En Afrique, la gestion des déchets reste un défi majeur, avec des volumes en forte augmentation face à des systèmes de collecte submergés. L’accompagnement des jeunes pousses œuvrant dans le domaine peut transformer ces déchets en opportunités économiques et sociales.

Le Sénégal a officiellement lancé le lundi 30 mars, le projet Digital Innovation for Circular Economy (DICE) Africa, une initiative régionale visant à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) de l’économie circulaire, à travers l’innovation numérique. Egalement déployé au Nigeria, au Ghana et en Côte d’Ivoire, le programme ambitionne de lever les contraintes structurelles dans le domaine, et d’améliorer la valorisation des déchets grâce à des solutions digitales.

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Piloté par le Nigeria Climate Innovation Center (NCIC) et soutenu par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada, le projet dispose d’un budget d’environ 1 million de dollars canadiens (environ 718 200 USD) pour ces quatre pays, sur 30 mois. Il combine recherche, renforcement des capacités et mobilisation de financements pour créer un écosystème durable autour de l’économie circulaire.

Selon Oluwatosin Ajide, coordinateur de DICE Africa, l’identification d'innovations locales est au cœur de l’initiative. Un hackathon sera organisé pour stimuler la créativité des talents sénégalais et concevoir des solutions numériques adaptées aux besoins des entreprises circulaires. Ces outils joueront un rôle central dans mise en œuvre d’une plateforme numérique nationale visant à faciliter les échanges et améliorer la compétitivité de ces PME.

La gestion des déchets demeure un défi majeur en Afrique. Selon la Plateforme africaine des villes propres, près de 90 % des déchets produits sur le continent sont déversés dans des décharges non contrôlées ou brûlés à ciel ouvert. Au Sénégal, la production dépasse 3 millions de tonnes par an, tandis que l’Afrique subsaharienne concentre 19 des 50 plus grandes décharges au monde et pourrait, à terme, devenir la région la plus productrice de déchets.

Samira Njoya

Edité par : Feriol Bewa

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Posted On jeudi, 02 avril 2026 14:47 Written by

Face aux limites d’accès au savoir et à la fragmentation des données universitaires, la RDC mise sur le numérique pour moderniser son enseignement supérieur. Une réforme qui vise à améliorer l’efficacité du système et l’inclusion des étudiants.

La République démocratique du Congo (RDC) enclenche la structuration numérique de son enseignement supérieur. Le lundi 30 mars à Kinshasa, le gouvernement a mis en service le portail numérique du secteur de l’enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations (ESURSI), intégrant la première Bibliothèque numérique nationale. La plateforme ouvre un accès unifié aux ressources pédagogiques et scientifiques pour les étudiants, enseignants et chercheurs.

Soutenue par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD), l’infrastructure s’inscrit dans une logique de réduction des inégalités d’accès au savoir, notamment entre zones urbaines et rurales.

Déjà opérationnel, le portail propose plusieurs services, parmi lesquels la gestion des parcours académiques, l’identification des étudiants, le traitement des équivalences, ainsi que des modules liés aux bourses et aux évaluations. Il pose ainsi les bases d’un système harmonisé et sécurisé à l’échelle nationale.

« Dans une approche progressive, ce portail intégrera également une plateforme nationale d’enseignement ouvert et à distance, pour démocratiser l’accès à la formation, un système d’archivage des productions scientifiques […] et des services numériques avancés pour accompagner la gestion académique », a indiqué la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo.

Au-delà de l’accès au contenu, la réforme vise à améliorer la gouvernance du système universitaire. La centralisation des données doit permettre de mieux tracer les parcours, de fiabiliser les diplômes et de réduire la dispersion des systèmes d’information. L’adhésion de la RDC à l’initiative « Gateways », portée par l’UNESCO et l’UNICEF, inscrit cette transformation dans un cadre aligné sur les standards internationaux.

Reste un défi majeur : les infrastructures numériques. Fin 2025, la RDC comptait 34,7 millions d’internautes, soit un taux de pénétration de 30,5 % selon DataReportal. Dans ce contexte, l’accès au haut débit et l’appropriation des outils numériques par les administrations et le corps académique seront déterminants. L’enjeu est désormais de passer d’un outil technique à un levier effectif de modernisation, capable de soutenir la gouvernance publique, la production scientifique et, à terme, l’écosystème numérique national.

