Les projets de modernisation de l’administration publique suivent leur cours en Éthiopie. Les autorités viennent de lancer un projet pilote pour transformer les commissariats grâce au numérique.

L’Éthiopie a inauguré, dans sa capitale Addis-Abeba, un commissariat de police intelligent, conçu pour offrir aux citoyens un accès simplifié, rapide et continu aux services publics. L’information a été annoncée par l’Agence de presse éthiopienne, Ethiopian News Agency (ENA), le dimanche 22 mars.

Dans ce poste de police de nouvelle génération, les usagers interagissent directement avec des bornes numériques en libre-service. Grâce à des écrans interactifs et à une assistance vidéo à distance, ils peuvent déposer une plainte, soumettre des documents ou encore régler une amende sans passer par un guichet traditionnel. Le service est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, supprimant ainsi les contraintes horaires souvent associées aux administrations publiques.

« Cette innovation améliore sensiblement la qualité du service offert aux citoyens et contribue au renforcement du système judiciaire et des services de police », a indiqué Andnet Sisay, chef du département technologique de la police fédérale éthiopienne.

Ce dispositif repose sur l’intégration de technologies telles que l’intelligence artificielle et la gestion centralisée des données. Il permet de réduire significativement les délais de traitement tout en limitant les erreurs humaines liées aux procédures manuelles. Pour les citoyens, l’expérience se veut plus fluide : moins d’attente, moins de paperasse et une interaction plus directe avec l’administration.

Au-delà du gain de temps, cette transformation modifie la relation entre les usagers et l’administration. En réduisant les contacts physiques, elle contribue également à limiter certaines pratiques informelles, renforçant ainsi la transparence du service. Le commissariat fonctionne avec un personnel réduit sur site, tandis que les agents assurent un accompagnement à distance, garantissant un suivi continu des dossiers. Pensé comme un projet pilote, ce modèle pourrait être étendu à d’autres villes du pays.

Adoni Conrad Quenum

Éditée par M.F. Vahid Codjia

Posted On mercredi, 25 mars 2026 09:19 Written by

Face aux enjeux de modernisation et de compétitivité, le Sénégal mise sur le numérique pour transformer durablement son administration. À travers le New Deal Technologique, les autorités ambitionnent de bâtir un écosystème numérique plus performant et inclusif.

Le gouvernement sénégalais a procédé, mardi 23 mars, au lancement des projets structurants du New Deal Technologique, marquant l’entrée en phase opérationnelle de cette stratégie destinée à accélérer la transformation numérique de l’administration et de l’économie sénégalaises. Un an après son annonce, les autorités enclenchent ainsi une nouvelle étape, axée sur le déploiement de plateformes numériques et d’infrastructures visant à moderniser les services publics, renforcer la souveraineté numérique et améliorer l’accès des citoyens aux prestations de l’État.

Un guichet unique pour simplifier les services publics 

Parmi les dispositifs phares figure la plateforme « e-Senegal », présentée comme un guichet unique permettant aux citoyens et aux entreprises d’accéder en ligne à leurs démarches administratives. L’objectif est de centraliser les services publics sur un point d’entrée unique, afin de réduire les délais, limiter les déplacements et améliorer la transparence.

Dans la même logique, la solution « e-Consulat » cible la diaspora en offrant un accès dématérialisé aux services consulaires, tandis que la plateforme « SenTrésor » introduit un système de paiement électronique unifié pour les redevances publiques, incluant les impôts, les droits de douane, et les services des collectivités territoriales. 

Ces outils s’appuient sur une plateforme nationale d’interopérabilité permettant aux administrations d’échanger des données en temps réel, selon le principe du « once only » (ne fournir ses données qu’une seule fois), évitant aux usagers de répéter les mêmes informations.

