Positionnée à l’intersection de l’éducation et de l’emploi, cette solution développée en Egypte repose sur une approche basée sur l’intelligence artificielle pour accompagner les jeunes depuis leur orientation jusqu’à leur insertion sur le marché du travail.

Qualiphi est une solution edtech développée par une jeune pousse égyptienne. Elle propose une plateforme technologique destinée à transformer la gestion des parcours professionnels des étudiants. La start-up, basée dans la ville du Caire, a été lancée en 2025 par Nevien Magdy.

Concrètement, Qualiphi propose une plateforme de Career Services Management (CSM) qui permet aux universités et écoles de numériser l’ensemble de leurs services carrière. L’outil couvre plusieurs étapes clés : exploration des métiers, développement de compétences, accès à des stages et opportunités d’emploi, ainsi que mise en relation avec des recruteurs.

« La plateforme [Qualiphi, Ndlr] accompagne actuellement plus de 500 000 étudiants et diplômés dans 40 universités, ainsi qu'un réseau d'employeurs en pleine expansion qui s'efforcent de repérer, d'attirer et de développer la prochaine génération de talents », a indiqué la jeune pousse.

L’un des enjeux adressés par la solution est le décalage persistant entre formation académique et besoins du marché. En intégrant des outils d’analyse et de recommandation, la plateforme aide à orienter les étudiants vers des parcours plus alignés avec les attentes des entreprises, tout en facilitant le recrutement pour celles-ci.

Qualiphi s’inscrit dans une dynamique régionale de numérisation de l’enseignement supérieur et des services d’employabilité. La start-up revendique déjà des partenariats avec plusieurs institutions académiques et acteurs publics, avec l’ambition de créer un écosystème intégré reliant universités, étudiants et employeurs.

Dans cette optique, l’entreprise a récemment renforcé son positionnement via des opérations de croissance externe, visant à étendre ses services à l’échelle du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. À terme, ce type de plateforme pourrait contribuer à améliorer l’employabilité des jeunes diplômés, tout en offrant aux entreprises un accès plus structuré aux talents émergents.

Adoni Conrad Quenum 

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Face aux limites d’accès au savoir et à la fragmentation des données universitaires, la RDC mise sur le numérique pour moderniser son enseignement supérieur. Une réforme qui vise à améliorer l’efficacité du système et l’inclusion des étudiants.

La République démocratique du Congo (RDC) enclenche la structuration numérique de son enseignement supérieur. Le lundi 30 mars à Kinshasa, le gouvernement a mis en service le portail numérique du secteur de l’enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations (ESURSI), intégrant la première Bibliothèque numérique nationale. La plateforme ouvre un accès unifié aux ressources pédagogiques et scientifiques pour les étudiants, enseignants et chercheurs.

Soutenue par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD), l’infrastructure s’inscrit dans une logique de réduction des inégalités d’accès au savoir, notamment entre zones urbaines et rurales.

Déjà opérationnel, le portail propose plusieurs services, parmi lesquels la gestion des parcours académiques, l’identification des étudiants, le traitement des équivalences, ainsi que des modules liés aux bourses et aux évaluations. Il pose ainsi les bases d’un système harmonisé et sécurisé à l’échelle nationale.

« Dans une approche progressive, ce portail intégrera également une plateforme nationale d’enseignement ouvert et à distance, pour démocratiser l’accès à la formation, un système d’archivage des productions scientifiques […] et des services numériques avancés pour accompagner la gestion académique », a indiqué la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo.

Au-delà de l’accès au contenu, la réforme vise à améliorer la gouvernance du système universitaire. La centralisation des données doit permettre de mieux tracer les parcours, de fiabiliser les diplômes et de réduire la dispersion des systèmes d’information. L’adhésion de la RDC à l’initiative « Gateways », portée par l’UNESCO et l’UNICEF, inscrit cette transformation dans un cadre aligné sur les standards internationaux.

Reste un défi majeur : les infrastructures numériques. Fin 2025, la RDC comptait 34,7 millions d’internautes, soit un taux de pénétration de 30,5 % selon DataReportal. Dans ce contexte, l’accès au haut débit et l’appropriation des outils numériques par les administrations et le corps académique seront déterminants. L’enjeu est désormais de passer d’un outil technique à un levier effectif de modernisation, capable de soutenir la gouvernance publique, la production scientifique et, à terme, l’écosystème numérique national.

