La montée en puissance des services numériques renforce les enjeux liés à la gestion et à la protection des données personnelles. En RDC, les autorités veulent consolider un cadre robuste de gouvernance des données pour accompagner le développement de l’économie numérique.

La République démocratique du Congo accélère la mise en œuvre de sa gouvernance des données. Le ministère de l’Économie numérique a officialisé, le jeudi 12 mars à Kinshasa, le lancement du Réseau national des data protection officers (DPO). Ce regroupement de spécialistes vise à uniformiser les pratiques de gestion des données personnelles et à accompagner la mise en conformité des secteurs public et privé.

 

Cette initiative, soutenue par RUDI International et Droit‑Numérique.cd, intervient trois ans après l’adoption de l’ordonnance‑loi n°23/010 portant Code du numérique. Ce texte consacre les principes de licéité, de transparence et de sécurisation des traitements de données à caractère personnel. Dans cette architecture, les DPO font office de pivots. Ils garantissent le respect des standards techniques et juridiques au sein des organisations, tout en protégeant les droits fondamentaux des citoyens.

Pour le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba (photo), la structuration de ce vivier d’experts précède la création prochaine d’une Autorité nationale de protection des données. Au‑delà de l’aspect réglementaire, Kinshasa perçoit la sécurité des données comme un facteur d’attractivité économique. Un cadre robuste de gouvernance des données renforce la confiance des partenaires internationaux et favorise l’investissement dans les services technologiques à haute valeur ajoutée.

Cette démarche s’aligne sur les engagements de la RDC dans le cadre de la Convention de Malabo. En professionnalisant la fonction de DPO, le pays se met au diapason des standards de l’Union africaine en matière de cybersécurité. L’enjeu est de transformer les données, aujourd’hui ressources stratégiques, en leviers de croissance sécurisés face aux risques croissants de cybercriminalité et d’exploitation illicite des informations.

Samira Njoya

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Posted On lundi, 16 mars 2026 13:12 Written by

Les fintechs d’Afrique de l’Est font face à des procédures d’agrément distinctes dans chaque pays, un frein majeur à leur expansion régionale. Le Kenya et le Rwanda veulent y remédier en instaurant un mécanisme de reconnaissance mutuelle des licences pour les prestataires de paiement.

La Banque centrale du Kenya (CBK) et la Banque nationale du Rwanda (NBR) ont officialisé, mercredi 11 mars, un protocole d’accord instaurant un cadre de reconnaissance mutuelle des licences pour les prestataires de services de paiement. L’objectif est de permettre aux fintechs autorisées dans l’un des deux pays d’opérer dans l’autre sans devoir obtenir une nouvelle autorisation complète.

L'initiative s'attaque directement au coût de la conformité réglementaire, l’un des principaux freins à l’expansion régionale. Jusqu'ici, la fragmentation des régulations imposait aux start-up des procédures d'agrément distinctes dans chaque pays, prolongeant les délais de mise sur le marché et augmentant les coûts d’entrée.

Le nouveau cadre ne remplace pas la supervision nationale, mais prévoit une coordination renforcée entre les deux régulateurs afin d’assurer le suivi des entreprises opérant dans les deux juridictions. Cette simplification intervient alors que la fintech demeure l’un des principaux moteurs d’investissement dans la tech africaine. En 2025, le secteur a capté 769 millions de dollars en financement en capital, soit près de 19 % des fonds propres levés par les start-up africaines, selon les données du marché.

L'initiative s’inscrit dans la stratégie de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) visant à interconnecter les systèmes de paiement et à faciliter les transactions numériques transfrontalières. En alignant progressivement leurs cadres réglementaires, les deux pays cherchent à stimuler l’interopérabilité des services financiers et à soutenir le commerce régional.

Si ce mécanisme de reconnaissance mutuelle s’avère efficace, il pourrait servir de modèle pour d’autres marchés de la région, contribuant à la construction d’un espace régional plus intégré pour les paiements numériques.

Samira Njoya

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Posted On lundi, 16 mars 2026 10:24 Written by

Face à la dispersion des initiatives de soutien, le Rwanda centralise son écosystème tech. Avec le lancement d’Innovate Rwanda, Kigali crée un guichet unique numérique pour interconnecter start-up et investisseurs, visant à optimiser les flux de capitaux vers les projets à fort potentiel.

