En Afrique, la mobilisation citoyenne et le tissu associatif se heurtent fréquemment aux barrières tarifaires des plateformes traditionnelles. Pour y répondre, ce Sud‑Africain propose une solution, conçue pour libérer le potentiel de financement des acteurs de terrain et stimuler l’entraide locale.
L’entrepreneur sud‑africain Dario Eugenio (photo) est le directeur général de MILLI, une plateforme de financement participatif cofondée en 2023 aux côtés de son professeur, le Dr Peter Konhäusner.
Conçue pour simplifier la collecte de fonds, MILLI permet aux particuliers, aux communautés et aux organisations de lancer une campagne en quelques minutes seulement, grâce à un processus intuitif en trois étapes : raconter son histoire, définir un objectif financier et illustrer le projet avec des images. Une fois la collecte en ligne, les utilisateurs peuvent la partager par courriel, messagerie ou sur les réseaux sociaux pour maximiser sa visibilité, suivre les contributions en temps réel et transférer directement les fonds vers leur compte bancaire.
Contrairement aux plateformes traditionnelles qui prélèvent un pourcentage sur chaque don, MILLI applique un tarif fixe unique de 1000 rands sud‑africains (environ 60 dollars), quel que soit le montant total récolté. Une approche qui, selon l’entreprise, garantit aux porteurs de projets de conserver la quasi‑totalité des sommes perçues.
Au‑delà de la dimension financière, la start‑up mise sur la solidarité nationale en s’appuyant sur une communauté active de donateurs prêts à soutenir des causes variées, principalement axées sur l’humain, le social et le développement communautaire.
« Nous ne nous contentons pas d’héberger des campagnes, nous contribuons à leur financement grâce à notre audience et à nos partenaires », a confié Dario Eugenio à Disrupt Africa. « La plateforme s’articule autour de la narration, de la vidéo et du partage sur les réseaux sociaux, permettant ainsi aux utilisateurs de créer des campagnes captivantes et de les diffuser efficacement. Notre conviction fondamentale est simple : de meilleures histoires génèrent davantage de financements ».
Pour renforcer cette accessibilité, MILLI se décline en une application mobile (iOS et Android). Cet outil permet de piloter ses collectes directement depuis un smartphone, qu’il s’agisse de suivre l’évolution des dons, de recevoir des notifications instantanées ou de communiquer directement avec les soutiens.
Côté parcours, Dario Eugenio affiche un profil académique pluridisciplinaire. Il est diplômé de l’Université de Pretoria où il a obtenu en 2020 un bachelor en psychologie et relations internationales. Il a complété son cursus l’année suivante par un second bachelor en psychologie obtenu à la South African College of Applied Psychology. Il est titulaire d’un master en leadership au service de la transformation numérique obtenu en 2023 à la GISMA University of Applied Sciences.
Melchior Koba
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Les barrières financières et linguistiques privent encore trop d’élèves d’un suivi scolaire de qualité. C’est face à cette fracture éducative que cette Sud‑Africaine déploie une solution numérique inclusive.
Tshaamano Mabuba (photo) est une entrepreneure edtech sud‑africaine. Elle est la fondatrice et directrice générale de Buddy Learning, une start‑up spécialisée dans l’accompagnement scolaire et l’accès à l’éducation.
Fondée en 2022, Buddy Learning conçoit des solutions innovantes pour les élèves, les parents, les écoles et les entreprises. Son ambition est de simplifier l’apprentissage et ouvrir de nouvelles opportunités de développement des compétences pour tous.
Conçue comme un écosystème éducatif complet, la plateforme Buddy Learning propose des ressources pédagogiques adaptées à tous les niveaux, de la maternelle à l’université. Les contenus y sont structurés de manière intuitive afin de permettre aux familles de trouver rapidement les outils correspondant à chaque étape du parcours scolaire.
L’une des forces de la plateforme réside dans sa capacité à connecter les familles avec des tuteurs qualifiés, baptisés les « Buddies ». Ce service de mentorat sur mesure s’adresse aux élèves en difficulté ou à ceux qui souhaitent perfectionner leurs résultats académiques, permettant aux parents de sélectionner le profil d’accompagnateur idéal pour leur enfant.
