Face à l’essor du travail indépendant et de l’économie transfrontalière en Afrique, la compétitivité des PME repose désormais sur des infrastructures financières et managériales agiles. Cet entrepreneur s’empare de ces problématiques pour proposer une nouvelle vision de la productivité connectée.

Entrepreneur et stratège fintech kényan, Mark Ikaba (photo) est fondateur et directeur général de BorderPay. La start-up propose une plateforme financière conçue pour simplifier les flux financiers internationaux des particuliers et des entreprises.

Lancée en 2023, BorderPay cible un large public de professionnels et de particuliers : travailleurs indépendants, entrepreneurs, étudiants, télétravailleurs et créateurs de contenu. La fintech s’attaque directement aux frictions traditionnelles des transferts de fonds transfrontaliers, à savoir les frais prohibitifs, les délais de traitement excessifs et les restrictions géographiques.

La plateforme se distingue par ses fonctionnalités de gestion de comptes et de portefeuilles multidevises (notamment en dollars américains, euros et livres sterling). Depuis une interface unique, les utilisateurs peuvent détenir, envoyer et recevoir des fonds à l’échelle mondiale, convertir des devises instantanément pour retraits ou paiements, et transférer de l’argent vers des comptes bancaires aux États-Unis, en Europe et au Royaume-Uni.

Pour compléter son offre, BorderPay intègre des cartes virtuelles destinées aux achats en ligne internationaux. Elle mise également sur une forte interopérabilité avec les réseaux de mobile money, permettant d’alimenter un compte ou de retirer des fonds dans plus de vingt pays africains.

Titulaire d’un diplôme d’État en technologie de l’information obtenu en 2016 à la Mik Technology GS, Mark Ikaba a également fondé en 2025 CasaFlow. Cette nouvelle entreprise développe un système d’exploitation propulsé par l’intelligence artificielle pour les entreprises modernes. L’outil automatise la gestion post-réunion en traduisant les échanges en actions concrètes : mise à jour instantanée des systèmes de gestion de relation client, modification de contrats, attribution de tâches et centralisation de la mémoire organisationnelle.

Melchior Koba

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Alors que le cloisonnement des systèmes de paiement freine encore l’expansion commerciale du continent, l’interopérabilité s’impose désormais comme le principal levier de la croissance numérique. C’est précisément ce segment stratégique que cet entrepreneur a décidé d’explorer.

Oumar Rafiou Barry (photo) est un entrepreneur originaire de Guinée et basé aux États-Unis. Il est cofondateur et directeur général de Cauridor, une entreprise spécialisée dans les services de paiement qui ambitionne de faciliter les échanges financiers entre l’Afrique et le reste du monde.

Fondée en 2022, Cauridor relie différents acteurs du secteur financier au sein d’un même réseau. Elle travaille avec des opérateurs de transfert d’argent, des banques, des entreprises de télécommunications, des sociétés financières et de nombreux commerçants. Grâce à cette approche, elle permet à ses partenaires de proposer des services de paiement et de transfert d’argent à leurs propres clients à travers plusieurs pays africains.

Cauridor intervient également dans les paiements transfrontaliers. Elle aide les entreprises internationales à recevoir des paiements provenant d’Afrique tout en permettant aux entreprises africaines d’accepter des règlements de leurs clients. L’entreprise propose aussi des solutions destinées aux organisations qui doivent verser de l’argent à un grand nombre de personnes.

Avant de lancer Cauridor, Oumar Barry s’est forgé une solide expérience dans la fintech. Il a fondé Ez Money Transfer en 2011 (qu’il a dirigé jusqu’en 2013), puis BnB Transfer Corp en 2014, une entreprise dont il a assuré la direction générale jusqu’en 2022.

Aujourd’hui, son expertise l’amène à siéger au conseil d’administration de la fintech canadienne ChargeAutomation et d’Ulendo, une société de services informatiques spécialisée dans l’automatisation industrielle.

