En Afrique, la montée en puissance des usages vidéo, des applications cloud et des services en ligne pousse le pays à repenser son parc mobile. Le Rwanda s’inscrit dans cette dynamique en revoyant la place des anciennes technologies pour mieux accompagner la généralisation du haut débit mobile.
Les autorités rwandaises préparent l’abandon progressif des technologies de téléphonie mobile 2G et 3G. L’initiative vise à accélérer le développement et l’adoption du haut débit au Rwanda, dans la perspective de la transformation numérique actuellement en cours.
Jeudi 26 mars, Paula Ingabire, ministre des TIC et de l’Innovation, a rencontré des importateurs d’appareils et des acteurs du secteur privé. L’objectif était de discuter des modalités pratiques de cette transition de manière inclusive et de réfléchir aux moyens de faciliter l’accès de tous les Rwandais à des terminaux compatibles avec les technologies 4G et 5G.
Today, Minister @MusoniPaula met with device importers to discuss the next phase of Rwanda’s digital transition, with a particular focus on the gradual phase-out of 2G and 3G devices and the implications for both industry and citizens.
— Ministry of ICT and Innovation | Rwanda (@RwandaICT) March 26, 2026
The meeting provided an opportunity to… pic.twitter.com/HbXykEHOA8
Une transition planifiée dans le cadre stratégique national
La migration vers les réseaux 4G et 5G s’inscrit dans le Plan stratégique du secteur des TIC 2024-2029, qui fixe le cadre de la transformation numérique du pays. En novembre 2024, le gouvernement, en partenariat avec l’Allemagne, a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour réaliser une évaluation technique de l’abandon progressif des réseaux 2G et 3G. Cette étude vise principalement à mesurer le niveau de préparation des infrastructures et de l’écosystème technologique.
Elle implique également l’examen des conséquences d’une éventuelle non-transition, telles que l’augmentation des coûts liés au maintien des anciens réseaux, le retrait du soutien des fabricants et les risques en matière de sécurité et de conformité. L’étude analysera l’impact sur la couverture, notamment dans les zones rurales, et la capacité des réseaux 4G et 5G à fournir une connectivité de qualité, inclusive et abordable.
L’évaluation prend aussi en compte les aspects économiques : évolution de l’ARPU [NDLR, revenu moyen par utilisateur], risque de perte de revenus pour les opérateurs, conditions de migration des utilisateurs vers les nouvelles technologies, contraintes liées à l’accès aux terminaux 4G et 5G, effets sur les prix et la concurrence, ainsi que les enjeux de régulation et d’efficacité énergétique.
Les opérateurs télécoms rwandais commencent déjà à se préparer à cette transition. Airtel Rwanda a annoncé en décembre 2024 son intention d’abandonner progressivement la 3G d’ici fin 2025, puis la 2G d’ici 2026, s’alignant sur les tendances mondiales et les ambitions nationales en matière de haut débit. Selon Emmanuel Hamez, alors DG de la filiale rwandaise d’Airtel Africa, cette évolution est non seulement nécessaire, mais inévitable, l’opérateur mettant en place un réseau moderne capable de répondre aux besoins d’une société connectée et numérique.
Une transition inévitable face à la montée du numérique
La demande en connectivité à haut débit croît rapidement, et la 3G est désormais trop lente pour de nombreuses applications, en particulier avec l’augmentation du nombre d’utilisateurs et des besoins en bande passante. Les autorités rwandaises considèrent que cette transition est indispensable pour rester en phase avec les tendances mondiales et l’essor des applications basées sur les données, tout en réduisant progressivement la dépendance aux services vocaux traditionnels.
Le Rwanda entend tirer parti des nouvelles technologies pour réduire la fracture numérique, améliorer la qualité de la connectivité sur tout le territoire et stimuler une économie numérique durable et inclusive. La Stratégie nationale de haut débit souligne que l’accès amélioré au haut débit peut être un véritable moteur de productivité, d’innovation, d’efficacité et de création d’emplois.
En Afrique subsaharienne, de nombreux opérateurs maintiennent encore la 2G pour desservir les utilisateurs sans smartphone, assurer les services vocaux dans les zones mal desservies et fournir les SMS. Toutefois, à l’échelle mondiale, les opérateurs amorcent le retrait progressif de la 3G et des premières générations de 4G afin de libérer du spectre et d'accompagner le déploiement de la 4G LTE avancée et de la 5G.
Par ailleurs, la Banque mondiale estime que la suppression des anciens réseaux sans fil (2G et 3G) peut rendre les investissements télécoms plus efficaces en Afrique en améliorant la couverture et la qualité des services. Elle explique que le maintien de ces réseaux constitue une utilisation peu efficiente des dépenses en capital, dans la mesure où leur ARPU est inférieur à celui généré par la 4G ou la 5G. L’arrêt des anciens réseaux permettrait également de réaffecter les fréquences à des technologies plus performantes, capables d’offrir de meilleurs débits et une meilleure qualité de service.
Des défis persistants en matière d’inclusion numérique
Malgré les avantages annoncés, la transition vers l’ultra-haut débit pose la question de l’inclusion numérique. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), la 2G et la 3G couvraient déjà 98,8 % de la population en 2024, un niveau comparable à celui de la 4G. Si l’écart de couverture reste limité, il pourrait néanmoins concerner certaines zones rurales ou périphériques, où la qualité et la disponibilité des réseaux plus récents demeurent inégales.
