Positionnée sur le segment des technologies de santé (healthtech), cette jeune pousse sénégalaise développe des solutions destinées à faciliter le dépistage précoce de certaines maladies, notamment le cancer du col de l’utérus.

Au Sénégal, ASKcare entend améliorer l’accès aux soins dans les zones rurales grâce à des outils médicaux déployés au plus près des patients.

Fondée par la biologiste médicale Aïssatou Diallo (photo) en 2021, l’entreprise mise sur des outils de diagnostic dits « Point of Care », capables de fournir des résultats directement sur le lieu de soins, sans dépendre d’infrastructures hospitalières complexes.

« Fondée avec la mission de démocratiser les soins de santé, ASKcare est guidée par des valeurs de solidarité, d’innovation et de justice sociale. L’entreprise collabore étroitement avec les communautés locales pour adapter ses solutions aux réalités et aux besoins spécifiques de chaque région », a indiqué la jeune pousse.

La start-up distribue notamment des tests de diagnostic rapide, des colposcopes numériques et des dispositifs de thermocoagulation permettant de traiter des lésions précancéreuses en une seule visite. L’entreprise cible ainsi l’un des principaux défis sanitaires du continent : l’accès limité au dépistage dans les zones éloignées des centres urbains.

ASKcare affirme collaborer avec plusieurs postes de santé, laboratoires et organisations communautaires au Sénégal. Son modèle combine la fourniture d’équipements biomédicaux, la maintenance et des solutions de financement adaptées aux établissements de santé à faibles ressources. La start-up développe également une approche mobile permettant d’organiser des campagnes de dépistage directement sur le terrain.

Au-delà du Sénégal, l’entreprise affiche des ambitions régionales. ASKcare prévoit une expansion progressive dans plusieurs pays africains d’ici 2030, avec l’objectif de déployer un réseau de solutions médicales accessibles dans des zones encore peu couvertes par les infrastructures médicales spécialisées.

L’émergence de start-up comme ASKcare illustre la montée des technologies de santé africaines centrées sur l’accessibilité, la prévention et les solutions médicales adaptées aux contraintes locales.

Adoni Conrad Quenum

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Il propose une infrastructure numérique dédiée à la souveraineté nutritionnelle. En indexant les spécificités des cuisines locales, il transforme les habitudes alimentaires en données exploitables pour améliorer la santé publique sur le continent.

Gilbert Mbeh (photo) est un entrepreneur technologique camerounais. Il est le fondateur et directeur technique de PushNcare, une plateforme numérique dédiée à la nutrition et au bien-être, lancée en 2024.

PushNcare se distingue par sa volonté de concilier santé et traditions. La plateforme met à disposition des utilisateurs des outils d’analyse nutritionnelle spécifiquement adaptés aux habitudes alimentaires du continent. En reliant patients et nutritionnistes, elle rend les conseils de santé plus accessibles et, surtout, plus proches des réalités culturelles africaines.

Le cœur technologique de PushNcare repose sur une base de données colossale de plus de 60 000 plats et ingrédients africains analysés. Des classiques tels que le riz jollof ou le fufu y sont répertoriés pour permettre aux utilisateurs de comprendre précisément leur apport en calories, sucre, sodium, ainsi que leur impact glycémique. L’ambition est claire : offrir une gestion alimentaire personnalisée à partir des repas du quotidien.

Pour simplifier l’expérience utilisateur, la plateforme intègre un système d’analyse intelligent capable de traiter une simple photo ou une description textuelle d’un repas. La plateforme génère alors un bilan nutritionnel détaillé et propose des recommandations ciblées selon des objectifs variés : perte de poids, contrôle glycémique, santé digestive, énergie, nutrition sportive, grossesse, santé cardiaque ou encore régimes faibles en sucre et en sodium.

Au-delà de son expertise en santé numérique, Gilbert Mbeh est coordinateur de programme au sein de la Digital Transformation Initiative for Municipalities in Africa (DTIMA). Cet événement annuel majeur réunit maires, investisseurs et décideurs pour accélérer la transition numérique des villes africaines.

Son parcours d’entrepreneur a véritablement pris son essor en 2019 avec la création d’AbegYa, une société de conseil et de services informatiques. Cependant, il a commencé sa carrière professionnelle en 2008 chez Ecolog International, un prestataire de services intégrés et de solutions d’intervention rapide, en tant que technicien en réseaux. Entre 2010 et 2019, il était le président du conseil d’administration d’EDUCAF, une communauté engagée dans le soutien à l’éducation en Afrique.

