L’accélération de l’accès à Internet stimule la production de contenus pour les réseaux sociaux en Afrique. Cela ouvre des perspectives d’emploi pour la jeunesse.

Les autorités libériennes préparent une formation à destination des créateurs de contenus sur la monétisation pour les plateformes de Meta et TikTok. Prévu les 6 et 7 mai 2026, le programme cible 150 participants. Cela inclut des humoristes, conteurs, créateurs de défis, producteurs de vidéos de réaction et, plus largement, les créateurs de contenus orientés vers le divertissement.

Selon l’Autorité libérienne des télécommunications (LTA), la formation sur Meta couvrira les outils de création de contenu pour Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger et Threads. Elle abordera les techniques de production de contenus performants, des sessions pratiques, les opportunités de monétisation, l’éthique sur les réseaux sociaux et les bonnes pratiques. En revanche, peu de détails ont été fournis concernant TikTok.

Le régulateur télécoms rappelle simplement que TikTok est une plateforme détenue par une entreprise chinoise, qui connaît une forte croissance mondiale, particulièrement auprès de la génération Z. Ses algorithmes permettent aux nouveaux créateurs de devenir viraux rapidement grâce à de courtes vidéos, au direct, ainsi qu’à des filtres et outils d’animation.

La monétisation des réseaux sociaux, un levier pour l’emploi des jeunes 

Selon la LTA, la monétisation des réseaux sociaux agit comme un catalyseur de l’entrepreneuriat numérique, permettant aux individus de contourner les barrières traditionnelles d’accès à l’économie formelle et de générer des revenus directs et tangibles. Elle apparaît ainsi comme une réponse à la question préoccupante de l’emploi des jeunes au Liberia.

Selon le Country Focus Report 2025 de la Banque africaine de développement (BAD), le taux d’activité au Liberia est estimé à 59 %, avec un taux de chômage officiel de 3,5 %. L’institution souligne toutefois que ces chiffres masquent souvent des niveaux élevés de sous‑emploi et d’emploi informel, particulièrement chez les jeunes et les femmes.

Le rapport indique que le chômage des jeunes demeure une préoccupation majeure, notamment chez les personnes âgées de 15 à 35 ans qui ne sont ni en emploi, ni en éducation, ni en formation. Ce groupe, souvent qualifié de « jeunes à risque », est particulièrement exposé à l’exclusion sociale, à la consommation de substances et à de faibles perspectives économiques.

« Le manque d’accès à des formations professionnelles adaptées et à des opportunités d’emploi pour les jeunes limite la capacité du Liberia à tirer pleinement parti du potentiel de sa population jeune. Sans interventions ciblées, ces défis risquent de perpétuer les cycles de pauvreté et de fragilité sociale, freinant ainsi les objectifs de développement national », peut‑on lire dans le rapport.

Des contraintes techniques et réglementaires persistantes 

Il convient toutefois de rappeler que la monétisation pour les plateformes de Meta et TikTok dépend de plusieurs conditions. La LTA explique par exemple que pour TikTok, il faut qu’un pays dispose de lois sur la protection des données, d’une infrastructure de paiement, de cadres fiscaux et d’un niveau suffisant d’investissement publicitaire local. Actuellement, aucun pays africain ne remplit entièrement ces critères.

L’éligibilité à la monétisation sur Meta exige que les créateurs aient au moins 18 ans, respectent les normes communautaires et atteignent un seuil minimal d’abonnés. La monétisation nécessite également une infrastructure bancaire compatible pour les paiements directs. Les outils de monétisation de Meta sont actuellement actifs dans huit pays africains, dont le Ghana.

Par ailleurs, la question de l’accès à un Internet de qualité et abordable se pose également. Selon les données de DataReportal, le Liberia comptait 1,73 million d’abonnés Internet à fin 2025, pour un taux de pénétration de 30 %. Le pays comptait également 1,1 million d’utilisateurs des réseaux sociaux, soit 19,1 % de la population.

Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), 5 Go de données mobiles représentaient 12,5 % du revenu national brut (RNB) par habitant, contre 147 % pour l’Internet fixe. Ce ratio ne devrait pas dépasser 2 % pour que le service soit considéré comme abordable.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On vendredi, 10 avril 2026 13:03 Written by

L’essor du numérique en Algérie s’accompagne d’une forte hausse des cybermenaces, allant des escroqueries en ligne aux attaques massives contre les systèmes d’information. Un phénomène qui met à l’épreuve les dispositifs de cybersécurité du pays.