Le gouvernement rwandais a officialisé, jeudi 12 mars, le lancement d’Innovate Rwanda, une plateforme numérique nationale conçue pour centraliser l’écosystème d’innovation. Cet outil vise à interconnecter start-up, investisseurs, incubateurs et institutions afin de renforcer la coordination d’un secteur technologique devenu le pilier de la stratégie de croissance du pays en Afrique de l’Est.

Développée par le ministère des Technologies de l’Information et de l’Innovation (MINICT), la plateforme fait office de point d’accès unique aux programmes de financement et aux mécanismes de soutien. « Nous voulons créer un environnement où les innovateurs peuvent facilement accéder aux ressources, aux financements et aux partenaires nécessaires pour transformer leurs idées en solutions concrètes », a déclaré la ministre des TIC et de l’Innovation, Paula Ingabire (photo), lors du lancement du dispositif.

Un écosystème en expansion

Le lancement d’Innovate Rwanda intervient dans un contexte de croissance continue de l’écosystème technologique rwandais. Le pays compte aujourd’hui plus de 76 start-up actives selon les estimations des principaux acteurs de l’écosystème et des plateformes de suivi de l’innovation en Afrique de l’Est. Le pays abrite également plusieurs incubateurs et hubs technologiques, dont des structures soutenues par des partenariats publics et privés.

Selon le Global Startup Ecosystem Index 2025 du cabinet StartupBlink, le Rwanda occupe la 96ᵉ place mondiale, en progression de deux rangs. À l’échelle de l’Afrique de l’Est, le pays consolide sa 3ᵉ place, se positionnant comme un hub stratégique derrière l’Ouganda et devant la Somalie.

Innovate Rwanda offre aux investisseurs une meilleure visibilité sur les start-up locales grâce à des profils vérifiés et des indicateurs de performance, centralisant des informations auparavant dispersées et fluidifiant les processus de diligence raisonnable, afin de renforcer la confiance dans le pipeline d’investissement.

Une réponse aux défis de coordination

Au-delà de la visibilité, la plateforme répond à un enjeu structurel, en particulier le manque de coordination entre les multiples programmes de soutien à l’innovation. Selon les responsables du ministère, la centralisation des informations devrait permettre d’éviter les doublons entre incubateurs, d’identifier les lacunes du marché et d’orienter plus efficacement les financements vers les projets à fort potentiel.

Samira Njoya

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Posted On lundi, 16 mars 2026 09:23 Written by

Face aux défis du développement, plusieurs pays africains se tournent vers les technologies numériques. L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme l’un des piliers de cette transformation.

Le gouvernement zimbabwéen a procédé, vendredi 13 mars, au lancement de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle pour la période 2026-2030. Cette feuille de route définit comment le Zimbabwe entend mettre l’IA au service de son développement socio-économique au cours des cinq prochaines années.

« Nous nous engageons à garantir que l’utilisation de l’intelligence artificielle soit centrée sur l’humain, transparente et exempte de biais. La protection de nos intérêts nationaux ainsi que la dignité de tous les Zimbabwéens demeurent au cœur des cadres juridiques que nous mettons en place », a déclaré le président Emmerson Mnangagwa (photo, au centre) dans son discours.

La stratégie repose sur quatre piliers : le développement des talents et des capacités, la souveraineté en matière d’infrastructures, l’adoption de l’IA et la gouvernance éthique. Elle définit plusieurs priorités, notamment l’intégration dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, les mines, la santé et l’éducation, afin d’améliorer la productivité, l’efficacité et la qualité des services.

La feuille de route prévoit également des incitations pour les entreprises et innovateurs qui adoptent les technologies d’IA, dans le but de favoriser une économie numérique dynamique et d’encourager le développement technologique local. Elle met aussi l’accent sur la conception de systèmes d’IA éthiques et centrés sur l’humain, respectueux des droits fondamentaux tout en soutenant une croissance inclusive.

Cette stratégie s’inscrit dans le cadre plus large des ambitions de transformation numérique des autorités zimbabwéennes. À travers le « Plan directeur Smart Zimbabwe 2030 », le gouvernement souhaite intégrer pleinement les TIC dans l’ensemble de la société et dans tous les secteurs de l’économie afin de favoriser un développement socio-économique rapide et durable.

