La cybersécurité fait partie des priorités des autorités namibiennes, qui ont fait du numérique un pilier du développement socio‑économique. Le gouvernement a alloué un budget de 1 million $ au secteur pour l’exercice financier 2026/2027.

La Namibie a enregistré 1,7 million de cyberattaques entre janvier et décembre 2025, selon les autorités, soit une hausse d’environ 37 % par rapport à la même période de l’année précédente. C’est ce que révèle le « Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025 ».

Le rapport, publié le vendredi 11 avril par l’Équipe namibienne de réponse aux incidents cybernétiques (NAM‑CSIRT), indique que 2 231 970 vulnérabilités ont été identifiées au cours de l’année. Celles‑ci ont directement facilité les attaques observées, notamment les attaques par déni de service distribué (DDoS), la propagation de malwares et les accès distants non autorisés.

Selon le document, l’année 2025 marque un net basculement vers une exploitation massive de la confiance, où l’ingénierie sociale et les tromperies assistées par l’intelligence artificielle amplifient les cas traditionnels. Au premier trimestre, les cas ont notamment inclus des campagnes de deepfake générées par l’IA pour promouvoir des schémas d’investissement frauduleux. À mi‑année, le phishing via Telegram et les autres formes d’ingénierie sociale sont restés très présents.

Le rapport souligne également l’émergence de ransomwares au niveau municipal, utilisant des techniques de double extorsion, ainsi que des campagnes de smishing imitant des services de livraison et des vidéos deepfake mettant en scène de hauts responsables, illustrant un écosystème de fraude de plus en plus structuré et alimenté par la désinformation générée par l’IA.

Une dynamique globale et continentale 

Cette augmentation des fraudes s’inscrit dans un contexte global et continental. Dans son « Cybercrime Africa Cyberthreat Assessment 2025 », Interpol indique que l’accélération de la cybercriminalité en Afrique est facilitée par l’essor des activités en ligne comme les services numériques, les réseaux sociaux, le commerce numérique et la banque mobile.

Interpol souligne dans son rapport que « les cybercriminels affinent en permanence leurs tactiques, en recourant à l’ingénierie sociale, à l’intelligence artificielle et aux plateformes de messagerie instantanée pour lancer des attaques de plus en plus sophistiquées. Les réseaux cybercriminels, qu’ils soient locaux ou internationaux, exploitent les vulnérabilités humaines comme méthode principale, utilisant des techniques de tromperie avancées pour cibler organisations et individus ».

Des mesures pour sécuriser l’avenir numérique de la Namibie 

La NAM‑CSIRT souligne que le déploiement de l’e‑ID, l’essor des services numériques et la croissance des infrastructures rendent l’intégration de la cybersécurité au développement national de plus en plus urgente. Une approche globale impliquant l’État, les régulateurs, les secteurs critiques, les entreprises, le monde académique et les citoyens est jugée essentielle pour préserver la confiance numérique et assurer la continuité des services.

Dans ce contexte, le « Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025 » recommande de finaliser le cadre juridique relatif à la cybercriminalité, à la protection des données et aux infrastructures critiques. Il appelle également à renforcer les capacités du NAM‑CSIRT afin d’améliorer la surveillance, la détection et la coordination des incidents.

Le rapport préconise la création de CSIRT sectoriels dans les principaux secteurs et la réduction des vulnérabilités critiques, comme les systèmes obsolètes et mal sécurisés. Il insiste aussi sur l’accélération du déploiement de l’identité numérique et des services de confiance. Les autorités sont invitées à rendre obligatoire l’authentification à plusieurs facteurs, à renforcer la sensibilisation aux menaces telles que le phishing et les deepfakes. Elles doivent également améliorer le partage d’informations sur les cybermenaces.

