Alors que plusieurs applications sont déjà utilisées dans les tribunaux malgaches pour gérer les dossiers civils, pénaux et fonciers, les autorités veulent franchir une nouvelle étape dans la modernisation de la justice. Une plateforme dédiée au casier judiciaire est notamment en cours de conception.

Madagascar poursuit la modernisation progressive de son système judiciaire à travers l’extension de ses services numériques. Les autorités judiciaires ont annoncé le mardi 2 juin, à l’occasion du 65e anniversaire de la Cour suprême, une nouvelle phase de cette transformation, marquée par la préparation d’une plateforme dédiée au casier judiciaire. L’initiative est appelée à renforcer la dématérialisation des démarches administratives dans le secteur.

Selon les responsables, plusieurs outils numériques sont déjà déployés dans les juridictions du pays, tels que Logipenal, Logicivil, INFO, PAC, ILO ou encore IGAP. Lesdites plateformes ont pour rôle la gestion des affaires civiles, pénales, commerciales et foncières avec l’objectif d’améliorer le traitement des dossiers, renforcer leur traçabilité et réduire les délais administratifs au sein des tribunaux. Les autorités estiment que cette transformation vise à répondre à l’une des principales attentes des usagers : une justice plus rapide et plus accessible. Le défi reste toutefois d’étendre ces outils à l’ensemble du territoire afin d’assurer une couverture homogène des services judiciaires.

L’intelligence artificielle figure également parmi les technologies étudiées pour accompagner cette transformation. Déjà utilisée dans certaines tâches de recherche et de gestion documentaire, elle pourrait contribuer à améliorer l’efficacité du traitement des dossiers. Les autorités insistent néanmoins sur le fait que ces outils doivent demeurer une aide à la décision et non se substituer au rôle du magistrat.

Dans ce contexte, la Commission malgache de l’Informatique et des Libertés (CMIL) plaide pour un encadrement réglementaire de l’usage de l’intelligence artificielle dans le secteur judiciaire. Les travaux engagés devraient aboutir à l’élaboration d’un cadre destiné à concilier innovation technologique avec la protection des données personnelles et le respect des principes fondamentaux de la justice.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Madagascar : vers une université publique 100 % numérique

Posted On vendredi, 05 juin 2026 12:24 Written by

L’intelligence artificielle est appelée à constituer l’un des principaux moteurs de la transformation numérique du Maroc. Pour accélérer son déploiement, le gouvernement mise sur la collaboration avec Orange dans le cadre d’une stratégie qui prévoit la création de 50 000 emplois.

Le Maroc poursuit la mise en œuvre de sa stratégie de développement de l’intelligence artificielle. Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration a signé le jeudi 4 juin à Casablanca un mémorandum d’entente avec Orange Maroc pour renforcer leur coopération dans l’expérimentation et le déploiement de solutions d’IA. L’accord a été conclu par la ministre déléguée Amal El Fallah Seghrouchni et le directeur général d’Orange Maroc, Hendrik Kasteel.

À travers ce partenariat, les deux parties entendent développer des cas d’usage concrets alignés sur les priorités de transformation numérique du royaume. L’accent sera notamment mis sur l’e‑gouvernement afin d’améliorer la qualité et l’efficacité des services publics. Des projets pilotes ont déjà été identifiés et seront développés conjointement dans les prochains mois.

Orange Maroc mettra également à contribution ses infrastructures et son expertise technologique pour tester des applications dans plusieurs secteurs jugés stratégiques, notamment l’e‑santé, l’e‑éducation et l’e‑agriculture. Pour les autorités marocaines, l’enjeu est d’accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle dans des domaines susceptibles d’avoir un impact direct sur les citoyens et la compétitivité de l’économie.

Cette coopération s’inscrit dans les ambitions stratégiques affichées par le Maroc pour le développement de l’intelligence artificielle. Le gouvernement a fait de cette technologie l’un des piliers de sa stratégie « Maroc Digital 2030 » et de sa feuille de route « AI Made in Morocco », qui visent à accélérer la transformation numérique des administrations, des entreprises et des services publics.

