L’insertion professionnelle des jeunes en Afrique représente un défi majeur. La formation numérique pourrait bien être la clé qui ouvrira les portes de l’employabilité à la jeunesse en quête d’opportunité.

À Madagascar, 1000 jeunes seront formés gratuitement aux métiers du numérique d’ici la fin du premier semestre 2026, dans le cadre du programme « D‑CLIC, formez‑vous au numérique avec l’OIF ». Le lancement officiel de cette nouvelle phase du projet a eu lieu le lundi 19 janvier à Antananarivo, à travers un partenariat entre l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (METFP).

Cette étape marque l’entrée du programme dans une phase opérationnelle à plus grande échelle. Elle débute par la formation de formateurs nationaux, appelés à constituer un réseau capable d’accompagner durablement les bénéficiaires à travers le pays. Les parcours de formation, développés par l’OIF via une plateforme d’apprentissage en ligne, portent notamment sur les compétences numériques recherchées sur le marché du travail, ainsi que sur l’entrepreneuriat digital.

Le dispositif D‑CLIC s’inscrit dans une démarche plus large de renforcement des compétences numériques dans l’espace francophone. Déployé dans plusieurs pays africains, le programme vise à améliorer l’employabilité des jeunes, à faciliter leur insertion professionnelle et à répondre aux besoins croissants en talents numériques, dans un contexte marqué par la digitalisation progressive des économies.

À Madagascar, cette initiative intervient alors que les besoins en formation numérique s’intensifient. Le pays fait face à une forte pression démographique, avec une population majoritairement jeune, tandis que le marché de l’emploi formel reste limité. Les autorités misent désormais sur le numérique comme l’un des piliers de la formation professionnelle. La ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Marie Marcelline Rasoloarisoa, a récemment indiqué que Madagascar ambitionne de former 40 000 personnes aux compétences numériques à l’horizon 2028, afin d’adapter la main‑d’œuvre aux nouveaux usages économiques et technologiques.

Dans ce contexte, le programme D‑CLIC apparaît comme un maillon opérationnel de cette stratégie nationale. En renforçant l’accès à des formations qualifiantes et en favorisant l’acquisition de compétences directement mobilisables, cette nouvelle cohorte pourrait contribuer à améliorer l’employabilité des jeunes, soutenir l’auto‑emploi et accompagner l’émergence d’un écosystème numérique plus structuré à Madagascar.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 22 janvier 2026 09:57 Written by

Le Zimbabwe ambitionne de connecter l’ensemble de ses établissements scolaires dans le cadre d’un programme de généralisation de l’accès à Internet. Cette ambition se heurte toutefois aux limites actuelles du réseau télécoms, qui excluent encore certaines zones et une partie de la population.

Le gouvernement zimbabwéen a décidé d’équiper les écoles primaires et secondaires du pays de 8000 kits Internet Starlink. Selon les autorités, cette initiative vise à garantir une connectivité à l’échelle nationale pour les établissements scolaires, en particulier dans les zones reculées et mal desservies.

Les équipements ont été officiellement remis le mercredi 21 janvier 2026 par le ministère des Technologies de l’information et de la communication (TIC) à celui de l’Enseignement primaire et secondaire. À cette occasion, la ministre des TIC, Tatenda Mavetera, a indiqué que le programme ambitionne de réduire la fracture numérique et d’offrir aux apprenants de tout le Zimbabwe un accès à des services Internet abordables et fiables.

Dans un communiqué publié sur X, le ministère des TIC a précisé que « cette démarche devrait renforcer l’apprentissage numérique, améliorer l’accès aux ressources éducatives mondiales et préparer les élèves à participer de manière compétitive à l’économie numérique ». Il a ajouté que cette initiative s’inscrit dans les efforts du gouvernement visant à moderniser le secteur de l’éducation et à promouvoir un accès inclusif aux technologies de l’information et de la communication.

Le Zimbabwe bénéficie déjà du projet GIGA, une initiative conjointe de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et de l’UNICEF), qui vise à connecter toutes les écoles du monde à Internet. Selon des données officielles citées par GIGA en mars 2025, 3500 établissements scolaires zimbabwéens sur un total de 7000 sont déjà connectés. L’UIT s’était engagée à collaborer avec les autorités nationales pour identifier les solutions de connectivité les plus performantes et les plus rentables pour les écoles restantes.

