Face à l’accélération des savoirs et des technologies, de nouvelles solutions émergent pour aider chacun à progresser. Au Togo, cet entrepreneur propose une approche innovante qui transforme l’accès aux compétences et aux opportunités professionnelles.

Alphonse Gogoli (photo) est un ingénieur togolais et un entrepreneur technologique. Il est cofondateur et directeur de Deezpro, une plateforme de formation en ligne dédiée au développement des compétences professionnelles et à l’évolution de carrière.

Fondée en 2023, Deezpro s’adresse aussi bien aux personnes désireuses d’acquérir de nouvelles connaissances qu’à celles qui souhaitent consolider leurs compétences existantes. La plateforme propose un large catalogue de formations accessibles en ligne, couvrant des domaines variés tels que : la bureautique (Word, Excel, PowerPoint), la modélisation 3D, le développement web, la gestion des données, l’intelligence artificielle, le marketing, le management, la qualité, ainsi que la préparation à des certifications professionnelles.

Chaque formation est présentée de manière détaillée, avec des informations claires sur son contenu, sa durée et, le plus souvent, son coût.

Deezpro se distingue également par son offre d’accompagnement personnalisé via le mentorat. Les apprenants peuvent échanger avec des conseillers ou des tuteurs, poser leurs questions et bénéficier d’un suivi pédagogique adapté à leurs besoins. La plateforme met par ailleurs l’accent sur la préparation à des certifications reconnues, rendue possible grâce à des partenariats avec des organismes internationaux, permettant une validation officielle des compétences acquises.

En parallèle de ses activités entrepreneuriales, Alphonse Gogoli est enseignant associé à l’université de Lomé. Il intervient aussi comme vulgarisateur scientifique au sein de Cosmos Materia, une agence média spécialisée dans les sciences et le génie des matériaux.

Il est diplômé de l’université de Lorraine (France), où il a obtenu en 2018 un master en mécanique des matériaux, structures et procédés. La même année, il décroche un diplôme d’ingénieur en mécanique et productique à l’École nationale d’ingénieurs de Metz. En 2022, il obtient un doctorat en mécanique des matériaux à l’université de Caen Normandie.

Sa carrière professionnelle débute en 2016 comme ingénieur assistant chez Bürkert Fluid Control Systems, fabricant de systèmes de mesure et de contrôle pour les liquides et les gaz. En 2017, il rejoint IKEA France comme responsable du service technique et du pilotage de projets logistiques. En 2018, il travaille comme ingénieur en R&D au Laboratoire d’étude des microstructures et de mécanique des matériaux (LEM3).

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Il s’attaque à l’un des principaux freins à la mobilité étudiante : la complexité des paiements internationaux. À travers sa solution numérique, il ouvre l’accès aux études à l’étranger pour des milliers d’étudiants confrontés à des obstacles financiers et administratifs.

Sunday Paul Adah (photo), entrepreneur nigérian installé à Boise (États‑Unis), est cofondateur et directeur général de Radius, anciennement Pay4Me App, une plateforme de paiement pensée pour simplifier les démarches financières des étudiants internationaux qui doivent régler des frais auprès d’écoles, d’institutions ou d’organisations situées à l’étranger.

Fondée en 2022, Radius permet de payer les frais de scolarité, de visa, d’examens ou de logement, en évitant les contraintes liées aux virements internationaux. L’application mobile offre la possibilité d’effectuer des paiements le jour même et de suivre en temps réel l’évolution des transactions, ce qui apporte davantage de visibilité et de sérénité aux utilisateurs.

La plateforme intègre des outils de gestion des devises avec des taux de change compétitifs, un élément clé pour les paiements transfrontaliers. Radius met en avant une interface simple d’utilisation ainsi qu’un service d’assistance disponible 24h/24 et 7j/7, afin d’accompagner les étudiants à chaque étape de leurs démarches financières liées à leurs études.

En parallèle, Sunday Paul Adah est le fondateur d’Across The Horizon, un cabinet de conseil en études à l’étranger créé en 2015. Cette structure accompagne les étudiants africains et leurs familles dans la recherche de formations internationales accessibles financièrement. En 2020, il fonde également Scholarships Africa, une plateforme dédiée à la recherche et à la candidature à des bourses d’études pour les étudiants internationaux.