Le plan cite notamment une étude de l’Union internationale des télécommunications (UIT) indiquant qu’une augmentation de 10 % du score de numérisation d’un pays entraîne une hausse de 0,75 % de son PIB par habitant. Pour l’heure, le Zimbabwe occupe la 149ᵉ place sur 193 pays dans l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, avec un score de 0,4481 sur 1, inférieur à la moyenne mondiale de 0,6382.

Quelques défis à prendre en compte

Comme toute technologie, l’intelligence artificielle comporte néanmoins des risques. Le président Mnangagwa a par exemple appelé au renforcement des lois et des cadres réglementaires afin de protéger les enfants et les citoyens dans l’espace numérique, à mesure que les technologies d’IA continuent de se développer.

L’UNESCO, qui a contribué à l’élaboration de la stratégie, a également évalué l’état de préparation du pays à l’IA. Dans un rapport publié en juillet 2025, l’organisation souligne que la stratégie doit être accompagnée d’un plan visant à gérer les principaux défis et risques liés à cette technologie. Ceux-ci incluent notamment la domination étrangère, la perte d’autonomie humaine, ainsi que les limites en matière de financement, d’infrastructures techniques et de capacités de recherche. Ces difficultés sont aggravées par l’émigration de talents hautement qualifiés.

Le Département des affaires économiques et sociales (DAES) des Nations unies reconnaît également le potentiel de l’IA pour soutenir le développement socio-économique, notamment dans son rapport « E-Government Survey 2024 ». Il met toutefois en garde contre certains risques, comme les biais dans les données, susceptibles d’entraîner une mauvaise représentation de certains groupes, ainsi que diverses préoccupations éthiques, sécuritaires et sociales.

Le DAES estime par ailleurs que la fracture numérique persistante constitue un défi majeur pour la mise en œuvre des technologies d’IA dans le secteur public, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Au Zimbabwe, 58,4 % de la population n’utilisait pas Internet en 2024, selon les données de l’UIT. Cette situation peut s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment la disponibilité du réseau télécoms, l’accessibilité d’appareils compatibles (ordinateurs, smartphones, tablettes) et le niveau de compétences numériques.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 16 mars 2026 08:46 Written by

Avec un secteur du e-commerce estimé à 2,64 milliards de dollars d’ici 2030, le Ghana veut mettre fin à l'anarchie dans la livraison. La dématérialisation des licences constitue désormais la condition première pour identifier les opérateurs et sécuriser les transactions en ligne.

Le ministère de la Communication, de la Technologie numérique et des Innovations a officiellement lancé le jeudi 12 mars, iCOLMS-GH, une plateforme entièrement digitale destinée à encadrer les activités des services de messagerie et de livraison, un secteur en forte expansion porté par le commerce électronique.

iCOLMS-GH introduit un processus de licence entièrement numérique, permettant aux entreprises de messagerie et aux livreurs indépendants de s’enregistrer, de renouveler leurs autorisations et de vérifier leur conformité en ligne. La plateforme s’intègre aux infrastructures numériques nationales existantes, facilitant l’interconnexion avec les bases de données publiques afin d’améliorer la transparence et la traçabilité du secteur.

Cette initiative intervient dans un contexte de croissance rapide des plateformes de e-commerce et des services de livraison à domicile, qui ont profondément modifié les habitudes de consommation dans les grandes villes du pays. Cette dynamique a toutefois révélé des défis importants en matière de régulation, notamment la présence d’opérateurs non enregistrés et des difficultés de contrôle administratif. Le nouveau système vise donc à moderniser le cadre réglementaire tout en renforçant la sécurité des consommateurs.

Pour le consommateur, le dispositif mise sur la transparence. Le système permet de vérifier en temps réel le statut réglementaire d'un prestataire avant toute transaction, renforçant ainsi la sécurité des échanges. Pour l'administration, iCOLMS-GH constitue un levier de supervision efficace, capable de suivre l'évolution d'un marché qui devrait peser environ 2,64 milliards de dollars d’ici 2030 selon Statista.

