Face aux fraudes, aux pertes financières et aux pannes qui fragilisent son réseau électrique, le Cameroun doit impérativement moderniser son système. L’adoption de compteurs intelligents s’impose comme une nécessité pour sécuriser les revenus, fiabiliser la facturation et stabiliser l’offre.
Le ministère camerounais de l’Eau et de l’Énergie (MINEE) a annoncé, le mercredi 27 mai, le lancement du déploiement de 20 000 compteurs intelligents. Ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme de réformes du secteur de l’électricité (PRSEC‑PforR) et soutenu par la Banque mondiale. Il vise à améliorer le suivi des consommations, réduire les pertes techniques et renforcer la fiabilité de la facturation.
Le dispositif repose sur une infrastructure de comptage avancée (Advanced Metering Infrastructure – AMI), capable de transmettre automatiquement les données de consommation électrique. Selon le MINEE, cette technologie permettra un suivi en temps réel des usages énergétiques et une meilleure détection des anomalies, des fraudes et des pertes non techniques qui pèsent sur les finances du secteur.
Le projet est piloté par l’Unité de coordination du programme sous la tutelle du MINEE, en collaboration avec la Société camerounaise d’électricité (Socadel, ex‑Eneo). Après les tests techniques réalisés entre janvier et février 2026, les équipements ont été réceptionnés en avril, ouvrant la voie au déploiement progressif des compteurs. Un centre de données est également en cours d’installation à Douala afin de centraliser et sécuriser les informations issues des compteurs intelligents.
Cette initiative s’inscrit dans le Plan de redressement du secteur de l’électricité (PRSEC) déployé sur la période 2024‑2026, évalué à près de 400 milliards FCFA (710 millions $). Le programme bénéficie notamment d’un financement de 180 milliards FCFA de la Banque mondiale et de 48 milliards FCFA de la Banque africaine de développement.
Au‑delà des compteurs intelligents, le PRSEC prévoit plusieurs chantiers destinés à améliorer la qualité du service électrique, parmi lesquels l’extension du réseau, le renforcement des postes de transformation, le remplacement de plus de 50 000 poteaux en bois et la migration progressive de 1,5 million de compteurs postpayés vers des compteurs prépayés.
Pour les pouvoirs publics, la numérisation du comptage constitue donc un levier stratégique afin d’améliorer la gouvernance énergétique, sécuriser les revenus des opérateurs et accompagner la hausse de la demande électrique liée à la croissance urbaine et industrielle du pays.
Samira Njoya
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Faute de garanties bancaires, le déficit de financement freine de nombreuses entreprises sur le continent. En convertissant les flux financiers quotidiens en données analysables, les solutions numériques permettent aux institutions financières d'évaluer le risque de crédit.
Les paiements numériques prennent de plus en plus d'importance dans les activités des entreprises, surtout les petites. Une étude de la Banque mondiale publiée en janvier 2026 montre qu’ils ne servent pas seulement à gagner du temps, et qu'ils sont aussi liés à de meilleures chances d’obtenir un crédit.
Intitulé « Firm Credit Constraints and Electronic Payments: A Global Analysis », le rapport rappelle qu’une banque ne prête pas à une entreprise dont elle ignore les revenus réels, les habitudes de paiement et la solidité commerciale. En Afrique, où une majorité des transactions entre entreprises se fait encore en liquide, les vendeurs et commerçants restent, aux yeux des banques, des inconnus financiers. Sans statistiques de leurs ventes, sans historique vérifiable, ils n'obtiennent pas de crédit, même quand leur activité est florissante.
Menée sur un échantillon de 48 581 entreprises dans 101 pays, l’étude quantifie précisément cet obstacle. Sur l'ensemble des pays étudiés, 14,78 % des entreprises n'ont aucun accès au financement externe, et 16,23 % d'autres n'y ont accès que partiellement. En tout, plus de 30 % des entreprises du secteur privé formel dans le monde sont privées du crédit dont elles auraient besoin pour leur croissance.
Le rôle inattendu des paiements numériques
Le rapport constate que les entreprises qui reçoivent leurs paiements par voie numérique (virement bancaire, mobile money, carte, etc.) ont nettement plus de chances d'obtenir un crédit que celles qui les font exclusivement en espèces.
Le mécanisme est simple. Lorsqu'un client paie par mobile money ou par virement, la transaction laisse une trace numérique : date, montant, fréquence. Ces données, accumulées sur des mois ou des années, donnent aux banques une perception du chiffre d'affaires. Elles peuvent remplacer dans une certaine mesure, les documents comptables que la plupart des petites entreprises africaines ne produisent pas.
Recevoir des paiements numériquement réduits en moyenne de 3,3 points de pourcentage la probabilité qu'une entreprise soit totalement exclue du crédit. C'est l'équivalent de 22 % de la moyenne observée dans l'étude.
La Banque mondiale précise également que c'est bien le fait de recevoir des paiements numériques qui compte, et non celui d'en envoyer. La raison est que les encaissements renseignent directement sur ce que vend une entreprise et sur ce que lui rapporte son activité. C'est cette information-là qui intéresse les banques au moment d'accorder un prêt.
Les plus petites entreprises en profitent le plus
L'impact est d'autant plus grand que l'entreprise est petite et peu connue des banques. Pour les entreprises de moins de 20 salariés, la réduction de la probabilité d'être exclues du crédit atteint 4 points de pourcentage, contre moins de 2 points pour les grandes entreprises. Les entreprises sans comptabilité formelle, sans innovation déclarée ou avec une faible productivité bénéficient également davantage de l'adoption des paiements numériques.
