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La cryptomonnaie est au centre des discussions financières mondiales. En Afrique, elle suscite beaucoup de passions. Si plusieurs banques centrales ont interdit toutes activités autour, la réglementation n’étant pas encore adaptée, certains pays gardent l’esprit ouvert.

Changpeng Zhao (photo, à droite), fondateur et PDG de Binance (la plateforme mondiale d’achat, de vente et de stockage de cryptomonnaie), s'est récemment rendu en Côte d'Ivoire et au Sénégal. C’était dans le cadre de sa tournée mondiale pour se connecter et collaborer avec les décideurs politiques, a révélé l’entreprise le jeudi 7 juillet. Lors de son séjour dans les deux pays, Changpeng Zhao, a rencontré les présidents Alassane Dramane Ouattara (photo, à gauche) et Macky Sall.

« Nous avons discuté essentiellement des questions économiques et financières, surtout à l’accès à la cryptomonnaie qui aujourd’hui fait partie des activités économiques des différents pays du monde. Nous comptons sur l’appui et le soutien du gouvernement ivoirien pour nous permettre d’être présents dans les échanges commerciaux à venir », a expliqué Changpeng Zhao. Il a ajouté que « l'Afrique est prête pour l'adoption de la cryptographie, car la blockchain offre une accessibilité financière qui n'est actuellement pas disponible pour de nombreux Africains ».

Le président-directeur général de Binance a aussi annoncé la signature, au cours de la visite de travail à Dakar, d’un partenariat avec JokkoLabs, un espace de collaboration dédié à l’innovation, à la mise en réseau et à la recherche. Binance s’appuiera sur cette coopération pour mener des activités de sensibilisation et d’éducation à la blockchain dans les communautés d'Afrique francophone. Le but est d'accroître l'alphabétisation et les compétences en matière de blockchain.

Depuis l’année dernière, Binance multiplie les actions en Afrique pour mieux préparer le continent aux enjeux et usages de la cryptomonnaie et des actifs crypto. Sa dernière activité, Crypto Académie, un programme mensuel de formation sur la crypto et le trading, a été lancée en mars dernier au Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire et Togo.

Changpeng Zhao est certain qu’avec les différents partenariats qui se tissent en Afrique, il est possible de faire du continent l’un des leaders mondiaux de la cryptomonnaie, d'aider les passionnés à créer des solutions de blockchain et à résoudre des problèmes du monde réel. « Ensemble, nous renforcerons la région en tant que plaque tournante de l'innovation et de l'entrepreneuriat blockchain », a-t-il affirmé. 

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 08 juillet 2022 13:56 Written by

Le nombre d’abonnés aux services financiers sur mobile a progressé en Afrique au cours des dix dernières années. Il avoisine déjà 200 millions selon la GSMA. Le coût des services qui a parfois freiné leur adoption est en train de chuter avec l’arrivée de nouveaux acteurs très ambitieux.

Wave Mobile Money S.A. a obtenu un financement de 90 millions d’euros d’un groupe d’investisseurs menés par la Société financière internationale (SFI). La branche de la Banque mondiale dédiée à l’investissement dans le secteur privé a apporté 25 millions d'euros dans l’opération. Des prêts d’un montant total de 41 millions d’euros ont été mobilisés par Symbiotics, Blue Orchard, responsAbility et Lendable, alors que des prêts parallèles d’une valeur totale de 24 millions d’euros ont été octroyés par Finnfund et Norfund. L’argent servira au développement des activités de l’entreprise au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

Selon la fintech qui a dévoilé l’information le mercredi 6 juillet, « outre le financement des opérations des deux sociétés [Wave Côte d'Ivoire et Wave Sénégal], le soutien de la SFI favorisera la mise en place d'un environnement propice au développement des services de mobile money dans la région grâce à l’offre de service de Wave, caractérisée par une grille tarifaire plus simple et des coûts de transaction réduits. Cela devrait permettre d’accroître la fréquence et la valeur des transactions et favoriser de nouvelles formes d’utilisation, en particulier parmi les clients à faible revenu ».

L’investissement de la SFI dans Wave Mobile Money S.A. intervient après celui de 5 millions $ (4,9 millions d'euros) effectué en septembre 2021 dans Wave Mobile Money Holdings Inc. dans le cadre d’un co-investissement avec Partech Africa.