Si le potentiel des TIC pour améliorer le système éducatif est largement reconnu, notamment par l’UNESCO, le recours à la technologie satellitaire de Starlink, qui offre une couverture étendue et des débits relativement élevés, soulève néanmoins plusieurs interrogations. Celles‑ci portent notamment sur la disponibilité des équipements de connexion dans les écoles (ordinateurs, tablettes ou smartphones), les compétences numériques des enseignants, l’accès à l’électricité, la pertinence des contenus pédagogiques numériques, ainsi que la pérennité du modèle, dans la mesure où Starlink repose sur des abonnements mensuels.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 22 janvier 2026 09:41 Written by

Dans un contexte de modernisation de l’administration publique, le Burundi accélère la numérisation de sa fiscalité. Les autorités misent sur les outils numériques pour améliorer la mobilisation des ressources internes, renforcer la transparence et simplifier les démarches des contribuables.

Le Burundi a officiellement lancé, le lundi 19 janvier à Bujumbura, les travaux de mise en place du système e‑KORI, un programme numérique dédié à la déclaration et au paiement en ligne des impôts et taxes. Le projet est porté par l’Office burundais des recettes (OBR), avec l’appui de la Banque mondiale.

« La mise en place d’un tel système constitue une étape cruciale vers la transformation numérique de notre pays, en permettant à l’État de mieux mobiliser ses propres ressources. Le projet e‑KORI est un outil stratégique, car il permettra au Burundi de collecter ses propres fonds et de financer ses projets de développement sans dépendre exclusivement des aides extérieures », a déclaré Alain Ndikumana (photo), ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique.

Concrètement, le programme e‑KORI vise à digitaliser l’ensemble des processus liés à la collecte des taxes internes et des recettes non fiscales. Le dispositif est conçu pour permettre aux contribuables d’effectuer leurs déclarations et paiements en ligne, de suivre leurs opérations à distance et de réduire les démarches physiques auprès de l’administration. Il est également présenté comme un outil destiné à améliorer la traçabilité des recettes publiques, à limiter les risques d’erreurs et à renforcer le contrôle fiscal.

Cette initiative intervient dans un contexte où le Burundi accélère sa transition vers une administration numérique. Ces dernières années, les autorités ont engagé plusieurs réformes destinées à moderniser la gestion publique, améliorer la gouvernance financière et renforcer la transparence. Toutefois, la mobilisation des recettes intérieures demeure un défi, dans un pays marqué par l’importance du secteur informel et par des procédures fiscales jugées complexes par une partie des acteurs économiques.

Selon les responsables du projet, e‑KORI sera mis en œuvre en neuf phases, avec une validation progressive de chaque livrable avant le passage à l’étape suivante. Le dispositif prévoit également des sessions de formation et de sensibilisation à destination des agents de l’administration fiscale et des contribuables. La sécurité du système constitue un axe central du projet. Un partenaire technique est chargé d’assurer la protection des infrastructures, la sécurisation des données et la prévention des risques de cyberattaques, dans un contexte de montée des enjeux de cybersécurité liés à la digitalisation des finances publiques.

À terme, les autorités misent sur e‑KORI pour élargir l’assiette fiscale, renforcer la discipline des contribuables et améliorer la planification budgétaire de l’État. En facilitant l’accès aux services fiscaux et en sécurisant les échanges numériques, le système pourrait également contribuer à améliorer le climat des affaires, à renforcer la confiance entre l’administration et les citoyens, et à soutenir les ambitions du Burundi de bâtir un État plus efficace, transparent et numérisé.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 22 janvier 2026 07:53 Written by

Le Soudan du Sud développe progressivement son infrastructure numérique nationale. Début 2025, le pays comptait environ 1,9 million d’abonnés à Internet, pour un taux de pénétration de 15,7 %, selon DataReportal.

Les autorités sud‑soudanaises ont officiellement mis en place la semaine dernière un Comité de supervision des services de passerelle et du centre de données. Sa mission est de renforcer la gouvernance, la responsabilité et le contrôle institutionnel sur ces infrastructures stratégiques.

Le comité a été créé par l’Autorité nationale des communications (NCA) avec l’expertise de la société suisse mgi communications ag (MGI). Ses priorités incluent la numérisation des flux de revenus de la passerelle internationale du Soudan du Sud (SSIGW), la modernisation des infrastructures pour stimuler la transformation numérique, et la garantie que toutes les opérations protègent strictement la souveraineté nationale et les intérêts de sécurité.