Au niveau des pays, l'effet est encore plus marqué dans les économies les plus pauvres et les moins bien équipées en matière de registres de crédit. Dans les pays à faible revenu, l'impact des paiements numériques sur l'accès au crédit est près de trois fois plus élevé que dans les pays riches, selon le rapport.
Là où les outils traditionnels d'évaluation des emprunteurs font défaut, l'historique numérique des transactions joue un rôle de substitut précieux.
L'Afrique, terrain privilégié de cette transformation
L'Afrique présente une configuration rare dans le monde : un déficit de services bancaires formels, mais une adoption massive des paiements mobiles. Selon le rapport annuel de l'Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA) publié en mars 2026, plus de 1,4 milliards USD a transité par les comptes de mobile money en Afrique en 2025, soit une hausse de plus de 27 % en un an. Le continent abrite 52 % de tous les comptes de mobile money dans le monde et concentre 66 % de la valeur mondiale de ces transactions.
Ces flux représentent une mine d'informations sur la santé financière des entreprises, une mine encore largement inexploitée par les établissements bancaires. Certaines fintechs ont d'ailleurs commencé à s'en emparer. En Afrique de l’Est, 4G Capital utilise les données d'usage du mobile pour accorder des prêts aux petits entrepreneurs. Au Nigeria, des plateformes comme Moniepoint combinent encaissement numérique et crédit aux PME sur la base de leur historique de paiement.
La condition indispensable : l’interconnexion entre systèmes de paiements
Pour que les données de paiement deviennent réellement utiles aux banques, il faut qu'elles soient lisibles et consolidées. Or, un commerçant qui reçoit des paiements via plusieurs opérateurs différents génère des données dispersées, difficiles à agréger. L'interopérabilité, c'est-à-dire la capacité des différents systèmes de paiement à communiquer entre eux, est donc une condition technique du changement.
Des progrès importants sont en cours. Selon le rapport « State of Inclusive Instant Payment Systems in Africa 2025 » d'AfricaNenda Foundation, publié conjointement avec la Banque mondiale, 36 systèmes de paiement instantané étaient actifs en Afrique en 2024, et ils ont traité 64 milliards de transactions pour une valeur totale de 2000 milliards USD. AfricaNenda Foundation souligne leur interopérabilité croissante. « La moitié des systèmes de paiement instantané (IPS) africains relient désormais les banques, les opérateurs de paiement mobile et les fintechs via des plateformes inter-domaines ».
Dans les pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la Banque centrale a fixé au mardi 30 juin 2026 la date limite pour que toutes les institutions financières rejoignent la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI‐SPI), une plateforme commune de paiement instantané lancée en septembre 2025. Un pas décisif vers la fluidité des échanges, et potentiellement vers un crédit plus accessible.
Ce que cela implique pour les décideurs
L'étude offre aux gouvernements africains un argument solide : soutenir l'adoption des paiements numériques par les entreprises n'est pas seulement une politique de modernisation, mais aussi une politique de financement du secteur privé.
Trois leviers se dégagent : accélérer la mise en place de systèmes de paiement interopérables ; encourager les banques à exploiter les données transactionnelles pour évaluer les demandes de crédit ; et définir des règles claires sur l'utilisation de ces données, afin que les entreprises puissent les partager en toute confiance.
Melchior Koba
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Alors que les transferts de la diaspora représentent des milliards de dollars chaque année vers l’Afrique centrale, une fintech congolaise s’ouvre à l’international via une solution numérique de paiement. L’objectif est de rendre les envois d’argent plus rapides, plus accessibles et moins coûteux pour les utilisateurs.
La fintech panafricaine DigiPay Group et la société européenne de technologie financière Belmoney ont annoncé le jeudi 28 mai le lancement de DigiTransfer, une application mobile destinée aux transferts d’argent depuis la France et la Belgique vers la République du Congo et la République démocratique du Congo (RDC).
Disponible sur Android et iOS, la plateforme permet d’envoyer des fonds directement vers des portefeuilles mobiles et des comptes bancaires. Les deux partenaires indiquent que les transactions sont exécutées en quelques minutes grâce aux réseaux Visa et Mastercard et au cadre réglementaire européen de la société Belmoney, agréée comme établissement de paiement par la Banque nationale de Belgique.
Cette initiative intervient dans un contexte de forte croissance des flux financiers de la diaspora africaine. Selon les données de la Banque mondiale, les transferts de fonds vers la RDC dépassent 3,2 milliards USD par an. Mais ces opérations restent parmi les plus coûteuses au monde pour les utilisateurs africains. D’après le Migration Data Portal, le coût moyen des transferts vers l’Afrique subsaharienne s’élève encore à près de 8 %, bien au‑dessus de l’objectif de 3 % fixé par les Nations unies dans les Objectifs de développement durable.
Les fintechs misent désormais sur les infrastructures numériques et les portefeuilles mobiles pour réduire ces coûts et accélérer les paiements transfrontaliers. En Afrique centrale, où le taux de bancarisation demeure relativement faible, les services de mobile money connaissent une progression rapide et deviennent progressivement un canal privilégié pour les transferts de la diaspora. DigiPay affirme avoir déjà traité plus de 4,2 millions de transactions depuis 2020 à travers ses différentes solutions de paiement.