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 02 avril 2026 05:55 Written by

Le gouvernement éthiopien accélère sa transformation numérique pour soutenir le développement social et économique. Cela implique la dématérialisation de l’accès aux services de l’administration publique.

L’Ethiopie introduit la signature électronique pour faciliter l’accès aux services publics. Dénommée teleSign, l’initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation numérique du pays.

Développée par l’opérateur historique Ethio Telecom, la solution a été présentée officiellement le mardi 31 janvier. Elle permet aux citoyens éthiopiens de réaliser leurs démarches administratives en ligne de manière sécurisée et sans se déplacer. Ils peuvent signer des documents officiels, vérifier leur identité numériquement, demander des certificats, authentifier des documents ou donner des procurations, le tout depuis n’importe quel endroit et à tout moment.

« Le lancement de teleSign constitue une étape majeure dans le parcours de transformation numérique de l’Éthiopie, en introduisant la vérification d’identité numérique sécurisée, des signatures numériques reconnues légalement et des flux de travail gouvernementaux entièrement numérisés qui réduisent la bureaucratie, augmentent l’accessibilité et favorisent l’inclusion numérique nationale », a déclaré Ethio Telecom dans un communiqué.

La signature numérique peut contribuer à accélérer la transformation numérique, selon la Banque mondiale. Dans un rapport publié en 2024, l’institution de Bretton Woods rappelle que, à mesure que les transactions se dématérialisent, les mécanismes qui en garantissent la sécurité doivent eux aussi évoluer vers le format électronique. En l’absence de dispositifs fiables et reconnus sur le plan juridique pour authentifier les échanges en ligne, le recours aux signatures manuscrites demeure nécessaire, ce qui oblige encore citoyens et entreprises à se déplacer physiquement et freine ainsi la dynamique de numérisation.

« Lorsque les transactions sont numérisées, de nouveaux problèmes de sécurité apparaissent, car la facilité avec laquelle les données numériques peuvent être dupliquées ou modifiées introduit des vulnérabilités supplémentaires qui n’existaient pas avec le papier », peut-on lire dans le rapport intitulé « Signatures électroniques : Permettre une transformation numérique fiable ».

Pour rappel, l’Ethiopie mise sur la transformation numérique pour accélérer son développement socio-économique, conformément à la stratégie « Digital Ethiopia 2030 ». Pour le moment, le pays se classe à la 169e selon l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI). En 2024, le pays a enregistré un score de 0,3111 sur 1, en dessous des moyennes sous-régionale, continentale et mondiale.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On mercredi, 01 avril 2026 16:16 Written by

Face à la montée des usages numériques, le Rwanda amorce l’encadrement d’un secteur encore peu régulé. Les autorités entendent poser les bases d’un environnement plus sécurisé pour les transactions et les acteurs du marché.

Le Parlement du Rwanda a approuvé, mardi 31 mars, l’exposé des motifs du projet de loi visant à encadrer les activités liées aux actifs virtuels. Le texte ambitionne d’établir un cadre juridique clair pour ce secteur en pleine expansion, tout en conciliant protection des investisseurs et soutien à l’innovation numérique.

Selon le document officiel, la future loi vise notamment à prévenir les risques liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, à protéger les consommateurs face à la nature spéculative des actifs numériques, ainsi qu’à garantir l’intégrité et la transparence du marché. Elle entend également préserver la stabilité financière en limitant les risques systémiques liés à l’interconnexion croissante entre actifs numériques et système financier traditionnel.

Le projet introduit par ailleurs un dispositif de régulation structuré, avec la désignation d’une autorité de supervision chargée d’encadrer les prestataires de services sur actifs virtuels, en coordination avec la Banque centrale. Il couvre aussi des activités clés telles que les plateformes d’échange, les services de conversion entre monnaies classiques et actifs numériques, ainsi que les offres publiques de cryptoactifs, désormais soumises à des obligations d’information renforcées.