En structurant la logistique du « dernier kilomètre » par le numérique, Accra sécurise un maillon essentiel de sa chaîne de valeur digitale. Une phase transitoire est actuellement ouverte pour permettre aux opérateurs de régulariser leur situation avant le lancement de contrôles renforcés sur l'ensemble du territoire.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On vendredi, 13 mars 2026 10:17 Written by

Dans un contexte mondial marqué par l’économie de la connaissance et l’innovation, l’Algérie accélère la modernisation de son enseignement supérieur. L’installation d’une commission dédiée traduit la volonté de structurer le passage vers un modèle universitaire 4.0, plus numérique et tourné vers l’employabilité.

En Algérie, l’Université de la formation continue (UFC) a officiellement installé une commission chargée de piloter sa transition vers l’université dite de « quatrième génération » (4.0). Selon Algérie Presse Service (APS), qui a relayé l’information ce jeudi 12 mars, cette démarche « reflète l’orientation du secteur vers l’accompagnement des mutations technologiques mondiales et le renforcement du rôle de l’université dans le domaine de l’innovation ».

L’établissement public dédié à l’enseignement à distance y voit « une étape vers l’édification d’une université intelligente et innovante, capable de relever les défis de l’avenir et de contribuer efficacement au développement national et à l’économie de la connaissance ».

La commission s’appuie sur un socle numérique déjà bien avancé. En septembre 2025, lors de la Semaine nationale de l’enseignement numérique, le recteur Yahia Djaafri avait indiqué que l’UFC avait formé plus de 800 enseignants aux technologies de l’information et de la communication, finalisé 683 cours en ligne, dont 120 en anglais, et déployé 68 plateformes numériques dédiées aux étudiants. Sa formalisation en instance institutionnelle lui confère désormais les moyens d’aller plus loin.

Ce chantier s’inscrit dans une dynamique sectorielle plus large. Pour l’année universitaire 2024/2025, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique recense 1 530 230 étudiants, dont 938 673 femmes (63 %). Un volume qui traduit à la fois la massification du système et l’urgence d’en moderniser les contenus.

Sur le plan de la visibilité internationale, la trajectoire est nette. Avec 46 établissements référencés dans le classement QS Arab Region 2026, contre 17 en 2025 et 14 en 2024, l’Algérie se hisse au premier rang du Maghreb et du monde arabe en nombre d’universités classées. Il reste à convertir cette dynamique en employabilité concrète, défi central que le modèle 4.0 de l’enseignement supérieur est précisément appelé à relever.

Félicien Houindo Lokossou

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Posted On vendredi, 13 mars 2026 09:48 Written by

Avec un déficit de 220 MW à Libreville, le Gabon fait face à un défi énergétique majeur pour ses ambitions technologiques. La mobilisation de financements pour injecter 200 MW dans le réseau est désormais la condition première au fonctionnement du futur data center IA.

Le Gabon a conclu, le mercredi 11 mars, une mission économique à Washington visant à sécuriser les bases énergétiques de son futur écosystème numérique. Conduite par le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, et le ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, la délégation gabonaise a rencontré investisseurs et institutions américaines afin d’explorer des solutions de financement pour accroître la capacité électrique du pays.

Coordonnée par l’entreprise technologique américaine Cybastion, la mission visait notamment à mobiliser 200 MW supplémentaires de production d’électricité, considérés comme nécessaires pour soutenir les projets industriels et numériques en cours. Lors d’une table ronde organisée par la Chambre de commerce des USA, les responsables gabonais ont présenté aux entreprises américaines les opportunités d’investissement dans les infrastructures énergétiques de leur pays.

Selon les autorités, la région de Libreville fait face à un déficit énergétique estimé à environ 220 MW, un manque de capacité qui limite l’expansion des infrastructures numériques à forte intensité énergétique. Dans ce contexte, la sécurisation de nouvelles sources d’électricité constitue une condition préalable au développement du centre de données national dédié à l’intelligence artificielle, conçu pour héberger et traiter localement les données publiques et privées du pays, afin de réduire la dépendance aux infrastructures étrangères et renforcer la souveraineté numérique.

