Dans un contexte de forte demande en emplois qualifiés, les compétences numériques prennent une place de plus en plus importante. Orange intensifie ses actions pour soutenir l’insertion professionnelle des jeunes en Afrique.

Investir dans le plus grand atout de l’Afrique : sa jeunesse. C’est autour de cet axe que le groupe Orange a dévoilé le mardi 12 mai, lors du Sommet Africa Forward organisé à Nairobi, une nouvelle phase de son engagement en faveur de l’employabilité des jeunes sur le continent.

Dans le cadre de sa stratégie de transformation socio-économique, l’opérateur ambitionne de former plus de 3 millions de jeunes d’ici 2030 aux métiers du numérique, notamment dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le cloud ou encore l’entrepreneuriat. Ces formations, gratuites et certifiantes, seront déployées à travers un réseau élargi d’infrastructures dédiées.

Pour soutenir cet objectif, Orange prévoit l’ouverture de 50 nouveaux Orange Digital Centers, portant leur nombre total à 100 en Afrique et au Moyen-Orient. Le dispositif s’appuiera également sur des partenariats académiques, avec plus de 167 universités, ainsi que sur des plateformes d’apprentissage internationales comme Coursera. L’ambition est de renforcer l’accès aux compétences numériques et de mieux aligner les formations aux besoins du marché du travail.

Au-delà de la formation, le groupe entend également accélérer l’insertion professionnelle des jeunes. Orange prévoit ainsi d’accompagner plus de 500 start-up à l’horizon 2030, en s’appuyant sur un dispositif qui a déjà permis de soutenir plus de 400 jeunes entreprises sur le continent. L’objectif est de transformer les compétences acquises en opportunités économiques concrètes, dans des secteurs porteurs comme la fintech, la santé, l’agriculture ou encore le e-commerce.

Cette orientation vers l’emploi se matérialise notamment à travers le programme « Master Repair », développé en partenariat avec la GIZ. Déployé au Maroc, en Tunisie, au Sénégal et en Égypte, ce projet vise à former des jeunes aux métiers techniques liés à la réparation d’équipements électroniques, ainsi qu’à l’installation et à la maintenance de solutions énergétiques et de connectivité.

À mi-parcours, le programme a déjà permis à 285 jeunes d’acquérir des compétences opérationnelles, avec une attention particulière portée à l’inclusion : 26 % des bénéficiaires sont des femmes et près d’un tiers sont des personnes en situation de handicap. Le projet entre désormais dans une phase dédiée à l’insertion professionnelle, avec un accompagnement renforcé vers l’emploi salarié ou l’auto-emploi.

En combinant formation, accompagnement entrepreneurial et insertion professionnelle, Orange cherche à répondre à l’un des principaux défis du continent : la création d’emplois pour une population jeune en forte croissance. Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique plus large visant à faire du numérique un levier d’inclusion économique et sociale en Afrique.

Samira Njoya

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Posted On mercredi, 13 mai 2026 08:17 Written by

Les solutions de paiement numériques continuent de se développer en Afrique. Elles répondent à un besoin croissant, porté par la transformation numérique en cours sur le continent.

Le fournisseur de services financiers mozambicain Letshego, a lancé une carte de débit au Mozambique en partenariat avec la société américaine Mastercard. L’initiative vise, selon les deux parties, à soutenir la transformation numérique en cours dans le pays ainsi que l’inclusion financière de la population.

Dans un communiqué publié le lundi 11 mai, Mastercard explique que la carte s’appuie sur son réseau mondial. Elle permet aux clients d’effectuer des transactions en toute sécurité, à la fois localement et à l’international là où elle est acceptée. Elle facilite les paiements du quotidien et une plus grande participation au système financier formel.

L’initiative intervient dans un contexte de transformation numérique marqué par une demande croissante de solutions de paiement digitalisées. Elle répond notamment à l’essor des usages numériques, allant des achats sur des plateformes d’e-commerce internationales comme Alibaba ou Jumia, à l’abonnement à des services de streaming tels que Netflix ou Spotify, en passant par divers paiements en ligne du quotidien, encore difficiles d’accès pour une partie de la population non bancarisée.

