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La Banque d’Algérie vise à atteindre une société « zéro cash » d’ici 2028 via la numérisation. L’objectif est de faire basculer le pays vers une économie digitalisée, où les paiements électroniques remplaceront totalement les transactions en espèces.

Le ministère algérien des Finances et le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national ont signé, le mercredi 24 décembre, un protocole d’accord. Ce dernier vise à lancer un service de paiement électronique des droits de timbre pour l’inscription au registre du commerce, via cartes interbancaires (CIB) ou Edahabia, selon un communiqué conjoint des deux ministères.

Ce protocole ouvre la plateforme numérique dédiée au paiement électronique « Tabaakoum », au règlement des droits de timbre. Désormais, le reçu de paiement généré via la plateforme sera reconnu légalement. Il fera partie intégrante des documents exigés dans les dossiers d’inscription ou de modification au registre du commerce. Cette solution vise à offrir plus de flexibilité aux opérateurs économiques, tout en renforçant la transparence des transactions financières.

L’initiative intervient dans un contexte où les transactions électroniques enregistrent une croissance rapide dans le pays. Entre janvier et juillet 2025, plus de 5,2 millions de paiements via terminaux électroniques ont généré près de 47,2 milliards de dinars (≈363,8 millions $), un niveau qui dépasse déjà l’ensemble de l’année 2024, selon les données du GIE Monétique.

Au‑delà de la simplification des démarches pour les commerçants et les entrepreneurs, le passage au paiement électronique pour le registre du commerce s’inscrit dans une stratégie nationale plus large de modernisation des services publics et de réduction de l’économie informelle. Le gouvernement a multiplié ces derniers mois les initiatives pour étendre l’usage des moyens de paiement numériques, encourager l’e‑commerce et améliorer l’accès des citoyens aux services en ligne, dans un pays où la pénétration d’Internet avoisine désormais 77 % de la population.

En facilitant l’inscription au registre du commerce et en réduisant les coûts et les délais liés aux procédures physiques, l’État entend non seulement améliorer la compétitivité du tissu entrepreneurial, mais aussi renforcer la traçabilité des transactions et la transparence des opérations économiques.

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 26 décembre 2025 10:10 Written by

Dans un pays où une large partie de la population reste éloignée des circuits bancaires classiques, les autorités guinéennes misent sur le numérique pour rapprocher l’administration des citoyens.

La Guinée a lancé, le lundi 22 décembre à Conakry, Trésor Pay, une plateforme numérique destinée à dématérialiser le paiement des redevances et frais administratifs dus à l’État. À travers cet outil, les autorités guinéennes entendent améliorer la mobilisation des recettes publiques tout en réduisant les frictions administratives pour les usagers.

Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Mourana Soumah, Trésor Pay répond à une instruction présidentielle visant à améliorer l’accès des citoyens aux services publics et à renforcer la mobilisation des recettes internes. La plateforme doit notamment réduire les files d’attente, les déplacements coûteux et les pratiques informelles, tout en garantissant une meilleure traçabilité des paiements. Pour l’État, l’objectif est double : accélérer la disponibilité des fonds et limiter les risques de fraude dans la chaîne de collecte.

Sur le plan opérationnel, Trésor Pay permet aux usagers de régler, via leur téléphone mobile, les redevances et frais administratifs perçus par le Trésor public. La plateforme s’appuie sur les services de monnaie électronique et fonctionne parallèlement au circuit classique de paiement. Elle intègre un dispositif d’assistance, avec notamment un centre d’appel dédié, afin d’accompagner les utilisateurs dans leurs démarches et d’assurer la continuité du service.

Le déploiement de Trésor Pay intervient dans un contexte où l’inclusion financière reste limitée en Guinée, avec un taux estimé autour de 30 %, tandis que l’usage du mobile money progresse rapidement. Dans ce cadre, la digitalisation des paiements publics apparaît comme un outil pour élargir l’accès aux services administratifs, en particulier pour les populations éloignées des centres urbains et du système bancaire traditionnel. La réforme s’inscrit plus largement dans les efforts engagés par les autorités pour moderniser les finances publiques et renforcer la gouvernance économique.

