La numérisation des services publics gagne progressivement l’ensemble des secteurs administratifs en Algérie. Après plusieurs réformes engagées ces dernières années, les services consulaires amorcent à leur tour leur modernisation pour rendre les démarches plus accessibles aux membres de la diaspora.

L’Algérie a officiellement lancé un nouveau service numérique destiné à faciliter les démarches administratives des membres de la communauté nationale établie à l’étranger. Ce dispositif permet désormais de déposer à distance les demandes de renouvellement du passeport biométrique. L’initiative a été annoncée le mercredi 24 juin par les ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports.

Développée dans le cadre de la transformation numérique de l’administration, la plateforme permet aux ressortissants algériens de soumettre leur dossier en ligne à tout moment, 24h/24 et 7j/7, et d’en suivre le traitement à chaque étape. Les autorités assurent que le système intègre des mécanismes avancés de cybersécurité et de protection des données personnelles afin de garantir la fiabilité des échanges et la sécurisation des documents officiels.

Le lancement intervient dans un contexte marqué par l’expiration progressive d’un grand nombre de passeports biométriques délivrés il y a une dizaine d’années. Cette situation a entraîné une augmentation des demandes de renouvellement auprès des consulats algériens, notamment dans les pays accueillant d’importantes communautés algériennes. Les autorités espèrent ainsi fluidifier le traitement des dossiers et réduire la pression sur les services consulaires.

La première phase du projet est déployée au Consulat général d’Algérie à Paris, l’un des postes consulaires les plus sollicités du réseau diplomatique algérien. Une généralisation progressive est prévue dans les autres représentations à l’étranger après évaluation du dispositif et ajustement des procédures.

Les autorités mettent également en avant la dimension sécuritaire du projet. La plateforme repose sur un système d’information développé selon des normes destinées à garantir la protection des données personnelles, la sécurisation des échanges électroniques et la fiabilité du traitement des demandes. Le gouvernement présente cette initiative comme une contribution au renforcement de la souveraineté numérique du pays et à la modernisation de l’administration publique.

Cette nouvelle étape prolonge les efforts déjà engagés pour numériser les services consulaires. Les ressortissants algériens à l’étranger disposent déjà de plusieurs services en ligne, notamment pour le suivi des demandes de documents administratifs. Avec la dématérialisation du dépôt des dossiers de renouvellement de passeport, l’Algérie franchit une étape supplémentaire vers une administration davantage accessible à distance.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

 L’Algérie recherche un expert national en transformation numérique

Posted On vendredi, 26 juin 2026 13:47 Written by

La transformation numérique en Afrique et dans le monde ouvre un large éventail d’opportunités d’emploi pour les jeunes du continent. Cependant, il est nécessaire de disposer des capacités adéquates pour en tirer pleinement profit.

Les autorités libériennes envisagent de créer 15 centres de compétences numériques à travers le pays. L’initiative vise à doter les jeunes Libériens des compétences numériques, des outils et des opportunités nécessaires pour réussir dans un monde de plus en plus axé sur les technologies.

Un protocole d’accord a été signé à cet effet le jeudi 25 juin entre l’Autorité des télécommunications du Liberia (LTA) et le ministère de la Jeunesse et des Sports. Dans le cadre de ce partenariat, le régulateur fournira à chaque centre des ordinateurs, des imprimantes, une connexion Internet haut débit via Starlink, ainsi qu’un abonnement Internet d’un an. L’Autorité financera également intégralement un programme de formation aux compétences numériques d’une durée de trois mois, dont environ 750 jeunes devraient bénéficier dans tout le pays.

La signature de ce protocole d’accord intervient quelques semaines après l’organisation d’une formation destinée aux créateurs de contenus sur les mécanismes de monétisation des plateformes Meta et TikTok. Le programme s’adressait à 150 participants, parmi lesquels des humoristes, des conteurs, des créateurs de défis, des producteurs de vidéos de réaction et, plus largement, des créateurs de contenus spécialisés dans le divertissement.

