Le Bénin a placé la numérisation des services publics au cœur de sa stratégie nationale. Les résultats obtenus jusqu’ici sont satisfaisants, avec une adoption croissante des démarches en ligne et un accès facilité aux prestations pour les citoyens.
En 2025, l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) a servi 4 millions de citoyens et délivré 10,5 millions de documents d’état civil et d’identité au Bénin, selon les données publiées par l’institution le lundi 26 janvier 2026. Sur l’ensemble des démarches enregistrées, 75 % ont été réalisées en ligne ou à distance, illustrant la place croissante du numérique dans l’accès aux services d’identification.
Cette transformation repose sur une diversification des canaux d’accès aux services. Les citoyens ont utilisé eservices.anip.bj (37 % des requêtes), l’application mobile ANIP BJ (30 %) et le service USSD (8 %), tandis que les guichets physiques représentent 25 % des demandes. La sécurité des opérations est renforcée, avec 3,8 millions d’authentifications via les opérateurs GSM et 25 millions de vérifications d’identité (eKYC), garantissant fiabilité et intégrité des données.
Le programme s’inscrit dans un contexte plus large de transformation numérique initié par le Bénin depuis 2018, avec le lancement progressif de services publics digitalisés visant à moderniser l’administration, améliorer la transparence et renforcer la proximité avec les citoyens. La digitalisation des documents d’état civil et d’identité constitue un pilier central de cette stratégie, essentielle pour faciliter l’accès aux services sociaux et économiques.
L’ANIP s’intègre dans l’ambition nationale de généraliser les services publics numériques. Le pays a déployé plusieurs plateformes gouvernementales (déclarations fiscales, démarches de santé, formalités administratives), favorisant interopérabilité des services et centralisation des données. Ces initiatives visent à améliorer la gouvernance, la traçabilité des processus et la satisfaction des citoyens, tout en stimulant l’efficacité économique.
Pour 2026, l’ANIP entend poursuivre l’enregistrement et la délivrance de documents, avec un accent particulier sur les zones rurales encore sous-desservies. Les citoyens pourront accéder en ligne à une large gamme de services : acte de naissance, certificat de résidence, certificat de coutume et de célibat, certificat d’identification personnelle, carte d’identité nationale biométrique.
Samira Njoya
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A l’approche du lancement de sa stratégie nationale en intelligence artificielle, le Zimbabwe renforce ses échanges internationaux pour en soutenir la mise en œuvre. L’Australie apparaît comme un partenaire clé pour accompagner le développement des compétences et l’innovation technologique.
Le Zimbabwe poursuit sa dynamique de transformation numérique. La ministre des Technologies de l’information, des services postaux et de messagerie, Tatenda Mavetera, a rencontré le lundi 26 janvier 2026 l’ambassadrice d’Australie au Zimbabwe, Minoli Perera, afin d’explorer les perspectives de coopération bilatérale dans le domaine des TIC.
Zimbabwe and Australia to boost ICT
— Ministry of ICT, Postal & Courier Services - Zim (@MICTPCS_ZW) January 26, 2026
Zimbabwe is taking strides in digital transformation Hon. Tatenda Mavetera, Minister of ICT, Postal and Courier Services, met with Australia's Ambassador to Zimbabwe, Her Excellency Minoli Perera, to strengthen ICT collaboration between… pic.twitter.com/HlnQLtzISa
Les échanges ont porté sur la future stratégie nationale du Zimbabwe en matière d’intelligence artificielle, dont le lancement est annoncé pour mars 2026 par le président Emmerson Mnangagwa. Cette feuille de route devrait fixer les priorités du pays en matière d’innovation numérique, de modernisation des services publics et de développement des compétences technologiques.
Selon des données officielles, les investissements dans les TIC ont progressé de 14,5 %, parallèlement à l’amélioration de la connectivité. La pénétration mobile atteint 103 %, tandis que celle d’Internet s’élève à 83 %, traduisant un accès croissant de la population aux services numériques.
L’Australie s’est dite disposée à accompagner Harare via un appui technique et un partage d’expertise. Canberra dispose en effet d’une stratégie avancée en matière d’IA : en décembre 2025, le gouvernement australien a dévoilé un Plan national sur l’IA visant à accélérer son adoption dans l’ensemble de l’économie. Selon McKinsey, l’IA et l’automatisation pourraient générer entre 170 et 600 milliards USD supplémentaires pour le PIB australien d’ici 2030.
La coopération envisagée pourrait porter sur la formation, le transfert de compétences, la gouvernance de l’IA et le soutien aux start‑up locales. Pour Harare, l’enjeu est de structurer un écosystème numérique créateur d’emplois qualifiés, dans un pays où plus de 60 % de la population a moins de 25 ans.