Une gouvernance renforcée pour éviter les silos 

Le déploiement de ces projets s’accompagne d’une refonte de la gouvernance du numérique. Le Comité de gouvernance du numérique (GouvNum), mis en place en mars 2025, est chargé de coordonner les initiatives digitales de l’État et d’en assurer la cohérence.

Cette approche vise à corriger les dysfonctionnements liés à la multiplication de projets non harmonisés entre administrations. En parallèle, le Conseil national du numérique, composé d’experts du secteur, joue un rôle consultatif pour orienter les choix stratégiques et anticiper les évolutions technologiques.

Connectivité et innovation au cœur de la stratégie 

Le programme s’inscrit dans la stratégie Vision Sénégal 2050, qui prévoit un portefeuille d’investissements estimé à 1 100 milliards FCFA (environ 1,95 milliard USD) sur la période 2025-2034. Il intègre également un volet inclusion numérique, avec un projet visant à connecter plus d’un million de Sénégalais dans les zones blanches, afin de réduire la fracture territoriale en matière d’accès à Internet.

L’État mise notamment sur le développement d’infrastructures souveraines, avec le déploiement de data centers à Diamniadio et Orana, ainsi que sur le renforcement de la bande passante nationale, qui doit passer de 600 Mbps à 20 Gbps. Un cloud souverain est également en cours de mise en place afin d’assurer l’hébergement local des données publiques sensibles, dans un contexte où la cybersécurité devient un enjeu stratégique.

Parallèlement, le Start-up Act, désormais en phase d’exécution, ambitionne de structurer l’écosystème entrepreneurial en facilitant le financement et l’accompagnement des jeunes entreprises innovantes.

Une transformation structurelle de l’action publique 

Au-delà des outils, les autorités sénégalaises présentent cette initiative comme une transformation en profondeur du fonctionnement de l’État. L’ambition est de passer d’une administration fragmentée à un système intégré, centré sur l’usager et fondé sur l’exploitation des données.

Avec cette phase de déploiement, le Sénégal cherche ainsi à bâtir un écosystème numérique cohérent, capable de soutenir la performance publique et de stimuler une économie digitale compétitive.

Samira Njoya

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Posted On mercredi, 25 mars 2026 09:12 Written by

La mortalité maternelle et néonatale reste un défi majeur au Kenya, malgré les progrès du système de santé. Pour répondre à ce défi, les autorités misent sur le numérique afin d’améliorer le suivi des patientes et la réactivité des services.

Le Kenya accélère la digitalisation de son système de santé pour améliorer la prise en charge des mères et des nouveau-nés. Le secrétaire d’État à la Santé, Aden Duale, a annoncé, lundi 23 mars, en marge d’une conférence internationale sur la santé maternelle, le lancement d’un dispositif de suivi en temps réel des naissances dans le cadre de l’initiative « Every Mother, Every Newborn Everywhere » couvrant la période 2026-2028.

Ce programme repose sur l’intégration d’outils numériques permettant de suivre les femmes pendant l’accouchement et les nouveau-nés au cours de leurs premiers jours de vie, une phase critique. L’objectif est de détecter rapidement les complications et d’orienter les interventions là où les besoins sont les plus urgents.

Une santé pilotée par la donnée 

Ce dispositif s’inscrit dans la stratégie nationale de la santé numérique « Digital Health Superhighway », qui vise à renforcer l’utilisation des données dans la prise de décision sanitaire. Grâce à ce système, les autorités peuvent désormais disposer d’informations en temps réel sur les accouchements, les structures de prise en charge ainsi que les causes de complications ou de décès.

« Nous pouvons maintenant dire, en temps réel, combien de mères ont accouché, quelles structures les ont prises en charge et, en cas de complication, en identifier la cause et le contexte. Ce niveau de précision nous permet de réagir immédiatement et d’allouer les ressources là où elles sont le plus nécessaires », a déclaré le ministre.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de digitalisation des services publics au Kenya. Le pays a notamment lancé il y a quelques mois un registre numérique des naissances permettant l’enregistrement des enfants dès l’hôpital, afin d’améliorer la fiabilité des données et l’accès aux services essentiels.

