télécommunications du Liberia (LTA) et le ministère de la Jeunesse et des Sports. Dans le cadre de ce partenariat, le régulateur fournira à chaque centre des ordinateurs, des imprimantes, une connexion Internet haut débit via Starlink, ainsi qu’un abonnement Internet d’un an. L’Autorité financera également intégralement un programme de formation aux compétences numériques d’une durée de trois mois, dont environ 750 jeunes devraient bénéficier dans tout le pays.
La signature de ce protocole d’accord intervient quelques semaines après l’organisation d’une formation destinée aux créateurs de contenus sur les mécanismes de monétisation des plateformes Meta et TikTok. Le programme s’adressait à 150 participants, parmi lesquels des humoristes, des conteurs, des créateurs de défis, des producteurs de vidéos de réaction et, plus largement, des créateurs de contenus spécialisés dans le divertissement.
Ces efforts s’inscrivent dans un contexte où de nombreux gouvernements africains considèrent le numérique comme un levier pour lutter contre le chômage des jeunes. Avec la généralisation des technologies de l’information et de la communication (TIC), le marché du travail évolue rapidement. Selon la Banque mondiale, quelque 230 millions d’emplois en Afrique nécessiteront des compétences numériques d’ici à 2030.
Selon le « Country Focus Report 2025 » de la Banque africaine de développement (BAD), le taux d’activité au Liberia est estimé à 59 %, avec un taux de chômage officiel de 3,5 %. L’institution souligne toutefois que ces chiffres masquent des niveaux élevés de sous‑emploi et d’emploi informel, particulièrement chez les jeunes et les femmes. Dans ce contexte, les 15 à 35 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation, sont davantage exposés à l’exclusion sociale, à la consommation de substances et à des perspectives économiques limitées.
« Le manque d’accès à des formations professionnelles adaptées et à des opportunités d’emploi pour les jeunes limite la capacité du Liberia à tirer pleinement parti du potentiel de sa population jeune. Sans interventions ciblées, ces défis risquent de perpétuer les cycles de pauvreté et de fragilité sociale, freinant ainsi les objectifs de développement national », souligne la BAD.
Isaac K. Kassouwi
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Les besoins en compétences numériques devraient exploser en Afrique au cours des prochaines années, portés par la transformation numérique des économies et des administrations. Selon la SFI, plus de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et la Banque africaine de développement (BAD) ont conclu, le mercredi 24 juin, un accord de partenariat destiné à soutenir la formation numérique et l’entrepreneuriat dans plusieurs pays africains. Signé à l’issue d’une rencontre entre la Secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo (photo, à droite), et le président de la BAD, Sidi Ould Tah (photo, à gauche), cet accord cible en priorité les jeunes et les femmes, considérés comme des acteurs clés de la transformation numérique du continent.
L’OIF et la Banque africaine de développement ont conclu ce jour un partenariat stratégique visant à renforcer les compétences numériques, l’employabilité et l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes au Bénin, au Cameroun, en Guinée, à Madagascar et en République démocratique du… pic.twitter.com/R3Zgg7p5e0
— La Francophonie (@OIFrancophonie) June 24, 2026
Cette coopération sera déployée dans une première phase au Bénin, au Cameroun, en Guinée, à Madagascar et en République démocratique du Congo. Elle répond à un défi partagé par de nombreux pays francophones : offrir à une population jeune, souvent confrontée au chômage ou au sous-emploi, la possibilité de saisir les opportunités créées par le développement rapide des technologies numériques.
Le programme prévoit des formations dans plusieurs domaines à forte demande, notamment le développement web et mobile, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’analyse de données. Les bénéficiaires auront également accès à des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi, l’auto-emploi et la création d’entreprise. Des camps de formation, des ateliers de prototypage ainsi que des collaborations avec des incubateurs et accélérateurs d’entreprises sont également prévus afin de favoriser l’émergence de projets innovants.
Une attention particulière sera accordée aux initiatives portées par les femmes et les jeunes entrepreneurs. Les deux institutions entendent ainsi contribuer à réduire les inégalités d’accès aux compétences numériques et aux opportunités économiques dans les pays concernés.
L’initiative s’appuie sur l’expérience acquise par l’OIF à travers ses différents programmes dédiés à la jeunesse. L’organisation indique avoir déjà accompagné près de 19 000 jeunes dans les domaines du numérique, de l’employabilité et de l’entrepreneuriat au sein de l’espace francophone, notamment grâce au programme D-CLIC.
