Confrontés à des limites structurelles en matière de couverture sanitaire, les Comores misent sur le numérique pour transformer la gestion de leurs campagnes vaccinales. Une approche destinée à renforcer la traçabilité et à optimiser l’allocation des moyens.
Le samedi 4 octobre, l’Union des Comores a lancé sa campagne nationale de vaccination contre la rougeole et la rubéole en intégrant pour la première fois des outils numériques avancés. L’initiative, appuyée par l’OMS et des partenaires du Programme élargi de vaccination (PEV), est financée par l’Alliance du Vaccin Gavi.
« La digitalisation de nos outils est une innovation majeure. Elle nous permettra de disposer d’informations en temps réel pour prendre des décisions stratégiques et garantir le succès de la campagne », explique Chamsa Halidi, Coordinatrice du PEV aux Comores.
Concrètement, les agents de santé sont désormais équipés de mobiles intégrant la solution Open Data Kit (ODK), qui remplace les traditionnels formulaires papier. Les données sont saisies sur le terrain puis centralisées instantanément, alimentant des tableaux de bord interactifs et des cartes géospatiales. Ce dispositif permet d’évaluer la performance des équipes au jour le jour, d’identifier les zones mal couvertes et d’ajuster immédiatement les opérations. L’objectif est de vacciner plus de 101 330 enfants sur les trois îles : Ndzuwani, Ngazidja et Mwali.
L’initiative s’inscrit dans une dynamique régionale visant à réduire les inégalités d’accès aux soins et à renforcer les systèmes de santé par l’innovation. Elle intervient dans un contexte où les campagnes précédentes souffraient de retards dans le traitement des données, d’erreurs de saisie et d’une couverture inégale entre les îles. Les informations étaient alors souvent collectées sur papier, avec un suivi limité de la performance des équipes et une visibilité insuffisante pour les décideurs nationaux.
Grâce à ces outils numériques, le ministère de la Santé et ses partenaires espèrent renforcer la transparence, la redevabilité et l’efficacité des campagnes. Le suivi en temps réel devrait permettre de corriger rapidement les anomalies, d’assurer que tous les enfants soient vaccinés et d’optimiser la planification des interventions futures.
Au‑delà de la rougeole et de la rubéole, cette initiative jette les bases d’une numérisation durable des programmes de santé publique et pourrait servir de modèle pour d’autres États insulaires africains confrontés à des défis similaires en matière de suivi et de gestion sanitaire.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les innovations numériques changent la manière dont les soins sont accessibles en Afrique. Yacine Sarr illustre cette dynamique par une approche centrée sur le patient et la modernisation des services.
Yacine Sarr (photo) est une informaticienne sénégalaise et une entrepreneure technologique. Elle est la fondatrice et la manager de WER, un opérateur de santé numérique qui ambitionne de moderniser l’accès aux soins en Afrique.
Lancée en 2023, WER propose une plateforme numérique combinant un compte santé rechargeable et une carte numérique. Ces outils permettent de préfinancer les consultations, les médicaments et les actes médicaux, tout en assurant la traçabilité des dépenses de santé et la continuité du parcours patient. La plateforme comprend également un dossier médical unifié, consultable et enrichi au fil des soins, ainsi qu’un système de géolocalisation des structures pour orienter rapidement les utilisateurs vers l’offre disponible.
WER est développée par Fiditech, agence informatique dont Yacine Sarr est présidente-directrice générale. L’entreprise conçoit des outils numériques tels que des sites web et des applications, et fournit des services informatiques ainsi que des solutions de commercialisation de matériel informatique.
Yacine Sarr est diplômée de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, où elle a obtenu en 2017 un master en mathématiques et informatique. Sa carrière a commencé en 2013 chez l’opérateur Orange, en tant que support technique. Entre 2016 et 2021, elle a travaillé comme consultante en informatique à l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).
Elle a été distinguée à plusieurs reprises. En 2023, elle a remporté le premier prix de l’innovation lors des Dakar Innovation Days. La même année, elle a été lauréate du programme African Women of the Future (AWF). En août 2025, elle a reçu le prix Africain Nana Anè XV de l’excellence féminine lors du Salon international de l’Entrepreneuriat féminin à Lomé, au Togo.
Melchior Koba
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Selon l’OMS, la pénurie de travailleurs de la santé en Afrique pourrait atteindre 6,1 millions d’ici 2030 en l’absence de mesures urgentes. Le numérique s’impose dès lors comme un levier essentiel pour combler les lacunes et améliorer l’accès aux soins dans la région.