Pour lever les barrières financières, linguistiques et technologiques, Buddy Learning a également développé BuddyAI. Cet assistant éducatif, directement intégré à WhatsApp, permet aux élèves de poser des questions, d’obtenir des explications claires et de réaliser des exercices interactifs, le tout depuis un simple téléphone portable.
Parallèlement à sa casquette d’entrepreneure, Tshaamano Mabuba est présentatrice de télévision pour SuperSport Schools, un média spécialisé dans la production et la diffusion de contenus sportifs scolaires. Elle est diplômée de l’Université du Cap, où elle a obtenu un bachelor en sciences actuarielles en 2022. Elle est aussi titulaire d’un bachelor en science des données et analyse commerciale obtenu en 2025 à là University of London en Angleterre.
Son parcours professionnel témoigne de sa polyvalence. Elle commence sa carrière en 2019 comme assistante administrative chez Super Group, un leader de la logistique et de la mobilité. Plus récemment, entre janvier 2025 et mars 2026, elle a mis ses compétences analytiques au service de la transmission en enseignant les mathématiques à la prestigieuse Jeppe High School for Girls.
Melchior Koba
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Alors que les métiers de la donnée et de l’intelligence artificielle s’imposent partout, s’orienter dans cet écosystème reste un parcours du combattant. C’est pour répondre à ce défi de taille que ce Nigérian a conçu une plateforme stratégique dédiée à l’accompagnement des carrières.
Raji Kudus Adewale (photo) est un data product manager et entrepreneur nigérian. Il est le fondateur et responsable produit de DeDataHub, une plateforme conçue pour accompagner les personnes souhaitant évoluer dans les secteurs de la donnée et de l’intelligence artificielle.
Fondée en 2024, DeDataHub est née d’un constat clair : face au manque d’accompagnement, de visibilité sur les opportunités et de soutien professionnel, de nombreux talents abandonnent leur reconversion dans la tech. Pour y remédier, la start‑up aide les apprenants et les professionnels à décrypter le marché du travail, à monter en compétences et à bâtir une stratégie de carrière alignée sur leurs ambitions.
La plateforme se distingue par un accompagnement de haut niveau, démocratisant des conseils jusqu’alors réservés aux réseaux professionnels fermés ou aux consultants spécialisés. L’objectif est de permettre aux utilisateurs de cerner précisément les attentes des recruteurs, d’identifier les compétences clés et de maximiser leur employabilité.
DeDataHub propose plusieurs outils destinés à accompagner les utilisateurs dans leur progression. Parmi eux figurent des conseillers virtuels capables de suggérer des parcours adaptés au profil et aux objectifs de chaque utilisateur. La start‑up indique également offrir des recommandations de compétences, des analyses des offres d’emploi, des retours sur les projets réalisés et un accompagnement pour préparer les entretiens professionnels.
Un autre aspect mis en avant par la plateforme concerne le suivi du marché de l’emploi. DeDataHub affirme analyser les besoins des recruteurs afin d’aider les utilisateurs à apprendre les compétences les plus demandées et éviter de perdre du temps sur des sujets moins utiles pour leur carrière.
Parallèlement à DeDataHub, Raji Kudus Adewale anime depuis 2024 le podcast Tech Journey With DeDataDude. À travers des partages d’expériences et des témoignages inspirants, il y propose des plans d’action concrets pour réussir dans l’écosystème technologique. Expert chevronné, il occupe actuellement le poste de responsable produit chez JPMorganChase, le géant financier américain.
Raji Kudus Adewale est diplômé en 2019 de l’Université fédérale de technologie d’Akure (FUTA), où il a obtenu un Bachelor en télédétection et systèmes d’information géographique. Il a ensuite complété son cursus par un Master en gestion des affaires internationales à l’Université Glasgow Caledonian en Écosse.
Avant de se lancer dans l’entrepreneuriat, il a notamment travaillé comme data scientist chez Milsat (2023–2024), une entreprise nigériane spécialisée dans la donnée. Parallèlement, il a été ingénieur en solutions d’IA générative chez Dana Consulting, un cabinet américain de services et conseil aux entreprises.
Melchior Koba
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Du conseil au sein des grands groupes européens à l’aventure entrepreneuriale, il s’est donné pour mission de transformer le quotidien des organisations. Il sécurise la performance des outils numériques d’entreprises européennes et africaines.
