Les systèmes de santé en Afrique font face à des défis persistants dans la gestion des médicaments, marqués par des ruptures de stocks et une faible traçabilité. Le recours aux outils numériques est de plus en plus considéré comme essentiel pour renforcer l’efficacité des chaînes d’approvisionnement.

Le Burundi prépare l’extension de son système numérique de gestion de la chaîne d’approvisionnement en produits de santé aux formations sanitaires privées. Cette orientation a été au centre des échanges le jeudi 25 juin entre le ministre de la Santé publique, Fidele Ndayisaba, et le directeur pays de l’ONG néerlandaise i+Solutions, Alain Parfait Bimenyimana.

La rencontre a permis de faire le point sur l’état d’avancement du projet eLMIS Medexis, une plateforme numérique dédiée à la gestion des stocks et des approvisionnements en produits de santé. Déjà déployé dans l’ensemble des formations sanitaires publiques et confessionnelles du pays, le système contribue à améliorer le suivi logistique des médicaments et autres produits médicaux.

Lancé en décembre 2022, avec l’appui de l’ONG i+Solutions et de l’Ambassade du Royaume des Pays‑Bas, le projet vise à renforcer la chaîne d’approvisionnement en santé à travers la digitalisation, dans un contexte marqué par la nécessité d’améliorer la disponibilité des médicaments et la fiabilité des données logistiques.

Selon i+Solutions, le déploiement national d’eLMIS Medexis a franchi une étape importante en 2025, avec la couverture de l’ensemble des formations sanitaires publiques et confessionnelles. Plus de 2000 utilisateurs ont été formés dans 956 établissements de santé, accompagnés par la mise à disposition de 839 ordinateurs portables et 148 routeurs pour faciliter l’utilisation du système.

Au‑delà de l’extension envisagée au secteur privé, les discussions ont également porté sur les conditions de consolidation du dispositif. Il s’agit notamment du renforcement de l’accompagnement des utilisateurs, de l’amélioration des équipements numériques et du développement de la connectivité Internet dans les structures de santé. Le recours à des solutions satellitaires comme Starlink a été mentionné pour les zones les moins connectées.

La question de l’interopérabilité du système avec les autres plateformes numériques du secteur de la santé a également été abordée, dans la perspective de mieux intégrer les données et d’améliorer la coordination de la gestion sanitaire.

Samira Njoya

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Relier les dossiers médicaux, les pharmacies et les malades dans un environnement unique : c'est le défi de cet entrepreneur tech. Il mise sur une solution adaptée aux contraintes locales de connectivité pour améliorer le suivi médical.

Panashe Madzudzo (photo) est un informaticien et un entrepreneur technologique zimbabwéen. Il est le fondateur et directeur général d’Avalon Health, une start-up qui ambitionne de centraliser la gestion des structures de santé. Sa plateforme unique relie désormais les patients, les praticiens, les établissements médicaux et les organismes de prise en charge.

Lancée en 2022, Avalon Health simplifie l’accès aux soins et optimise la coordination entre les différents acteurs du secteur. En automatisant les tâches administratives, la solution permet surtout aux professionnels de la santé de se recentrer sur leur cœur de métier : le soin des patients.

L'outil segmente ses fonctionnalités pour répondre aux besoins spécifiques de chaque utilisateur. Les patients peuvent y consulter leur historique médical, prendre rendez-vous et échanger directement avec leurs soignants. De leur côté, les médecins bénéficient d’outils dédiés au suivi des dossiers et à l’organisation des consultations.

Cette approche intégrée englobe également les hôpitaux, les pharmacies, les laboratoires et les centres d’imagerie. En regroupant toutes les données dans un même environnement numérique, la plateforme fluidifie le parcours de soins et garantit une meilleure continuité de la prise en charge.

Pour y parvenir, Avalon Health intègre la gestion des prescriptions, l’envoi de notifications et le traitement des résultats d’analyses. Conçue pour s'adapter aux réalités locales, l'application propose un mode hors-ligne performant. Les professionnels peuvent continuer à travailler malgré une connexion Internet limitée, les données se synchronisant automatiquement dès le retour du réseau.

Un parcours marqué par un sens naturel de l’innovation 

Le leadership de Panashe Madzudzo s'étend au-delà de la santé connectée. Il est aussi le directeur général de Lioncap Ventures, un cabinet de conseil en technologie. De plus, il occupe le poste de directeur technique chez Shona Prince Technologies, une entreprise qui déploie des solutions innovantes et des partenariats stratégiques pour les marchés émergents.

