Dans un contexte numérique où l’accès aux services financiers reste fortement dépendant de la connectivité, il propose une approche technologique qui contourne cette contrainte. Il ouvre de nouvelles perspectives pour des millions d’utilisateurs confrontés à des réseaux instables.
David Masoperh (photo) est informaticien et entrepreneur ghanéen installé au Rwanda. Il est cofondateur et chef de produit de Pebla, une application qui permet de gérer et d’envoyer de l’argent, y compris sans connexion Internet, en réunissant plusieurs services financiers au sein d’une même plateforme.
Fondée en 2020 par David Masoperh et Jerry Auvagha, Pebla est une application de services financiers conçue pour les économies émergentes, en particulier en Afrique de l’Est. Elle centralise différents services, tels que les paiements et les transferts, dans une interface unique afin d’éviter aux utilisateurs de multiplier les codes et les applications.
Pebla permet d’effectuer des paiements et des transactions hors ligne, notamment via un simple menu accessible depuis un téléphone mobile, sans nécessiter de connexion Internet permanente. Les utilisateurs peuvent envoyer et recevoir de l’argent, effectuer des opérations et suivre leurs transactions en quelques étapes simples.
L’application facilite également le partage de dépenses, en permettant de diviser une facture entre plusieurs personnes, chacune réglant sa part directement depuis son téléphone. Elle offre par ailleurs la possibilité d’envoyer des demandes d’argent et d’y répondre rapidement, simplifiant ainsi les remboursements entre amis, collègues ou proches.
Pebla s’adresse aux particuliers à la recherche d’une solution simple pour payer, partager des dépenses et envoyer de l’argent sans dépendre de la qualité du réseau. Elle cible aussi les utilisateurs peu à l’aise avec des outils complexes, en misant sur une interface claire et des parcours d’utilisation réduits au minimum.
Sur le plan académique, David Masoperh est diplômé de l’African Leadership University au Rwanda, où il a obtenu un bachelor en informatique. Il est aussi titulaire d’un master en technologies de l’information délivré par la Carnegie Mellon University, aux États‑Unis.
Sa carrière professionnelle débute en 2017 au Ghana par un stage en management de projet chez theSOFTtribe, une entreprise informatique. Deux ans plus tard, il effectue un stage en gestion des risques et conformité au sein du groupe financier Absa Group. En 2021, il rejoint KudiGo, une entreprise technologique spécialisée dans la gestion du commerce de détail, où il travaille pendant trois mois comme stagiaire chef de produit et spécialiste des ventes.
En 2022, David Masoperh devient chef de produit chez Upskiller, une start‑up anglaise d’edtech centrée sur l’humain et s’appuyant sur l’intelligence artificielle. L’année suivante, il occupe le même poste chez Ladder, une start‑up technologique ghanéenne qui propose une expérience intégrée de gestion des finances personnelles.
Melchior Koba
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Il repense l’argent numérique en le rendant accessible depuis une seule application. Son innovation change la manière de payer, d’épargner et de transférer des fonds.
Eseoghene Benjamin Onomor (photo) est un entrepreneur nigérian basé à Lagos. Il est cofondateur et directeur général de Roqqu, une plateforme en ligne conçue pour aider les particuliers et les entreprises à mieux gérer leur argent.
Fondée en 2022, Roqqu ambitionne d’élargir l’accès à la liberté financière en simplifiant les opérations courantes. La plateforme permet d’effectuer des transactions rapides et accessibles depuis un téléphone ou un ordinateur, en intégrant l’usage des monnaies numériques comme moyen de paiement et d’épargne au quotidien. Elle réunit, au sein d’un même outil, la gestion de fonds, l’envoi d’argent et l’achat de monnaies numériques.
Roqqu fonctionne principalement via une application mobile disponible sur les principaux stores. Celle‑ci centralise l’argent et les actifs numériques de l’utilisateur dans une interface unique, claire et intuitive, pensée pour des profils non spécialistes. L’achat ou la vente de monnaies numériques se fait en indiquant simplement le montant souhaité et la devise locale, sans nécessiter de connaissances approfondies des mécanismes de marché.
