Déjà adopté ou étudié par plusieurs pays d’Afrique, le modèle indien d’infrastructures publiques numériques suscite désormais l’intérêt du Burundi. Les discussions engagées ouvrent la voie à un éventuel partage d’expertise dans deux leviers jugés essentiels à la transformation numérique de l’économie.

Le Burundi explore des possibilités de coopération avec l’Inde pour renforcer ses infrastructures numériques, notamment dans les domaines de l’identité numérique et des paiements électroniques. Cette perspective a été évoquée le lundi 22 juin lors d’une rencontre entre Isidora Ntakiyiruta, assistante du ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, et Upender Singh Rawat, ambassadeur de l’Inde au Burundi. Les échanges ont porté sur les mécanismes susceptibles d’accompagner la modernisation des services publics et l’inclusion financière à travers le partage de l’expérience indienne en matière de transformation numérique.

Les discussions ont notamment mis en lumière le potentiel d’adaptation au contexte burundais de certaines composantes de l’India Stack, l’infrastructure publique numérique développée par l’Inde. Celle-ci repose sur plusieurs plateformes permettant l’identification numérique des citoyens, les paiements instantanés, l’échange sécurisé de données et l’accès dématérialisé aux services publics. Au cours des dernières années, ce modèle s’est imposé comme une référence internationale en matière de gouvernance numérique et d’inclusion financière.

L’intérêt du Burundi pour cette expérience intervient alors que les infrastructures publiques numériques (Digital Public Infrastructure – DPI) sont de plus en plus perçues comme des outils structurants pour améliorer l’efficacité de l’action publique, renforcer l’inclusion financière et élargir l’accès aux services essentiels. Dans ce domaine, l’Inde s’est imposée comme l’un des principaux référents mondiaux grâce à un écosystème numérique desservant environ 1,3 milliard de personnes. Son système de paiement instantané UPI (Unified Payments Interface), qui permet d’effectuer des transactions en temps réel, a notamment dépassé les frontières indiennes et est aujourd’hui opérationnel dans plusieurs pays, dont les Émirats arabes unis, Singapour, le Bhoutan, le Népal, le Sri Lanka, Maurice, le Qatar et la France.

Fort de cette expérience, New Delhi multiplie les partenariats internationaux autour de ses infrastructures numériques. Selon le gouvernement indien, 23 pays ont déjà signé des accords de coopération portant sur le partage de solutions liées à l’identité numérique, aux paiements électroniques, à l’échange de données et à la fourniture de services publics numériques. En Afrique, des pays comme le Kenya, la Tanzanie, l’Éthiopie, la Sierra Leone, la Gambie et le Lesotho figurent parmi les États engagés dans cette démarche.

Les deux parties ont également évoqué la possibilité d’établir des contacts techniques entre les institutions concernées afin d’examiner les conditions d’une éventuelle collaboration. Cette coopération viendrait renforcer des relations bilatérales déjà actives dans plusieurs secteurs, notamment l’énergie, où l’Inde soutient le projet hydroélectrique Kabu 16, considéré comme l’un des principaux symboles du partenariat entre les deux pays.

Samira Njoya

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De la banque traditionnelle aux directions de la tech, il a structuré une solide expertise sectorielle. Avec sa solution de paiement mondial, l’entrepreneur répond désormais au défi de la transparence et de la rapidité des transactions en devises multiples.

Edward Ndichu (photo) est un entrepreneur kényan spécialisé dans la finance. Il est le cofondateur et directeur général de Wapi Pay, une plateforme de paiement international qui facilite les transferts d’argent entre plusieurs régions du monde, notamment l’Afrique, l’Asie, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Fondée en 2019 par Edward et son frère Paul Ndichu, la start-up permet aux particuliers et aux entreprises d’envoyer, de recevoir et de gérer des transactions transfrontalières en toute transparence. Avant de valider une opération, les utilisateurs ont accès en temps réel au montant exact envoyé, au taux de change appliqué, à la devise de réception et au mode de versement choisi.

Wapi Pay propose un portefeuille numérique. Ce compte permet de conserver des fonds et d’effectuer des transferts rapides vers des comptes bancaires, d’autres portefeuilles mobiles ou directement entre utilisateurs de l’application. Chaque étape de l’acheminement des fonds reste visible, garantissant ainsi une sécurité optimale.