Melchior Koba

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Au Sénégal, la gestion des dons de sang reste un défi majeur pour les structures de santé, souvent confrontées à des pénuries en situation d’urgence. Pour y répondre, la start-up Jamora Technologie a développé une solution numérique.

Sendon est une solution d’e-santé développée par Jamora Technologie. La plateforme vise à connecter les donneurs de sang et les hôpitaux, en s’appuyant sur les technologies mobiles. La start-up a été lancée par Ousmane Ndieguene.

La solution fonctionne comme un réseau intelligent. En cas de besoin urgent, les établissements de santé peuvent lancer une alerte ciblée en fonction du groupe sanguin recherché et de la localisation. Les donneurs inscrits reçoivent alors une notification et peuvent se rendre dans le centre le plus proche. Ce mécanisme permet de réduire considérablement les délais de mobilisation, un facteur critique dans les situations d’urgence médicale.

Au-delà de la mise en relation, Sendon propose également une base de données structurée de donneurs volontaires, régulièrement mise à jour. Cette approche permet d’anticiper les besoins et de mieux organiser les campagnes de don, tout en limitant le recours aux appels informels souvent diffusés sur les réseaux sociaux.

L’initiative s’inscrit dans une dynamique de numérisation du secteur de la santé au Sénégal, où les start-up jouent un rôle croissant dans l’amélioration des services. En apportant une réponse concrète à un problème de santé publique, Sendon illustre le potentiel des solutions locales pour renforcer l’efficacité du système sanitaire.

À terme, la start-up pourrait être intégrée plus largement dans les dispositifs nationaux de gestion du sang, voire étendue à d’autres pays confrontés aux mêmes défis. Si son déploiement est soutenu, elle pourrait contribuer à structurer durablement les chaînes de don et à sauver davantage de vies, en rendant le sang disponible au bon moment et au bon endroit.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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La gestion des dépenses de santé reste un défi dans de nombreux systèmes où le paiement direct en pharmacie pèse sur les budgets des ménages. Dans ce contexte, cet entrepreneur développe des solutions pour structurer et anticiper ces coûts.

Raymond Bleu‑Lainé (photo) est un pharmacien de formation et un entrepreneur ivoirien. Il est le directeur général de la Société Africaine de Consulting Pharmaceutique (SOCAPHARM), une entreprise spécialisée dans le consulting pharmaceutique, la formation, la santé et la communication digitale.

Fondée en 2016, SOCAPHARM développe des solutions numériques pour le secteur de la santé. Elle conçoit des outils numériques, notamment des applications, visant à faciliter l’accès aux services de santé et à améliorer le fonctionnement des structures sanitaires.

La solution phare de l’entreprise est Ivoire Health, qui propose une carte prépayée dédiée exclusivement aux dépenses en pharmacie. Cette carte virtuelle permet à un utilisateur d’acheter des médicaments, des produits pharmaceutiques ou parapharmaceutiques dans un réseau de pharmacies partenaires, sans recourir à de l’argent liquide au moment de l’achat.

Ivoire Health se présente comme une solution d’épargne santé. L’utilisateur alimente sa carte à l’avance, puis utilise le montant disponible pour régler ses achats en pharmacie. Cette logique permet d’anticiper les dépenses médicales et de mieux contrôler un budget mensuel consacré aux médicaments.

En parallèle de ses activités numériques, SOCAPHARM intervient également dans deux autres domaines. D’une part, le conseil, en accompagnant les acteurs de la santé dans la résolution de problématiques organisationnelles, structurelles ou de développement. D’autre part, la formation, à travers des sessions destinées au personnel du secteur de la santé.

Raymond Bleu‑Lainé est titulaire d’un doctorat en pharmacie obtenu en 2009 à la faculté de pharmacie de l’université du Maryland, aux États‑Unis. Il commence sa carrière professionnelle en 2011 comme responsable de pharmacie chez Rite Aid, une chaîne pharmaceutique américaine. De 2017 à 2020, il occupe le poste de responsable en oncologie chez Servier, un groupe pharmaceutique international basé en France.

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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En Afrique, des millions d’élèves dépendent d’un système de santé scolaire fragmenté, freiné par des carnets papier et des échanges lents entre écoles et médecins. Au Sénégal, une entrepreneure veut moderniser ce dispositif.

Ndeye-Talla Dioum (photo) est une informaticienne et entrepreneure sénégalaise. Elle est fondatrice et directrice générale de MedSen, une entreprise qui exploite la technologie pour améliorer le suivi sanitaire des élèves à l’échelle nationale.

