Face à la progression des maladies chroniques et à la difficulté pour de nombreux patients de suivre correctement leur alimentation, plusieurs start-up explorent l’usage du numérique pour améliorer l’accompagnement médical. C’est dans cette logique que s’inscrit la start-up SokariCare.

Sok’ari est une solution d’e-santé développée par la start-up tunisienne SokariCare. Elle mise sur l’intelligence des données et la gamification pour aider les personnes atteintes de diabète à mieux gérer leur quotidien. La start-up a été fondée en 2024 par Manal Mourad.

La solution dispose d’une application mobile accessible sur iOS et Android, déjà téléchargée plus de 5000 fois, selon le Google Play Store. Elle est destinée à accompagner les patients dans le suivi de leur alimentation et de leurs habitudes de vie.

L’outil propose notamment un journal numérique permettant d’enregistrer les repas, de suivre l’évolution de certains indicateurs de santé et de visualiser les données sous forme de graphiques. L’objectif est d’aider les utilisateurs à mieux comprendre l’impact de leurs choix alimentaires sur leur santé.

La plateforme intègre également une base de données alimentaire qui permet d’identifier la composition nutritionnelle de différents plats. Les utilisateurs peuvent ainsi obtenir des recommandations pour adopter un régime plus équilibré, notamment grâce à des menus et des recettes conçus pour maintenir un faible indice glycémique.

Pour renforcer l’engagement des patients, la solution s’appuie sur des mécanismes de gamification. L’application transforme le suivi des repas et des collations en une expérience interactive, avec des éléments visuels et pédagogiques destinés à encourager les utilisateurs à maintenir de bonnes habitudes alimentaires. Cette approche vise à rendre le suivi médical moins contraignant et plus accessible au grand public.

Au-delà du suivi nutritionnel, la solution s’inscrit dans une tendance plus large de la healthtech, qui consiste à utiliser les technologies mobiles et l’analyse de données pour améliorer la prévention et la gestion des maladies chroniques.

Dans un contexte où le diabète constitue un enjeu majeur de santé publique dans de nombreux pays, ces outils numériques pourraient contribuer à renforcer l’autonomie des patients et à améliorer la qualité du suivi médical.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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Face au manque de structures sanitaires et de professionnels de santé dans plusieurs régions africaines, le numérique s’impose comme une solution de repli. Au Mali, la start-up Kénèya Koura propose sa solution d’e-santé aux populations.

Kénèya Koura est une solution d’e-santé développée par une start-up malienne. Elle permet de consulter un médecin en ligne, de prendre rendez-vous en quelques minutes et d’accéder à un dossier médical entièrement numérisé.

L’objectif est de réduire les déplacements inutiles et d’accélérer la prise en charge médicale, notamment dans les zones éloignées des centres hospitaliers. Basée à Bamako, Kénèya Koura a été lancée en 2021 par Hamidou Ouologuem, Fatoumata Diarra et Oumar Dioni.

La Healthtech propose une solution de télémédecine destinée à raccourcir le parcours de soins et à améliorer la collaboration médicale à distance. Accessible aux patients comme aux professionnels de santé, la plateforme revendique une disponibilité 24h/24 et 7j/7, avec une réponse médicale obtenue en moins d’une heure dans une grande majorité des cas.

Pour les praticiens, l’outil va au-delà de la simple téléconsultation. Il intègre la gestion d’agenda, la collaboration entre médecins, la téléexpertise et le suivi à distance des patients, ouvrant ainsi la possibilité d’élargir leur patientèle au-delà des contraintes géographiques.

Kénèya Koura s’inscrit dans une tendance de digitalisation des systèmes de santé africains. En numérisant les dossiers patients et en facilitant les consultations à distance, la solution cherche à répondre simultanément à deux défis majeurs du continent : les déserts médicaux et la continuité des soins.

La start-up adopte également une approche transnationale en permettant la collaboration avec des médecins africains et internationaux, notamment basés en Europe, afin d’améliorer l’accès à des expertises spécialisées.