Les autorités marocaines projettent une contribution de l’intelligence artificielle à hauteur de 100 milliards de dirhams (environ 11 milliards USD) au produit intérieur brut à l’horizon 2030. Cette dynamique devrait également permettre la création de 50 000 emplois spécialisés et la formation de 200 000 diplômés aux compétences liées à l’IA. Dans ce contexte, le partenariat conclu avec Orange Maroc vise à accélérer le passage des stratégies aux applications concrètes, en s’appuyant sur les infrastructures, les compétences et les capacités d’innovation du secteur privé.

Samira Njoya

Lire aussi:

Le Maroc mise sur l’IA pour générer 11 milliards $ de PIB additionnel d’ici 2030

Posted On vendredi, 05 juin 2026 09:45 Written by

Les ruptures de stocks de médicaments et vaccins restent l’un des principaux défis des systèmes de santé africains. En RDC, les autorités misent sur le numérique pour améliorer le suivi logistique et renforcer l’approvisionnement des structures sanitaires.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a lancé la semaine dernière à Kinshasa, la phase pilote de LOGIMEV, un système numérique destiné à moderniser la gestion logistique des produits sanitaires. Développée sur la plateforme OpenLMIS avec l’appui de plusieurs partenaires internationaux, cette solution vise améliorer le suivi des stocks de médicaments et vaccins, ainsi que la circulation des données logistiques dans le système sanitaire congolais.

« Cet événement marque une étape décisive dans l'approvisionnement des produits de santé au sein du ministère de la Santé. Grâce à cette initiative, nous disposeront progressivement d'un système intégré capable de fournir des données logistiques fiables et en temps réel pour prise de décision a tout le niveau de notre système de santé », a déclaré le docteur Body Ilonga, secrétaire général à la Santé.

Porté par le ministère de la Santé publique, le projet est mis en œuvre avec le soutien de partenaires tels que l'Alliance Gavi, UNICEF, VillageReach et la Clinton Health Access Initiative (CHAI). Les autorités présentent cette initiative comme une étape dans la digitalisation du système de santé national, avec pour objectif de disposer de données logistiques centralisées et accessibles en temps réel, afin d’améliorer la prise de décision.

Le système a été configuré pour assurer le suivi de 154 produits couvrant 14 programmes nationaux, dont le Programme élargi de vaccination (PEV). La phase pilote sera déployée dans les provinces de Kinshasa et du Maniema, avant une extension progressive à l’échelle nationale. Le projet entre dans le cadre du Plan national de développement sanitaire 2024-2033, qui prévoit une modernisation des outils de gestion et des infrastructures du secteur.

L'initiative survient aussi dans un contexte où plusieurs pays africains accélèrent la numérisation de leurs systèmes sanitaires, afin d’améliorer la disponibilité des médicaments et la gestion des campagnes de vaccination. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les ruptures de stocks et les insuffisances logistiques figurent parmi les principaux facteurs limitant l’accès aux soins sur le continent. Les plateformes numériques de gestion logistique sont ainsi de plus en plus utilisées pour renforcer la visibilité des chaînes d’approvisionnement et réduire les pertes de produits de santé.

En République démocratique du Congo, où les défis logistiques restent importants en raison de l’étendue du territoire et des difficultés d’accès à certaines zones, les autorités espèrent que cette digitalisation contribuera à améliorer la disponibilité des vaccins et médicaments dans les centres de santé. À terme, LOGIMEV pourrait aussi favoriser l’interopérabilité entre les différents programmes sanitaires, et renforcer la résilience du système de santé congolais.

Samira Njoya 

Lire aussi: Au Ghana, Rivia combine cliniques connectées et téléconsultation pour fluidifier les soins

Posted On jeudi, 04 juin 2026 16:54 Written by

Face aux exigences d’un service public plus rapide et plus accessible, le Maroc renforce la transformation de ses administrations. Les services de sécurité s’inscrivent désormais dans cette dynamique de modernisation orientée vers la qualité de service.

Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration et la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) ont signé le mercredi 3 juin, à Rabat, une convention‑cadre pour améliorer l’accueil des citoyens dans les services de police à travers le royaume. L’accord a été paraphé par la ministre déléguée chargée de la Transition numérique, Amal El Fallah Seghrouchni, et le directeur général de la DGSN, Abdellatif Hammouchi.