Du côté des professionnels, la fintech met à disposition des outils avancés pour centraliser la gestion des paiements. Les entreprises peuvent collecter des fonds, exécuter des versements de masse et suivre l’état de leurs transactions. Cette solution vise à simplifier les opérations commerciales et à optimiser les relations avec les fournisseurs internationaux.

Wapi Pay déploie également un service sur mesure pour les opérations financières de grande envergure. Cette offre haut de gamme permet aux grandes structures de piloter des volumes de paiement importants, bénéficiant d’un suivi de pointe, de la demande de devis initiale jusqu’au règlement final.

Parcours professionnel et académique

Parallèlement à ses fonctions chez Wapi Pay, Edward Ndichu est partenaire d’investissement chez Future Hub Africa, où il soutient l’écosystème entrepreneurial du continent. Son expertise s’appuie sur un solide bagage académique, marqué par un diplôme en systèmes d’information de gestion et statistiques, obtenu en 2006 à la Murdoch University en Australie.

Avant de fonder sa propre entreprise, ce spécialiste de la finance a forgé son expérience au sein de structures majeures. Il a notamment été directeur chargé des services financiers de la SBM Bank Kenya entre 2014 et 2015.

Son ascension s’est poursuivie dans le secteur de la tech et des télécoms. En 2018, il prend les rênes d’Opera Software en tant que directeur général, avant d’occuper le même poste l’année suivante chez Opay, une fintech kényane en pleine expansion.

Melchior Koba

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L’accès aux services bancaires de base demeure le principal verrou à la croissance des entreprises sur le continent. Pour y répondre, cet ingénieur conçoit une infrastructure indispensable à la fluidification des échanges quotidiens.

Ingénieur mécanique de formation et figure de proue de la tech nigériane, Tosin Eniolorunda (photo) est le cofondateur et directeur général de Moniepoint. Fondée en 2015, cette fintech s'est imposée comme un pilier de l'écosystème en fournissant une plateforme intégrée de services financiers, pensée à la fois pour les entreprises et les particuliers sur le continent.

Moniepoint a conçu une infrastructure robuste pour simplifier la gestion quotidienne de l'argent. À travers un ensemble d'outils numériques intuitifs, la plateforme permet d'effectuer des paiements, de gérer des comptes bancaires et de régler des factures.

La fintech cible en priorité les petites et moyennes entreprises, véritables moteurs de l'économie locale, tout en restant accessible aux particuliers pour leurs opérations courantes. Pour soutenir la croissance de ces PME, Moniepoint propose également des solutions de financement adaptées, notamment des crédits destinés au réapprovisionnement ou à l'expansion commerciale.

En plus de ses services purement transactionnels, l'entreprise intègre des outils de gestion avancés. Ces fonctionnalités permettent aux professionnels de suivre rigoureusement leurs dépenses et d'optimiser l'organisation de leurs finances au jour le jour.

Pour soutenir un tel volume d'activité, la jeune pousse s'appuie sur un réseau technologique de pointe, capable de traiter des transactions à grande échelle avec une fiabilité éprouvée. En combinant paiements, services bancaires et outils opérationnels, Moniepoint poursuit sa mission : démocratiser l'accès aux services financiers et dynamiser l'activité économique de ses utilisateurs.

Un parcours académique et professionnel ancré dans l'excellence

Le succès de l'entrepreneur s'est forgé sur de solides bases académiques. Tosin Eniolorunda est diplômé de l'université Obafemi Awolowo au Nigeria, où il a obtenu en 2007 une licence en ingénierie mécanique.

Ses premiers pas dans le monde professionnel se font dès 2005 lors d'un stage formateur chez l’entreprise énergétique Schlumberger. Cette expérience ouvre la voie à son entrée en 2009 chez Interswitch, un acteur majeur des paiements en Afrique.

Pendant six ans, jusqu'en 2015, il y affûte ses armes en occupant notamment les postes d'ingénieur logiciel et de responsable des opérations. Ce passage stratégique lui a permis d'acquérir l'expertise technique et opérationnelle nécessaire pour lancer, la même année, l'aventure Moniepoint.