Son esprit entrepreneurial s'est manifesté très tôt. En 2019, il a conçu VhulApp, un portail centralisé dédié aux candidatures et à la formation en ligne. Dès l’année suivante, il a fondé Asantech Incorporated pour développer des solutions numériques B2B destinées au commerce de détail.

Cette trajectoire s'appuie sur de solides bases académiques et techniques acquises au Hillcrest College. Dans ce lycée zimbabwéen, où il a étudié les mathématiques, la physique et l'informatique jusqu'en 2019, le jeune prodige faisait déjà ses armes. Entre 2016 et 2018, il y officiait comme développeur web, concevant des applications et solutions numériques de l'établissement.

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Face aux lourdeurs qui pèsent sur les systèmes de soins, les technologies numériques ouvrent la voie à des transformations majeures. Cet entrepreneur a choisi de mettre son expertise au service de la modernisation de la gestion médicale.

Mohamed Lamar Diallo (photo) est un entrepreneur technologique, basé au Canada et actif dans le domaine de la santé numérique en Afrique. Il est le fondateur et directeur général de Labtani, une plateforme conçue pour moderniser la gestion des soins. Son objectif est de libérer les professionnels de santé, les laboratoires et les établissements des lourdeurs administratives afin de fluidifier le parcours des patients.

Fondée en 2025, Labtani optimise l’organisation quotidienne des équipes médicales. Elle prend en charge la planification des rendez‑vous, la structuration des dossiers cliniques et le suivi des activités de soins. En automatisant ces tâches répétitives et chronophages, la plateforme permet aux soignants de se recentrer sur leur cœur de métier : la prise en charge humaine.

Au cœur de cette innovation figure FormScribe, un outil de reconnaissance vocale intelligent développé par la start‑up. Cette technologie transcrit la parole du praticien et organise automatiquement les informations dans les champs appropriés du dossier médical. Le système détecte instantanément les données manquantes et génère un document finalisé, prêt à être validé par le professionnel.

Au‑delà de la saisie, Labtani couvre un large spectre de besoins opérationnels pour le secteur médical. La plateforme intègre des modules dédiés à la téléconsultation, à l’émission d’ordonnances numériques et à la communication directe avec les patients. Elle s’étend également à la coordination des équipes, à la gestion des plannings et au suivi logistique des laboratoires.

Un solide ancrage dans les technologies et la gestion de données

Le parcours académique de Mohamed Lamar Diallo reflète une double compétence en gestion et en ingénierie des systèmes. Après avoir décroché un bachelor en économie et science politique à l’Université de Montréal en 2012, il a validé en 2018 un master en technologies de l’information à l’Université Téluq.

Cette formation lui a permis d’évoluer pendant plus de dix ans au sein de grandes entreprises canadiennes. Sa carrière professionnelle commence en 2014 comme analyste en systèmes d’entreprise chez Groupe Dicom Transport, avant qu’il ne rejoigne le distributeur de produits de bien‑être et de santé pour animaux de compagnie, Mondou, en 2017 en tant qu’analyste d’affaires en informatique.

Le secteur de la finance et des assurances lui ouvre ensuite ses portes. En 2018, Mohamed Lamar Diallo devient analyste commercial chez SSQ Assurance, un poste qu’il occupera à nouveau dès 2020 après avoir rejoint l’assureur Beneva. Entre 2021 et 2023, il devient analyste d’affaires en sécurité pour le groupe coopératif financier Desjardins. Avant de se consacrer pleinement à l’entrepreneuriat, il occupait, de mars 2025 à mars 2026, la fonction de conseiller en informatique à l’Université de Sherbrooke.

Melchior Koba

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La santé maternelle demeure un défi majeur en Guinée. Entre insuffisance des infrastructures, manque de personnel qualifié et difficultés d’accès aux soins dans les zones rurales, les femmes restent exposées à de nombreux risques pendant la grossesse et l’accouchement.

La Guinée a lancé, le mardi 16 juin à Conakry, un projet pilote de santé numérique destiné à améliorer l’accès aux services de santé maternelle et néonatale dans les zones reculées. Financé par le gouvernement japonais à hauteur de 393 333 USD, l’initiative est mise en œuvre en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et repose sur la technologie japonaise SPAQ développée par SOIK Corporation.