Au-delà des formations, l’OIF et la BAD travailleront avec les gouvernements, les établissements de formation et les acteurs locaux afin de renforcer durablement les capacités nationales. L’objectif est de favoriser une appropriation locale des programmes et de garantir leur pérennité à long terme. La phase pilote du projet s’étendra sur une période comprise entre 12 et 24 mois dans les cinq pays retenus. Une extension à d’autres États membres de la Francophonie pourrait ensuite être envisagée en fonction des résultats obtenus.
Pour l’OIF, ce partenariat marque également une nouvelle étape dans sa stratégie de mobilisation de financements et de partenariats destinés à élargir l’impact de ses programmes. À travers cette coopération avec la BAD, l’organisation entend accélérer le développement de projets à forte valeur ajoutée dans les domaines de l’emploi, de l’entrepreneuriat et de la transformation numérique au bénéfice de la jeunesse francophone.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Avec sa plateforme, il déploie un modèle de coaching en ligne axé sur l’intelligence émotionnelle et le leadership pour structurer le quotidien des jeunes du monde arabe.
Mahmoud Hussein (photo) est un entrepreneur technologique égyptien. Il est le fondateur et directeur général de Farid Academy, une plateforme éducative innovante dédiée au développement personnel et émotionnel des enfants et adolescents du monde arabe, âgés de 3 à 18 ans.
Fondée en 2024, Farid Academy se distingue par ses séances individuelles en ligne. Ces sessions sont animées par des formateurs certifiés, rigoureusement sélectionnés en fonction de l’âge, des besoins spécifiques et du profil de chaque jeune apprenant. Les familles bénéficient ainsi d’un accompagnement sur mesure, incluant des programmes adaptés à leurs objectifs, des cours interactifs et des rapports de suivi réguliers.
Le contenu pédagogique de la plateforme repose sur une approche globale et complémentaire. Les programmes sont conçus pour stimuler la confiance en soi, le leadership positif, la créativité et l’esprit critique. Ils favorisent également l’assimilation de valeurs éthiques, le sens du respect et l’ouverture culturelle. À travers ce projet, l’ambition est d’armer les enfants de compétences concrètes pour leur quotidien, tout en les guidant vers des décisions responsables et des interactions constructives avec leur entourage.
Pour enrichir ces parcours individuels, la plateforme propose régulièrement des ateliers thématiques. Ces sessions abordent des sujets cruciaux comme l’intelligence émotionnelle, la sécurité personnelle, les clés de la réussite ou encore l’usage responsable du numérique. De plus, Farid Academy intègre les parents à cette dynamique en leur offrant des formations dédiées pour optimiser l’accompagnement de leurs enfants au sein du foyer.
Diplômé de la Minia University en Égypte, Mahmoud Hussein est également le directeur général de Bareeq Arabia. Fondée en 2018, l’entreprise propose un écosystème de technologie éducative axé sur la langue arabe qui met en place l’infrastructure numérique nécessaire à l’avenir de l’apprentissage dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.
Melchior Koba
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Face aux difficultés de nombreux étudiants à maintenir des habitudes d’étude régulières, un jeune entrepreneur nigérian mise sur l’intelligence artificielle et la gamification pour améliorer leur engagement.
StudyCrew est une plateforme edtech développée par une jeune pousse nigériane. Elle a été conçue pour rendre l’expérience d’apprentissage plus interactive et collaborative.
Fondée en 2025 par Josiah Dhev (photo), StudyCrew combine plusieurs outils visant à organiser le travail académique, suivre les progrès et faciliter la collaboration entre étudiants : suivi des sessions d’étude, gestion des tâches et des emplois du temps, création de groupes de travail virtuels.
« Au départ, il s’agissait d’une idée personnelle visant à résoudre les problèmes de motivation et de régularité dans l’apprentissage des étudiants. Depuis, ce projet s’est transformé en un produit structuré, actuellement en cours de développement, avec une petite équipe fondatrice qui se concentre sur le produit, la croissance et la communauté », a déclaré Josiah Dhev.
La plateforme intègre des tuteurs alimentés par l’intelligence artificielle, capables de fournir des explications, de répondre aux questions des étudiants ou de générer des résumés à partir de notes de cours. Elle propose par ailleurs des outils de planification et des fonctionnalités de mise en relation entre étudiants partageant les mêmes objectifs académiques.