Un levier pour la couverture sanitaire universelle 

Le déploiement de ces outils intervient dans un contexte de progression de la couverture sanitaire au Kenya. Plus de 30 millions de personnes sont aujourd’hui enregistrées auprès de la Social Health Authority, leur donnant accès à des soins de santé primaires.

Cette dynamique contribue à améliorer l’accès aux services de santé, notamment pour les populations les plus vulnérables. Les premières tendances indiquent une augmentation du recours aux soins prénatals et aux accouchements assistés, ainsi qu’une réduction des obstacles financiers pour les ménages à faibles revenus.

Réduire les décès évitables 

Au-delà de la technologie, les autorités mettent en œuvre des interventions ciblées à fort impact, notamment dans la gestion des urgences obstétricales, des hémorragies post-partum ou encore la prise en charge des nouveau-nés en situation critique.

Malgré ces avancées, la mortalité maternelle et néonatale reste un défi majeur au Kenya, comme dans de nombreux pays. L’introduction du suivi numérique vise ainsi à réduire les décès évitables en améliorant la qualité et la rapidité des soins.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 24 mars 2026 08:19 Written by

La numérisation des procédures commerciales s'impose comme le pilier de la réforme de l'État en Algérie. En structurant mieux les flux de marchandises destinées à la revente, les autorités cherchent à instaurer une transparence accrue et une prévisibilité indispensable à la stabilité du marché.

L’Algérie renforce l’encadrement de ses flux commerciaux extérieurs. Le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a annoncé l’ouverture, du dimanche 22 mars au 30 avril prochain, d’une plateforme numérique dédiée au dépôt des programmes prévisionnels pour les opérateurs exerçant dans l’importation pour la revente en l’état.

Ce dispositif vise à centraliser les intentions d’achat des opérateurs économiques (activité n°4) afin d’ajuster au mieux les besoins du marché national tout en limitant les sorties de devises. Les acteurs concernés sont invités à soumettre leurs prévisions via le portail officiel (import.mcepe.gov.dz), conformément aux réformes engagées pour moderniser la gouvernance commerciale du pays.

Une stratégie de compression de la facture d'importation 

Cette dématérialisation intervient alors que l’Algérie affiche une volonté ferme de rationaliser ses dépenses extérieures. Après avoir réussi à ramener la facture des importations de biens sous la barre des 45 milliards de dollars ces dernières années — contre plus de 58 milliards de dollars en 2014 — le gouvernement mise désormais sur la précision des données numériques pour éviter les pénuries tout en protégeant la production locale.

Le nouveau mécanisme s’articule avec le projet de fichier numérique national des biens et services produits localement, dévoilé la semaine dernière. L'objectif est double : identifier les capacités de substitution à l'importation et soutenir la dynamique des exportations hors hydrocarbures, que les autorités espèrent voir atteindre 29 milliards de dollars d’ici 2030.

En s'appuyant sur ces outils digitaux, l'administration douanière et commerciale entend réduire l'informel et assurer une meilleure traçabilité des flux financiers, tout en offrant aux opérateurs une procédure simplifiée et transparente pour l'obtention de leurs certificats de respect.

Samia Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 24 mars 2026 07:24 Written by

Comme de nombreux pays africains, l’Algérie mise sur les technologies numériques pour résoudre ses défis. L’un des problèmes majeurs auxquels le pays est confronté est l’accès à l’eau.

Les autorités algériennes explorent des solutions technologiques locales pour développer le secteur de l’eau, renforcer la sécurité hydrique et relever les défis, notamment ceux liés au changement climatique. Un appel à projet a été lancé dans ce sens.