À travers ce rapprochement avec Canberra, le Zimbabwe cherche à renforcer sa position sur la scène technologique régionale. En misant sur l’IA et les partenariats internationaux, le pays ambitionne de faire du numérique un levier stratégique de diversification économique et de développement durable.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les autorités malgaches misent sur le numérique comme levier de développement socio‑économique. Cette orientation concerne l’ensemble des secteurs, notamment l’éducation.
Le gouvernement malgache poursuit ses efforts en faveur de la transformation numérique de l’enseignement supérieur. Un partenariat a été officialisé la semaine dernière entre la Primature et cinq ministères, dont ceux chargés du Développement numérique et de l’Enseignement supérieur.
Dans un communiqué publié le mercredi 21 janvier 2026, le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications (MDNPT) a déclaré que ce partenariat traduit la vision selon laquelle « la transformation numérique de l’enseignement supérieur n’est plus une option, mais une nécessité pour améliorer l’accès de tous les jeunes à une éducation de qualité et les préparer au marché du travail de demain ».
Dans ce cadre, le MDNPT pilote plusieurs axes clés, dont l’intégration du numérique dans les universités via le déploiement de l’Internet haut débit et leur interconnexion à la plateforme numérique nationale. Le ministère soutient aussi la recherche en Big Data et en intelligence artificielle par l’accès aux centres de données, promeut l’entrepreneuriat numérique au sein des universités et œuvre à la valorisation des compétences locales afin d’aligner les certifications sur les standards internationaux et les besoins du secteur privé.
La signature de ce partenariat intervient quelques semaines après que le ministère a signé un accord avec un opérateur télécoms privé malgache pour déployer des points d’accès Wi‑Fi (hotspots Internet) destinés aux étudiants dans les universités.
L’intégration des TIC à tous les niveaux de l’enseignement figure parmi les priorités du Plan stratégique du numérique (PSN 2023–2028). Le gouvernement vise ainsi à renforcer une éducation inclusive, adaptée aux normes et besoins actuels, en généralisant l’usage des TIC dans l’enseignement. Cette stratégie comprend, entre autres, la numérisation des supports pédagogiques, l’adaptation des méthodes d’apprentissage et la digitalisation du parcours étudiant, tout en valorisant et sécurisant les compétences et en mettant en place un référentiel formation‑emploi pour améliorer l’orientation des étudiants.
Il convient toutefois de rappeler que la numérisation de l’enseignement supérieur à Madagascar demeure à un stade embryonnaire. En juillet 2025, lors d’une conférence‑débat organisée par le PNUD et la Banque mondiale, les acteurs du secteur ont mis en avant plusieurs contraintes structurelles persistantes, notamment la faible connectivité, le manque d’équipements, la fragmentation institutionnelle et les fortes disparités d’accès. Ils ont également insisté sur la nécessité de stratégies claires, de plans de mise en œuvre assortis de mécanismes rigoureux de suivi‑évaluation, ainsi que d’une volonté politique affirmée, d’une meilleure coordination entre les acteurs et d’une inclusion effective.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Au fur et à mesure que l’administration algérienne se numérise, ses systèmes d’information deviennent de plus en plus exposés aux cybermenaces. Pour anticiper ces risques, le pays consolide ses structures de protection numérique.
L’Algérie s’est dotée d’un cadre institutionnel renforcé pour protéger ses systèmes d’information face à la montée des cybermenaces. Le décret présidentiel n° 26‑07 du 7 janvier 2026, publié le mercredi 21 janvier au Journal officiel, définit l’organisation et le fonctionnement des structures de cybersécurité au sein des institutions, administrations et organismes publics, afin de mieux anticiper et gérer les risques liés aux cyberattaques.
Dans chaque entité publique, une structure dédiée à la cybersécurité sera créée, distincte de celle en charge de la gestion technique des systèmes d’information. Placée sous l’autorité directe du premier responsable de l’institution, cette entité aura pour mission de coordonner toutes les actions relatives à la protection des données et à la sécurité des systèmes, y compris pour les organismes sous tutelle.
Elle sera chargée d’élaborer et de suivre la mise en œuvre de la politique de cybersécurité, d’identifier les risques à travers une cartographie dédiée et de mettre en place des plans de remédiation adaptés. Une veille continue, des audits réguliers et la notification immédiate de tout incident aux autorités compétentes complètent le dispositif.
Le texte impose également le respect de la législation sur la protection des données à caractère personnel, en liaison avec l’autorité nationale compétente. Il encourage par ailleurs la coordination avec les structures chargées des marchés publics et de la sûreté interne, afin d’intégrer des clauses de sécurité dans les contrats de sous‑traitance et de renforcer la protection du personnel et des équipements.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensification des attaques numériques en Algérie. En 2024, le pays a été confronté à un volume estimé à plus de 70 millions de cyberattaques, selon des données de Kaspersky, qui place l’Algérie au 17ᵉ rang mondial des nations les plus ciblées par les menaces numériques. Parmi ces attaques, plus de 13 millions de tentatives de phishing ont été bloquées, ainsi que près de 750 000 pièces jointes malveillantes neutralisées par les solutions de sécurité, illustrant l’ampleur des risques auxquels sont exposés les utilisateurs et les organisations.