Pour Belmoney, ce partenariat illustre également la montée en puissance du modèle « Remittance‑as‑a‑Service » (RaaS), qui permet à des fintechs ou opérateurs locaux de lancer rapidement des services de transfert internationaux en s’appuyant sur une infrastructure réglementaire déjà existante. Les deux entreprises prévoient d’étendre progressivement ce corridor de paiement à d’autres pays européens afin de capter une part croissante du marché des transferts vers l’Afrique.
Samira Njoya
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Alors que la Côte d’Ivoire accélère le déploiement de sa stratégie nationale de l’intelligence artificielle et de la gouvernance des données, le gouvernement entend renforcer son administration numérique. Dans ce contexte, le recours à une expertise de premier plan s’avère indispensable.
Le ministère ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation a lancé le mardi 26 mai un appel à candidatures pour le recrutement de six cadres expérimentés pour renforcer la mise en œuvre des projets numériques de l’État. Les postes ouverts concernent trois conseillers techniques spécialisés en innovation et IA, cybersécurité et confiance numérique, ainsi qu’en affaires juridiques, régulation et économie du numérique. Le ministère recrute également un Directeur des Systèmes d’Information (DSI), un Directeur de la Transformation Digitale de l’Administration et un Directeur du Développement des Infrastructures Numériques et des Postes.
Selon les fiches de poste publiées par le ministère, les conseillers techniques auront pour mission d’assister le ministre et le directeur de cabinet dans leurs domaines d’expertise respectifs. Ils seront notamment chargés d’apporter un appui technique et stratégique à la prise de décision, d’évaluer les dossiers soumis au cabinet ministériel et de contribuer à l’élaboration des orientations du département dans les domaines du numérique, de l’IA, de la cybersécurité ou encore du droit du numérique.
Le futur Directeur des Systèmes d’Information sera chargé de définir et piloter les schémas directeurs des systèmes d’information du ministère afin d’accompagner la modernisation de l’administration et la transformation digitale, ainsi que la sécurisation des données publiques. De son côté, le Directeur de la Transformation Digitale de l’Administration devra coordonner les projets de digitalisation des services publics et assurer leur cohérence avec les orientations gouvernementales.
Enfin, le futur Directeur du Développement des Infrastructures Numériques et des Postes sera chargé de concevoir et mettre en œuvre les politiques de développement des infrastructures numériques et postales, avec pour objectif d’améliorer l’accessibilité et la qualité des services télécoms et TIC sur l’ensemble du territoire national.
Les candidatures doivent être transmises via l’adresse électronique officielle du ministère : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..
Samira Njoya
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Face à la hausse du trafic passagers, le Ghana investit dans la modernisation de ses contrôles aéroportuaires. Le pays déploie de nouvelles technologies de sécurité et les services frontaliers afin de réduire les délais et soutenir son ambition de hub régional en Afrique de l’Ouest.
Le Ghana accélère la modernisation de ses infrastructures aéroportuaires avec le déploiement de scanners de sécurité 3D avancés dans les terminaux 2 et 3 de l’aéroport international Kotoka d’Accra. L’annonce a été faite le lundi 25 mai par le président John Dramani Mahama lors de la cérémonie de lancement de la nouvelle plateforme nationale d’e‑visa. Les nouvelles technologies visent à réduire les files d’attente et les délais de traitement dans les terminaux.
Le gouvernement ghanéen prévoit également l’installation, à partir d’août 2026, de nouveaux équipements qui permettront aux voyageurs de garder ordinateurs portables, liquides et appareils électroniques dans leurs bagages lors des contrôles de sûreté. Les passagers n’auront également plus à retirer leurs chaussures et leurs ceintures pendant les inspections.
Selon les autorités, ces réformes s’inscrivent dans un programme plus large de modernisation des procédures aéroportuaires, intégrant des systèmes d’information avancée sur les passagers (API) et des outils d’analyse des données voyageurs (PNR) afin d’améliorer les contrôles basés sur le renseignement tout en fluidifiant les déplacements. Accra a aussi confirmé la gratuité des visas électroniques pour plusieurs voyageurs africains et l’extension prochaine du système numérique aux permis de travail et de résidence.
Ces investissements interviennent dans un contexte de forte progression du trafic aérien au Ghana. Selon les chiffres communiqués par les autorités aéroportuaires, le nombre de passagers est passé de 1,8 million en 2022 à 2,5 millions en 2025, soit une hausse d’environ 39 % en trois ans dans cet aéroport. Cette croissance exerce une pression accrue sur les infrastructures existantes, notamment aux heures de pointe où les congestions affectent l’enregistrement, l’immigration, les contrôles de sécurité et la gestion des bagages. Pour accompagner cette montée en charge, le pays prévoit également l’extension de la piste de l’aéroport de Kumasi, la construction d’une nouvelle tour de contrôle à Accra et le développement de nouveaux aéroports régionaux.
Le Ghana rejoint ainsi plusieurs pays africains qui investissent massivement dans les infrastructures aéroportuaires intelligentes et la numérisation des services frontaliers. Le Maroc, le Rwanda, l’Éthiopie ou encore le Kenya ont multiplié ces dernières années les projets liés aux contrôles biométriques, aux plateformes numériques de voyage et aux technologies destinées à fluidifier les flux de passagers. Dans un contexte de concurrence croissante entre hubs régionaux africains, la qualité de l’expérience aéroportuaire devient progressivement un critère stratégique pour attirer compagnies aériennes, investisseurs, touristes et événements internationaux.