Il est diplômé de l’Université d’État de Boise, où il obtient en 2021 un bachelor en études multidisciplinaires. Il est également titulaire d’un master en administration publique, gouvernement et politique obtenu en 2023 à l’Université Grand Canyon, ainsi que d’un master en création d’entreprise décroché en 2025 à la David Eccles School of Business de l’Université de l’Utah.

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Les autorités malgaches misent sur le numérique comme levier de développement socio‑économique. Cette orientation concerne l’ensemble des secteurs, notamment l’éducation.

Le gouvernement malgache poursuit ses efforts en faveur de la transformation numérique de l’enseignement supérieur. Un partenariat a été officialisé la semaine dernière entre la Primature et cinq ministères, dont ceux chargés du Développement numérique et de l’Enseignement supérieur.

Dans un communiqué publié le mercredi 21 janvier 2026, le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications (MDNPT) a déclaré que ce partenariat traduit la vision selon laquelle « la transformation numérique de l’enseignement supérieur n’est plus une option, mais une nécessité pour améliorer l’accès de tous les jeunes à une éducation de qualité et les préparer au marché du travail de demain ».

Dans ce cadre, le MDNPT pilote plusieurs axes clés, dont l’intégration du numérique dans les universités via le déploiement de l’Internet haut débit et leur interconnexion à la plateforme numérique nationale. Le ministère soutient aussi la recherche en Big Data et en intelligence artificielle par l’accès aux centres de données, promeut l’entrepreneuriat numérique au sein des universités et œuvre à la valorisation des compétences locales afin d’aligner les certifications sur les standards internationaux et les besoins du secteur privé.

La signature de ce partenariat intervient quelques semaines après que le ministère a signé un accord avec un opérateur télécoms privé malgache pour déployer des points d’accès Wi‑Fi (hotspots Internet) destinés aux étudiants dans les universités.

L’intégration des TIC à tous les niveaux de l’enseignement figure parmi les priorités du Plan stratégique du numérique (PSN 2023–2028). Le gouvernement vise ainsi à renforcer une éducation inclusive, adaptée aux normes et besoins actuels, en généralisant l’usage des TIC dans l’enseignement. Cette stratégie comprend, entre autres, la numérisation des supports pédagogiques, l’adaptation des méthodes d’apprentissage et la digitalisation du parcours étudiant, tout en valorisant et sécurisant les compétences et en mettant en place un référentiel formation‑emploi pour améliorer l’orientation des étudiants.

Il convient toutefois de rappeler que la numérisation de l’enseignement supérieur à Madagascar demeure à un stade embryonnaire. En juillet 2025, lors d’une conférence‑débat organisée par le PNUD et la Banque mondiale, les acteurs du secteur ont mis en avant plusieurs contraintes structurelles persistantes, notamment la faible connectivité, le manque d’équipements, la fragmentation institutionnelle et les fortes disparités d’accès. Ils ont également insisté sur la nécessité de stratégies claires, de plans de mise en œuvre assortis de mécanismes rigoureux de suivi‑évaluation, ainsi que d’une volonté politique affirmée, d’une meilleure coordination entre les acteurs et d’une inclusion effective.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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L’insertion professionnelle des jeunes en Afrique représente un défi majeur. La formation numérique pourrait bien être la clé qui ouvrira les portes de l’employabilité à la jeunesse en quête d’opportunité.

À Madagascar, 1000 jeunes seront formés gratuitement aux métiers du numérique d’ici la fin du premier semestre 2026, dans le cadre du programme « D‑CLIC, formez‑vous au numérique avec l’OIF ». Le lancement officiel de cette nouvelle phase du projet a eu lieu le lundi 19 janvier à Antananarivo, à travers un partenariat entre l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (METFP).

Cette étape marque l’entrée du programme dans une phase opérationnelle à plus grande échelle. Elle débute par la formation de formateurs nationaux, appelés à constituer un réseau capable d’accompagner durablement les bénéficiaires à travers le pays. Les parcours de formation, développés par l’OIF via une plateforme d’apprentissage en ligne, portent notamment sur les compétences numériques recherchées sur le marché du travail, ainsi que sur l’entrepreneuriat digital.