À terme, Trésor Pay pourrait contribuer à améliorer la collecte des recettes non fiscales, à réduire les délais d’encaissement et à limiter les risques de fraude. L’outil ouvre également la voie à une extension vers d’autres usages, notamment les paiements de masse ou certains instruments financiers publics dématérialisés. Pour la Guinée, l’enjeu est désormais de transformer cette plateforme en un dispositif pleinement opérationnel, capable de soutenir durablement l’efficacité budgétaire et la transparence de l’action publique.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Posted On mardi, 23 décembre 2025 11:06 Written by

Les services financiers numériques gagnent du terrain en Éthiopie, avec une adoption croissante par les citoyens et les entreprises. Les autorités multiplient à cet effet des initiatives pour renforcer l’inclusion financière et créer un cadre propice aux transactions numériques.

L’Éthiopie a officiellement lancé, le mardi 9 décembre, à Addis‑Abeba sa Stratégie nationale de paiement numérique 2026–2030 (NDPS) ainsi que Ethiopay, son système de paiement instantané. Ces initiatives visent à moderniser l’écosystème financier, à renforcer les infrastructures et à élargir l’accès aux services numériques, en particulier pour les populations mal desservies.

La NDPS 2026–2030 établit une feuille de route quinquennale pour renforcer l’interopérabilité, la confiance et l’innovation dans les paiements. Elle prévoit notamment de faciliter les transferts transfrontaliers de faible valeur via les cartes, les portefeuilles mobiles et les services bancaires numériques. La stratégie met également l’accent sur la sécurité des systèmes, l’interopérabilité entre prestataires et la protection des consommateurs, tout en cherchant à réduire les écarts d’usage entre zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre les sexes.

Ethiopay, développé par l’opérateur national EthSwitch, fournit une infrastructure sécurisée et interopérable pour les transferts instantanés P2P, les paiements via QR, les paiements groupés et certains flux transfrontaliers. Il constitue ainsi l’épine dorsale du système de paiement numérique domestique.

Le lancement de ces initiatives s’inscrit dans la continuité des programmes Digital Ethiopia 2025 et Digital Ethiopia 2030, qui visent à transformer les cadres économiques, administratifs et sociétaux grâce au numérique. Ces programmes englobent la modernisation des services publics (e‑Gov, MESOB), l’amélioration de la connectivité et l’ouverture accrue aux opérateurs privés.

Ces efforts produisent déjà des résultats tangibles. Selon les autorités, plus de 18 500 milliards de birrs (119 milliards $) sont traités chaque année via des plateformes dématérialisées. L’arrivée de Safaricom Ethiopia avec M‑Pesa, le lancement de Telebirr par Ethio Telecom et l’intégration progressive de l’identité numérique nationale Fayda ont contribué à structurer cet environnement.

La mise en œuvre de la NDPS et d’Ethiopay devrait faciliter les paiements quotidiens règlement des services publics, transferts P2P, versement des salaires, soutenir l’inclusion financière et fluidifier les échanges commerciaux. Elle constitue également un levier stratégique pour l’intégration régionale, en permettant à l’Éthiopie de tirer plus rapidement parti de la Zone de libre‑échange continentale africaine (ZLECAf), qui regroupe 1,4 milliard d’habitants et un PIB cumulé de 3400 milliards de dollars, selon son secrétaire général, Wamkele Mene.

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 12 décembre 2025 09:22 Written by

Le Maroc, à travers sa stratégie « Digital Maroc 2030 », ambitionne de renforcer son positionnement en tant que hub régional pour l’outsourcing et les exportations numériques. L’objectif est de porter les revenus issus du digital à 40 milliards de dirhams (environ 4,3 milliards de dollars) d’ici 2030, soit plus du double des 15,8 milliards enregistrés en 2022.