La plateforme permet également d’envoyer et de recevoir de l’argent, y compris à l’international, facilitant ainsi le soutien à des proches ou le règlement de partenaires situés dans d’autres pays.
Parallèlement à Roqqu, Eseoghene Benjamin Onomor est directeur général d’EN1 Technologies, une entreprise technologique active dans l’industrie automobile en Afrique. Il est diplômé de l’Université de Port Harcourt, où il a obtenu en 2015 un bachelor en ingénierie électrique et électronique. En 2024, il a obtenu un diplôme en finance à la London Business School.
Avant de se consacrer pleinement à l’entrepreneuriat, il a travaillé de 2014 à 2022 chez IONS TECH, une entreprise technologique nigériane, où il a occupé les fonctions de directeur des opérations et de développeur principal en interface utilisateur.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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En s’appuyant sur la finance mobile, il propose une alternative aux circuits traditionnels pour les échanges numériques. Une orientation qui répond à des contraintes concrètes du marché africain.
Edouard Kougblenou (photo) est un entrepreneur béninois spécialisé dans la finance numérique. Il est directeur général d’Izichange, une entreprise qu’il a cofondée avec Marius Okouin, qui en assure la direction des opérations.
Fondée en 2018, Izichange est une plateforme numérique conçue comme une passerelle entre les comptes de mobile money et différentes formes de monnaies numériques, notamment les cryptomonnaies et certains soldes en ligne. Son objectif est de permettre aux utilisateurs d’acheter et de vendre des actifs numériques sans recourir aux circuits bancaires traditionnels.
Concrètement, la plateforme permet d’acheter des monnaies numériques et des cryptomonnaies à partir de comptes mobile money, puis de revendre ces actifs et de recevoir les fonds sur un compte mobile money dans une devise locale. Izichange centralise également plusieurs moyens de paiement sur une seule interface, notamment les services de mobile money et les cartes bancaires comme Visa.
Se positionnant comme une plateforme panafricaine, Izichange est présente dans plus de douze pays et revendique plus de 600 000 utilisateurs. Le service s’adresse principalement aux particuliers, aux investisseurs en cryptomonnaies, aux traders ainsi qu’aux e‑commerçants qui perçoivent des paiements depuis l’étranger. La plateforme propose par ailleurs une application mobile dédiée, facilitant l’achat et la vente de plus de 17 cryptomonnaies.
La start‑up a été distinguée à plusieurs reprises pour ses performances. En 2021, elle a été élue meilleure entreprise digitale lors des DSI Awards. L’année suivante, elle a reçu le prix « Best Leader » décerné par PayDunya, puis a été classée parmi le « Top 20 Performer » par InTouch. Toujours en 2022, Izichange a été désignée meilleure entreprise dans la catégorie Blockchain et Crypto au Next Fintech Forum d’Abidjan.
En parallèle de ses activités entrepreneuriales, Edouard Kougblenou siège au conseil d’administration de Youth Sport Education, une association béninoise qui utilise le sport et l’éducation comme leviers de développement pour la jeunesse et pour l’Afrique. Il est diplômé de l’Université d’Abomey‑Calavi, où il a obtenu en 2017 un master en logistique, gestion des matériaux et gestion de la chaîne d’approvisionnement.
Avant de se lancer dans l’entrepreneuriat, il a travaillé de 2011 à 2019 comme assistant aux opérations chez A.P. Moller – Maersk au Bénin, une entreprise internationale spécialisée dans le transport et la logistique.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Après plusieurs années de travail dans des banques au Nigeria, elle se lance dans l’entrepreneuriat. Elle veut rendre la banque et les paiements en ligne accessibles à tous.
Onyinye Olisah (photo) est une entrepreneure nigériane, fondatrice et directrice générale de OnUs Financial Services. Cette entreprise de services financiers numériques aide les entreprises africaines à encaisser des paiements en ligne de manière simple et sécurisée, quel que soit le pays d’origine des clients.
Fondée en 2022, OnUs Financial Services se positionne comme un levier de croissance pour les organisations africaines modernes. Elle leur propose une solution intégrée pour recevoir, traiter et gérer les paiements. L’entreprise développe principalement deux produits, PayOnus et BankOnus, qui offrent des services de paiement et de banque numérique aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises.