Pierre Kanoha (photo) est un expert en test logiciel et un entrepreneur franco‑congolais. Il fonde en 2021 Ayokai, une entreprise technologique basée en Europe et en Afrique et qui accompagne les organisations dans la création, l’optimisation et le suivi de leurs outils numériques.
Qu’il s’agisse de sites web, d’applications mobiles ou de solutions internes, Ayokai aide les entreprises à détecter les anomalies techniques et à stabiliser leurs plateformes avant leur mise en service. Au‑delà de l’assurance qualité, elle conçoit des solutions de développement numérique sur mesure, simples et intuitives, adaptées aux réalités des marchés africains et européens.
Pour soutenir les petites et moyennes entreprises africaines, la start‑up a notamment lancé en 2024 Kokamba, un progiciel de gestion intégré (ERP). Ce système permet de piloter depuis un tableau de bord unique l’ensemble des opérations : comptabilité, facturation, ressources humaines, paie et reporting financier. Pensé pour s’adapter aux exigences réglementaires régionales, l’outil intègre également un mode hors‑ligne, un atout crucial pour les entreprises évoluant dans des zones à connectivité limitée.
Parallèlement à ses activités entrepreneuriales, Pierre Kanoha occupe le poste de responsable du programme d’exploitation et maintenance chez STET, un opérateur de services de paiement en France. Diplômé de l’Université de Rennes, il y a obtenu un bachelor en économie et gestion d’entreprise en 2010, avant de décrocher un master en management de l’entreprise innovante en 2012.
Son expertise s’est forgée au sein de grands groupes. Il a travaillé en 2014 chez Capgemini comme consultant en tests et assurance qualité. En 2022, il devient responsable de l’assurance qualité chez ODDO BHF, un groupe financier européen. De 2024 à 2025, il a travaillé comme responsable stratégique de l’assurance qualité chez Accor, un groupe spécialisé dans l’hôtellerie et la restauration.
Melchior Koba
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Alors que les classes moyennes africaines cherchent massivement à diversifier leurs placements, l’écosystème technologique régional voit émerger des alternatives concrètes aux circuits bancaires classiques.
Hakiza Ronald (photo) est un entrepreneur tech ougandais. Il est cofondateur et directeur général de Vestafi, une plateforme privée de coacquisition immobilière qui souhaite rendre l’accès à la propriété plus simple et plus accessible en Afrique de l’Est.
Fondée en 2025, Vestafi repose sur un modèle de cercles privés : les membres unissent leurs capacités financières pour acquérir des logements, puis perçoivent une quote-part des revenus locatifs générés. Selon l'entreprise, plusieurs biens de son portefeuille sont déjà exploités et distribuent des dividendes aux participants.
Pour préserver la qualité de son réseau, Vestafi a opté pour un modèle sélectif, accessible uniquement sur invitation. L'inscription est simple : les candidats doivent soumettre une demande d'adhésion, examinée manuellement par l'équipe. Une fois le profil validé, le membre accède à un espace privé où il peut consulter les fiches détaillées des appartements disponibles, puis choisir librement ses actifs et le montant de son engagement.
Hakiza Ronald est un membre du conseil d’administration de Golden Boots Uganda, une organisation qui met en place des programmes communautaires dans les domaines de la santé, du sport, et de l’insertion professionnelle. Avant Vestafi, il a cofondé en 2016 UgaBus, une start-up spécialisée dans les technologies de voyage.
Diplômé de l’université de Makerere, il commence sa carrière professionnelle en 2010 comme chef de projet chez Straight Talk Foundation, une organisation spécialisée dans la communication au service du changement social. De 2017 à 2025, il était un membre du comité consultatif de Mr. Gift Uganda, une solution de livraison de fleurs sur le dernier kilomètre.
Melchior Koba
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Figure de la tech africaine, il mise sur le numérique pour redynamiser l'événementiel local et le tissu social. Il déploie des solutions mobiles conçues pour interconnecter les territoires.
Benoit Ngabonziza (photo) est un entrepreneur tech et consultant rwandais. Il est cofondateur et directeur général de CityMoshi, une plateforme numérique pensée pour aider les utilisateurs à découvrir, créer et rejoindre des événements physiques organisés autour d’eux.
Fondée en 2024, CityMoshi est une application mobile conçue pour interconnecter les individus à travers des expériences réelles. La plateforme permet de découvrir, créer et rejoindre des événements physiques locaux, stimulant ainsi le tourisme, l'hospitalité et les rencontres sociales à l'échelle régionale et internationale.
