Partenaire de Zipline depuis près d’une décennie, le Rwanda a été l’un des premiers pays au monde à adopter la livraison autonome par drone. Cette collaboration historique prend désormais une nouvelle dimension, avec l’élargissement des usages et de la couverture du service.
Le Rwanda a signé, le jeudi 6 février, un accord d’expansion stratégique avec Zipline afin de devenir le premier pays au monde à disposer d’un réseau national de livraison autonome par drones, incluant le tout premier réseau urbain de livraison par drone en Afrique. Cet accord intervient dans le cadre de la subvention de 150 millions de dollars accordée à Zipline par le Département d’État américain, dont le Rwanda est le premier bénéficiaire.
« Le Rwanda et Zipline travaillent ensemble depuis des années pour exploiter la technologie au service de notre peuple. Nous avons été témoins de l’impact extraordinaire de la livraison par drone – économiser du temps, économiser de l’argent et sauver des vies. Grâce à ce partenariat, nous allons désormais étendre la livraison urbaine, en apportant ces avantages à encore plus de collectivités », a déclaré Paula Ingabire, ministre rwandaise des TIC et de l’Innovation.
Concrètement, le Rwanda sera le premier pays africain à déployer le système de livraison urbaine de Zipline, Platform 2 (P2). Cette technologie permet des livraisons rapides, silencieuses et extrêmement précises dans des environnements urbains denses comme Kigali, qui concentre à elle seule près de 40 % de la demande nationale de soins de santé. La plateforme est déjà utilisée aux États‑Unis pour livrer des dizaines de milliers de produits de détail et alimentaires directement à domicile ou dans des espaces publics.
L’accord prévoit également le renforcement du réseau existant avec l’ouverture d’un troisième centre de distribution longue distance dans le district de Karongi, en complément des hubs de Muhanga et Kayonza. Cette nouvelle infrastructure permettra d’étendre les livraisons au‑delà de la forêt de Nyungwe, notamment vers les districts frontaliers de la République démocratique du Congo, améliorant ainsi l’équité territoriale dans l’accès aux produits médicaux essentiels.
Au‑delà de la logistique, Zipline ambitionne d’installer au Rwanda son premier centre international d’essais dédié à l’intelligence artificielle et à la robotique. Ce centre de recherche et développement servira à tester de nouveaux systèmes de sécurité, des logiciels logistiques de nouvelle génération et les performances des aéronefs dans diverses conditions climatiques. Il vise également la formation de talents locaux et la création d’emplois hautement qualifiés dans les technologies avancées.
Ce nouvel accord s’inscrit dans une coopération de long terme entre le Rwanda et Zipline. Présente dans le pays depuis 2016, la société américaine a vu son partenariat renouvelé à plusieurs reprises, dont un contrat de 61 millions de dollars signé en décembre 2022. Celui‑ci prévoit l’extension des sites de livraison en zones rurales et urbaines, avec l’objectif de tripler les volumes et d’atteindre près de 2 millions de livraisons d’ici 2029, pour plus de 200 millions de kilomètres parcourus par des drones autonomes.
Selon les données communiquées par l’entreprise, cette collaboration avec Zipline a contribué à une baisse de 51 % de la mortalité maternelle dans les zones couvertes. Par ailleurs, l’intégration en temps réel des données de livraison dans les systèmes nationaux de santé et d’urgence a permis de renforcer la capacité de surveillance épidémiologique et la réactivité face aux crises sanitaires.
Samira Njoya
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Face à la pénurie de médecins et à la demande croissante de soins spécialisés, l’Afrique explore la chirurgie robotique pour optimiser les compétences disponibles. Le Maroc, en multipliant les initiatives, entend se positionner à l’avant-garde de cette révolution médicale sur le continent.
Le jeudi 29 janvier, le Maroc a inauguré ses premiers services publics de chirurgie robotique au Centre hospitalier universitaire (CHU) Mohammed VI d’Agadir, avec les premières interventions assistées par robot réalisées dans un établissement public. Cette annonce est survenue la veille de l’inauguration, à Casablanca, de la Mohammed VI Interventional Simulation and Robotic Surgery School (M6 ISRSS), école dédiée à la formation en chirurgie robotique et en simulation interventionnelle. Ces deux initiatives successives illustrent une stratégie nationale visant à moderniser le système de santé et à réduire les disparités régionales en matière d’accès aux soins spécialisés.