« En connectant une application dédiée à un échographe portable, SPAQ permet d’optimiser et de moderniser le suivi prénatal, la centralisation des résultats ainsi que le monitoring dans les zones isolées », a expliqué l’ambassadeur du Japon en Guinée, Kato Ryuichi. Selon lui, le projet prévoit également le déploiement d’une clinique mobile, l’équipement de 10 structures de santé et la formation de 20 sages‑femmes à l’utilisation de cette solution numérique.

Le dispositif vise à rapprocher les soins des populations vivant dans les localités les plus enclavées. Grâce à l’association d’une application mobile et d’un échographe portable, les agents de santé pourront réaliser des examens prénataux, détecter plus rapidement les grossesses à risque et assurer un meilleur suivi des patientes et des nouveau‑nés. Plus de 5 000 femmes enceintes et autant de nourrissons devraient bénéficier directement du projet.

Cette initiative intervient alors que la Guinée reste confrontée à d’importants défis en matière de santé maternelle et néonatale. Selon les autorités, le pays ne compte qu’une sage‑femme pour près de 20 000 habitants. Les inondations récurrentes, qui ont affecté plus de 175 000 personnes en 2024, compliquent davantage l’accès aux structures de santé dans plusieurs régions. Les longues distances à parcourir, le manque d’équipements médicaux et la faible couverture sanitaire dans certaines zones rurales continuent également de peser sur la prise en charge des femmes enceintes.

Au‑delà de l’amélioration du suivi prénatal, le projet vise à contribuer à accélérer la transformation numérique du système de santé guinéen. Les autorités espèrent démontrer l’efficacité des outils numériques pour étendre l’accès aux soins spécialisés dans les zones isolées et renforcer la résilience du système sanitaire face aux crises sanitaires et climatiques.

Samira Njoya

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Au‑delà des outils de diagnostic, la révolution de l’intelligence artificielle dans la santé repose désormais sur la capacité à gérer et valoriser les données médicales. Le Maroc entend se positionner sur ce segment stratégique avant un déploiement vers d’autres marchés africains.

La course à l’intelligence artificielle dans la santé ne se joue plus uniquement sur les algorithmes ou les outils d’aide au diagnostic. Elle se déplace désormais vers un enjeu plus stratégique : la maîtrise des infrastructures capables d’héberger, de sécuriser et d’exploiter les données médicales à grande échelle.

C’est dans cette logique que s’inscrit le partenariat conclu la semaine dernière à Casablanca entre Mediot AI, filiale du groupe ABA Life, et Siemens Healthineers. Les deux entreprises ambitionnent de développer une nouvelle génération d’infrastructures médicales reposant sur l’intelligence artificielle, avec une première phase de déploiement au Maroc avant une extension progressive vers d’autres marchés africains.

L’accord couvre plusieurs domaines stratégiques, notamment les hôpitaux intelligents, l’interopérabilité des systèmes d’information hospitaliers, l’imagerie médicale assistée par l’IA, la maintenance prédictive des équipements biomédicaux ainsi que les plateformes de télémédecine. Au cœur du dispositif figure « Medifus Health Operating System », une plateforme développée par Mediot AI destinée à connecter les équipements médicaux, les données cliniques et les modèles d’intelligence artificielle au sein d’un environnement sécurisé.

Au‑delà de la dimension technologique, l’initiative répond à plusieurs défis structurels auxquels restent confrontés de nombreux systèmes de santé africains : la pénurie de personnels qualifiés, les inégalités territoriales dans l’accès aux soins et la faible exploitation des données médicales pour améliorer les parcours de santé.

Ces défis sont mis en évidence par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Dans son rapport « African Health Workforce Compact – Investment Case Analysis Report », publié en janvier 2026, l’institution estime que l’Afrique devra disposer de 6,1 millions de professionnels de santé supplémentaires pour atteindre la couverture sanitaire universelle et répondre aux besoins essentiels de sa population d’ici à 2030.

Dans ce contexte, les promoteurs du projet considèrent l’intelligence artificielle comme un levier susceptible de renforcer les capacités diagnostiques, d’améliorer la prise de décision clinique et de soutenir le développement de la télémédecine, notamment dans les zones insuffisamment couvertes par les infrastructures sanitaires traditionnelles.