Au-delà de l’innovation technologique, Kénèya Koura illustre la montée en puissance des healthtech africaines à impact social. En plaçant le numérique au service de la médecine de proximité, la plateforme ambitionne de devenir un maillon clé de la modernisation du système de santé malien et, à terme, un modèle reproductible dans d’autres marchés africains.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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Face au manque chronique de radiologues, il propose une réponse numérique. Son objectif est de rapprocher la technologie et la santé pour accélérer le diagnostic des patients.

Amr Abodraiaa (photo) est un entrepreneur technologique égyptien. Cofondateur et directeur général de Rology, une entreprise de santé numérique spécialisée dans la téléradiologie, il dirige une plateforme qui connecte les établissements médicaux en manque de radiologues disponibles à un réseau mondial de spécialistes qualifiés.

Fondée en 2017, Rology a pour mission de réduire les délais d’interprétation des examens d’imagerie médicale, notamment dans les pays africains et les marchés émergents où les radiologues se font rares. La solution met directement en relation hôpitaux et centres d’imagerie avec des professionnels capables d’intervenir à la demande, 24 heures sur 24.

Le fonctionnement est simple : les examens (scanners, IRM, etc.) sont transmis en ligne, puis attribués aux radiologues compétents qui rédigent rapidement un compte rendu. Le modèle économique repose sur une facturation à l’acte, permettant ainsi à de petits établissements ou à des structures rurales d’accéder à un service de qualité sans investissement lourd.

L’objectif de Rology est d’accélérer la prise en charge des patients en réduisant le délai entre l’examen et le diagnostic. L’entreprise collabore aujourd’hui avec plusieurs centaines de radiologues certifiés et de nombreux partenaires de santé à travers l’Afrique et le Moyen-Orient.

Amr Abodraiaa est diplômé de l’Université d’Alexandrie, où il a obtenu un bachelor en ingénierie industrielle et de production. Il est aussi titulaire d’un certificat professionnel en administration des affaires délivré par l’Académie arabe des sciences, des technologies et du transport maritime.

En 2007, il rejoint TownSoft, une entreprise égyptienne de développement de logiciels, en tant que responsable marketing, avant d’être promu en 2010 au poste de chef de projet et développeur commercial. De 2014 à 2016, il occupe le poste de directeur du développement commercial chez Mafahim Productions, société de production audiovisuelle. En 2017, il intègre l’équipe de data science d’Ezzsteel, un producteur d’acier égyptien.

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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MedSen s’inscrit dans une ambition plus large visant à mobiliser la technologie pour renforcer l’accès aux soins et promouvoir la prévention dès le plus jeune âge. La plateforme est consacrée à la gestion numérique de la santé en milieu scolaire.

Pensée comme une plateforme sénégalaise de suivi médical des élèves, MedSen vise à numériser l’ensemble du parcours sanitaire en milieu scolaire, depuis la prévention jusqu’au suivi individualisé. La solution cible un enjeu souvent peu visible : la coordination entre écoles, personnels médicaux, parents et autorités sanitaires. Basée à Dakar, la start-up a été lancée en 2020 par Ndeye-Talla Dioum.

« MedSen est née de notre forte volonté à mettre à profit nos expériences et expertises locales et internationales au service d'une cause qui nous tient à cœur : améliorer la santé de nos populations au Sénégal et en Afrique grâce à des solutions technologiques novatrices », indique la start-up.

Concrètement, elle repose sur la création d’un dossier de santé numérique unique pour chaque élève. Ce dossier centralise les informations essentielles telles que les bilans médicaux, l’historique vaccinal, les consultations, les dépistages ou les orientations vers des structures de soins. L’objectif est de remplacer les suivis fragmentés et les dossiers papier par une base de données sécurisée et accessible aux professionnels autorisés.

MedSen intègre également des outils opérationnels destinés aux équipes médicales scolaires. Les inspections médicales peuvent organiser et suivre des campagnes de vaccination, de dépistage visuel ou nutritionnel, tout en disposant de tableaux de bord statistiques en temps réel pour piloter les politiques de santé publique à l’échelle locale ou nationale.

Un portail dédié permet aux parents de suivre la santé de leurs enfants, de recevoir des notifications, de donner leur consentement numérique ou d’échanger avec les équipes médicales, renforçant ainsi la continuité entre l’école et la famille.