Un déficit de médecins qui pèse sur l’offre de soins spécialisés
Cette démarche répond à un déficit structurel de médecins et de chirurgiens. En 2023, le royaume affichait une densité médicale de 7,8 à 7,9 médecins pour 10 000 habitants, inférieure au seuil critique de 2,5 médecins pour 1000 habitants recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En 2025, le ministère de la Santé a estimé le besoin supplémentaire en ressources humaines à plus de 96 000 professionnels, dont 32 000 médecins et 64 000 infirmiers, afin de faire face à la demande croissante de soins spécialisés.
L’introduction de la chirurgie robotique vise à compenser partiellement cette pénurie en optimisant l’utilisation des compétences existantes. Les systèmes robotisés permettent aux chirurgiens d’intervenir avec une précision accrue et ouvrent la voie à des modèles d’intervention à distance et de supervision inter-hospitalière, rendus possibles par des infrastructures numériques fiables.
Le Maroc a déjà démontré sa capacité à opérer à distance. En 2024, une prostatectomie radicale a été réalisée entre Casablanca et Shanghai, à plus de 12 000 km. L’année suivante, une nouvelle téléchirurgie a été menée avec succès entre Casablanca et Tanger, confirmant la faisabilité technique de ces interventions au niveau national.
Un marché mondial en forte croissance
L’investissement marocain s’inscrit dans un contexte mondial de forte expansion de la chirurgie robotique. Selon Mordor Intelligence, le marché mondial est estimé à 8,31 milliards USD en 2025 et devrait atteindre 12,83 milliards USD d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel moyen de 9,07 %. Cette croissance est portée par la demande des populations vieillissantes pour des interventions moins invasives et plus précises, ainsi que par la consolidation hospitalière favorisant les plateformes de chirurgie à forte utilisation. En Afrique, le marché reste dominé par l’Afrique du Sud et l’Égypte, mais le Maroc pourrait en profiter grâce à ses nouvelles infrastructures et à l’expertise croissante de ses équipes médicales.
Un investissement stratégique pour le pays
Le projet de robot chirurgical Revo-i au CHU d’Agadir représente un investissement public de 26,35 millions de dirhams (≈ 2,9 millions USD). Il s’inscrit dans une stratégie visant à rapprocher les soins spécialisés des citoyens, à réduire les déplacements médicaux et à renforcer l’offre régionale et nationale. La plateforme sert également de centre de formation et de supervision pour les équipes hospitalières, garantissant un déploiement progressif et sécurisé de la technologie.
Le lancement de la M6 ISRSS complète cette démarche. L’école propose le premier diplôme universitaire de chirurgie robotique, couvrant plusieurs spécialités : urologie, chirurgie générale, gynécologie et chirurgie thoracique, et forme des chirurgiens et techniciens capables de maintenir un niveau homogène de qualité des soins, même lorsque les compétences spécialisées ne sont pas disponibles localement. Cette approche permet aussi d’améliorer l’attractivité des carrières hospitalières et de limiter la fuite des talents vers le secteur privé ou l’étranger.
Si la chirurgie robotique ne peut à elle seule combler le déficit de médecins et d’infirmiers, elle constitue un levier stratégique pour moderniser l’offre de soins spécialisés. En combinant investissement technologique, formation avancée et premières expérimentations de téléchirurgie, le Maroc cherche à bâtir un système de santé plus résilient, capable d’absorber les tensions liées à la pénurie de praticiens tout en s’alignant sur les standards internationaux.
Samira Njoya
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Dans un contexte de connectivité accrue et d’adoption croissante des services en ligne en Algérie, cette healthtech offre une gamme de services médicaux numériques accessibles via ses plateformes web et mobiles.