Samira Njoya

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Constatant les limites des systèmes d’orientation classiques, il a opté pour le numérique comme outil d'aide à la décision. Sa plateforme redéfinit la manière dont les jeunes envisagent leur avenir professionnel.

Jared Molko est un entrepreneur tech sud-africain. Il est un des cofondateurs et le Directeur général de Yenza, une plateforme en ligne dédiée à l’accompagnement des jeunes tout au long de leur parcours professionnel. Fondée en 2019, Yenza se donne pour mission de rendre accessibles des services d’orientation et de développement de carrière de haute qualité, afin d’aider chaque jeune à révéler et à atteindre son plein potentiel.

Elle propose une solution intégrée guidant l’utilisateur à chaque étape, de la découverte de soi jusqu’à l’accès à des opportunités d’études et d’emploi. La plateforme collabore avec des centaines d’établissements scolaires de premier plan à travers le pays. Son équipe rassemble des experts en technologie, en développement de carrière, en éducation et en psychologie, alliant ainsi plusieurs compétences au service de l’utilisateur.

Pour les établissements, Yenza offre des outils d’orientation scolaire et post-baccalauréat, un tableau de bord d’administration pour suivre les cohortes, ainsi que des programmes de formation et de soutien destinés aux enseignants. Pour les élèves et étudiants, elle facilite la connaissance de soi, favorisant des choix de carrière plus éclairés, encourageant le développement de compétences essentielles et ouvrant l’accès à des opportunités d’études et d’emploi.

Les conseillers d’orientation bénéficient d’un processus structuré, de rapports détaillés et d’un accompagnement personnalisé pour valoriser les données issues des analyses de la plateforme. Quant aux parents, Yenza leur offre une meilleure compréhension du profil de leurs enfants, des outils pour les accompagner dans leurs décisions, ainsi qu’un moyen concret de gagner du temps et d’éviter les erreurs coûteuses.

Diplômé de l’Institute of Marketing Management en Afrique du Sud, Jared Molko y a obtenu en 2005 un bachelor en Administration des affaires. Il est également titulaire d’un diplôme en analyse psychologique délivré en 2017 par le Pacifica Graduate Institute. En 2011, il rejoint Google South Africa en tant qu’analyste commercial.

Il y occupera plusieurs postes stratégiques jusqu’en 2017 : responsable des solutions publicitaires YouTube pour l’Afrique subsaharienne, responsable YouTube mobile pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique (EMEA), puis responsable commercial pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA).

Melchior Koba

Edité par : Feriol Bewa

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De la salle de formation aux instances gouvernementales, elle construit une approche locale de la cybersécurité. Une vision où le savoir devient le premier rempart contre les risques du numérique.

Nathalie Kienga (photo) est une experte congolaise en cybersécurité et en souveraineté numérique. Elle est la fondatrice et présidente de la fondation Africa Cyber Education, une organisation non gouvernementale engagée dans la promotion d’un usage sûr, inclusif et responsable du numérique en Afrique.

Fondée en 2022, Africa Cyber Education mène des actions concrètes de formation et de sensibilisation à la cybersécurité, en ciblant en priorité les publics les plus vulnérables ou les moins familiarisés avec les outils numériques. Ses activités reposent sur plusieurs programmes éducatifs adaptés à différents profils.

Le premier, intitulé Mwasi Cyber ou Les Marguerites, s’adresse aux femmes et aux jeunes filles. Il vise à « améliorer le bien-être socio-économique des filles et des femmes, en leur offrant une formation en cybersécurité, un mentorat et des possibilités de stage ou d'observation au poste de travail ».

Le deuxième programme, Batoto, est destiné aux enfants, considérés comme particulièrement exposés aux risques liés à l’usage d’Internet. À travers diverses actions de sensibilisation, il leur apprend à naviguer en ligne de manière prudente et responsable.

La fondation agit également auprès des personnes âgées avec le programme Cyber Senior, conçu pour leur enseigner les bases essentielles de la sécurité numérique, les bonnes pratiques à adopter et les moyens d’éviter les fraudes en ligne.

Enfin, le programme Cyber Parents accompagne les parents dans la compréhension des outils numériques et des règles de cybersécurité, afin qu’ils puissent mieux encadrer et protéger leurs enfants dans leurs usages du numérique.