Pour les autorités algériennes, ce dispositif devrait permettre de consolider durablement la gouvernance de la cybersécurité dans le secteur public et d’accompagner la transition numérique par un encadrement institutionnel renforcé. Dans un pays où l’usage des systèmes digitalisés s’étend rapidement, la mise en place d’un cadre opérationnel de cybersécurité vise à protéger les services publics, les infrastructures critiques et les données sensibles, tout en renforçant la confiance des citoyens et des acteurs économiques dans l’écosystème numérique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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À mesure que le numérique devient un levier de compétitivité, l’État ivoirien renforce son pilotage. Le nouveau choix s’est porté sur un profil issu du secteur privé, aguerri aux enjeux internationaux du secteur.
Djibril Ouattara (photo) est désormais le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique de la Côte d’Ivoire. Il a été nommé le vendredi 23 janvier, au sein du gouvernement Beugré Mambé II, dans le cadre d’un remaniement ministériel. Il succède à Ibrahim Kalil Konaté, qui occupait ce portefeuille depuis octobre 2023.
Figure reconnue de l’écosystème télécoms, Djibril Ouattara totalise plus de vingt années d’expérience dans les Technologies de l’information et de la communication (TIC). Il a notamment dirigé MTN Congo, puis MTN Côte d’Ivoire, où il a conduit des programmes de modernisation des réseaux, d’extension des infrastructures numériques et d’amélioration de la qualité de service sur un marché particulièrement concurrentiel.
Son itinéraire professionnel comprend aussi des postes à haute responsabilité chez Canal+ Côte d’Ivoire et au sein d’Etisalat Atlantique Togo, un opérateur de télécommunications d’Afrique de l’Ouest actif dans les services mobiles, internet et de données.
Formé à l’Institut national polytechnique Félix Houphouët‑Boigny (INP‑HB) et titulaire d’un MBA de la MIT Sloan School of Management (États‑Unis), le nouveau ministre dispose d’un profil mêlant expertise technique, management stratégique et exposition internationale. Un parcours qui devrait peser dans la conduite des grands projets numériques de l’État.
À la tête du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara hérite de chantiers structurants. Parmi les priorités figurent la poursuite de la digitalisation de l’administration, l’amélioration de la qualité des services numériques publics, le renforcement de la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel.
Le gouvernement attend également une accélération du déploiement des infrastructures à haut débit, la préparation à l’introduction de la 5G, ainsi qu’une meilleure couverture des zones rurales encore peu connectées. Le pays compte déjà plus de 58 millions de lignes mobiles actives et un taux de pénétration d’Internet supérieur à 185 %, selon les sources officielles.
Le nouveau ministre devra par ailleurs structurer un environnement favorable à l’innovation locale, en soutenant les start‑up, en facilitant l’investissement privé et en développant les compétences numériques de la jeunesse, alors que la demande en talents technologiques ne cesse de croître.
La nomination de Djibril Ouattara marque ainsi une nouvelle étape dans la gouvernance numérique ivoirienne. Après une phase de structuration portée par son prédécesseur, l’exécutif attend désormais une accélération opérationnelle, capable de transformer les ambitions digitales du pays en résultats concrets, mesurables et durables.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’Afrique reste l’une des régions les plus touchées par les coupures volontaires d’Internet et leurs répercussions économiques. En 2024 et 2025, ces interruptions ont freiné l’essor de l’économie numérique sur le continent.
L’UNESCO s’inquiète de la multiplication des coupures d’Internet décidées par les gouvernements, notamment en période de crise politique ou électorale. Dans une déclaration publiée le mardi 21 janvier, l’organisation onusienne a rappelé que l’accès à Internet constitue un pilier de la liberté d’expression et un élément central de l’exercice des droits démocratiques, et a appelé les États à privilégier des politiques favorisant la connectivité plutôt que des restrictions.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des coupures gouvernementales à l’échelle mondiale, y compris en Afrique. Selon l’ONG Access Now citée par l’UNESCO, au moins 300 coupures d’Internet ont été recensées dans plus de 54 pays au cours des deux dernières années, faisant de 2024 la pire année enregistrée depuis 2016.
Depuis le début de l’année 2026, plusieurs pays ont de nouveau imposé des interruptions totales ou partielles de la connectivité, notamment lors de manifestations de grande ampleur ou de processus électoraux sensibles.
En Afrique subsaharienne, ces pratiques ont un coût économique particulièrement lourd. D’après le rapport Global Cost of Internet Shutdowns 2024 publié par la plateforme britannique Top10VPN, les coupures d’Internet et les restrictions d’accès aux réseaux sociaux ont entraîné des pertes estimées à 1,56 milliard de dollars dans la région en 2024. Bien qu’en légère baisse par rapport aux 1,74 milliard de dollars enregistrés en 2023, ces pertes restent significatives et traduisent la persistance de mesures qui freinent la croissance de l’économie numérique africaine.