L’Algérie a enregistré 13 204 affaires de cybercriminalité en 2025, impliquant 7 815 individus. Ces chiffres ont été donnés le mardi 7 avril par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), à l’occasion d’une conférence de presse consacrée à la présentation du bilan annuel de ses activités opérationnelles. Une tendance en nette hausse, alors que la Gendarmerie nationale faisait déjà état de plus de 2700 affaires en 2024, illustrant l’ampleur croissante du phénomène.

Dans le détail, les infractions recensées concernent principalement des escroqueries en ligne, des atteintes aux droits des enfants, ainsi que la vente de produits interdits sur internet. La généralisation des réseaux sociaux et du commerce en ligne informel a favorisé l’émergence de nouvelles formes de criminalité, souvent difficiles à détecter et à tracer. Les autorités soulignent par ailleurs une sophistication accrue des modes opératoires, avec un recours croissant à l’usurpation d’identité et aux techniques d’ingénierie sociale.

Dans le même temps, la pression cyber s’intensifie à grande échelle. D’après Kaspersky, l’Algérie a été la cible de plus de 70 millions de cyberattaques en 2024. Sur la même période, plus de 13 millions de tentatives de phishing et près de 750 000 pièces jointes malveillantes ont été neutralisées, illustrant l’ampleur et la diversité des menaces qui ciblent les systèmes numériques du pays.

Face à cette montée des risques, les pouvoirs publics cherchent à structurer leur réponse. L’Agence de sécurité des systèmes d’information du ministère de la Défense nationale a récemment dévoilé la Stratégie nationale de cybersécurité 2025 – 2029, destinée à renforcer la protection des systèmes d’information, sécuriser les infrastructures critiques et améliorer la coordination entre les acteurs institutionnels.

Sur le plan international, l’Algérie demeure toutefois dans une phase de consolidation. Selon la 5ᵉ édition du Global Cybersecurity Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), le pays est classé au niveau « établissement » (T3). Ce positionnement traduit l’existence d’un cadre en construction, soutenu par des initiatives publiques, mais encore éloigné des standards des économies les plus avancées en matière de cybersécurité.

Dans un contexte continental, cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large de montée des cybermenaces en Afrique. Selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), le manque de préparation face aux cybermenaces pourrait coûter annuellement en moyenne jusqu’à 10 % du PIB des pays africains.

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 10 avril 2026 12:41 Written by

Avec l’ambition de devenir un acteur majeur de l’intelligence artificielle, le Maroc mise sur le numérique pour soutenir sa croissance. Le partenariat engagé avec l’Union européenne vise à accompagner cette stratégie et à développer des capacités locales.

La ministre marocaine de la Transition numérique, Amal El Fallah Seghrouchni (photo, au centre), et la vice‑présidente exécutive de la Commission européenne, Henna Virkkunen, ont lancé le mercredi 8 avril le « Dialogue numérique UE–Maroc ». Ce partenariat, marqué par la signature d’un accord sur les écosystèmes d’intelligence artificielle, vise à positionner le royaume comme un hub régional de l’innovation et du calcul haute performance.

Selon le communiqué conjoint des deux parties, le dialogue s’articule autour de plusieurs piliers, notamment le soutien aux start‑up, la cybersécurité et l’interopérabilité des services publics numériques. L’objectif est de structurer une coopération de long terme pour accompagner la stratégie « Maroc Digital 2030 », tout en facilitant le partage de ressources technologiques entre les deux rives de la Méditerranée. Dans ce cadre, le Maroc ambitionne de générer 100 milliards de dirhams (≈ 11 milliards $) de PIB grâce à l’intelligence artificielle à l’horizon 2030.

L’un des volets les plus concrets de cet accord repose sur le calcul haute performance (HPC). Quatre centres européens de supercalcul (BSC, CINECA, GENCI et LUMI) ont signé une lettre d’intention avec l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Cette collaboration permettra à l’UM6P, qui héberge déjà le supercalculateur le plus puissant d’Afrique, de se connecter aux « usines d’IA » de l’Union européenne. Cette synergie technique s’appuie notamment sur le câble sous‑marin Medusa, récemment raccordé à Nador, garantissant une connectivité à haut débit et une latence réduite pour les projets de recherche communs.