Au-delà de la couverture, l’usage constitue un autre défi. D’après les autorités rwandaises, les abonnements au haut débit mobile représentaient 54 % de la population en 2024, signe d’une adoption encore incomplète. L’un des principaux obstacles reste l’accès aux terminaux compatibles. Les smartphones, indispensables pour exploiter pleinement les réseaux 4G et 5G, n’étaient détenus que par 45 % de la population en 2024. À ces contraintes s’ajoutent le coût des offres de données, le niveau de compétences numériques et la pertinence des contenus disponibles.
Par ailleurs, la 2G et la 3G continuent de jouer un rôle dans certains usages professionnels, notamment pour les communications machine à machine (M2M). Elles restent utilisées par des terminaux de paiement électronique, des distributeurs automatiques, des compteurs intelligents ou certains équipements industriels et de transport. Dès lors, se pose la question de la capacité des acteurs concernés à migrer vers des solutions alternatives fiables.
Isaac K. Kassouwi
Éditée par M.F. Vahid Codjia
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Comme de nombreux pays africains, la Somalie fait de la cybersécurité un enjeu clé pour sécuriser ses services publics numériques. Les autorités avaient mis en place, début mars, une équipe pour conseiller les administrations et coordonner la gestion des incidents de sécurité en ligne.
Le gouvernement somalien a annoncé, dimanche 29 mars, le lancement d’un programme de formation spécialisé en cybersécurité à destination des professionnels des TIC des institutions publiques. Sanctionnée par des certifications reconnues à l’international, l’initiative vise à renforcer leur capacité à protéger les données nationales et à faire face aux risques croissants de cybermenaces.
𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 𝐂𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐀𝐮𝐭𝐡𝐨𝐫𝐢𝐭𝐲 𝐋𝐚𝐮𝐧𝐜𝐡𝐞𝐬 𝐂𝐲𝐛𝐞𝐫𝐬𝐞𝐜𝐮𝐫𝐢𝐭𝐲 𝐂𝐞𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐓𝐫𝐚𝐢𝐧𝐢𝐧𝐠 𝐏𝐫𝐨𝐠𝐫𝐚𝐦 𝐟𝐨𝐫 𝐆𝐨𝐯𝐞𝐫𝐧𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐎𝐟𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐬
— NCA Somalia (@SomaliaNCA) March 29, 2026
Mogadishu, Somalia – March 29, 2026 — The Director General of… pic.twitter.com/XQSltPWK9x
Des modules complets et internationaux
La formation est supervisée par l’Autorité nationale des communications (NCA) en partenariat avec le Groupe de la Banque mondiale. Elle couvre un ensemble de modules allant des bases aux niveaux avancés de la cybersécurité, incluant la protection des systèmes informatiques, la gestion et la réponse aux incidents, la sécurisation des données dans le cloud, ainsi que la mise en place et l’audit de politiques de sécurité au sein des organisations. Elle aborde également les bonnes pratiques de gestion des risques et de gouvernance de la sécurité des systèmes d’information. Ces cours seront dispensés à Mogadiscio via des plateformes en ligne, ainsi qu’à Nairobi, au Kenya, entre le 28 mars et le 8 mai.
« Ce programme de formation s’inscrit dans les efforts de l’Autorité pour renforcer la protection de l’infrastructure numérique de la Somalie, sécuriser les données nationales et répondre à l’augmentation des risques liés aux cybermenaces. Il contribuera également à renforcer les capacités du personnel public à protéger efficacement les systèmes et services numériques nationaux », a déclaré Mustafa Yasin Sheikh, directeur général de la NCA.
L’initiative intervient dans une dynamique où les autorités somaliennes intensifient leurs efforts pour renforcer la sécurité du cyberespace national face aux menaces croissantes. Le samedi 7 mars, le pays a lancé l’équipe nationale de réponse aux incidents (SOMCIRT), prévue par la Loi sur la cybersécurité, validée par le Parlement en janvier 2026. En août 2025, il avait approuvé le projet de loi sur la cybercriminalité. Par ailleurs, la loi sur la protection des données, entrée en vigueur en mars 2023, a donné lieu à la création de l’Agence de protection des données (ADP), chargée d’en assurer l’application.
Renforcement du cadre légal et de la coopération internationale
La Somalie intensifie également sa coopération internationale afin de bénéficier d’expertises extérieures. Elle a signé, le mardi 10 février, un protocole d’accord avec la Turquie couvrant plusieurs domaines du numérique, dont la cybersécurité. Le pays s’est aussi rapproché de la Malaisie, du Nigeria et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), entre autres partenaires. Le pays de la Corne de l’Afrique est par ailleurs signataire de la Convention de Malabo, qui vise à renforcer le cadre juridique africain en matière de cybersécurité, de protection des données et de lutte contre la cybercriminalité.
Pour rappel, la cybersécurité est considérée comme une condition sine qua non pour les États qui veulent profiter pleinement des opportunités qu’offrent les TIC par l’Union internationale des télécommunications (UIT). Dans son « Global Cybersecurity Index 2024 » l’organisation a classé la Somalie au quatrième palier (Tier 4) sur 5. Le pays a enregistré un score global de 37,39 sur 100 et doit intensifier ses efforts, notamment en matière de mesures techniques, légales et de développement des capacités.