Blademy, une initiative de l’Agence Digitale N’zassa (ADN) en Côte d’Ivoire, a conclu un partenariat stratégique avec l’incubateur international FasterCapital dans le cadre du programme EquityPilot. L’accord vise à renforcer la santé connectée en Afrique de l’Ouest grâce à des solutions adaptées, locales et abordables.
« Brandemy illustre le type d’innovation pragmatique et à fort impact que nous recherchons : du matériel simple, des logiciels intelligents et un modèle d’entreprise adapté aux marchés mal desservis. Notre programme EquityPilot fournira les orientations de capital, de réseau et techniques nécessaires pour transformer les pilotes démontrables en un impact évolutif sur les systèmes de santé », a déclaré le fondateur et PDG de FasterCapital, Hesham Zreik (photo).
Dans le cadre de cette collaboration, Blademy bénéficiera de capitaux de croissance, d’un mentorat international, d’un accompagnement à la commercialisation et d’un appui à la levée de fonds. Ces ressources permettront d’accélérer le déploiement de sa plateforme de santé hors ligne et connectée Bluetooth, destinée à améliorer le suivi du diabète, de l’hypertension et de la goutte.
La solution repose sur des glucomètres, tensiomètres et testeurs d’acide urique Bluetooth à bas prix, associés à une application Android/iOS fonctionnant hors connexion. Les données, stockées localement puis exportées vers les cliniciens, facilitent le suivi des patients dans les zones rurales et périurbaines, tout en réduisant les coûts liés aux soins chroniques.
Cette initiative intervient alors que la e-santé connaît une croissance rapide en Afrique de l’Ouest, mais reste freinée par la faible connectivité et la dépendance aux équipements importés. Dans une région où des millions de personnes souffrent de maladies chroniques et où la pénurie de professionnels de santé est particulièrement préoccupante, Blademy propose une réponse adaptée aux réalités locales.
Avec l’appui de FasterCapital, une feuille de route de 6 à 18 mois est prévue, incluant des pilotes au Ghana et au Sénégal avant un déploiement en Côte d’Ivoire, au Nigeria et au Burkina Faso. À terme, Blademy ambitionne de devenir un acteur de référence de la santé connectée en Afrique de l’Ouest, en renforçant la prévention et en réduisant le poids économique des maladies chroniques.
Samira Njoya
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L’Afrique de l’Ouest fait face à des défis persistants dans la gestion des urgences médicales. Une entrepreneure nigériane développe des solutions numériques pour transformer l’efficacité et la coordination du secteur.
Nana Aisha Onisarotu (photo) est médecin et entrepreneure nigériane spécialisée dans le secteur de la santé. Elle est la fondatrice de ResQCore, une plateforme dédiée à la gestion des soins médicaux d’urgence en Afrique de l’Ouest.
Fondée en 2023, ResQCore répond aux problèmes de retards et d’inefficacités dans l’intervention des ambulances, souvent associés à une mortalité évitable. La plateforme propose une infrastructure numérique reliant ambulanciers, hôpitaux, assureurs et particuliers. Elle intègre le suivi des véhicules, le suivi des capacités hospitalières et la gestion centralisée des demandes de service.
L’entreprise met en place un système d’automatisation de la répartition des ambulances et recourt à l’intelligence artificielle pour optimiser les délais d’intervention. Ce dispositif favorise une coordination renforcée entre les différents acteurs du secteur et améliore la traçabilité des interventions.
Avant ResQCore, Nana Aisha Onisarotu a cofondé en 2020 The Ambulance Company au Nigeria. Cette société prend en charge aussi bien les urgences que les transferts non urgents. Elle dessert patients, hôpitaux, écoles, entreprises et événements à Lagos et dans sa périphérie. Sa flotte comprend des ambulances équipées de dispositifs de monitorage, d’équipements de soins avancés et de systèmes de communication.
Elle est titulaire d’un doctorat en médecine obtenu en 2017 à l’université nationale de médecine Danylo Halytsky de Lviv, en Ukraine. Elle est diplômée de la Vrije Universiteit Amsterdam aux Pays-Bas, où elle a obtenu en 2019 un master en santé mondiale. Elle poursuit actuellement des études en gestion des soins de santé à la Pan-Atlantic University de Lagos.
Parallèlement à ses activités entrepreneuriales, elle a exercé différentes fonctions. En 2021, elle a été directrice de programme au ministère nigérian de la Santé. En 2023, elle a travaillé comme médecin au Queen Elizabeth Hospital King’s Lynn, au Royaume-Uni.
Melchior Koba
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La recherche de solutions adaptées aux défis du système de santé africain ouvre la voie à des initiatives inédites. Un jeune entrepreneur camerounais y contribue en introduisant une approche numérique tournée vers la pratique.