DZDOC est une plateforme d’e-santé multiservices développée par une jeune pousse algérienne. Elle simplifie l’accès aux soins en digitalisant la prise de rendez-vous, les consultations et la gestion des interactions entre patients et professionnels de santé. Elle a été lancée en 2015 à Annaba par Rachid Maou.
La plateforme permet aux patients de rechercher et réserver des rendez-vous médicaux en ligne auprès de praticiens dans une large gamme de spécialités, de la médecine générale à la chirurgie, en passant par la psychiatrie ou la nutrition. La recherche peut être faite par spécialité et localisation géographique, ce qui facilite la mise en relation avec un professionnel proche et disponible.
DZDOC intègre également un dispositif de téléconsultation sécurisé, offrant aux utilisateurs la possibilité de consulter un médecin à distance via appel vidéo. Ce service couvre autant la santé physique que mentale, avec un panel étendu de praticiens disponibles sans nécessité de déplacement physique, ce qui constitue un avantage pour les populations éloignées ou en situation de mobilité réduite.
Pour les professionnels de santé, la plateforme propose une interface de gestion de cabinet numérique, avec des fonctionnalités telles que la planification des créneaux, les rappels automatisés par SMS ou e-mail et une meilleure visibilité en ligne auprès des patients. La solution vise ainsi à optimiser le flux des rendez-vous et à améliorer l’efficacité opérationnelle des praticiens.
DZDOC illustre comment les technologies numériques appliquées à la santé peuvent répondre aux défis d’accessibilité des soins, en reliant demande et offre médicales sur un marché encore largement dépendant des interactions physiques.
Adoni Conrad Quenum
Edité par M.F. Vahid Codjia
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En Guinée, Ayooka illustre comment la digitalisation peut renforcer l’efficacité des systèmes de santé en Afrique et améliorer l’accès à des soins sûrs pour les patients nécessitant des transfusions.
Ayooka est une solution numérique intégrée dédiée à la gestion et l’optimisation des services de transfusion sanguine en Guinée. Conçue comme un système d’information et de gestion digitalisée, elle vise à rendre plus efficaces et sécurisés les processus liés à la collecte, au traitement, à la distribution et à la traçabilité du sang et de ses composants. La plateforme a été lancée en 2022.
« Ayooka est le système d'information et de gestion digitalisée des services de transfusion sanguine de Guinée. Cette plateforme technologique intégrée permet une gestion efficace et sécurisée de tous les processus liés à la collecte, au traitement, à la distribution et à la traçabilité du sang et de ses composants », a indiqué la plateforme. Et d’ajouter : « notre objectif est d'optimiser la gestion des stocks de produits sanguins, de garantir la qualité et la sécurité des transfusions,et de faciliter la communication entre tous les acteurs du secteur de la transfusion : donneurs, établissements de santé, laboratoires, etc. »
La solution s’appuie sur plusieurs fonctionnalités pour répondre aux défis du secteur : une gestion des stocks assistée par l’Intelligence artificielle (IA) permettant d’anticiper les pénuries, de réduire les gaspillages et de planifier les opérations de collecte ; un module d’hémovigilance pour surveiller, évaluer et prévenir les incidents liés aux produits sanguins ; ainsi que des outils pour suivre les demandes et prescriptions de produits sanguins labiles (PSL) par les médecins, avec une documentation complète de l’administration aux patients.
Elle intègre également des fonctionnalités de sensibilisation des populations via des campagnes digitales et multimédias, destinées à encourager les dons de sang, y compris auprès des publics non scolarisés. Un volet assurance qualité couvre l’ensemble du processus transfusionnel, depuis le don jusqu’à l’administration clinique.
Soutenue par le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) et les professionnels de santé, Ayooka ambitionne d’augmenter la fréquence des dons et de contribuer ainsi à sauver des vies.
Adoni Conrad Quenum
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Face aux limites des circuits traditionnels de consultation, il propose une nouvelle façon de mettre en relation patients et professionnels de santé. Une approche qui interroge les pratiques établies du secteur médical.