« La vision de Wave, qui consiste à faire de l’Afrique le premier continent "cashless", en proposant des solutions abordables et orientées vers les utilisateurs, correspond aux ambitions d’IFC en matière d’inclusion financière universelle », a déclaré Coura Sène, la directrice régionale de Wave Mobile Money pour la zone couvrant l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Pour Aliou Maïga, le directeur régional de la SFI pour l'Afrique de l’Ouest et centrale, cet investissement de l’institution et de ses partenaires du jour « va nous aider à offrir une variété de produits financiers, ce qui encouragera les utilisateurs à rester dans le secteur financier formel et favorisera l’inclusion financière dans la région ». 

 

« Notre investissement dans Wave va non seulement promouvoir un secteur financier plus inclusif, mais il va aussi grandement contribuer à favoriser l’essor des solutions numériques en Afrique de l'Ouest », a-t-il souligné. 

Muriel Edjo

Lire aussi : Côte d’Ivoire : pour les agents Mobile Money le modèle économique de Wave « détruit l’activité des prestataires »

Posted On mercredi, 06 juillet 2022 15:29 Written by

Lancé pendant la crise de la Covid-19, le fonds de capital-risque Launch Africa a investi dans plus d’une centaine de start-up à travers le continent. Aujourd’hui, elle fait face à une situation qui n’était pas initialement prévue.

Launch Africa, un fonds de capital-risque axé sur les start-up africaines, a annoncé le mardi 14 juin la clôture de son fonds sur un montant de 36,3 millions $. Les fonds ont principalement été investis dans 108 jeunes pousses business-to-business et business-to-business-to-customer dans près de 21 pays du continent.

George Zachariah, associé directeur de Launch Africa, explique que son entité a fait le choix d’investir dans un plus grand nombre de start-up plutôt que de s’occuper du suivi comme le font les autres capital-risqueurs. « Si nous devions réserver une partie importante de notre fonds pour les suivis comme le font de nombreux autres fonds, nous ne serions pas en mesure de couvrir l'ensemble du continent et de multiples régions et produits ».

Avec plus de 238 investisseurs particuliers et institutionnels originaires de 40 pays, Janade du Plessis, chef du financement chez Launch Africa, a déclaré que « l’équipe travaillait avec les fondateurs et des conseillers experts pour accélérer les opportunités de sortie pour les investisseurs ». Et il poursuit : « la fourniture de notre stratégie de sortie en ces temps difficiles inspire la confiance des investisseurs et apporte des avantages significatifs à l'écosystème technologique africain ».

Il faut noter que plus de 38 % des investissements ont été effectués dans des start-up appartenant au secteur de la fintech, 16 % au commerce électronique et aux places de marché, 13 % aux technologies de la santé, 12 % à la logistique et la mobilité, 11% à l'analyse de données/l’intelligence artificielle (IA) et 7 % à l'edtech.

Adoni Conrad Quenum

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Posted On mercredi, 15 juin 2022 11:10 Written by

Les fintechs prolifèrent sur le continent dans le but d’aider les populations à accéder au financement. La fintech nigériane Indicina, fondée en 2018, attire de nouveaux investisseurs.

La fintech Indicina a annoncé, lundi 6 juin, la réussite d’un tour de table d’un montant de 3 millions $. L’objectif est de permettre aux entreprises spécialisées dans les crédits d’en offrir à grande échelle à leurs clients. L’opération a été menée par le capital-risqueur Target Global avec la participation d’autres start-up nigérianes comme Kuda, Kippa ou encore Edukoya.

Yvonne Johnson (photo), cofondatrice de la société, explique qu’Indicina veut « que les prêteurs soient mieux informés des décisions concernant le crédit afin qu'ils puissent accéder plus rapidement au marché avec leur produit numérique. Nous n'avons donc jamais eu de modèle commercial incluant notre bilan, avec lequel nous avons toujours travaillé avec les prêteurs ».

La fintech, fondée en 2018 par Carlos del Carpio, Jacob Ayokunle, Yemi Ajao, Yvonne Johnson, est également présente au Kenya. Elle propose des solutions technologiques basées sur l’apprentissage automatique pour aider les populations à être éligibles dans les processus d’octroi de crédit. Les entreprises spécialisées dans les crédits peuvent ainsi utiliser leur interface de programmation pour valider les dossiers des prêts de leurs clients et également offrir des sommes plus importantes.

La fintech revendique plus de 100 clients actifs, plus de 3 milliards de nairas (7,2 millions $) de prêts traités et plus de 700 millions de nairas de prêts décaissés. Depuis son lancement en 2018, Indicina a levé au total 7,2 millions $ pour améliorer sa technologie et attirer des talents.