Le dispositif D‑CLIC s’inscrit dans une démarche plus large de renforcement des compétences numériques dans l’espace francophone. Déployé dans plusieurs pays africains, le programme vise à améliorer l’employabilité des jeunes, à faciliter leur insertion professionnelle et à répondre aux besoins croissants en talents numériques, dans un contexte marqué par la digitalisation progressive des économies.

À Madagascar, cette initiative intervient alors que les besoins en formation numérique s’intensifient. Le pays fait face à une forte pression démographique, avec une population majoritairement jeune, tandis que le marché de l’emploi formel reste limité. Les autorités misent désormais sur le numérique comme l’un des piliers de la formation professionnelle. La ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Marie Marcelline Rasoloarisoa, a récemment indiqué que Madagascar ambitionne de former 40 000 personnes aux compétences numériques à l’horizon 2028, afin d’adapter la main‑d’œuvre aux nouveaux usages économiques et technologiques.

Dans ce contexte, le programme D‑CLIC apparaît comme un maillon opérationnel de cette stratégie nationale. En renforçant l’accès à des formations qualifiantes et en favorisant l’acquisition de compétences directement mobilisables, cette nouvelle cohorte pourrait contribuer à améliorer l’employabilité des jeunes, soutenir l’auto‑emploi et accompagner l’émergence d’un écosystème numérique plus structuré à Madagascar.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Il s’attaque à un enjeu central mais peu structuré : la capacité des individus et des petites entreprises à construire une discipline financière durable. Sa réponse repose sur une approche technologique pensée pour transformer des pratiques quotidiennes à grande échelle.

Femi Iromini (photo) est un entrepreneur nigérian, cofondateur et directeur général de Rank (anciennement Moni), une fintech communautaire qui développe une suite de produits financiers destinés aux petites entreprises africaines et aux particuliers désireux de constituer un patrimoine.

Fondée en 2020, Rank se présente comme une application financière conçue pour les personnes ambitieuses qui souhaitent mieux épargner, mieux gérer leurs dépenses et progresser aux côtés d’une communauté animée par des objectifs communs. Sa mission est de rendre la prospérité plus accessible, en créant des passerelles entre ceux qui aspirent à aller plus loin et ceux qui maîtrisent l’art de l’épargne.

La plateforme propose plusieurs mécanismes d’épargne. Le premier, baptisé « Reserve », permet de mettre de l’argent de côté de manière sécurisée sur une période définie, avec un rendement régulier. Le second, « Flex », offre une plus grande souplesse : l’utilisateur peut épargner tout en conservant la possibilité de retirer ses fonds à tout moment, sans renoncer aux intérêts.

Rank propose également « Goals », une épargne orientée vers des objectifs précis, pensée pour financer des projets identifiés. Enfin, l’offre « Premium » s’adresse aux utilisateurs qui gèrent des montants plus élevés ou construisent un patrimoine sur le long terme, avec des taux plus attractifs et un accompagnement prioritaire.

Au‑delà de l’épargne, Rank intègre des fonctionnalités de paiement et de gestion des dépenses courantes. Les utilisateurs peuvent envoyer et recevoir de l’argent instantanément, à toute heure, et régler depuis une seule interface diverses factures (électricité, câble, Internet et autres services).

Avant de lancer Rank, Femi Iromini a fondé en 2017 Lead360HQ, une structure qui collabore avec des universités africaines pour accompagner les étudiants dans la transformation de leur formation et de leurs ambitions en opportunités professionnelles concrètes. Il en a été le directeur général jusqu’en 2019.

Diplômé de l’université Obafemi Awolowo (Nigeria), où il a obtenu en 2012 une licence en géophysique, Femi Iromini a également travaillé comme consultant pour la Banque mondiale de 2019 à 2021.

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Réviser le bac reste pour beaucoup un exercice ponctuel, concentré à l’approche des examens. Un entrepreneur sénégalais propose une alternative fondée sur la régularité et l’usage du numérique.

Stéphane Mancabo (photo), entrepreneur sénégalais, est le cofondateur et directeur général de Yello. La start‑up entend transformer la préparation du baccalauréat en un processus quotidien plus simple, plus fluide et moins anxiogène pour les lycéens.