L’un des principaux axes différenciants de la solution réside dans son recours à la gamification. Les utilisateurs peuvent accumuler des points, maintenir des séries d’étude « streaks », débloquer des récompenses virtuelles et se mesurer à d’autres membres via des classements. L’objectif est d’encourager la régularité et de réduire le décrochage souvent observé sur les plateformes d’apprentissage numériques.
Autofinancée, la start-up revendique plus de 200 utilisateurs au Nigeria, mais aussi en Inde et au Royaume-Uni, et travaille à l’intégration d’universités et de lycées à son offre. Josiah Dhev mise d’abord sur le marché étudiant nigérian comme base de test, avant d’envisager une expansion vers d’autres pays africains.
Adoni Conrad Quenum
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Le pays intensifie ses efforts en faveur de la montée en compétences numériques à l’échelle nationale. Un programme de formation destiné aux enfants a par exemple été lancé en octobre 2025.
Les autorités marocaines prévoient l’ouverture d’un nouveau campus YouCode à Errachidia, dans la région de Drâa‑Tafilalet. L’initiative vise à renforcer l’accès des jeunes aux compétences numériques et à élargir l’offre de formation aux métiers du codage dans les régions moins centralisées du pays.
Le projet a été officialisé à travers une convention signée entre plusieurs acteurs publics et associatifs, en marge de la première édition du « Rally IA Future Lab » tenue du mercredi 17 au vendredi 19 juin. Il associe notamment le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, le ministère de l’Économie et des Finances, les autorités régionales de Drâa‑Tafilalet ainsi que l’association LEET INITIATIVE.
Le futur campus proposera une formation intensive de deux ans en programmation et technologies numériques, avec environ 50 apprenants par promotion, soit près de 100 jeunes formés chaque année. Le programme cible en priorité les jeunes de la région, y compris ceux en situation de décrochage scolaire disposant de compétences ou d’un potentiel dans le numérique.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie « Digital Morocco 2030 », notamment dans son axe consacré au développement des talents numériques. Le gouvernement ambitionne d’assurer la disponibilité de compétences adaptées aux besoins du marché du travail, dans un contexte de transformation accélérée de l’économie.
Dans ce cadre, le Maroc s’est fixé plusieurs objectifs à l’horizon 2026 et 2030, dont la formation de 20 000 talents numériques par an à partir de 2026, puis 45 000 à l’horizon 2030. Le pays prévoit également la reconversion de 26 000 personnes par an aux métiers du digital dès 2026, puis 50 000 par an à partir de 2030.
Pour atteindre ces objectifs, les autorités misent entre autres sur le déploiement de bootcamps, l’adaptation de la formation professionnelle aux besoins du marché de l’emploi, le soutien à la création d’écoles de codage dans les différentes régions du Royaume, ainsi que le développement de dispositifs de certification des compétences numériques.
Ces efforts interviennent dans un contexte où la transformation numérique redéfinit progressivement le marché du travail. Selon la Banque mondiale, environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne devraient nécessiter des compétences numériques d’ici 2030.
Au Maroc, la question de l’emploi des jeunes reste un défi structurel. Selon le Haut‑Commissariat au Plan (HCP), le taux de chômage national s’est établi à 13 % en 2025, contre 13,3 % un an plus tôt. Cette moyenne masque toutefois de fortes disparités, notamment chez les jeunes de 15 à 24 ans, où le chômage atteint 37,2 %. La même source indique que 19,1 % des jeunes diplômés sont sans emploi, tandis que le sous‑emploi touche 10,9 % de cette catégorie.
Isaac K. Kassouwi
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Il transpose l’écosystème scolaire dans le cloud. En basant son école virtuelle sur les programmes officiels ouest‑africains, il propose un modèle d’apprentissage individualisé visant à s’affranchir des contraintes géographiques.
Richard Duodu (photo) est un entrepreneur éducatif ghanéen. Il est le fondateur et le responsable principal de la recherche en intelligence artificielle de Metaschool AI, une école secondaire virtuelle qui veut rendre l’éducation accessible à tous.
Fondée en 2020, Metaschool AI s’attaque notamment au manque d’enseignants, à la surcharge des salles de classe, à l’insuffisance des ressources pédagogiques et aux interruptions fréquentes du parcours scolaire. La plateforme cherche ainsi à maintenir les élèves engagés dans leurs études tout au long de l’année, même lorsqu’ils sont éloignés de l’école.