Pour Accra, l’enjeu dépasse la seule modernisation technologique. Les autorités veulent renforcer le positionnement du Ghana comme porte d’entrée régionale pour l’Afrique de l’Ouest et soutenir l’attractivité du pays auprès des entreprises internationales. La simplification des formalités migratoires, l’amélioration des infrastructures et la numérisation des services publics sont également perçues comme des leviers pour accompagner la montée en puissance des échanges commerciaux continentaux dans le cadre de la Zone de libre‑échange continentale africaine (ZLECAf).
Samira Njoya
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Le numérique s’impose désormais comme un levier stratégique pour la population africaine, en particulier pour la jeunesse. Toutefois, pour en tirer pleinement parti, l’enjeu central reste la formation et le développement des compétences adaptées aux besoins du marché.
Le gouvernement nigérian a signé un accord de partenariat avec l’edtech américaine Coursera afin de doter les jeunes de compétences numériques compétitives à l’échelle mondiale. Baptisée « Digital Training Academy (DTA) », cette initiative s’inscrit dans les efforts du pays pour accélérer la formation aux métiers du numérique.
Le partenariat a été signé par Maruf Tunji Alausa (photo, à droite), ministre de l’Éducation du Nigeria, la semaine dernière, en marge de l’édition 2026 du Forum mondial de l’éducation qui s’est tenu à Londres, au Royaume-Uni.
« Grâce à ce programme, les jeunes Nigérians recevront une formation de haut niveau dans des domaines très demandés tels que l’intelligence artificielle, la science des données, la cybersécurité, le cloud computing, l’ingénierie logicielle, ainsi que d’autres secteurs numériques clés. Ils obtiendront également des certifications reconnues internationalement et valorisées par les employeurs du monde entier », a déclaré M. Alausa dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux le jeudi 21 mai.
Le programme sera mis en œuvre en partenariat avec la National Open University of Nigeria (NOUN) et le Yaba College of Technology (YABATECH), combinant un accès national avec un accompagnement et un mentorat adaptés aux besoins du marché. Dans le cadre de cette initiative, le gouvernement a entièrement financé 36 000 licences Coursera et Pluralsight dès la première année.
La signature de ce partenariat est intervenue quelques jours après l’annonce d’une initiative devant permettre de former 50 000 jeunes aux compétences numériques. L’exécutif, en collaboration avec Ericsson, avait déjà lancé en février 2026 le programme Connect NextGen Innovation Hackathon, une formation numérique intensive de quatre mois destinée à 50 000 jeunes.
En février 2026, Young Advocates for a Sustainable and Inclusive Future, une organisation de la société civile axée sur le développement durable et l’inclusion, a annoncé son intention de former 15 000 jeunes Nigérians issus de milieux défavorisés via la plateforme IBM SkillsBuild.
Ces différentes initiatives dénotent de la volonté des autorités d’autonomiser les jeunes en misant sur le numérique. Cette approche intervient dans un contexte de transformation numérique qui redéfinit progressivement le marché du travail. La Banque mondiale estime par exemple qu’environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Au Nigeria, entre 35 % et 45 % des emplois devraient requérir ce type de compétences sur la période.
Pour rappel, 23 % des Nigérians âgés de 18 à 35 ans étaient sans emploi tout en étant à la recherche d’un travail, selon une enquête d’Afrobarometer publiée en juin 2025. L’étude indique que 32 % de cette tranche d’âge ne recherchait pas de travail.
Isaac K. Kassouwi
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Tiré par l’essor du mobile gaming et la montée en puissance des compétitions eSport, le marché marocain du jeu vidéo attire de plus en plus les acteurs technologiques. Orange veut se positionner comme un partenaire clé de cette industrie à travers des initiatives dédiées aux talents et aux communautés.
En marge du Morocco Gaming Expo 2026, organisé du mercredi 20 au dimanche 24 mai à Rabat, Orange Maroc a annoncé plusieurs partenariats et initiatives visant à soutenir le développement du gaming et de l’eSport au Maroc. L’opérateur télécom veut renforcer sa présence dans un secteur en forte croissance, porté par l’augmentation des usages numériques et l’intérêt croissant des jeunes pour les compétitions de jeux vidéo et les contenus interactifs.
Parmi les principales initiatives figure le lancement de la « Bourse Orange eSport », développée en partenariat avec la Fédération Royale Marocaine des Jeux Électroniques. Ce programme vise à accompagner cinq associations eSport implantées en dehors des principaux pôles urbains de Casablanca et Rabat afin de favoriser l’émergence de nouveaux talents dans les régions. Orange Maroc a également signé un partenariat avec la Team xProjekt, devenant ainsi le premier opérateur télécom du pays à sponsoriser officiellement une équipe nationale d’eSport. La structure compte aujourd’hui 29 joueurs répartis sur plusieurs disciplines compétitives.
L’opérateur a aussi annoncé de nouvelles initiatives autour de la culture numérique et de la gamification. La Fondation Orange et la journaliste Nadia Larguet ont notamment présenté une version numérisée du jeu « 1001 Questions sur le Maroc », désormais intégrée à l’application MaxIt. À travers ces projets, le groupe cherche à associer gaming, contenus éducatifs et usages mobiles afin de renforcer l’engagement des jeunes publics autour des plateformes numériques.