Ce rapprochement intervient dans un contexte marqué par le 30e anniversaire de l’accord d’association UE–Maroc (1996) et s’inscrit dans la continuité du « Pacte pour la Méditerranée » lancé fin 2025. Pour Rabat, l’enjeu est de consolider sa souveraineté technologique tout en attirant des investissements européens dans son écosystème de start‑up. Côté européen, ce dialogue vise à renforcer la sécurité des chaînes de valeur numériques et à promouvoir des standards communs de gouvernance de l’IA avec ses partenaires du Sud.

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 10 avril 2026 12:29 Written by

En Côte d’Ivoire, l’éducation des jeunes filles reste confrontée à des disparités marquées, notamment dans les filières scientifiques et technologiques. Des initiatives numériques cherchent à combler ce déficit.

L’Unicef Côte d’Ivoire et la Fondation Maarif de Türkiye ont paraphé, le mardi 7 avril à Abidjan, un protocole d’entente. Cette alliance vise à renforcer l’inclusion numérique et l’accès à l’éducation pour les jeunes filles, avec un accent particulier sur les filières scientifiques.

Fruit d’une année de négociations, ce partenariat s’articule autour de la réduction des disparités de genre dans le système éducatif ivoirien. Les deux institutions prévoient d’orienter massivement les élèves vers les disciplines STEM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques), des secteurs où les filles restent historiquement sous‑représentées. « Ce protocole est une opportunité de mettre l’accent sur la participation des filles dans des domaines qui ne sont pas traditionnellement les leurs », a précisé Jean‑François Basse (photo, à droite), représentant résident de l’Unicef en Côte d’Ivoire.

Le second volet de l’accord repose sur l’exploitation de la plateforme numérique des jeunes « U‑Report ». Avec plus de 3 millions d’adhérents dans le pays, cet outil de participation citoyenne servira de canal pour promouvoir l’engagement social des jeunes, y compris dans les zones rurales. L’objectif est de transformer ces adolescents en acteurs du changement tout en développant des programmes de formation pratique destinés à améliorer l’employabilité des profils les plus vulnérables.

Cette collaboration intervient alors que la Côte d’Ivoire multiplie les initiatives pour moderniser son secteur éducatif. Selon les données du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, le taux de scolarisation des filles s’est amélioré, passant de 33 % en 2011 à 83 % en 2024. Cependant, la migration vers les filières techniques et scientifiques reste un défi majeur. La Fondation Maarif, qui gère un réseau croissant d’écoles à l’international, apporte ici son expertise pédagogique pour compléter les programmes humanitaires de l’agence onusienne.

Notons que cet accord s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors du festival technologique de l’an dernier. Il prévoit également le soutien à des événements nationaux d’envergure, tels que la Fête de la Science, afin de créer un pont durable entre les institutions internationales et le tissu éducatif local.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On vendredi, 10 avril 2026 10:00 Written by

La montée en puissance de l’intelligence artificielle en Afrique s’accompagne d’une volonté croissante de maîtriser les infrastructures et les données. Au Maroc, des acteurs locaux s’organisent pour proposer des solutions souveraines adaptées aux réalités du continent.

ABA Technology, entreprise marocaine spécialisée dans l’intelligence artificielle, et le groupe français Atos ont annoncé avoir signé, mardi 7 avril, en marge du GITEX Africa 2026 à Marrakech, un mémorandum d’entente visant à accélérer le déploiement de la plateforme Fusion AI auprès d’acteurs publics et privés. Cette technologie, récemment lancée, ambitionne de structurer l’usage de l’IA dans des environnements complexes tout en garantissant la souveraineté des données.

« Fusion AI répond à une exigence aujourd’hui centrale : déployer une intelligence artificielle gouvernée, sécurisée et pleinement opérationnelle dans des environnements critiques », a indiqué Safia Faraj (photo, à droite), directrice Afrique d’Atos. Selon elle, ce partenariat doit permettre de faire passer les organisations « de l’expérimentation à la production », en intégrant des systèmes capables d’automatiser les processus tout en respectant des standards stricts de sécurité et de conformité.