Isaac K. Kassouwi
Éditée par M.F. Vahid Codjia
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Depuis son lancement en 2011, le POESAM a déjà accompagné de nombreux entrepreneurs en Afrique et au Moyen-Orient. Cette année, le concours met l’accent sur les projets intégrant l’IA, la data et la cybersécurité, pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux actuels.
Orange a annoncé, le lundi 30 mars , l’ouverture des candidatures pour la 16ᵉ édition du Prix Orange de l’Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen-Orient (POESAM). Les jeunes entrepreneurs issus des 17 pays où est présent le groupe télécoms, ont jusqu’au 10 mai pour soumettre leurs projets sur la plateforme dédiée.
Pour cette édition, l’initiative met en avant des projets s’appuyant sur des technologies comme l’intelligence artificielle, le big data ou la cybersécurité. Les solutions développées dans des secteurs tels que l’agriculture, la santé, l’éducation ou l’environnement sont particulièrement ciblées, dans un contexte où ces domaines concentrent une part importante des besoins d'innovation en Afrique.
Le concours s’articule en deux phases. Une première sélection est organisée au niveau national, permettant de désigner les meilleurs projets dans chaque pays. Les candidats retenus accèdent ensuite à une phase internationale au cours de laquelle sont attribués le Grand Prix, ainsi qu’un Prix dédié à l’entrepreneuriat féminin.
Les lauréats bénéficieront d’un appui financier, avec des récompenses allant de 10 000 à 25 000 euros pour les trois premiers prix, et de 20 000 euros pour le Prix international de la femme. Au-delà de ces dotations, le programme prévoit aussi un accompagnement à travers les dispositifs du groupe Orange, notamment en matière de mise en réseau et d’accès à des opportunités de développement.
Lancé il y a plusieurs années, le POESAM a déjà enregistré plus de 17 000 candidatures et permis de distinguer de nombreuses start-up dans la région. Il s’inscrit dans une dynamique plus large de soutien à l’innovation portée par les grands groupes télécoms en Afrique et au Moyen-Orient, dans un contexte de montée en puissance des écosystèmes technologiques.
Les entrepreneurs intéressés peuvent soumettre leur candidature en ligne via la plateforme dédiée : https://POESAM.Orange.com/.
Samira Njoya
Edité par : Feriol Bewa
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Le Nigeria a lancé un projet de 2 milliards $ pour déployer 90 000 km de fibre optique, visant à réduire la fracture numérique. Le pays entend également développer l’écosystème numérique afin de tirer pleinement parti de ces infrastructures et stimuler l’innovation et la croissance économique.
Les autorités nigérianes veulent consacrer 12 milliards de nairas (8,6 millions de dollars) à un programme de recherche national sur l’économie numérique. Il vise à renforcer les institutions et à garantir que la transition numérique profite à l’ensemble de la société, en s’appuyant sur des preuves scientifiques plutôt que sur des décisions à court terme.
Ce programme, baptisé National Digital Economy Research Clusters (NDERC), s’inscrit dans le cadre du projet BRIDGE, initiative nationale qui prévoit le déploiement de 90 000 km de fibre optique à travers le pays afin d’améliorer la connectivité et de soutenir le développement d’une économie numérique moderne. Le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Bosun Tijani (photo), a annoncé le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt le dimanche 29 mars.
Today my heart is filled with deep joy as we announce the Expression of Interest for the National Digital Economy Research Clusters— a ₦12 billion research funding scheme designed to place ideas, evidence, and research at the centre of Nigeria’s digital transformation.
— Dr. 'Bosun Tijani (@bosuntijani) March 28, 2026
This… pic.twitter.com/UfDrbPVHUX
« À mesure que nous développons notre infrastructure numérique, il devient essentiel d’adopter des approches fondées sur des données probantes et une réflexion approfondie, afin que tous puissent tirer pleinement profit de cet investissement majeur. Trop souvent, les politiques numériques sont influencées par les dynamiques de marché et les cycles politiques, plutôt que par la recherche et une vision à long terme », a déclaré le ministre, dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux.
Le NDERC prévoit la création de six clusters de recherche couvrant des domaines stratégiques : connectivité, infrastructures publiques numériques, compétences et éducation numériques, économie numérique et emploi, sécurité et protection des consommateurs, ainsi qu’intelligence artificielle et technologies émergentes. Le programme mobilisera 36 professeurs issus de 36 universités nigérianes, en collaboration avec des partenaires académiques internationaux, et impliquera plus de 200 chercheurs, afin de produire des travaux scientifiques rigoureux et directement exploitables dans l’élaboration des politiques publiques.
Le programme s’inscrit dans l’ambition des autorités nigérianes de mettre le numérique au service du développement socio-économique. Selon le gouvernement, les TIC devraient contribuer à hauteur de 22 % du PIB, d’ici 2027.
Par ailleurs, le projet BRIDGE devrait, selon les autorités, permettre la création de nouvelles opportunités d’emploi, avec jusqu’à 20 000 emplois directs et plus de 150 000 emplois indirects, tout en stimulant l’innovation. Il contribuera également à une hausse de 1,5 % du PIB par habitant, faisant passer le PIB du pays de 472,62 milliards de dollars à environ 502 milliards de dollars en quatre ans.
Isaac K. Kassouwi
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Face à une demande électrique en hausse et aux exigences de la transition énergétique, la Tunisie accélère la modernisation de ses infrastructures électriques. Dans ce contexte, les réseaux intelligents apparaissent comme un levier stratégique pour renforcer la performance du système électrique national.