Fondée en 2023, Yello est une application éducative qui propose des contenus structurés, pensés pour s’adapter aux contraintes réelles des élèves. Elle met à disposition des cours audio, des textes et des résumés, afin de permettre à chacun de choisir le mode d’apprentissage qui lui correspond. Les contenus sont conçus pour faciliter la compréhension, limiter le jargon et accompagner progressivement les élèves vers les exigences du baccalauréat.

Les cours peuvent être téléchargés, ce qui permet de réviser sans dépendre en permanence d’une connexion Internet. L’application se démarque d’une approche intensive ou écrasante en privilégiant un apprentissage progressif. Les contenus sont organisés en modules courts et ciblés, centrés sur des notions précises plutôt que sur des chapitres entiers. Cette organisation vise à instaurer une progression régulière, sans donner à l’élève le sentiment d’être submergé.

Des notifications de rappel viennent structurer le travail et encouragent l’élève à réviser de manière continue, sans attendre la veille d’un devoir ou d’un examen. Yello intègre également une dimension ludique : les utilisateurs peuvent cumuler des points, débloquer des badges de progression et se situer dans des classements, à l’échelle nationale ou par établissement. Ce système est complété par des récompenses et des lots, conçus pour valoriser la régularité et l’engagement dans le travail.

Sur le plan académique et professionnel, Stéphane Mancabo est titulaire d’un bachelor en microfinance obtenu en 2018 à l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO), au Cameroun. Il commence sa carrière professionnelle en 2017 comme directeur du développement commercial de T’es de Dakar (TDD), un média numérique.

De 2020 à 2021, il occupe le poste de chef de projet production chez Walabok Studio. En parallèle, il intervient comme présentateur d’actualité technologique à la Télévision Futur Média. Il rejoint ensuite WURUS LAB, une société de production audiovisuelle, où il travaille comme directeur de production jusqu’en 2023.

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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À la croisée de l’ingénierie logicielle et de l’innovation éducative, il conçoit des solutions pensées pour la performance et l’accessibilité. Par son approche technologique, il ouvre de nouvelles perspectives pour les écoles, les communautés et les usages numériques en Afrique.

Lordrick Julius Meela (photo) est un entrepreneur tanzanien. Il est le fondateur et directeur général de Maestro Empire, une start‑up qui conçoit des solutions innovantes à l’intersection de l’éducation, de l’intelligence artificielle, des médias et des technologies numériques.

Fondée en 2018, Maestro Empire a lancé plusieurs projets reconnus à l’échelle nationale et internationale. L’entreprise ambitionne de s’imposer comme un acteur panafricain de référence dans les domaines de l’IA, des technologies éducatives, des médias et de l’innovation numérique. Sa vision repose sur le développement de solutions de classe mondiale capables de transformer l’apprentissage, la production de contenus et le développement des communautés.

Parmi les projets phares de Maestro Empire figurent EduTrack AI et Streets255. EduTrack AI est une solution destinée aux établissements scolaires. Elle propose un accompagnement à l’apprentissage basé sur l’intelligence artificielle, incluant la préparation automatisée aux examens, la génération de résumés instantanés, des outils d’aide à la résolution de problèmes, l’analyse des performances des élèves ainsi que des ressources pédagogiques numériques. Streets255 est une plateforme médiatique dédiée à l’actualité culturelle, aux divertissements et aux événements communautaires.

L’entreprise a également développé d’autres initiatives, notamment l’application touristique Safari Booking, la plateforme de dons Dada Kazini, ainsi que des sites web et solutions logicielles pour des clients à travers la Tanzanie.

Parallèlement à ses activités entrepreneuriales, Lordrick Julius Meela est étudiant en ingénierie informatique à la Mbeya University of Science and Technology, en Tanzanie. Entre 2023 et 2025, il a effectué un stage à la Braeburn International School d’Arusha, où il a occupé le poste d’administrateur des technologies de l’information.

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Comme de nombreux pays africains, le Kenya mise sur le numérique pour son développement socio‑économique. Cette transformation nécessite de nouvelles compétences pour renforcer l’administration publique et améliorer l’efficacité des services.