Enfin, le document met l’accent sur le renforcement de la gouvernance cyber via les normes internationales. Il recommande également un soutien accru aux PME et aux administrations disposant de faibles ressources afin d’améliorer leur niveau de protection.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Posted On lundi, 13 avril 2026 12:51 Written by

La transformation numérique de l’administration s’intensifie au Burkina Faso, portée par des impératifs d’efficacité et de sécurité. Dans un contexte de vigilance accrue, les autorités misent sur le numérique pour renforcer la gestion des flux et la performance des services publics.

Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a procédé le mercredi 8 avril au lancement officiel de la plateforme numérique de gestion de la fiche de voyage. Accessible en ligne via l’adresse https://fichedevoyage.gov.bf/, la plateforme permet désormais aux voyageurs de renseigner leur fiche jusqu’à 72 heures avant leur départ. L’objectif est de fluidifier les procédures d’entrée et de sortie du territoire, tout en réduisant les files d’attente et les délais de traitement dans les points de contrôle, notamment à l’aéroport international de Ouagadougou.

Au‑delà de la simplification des démarches, la dématérialisation introduit un changement structurel dans la gestion des données migratoires. Les services de sécurité disposent désormais d’un accès centralisé et en temps réel aux informations des voyageurs, ce qui améliore la traçabilité des flux et renforce les capacités d’analyse dans un contexte régional marqué par des enjeux sécuritaires persistants.

Le lancement s’inscrit dans la dynamique de transformation numérique de l’administration publique. La plateforme vient ainsi s’ajouter à un ensemble de services déjà numérisés dans le cadre de la modernisation administrative en cours. Cette évolution s’est accélérée avec le développement de 272 plateformes de services en ligne annoncées en février, dont 146 sont déjà opérationnelles, facilitant l’accès des citoyens et des entreprises aux démarches administratives.

Cette extension de la dématérialisation répond à plusieurs défis structurels auxquels l’administration burkinabè reste confrontée, notamment la lenteur des procédures physiques, la fragmentation des bases de données et la difficulté de suivi des flux de voyageurs. En centralisant les informations et en automatisant une partie du traitement administratif, ces solutions numériques visent à réduire les délais, limiter les erreurs humaines et renforcer la fiabilité des données.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 13 avril 2026 06:12 Written by

Portée par des ambitions croissantes dans le numérique, la coopération entre le Maroc et le Gabon se renforce autour de la formation et de l’intelligence artificielle. Les deux pays misent sur le transfert de compétences pour accélérer leur transformation numérique et soutenir leur compétitivité.

En marge de l’édition 2026 du GITEX Africa, tenue du mardi 7 au jeudi 9 avril à Marrakech, le Maroc et le Gabon ont signé deux accords dans les domaines du numérique, de la formation et de l’intelligence artificielle. Ces initiatives traduisent une volonté commune d’accélérer la transformation numérique et le développement des compétences.

Le premier accord, signé entre les ministres en charge du numérique, Amal El Fallah Seghrouchni et Mark Alexandre Doumba, porte sur la structuration de la coopération bilatérale. Il couvre plusieurs axes, notamment le partage d’expertise en politiques publiques numériques, l’harmonisation des cadres réglementaires et la mise en place de programmes de formation adaptés aux évolutions du secteur. Dans le cadre de cet accord, 15 étudiants gabonais bénéficieront de bourses complètes pour intégrer l’Université Mohammed VI Polytechnique dès la rentrée de septembre 2026.

Le second accord a été conclu entre l’Institut national des postes et télécommunications du Maroc et l’Institut national des postes et télécommunications du Gabon. Il vise la modernisation des cursus de formation afin de mieux les aligner sur les besoins du marché du numérique et de l’administration publique. Le dispositif inclut notamment un programme dédié aux agents publics gabonais, avec l’attribution de 5 bourses annuelles sur 5 ans, entièrement financées, dans l’objectif de renforcer durablement les compétences techniques au sein des administrations.