La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a mis en service, dans la région de Moknine, de nouvelles solutions technologiques avancées au sein de son réseau de distribution. Ce déploiement s’inscrit dans un programme pilote global d’un montant de 15 millions de dinars (environ 5 millions de dollars), entièrement financé par le gouvernement américain, destiné à moderniser des infrastructures électriques jugées critiques.
🇺🇸🤝🇹🇳 Ambassador Bazzi joined Governor of Sousse Sofiane Tanfouri and CEO of STEG Faycel Trifa in the transfer of the U.S.-funded Smart Grid pilot project to #STEG ⚡🔌
— U.S. Embassy Tunis (@usembassytunis) March 27, 2026
This project features advanced technology from American companies and subsidiaries including Schweitzer…
« Ce projet s’inscrit pleinement dans la vision stratégique de la STEG visant à moderniser le réseau électrique national et à accompagner la transition énergétique de la Tunisie à travers le déploiement de technologies Smart Grid », a déclaré le PDG de la STEG, Faycel Tarifa.
L’innovation majeure de ce site réside dans l’installation du système FLISR (localisation, isolement des défauts et réalimentation du réseau). Déployée en partenariat avec les entreprises américaines E3-International, Schweitzer Engineering Laboratories et G&W Electric, cette technologie permet de détecter rapidement les pannes et de rétablir automatiquement l’alimentation électrique, réduisant ainsi les délais d’intervention humaine. Pour piloter ces équipements, une infrastructure de communication privée LTE (pLTE) a été mise en place par Nokia, offrant une supervision en temps réel de l’ensemble du réseau de distribution.
Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large de développement des réseaux intelligents (Smart Grid), visant à transformer le système électrique en un réseau connecté et capable d’optimiser l’ensemble de la chaîne énergétique, de la production jusqu’au consommateur final, grâce à l’analyse des données en temps réel. Mis en œuvre entre 2020 et 2026, il combine études techniques, transfert de compétences et déploiement de technologies avancées, avec l’objectif de tester un modèle susceptible d’être généralisé à l’échelle nationale.
Dans un pays où la capacité installée atteint environ 5 944 MW répartis sur 25 centrales, la STEG assure près de 96 % de la production électrique nationale. Dans ce contexte, le programme Smart Grid vise notamment à réduire les pertes d’énergie, à optimiser la courbe de charge et à faciliter l’intégration des énergies renouvelables, dont la part devrait atteindre 35 % du mix électrique à l’horizon 2030.
Pour la STEG, l’enjeu est double : optimiser la performance opérationnelle pour limiter les pertes d’énergie et accompagner la transition énergétique grâce à une gestion plus fine de la demande. À terme, ces technologies devraient également améliorer la relation avec les usagers, notamment à travers le déploiement de compteurs intelligents permettant un suivi plus précis de la consommation et une facturation basée sur les usages réels.
Samira Njoya
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Malgré son rôle moteur dans l’inclusion financière sur un continent où le taux de bancarisation reste faible, le mobile money voit son plein potentiel entravé par des freins structurels majeurs. Pourtant, ce service, qui s’enrichit au fil des ans de nouvelles offres, notamment bancaires, a le pouvoir de transformer l’économie domestique et la finance en Afrique.
Longtemps présenté comme l’innovation financière la plus inclusive du continent, le mobile money continue d’afficher une santé croissante. En 2025, près de 1 432 milliards de dollars américains ont transité par les comptes de mobile money en Afrique, soit une hausse d’environ 27 % par rapport à 2024, selon le rapport « The State of the Industry Report on Mobile Money 2026 », publié mardi 24 mars par l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA).
Le continent a concentré près de 66 % de la valeur financière mondiale des transactions par mobile money affichée à 2 091 milliards de dollars (+23 % sur un an). Sur un total mondial de 125 milliards de transactions par mobile money, l’Afrique a représenté environ 74 %. Soit près de 92 milliards d’opérations (+16 % par rapport à 2024)
Par ailleurs, le rapport souligne que l’Afrique abrite 52 % des comptes de mobile money dans le monde. Fin 2025, on y dénombrait ainsi environ 1,2 milliard de comptes (+18 % par rapport à 2024) pour 347 millions de comptes actifs mensuels, sur un total mondial d’environ 2,3 milliards (+13 %) pour 593 millions de comptes actifs sur 30 jours. Le continent reste donc l’épicentre de cette finance sur mobile. Mais ce succès masque une contradiction de plus en plus visible : le service progresse vite mais sa pleine appropriation par les populations et son impact véritable sur elles restent entravés.

Les freins à l’inclusion
Le premier frein est matériel. La Banque mondiale relève que 84 % des adultes des pays en développement possèdent bien un téléphone, mais qu’environ un quart d’entre eux utilisent encore un téléphone basique, « plus abordable, aux fonctionnalités réduites et sans navigateur internet. Seuls deux tiers des adultes possèdent donc un smartphone complet permettant l'accès aux applications et navigateurs ». En Afrique subsaharienne, ce taux tombe à 33 %. Or, dans cette région comme en Asie du Sud, la raison la plus souvent invoquée par ceux qui n’ont pas de smartphone reste son prix. L’Union internationale des télécommunications (UIT) souligne elle aussi que, sur le continent africain, l’un des principaux obstacles à l’adoption des services numériques demeure l’accessibilité financière — en particulier celle des terminaux.