Cette initiative intervient dans un contexte de montée des usages, mais aussi des risques. Les autorités rwandaises ont notamment recensé plusieurs cas de fraudes liés à de faux projets d’actifs numériques. Selon les données présentées lors des discussions parlementaires, l’Office rwandais d’investigation (RIB) a déjà enregistré 35 cas de schémas pyramidaux et d’arnaques impliquant des pseudo-cryptomonnaies, entraînant des pertes financières significatives pour les populations.

En dotant le pays d’un cadre réglementaire dédié, les autorités entendent sécuriser les pratiques, renforcer la confiance dans les services financiers numériques et positionner le Rwanda sur le marché émergent des actifs numériques en Afrique. Le projet de loi sera désormais transmis à la commission compétente pour un examen approfondi, avant son éventuelle adoption.

Samira Njoya

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Posted On mercredi, 01 avril 2026 10:31 Written by

Dans un contexte où l’Afrique aiguise l’appétit des pays européens sur le terrain du numérique, le Sénégal se positionne comme un partenaire de plus en plus courtisé. Le pays commence à explorer de nouvelles formes de coopération avec des acteurs déjà actifs sur le continent.

Jeudi 26 mars, le ministre sénégalais de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall (photo), a reçu une délégation finlandaise conduite par Outi Holopainen, sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères, lors de la deuxième session des consultations politiques avec la Finlande.

Concrètement, les deux délégations ont passé en revue les chantiers numériques tels que les infrastructures, la mise en place d’un data center compatible avec l’intelligence artificielle (IA), la connectivité des services publics, les câbles sous-marins, ainsi que deux sujets devenus incontournables : la désinformation et l’éducation des citoyens aux médias.

Ce rapprochement avec Helsinki illustre la volonté de Dakar d’élargir son réseau de partenaires technologiques. Avec le lancement opérationnel du New Deal technologique, le pays a besoin de diversifier ses partenaires pour atteindre, dans les délais fixés par les autorités, ses objectifs en matière de transformation numérique.

Ces derniers mois, Dakar s’est rapproché de plusieurs entreprises technologiques, telles que l’Américain Visa ou le Chinois Huawei, ainsi que de différentes organisations internationales, comme l’Union internationale des télécommunications ou la Banque mondiale, pour soutenir ses projets numériques et technologiques.

La Finlande, de son côté, s’inscrit dans la dynamique européenne Global Gateway. Il s’agit d’une stratégie de l’Union européenne, mise en place en 2021, visant à développer des liens intelligents, fiables et sûrs avec le reste du monde dans plusieurs domaines, dont le numérique. L’initiative vise à mobiliser jusqu’à 300 milliards d’euros (345 milliards $) d’investissements pour atteindre ces objectifs.

Toutefois, le Sénégal et la Finlande n’ont pas encore signé d’accord officiel.

Adoni Conrad Quenum

Éditée par M.F. Vahid Codjia

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Posted On mercredi, 01 avril 2026 09:29 Written by

En Afrique, la montée en puissance des usages vidéo, des applications cloud et des services en ligne pousse le pays à repenser son parc mobile. Le Rwanda s’inscrit dans cette dynamique en revoyant la place des anciennes technologies pour mieux accompagner la généralisation du haut débit mobile.

Les autorités rwandaises préparent l’abandon progressif des technologies de téléphonie mobile 2G et 3G. L’initiative vise à accélérer le développement et l’adoption du haut débit au Rwanda, dans la perspective de la transformation numérique actuellement en cours.

Jeudi 26 mars, Paula Ingabire, ministre des TIC et de l’Innovation, a rencontré des importateurs d’appareils et des acteurs du secteur privé. L’objectif était de discuter des modalités pratiques de cette transition de manière inclusive et de réfléchir aux moyens de faciliter l’accès de tous les Rwandais à des terminaux compatibles avec les technologies 4G et 5G.