Abdessabour Benzegane (photo) est un entrepreneur algérien et ingénieur en automatisme et en logiciel. Il est le fondateur et directeur général de Sihhatech, une plateforme en ligne dédiée à la mise en relation entre patients et professionnels de santé. Le service permet de trouver rapidement un médecin ou un dentiste et de prendre rendez‑vous à tout moment, sans frais pour les patients.
Fondée en 2016, Sihhatech vise à simplifier l’accès aux soins en facilitant la recherche de praticiens et la prise de rendez‑vous médicaux. La plateforme permet aux utilisateurs de contacter un professionnel de santé sans se déplacer et sans frais de mise en relation, le service étant annoncé comme entièrement gratuit pour les patients.
Sihhatech couvre un large éventail de spécialités médicales afin de répondre à des besoins variés. Parmi les disciplines proposées figurent notamment la pédiatrie, la gynécologie‑obstétrique, la cardiologie, la dermatologie et la médecine générale.
Le parcours utilisateur repose sur un processus simple et intuitif. Le patient recherche un médecin ou un dentiste correspondant à son besoin, puis prend rendez‑vous directement en ligne en quelques étapes. Le service est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, y compris en dehors des horaires habituels de consultation.
La plateforme contribue également à améliorer la visibilité des cabinets médicaux en mettant en avant leurs services auprès d’un public élargi. Certains praticiens indiquent que leur activité a augmenté après leur inscription, avec davantage d’appels et une meilleure identification de leur cabinet par les patients. Du côté des utilisateurs, Sihhatech évite de longues recherches et des déplacements inutiles, tout en facilitant un contact rapide avec un professionnel de santé disponible et compétent.
Parallèlement à Sihhatech, Abdessabour Benzegane est, depuis 2016, directeur général de l’Algerian Foundation for Innovation & Development, une structure qu’il a fondée pour accompagner les acteurs du secteur de la santé dans leur transformation digitale.
Il est titulaire d’un diplôme d’ingénieur d’État en commande des procédés industriels, obtenu en 2012 à l’université M’Hamed Bougerra de Boumerdès. Il a aussi obtenu, en 2014, un master en commande automatique au sein de la même université.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un pays où les infrastructures de santé sont souvent concentrées dans les zones urbaines, la télémédecine représente une avancée majeure pour rapprocher les services des populations rurales ou isolées. Labtani s’inscrit dans cette logique.
Labtani est une solution d’e-santé développée par une start-up guinéenne. Elle permet aux patients de prendre rendez-vous en ligne avec des médecins qualifiés, d’accéder à des consultations à distance et de réserver des examens de laboratoire sans longues attentes ni déplacements physiques. La start-up a été lancée en 2025 par Mohamed Diallo (photo).
La solution dispose d’une application mobile accessible sur iOS et android où elle a déjà été téléchargée plus d’une centaine de fois, selon les données de Play Store. Conçue pour répondre aux besoins d’une population confrontée à une offre médicale inégale, Labtani facilite la prise de rendez-vous avec des spécialistes dans diverses disciplines et offre des services de téléconsultation vidéo sécurisés, réduisant significativement les barrières d’accès aux soins.
« Labtani aide les professionnels de santé à gagner du temps et à voir plus de patients, sans ajouter de charge mentale. Notre plateforme simplifie la prise de rendez-vous et introduit un moteur d’automatisation qui récupère les créneaux perdus (annulations, no-shows) en contactant les patients et en remplissant les disponibilités selon des règles simples », explique la jeune pousse.
Au-delà de l’expérience patient, la plateforme est aussi pensée pour les professionnels de santé. Elle leur permet de gérer leurs horaires, d’optimiser la planification des consultations, et d’attirer de nouveaux patients via un système de visibilité numérique.
Cette approche duale, qui sert à la fois les patients et les praticiens, fait de Labtani une place de marché numérique pour les services de santé.
Un autre atout de Labtani est sa capacité à intégrer les résultats d’analyses et les dossiers médicaux directement sur la plateforme. En facilitant l’accès à des soins de qualité via un smartphone ou un navigateur web, la solution contribue à réduire les inégalités de santé tout en modernisant un secteur encore largement analogique.
Adoni Conrad Quenum
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Dans un système de santé marqué par des parcours complexes, il fait le choix de la simplification. Son approche numérique modernise la manière dont les patients et professionnels interagissent.
