En conjuguant intelligence artificielle et pédagogie, elle veut transformer la relation des apprenants à la langue anglaise. Son projet promet de lever un frein majeur à la maîtrise des langues.
Miranda Anya (photo) est une entrepreneure technologique camerounaise. Elle est cofondatrice et directrice générale de Pikelo, une application conçue pour favoriser un apprentissage plus efficace de l’anglais oral.
Fondée en 2024, Pikelo s’adresse à celles et ceux qui souhaitent progresser en anglais mais rencontrent des obstacles fréquents : manque de partenaires de conversation, peur de se tromper, emploi du temps chargé, ou encore un manque de confiance à l’oral. L’application offre un accompagnement continu afin de rompre l’isolement face à ces difficultés, en proposant un environnement d’échange simple, flexible et accessible à tout moment.
Au cœur du dispositif se trouve un coach virtuel disponible 24 h/24 et 7 j/7, qui permet de pratiquer l’anglais autant que nécessaire, comme avec un interlocuteur humain. Cette pratique régulière vise à ancrer la langue dans le quotidien et à rendre la conversation fluide et naturelle, sans contrainte de lieu ni d’horaire.
Pikelo valorise un apprentissage sans crainte de l’erreur. Le coach corrige instantanément les fautes et oriente l’utilisateur étape par étape, favorisant une progression continue dans un climat bienveillant qui encourage la prise de parole.
Miranda Anya est diplômée de l’université de Buea, au Cameroun, où elle a obtenu en 2015 une licence en ingénierie informatique. Elle est également titulaire d’un master en intelligence artificielle, obtenu en 2024 à la Nexford University, aux États-Unis.
Elle commence sa carrière professionnelle en 2018 chez Primeway Technologies à Dubaï, en tant qu’ingénieure commerciale informatique. L’année suivante, elle rejoint World Attachments, une entreprise émiratie spécialisée dans les équipements lourds pour la construction, où elle devient responsable du développement commercial. Entre 2020 et 2023, elle travaille avec Smartminds Studio, une agence camerounaise de marketing numérique, en tant que designer UI/UX. Parallèlement, elle a occupé le même poste en 2021 chez Peers Exchange Cameroon Agency.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Alors que la transformation numérique s’accélère en Afrique, Madagascar renforce ses efforts pour former sa jeunesse. Selon la Banque mondiale, près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.
Le Centre National de Télé-enseignement et de l’Enseignement à Distance (CNTEMAD) devient une Université Virtuelle Publique. Le projet a été lancé officiellement le 20 février à Antananarivo. Soutenue par la Banque mondiale via le programme DECIM, l’initiative vise à élargir l’accès à l’enseignement supérieur grâce au numérique et à renforcer les compétences du capital humain malgache.
La nouvelle université numérique repose sur une plateforme développée en partenariat avec SAYNA, permettant de gérer tout le parcours étudiant à distance, de l’inscription aux examens jusqu’aux soutenances. L’objectif est de répondre à une demande croissante de formation universitaire, particulièrement dans les zones reculées, tout en réduisant les coûts logistiques et en modernisant les pratiques pédagogiques. Le financement alloué à ce projet s’élève à 3 millions de dollars, et l’UVP ambitionne d’accueillir jusqu’à 49 000 apprenants par an d’ici 2029, avec 10 000 diplômés supplémentaires chaque année.
Cette transformation s’inscrit dans la stratégie nationale de développement du capital humain et de transformation numérique à Madagascar. Dans un pays où plus de 40 % des jeunes âgés de 18 à 35 ans étaient au chômage en 2024, selon Afrobarometer, l’accès à des formations adaptées aux besoins du marché devient un levier stratégique pour améliorer l’employabilité. Les obstacles identifiés – manque de formation ou de préparation (30 %), manque d’expérience (27 %) et inadéquation entre les qualifications scolaires et les besoins des employeurs (16 %) – soulignent l’importance de solutions éducatives innovantes et inclusives.
En parallèle, le projet UVP prévoit la modernisation des infrastructures techniques et l’extension du dispositif à 16 centres régionaux équipés de solutions solaires autonomes, garantissant la continuité des activités même dans les zones à faible connexion électrique. Cette initiative complète les programmes nationaux de formation numérique, tels qu’ASAN’AI ou Skills4Job, qui visent à former des jeunes aux compétences recherchées sur le marché, notamment dans les métiers du digital et de la relation client.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte où la demande de compétences numériques dépasse l’offre sur le marché de l’emploi, la formation professionnelle spécialisée devient un enjeu stratégique. C’est dans ce cadre que se positionne Sirius Skills.