À travers cette approche, MedSen illustre une tendance croissante en Afrique : l’émergence de solutions numériques locales capables d’accompagner la modernisation des systèmes de santé tout en répondant aux réalités du terrain. La healthtech revendique plus de 6 millions d’élèves couverts et est présente dans toutes les régions du Sénégal.

Adoni Conrad Quenum

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Il mise sur la technologie pour faciliter l’accès aux soins en Algérie. Son approche novatrice traduit une vision ambitieuse : moderniser le parcours de santé et le rendre plus humain.

Mehdi L. Sariak (photo) est un entrepreneur algérien et un stratège dans l’organisation des parcours de soins contre le cancer. Il est le fondateur de Docteur 360, une plateforme en ligne qui permet aux patients de trouver rapidement un médecin et de prendre rendez-vous de manière simple et directe.

Lancée en 2022, Docteur 360 se positionne comme une plateforme de santé à forte dimension humaine, alliant culture médicale et accompagnement personnalisé. Elle facilite la mise en relation entre les patients en quête d’un avis médical et les praticiens les plus adaptés à leurs besoins. Son objectif est de rendre l’accès aux soins plus fluide, rapide et équitable, en supprimant les obstacles souvent associés à la prise de rendez-vous.

Sur la plateforme, chaque patient peut rechercher un médecin, comparer les profils disponibles et choisir le spécialiste qui lui convient le mieux. L’accès direct aux profils des praticiens renforce la transparence et la confiance au moment de la réservation. Docteur 360 met ainsi l’accent sur la simplicité du parcours patient et la rapidité d’obtention d’un rendez-vous.

La plateforme propose une gamme complète de services pensés à la fois pour les patients et les professionnels : un vaste annuaire de praticiens à travers l’Algérie, une automatisation intelligente des tâches récurrentes (gestion des rendez-vous, rappels, notifications) et un suivi simplifié de tout le processus, de la prise de rendez-vous au rappel, pour réduire les délais et limiter les oublis.

Mehdi L. Sariak est titulaire d’un bachelor en gestion et administration des affaires obtenu en 2006 au Collège de Sherbrooke. Il est aussi titulaire d’un master en droit bancaire, financier, des sociétés et des valeurs mobilières obtenu en 2009 à l’IAE Paris.

Sa carrière professionnelle commence en 2006 à la Société Générale Algérie, où il occupe successivement les postes d’analyste de crédit, de banquier senior, de directeur de succursale à Alger, puis de directeur adjoint chargé des grandes entreprises. Entre 2016 et 2020, il était le président d’Oxonto, une société française (désormais fermée) spécialisée dans le commerce de gros d’ordinateurs, d’équipements informatiques et de logiciels.

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Partenaire de Zipline depuis près d’une décennie, le Rwanda a été l’un des premiers pays au monde à adopter la livraison autonome par drone. Cette collaboration historique prend désormais une nouvelle dimension, avec l’élargissement des usages et de la couverture du service.

Le Rwanda a signé, le jeudi 6 février, un accord d’expansion stratégique avec Zipline afin de devenir le premier pays au monde à disposer d’un réseau national de livraison autonome par drones, incluant le tout premier réseau urbain de livraison par drone en Afrique. Cet accord intervient dans le cadre de la subvention de 150 millions de dollars accordée à Zipline par le Département d’État américain, dont le Rwanda est le premier bénéficiaire.

« Le Rwanda et Zipline travaillent ensemble depuis des années pour exploiter la technologie au service de notre peuple. Nous avons été témoins de l’impact extraordinaire de la livraison par drone – économiser du temps, économiser de l’argent et sauver des vies. Grâce à ce partenariat, nous allons désormais étendre la livraison urbaine, en apportant ces avantages à encore plus de collectivités », a déclaré Paula Ingabire, ministre rwandaise des TIC et de l’Innovation.

Concrètement, le Rwanda sera le premier pays africain à déployer le système de livraison urbaine de Zipline, Platform 2 (P2). Cette technologie permet des livraisons rapides, silencieuses et extrêmement précises dans des environnements urbains denses comme Kigali, qui concentre à elle seule près de 40 % de la demande nationale de soins de santé. La plateforme est déjà utilisée aux États‑Unis pour livrer des dizaines de milliers de produits de détail et alimentaires directement à domicile ou dans des espaces publics.