Le choix du Maroc comme point de départ n’est pas anodin. Le royaume a multiplié ces dernières années les investissements dans la transformation numérique du système de santé, parallèlement à la généralisation progressive de la couverture médicale. Selon Siemens Healthineers, plus de 32 millions de Marocains bénéficient désormais d’une couverture maladie obligatoire, créant un environnement favorable à l’adoption de nouvelles technologies médicales.

L’initiative intervient également dans un contexte de montée en puissance des enjeux de souveraineté numérique et sanitaire. Les données de santé figurent parmi les informations les plus sensibles traitées par les administrations et les établissements hospitaliers. Le partenariat entre Mediot AI et Siemens Healthineers prévoit ainsi le développement d’environnements souverains destinés à l’hébergement sécurisé des données médicales et au déploiement de solutions d’intelligence artificielle.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Dans plusieurs pays africains, les systèmes de santé restent confrontés à des défis liés au suivi des patients, à la conservation des dossiers médicaux et à la continuité des soins. C’est sur ce segment que se positionne SuiviVital, avec l’ambition de numériser une partie du parcours médical.

SuiviVital est une solution d’e-santé développée par la jeune pousse burkinabè Hacking Group, cofondée par Bienvenu Emmanuel Birba. Elle mise sur les outils numériques pour améliorer le suivi des patients et faciliter l’accès aux services de santé.

À travers cette plateforme, l’entreprise propose des fonctionnalités destinées à renforcer la gestion des données médicales, le suivi des traitements et les interactions entre patients et professionnels de santé.

« Lorsque nous avons remarqué que même les femmes enceintes et les personnes vivant avec des maladies chroniques telles que le cancer ou le diabète peinent souvent à faire contrôler leur tension artérielle ou leur glycémie, nous avons mis en place SuiviVital, qui permet aux patients de sauvegarder leurs paramètres de santé », a indiqué Bienvenu Emmanuel Birba. Et d’ajouter : « avec cette application, il est également possible de mettre en relation les patients et les médecins. C’est-à-dire que le médecin peut suivre le patient à distance grâce à un carnet médical numérique ».

La plateforme permet notamment de centraliser certaines informations de santé et de faciliter le suivi des consultations, des traitements et des rendez-vous médicaux. L’objectif est d’améliorer la circulation de l’information médicale tout en réduisant certaines contraintes administratives auxquelles sont confrontés les établissements de santé et les patients.

SuiviVital s’inscrit dans l’essor des solutions healthtech africaines qui cherchent à utiliser le numérique pour pallier certaines limites des infrastructures sanitaires traditionnelles. Le développement du smartphone, de l’Internet mobile et des services numériques favorise progressivement l’émergence de nouveaux usages dans le domaine de la santé connectée.

La start-up veut également contribuer à une meilleure prévention et à un suivi plus régulier des patients, notamment pour les maladies chroniques qui nécessitent un accompagnement sur le long terme. Les outils numériques permettent d’améliorer la communication entre médecins et patients et de faciliter l’accès aux informations médicales.

Adoni Conrad Quenum

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Face aux défis de l’accès à l’information médicale sur le continent, cette entrepreneure engagée s’appuie sur les technologies du quotidien pour accompagner les femmes dans leur intimité.

Entrepreneure basée en Côte d’Ivoire, Sophie Tall (photo) met la technologie au service du bien‑être féminin. Elle est la fondatrice d’Amanii, une initiative lancée en mars 2026, consacrée à l’information, l’écoute et l’accompagnement des jeunes filles et des femmes sur les enjeux liés à leur santé.

Pensée comme un espace sécurisé et bienveillant, Amanii s’appuie sur un outil du quotidien : l’application WhatsApp. La plateforme combine une communauté en ligne, des événements à fort impact social et un service de télé‑conseil. Cet écosystème permet aux utilisatrices de se confier et de poser en toute confiance leurs questions sur leur corps, les cycles menstruels, la maternité ou le bien‑être général, tout en recevant des réponses fiables fournies par des sage‑femmes.