Lancée en 2021, MedSen propose une plateforme numérique dédiée à la santé scolaire. Son ambition est de garantir à chaque enfant un accès équitable aux soins. Le projet s’appuie sur un constat alarmant : malgré la ratification de la Convention internationale des droits de l’enfant en 1990, « le système de santé scolaire reste fragmenté, reposant largement sur des processus manuels et des dossiers papier », explique la start-up.

La plateforme centralise les informations de santé de chaque élève dans un dossier numérique unique. Celui-ci regroupe les bilans de santé, les vaccinations, les consultations et les orientations médicales. Des outils de suivi en temps réel offrent une vision globale de la santé scolaire, à l’échelle locale, régionale ou nationale.

MedSen facilite aussi l’organisation et le suivi des actions de prévention, telles que les campagnes de vaccination ou les dépistages (vision, audition, santé bucco-dentaire, nutrition). Elle optimise les échanges entre écoles et services médicaux scolaires via un système de gestion des demandes et interventions.

Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en technologie de l’information obtenu en 2010 à CentraleSupélec en France, Ndeye-Talla Dioum a commencé sa carrière professionnelle la même année comme ingénieure en recherche et développement logiciels chez Amadeus IT Group.

En 2016, elle intègre Bâloise Assurances Luxembourg en tant qu’analyste commerciale et développeuse. L’année suivante, elle rejoint la Banque Internationale à Luxembourg comme analyste métier en informatique. De 2018 à 2021, elle occupe le poste d’analyste fonctionnel et informatique chez BNP Paribas Cardif.

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Entre manque de spécialistes et contraintes de déplacement, consulter reste difficile pour une large partie de la population. Cet entrepreneur tente de structurer une offre plus accessible, en misant sur la simplicité d’usage et la confidentialité.

Mohammed Lamine Ouahabi (photo) est un informaticien et un entrepreneur algérien. Il est le fondateur de Nafsia Clinic, une plateforme numérique dédiée à l’accompagnement psychologique à distance.

Fondée en 2023, Nafsia Clinic vise d’abord le public algérien, avec une ambition d’élargissement à d’autres pays du monde arabe. Elle veut rendre l’accès à un accompagnement psychologique plus rapide, plus discret et plus accessible, sans contrainte de déplacement.

Le fonctionnement de la plateforme est simple. L’utilisateur sélectionne un spécialiste, réserve une séance et échange avec lui à distance, généralement par vidéo. Les sessions sont sécurisées, avec une confidentialité stricte : aucun enregistrement des échanges n’est effectué, seules les données nécessaires à l’organisation des rendez‑vous sont conservées.

Nafsia Clinic s’appuie sur des professionnels certifiés, sélectionnés et suivis afin de garantir un accompagnement sérieux. La plateforme insiste sur la qualité du service, la transparence des informations et la simplicité du parcours utilisateur.

Le service ne se limite pas aux particuliers. Des solutions spécifiques sont proposées aux entreprises, aux associations et aux organisations. Pour les entreprises, il s’agit de programmes permettant aux employés d’accéder à des séances prises en charge par l’employeur, dans un cadre entièrement confidentiel. Pour les associations, un système de portefeuille permet de financer des séances selon les besoins réels des bénéficiaires.

Mohammed Lamine Ouahabi est diplômé de l’université Djillali Liabes de Sidi Bel Abbes en Algérie où il a obtenu en 2007 une licence en informatique. Avant Nafsia, il avait déjà fondé en 2022 AL3akar.com, une plateforme d’annonces immobilières. Sa carrière professionnelle a commencé en 2008 comme ingénieur logiciel à la Direction régionale du budget (Algérie).

En 2010, il rejoint Naftal Spa, filiale de Sonatrach chargée de la commercialisation et de la distribution des produits pétroliers. De 2011 à 2025, il occupe le poste de responsable informatique à la Caisse nationale de sécurité sociale des non‑salariés (CASNOS) en Algérie.

Melchior Koba

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Dans un contexte où l’accès aux soins reste inégal et souvent contraignant, la start-up kényane Cliniva propose une approche hybride combinant technologie et médecine de proximité.

Cliniva est une solution d’e-santé développée par une jeune pousse kényane. Elle ambitionne de transformer l’expérience des patients, en particulier celle des femmes, souvent mal desservies par les systèmes de santé traditionnels. La start-up, basée à Nairobi, a été lancée en 2022 par Yulia Sidorova.

« Nous remettons en question l'idée selon laquelle des soins de haute qualité et centrés sur la patiente seraient inaccessibles et coûteux. Pour le prouver, nous mettons en place une plateforme à l'échelle du continent où chaque femme peut bénéficier de soins abordables et bienveillants, d'une qualité exceptionnelle et constante », indique la jeune pousse.