Diplômé de l’université de Toronto, il y a obtenu un doctorat en génie mécanique. Il a amorcé sa carrière professionnelle en 2008 chez Hydro One, une entreprise de transport et de distribution d’électricité en Ontario (Canada), où il a travaillé comme ingénieur design jusqu’en 2015.

Melchior Koba

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En Afrique subsaharienne, la réduction des coûts de transaction et l’interopérabilité des réseaux restent des défis majeurs pour le commerce. Pour surmonter ces obstacles, un entrepreneur congolais mise sur des infrastructures agiles pour faciliter les transferts internationaux.

Gachlem Ngassaki‑Zoni (photo) est un entrepreneur congolais, fondateur et directeur général de DigiPay Group. Cette fintech panafricaine est spécialisée dans les paiements numériques et les transferts d’argent.

Fondée en 2020, DigiPay ambitionne de fluidifier les échanges financiers. L’entreprise permet d’envoyer, de recevoir et de gérer des paiements en temps réel en s’appuyant sur un vaste réseau de partenaires comprenant des opérateurs de services financiers mobiles, des banques et des réseaux internationaux de paiement.

L’offre de l’entreprise repose sur plusieurs services complémentaires. L’entreprise propose notamment des solutions de transfert d’argent pour des envois de fonds entre l’Afrique et de nombreuses destinations à travers le monde. Ces services s’adressent aussi bien aux particuliers souhaitant soutenir leurs proches qu’aux entrepreneurs ayant besoin d’effectuer des paiements internationaux. La société revendique la rapidité, la simplicité et la sécurité de ces opérations.

DigiPay commercialise également une gamme de cartes de paiement numériques, DigiCard, destinées aux particuliers, aux travailleurs indépendants et aux entreprises. Ces cartes permettent de réaliser des achats, de régler des abonnements ou encore de gérer des dépenses professionnelles.

Gachlem Ngassaki‑Zoni est le fondateur et directeur général de Gachlem.com, une société immobilière lancée en 2022. Il est aussi actionnaire de Noki Noki Services, une entreprise congolaise de livraison express de courses.

Titulaire d’un master en économie et gestion obtenu en 2019 à l’université Paris 1 Panthéon‑Sorbonne, il a consolidé son expertise sectorielle avant de s’installer à son compte, notamment en occupant le poste de directeur régional pour l’Afrique occidentale et centrale chez TerraPay, spécialiste des paiements transfrontaliers.

Melchior Koba

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Les failles dans le suivi des récoltes et les flux de trésorerie freinent durablement le développement des producteurs. Face à ce défi, une Kényane propose un modèle de formalisation pour sécuriser l’écosystème agricole.

L’entrepreneure kényane Gatwĩri Njogu‑Mokaya (photo), cofondatrice et directrice générale de VunaPay, pilote une start‑up spécialisée dans l’accompagnement des coopératives et des petits exploitants agricoles.

Fondée en 2023, l’entreprise aide les producteurs à sécuriser leurs revenus grâce à une gestion plus efficace et transparente de leurs activités. En collaborant étroitement avec les coopératives, VunaPay optimise la collecte des récoltes, la centralisation des données et le versement des revenus.

La solution développée par VunaPay repose sur trois principaux services. Le premier concerne la collecte des productions agricoles. L’entreprise met à disposition des outils qui permettent d’automatiser et de simplifier l’enregistrement des récoltes lors de leur livraison aux coopératives. Cette approche vise à réduire les tâches manuelles et à faire gagner du temps aux organisations agricoles.

Le deuxième service est consacré à la gestion des informations. VunaPay permet aux coopératives de conserver des données précises et actualisées sur les agriculteurs, les quantités de produits livrées ainsi que les stocks disponibles. Cette centralisation des informations contribue à améliorer le suivi des activités et à renforcer la transparence au sein des coopératives.