L’établissement propose un environnement scolaire entièrement numérique. Les élèves suivent des cours interactifs, réalisent des exercices, passent des évaluations et bénéficient d’un suivi continu de leurs progrès. Chaque parcours est adapté au rythme d’apprentissage de l’élève afin de l’aider à renforcer ses acquis et à progresser dans les matières où il rencontre des difficultés.
Contrairement à une simple plateforme de cours en ligne, Metaschool AI met également l’accent sur l’accompagnement humain. Des enseignants, mentors et conseillers interviennent régulièrement pour animer des séances en direct, répondre aux questions des apprenants et les aider à préparer leurs examens. Cette combinaison entre soutien humain et outils numériques vise à offrir un encadrement plus complet aux élèves.
La plateforme couvre plusieurs programmes scolaires et examens reconnus en Afrique de l’Ouest ainsi qu’à l’international. Les apprenants ont accès à des cours conformes aux programmes officiels, à des exercices pratiques, à des questions d’examens antérieurs et à des évaluations destinées à mesurer leur niveau de préparation.
Cette fibre entrepreneuriale et technologique ne date pas d’aujourd’hui pour Richard Duodu. En 2018, il s’était illustré en fondant Finance Mobile, une start‑up bancaire entièrement numérique et dépourvue d’agences physiques, dédiée à la fourniture d’outils financiers fiables pour les entreprises.
Titulaire d’un Bachelor of Applied Arts and Sciences obtenu à l’Université de Pennsylvanie aux États‑Unis, il a fait ses armes entre 2014 et 2017 au sein de la start‑up ghanéenne d’apprentissage en ligne du codage Nieltin. Il y a successivement travaillé comme responsable des opérations puis directeur général.
Melchior Koba
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L'accès aux talents est un facteur clé dans le développement de l'économie digitale. Forte de l'un des plus importants viviers de diplômés d'Afrique, l'Égypte multiplie les initiatives pour former une nouvelle génération de spécialistes capables d'accompagner ses ambitions numériques.
L’Agence égyptienne de développement de l’industrie des technologies de l’information (ITIDA) a annoncé, le jeudi 4 juin, le lancement de la plus importante édition de son programme estival de formation aux compétences numériques. Cette année, l’initiative ambitionne de former 10 000 étudiants universitaires aux métiers technologiques les plus recherchés sur le marché, dans un contexte de forte demande mondiale en talents numériques.
Mis en œuvre en partenariat avec l’Institut national des télécommunications (NTI), le programme est ouvert aux étudiants issus de filières techniques et non techniques. Les formations portent notamment sur l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le développement logiciel, la science des données, le cloud computing, le marketing numérique, l’électronique et le design numérique. Au-delà des enseignements théoriques, les participants bénéficieront de projets pratiques et de modules dédiés aux compétences professionnelles, afin de faciliter leur insertion sur le marché du travail.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie égyptienne pour consolider sa position parmi les principaux pôles régionaux de services numériques et d’externalisation. Grâce à un important vivier de diplômés au sein d'une population de plus de 110 millions d’habitants, et une position géographique à la croisée de l’Europe, de l’Afrique et du Moyen-Orient, le pays attire un nombre croissant d’entreprises internationales spécialisées dans les technologies, les centres de services et l’externalisation des processus métiers.
Le programme survient aussi dans un contexte ou l’Égypte cherche à renforcer les compétences de sa main-d’œuvre dans le numérique. Les autorités ambitionnent de former environ 800 000 personnes aux technologies de l’information et de la communication (TIC) en 2026 à travers différents dispositifs publics. Le pays délivre par ailleurs près de 750 000 diplômes universitaires chaque année, dont une part importante dans les filières scientifiques, technologiques et d’ingénierie, constituant ainsi l’un des plus grands réservoirs de talents de la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique).
Cette montée en compétences accompagne les ambitions économiques du secteur égyptien du numérique. Le ministère des Communications et des Technologies de l’information vise à porter les exportations de services d’externalisation à 6 milliards USD en 2026, contre environ 5,2 milliards USD en 2025. Sur un marché mondial marqué par une pénurie persistante de profils qualifiés dans l’IA, la cybersécurité ou encore l’ingénierie logicielle, Le Caire cherche à transformer son avantage démographique en levier de croissance et à renforcer son attractivité auprès des multinationales en quête de talents numériques.
Samira Njoya
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Face à la montée en puissance des besoins numériques dans les administrations et les entreprises, le Gabon mise sur la formation de profils spécialisés pour limiter sa dépendance aux expertises étrangères.