La Kenya School of Government (KSG), institution publique chargée de renforcer les compétences des citoyens, explore un partenariat avec la filiale locale de la société technologique chinoise Huawei. La potentielle collaboration vise à soutenir la transformation numérique en cours dans le pays.

Selon la KSG, les discussions ont porté sur l’exploitation des technologies numériques émergentes afin de renforcer le développement du leadership, l’efficacité institutionnelle et l’innovation au sein de l’administration publique. Elles ont également exploré l’élaboration d’un protocole d’accord visant à ancrer une collaboration à long terme autour du renforcement des capacités numériques des cadres dirigeants, du transfert de connaissances et des priorités nationales de transformation numérique.

« Notre objectif est de bâtir une fonction publique qui soit non seulement alphabétisée au numérique, mais aussi capable d’appliquer efficacement les outils de cloud, d’intelligence artificielle et de cybersécurité afin d’améliorer la prestation des services, de renforcer la performance institutionnelle et de protéger les données des citoyens », a déclaré Nura Mohamed, directeur général de la KSG, rapporté par TechTrend.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’ambition de transformation numérique qui veut faire des TIC un pilier du développement socio‑économique. Par exemple, à travers son Digital Master Plan 2022–2032, le pays ambitionne de déployer 1 450 centres numériques communautaires et de dématérialiser l’ensemble des services publics. Dans ce contexte, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime qu’il est devenu nécessaire d’investir dans le développement des compétences des fonctionnaires, car les technologies numériques ont le potentiel de transformer l’administration, en facilitant la mise en œuvre de services plus accessibles et efficaces.

« La réalisation d’un gouvernement numérique, où la technologie est appliquée à la conception des processus, des politiques et des services répondant aux besoins des usagers, nécessite l’adoption de nouvelles méthodes de travail et de nouvelles compétences au sein de l’administration publique. Les gouvernements doivent promouvoir les aptitudes, les attitudes et les connaissances permettant aux fonctionnaires d’évoluer dans un environnement numérique, en intégrant les technologies numériques pour créer de la valeur publique », peut‑on lire dans le rapport « Developing skills for digital government: A review of good practices across OECD governments », publié en février 2024.

L’UNESCO, de son côté, estime toutefois que les fonctionnaires ne doivent pas devenir des experts techniques. Ils doivent plutôt comprendre les nouvelles tendances technologiques et acquérir une compréhension de base des implications sociétales des technologies pour diriger les initiatives de transformation numérique et de gouvernance. L’organisation ajoute que la planification et la conception numériques, l’utilisation et la gouvernance des données, la gestion et l’exécution numériques sont trois domaines de compétences essentiels que les fonctionnaires doivent maîtriser en fonction des besoins de leur pays en matière de transformation numérique.

planification et la conception numériques, l’utilisation et la gouvernance des données, la gestion et l’exécution numériques sont trois domaines de compétences essentiels que les fonctionnaires doivent maîtriser en fonction des besoins de leur pays en matière de transformation numérique. 

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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En misant sur le numérique comme outil d’égalité des chances, il apporte une réponse concrète aux fractures éducatives et économiques qui persistent en milieu rural.

Ntende Beka Isabirye est un entrepreneur ougandais, fondateur et directeur général de Tech Reach Africa. À travers cette organisation, il œuvre à l’élargissement de l’accès aux compétences numériques pour les élèves, les enseignants et les jeunes vivant en zones rurales en Ouganda, avec pour objectif d’améliorer à la fois les parcours scolaires et les moyens de subsistance.

Fondée en 2021 sous le nom d’ICT4Education, puis rebaptisée Tech Reach Africa, l’organisation intervient principalement dans l’est et le centre de l’Ouganda. Elle s’attache à rendre l’apprentissage du numérique accessible aux écoles rurales et aux jeunes défavorisés, en considérant le développement des compétences numériques comme un levier direct de développement durable pour les communautés.

Dans le cadre de son programme scolaire, Tech Reach Africa déploie des laboratoires informatiques mobiles qui se déplacent jusque dans les écoles éloignées. Ces dispositifs permettent aux élèves et aux enseignants d’acquérir une pratique concrète de l’outil informatique.