Dans le cadre de cet accord, Atos interviendra comme intégrateur de la plateforme développée par ABA Technology auprès de ses clients, notamment dans le secteur public, industriel et scientifique. La coopération prévoit le déploiement de solutions d’IA adaptées à différents usages, allant de l’optimisation industrielle à la recherche scientifique, en passant par la gestion des politiques publiques. L’objectif est de proposer des architectures capables d’unifier les données, les systèmes et les opérations au sein d’environnements fortement régulés.

Ce partenariat intervient dans un contexte d’accélération des investissements dans l’intelligence artificielle, y compris en Afrique où les enjeux de souveraineté technologique deviennent stratégiques. Selon les estimations de Google, les investissements mondiaux dans l’IA pourraient dépasser 1500 milliards de dollars dans les prochaines années, poussant les États et les entreprises à mieux maîtriser leurs infrastructures et leurs données.

Il s’inscrit également dans la continuité du lancement, la semaine précédente, de Fusion AI par ABA Technology. Présentée comme une plateforme conçue et opérée depuis le Maroc, cette solution repose sur une architecture unifiée capable de connecter systèmes informatiques, infrastructures industrielles et objets connectés. Déclinée en plusieurs applications sectorielles, elle permet par exemple d’optimiser la production industrielle via des jumeaux numériques, d’améliorer la prise de décision publique grâce à des outils d’intelligence territoriale ou encore d’accélérer la recherche biomédicale.

À travers cette alliance, les deux partenaires ambitionnent de structurer une offre d’intelligence artificielle adaptée aux réalités africaines, en combinant expertise technologique et capacités d’intégration à grande échelle. Pour ABA Technology, l’enjeu est d’étendre l’adoption de sa plateforme au-delà du marché marocain, tandis qu’Atos renforce son positionnement sur les projets liés à la souveraineté numérique sur le continent.

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 09 avril 2026 08:52 Written by

Fort de plusieurs millions de joueurs et d’un marché en expansion, le gaming prend une place croissante dans l’économie numérique marocaine. Devant ce potentiel encore sous‑exploité, les autorités multiplient les initiatives pour structurer une filière locale et accompagner les talents.

Le Maroc accélère la structuration de son industrie du gaming, un secteur émergent mais à fort potentiel. En marge du salon GITEX Africa Morocco 2026 à Marrakech, le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et Huawei Maroc ont signé, mardi 7 avril, un protocole d’accord visant à soutenir le développement des industries numériques et créatives.

Signé par Mohamed Mehdi Bensaid (photo, à gauche), ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, et David Li (photo, à droite), directeur général de Huawei Maroc, cet accord s’inscrit dans une dynamique de consolidation d’un écosystème national encore fragmenté, mais porté par l’essor d’une nouvelle génération de développeurs et de studios indépendants.

Le partenariat prévoit plusieurs axes d’intervention, notamment un soutien technique au Morocco Gaming Expo 2026, prévu du 20 au 24 mai à Rabat. Huawei contribuera à l’équipement des espaces dédiés à la formation et aux ateliers, avec pour objectif d’optimiser les conditions d’apprentissage et de permettre aux développeurs de tester leurs projets dans un environnement adapté.

L’accord inclut également un accompagnement de talents locaux, avec le soutien à la participation d’équipes marocaines à des initiatives internationales portées par le groupe chinois, ainsi qu’un soutien ciblé à cinq développeurs sélectionnés par le ministère. Cette démarche vise à renforcer la visibilité des profils locaux et à faciliter leur intégration dans des circuits internationaux.

Au Maroc, le gaming s’inscrit aujourd’hui au‑delà du simple divertissement. Il est perçu comme une industrie créative à fort potentiel de création d’emplois, d’attraction d’investissements et de développement de compétences numériques avancées. Selon les projections du rapport « State of the African Video Game Industry 2026 » de SpielFabrique, publié en janvier 2026, les revenus annuels de ce secteur sont estimés à 227,3 millions USD en 2024 au Maroc, avec une croissance anticipée à 297 millions USD d’ici 2027.

Cette dynamique n’échappe pas aux pouvoirs publics. Le Maroc a multiplié les initiatives pour structurer son écosystème gaming, avec des programmes d’incubation de start-up, des espaces dédiés comme Rabat Gaming City et des partenariats public‑privé visant à rapprocher les talents locaux des chaînes de valeur mondiales.