Ces efforts s’inscrivent dans un contexte où de nombreux gouvernements africains considèrent le numérique comme un levier pour lutter contre le chômage des jeunes. Avec la généralisation des technologies de l’information et de la communication (TIC), le marché du travail évolue rapidement. Selon la Banque mondiale, quelque 230 millions d’emplois en Afrique nécessiteront des compétences numériques d’ici à 2030.

Selon le « Country Focus Report 2025 » de la Banque africaine de développement (BAD), le taux d’activité au Liberia est estimé à 59 %, avec un taux de chômage officiel de 3,5 %. L’institution souligne toutefois que ces chiffres masquent des niveaux élevés de sous‑emploi et d’emploi informel, particulièrement chez les jeunes et les femmes. Dans ce contexte, les 15 à 35 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation, sont davantage exposés à l’exclusion sociale, à la consommation de substances et à des perspectives économiques limitées.

« Le manque d’accès à des formations professionnelles adaptées et à des opportunités d’emploi pour les jeunes limite la capacité du Liberia à tirer pleinement parti du potentiel de sa population jeune. Sans interventions ciblées, ces défis risquent de perpétuer les cycles de pauvreté et de fragilité sociale, freinant ainsi les objectifs de développement national », souligne la BAD.

Isaac K. Kassouwi

Lire aussi:

Le Liberia annonce une formation sur la création de contenus pour Meta et TikTok

Posted On vendredi, 26 juin 2026 10:14 Written by

Les systèmes de santé en Afrique font face à des défis persistants dans la gestion des médicaments, marqués par des ruptures de stocks et une faible traçabilité. Le recours aux outils numériques est de plus en plus considéré comme essentiel pour renforcer l’efficacité des chaînes d’approvisionnement.

Le Burundi prépare l’extension de son système numérique de gestion de la chaîne d’approvisionnement en produits de santé aux formations sanitaires privées. Cette orientation a été au centre des échanges le jeudi 25 juin entre le ministre de la Santé publique, Fidele Ndayisaba, et le directeur pays de l’ONG néerlandaise i+Solutions, Alain Parfait Bimenyimana.

La rencontre a permis de faire le point sur l’état d’avancement du projet eLMIS Medexis, une plateforme numérique dédiée à la gestion des stocks et des approvisionnements en produits de santé. Déjà déployé dans l’ensemble des formations sanitaires publiques et confessionnelles du pays, le système contribue à améliorer le suivi logistique des médicaments et autres produits médicaux.

Lancé en décembre 2022, avec l’appui de l’ONG i+Solutions et de l’Ambassade du Royaume des Pays‑Bas, le projet vise à renforcer la chaîne d’approvisionnement en santé à travers la digitalisation, dans un contexte marqué par la nécessité d’améliorer la disponibilité des médicaments et la fiabilité des données logistiques.

Selon i+Solutions, le déploiement national d’eLMIS Medexis a franchi une étape importante en 2025, avec la couverture de l’ensemble des formations sanitaires publiques et confessionnelles. Plus de 2000 utilisateurs ont été formés dans 956 établissements de santé, accompagnés par la mise à disposition de 839 ordinateurs portables et 148 routeurs pour faciliter l’utilisation du système.

Au‑delà de l’extension envisagée au secteur privé, les discussions ont également porté sur les conditions de consolidation du dispositif. Il s’agit notamment du renforcement de l’accompagnement des utilisateurs, de l’amélioration des équipements numériques et du développement de la connectivité Internet dans les structures de santé. Le recours à des solutions satellitaires comme Starlink a été mentionné pour les zones les moins connectées.

La question de l’interopérabilité du système avec les autres plateformes numériques du secteur de la santé a également été abordée, dans la perspective de mieux intégrer les données et d’améliorer la coordination de la gestion sanitaire.