Le rapport indique que ces interruptions ont totalisé 32 938 heures de coupure en Afrique subsaharienne en 2024, affectant 111,2 millions d’internautes. Le Soudan figure parmi les pays les plus touchés, avec une perte économique estimée à 1,12 milliard de dollars, soit près de 72 % du total régional, sur fond de conflit et de restrictions prolongées. L’Éthiopie et le Kenya ont également enregistré des pertes notables, respectivement de 211,2 millions et 75 millions de dollars, dans des contextes mêlant tensions sécuritaires, manifestations et contrôle de l’information.
Les autorités justifient généralement ces coupures par des impératifs de sécurité nationale, de maintien de l’ordre public ou de lutte contre la désinformation. Dans les faits, elles prennent souvent la forme de blocages des réseaux sociaux, de ralentissements intentionnels du débit ou de coupures totales, affectant des plateformes devenues centrales pour l’information, les échanges commerciaux, les services financiers numériques et l’organisation sociale.
Pour l’UNESCO, ces perturbations vont bien au-delà de la seule question de l’accès à l’information. Elles fragilisent l’écosystème médiatique, entravent le travail des journalistes et favorisent la circulation d’informations non vérifiées. Elles portent également atteinte à des droits fondamentaux connexes, tels que l’accès à l’éducation, la liberté de réunion et la participation à la vie publique, tout en affaiblissant la confiance dans l’environnement numérique.
Alors que de nombreux pays africains misent sur le numérique pour soutenir la croissance, l’inclusion financière et la modernisation des services publics, la répétition des coupures apparaît de plus en plus contradictoire avec ces ambitions. Selon Top10VPN, les pertes économiques liées aux interruptions de connectivité sont calculées à partir du PIB numérique, de la durée des coupures et du nombre d’utilisateurs affectés, soulignant un manque à gagner direct pour les entreprises, les opérateurs télécoms et les États eux-mêmes.
Samira Njoya
Edité par Ubrick F. Quenum
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Le gouvernement guinéen est engagé dans un processus de transformation numérique pour soutenir le développement socio‑économique. Pour garantir cette transformation, l’exécutif doit notamment renforcer la sécurité du cyberspace national.
La Guinée poursuit le renforcement de son dispositif de sécurité numérique. Le mercredi 21 janvier, la primature a annoncé la réhabilitation complète et l’équipement de la Direction de la cybercriminalité et de la lutte contre les traces technologiques, une initiative financée par le Budget national de développement (BND). Le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est rendu dans les nouveaux locaux, aux côtés du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Bachir Dial.
Implantée au quartier Minière, dans la commune de Dixinn, l’infrastructure comprend un bâtiment moderne de type R+2, conçu pour répondre aux exigences techniques des enquêtes numériques. Inauguré officiellement le 17 décembre 2025, le site est désormais doté d’équipements spécialisés destinés à l’analyse des traces technologiques, à la collecte de preuves numériques et au traitement des infractions liées aux technologies de l’information.
Cette modernisation intervient alors que la cybersécurité occupe une place stratégique dans les politiques publiques guinéennes. Avec la digitalisation progressive des services administratifs, la montée des paiements électroniques et l’essor des usages numériques, les risques liés aux attaques informatiques, à l’usurpation d’identité et aux escroqueries en ligne se multiplient. Les autorités entendent ainsi adapter les capacités opérationnelles de la Police nationale à un environnement numérique en constante évolution.
Dans son Global Cybersecurity Index 2024, l’Union internationale des télécommunications (UIT) souligne que les pays doivent accorder une attention soutenue à la cybersécurité s’ils souhaitent tirer pleinement parti du potentiel des technologies de l’information et de la communication. À ce titre, la Guinée est classée dans la troisième des cinq catégories de performance établies par l’institution onusienne. Le pays affiche des résultats solides en matière de cadre légal et organisationnel, avec des scores respectifs de 16,27 et 14,38 sur 20, tout en faisant face à des marges de progression sur les plans technique et opérationnel.
À travers cet investissement, la Guinée ambitionne de renforcer l’efficacité de la lutte contre la cybercriminalité, d’améliorer la formation des agents spécialisés et de consolider la confiance des citoyens dans les services de sécurité. À terme, ce dispositif devrait sécuriser les usages numériques, accompagner la transformation digitale du pays et offrir un environnement plus sûr aux acteurs économiques engagés dans le développement du numérique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’insertion professionnelle des jeunes en Afrique représente un défi majeur. La formation numérique pourrait bien être la clé qui ouvrira les portes de l’employabilité à la jeunesse en quête d’opportunité.