L’accord signé avec Huawei Maroc s’inscrit dans la continuité de ce mouvement. Il fait suite à un précédent partenariat autour du développement de l’e‑sport local, mené en collaboration avec Rabat Gaming City, la Fédération royale marocaine des jeux électroniques (FRMJE) et des programmes de formation innovants.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 08 avril 2026 12:09 Written by

Face à l’essor des nouvelles technologies de défense, en particulier les drones, les armées accélèrent leur transformation pour intégrer ces outils devenus stratégiques. En Afrique, cette évolution suscite un intérêt croissant pour la formation et le renforcement des capacités opérationnelles.

Le Maroc s’apprête à accueillir le premier centre régional américain de formation aux drones en Afrique, selon une annonce récente du général Christopher Donahue, commandant des forces américaines en Europe et en Afrique (USAREUR‑AF). Le projet démarre par une phase pilote lors de l’exercice African Lion 2026, prévu du 20 avril au 8 mai dans le royaume, mené conjointement par l’armée américaine et plusieurs armées africaines.

Porté par ce commandement, le programme vise à doter les armées africaines de compétences opérationnelles dans l’utilisation des drones. Seize militaires issus de pays partenaires participeront à cette première phase de formation, structurée autour de deux volets : l’intégration des drones dans la planification des opérations et la prise en main de différents systèmes de drones.

Cette initiative s’inscrit dans le renforcement de la coopération militaire entre Washington et ses partenaires africains, dans un contexte marqué par la montée en puissance rapide des drones dans les opérations sécuritaires à l’échelle mondiale. De plus en plus accessibles et polyvalents, ces équipements sont désormais utilisés pour des missions de surveillance, de renseignement ou d’intervention, avec un rapport coût‑efficacité généralement supérieur à celui des équipements militaires conventionnels.

Cette dynamique s’accompagne d’une expansion soutenue du marché. Selon le cabinet Fortune Business Insights, le marché mondial des drones militaires pourrait atteindre 30,9 milliards de dollars d’ici 2034, contre 18,2 milliards en 2025 et 20,8 milliards en 2026.

En Afrique, l’intérêt pour ces technologies progresse également, notamment pour répondre aux enjeux de surveillance des frontières, de lutte contre les trafics et de sécurisation des infrastructures. Toutefois, leur adoption reste inégale. Si des modèles légers et accessibles se diffusent progressivement, les systèmes avancés, dotés de capacités de renseignement ou d’intervention, demeurent coûteux pour de nombreux pays.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 08 avril 2026 10:31 Written by

Le numérique est devenu un terrain stratégique où se rencontrent ambitions économiques, attentes sociales et enjeux de souveraineté. Pour les grands opérateurs, l’enjeu n’est plus uniquement de connecter, mais de prouver leur capacité à accompagner durablement les mutations du continent africain.

Avec « Trust the future », son nouveau chapitre stratégique pour 2026‑2030 présenté à la presse les mardi 7 et mercredi 8 avril au Maroc, avec un rôle clé confié à Orange Middle East and Africa, le groupe télécoms Orange place la confiance au centre de son modèle de croissance. Pour l’entreprise, cette confiance repose à la fois sur la qualité des réseaux, la cybersécurité, l’innovation et la responsabilité. Mais en Afrique, elle se construit aussi sur le terrain, au contact direct de la jeunesse, des entrepreneurs et des territoires. C’est précisément là que les Orange Digital Centers (ODC) apparaissent comme l’un des leviers les plus concrets de cette stratégie.

Le message stratégique d’Orange est clair : dans un univers numérique devenu plus complexe, la confiance n’est plus un simple argument de communication, mais un avantage concurrentiel. Construire une relation de confiance avec la jeunesse africaine, lui apporter un appui technique dans ses défis d’acquisition de savoirs et d’insertion professionnelle, lui garantir une crédibilité auprès du marché de l’emploi sont autant d’engagements portés par Orange, qui affirme vouloir accompagner gratuitement 6 millions de personnes dans l’usage du numérique d’ici 2030, notamment à travers ses Orange Digital Centers.

Un modèle intégré

L’écosystème qui a continué à grandir en Afrique et au Moyen‑Orient est aujourd’hui composé de 53 ODC, présents dans les 17 marchés africains d’Orange et en Jordanie. Ils sont en partenariat avec 167 universités. En 2025, les ODC ont enregistré 1,4 million de bénéficiaires, dont 42 % de femmes. Ils revendiquent également 450 startups accompagnées, dont 24 financées par Orange Ventures. Autrement dit, les ODC ne relèvent plus de l’expérimentation, mais constituent déjà un écosystème structuré, à échelle régionale.