L’accord prévoit également le renforcement du réseau existant avec l’ouverture d’un troisième centre de distribution longue distance dans le district de Karongi, en complément des hubs de Muhanga et Kayonza. Cette nouvelle infrastructure permettra d’étendre les livraisons au‑delà de la forêt de Nyungwe, notamment vers les districts frontaliers de la République démocratique du Congo, améliorant ainsi l’équité territoriale dans l’accès aux produits médicaux essentiels.

Au‑delà de la logistique, Zipline ambitionne d’installer au Rwanda son premier centre international d’essais dédié à l’intelligence artificielle et à la robotique. Ce centre de recherche et développement servira à tester de nouveaux systèmes de sécurité, des logiciels logistiques de nouvelle génération et les performances des aéronefs dans diverses conditions climatiques. Il vise également la formation de talents locaux et la création d’emplois hautement qualifiés dans les technologies avancées.

Ce nouvel accord s’inscrit dans une coopération de long terme entre le Rwanda et Zipline. Présente dans le pays depuis 2016, la société américaine a vu son partenariat renouvelé à plusieurs reprises, dont un contrat de 61 millions de dollars signé en décembre 2022. Celui‑ci prévoit l’extension des sites de livraison en zones rurales et urbaines, avec l’objectif de tripler les volumes et d’atteindre près de 2 millions de livraisons d’ici 2029, pour plus de 200 millions de kilomètres parcourus par des drones autonomes.

Selon les données communiquées par l’entreprise, cette collaboration avec Zipline a contribué à une baisse de 51 % de la mortalité maternelle dans les zones couvertes. Par ailleurs, l’intégration en temps réel des données de livraison dans les systèmes nationaux de santé et d’urgence a permis de renforcer la capacité de surveillance épidémiologique et la réactivité face aux crises sanitaires.

Samira Njoya

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Face à la pénurie de médecins et à la demande croissante de soins spécialisés, l’Afrique explore la chirurgie robotique pour optimiser les compétences disponibles. Le Maroc, en multipliant les initiatives, entend se positionner à l’avant-garde de cette révolution médicale sur le continent.

Le jeudi 29 janvier, le Maroc a inauguré ses premiers services publics de chirurgie robotique au Centre hospitalier universitaire (CHU) Mohammed VI d’Agadir, avec les premières interventions assistées par robot réalisées dans un établissement public. Cette annonce est survenue la veille de l’inauguration, à Casablanca, de la Mohammed VI Interventional Simulation and Robotic Surgery School (M6 ISRSS), école dédiée à la formation en chirurgie robotique et en simulation interventionnelle. Ces deux initiatives successives illustrent une stratégie nationale visant à moderniser le système de santé et à réduire les disparités régionales en matière d’accès aux soins spécialisés.

Un déficit de médecins qui pèse sur l’offre de soins spécialisés

Cette démarche répond à un déficit structurel de médecins et de chirurgiens. En 2023, le royaume affichait une densité médicale de 7,8 à 7,9 médecins pour 10 000 habitants, inférieure au seuil critique de 2,5 médecins pour 1000 habitants recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En 2025, le ministère de la Santé a estimé le besoin supplémentaire en ressources humaines à plus de 96 000 professionnels, dont 32 000 médecins et 64 000 infirmiers, afin de faire face à la demande croissante de soins spécialisés.

L’introduction de la chirurgie robotique vise à compenser partiellement cette pénurie en optimisant l’utilisation des compétences existantes. Les systèmes robotisés permettent aux chirurgiens d’intervenir avec une précision accrue et ouvrent la voie à des modèles d’intervention à distance et de supervision inter-hospitalière, rendus possibles par des infrastructures numériques fiables.

Le Maroc a déjà démontré sa capacité à opérer à distance. En 2024, une prostatectomie radicale a été réalisée entre Casablanca et Shanghai, à plus de 12 000 km. L’année suivante, une nouvelle téléchirurgie a été menée avec succès entre Casablanca et Tanger, confirmant la faisabilité technique de ces interventions au niveau national.