Cette offensive intervient dans un contexte de forte progression du gaming au Maroc et plus largement en Afrique du Nord. Selon les données du rapport « State of the African Video Game Industry 2026 » de SpielFabrique, publié en janvier 2026, les revenus annuels de ce secteur sont estimés à 227,3 millions USD en 2024 au Maroc. Le pays figure aujourd’hui parmi les marchés africains les plus dynamiques du jeu vidéo, porté par une population jeune, l’essor du mobile gaming et l’amélioration progressive des infrastructures numériques. Le développement de la fibre optique, de la 4G et de la 5G contribue également à accélérer les usages liés aux jeux en ligne, au streaming et aux compétitions eSport.
Ces nouvelles collaborations s’inscrivent dans la stratégie du Maroc visant à structurer une véritable industrie nationale du gaming et de l’eSport. Les autorités marocaines considèrent désormais ce secteur comme un levier de croissance pour l’économie numérique, les industries créatives et l’emploi des jeunes. Le royaume ambitionne de porter le chiffre d’affaires annuel de son industrie du jeu vidéo d’environ 200 millions de dollars actuellement à 3 milliards de dollars d’ici 2030-2032, avec l’objectif de capter près de 1 % du marché mondial du gaming.
Samira Njoya
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La commande publique constitue un moteur essentiel de la croissance économique nationale guinéenne. Cette bascule technologique a pour objectif d’harmoniser les pratiques du pays avec les standards de performance des grandes économies africaines.
La Guinée a officiellement lancé, le vendredi 22 mai à Conakry, la plateforme TELEMO, une plateforme numérique destinée à dématérialiser toutes les procédures de passation des marchés publics. Développée dans le cadre d’une coopération avec le Rwanda, cette plateforme vise à moderniser la gestion de la commande publique, renforcer la transparence et réduire les délais administratifs.
« La vision de TELEMO est de mettre en place un système national unique, fiable et sécurisé pour la gestion de la commande publique. Chaque action est tracée et chaque décision enregistrée, ce qui permet une transparence totale. Nous visons aussi l’efficacité et l’inclusion, car la plateforme est ouverte à toutes les entreprises, nationales comme internationales », a déclaré le chef de projet TELEMO, Mouslihou Diallo.
La plateforme permet désormais de gérer de manière entièrement numérique l’ensemble du cycle des marchés publics, de la planification des appels d’offres jusqu’à l’attribution des contrats. Le système centralise la publication des appels d’offres, la réception et l’évaluation des soumissions, le suivi des procédures ainsi que l’archivage sécurisé des données. Le projet entend également faciliter l’accès des PME aux marchés publics via une plateforme en ligne.
Cette opérationnalisation s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des finances publiques et de numérisation de l’administration guinéenne. Selon les chiffres officiels, les marchés publics représentent entre 11 % et 15 % du PIB national, ce qui en fait un levier majeur de l’économie nationale. À l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, la Banque mondiale estime que les marchés publics représentent environ 11,5 % du PIB des pays de la sous‑région, soit un total d’environ 80 milliards de dollars dépensés chaque année en biens, services et travaux.
Pour la Guinée, les enjeux dépassent la simple modernisation administrative. Les autorités misent sur la numérisation de la commande publique pour améliorer l’efficacité de la dépense publique, renforcer l’attractivité du climat des affaires et accroître la participation des entreprises locales aux contrats publics.
Samira Njoya
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Engagé depuis plusieurs années dans la numérisation de son administration, le Sénégal veut franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son état civil. Le pays revendiquait déjà plus de 19 millions d’actes numérisés en 2024.
La transformation numérique de l’état civil s’accélère au Sénégal. L’Agence nationale de l’état civil (ANEC) et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) ont signé, vendredi 22 mai à Dakar, une convention de partenariat destinée à moderniser et sécuriser les services d’état civil par la numérisation sur l’ensemble du territoire. Les deux institutions veulent notamment renforcer la gestion des données administratives, améliorer l’accès des citoyens aux documents officiels et lutter contre les fraudes documentaires qui continuent d’affecter plusieurs procédures administratives dans le pays.
Le partenariat prévoit la numérisation progressive des procédures d’état civil, la sécurisation des archives, la modernisation des centres administratifs ainsi que le déploiement d’outils numériques de gestion. Parmi les projets déjà engagés figurent la création d’une base de données centralisée et le déploiement du logiciel de gestion intégré dans plusieurs centres d’état civil. Les autorités misent également sur la plateforme « Sama État civil », qui permet déjà d’effectuer certaines démarches administratives à distance, afin de réduire les déplacements des usagers et accélérer le traitement des demandes.
Cette réforme intervient dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à moderniser leurs systèmes d’identification et de gestion des données civiles. Selon l’UNICEF, près de 150 millions d’enfants de moins de cinq ans dans le monde ne disposent toujours pas d’enregistrement officiel à la naissance, l’Afrique subsaharienne restant l’une des régions les plus concernées. Au Sénégal, les difficultés liées à l’enregistrement des naissances, à la conservation des archives papier et à l’accès aux documents administratifs continuent de compliquer l’accès de nombreuses populations à certains services publics, notamment dans les zones rurales.