À Madagascar, 1000 jeunes seront formés gratuitement aux métiers du numérique d’ici la fin du premier semestre 2026, dans le cadre du programme « D‑CLIC, formez‑vous au numérique avec l’OIF ». Le lancement officiel de cette nouvelle phase du projet a eu lieu le lundi 19 janvier à Antananarivo, à travers un partenariat entre l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (METFP).
Le projet #DCLIC franchit une étape décisive à #Madagascar. Grâce à un partenariat entre l’OIF et le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (METFP), 1 000 jeunes seront formés gratuitement aux métiers du #numérique d’ici la fin de l’année 2026.… pic.twitter.com/Cn7iVvBHqr
— La Francophonie (@OIFrancophonie) January 21, 2026
Cette étape marque l’entrée du programme dans une phase opérationnelle à plus grande échelle. Elle débute par la formation de formateurs nationaux, appelés à constituer un réseau capable d’accompagner durablement les bénéficiaires à travers le pays. Les parcours de formation, développés par l’OIF via une plateforme d’apprentissage en ligne, portent notamment sur les compétences numériques recherchées sur le marché du travail, ainsi que sur l’entrepreneuriat digital.
Le dispositif D‑CLIC s’inscrit dans une démarche plus large de renforcement des compétences numériques dans l’espace francophone. Déployé dans plusieurs pays africains, le programme vise à améliorer l’employabilité des jeunes, à faciliter leur insertion professionnelle et à répondre aux besoins croissants en talents numériques, dans un contexte marqué par la digitalisation progressive des économies.
À Madagascar, cette initiative intervient alors que les besoins en formation numérique s’intensifient. Le pays fait face à une forte pression démographique, avec une population majoritairement jeune, tandis que le marché de l’emploi formel reste limité. Les autorités misent désormais sur le numérique comme l’un des piliers de la formation professionnelle. La ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Marie Marcelline Rasoloarisoa, a récemment indiqué que Madagascar ambitionne de former 40 000 personnes aux compétences numériques à l’horizon 2028, afin d’adapter la main‑d’œuvre aux nouveaux usages économiques et technologiques.
Dans ce contexte, le programme D‑CLIC apparaît comme un maillon opérationnel de cette stratégie nationale. En renforçant l’accès à des formations qualifiantes et en favorisant l’acquisition de compétences directement mobilisables, cette nouvelle cohorte pourrait contribuer à améliorer l’employabilité des jeunes, soutenir l’auto‑emploi et accompagner l’émergence d’un écosystème numérique plus structuré à Madagascar.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le Zimbabwe ambitionne de connecter l’ensemble de ses établissements scolaires dans le cadre d’un programme de généralisation de l’accès à Internet. Cette ambition se heurte toutefois aux limites actuelles du réseau télécoms, qui excluent encore certaines zones et une partie de la population.
Le gouvernement zimbabwéen a décidé d’équiper les écoles primaires et secondaires du pays de 8000 kits Internet Starlink. Selon les autorités, cette initiative vise à garantir une connectivité à l’échelle nationale pour les établissements scolaires, en particulier dans les zones reculées et mal desservies.
The Minister of ICT, Postal and Courier Services, Hon. Tatenda Mavetera, today donated 8,000 Starlink internet kits to the Ministry of Primary and Secondary Education under the Presidential Internet Scheme.
— Ministry of ICT, Postal & Courier Services - Zim (@MICTPCS_ZW) January 21, 2026
The consignment was officially received by the Minister of Primary and… pic.twitter.com/GK3CGoJoek
Les équipements ont été officiellement remis le mercredi 21 janvier 2026 par le ministère des Technologies de l’information et de la communication (TIC) à celui de l’Enseignement primaire et secondaire. À cette occasion, la ministre des TIC, Tatenda Mavetera, a indiqué que le programme ambitionne de réduire la fracture numérique et d’offrir aux apprenants de tout le Zimbabwe un accès à des services Internet abordables et fiables.
Dans un communiqué publié sur X, le ministère des TIC a précisé que « cette démarche devrait renforcer l’apprentissage numérique, améliorer l’accès aux ressources éducatives mondiales et préparer les élèves à participer de manière compétitive à l’économie numérique ». Il a ajouté que cette initiative s’inscrit dans les efforts du gouvernement visant à moderniser le secteur de l’éducation et à promouvoir un accès inclusif aux technologies de l’information et de la communication.
Le Zimbabwe bénéficie déjà du projet GIGA, une initiative conjointe de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et de l’UNICEF), qui vise à connecter toutes les écoles du monde à Internet. Selon des données officielles citées par GIGA en mars 2025, 3500 établissements scolaires zimbabwéens sur un total de 7000 sont déjà connectés. L’UIT s’était engagée à collaborer avec les autorités nationales pour identifier les solutions de connectivité les plus performantes et les plus rentables pour les écoles restantes.