L’exportation de services numériques et l’externalisation s’imposent désormais comme l’un des moteurs discrets des exportations marocaines. En 2024, ces activités se sont consolidées, enregistrant une légère amélioration par rapport à 2023, avec un total de 26,2 milliards de dirhams (soit 2,8 milliards de dollars), en hausse de 0,2 % selon l’Office des Changes. Les chiffres du premier semestre 2025 confirment cette dynamique, atteignant 13,4 milliards de dirhams, soit une progression de 3,5 % par rapport à la même période de 2024 (12,9 milliards de dirhams).

L’exportation des services numériques et l’externalisation se traduisent par la mise à disposition d’une main-d’œuvre marocaine qualifiée au service d’entreprises ou de clients étrangers. Depuis le Maroc, des équipes locales spécialisées exécutent des tâches numériques pointues pour le compte de sociétés étrangères. Il est également possible que des sociétés internationales confient des parties de leurs activités, généralement celles de supports ou de service client, à des prestataires marocains pour réduire leurs coûts.

Les services numériques constituent la composante la plus dynamique et la plus demandée par les entreprises internationales, représentant la majorité des revenus générés par les exportations du secteur.

Les chiffres

Selon l’Office des Changes, « la ventilation par écosystème du secteur laisse apparaitre, en 2024, la prédominance des activités des services informatiques et technologiques avec une part de 40,3%, suivies des services relatifs à la gestion de la relation client (CRM : Centres d’appels) avec 37,4% ». À eux deux, ils pèsent 78% des exportations.

Services

Compétences

Contribution aux revenus du secteur

Services informatiques et technologiques (ITO)

Développement, maintenance, cybersécurité, assistance, etc.

40,3%

Gestion de la relation client (CRM)

Centres d'appels, assistance après-vente, support multilingue, etc.

37,4% 

Services d'ingénierie (ESO)

Conception, tests, intégration de systèmes, prototypage, etc.

13,2%

Processus d’entreprise (BPO)

Comptabilité et traitement des factures, gestion des stocks et logistique, saisie et traitement massif de données, etc.

8,9%

Processus de connaissance (KPO)

Recherche et analyse financière, conception de stratégies marketing, analyse de données business intelligence

0,2%

Malgré les tensions globales (inflation, taux de change), l'externalisation des services d'ingénierie a aussi enregistré de la croissance, signe d'une montée en gamme progressive. Entre 2023 et 2024, les recettes du secteur sont passées de 3,2 milliards de dirhams à 3,4 milliards. Pour le premier semestre 2025, il affichait déjà 2,5 milliards.

L’externalisation des processus métier (BPO) a aussi enregistré de la croissance passant de 1,9 milliard de dirhams à 2,3 milliards entre 2023 et 2024 pour afficher 1,3 milliard en début d’année 2025. Par contre, l’externalisation des processus de connaissance (KPO) a connu un fort recul, passant de 78 à 48 millions de dirhams pour atteindre 21 millions au premier semestre 2025.

Renforcer l’activité

La stabilité de l’ensemble des recettes 2024, malgré la conjoncture et les signaux positifs du premier semestre 2025, soutient les entrées de devises et la diversification des exportations au-delà des biens. L'accélération de l’ingénierie en particulier démontre que le Maroc ne se contente plus d'être une plateforme de centres d'appels, il s'affirme également comme un hub d'ingénierie à proximité de l'Europe, avec des délais réduits et une capacité à travailler selon les standards internationaux.

Le dynamisme des différents services numériques externalisés se traduit sur l’économie marocaine par des emplois qualifiés et des revenus stables. Les centres d'appels et les activités de support recrutent des jeunes dotés d'un bon niveau linguistique et de compétences relationnelles, et offrent des perspectives d'évolution. Les services informatiques et technologiques, quant à eux, stimulent la demande pour des profils plus techniques, mieux rémunérés. Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme administrative révèle que l’exportation des services numériques et l’externalisation enregistraient déjà 141 000 emplois en 2023 contre 130 000 en 2022 et 100 000 en 2020.