Samira Njoya

Lire aussi:

La RDC déploie un système numérique pour améliorer le suivi des médicaments et vaccins 

Posted On vendredi, 26 juin 2026 10:00 Written by

Les besoins en compétences numériques devraient exploser en Afrique au cours des prochaines années, portés par la transformation numérique des économies et des administrations. Selon la SFI, plus de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et la Banque africaine de développement (BAD) ont conclu, le mercredi 24 juin, un accord de partenariat destiné à soutenir la formation numérique et l’entrepreneuriat dans plusieurs pays africains. Signé à l’issue d’une rencontre entre la Secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo (photo, à droite), et le président de la BAD, Sidi Ould Tah (photo, à gauche), cet accord cible en priorité les jeunes et les femmes, considérés comme des acteurs clés de la transformation numérique du continent.

Cette coopération sera déployée dans une première phase au Bénin, au Cameroun, en Guinée, à Madagascar et en République démocratique du Congo. Elle répond à un défi partagé par de nombreux pays francophones : offrir à une population jeune, souvent confrontée au chômage ou au sous-emploi, la possibilité de saisir les opportunités créées par le développement rapide des technologies numériques.

Le programme prévoit des formations dans plusieurs domaines à forte demande, notamment le développement web et mobile, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’analyse de données. Les bénéficiaires auront également accès à des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi, l’auto-emploi et la création d’entreprise. Des camps de formation, des ateliers de prototypage ainsi que des collaborations avec des incubateurs et accélérateurs d’entreprises sont également prévus afin de favoriser l’émergence de projets innovants.

Une attention particulière sera accordée aux initiatives portées par les femmes et les jeunes entrepreneurs. Les deux institutions entendent ainsi contribuer à réduire les inégalités d’accès aux compétences numériques et aux opportunités économiques dans les pays concernés.

L’initiative s’appuie sur l’expérience acquise par l’OIF à travers ses différents programmes dédiés à la jeunesse. L’organisation indique avoir déjà accompagné près de 19 000 jeunes dans les domaines du numérique, de l’employabilité et de l’entrepreneuriat au sein de l’espace francophone, notamment grâce au programme D-CLIC.

Au-delà des formations, l’OIF et la BAD travailleront avec les gouvernements, les établissements de formation et les acteurs locaux afin de renforcer durablement les capacités nationales. L’objectif est de favoriser une appropriation locale des programmes et de garantir leur pérennité à long terme. La phase pilote du projet s’étendra sur une période comprise entre 12 et 24 mois dans les cinq pays retenus. Une extension à d’autres États membres de la Francophonie pourrait ensuite être envisagée en fonction des résultats obtenus.

Pour l’OIF, ce partenariat marque également une nouvelle étape dans sa stratégie de mobilisation de financements et de partenariats destinés à élargir l’impact de ses programmes. À travers cette coopération avec la BAD, l’organisation entend accélérer le développement de projets à forte valeur ajoutée dans les domaines de l’emploi, de l’entrepreneuriat et de la transformation numérique au bénéfice de la jeunesse francophone.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Madagascar : 1000 jeunes formés aux métiers du numérique d’ici juin via D CLIC

Posted On vendredi, 26 juin 2026 09:16 Written by

Dans les télécommunications, les services satellitaires connaissent une croissance rapide. L’absence de règles claires limite toutefois la structuration des activités des fournisseurs de ces services.

L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA) a lancé, le mercredi 24 juin, un guide destiné à aider les régulateurs à construire des cadres réglementaires cohérents face à l’essor des services de connectivité par satellite.

Baptisé « Satellite Regulatory Playbook », le document cible ce segment, où les cadres existants laissent souvent des vides. Les services impliquant un opérateur mobile bénéficient généralement déjà de garanties suffisantes.

Le guide identifie huit piliers réglementaires : établissement local, sécurité nationale, protection des consommateurs, infrastructures, déploiement des terminaux, fiscalité, services d’urgence et application de la loi. « La connectivité n'est pas un choix entre réseaux terrestres et satellitaires. La régulation doit être technologiquement neutre et se concentrer sur des résultats cohérents pour les consommateurs, quel que soit le mode de fourniture des services », a déclaré Michaela Angonius, responsable des politiques et de la régulation à la GSMA.