Le troisième pilier de l’entreprise concerne les paiements. VunaPay a été créée pour répondre à un problème fréquent dans le secteur agricole : les retards de paiement. L’entreprise propose ainsi un système qui permet aux agriculteurs de recevoir leurs paiements plus rapidement après la livraison de leurs produits. Cette approche améliore leur trésorerie et leur donne un accès plus rapide à leurs revenus.

Avant de se lancer dans l’entrepreneuriat, Gatwĩri Njogu‑Mokaya a enrichi son parcours académique et professionnel à l’international. Diplômée de la Michigan State University, où elle a obtenu un master en technologie médicale et médecine légale clinique, elle y fait ses premières armes dès 2001 comme chargée du service à la clientèle pour l’Institut des politiques publiques et de la recherche sociale.

De 2017 à 2022, elle évolue au sein du géant américain Oracle, leader mondial de l’IA et de l’infrastructure cloud. Elle y a successivement occupé les postes de responsable du développement commercial pour le secteur public en Afrique, de directrice de la stratégie sectorielle et de la transformation, puis de directrice du développement commercial et de l’expérience client pour le continent.

Melchior Koba

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Faute de garanties bancaires, le déficit de financement freine de nombreuses entreprises sur le continent. En convertissant les flux financiers quotidiens en données analysables, les solutions numériques permettent aux institutions financières d'évaluer le risque de crédit.

Les paiements numériques prennent de plus en plus d'importance dans les activités des entreprises, surtout les petites. Une étude de la Banque mondiale publiée en janvier 2026 montre qu’ils ne servent pas seulement à gagner du temps, et qu'ils sont aussi liés à de meilleures chances d’obtenir un crédit.

Intitulé « Firm Credit Constraints and Electronic Payments: A Global Analysis », le rapport rappelle qu’une banque ne prête pas à une entreprise dont elle ignore les revenus réels, les habitudes de paiement et la solidité commerciale. En Afrique, où une majorité des transactions entre entreprises se fait encore en liquide, les vendeurs et commerçants restent, aux yeux des banques, des inconnus financiers. Sans statistiques de leurs ventes, sans historique vérifiable, ils n'obtiennent pas de crédit, même quand leur activité est florissante.

Menée sur un échantillon de 48 581 entreprises dans 101 pays, l’étude quantifie précisément cet obstacle. Sur l'ensemble des pays étudiés, 14,78 % des entreprises n'ont aucun accès au financement externe, et 16,23 % d'autres n'y ont accès que partiellement. En tout, plus de 30 % des entreprises du secteur privé formel dans le monde sont privées du crédit dont elles auraient besoin pour leur croissance.

Le rôle inattendu des paiements numériques

Le rapport constate que les entreprises qui reçoivent leurs paiements par voie numérique (virement bancaire, mobile money, carte, etc.) ont nettement plus de chances d'obtenir un crédit que celles qui les font exclusivement en espèces.

Le mécanisme est simple. Lorsqu'un client paie par mobile money ou par virement, la transaction laisse une trace numérique : date, montant, fréquence. Ces données, accumulées sur des mois ou des années, donnent aux banques une perception du chiffre d'affaires. Elles peuvent remplacer dans une certaine mesure, les documents comptables que la plupart des petites entreprises africaines ne produisent pas.

Recevoir des paiements numériquement réduits en moyenne de 3,3 points de pourcentage la probabilité qu'une entreprise soit totalement exclue du crédit. C'est l'équivalent de 22 % de la moyenne observée dans l'étude.

La Banque mondiale précise également que c'est bien le fait de recevoir des paiements numériques qui compte, et non celui d'en envoyer. La raison est que les encaissements renseignent directement sur ce que vend une entreprise et sur ce que lui rapporte son activité. C'est cette information-là qui intéresse les banques au moment d'accorder un prêt.

Les plus petites entreprises en profitent le plus

L'impact est d'autant plus grand que l'entreprise est petite et peu connue des banques. Pour les entreprises de moins de 20 salariés, la réduction de la probabilité d'être exclues du crédit atteint 4 points de pourcentage, contre moins de 2 points pour les grandes entreprises. Les entreprises sans comptabilité formelle, sans innovation déclarée ou avec une faible productivité bénéficient également davantage de l'adoption des paiements numériques.