L’organisation met également en œuvre un programme destiné aux jeunes déscolarisés et aux jeunes diplômés, afin de les accompagner dans la construction d’un avenir professionnel malgré les contraintes financières ou géographiques. Les formations proposées portent essentiellement sur la création de sites web, la conception graphique, la réalisation de vidéos et la photographie.

À ce jour, 2 650 élèves issus de 21 écoles ont été inscrits, formés et accompagnés dans le cadre du programme dédié aux établissements scolaires. En parallèle, 350 enseignants de ces mêmes écoles ont été formés pour devenir des « champions » du numérique, capables de transmettre ces compétences et d’intégrer les outils numériques dans leurs pratiques pédagogiques. Par ailleurs, plus de 870 jeunes diplômés ont bénéficié des formations proposées par l’organisation.

En 2017, Isabirye devient consultant en questions de jeunesse chez Swisscontact, fondation suisse de coopération technique, en Ouganda. Entre 2018 et 2024, il a exercé comme formateur au sein de Dance4Life, une organisation engagée dans la promotion de la santé et des droits sexuels. De 2019 à 2020, il a également occupé le poste de coordonnateur de projet pour Irise International en Ouganda, une organisation spécialisée dans la promotion de l’hygiène et de la gestion menstruelle. Il est titulaire d’un diplôme en leadership organisationnel et en engagement civique, obtenu en 2024 à l’Université d’État de Louisiane aux États-Unis

Melchior Koba

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Le Maroc veut faire des start-up un moteur de son économie numérique. Malgré leur essor, le financement et l’accompagnement restent des défis majeurs pour ces jeunes entreprises innovantes, que le pays entend surmonter afin de consolider son écosystème entrepreneurial.

Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’Administration, en partenariat avec Tamwilcom, a lancé mercredi 17 décembre à Rabat l’offre « Startup Venture Building » (VB), un dispositif intégré visant à renforcer l’accompagnement et le financement des start-up marocaines innovantes.

Conçue comme un continuum de soutien couvrant toutes les étapes de croissance, l’offre Startup Venture Building vise à accompagner plus de 800 start-up sur trois ans. La plateforme combine accompagnement stratégique, expertise opérationnelle et financement adapté aux différents stades de maturité des projets. Parmi les innovations introduites figurent la bourse de vie, un revenu mensuel destiné aux porteurs de projets expérimentés, et la bourse d’incubation pouvant atteindre 200 000 dirhams (≈ 22 000 USD) pour financer le prototypage et la validation du marché. Le dispositif prévoit également un prêt d’honneur pouvant atteindre 500 000 dirhams pour soutenir le lancement commercial, ainsi qu’un prêt d’amorçage de 500 000 à 2 millions de dirhams pour accompagner la phase d’accélération et la croissance des start-up.

Au Maroc, la création de start-up s’est intensifiée ces dernières années. Cependant, le passage de l’idée au marché et la montée en échelle demeurent fragiles. Startup Venture Building articule ainsi l’intervention des structures d’accompagnement nationales et internationales — CEED Maroc, Technopark, Flat6Labs, Open Startup International, Renew Capital LLC et 500 Global — pour offrir un encadrement de qualité et des mécanismes financiers cohérents, renforçant la viabilité et la compétitivité des projets.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Nouveau modèle de développement (NMD) et constitue un instrument clé de mise en œuvre de la stratégie nationale Digital Morocco 2030, qui promeut la création de valeur, l’industrialisation des solutions numériques et le développement de start-up capables de franchir les seuils critiques de croissance. Doté de plus de 700 millions de dirhams, le programme vise à créer un environnement favorable à la transformation des idées en entreprises performantes et à renforcer le positionnement du Maroc comme hub régional du digital.

La mise en œuvre de Startup Venture Building devrait contribuer à structurer durablement l’écosystème entrepreneurial marocain. En facilitant le passage à l’échelle des start-up, en sécurisant leur financement et en renforçant leur accompagnement, le programme vise à accélérer la commercialisation de solutions innovantes, soutenir la compétitivité du tissu numérique national et consolider l’économie digitale du royaume, tout en favorisant l’émergence de champions nationaux à vocation internationale.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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