Parallèlement à son engagement associatif, Nathalie Kienga occupe le poste de responsable de la cybersécurité à la présidence de la République démocratique du Congo (RDC). Elle assure également la fonction de coordonnatrice nationale du programme de cybersécurité de l’Union internationale des télécommunications (UIT).

En 2021, elle a fondé l’Institut africain de la cybersécurité et de la sécurité des infrastructures (I-CSSI). Ce dernier propose des formations ouvertes à tous les étudiants souhaitant se spécialiser dans la cybersécurité et la sûreté des systèmes d’information.

Diplômée de l’École de guerre économique en France, où elle a obtenu un master en cybersécurité, Nathalie Kienga débute sa carrière professionnelle en 2013 comme spécialiste en cybersécurité chez Systemis Cybersécurité. Elle rejoint ensuite, en 2019, le Groupe Crédit Agricole en Suisse en tant que responsable de la sécurité de l’information, avant d’occuper, entre 2021 et 2022, le poste de responsable du développement des projets à la Chambre de commerce Suisse-RDC.

En 2025, elle a reçu le Women in Tech Global Tech Diplomacy Award. Elle figure, en 2026, parmi les 50 femmes africaines les plus influentes, selon la Powerlist publiée par Forbes Afrique, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Melchior Koba

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Elle mise sur la formation pour ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles aux femmes. Son approche combine apprentissage technique, accompagnement et accès réel au marché du digital.

Selma Ndi (photo) est une développeuse web et entrepreneuse camerounaise. Elle est la CEO de Data Girl Technologies, une structure éducative et numérique qu’elle a cofondée en 2019 avec Frida Eposi. Cette organisation se consacre à l’initiation et à l’accompagnement des jeunes filles et des femmes dans le domaine du numérique.

La mission de Data Girl Technologies est de préparer ses apprenantes à des carrières dans les métiers du numérique en renforçant leurs compétences techniques, leur confiance en elles et leur compréhension des opportunités offertes par ce secteur. L’organisation cherche aussi à créer un environnement dans lequel les participantes sont soutenues, guidées et connectées à des possibilités concrètes de stages, d’emplois ou de collaborations professionnelles.

L’un des axes majeurs de l’entreprise repose sur la formation pratique aux compétences numériques pour les filles au Cameroun. Ses ateliers et programmes couvrent un large éventail de thématiques, allant des bases de l’informatique à des modules plus avancés. Les participantes y découvrent notamment la création de sites web, la programmation, la conception d’interfaces et d’autres disciplines liées au développement de solutions en ligne. Des sujets essentiels comme la sécurité numérique et l’usage responsable des technologies y sont aussi abordés.

En parallèle, Data Girl Technologies opère comme une agence digitale accompagnant les entreprises et porteurs de projets dans leur visibilité en ligne. Elle conçoit des sites internet pour aider les marques à se distinguer et à mieux commercialiser leurs produits ou services. Son équipe met en place des solutions de communication visuelle et numérique intégrées, travaillant sur l’image de marque, les supports en ligne et les outils de fidélisation client.

Selma Ndi est diplômée de l’Université de Buea, où elle a obtenu en 2011 un bachelor en comptabilité. Elle est aussi titulaire d’un master en gestion et marketing obtenu en 2015 à The ICT University au Cameroun.

De 2021 à 2024, elle a été mentor technologique au sein de CareerFoundry, une école en ligne spécialisée dans l’accompagnement à la reconversion professionnelle vers les métiers du numérique. Parallèlement, elle a occupé le poste de responsable des opérations chez Women in Blockchain Africa, une plateforme dédiée à la sensibilisation à la blockchain et à l’autonomisation des jeunes filles et des femmes.

Melchior Koba

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Dans un paysage EdTech largement dominé par les langues internationales, Kukubela se positionne sur un segment encore peu exploré : l’apprentissage des langues africaines.

Kukubela est une plateforme d’apprentissage en ligne développée par une startup angolaise. Elle propose des cours dédiés à plusieurs langues parlées en Angola et en Afrique centrale, notamment le kimbundu, le kikongo, l’umbundu, le tshokwé ou encore le lingala.