Le guide arrive alors que plusieurs opérateurs africains ont déjà noué des partenariats satellitaires pour étendre leur couverture. Orange s'est allié à Eutelsat pour déployer la connectivité satellitaire en Côte d'Ivoire, au Sénégal ou encore en RDC, tandis que MTN a signé son propre accord avec Eutelsat pour la Côte d'Ivoire, après un précédent partenariat conclu en 2024 avec sa filiale Bayobab pour exploiter la constellation OneWeb.

Au-delà des kits satellitaires classiques, le segment le plus disruptif reste le Direct-to-Cell, qui permet à un smartphone standard de capter directement un satellite sans antenne ni équipement supplémentaire. MTN Zambia a annoncé en mars dernier avoir réalisé avec succès les premiers tests africains de la technologie Direct-to-Cell, en partenariat avec Starlink, sous la supervision du régulateur télécoms zambien, une expérimentation qui illustre précisément le type de zone grise réglementaire que le nouveau Playbook de la GSMA veut désormais clarifier.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

Lire aussi:

Madagascar : un cadre légal pour faire face à la cybercriminalité

Posted On vendredi, 26 juin 2026 06:20 Written by

Avec la progression rapide du numérique sur le continent, les cybermenaces gagnent en ampleur. En Namibie, certaines entités pourraient voir leurs identifiants exposés.

L’équipe namibienne de réponse aux incidents de cybersécurité (NAM-CSIRT) a identifié 13 organisations du pays potentiellement exposées à FortiBleed, une campagne mondiale de compromission d’identifiants ciblant les pare-feu et les passerelles VPN fabriqués par l’entreprise américaine Fortinet.

Dans une alerte publiée ce week-end, l’organisme précise qu’aucune compromission généralisée n’a été confirmée à ce stade, mais qu’il est encore temps d’agir, appelant les entités concernées à prendre des mesures correctives sans délai.

« Bien qu’il n’existe actuellement aucune preuve d’une compromission généralisée parmi les organisations namibiennes identifiées, cet incident souligne l’importance d’adopter des mesures proactives en matière de cybersécurité. En termes simples, les pare-feu Fortinet constituent la porte d’entrée numérique vers le réseau d’une organisation », a déclaré Mufaro Nesongano, porte-parole de l’Autorité de régulation des communications de Namibie (CRAN).

Et d’ajouter : « si les clés de cette porte, telles que les noms d’utilisateur, les mots de passe ou les identifiants VPN des administrateurs, sont exposées, des acteurs malveillants pourraient être en mesure d’accéder au réseau comme s’ils étaient des utilisateurs autorisés et d’y mener des activités malveillantes sans éveiller immédiatement les soupçons ».

Selon les analyses de plusieurs sociétés de cybersécurité, FortiBleed n’est pas liée à une nouvelle faille logicielle. Fortinet a lui-même indiqué qu’il s’agissait d’une campagne de réutilisation d’identifiants déjà compromis lors d’incidents antérieurs, combinée à des attaques par force brute visant des appareils insuffisamment protégés, notamment ceux dépourvus d’authentification multifacteur. La société SOCRadar évalue à plus de 86 000 le nombre d’identifiants valides et exploitables recensés à l’échelle mondiale dans 194 pays à partir d’infrastructures Fortinet exposées sur Internet.

Ce chiffre est régulièrement révisé à la hausse depuis la découverte de la campagne. La première estimation publique avancée par la société de cybersécurité Field Effect faisait état d’environ 74 000 configurations VPN et équipements pare-feu compromis.

Les organisations potentiellement concernées en Namibie ont été invitées à réinitialiser leurs identifiants administrateurs et VPN, à activer l’authentification multifacteur et à mettre à jour leurs équipements Fortinet. La CRAN recommande également un examen approfondi des configurations de pare-feu afin de détecter d’éventuelles modifications non autorisées et salue les organisations ayant déjà engagé ces mesures correctives.