Adoni Conrad Quenum

Lire aussi :  La Camerounaise Nelly Chatue-Diop facilite l’investissement dans la cryptomonnaie à l’Afrique francophone avec Ejara

Posted On mardi, 07 juin 2022 14:29 Written by

En avril 2021, la fintech Paymob a réussi à lever 18,5 millions $ pour soutenir sa croissance dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA). Un an plus tard, elle attire d’autres investisseurs et veut s’étendre au-delà.

Paymob, une fintech égyptienne spécialisée dans les services de paiements, a annoncé le lundi 9 mai la réussite d’un tour de table d’un montant de 50 millions $. L’objectif est de développer ses activités en Afrique et en Asie. Des investisseurs comme Kora Capital et Paypal Ventures se sont lancés dans l’aventure.

La fintech, fondée en 2015 par Islam Shawky (photo, au centre), Alain El Hajj (photo, à droite) et Mostafa Menessy (photo, à gauche), intègre plusieurs solutions de paiements en ligne comme les cartes bancaires, les portefeuilles mobiles, les paiements QR, les prélèvements par cartes bancaires ou encore les options de paiement BNPL (Buy Now Pay Later).

Selon Islam Shawky, président-directeur général de la jeune pousse, « Notre mission est que nous voulons aider les commerçants à se développer […] Ainsi, ensemble, nous offrons aux commerçants, qu'il s'agisse d'une petite et moyenne entreprise ou d'une marque internationale, la possibilité d'accepter tous ces modes de paiement et ainsi d'améliorer la probabilité des achats et, espérons-le, de faire croître les revenus ».

Paymob revendique aujourd’hui plus de 100 000 marchands en Égypte et dans le monde. Elle veut atteindre le million de marchands d’ici les deux prochaines années, et pour cela, elle a lancé en partenariat avec Mastercard une solution de paiement sans contact appelée « Tap-on-phone ». Grâce à une application mise au point par la fintech, les commerçants pourront transformer leurs smartphones en un point de vente. Les smartphones doivent néanmoins être équipés de la technologie NFC (Near Field Communication) qui permet entre autres d’autoriser le paiement sans contact.

Selon Ashish Aggarwal, directeur du co-investisseur principal PayPal Ventures, « Paymob partage notre mission et notre ambition de faire progresser l'adoption des paiements numériques ; il a fait des progrès impressionnants pour soutenir la croissance et le succès des petites et moyennes entreprises mal desservies ».

Adoni Conrad Quenum

Lire aussi : EdTech malgache Sayna lève 600 000 $ pour développer ses activités en Afrique 

 

 

 

 

 

 

Le Nouveau Gabon 

Posted On mardi, 10 mai 2022 13:16 Written by

L’accès aux soins de santé est un problème majeur sur le continent. Pour diverses raisons, les populations ont du mal à accéder aux soins et la prolifération des solutions d’e-santé ne change pas la donne avec des raisons d’ordre financière.

L’insurtech Turaco a annoncé, jeudi 28 avril, la signature d’un partenariat avec la fintech Power Financial Wellness (PFW). L’objectif est de permettre à davantage de personnes sur le continent d’accéder à une assurance maladie à partir de 2 $ par mois. Les clients de la fintech peuvent ainsi s’inscrire en un clic après l’intégration de l’interface de programmation de Turaco aux supports digitaux de PFW.

PFW est une start-up de technologie financière qui propose à ses clients des services de paiements, de prêts et dorénavant d’assurance. Elle aide à économiser en fonction des objectifs préalablement définis et contribue à la gestion fiscale de vos activités. Présente en Ouganda, au Kenya, au Nigeria et aux États-Unis, Turaco est spécialisée dans le règlement des sinistres. Elle vise les personnes à faible revenu en proposant des forfaits à petits prix.

Brian Dempsey, président-directeur général de PFW, explique que son entreprise « se consacre à fournir un marché de services financiers aux travailleurs à travers l'Afrique. Avec Turaco, elle a désormais un partenaire qui aide à digitaliser des offres d'assurance sur mesure. Grâce à la capacité de Power à financer les primes et à collecter les fonds auprès des travailleurs, ce partenariat contribuera à étendre la fourniture d'une assurance abordable aux travailleurs au Kenya et au-delà ».