Une transition planifiée dans le cadre stratégique national

La migration vers les réseaux 4G et 5G s’inscrit dans le Plan stratégique du secteur des TIC 2024-2029, qui fixe le cadre de la transformation numérique du pays. En novembre 2024, le gouvernement, en partenariat avec l’Allemagne, a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour réaliser une évaluation technique de l’abandon progressif des réseaux 2G et 3G. Cette étude vise principalement à mesurer le niveau de préparation des infrastructures et de l’écosystème technologique.

Elle implique également l’examen des conséquences d’une éventuelle non-transition, telles que l’augmentation des coûts liés au maintien des anciens réseaux, le retrait du soutien des fabricants et les risques en matière de sécurité et de conformité. L’étude analysera l’impact sur la couverture, notamment dans les zones rurales, et la capacité des réseaux 4G et 5G à fournir une connectivité de qualité, inclusive et abordable.

L’évaluation prend aussi en compte les aspects économiques : évolution de l’ARPU [NDLR, revenu moyen par utilisateur], risque de perte de revenus pour les opérateurs, conditions de migration des utilisateurs vers les nouvelles technologies, contraintes liées à l’accès aux terminaux 4G et 5G, effets sur les prix et la concurrence, ainsi que les enjeux de régulation et d’efficacité énergétique.

Les opérateurs télécoms rwandais commencent déjà à se préparer à cette transition. Airtel Rwanda a annoncé en décembre 2024 son intention d’abandonner progressivement la 3G d’ici fin 2025, puis la 2G d’ici 2026, s’alignant sur les tendances mondiales et les ambitions nationales en matière de haut débit. Selon Emmanuel Hamez, alors DG de la filiale rwandaise d’Airtel Africa, cette évolution est non seulement nécessaire, mais inévitable, l’opérateur mettant en place un réseau moderne capable de répondre aux besoins d’une société connectée et numérique.

Une transition inévitable face à la montée du numérique

La demande en connectivité à haut débit croît rapidement, et la 3G est désormais trop lente pour de nombreuses applications, en particulier avec l’augmentation du nombre d’utilisateurs et des besoins en bande passante. Les autorités rwandaises considèrent que cette transition est indispensable pour rester en phase avec les tendances mondiales et l’essor des applications basées sur les données, tout en réduisant progressivement la dépendance aux services vocaux traditionnels.

Le Rwanda entend tirer parti des nouvelles technologies pour réduire la fracture numérique, améliorer la qualité de la connectivité sur tout le territoire et stimuler une économie numérique durable et inclusive. La Stratégie nationale de haut débit souligne que l’accès amélioré au haut débit peut être un véritable moteur de productivité, d’innovation, d’efficacité et de création d’emplois.

En Afrique subsaharienne, de nombreux opérateurs maintiennent encore la 2G pour desservir les utilisateurs sans smartphone, assurer les services vocaux dans les zones mal desservies et fournir les SMS. Toutefois, à l’échelle mondiale, les opérateurs amorcent le retrait progressif de la 3G et des premières générations de 4G afin de libérer du spectre et d'accompagner le déploiement de la 4G LTE avancée et de la 5G.

Par ailleurs, la Banque mondiale estime que la suppression des anciens réseaux sans fil (2G et 3G) peut rendre les investissements télécoms plus efficaces en Afrique en améliorant la couverture et la qualité des services. Elle explique que le maintien de ces réseaux constitue une utilisation peu efficiente des dépenses en capital, dans la mesure où leur ARPU est inférieur à celui généré par la 4G ou la 5G. L’arrêt des anciens réseaux permettrait également de réaffecter les fréquences à des technologies plus performantes, capables d’offrir de meilleurs débits et une meilleure qualité de service.

Des défis persistants en matière d’inclusion numérique

Malgré les avantages annoncés, la transition vers l’ultra-haut débit pose la question de l’inclusion numérique. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), la 2G et la 3G couvraient déjà 98,8 % de la population en 2024, un niveau comparable à celui de la 4G. Si l’écart de couverture reste limité, il pourrait néanmoins concerner certaines zones rurales ou périphériques, où la qualité et la disponibilité des réseaux plus récents demeurent inégales.