Selon Alia Sahaly (photo, au centre), directrice ODC et RSE d’Orange Middle East and Africa, la force du modèle réside dans son intégration. Les Orange Digital Centers s’organisent autour de plusieurs briques complémentaires : une École du Code pour les formations pratiques et certifiantes, un FabLab pour le prototypage, Orange Fab pour l’accélération des startups, Orange Ventures pour le financement, sans oublier des déclinaisons régionales implantées au sein d’établissements universitaires. Cette chaîne complète, de la formation jusqu’à l’investissement, traduit une idée simple : la confiance se gagne aussi en donnant aux jeunes des compétences, des outils et des débouchés.

Employabilité et reconversion

L’un des premiers piliers du service ODC reste l’employabilité. 42 000 certifications délivrées en partenariat avec des entités internationales comme Amazon Web Services (AWS), Coursera et Google ; plus de 277 000 heures de formation accumulées, 13 programmes spécialisés et 500 certificats professionnels Google axés sur les nouveaux métiers du web, de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle (IA), de l’UX/UI, de la data ou encore du cloud. Le programme Master Repair illustre cette logique de reconversion et d’accès à l’emploi, en formant des jeunes à la réparation de terminaux mobiles, à l’installation de panneaux solaires ou à la maintenance des réseaux fibre.

Des formations de plus en plus prisées

Le second pilier est celui de l’entrepreneuriat. Orange met en avant seize années de soutien aux innovateurs, avec des outils comme l’Orange Summer Challenge, le Prix Orange de l’Entrepreneuriat Social en Afrique et au Moyen‑Orient (POESAM), ou encore l’accélération commerciale via Orange Fab. Le groupe souligne aussi le rôle d’Orange Ventures, fonds d’investissement de 50 millions d’euros (environ 58 millions USD), pour financer les jeunes pousses les plus prometteuses. Ici encore, l’enjeu dépasse la seule communication institutionnelle. L’ODC permet à Orange de se positionner comme un acteur qui ne vend pas seulement de la connectivité, mais qui participe à la fabrication de l’économie numérique africaine.

Les résultats avancés par Orange renforcent cette lecture. Selon une évaluation de suivi, l’opérateur télécoms déclare que 69 % des jeunes interrogés estiment que leurs compétences ont fortement progressé grâce au programme, 71 % jugent son apport significatif pour leur développement personnel et professionnel, et trois quarts déclarent utiliser régulièrement les compétences acquises. Selon Orange, le succès des ODC est tel que la demande de formation peut atteindre 40 fois le nombre de places disponibles dans certains pays.

Au fond, l’Orange Digital Center incarne en Afrique ce que la stratégie « Trust the future » cherche à démontrer à l’échelle du groupe : la confiance ne se résume pas seulement à la robustesse d’un réseau ou à la protection des données. Elle se construit aussi par la formation, l’inclusion, l’innovation locale et l’accompagnement des entrepreneurs. En Afrique et au Moyen‑Orient, région que le groupe présente lui‑même comme son moteur de croissance, l’ODC apparaît ainsi comme un actif stratégique à double rendement : un instrument d’impact social, mais aussi un accélérateur de crédibilité, de talents et, à terme, de croissance durable pour Orange.

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Posted On mercredi, 08 avril 2026 09:13 Written by

La Namibie a fait de la transformation numérique un levier de son développement économique. Mais pour tirer pleinement parti des avantages des TIC, le pays doit renforcer sa vigilance en matière de cybersécurité.

Les autorités namibiennes prévoient d’investir 17,4 millions de dollars namibiens (environ 1 million $) pour renforcer la cybersécurité et d’autres domaines clés dans les prochains mois. Cette initiative vise à accroître les capacités du pays dans ce secteur stratégique.

Cette enveloppe s’inscrit dans les 682 millions de dollars namibiens alloués au ministère des Technologies de l’information et de la communication (MICT) pour ses activités au cours de l’exercice 2026/2027. Ce budget a été présenté la semaine dernière au Parlement par la ministre Emma Theofelus (photo), selon la presse locale.