Si le potentiel des TIC pour améliorer le système éducatif est largement reconnu, notamment par l’UNESCO, le recours à la technologie satellitaire de Starlink, qui offre une couverture étendue et des débits relativement élevés, soulève néanmoins plusieurs interrogations. Celles‑ci portent notamment sur la disponibilité des équipements de connexion dans les écoles (ordinateurs, tablettes ou smartphones), les compétences numériques des enseignants, l’accès à l’électricité, la pertinence des contenus pédagogiques numériques, ainsi que la pérennité du modèle, dans la mesure où Starlink repose sur des abonnements mensuels.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte de modernisation de l’administration publique, le Burundi accélère la numérisation de sa fiscalité. Les autorités misent sur les outils numériques pour améliorer la mobilisation des ressources internes, renforcer la transparence et simplifier les démarches des contribuables.
Le Burundi a officiellement lancé, le lundi 19 janvier à Bujumbura, les travaux de mise en place du système e‑KORI, un programme numérique dédié à la déclaration et au paiement en ligne des impôts et taxes. Le projet est porté par l’Office burundais des recettes (OBR), avec l’appui de la Banque mondiale.
« La mise en place d’un tel système constitue une étape cruciale vers la transformation numérique de notre pays, en permettant à l’État de mieux mobiliser ses propres ressources. Le projet e‑KORI est un outil stratégique, car il permettra au Burundi de collecter ses propres fonds et de financer ses projets de développement sans dépendre exclusivement des aides extérieures », a déclaré Alain Ndikumana (photo), ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique.
Concrètement, le programme e‑KORI vise à digitaliser l’ensemble des processus liés à la collecte des taxes internes et des recettes non fiscales. Le dispositif est conçu pour permettre aux contribuables d’effectuer leurs déclarations et paiements en ligne, de suivre leurs opérations à distance et de réduire les démarches physiques auprès de l’administration. Il est également présenté comme un outil destiné à améliorer la traçabilité des recettes publiques, à limiter les risques d’erreurs et à renforcer le contrôle fiscal.
Cette initiative intervient dans un contexte où le Burundi accélère sa transition vers une administration numérique. Ces dernières années, les autorités ont engagé plusieurs réformes destinées à moderniser la gestion publique, améliorer la gouvernance financière et renforcer la transparence. Toutefois, la mobilisation des recettes intérieures demeure un défi, dans un pays marqué par l’importance du secteur informel et par des procédures fiscales jugées complexes par une partie des acteurs économiques.
Selon les responsables du projet, e‑KORI sera mis en œuvre en neuf phases, avec une validation progressive de chaque livrable avant le passage à l’étape suivante. Le dispositif prévoit également des sessions de formation et de sensibilisation à destination des agents de l’administration fiscale et des contribuables. La sécurité du système constitue un axe central du projet. Un partenaire technique est chargé d’assurer la protection des infrastructures, la sécurisation des données et la prévention des risques de cyberattaques, dans un contexte de montée des enjeux de cybersécurité liés à la digitalisation des finances publiques.
À terme, les autorités misent sur e‑KORI pour élargir l’assiette fiscale, renforcer la discipline des contribuables et améliorer la planification budgétaire de l’État. En facilitant l’accès aux services fiscaux et en sécurisant les échanges numériques, le système pourrait également contribuer à améliorer le climat des affaires, à renforcer la confiance entre l’administration et les citoyens, et à soutenir les ambitions du Burundi de bâtir un État plus efficace, transparent et numérisé.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le Soudan du Sud développe progressivement son infrastructure numérique nationale. Début 2025, le pays comptait environ 1,9 million d’abonnés à Internet, pour un taux de pénétration de 15,7 %, selon DataReportal.
Les autorités sud‑soudanaises ont officiellement mis en place la semaine dernière un Comité de supervision des services de passerelle et du centre de données. Sa mission est de renforcer la gouvernance, la responsabilité et le contrôle institutionnel sur ces infrastructures stratégiques.
Le comité a été créé par l’Autorité nationale des communications (NCA) avec l’expertise de la société suisse mgi communications ag (MGI). Ses priorités incluent la numérisation des flux de revenus de la passerelle internationale du Soudan du Sud (SSIGW), la modernisation des infrastructures pour stimuler la transformation numérique, et la garantie que toutes les opérations protègent strictement la souveraineté nationale et les intérêts de sécurité.
« En renforçant la supervision réglementaire et en numérisant la collecte des revenus, la NCA veille à ce que les ressources nationales de communication contribuent directement à la croissance économique du pays et à l’indépendance technologique, pour un futur plus connecté », a déclaré le régulateur télécoms.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de transformation numérique des autorités sud‑soudanaises. Le président a récemment signé un décret ordonnant la numérisation de toutes les institutions publiques. L’exécutif estime que cette transformation ouvre la voie à plusieurs bénéfices : stimulation de l’innovation, amélioration de la productivité, accès aux marchés mondiaux, création d’emplois, promotion de l’entrepreneuriat, développement des infrastructures, prise de décision fondée sur les données et croissance inclusive.