Adoni Conrad Quenum

Lire aussi:

Congo : 1,5 milliard $ et 144 000 emplois grâce au numérique d’ici 2030 (GSMA)

Posted On vendredi, 26 juin 2026 03:33 Written by

En 2014, Madagascar s’est doté d’un cadre légal pour lutter contre la cybercriminalité. Mais depuis la pandémie de Covid-19 et l’accélération de la transformation numérique, les incidents se multiplient et ce dispositif apparaît désormais dépassé.

Le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications a profité du premier Symposium de la cybersécurité, organisé les lundi 22 et mardi 23 juin à Antananarivo, afin de faire le point sur la modernisation du cadre légal malgache.

Le pays s’appuie encore sur une loi adoptée en 2014, jugée de plus en plus inadaptée face à l’évolution rapide des technologies et des menaces. Un chantier de refonte a été engagé depuis décembre 2025, avec un objectif initial de finalisation en trois mois.

« Le processus touche à sa fin et le nouveau cadre réglementaire sera publié d’ici peu », a indiqué le ministre du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications, Mahefa Andriamampiadana. La future loi permettra de définir précisément ce qu’est un incident de sécurité et d’identifier les Organisations d’Importance Vitale (OIV).

« Ce cadre juridique ne sera pas seulement théorique : il intégrera un système d’injonctions strictes. En cas de non-respect des règles établies, des sanctions sévères seront appliquées, qu’elles visent les décideurs politiques ou les techniciens sur le terrain », précise le directeur général du Computer Incident Response Team (CIRT), Éric Rakotomaniraka.

Cette modernisation du cadre légal intervient alors que la cybercriminalité progresse fortement sur le continent. Selon le rapport 2025 sur les cybermenaces en Afrique publié par INTERPOL, la part des crimes liés au numérique atteint désormais 30 % de l’ensemble des infractions signalées en Afrique de l’Ouest et de l’Est. Les rançongiciels ont fortement augmenté en 2024, l’Afrique du Sud et l’Égypte enregistrant les niveaux les plus élevés, suivies du Nigeria et du Kenya.

Le rapport souligne par ailleurs que 90 % des pays africains interrogés estiment avoir besoin d’une amélioration significative de leurs capacités en matière d’application de la loi ou de poursuites judiciaires.

Adoni Conrad Quenum

Lire aussi:

Madagascar : vers une université publique 100 % numérique

Posted On mercredi, 24 juin 2026 15:58 Written by

Fintech, commerce B2B, santé, éducation, agritech, logistique ou énergie sont des secteurs qui connaissent une forte croissance d’innovation en Afrique ces dix dernières années. Mais parmi la multitude de start-up qui voient le jour, très peu parviennent au stade de la rentabilité. L’accès au financement initial reste difficile, hypothéquant le futur de potentielles licornes africaines.

La Délégation à l'entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ) du Sénégal a annoncé vendredi 20 juin 2026 à Paris, la création du fonds Catalyst DER/FJ. Le véhicule d'investissement doté de 50 millions de dollars est destiné au financement des start-up innovantes sénégalaises au stade de pré-amorçage et d’amorçage.

L’annonce a été faite par Aida Mbodji (photo), déléguée générale de l’institution, lors d’une keynote tenue sur la scène AfricaTech de VivaTech 2026. Intitulée « Combler le déficit de financement en pré-amorçage en Afrique de l'Ouest francophone : comment les capitaux institutionnels construisent les prochaines licornes africaines », son intervention a mis en lumière une faille persistante du capital-risque régional.

Le diagnostic porté par la DER/FJ rejoint les analyses des experts du secteur. Si les levées de fonds records captent l’attention sur le continent, le financement aux phases initiales de développement demeure le maillon faible de la chaîne. Les données compilées par la plateforme Africa : The Big Deal confirment cette tendance : le ticket d’amorçage ne représente que 1,5 % du capital total investi en Afrique, une proportion trois à quatre fois inférieure à celle observée aux États-Unis (4 à 6 %).