Cette coopération s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération Sud‑Sud sur le continent africain, où plusieurs États misent sur le partage d’expertise pour accélérer leur transition numérique et renforcer la compétitivité de leurs écosystèmes. Le Gabon cherche ainsi à capitaliser sur l’expérience marocaine pour structurer son environnement numérique et diversifier son économie. Le pays peaufine actuellement sa stratégie numérique autour de plusieurs axes, notamment le renforcement du cadre réglementaire, le développement des infrastructures, la numérisation et la dématérialisation des services publics, ainsi que le développement des compétences numériques.

De son côté, le Maroc poursuit ses ambitions dans l’intelligence artificielle, avec un objectif de création de valeur pouvant atteindre 100 milliards de dirhams (≈ 10,7 milliards $) à l’horizon 2030, en s’appuyant sur l’innovation, la montée en compétences et le renforcement des partenariats internationaux.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 13 avril 2026 05:50 Written by

La Guinée cherche à accélérer l’intégration de l'IA dans son tissu économique. Face aux défis de compétitivité et d’innovation, les acteurs publics et privés multiplient les initiatives pour faciliter l’appropriation de ces technologies par les entreprises locales.

La Confédération Générale des Entreprises de Guinée (CGE-GUI) a lancé, le mercredi 8 avril à Conakry, le programme « AI Xcelerate », en partenariat avec l'Organisation Internationale des Employeurs et Microsoft. Cette initiative vise à accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) au sein du tissu productif, dans un contexte où la transformation numérique devient un levier clé de compétitivité pour les entreprises africaines.

Le programme cible plus de 250 entreprises guinéennes, avec l’objectif de faciliter l’appropriation de technologies encore peu exploitées localement. Il ambitionne notamment d’accompagner les acteurs économiques dans l’amélioration de leur productivité, la modernisation de leurs outils de gestion et leur adaptation aux mutations économiques mondiales, selon Mansah Sy Savané, vice-président de la CGE-GUI.

Au-delà de la formation, « AI Xcelerate » propose un accompagnement structuré permettant aux entreprises de tester et d’intégrer progressivement l’intelligence artificielle dans leurs activités. L’enjeu est de passer d’une phase de sensibilisation à une adoption opérationnelle, en particulier pour les PME qui constituent l’essentiel du tissu économique guinéen.

Cette initiative intervient alors que l’intelligence artificielle s’impose comme un moteur de croissance à l’échelle mondiale. Pour la Guinée, l’enjeu est d’éviter un décrochage technologique, en dotant ses entreprises des capacités nécessaires pour tirer parti de ces outils dans un environnement économique en mutation rapide.

L’offensive du patronat s’inscrit dans un cadre institutionnel déjà engagé.

Selon Rose Pola Pricemou (photo), conseillère à la présidence chargée des Nouvelles technologies et de l’IA, le pays a adopté la démarche AILA du PNUD, ayant conduit à l’élaboration d’une feuille de route nationale de l’intelligence artificielle pour la période 2026-2035. Cette dynamique a été renforcée par les conférences DounIA, consacrées à la structuration d’une stratégie nationale sur les données numériques.

Samira Njoya

Lire aussi: Guinée : Orange relance « Hello Women » pour former les femmes aux métiers du numérique

Posted On dimanche, 12 avril 2026 14:17 Written by

À Casablanca, Orange a dévoilé les ambitions de sa super application Max it, destinée à devenir l’un des principaux moteurs de croissance du groupe en Afrique et au Moyen-Orient. Avec déjà 23 millions d’utilisateurs actifs par mois, la plateforme veut changer de dimension d’ici 2028.

Orange accélère sa transformation dans le cadre de sa nouvelle stratégie de croissance 2026-2030, baptisée « Trust the Future », présentée à la presse internationale le 8 avril 2026 à Casablanca, au Maroc. Longtemps perçu comme un opérateur télécoms classique, le groupe français mise désormais sur les services numériques pour ouvrir un nouveau cycle de croissance, avec l’Afrique et le Moyen-Orient comme priorités.