Melchior Koba

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Alors que l'inclusion financière demeure un défi dans plusieurs pays d'Afrique centrale, cette fintech tchadienne mise sur une approche multicanale pour démocratiser l'accès aux services financiers numériques.

Konoom est une solution fintech développée par une jeune pousse tchadienne. Elle propose un portefeuille électronique permettant aux particuliers comme aux entreprises d'effectuer des transferts d'argent, des paiements marchands, des règlements de factures et diverses opérations financières à partir d'un téléphone mobile ou d'un ordinateur.

La start-up, basée à N'Djamena, a été lancée en 2025. Elle est dirigée par Brahim Moussa Hassan.

La société se présente comme un établissement de paiement agréé par les autorités financières tchadiennes et la Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC). L'une des particularités de la plateforme réside dans sa stratégie d'accessibilité. Les services sont disponibles via une application mobile accessible sur iOS et Android, un portail web, des codes USSD fonctionnant sans connexion Internet et même WhatsApp.

Ce choix vise à toucher aussi bien les utilisateurs de smartphones que les populations disposant de téléphones plus basiques, notamment dans les zones où la connectivité reste limitée. Konoom permet également les transferts entre portefeuilles électroniques, comptes bancaires et réseaux d'agents. La plateforme intègre en outre des fonctionnalités destinées aux entreprises, telles que les paiements de masse, le règlement de fournisseurs ou encore l'acceptation de paiements numériques via un code QR.

La start-up affirme vouloir répondre à la problématique de l'exclusion financière qui touche encore une partie importante de la population tchadienne. Elle ambitionne de créer un pont entre les services financiers traditionnels et les usages numériques émergents.

« Nous voulons bâtir un écosystème financier moderne, transparent et fiable, capable d’accompagner les besoins des particuliers, des commerçants, des entreprises et des institutions publiques », a indiqué Brahim Moussa Hassan, directeur général de Konoom, lors du lancement de la plateforme.

Dans un marché encore largement dominé par les espèces, le succès de Konoom dépendra toutefois de sa capacité à développer son réseau d'agents, à convaincre les commerçants d'accepter les paiements numériques et à gagner la confiance des utilisateurs. Des enjeux qui concernent aujourd'hui la plupart des fintechs opérant en Afrique.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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Du secteur des assurances aux fintechs dédiées à l’énergie propre, il trace sa voie. Le Zimbabwéen déploie une infrastructure numérique qui optimise la distribution de technologies propres dans plusieurs pays d’Afrique australe.

Simbarashe Gwenzi (photo) est un entrepreneur panafricain zimbabwéen. Il est cofondateur et directeur général de SoshoPay, une entreprise technologique qui développe des outils numériques destinés à faciliter l’accès à l’énergie propre et aux équipements productifs en Afrique.

Fondée en 2023, la start-up est basée au Royaume-Uni, et déploie aujourd'hui ses solutions au Zimbabwe, en Afrique du Sud et en Zambie. Sa plateforme permet à ses partenaires de gérer l'intégralité du parcours client, depuis l'inscription initiale jusqu'au suivi des paiements et de l'utilisation des machines. Dans ce modèle, les partenaires conservent la responsabilité du financement, de la distribution des produits et de la relation commerciale.

Pour optimiser cette gestion, SoshoPay intègre des outils d'enregistrement, des systèmes de suivi des équipements et des tableaux de bord analytiques. Ces fonctionnalités offrent aux institutions financières et aux distributeurs une visibilité inédite sur les habitudes de consommation et de paiement de leurs usagers, leur permettant d'affiner leurs services et de prendre des décisions stratégiques plus éclairées.

La surveillance à distance des installations financées constitue un autre atout majeur de la plateforme, aidant les partenaires à rationaliser leurs opérations techniques. De plus, SoshoPay propose des outils d'intégration fluides qui se connectent directement aux systèmes de paiement et aux infrastructures logicielles déjà existantes chez ses clients.