Le deuxième frein est cognitif. Le rapport 2026 de la GSMA sur le mobile money est explicite : une faible culture financière numérique demeure un obstacle majeur à l’adoption et à l’usage du service. Dans les pays africains sondés où les blocages restent visibles, les chiffres sont parlants. En Éthiopie, parmi les personnes qui connaissent le mobile money mais n’ont pas de compte, 60 % des femmes et 54 % des hommes disent ne pas savoir utiliser le service ; 45 % des femmes et 50 % des hommes disent avoir du mal à utiliser le téléphone ou craignent de faire des erreurs. En Égypte, cette barrière touche 21 % des femmes et 15% des hommes ; au Nigeria, 22 % des femmes comme des hommes. À cela s’ajoute la contrainte d’équipement elle-même : en Éthiopie, 24 % des femmes interrogées citent l’absence de SIM ou de téléphone comme obstacle.
Au-delà, un service, un impact humain
Le paradoxe est là : le mobile money s’est d’abord imposé grâce aux téléphones les plus basiques. Mais aujourd’hui, sa nouvelle frontière exige davantage qu’un simple mobile. Les usages sont désormais nombreux et les fournisseurs de services s’appuient désormais davantage sur les super-applications que sur les codes USSD pour offrir plus de valeur : paiement de factures, réception d’aides sociales gouvernementales, micro-assurance, micro-crédit, micro-épargne, etc. Les plus dynamiques sont désormais les paiements marchands, en hausse de 42 % à 155 milliards de dollars en 2025, ainsi que les transferts interopérables entre banques et portefeuilles mobiles (167 milliards $). Autrement dit, le secteur ne se limite plus au simple transfert d’argent entre proches comme à ses débuts ; il progresse dans une phase plus sophistiquée, où l’utilisateur doit savoir naviguer entre interfaces, options, codes QR, cartes virtuelles, sécurité et preuves de transaction. Sans terminal adapté ni aisance numérique minimale, une partie des Africains risque de rester cantonnée aux usages les plus élémentaires, pendant que l’écosystème avance vers des services plus complexes.

Cette fracture a aussi un visage social et genré. Sans téléphones adaptés et sans compétences numériques de base, ce sont des millions d’Africains qui demeurent en marge des possibilités offertes par le Mobile Money. Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, GSMA estime que les femmes restent 14 % moins susceptibles que les hommes d’utiliser l’internet mobile, laissant 885 millions de femmes encore déconnectées dont environ 60 % vivent en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. Le risque qu’entretient cette situation est celui d’une inclusion financière à deux vitesses, inégalement maîtrisée dans les faits.
Pour libérer le potentiel du mobile money en Afrique, la réponse ne peut donc pas être seulement commerciale. Elle doit être industrielle, éducative et réglementaire. L’UIT plaide pour des smartphones d’entrée de gamme moins chers, des achats facilités par microcrédit ou paiement échelonné, une baisse du coût des téléphones et de la data, ainsi que l’intégration des compétences numériques de base dans les cursus et les programmes de formation. Le rapport de la GSMA va dans le même sens : il insiste sur la nécessité d’initiatives de culture financière numérique ciblant les femmes, les ruraux et les personnes âgées. La Banque mondiale, enfin, rappelle que le coût, la facilité d’usage et la sécurité doivent être traités ensemble. Le vrai défi africain n’est donc plus de prouver que le mobile money fonctionne ; il est de faire en sorte que chacun puisse réellement s’en servir.
Muriel Edjo
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Le gouvernement angolais accélère la transformation numérique dans tous les secteurs de gestion publique. En 2025, il s’est associé à la société américaine Cybastion, notamment afin de renforcer le volet cybersécurité.
Les autorités angolaises ont annoncé le vendredi 27 mars, le lancement d'un Laboratoire d’innovation pour les finances publiques (i.Lab). Ce dispositif permet de tester des solutions, de mesurer leur impact et de déployer celles qui améliorent effectivement les services de l'Etat. Il a été mis sur pied par le Service des TIC des Finances Publiques (SETIC-FP), rattaché au ministère des Finances.
Lors de la cérémonie de lancement, une preuve de concept (PoC) a été présentée. Elle est axée sur l’introduction de signatures numériques qualifiées dans le Système Intégré de Gestion Documentaire (SIGD), une plateforme développée en interne par le SETIC-FP pour numériser le processus de gestion documentaire au sein du ministère. Cette solution vise à renforcer l’authenticité et l’intégrité des documents électroniques, à réduire les validations manuelles et à augmenter la confiance dans les processus digitaux.
Selon les autorités, la création de l’i.Lab entre dans le cadre des efforts pour accélérer la transformation numérique des finances publiques, principalement menés à travers le SETIC-FP. Ce dernier a développé plusieurs outils, tels que le Portail de l’Unité de Gestion de la Dette Publique (UGD), une application pour le ministère des Finances, le Système Intégré de Gestion des Programmes d’Investissement Public (SIGPIP), et le Système de Gestion du Conseil Fiscal (CGCF).

Par ailleurs, le SETIC-FP participe à des événements internationaux et explore les possibilités de coopération. Début mars, un accord a été signé avec le Cap-Vert, dans lequel les deux parties se sont engagées à mettre en œuvre des solutions technologiques innovantes, à assurer la formation technique des équipes et à consolider une gouvernance numérique plus robuste, alignée sur les meilleures pratiques internationales. Le pays s’est également rapproché du Brésil.