Mina Shawky (photo) est un pharmacien de formation et un entrepreneur égyptien. Il est cofondateur et directeur général de CliniDo, une plateforme de santé en ligne qui met en relation patients et médecins.
Fondée en 2020, CliniDo se positionne comme un compagnon de santé simple d’utilisation, accessible via une application mobile et une interface web. La plateforme vise à simplifier l’accès aux soins en centralisant, au sein d’un même service, la recherche de médecins, la prise de rendez-vous et le suivi médical.
CliniDo permet aux patients d’identifier rapidement un professionnel de santé, de planifier une consultation et d’accéder à plusieurs services médicaux depuis un point unique. La solution propose notamment des consultations à distance, en vidéo ou en audio, ainsi que la réservation de tests de laboratoire ou de visites médicales à domicile, en fonction des besoins exprimés.
La plateforme accompagne aussi les médecins en améliorant leur présence en ligne et en élargissant leur patientèle grâce à des profils complets et aux retours des utilisateurs. Les professionnels de santé disposent d’outils numériques pour gérer leurs rendez-vous, leur cabinet et leurs services, contribuant ainsi à une meilleure organisation et à une qualité de suivi accrue.
Mina Shawky est diplômé de la faculté de pharmacie de l’Université du Caire, où il a obtenu en 2010 un bachelor en pharmacie. Il est également titulaire d’un master en marketing obtenu en 2017 à l’ESLSCA Business School Paris. Il commence sa carrière professionnelle en 2011 comme pharmacien de production à l’usine pharmaceutique des forces armées égyptiennes.
En 2012, il rejoint EVA Pharma en tant que représentant médical, avant d’intégrer la même année Novartis, fabricant de produits pharmaceutiques, où il occupe le poste de chef de produit adjoint pour le diabète. En 2017, il est nommé responsable de l’innovation produit chez Vezeeta.com, une entreprise de healthtech basée à Dubaï. Entre 2018 et 2021, il travaille comme chef de produit au sein de la fintech égyptienne Aman E-Payments.
Melchior Koba
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En observant les limites des pratiques actuelles, il a construit une réponse orientée vers la fiabilité des prescriptions médicales. Une initiative qui répond à des besoins concrets d’efficacité des pharmacies.
Gédéon Dossou est un entrepreneur béninois basé à Cotonou. Il est cofondateur et directeur général de Pharmatrack, une solution technologique conçue pour renforcer la traçabilité des ordonnances médicales et simplifier le suivi des traitements pour les patients.
Fondée en 2023 avec l’appui de plusieurs pharmaciens, Pharmatrack développe une solution de numérisation et de sécurisation des prescriptions médicales. S’appuyant sur le cloud et l’intelligence artificielle, la plateforme permet une analyse rapide et fiable des ordonnances, contribuant à améliorer l’efficacité opérationnelle de ses utilisateurs.
Concrètement, la solution repose sur une plateforme intuitive dédiée à la gestion des ordonnances. Elle permet l’enregistrement et l’archivage numérique sécurisé des prescriptions. Elle s’intègre aux logiciels de gestion pharmaceutique existants et assure la lecture automatique des ordonnances. La plateforme offre également un suivi en temps réel de leur statut et génère des rapports de conformité.
« Chez PharmaTrack, nous transformons une réalité encore trop souvent manuelle et inefficace en une expérience fluide, sécurisée et intelligente », explique Gédéon Dossou. À ce jour, la solution est déjà utilisée par plus de trente pharmacies situées dans le sud et le centre du Bénin.
Sur le plan académique, Gédéon Dossou est titulaire d’une licence en commerce international obtenue en 2013 à ESM Paris. Il a aussi obtenu en 2014 une licence en sociologie à l’Université d’Abomey-Calavi, au Bénin, puis un master en ingénierie et technologie à la Haute École de Commerce et de Management (HECM).