Au cœur de cette ambition : Max it, sa super application développée depuis Casablanca, présentée comme l’un des leviers pour générer de nouveaux revenus et supplanter ceux issus des télécommunications traditionnelles.  Pour l’étape 2028 de notre plan stratégique, nous souhaitons gagner 50 millions d’utilisateurs mensuels actifs supplémentaires sur Max it. Max it accompagnera également Orange Money dans son objectif d’enregistrer 20 millions de clients mensuels actifs supplémentaires dans la zone, ainsi qu’un million de nouveaux consommateurs pour Orange Energies », affirme Yvan Delègue (photo), directeur du programme Max it.

Un objectif à la hauteur des ambitions du groupe, qui entend faire de Max it une porte d’entrée unique vers une gamme de services du quotidien : gestion de ligne mobile, paiements, contenus numériques, achats de services et accès à une marketplace intégrée.

Une riche gamme de services et partenaires

Déployée dans 16 pays, la super application revendique déjà 23 millions d’utilisateurs actifs par mois. Parmi eux, 8 millions ont recours aux services financiers intégrés via Orange Money, tandis que la solution de mobile money du groupe totalise 47 millions d’utilisateurs actifs dans la région. Max it appuie également l’offre Orange Energies, disponible dans 13 pays et permet déjà à près de 1 million de clients d’acheter et de recharger leur électricité depuis l’application.

Pour Orange, l’intérêt de cette super application repose sur une logique simple : intégrer plusieurs usages dans un même environnement numérique. L’utilisateur n’a plus besoin de multiplier les applications ou les interfaces. Il peut consulter son compte, effectuer un paiement, accéder à du divertissement (vidéo à la demande, compétitions sportives en direct, gaming, séries TV, etc.) ou acheter un service sans sortir de l’écosystème Orange. Cette convergence permet au groupe de fluidifier l’expérience client et de renforcer la fidélisation.

Yvan Delègue insiste sur la capacité de Max it à soutenir une stratégie de « bundles », c’est-à-dire d’offres combinant connectivité et contenus. Orange peut, par exemple, associer un forfait data à un service de streaming sportif pour encourager l’usage, tout en limitant la crainte de surconsommation de data chez l’abonné.

Ce repositionnement intervient alors que la région Afrique-Moyen-Orient devient le principal moteur de performance du groupe. En 2025, Orange y a réalisé 8,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 12,2 %, faisant de cette zone le premier contributeur à la croissance globale de l’entreprise. Le pari d’Orange s’appuie aussi sur des fondamentaux démographiques et économiques favorables : l’Afrique, dont la population pourrait atteindre 2,5 milliards d’habitants en 2050, concentre un fort potentiel de développement des usages numériques.

L’IA pour plus d’inclusion

Au-delà de la seule performance commerciale, Orange veut faire de Max it une plateforme ouverte, capable d’accueillir aussi bien des partenaires internationaux que des commerçants locaux. L’enjeu est double : enrichir l’offre de services pour les utilisateurs et offrir de la visibilité à des acteurs économiques cherchant à capter une clientèle déjà massifiée. Dans cette optique, Max it tend à se positionner comme un véritable agrégateur de services numériques, susceptible de structurer des écosystèmes locaux autour du paiement, de la consommation de contenus et des services essentiels.

Pour tenir son cap d’ici 2028, Orange compte sur deux leviers majeurs : l’élargissement de son réseau de partenaires et l’intégration plus poussée de l’intelligence artificielle. Le groupe veut utiliser l’IA pour personnaliser les services, en proposant à chaque utilisateur l’offre la plus pertinente au moment opportun. Il évoque également des interfaces vocales adaptées aux langues locales, afin de réduire certaines barrières à l’adoption numérique dans plusieurs marchés africains.