Le processus de transformation numérique des finances publiques s’inscrit dans le cadre plus large de la stratégie nationale de transformation numérique de l’Angola, qui vise à intégrer les TIC dans tous les secteurs pour soutenir le développement socio-économique. Dans l’administration publique, Luanda voit la numérisation comme un gage de modernisation, ainsi que d’une gestion financière plus efficace, transparente et axée sur les résultats.
Isaac K. Kassouwi
Edité par : Feriol Bewa
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Dans un contexte de transformation numérique, la gestion de l’identité devient un enjeu stratégique pour les États. Le Niger mise sur la biométrie pour renforcer la sécurité des documents officiels, améliorer les services administratifs et soutenir sa souveraineté numérique.
Le président du Niger, Abdourahamane Tiani, a officiellement lancé, vendredi 27 mars à Niamey, le processus d’établissement de la carte nationale d’identité biométrique de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’initiative marque une étape dans la modernisation des systèmes d’identification et dans le renforcement de la souveraineté numérique du pays.
La carte repose sur un système d’identification biométrique sécurisé, fondé sur la collecte et l’intégration de données personnelles uniques, notamment les empreintes digitales, la photographie faciale numérique et une signature électronique conforme aux standards internationaux. D’après les autorités, ces informations, stockées dans des bases centralisées et sécurisées, doivent permettre d’identifier de manière fiable les citoyens, de réduire les risques d’usurpation d’identité et de faciliter l’accès aux services publics, tout en garantissant l’authenticité des documents délivrés.
Au-delà du document physique, le programme vise à doter le pays d’une infrastructure de données de pointe. Il prévoit notamment la mise en place d’un centre de données moderne et de systèmes sécurisés permettant une gestion centralisée et fiable des ressources nationales. Cette architecture vise également à garantir la souveraineté des données et à améliorer la fiabilité des échanges entre les différentes administrations.
Le projet s’inscrit dans une dynamique amorcée fin 2025, avec son adoption en Conseil des ministres le 26 décembre. Il s’intègre dans la stratégie de transformation numérique portée par l’Alliance des États du Sahel, qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso, et vise à doter ces pays d’infrastructures numériques souveraines. Au-delà de l’équipement technologique, les autorités entendent également développer des compétences locales à travers des programmes de formation, afin d’assurer la pérennité du système et de réduire la dépendance aux solutions extérieures.
Un comité de suivi a été institué pour superviser la production des cartes biométriques et des passeports électroniques (e-passeports), ces derniers étant déjà en phase de finalisation. Le projet bénéficie par ailleurs de l’expertise technique de la société Al Itisal Aljadeed, spécialisée dans les technologies de réseau, les centres de données et les solutions d’identification biométrique.
Samira Njoya
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Engagé dans la modernisation de son administration, le Burundi mise sur le numérique pour renforcer la gestion des ressources publiques. Un projet soutenu par la Banque mondiale progresse et vise à améliorer l’efficacité des services de l’État.
Le Projet d’appui aux fondations de l’économie numérique (PAFEN), pilier de la stratégie de transformation numérique du Burundi, affiche un taux d’engagement budgétaire de 61 % à mi‑parcours. Ce chiffre a été révélé lors d’une mission d’évaluation le jeudi 26 mars conduite par la Banque mondiale, partenaire du programme.
Lancé en 2024 et financé à hauteur de 92 millions de dollars par l’institution financière, ce projet vise à moderniser les systèmes publics à travers le numérique, notamment dans la gestion des finances publiques et l’accès aux services administratifs.
Au cœur de cette phase d’évaluation figure le projet de modernisation de la gestion des finances publiques. Le gouvernement mise sur des systèmes numérisés pour améliorer la collecte des recettes et le suivi des dépenses. L’objectif est de réduire les pertes de ressources et de renforcer la transparence budgétaire, dans un contexte de consolidation du cadre macroéconomique, en cohérence avec la Vision 2040‑2060.
Le PAFEN prévoit également la mise en place d’une identité numérique nationale, considérée comme un levier central pour améliorer l’accès aux services publics. Ce dispositif vise notamment à faciliter l’identification des citoyens, à simplifier les démarches administratives et à favoriser l’intégration des populations, en particulier rurales, dans l’économie formelle. La mise en place d’un data center national est également prévue.
La mission de la Banque mondiale vise enfin à identifier les contraintes opérationnelles qui freinent l’exécution du projet, à évaluer les résultats enregistrés et à identifier les ajustements nécessaires pour accélérer sa mise en œuvre à l’horizon 2028. À l’issue des échanges techniques engagés depuis le lundi 23 mars, les parties ont insisté sur la nécessité d’adapter certains dispositifs afin de faciliter le déploiement des infrastructures numériques.
Samira Njoya
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Face aux limites d’un système toujours largement manuel, les Comores misent sur le numérique pour refondre leur état civil. Cette transformation vise à améliorer la fiabilité des données et à renforcer la confiance dans les services administratifs.
Le gouvernement comorien poursuit la modernisation de son administration sous l’impulsion du chef de l’État, Azali Assoumani, avec la validation, le mercredi 25 mars à Moroni, des études préparatoires à la numérisation intégrale du système d’état civil. Porté par le projet d’Appui à la modernisation de l’état civil aux Comores (Amecc), ce chantier vise à mettre fin à la fragmentation des registres et à garantir l’identité légale de chaque citoyen.