Sirius Skills est une plateforme d’apprentissage en ligne développée par une jeune pousse ghanéenne. Lancée en 2025 par Ariel Garraway, elle vise à combler le fossé entre l’éducation traditionnelle et les besoins réels du marché du travail.
La solution propose une gamme de programmes structurés, conçus pour répondre aux exigences actuelles des employeurs, particulièrement dans des domaines où la demande de talents est la plus forte, comme l’analyse de données, la gestion de projets, le leadership ou encore les compétences numériques de base.
L’un des éléments distinctifs de Sirius Skills est son approche pratique : plutôt que de se limiter à des cours théoriques, les formations sont orientées vers des livrables et des compétences applicables directement en entreprise. Cette pédagogie pratique « hands-on » permet aux apprenants de produire des résultats concrets tout au long de leur apprentissage, facilitant ainsi leur insertion ou leur progression professionnelle.
« Les apprenants participent également à un environnement communautaire structuré qui renforce la responsabilité et la collaboration. Cette configuration reflète les conditions réelles de travail et aide les employeurs à évaluer la préparation au-delà des seules connaissances techniques », a déclaré M. Garraway.
Du côté des employeurs, la plateforme agit également comme un pont entre les besoins en compétences et les talents disponibles. Sirius Skills travaille avec les entreprises pour identifier les lacunes de compétences au sein de leurs équipes et propose des parcours adaptés, contribuant à réduire les coûts d’intégration et à améliorer la capacité des organisations à innover.
« Nous menons activement des entretiens avec des employeurs à travers le Ghana afin d'aligner notre programme de formation sur les compétences qu'ils recherchent. Notre formation est conçue pour répondre aux attentes réelles en matière de recrutement », indique la start-up.
Alors que les économies africaines et mondiales cherchent à accélérer leur transformation numérique, des initiatives comme Sirius Skills offrent une réponse ciblée à l’un des défis les plus pressants du secteur : développer une main-d’œuvre qualifiée, prête à répondre aux besoins actuels et futurs du marché technologique.
Adoni Conrad Quenum
Edité par M.F. Vahid Codjia
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Ces derniers mois, le Maroc a multiplié les partenariats pour accélérer la formation aux métiers du numérique. Aux côtés des acteurs publics, des groupes technologiques comme Samsung et Mistral AI accompagnent cette montée en compétences.
Le ministère de l’Industrie et du Commerce, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation ainsi que le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration ont signé, lundi 16 février à Rabat, une convention de partenariat avec le groupe international français spécialisé dans l’assurance AXA. L’accord vise à renforcer les compétences nationales dans les métiers de la Data, de l’intelligence artificielle et des technologies numériques.
Le dispositif prévoit le déploiement de formations initiales et continues, le développement de parcours en alternance et l’appui à des projets de recherche et développement liés à la transformation digitale. Il ambitionne également d’anticiper les besoins en profils spécialisés dans des domaines tels que la cybersécurité, le cloud, le DevOps ou encore le testing, tout en assurant une meilleure adéquation entre l’offre de formation et les besoins du marché du travail.
Dans le cadre de cet accord, les universités et établissements publics d’enseignement supérieur seront mobilisés aux côtés d’écoles relevant du ministère de l’Industrie et du Commerce afin de renforcer les passerelles entre le monde académique et le tissu économique. Le partenariat prévoit également le développement de stages, de dispositifs d’immersion professionnelle et de programmes favorisant l’insertion des jeunes diplômés dans les secteurs technologiques.
Cette convention s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique à l’horizon 2030, qui fait du développement du capital humain un levier central de compétitivité économique. La formation aux métiers du numérique, l’essor de l’intelligence artificielle et la création d’emplois qualifiés figurent parmi les priorités de cette feuille de route. Le pays prévoit notamment de former 100 000 jeunes par an aux compétences numériques, avec l’objectif de générer 240 000 emplois dans le secteur à l’horizon 2030 afin de répondre à la demande croissante en profils spécialisés.