Au niveau des pays, l'effet est encore plus marqué dans les économies les plus pauvres et les moins bien équipées en matière de registres de crédit. Dans les pays à faible revenu, l'impact des paiements numériques sur l'accès au crédit est près de trois fois plus élevé que dans les pays riches, selon le rapport.

Là où les outils traditionnels d'évaluation des emprunteurs font défaut, l'historique numérique des transactions joue un rôle de substitut précieux.

L'Afrique, terrain privilégié de cette transformation

L'Afrique présente une configuration rare dans le monde : un déficit de services bancaires formels, mais une adoption massive des paiements mobiles. Selon le rapport annuel de l'Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA) publié en mars 2026, plus de 1,4 milliards USD a transité par les comptes de mobile money en Afrique en 2025, soit une hausse de plus de 27 % en un an. Le continent abrite 52 % de tous les comptes de mobile money dans le monde et concentre 66 % de la valeur mondiale de ces transactions.

Ces flux représentent une mine d'informations sur la santé financière des entreprises, une mine encore largement inexploitée par les établissements bancaires. Certaines fintechs ont d'ailleurs commencé à s'en emparer. En Afrique de l’Est, 4G Capital utilise les données d'usage du mobile pour accorder des prêts aux petits entrepreneurs. Au Nigeria, des plateformes comme Moniepoint combinent encaissement numérique et crédit aux PME sur la base de leur historique de paiement.

La condition indispensable : l’interconnexion entre systèmes de paiements

Pour que les données de paiement deviennent réellement utiles aux banques, il faut qu'elles soient lisibles et consolidées. Or, un commerçant qui reçoit des paiements via plusieurs opérateurs différents génère des données dispersées, difficiles à agréger. L'interopérabilité, c'est-à-dire la capacité des différents systèmes de paiement à communiquer entre eux, est donc une condition technique du changement.

Des progrès importants sont en cours. Selon le rapport « State of Inclusive Instant Payment Systems in Africa 2025 » d'AfricaNenda Foundation, publié conjointement avec la Banque mondiale, 36 systèmes de paiement instantané étaient actifs en Afrique en 2024, et ils ont traité 64 milliards de transactions pour une valeur totale de 2000 milliards USD. AfricaNenda Foundation souligne leur interopérabilité croissante. « La moitié des systèmes de paiement instantané (IPS) africains relient désormais les banques, les opérateurs de paiement mobile et les fintechs via des plateformes inter-domaines ».

Dans les pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la Banque centrale a fixé au mardi 30 juin 2026 la date limite pour que toutes les institutions financières rejoignent la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI‐SPI), une plateforme commune de paiement instantané lancée en septembre 2025. Un pas décisif vers la fluidité des échanges, et potentiellement vers un crédit plus accessible.

Ce que cela implique pour les décideurs

L'étude offre aux gouvernements africains un argument solide : soutenir l'adoption des paiements numériques par les entreprises n'est pas seulement une politique de modernisation, mais aussi une politique de financement du secteur privé.

Trois leviers se dégagent : accélérer la mise en place de systèmes de paiement interopérables ; encourager les banques à exploiter les données transactionnelles pour évaluer les demandes de crédit ; et définir des règles claires sur l'utilisation de ces données, afin que les entreprises puissent les partager en toute confiance.

Melchior Koba

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L’accès au financement reste l’un des principaux obstacles pour les acteurs de la chaîne de valeur agricole. Un entrepreneur ougandais a choisi de relever ce défi en concevant une solution numérique innovante capable de transformer la gestion et la solvabilité des coopératives.

Sserubiri Uhuru (photo) est un entrepreneur ougandais évoluant à l’intersection de la fintech et de l’agritech. Il est cofondateur et directeur général d’eMaisha Pay, une solution numérique conçue pour les exportateurs, coopératives et commerçants agricoles.