L'application offre des fonctionnalités complètes tant pour les particuliers en quête d'activités culturelles et de sorties que pour les organisateurs. Ces derniers disposent d'outils intuitifs pour planifier des rassemblements privés ou communautaires, gérer les invitations et suivre les retours des participants. De plus, CityMoshi intègre un espace dédié à la conservation des souvenirs, permettant aux utilisateurs de revivre leurs expériences passées.
Parallèlement à ses activités dans la tech, Benoit Ngabonziza est associé gérant de BeneDico Consult, un cabinet spécialisé dans la propriété intellectuelle, le commerce et l'investissement. Passionné par l'identité du continent, il a également fondé Ikiringo Africa Culture Hub, une entreprise sociale dédiée à la promotion du patrimoine culturel de l'Afrique subsaharienne.
Il est diplômé de la Volodymyr Dahl East Ukrainian National University où il a obtenu en 2014 un master en économie internationale et propriété intellectuelle. Il est titulaire d’un doctorat en gestion internationale obtenu en 2024 à la Geneva Business School.
Sa carrière débute en 2015 au ministère de la Jeunesse et des TIC en tant que directeur de l’autonomisation des jeunes et de la coordination des programmes. En 2017, il poursuit cet engagement au sein du ministère de la Jeunesse comme directeur de l'autonomisation économique des jeunes.
Son expertise l'amène ensuite vers les organisations internationales. Nommé consultant pour le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en 2021, il a par la suite officié comme expert national en entrepreneuriat pour Expertise France au Rwanda entre 2022 et 2023.
Melchior Koba
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De la diplomatie au code, elle multiplie les casquettes pour accélérer la transition numérique régionale. Sa plateforme de formation propose des parcours adaptés aux réalités locales, du niveau débutant aux compétences avancées.
Laetitia Sêssi Agassa (photo) est une entrepreneure et développeuse web béninoise. Elle est la fondatrice et directrice générale de Kankode, une plateforme d’apprentissage en ligne conçue pour démocratiser l’accès aux compétences numériques en Afrique de l’Ouest.
Fondée en 2025, Kankode s’adresse à plusieurs profils. Les étudiants peuvent y acquérir des compétences utiles pour leurs études et leur avenir professionnel. Les artisans et commerçants y trouvent des outils pour mieux gérer et développer leurs activités. Les personnes en reconversion peuvent également découvrir de nouveaux métiers liés au numérique grâce à des parcours progressifs.
La plateforme organise son offre autour de trois grands parcours. Le premier permet de découvrir les bases du numérique, notamment l’utilisation d’Internet et des outils numériques essentiels. Le deuxième aide les entrepreneurs et commerçants à utiliser le numérique pour vendre, communiquer et mieux gérer leurs activités. Le troisième parcours est consacré aux métiers du numérique et propose des formations plus avancées pour acquérir des compétences recherchées dans le secteur technologique.
Kankode mise sur une méthode d’apprentissage simple et pratique. Les cours reposent sur de courtes vidéos, des exercices interactifs et des quiz afin de faciliter la compréhension. Les contenus sont conçus pour être accessibles même aux débutants qui n’ont jamais utilisé certains outils numériques auparavant. La plateforme encourage également un apprentissage à son propre rythme.
Membre de la communauté eTradeforWomen, Laetitia Sêssi Agassa est cofondatrice et cheffe de projet de BSM groupe, une entreprise de communication et de marketing numérique. Elle est ambassadrice d’isahit, une plateforme d’étiquetage éthique des données pour l’IA, basée en France.
Elle est diplômée de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) d’Abomey‑Calavi au Bénin, où elle a obtenu en 2017 un bachelor en diplomatie et relations internationales. Elle a commencé sa carrière professionnelle en 2016 comme rédactrice indépendante.
En 2017, Laetitia Sêssi Agassa devient traductrice anglais‑français en freelance. En 2020, elle rejoint Botamp, une entreprise technologique, en tant que développeuse web. En 2023, elle devient mentor pour développeurs de logiciels chez ADPlist, une communauté internationale qui s’est donné pour mission de démocratiser le mentorat pour tous.