Ce projet s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique conclu en janvier dernier entre le gouvernement gabonais et Cybastion pour développer les infrastructures numériques nationales. L’accord prévoit notamment la construction d’un data center de nouvelle génération à Libreville, destiné à héberger et traiter localement les données publiques et privées du pays, afin de réduire la dépendance aux infrastructures étrangères et renforcer la souveraineté numérique.

Au-delà des infrastructures, le partenariat comprend également un volet de développement des compétences. À travers le programme Africa DigiEmpower, mis en œuvre avec la Cisco Networking Academy, environ 1000 jeunes Gabonais devraient être formés aux métiers du numérique et de la cybersécurité.

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 12 mars 2026 14:14 Written by

Avec une demande estimée à 230 millions d’emplois numériques d’ici 2030, l’Afrique subsaharienne fait face à un défi majeur de formation. Des initiatives naissent pour généraliser l’accès aux compétences technologiques et à l’IA afin de favoriser l’insertion des jeunes femmes.

Le géant technologique Microsoft et l’initiative Education Plus, soutenue par l’ONUSIDA, ont annoncé le mardi 10 mars le lancement d’Empower+. Cette plateforme numérique vise à renforcer les compétences en informatique et en intelligence artificielle des jeunes sur le continent. Accessible gratuitement en ligne, l’outil cible en priorité les adolescentes et les jeunes femmes dans 21 pays africains, avec l’ambition de réduire les inégalités d’accès à la formation technologique.

Disponible également sur mobile, la plateforme propose des modules couvrant la littératie numérique de base, les compétences émergentes en IA et l’usage des technologies dans le milieu professionnel. Les modules associent aussi les opportunités offertes par le numérique à la sensibilisation et à la prévention du VIH, un enjeu de santé publique particulièrement important pour les jeunes femmes en Afrique subsaharienne.

Selon Tiara Pathon, directrice des compétences en intelligence artificielle chez Microsoft Elevate, l’initiative doit offrir aux apprenants les outils nécessaires pour évoluer dans une économie dématérialisée. « L’accès à l’éducation et aux compétences est l’un des facteurs d’opportunité les plus puissants. Avec Empower+, nous voulons permettre aux apprenants d’acquérir les connaissances pour s’adapter et prospérer dans un monde en mutation rapide », a-t-elle déclaré.

Ce lancement intervient alors que la demande de profils qualifiés progresse rapidement. Selon la Banque mondiale, près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Pourtant, les disparités de genre persistent. D’après l’UNESCO, les femmes et les filles ont 25 % de chances en moins que les hommes d’utiliser les outils numériques pour des usages de base, sont quatre fois moins susceptibles de savoir programmer et treize fois moins susceptibles de déposer un brevet dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Dans ce contexte, l’élargissement de l’accès aux compétences numériques apparaît comme un enjeu central pour réduire les inégalités et favoriser l’inclusion économique. Les programmes de formation accessibles en ligne pourraient ainsi contribuer à ouvrir davantage d’opportunités professionnelles aux jeunes femmes dans un secteur encore largement dominé par les hommes.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Posted On jeudi, 12 mars 2026 07:59 Written by

À l’horizon 2030, le Maroc compte mobiliser l’intelligence artificielle pour renforcer sa croissance économique et créer des milliers d’emplois qualifiés. L’industrie apparaît comme l’un des principaux terrains d’application de cette stratégie.

Le ministère de l’Industrie et du Commerce, le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration et le ministère de l’Économie et des Finances ont signé le mardi 10 mars à Fès une convention avec plusieurs établissements universitaires pour créer l’Institut JAZARI Industrie X.0. Cette structure est destinée à soutenir l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) et des technologies numériques dans l’industrie marocaine, qui s’inscrit dans les efforts du royaume pour renforcer la recherche appliquée et accélérer la transformation du tissu productif.

 

Le partenariat associe notamment l’Université Euromed de Fès, l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, l’Université Moulay Ismaïl et l’Université Al Akhawayn. Le futur institut servira de plateforme de recherche et d’innovation autour des technologies de l’industrie 4.0, incluant l’Internet des objets (IoT), la robotique avancée et l’analyse des données industrielles. L’objectif central est de rapprocher la recherche scientifique des besoins concrets des entreprises.