Selon un communiqué du ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises publié le mercredi 18 mars, cet appel s’adresse aux porteurs de projets innovants, aux start-up et scale-up, aux micro-entreprises, aux incubateurs et accélérateurs, aux chercheurs issus des universités et centres de recherche, ainsi qu’aux experts et spécialistes du secteur économique, y compris les talents algériens établis à l’étranger. L’initiative vise à construire un écosystème national d’innovation dans le domaine de l’eau, à développer des solutions technologiques nationales, à lancer des projets pilotes sur le terrain et à créer des opportunités de collaboration entre les secteurs public et privé. Les domaines prioritaires incluent la réduction des fuites et du gaspillage d’eau, le dessalement avec une meilleure efficacité énergétique, la réutilisation de l’eau, l’irrigation intelligente et l’agriculture durable, l’utilisation de l’intelligence artificielle et de l’Internet des objets dans la gestion de l’eau, ainsi que les solutions d’adaptation au changement climatique. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique, qui mise sur l’intégration des TIC dans tous les secteurs pour soutenir le développement socio-économique. En ce qui concerne le secteur de l’eau, l’Algérie est confrontée à un stress hydrique croissant. Le pays figure parmi les zones arides à semi-arides, avec des ressources en eau limitées et une dépendance accrue aux précipitations irrégulières et aux nappes souterraines surexploitées. Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le recours aux nouvelles technologies peut améliorer considérablement la gestion des ressources en eau, permettant ainsi de faire face à la pénurie liée à la demande croissante et au changement climatique. L’organisation souligne notamment que les systèmes d’alerte reposant sur des drones ou sur des dispositifs intégrés d’observation de la Terre peuvent contribuer à la prévision et à l’atténuation des risques de catastrophes. Par ailleurs, des solutions comme les compteurs intelligents, qui fournissent des données en temps réel et un retour d’information personnalisé, sont susceptibles d’améliorer l’efficacité des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement existants. Toutefois, comme le souligne Abdesselam Malek, docteur en hydrogéologie, dans une interview accordée au quotidien Horizons, la problématique de l’eau en Algérie dépasse la seule question technologique. « Chez nous, surtout dans le Sud, nos oasis ont perduré grâce à cette résilience face à des pluies très irrégulières, avec des digues de dérivation vers des surfaces de stockage et un partage ingénieux. Nos oueds dans le Nord perdent trop vite des écoulements en centaines de millions de mètres cubes qui rejoignent la mer en quelques jours, parfois en quelques heures », a-t-il déclaré.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On mardi, 24 mars 2026 05:57 Written by

Selon Kaspersky, l’Afrique subsaharienne a enregistré 138 millions de cyberattaques au premier semestre 2025. Cette pression croissante souligne l’urgence de renforcer les capacités en cybersécurité sur le continent.

L’Afrique structure sa riposte face à l’explosion des cybermenaces et au manque critique de main-d’œuvre qualifiée. Dans cette optique, l’International Cybersecurity Community for Africa (ICCA), une plateforme panafricaine de cybersécurité, a été lancée le vendredi 20 mars à Kigali, au Rwanda. Ce nouvel organe vise à fédérer les experts du continent et à accroître les capacités opérationnelles régionales.

Le dispositif se positionne comme un cadre de coopération dédié au partage d’informations sur les risques numériques, à l’apprentissage et au perfectionnement des talents. Son déploiement intervient alors que les attaques informatiques s’intensifient. Selon les indicateurs révélés lors de l’inauguration, les organisations africaines subissent en moyenne environ 1848 attaques hebdomadaires.

Pour répondre à cette pression, l’ICCA ambitionne de former un million de spécialistes d’ici 2030, un défi de taille alors que le continent n’en compte actuellement que 300 000 pour une demande en pleine expansion.

Afin de soutenir cet objectif, deux outils technologiques ont été présentés. Le premier, Umurinzi Cyber Threat Intelligence, permet de repérer les identifiants compromis sur le dark web et d’alerter les structures visées. Le second est un système de formation pratique, de type Capture the Flag (CTF). Il propose des simulations d’attaques pour renforcer l’expertise technique à des coûts maîtrisés et dans un environnement adapté aux réalités locales.