Avec Max it, Orange ne vend donc plus seulement de la connectivité. Le groupe cherche à se placer à l’intersection des télécoms, de la finance numérique, de l’énergie et des services marchands. En clair, devenir un acteur technologique intégré capable de capter une part plus large de la valeur numérique sur le continent.

Muriel EDJO

Lire aussi: Afrique : Orange Digital Center, un atout au c HYPERLINK "https://www.wearetech.africa/fr/fils/actualites/afrique-orange-digital-center-un-atout-au-c-ur-de-la-strategie-de-confiance-d-orange"œur HYPERLINK "https://www.wearetech.africa/fr/fils/actualites/afrique-orange-digital-center-un-atout-au-c-ur-de-la-strategie-de-confiance-d-orange" de la stratégie de confiance d’Orange

Posted On dimanche, 12 avril 2026 14:12 Written by

L’accélération de l’accès à Internet stimule la production de contenus pour les réseaux sociaux en Afrique. Cela ouvre des perspectives d’emploi pour la jeunesse.

Les autorités libériennes préparent une formation à destination des créateurs de contenus sur la monétisation pour les plateformes de Meta et TikTok. Prévu les 6 et 7 mai 2026, le programme cible 150 participants. Cela inclut des humoristes, conteurs, créateurs de défis, producteurs de vidéos de réaction et, plus largement, les créateurs de contenus orientés vers le divertissement.

Selon l’Autorité libérienne des télécommunications (LTA), la formation sur Meta couvrira les outils de création de contenu pour Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger et Threads. Elle abordera les techniques de production de contenus performants, des sessions pratiques, les opportunités de monétisation, l’éthique sur les réseaux sociaux et les bonnes pratiques. En revanche, peu de détails ont été fournis concernant TikTok.

Le régulateur télécoms rappelle simplement que TikTok est une plateforme détenue par une entreprise chinoise, qui connaît une forte croissance mondiale, particulièrement auprès de la génération Z. Ses algorithmes permettent aux nouveaux créateurs de devenir viraux rapidement grâce à de courtes vidéos, au direct, ainsi qu’à des filtres et outils d’animation.

La monétisation des réseaux sociaux, un levier pour l’emploi des jeunes 

Selon la LTA, la monétisation des réseaux sociaux agit comme un catalyseur de l’entrepreneuriat numérique, permettant aux individus de contourner les barrières traditionnelles d’accès à l’économie formelle et de générer des revenus directs et tangibles. Elle apparaît ainsi comme une réponse à la question préoccupante de l’emploi des jeunes au Liberia.

Selon le Country Focus Report 2025 de la Banque africaine de développement (BAD), le taux d’activité au Liberia est estimé à 59 %, avec un taux de chômage officiel de 3,5 %. L’institution souligne toutefois que ces chiffres masquent souvent des niveaux élevés de sous‑emploi et d’emploi informel, particulièrement chez les jeunes et les femmes.

Le rapport indique que le chômage des jeunes demeure une préoccupation majeure, notamment chez les personnes âgées de 15 à 35 ans qui ne sont ni en emploi, ni en éducation, ni en formation. Ce groupe, souvent qualifié de « jeunes à risque », est particulièrement exposé à l’exclusion sociale, à la consommation de substances et à de faibles perspectives économiques.

« Le manque d’accès à des formations professionnelles adaptées et à des opportunités d’emploi pour les jeunes limite la capacité du Liberia à tirer pleinement parti du potentiel de sa population jeune. Sans interventions ciblées, ces défis risquent de perpétuer les cycles de pauvreté et de fragilité sociale, freinant ainsi les objectifs de développement national », peut‑on lire dans le rapport.

Des contraintes techniques et réglementaires persistantes 

Il convient toutefois de rappeler que la monétisation pour les plateformes de Meta et TikTok dépend de plusieurs conditions. La LTA explique par exemple que pour TikTok, il faut qu’un pays dispose de lois sur la protection des données, d’une infrastructure de paiement, de cadres fiscaux et d’un niveau suffisant d’investissement publicitaire local. Actuellement, aucun pays africain ne remplit entièrement ces critères.