L’étude validée pose les bases d’un système moderne et sécurisé. Parmi les innovations majeures figure la création d’un Numéro d’Identification Personnel (NIP), qui deviendra le pilier de l’identité citoyenne. Ce matricule unique permettra de centraliser les informations, de faciliter l’accès aux services publics et de renforcer la fiabilité des données. Le plan prévoit également l’interopérabilité avec les autres systèmes de l’État, ainsi qu’un cadre technique, juridique et institutionnel définissant les responsabilités de chaque acteur. Le plan intègre aussi une évaluation des infrastructures existantes et des capacités en ressources humaines.
Le plan validé s’appuie sur la loi du 27 juillet 2023, qui rend obligatoire la mise en place d’un traitement informatisé des données d’état civil. Il prévoit ainsi la centralisation des fichiers afin d’améliorer l’efficacité des services, tant pour l’administration que pour les usagers. Cette réforme répond aux conclusions de l’évaluation menée en 2022, qui avait mis en évidence les limites d’un système toujours largement manuel, marqué par des coûts élevés, des erreurs fréquentes et des risques accrus de fraude documentaire.
Financé par l’ambassade de France avec l’appui technique de l’Unicef, le projet Amecc ambitionne d’harmoniser les pratiques sur l’ensemble de l’archipel. L’adhésion des communes est acquise, mais le déploiement devra composer avec des niveaux de maturité numérique variables entre les îles. L’étude validée constitue ainsi une étape déterminante vers un système d’état civil fiable, sécurisé et aligné sur les standards internationaux.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les autorités mozambicaines accélèrent les efforts en faveur de la transformation numérique. Une stratégie nationale dédiée est en cours de développement depuis février dernier.
Le Mozambique avance vers la mise en service de son Agence de transformation numérique et d’innovation (ATDI), créée au début du mois. L’exécutif a annoncé, en début de semaine, la nomination d’Adilson dos Santos Cousin Gomes (photo) au poste de président du conseil d’administration de l’institution.
Sa mission consistera à coordonner les activités de l’ATDI, chargée de la fourniture de services et de l’accompagnement du processus de transformation numérique dans le secteur public. Plus précisément, cela inclut l’harmonisation et l’interopérabilité des plateformes numériques de l’État, la gestion et l’intégration des centres de données, la rationalisation des procédures d’acquisition de solutions technologiques, ainsi que le développement de systèmes numériques de services aux citoyens.
Dans un communiqué, le ministère des Communications et de la Transformation numérique a déclaré que cette nomination « intervient dans un contexte où le Mozambique intensifie ses efforts pour accélérer la transformation numérique, renforcer la cybersécurité et promouvoir l’interopérabilité des systèmes de l’État, des facteurs jugés déterminants pour l’efficacité des services publics et le développement économique ».
En plus de l’ATDI, le 10 mars, le gouvernement mozambicain avait institué par décret une Commission nationale pour l’intelligence artificielle (CNIA) ainsi qu’une Commission technique multisectorielle de coordination et de mise en œuvre de la transformation numérique (CTD). En février, le Mozambique lançait officiellement le processus d’élaboration de sa Stratégie nationale de transformation numérique. Une fois terminée, cette feuille de route doit permettre la valorisation des infrastructures numériques publiques pour favoriser un développement inclusif et renforcer la résilience économique.
Maputo a également intensifié au cours des derniers mois les initiatives pour généraliser l’accès à Internet dans le pays. Il ambitionne d’atteindre un taux de pénétration mobile de 80 % et une couverture de 95 % du territoire national. La disponibilité du réseau devrait atteindre 99 %. Côté performances, l’exécutif vise des débits de connexion de 100 Mbps à 1 Gbps pour la 5G, 10 Mbps à 100 Mbps pour la 4G. Pour y arriver, il mise sur la technologie satellitaire, l’extension et la modernisation du réseau télécoms, ainsi que l’extension du réseau de fibre optique.
Pour rappel, le Mozambique est classé 177ᵉ sur 193 pays à l’Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) 2024 des Nations unies, avec un score de 0,2848 sur 1, inférieur aux moyennes sous-régionale, africaine et mondiale. En matière de cybersécurité, le pays se situe au troisième palier de l’Indice global de l’Union internationale des télécommunications (UIT) en 2024, avec des marges de progression notables dans les domaines légal, technique et du renforcement des capacités. L’UIT estime également le taux de pénétration d’Internet à 20,5 %.
Isaac K. Kassouwi
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Dans un contexte de numérisation croissante des services publics, le Gabon engage une réforme visant à mieux exploiter les données liées au transport routier et à renforcer la sécurité des titres administratifs.
Le Gabon a lancé, le mardi 24 mars à Libreville, son système de permis de conduire numérique, marquant le début d’une centralisation des données liées aux conducteurs. Portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema (photo, au centre), cette réforme s’inscrit dans la stratégie de modernisation de l’administration et de renforcement du contrôle dans le secteur des transports.
Le dispositif repose sur un enrôlement biométrique complet des usagers, intégrant empreintes digitales, photographie et signature électronique. Cette collecte vise à constituer un fichier national fiable des conducteurs, permettant d’authentifier les titres de transport et de limiter les risques de falsification. Le permis intègre également des technologies telles que le QR code et la communication sans contact (NFC), facilitant la vérification des informations par les agents de contrôle.