« En renforçant la supervision réglementaire et en numérisant la collecte des revenus, la NCA veille à ce que les ressources nationales de communication contribuent directement à la croissance économique du pays et à l’indépendance technologique, pour un futur plus connecté », a déclaré le régulateur télécoms.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de transformation numérique des autorités sud‑soudanaises. Le président a récemment signé un décret ordonnant la numérisation de toutes les institutions publiques. L’exécutif estime que cette transformation ouvre la voie à plusieurs bénéfices : stimulation de l’innovation, amélioration de la productivité, accès aux marchés mondiaux, création d’emplois, promotion de l’entrepreneuriat, développement des infrastructures, prise de décision fondée sur les données et croissance inclusive.

Pour atteindre ces objectifs, l’exécutif cherche à renforcer l’infrastructure numérique. Par exemple, en juillet 2025, un budget de plus de 9 milliards USD a été voté pour la mise en place de l’infrastructure dorsale nationale de fibre optique. Le début des travaux d’installation de 2400 km de fibre a été annoncé pour décembre 2025. Le ministre des TIC a également présenté des initiatives visant à réduire le coût d’accès à Internet.

Dans une étude diagnostique publiée en 2023, la Banque mondiale a indiqué que l’économie numérique du Soudan du Sud reste encore naissante malgré son potentiel. Son développement est freiné par un accès à Internet coûteux et limité, ainsi que par l’absence d’un cadre réglementaire clair et prévisible, ce qui décourage les investissements privés.

Pour le moment, le Soudan du Sud se classe à l’avant‑dernière place de l’Indice de développement de l’e‑gouvernement (EGDI) des Nations unies, qui évalue 193 pays. Le pays d’Afrique de l’Est a enregistré un score de 0,1191/1, bien en deçà des moyennes africaine et mondiale. Pour l’indicateur sur les infrastructures télécoms, il a obtenu un score de 0,0547/1.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 21 janvier 2026 05:48 Written by

À mesure que les budgets consacrés au numérique augmentent, la question de la transparence dans leur gestion gagne en importance. Un suivi précis de ces dépenses est essentiel pour garantir l’efficacité de la modernisation administrative et renforcer la confiance des citoyens.

Le dimanche 18 janvier à Nouakchott, le ministère mauritanien de la Transformation numérique a lancé un portail en ligne dédié à la publication de ses marchés publics et de ses dépenses. Cette initiative s’inscrit dans la perspective d’une modernisation progressive de l’action de l’État et d’un renforcement de la transparence financière.

Accessible au public à l’adresse https://transparence.mtnima.gov.mr/, la plateforme permet de consulter l’ensemble des dépenses engagées par le ministère depuis la formation du gouvernement, le 7 août 2024. Elle couvre aussi bien les marchés attribués par la Commission de passation des marchés publics que ceux conclus par les commissions d’achats internes, y compris au niveau des projets et organismes placés sous la tutelle du département.

Le portail met à disposition des données détaillées sur les contrats signés ou en cours, notamment les montants engagés, les prestataires retenus, le nombre d’offres reçues ainsi que les modes de sélection utilisés. Les informations sont actualisées en continu afin de faciliter le suivi de l’exécution budgétaire.

La plateforme intègre également un moteur de recherche avancé, permettant aux utilisateurs de filtrer les données selon plusieurs critères, tels que l’autorité contractante, la nature du marché, la phase de contractualisation ou la source de financement. Une section statistique propose par ailleurs des tableaux et graphiques interactifs, offrant une lecture plus claire de la structure des dépenses et de leur répartition par catégorie ou par fournisseur.

Cette initiative intervient alors que le ministère de la Transformation numérique gère des ressources budgétaires conséquentes. Pour l’exercice 2026, le budget est fixé à 959,6 millions d’ouguiyas, soit environ 24,2 millions de dollars. L’enveloppe représente une hausse de 104,6 % par rapport à 2025, année au cours de laquelle le budget du ministère s’élevait à 468,97 millions d’ouguiyas, après avoir atteint 550,68 millions d’ouguiyas en 2024

Selon les autorités, l’ouverture de ces données vise à garantir une concurrence plus équitable entre les opérateurs économiques, en offrant à tous un accès égal à l’information sur les marchés publics. Les médias, la société civile et les chercheurs disposent ainsi d’une base de données exploitable pour l’évaluation des politiques publiques et le suivi de la gestion financière de l’État. Le portail est accessible gratuitement en arabe et en français sans inscription, depuis tout appareil connecté à Internet.

Samira Njoya

Édité par : Ubrick F. Quenum 

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Posted On mardi, 20 janvier 2026 14:12 Written by

Entre industrialisation locale, montée en puissance du mobile et politiques d’emploi, le Kenya cherche à bâtir une économie digitale capable de soutenir la croissance et l’insertion des jeunes.