Axée sur l'émancipation économique des petites structures, l'entreprise affiche déjà des résultats concrets. Selon les données de son site institutionnel, la plateforme a permis d'accompagner plus de 568 petites et moyennes entreprises, dont la moitié sont dirigées par des femmes. Elle assure le suivi de plus de 400 000 dollars d'actifs et maintient un taux de réussite des paiements exceptionnel de 98 %.

Profil d'un financier devenu serial entrepreneur de la tech

Le parcours de Simbarashe Gwenzi combine une expertise fine de la finance et de la tech. Il est diplômé de l’Université du Zimbabwe où il a obtenu en 2014 un bachelor en économie. Il est aussi titulaire d’un master en sciences actuarielles, gestion des risques et assurance obtenu en 2018 à la National University of Science and Technology.

Sa carrière débute dès 2012 en tant qu'analyste des risques de crédit chez KM Financial Solutions. Il met ensuite ses compétences au service du secteur des assurances en devenant analyste de données chez Heritage Life en 2018, avant d'occuper un poste similaire chez le commerçant Verimark entre 2020 et 2021.

Parallèlement à sa carrière de cadre, l'homme d'affaires a multiplié les initiatives entrepreneuriales. Dès 2016, il cofonde Nanosoft IT Solutions, une entreprise technologique qu'il dirige jusqu'en 2021. Toujours engagé dans l'écosystème du financement, Simbarashe Gwenzi est également le fondateur et membre du conseil d'administration de YEC Fund, une institution de microfinance dédiée au soutien des entreprises.

Melchior Koba

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Alors que les crypto‑actifs gagnent du terrain en Afrique, le Zimbabwe rejoint les pays du continent qui structurent progressivement ce marché. Une réforme visant à renforcer la surveillance d’un écosystème en forte croissance mais encore largement informel.

Le gouvernement du Zimbabwe a annoncé qu’il allait obliger les entreprises opérant dans le secteur des crypto‑monnaies à s’enregistrer auprès des autorités financières, dans le cadre d’un dispositif destiné à encadrer un marché jusque‑là largement informel.

Selon des règlements émis par le ministre des Finances, Mthuli Ncube, et rapportés par Reuters, les sociétés impliquées dans l’achat, la vente, le transfert ou la conservation d’actifs numériques devront désormais s’inscrire chaque année auprès de la Financial Intelligence Unit (FIU), un organisme de lutte contre le blanchiment d’argent hébergé au sein de la Banque de réserve du Zimbabwe.

L’enregistrement sera assorti de frais de 500 USD pour la première inscription et de 400 USD pour le renouvellement annuel. Toute exploitation sans enregistrement sera considérée comme une infraction, marquant la volonté des autorités de placer le secteur sous un cadre de surveillance formelle.

Cette décision intervient après plusieurs années de restrictions sur les crypto‑actifs dans le pays. Dès 2018, les autorités avaient limité les activités liées aux monnaies numériques, poussant une grande partie des échanges vers des circuits informels et des plateformes de pair‑à‑pair.

Sur le plan continental, cette évolution s’inscrit dans un contexte de forte progression de l’adoption des crypto‑actifs en Afrique subsaharienne. Selon une étude publiée en septembre par la société Chainalysis, spécialisée dans l’analyse de données relatives à la blockchain, les transactions en cryptomonnaies ont atteint 205 milliards USD en Afrique subsaharienne entre juillet 2024 et juin 2025, portées notamment par les transferts transfrontaliers et les usages liés aux remittances.

Dans de nombreux pays africains, les crypto‑monnaies sont de plus en plus utilisées comme alternative aux circuits bancaires traditionnels, notamment en raison des coûts élevés des transferts internationaux. La Banque mondiale indique que les frais de transferts en Afrique subsaharienne figurent parmi les plus élevés au monde, dépassant régulièrement 6 % du montant envoyé.

Le Zimbabwe rejoint ainsi une tendance plus large de structuration du secteur des actifs numériques sur le continent. En Afrique du Sud, les prestataires crypto sont encadrés par la Financial Sector Conduct Authority (FSCA), tandis qu’au Nigeria, la Securities and Exchange Commission (SEC) a mis en place un régime d’enregistrement progressif des plateformes d’échange.