PayOnus est une plateforme de paiement web et mobile conçue pour les entreprises. Elle permet d’effectuer des transactions en ligne de manière rapide et sécurisée. La solution couvre plusieurs usages, notamment les achats en ligne, les transferts d’argent entre particuliers et la gestion des abonnements, avec une promesse de fiabilité et de protection des données.
BankOnus s’adresse aux particuliers. La plateforme se présente comme un compagnon financier complet. Elle ne se limite pas aux fonctions d’une banque numérique classique, mais permet également aux utilisateurs de gérer leurs finances au quotidien, d’accéder à divers services bancaires et d’exécuter certaines opérations pour le compte d’autres organismes.
Onyinye Olisah est diplômée de l’Université du Nigeria à Nsukka, où elle a obtenu en 2004 une licence en langue et littérature anglaise. Elle est aussi titulaire d’un master en administration publique et internationale, décroché en 2021 à l’Université de Lagos.
Elle commence sa carrière professionnelle en 2007 à l’Intercontinental Bank en tant que caissière, avant d’y occuper des postes de responsable des relations clients et de responsable du service clientèle. En 2010, elle rejoint Serengeti Communications en qualité de directrice. Deux ans plus tard, elle intègre Standard Chartered Bank comme responsable des relations bancaires.
En 2016, elle a été nommée directrice de succursale de ProvidusBank à Lagos. L’année suivante, elle rejoint Interswitch Group, une entreprise fintech, où elle occupe successivement les fonctions de responsable des ventes, de cheffe d’équipe régionale, puis de responsable du groupe de gestion des services. Entre 2022 et 2024, elle poursuit son parcours dans la fintech Bud Africa, où elle travaille en tant que vice-présidente des ventes.
Melchior Koba
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Nigeria : Clea permet aux entreprises de payer leurs fournisseurs internationaux
Dans un contexte où les entreprises africaines font encore face à des obstacles pour régler leurs fournisseurs étrangers, Clea se positionne comme une solution de paiement transfrontalier simplifiée destinée aux importateurs.
Clea est une solution fintech développée par une jeune pousse nigériane. Elle permet aux entreprises de payer leurs fournisseurs internationaux, directement et de manière transparente, sans les délais et coûts typiques des circuits bancaires traditionnels. La start-up a été fondée en 2024 par Sheriff Adedokun (photo).
« Nous simplifions les paiements internationaux pour les importateurs, les exportateurs et les prestataires logistiques, en proposant des transactions rapides, conformes et rentables aux fournisseurs mondiaux. Notre mission est de dynamiser le commerce africain grâce à une infrastructure financière moderne, en éliminant les frictions liées au change, au règlement et à la conformité », a indiqué la start-up.
La solution dispose d’une application mobile accessible sur iOS et sur Android. Elle se présente comme un intermédiaire financier technologique, reliant les entreprises africaines à leurs fournisseurs à l’étranger en facilitant les transferts de fonds en devises telles que le dollar américain.
Grâce à son système, les utilisateurs peuvent alimenter un portefeuille numérique, effectuer un virement international en quelques étapes et profiter de taux de change compétitifs. L’expérience utilisateur est pensée pour être fluide : l’inscription et la vérification se font une seule fois, puis les entreprises peuvent initier des paiements rapidement selon leurs besoins opérationnels.
À l’heure où l’intégration économique intra-africaine se renforce, notamment avec les initiatives comme la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), des solutions comme Clea apportent une réponse concrète à l’un des points de friction majeurs du commerce international pour les PME et les importateurs : le paiement sûr, rapide et économique des transactions internationales. En s’insérant dans l’écosystème des fintech africaines, elle contribue à fluidifier les échanges commerciaux, à réduire les coûts opérationnels des entreprises et à renforcer leur compétitivité sur le marché global.
Adoni Conrad Quenum
Edité par M.F. Vahid Codjia
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Dans un pays où une large partie de la population reste éloignée des circuits bancaires classiques, les autorités guinéennes misent sur le numérique pour rapprocher l’administration des citoyens.