« En donnant à davantage de personnes les outils nécessaires pour participer à l’économie numérique, nous contribuons à renforcer la résilience financière et à permettre aux communautés de prospérer dans un monde de plus en plus connecté », a déclaré Gabriel Swanepoel, président de division Afrique chez Mastercard

Au-delà des particuliers, l’enjeu concerne également les PME, qui constituent un maillon central de l’économie locale. Pour ces entreprises, l’accès à des moyens de paiement numériques fiables peut faciliter les ventes en ligne, sécuriser les transactions avec les clients et fournisseurs, mais aussi ouvrir l’accès à de nouveaux marchés, y compris à l’international. Dans un environnement où une large part des échanges reste encore dominée par le cash, ces outils apparaissent comme un levier pour formaliser davantage l’activité économique et améliorer la traçabilité des flux financiers.

Il convient toutefois de souligner que la disponibilité des services ne garantit pas nécessairement leur adoption. L’adoption des services financiers numériques est souvent associée à plusieurs facteurs comme la confiance des utilisateurs, le niveau de littératie numérique, l’accès à des équipements adaptés (smartphones, connexion Internet) ainsi que le coût des services. Elle dépend aussi des habitudes de paiement, notamment la persistance de l’usage du cash dans de nombreux contextes.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 12 mai 2026 14:27 Written by

Les infrastructures critiques, notamment dans le transport aérien, figurent parmi les cibles privilégiées des cyberattaques. Face à ces risques, le Gabon engage un renforcement de la sécurité de ses systèmes numériques pour garantir la continuité des opérations.

Le Gabon veut renforcer la protection de ses systèmes numériques dans le secteur de l’aviation civile. L’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) a annoncé à cet effet le jeudi 7 mai, la signature d'un accord de partenariat avec l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF). L'initiative vise à sécuriser les infrastructures critiques et à moderniser les systèmes d’information du secteur aérien.

Dans le cadre de cet accord, l’ANINF accompagnera l’ANAC dans la modernisation de ses systèmes numériques. L’objectif est de renforcer la sécurité des infrastructures informatiques, d’améliorer la gestion des données sensibles et d’optimiser les outils de gestion et de communication utilisés dans l’administration de l’aviation civile.

Le partenariat prévoit également une montée en capacité des systèmes de continuité de service et une amélioration de la résilience face aux incidents numériques. Les deux institutions travaillent aussi sur l’interopérabilité des systèmes d’information, afin de faciliter un échange sécurisé et structuré des données entre administrations.

Un cadre de transformation numérique plus large

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique portée par les autorités gabonaises, qui font de la souveraineté numérique et de la modernisation de l’administration des priorités. Elle est également alignée avec les standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui encourage les États à renforcer la cybersécurité de leurs infrastructures aéronautiques.

Le partenariat intervient dans un contexte international marqué par la recrudescence et la montée croissante des cyberattaques ciblant les systèmes d’aviation civile et les infrastructures critiques. Face aux nouveaux défis liés à l’interconnexion des environnements IT (Technologies de l’Information) et OT (Technologies Opérationnelles), la protection des systèmes numériques, la sécurisation des données sensibles ainsi que la continuité des opérations deviennent des objectifs centraux.

Vers une administration plus résiliente et interconnectée

Au-delà du secteur aérien, cette coopération illustre la volonté du Gabon de construire une administration plus sécurisée et mieux interconnectée. En structurant ses systèmes autour de standards de cybersécurité plus élevés, le pays cherche à renforcer la fiabilité de ses services publics numériques et la protection de ses données stratégiques.

Samira Njoya

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Posted On mardi, 12 mai 2026 14:14 Written by

Le pays opte pour une modernisation de ses procédures d’entrée sur le territoire en misant sur la numérisation des démarches consulaires. Une évolution qui redéfinit la gestion administrative des flux migratoires.

Depuis le lundi 11 mai, toutes les demandes de visa pour le Tchad doivent obligatoirement être effectuées en ligne, via la plateforme officielle evisa.td. L’annonce a été faite par la sous-direction de l’E-Visa du ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration dans un communiqué publié le vendredi 8 mai 2026.

La plateforme eVisa Tchad, déjà opérationnelle depuis décembre 2024, devient désormais l’unique canal de demande pour l’ensemble des catégories de visas, à l’exception des visas diplomatiques et de courtoisie, qui restent gérés par les missions diplomatiques tchadiennes.