Fondée en 2021, eMaisha Pay vise à aider ces acteurs à mieux organiser leurs opérations, à payer rapidement leurs fournisseurs et à obtenir plus facilement des financements, sans recourir à des garanties immobilières.

La plateforme convertit les activités commerciales en indicateurs de solvabilité. Elle permet aux entreprises d’enregistrer leurs fournisseurs, de suivre les paiements, de documenter les livraisons agricoles et de conserver un historique détaillé des opérations. Ces données servent ensuite à démontrer la capacité de l’entreprise à gérer son activité et à rembourser un financement.

Le fonctionnement repose sur plusieurs étapes : enregistrement des fournisseurs et partenaires agricoles, paiements groupés via mobile money pour rémunérer rapidement plusieurs producteurs, suivi des récoltes et des livraisons, ainsi que des mouvements de marchandises dans les entrepôts. Grâce à ces données, les entreprises disposent d’un historique numérique de leurs activités.

eMaisha Pay propose aussi un système de financement basé sur les commandes commerciales et un tableau de bord permettant de suivre paiements, fournisseurs et volumes de produits traités. La plateforme centralise les informations essentielles pour faciliter la gestion quotidienne des activités agricoles et assurer une meilleure traçabilité des opérations.

Sserubiri Uhuru est diplômé en ingénierie chimique de la Kyambogo University. Son aventure entrepreneuriale commence en 2018 avec la création de Cabral Tech, une plateforme numérique reliant les petits agriculteurs aux marchés, dont il a été directeur général jusqu’en 2021.

Melchior Koba

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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En Afrique, la mobilisation citoyenne et le tissu associatif se heurtent fréquemment aux barrières tarifaires des plateformes traditionnelles. Pour y répondre, ce Sud‑Africain propose une solution, conçue pour libérer le potentiel de financement des acteurs de terrain et stimuler l’entraide locale.

L’entrepreneur sud‑africain Dario Eugenio (photo) est le directeur général de MILLI, une plateforme de financement participatif cofondée en 2023 aux côtés de son professeur, le Dr Peter Konhäusner.

Conçue pour simplifier la collecte de fonds, MILLI permet aux particuliers, aux communautés et aux organisations de lancer une campagne en quelques minutes seulement, grâce à un processus intuitif en trois étapes : raconter son histoire, définir un objectif financier et illustrer le projet avec des images. Une fois la collecte en ligne, les utilisateurs peuvent la partager par courriel, messagerie ou sur les réseaux sociaux pour maximiser sa visibilité, suivre les contributions en temps réel et transférer directement les fonds vers leur compte bancaire.

Contrairement aux plateformes traditionnelles qui prélèvent un pourcentage sur chaque don, MILLI applique un tarif fixe unique de 1000 rands sud‑africains (environ 60 dollars), quel que soit le montant total récolté. Une approche qui, selon l’entreprise, garantit aux porteurs de projets de conserver la quasi‑totalité des sommes perçues.

Au‑delà de la dimension financière, la start‑up mise sur la solidarité nationale en s’appuyant sur une communauté active de donateurs prêts à soutenir des causes variées, principalement axées sur l’humain, le social et le développement communautaire.

« Nous ne nous contentons pas d’héberger des campagnes, nous contribuons à leur financement grâce à notre audience et à nos partenaires », a confié Dario Eugenio à Disrupt Africa. « La plateforme s’articule autour de la narration, de la vidéo et du partage sur les réseaux sociaux, permettant ainsi aux utilisateurs de créer des campagnes captivantes et de les diffuser efficacement. Notre conviction fondamentale est simple : de meilleures histoires génèrent davantage de financements ».

Pour renforcer cette accessibilité, MILLI se décline en une application mobile (iOS et Android). Cet outil permet de piloter ses collectes directement depuis un smartphone, qu’il s’agisse de suivre l’évolution des dons, de recevoir des notifications instantanées ou de communiquer directement avec les soutiens.