Au Kenya, une loi sur les Virtual Asset Service Providers (VASP) prévoit un cadre de supervision partagé entre la Banque centrale et l’autorité des marchés financiers, illustrant une approche hybride de la régulation des actifs numériques.

Samira Njoya

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Dans un contexte marqué par les difficultés économiques et les perturbations du système financier au Soudan, cette fintech cherche à proposer une alternative financière accessible aux particuliers et aux commerçants.

Cashi est une solution fintech développée par une start-up soudanaise. Elle a mis en place une plateforme de services financiers numériques destinée à faciliter les paiements et les transactions quotidiennes sur mobile. Basée dans la ville de Khartoum, la start-up, lancée en 2016, est dirigée par sa PDG, Tarneem Saeed (photo).

La solution permet notamment d’effectuer des transferts d’argent, des paiements de factures et des achats de crédits téléphoniques depuis une application mobile. L’objectif est de simplifier l’accès aux services financiers numériques dans un environnement où les infrastructures bancaires traditionnelles font face à de fortes contraintes.

La plateforme cible aussi bien les particuliers que les commerçants souhaitant numériser certaines opérations de paiement. Elle mise sur une interface mobile simplifiée afin d’élargir l’usage des transactions électroniques dans le pays.

Cashi s’inscrit dans une dynamique d’essor des fintech africaines cherchant à accélérer l’adoption des paiements numériques. Au Soudan, ces solutions prennent une dimension particulière en raison des difficultés d’accès aux services financiers classiques et des besoins croissants en outils de paiement dématérialisés.

« Alors que le Soudan était en proie à des conflits et à des difficultés, Cashi est devenu une bouée de sauvetage. Elle a rendu possibles des services que le système bancaire traditionnel ne pouvait pas offrir », explique la start-up.

À terme, des plateformes comme Cashi pourraient accélérer l’adoption des services financiers numériques au Soudan et réduire la dépendance aux transactions en espèces, encore largement dominantes dans l’économie locale.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia 

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En Côte d’Ivoire, la fintech Green Pay se positionne sur le marché des paiements marchands avec une solution visant à faciliter l’acceptation de différents moyens de paiement au sein d’un même écosystème.

Green Pay est une solution fintech développée par une jeune pousse ivoirienne. Elle propose une infrastructure permettant aux commerçants de recevoir des paiements via le mobile money, les cartes bancaires, les paiements par code QR ou encore les portefeuilles électroniques, sans avoir à multiplier les terminaux ni les intégrations techniques.

Basée à Abidjan, la start-up a été lancée en 2019 par Anouar Traboulsi et Hervé Tairou. Elle a pour objectif de « créer un vaste réseau de points d’acceptation à la disposition des abonnés mobiles pour les paiements marchands ».

Dans un contexte marqué par la coexistence de plusieurs systèmes de paiement sur le continent, allant du mobile money aux réseaux bancaires traditionnels, Green Pay mise sur l’interopérabilité comme levier d’inclusion financière et de modernisation du commerce de détail.

La solution s’adresse principalement aux commerçants, aux chaînes de distribution et aux prestataires de services confrontés à une fragmentation des moyens de paiement. Elle permet également la gestion de services additionnels tels que le paiement de factures, les transferts d’argent ou encore la génération de rapports d’activité.

Le modèle repose sur un réseau de terminaux et de points d’acceptation connectés, conçu pour élargir l’accès aux services financiers numériques, notamment dans les zones où l’infrastructure bancaire reste limitée. L’un des principaux enjeux pour ce type de solution demeure son adoption à grande échelle par les commerçants ainsi que sa capacité à intégrer durablement les principaux acteurs du mobile money et du secteur bancaire au sein d’un même environnement technique.

Le développement de Green Pay intervient dans un contexte d’accélération des paiements numériques en Afrique de l’Ouest, porté par la diffusion croissante des smartphones et la progression des usages du paiement mobile. À terme, ce type de plateforme pourrait contribuer à réduire le recours aux paiements en espèces et à structurer davantage les flux financiers dans le commerce informel et formel sur le continent. D’autres fintechs africaines, comme Djamo, FeexPay et CinetPay, s’inscrivent dans cette dynamique.