Certains pays africains disposent d’un régime national d'assurance maladie, mais il couvre une minorité de la population. Selon l’Organisation mondiale de la santé, alors qu’au Rwanda 91 % de la population est couverte par le régime national d’assurance maladie, 33 % l'est au Ghana et seulement 3 % au Nigeria.

Outre l’assurance maladie, les clients de PFW ont accès à d’autres produits d’assurance de l’insurtech. Entre autres, on peut citer l'assurance vie sur crédit (protection des emprunteurs et de leurs familles contre les difficultés de remboursement en cas de décès), d'invalidité, de vol pendant la durée du prêt ou encore une assurance complète avec remboursement des dépenses médicales en hospitalisation et en ambulatoire.

Adoni Conrad Quenum

Lire aussi :  Nigeria : Klump, une solution de paiement différé pour les particuliers et les entreprises

 

 

 

 

 

 

 

Le Nouveau Gabon

Posted On mardi, 10 mai 2022 11:08 Written by

L’entreprise de paiement en ligne a réussi son entrée dans un quatrième marché africain, cinq années après son lancement. Son ambition demeure l’accessibilité d’un plus grand nombre de personnes aux paiements digitaux.

Paydunya, la start-up basée au Sénégal et spécialisée dans le paiement en ligne, vient de démarrer ses activités au Togo. 

Déjà présent dans le pays de la Téranga, la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Burkina, PayDunya débarque au Togo avec pour ambition de «rendre accessibles les paiements digitaux, peu importe le moyen de paiement utilisé, peu importe la zone et la région et peu importe le secteur d’activité, qu’il soit public ou privé».

L'agrégateur de moyens de paiements soutient vouloir apporter une «vraie valeur ajoutée» avec des solutions sécurisées de collecte et de déboursement de paiement via le mobile money (T-money, Flooz) et les cartes bancaires. 

«Nous souhaitons faciliter l'accès aux paiements digitaux à toutes les entreprises peu importe leur taille ou leur secteur d’activité et de ce fait, participer et apporter notre contribution au vaste projet d’inclusion financière du Togo», a confié à We are Tech, Aziz Yérima, CEO de la FinTech. « Notre lancement au Togo est une réponse aux besoins de nos clients», destinée à «leur fournir des solutions de paiements accessibles», a-t-il souligné. 

Un écosystème fintech en pleine croissance

Avec son arrivée sur le marché togolais, Paydunya rejoint un écosystème fintech en pleine croissance qui a accueilli ces dernières années, de jeunes «prometteuses» pousses telles que CinetPay ou Semoa et bientôt Gozem, la super App jusque-là spécialisée dans l’e-transport et l’e-logistique.

Paydunya qui a atteint 65 000 transactions par jour en 2021, entend profiter de cet environnement togolais favorable à la digitalisation et à l’inclusion financière. Selon des statistiques de la Bceao, plus de 72% de la population togolaise disposent tout au moins d’un compte dans une institution financière ou d’un compte Mobile Money. 

Alors que la croissance des usages liés au Mobile Money s’accélère depuis 2016, année de son adoption, de plus en plus de Fintech lorgnent la destination togolaise pour prendre des parts de marché. C’est ainsi que Wave, une solution de Mobile money - que Paydunya intègre à sa gamme de solutions - a annoncé son objectif de s’implanter à Lomé. Si l’arrivée de la licorne américaine dont la base opérationnelle est à Dakar, secoue les cocotiers dans les sérails des opérateurs de Mobile Money (Moov et Togocel) en raison de sa structure de frais jugés compétitifs, les agrégateurs tels que Paydunya pourraient sortir les plus grands gagnants dans ce qui sonne comme un rebattement des cartes et une marche à grandes enjambées vers le tout-digital.

Né sur les bancs 

Pour rappel, l’idée de Paydunya a germé dès 2014 sur les bancs de l'École Supérieure Multinationale des Télécommunications (ESMT). La fintech sera lancée en 2015 par Aziz Yerima, Youma Fall, Honoré Hounwanou, et Christian Palouki, tous de jeunes étudiants de l’ESMT venus du Bénin, de Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Togo. 

En 2021, près de 7 ans après son lancement, la fintech revendique avoir traité plus de 15 millions de transactions évaluées à 110 milliards FCFA. Sa base clientèle est estimée à plus de 1200 clients B2B.