La convention prévoit la mise en œuvre de programmes pilotes ainsi que le développement d’infrastructures numériques et matérielles destinées à moderniser les conditions d’accueil dans les commissariats et services de sécurité. L’objectif est d’expérimenter de nouveaux dispositifs avant leur généralisation progressive à l’ensemble du territoire.

Au‑delà des aspects techniques, cet accord entend renforcer la coopération institutionnelle entre les deux départements. Il s’agit notamment d’accompagner la modernisation du service public policier et de renforcer son intégration dans le chantier de transformation numérique de l’administration publique.

L’initiative s’inscrit dans un processus plus large de modernisation engagé depuis plusieurs années par la police marocaine. Fin 2024, la DGSN a lancé la plateforme « E‑Police », qui permet aux citoyens d’effectuer en ligne plusieurs démarches administratives, notamment la demande de documents policiers, la prise de rendez‑vous ou encore le suivi de certaines procédures à distance.

L’institution a également développé un écosystème numérique reposant sur l’identité numérique et la dématérialisation progressive de plusieurs services administratifs. Selon la DGSN, cette stratégie vise à réduire les déplacements des usagers, accélérer le traitement des demandes et renforcer la protection des données personnelles.

La convention signée à Rabat s’inscrit également dans une logique de généralisation des standards de qualité de service au sein des administrations publiques. Elle prévoit une phase d’expérimentation à travers des projets pilotes, dont les résultats serviront de base à un déploiement plus large dans les différentes structures de la DGSN à l’échelle nationale.

Samira Njoya

Lire aussi:

 Administration numérique : le Maroc modernise la délivrance des cartes d’identité

Posted On jeudi, 04 juin 2026 09:26 Written by

Les initiatives numériques se multiplient au sein des collectivités camerounaises, mais leur déploiement reste inégal d’un territoire à l’autre. Les autorités misent sur une approche coordonnée pour favoriser l’interopérabilité des systèmes et améliorer la qualité des services rendus aux populations.

Le gouvernement camerounais recherche des financements pour mettre en œuvre DIGI‑CoR, un programme de 92 milliards FCFA (≈ 163 millions $) visant à accélérer la transformation numérique des collectivités territoriales décentralisées (CTD). Présenté le mardi 2 juin à Yaoundé aux partenaires techniques et financiers, le projet ambitionne de moderniser l’administration locale, renforcer l’accès aux services publics numériques et réduire les disparités territoriales en matière de connectivité et d’équipements.

Le programme prévoit notamment le déploiement d’infrastructures numériques, l’amélioration de la connectivité, l’équipement des collectivités en matériels informatiques et énergétiques, ainsi que la mise en place de plateformes numériques interopérables. L’objectif est de permettre aux différents systèmes déjà déployés par l’administration locale de communiquer entre eux pour améliorer la circulation de l’information et l’efficacité des services.

L’initiative intervient dans un contexte où la transition numérique des collectivités reste inégale. Selon les données présentées par les autorités, 68,5 % des CTD ne disposent pas de réseaux informatiques structurés et 57,8 % ne possèdent pas de personnel spécifiquement formé aux outils numériques. Cette situation freine la modernisation des services administratifs alors même que les communes et les régions sont appelées à jouer un rôle croissant dans le développement local.

DIGI‑CoR entend également mutualiser certaines infrastructures afin de réduire les coûts d’investissement et d’exploitation. Plutôt que de développer des solutions isolées, les collectivités pourront s’appuyer sur des ressources partagées pour l’hébergement des données, la cybersécurité ou encore la gestion des services numériques. Le programme prévoit par ailleurs le renforcement des compétences des agents publics et la mise en place d’un cadre normatif destiné à harmoniser la transformation numérique à l’échelle nationale.

Pour les citoyens, les autorités attendent une simplification des démarches administratives, une réduction des délais de traitement et un meilleur accès à l’information publique. Les collectivités devraient pour leur part bénéficier d’une amélioration de la mobilisation des recettes locales, d’une gestion administrative plus efficace et d’outils de pilotage fondés sur la donnée.