Le parcours de Sophie Tall est marqué par un engagement constant pour l’innovation et le leadership féminin. Elle occupe le poste de vice‑présidente de ce réseau d’expertise, Africaines in Tech, qui fédère plus de 700 femmes en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Cameroun et au Togo, œuvrant pour l’inclusion et l’intermédiation dans le secteur technologique en Afrique francophone. Avant de fonder Amanii, elle a cofondé en 2023 La Ruche Health, une plateforme panafricaine de télémédecine, dont elle a été la directrice chargée du développement jusqu’en mars 2026.

Pour porter ces projets, l’entrepreneure s’appuie sur une double compétence en ingénierie et en gestion, acquise en France. Elle est titulaire d’un bachelor en ingénierie et gestion de la santé obtenu en 2014 à l’Institut supérieur de la santé et des bioproduits d’Angers (ISSBA). Elle a ensuite complété son cursus en 2016 par un master en gestion de projet et commercialisation de produits de santé obtenu à l’université de Montpellier.

Sa carrière professionnelle a commencé en 2012 comme responsable du contrôle qualité chez EUROP COSMETICS. En 2014, elle devient responsable de l’assurance qualité et des affaires réglementaires chez Pierre Fabre Group, un laboratoire pharmaceutique. L’année suivante, elle devient cheffe de projet numérique chez Plastimea, une société de commerce électronique. Elle rejoint ensuite Bayer, une entreprise internationale spécialisée dans la santé et la nutrition, comme responsable de produits cardiovasculaires.

En 2017, Sophie Tall rejoint Laboratoires URGO Healthcare comme formatrice en pharmacie et coach commercial. En 2019, elle devient responsable formation et marketing de NAOS, une entreprise de cosmétique, en Afrique subsaharienne. De 2022 à 2025, elle était consultante en gestion et stratégie chez IQVIA, un fournisseur mondial de services de recherche clinique, en Côte d’Ivoire.

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Au Togo, une start-up veut simplifier l’accès aux soins grâce à ses plateformes web et mobile. Elle a opté pour une super-application, facilitant la centralisation de plusieurs services médicaux.

DoctaMob est une solution d’e-santé récemment lancée à Lomé, au Togo. Elle se positionne comme une « super-application » de santé inspirée de modèles internationaux comme Doctolib, mais adaptée aux réalités locales.

Disponible sur Android et iOS, DoctaMob permet notamment de prendre des rendez-vous médicaux en ligne, de localiser des établissements de santé, d’identifier les pharmacies de garde, ou encore de solliciter une ambulance et des soins à domicile. La plateforme intègre également des fonctionnalités de téléassistance et de conseils médicaux à distance.

Le cœur du projet repose sur la numérisation du parcours patient. L’application ambitionne de réduire certaines difficultés structurelles du système de santé togolais, notamment les délais d’accès aux professionnels de santé, le manque d’information centralisée et les contraintes de mobilité des patients.

DoctaMob cherche aussi à renforcer la confiance dans les services proposés. Selon ses promoteurs, les professionnels de santé présents sur la plateforme doivent fournir des justificatifs et faire l’objet d’une vérification avant validation de leur profil. Médecins, infirmiers, pharmaciens et autres praticiens sont ainsi référencés via un système de contrôle destiné à limiter les faux profils et les services non certifiés.

La start-up s’inscrit dans une dynamique de montée des solutions healthtech en Afrique de l’Ouest (Rivia du Ghana, ASKcare du Sénégal, Kénèya Koura du Mali, etc.). Avec la progression du smartphone, du mobile money et des usages numériques, plusieurs jeunes entreprises africaines cherchent désormais à fluidifier l’accès aux soins via des plateformes combinant téléconsultation, géolocalisation médicale et gestion numérique des services de santé.

Au-delà du Togo, DoctaMob affiche une ambition régionale. Ses concepteurs souhaitent progressivement étendre l’application à d’autres marchés africains confrontés à des problématiques similaires d’accès aux soins et de coordination des services médicaux.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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La start-up ghanéenne Rivia Clinics cherche à s’imposer dans le paysage healthtech ouest-africain. Elle a mis en place un modèle hybride qui associe infrastructures médicales physiques et plateforme numérique intégrée.

Rivia Clinics est une solution healthtech développée par une jeune pousse ghanéenne. Elle ambitionne de simplifier l’accès aux soins en combinant cliniques connectées, téléconsultation et gestion digitalisée des parcours patients. Basée à Accra, la start-up a été lancée en janvier 2024 par Isidore Kpotufe.