Soutenue par les autorités rwandaises et des partenaires internationaux, cette initiative s’intègre dans une stratégie globale de valorisation du capital humain et de protection des infrastructures critiques. À travers ce projet, les promoteurs souhaitent favoriser l’émergence d’un écosystème numérique intégré, apte à relever les défis de la transition digitale.

Dans sa feuille de route, l’ICCA prévoit d’étendre ses activités à une quinzaine de pays d’ici 2027 et d’instaurer des programmes de certification. À terme, l’institution compte lancer un indice africain de résilience cyber afin de mesurer le degré de préparation des États face à la cybercriminalité.

Samira Njoya

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Posted On lundi, 23 mars 2026 14:40 Written by

La chute des recettes douanières sur les téléphones pousse le Cameroun à revoir son dispositif de collecte. Le gouvernement introduit un mécanisme électronique pour améliorer la traçabilité et limiter les pertes fiscales.

Le Cameroun accélère la modernisation de son administration douanière avec la mise en œuvre d’un mécanisme électronique de collecte des droits et taxes à l’importation des téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques. Le système, récemment entré en vigueur, vise à renforcer la traçabilité des appareils et à lutter contre les pertes de recettes liées à la fraude.

Présenté lors d’une session d’information organisée le jeudi 19 mars à Douala par le directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, ce nouveau système s’inscrit dans le cadre de la réforme prévue par la loi de finances 2023. Il repose sur une digitalisation complète du processus de déclaration, de liquidation et de paiement des droits de douane, via le système informatique CAMCIS.

Cette réforme intervient dans un contexte de forte érosion des recettes douanières issues des terminaux mobiles. Selon les données présentées par l’administration, elles sont passées d’environ 2 milliards FCFA (3,5 millions $) par mois dans les années 2000 à seulement 100 millions FCFA en 2025. Une chute attribuée notamment à la fraude, à la contrebande, à l’incivisme fiscal et à la multiplication des points d’entrée informels sur le territoire national.

Le nouveau mécanisme vise ainsi à restaurer l’équité fiscale et améliorer la mobilisation des ressources publiques, tout en renforçant la transparence des opérations. Il permet également une meilleure identification des terminaux circulant sur le marché, contribuant à la protection des consommateurs contre les risques liés aux appareils frauduleux, notamment en matière de cybercriminalité et de vols.

Concrètement, le dédouanement des équipements reste à la charge des importateurs, qui doivent effectuer leurs déclarations via la plateforme numérique des douanes. Les paiements peuvent être réalisés par des moyens électroniques, renforçant ainsi la traçabilité des flux financiers. Le dispositif introduit par ailleurs un contrôle plus strict de l’accès des terminaux aux réseaux de télécommunications : seuls les appareils régulièrement dédouanés, en itinérance ou ayant bénéficié d’une amnistie fiscale seront autorisés à se connecter.

Le nouveau mécanisme n’introduit pas de taxation supplémentaire et ne devrait pas entraîner de hausse des prix des appareils. Il vise plutôt à sécuriser les recettes existantes et à assainir le marché. Des mesures transitoires ont également été prévues. Les terminaux déjà en circulation sur le réseau local sont considérés comme régularisés, tandis que les distributeurs disposent d’un délai pour se conformer aux nouvelles exigences. Les petites quantités d’appareils non déclarés pourront faire l’objet de procédures simplifiées.

Portée par une collaboration entre plusieurs institutions publiques, dont le ministère des Postes et Télécommunications, l’Agence de régulation des télécommunications et l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication, ainsi que des partenaires privés, cette réforme illustre la volonté des autorités camerounaises de s’appuyer sur le numérique pour renforcer la gouvernance fiscale.