Le projet s’appuie sur plusieurs initiatives déjà engagées dans le pays. À ce jour, 335 portails communaux ont été développés dans le cadre des premiers programmes de numérisation des communes, tandis que 145 collectivités ont déjà bénéficié d’équipements financés par le Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention Intercommunale (FEICOM). Toutefois, les autorités estiment que ces initiatives demeurent fragmentées et insuffisamment interconnectées, limitant leur impact à l’échelle nationale.

Selon les projections, la mise en œuvre de DIGI‑CoR pourrait générer plus de 9200 emplois directs, indirects et induits sur trois ans, dont une part significative pour les jeunes et les femmes. Les autorités y voient l’un des principaux leviers pour accélérer la modernisation de l’administration territoriale et soutenir le développement de l’économie numérique locale.

Samira Njoya

Lire aussi:

Cameroun : le ministère de la Fonction publique signe avec Camtel pour garantir l’accessibilité de ses e-services 

Cameroun : l’Agence nationale de promotion des PME déploie deux applications numériques destinées aux porteurs de projet

Posted On jeudi, 04 juin 2026 09:04 Written by

La digitalisation des services judiciaires change progressivement la manière dont les citoyens accèdent au droit au Burkina Faso. Mais cette évolution reste freinée par une fracture numérique persistante entre zones urbaines et rurales.

Le Burkina Faso poursuit la modernisation de son système judiciaire à travers le numérique. Les plateformes déployées par le ministère de la Justice ont permis la délivrance de plus de 600 000 casiers judiciaires et près de 70 000 certificats de nationalité, illustrant l’accélération de la dématérialisation des services destinés aux citoyens. Ces chiffres ont été dévoilés à l’occasion du Forum national sur la digitalisation de la justice, organisé du mardi 2 au mercredi 3 juin à Ouagadougou.

Ces résultats témoignent des progrès enregistrés ces dernières années dans la mise en ligne de certaines procédures administratives. Outre les plateformes dédiées au casier judiciaire et au certificat de nationalité, le pays a lancé en février dernier un service numérique consacré aux actes dérivés du Registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM), qui a déjà permis la délivrance d’environ 2000 documents. Les autorités ont également mis en place un système permettant le dépôt et le suivi en ligne des plaintes pénales.

Cependant, l’accès aux services judiciaires numériques demeure confronté à un obstacle majeur : la fracture numérique. Selon les données présentées lors du Forum national sur la digitalisation de la justice, le taux d’accès à Internet atteint environ 72 % dans les zones urbaines, contre seulement 27 % dans les zones rurales. Une situation qui reflète les inégalités d’accès aux technologies numériques dans le pays. Selon des données de la Banque mondiale en 2024, seulement 37,24 % des habitants disposaient d’un smartphone. D’après DataReportal, le pays comptait 5,42 millions d'internautes à la fin de 2025.

Cette fracture numérique constitue un enjeu majeur pour les ambitions de transformation de l’administration. Si les services en ligne permettent de réduire les délais de traitement et les déplacements des usagers, leur impact reste limité tant qu’une part importante de la population demeure privée des équipements ou de la connectivité nécessaires pour y accéder.

Les autorités réfléchissent également à d’autres mesures d’accompagnement. Parmi les pistes évoquées figurent l’intégration des langues nationales dans les plateformes numériques, le développement de solutions adaptées aux personnes peu alphabétisées ainsi que l’extension des infrastructures de connectivité dans les zones rurales.

Ces mesures s’ajoutent à d’autres initiatives déjà en cours, notamment le déploiement d’infrastructures télécoms dans les zones blanches et les cases numériques qui serviront de relais pour permettre aux populations d’accéder à Internet et à divers services publics dématérialisés.

Samira Njoya

Lire aussi:

Burkina Faso : la numérisation de la justice génère plus de 600 000 $ en deux ans

Posted On mercredi, 03 juin 2026 10:40 Written by

Face à la montée en puissance des besoins numériques dans les administrations et les entreprises, le Gabon mise sur la formation de profils spécialisés pour limiter sa dépendance aux expertises étrangères.