Le Maroc entend mieux piloter cette trajectoire croissante de son secteur d’exportation de services numériques et de l’externalisation. L'Office des Changes et le ministère de la Transition numérique ont lancé un chantier pour moderniser les indicateurs de suivi des exportations de services numériques. Objectif : disposer de données plus fines pour cibler la formation, l'attractivité des territoires et les niches prometteuses. Ce travail s'inscrit dans la stratégie Digital Morocco 2030.

Défis

Pour préserver cette dynamique de croissance dans l'exportation de services numériques et l'externalisation, le Maroc devra relever trois défis majeurs. L'adaptation à l'ère de l'automatisation : face à la reconfiguration des métiers par l'IA, une montée en compétences continue est indispensable pour maintenir la compétitivité et l'emploi. Il y a ensuite l'exigence de qualité et de sécurité. En effet, pour rivaliser à l'international, il est crucial de garantir des niveaux de service élevés, une cybersécurité robuste et une continuité d'activité irréprochable. Enfin, le développement des talents et des territoires. Attirer des projets à plus haute valeur ajoutée nécessite à la fois un vivier élargi de compétences – via la formation initiale, continue et les certifications – et un maillage territorial d'infrastructures au-delà des grandes villes. La réussite dépendra surtout de la capacité à exécuter ces réformes de manière cohérente entre les différents acteurs gouvernementaux.

Muriel Edjo

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Posted On vendredi, 24 octobre 2025 15:48 Written by

Les pays africains s’impliquent de plus en plus dans le déploiement de systèmes de paiement instantané interopérables. Ces initiatives visent à moderniser les services financiers, faciliter les transactions et renforcer l’inclusion financière à toutes les échelles.

L’Afrique connaît une transformation rapide de ses services financiers numériques, portée par l’essor du mobile money et des plateformes bancaires en ligne. Dans ce contexte, l’interopérabilité des paiements — qui permet d’effectuer des transactions entre différentes banques et opérateurs mobiles — apparaît comme un levier stratégique pour stimuler l’inclusion financière et faciliter le commerce régional.

Selon la Banque mondiale, environ 350 millions d’adultes en Afrique subsaharienne ne disposent pas de compte bancaire et demeurent exclus de l’économie formelle. Le mobile money a toutefois permis de combler une partie de ce fossé. En 2024, près d’un adulte sur deux, soit 44 %, détenait un compte mobile money, soit un écart de 15 points par rapport à la moyenne mondiale, selon le dernier rapport sur l’inclusion financière « Global Findex 2025 ».

Des avancées notables en Afrique

Plusieurs pays africains ont franchi des étapes importantes dans le développement de systèmes de paiement interopérables. Au Ghana, le système GhIPSS relie banques et opérateurs mobiles et traite depuis décembre 2022 en moyenne 17,9 millions de paiements instantanés par mois, impliquant plus de 55 institutions financières. Au Nigeria, la plateforme NIBSS a enregistré en 2023 des paiements interbancaires instantanés d’une valeur totale de 600 360 milliards de nairas (≈ 390 milliards USD). Au Kenya, le service M-Pesa illustre le rôle central du mobile money, puisqu’il représente près de 55 % du PIB national, selon une estimation de la Fintech Association of Kenya.

Plus récemment, la Sierra Leone, les Comores, la Somalie et l’Algérie ont annoncé la mise en place de systèmes nationaux de paiement interopérables, contribuant à la consolidation progressive de l’infrastructure financière du continent.

Ces initiatives soutiennent à la fois l’inclusion financière et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), en facilitant les transactions transfrontalières à moindre coût. Le PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System) incarne cette dynamique : il permet aux banques centrales et institutions financières d’effectuer des paiements en temps réel dans les monnaies locales, réduisant ainsi les frais et délais tout en renforçant l’intégration économique. Selon la GSMA, la valeur des transactions mobile money en Afrique subsaharienne a atteint 190 milliards USD en 2023, soit 4,5 % du PIB régional, contre 150 milliards USD en 2022.