Selon les autorités, cette mesure s’inscrit dans l’application du décret n°2299/PR/PM/MSPI/2025 et d’un arrêté conjoint de 2026, qui encadrent les conditions d’entrée et de séjour des étrangers au Tchad. L’objectif est de centraliser et sécuriser le traitement des demandes, tout en simplifiant les procédures administratives.

Les autorités précisent par ailleurs qu’une période de transition est en cours. Les visas délivrés avant l’entrée en vigueur du dispositif restent valables jusqu’à leur expiration. En revanche, à partir du 21 mai 2026, tout visa délivré en dehors de la plateforme sera considéré comme invalide et ne permettra plus l’entrée sur le territoire tchadien. Les autorisations manuelles d’entrée sont supprimées définitivement.

Avec cette réforme, le Tchad rejoint un mouvement plus large de dématérialisation des procédures de visa observé dans plusieurs pays africains, à l’instar du Rwanda, du Kenya et du Ghana, qui ont déjà basculé vers des systèmes entièrement numériques pour la gestion des demandes d’entrée sur leur territoire.

Samira Njoya

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Posted On mardi, 12 mai 2026 12:29 Written by

Les pays africains misent sur l’intégration des TIC pour assurer le développement socio-économique. Cette transformation touche à tous les secteurs, dont l’éducation.

L’Université du Burundi s’est dotée d’une Unité d’appui à l’enseignement numérique. Annoncée la semaine dernière, l’initiative s’inscrit dans le cadre plus large de la transformation numérique de l’enseignement supérieur dans le pays.

Selon la décision rectorale établissant l’unité, celle-ci a pour mission de développer et renforcer l’enseignement numérique dans toutes les facultés et instituts de l’université. Elle devra également initier et accompagner efficacement les projets et programmes visant l’intégration des technologies numériques afin d’améliorer la qualité de l’enseignement. L’unité sera aussi chargée de promouvoir la réflexion, la recherche et les partenariats dans le domaine des technologies éducatives.

Pour assurer la mise en œuvre du dispositif, des points focaux ont été désignés dans l’ensemble des facultés et instituts. Leur rôle consistera principalement à accompagner les enseignants dans l’adoption des pratiques pédagogiques numériques, à identifier les besoins en formation et en ressources. Ils devront aussi suivre les nouvelles perspectives offertes par les technologies éducatives et contribuer au développement d’une culture du numérique au sein de l’enseignement supérieur.

Entre potentiel, retard et défis

Cette initiative intervient alors que les autorités burundaises veulent digitaliser l’enseignement supérieur, à l’instar de nombreux pays africains. L’intégration des TIC dans les processus d’enseignement-apprentissage est perçue comme un moyen d’améliorer l’accès aux ressources pédagogiques, de moderniser les méthodes d’enseignement et de renforcer les compétences numériques des étudiants et des enseignants.

Le Burundi accuse toutefois un retard dans ce domaine. Richard Ndayishimiye, doyen de l’Institut Supérieur de Commerce (ISCO) à l’Université du Burundi et expert en transformation numérique de l’enseignement supérieur, l’a souligné en janvier dernier lors du 8e colloque de AUPTIC à Lausanne, en Suisse. Il a notamment évoqué les difficultés liées à la fracture numérique, au faible accès aux infrastructures de connexion et d’énergie, ainsi qu’au besoin de renforcement des compétences numériques au sein de la communauté universitaire.

Au niveau des pratiques, une enquête citée indique que seulement 19,69 % des étudiants suivent régulièrement un enseignement numérique, alors que 49,32 % des enseignants déclarent organiser des cours numériques. Par ailleurs, 82,7 % des étudiants expriment des besoins en formation, contre 93,5 % des enseignants.

Concernant la fracture numérique, les étudiants disposent d’équipements limités : seul un étudiant sur cinq possède un ordinateur. Les smartphones sont plus répandus, mais souvent incompatibles avec certaines applications pédagogiques. Les campus disposent également de peu, voire pas, d’espaces de travail équipés.