L’éligibilité à la monétisation sur Meta exige que les créateurs aient au moins 18 ans, respectent les normes communautaires et atteignent un seuil minimal d’abonnés. La monétisation nécessite également une infrastructure bancaire compatible pour les paiements directs. Les outils de monétisation de Meta sont actuellement actifs dans huit pays africains, dont le Ghana.

Par ailleurs, la question de l’accès à un Internet de qualité et abordable se pose également. Selon les données de DataReportal, le Liberia comptait 1,73 million d’abonnés Internet à fin 2025, pour un taux de pénétration de 30 %. Le pays comptait également 1,1 million d’utilisateurs des réseaux sociaux, soit 19,1 % de la population.

Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), 5 Go de données mobiles représentaient 12,5 % du revenu national brut (RNB) par habitant, contre 147 % pour l’Internet fixe. Ce ratio ne devrait pas dépasser 2 % pour que le service soit considéré comme abordable.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On vendredi, 10 avril 2026 13:03 Written by

L’essor du numérique en Algérie s’accompagne d’une forte hausse des cybermenaces, allant des escroqueries en ligne aux attaques massives contre les systèmes d’information. Un phénomène qui met à l’épreuve les dispositifs de cybersécurité du pays.

L’Algérie a enregistré 13 204 affaires de cybercriminalité en 2025, impliquant 7 815 individus. Ces chiffres ont été donnés le mardi 7 avril par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), à l’occasion d’une conférence de presse consacrée à la présentation du bilan annuel de ses activités opérationnelles. Une tendance en nette hausse, alors que la Gendarmerie nationale faisait déjà état de plus de 2700 affaires en 2024, illustrant l’ampleur croissante du phénomène.

Dans le détail, les infractions recensées concernent principalement des escroqueries en ligne, des atteintes aux droits des enfants, ainsi que la vente de produits interdits sur internet. La généralisation des réseaux sociaux et du commerce en ligne informel a favorisé l’émergence de nouvelles formes de criminalité, souvent difficiles à détecter et à tracer. Les autorités soulignent par ailleurs une sophistication accrue des modes opératoires, avec un recours croissant à l’usurpation d’identité et aux techniques d’ingénierie sociale.

Dans le même temps, la pression cyber s’intensifie à grande échelle. D’après Kaspersky, l’Algérie a été la cible de plus de 70 millions de cyberattaques en 2024. Sur la même période, plus de 13 millions de tentatives de phishing et près de 750 000 pièces jointes malveillantes ont été neutralisées, illustrant l’ampleur et la diversité des menaces qui ciblent les systèmes numériques du pays.

Face à cette montée des risques, les pouvoirs publics cherchent à structurer leur réponse. L’Agence de sécurité des systèmes d’information du ministère de la Défense nationale a récemment dévoilé la Stratégie nationale de cybersécurité 2025 – 2029, destinée à renforcer la protection des systèmes d’information, sécuriser les infrastructures critiques et améliorer la coordination entre les acteurs institutionnels.

Sur le plan international, l’Algérie demeure toutefois dans une phase de consolidation. Selon la 5ᵉ édition du Global Cybersecurity Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), le pays est classé au niveau « établissement » (T3). Ce positionnement traduit l’existence d’un cadre en construction, soutenu par des initiatives publiques, mais encore éloigné des standards des économies les plus avancées en matière de cybersécurité.

Dans un contexte continental, cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large de montée des cybermenaces en Afrique. Selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), le manque de préparation face aux cybermenaces pourrait coûter annuellement en moyenne jusqu’à 10 % du PIB des pays africains.