Selon le ministère chargé de la Transition numérique, ce partenariat doit contribuer à structurer un écosystème national capable d’anticiper les mutations technologiques et de positionner le Maroc comme un hub régional des métiers technologiques, au service de la souveraineté numérique et de la compétitivité économique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le numérique représente un enjeu majeur pour l’emploi des jeunes en Afrique. Selon la Banque mondiale, 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé, lundi 16 février, l’achèvement de la première phase de la formation des formateurs à Kinshasa, dans le cadre d’un programme national de montée en compétences numériques visant à terme 250 000 jeunes Congolais. Le déploiement du projet doit désormais s’étendre aux provinces.
Dès le 13 février 2026, le ministère de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique en avait détaillé les modalités. Cinq cents jeunes ont entamé un parcours de formation hybride, à l’issue duquel un test final permettra de sélectionner 200 profils parmi les plus méritants. Ces derniers seront répartis en trois niveaux (Basic, Intermédiaire et Avancé) afin de devenir des multiplicateurs de compétences à l’échelle nationale.
En septembre 2025, le gouvernement congolais a signé un protocole d’accord avec les sociétés américaines Cisco et Cybastion pour la mise en œuvre du programme sur une durée de cinq ans. Les bénéficiaires seront dotés de compétences en réseaux et cybersécurité, data science, programmation et systèmes d’exploitation, anglais technique, transformation digitale et entrepreneuriat. Le ministère précise qu’au-delà de la formation, « Cisco et Cybastion accompagneront l’insertion professionnelle des jeunes auprès de leur réseau de partenaires locaux, ouvrant ainsi de réelles opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat ».
La formation des formateurs marque le début effectif du programme de formation des jeunes Congolais aux métiers du numérique. Les autorités considèrent le numérique comme un levier essentiel de développement économique et social, mais aussi comme un vecteur de création d’emplois et d’émancipation pour la jeunesse, dans un contexte où la question de l’emploi reste préoccupante en RDC.
Selon une étude publiée en 2022 par le ministère du Plan, les 15-29 ans représentent 50,44 % de la population en âge de travailler. Leur taux de chômage (2,5 %) demeure supérieur à celui des adultes (1,4 %), tandis que le chômage de longue durée touche 61,8 % des jeunes, contre 61,2 % des adultes. L’étude estime en outre que, pour stabiliser le taux de chômage et le taux d’activité, le pays devra créer environ 9,6 millions d’emplois entre 2022 et 2030, puis près de 35 millions d’ici 2050.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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En repensant la manière dont les écoles gèrent les paiements, il démontre qu’une innovation simple peut transformer tout un système. Avec sa vision pragmatique de la technologie, il rapproche les familles et établissements au quotidien.
Douglas Hoernle (photo) est un entrepreneur sud‑africain. Il est le fondateur et directeur général de Karri, une start-up qui veut simplifier, accélérer et sécuriser les paiements scolaires, sans nécessité de gérer de l’argent liquide.
Fondée en 2016, Karri permet aux établissements scolaires de créer, en quelques étapes, des demandes de paiement pour leurs activités, sorties, frais ponctuels ou collectes diverses. Une fois la demande émise, l’application envoie automatiquement des notifications et des rappels, guidant les parents pour qu’ils règlent leurs paiements en quelques secondes. Les écoles bénéficient ainsi d’un système fiable et régulier, qui réduit les retards, les oublis et la manipulation manuelle d’argent.
Pour les parents, Karri représente le moyen le plus simple et le plus sûr de payer l’école directement depuis leur téléphone. Finies les enveloppes confiées aux enfants ou les recherches de monnaie : l’application centralise les demandes, indique les montants et les échéances, et permet de tout régler instantanément.
La plateforme propose également une carte de paiement pour les élèves, reliée à l’application parentale. Elle aide les enfants à apprendre à gérer leurs dépenses dans un cadre sécurisé, sous la supervision des adultes. Les parents peuvent fixer des plafonds de dépense quotidiens et partager le contrôle de compte entre plusieurs responsables si nécessaire.
En parallèle, Douglas Hoernle est cofondateur et directeur de The Student Funding Company, une start-up lancée en 2023 dont la mission est de lever les barrières financières pour permettre aux étudiants de poursuivre leurs études au Royaume‑Uni. Il siège également au conseil d’administration de Manati Alternate Student Funding, un organisme de financement étudiant, et est membre de la section londonienne de l’Entrepreneurs’ Organization, un réseau international d’entrepreneurs.