Un marché mondial en forte croissance

L’investissement marocain s’inscrit dans un contexte mondial de forte expansion de la chirurgie robotique. Selon Mordor Intelligence, le marché mondial est estimé à 8,31 milliards USD en 2025 et devrait atteindre 12,83 milliards USD d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel moyen de 9,07 %. Cette croissance est portée par la demande des populations vieillissantes pour des interventions moins invasives et plus précises, ainsi que par la consolidation hospitalière favorisant les plateformes de chirurgie à forte utilisation. En Afrique, le marché reste dominé par l’Afrique du Sud et l’Égypte, mais le Maroc pourrait en profiter grâce à ses nouvelles infrastructures et à l’expertise croissante de ses équipes médicales.

Un investissement stratégique pour le pays

Le projet de robot chirurgical Revo-i au CHU d’Agadir représente un investissement public de 26,35 millions de dirhams (≈ 2,9 millions USD). Il s’inscrit dans une stratégie visant à rapprocher les soins spécialisés des citoyens, à réduire les déplacements médicaux et à renforcer l’offre régionale et nationale. La plateforme sert également de centre de formation et de supervision pour les équipes hospitalières, garantissant un déploiement progressif et sécurisé de la technologie.

Le lancement de la M6 ISRSS complète cette démarche. L’école propose le premier diplôme universitaire de chirurgie robotique, couvrant plusieurs spécialités : urologie, chirurgie générale, gynécologie et chirurgie thoracique, et forme des chirurgiens et techniciens capables de maintenir un niveau homogène de qualité des soins, même lorsque les compétences spécialisées ne sont pas disponibles localement. Cette approche permet aussi d’améliorer l’attractivité des carrières hospitalières et de limiter la fuite des talents vers le secteur privé ou l’étranger.

Si la chirurgie robotique ne peut à elle seule combler le déficit de médecins et d’infirmiers, elle constitue un levier stratégique pour moderniser l’offre de soins spécialisés. En combinant investissement technologique, formation avancée et premières expérimentations de téléchirurgie, le Maroc cherche à bâtir un système de santé plus résilient, capable d’absorber les tensions liées à la pénurie de praticiens tout en s’alignant sur les standards internationaux.

Samira Njoya

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Dans un contexte de connectivité accrue et d’adoption croissante des services en ligne en Algérie, cette healthtech offre une gamme de services médicaux numériques accessibles via ses plateformes web et mobiles.

DZDOC est une plateforme d’e-santé multiservices développée par une jeune pousse algérienne. Elle simplifie l’accès aux soins en digitalisant la prise de rendez-vous, les consultations et la gestion des interactions entre patients et professionnels de santé. Elle a été lancée en 2015 à Annaba par Rachid Maou.

La plateforme permet aux patients de rechercher et réserver des rendez-vous médicaux en ligne auprès de praticiens dans une large gamme de spécialités, de la médecine générale à la chirurgie, en passant par la psychiatrie ou la nutrition. La recherche peut être faite par spécialité et localisation géographique, ce qui facilite la mise en relation avec un professionnel proche et disponible.

DZDOC intègre également un dispositif de téléconsultation sécurisé, offrant aux utilisateurs la possibilité de consulter un médecin à distance via appel vidéo. Ce service couvre autant la santé physique que mentale, avec un panel étendu de praticiens disponibles sans nécessité de déplacement physique, ce qui constitue un avantage pour les populations éloignées ou en situation de mobilité réduite.

Pour les professionnels de santé, la plateforme propose une interface de gestion de cabinet numérique, avec des fonctionnalités telles que la planification des créneaux, les rappels automatisés par SMS ou e-mail et une meilleure visibilité en ligne auprès des patients. La solution vise ainsi à optimiser le flux des rendez-vous et à améliorer l’efficacité opérationnelle des praticiens.

DZDOC illustre comment les technologies numériques appliquées à la santé peuvent répondre aux défis d’accessibilité des soins, en reliant demande et offre médicales sur un marché encore largement dépendant des interactions physiques.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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En Guinée, Ayooka illustre comment la digitalisation peut renforcer l’efficacité des systèmes de santé en Afrique et améliorer l’accès à des soins sûrs pour les patients nécessitant des transfusions.