L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) et l’Institut national de la poste, des technologies de l’information et de la communication (INPTIC) ont signé, le lundi 1er juin à Libreville, une « convention de subvention » de 5 milliards FCFA (8,9 millions $) destinée à moderniser la formation aux métiers du numérique. L’accord a été conclu en présence du ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark Alexandre Doumba, et du ministre de l’Enseignement supérieur, Charles Edgar Mombo.
Prévu pour une durée de deux ans renouvelables, le partenariat prévoit de réhabiliter les infrastructures pédagogiques de l’établissement, d’acquérir de nouveaux équipements technologiques et de développer des laboratoires spécialisés. Les fonds serviront également à ouvrir ou consolider plusieurs filières dans des domaines jugés stratégiques tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la data, le cloud computing, les réseaux et télécommunications ou encore l’entrepreneuriat numérique.
À travers ce projet, les autorités souhaitent aligner l’offre de formation sur les besoins économiques. Selon les responsables, l’accord prévoit une refonte des mécanismes de pilotage de l’INPTIC ainsi qu’un accès aux données et aux analyses sectorielles de l’ARCEP afin d’anticiper l’évolution des métiers et des compétences recherchées par les entreprises.
Cet investissement s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de digitalisation et plus particulièrement de son volet consacré au développement du capital humain. Les autorités considèrent désormais la disponibilité de compétences locales comme une condition essentielle pour accompagner la transformation numérique de l’administration, des entreprises et des services publics.
Le défi est d’autant plus important que les besoins en experts du numérique progressent rapidement à travers l’Afrique. Selon la Société financière internationale (IFC), près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Les profils spécialisés en cybersécurité, intelligence artificielle, gestion des données ou cloud computing figurent parmi les plus recherchés par les organisations publiques et privées.
En renforçant les capacités de l’INPTIC, Libreville ambitionne de réduire sa dépendance aux expertises extérieures et de positionner l’établissement comme un pôle régional de référence pour la formation aux métiers du numérique en Afrique centrale.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Entre ambitions de souveraineté numérique et besoin urgent de compétences, la Côte d’Ivoire place l’IA au cœur de sa stratégie de développement. Le pays entend accélérer la formation de talents et structurer un écosystème technologique capable d’accompagner sa transformation économique.
La Côte d’Ivoire prévoit de créer une université publique dédiée à l’intelligence artificielle (IA) dans le cadre de son Plan national de développement (PND) 2026‑2030, présenté récemment par le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba (photo). L’initiative vise à aligner le système éducatif sur les besoins d’une économie de plus en plus fondée sur la donnée, l’automatisation et les technologies émergentes.
Cette future université s’intègre à un programme plus large de renforcement de l’enseignement supérieur. Les autorités ivoiriennes prévoient en effet la construction de nouveaux établissements à Abengourou, Daoukro et Dabou, ainsi que la création de plusieurs instituts universitaires de technologie. L’objectif est double : accroître les capacités d’accueil et orienter davantage les formations vers les secteurs jugés prioritaires pour la croissance, notamment le numérique, l’agro‑industrie, les mines, la santé et les services.
Au‑delà de l’expansion du système universitaire, cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’intelligence artificielle à l’horizon 2030. Ce cadre, lancé par les autorités l’année dernière, ambitionne de positionner l’IA comme un levier de souveraineté numérique et de compétitivité économique. Il prévoit notamment la création de centres d’excellence dédiés à l’IA au sein des universités et institutions techniques, chargés de la formation avancée, de la recherche appliquée et de l’innovation.
Les curricula envisagés couvriront plusieurs domaines clés, dont la science des données, l’apprentissage automatique, le traitement du langage naturel, la vision par ordinateur et les systèmes intelligents. L’enjeu est de structurer une offre de compétences adaptée aux besoins du marché, dans un contexte où la demande en profils spécialisés reste largement supérieure à l’offre disponible.
Le PND 2026‑2030, doté d’un budget de plus de 114 800 milliards de francs CFA (environ 204 milliards USD), prévoit également des investissements majeurs dans les infrastructures numériques. Ceux‑ci portent notamment sur l’extension de la fibre optique, le développement de centres de données et le déploiement de solutions technologiques résilientes, en parallèle à la numérisation progressive de l’administration publique.
Dans ce dispositif, l’université dédiée à l’intelligence artificielle apparaît comme un maillon structurant d’un écosystème en construction. Elle devrait contribuer à rapprocher davantage la formation académique du secteur productif, tout en renforçant les capacités de recherche et l’émergence de solutions technologiques locales.
Samira Njoya
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