La Guinée a lancé, le lundi 22 décembre à Conakry, Trésor Pay, une plateforme numérique destinée à dématérialiser le paiement des redevances et frais administratifs dus à l’État. À travers cet outil, les autorités guinéennes entendent améliorer la mobilisation des recettes publiques tout en réduisant les frictions administratives pour les usagers.
Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Mourana Soumah, Trésor Pay répond à une instruction présidentielle visant à améliorer l’accès des citoyens aux services publics et à renforcer la mobilisation des recettes internes. La plateforme doit notamment réduire les files d’attente, les déplacements coûteux et les pratiques informelles, tout en garantissant une meilleure traçabilité des paiements. Pour l’État, l’objectif est double : accélérer la disponibilité des fonds et limiter les risques de fraude dans la chaîne de collecte.
Sur le plan opérationnel, Trésor Pay permet aux usagers de régler, via leur téléphone mobile, les redevances et frais administratifs perçus par le Trésor public. La plateforme s’appuie sur les services de monnaie électronique et fonctionne parallèlement au circuit classique de paiement. Elle intègre un dispositif d’assistance, avec notamment un centre d’appel dédié, afin d’accompagner les utilisateurs dans leurs démarches et d’assurer la continuité du service.
Le déploiement de Trésor Pay intervient dans un contexte où l’inclusion financière reste limitée en Guinée, avec un taux estimé autour de 30 %, tandis que l’usage du mobile money progresse rapidement. Dans ce cadre, la digitalisation des paiements publics apparaît comme un outil pour élargir l’accès aux services administratifs, en particulier pour les populations éloignées des centres urbains et du système bancaire traditionnel. La réforme s’inscrit plus largement dans les efforts engagés par les autorités pour moderniser les finances publiques et renforcer la gouvernance économique.
À terme, Trésor Pay pourrait contribuer à améliorer la collecte des recettes non fiscales, à réduire les délais d’encaissement et à limiter les risques de fraude. L’outil ouvre également la voie à une extension vers d’autres usages, notamment les paiements de masse ou certains instruments financiers publics dématérialisés. Pour la Guinée, l’enjeu est désormais de transformer cette plateforme en un dispositif pleinement opérationnel, capable de soutenir durablement l’efficacité budgétaire et la transparence de l’action publique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
L’Afrique observe un mouvement croissant vers les paiements instantanés, avec plusieurs pays qui déploient des plateformes numériques pour moderniser leurs systèmes financiers. La Guinée s’inscrit dans cette tendance pour sécuriser et accélérer les transactions, tout en favorisant l’inclusion financière.
La Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) a lancé, jeudi 18 décembre, les travaux de mise en œuvre du système de paiement instantané (SPI), une infrastructure numérique conçue pour révolutionner les modes de paiement dans le pays. Présenté comme un projet structurant, le SPI est attendu comme un catalyseur de digitalisation des transactions et un outil d’inclusion financière.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le premier vice‑gouverneur de la BCRG, Mohamed Lamine Conté, a souligné que ce projet est le fruit d’un processus consultatif associant banques, établissements de monnaie électronique, institutions de microfinance et fintechs. Pour lui, le SPI permettra à chaque usager guinéen d’envoyer ou de recevoir des fonds en temps réel, à toute heure et sans contrainte géographique. Cette rapidité accrue devrait compenser les lenteurs des systèmes traditionnels tout en facilitant tant les paiements marchands que les transferts personnels, améliorant ainsi l’expérience utilisateur.
Sur le plan technique, la BCRG a opté pour une infrastructure publique, ouverte et interopérable, reposant sur la technologie Mojaloop. Ce choix stratégique est destiné à éviter une dépendance technologique excessive, à encourager l’innovation locale et à favoriser la concurrence entre les différents prestataires de services financiers. Avec cette architecture, les transferts d’argent pourront s’effectuer en temps réel entre comptes bancaires, portefeuilles mobiles et autres instruments de paiement, posant les bases d’un écosystème financier intégré et dynamique.
L’intérêt de ce projet est d’autant plus marqué que la Guinée fait face à des défis persistants en matière d’inclusion financière. Selon les données les plus récentes de la BCRG, seulement 23 % des adultes possèdent un compte dans une institution financière, contre 7 % une décennie plus tôt. Ce taux demeure inférieur à la moyenne régionale en Afrique subsaharienne, malgré une progression notable de l’usage des services numériques.