Dans ce contexte, Grégoire de Padirac, PDG de Digital Africa (groupe AFD-Proparco), rappelait récemment dans une tribune le rôle crucial de ce segment. « Le financement d'amorçage demeure le pilier de l'innovation africaine, pourtant il est souvent éclipsé par les levées de fonds colossales », soulignait-il, pointant la rareté des capitaux au moment où les équipes sont encore incomplètes et les prototypes à un stade rudimentaire. L’initiative sénégalaise entend ainsi mobiliser des ressources publiques pour générer un effet de levier sur l’investissement privé et renforcer la compétitivité de l’écosystème local.

L’officialisation du fonds a été suivie d’une session de pitchs durant laquelle cinq start-up accompagnant la délégation sénégalaise – Andakia, Baamtu, SenITI, FAJMA et Absar – ont présenté leurs solutions à un auditoire d’investisseurs et de partenaires stratégiques internationaux, offrant un aperçu concret du pipeline d’innovation nationale.

Lire aussi:

 Le Sénégal s’appuie sur Orange Money pour moderniser les paiements dans la santé

Posted On mercredi, 24 juin 2026 12:20 Written by

Le pays intensifie ses efforts en faveur de la montée en compétences numériques à l’échelle nationale. Un programme de formation destiné aux enfants a par exemple été lancé en octobre 2025.

Les autorités marocaines prévoient l’ouverture d’un nouveau campus YouCode à Errachidia, dans la région de Drâa‑Tafilalet. L’initiative vise à renforcer l’accès des jeunes aux compétences numériques et à élargir l’offre de formation aux métiers du codage dans les régions moins centralisées du pays.

Le projet a été officialisé à travers une convention signée entre plusieurs acteurs publics et associatifs, en marge de la première édition du « Rally IA Future Lab » tenue du mercredi 17 au vendredi 19 juin. Il associe notamment le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, le ministère de l’Économie et des Finances, les autorités régionales de Drâa‑Tafilalet ainsi que l’association LEET INITIATIVE.

Le futur campus proposera une formation intensive de deux ans en programmation et technologies numériques, avec environ 50 apprenants par promotion, soit près de 100 jeunes formés chaque année. Le programme cible en priorité les jeunes de la région, y compris ceux en situation de décrochage scolaire disposant de compétences ou d’un potentiel dans le numérique.

Une stratégie nationale de développement des talents numériques

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie « Digital Morocco 2030 », notamment dans son axe consacré au développement des talents numériques. Le gouvernement ambitionne d’assurer la disponibilité de compétences adaptées aux besoins du marché du travail, dans un contexte de transformation accélérée de l’économie.

Dans ce cadre, le Maroc s’est fixé plusieurs objectifs à l’horizon 2026 et 2030, dont la formation de 20 000 talents numériques par an à partir de 2026, puis 45 000 à l’horizon 2030. Le pays prévoit également la reconversion de 26 000 personnes par an aux métiers du digital dès 2026, puis 50 000 par an à partir de 2030.

Pour atteindre ces objectifs, les autorités misent entre autres sur le déploiement de bootcamps, l’adaptation de la formation professionnelle aux besoins du marché de l’emploi, le soutien à la création d’écoles de codage dans les différentes régions du Royaume, ainsi que le développement de dispositifs de certification des compétences numériques.

Un enjeu d’emploi des jeunes

Ces efforts interviennent dans un contexte où la transformation numérique redéfinit progressivement le marché du travail. Selon la Banque mondiale, environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne devraient nécessiter des compétences numériques d’ici 2030.

Au Maroc, la question de l’emploi des jeunes reste un défi structurel. Selon le Haut‑Commissariat au Plan (HCP), le taux de chômage national s’est établi à 13 % en 2025, contre 13,3 % un an plus tôt. Cette moyenne masque toutefois de fortes disparités, notamment chez les jeunes de 15 à 24 ans, où le chômage atteint 37,2 %. La même source indique que 19,1 % des jeunes diplômés sont sans emploi, tandis que le sous‑emploi touche 10,9 % de cette catégorie.