Côté parcours, Dario Eugenio affiche un profil académique pluridisciplinaire. Il est diplômé de l’Université de Pretoria où il a obtenu en 2020 un bachelor en psychologie et relations internationales. Il a complété son cursus l’année suivante par un second bachelor en psychologie obtenu à la South African College of Applied Psychology. Il est titulaire d’un master en leadership au service de la transformation numérique obtenu en 2023 à la GISMA University of Applied Sciences.

Melchior Koba

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Alors que les classes moyennes africaines cherchent massivement à diversifier leurs placements, l’écosystème technologique régional voit émerger des alternatives concrètes aux circuits bancaires classiques.

Hakiza Ronald (photo) est un entrepreneur tech ougandais. Il est cofondateur et directeur général de Vestafi, une plateforme privée de coacquisition immobilière qui souhaite rendre l’accès à la propriété plus simple et plus accessible en Afrique de l’Est.

Fondée en 2025, Vestafi repose sur un modèle de cercles privés : les membres unissent leurs capacités financières pour acquérir des logements, puis perçoivent une quote-part des revenus locatifs générés. Selon l'entreprise, plusieurs biens de son portefeuille sont déjà exploités et distribuent des dividendes aux participants.

Pour préserver la qualité de son réseau, Vestafi a opté pour un modèle sélectif, accessible uniquement sur invitation. L'inscription est simple : les candidats doivent soumettre une demande d'adhésion, examinée manuellement par l'équipe. Une fois le profil validé, le membre accède à un espace privé où il peut consulter les fiches détaillées des appartements disponibles, puis choisir librement ses actifs et le montant de son engagement.

Hakiza Ronald est un membre du conseil d’administration de Golden Boots Uganda, une organisation qui met en place des programmes communautaires dans les domaines de la santé, du sport, et de l’insertion professionnelle. Avant Vestafi, il a cofondé en 2016 UgaBus, une start-up spécialisée dans les technologies de voyage.

Diplômé de l’université de Makerere, il commence sa carrière professionnelle en 2010 comme chef de projet chez Straight Talk Foundation, une organisation spécialisée dans la communication au service du changement social. De 2017 à 2025, il était un membre du comité consultatif de Mr. Gift Uganda, une solution de livraison de fleurs sur le dernier kilomètre.

Melchior Koba

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Dans un contexte où les plateformes de financement participatif gagnent du terrain dans plusieurs régions du monde, la start-up sud-africaine Milli se lance sur ce segment pour démocratiser cette façon d’accéder à des fonds sur le continent.

Milli est une solution numérique développée par une jeune pousse sud-africaine. Elle permet aux particuliers, communautés et associations de lever des fonds pour des besoins personnels ou des causes d’intérêt général, en l’occurrence des dépenses médicales, des projets éducatifs, des activités entrepreneuriales ou encore des initiatives communautaires. La start-up, basée à Johannesburg, a été lancée en 2023 par Dario Eugenio et Peter Konhäusner.

« Nous ne nous contentons pas d’héberger des campagnes, nous contribuons à leur financement grâce à notre audience et à nos partenaires », a indiqué Dario Eugenio. Et d’ajouter : « la plateforme s’articule autour de la narration, de la vidéo et du partage sur les réseaux sociaux, permettant ainsi aux utilisateurs de créer des campagnes captivantes et de les diffuser efficacement. Notre conviction fondamentale est simple : de meilleures histoires génèrent davantage de financements ».

La solution dispose d’une application mobile accessible sur iOS et sur Android où elle a déjà été téléchargé plus de 500 fois, selon les données de Play Store. Les utilisateurs peuvent créer une campagne, y ajouter des photos, vidéos et documents, puis partager un lien personnalisé sur les réseaux sociaux afin de mobiliser des donateurs.

Milli cherche ainsi à combiner les mécanismes du crowdfunding avec une approche inspirée des réseaux sociaux. Les donateurs peuvent suivre l’évolution des campagnes, recevoir des mises à jour et visualiser l’impact de leurs contributions.