Abbo Ismaël (photo) est un ingénieur logiciel et un entrepreneur dans le secteur médical. Il est à l’origine d’OpenLab, un laboratoire virtuel immersif conçu pour la formation pratique aux métiers de la santé au Cameroun.
OpenLab associe modélisation 3D, réalité virtuelle et intelligence artificielle. La plateforme propose aux étudiants en médecine et aux praticiens un environnement immersif, sécurisé et adapté aux besoins locaux.
Son objectif est de limiter les erreurs médicales et de pallier le manque d’équipements dans certaines régions. Les utilisateurs peuvent y effectuer des simulations de protocoles en conditions proches du réel, sous encadrement pédagogique adapté au contexte africain. Le dispositif cherche aussi à renforcer l’insertion professionnelle des étudiants en santé.
Au POESAM Cameroun 2025 (Prix Orange de l’entrepreneur social en Afrique et au Moyen-Orient), OpenLab a obtenu la troisième place. Cette distinction s’est traduite par un accompagnement au sein de l’Orange Digital Center et par un financement de 1,5 million de FCFA, soit environ 2700, destiné à soutenir son développement et son déploiement dans d’autres pays africains.
Parallèlement à ce projet, Abbo Ismaël est ingénieur logiciel chez Butterfly Company, une entreprise technologique camerounaise. Il est diplômé de l’université de Ngaoundere au Cameroun, où il a obtenu en 2023 un master en systèmes et logiciels en environnement distribué. Il poursuit actuellement un doctorat en informatique et ingénierie à l’université égypto-japonaise des sciences et technologies en Égypte.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Remedial Health, qui équipe des milliers d’établissements de santé africains, a été classée par TIME Magazine et Statista parmi les 400 entreprises HealthTech les plus innovantes au monde en 2025. Ce classement salue son impact en gestion de l’information en santé et sa mission. « Être reconnu par TIME comme l'une des meilleures entreprises mondiales dans le secteur des technologies de la santé est une grande fierté pour toute notre équipe et les communautés que nous servons », a déclaré la start-up sur son LinkedIn.
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La healthtech kényane Ilara Health a annoncé, le vendredi 26 septembre, une vaste restructuration incluant d’importantes réductions d’effectifs, afin de s’adapter à la baisse et aux retards de financement. Spécialisée dans le diagnostic médical abordable pour les cliniques, la start-up concentrera désormais ses ressources sur ses activités les plus rentables, tout en maintenant son engagement en faveur de l’accès aux soins pour les communautés mal desservies.
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Elle désire transformer l’expérience de la maternité au Maroc. À travers sa solution numérique, elle montre comment l’expertise pharmaceutique peut se traduire par des solutions concrètes pour la maternité.
Loubna Lamrani (photo) est pharmacienne et entrepreneure marocaine. Elle est cofondatrice de Mama Box, une initiative destinée à accompagner les futures et jeunes mamans dans leur parcours de maternité. En 2025, elle a reçu le prix coup de cœur du jury du POESAM (Prix Orange de l’entrepreneur social en Afrique et au Moyen-Orient).
Fondée en 2023, Mama Box est une initiative de Loubna Lamrani, Fatine Rizlene Labraimi et Hanae Bouayad. Elle vise à accompagner les mamans dans la période sensible de la maternité et à leur offrir un soutien personnalisé, fiable et gratuit.
Le projet consiste à distribuer, dans les maternités, les cabinets médicaux partenaires et via la plateforme en ligne, des coffrets gratuits contenant une sélection de produits pour bébés et mamans, incluant des soins de la peau et des accessoires d’allaitement. La plateforme propose également des bons de réduction, un guide pratique et un accès illimité à Mama Bot, une assistante maternelle virtuelle alimentée par l’intelligence artificielle.
« Mama Box est née d’une mission simple : accompagner les mamans dans la merveilleuse aventure qu’est la maternité. Chaque coffret est une célébration de la vie, remplie de produits soigneusement sélectionnés, d’offres spéciales et d’une mine de conseils pratiques. Nos sélections sont guidées par l’expertise de professionnels de la santé et soutenues par la conviction que chaque maman mérite le meilleur pour elle et son bébé », explique l’entreprise.
Depuis 2007, Loubna Lamrani exerce sa profession à la Pharmacie Moulay Ismail. En 2011, elle cofonde COSMOBIO Parapharmacie, un espace dédié à la santé et au bien-être des Marocains. Elle est diplômée de la Faculté de pharmacie de Monastir au Maroc, où elle a obtenu en 2014 un doctorat en pharmacie. Elle détient également un master en gestion pharmaceutique obtenu en 2007 à l’Université Laval, au Canada.