« Nous sommes un réseau de cliniques intelligentes offrant une expérience "WOW" aux patients pour des soins en personne et virtuels. WOW signifie un environnement (W) chaleureux et accueillant, une (O) communication ouverte et des soins médicaux de (W) classe mondiale. Nous utilisons la technologie pour offrir des soins personnalisés, créer de la commodité et élargir l'accès », a indiqué la start-up.

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La solution déploie un réseau de cliniques opérant comme des points d’entrée dans un écosystème de santé unifié. Chaque patient pris en charge dans le réseau profite d’un suivi centralisé via une plateforme logicielle propriétaire, RiviaOS, qui regroupe les dossiers médicaux, les prescriptions et les historiques de consultations.

L’un des objectifs principaux de cette approche est de réduire la fragmentation des parcours de soins, un problème récurrent dans de nombreux systèmes de santé africains où les données médicales sont souvent dispersées entre différents établissements. En centralisant ces informations, Rivia veut améliorer la continuité des soins et faciliter la coordination entre praticiens.

La dimension numérique est également renforcée par l’intégration de services de téléconsultation accessibles via plusieurs canaux, notamment les applications de messagerie et les appels vidéo. Cette fonctionnalité permet de désengorger les structures physiques tout en offrant un accès plus rapide à des consultations médicales, en particulier pour les patients nécessitant un premier diagnostic ou un suivi régulier.

Le modèle économique repose sur des contrats avec des entreprises, qui proposent à leurs employés un accès à un ensemble de services de santé via abonnement. Ce système vise à simplifier l’accès aux soins pour les salariés tout en réduisant les contraintes administratives souvent associées aux assurances santé traditionnelles.

Au-delà de l’accès aux soins, la start-up cherche aussi à structurer une véritable infrastructure healthtech. L’acquisition de solutions logicielles et l’intégration de systèmes de gestion hospitalière renforcent son positionnement comme acteur technologique autant que prestataire de services médicaux.

Dans un contexte où les systèmes de santé africains font face à des défis de capacité, de coordination et de numérisation, des acteurs comme Rivia illustrent l’émergence de modèles hybrides qui placent la technologie au cœur de la transformation des soins.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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Sénégal : ASKcare veut améliorer l’accès aux soins dans les zones rurales

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Positionnée sur le segment des technologies de santé (healthtech), cette jeune pousse sénégalaise développe des solutions destinées à faciliter le dépistage précoce de certaines maladies, notamment le cancer du col de l’utérus.

Au Sénégal, ASKcare entend améliorer l’accès aux soins dans les zones rurales grâce à des outils médicaux déployés au plus près des patients.

Fondée par la biologiste médicale Aïssatou Diallo (photo) en 2021, l’entreprise mise sur des outils de diagnostic dits « Point of Care », capables de fournir des résultats directement sur le lieu de soins, sans dépendre d’infrastructures hospitalières complexes.

« Fondée avec la mission de démocratiser les soins de santé, ASKcare est guidée par des valeurs de solidarité, d’innovation et de justice sociale. L’entreprise collabore étroitement avec les communautés locales pour adapter ses solutions aux réalités et aux besoins spécifiques de chaque région », a indiqué la jeune pousse.

La start-up distribue notamment des tests de diagnostic rapide, des colposcopes numériques et des dispositifs de thermocoagulation permettant de traiter des lésions précancéreuses en une seule visite. L’entreprise cible ainsi l’un des principaux défis sanitaires du continent : l’accès limité au dépistage dans les zones éloignées des centres urbains.

ASKcare affirme collaborer avec plusieurs postes de santé, laboratoires et organisations communautaires au Sénégal. Son modèle combine la fourniture d’équipements biomédicaux, la maintenance et des solutions de financement adaptées aux établissements de santé à faibles ressources. La start-up développe également une approche mobile permettant d’organiser des campagnes de dépistage directement sur le terrain.

Au-delà du Sénégal, l’entreprise affiche des ambitions régionales. ASKcare prévoit une expansion progressive dans plusieurs pays africains d’ici 2030, avec l’objectif de déployer un réseau de solutions médicales accessibles dans des zones encore peu couvertes par les infrastructures médicales spécialisées.

L’émergence de start-up comme ASKcare illustre la montée des technologies de santé africaines centrées sur l’accessibilité, la prévention et les solutions médicales adaptées aux contraintes locales.

Adoni Conrad Quenum

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