Samira Njoya

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Posted On lundi, 23 mars 2026 10:30 Written by

La digitalisation des services publics s’accélère en Afrique avec un recours croissant aux outils d’IA. En Côte d’Ivoire, les autorités misent sur un chatbot pour fluidifier les échanges avec les citoyens.

Le gouvernement ivoirien accélère la digitalisation de ses services publics avec le lancement cette semaine de « EMY 101 », un assistant conversationnel basé sur l’intelligence artificielle. Accessible via WhatsApp et Messenger, cet outil vise à faciliter l’accès des citoyens à l’information administrative et à renforcer leur interaction avec les institutions publiques.

Développé dans le cadre de la modernisation de l’administration, ce chatbot permet aux usagers d’obtenir rapidement des informations fiables sur l’action gouvernementale, ainsi que sur les démarches administratives, notamment pour l’état civil, la fiscalité ou les services ministériels. L’objectif est de réduire les déplacements physiques, souvent contraignants, et d’améliorer l’efficacité de la relation entre l’État et les citoyens.

Concrètement, EMY 101 se positionne comme un guichet numérique accessible en continu. Les utilisateurs peuvent également s’en servir pour signaler des préoccupations, envoyer des alertes ou encore identifier les contacts utiles au sein des services publics. Cette approche s’inscrit dans une logique de gouvernance participative en facilitant la remontée d’informations des citoyens vers l’administration.

L’outil contribue ainsi à plusieurs objectifs stratégiques : rapprochement de l’administration des citoyens, amélioration de l’accès à l’information publique, renforcement de la participation citoyenne et accélération du traitement des requêtes. Il s’appuie sur les usages numériques déjà largement répandus dans le pays, en particulier les applications de messagerie instantanée.

Pour utiliser le service, les citoyens doivent enregistrer le numéro WhatsApp dédié, puis envoyer le mot‑clé « Emy 101 » afin d’accéder aux différentes fonctionnalités proposées. Le service est également accessible via Messenger, tandis qu’un numéro vert, le 101, est mis à disposition pour compléter le dispositif.

Le lancement d’EMY 101 s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique engagée par la Côte d’Ivoire. Le pays multiplie ces dernières années les initiatives visant à moderniser les services publics et améliorer leur accessibilité, dans un contexte où le numérique devient un levier clé de gouvernance et de développement. À travers ce type d’outils, les autorités ivoiriennes entendent renforcer l’efficacité de l’action publique tout en favorisant une administration plus transparente, réactive et centrée sur les besoins des citoyens.

Samira Njoya 

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Posted On jeudi, 19 mars 2026 13:50 Written by

Le gouvernement mauritanien accélère la digitalisation des services publics. Le dernier acte en date est la dématérialisation du processus de demande du permis de conduire.

Les autorités mauritaniennes cherchent à digitaliser des services liés au ministère de la Fonction publique et du Travail. L’initiative vise à moderniser l’administration, simplifier les procédures et améliorer l’accès des citoyens aux services publics.

Ce projet a fait l’objet d’une réunion en début de semaine entre Mariem Boidiel Houmeid (photo, à gauche), ministre de la Fonction publique et du Travail, et son homologue chargé de la Transformation numérique, Ahmed Salem Ould Bede (photo, à droite). Dans son allocution, la ministre a expliqué que l’objectif de cette réunion est de présenter les besoins du secteur en matière de systèmes informatiques et de numérisation des services, afin d’identifier des solutions adaptées.

Parmi les projets proposés figurent la mise en place d’un portail de la fonction publique intégré au système « Khidmati », le lancement d’un service de gestion des décisions administratives intégré au système des ressources humaines, ainsi que la numérisation des activités de la direction générale du Travail et des délégations régionales.