Melchior Koba
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En Afrique du Sud, ce tech entrepreneur veut révolutionner l'accessibilité aux soins grâce à des solutions innovantes de télésanté. Sa solution phare « Docotela », qui signifie « médecin » en langue zouloue, connecte patients et prestataires en ligne.
Docotela est une plateforme sud-africaine de télé-santé qui vise à rendre l’accès aux soins plus simple, plus rapide et plus abordable via une interface web intuitive. Les patients peuvent y consulter des médecins enregistrés auprès du Health Professions Council of South Africa (HPCSA) depuis leur téléphone ou leur ordinateur, sans devoir se déplacer. La start-up a été fondée en 2023 par Dineo Lioma.
« Grâce à notre plateforme de pointe, nous comblons le fossé entre patients et prestataires de soins de santé en vous offrant des services médicaux pratiques et fiables à portée de main. [...] Nous pensons qu'en rendant les soins de santé plus accessibles et plus pratiques, nous pouvons aider les gens à mener une vie plus saine et plus heureuse, et finalement à prolonger leur espérance de vie » indique la jeune pousse.
Pour accéder aux services de Docotela, l’utilisateur choisit un créneau horaire, paie en ligne, reçoit un lien vidéo pour la consultation, puis si besoin, un médecin lui délivre une ordonnance, un « sick note » (certificat médical), et un bon pour médicaments. La plateforme fonctionne avec plusieurs formules d’abonnement (individuel, familial, etc.), ou à la consultation unique. Elle propose aussi un volet santé mentale avec des séances en ligne avec des conseillers professionnels et certifiés pour traiter l’anxiété, la dépression, le stress ou d’autres troubles liés au bien-être émotionnel.
La healthtech cherche à offrir des consultations accessibles même dans les zones rurales, tant qu’elles disposent une connexion Internet. En offrant des abonnements mensuels avec consultations illimitées, elle permet aux utilisateurs de mieux prévoir les dépenses de santé. Elle se heurte néanmoins à quelques défis.
Entre autres, la difficulté de garantir la fiabilité de la télémédecine notamment pour les diagnostics les plus complexes, de veiller à la protection des données personnelles, de s’assurer que l’accès Internet est suffisant dans les zones reculées. Aussi, en Afrique du Sud, Docotela devra convaincre les autorités de santé, les mutuelles, et les assurances de reconnaître les consultations en ligne.
Adoni Conrad Quenum
Edité par : Feriol Bewa
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L’accès au financement reste un défi pour les petites et moyennes entreprises en Afrique. Au Nigeria, une jeune pousse a mis en place une solution pour celles opérant dans le secteur de la santé.
10mg Credit est une solution fintech développée par la jeune pousse nigériane 10mg Health. Elle permet aux établissements de santé de bénéficier d’un crédit instantané et sans garantie pour s’approvisionner en médicaments et matériel médical. La start-up a été fondée en 2022 par Christian Nwachukwu.
« Notre système basé sur l'IA examine instantanément l'historique de vos transactions et approuve la plupart des demandes en quelques minutes : aucune paperasse, aucun délai. [...] Nous proposons des plans de remboursement flexibles et transparents conçus pour s'adapter à votre trésorerie, afin que vous puissiez gérer vos dépenses sans stress » apprend-on.
Concrètement, les établissements sanitaires peuvent opter pour 10mg Credit lors de leurs achats, que ce soit via la plateforme ou auprès de distributeurs partenaires. Le processus d’approbation repose sur une technologie IA qui évalue la solvabilité des demandeurs en temps réel. Résultat : un crédit accordé en quelques minutes, sans exigence de garanties physiques et avec des modalités de remboursement adaptées aux flux de trésorerie de chaque structure.
En permettant aux hôpitaux de préfinancer leurs achats, 10mg Credit contribue à réduire les interruptions de service et à renforcer la résilience du système de santé. Depuis son lancement, la solution revendique plus de 6000 prestataires de soins financés pour un volume dépassant 3,4 millions USD, avec un taux d’approbation des prêts avoisinant 60%. Cependant, la jeune pousse fait face aux défis de la gestion du risque de remboursement, de la sécurisation des données et de l’extension de la couverture aux zones les moins connectées.
En ce qui concerne la protection des données, la start-up affirme uniquement collecter les informations dont elle a besoin pour prendre des décisions justes et instantanées, « en les cryptant de bout en bout pour une protection maximale ».
Adoni Conrad Quenum
Edité par : Feriol Bewa
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