Adoni Conrad Quenum

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Face à l’essor du travail indépendant et de l’économie transfrontalière en Afrique, la compétitivité des PME repose désormais sur des infrastructures financières et managériales agiles. Cet entrepreneur s’empare de ces problématiques pour proposer une nouvelle vision de la productivité connectée.

Entrepreneur et stratège fintech kényan, Mark Ikaba (photo) est fondateur et directeur général de BorderPay. La start-up propose une plateforme financière conçue pour simplifier les flux financiers internationaux des particuliers et des entreprises.

Lancée en 2023, BorderPay cible un large public de professionnels et de particuliers : travailleurs indépendants, entrepreneurs, étudiants, télétravailleurs et créateurs de contenu. La fintech s’attaque directement aux frictions traditionnelles des transferts de fonds transfrontaliers, à savoir les frais prohibitifs, les délais de traitement excessifs et les restrictions géographiques.

La plateforme se distingue par ses fonctionnalités de gestion de comptes et de portefeuilles multidevises (notamment en dollars américains, euros et livres sterling). Depuis une interface unique, les utilisateurs peuvent détenir, envoyer et recevoir des fonds à l’échelle mondiale, convertir des devises instantanément pour retraits ou paiements, et transférer de l’argent vers des comptes bancaires aux États-Unis, en Europe et au Royaume-Uni.

Pour compléter son offre, BorderPay intègre des cartes virtuelles destinées aux achats en ligne internationaux. Elle mise également sur une forte interopérabilité avec les réseaux de mobile money, permettant d’alimenter un compte ou de retirer des fonds dans plus de vingt pays africains.

Titulaire d’un diplôme d’État en technologie de l’information obtenu en 2016 à la Mik Technology GS, Mark Ikaba a également fondé en 2025 CasaFlow. Cette nouvelle entreprise développe un système d’exploitation propulsé par l’intelligence artificielle pour les entreprises modernes. L’outil automatise la gestion post-réunion en traduisant les échanges en actions concrètes : mise à jour instantanée des systèmes de gestion de relation client, modification de contrats, attribution de tâches et centralisation de la mémoire organisationnelle.

Melchior Koba

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Alors que le cloisonnement des systèmes de paiement freine encore l’expansion commerciale du continent, l’interopérabilité s’impose désormais comme le principal levier de la croissance numérique. C’est précisément ce segment stratégique que cet entrepreneur a décidé d’explorer.

Oumar Rafiou Barry (photo) est un entrepreneur originaire de Guinée et basé aux États-Unis. Il est cofondateur et directeur général de Cauridor, une entreprise spécialisée dans les services de paiement qui ambitionne de faciliter les échanges financiers entre l’Afrique et le reste du monde.

Fondée en 2022, Cauridor relie différents acteurs du secteur financier au sein d’un même réseau. Elle travaille avec des opérateurs de transfert d’argent, des banques, des entreprises de télécommunications, des sociétés financières et de nombreux commerçants. Grâce à cette approche, elle permet à ses partenaires de proposer des services de paiement et de transfert d’argent à leurs propres clients à travers plusieurs pays africains.

Cauridor intervient également dans les paiements transfrontaliers. Elle aide les entreprises internationales à recevoir des paiements provenant d’Afrique tout en permettant aux entreprises africaines d’accepter des règlements de leurs clients. L’entreprise propose aussi des solutions destinées aux organisations qui doivent verser de l’argent à un grand nombre de personnes.

Avant de lancer Cauridor, Oumar Barry s’est forgé une solide expérience dans la fintech. Il a fondé Ez Money Transfer en 2011 (qu’il a dirigé jusqu’en 2013), puis BnB Transfer Corp en 2014, une entreprise dont il a assuré la direction générale jusqu’en 2022.

Aujourd’hui, son expertise l’amène à siéger au conseil d’administration de la fintech canadienne ChargeAutomation et d’Ulendo, une société de services informatiques spécialisée dans l’automatisation industrielle.

Diplômé de l’université de Toronto, il y a obtenu un doctorat en génie mécanique. Il a amorcé sa carrière professionnelle en 2008 chez Hydro One, une entreprise de transport et de distribution d’électricité en Ontario (Canada), où il a travaillé comme ingénieur design jusqu’en 2015.

Melchior Koba

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