Douglas Hoernle est titulaire d’un diplôme en finance obtenu à l’université du Cap. Entrepreneur en série, il fonde en 2010 sa première entreprise, The Wine Society, qui fournit au marché étudiant du Cap des vins personnalisés, qualitatifs et abordables, ainsi que des produits promotionnels. En 2012, il lance Rethink Education, un fournisseur de solutions d’apprentissage en ligne.
Deux ans plus tard, il cofonde Juggl, une application mobile multiplateforme qui offre des services de communication, de calendrier en temps réel, de diffusion de contenu et de paiement entre les écoles, les enseignants et les parents, tous secteurs confondus. En 2016, il fonde également Rippl Communicator, une application facilitant la communication interne en entreprise, et cofonde Merriment and Co., un fournisseur de boissons qu’il dirige jusqu’à sa vente en 2018.
Melchior Koba
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Les autorités misent sur la transformation numérique pour soutenir la montée en compétence des populations. En janvier, elles avaient lancé des formations en IA obligatoires pour tous les fonctionnaires.
Le gouvernement rwandais s’associe à la société technologique américaine Oracle pour lancer une initiative nationale de développement des compétences numériques. Un protocole d’accord signé entre les deux parties a été annoncé le mardi 10 février.
Selon Oracle, l’initiative vise à offrir aux Rwandais une formation numérique de haut niveau, alignée sur les standards internationaux et reconnue par l’industrie, à travers ses programmes Oracle Academy et Oracle University. Oracle Academy interviendra au sein des établissements d’enseignement en dotant les enseignants de contenus pédagogiques actualisés, de ressources structurées et d’un accès à des technologies professionnelles, ainsi qu’à divers outils logiciels et dispositifs de perfectionnement, afin de renforcer la qualité de l’enseignement numérique.
De son côté, Oracle University proposera, via un portail e-learning, des formations spécialisées et des certifications reconnues dans des domaines stratégiques tels que le cloud computing, l’intelligence artificielle, l’IA générative, la cybersécurité, la programmation et les processus métier, avec pour objectif de préparer les apprenants aux compétences recherchées sur le marché du travail.
Le programme intervient alors que le Rwanda, à l’instar de nombreux pays africains, a fait de la transformation numérique un levier central de son développement socio-économique. L’Union internationale des télécommunications (UIT) souligne que les compétences numériques constituent un pilier essentiel de la numérisation des économies et un élément désormais central des stratégies nationales de transformation digitale.
Par ailleurs, une étude publiée en octobre 2025 par le ministère des TIC et de l’Innovation (MINICT), en partenariat avec la Digital Cooperation Organisation (DCO), mettait en évidence un décalage entre les compétences recherchées par les employeurs et celles développées dans les universités. Cette inadéquation crée des contraintes pour l’industrie, et les acteurs du secteur privé ont appelé à un renforcement des investissements académiques dans la formation aux métiers du numérique. Les enseignants et professeurs universitaires ont notamment besoin de compétences numériques avancées pour mieux préparer les étudiants aux exigences actuelles et futures du marché du travail.
Selon la Banque mondiale, 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Cette dynamique représente une opportunité majeure dans un contexte rwandais marqué par un chômage élevé : la Banque africaine de développement (BAD) estimait le taux de chômage à 40,2 % en 2023, soulignant que l’inadéquation des compétences en constitue l’une des principales causes. Dans une étude publiée en 2022, la Banque mondiale indiquait également qu’environ 14 % de la population active est sans emploi et ne dispose pas des qualifications requises par le marché. Le chômage des jeunes atteint près de 21 %, et parmi ceux qui travaillent, environ 60 % occupent des emplois peu productifs, notamment dans l’agriculture de subsistance, le commerce de détail ou la construction.
Si la formation est en ligne et complètement gratuite, l’accès réel des populations rwandaises dépendra de plusieurs autres facteurs, notamment l’accès à des appareils numériques (smartphones, tablettes, ordinateurs…) ou encore l’accès à Internet. Selon DataReportal, le pays comptait 5,01 millions d’abonnés à l’Internet fin décembre 2025, pour un taux de pénétration de 34,2 %.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Confronté au sous-emploi des jeunes, le Kenya mise sur l’externalisation pour créer des emplois numériques et séduire les investisseurs, avec l’ambition de devenir une référence africaine des services aux entreprises.