La start-up affirme vouloir construire une plateforme « centrée sur l’humain », capable de renforcer les solidarités locales grâce au numérique. Cependant, il faut souligner que la jeune pousse facture 1000 rands (environ 60 $) par campagne.

Cette approche intervient dans un contexte où l’accès au financement reste difficile pour de nombreuses populations africaines, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation ou du micro-entrepreneuriat. En parallèle, la progression du mobile money et la généralisation des smartphones ouvrent de nouvelles opportunités pour les solutions de collecte de fonds numériques sur le continent.

Au-delà de la collecte de dons, Milli semble vouloir se positionner comme une infrastructure numérique dédiée à l’impact social. L’entreprise cible à la fois les particuliers, les organisations caritatives et les communautés locales cherchant à mobiliser rapidement des ressources financières autour de projets spécifiques.

« La prochaine étape consiste à nous développer en Afrique subsaharienne, où l’utilisation intensive des téléphones portables et les habitudes de partage sur les réseaux sociaux rendent ce modèle très facilement transposable », a ajouté Dario Eugenio.

L’émergence de plateformes comme Milli illustre également la diversification progressive de l’écosystème tech africain, où les start-up ne se concentrent plus uniquement sur les paiements ou l’e-commerce, mais investissent aussi des segments liés à l’économie solidaire et à l’innovation sociale.

Adoni Conrad Quenum

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Les solutions de paiement numériques continuent de se développer en Afrique. Elles répondent à un besoin croissant, porté par la transformation numérique en cours sur le continent.

Le fournisseur de services financiers mozambicain Letshego, a lancé une carte de débit au Mozambique en partenariat avec la société américaine Mastercard. L’initiative vise, selon les deux parties, à soutenir la transformation numérique en cours dans le pays ainsi que l’inclusion financière de la population.

Dans un communiqué publié le lundi 11 mai, Mastercard explique que la carte s’appuie sur son réseau mondial. Elle permet aux clients d’effectuer des transactions en toute sécurité, à la fois localement et à l’international là où elle est acceptée. Elle facilite les paiements du quotidien et une plus grande participation au système financier formel.

L’initiative intervient dans un contexte de transformation numérique marqué par une demande croissante de solutions de paiement digitalisées. Elle répond notamment à l’essor des usages numériques, allant des achats sur des plateformes d’e-commerce internationales comme Alibaba ou Jumia, à l’abonnement à des services de streaming tels que Netflix ou Spotify, en passant par divers paiements en ligne du quotidien, encore difficiles d’accès pour une partie de la population non bancarisée.

« En donnant à davantage de personnes les outils nécessaires pour participer à l’économie numérique, nous contribuons à renforcer la résilience financière et à permettre aux communautés de prospérer dans un monde de plus en plus connecté », a déclaré Gabriel Swanepoel, président de division Afrique chez Mastercard

Au-delà des particuliers, l’enjeu concerne également les PME, qui constituent un maillon central de l’économie locale. Pour ces entreprises, l’accès à des moyens de paiement numériques fiables peut faciliter les ventes en ligne, sécuriser les transactions avec les clients et fournisseurs, mais aussi ouvrir l’accès à de nouveaux marchés, y compris à l’international. Dans un environnement où une large part des échanges reste encore dominée par le cash, ces outils apparaissent comme un levier pour formaliser davantage l’activité économique et améliorer la traçabilité des flux financiers.

Il convient toutefois de souligner que la disponibilité des services ne garantit pas nécessairement leur adoption. L’adoption des services financiers numériques est souvent associée à plusieurs facteurs comme la confiance des utilisateurs, le niveau de littératie numérique, l’accès à des équipements adaptés (smartphones, connexion Internet) ainsi que le coût des services. Elle dépend aussi des habitudes de paiement, notamment la persistance de l’usage du cash dans de nombreux contextes.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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