Le modèle développé par Cliniva repose sur une intégration fluide entre consultations physiques et téléconsultations. Les patients peuvent ainsi accéder à des soins à distance ou se rendre dans des cliniques locales, avec des délais d’attente réduits et un suivi plus personnalisé. L’entreprise met en avant une prise en charge continue, couvrant aussi bien les soins courants que la gestion des maladies chroniques, la gynécologie, la grossesse ou encore la planification familiale.

L’un des axes différenciants de la solution réside dans son approche centrée sur l’expérience utilisateur. Cliniva cherche à réduire les frictions classiques du parcours de soins en Afrique : longues distances, coûts élevés, faible qualité de service ou consultations trop brèves. En combinant outils numériques, suivi personnalisé et présence physique, la start-up entend proposer une alternative plus accessible et plus efficace.

La plateforme s’appuie également sur la donnée et des programmes de prévention pour améliorer les résultats de santé sur le long terme. Elle développe des offres adaptées aux entreprises, avec des solutions de suivi médical pour les employés, visant à réduire l’absentéisme et les coûts liés aux maladies. Déjà présente à Nairobi avec plusieurs points de service, elle veut étendre son modèle à d’autres marchés africains.

À terme, la start-up illustre une tendance de fond : l’émergence de solutions healthtech hybrides, capables de combiner numérisation, proximité et approche centrée sur le patient pour répondre aux défis structurels des systèmes de santé africains.

Adoni Conrad Quenum

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Dans de nombreux systèmes de santé, le manque de données fiables complique la prise de décision clinique. Face à cet enjeu, des approches structurées émergent pour mieux encadrer les pratiques médicales.

Chraish Miiro (photo) est un pharmacien et innovateur ougandais spécialisé en healthtech. Il est cofondateur et directeur général d’Impala Healthtech Research, une entreprise dédiée à la recherche et au développement de solutions numériques pour le secteur de la santé.

Fondée en 2024, Impala Healthtech Research se positionne comme un partenaire stratégique, capable d’éclairer les décisions liées à la conception et à la mise sur le marché de solutions de santé. L’entreprise propose trois principaux axes de services : la recherche et développement, l’évaluation d’impact et l’accompagnement au développement commercial.

Dans le cadre de ses activités, l’entreprise mène des études exploratoires afin d’identifier les défis les plus urgents du secteur de la santé, puis conçoit des solutions technologiques adaptées à ces enjeux. Elle réalise également des recherches, régulières ou ponctuelles, portant sur différents aspects : le fonctionnement des systèmes de santé, l’accès et la prestation des soins, les dynamiques économiques du secteur ainsi que les problématiques pharmaceutiques.

Impala Healthtech Research conduit par ailleurs des évaluations indépendantes visant à mesurer l’efficacité réelle des technologies de santé, qu’elles soient développées en interne ou par des partenaires. Ces évaluations reposent sur des méthodologies rigoureuses et ont pour objectif de préparer les solutions à un déploiement à grande échelle, en s’assurant de leur performance dans des conditions réelles.

L’entreprise accompagne aussi les porteurs de projets dans l’élaboration de leur stratégie de marché. Elle réalise des études et analyses approfondies, puis exploite les données collectées pour concevoir et tester des modèles économiques adaptés aux innovations les plus prometteuses. L’entreprise identifie également les leviers nécessaires pour permettre à ces solutions d’atteindre leur plein potentiel sur le marché.

Sa solution phare, DIGAMS (Digital Antimicrobial Stewardship Platform), est une plateforme numérique dédiée à la gestion des antimicrobiens. Elle combine une place de marché destinée aux laboratoires de microbiologie et un outil d’aide à la décision en temps réel, basé sur l’intelligence artificielle, afin d’assister les cliniciens dans la prescription de traitements antimicrobiens.

Chraish Miiro est titulaire d’un bachelor en pharmacie obtenu en 2020 à l’université de Makerere. Il commence sa carrière professionnelle en 2016 en tant que responsable de l’évaluation des paiements des services publics à la dfcu Bank. Après plusieurs stages en pharmacie entre 2019 et 2020, il rejoint la National Drug Authority (NDA) en Ouganda en tant que chercheur associé. De 2022 à 2025, il occupe le poste de responsable de la recherche chez Mobiklinic, une entreprise technologique facilitant l’accès et la prestation des soins de santé.