Fiacre E. Kakpo

Lire aussi : Comment les fintech améliorent l’inclusion financière en Afrique

Posted On mercredi, 02 mars 2022 15:40 Written by

Le paiement par mobile a été lancé au Cameroun en 2011. Des millions d’utilisateurs ont été conquis au fil des ans. Certaines banques l’ont perçu comme un moyen de séduire de nouveaux clients plus jeunes et y ont investi. A perte parfois, dans un segment où les opérateurs télécoms demeurent leaders.

Dans un message adressé à l’ensemble de ses collaborateurs le mardi 1er mars 2022, Nicolas Pichou, le directeur général de la filiale camerounaise du groupe bancaire français Société Générale, annonce la fin de l’aventure YUP. Il s’agit du service de mobile money lancé par le groupe bancaire dès l’année 2017, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, au Cameroun, en Guinée, au Ghana et à Madagascar.

« [...] il y a 5 ans, la Business Unit AFMO [Afrique et Moyen-Orient, Ndlr], soucieuse de promouvoir l’inclusion financière, de faciliter l’accès à des moyens transactionnels et financiers innovants, en dématérialisant notamment les flux de paiement des entreprises, lançait un service de monnaie électronique et créait une entité dédiée YUP. Malgré tous les efforts consentis par les équipes YUP, dans les 7 géographies concernées, dont le Cameroun, pour développer nos parts de marchés et améliorer l’expérience, le service n’a pas réussi à créer un modèle viable et les perspectives de marché ne nous permettent pas d’envisager son maintien. Face à cette situation, le groupe Société Générale, en concertation avec l’ensemble des filiales locales de Société Générale, a pris la difficile décision d’arrêter toutes les activités de YUP dans l’ensemble des géographies où elle s’était déployée », a expliqué le DG de Société Générale Cameroun à ses collaborateurs.

En d’autres termes, en dépit des moyens déployés depuis 5 ans pour capter des parts du marché pourtant très dynamique du mobile money au Cameroun, l’offre YUP s’est avérée non rentable pour Société Générale. La faute à la suprématie incontestée des deux principaux opérateurs de mobile du pays sur ce marché, à savoir MTN et Orange. Arrivés sur le marché du mobile money pratiquement 10 ans avant YUP, ces opérateurs ont eu le temps d’effectuer un maillage du territoire, qui laisse peu de place aux nouveaux arrivants.

Plus de 19 millions de comptes au Cameroun

Cette prédominance est telle que, lors de la célébration des 10 ans de son service Orange Money en juillet 2021, Orange Cameroun revendiquait à lui tout seul 70 % de parts de marché du mobile money, avec des transactions cumulées mensuelles d’un montant de 800 milliards FCFA (1,4 milliard USD) sur l'année. « Quand je dis valeurs cumulées de transactions, ce sont les dépôts et les retraits, les transferts d’argent, les paiements de factures, de salaires, et tout ce qui est paiement marchand, etc. Nous faisons environ 3 millions de transactions par jour », avait à cette occasion précisé Emmanuel Tassembedo, directeur d’Orange Money Cameroun.

Chez MTN, où cette large domination du marché revendiquée par Orange est prise avec beaucoup de pincettes, les responsables rappellent plutôt que MTN Mobile Money c’était 5,6 millions de clients actifs au 2e trimestre 2021, au moins 168 000 points de présence à travers le pays, à savoir 108 000 points marchands et 60 000 points de distribution. MTN Mobile Money et Orange Money c’est aussi des services innovants tels que la souscription à une police d’assurance, ou encore le paiement des impôts et taxes via le téléphone portable, canal par lequel le fisc camerounais a encaissé des paiements de près de 10 milliards FCFA en 2021, selon le ministère des Finances.   

Pour rappel, le Cameroun est le leader du mobile money dans la zone Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, RCA et Guinée équatoriale). Selon les données de la Beac, la Banque centrale des six pays de cet espace communautaire, en 2020, le Cameroun comptait à lui tout seul 19,1 millions de comptes mobiles money, soit 64,8 % des 30,1 millions de comptes recensés dans la Cemac au cours de la période. « En termes de nombre de transactions, les prestataires de service de paiement au Cameroun réalisent 73,13 % des transactions de la communauté », révèle le rapport de la Beac sur le marché du mobile money dans l’espace Cemac en 2020.

Brice R. Mbodiam

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Posted On mercredi, 02 mars 2022 15:12 Written by

Au cours des cinq dernières années, le Mobile Money a gagné en valeur en Afrique. Aujourd’hui, il y est devenu le plus grand outil de paiement. Son interopérabilité à l’échelle du continent a la capacité de libérer davantage le potentiel du commerce intra-africain.