L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) et l’Institut national de la poste, des technologies de l’information et de la communication (INPTIC) ont signé, le lundi 1er juin à Libreville, une « convention de subvention » de 5 milliards FCFA (8,9 millions $) destinée à moderniser la formation aux métiers du numérique. L’accord a été conclu en présence du ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark Alexandre Doumba, et du ministre de l’Enseignement supérieur, Charles Edgar Mombo.

Prévu pour une durée de deux ans renouvelables, le partenariat prévoit de réhabiliter les infrastructures pédagogiques de l’établissement, d’acquérir de nouveaux équipements technologiques et de développer des laboratoires spécialisés. Les fonds serviront également à ouvrir ou consolider plusieurs filières dans des domaines jugés stratégiques tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la data, le cloud computing, les réseaux et télécommunications ou encore l’entrepreneuriat numérique.

À travers ce projet, les autorités souhaitent aligner l’offre de formation sur les besoins économiques. Selon les responsables, l’accord prévoit une refonte des mécanismes de pilotage de l’INPTIC ainsi qu’un accès aux données et aux analyses sectorielles de l’ARCEP afin d’anticiper l’évolution des métiers et des compétences recherchées par les entreprises.

Cet investissement s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de digitalisation et plus particulièrement de son volet consacré au développement du capital humain. Les autorités considèrent désormais la disponibilité de compétences locales comme une condition essentielle pour accompagner la transformation numérique de l’administration, des entreprises et des services publics.

Le défi est d’autant plus important que les besoins en experts du numérique progressent rapidement à travers l’Afrique. Selon la Société financière internationale (IFC), près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Les profils spécialisés en cybersécurité, intelligence artificielle, gestion des données ou cloud computing figurent parmi les plus recherchés par les organisations publiques et privées.

En renforçant les capacités de l’INPTIC, Libreville ambitionne de réduire sa dépendance aux expertises extérieures et de positionner l’établissement comme un pôle régional de référence pour la formation aux métiers du numérique en Afrique centrale.

Samira Njoya 

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Compétences numériques : 10 secteurs porteurs pour l'emploi en Afrique d'ici 2030

Posted On mercredi, 03 juin 2026 09:56 Written by

Le numérique occupe une place croissante dans les politiques publiques sénégalaises, traduisant les ambitions de modernisation et de souveraineté technologique du pays. Dans ce contexte, le ministère connaît un changement de nom et de direction avec la nomination d’un nouveau responsable à sa tête.

La composition du nouveau gouvernement sénégalais a été dévoilée le lundi 1er juin. Parmi les nominations de l’équipe dirigée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, celle de Samba Diouf (photo) au poste de ministre des Télécommunications et du Numérique attire particulièrement l’attention. Il succède à Alioune Sall à la tête d’un département qui change également de configuration institutionnelle, le numérique étant désormais dissocié du portefeuille de la Communication.

Cette réorganisation traduit l’importance croissante accordée au numérique dans les politiques publiques sénégalaises. Le nouveau ministre hérite ainsi d’un secteur placé au cœur des ambitions économiques et de souveraineté technologique des autorités.

Un spécialiste de la transformation numérique

Avant son entrée au gouvernement, Samba Diouf occupait les fonctions de ministre‑conseiller chargé du Numérique auprès du président de la République. Son parcours professionnel s’est principalement construit dans les domaines de la transformation numérique, des télécommunications et des services financiers.

Il a notamment exercé des responsabilités au sein de plusieurs groupes technologiques internationaux tels que Huawei, IBM, Oracle, Atos et Ericsson. Au cours de sa carrière, il a piloté des projets de transformation numérique touchant aussi bien les administrations publiques que les opérateurs télécoms et les institutions financières.

Son profil se distingue également par une double compétence technique et managériale. Titulaire d’un master en physique, d’un master en ingénierie des systèmes d’information et de communication, d’un Executive MBA en stratégie d’entreprise ainsi que d’un MBA en finance, il dispose d’une expertise couvrant à la fois les enjeux technologiques, de gouvernance et de développement des affaires.