Dans ce contexte, les services de mobile money gagnent du terrain et sont de plus en plus utilisés pour des transactions quotidiennes. Les transactions via mobile money ont augmenté de 8,6 %, passant de 43 077 milliards de francs guinéens (4,9 millions USD) au trimestre précédent à 46 795 milliards au deuxième trimestre 2024, illustrant un engouement croissant pour les solutions numériques comme alternative au système bancaire classique.
Au‑delà des frontières nationales, le lancement du SPI s’inscrit dans une dynamique régionale forte, alors que les systèmes de paiement instantané se multiplient en Afrique et traitent chaque année des dizaines de milliards de transactions. Des plateformes transfrontalières comme le PAPSS (Pan‑African Payment and Settlement System) de la CEDEAO montrent l’intérêt de disposer d’infrastructures nationales robustes, capables de s’interfacer avec les mécanismes régionaux et de faciliter l’intégration économique du continent.
Si le calendrier opérationnel du SPI reste à préciser, ses bénéfices attendus sont considérables. En réduisant l’usage du cash et en facilitant des transactions instantanées sécurisées, il devrait améliorer la circulation des flux financiers pour les citoyens, les entreprises et l’État. En outre, une interopérabilité effective des systèmes pourra non seulement diminuer les coûts de transaction, mais aussi renforcer la transparence et la confiance dans le système financier formel.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La plateforme Stealth Money déploie au Nigeria un service de conservation autonome de Bitcoin, présenté comme une première sur le continent. Les utilisateurs peuvent acheter en nairas un portefeuille matériel livré partout dans le pays, puis bénéficier d’un accompagnement personnalisé pour sécuriser leurs avoirs hors des plateformes d’échange jugées vulnérables, renforçant ainsi leur souveraineté financière sur leurs actifs numériques.
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Son initiative répond à un frein majeur qui limite encore l’adoption des paiements numériques sur le continent. Il permet aux commerçants d’accéder à une nouvelle catégorie de transactions tout en préservant la stabilité de leurs opérations.
Daniel Katz (photo) est un entrepreneur sud‑africain, cofondateur et directeur général d’Ezeebit. La start‑up permet aux commerçants africains d’accepter des paiements en cryptomonnaies tout en recevant un règlement en monnaie locale, sans exposition à la volatilité des actifs numériques.
Fondée en 2022, Ezeebit vise à rendre les paiements en cryptomonnaies aussi simples et sûrs que les transactions classiques. L’entreprise veut créer de nouveaux leviers de croissance pour les marchands en leur donnant accès à des clients qui choisissent de payer en actifs numériques, tout en maintenant un règlement stable en devise locale.
La solution permet aux clients de payer avec un large éventail de cryptomonnaies, tandis que les commerçants reçoivent un règlement en rand sud‑africain (ZAR). Pour éliminer le risque de fluctuation des cours, la cryptomonnaie payée est automatiquement convertie en stablecoin (USDT) au moment de la transaction, puis Ezeebit procède à la conversion et au versement de l’équivalent en monnaie locale sur le compte bancaire du marchand.
En magasin, le parcours de paiement peut s’effectuer via un point de vente électronique — saisie du montant en ZAR, choix du réseau et de la cryptomonnaie, génération et scan d’un QR code, impression du reçu — ou via un QR code d’encaissement affiché en boutique, que le client scanne avant de sélectionner le montant, la cryptomonnaie et son portefeuille.
Pour l’e‑commerce, Ezeebit propose une passerelle de paiement crypto permettant aux boutiques en ligne d’ajouter l’option de règlement en actifs numériques, avec un versement en monnaie fiduciaire le lendemain, grâce à l’intégration d’une API.
Avant Ezeebit, Daniel Katz avait cofondé Delve Systems en 2019, où il a occupé le poste de directeur technique jusqu’en 2023. Cette start‑up aide les détaillants et les marques à prendre des décisions basées sur des données grâce à des informations en temps réel, des prévisions et des analyses prédictives.
Il est diplômé de l’université de Witwatersrand, où il a obtenu en 2019 un bachelor en ingénierie électrique, avant de poursuivre un master dans le même domaine.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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