Selon les autorités, l’institut contribuera à transformer les résultats académiques en solutions technologiques applicables. Les travaux porteront sur l’amélioration de la productivité, la maintenance prédictive, la qualité des processus de production et le développement d’applications dans des secteurs tels que l’agriculture intelligente ou la santé. L’initiative prévoit également de soutenir la création de startups technologiques et de former des compétences spécialisées dans la data industrielle et la cybersécurité.

Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration d’un écosystème national autour de l’intelligence artificielle. Les autorités marocaines ont récemment lancé un réseau d’instituts baptisé « Jazari », destiné à développer des centres d’excellence dans différentes régions du pays afin de soutenir l’innovation et l’industrialisation des technologies numériques. Cette orientation rejoint les ambitions de la stratégie Maroc Digital 2030, qui place l’IA au cœur de la modernisation économique.

Le pays ambitionne, à cet effet, de générer 100 milliards de dirhams de PIB (environ 11 milliards $) grâce au déploiement structuré de l’intelligence artificielle. Selon les projections officielles, cette dynamique pourrait conduire à la création de 50 000 emplois et à la formation de 200 000 diplômés spécialisés, renforçant ainsi la compétitivité technologique et industrielle du royaume.

Samira Njoya

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Posted On mercredi, 11 mars 2026 10:20 Written by

Le gouvernement mauritanien accélère la digitalisation des services publics pour soutenir sa transformation numérique. Dans le secteur des transports, l’obtention des cartes grises et le système numérique du trafic routier sont déjà accessibles sur la plateforme nationale dédiée.

Les autorités mauritaniennes travaillent sur la dématérialisation des procédures d’obtention des permis de conduire. L’initiative s’inscrit dans une vision plus large de digitalisation des services publics afin d’en faciliter l’accès pour les populations.

Le projet était au cœur d’une réunion de travail sur la digitalisation des services des transports tenue le mardi 10 mars. La réunion a rassemblé le ministre de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, Ahmed Salem Bede, et son homologue chargé de l’Équipement et des Transports, Ely Ould Veirek.

Au cours de la rencontre, les deux ministres ont suivi une démonstration technique détaillée d’un nouveau dispositif numérique en cours de déploiement pour transformer le parcours d’obtention du permis de conduire. Toutes les étapes seront dématérialisées : inscription à distance, passage de l’examen et délivrance numérique et sécurisée du permis. Le système devrait réduire l’intervention humaine et renforcer la fiabilité du document délivré.

« Ce projet traduit les orientations des hautes autorités en matière de modernisation de l’administration publique et de simplification des démarches publiques. Il place les usagers au cœur d'une administration qui avance, pour des services publics à la hauteur des attentes des citoyens », a déclaré le ministère de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Cette initiative intervient environ deux semaines après que les autorités ont lancé une plateforme répertoriant 800 démarches administratives pour faciliter l’accès des populations aux informations. Ces démarches seront progressivement ajoutées à la plateforme nationale de services numériques, « Khdamati ». Cette dernière compte déjà des services comme l’inscription des étudiants à l’Université de Nouakchott, le Système numérique du trafic routier (SNTR), la création d’entreprise, la demande d’agrément au Code des investissements, la délivrance du casier judiciaire, des cartes grises, des certificats de perte pour documents officiels…

Il convient toutefois de rappeler que le calendrier précis de mise en service du dispositif n’est pas encore connu. Par ailleurs, la question de son adoption par les usagers se pose. Selon les dernières données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), la couverture 2G atteignait 97 % de la population mauritanienne en 2023. En 2022, les réseaux 3G et 4G couvraient respectivement 43,9 % et 34,7 % de la population. Par ailleurs, selon DataReportal, la Mauritanie comptait environ 2 millions d’utilisateurs d’Internet à fin décembre 2025, soit un taux de pénétration de 37,4 %.

Au-delà de la couverture et de la qualité des réseaux, l’adoption des services numériques dépend également de l’accès aux terminaux compatibles. D’après la Banque mondiale, 56,61 % des Mauritaniens âgés de plus de 15 ans possédaient un smartphone à fin 2024. D’autres facteurs peuvent aussi influencer l’usage effectif des services dématérialisés, notamment le niveau de compétences numériques des populations ou encore l’accessibilité financière des offres Internet.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On mercredi, 11 mars 2026 09:13 Written by
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