Isaac K. Kassouwi

Lire aussi:

Maroc : 15 000 jeunes à doter de compétences numériques d'ici 2026

Le Maroc s'engage à former 22 500 talents numériques par an d'ici 2027

Posted On mercredi, 24 juin 2026 03:11 Written by

La montée en puissance des technologies numériques en Afrique devrait profondément transformer les économies, avec des impacts attendus sur la productivité, l’emploi et l’accès aux services publics.

La transformation numérique de l’économie de la République du Congo pourrait générer environ 870 milliards FCFA (1,5 milliard USD) de valeur ajoutée d’ici 2030, créer plus de 144 000 emplois et connecter environ 540 000 personnes supplémentaires à l’Internet mobile, selon un rapport publié le lundi 22 juin par l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA).

Intitulé « Drive Digital Transformation of the Economy in the Republic of Congo », le rapport met en avant le rôle central du numérique dans la croissance future du pays, porté par la connectivité mobile, les services financiers numériques et la numérisation progressive des secteurs productifs.

« La République du Congo a construit une base solide dans la connectivité mobile, mais combler le fossé d’utilisation nécessite désormais des réformes budgétaires, réglementaires et de la demande coordonnées », souligne la GSMA. L’organisation estime qu’un environnement plus favorable à l’investissement est indispensable pour libérer le potentiel économique du numérique.

Une adoption numérique encore limitée malgré une bonne couverture

Le Congo affiche une couverture relativement avancée avec environ 86 % de la population couverte par les réseaux 4G. Pourtant, l’usage reste très faible : seulement 19 % de la population utilise effectivement l’Internet mobile, tandis qu’environ 70 % des personnes couvertes restent hors ligne.

Ce déséquilibre met en évidence un enjeu structurel d’adoption plutôt qu’un manque d’infrastructures. Le pays obtient un score de 26/100 dans l’indice GSMA Digital Nations and Society 2025, dont 33/100 pour l’environnement politique et réglementaire, traduisant un cadre encore insuffisamment incitatif.

La GSMA souligne également que la numérisation de l’économie pourrait porter le nombre d’utilisateurs d’Internet mobile à environ 2,2 millions d’ici 2030, soit près de 31 % de la population congolaise. Cette progression s’accompagnerait d’un impact économique significatif, avec un impact fiscal net d’environ 93 milliards FCFA en 2030, grâce à une meilleure efficacité de la collecte et à l’élargissement de la base économique. Sur la période, les recettes fiscales cumulées pourraient atteindre 174 milliards FCFA, selon le rapport.

Des secteurs clés directement impactés par la numérisation

La GSMA souligne que les effets du numérique se feront sentir dans l’ensemble des secteurs de l’économie congolaise, notamment l’agriculture, l’industrie, les services, le commerce, les transports, les services financiers et l’administration publique.

Le développement du mobile money et des services numériques devrait notamment renforcer l’inclusion financière, en particulier dans les zones où l’accès aux services bancaires reste limité. La numérisation des chaînes de valeur devrait également améliorer la productivité, réduire les coûts de transaction et faciliter l’accès aux marchés.

Des réformes jugées indispensables pour accélérer la transformation

Pour concrétiser ce potentiel, le rapport insiste sur la nécessité de réformes structurelles. Celles‑ci portent sur le renforcement de l’environnement d’investissement dans les infrastructures numériques, l’amélioration du cadre réglementaire et fiscal, ainsi que la réduction des coûts d’accès aux smartphones et aux données mobiles.

La GSMA met également en avant l’importance du développement des compétences numériques et du renforcement de la confiance dans les services numériques à travers des politiques de cybersécurité adaptées.

Samira Njoya

Lire aussi:

 La téléphonie mobile a injecté 240 milliards $ dans l’économie en 2025 (GSMA)

Posted On mercredi, 24 juin 2026 03:04 Written by
Page 1 sur 193

Please publish modules in offcanvas position.