Malgré ces contraintes, un fort appétit pour le numérique se dégage au sein de la communauté universitaire. Selon l’enquête, 85,04 % des étudiants se disent favorables au développement du numérique, contre 96,1 % des enseignants.

Isaac K. Kassouwi

Posted On lundi, 11 mai 2026 11:17 Written by

Avec une économie numérique africaine en forte croissance, les coopérations entre États deviennent un levier clé. Le Maroc et le Ghana entendent capitaliser sur ce potentiel pour développer des services publics plus accessibles et stimuler l’innovation.

Le Maroc et le Ghana ont signé, le jeudi 7 mai à Rabat, une déclaration d’intention pour renforcer leur coopération dans la transition numérique et la modernisation de l’administration. L’accord a été paraphé en marge de la clôture des Assises africaines du Gouvernement.

Le protocole — signé par Amal El Fallah Seghrouchni (photo, à gauche), ministre marocaine de la Transition numérique, et Akanvariva Lydia Lamisi (photo, à droite), ministre d'État chargée de la Réforme du secteur public — fixe plusieurs axes prioritaires, dont la numérisation des services publics, le gouvernement ouvert, l’intelligence artificielle, ainsi que la gouvernance et la valorisation des données. Les deux parties entendent également promouvoir les technologies émergentes comme levier d’amélioration de la performance administrative.

Au-delà des engagements politiques, la coopération prévoit la mise en place de mécanismes opérationnels concrets. Des échanges d’expertise, des missions techniques, des ateliers, ainsi que des initiatives d’innovation collaborative — telles que des hackathons — devraient favoriser l’émergence de projets communs à fort impact. L’objectif affiché est de renforcer les capacités des administrations tout en stimulant les écosystèmes numériques nationaux.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement entre pays africains autour des enjeux de souveraineté numérique et d’efficacité de l’action publique. Le Maroc, qui déploie sa stratégie numérique à horizon 2030, multiplie les partenariats pour consolider son positionnement comme hub régional des services numériques. De son côté, le Ghana s’impose progressivement comme un acteur clé de l’innovation numérique en Afrique de l’Ouest, notamment grâce à ses avancées dans les services financiers numériques et l’identité numérique.

Cette signature intervient alors que les organisations de la société civile présentes à Rabat ont adopté une déclaration commune pour renforcer l'engagement politique en faveur de la transparence et de la participation citoyenne sur le continent.

Samira Njoya

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Posted On lundi, 11 mai 2026 07:20 Written by

Depuis le lancement de sa stratégie numérique à l’horizon 2030, le Maroc accélère la modernisation de son administration publique. Le pays enchaîne les partenariats dans le secteur numérique afin de soutenir la transformation des services publics et renforcer la qualité de la gouvernance.

Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration a signé, le mardi 5 mai à Rabat, trois conventions de partenariat destinées à accélérer la numérisation des services publics, améliorer la relation entre l’administration et les citoyens et renforcer les mécanismes de transparence. Ces accords ont été conclus en marge des Assises africaines du gouvernement ouvert (AAGO), organisées dans la capitale marocaine.

Le premier partenariat a été conclu avec l’Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO). L’accord porte sur plusieurs axes liés à la transformation numérique, notamment l’intelligence artificielle (IA), la formation, l’échange d’expertises et le développement de projets technologiques innovants dans les administrations publiques. Les deux parties ambitionnent également de promouvoir les données ouvertes et de renforcer la coopération autour de la numérisation du patrimoine culturel et scientifique.

Le deuxième accord, signé avec l’Institution du Médiateur du royaume, vise à moderniser l’accueil des usagers dans les services publics. Les autorités marocaines veulent améliorer la qualité des prestations administratives et renforcer la confiance des citoyens envers l’administration à travers de nouveaux dispositifs numériques et des expériences pilotes appelées à être progressivement généralisées.

Le troisième partenariat concerne l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption. Il prévoit la modernisation des systèmes d’information de l’institution ainsi que le développement d’outils numériques capables de renforcer la transparence et d’améliorer la détection des risques de corruption. L’accord mise notamment sur l’utilisation de l’IA et de l’analyse de données pour accompagner la digitalisation de la gouvernance publique.