Ayooka est une solution numérique intégrée dédiée à la gestion et l’optimisation des services de transfusion sanguine en Guinée. Conçue comme un système d’information et de gestion digitalisée, elle vise à rendre plus efficaces et sécurisés les processus liés à la collecte, au traitement, à la distribution et à la traçabilité du sang et de ses composants. La plateforme a été lancée en 2022.

« Ayooka est le système d'information et de gestion digitalisée des services de transfusion sanguine de Guinée. Cette plateforme technologique intégrée permet une gestion efficace et sécurisée de tous les processus liés à la collecte, au traitement, à la distribution et à la traçabilité du sang et de ses composants », a indiqué la plateforme. Et d’ajouter : « notre objectif est d'optimiser la gestion des stocks de produits sanguins, de garantir la qualité et la sécurité des transfusions,et de faciliter la communication entre tous les acteurs du secteur de la transfusion : donneurs, établissements de santé, laboratoires, etc. »

La solution s’appuie sur plusieurs fonctionnalités pour répondre aux défis du secteur : une gestion des stocks assistée par l’Intelligence artificielle (IA) permettant d’anticiper les pénuries, de réduire les gaspillages et de planifier les opérations de collecte ; un module d’hémovigilance pour surveiller, évaluer et prévenir les incidents liés aux produits sanguins ; ainsi que des outils pour suivre les demandes et prescriptions de produits sanguins labiles (PSL) par les médecins, avec une documentation complète de l’administration aux patients.

Elle intègre également des fonctionnalités de sensibilisation des populations via des campagnes digitales et multimédias, destinées à encourager les dons de sang, y compris auprès des publics non scolarisés. Un volet assurance qualité couvre l’ensemble du processus transfusionnel, depuis le don jusqu’à l’administration clinique.

Soutenue par le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) et les professionnels de santé, Ayooka ambitionne d’augmenter la fréquence des dons et de contribuer ainsi à sauver des vies.

Adoni Conrad Quenum

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Face aux limites des circuits traditionnels de consultation, il propose une nouvelle façon de mettre en relation patients et professionnels de santé. Une approche qui interroge les pratiques établies du secteur médical.

Abdessabour Benzegane (photo) est un entrepreneur algérien et ingénieur en automatisme et en logiciel. Il est le fondateur et directeur général de Sihhatech, une plateforme en ligne dédiée à la mise en relation entre patients et professionnels de santé. Le service permet de trouver rapidement un médecin ou un dentiste et de prendre rendez‑vous à tout moment, sans frais pour les patients.

Fondée en 2016, Sihhatech vise à simplifier l’accès aux soins en facilitant la recherche de praticiens et la prise de rendez‑vous médicaux. La plateforme permet aux utilisateurs de contacter un professionnel de santé sans se déplacer et sans frais de mise en relation, le service étant annoncé comme entièrement gratuit pour les patients.

Sihhatech couvre un large éventail de spécialités médicales afin de répondre à des besoins variés. Parmi les disciplines proposées figurent notamment la pédiatrie, la gynécologie‑obstétrique, la cardiologie, la dermatologie et la médecine générale.

Le parcours utilisateur repose sur un processus simple et intuitif. Le patient recherche un médecin ou un dentiste correspondant à son besoin, puis prend rendez‑vous directement en ligne en quelques étapes. Le service est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, y compris en dehors des horaires habituels de consultation.

La plateforme contribue également à améliorer la visibilité des cabinets médicaux en mettant en avant leurs services auprès d’un public élargi. Certains praticiens indiquent que leur activité a augmenté après leur inscription, avec davantage d’appels et une meilleure identification de leur cabinet par les patients. Du côté des utilisateurs, Sihhatech évite de longues recherches et des déplacements inutiles, tout en facilitant un contact rapide avec un professionnel de santé disponible et compétent.

Parallèlement à Sihhatech, Abdessabour Benzegane est, depuis 2016, directeur général de l’Algerian Foundation for Innovation & Development, une structure qu’il a fondée pour accompagner les acteurs du secteur de la santé dans leur transformation digitale.

Il est titulaire d’un diplôme d’ingénieur d’État en commande des procédés industriels, obtenu en 2012 à l’université M’Hamed Bougerra de Boumerdès. Il a aussi obtenu, en 2014, un master en commande automatique au sein de la même université.

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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