À travers cette réforme, les autorités sénégalaises cherchent aussi à renforcer la fiabilité des données publiques dans un contexte d’accélération des services administratifs numériques. La modernisation de l’état civil est considérée comme un maillon essentiel de la stratégie numérique nationale, pour améliorer l’identification des citoyens, faciliter l’accès aux services publics et soutenir les futurs projets liés à l’identité numérique et à la numérisation de l’administration.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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En Côte d’Ivoire, le numérique ne représente encore qu’environ 6 % du PIB, mais le gouvernement ambitionne de porter cette contribution à 15 % d’ici 2030. Dans cette dynamique, le pays multiplie les initiatives destinées à renforcer les compétences numériques et soutenir l’innovation.
Orange Côte d’Ivoire et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) entendent accélérer l’inclusion numérique et l’employabilité des jeunes à travers un nouveau partenariat axé sur la formation et l’entrepreneuriat digital. Les deux parties ont officialisé le jeudi 21 mai cette coopération à travers un protocole d’accord signé à Abidjan.
L’accord prévoit le déploiement conjoint de programmes de formation aux compétences numériques, en mettant l’accent sur les jeunes femmes et les populations vulnérables. Les initiatives porteront également sur l’accompagnement des start‑up et le développement de pôles d’innovation, en s’appuyant notamment sur les infrastructures d’Orange Digital Center, le dispositif d’accompagnement entrepreneurial du groupe télécom.
En dehors d’Abidjan, les partenaires annoncent vouloir étendre ces programmes dans plusieurs zones rurales et localités moins couvertes par les dispositifs de formation technologique. L’objectif affiché est de réduire les disparités d’accès aux compétences numériques dans un pays où la transformation numérique progresse, mais demeure largement concentrée dans les grands centres urbains.
Cette initiative intervient dans un contexte où la question des compétences numériques devient stratégique pour l’économie ivoirienne. Le Projet d’accélération digitale en Côte d’Ivoire (PADCI) prévoit notamment le développement de compétences numériques avancées et intermédiaires, en ciblant prioritairement les jeunes et les femmes. Les autorités ivoiriennes ambitionnent par ailleurs de porter la contribution du numérique à 15 % du PIB d’ici 2030, contre environ 6 % actuellement, en s’appuyant sur le développement des infrastructures, des services digitaux et du capital humain.
Pour Orange Côte d’Ivoire, ce partenariat s’inscrit dans une stratégie plus large de développement de services à valeur ajoutée autour de l’éducation numérique et de l’innovation. L’opérateur, qui revendique plus de 35 millions de clients à travers ses activités en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Liberia, multiplie depuis plusieurs années les initiatives liées à la formation aux métiers du numérique, du codage et de l’accompagnement des entrepreneurs technologiques.
Du côté du Programme des Nations unies pour le Développement, cette coopération s’aligne sur les programmes visant à utiliser le numérique comme levier de réduction des inégalités et d’insertion économique. Les deux partenaires entendent ainsi soutenir l’émergence d’un écosystème numérique plus inclusif, capable de répondre aux besoins croissants du marché du travail ivoirien.
Samira Njoya
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Le Togo ambitionne de renforcer la sécurité nationale et d’améliorer la productivité agricole tout en affirmant son rôle dans l’écosystème numérique africain. Les autorités ont choisi de s’appuyer sur un partenaire européen afin de lancer une initiative structurante dans le domaine des drones.
Le Togo et la Pologne ont signé, le mardi 19 mai, un accord de financement de 24 millions d'euros (environ 27,8 millions USD) pour le lancement d'Africa Drone Company, un projet destiné à développer des capacités locales de conception, d'assemblage et de déploiement de drones.
La signature a eu lieu à l'occasion de la visite officielle à Lomé de Krzysztof Gawkowski, vice-Premier ministre et ministre du Numérique de la Pologne.
Cyber Defense Africa, l'entité chargée de piloter le projet, est issue d'un partenariat public-privé entre l'État togolais et le groupe européen Asseco Data Systems, noué depuis 2019 dans le domaine de la cybersécurité. C'est cette structure qui portera le développement de la filière des drones, avec des applications attendues dans la sécurité, l'agriculture, la logistique, l'industrie et la surveillance des infrastructures critiques.
Le financement est mobilisé par Bank Gospodarstwa Krajowego (BGK), la banque publique de développement polonaise, dans le cadre de l'initiative Global Gateway de l'Union européenne, dont la garantie est apportée via le Fonds européen pour le développement durable Plus (EFSD+).
Au-delà de la simple acquisition de technologies importées, le projet vise à favoriser le transfert de compétences, la formation technique et l'émergence d'une expertise industrielle locale dans un domaine jugé stratégique.
Le ministère de l'Efficacité du service public et de la Transformation numérique a souligné que cette coopération s'inscrit dans l'ambition de Lomé de renforcer sa souveraineté technologique et de construire des infrastructures capables de répondre durablement aux priorités du pays.
Le Togo mise depuis plusieurs années sur le numérique comme levier de modernisation économique et administrative, avec des investissements croissants dans les infrastructures numériques et la cybersécurité. Le développement d'une filière des drones élargit cette stratégie à des technologies industrielles à plus forte valeur ajoutée.
Adoni Conrad Quenum (Agence Ecofin)
Éditée par M.F. Vahid Codjia
Le Kenya poursuit le développement de son secteur spatial. Le pays dispose depuis 2023 d’un satellite d’observation de la Terre, dénommé Taifa-1.
Le Kenya explore un partenariat avec la société kazakhe Ghalam LLP, dans le domaine spatial. Le pays souhaite notamment tirer parti de l’expertise de cette entreprise, spécialisée dans le développement de véhicules spatiaux et dans la fabrication de composants. Le président William Ruto s’est rendu dans les locaux de Ghalam LLP lors de sa visite d’État au Kazakhstan, les mardi 19 et mercredi 20 mai.