La ministre indique que les actions seront centrées autour de l’équipe namibienne de réponse aux incidents de cybersécurité (NAM‑CSIRT). Les financements permettront de soutenir la mise en œuvre du projet de loi sur la cybercriminalité, la création d’un centre des opérations de sécurité opérationnel 24 h/24, ainsi que le développement d’un laboratoire national de criminalistique numérique. Par ailleurs, les cadres de cybersécurité du pays seront renforcés.

Ce budget s’inscrit dans les efforts croissants des autorités namibiennes pour renforcer la sécurité du cyberespace national. L’une des principales initiatives est la mise en œuvre, en juillet, du NAM‑CSIRT, doté d’un budget initial de 20 millions de dollars namibiens. Cette entité a été créée pour servir d’autorité centrale nationale chargée de la gestion des cybermenaces et des incidents de cybersécurité. Son objectif est de renforcer la sécurité et la stabilité des infrastructures critiques et des systèmes d’information en Namibie, notamment au sein des institutions publiques, des agences et d’autres secteurs clés.

Parmi les autres initiatives figurent une application mobile permettant de signaler les escroqueries, de recevoir des alertes en temps réel et d’accéder à des conseils en matière de sécurité en ligne, la sensibilisation des populations, ainsi que des textes législatifs relatifs à la cybercriminalité et à la protection des données en cours d’élaboration.

Ces efforts interviennent dans un contexte de transformation numérique accélérée, couplée à une multiplication des cybermenaces. La NAM‑CSIRT a détecté un total de 549 556 vulnérabilités informatiques dans divers domaines du paysage numérique namibien entre avril et juin 2025, en hausse de 1,62 % par rapport au trimestre précédent. Au cours de l’année 2024, 1,2 million de cyberattaques avaient été recensées.

Pour le moment, la Namibie est classée dans l’avant‑dernière cohorte (Tier 4) de l’Indice global de cybersécurité de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Le pays s’en sort relativement bien en matière de mesures organisationnelles, avec un score de 16,35 sur 20. Toutefois, des progrès restent à faire sur les autres piliers : cadre législatif, mesures techniques, développement des capacités et coopération. Il a enregistré un score global de 36,93 sur 100.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 08 avril 2026 06:27 Written by

Le gouvernement gabonais mise sur une approche structurée pour connecter ses administrations, optimiser la gestion des données et améliorer l’accès aux services. Une feuille de route nationale est en cours de finalisation pour encadrer cette dynamique.

Le ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba (photo), a présenté le vendredi 3 avril à Libreville les grandes orientations de la future stratégie nationale de numérisation. Ce document‑cadre, dévoilé au siège de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) à l’occasion d’une réunion avec les principaux responsables des systèmes d’information de l’administration publique, fixe la trajectoire du pays pour moderniser l’État et renforcer l’efficacité des services destinés aux citoyens et aux entreprises.

La stratégie repose sur cinq axes fondamentaux : la poursuite des réformes et la mise en place d’un cadre réglementaire adapté, le développement des infrastructures numériques, la numérisation et la dématérialisation des services publics et des paiements, la promotion de l’entrepreneuriat national et le développement des compétences locales, la migration vers une administration et une économie intelligentes, fondées sur une donnée structurée et valorisée. Selon le ministre, ces axes visent à réduire la fragmentation des systèmes d’information, améliorer l’interopérabilité entre administrations et créer un pilotage centralisé des projets numériques à l’échelle nationale.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de transformation numérique déjà amorcé. Pour l’exercice 2026, le ministère dispose d’un budget de 82 milliards de francs CFA (environ 145 millions de dollars), en forte augmentation (+156,2 %) par rapport aux 32 milliards FCFA de 2025. Cette enveloppe est prioritairement consacrée aux investissements dans la connectivité, la modernisation des infrastructures et la numérisation des services publics, et soutient également le développement des compétences et la gouvernance des données.

Les contours précis et le calendrier de mise en œuvre n’ont pas encore été dévoilés. Néanmoins, les autorités entendent rompre avec la gestion fragmentée des projets numériques en instaurant une gouvernance centralisée, appuyée sur des schémas directeurs sectoriels et un pilotage renforcé des systèmes d’information. Déjà doté d’un cadre légal solide, le Gabon ambitionne ainsi de bâtir une stratégie numérique unifiée, cohérente et souveraine, au service de la performance publique et de l’amélioration des services aux citoyens.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 07 avril 2026 12:49 Written by
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