L’application s’appuie sur des contenus conçus par des locuteurs natifs, avec l’objectif d’offrir un apprentissage à la fois linguistique et culturel. La startup, basée à Luanda, a été fondée en 2023 par António Nicolau (photo).

« L'engagement est le plus fort parmi les utilisateurs de la diaspora qui cherchent à renouer avec leur identité culturelle, ainsi que parmi les Angolais qui souhaitent formaliser la connaissance des langues qu'ils ont entendues en grandissant mais qu'ils n'ont jamais étudiées de manière formelle », a indiqué M. Nicolau.

L’application est disponible sur iOS et sur Android, où elle a été téléchargée plus de 5000 fois, selon le Google Play Store. Contrairement aux applications classiques, centrées sur la grammaire, Kukubela adopte une approche immersive. Les modules intègrent des éléments culturels tels que des proverbes, des récits traditionnels ou encore des dialogues du quotidien afin de contextualiser l’apprentissage.

La plateforme propose également des fonctionnalités interactives telles qu’un dictionnaire intégré, un traducteur, des contenus audio pour la prononciation, ainsi qu’un espace communautaire permettant aux utilisateurs d’échanger avec des enseignants et d’autres apprenants. Pensée pour un usage mobile, l’application mise sur des formats courts (quelques minutes par session) afin de s’adapter aux contraintes des utilisateurs. Elle revendique déjà plusieurs dizaines de milliers d’utilisateurs à travers le monde, notamment au sein des diasporas africaines.

« Nous comptons actuellement plus de 35 000 utilisateurs enregistrés, répartis entre l’Angola et la diaspora africaine à l’étranger (principalement au Portugal, au Brésil, au Royaume-Uni et en France). Nous avons environ 220 abonnés actifs payants en Angola et au sein de la diaspora, ainsi qu’un petit nombre d’utilisateurs en phase d’essai », a déclaré António Nicolau.

Au-delà de l’apprentissage linguistique, Kukubela s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation du patrimoine culturel africain. En numérisant des langues souvent peu présentes dans les solutions technologiques, la solution participe à leur préservation tout en facilitant leur transmission. Dans un contexte de montée en puissance des plateformes d’apprentissage en ligne en Afrique, la plateforme illustre une tendance émergente : celle de plateformes africaines qui investissent des niches culturelles pour proposer des solutions adaptées aux réalités locales et aux besoins des diasporas.

Adoni Conrad Quenum

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Il développe un système où intelligence artificielle et gestion scolaire s’entremêlent pour offrir aux établissements un pilotage en temps réel.

Claude Dimo est un data scientist et un entrepreneur camerounais. Il est un cofondateur et le directeur général de Studirium, une start-up de technologie éducative qui utilise l’intelligence artificielle pour numériser l’écosystème scolaire.

Fondée en 2024, Studirium est une plateforme en ligne qui aide les établissements scolaires à mieux organiser et suivre la vie de leur école, aussi bien en Afrique qu’en Europe. Elle revendique aujourd’hui plusieurs centaines d’établissements, de membres du personnel et des milliers d’apprenants connectés à son espace numérique.

Accessible depuis une application web et mobile, la plateforme permet à chaque établissement de s’enregistrer via un formulaire dédié recueillant les informations essentielles de l’école. Une fois la validation effectuée, Studirium attribue un matricule et un mot de passe servant d’identifiants pour accéder à l’espace de gestion. Ce portail centralisé donne ensuite accès à l’ensemble des données de l’établissement (structures, classes, personnels et apprenants) stockées et sécurisées sur la plateforme.

Conçue pour refléter la diversité de la communauté scolaire, Studirium prend en compte différents profils : responsables d’établissement, enseignants, personnels administratifs et apprenants. Les données relatives à ces acteurs sont structurées de manière à être aisément consultables par les personnes autorisées. L’objectif est d’offrir aux établissements une vision globale et dynamique de leur fonctionnement quotidien.

Claude Dimo est titulaire d’une licence en matière condensée et physique des matériaux, obtenue en 2017 à l’Université de Dschang. Il a ensuite poursuivi ses études à l’Université de Lorraine, en France, où il a obtenu un master en sciences physiques en 2018, puis un doctorat en physique numérique, sciences informatiques et de l’information en 2021. Entre 2022 et 2025, il était un chercheur postdoctoral à l’université de Kaiserslautern, en Allemagne.