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 10 avril 2026 12:41 Written by

Avec l’ambition de devenir un acteur majeur de l’intelligence artificielle, le Maroc mise sur le numérique pour soutenir sa croissance. Le partenariat engagé avec l’Union européenne vise à accompagner cette stratégie et à développer des capacités locales.

La ministre marocaine de la Transition numérique, Amal El Fallah Seghrouchni (photo, au centre), et la vice‑présidente exécutive de la Commission européenne, Henna Virkkunen, ont lancé le mercredi 8 avril le « Dialogue numérique UE–Maroc ». Ce partenariat, marqué par la signature d’un accord sur les écosystèmes d’intelligence artificielle, vise à positionner le royaume comme un hub régional de l’innovation et du calcul haute performance.

Selon le communiqué conjoint des deux parties, le dialogue s’articule autour de plusieurs piliers, notamment le soutien aux start‑up, la cybersécurité et l’interopérabilité des services publics numériques. L’objectif est de structurer une coopération de long terme pour accompagner la stratégie « Maroc Digital 2030 », tout en facilitant le partage de ressources technologiques entre les deux rives de la Méditerranée. Dans ce cadre, le Maroc ambitionne de générer 100 milliards de dirhams (≈ 11 milliards $) de PIB grâce à l’intelligence artificielle à l’horizon 2030.

L’un des volets les plus concrets de cet accord repose sur le calcul haute performance (HPC). Quatre centres européens de supercalcul (BSC, CINECA, GENCI et LUMI) ont signé une lettre d’intention avec l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Cette collaboration permettra à l’UM6P, qui héberge déjà le supercalculateur le plus puissant d’Afrique, de se connecter aux « usines d’IA » de l’Union européenne. Cette synergie technique s’appuie notamment sur le câble sous‑marin Medusa, récemment raccordé à Nador, garantissant une connectivité à haut débit et une latence réduite pour les projets de recherche communs.

Ce rapprochement intervient dans un contexte marqué par le 30e anniversaire de l’accord d’association UE–Maroc (1996) et s’inscrit dans la continuité du « Pacte pour la Méditerranée » lancé fin 2025. Pour Rabat, l’enjeu est de consolider sa souveraineté technologique tout en attirant des investissements européens dans son écosystème de start‑up. Côté européen, ce dialogue vise à renforcer la sécurité des chaînes de valeur numériques et à promouvoir des standards communs de gouvernance de l’IA avec ses partenaires du Sud.

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 10 avril 2026 12:29 Written by

En Côte d’Ivoire, l’éducation des jeunes filles reste confrontée à des disparités marquées, notamment dans les filières scientifiques et technologiques. Des initiatives numériques cherchent à combler ce déficit.

L’Unicef Côte d’Ivoire et la Fondation Maarif de Türkiye ont paraphé, le mardi 7 avril à Abidjan, un protocole d’entente. Cette alliance vise à renforcer l’inclusion numérique et l’accès à l’éducation pour les jeunes filles, avec un accent particulier sur les filières scientifiques.

Fruit d’une année de négociations, ce partenariat s’articule autour de la réduction des disparités de genre dans le système éducatif ivoirien. Les deux institutions prévoient d’orienter massivement les élèves vers les disciplines STEM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques), des secteurs où les filles restent historiquement sous‑représentées. « Ce protocole est une opportunité de mettre l’accent sur la participation des filles dans des domaines qui ne sont pas traditionnellement les leurs », a précisé Jean‑François Basse (photo, à droite), représentant résident de l’Unicef en Côte d’Ivoire.

Le second volet de l’accord repose sur l’exploitation de la plateforme numérique des jeunes « U‑Report ». Avec plus de 3 millions d’adhérents dans le pays, cet outil de participation citoyenne servira de canal pour promouvoir l’engagement social des jeunes, y compris dans les zones rurales. L’objectif est de transformer ces adolescents en acteurs du changement tout en développant des programmes de formation pratique destinés à améliorer l’employabilité des profils les plus vulnérables.