Au-delà de la couverture, l’usage constitue un autre défi. D’après les autorités rwandaises, les abonnements au haut débit mobile représentaient 54 % de la population en 2024, signe d’une adoption encore incomplète. L’un des principaux obstacles reste l’accès aux terminaux compatibles. Les smartphones, indispensables pour exploiter pleinement les réseaux 4G et 5G, n’étaient détenus que par 45 % de la population en 2024. À ces contraintes s’ajoutent le coût des offres de données, le niveau de compétences numériques et la pertinence des contenus disponibles.

Par ailleurs, la 2G et la 3G continuent de jouer un rôle dans certains usages professionnels, notamment pour les communications machine à machine (M2M). Elles restent utilisées par des terminaux de paiement électronique, des distributeurs automatiques, des compteurs intelligents ou certains équipements industriels et de transport. Dès lors, se pose la question de la capacité des acteurs concernés à migrer vers des solutions alternatives fiables.

Isaac K. Kassouwi

Éditée par M.F. Vahid Codjia

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Posted On mercredi, 01 avril 2026 08:52 Written by

Comme de nombreux pays africains, la Somalie fait de la cybersécurité un enjeu clé pour sécuriser ses services publics numériques. Les autorités avaient mis en place, début mars, une équipe pour conseiller les administrations et coordonner la gestion des incidents de sécurité en ligne.

Le gouvernement somalien a annoncé, dimanche 29 mars, le lancement d’un programme de formation spécialisé en cybersécurité à destination des professionnels des TIC des institutions publiques. Sanctionnée par des certifications reconnues à l’international, l’initiative vise à renforcer leur capacité à protéger les données nationales et à faire face aux risques croissants de cybermenaces.

Des modules complets et internationaux

La formation est supervisée par l’Autorité nationale des communications (NCA) en partenariat avec le Groupe de la Banque mondiale. Elle couvre un ensemble de modules allant des bases aux niveaux avancés de la cybersécurité, incluant la protection des systèmes informatiques, la gestion et la réponse aux incidents, la sécurisation des données dans le cloud, ainsi que la mise en place et l’audit de politiques de sécurité au sein des organisations. Elle aborde également les bonnes pratiques de gestion des risques et de gouvernance de la sécurité des systèmes d’information. Ces cours seront dispensés à Mogadiscio via des plateformes en ligne, ainsi qu’à Nairobi, au Kenya, entre le 28 mars et le 8 mai.

« Ce programme de formation s’inscrit dans les efforts de l’Autorité pour renforcer la protection de l’infrastructure numérique de la Somalie, sécuriser les données nationales et répondre à l’augmentation des risques liés aux cybermenaces. Il contribuera également à renforcer les capacités du personnel public à protéger efficacement les systèmes et services numériques nationaux », a déclaré Mustafa Yasin Sheikh, directeur général de la NCA.

L’initiative intervient dans une dynamique où les autorités somaliennes intensifient leurs efforts pour renforcer la sécurité du cyberespace national face aux menaces croissantes. Le samedi 7 mars, le pays a lancé l’équipe nationale de réponse aux incidents (SOMCIRT), prévue par la Loi sur la cybersécurité, validée par le Parlement en janvier 2026. En août 2025, il avait approuvé le projet de loi sur la cybercriminalité. Par ailleurs, la loi sur la protection des données, entrée en vigueur en mars 2023, a donné lieu à la création de l’Agence de protection des données (ADP), chargée d’en assurer l’application.

Renforcement du cadre légal et de la coopération internationale

La Somalie intensifie également sa coopération internationale afin de bénéficier d’expertises extérieures. Elle a signé, le mardi 10 février, un protocole d’accord avec la Turquie couvrant plusieurs domaines du numérique, dont la cybersécurité. Le pays s’est aussi rapproché de la Malaisie, du Nigeria et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), entre autres partenaires. Le pays de la Corne de l’Afrique est par ailleurs signataire de la Convention de Malabo, qui vise à renforcer le cadre juridique africain en matière de cybersécurité, de protection des données et de lutte contre la cybercriminalité.