Melchior Koba
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L’émergence du gaming et de l’esport en Afrique ouvre de nouvelles perspectives pour l’insertion des jeunes et l’innovation technologique. À travers ses initiatives, cet entrepreneur montre comment des solutions locales peuvent positionner le continent dans ce secteur.
Kofi Sika Latzoo (photo) est un entrepreneur culturel togolais, pionnier des industries créatives, du gaming et de la numérisation de l’art, basé principalement au Sénégal. Il est le fondateur et le directeur créatif de Gamecampcities, une agence africaine spécialisée dans l’univers du jeu vidéo, de l’esport et des expériences numériques.
Fondée en 2012, Gamecampcities intervient dans plusieurs domaines. Elle propose des services de design graphique, de création d’identité visuelle et de communication de marque. Elle accompagne également les entreprises et les organisations dans la promotion de projets liés au jeu vidéo grâce au marketing numérique, aux relations publiques et à la gamification, une méthode qui utilise les mécanismes du jeu pour rendre une activité plus interactive et engageante.
Gamecampcities est aussi active dans le secteur de l’esport. L’agence travaille sur l’éducation autour des compétitions de jeux vidéo, l’accompagnement des équipes esportives et le conseil juridique pour les acteurs du secteur. Elle organise également des événements physiques et numériques, des retransmissions en direct et des productions audiovisuelles.
Depuis sa création, Gamecampcities a multiplié les initiatives historiques à travers l’Afrique. Dès 2013, l’agence a propulsé des studios africains sur la scène internationale lors de la Game Developers Conference en Californie. La même année, elle marquait l’histoire locale en organisant le tout premier tournoi sénégalais du jeu League of Legends.
Kofi Sika Latzoo est chercheur invité à l’université du Texas à Dallas. Il est cofondateur et directeur général créatif de Gamecampcities Financial, qui depuis 2023 fournit des services d’éducation financière aux gamers africains. Il est également cofondateur et directeur créatif de Musel, un cabinet de conseil lancé en 2019 en Allemagne et spécialisé dans la numérisation des galeries, bibliothèques, archives et musées.
Il est consultant senior international en gamification pour la Société allemande de coopération internationale (GIZ). Il est aussi titulaire d’un diplôme professionnel en marketing numérique, sponsoring et communication dans le domaine du sport, obtenu en 2015 au Barça Innovation Hub.
Kofi Sika Latzoo commence sa carrière professionnelle en 2003 comme graphiste junior chez Moustique Web Design Video, un studio de graphisme sénégalais. De 2011 à 2019, il était responsable de la section sénégalaise de l’Association internationale des développeurs de jeux vidéo (IGDA). Entre 2018 et 2023, il a été chargé de cours de design et esport à la KEDGE Business School en France.
Melchior Koba
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Après l’industrie, il s’attaque à la modernisation des rencontres d’affaires en Algérie. En connectant organisateurs et exposants sur une interface unique, il transforme la collecte de données et le suivi des flux en leviers de performance stratégiques.
Cofondateur et directeur général de la start-up algérienne ScanEvent, El Bechir Mohamed Ahmed (photo) s’est donné pour mission de moderniser la gestion des rencontres professionnelles. Lancée en 2025, sa plateforme numérique centralise l’organisation et le suivi des salons, foires et conférences, remplaçant les processus manuels obsolètes par un écosystème fluide.
ScanEvent s’adresse à l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur : organisateurs, entreprises, exposants et visiteurs. L’outil permet de transformer des événements souvent complexes en expériences interactives et facilement analysables grâce à plusieurs fonctionnalités clés.
La plateforme met notamment l’accent sur la gestion des inscriptions. Les organisateurs peuvent enregistrer les participants avant ou pendant l’événement et générer des badges numériques associés à des codes permettant d’identifier rapidement les visiteurs. La plateforme centralise également les informations liées aux participants, aux exposants et aux activités de l’événement depuis un tableau de bord unique.
ScanEvent propose aussi des outils destinés aux exposants et aux entreprises présentes sur les événements. Ceux-ci peuvent récupérer des contacts, suivre les échanges réalisés pendant les salons et accéder à des données permettant de mesurer les résultats de leur participation.
La plateforme intègre également des fonctions de communication. Les organisateurs peuvent envoyer des messages, des notifications et des informations directement aux participants ou aux exposants afin de maintenir le contact avant, pendant et après les événements.