Au-delà du permis, les autorités envisagent d’étendre cette numérisation à l’ensemble des documents routiers, notamment les certificats d’immatriculation et les licences de transport. L’objectif est de bâtir un système interconnecté permettant de centraliser les informations sur les conducteurs et les véhicules, et d’améliorer la traçabilité des opérations. Une telle architecture pourrait renforcer les capacités de régulation de l’administration, en offrant une meilleure visibilité sur le parc automobile et les acteurs du secteur.
Cette structuration des données ouvre également la voie à de nouveaux usages, notamment en matière de sécurité routière. Le gouvernement prévoit à terme l’introduction de dispositifs de vidéo-verbalisation, reposant sur l’interconnexion entre les systèmes de surveillance et les bases de données administratives. Ce type de mécanisme permettrait d’automatiser la détection et la sanction des infractions, tout en renforçant l’efficacité des contrôles.
Plus largement, la réforme traduit une volonté de faire du numérique un levier de gouvernance publique. La centralisation et la fiabilisation des données constituent en effet un préalable à l’amélioration des services administratifs, mais aussi à une meilleure exploitation des informations dans des secteurs connexes, comme l’assurance ou la gestion du trafic. La réussite du dispositif dépendra toutefois de sa capacité à s’intégrer dans un écosystème numérique cohérent, incluant la protection des données personnelles et l’adhésion des usagers.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Avec la mise en ligne de ses premiers services administratifs, le Sénégal entre dans la phase opérationnelle de son New Deal technologique. Un chantier structurant pour l’action publique, confronté aux défis d’accès et d’usage du numérique.
Le Sénégal accélère la mise en œuvre de son New Deal technologique. Un an après le lancement de cette stratégie, le gouvernement a déployé, le mardi 24 mars, la numérisation de plusieurs démarches administratives critiques. Désormais, le casier judiciaire, le certificat de nationalité et l’attestation de non‑appartenance à la Fonction publique sont accessibles en quelques clics via le portail e‑senegal.sn.
Cette première vague de services en ligne marque le début d'une extension massive. Le guichet unique prévoit d'intégrer prochainement des actes liés à l'urbanisme (permis de construire), à l'état civil et au foncier. L'enjeu est de centraliser les interactions entre l'État et les citoyens sur une plateforme sécurisée pour réduire drastiquement les délais de traitement et les coûts de transaction, tant pour les particuliers que pour les entreprises et la diaspora.
Malgré une progression notable au classement mondial de l'e‑gouvernement des Nations unies (135e rang en 2024 contre 143e en 2022), le Sénégal doit encore lever des barrières structurelles. Pour que e‑Sénégal ne laisse personne de côté, les autorités misent sur une couverture hybride associant réseaux terrestres et satellites, notamment via Starlink. L'objectif est d’offrir un accès gratuit à Internet à un million de citoyens pour garantir que la dématérialisation profite également aux zones rurales. DataReportal estime le taux de pénétration d’Internet dans le pays à 60,6 % à fin 2025.
La réussite de ce virage numérique repose sur la capacité de l'administration à assurer l'interopérabilité de ses systèmes et la sécurité des données personnelles. Au-delà de l'outil technique, le gouvernement devra accompagner cette transition par des campagnes de littératie numérique et des points d'accès publics dans les collectivités locales, afin de transformer l'essai et de bâtir une administration réellement connectée et centrée sur l'usager.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans le cadre de la transformation numérique, le Burkina Faso accélère l’intégration des technologies dans tous les secteurs. Cela inclut la radiodiffusion, considérée comme un pilier de la souveraineté nationale.
Les autorités burkinabè prévoient de lancer de nouvelles technologies de diffusion numérique afin de moderniser le radiodiffuseur public et de faciliter l’accès des populations aux contenus audiovisuels.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une stratégie globale de transformation de l’écosystème audiovisuel du pays. Cette dernière a été présentée par le DG de Société burkinabè de télédiffusion (STB), David Ganou, le lundi 23 mars, à l’occasion de la première session ordinaire 2026 du Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM).
Parmi les innovations envisagées, la technologie « TV White Space » permettra de fournir un Internet haut débit sur de longues distances, en particulier dans les zones rurales. La « 5G Broadcast » offrira la possibilité de regarder la télévision gratuitement, sans consommation de données mobiles ni carte SIM. La radio numérique, quant à elle, garantira une meilleure qualité sonore et une diffusion optimisée des contenus.
Le radiodiffuseur public projette également de migrer vers des plateformes numériques nationales (OTT), permettant aux citoyens d’accéder aux contenus sur mobile, tablette ou télévision connectée. L’archivage numérique sera développé pour valoriser les contenus nationaux et renforcer la mémoire audiovisuelle du pays. Le déploiement de la fibre optique viendra compléter cette modernisation, assurant une connectivité plus rapide et stable.
Cette transformation est jugée nécessaire face à l’évolution rapide du secteur audiovisuel. Comme l’a souligné M. Ganou, plus de 70 % du trafic Internet mondial provient aujourd’hui de la vidéo. Les usages se tournent vers le multi-écrans, le streaming à la demande et l’interactivité, tandis que les modèles traditionnels de diffusion sont progressivement remplacés par les plateformes numériques.
Outre le public, le secteur privé est également préoccupé par les enjeux du numérique. En décembre 2025, l’Union burkinabè des éditeurs privés de services de télévision (UBES TV) avait organisé un atelier de deux jours pour identifier des solutions capables d’adapter l’audiovisuel privé aux mutations technologiques et économiques en cours.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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