Melchior Koba

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Avec plus de deux millions d’enfants hors école et un enseignement supérieur en quête de modernisation, le gouvernement malien mise sur un partenariat avec Orange Mali pour accélérer la transition numérique des campus.

Lors d’une audience accordée le vendredi 13 mars au nouveau directeur général d’Orange Mali, M. Leyti N’Diaye, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Bouréma Kansaye, a réaffirmé la volonté du gouvernement d’approfondir la collaboration avec l’opérateur télécom. D’après le communiqué officiel du gouvernement malien, quatre chantiers ont structuré les discussions, à savoir la connectivité des universités, la digitalisation de l’enseignement, le développement de bibliothèques numériques et la création d’une Université numérique. Ce dernier projet, présenté comme prioritaire, vise à « moderniser et à élargir l’accès à l’enseignement supérieur au Mali ».

Le ministre a mis l’accent sur l’importance stratégique d’Orange Mali dans le développement numérique du pays, saluant la qualité du partenariat existant entre l’opérateur et son département. Le directeur général, lui, a présenté sa visite comme une démarche de prise de contact destinée à consolider cette coopération. Au‑delà du protocole, l’ambition est plus large. Connectivité des campus, ressources documentaires en ligne et enseignement à distance doivent, ensemble, réduire le manque d’accès, l’obsolescence pédagogique et le décalage persistant entre formations et emplois.

Un pari sur l’avenir dans un contexte éducatif sous pression

Cette initiative prend forme dans un contexte marqué par de profondes fragilités. Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), plus de deux millions d’enfants maliens âgés de 5 à 17 ans ne vont toujours pas à l’école, et plus de la moitié des jeunes de 15 à 24 ans sont analphabètes. La situation s’est aggravée avec l’insécurité. D’après les données de la Cellule de planification et de statistiques du secteur de l’éducation, 2036 écoles étaient fermées en juin 2025, privant de scolarisation quelque 610 800 enfants.

À l’université, la pression est tout aussi forte. Selon le Bulletin statistique de la Direction générale de l’enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (DGESRS), les effectifs des établissements publics sont passés de 88 379 étudiants en 2019-2020 à 147 855 en 2021-2022, soit une progression de près de 39 % en deux ans. Une croissance rapide, mais encore trop peu inclusive. La part des femmes dans l’enseignement supérieur, bien qu’en hausse, ne dépassait pas 37,98 % en 2021-2022.

Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement supérieur au Mali reste parmi les plus bas du continent. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) l’estimait à 3 % pour les femmes et 6 % pour les hommes en 2019, dernières données disponibles pour le Mali. À titre de comparaison, ce taux atteignait 9 % en Afrique subsaharienne, loin des 42 % à l’échelle mondiale en 2024. Un écart qui mesure l’ampleur du chemin à parcourir. Les États généraux de l’éducation, tenus en janvier 2024, avaient d’ailleurs conclu à la nécessité d’une transformation fondamentale du système, notamment sur la qualité de l’enseignement, l’intégration des technologies et la formation des enseignants.

Le partenariat avec Orange Mali, s’il se concrétise, pourrait constituer un premier pas dans cette direction. Si l’élan est réel, les modalités concrètes, les échéances et les budgets restent à préciser, et c’est la formalisation d’un cadre opérationnel qui dira si cet accord de principe se traduit en actes.

Félicien Houindo Lokossou

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Il veut donner aux enfants les moyens d’expérimenter, d’imaginer et d’apprendre autrement. Sa démarche mêle technologie, apprentissage et autonomie des jeunes apprenants africains.

Rachid Ali Osinachi (photo) est un designer d’objets industriels et entrepreneur béninois. Il est le directeur général de Steamy Academy, une entreprise de technologies éducatives qu’il a fondée avec Térakh Sourokou, Gildas Chabi Chadrac et Maryam Ali Gadzama. Steamy conçoit un écosystème complet d’apprentissage des sciences et du numérique destiné aux enfants.

Le projet STEAMY voit le jour en 2016, lorsque Rachid Ali Osinachi commence à développer ses premiers prototypes de cartes électroniques adaptées à l’enseignement des STEAM (sciences, technologie, ingénierie, arts et mathématiques). En parallèle, il anime des formations et constate un besoin urgent d’outils pédagogiques accessibles, pratiques et adaptés aux réalités locales.