Dans une démarche inédite, quatre opérateurs majeurs de l’externalisation des services aux entreprises ont lancé cette semaine « The Outsourcing Alliance of Kenya » (OAK). Cette coalition privée vise à structurer et accélérer le développement des Global Business Services, incluant le BPO et les services informatiques externalisés. L’annonce a été faite le jeudi 5 février par le ministère de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique sur son compte X, marquant une nouvelle étape pour un secteur appelé à jouer un rôle central dans la création d’emplois.
𝐊𝐞𝐧𝐲𝐚'𝐬 𝐆𝐥𝐨𝐛𝐚𝐥 𝐁𝐮𝐬𝐢𝐧𝐞𝐬𝐬 𝐒𝐞𝐫𝐯𝐢𝐜𝐞𝐬 𝐒𝐞𝐜𝐭𝐨𝐫 𝐑𝐞𝐚𝐜𝐡𝐞𝐬 𝐍𝐞𝐰 𝐌𝐢𝐥𝐞𝐬𝐭𝐨𝐧𝐞𝐬 𝐰𝐢𝐭𝐡 𝐋𝐚𝐮𝐧𝐜𝐡 𝐨𝐟 𝐎𝐮𝐭𝐬𝐨𝐮𝐫𝐜𝐢𝐧𝐠 𝐀𝐥𝐥𝐢𝐚𝐧𝐜𝐞
— Ministry of Info, Comms & The Digital Economy KE (@MoICTKenya) February 5, 2026
The Outsourcing Alliance of Kenya (OAK) was officially launched on February 3, 2026, signaling… pic.twitter.com/NjaNNt3g7M
Le lancement officiel s’est déroulé en présence de représentants du gouvernement. Selon Kenyan Wall Street, l’alliance regroupe notamment CCI Kenya, CloudFactory Kenya, Teleperformance Kenya et Sama Kenya. Elle ambitionne de fédérer plus de vingt membres d’ici au deuxième trimestre 2026 et de contribuer à la création de 100 000 emplois sur l’ensemble de la chaîne de valeur.
Le secrétaire principal chargé des TIC et de l’Économie numérique, John Tanui, a rappelé dans un discours lu lors de l’événement que l’expansion des Global Business Services constitue un levier pour offrir des opportunités inclusives aux jeunes. Il a souligné le rôle catalyseur de l’État à travers des politiques ciblées, des cadres réglementaires adaptés et des mesures facilitant l’accès aux marchés internationaux. Le gouvernement s’appuie notamment sur des programmes de formation comme Ajira Digital et Jitume, qui visent à former massivement les jeunes Kényans aux compétences recherchées par le marché mondial de l’outsourcing, selon le ministère de l’Économie numérique.
Cette initiative intervient alors que le Kenya enregistre un taux de chômage d’environ 5,2 % en 2025, avec une situation particulièrement difficile pour les jeunes. Dans le même temps, la pénétration d’internet atteint 48 % en 2025, un taux encore perfectible, mais en nette progression, qui constitue un facteur déterminant pour le développement des services numériques et de l’outsourcing.
Félicien Houindo Lokossou
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les compétences numériques sont considérées comme un socle de la transformation numérique. Par exemple, il est estimé à environ 230 millions le nombre d’emplois qui nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.
La South African Broadcasting Corporation (SABC), le radiodiffuseur public sud‑africain, s’est associée à Microsoft South Africa pour former les citoyens aux compétences numériques et à l’intelligence artificielle (IA). Les contenus de formation seront diffusés via SABC Plus, une plateforme de streaming gratuite qui revendique plus de 1,9 million d’utilisateurs enregistrés.