Des défis persistants à surmonter

Les systèmes de paiement instantané interopérables favorisent donc l’inclusion financière, réduisent les coûts de transfert, stimulent l’innovation dans les fintechs et l’e-commerce, et renforcent l’intégration régionale. Ils permettent également aux États de mieux contrôler les flux financiers et de sécuriser les transactions, consolidant ainsi leur souveraineté numérique.

Néanmoins, plusieurs défis persistent. La fracture numérique reste marquée, en particulier dans les zones rurales où la couverture et la qualité des réseaux internet demeurent insuffisantes. La cybersécurité constitue également un frein majeur, car les risques de fraude, de piratage ou de vol de données suscitent encore la méfiance. Enfin, l’absence d’un cadre réglementaire harmonisé ralentit l’adoption de solutions transfrontalières.

Pour exploiter pleinement ce potentiel, il est indispensable d’investir dans les infrastructures numériques, de renforcer la cybersécurité, de former les populations aux services financiers digitaux et d’avancer vers une régulation unifiée. Avec une pénétration des smartphones attendue à 87 % en Afrique subsaharienne d’ici 2030, ces initiatives rapprocheront des millions de personnes des services financiers modernes, soutiendront le commerce intra-africain et accéléreront la transition vers une économie numérique intégrée et durable.

Samira Njoya

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Mobile Money:l'épargne progresse, mais le crédit stagne toujours en Afrique (Banque mondiale)

Posted On mardi, 02 septembre 2025 08:00 Written by

Le mobile money est devenu un incontournable pour l’épargne pour des millions d’Africains. Cependant, son adoption dans le domaine du crédit reste limitée, principalement à cause de la prédominance des mécanismes informels, malgré les progrès réalisés grâce à certaines innovations.

La part d’adultes africains possédant un compte de mobile money est passée de 27% à 40% entre 2021 et 2024, soit le taux le plus élevé au monde. C’est ce que révèle le rapport « The Global Findex Database 2025 : Connectivity and Financial Inclusion in the Digital Economy » publié en juillet 2025 par la Banque mondiale.

Le rapport révèle que 23% des adultes africains ont épargné via leur compte mobile en 2024 (contre 13% en 2021), tandis que 35% ont déclaré avoir épargné sous forme digitale ou via des institutions traditionnelles. Des pays comme le Ghana, le Kenya, le Sénégal ou l’Ouganda affichent même des taux d’utilisation de la monnaie mobile pour l’épargne dépassant les 50% chez les adultes, signe d’une appropriation massive du service.

Plus accessible que les réseaux bancaires, le mobile money facilite l’épargne par petites sommes, la flexibilité des dépôts et retraits chez des agents locaux, et une adoption plus inclusive, surtout pour les milieux ruraux et informels.

Epargne oui, mais crédit limité

Malgré ce succès pour l’épargne, l’accès au crédit via le mobile money demeure très modeste. En 2024, seulement 7% des adultes africains ont emprunté via leur compte mobile, un chiffre stable par rapport à 2021, alors que près de 59% ont eu recours au crédit (mais essentiellement sous forme informelle : famille, tontine).

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Dans les grandes économies de mobile money (Kenya, Ghana, Ouganda), 22 à 32% des adultes ont emprunté via un opérateur mobile, mais ce crédit reste de très faible montant, à court terme, et souvent associé à des taux d’intérêt élevés, limitant l’effet d’entraînement économique global.

Pourquoi ce décalage ?

Plusieurs facteurs le justifient. Selon la Banque mondiale, la réglementation reste prudente, les autorités craignant le surendettement ou la fraude. L’organisation dénonce aussi des modèles économiques privilégiant le dépôt et le paiement, moins risqués que le crédit.

De plus, le rapport révèle que les clients eux-mêmes hésitent à s’endetter via des plateformes peu connues pour le prêt (méfiance, faible culture financière, simulateurs d’éligibilité trop stricts).