Au Kenya, près de cinq millions de smartphones ont déjà été assemblés sur le territoire national afin de renforcer l’accès aux outils numériques et de stimuler la création d’emplois ainsi que l’industrialisation technologique. L’annonce a été faite le lundi 19 janvier par William Kabogo Gitau, secrétaire de cabinet au ministère de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique, en marge du lancement du soutien en capital commercial NYOTA destiné aux jeunes porteurs de projets.

Commercialisés à des prix compris entre 6000 et 8000 shillings kényans (46,5 et 62,2 dollars), ces appareils s’inscrivent dans la stratégie gouvernementale d’inclusion numérique, alors que le pays cherche à élargir l’usage des technologies digitales au sein de sa population, notamment chez les jeunes, afin de tirer pleinement parti des opportunités offertes par la connectivité mobile.

Dans un pays où le taux de pénétration de la téléphonie mobile dépasse 140 %, selon les données de l’Autorité kényane des communications, la démocratisation des smartphones joue un rôle central dans l’expansion des usages numériques. Elle pourrait accélérer l’adoption des services financiers numériques, du e‑commerce, de l’e‑gouvernement et des plateformes d’emploi en ligne, tout en soutenant l’essor de l’économie numérique locale.

Cette dynamique industrielle s’intègre dans une politique plus large de promotion de l’emploi par le numérique. Selon le gouvernement, plus de 300 000 emplois ont déjà été créés grâce aux entreprises d’externalisation des processus métiers (BPO) et aux plateformes numériques, un segment appelé à jouer un rôle clé dans la diversification de l’économie kényane.

Parallèlement, les autorités multiplient les programmes de soutien à l’entrepreneuriat des jeunes. À travers le projet NYOTA, une enveloppe de 258,4 millions de shillings kényans a récemment été mobilisée pour accompagner plus de 10 300 jeunes entrepreneurs dans les comtés de Nairobi, Kiambu et Kajiado, avec pour objectif de renforcer les revenus et de promouvoir l’épargne.

Le renforcement des compétences constitue un autre pilier de cette stratégie. Environ 350 centres numériques ont déjà été installés dans les établissements d’enseignement et de formation techniques et professionnels, tandis que 1450 centres supplémentaires sont prévus à terme dans les circonscriptions du pays afin de réduire la fracture numérique et de stimuler l’innovation locale.

Pour accompagner cette transformation, le Kenya investit également dans les infrastructures. Le gouvernement prévoit le déploiement de 100 000 kilomètres de fibre optique à haut débit à travers le pays, une initiative jugée essentielle pour attirer les investissements et soutenir les activités numériques  à travers le pays.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 20 janvier 2026 07:59 Written by

De nombreux pays africains accélèrent le développement de leur secteur spatial, considéré comme un catalyseur de développement. Les applications varient, de l’observation de la Terre à la gestion des ressources naturelles, en passant par la sécurité et la planification des infrastructures.

Le Nigeria entend s’appuyer sur la technologie spatiale pour renforcer la lutte contre la criminalité, en particulier l’exploitation minière illégale. À cet effet, la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) et l’Agence nationale de recherche et de développement spatiaux (NASRDA) ont signé, le jeudi 15 janvier, un protocole d’accord visant à formaliser leur coopération.

Selon le président exécutif de l’EFCC, Ola Olukoyede (photo, à droite), la NASRDA fournira des technologies destinées à renforcer les capacités d’enquête et de traçabilité des actifs de la Commission. « Grâce à vos technologies, nous pourrons accéder à des zones auxquelles nos moyens traditionnels ne permettent pas d’atteindre. Vous savez que nous sommes engagés dans l’enquête et la poursuite des activités minières illégales. Ces outils nous aideront à identifier certaines de ces zones », a‑t‑il précisé.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’un rapprochement engagé en juin 2025 entre la NASRDA et le ministère du Développement sidérurgique. À l’époque, le ministre Shuaibu Abubakar Audu avait appelé à dépasser les systèmes de suivi traditionnels, jugés obsolètes, au profit de solutions satellitaires plus intelligentes. Il avait notamment souligné que le secteur sidérurgique nigérian, malgré son fort potentiel en matière de transformation économique et d’industrialisation, reste confronté à des défis structurels, tels que l’extraction illégale et la fiabilité limitée des données fournies par certains opérateurs.

« Ces pratiques affaiblissent le potentiel économique du pays et compliquent les efforts de régulation ainsi que la planification à long terme », avait‑il déclaré. Selon les autorités, l’exploitation minière illégale entraînerait des pertes estimées à environ 9 milliards $ par an pour le Nigeria.