Pour atteindre ces objectifs, l’exécutif cherche à renforcer l’infrastructure numérique. Par exemple, en juillet 2025, un budget de plus de 9 milliards USD a été voté pour la mise en place de l’infrastructure dorsale nationale de fibre optique. Le début des travaux d’installation de 2400 km de fibre a été annoncé pour décembre 2025. Le ministre des TIC a également présenté des initiatives visant à réduire le coût d’accès à Internet.
Dans une étude diagnostique publiée en 2023, la Banque mondiale a indiqué que l’économie numérique du Soudan du Sud reste encore naissante malgré son potentiel. Son développement est freiné par un accès à Internet coûteux et limité, ainsi que par l’absence d’un cadre réglementaire clair et prévisible, ce qui décourage les investissements privés.
Pour le moment, le Soudan du Sud se classe à l’avant‑dernière place de l’Indice de développement de l’e‑gouvernement (EGDI) des Nations unies, qui évalue 193 pays. Le pays d’Afrique de l’Est a enregistré un score de 0,1191/1, bien en deçà des moyennes africaine et mondiale. Pour l’indicateur sur les infrastructures télécoms, il a obtenu un score de 0,0547/1.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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À mesure que les budgets consacrés au numérique augmentent, la question de la transparence dans leur gestion gagne en importance. Un suivi précis de ces dépenses est essentiel pour garantir l’efficacité de la modernisation administrative et renforcer la confiance des citoyens.
Le dimanche 18 janvier à Nouakchott, le ministère mauritanien de la Transformation numérique a lancé un portail en ligne dédié à la publication de ses marchés publics et de ses dépenses. Cette initiative s’inscrit dans la perspective d’une modernisation progressive de l’action de l’État et d’un renforcement de la transparence financière.
Accessible au public à l’adresse https://transparence.mtnima.gov.mr/, la plateforme permet de consulter l’ensemble des dépenses engagées par le ministère depuis la formation du gouvernement, le 7 août 2024. Elle couvre aussi bien les marchés attribués par la Commission de passation des marchés publics que ceux conclus par les commissions d’achats internes, y compris au niveau des projets et organismes placés sous la tutelle du département.
Le portail met à disposition des données détaillées sur les contrats signés ou en cours, notamment les montants engagés, les prestataires retenus, le nombre d’offres reçues ainsi que les modes de sélection utilisés. Les informations sont actualisées en continu afin de faciliter le suivi de l’exécution budgétaire.
La plateforme intègre également un moteur de recherche avancé, permettant aux utilisateurs de filtrer les données selon plusieurs critères, tels que l’autorité contractante, la nature du marché, la phase de contractualisation ou la source de financement. Une section statistique propose par ailleurs des tableaux et graphiques interactifs, offrant une lecture plus claire de la structure des dépenses et de leur répartition par catégorie ou par fournisseur.
Cette initiative intervient alors que le ministère de la Transformation numérique gère des ressources budgétaires conséquentes. Pour l’exercice 2026, le budget est fixé à 959,6 millions d’ouguiyas, soit environ 24,2 millions de dollars. L’enveloppe représente une hausse de 104,6 % par rapport à 2025, année au cours de laquelle le budget du ministère s’élevait à 468,97 millions d’ouguiyas, après avoir atteint 550,68 millions d’ouguiyas en 2024
Selon les autorités, l’ouverture de ces données vise à garantir une concurrence plus équitable entre les opérateurs économiques, en offrant à tous un accès égal à l’information sur les marchés publics. Les médias, la société civile et les chercheurs disposent ainsi d’une base de données exploitable pour l’évaluation des politiques publiques et le suivi de la gestion financière de l’État. Le portail est accessible gratuitement en arabe et en français sans inscription, depuis tout appareil connecté à Internet.
Samira Njoya
Édité par : Ubrick F. Quenum
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Entre industrialisation locale, montée en puissance du mobile et politiques d’emploi, le Kenya cherche à bâtir une économie digitale capable de soutenir la croissance et l’insertion des jeunes.
Au Kenya, près de cinq millions de smartphones ont déjà été assemblés sur le territoire national afin de renforcer l’accès aux outils numériques et de stimuler la création d’emplois ainsi que l’industrialisation technologique. L’annonce a été faite le lundi 19 janvier par William Kabogo Gitau, secrétaire de cabinet au ministère de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique, en marge du lancement du soutien en capital commercial NYOTA destiné aux jeunes porteurs de projets.
Government prioritises youth empowerment
— H.E William Kabogo Gitau, E.G.H (@honkabogo) January 19, 2026
The Government has rolled out several initiatives to empower youths, create vast opportunities for boosting entrepreneurship and job creation.