Ces accords s’inscrivent dans un contexte d’intensification des investissements dans la transformation numérique de l’administration publique. Le Maroc mise notamment sur la dématérialisation des procédures, l’interconnexion des plateformes publiques et l’intégration progressive des technologies émergentes afin d’améliorer l’efficacité des services administratifs. Cette stratégie s’appuie sur une forte progression des usages numériques dans le pays. Selon l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), le taux de pénétration de l’Internet atteignait 112,59 % fin 2025, un niveau qui s’explique par la multiplication des abonnements mobiles et fixes.

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 08 mai 2026 12:15 Written by

Face à la montée des usages numériques et des cyberrisques, l’Afrique du Sud prépare l’introduction d’une identité numérique nationale. L’objectif est de simplifier l’accès aux services publics, renforcer la sécurité des données personnelles et lutter plus efficacement contre la fraude identitaire et les crimes financiers.

L’Afrique du Sud accélère sa stratégie de numérisation des services publics. Le ministère sud-africain de l’Intérieur a publié le lundi 4 mai un projet de règlement ouvrant la voie à l’introduction d’une identité numérique nationale, destinée à fonctionner aux côtés des cartes d’identité physiques déjà en circulation.

Porté par le ministère de l’Intérieur, ce projet s’inscrit dans la stratégie « Home Affairs @ home », qui vise à permettre aux citoyens d’accéder à plusieurs services administratifs directement depuis leur smartphone. Le futur système reposera sur une application baptisée « MyMzansi », à travers laquelle les utilisateurs pourront stocker et utiliser des versions numériques sécurisées de leurs documents officiels.

Selon les autorités, cette identité numérique sera valable pendant cinq ans et pourra être renouvelée à distance grâce à une vérification biométrique faciale. Le gouvernement prévoit également un système de vérification utilisant les technologies NFC, Bluetooth et QR code afin de faciliter l’authentification des citoyens dans les services publics et privés.

Le ministère sud-africain de l’Intérieur précise toutefois que cette identité numérique restera facultative et ne remplacera pas les cartes d’identité physiques. Les deux formats coexisteront dans le cadre d’un système hybride destiné à moderniser progressivement l’administration sans exclure les populations encore éloignées des usages numériques.

Un outil contre la fraude et les crimes financiers 

Pour Pretoria, cette réforme dépasse la simple dématérialisation administrative. Le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, estime que le système pourrait renforcer la lutte contre le vol d’identité, les fraudes financières, la corruption et l’immigration illégale.

Le projet prévoit ainsi des mécanismes avancés de sécurité, notamment la capture biométrique, la détection de présence (liveness detection), le chiffrement des données et le rattachement de l’identité numérique à un appareil mobile spécifique. Les autorités souhaitent également mieux encadrer l’accès aux données personnelles, dans un contexte mondial marqué par la montée des préoccupations liées à la cybersécurité et à la protection de la vie privée.

Vers une administration entièrement numérique 

Le gouvernement sud-africain entend faire de cette identité numérique le socle de sa future administration numérique. À terme, plusieurs services devraient être intégrés à la plateforme MyMzansi, notamment les permis de conduire, les certificats scolaires, les services sociaux ou encore certaines démarches policières et judiciaires.

Cette transformation intervient alors que l’Afrique du Sud cherche à moderniser des services publics souvent critiqués pour leurs lenteurs administratives et les longues files d’attente dans les agences gouvernementales. Le projet de règlement est actuellement soumis à consultation publique jusqu’au 6 juin 2026 avant une éventuelle adoption définitive.

Samira Njoya 

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Posted On vendredi, 08 mai 2026 11:45 Written by

La gestion des actes d’état civil au Burundi reste encore largement dominée par des procédures manuelles, souvent sources de lenteurs administratives. Les autorités veulent désormais s’appuyer sur le numérique pour sécuriser les données des citoyens et moderniser l’administration publique.

Le Burundi poursuit la modernisation de son administration publique à travers un vaste chantier de numérisation de l’état civil et de l’identification des citoyens. Le ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique a présenté, le mardi 6 mai, une plateforme numérique dédiée à la gestion des documents administratifs et à la production d’une nouvelle carte nationale d’identité biométrique.