Kenya is exploring the expansion of space knowledge and capabilities to strengthen accurate data collection, enhance research, and support informed national planning and development.
— William Samoei Ruto, PhD (@WilliamsRuto) May 20, 2026
Visited Ghalam LLP, a company based in Astana, Kazakhstan, dedicated to advancing spacecraft… pic.twitter.com/aq8fbaLDXJ
Selon lui, le partenariat envisagé vise principalement à accélérer le développement du jeune programme spatial kényan, centré à Malindi. Ce rapprochement survient dans un contexte où le pays est-africain cherche à « étendre ses connaissances et ses capacités spatiales afin de renforcer la collecte de données précises, d’améliorer la recherche et de soutenir une planification et un développement nationaux éclairés ». Il mise sur la coopération internationale pour atteindre cet objectif.
Depuis le début de l’année, le Kenya a multiplié les rapprochements dans le domaine spatial, notamment avec la Chine, l’Inde, l’Italie, les Etats-Unis et l’Allemagne. Avec cette dernière, les discussions ont notamment porté sur plusieurs axes de coopération, dont l’observation de la Terre, l’innovation et l’incubation d’entreprises, le renforcement des capacités, ainsi que l’utilisation des technologies spatiales au service du développement socio-économique.
Par ailleurs, le Kenya s’est associé à l’Egypte et à l’Ouganda pour lancer le programme « ClimCam », une initiative régionale axée sur l’observation climatique et les applications environnementales.
Un levier de développement socio-économique
Les autorités kényanes considèrent les technologies spatiales comme un levier de développement socio-économique dans plusieurs secteurs. Dans l’agriculture, par exemple, l’Agence spatiale kényane (KSA) souligne leur rôle central dans l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la productivité.
L’utilisation d’images satellites permet de suivre l’état et la santé des cultures, de détecter précocement les anomalies et de faciliter des interventions rapides. Ces données servent également à la cartographie des cultures, au suivi de leur croissance et à l’estimation des rendements, afin d’anticiper les risques liés à la sécurité alimentaire.
L’observation de la Terre contribue aussi à la surveillance de l’humidité des sols pour optimiser l’irrigation, à l’évaluation des pâturages et à l’analyse de la végétation pour anticiper les sécheresses. Les technologies de télé-détection permettent enfin d’estimer la teneur des sols en nutriments, afin d’améliorer le ciblage et l’efficacité de l’utilisation des engrais.
Dans le domaine de la santé, la KSA met en avant le potentiel des technologies spatiales pour renforcer les systèmes de soins. Les satellites favorisent notamment le développement de la télémédecine en étendant la connectivité numérique vers les zones reculées, permettant ainsi l’accès à des services médicaux, à des expertises et à des données sanitaires.
Les données satellitaires sont également utilisées pour surveiller les facteurs environnementaux influençant la santé publique, tels que les vecteurs de maladies et la qualité de l’eau. Elles contribuent enfin à l’évaluation de l’impact des urgences sanitaires et des catastrophes naturelles, afin de faciliter des réponses plus rapides et mieux coordonnées.
Isaac K. Kassouwi
Edité par : Feriol Bewa
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Face à la hausse des usages numériques, le Maroc poursuit la modernisation de son administration. Les autorités préparent le déploiement de nouveaux services en ligne destinés à simplifier le renouvellement des cartes nationales d’identité et renforcer l’efficacité des démarches publiques.
Le Maroc poursuit la modernisation de ses services administratifs avec la mise en ligne progressive de nouvelles procédures liées à la carte nationale d’identité électronique (CNIE). La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a annoncé, lors de ses Journées Portes Ouvertes organisées du lundi 18 au vendredi 22 mai à Rabat, le lancement prochain de plusieurs services numériques destinés à simplifier les démarches administratives des citoyens et réduire l’affluence dans les centres d’enregistrement. La principale nouveauté concerne le renouvellement de la carte d’identité électronique. Les usagers dont la CNIE arrive à expiration pourront désormais engager une partie importante de la procédure à distance via les plateformes numériques de la DGSN, notamment le portail Epolice.ma et le site cnie.ma. Le dispositif permettra de préremplir les demandes, transmettre certains justificatifs administratifs, suivre le traitement du certificat de résidence et régler les frais de timbre par voie électronique avant le passage final dans les services compétents pour la validation biométrique.
Les autorités marocaines présentent cette évolution comme une étape supplémentaire dans la stratégie nationale de transformation numérique des services publics. Selon la commissaire divisionnaire Loubna Kikou, citée par l’agence MAP, cette réforme vise à réduire les déplacements inutiles des citoyens et à accélérer le traitement des dossiers, notamment durant les périodes de forte demande comme les vacances estivales.
Le projet prévoit également le lancement d’une version numérique de la carte d’identité accessible depuis l’application mobile « Mon e‑ID ». Cette carte numérique doit permettre aux citoyens de disposer d’une copie sécurisée de leur document d’identité sur smartphone, y compris sur des appareils ne disposant pas de la technologie NFC. La DGSN indique par ailleurs avoir renforcé les mécanismes de cybersécurité afin de protéger les données personnelles et sécuriser les échanges numériques liés aux procédures administratives.