« L’IA peut être un puissant vecteur d’opportunités. En nous associant à la SABC, nous visons à intégrer les compétences numériques et en IA dans le quotidien de millions de Sud‑Africains. Cette initiative permet aux apprenants, aux enseignants et aux demandeurs d’emploi d’accéder à des parcours pratiques et certifiés qui les préparent à la main‑d’œuvre de demain. Démocratiser les compétences en IA n’est pas seulement un objectif, c’est notre responsabilité pour façonner une économie numérique plus inclusive », a déclaré Tiara Pathon, directrice des compétences IA pour Microsoft Elevate en Afrique du Sud.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Microsoft Elevate, qui vise à doter les individus et les organisations des compétences et outils nécessaires pour prospérer dans une économie axée sur l’IA. Elle prolonge également l’AI Skills Initiative, lancée en 2025, par laquelle Microsoft s’était engagé à former un million de Sud‑Africains d’ici 2026. À ce jour, le groupe indique avoir touché 4 millions d’apprenants, formé 1,4 million de personnes et délivré des certifications à près de 500 000 citoyens, illustrant l’ampleur de l’impact déjà enregistré.
Le programme intervient dans un contexte de transformation numérique marqué par une demande croissante en compétences numériques sur le marché du travail. Selon la Banque mondiale, 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques en Afrique subsaharienne d’ici 2030. Microsoft s’appuie également sur le Future of Jobs Report 2025 du Forum économique mondial, qui classe les compétences en IA et en données parmi les plus recherchées à l’horizon 2030. LinkedIn indique de son côté que les recrutements liés à l’IA ont progressé de 25 % sur un an, tandis que les offres d’emploi exigeant une maîtrise de l’IA ont augmenté de 70 %, bien au‑delà des seuls profils techniques.
En Afrique du Sud, le AI Diffusion Report de Microsoft montre que l’adoption de l’IA est passée de 19,3 % au premier semestre 2025 à 21,1 % au second, soit une hausse de 1,8 point. La plateforme de recrutement Pnet souligne par ailleurs que la demande en compétences liées à l’IA dans la nation arc‑en‑ciel a progressé de 352 % entre janvier 2019 et juillet 2025.
Cette initiative soulève toutefois des interrogations quant à son efficacité réelle. Sur les 1,9 million d’utilisateurs enregistrés sur SABC Plus, seulement 25 % sont actifs, ce qui limite mécaniquement la portée effective du programme. En outre, si l’accès à la plateforme est gratuit, son utilisation suppose une connexion Internet, encore inégalement accessible, notamment pour les populations vivant dans des zones mal couvertes ou disposant de moyens financiers limités. Enfin, les personnes ne disposant pas d’équipements numériques adaptés restent de facto exclues du dispositif.
Isaac K. Kassouwi
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Elle défend une vision de la technologie tournée vers l’action et l’utilité sociale. À travers son initiative, elle montre comment le numérique peut devenir un levier concret de transformation pour les communautés.
Abena Adoma (photo) est une spécialiste ghanéenne des technologies. Elle est la fondatrice de Techies4Impact, une organisation qui rassemble des passionnés du numérique autour de projets utiles à la société. Son approche repose sur l’entrepreneuriat et l’innovation comme leviers pour produire un impact positif et durable.
Fondée en 2023, Techies4Impact se donne pour ambition de devenir un espace de référence pour toutes celles et ceux qui souhaitent utiliser la technologie pour agir concrètement sur leur environnement. L’organisation défend une vision claire : faire du numérique un outil au service des communautés, et non un simple moteur de performance économique.
Techies4Impact accompagne des initiatives technologiques conçues pour répondre à des problèmes du quotidien. Elle intervient notamment dans des établissements scolaires, où elle aide les élèves à dépasser le rôle de simples utilisateurs pour devenir des créateurs. Cet accompagnement passe par l’accès à des ordinateurs, mais aussi par l’acquisition de compétences numériques essentielles.
L’organisation s’adresse aux jeunes, élèves, porteurs de projets et bénévoles désireux de mettre le numérique au service de leur entourage. Elle se positionne comme un lieu de rencontre et de collaboration, réunissant à la fois des apprenants, formateurs et personnes prêtes à financer ou soutenir les projets développés.
Abena Adoma est diplômée de la Kwame Nkrumah University of Science and Technology (KNUST) de Kumasi, où elle a obtenu un bachelor en administration des affaires. Elle commence sa carrière professionnelle en 2020 chez Spectrum Fibre Ltd au Ghana, en tant qu’administratrice des ressources humaines. De 2022 à 2024, elle travaille chez Broadspectrum Digital Payments, une fintech, où elle occupe les postes d’assistante au développement commercial et d’analyste des opérations technologiques.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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