Today, I was honoured to join the President H.E. Dr. @WilliamsRuto and Deputy President H.E.… pic.twitter.com/H7ytbZYh0Y
Commercialisés à des prix compris entre 6000 et 8000 shillings kényans (46,5 et 62,2 dollars), ces appareils s’inscrivent dans la stratégie gouvernementale d’inclusion numérique, alors que le pays cherche à élargir l’usage des technologies digitales au sein de sa population, notamment chez les jeunes, afin de tirer pleinement parti des opportunités offertes par la connectivité mobile.
Dans un pays où le taux de pénétration de la téléphonie mobile dépasse 140 %, selon les données de l’Autorité kényane des communications, la démocratisation des smartphones joue un rôle central dans l’expansion des usages numériques. Elle pourrait accélérer l’adoption des services financiers numériques, du e‑commerce, de l’e‑gouvernement et des plateformes d’emploi en ligne, tout en soutenant l’essor de l’économie numérique locale.
Cette dynamique industrielle s’intègre dans une politique plus large de promotion de l’emploi par le numérique. Selon le gouvernement, plus de 300 000 emplois ont déjà été créés grâce aux entreprises d’externalisation des processus métiers (BPO) et aux plateformes numériques, un segment appelé à jouer un rôle clé dans la diversification de l’économie kényane.
Parallèlement, les autorités multiplient les programmes de soutien à l’entrepreneuriat des jeunes. À travers le projet NYOTA, une enveloppe de 258,4 millions de shillings kényans a récemment été mobilisée pour accompagner plus de 10 300 jeunes entrepreneurs dans les comtés de Nairobi, Kiambu et Kajiado, avec pour objectif de renforcer les revenus et de promouvoir l’épargne.
Le renforcement des compétences constitue un autre pilier de cette stratégie. Environ 350 centres numériques ont déjà été installés dans les établissements d’enseignement et de formation techniques et professionnels, tandis que 1450 centres supplémentaires sont prévus à terme dans les circonscriptions du pays afin de réduire la fracture numérique et de stimuler l’innovation locale.
Pour accompagner cette transformation, le Kenya investit également dans les infrastructures. Le gouvernement prévoit le déploiement de 100 000 kilomètres de fibre optique à haut débit à travers le pays, une initiative jugée essentielle pour attirer les investissements et soutenir les activités numériques à travers le pays.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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De nombreux pays africains accélèrent le développement de leur secteur spatial, considéré comme un catalyseur de développement. Les applications varient, de l’observation de la Terre à la gestion des ressources naturelles, en passant par la sécurité et la planification des infrastructures.
Le Nigeria entend s’appuyer sur la technologie spatiale pour renforcer la lutte contre la criminalité, en particulier l’exploitation minière illégale. À cet effet, la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) et l’Agence nationale de recherche et de développement spatiaux (NASRDA) ont signé, le jeudi 15 janvier, un protocole d’accord visant à formaliser leur coopération.
EFCC, NASRDA Sign MoU on Inter-agency Collaboration
— EFCC Nigeria (@officialEFCC) January 15, 2026
The Economic and Financial Crimes Commission, EFCC and the National Space Research and Development Agency, NASRDA on Thursday, January 15, 2026 formalised their resolve for inter-agency collaboration with a Memorandum of… pic.twitter.com/7oKEFT3GvA
Selon le président exécutif de l’EFCC, Ola Olukoyede (photo, à droite), la NASRDA fournira des technologies destinées à renforcer les capacités d’enquête et de traçabilité des actifs de la Commission. « Grâce à vos technologies, nous pourrons accéder à des zones auxquelles nos moyens traditionnels ne permettent pas d’atteindre. Vous savez que nous sommes engagés dans l’enquête et la poursuite des activités minières illégales. Ces outils nous aideront à identifier certaines de ces zones », a‑t‑il précisé.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’un rapprochement engagé en juin 2025 entre la NASRDA et le ministère du Développement sidérurgique. À l’époque, le ministre Shuaibu Abubakar Audu avait appelé à dépasser les systèmes de suivi traditionnels, jugés obsolètes, au profit de solutions satellitaires plus intelligentes. Il avait notamment souligné que le secteur sidérurgique nigérian, malgré son fort potentiel en matière de transformation économique et d’industrialisation, reste confronté à des défis structurels, tels que l’extraction illégale et la fiabilité limitée des données fournies par certains opérateurs.
« Ces pratiques affaiblissent le potentiel économique du pays et compliquent les efforts de régulation ainsi que la planification à long terme », avait‑il déclaré. Selon les autorités, l’exploitation minière illégale entraînerait des pertes estimées à environ 9 milliards $ par an pour le Nigeria.
Il convient toutefois de noter qu’à ce stade, les deux agences se sont essentiellement accordées sur le principe d’une collaboration. Aucun calendrier précis n’a encore été communiqué pour la mise en œuvre opérationnelle du protocole d’accord. M. Olukoyede a néanmoins indiqué que l’EFCC mettra en place une équipe dédiée au suivi de l’opérationnalisation du protocole et à l’évaluation périodique de son efficacité.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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