Pour rappel, la cybersécurité est considérée comme une condition sine qua non pour les États qui veulent profiter pleinement des opportunités qu’offrent les TIC par l’Union internationale des télécommunications (UIT). Dans son « Global Cybersecurity Index 2024 » l’organisation a classé la Somalie au quatrième palier (Tier 4) sur 5. Le pays a enregistré un score global de 37,39 sur 100 et doit intensifier ses efforts, notamment en matière de mesures techniques, légales et de développement des capacités.

Isaac K. Kassouwi

Éditée par M.F. Vahid Codjia 

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Posted On mercredi, 01 avril 2026 07:59 Written by

Depuis son lancement en 2011, le POESAM a déjà accompagné de nombreux entrepreneurs en Afrique et au Moyen-Orient. Cette année, le concours met l’accent sur les projets intégrant l’IA, la data et la cybersécurité, pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux actuels.

Orange a annoncé, le lundi 30 mars , l’ouverture des candidatures pour la 16ᵉ édition du Prix Orange de l’Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen-Orient (POESAM). Les jeunes entrepreneurs issus des 17 pays où est présent le groupe télécoms, ont jusqu’au 10 mai pour soumettre leurs projets sur la plateforme dédiée.

Pour cette édition, l’initiative met en avant des projets s’appuyant sur des technologies comme l’intelligence artificielle, le big data ou la cybersécurité. Les solutions développées dans des secteurs tels que l’agriculture, la santé, l’éducation ou l’environnement sont particulièrement ciblées, dans un contexte où ces domaines concentrent une part importante des besoins d'innovation en Afrique.

Le concours s’articule en deux phases. Une première sélection est organisée au niveau national, permettant de désigner les meilleurs projets dans chaque pays. Les candidats retenus accèdent ensuite à une phase internationale au cours de laquelle sont attribués le Grand Prix, ainsi qu’un Prix dédié à l’entrepreneuriat féminin.

Les lauréats bénéficieront d’un appui financier, avec des récompenses allant de 10 000 à 25 000 euros pour les trois premiers prix, et de 20 000 euros pour le Prix international de la femme. Au-delà de ces dotations, le programme prévoit aussi un accompagnement à travers les dispositifs du groupe Orange, notamment en matière de mise en réseau et d’accès à des opportunités de développement.

Lancé il y a plusieurs années, le POESAM a déjà enregistré plus de 17 000 candidatures et permis de distinguer de nombreuses start-up dans la région. Il s’inscrit dans une dynamique plus large de soutien à l’innovation portée par les grands groupes télécoms en Afrique et au Moyen-Orient, dans un contexte de montée en puissance des écosystèmes technologiques.

Les entrepreneurs intéressés peuvent soumettre leur candidature en ligne via la plateforme dédiée : https://POESAM.Orange.com/.

Samira Njoya

Edité par : Feriol Bewa

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Posted On mardi, 31 mars 2026 13:30 Written by

Le Nigeria a lancé un projet de 2 milliards $ pour déployer 90 000 km de fibre optique, visant à réduire la fracture numérique. Le pays entend également développer l’écosystème numérique afin de tirer pleinement parti de ces infrastructures et stimuler l’innovation et la croissance économique.

Les autorités nigérianes veulent consacrer 12 milliards de nairas (8,6 millions de dollars) à un programme de recherche national sur l’économie numérique. Il vise à renforcer les institutions et à garantir que la transition numérique profite à l’ensemble de la société, en s’appuyant sur des preuves scientifiques plutôt que sur des décisions à court terme.

Ce programme, baptisé National Digital Economy Research Clusters (NDERC), s’inscrit dans le cadre du projet BRIDGE, initiative nationale qui prévoit le déploiement de 90 000 km de fibre optique à travers le pays afin d’améliorer la connectivité et de soutenir le développement d’une économie numérique moderne. Le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Bosun Tijani (photo), a annoncé le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt le dimanche 29 mars.

 

« À mesure que nous développons notre infrastructure numérique, il devient essentiel d’adopter des approches fondées sur des données probantes et une réflexion approfondie, afin que tous puissent tirer pleinement profit de cet investissement majeur. Trop souvent, les politiques numériques sont influencées par les dynamiques de marché et les cycles politiques, plutôt que par la recherche et une vision à long terme », a déclaré le ministre, dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux.