Des chantiers stratégiques à poursuivre

L’arrivée de Samba Diouf intervient deux mois après le premier anniversaire du New Deal Technologique et le lancement de ses projets structurants. Lancé l’année précédente, ce programme repose sur 12 projets prioritaires et mobilise des investissements évalués à près de 1100 milliards de francs CFA (1,95 milliard $) entre 2025 et 2034. Il vise notamment à renforcer la connectivité, développer les services publics numériques, soutenir l’économie numérique et améliorer la souveraineté technologique du pays.

Les défis restent toutefois nombreux. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), si le Sénégal figure parmi les 15 pays africains les plus avancés en matière de services numériques en 2025, des disparités persistent dans l’accès à Internet, notamment entre zones urbaines et rurales. Les questions de cybersécurité, d’identité numérique, de développement de l’intelligence artificielle et d’accompagnement des start‑up technologiques figurent également parmi les priorités du secteur.

À la tête d’un ministère désormais entièrement consacré aux télécommunications et au numérique, Samba Diouf devra transformer les ambitions affichées par les autorités en réalisations concrètes, dans un contexte où le numérique est appelé à jouer un rôle croissant dans la compétitivité économique du Sénégal et la modernisation de l’action publique.

Samira Njoya

Lire aussi:

Sénégal : le New Deal Technologique entre en phase opérationnelle avec des projets structurants

Posted On mardi, 02 juin 2026 09:35 Written by

Alors que les outils d’IA capables de créer des images et vidéos hyperréalistes se démocratisent, le Bénin alerte contre les risques d’usurpation d’identité, de manipulation et d’atteinte à la réputation. Les contrevenants s’exposent à de lourdes sanctions prévues par le Code du numérique.

Le Centre national d’investigations numériques (CNIN) du Bénin a rappelé, vendredi 29 mai, les sanctions encourues en cas d’utilisation de l’intelligence artificielle pour modifier, générer ou diffuser l’image d’une personne sans son autorisation. Selon l’institution, ces pratiques constituent une atteinte au droit à l’image et sont passibles de poursuites sur la base de l’article 576 du Code du numérique. Les contrevenants s’exposent à une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement et à une amende de 25 millions FCFA (environ 44 400 $). 

Cette mise en garde intervient dans un contexte de démocratisation rapide des outils d’intelligence artificielle générative capables de produire des images, des vidéos ou des contenus audiovisuels de plus en plus réalistes. Les technologies dites de deepfake permettent notamment de remplacer le visage d’une personne, de modifier ses propos ou de créer de fausses scènes susceptibles d’être utilisées à des fins de manipulation, de diffamation, d’escroquerie ou d’atteinte à la réputation. Des chercheurs alertent depuis plusieurs années sur la difficulté croissante à distinguer les contenus authentiques des contenus générés artificiellement.

Une menace croissante pour les autorités

Le rappel du CNIN s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement de la lutte contre la cybercriminalité au Bénin. Selon les chiffres communiqués par le procureur spécial de la CRIET en octobre 2024, les procédures liées à la cybercriminalité sont passées de 347 en 2022 à 415 en 2023, puis à 576 dossiers enregistrés au 17 septembre 2024.

Les autorités béninoises ont également multiplié les opérations contre les réseaux d’arnaques en ligne et les usurpations d’identité sur les réseaux sociaux. En 2024, le CNIN avait notamment annoncé la désactivation d’environ 600 faux comptes utilisés dans des escroqueries sentimentales ou des arnaques liées au maraboutage.

Des enjeux qui dépassent les deepfakes

Au‑delà de la question du droit à l’image, les deepfakes s’inscrivent dans un ensemble plus vaste de cybermenaces qui préoccupent de plus en plus les gouvernements africains. Selon Interpol, les escroqueries en ligne, les fraudes numériques, les rançongiciels et les usurpations d’identité figurent parmi les principales menaces recensées sur le continent. Entre 2019 et 2025, les pertes financières liées à la cybercriminalité en Afrique sont estimées à plus de 3 milliards de dollars.