Des innovations, mais des limites à surmonter

Si quelques fintech et plateformes mobiles spécialisées élargissent progressivement l’offre (score de crédit alternatif, nano-crédit pour micro-entrepreneurs), le passage à une offre massive de crédit digital inclusif reste à faire. Le rapport précise que les pays comme le Kenya ayant une coopération étroite entre opérateurs mobiles, banques et autorités de régulation sont en avance, mais que l’offre avance ailleurs à petits pas.

L’enjeu est désormais de coupler l’accès à l’épargne digitale à des politiques de littératie financière, de protection des usagers (risques d’arnaque, surendettement) et d’innovation réglementaire pour que l’accès au crédit progresse sans fragiliser les populations déjà vulnérables.

Pour la Banque mondiale, le potentiel du mobile money en Afrique ne sera vraiment libéré que lorsqu’il contribuera autant à l’investissement productif qu’à la sécurisation de l’épargne. Cela implique de renforcer la confiance et la capacité d’analyse des clients sur les offres de crédit digitalisées, d’améliorer l’interopérabilité entre services et institutions et d’adapter l’offre de crédit aux réalités économiques locales, tout en minimisant les risques associés.

Melchior Koba

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Posted On vendredi, 22 août 2025 05:09 Written by

Active dans le crédit financier mobile en Afrique depuis quelques années, Orange franchit une nouvelle étape sur ce segment. L’opérateur se tourne vers une fintech africaine pour mieux servir ses 40 millions d’utilisateurs actifs sur le continent.

Orange a annoncé le lundi 28 juillet un partenariat entre sa division mobile money et la fintech sud-africaine Jumo. Grâce à la technologie de cette dernière, en l’occurrence les outils d’intelligence artificielle et d’analyse des données, l’opérateur télécoms pourra désormais affiner le scoring client, réduire les délais de traitement, automatiser les décisions et adapter les montants proposés au profil de chaque utilisateur.

La technologie de Jumo devrait également permettre d’élargir l’offre de services financiers au-delà des prêts simples, vers des produits plus ciblés pour les petits entrepreneurs, les marchands ou les travailleurs informels. Avec un taux de défaut inférieur à 4%, la fintech sud-africaine assure une gestion du risque maîtrisée tout en améliorant l’expérience utilisateur.

« Cette alliance stratégique permettra le déploiement de divers produits de crédit sur plusieurs marchés en s'appuyant sur différents bailleurs de fonds, créant ainsi un nouveau marché de la microfinance pour les personnes non bancarisées dans les marchés émergents, avec un accent initial sur l'Afrique francophone » peut-on lire dans le communiqué.

Selon l’édition 2024 du rapport de responsabilité sociétale de l’opérateur, 340 000 personnes ont eu recours à ses prêts Tik Tak et plus de 160 milliards d'euros de transactions ont été réalisées via Orange Money. Cette nouvelle initiative vise à renforcer l’impact économique du crédit mobile en favorisant l’accès à des financements utiles, adaptés et responsables. Le service sera d’abord déployé dans plusieurs pays francophones, avant une extension progressive.

« Cette collaboration basée sur les plateformes de paiements mobiles et de transfert d'argent d'Orange Money, offrira aux clients une gamme plus importante de services financiers et permettra à nos partenaires bancaires de se développer sur de nouveaux marchés » a ajouté Andrew Watkins-Ball, le fondateur de Jumo.

Adoni Conrad Quenum

Edité par : Feriol Bewa

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340 000 personnes ont utilisé le service de prêt financier Tik Tak d’Orange en 2024

Posted On mardi, 29 juillet 2025 13:31 Written by

Le Burundi veut mettre les technologies de l’information et de la communication au service du développement socio-économique. Cette intégration touche à plusieurs domaines de la gouvernance publique, dont l’administration fiscale. 

L’Office burundais des recettes (OBR) poursuit ses efforts de modernisation en misant sur le partage d’expériences avec d’autres administrations fiscales du continent. Fin de semaine dernière, l’OBR a organisé deux journées de réflexion et d’échanges avec la National Revenue Authority (NRA) de la Sierra Leone, reconnue pour avoir réussi la digitalisation de son système de collecte des recettes publiques. 