Melchior Koba

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La santé numérique connaît une accélération en Afrique, portée par la volonté des États de moderniser leurs systèmes sanitaires et de mieux exploiter les données médicales. Elle transforme progressivement la gestion des soins et la prise de décision publique.

Le Tchad amorce une transition vers le dossier médical électronique, avec l’appui technique de la société rwandaise HISP. Une solution numérique de gestion des dossiers médicaux a été présentée le mercredi 15 avril aux autorités tchadiennes. Ce système vise à remplacer les supports physiques par une architecture numérique intégrée. L’enjeu est de structurer des données fiables, exploitables à la fois pour le suivi des patients et pour la prise de décision au niveau des établissements de santé.

Concrètement, la mise en place de ce dossier médical informatisé vise à améliorer le suivi du parcours des patients, à renforcer la coordination entre les établissements de santé et à optimiser la gestion des services hospitaliers. Elle contribue également à réduire la charge administrative des professionnels de santé, tout en facilitant l’accès à des données fiables et en temps réel pour appuyer la prise de décision. Le système est par ailleurs conçu pour s’intégrer aux plateformes nationales existantes, notamment DHIS2, afin de garantir une meilleure interopérabilité des données.

Acteur clé du dispositif, HISP Rwanda développe et déploie des systèmes d’information de santé dans plusieurs pays africains. L’organisation accompagne les États dans la collecte, l’analyse et l’exploitation des données sanitaires, afin de renforcer la planification et la performance des systèmes de santé. Au Tchad, son intervention vise à structurer un système capable de soutenir la gestion hospitalière et d’améliorer la continuité des soins.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large à l’échelle du continent. Selon un rapport de McKinsey & Company, les solutions de santé numérique pourraient permettre aux systèmes de santé africains de réduire jusqu’à 15 % de leurs dépenses totales, notamment en limitant les doublons et en optimisant l’allocation des ressources. Par ailleurs, plus de 60 % des pays africains disposent déjà d’une stratégie nationale de e‑santé ou sont en cours de déploiement, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Union africaine (UA). Le contexte reste toutefois marqué par des fragilités structurelles. L’OMS souligne que la fragmentation des données, la faible numérisation et le manque d’interopérabilité limitent encore l’exploitation efficace de l’information sanitaire.

Au‑delà des gains techniques, l’enjeu est aussi stratégique. Une meilleure utilisation des données permet d’améliorer le pilotage des politiques publiques, d’optimiser les ressources et de renforcer la résilience des systèmes de santé. Pour le Tchad, ce partenariat pourrait ainsi constituer une étape structurante vers un système davantage piloté par la donnée.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Dans de nombreuses régions du monde, en particulier en Afrique, la détection précoce de la tuberculose reste un défi majeur, en raison du manque d’infrastructures et de spécialistes. Une start-up sud-africaine propose une approche alternative combinant IA et dispositifs médicaux accessibles.

AI Diagnostics est une solution d’e-santé développée par une jeune pousse sud-africaine. Elle propose un dispositif de dépistage reposant sur un stéthoscope numérique couplé à un algorithme d’IA.

L’outil permet d’analyser les sons pulmonaires d’un patient afin d’identifier des signaux associés à la tuberculose, sans recourir à des équipements lourds comme la radiographie. La start-up, basée au Cap, a été lancée en 2020 et est dirigée par son président-directeur général Braden van Breda.

« Notre objectif est d’élargir les compétences diagnostiques des infirmières, de réduire les délais d’analyse et d’améliorer la précision, tout en transférant le diagnostic final et le traitement vers les établissements de soins de santé primaires », indique la jeune pousse. Elle ajoute : « notre stéthoscope numérique sans fil, notre modèle d’IA pour la détection de la tuberculose et notre application de saisie de données intuitive s’associent pour former une solution complète de dépistage de la tuberculose ».

Concrètement, le dispositif fonctionne en quelques minutes : les sons respiratoires sont captés via le stéthoscope, puis analysés en temps réel par un modèle d’IA entraîné sur des milliers d’enregistrements. Le système peut ensuite orienter le patient vers des examens complémentaires si nécessaire.

Conçu pour être utilisé par des agents de santé de première ligne, ce dispositif permet d’élargir le dépistage dans des zones où les infrastructures médicales sont limitées. L’outil est également portable, fonctionne en mode hors ligne et réduit significativement les coûts de diagnostic.

Soutenue par des investisseurs, la start-up a récemment levé 85 millions de rands (environ 5,2 millions de dollars américains) pour accélérer le déploiement de sa solution en Afrique et en Asie. À terme, AI Diagnostics entend étendre ses capacités à d’autres maladies pulmonaires et cardiovasculaires.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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