Le NDERC prévoit la création de six clusters de recherche couvrant des domaines stratégiques : connectivité, infrastructures publiques numériques, compétences et éducation numériques, économie numérique et emploi, sécurité et protection des consommateurs, ainsi qu’intelligence artificielle et technologies émergentes. Le programme mobilisera 36 professeurs issus de 36 universités nigérianes, en collaboration avec des partenaires académiques internationaux, et impliquera plus de 200 chercheurs, afin de produire des travaux scientifiques rigoureux et directement exploitables dans l’élaboration des politiques publiques.

Le programme s’inscrit dans l’ambition des autorités nigérianes de mettre le numérique au service du développement socio-économique. Selon le gouvernement, les TIC devraient contribuer à hauteur de 22 % du PIB, d’ici 2027.

Par ailleurs, le projet BRIDGE devrait, selon les autorités, permettre la création de nouvelles opportunités d’emploi, avec jusqu’à 20 000 emplois directs et plus de 150 000 emplois indirects, tout en stimulant l’innovation. Il contribuera également à une hausse de 1,5 % du PIB par habitant, faisant passer le PIB du pays de 472,62 milliards de dollars à environ 502 milliards de dollars en quatre ans.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On mardi, 31 mars 2026 10:39 Written by

Face à une demande électrique en hausse et aux exigences de la transition énergétique, la Tunisie accélère la modernisation de ses infrastructures électriques. Dans ce contexte, les réseaux intelligents apparaissent comme un levier stratégique pour renforcer la performance du système électrique national.

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a mis en service, dans la région de Moknine, de nouvelles solutions technologiques avancées au sein de son réseau de distribution. Ce déploiement s’inscrit dans un programme pilote global d’un montant de 15 millions de dinars (environ 5 millions de dollars), entièrement financé par le gouvernement américain, destiné à moderniser des infrastructures électriques jugées critiques.

« Ce projet s’inscrit pleinement dans la vision stratégique de la STEG visant à moderniser le réseau électrique national et à accompagner la transition énergétique de la Tunisie à travers le déploiement de technologies Smart Grid », a déclaré le PDG de la STEG, Faycel Tarifa.

L’innovation majeure de ce site réside dans l’installation du système FLISR (localisation, isolement des défauts et réalimentation du réseau). Déployée en partenariat avec les entreprises américaines E3-International, Schweitzer Engineering Laboratories et G&W Electric, cette technologie permet de détecter rapidement les pannes et de rétablir automatiquement l’alimentation électrique, réduisant ainsi les délais d’intervention humaine. Pour piloter ces équipements, une infrastructure de communication privée LTE (pLTE) a été mise en place par Nokia, offrant une supervision en temps réel de l’ensemble du réseau de distribution.

Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large de développement des réseaux intelligents (Smart Grid), visant à transformer le système électrique en un réseau connecté et capable d’optimiser l’ensemble de la chaîne énergétique, de la production jusqu’au consommateur final, grâce à l’analyse des données en temps réel. Mis en œuvre entre 2020 et 2026, il combine études techniques, transfert de compétences et déploiement de technologies avancées, avec l’objectif de tester un modèle susceptible d’être généralisé à l’échelle nationale.

Dans un pays où la capacité installée atteint environ 5 944 MW répartis sur 25 centrales, la STEG assure près de 96 % de la production électrique nationale. Dans ce contexte, le programme Smart Grid vise notamment à réduire les pertes d’énergie, à optimiser la courbe de charge et à faciliter l’intégration des énergies renouvelables, dont la part devrait atteindre 35 % du mix électrique à l’horizon 2030.

Pour la STEG, l’enjeu est double : optimiser la performance opérationnelle pour limiter les pertes d’énergie et accompagner la transition énergétique grâce à une gestion plus fine de la demande. À terme, ces technologies devraient également améliorer la relation avec les usagers, notamment à travers le déploiement de compteurs intelligents permettant un suivi plus précis de la consommation et une facturation basée sur les usages réels.

Samira Njoya

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Posted On lundi, 30 mars 2026 15:47 Written by
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