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large : elle fait suite à une mission similaire organisée environ une semaine plus tôt avec la Liberia Revenue Authority (LRA). Pendant deux jours, les experts de la LRA ont échangé avec ceux du projet e-KORI, dédié à la digitalisation des taxes internes au Burundi. L’ensemble du processus libérien de modernisation fiscale a été analysé en détail. L’OBR estime que le Liberia « a su, après une longue période d’instabilité marquée par la guerre civile, mettre en place avec succès une digitalisation efficace de ses mécanismes de collecte des taxes internes ». L’institution indique également avoir engagé des échanges avec le Bénin. 

La stratégie numérique de l’OBR vise à simplifier les démarches fiscales pour les contribuables, automatiser la gestion et la collecte des recettes, et garantir une meilleure fiabilité des données, plus faciles à stocker et à exploiter. À ce jour, l’une des avancées majeures reste le lancement en 2023 d’une plateforme de télédéclaration et de télépaiement. Le site web de l’OBR propose également des services tels que la dénonciation anonyme de faits de corruption, la vérification de validité des documents ou encore l’accès aux informations réglementaires. 

L’administration burundaise travaille actuellement à la mise en place d’un système numérique intégré pour la gestion des taxes internes et des recettes non fiscales. L’appel d’offres pour sa fourniture a été lancé le 5 mai. En parallèle, l’OBR intensifie ses efforts de sensibilisation auprès des contribuables pour l’adoption des machines de facturation électronique. 

Cette vision de transformation numérique est partagée à l’échelle internationale. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) souligne que la transformation numérique des administrations fiscales vise à rendre le paiement de l’impôt plus simple et moins coûteux. « Si le processus est fastidieux, il génère des coûts importants en temps et en argent pour les contribuables. Et à l’échelle de l’économie, cela peut représenter des pertes considérables, tant en productivité qu’en ressources », explique l’organisation. 

Consciente que le numérique n’est qu’un levier parmi d’autres, l’OBR insiste sur la nécessité d’un cadre fiscal clair, évitant les interprétations multiples, d’une meilleure éducation au civisme fiscal, ainsi que d’un suivi renforcé des contribuables, notamment en ce qui concerne l’usage effectif des outils numériques comme les machines de facturation ou les plateformes de messagerie. 

Par ailleurs, il conviendrait de rappeler qu’après la numérisation, les populations auront besoin d’un accès concret au numérique pour bénéficier pleinement des services. L’Union internationale des télécommunications (UIT) estime par exemple que près de 90 % des Namibiens n’utilisaient pas Internet en 2023. Environ 80 % de la population ne possédait pas de téléphones mobiles. 

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 25 juin 2025 06:42 Written by

Déjà bien ancrés dans les usages, les services de mobile money ont transformé le paysage financier malgache. Avec l’e-Ariary, monnaie numérique à cours légal, le pays espère renforcer l’inclusion financière, réduire les coûts liés au cash et franchir un cap dans la modernisation des paiements. 

La Banque centrale de Madagascar a lancé, le vendredi 23 mai, une phase expérimentale de dix mois pour tester l’e-Ariary, la première version numérique officielle de la monnaie nationale. L’objectif est de réduire la dépendance au cash, de limiter les coûts de transaction, d’améliorer la traçabilité des flux financiers et de favoriser l’inclusion financière, en particulier en milieu rural. 

« Nous espérons qu’à l’issue du processus, l’usage des billets sera réduit, car leur gestion coûte très cher à la Banque centrale. Le billet de 100 Ariary (0,022 $), par exemple, ne vaut pas le coût de son impression. De plus, les billets de banque ne durent que six mois, et il faut renouveler chaque fois l'impression de ces billets, et Madagascar n'en imprime pas », a précisé Aivo Andrianarivelo, gouverneur de la Banque centrale de Madagascar. 

L’e-Ariary sera accessible via smartphones, téléphones basiques et supports hors ligne (QR codes, cartes à puce, terminaux). Il pourra être utilisé pour des dépenses du quotidien : paiements marchands, transports, salaires ou transferts sociaux. Son utilisation devrait rester abordable pour tous. 