La fintech MFS Africa, passerelle de paiement numérique, a annoncé le mercredi 16 février son intégration au Système de paiement et de règlement panafricain (PAPSS) de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) lancée en janvier 2021. Ce partenariat permettra aux 320 millions de clients Mobile Money que compte MSF Africa dans 35 pays du continent d’effectuer ou de recevoir plus aisément des paiements marchands dans les marchés des 54 Etats qui ont rejoint la zone de libre-échange continentale.

Dare Okoudjou (photo), fondateur et président-directeur général de MFS Africa, justifie la décision de rejoindre le PAPSS par la volonté d’enrichir davantage cette solution panafricaine qui « permet aux petites et moyennes entreprises (PME), aux entrepreneurs et aux commerçants d’accéder plus facilement aux services de paiement formels qui les aideront à développer leurs activités ».

Dans son rapport « State of the Industry Report on Mobile Money 2021 », l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA) indique que l’Afrique a une fois de plus occupé la place de  championne dans le paiement mobile avec 490 milliards $ échangés sur le continent contre 767 milliards $ dans le monde. Le nombre de comptes Mobile Money était de 548 millions sur le continent contre 1,2 milliard dans le monde.

Selon Mike Ogbalu III, le directeur général du PAPSS, « l’Afrique est le leader mondial des services d’argent mobile […] Cela démontre à quel point les services d’argent mobile jouent un rôle clé dans la croissance économique du continent et facilitent l’inclusion financière ». 

Adoni Conrad Quenum

Lire aussi : Avec PAPSS développé par Afreximbank, les Africains peuvent désormais payer en monnaie locale partout sur le continent ...

Posted On lundi, 21 février 2022 14:01 Written by

Au Nigeria, le concept de service d’assurance 100 % digital proposé par la firme Casava a séduit plus d’un investisseur, lui permettant de mobiliser 4 millions $. Des opportunités existent, mais il reste à savoir comment sera déployé le capital obtenu.

Casava, une société présentée comme la toute première à offrir des services d'assurance 100 % digitaux au Nigeria, est la bénéficiaire d'un financement de 4 millions $ destiné à lui permettre de développer son activité. « Notre mission est de fournir une assurance abordable aux Nigérians et aux autres Africains, et nous sommes heureux d'avoir levé ces fonds auprès d'un groupe d'investisseurs passionnés », a déclaré Bode Pedro (photo), fondateur et PDG de l'entreprise.

Ce sont les premiers fonds que reçoit Casava depuis sa fondation en 2016 et le volume marque l'intérêt des investisseurs pour les services d'assurance associés aux technologies numériques. L'entreprise tire avantage des économies de charges qu'offre le digital, en permettant à ses clients potentiels ou confirmés de souscrire à des primes d'assurance de travail ou de maladie, directement via son site internet, une application mobile ou par un processus sur WhatsApp.

« L'équipe de Casava a développé un produit unique et perturbateur qui, selon nous, a le potentiel de transformer le marché de l'assurance en Afrique. Nous avons confiance en l'équipe de Casava qui a tout ce qu'il faut pour devenir des leaders dans ce domaine », a fait savoir Avi Eyal, associé général chez Entrée Capital, une des entreprises de capital risque qui a apporté sa contribution à la levée des fonds.

Dans les segments de couverture de risque sur lesquels intervient Casava, il existe une opportunité en termes de digitalisation de services, du fait que de nombreux travailleurs sont souvent en situation de sous-emplois, et ne bénéficient d'aucune protection contre les risques d'interruption des activités et donc de chômage technique, et les risques de maladie. Selon le Bureau national des statistiques du Nigeria, 20 % de travailleurs ont perdu leur emploi du fait de la Covid-19 et plusieurs d'entre eux dans de petits métiers n'ont pas obtenu de compensation.

La question est désormais de savoir sur quel type de technologie investira Casava. La digitalisation des services d'assurance au Nigeria n'est pas une nouveauté et continue de connaître une certaine évolution. La taille potentielle du marché en termes de nombre d'abonnés  (95 % des 33 % d'abonnées aux réseaux sociaux) est une opportunité, mais les solutions technologiques devront aller au-delà des questions techniques et faire face à des défis de fonds comme le manque de confiance entre assureurs et assurés, la facilité des paiements de primes, mais aussi les remboursements en cas de réalisation des sinistres. Autant de questions qu'il faudra suivre.

Posted On jeudi, 03 février 2022 13:34 Written by
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