Dans ce contexte, les autorités béninoises cherchent à prévenir l’utilisation abusive des nouveaux outils d’intelligence artificielle avant qu’ils ne deviennent un vecteur supplémentaire de fraude et de désinformation. Pour les régulateurs, l’enjeu consiste désormais à trouver un équilibre entre l’essor des technologies d’IA générative et la protection des droits des citoyens dans l’espace numérique.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Deepfakes et IA générative : l’Afrique face au défi de la protection des mineurs 

Posted On mardi, 02 juin 2026 09:13 Written by

Grâce à des partenariats technologiques et à une approche axée sur le numérique, les autorités kényanes ambitionnent de transformer en profondeur l’expérience touristique et son impact économique. Le pays s’inscrit désormais dans une nouvelle dynamique pour son secteur touristique, dans une volonté de renforcer la compétitivité du pays sur la scène internationale et de diversifier ses leviers de croissance.

Le Kenya a officiellement lancé sa nouvelle stratégie touristique baptisée « Magical Kenya – The Origin of Wonder », une feuille de route ambitieuse qui vise à doubler le nombre de visiteurs internationaux, de 3 à 5 millions, et à accroître de moitié les revenus du tourisme, en s’appuyant sur la transformation numérique et des partenariats technologiques globaux.

Au cœur de cette stratégie, un partenariat structurant a été signé le vendredi 29 mai entre Google Kenya et la ministre du Tourisme et de la Faune, Rebecca Miano (photo, à gauche). Cet accord, formalisé par un protocole de collaboration, prévoit des investissements conjoints autour de trois axes majeurs : le renforcement des compétences numériques et l’autonomisation des jeunes, le déploiement d’infrastructures d’intelligence artificielle via Google Cloud, ainsi que l’amélioration de la visibilité internationale du Kenya grâce à Google Ads et à l’exploitation de données de marché.

Le programme, qui sera mis en œuvre entre mai et décembre 2026, s’appuiera sur des partenaires d’exécution tels que The Africa Growth Lab et Action Lab. Il sera structuré en plusieurs phases, allant de la construction des bases technologiques et organisationnelles à l’activation des infrastructures cloud du ministère, jusqu’au déploiement de campagnes marketing à l’échelle mondiale.

Cette initiative s’inscrit dans une ambition plus large : transformer l’industrie touristique kényane en un moteur de croissance économique plus compétitif et plus digitalisé.

Le Kenya, terre d’attractivité

Pour accompagner cette transformation, un groupe de travail de 22 membres a été mis en place. Sa mission est de repenser le positionnement de la marque « Magical Kenya », de renforcer l’attractivité internationale du pays et de proposer des stratégies innovantes pour dynamiser les arrivées touristiques et l’emploi des jeunes. Lors de la cérémonie de signature, la ministre Rebecca Miano a salué cette collaboration stratégique, soulignant le rôle central du numérique dans la diversification de l’offre touristique. Selon elle, l’intégration des technologies permettra de mieux valoriser les 47 comtés du pays à travers la cartographie des expériences touristiques et la création de parcours plus personnalisés pour les visiteurs.

Avec ce partenariat, le Kenya confirme son positionnement comme l’un des pays africains les plus avancés dans l’intégration des technologies numériques au service du développement économique. En misant sur l’intelligence artificielle, le cloud et le marketing digital, Nairobi entend renforcer sa compétitivité face aux grandes destinations touristiques mondiales.

Le pari est cohérent avec les dynamiques continentales : plusieurs destinations africaines — Tanzanie, Rwanda, Afrique du Sud — ont accéléré leurs investissements dans le marketing digital et les plateformes de réservation. Le Kenya, fort de sa notoriété internationale, entend désormais convertir cette image en flux monétaires mieux structurés, en s’appuyant sur la puissance de distribution et d’analyse de données que Google peut offrir.

Reste à en mesurer les effets concrets d’ici fin 2026, date à laquelle les premières campagnes mondiales devraient être pleinement opérationnelles.

Muriel EDJO

Lire aussi:

E-visa : un outil numérique pour repenser la mobilité africaine

Posted On mardi, 02 juin 2026 02:25 Written by
Page 1 sur 191

Please publish modules in offcanvas position.