Ce projet s’inscrit dans une logique de complémentarité avec les instruments existants, comme le mobile money, qui restera actif. En 2023, le pays comptait plus de 10 millions de comptes d’argent mobile, contre environ 3 millions de comptes bancaires. Cette adoption massive a généré près de 342 millions de transactions, pour une valeur totale de 38 161 milliards d’ariary (environ 8,5 milliards USD), confirmant l’essor du digital dans les services financiers. 

La phase pilote permettra de tester la robustesse des infrastructures techniques, la sécurité des transactions, les cas d’usage prioritaires et l’impact socio-économique du dispositif. Plusieurs acteurs sont impliqués : banques commerciales, institutions de microfinance, opérateurs publics comme la Jirama, commerçants de marché, Trésor public et administration fiscale. La sensibilisation des usagers sera une priorité, car elle conditionne l’adoption de l’e-Ariary. 

À terme, l’e-Ariary pourrait ouvrir une nouvelle ère pour les paiements numériques à Madagascar, en jetant les bases d’un écosystème plus inclusif, transparent et interopérable, tout en soutenant les efforts de formalisation de l’économie. 

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 28 mai 2025 07:28 Written by

Avec un taux de bancarisation encore faible, l’Éthiopie mise sur le portefeuille numérique Fayda pour promouvoir l’inclusion financière et proposer des solutions innovantes pour élargir l’accès aux services essentiels. 

L’Éthiopie a officiellement lancé Fayda Wallet, un portefeuille numérique adossé à l’identité biométrique nationale, conçu pour simplifier l’accès aux services financiers et administratifs. Présenté lors de la conférence ID4Africa 2025, qui s’est achevée le vendredi 23 mai à Addis-Abeba, ce portefeuille a été développé par le National ID Program (NIDP) en partenariat avec TECH5 et Visa. 

« Nous sommes ravis de soutenir le lancement du Fayda Wallet, une initiative novatrice qui renforcera considérablement l’inclusion financière et rationalisera les transactions numériques en Éthiopie. Cette collaboration souligne l’engagement de Visa à responsabiliser les communautés grâce à des solutions de paiement numérique innovantes », a déclaré Yared Endale, directeur général de Visa pour l’Afrique de l’Est. 

Le lancement de Fayda Wallet s’inscrit dans le cadre de la stratégie numérique 2025 de l’Éthiopie, qui prévoit d’attribuer une identité numérique à 70 millions de personnes d’ici 2028. Grâce à cette application, les utilisateurs peuvent générer un certificat d’identité numérique sécurisé (VC) à partir du système Fayda ID. Ce certificat, conforme aux principes de l’identité souveraine (SSI), permet une vérification sécurisée, aussi bien en ligne que hors ligne, pour accéder à divers services : paiements, services publics, ouverture de comptes, etc. 

Le portefeuille repose sur des technologies avancées, notamment T5-AirSnap et T5-OmniMatch de TECH5 pour la capture biométrique sans contact et l’appariement, ainsi que KeyShare Wallet pour la gestion sécurisée des identités numériques. Il permet également à ses utilisateurs de bénéficier de services bancaires instantanés, comme l’ouverture de compte via eKYC biométrique et l’obtention d’une carte Visa virtuelle. La Banque coopérative d’Oromia (Coopbank) est la première à avoir intégré cette solution. 

Pour garantir une inclusion numérique élargie, Fayda Wallet propose aussi des portefeuilles accessibles via des agents accrédités, permettant aux citoyens dépourvus de smartphones d’accéder aux services numériques à l’aide de leurs données biométriques, en conformité avec les normes W3C et les cadres eIDAS de l’Union européenne. 

Dans un pays où moins de 47 % des adultes possédaient un compte bancaire en 2022, selon la Banque mondiale, le lancement de Fayda Wallet pourrait transformer l’accès aux services essentiels et renforcer la confiance dans les interactions numériques. 

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 26 mai 2025 10:11 Written by
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