Avant de se lancer dans la tech événementielle, El Bechir Mohamed Ahmed a fait ses premières armes dans le secteur productif en cofondant, en 2020, CMPE Groupe, une start-up spécialisée dans la production industrielle.
Il est diplômé de l’université des sciences et technologies Houari Boumedienne où il a obtenu en 2019 un master en génie mécanique. Il est aussi titulaire d’un master en entrepreneuriat, technologie et innovation obtenu en 2023 à FUTURIS Institute.
Melchior Koba
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Entre robotique et conseil international, il mise sur une pédagogie interactive pour préparer la jeunesse aux mutations de l’économie numérique. À travers sa start-up, il structure un parcours progressif visant à transformer les jeunes utilisateurs en créateurs de technologies.
Muhammad Gawish (photo) est un cofondateur et le directeur général de iSchool, une start-up de technologie éducative. Elle propose des cours en ligne destinés aux jeunes âgés de 6 à 18 ans, avec l’objectif de les préparer aux métiers technologiques de demain grâce à des formations pratiques et progressives.
Depuis sa création en 2018, iSchool se distingue par son approche pédagogique personnalisée. Le modèle repose sur des cours individuels en direct, permettant un accompagnement sur mesure, adapté au rythme de chaque élève. Grâce à un système de suivi intégré, les parents peuvent superviser en temps réel l’évolution des compétences de leurs enfants.
La force de la plateforme réside dans la diversité de ses disciplines : programmation, développement de jeux vidéo et d’applications mobiles, création de sites web, science des données ou encore intelligence artificielle. Pour maximiser l’engagement, la plateforme intègre des univers familiers comme Minecraft, transformant l’apprentissage de la logique informatique en une expérience interactive et ludique.
iSchool organise son programme selon les tranches d’âge et les niveaux scolaires. Chaque groupe suit un parcours d’apprentissage progressif adapté à ses capacités. Les plus jeunes découvrent les bases de la technologie et de la logique informatique, tandis que les plus âgés travaillent sur des projets plus avancés comme le développement d’applications, les jeux en trois dimensions ou les interfaces numériques.
Muhammad Gawish est titulaire d’un diplôme en génie électrique et télécommunications obtenu en 2018 à l’université du Caire. Parallèlement à la direction de iSchool, il est consultant en technologies éducatives en freelance sur Freelancer.com. Il est aussi le coordonnateur du programme international pour les activités de sumo robotique de Fujisoft Incorporated, un fournisseur de solutions informatiques au Japon.
Il a commencé sa carrière professionnelle en 2015 comme responsable en recherche et développement en stage chez AmpereRobotics. En 2017, il a fait un stage de business developer chez The Coca-Cola Company aux États-Unis. En 2019, il rejoint xTool Education (anciennement Makeblock), une entreprise qui propose des solutions edtech, comme consultant en éducation STEAM (science, technologie, ingénierie, art et mathématiques).
En 2015, Muhammad Gawish a remporté la deuxième place au concours NOOR IoT lors du salon Cairo ICT.
Melchior Koba
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Loin des méthodes de gestion traditionnelles, il mise sur l’interconnexion totale des sites de production. Sa plateforme centralise l'intelligence des machines pour traquer les anomalies en temps réel, imposant un nouveau standard de précision dans le secteur manufacturier africain.
Entrepreneur en série sud-africain, Daniel Schwartzkopff (photo) est cofondateur et directeur général de DataProphet. Spécialisée dans l’intelligence industrielle, l’entreprise transforme les données de production en leviers de performance pour le secteur manufacturier.
Fondée en 2014 comme un cabinet de conseil, DataProphet a pivoté pour développer ses propres solutions technologiques. Sa mission est de permettre aux usines de décrypter leur fonctionnement quotidien afin d'éliminer les pertes, les défauts de fabrication et les goulots d'étranglement. En centralisant les informations issues des équipements, la société fournit des outils d'aide à la décision stratégiques pour les opérateurs, les ingénieurs et les gestionnaires de production.
L’entreprise réalise d’abord des évaluations pour mesurer la capacité d’une usine à exploiter ses données. Elle aide ensuite à améliorer la qualité des informations collectées, à regrouper les données provenant de plusieurs équipements et à suivre les performances des lignes de production en temps réel. Elle fournit également des outils de visualisation permettant aux fabricants de mieux surveiller leurs opérations et de détecter rapidement les anomalies.