M. Bede a réaffirmé l’engagement de son département à accompagner le ministère de la Fonction publique et du Travail dans la mise en œuvre de ces priorités, en fournissant les solutions techniques nécessaires et en garantissant l’interopérabilité des systèmes d’information. Il a également appelé à un travail d’équipe et à une coordination directe et rigoureuse afin d’accélérer la réalisation des projets proposés, qui auront un impact direct sur la qualité des services du secteur.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation numérique des autorités mauritaniennes, qui veulent mettre les TIC au service du développement de tous les secteurs de l’économie. Dans l’administration publique, elles misent sur la digitalisation des processus et des services pour plus de transparence, de productivité et d’amélioration dans l’accès des populations.

Le renforcement de la productivité et de l’efficacité du ministère de la Fonction publique et du Travail, qui œuvre pour améliorer les services aux citoyens et soutenir le marché de l’emploi, constitue une lueur d’espoir pour les jeunes. Selon les données d’une enquête d’Afrobarometer publiée en 2024, 47 % des Mauritaniens âgés de 18 à 35 ans sont au chômage tout en recherchant activement un emploi, un taux légèrement supérieur à la moyenne nationale de 44 %. Le rapport indique également que 26 % des jeunes sont sans emploi mais ne cherchent pas de travail.

Rappelons cependant que le processus de dématérialisation des services du ministère de la Fonction publique et du Travail est encore au stade de discussions et qu’aucun calendrier n’a été dévoilé. Il faudra donc attendre les prochains développements pour s’avancer davantage sur sa mise en œuvre, ainsi que les impacts potentiels.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 19 mars 2026 11:05 Written by

Avec un taux de pénétration d’Internet encore limité et des enjeux croissants de cybersécurité, la Côte d’Ivoire cherche à consolider son économie numérique. Le gouvernement affiche pour 2026 une feuille de route centrée sur l’inclusion, la confiance et l’innovation.

La Côte d’Ivoire entend accélérer sa transformation numérique en 2026 autour de cinq priorités stratégiques : l’élargissement de l’accès à Internet, la digitalisation de la collecte des recettes publiques, le développement des compétences et de l’inclusion numérique, le renforcement de la cybersécurité et la promotion de l’innovation technologique. Ces orientations ont été présentées le mardi 17 mars à Abidjan par le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara (photo, au centre), à l’occasion de la rentrée budgétaire de son département.

Doté d’un budget de 83,2 milliards FCFA (145,5 millions $) pour 2026, en hausse par rapport aux 68,6 milliards FCFA de 2025, le ministère entend faire du numérique un levier central de modernisation de l’économie et d’amélioration des services publics. Les autorités misent notamment sur les paiements électroniques pour optimiser les recettes de l’État, tout en soutenant l’émergence d’un écosystème innovant et inclusif.

Ces priorités s’inscrivent dans un contexte de progression de l’usage du numérique dans le pays. Selon les données de DataReportal, le taux de pénétration d’Internet en Côte d’Ivoire atteignait environ 40,7 % à fin 2025, laissant entrevoir un potentiel important d’élargissement de l’accès, notamment dans les zones rurales encore peu desservies. Parallèlement, la montée en puissance des services numériques s’accompagne d’une exposition accrue aux risques cybernétiques, dans un environnement où les attaques informatiques ciblant les administrations et les entreprises se multiplient sur le continent.

Dans ce contexte, le renforcement de la cybersécurité apparaît comme un enjeu stratégique pour instaurer la confiance dans l’économie numérique. Les autorités ivoiriennes cherchent ainsi à consolider un cadre sécurisé, condition indispensable au développement des services en ligne, à l’attractivité des investissements et à la croissance des usages numériques.

Au-delà des ambitions affichées, la capacité à traduire ces priorités en résultats concrets dépendra de l’efficacité de l’exécution budgétaire et de la coordination entre les acteurs publics et privés, dans un environnement où les enjeux d’inclusion, de compétences et de confiance numérique restent déterminants pour l’essor du secteur.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Côte d’Ivoire : numérisation des exonérations pour les équipements d’énergies renouvelables

Posted On jeudi, 19 mars 2026 09:49 Written by
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