Cette collaboration intervient alors que la Côte d’Ivoire multiplie les initiatives pour moderniser son secteur éducatif. Selon les données du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, le taux de scolarisation des filles s’est amélioré, passant de 33 % en 2011 à 83 % en 2024. Cependant, la migration vers les filières techniques et scientifiques reste un défi majeur. La Fondation Maarif, qui gère un réseau croissant d’écoles à l’international, apporte ici son expertise pédagogique pour compléter les programmes humanitaires de l’agence onusienne.

Notons que cet accord s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors du festival technologique de l’an dernier. Il prévoit également le soutien à des événements nationaux d’envergure, tels que la Fête de la Science, afin de créer un pont durable entre les institutions internationales et le tissu éducatif local.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On vendredi, 10 avril 2026 10:00 Written by

La montée en puissance de l’intelligence artificielle en Afrique s’accompagne d’une volonté croissante de maîtriser les infrastructures et les données. Au Maroc, des acteurs locaux s’organisent pour proposer des solutions souveraines adaptées aux réalités du continent.

ABA Technology, entreprise marocaine spécialisée dans l’intelligence artificielle, et le groupe français Atos ont annoncé avoir signé, mardi 7 avril, en marge du GITEX Africa 2026 à Marrakech, un mémorandum d’entente visant à accélérer le déploiement de la plateforme Fusion AI auprès d’acteurs publics et privés. Cette technologie, récemment lancée, ambitionne de structurer l’usage de l’IA dans des environnements complexes tout en garantissant la souveraineté des données.

« Fusion AI répond à une exigence aujourd’hui centrale : déployer une intelligence artificielle gouvernée, sécurisée et pleinement opérationnelle dans des environnements critiques », a indiqué Safia Faraj (photo, à droite), directrice Afrique d’Atos. Selon elle, ce partenariat doit permettre de faire passer les organisations « de l’expérimentation à la production », en intégrant des systèmes capables d’automatiser les processus tout en respectant des standards stricts de sécurité et de conformité.

Dans le cadre de cet accord, Atos interviendra comme intégrateur de la plateforme développée par ABA Technology auprès de ses clients, notamment dans le secteur public, industriel et scientifique. La coopération prévoit le déploiement de solutions d’IA adaptées à différents usages, allant de l’optimisation industrielle à la recherche scientifique, en passant par la gestion des politiques publiques. L’objectif est de proposer des architectures capables d’unifier les données, les systèmes et les opérations au sein d’environnements fortement régulés.

Ce partenariat intervient dans un contexte d’accélération des investissements dans l’intelligence artificielle, y compris en Afrique où les enjeux de souveraineté technologique deviennent stratégiques. Selon les estimations de Google, les investissements mondiaux dans l’IA pourraient dépasser 1500 milliards de dollars dans les prochaines années, poussant les États et les entreprises à mieux maîtriser leurs infrastructures et leurs données.

Il s’inscrit également dans la continuité du lancement, la semaine précédente, de Fusion AI par ABA Technology. Présentée comme une plateforme conçue et opérée depuis le Maroc, cette solution repose sur une architecture unifiée capable de connecter systèmes informatiques, infrastructures industrielles et objets connectés. Déclinée en plusieurs applications sectorielles, elle permet par exemple d’optimiser la production industrielle via des jumeaux numériques, d’améliorer la prise de décision publique grâce à des outils d’intelligence territoriale ou encore d’accélérer la recherche biomédicale.

À travers cette alliance, les deux partenaires ambitionnent de structurer une offre d’intelligence artificielle adaptée aux réalités africaines, en combinant expertise technologique et capacités d’intégration à grande échelle. Pour ABA Technology, l’enjeu est d’étendre l’adoption de sa plateforme au-delà du marché marocain, tandis qu’Atos renforce son positionnement sur les projets liés à la souveraineté numérique sur le continent.

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 09 avril 2026 08:52 Written by
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