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de numérisation de l’administration marocaine engagé ces dernières années. Le royaume a multiplié les plateformes numériques dans plusieurs secteurs, notamment la justice, les services fiscaux, l’état civil ou encore les démarches liées aux entreprises. Le Maroc figure parmi les pays africains les plus avancés en matière d’e‑gouvernement. Selon le rapport « UN E‑Government Survey » des Nations unies, le pays affichait en 2024 un indice de développement de l’e‑gouvernement (EGDI) de 0,6841, le plaçant parmi les administrations numériques les plus avancées du continent africain et au 90e rang mondial. Les autorités marocaines cherchent également à accompagner la hausse des usages numériques dans le pays. D’après l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), rapport publié en juin 2025, le Maroc comptait 39,9 millions d’abonnements Internet à fin mars 2025, avec un taux de pénétration supérieur à 108 %. Dans ce contexte, la dématérialisation des procédures d’identité apparaît comme un enjeu stratégique pour fluidifier les relations entre l’administration et les citoyens tout en renforçant la sécurité des services publics numériques.
Samira Njoya
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Paiement des impôts en ligne, demandes de passeport dématérialisées, etc. le continent accélère la numérisation des services publics pour moderniser ses administrations et améliorer la relation avec les citoyens. Mais derrière les progrès affichés, le continent avance encore à plusieurs vitesses.
Les plateformes unifiées de services publics gagnent progressivement du terrain en Afrique. Inspirés des modèles d’e‑gouvernement développés en Europe, en Asie ou au Moyen‑Orient, plusieurs pays africains accélèrent désormais la centralisation de leurs démarches administratives sur des portails numériques uniques. L’objectif est de simplifier l’accès des citoyens aux services publics, réduire les délais administratifs et améliorer l’efficacité des administrations dans un contexte de forte progression des usages numériques.
Des exemples concrets...
Cette dynamique s’est récemment renforcée dans plusieurs pays du continent. Le Burkina Faso a lancé récemment une nouvelle plateforme centralisée de services publics numériques destinée à regrouper progressivement différentes démarches administratives en ligne. À ce stade, la plateforme propose déjà 1672 fiches pratiques, 95 procédures dématérialisées et mobilise 183 institutions publiques.
Le Sénégal accélère également le développement de ses services numériques à travers le « New Deal Technologique », avec l’ambition de connecter davantage les administrations et de faciliter l’accès aux procédures administratives en ligne. Le pays a aussi lancé en mars dernier son guichet unique de services publics baptisée « e‑Sénégal ».
Le Rwanda reste l’un des modèles les plus avancés du continent avec la plateforme Irembo, qui donne accès à plusieurs centaines de services administratifs, allant des actes d’état civil aux demandes de permis ou aux paiements publics.
D’autres pays africains ont également multiplié les initiatives ces dernières années. Le Kenya a développé le portail eCitizen, devenu l’un des principaux points d’accès aux services administratifs numériques du pays. Au Bénin, les autorités ont renforcé le portail national de services publics permettant d’effectuer en ligne certaines démarches liées aux documents administratifs ou aux services fiscaux. Le pays indique avoir délivré plus de 10,5 millions de documents numériques en 2025 et précise que 75 % des services publics sont désormais accessibles en ligne.
Une progression encore très inégale sur le continent
Cette accélération intervient dans un contexte où les États africains cherchent à moderniser leurs administrations et à améliorer la qualité des services publics. Selon le rapport « UN E‑Government Survey 2024 » publié par l’Organisation des Nations unies (ONU), l’indice africain de développement de l’e‑gouvernement (EGDI) est passé de 0,4054 en 2022 à 0,4247 en 2024, soit une progression de 4,8 %. Le continent affiche ainsi la deuxième plus forte progression mondiale après l’Asie.
Mais derrière cette progression continentale, les écarts restent importants entre les pays. Des États comme le Rwanda, l’Afrique du Sud, Maurice ou encore le Maroc figurent parmi les administrations numériques les plus avancées du continent grâce à des investissements soutenus dans les infrastructures et les services publics en ligne. À l’inverse, plusieurs pays accusent encore des retards importants dans la centralisation numérique des services administratifs.
Le Cameroun, par exemple, reste confronté à une forte fragmentation de ses plateformes publiques, avec de nombreuses démarches encore largement manuelles malgré plusieurs projets de transformation numérique lancés ces dernières années. D’autres pays comme le Tchad, la République centrafricaine ou le Soudan du Sud demeurent freinés par des déficits d’infrastructures télécoms, une faible connectivité Internet et des capacités administratives limitées. Dans certains cas, les plateformes existantes restent peu utilisées par les citoyens en raison du manque d’interopérabilité entre administrations ou de la faible numérisation des procédures internes.
La sécurité et la confiance constituent désormais des enjeux majeurs
Les enjeux autour des plateformes unifiées dépassent désormais la simple modernisation administrative. Pour les gouvernements, ces outils permettent aussi d’améliorer la collecte des recettes publiques, de renforcer la transparence des procédures, de limiter certaines formes de corruption administrative et de faciliter les interactions entre l’État, les citoyens et les entreprises.
La question de la sécurité et de la fiabilité des données devient également centrale, alors que les administrations africaines gèrent un volume croissant d’informations sensibles liées à l’identité, à la fiscalité ou aux services sociaux. Les États doivent notamment renforcer leurs capacités en cybersécurité afin de protéger les plateformes publiques contre les risques de fraude, de piratage ou de fuite de données personnelles.
Samira Njoya
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