L’un des produits phares de l’entreprise est DataProphet Connect, une plateforme conçue pour rassembler les données industrielles provenant de différents sites de production au sein d’un même espace. Cette plateforme permet aux équipes industrielles de consulter leurs informations, de créer des tableaux de bord, de recevoir des alertes et d’analyser les performances de leurs équipements.
Diplômé de l’université du Cap où il a obtenu en 2010 un bachelor en ingénierie chimique, Daniel Schwartzkopff n’en est pas à son premier coup d’essai. Dès 2010, il lance FSMS, une startup de services mobiles gratuits. En 2014, il fonde BetVIP, premier site de paris en ligne en bitcoins, qu'il dirige jusqu'en 2015, avant de se consacrer pleinement à l’ascension de DataProphet.
Melchior Koba
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Il propose une infrastructure numérique dédiée à la souveraineté nutritionnelle. En indexant les spécificités des cuisines locales, il transforme les habitudes alimentaires en données exploitables pour améliorer la santé publique sur le continent.
Gilbert Mbeh (photo) est un entrepreneur technologique camerounais. Il est le fondateur et directeur technique de PushNcare, une plateforme numérique dédiée à la nutrition et au bien-être, lancée en 2024.
PushNcare se distingue par sa volonté de concilier santé et traditions. La plateforme met à disposition des utilisateurs des outils d’analyse nutritionnelle spécifiquement adaptés aux habitudes alimentaires du continent. En reliant patients et nutritionnistes, elle rend les conseils de santé plus accessibles et, surtout, plus proches des réalités culturelles africaines.
Le cœur technologique de PushNcare repose sur une base de données colossale de plus de 60 000 plats et ingrédients africains analysés. Des classiques tels que le riz jollof ou le fufu y sont répertoriés pour permettre aux utilisateurs de comprendre précisément leur apport en calories, sucre, sodium, ainsi que leur impact glycémique. L’ambition est claire : offrir une gestion alimentaire personnalisée à partir des repas du quotidien.
Pour simplifier l’expérience utilisateur, la plateforme intègre un système d’analyse intelligent capable de traiter une simple photo ou une description textuelle d’un repas. La plateforme génère alors un bilan nutritionnel détaillé et propose des recommandations ciblées selon des objectifs variés : perte de poids, contrôle glycémique, santé digestive, énergie, nutrition sportive, grossesse, santé cardiaque ou encore régimes faibles en sucre et en sodium.
Au-delà de son expertise en santé numérique, Gilbert Mbeh est coordinateur de programme au sein de la Digital Transformation Initiative for Municipalities in Africa (DTIMA). Cet événement annuel majeur réunit maires, investisseurs et décideurs pour accélérer la transition numérique des villes africaines.
Son parcours d’entrepreneur a véritablement pris son essor en 2019 avec la création d’AbegYa, une société de conseil et de services informatiques. Cependant, il a commencé sa carrière professionnelle en 2008 chez Ecolog International, un prestataire de services intégrés et de solutions d’intervention rapide, en tant que technicien en réseaux. Entre 2010 et 2019, il était le président du conseil d’administration d’EDUCAF, une communauté engagée dans le soutien à l’éducation en Afrique.
Melchior Koba
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Il mise sur l’ancrage territorial pour imposer ses solutions de cybersécurité et d’hébergement. En pilotant la transition numérique de centaines de structures, il s’impose comme l’architecte d’une infrastructure technologique pensée par et pour le continent.
Le Camerounais Anthony Same (photo) est le fondateur et directeur général de ST Digital, une entreprise panafricaine spécialisée dans l’accompagnement des organisations dans leur transformation numérique. Présente dans plusieurs pays africains, notamment au Cameroun, au Gabon, au Congo et en Côte d’Ivoire, elle ambitionne de devenir un acteur majeur des services numériques et du cloud en Afrique.
Fondée en 2017, ST Digital propose une offre de services complète destinée aussi bien aux entreprises privées qu’aux institutions publiques. Son activité couvre le conseil en transformation numérique, l’hébergement d’infrastructures et d’applications, la cybersécurité, les solutions métiers, le travail collaboratif, ainsi que la formation des équipes. L’objectif est d’aider les organisations à moderniser leurs outils de travail, améliorer leur productivité et sécuriser leurs données.