« Si vous avez fait le collège ou le lycée ici, vous avez probablement été confronté à des laboratoires de physique ou de technologie peu ou pas équipés, à des salles informatiques sans ordinateurs, voire à l’absence totale de salles dédiées, faute de budget pour mettre en place ces infrastructures souvent très coûteuses », a-t-il confié à We Are Tech Africa.

Steamy propose un parcours d’apprentissage progressif et concret. Avec Steamy Learn, sa plateforme d’e-learning, les enfants découvrent pas à pas les bases des sciences, de l’électronique, de la robotique et du numérique. Grâce aux kits STEAMY, ils apprennent, dès l’âge de six ans, à construire, manipuler et tester leurs propres créations, transformant la théorie en expérience pratique. Enfin, Steamy Events complète cet univers. À travers des ateliers, des compétitions et des événements, les enfants sont amenés à collaborer, développer leur créativité et relever des défis réels et actuels.

Issue en 2025 de la pépinière Tech It All, fondée en 2020 par Rachid Ali Osinachi, Steamy Academy a rejoint la même année la deuxième cohorte du Mastercard Foundation EdTech Fellowship. La start-up a déjà formé plus de 10000 apprenants et vendu plus de 500 kits. Elle prévoit d’étendre ses activités au Togo, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Niger d’ici 2028.

Hormis cette aventure, Rachid Ali Osinachi a cofondé en 2017 Adiyeaba, une start-up de technologie agricole spécialisée dans les systèmes de contrôle intelligents et connectés, où il a occupé le poste de directeur technique jusqu’en 2020. Diplômé de l’École de design Nantes Atlantique, il y a obtenu en 2025 un master en design digital.

Entre 2017 et 2019, il a également été chef de projet au WoeLab, un laboratoire d’innovation sociale et technologique basé au Togo. En parallèle, il a travaillé comme consultant au Blolab Bénin, un atelier de fabrication numérique, et comme concepteur 3D à l’Agence DYS, une agence de marketing digital (2018–2020).

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Dans un contexte mondial marqué par l’économie de la connaissance et l’innovation, l’Algérie accélère la modernisation de son enseignement supérieur. L’installation d’une commission dédiée traduit la volonté de structurer le passage vers un modèle universitaire 4.0, plus numérique et tourné vers l’employabilité.

En Algérie, l’Université de la formation continue (UFC) a officiellement installé une commission chargée de piloter sa transition vers l’université dite de « quatrième génération » (4.0). Selon Algérie Presse Service (APS), qui a relayé l’information ce jeudi 12 mars, cette démarche « reflète l’orientation du secteur vers l’accompagnement des mutations technologiques mondiales et le renforcement du rôle de l’université dans le domaine de l’innovation ».

L’établissement public dédié à l’enseignement à distance y voit « une étape vers l’édification d’une université intelligente et innovante, capable de relever les défis de l’avenir et de contribuer efficacement au développement national et à l’économie de la connaissance ».

La commission s’appuie sur un socle numérique déjà bien avancé. En septembre 2025, lors de la Semaine nationale de l’enseignement numérique, le recteur Yahia Djaafri avait indiqué que l’UFC avait formé plus de 800 enseignants aux technologies de l’information et de la communication, finalisé 683 cours en ligne, dont 120 en anglais, et déployé 68 plateformes numériques dédiées aux étudiants. Sa formalisation en instance institutionnelle lui confère désormais les moyens d’aller plus loin.

Ce chantier s’inscrit dans une dynamique sectorielle plus large. Pour l’année universitaire 2024/2025, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique recense 1 530 230 étudiants, dont 938 673 femmes (63 %). Un volume qui traduit à la fois la massification du système et l’urgence d’en moderniser les contenus.

Sur le plan de la visibilité internationale, la trajectoire est nette. Avec 46 établissements référencés dans le classement QS Arab Region 2026, contre 17 en 2025 et 14 en 2024, l’Algérie se hisse au premier rang du Maghreb et du monde arabe en nombre d’universités classées. Il reste à convertir cette dynamique en employabilité concrète, défi central que le modèle 4.0 de l’enseignement supérieur est précisément appelé à relever.

Félicien Houindo Lokossou

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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