Il commence sa carrière professionnelle en 2015 au sein d’Africaine des Assurances Côte d’Ivoire, où il occupe un poste d’ingénieur logiciel. Entre octobre 2020 et novembre 2025, il exerce comme spécialiste en projets digitaux chez Inklusiiv, un cabinet international de conseil en diversité, équité et inclusion, basé au Bénin.
Melchior Koba
Edité par Ubrick F. Quenum
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Diplômé en finance, c’est dans la santé qu’il décide d’entreprendre. Il utilise la technologie pour connecter les différents acteurs du secteur entre eux.
Aloys Koum (photo) est un banquier de formation et un entrepreneur camerounais. Il est le fondateur et le directeur général de Pharma Dream, une plateforme qui permet aux patients de trouver rapidement la pharmacie adaptée et de bénéficier de conseils de santé fiables, sans se perdre dans des démarches complexes.
Fondée en 2019, Pharma Dream a été conçue pour simplifier le quotidien des patients. La plateforme met en relation le grand public avec un large réseau de pharmacies et de professionnels de santé, afin de répondre à leurs besoins concrets.
La mission principale de la start-up est de faciliter la localisation des pharmacies recherchées. En quelques clics, l’utilisateur peut identifier l’établissement qui lui convient et s’y rendre en toute confiance. L’entreprise s’appuie sur un réseau de plus de 200 pharmacies partenaires.
Au-delà de la localisation, Pharma Dream offre également un accès rapide à des avis et conseils médicaux. Des médecins professionnels très réactifs sont disponibles en ligne pour répondre aux questions de santé. La plateforme se veut aussi un outil d’information et de sensibilisation : elle publie régulièrement des articles sur différentes pathologies, rédigés par des experts de la santé.
Aloys Koum est par ailleurs membre du Comité des experts internationaux en santé numérique en Afrique (CEISNA). Il occupe également le poste de responsable administratif à la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (BICEC).
Il est diplômé de l’université de Yaoundé II, où il a obtenu en 2010 une licence en analyse financière, macroéconomie monétaire et finance de marché, puis en 2012 un master 1 en administration et gestion des entreprises, finance, audit et contrôle de gestion.
Melchior Koba
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Au Kenya, Safia Health a été développée pour transformer la façon dont les individus et les organisations abordent la santé, la prévention et la performance physique.
Safia Health est une plateforme d’e-santé développée par une start-up kényane. Elle combine des outils technologiques avancés avec des programmes de formation et d’entraînement adaptés à différents profils d’utilisateurs (des athlètes d’élite aux amateurs et aux débutants) pour optimiser la performance, prévenir les blessures et renforcer la santé globale. Basée à Nairobi, la jeune pousse a été lancée en 2024 par Diana Wambui (photo, à gauche).
« Safia Health offre une plateforme intuitive qui aide les utilisateurs à prendre des décisions éclairées concernant leur santé, leur permettant ainsi de mener une vie plus saine et plus équilibrée. Notre mission est de combler le fossé entre la prévention précoce et les soins chroniques continus, en veillant à ce que chacun ait accès aux outils dont il a besoin pour une gestion optimale de sa santé », indique la start-up.
La plateforme repose sur une approche proactive de la santé : plutôt que d’attendre l’apparition de problèmes de santé, Safia Health met l’accent sur la prévention, l’éducation et le suivi personnalisé. Les services proposés incluent des programmes de performance sportive structurés selon différents niveaux, un suivi détaillé des progrès, des évaluations complètes du bien-être et des techniques de récupération.
Grâce à des technologies de suivi et d’analyse, elle permet aux utilisateurs de visualiser leurs performances, d’identifier des points faibles, et d’ajuster leurs routines en conséquence pour atteindre leurs objectifs de santé et de performance. Elle se distingue également en améliorant l’accès à des outils de prévention et de suivi de la santé, contribue à réduire les coûts liés aux soins réactifs et à promouvoir une culture de prévention dans la population.
En résumé, Safia Health vise à combler des lacunes persistantes dans les systèmes de santé, particulièrement en Afrique, où des millions de personnes souffrent de retards dans l’accès aux soins, de faible littératie sanitaire et d’un manque de solutions personnalisées pour améliorer leur bien-être au quotidien.
Adoni Conrad Quenum
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