L’entreprise met particulièrement en avant son offre de cloud africain. Elle développe des services hébergés dans des centres de données situés en Afrique afin de proposer des solutions locales et sécurisées adaptées aux réalités du continent. Cette approche vise à permettre aux entreprises africaines d’accéder à des services numériques modernes tout en conservant leurs données sur le continent.
ST Digital accompagne également ses clients dans la gestion et l’optimisation de leurs infrastructures informatiques. Elle propose des services d’hébergement, de sauvegarde de données, de sécurité informatique et de continuité d’activité. Elle aide les organisations à protéger leurs systèmes, leurs réseaux et leurs données contre les risques numériques. L’entreprise a déjà accompagné plus de 500 clients et compte trois datacenters certifiés.
Anthony Same est diplômé de la KEDGE Business School en France où il a obtenu en 2003 un master en finance. Il est titulaire d’un diplôme de troisième cycle en gestion des technologies de l’information obtenu en 2005 à l’ESSEC Business School.
Sa trajectoire professionnelle témoigne d’une maîtrise profonde de l’écosystème numérique mondial. Après des débuts chez Toshiba en 2001, il affine son expertise en conseil chez IBM, avant d’intégrer Microsoft en tant que responsable de compte partenaire en 2006. Entre 2011 et 2015, il franchit une étape chez l’éditeur de logiciels SAP, où il occupe successivement les postes de gestionnaire de canaux et de responsable du pôle Afrique centrale, consolidant ainsi sa vision stratégique du marché africain avant de lancer l’aventure ST Digital.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Alors que la réactivité numérique devient un impératif commercial, de nouvelles solutions d'automatisation redessinent les interactions entre les marques et leurs publics. Au cœur de cette mutation, cet innovateur kényan propose une approche technique pour structurer les flux de communication.
Sila Kironji (photo) est un entrepreneur kényan et un expert en intelligence artificielle. Il est cofondateur et directeur général d’Intelli, une plateforme numérique spécialisée dans la gestion de la relation client.
Fondée en 2024, Intelli permet aux entreprises de centraliser leurs interactions clients via une interface unique regroupant plusieurs canaux : WhatsApp, Facebook, Instagram, Messenger, courriels et sites web. L’objectif est triple : accélérer les temps de réponse, automatiser les tâches répétitives et rehausser la qualité globale du service client.
La plateforme fonctionne autour d’un assistant intelligent capable de dialoguer avec les clients de manière automatique. Les entreprises peuvent créer cet assistant sans connaissances techniques particulières grâce à un système visuel simplifié. Elles peuvent aussi lui apprendre à répondre aux questions en important leurs documents, leurs foires aux questions ou encore leurs informations internes. Une fois configuré, l’assistant peut être déployé sur différents canaux de communication afin de répondre aux utilisateurs de manière cohérente et continue.
Si Intelli mise fortement sur l'intégration de WhatsApp et propose un système de messagerie en direct pour les sites web, la plateforme n'exclut pas l'humain. Dès qu'une requête dépasse les capacités de l’automate, un agent peut reprendre la main instantanément. Cette approche hybride garantit une réactivité maximale sans sacrifier la pertinence des échanges complexes.
Par ailleurs, la plateforme intègre des outils d'analyse avancés. Les entreprises peuvent ainsi suivre leurs indicateurs de performance (volume de messages, pics d’activité, engagement client et efficacité des agents) afin d'optimiser continuellement leur stratégie de support.
L'engagement de Sila Kironji dans l'écosystème technologique ne s'arrête pas à Intelli. En 2023, il a également cofondé Hotspot Aerial Solutions, une structure exploitant la donnée et l'IA pour créer des solutions sectorielles sur mesure. Expert reconnu, il est membre de l’OpenAI Community Forum, une communauté favorisant le mentorat entre professionnels de l’IA et étudiants.
Il est diplômé de la Kenya Aeronautical College où il a obtenu un bachelor en génie aéronautique. Il est aussi titulaire d’un bachelor en génie aéronautique obtenu à la Shenyang Aerospace University (Chine).
Après plusieurs stages, Sila Kironji rejoint Skymax Aviation en 2019 comme technicien aéronautique. Entre 2020 et 2023, il travaille à Kenya Flying Labs où il occupe successivement les postes d’ingénieur en développement de drones et de responsable technologique.
Melchior Koba
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