Selon Valentin Nahimana (photo), directeur général chargé des programmes de l’administration au sein du ministère, cette réforme était en préparation depuis plusieurs années. Sa mise en œuvre a toutefois nécessité une adaptation du cadre juridique existant, notamment des dispositions du code de la famille qui prévoyaient encore un enregistrement manuel des actes d’état civil. Ces ajustements étaient indispensables pour permettre l’intégration des nouvelles technologies dans le système administratif.

La future carte biométrique intégrera plusieurs éléments de sécurité destinés à limiter les risques de falsification et d’usurpation d’identité. Son numéro unique devrait également servir de référence dans d’autres documents officiels, notamment le passeport et différents services administratifs.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique engagée par les autorités burundaises afin de moderniser les services publics, renforcer la sécurité des données et améliorer l’identification des citoyens. Le projet prévoit notamment la numérisation des actes d’état civil, longtemps gérés de manière manuelle, ainsi que l’instauration d’un système d’identification conforme aux standards internationaux.

Sur le plan technique, les autorités affirment que les infrastructures nécessaires sont presque finalisées et que le système attend désormais l’adoption du décret devant encadrer officiellement son utilisation. Plusieurs défis persistent, notamment l’accès limité à l’électricité et à Internet dans certaines zones rurales. Selon les dernières données de DataReportal, le taux de pénétration d’Internet au Burundi est de 11,1 % fin 2025, l’un des plus faibles d’Afrique subsaharienne.

Au-delà de la simple délivrance d’un document d’identité, ce projet marque une nouvelle étape dans la transformation numérique du Burundi. Les autorités espèrent qu’il permettra de renforcer la gouvernance administrative, de faciliter l’accès aux services publics et de poser les bases d’un écosystème numérique plus moderne et interconnecté.

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 08 mai 2026 08:46 Written by

Le Burkina Faso intensifie ses partenariats dans le domaine du numérique afin d’accélérer sa transformation digitale. Dans un contexte de multiplication des initiatives régionales et internationales, la BAD réaffirme son intérêt pour un accompagnement des projets structurants du pays.

La ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo/Sabane (photo), a échangé le mercredi 6 mai à Ouagadougou avec une délégation de la Banque africaine de développement (BAD), lors d’une séance de travail consacrée aux priorités numériques du Burkina Faso. Cette rencontre s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer les partenariats stratégiques autour du numérique, considéré comme un levier majeur de développement économique et social.

À cette occasion, la ministre a présenté les douze chantiers structurants de son département, ainsi que les principales avancées enregistrées et les projets en cours. Ceux-ci concernent notamment le développement des infrastructures numériques, la modernisation des services publics et le renforcement des capacités dans les technologies émergentes. Elle a également réaffirmé la vision du gouvernement, qui ambitionne de faire du numérique un moteur central de transformation de l’économie et de l’administration publique.

Les échanges ont permis d’identifier plusieurs pistes de collaboration, dont les contours devront être approfondis au niveau technique afin de déterminer les projets susceptibles de bénéficier d’un appui de la BAD.

La Banque africaine de développement, qui accompagne déjà plusieurs initiatives de transformation numérique sur le continent, a salué la cohérence des orientations stratégiques du Burkina Faso. L’institution a réitéré sa disponibilité à soutenir les projets structurants du secteur, notamment ceux liés aux infrastructures et au développement des compétences numériques.

Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du document de stratégie pays « DSP-i 2022-2025 », prorogé à 2026, qui encadre les interventions de la BAD au Burkina Faso. Le numérique y occupe une place croissante, en tant que levier transversal de compétitivité, d’inclusion et de modernisation.

La rencontre intervient par ailleurs dans un contexte de diversification des partenariats numériques du pays. Ces derniers jours, le Burkina Faso a également engagé des discussions avec la Russie autour de la coopération technologique. Le pays développe également des collaborations régionales avec le Niger et le Mali, ainsi qu’avec les Émirats arabes unis dans le domaine du numérique.

Sur le plan multilatéral, le Burkina Faso bénéficie déjà de l’appui de la Banque mondiale à travers plusieurs projets structurants, notamment le Projet d’accélération de la transformation digitale (PACTDIGITAL) et l’initiative WURI (West Africa Unique Identification for Regional Integration and Inclusion), dédiée à l’identification numérique régionale.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 07 mai 2026 12:34 Written by
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