Il convient toutefois de noter qu’à ce stade, les deux agences se sont essentiellement accordées sur le principe d’une collaboration. Aucun calendrier précis n’a encore été communiqué pour la mise en œuvre opérationnelle du protocole d’accord. M. Olukoyede a néanmoins indiqué que l’EFCC mettra en place une équipe dédiée au suivi de l’opérationnalisation du protocole et à l’évaluation périodique de son efficacité.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 19 janvier 2026 12:05 Written by

Alors que les démarches administratives restent contraignantes pour une partie de la population, la Côte d’Ivoire mise sur le numérique pour rapprocher les services publics des citoyens, en combinant identité digitale et accès mobile.

La Côte d’Ivoire poursuit la modernisation de son administration en s’appuyant sur le numérique. Le vendredi 16 janvier 2026, l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI) et La Poste de Côte d’Ivoire ont lancé « MaPoste », une application destinée à dématérialiser l’accès aux services postaux et administratifs grâce à l’identité numérique.

Pensée comme une « super application », MaPoste permet à chaque citoyen disposant d’un Numéro national d’identification (NNI) d’accéder à une boîte postale numérique depuis son smartphone. L’outil s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation digitale, visant à rapprocher les services publics des usagers tout en renforçant la sécurité des échanges.

À travers cette plateforme, La Poste de Côte d’Ivoire adopte une approche dite phygitale, combinant son réseau physique de plus de 200 agences à des services entièrement dématérialisés. L’objectif est de réduire les déplacements, fluidifier les démarches et améliorer l’expérience des usagers, dans un contexte où la demande pour les services publics numériques ne cesse de croître.

Le projet repose sur l’intégration du Registre national des personnes physiques (RNPP), géré par l’ONECI. Ce système attribue à chaque citoyen une identité unique fondée sur des données biométriques, devenue un pilier central du développement de l’e‑gouvernement ivoirien. Selon les autorités, l’adossement des services numériques à une identité certifiée constitue une condition clé pour garantir la fiabilité des transactions et la protection des données personnelles.

Concrètement, MaPoste doit faciliter plusieurs démarches administratives, notamment la livraison de la carte nationale d’identité, la demande et le suivi de documents officiels tels que les actes d’état civil, le certificat de nationalité ou le casier judiciaire. Une évolution qui vise à réduire les délais de traitement et à renforcer la traçabilité des procédures.

Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de numérisation des services publics en Côte d’Ivoire. Ces dernières années, le pays a multiplié les projets autour de l’identité numérique, de la cybersécurité et de la dématérialisation administrative, avec l’ambition de bâtir une administration plus efficace, plus inclusive et mieux adaptée aux usages numériques des citoyens.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 19 janvier 2026 10:51 Written by

Face à la pression croissante sur les services publics, le Burkina Faso mise sur le numérique pour améliorer l’efficacité administrative et l’accès des citoyens aux services essentiels. Le pays multiplie ainsi les échanges avec des partenaires pour soutenir sa stratégie de transformation numérique.

Le Burkina Faso poursuit ses démarches en faveur de la transformation numérique de l’administration. Le mercredi 14 janvier, la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo/Sabane, a reçu une délégation du groupe égyptien MAG Trade & Investment venue présenter plusieurs projets technologiques.

Selon les informations communiquées par le ministère, les discussions ont porté sur des solutions numériques appliquées notamment aux secteurs de la santé et de l’identité numérique. Ces domaines figurent parmi les priorités du gouvernement burkinabé, engagé depuis plusieurs années dans la modernisation de son administration et l’amélioration de l’accès des citoyens aux services publics.

Le groupe MAG Trade & Investment, accompagné du Bureau national des grands projets du Burkina Faso (BN‑GPB), a indiqué vouloir s’inscrire dans une logique de coopération axée sur le transfert de compétences, le renforcement des capacités locales et le déploiement de solutions numériques durables. L’entreprise égyptienne ambitionne ainsi de contribuer à la structuration de projets alignés sur la stratégie nationale de développement du numérique.

Ces échanges interviennent dans un contexte où le Burkina Faso cherche à consolider son écosystème digital, alors que plusieurs chantiers restent en cours, notamment la digitalisation des procédures administratives, l’interopérabilité des systèmes publics et la sécurisation des données des usagers. Le développement de solutions d’identité numérique est notamment perçu comme un levier clé pour améliorer l’efficacité de l’action publique et soutenir l’inclusion numérique.

Pour les autorités, l’ouverture à des investisseurs et opérateurs étrangers vise à combler les déficits technologiques et financiers, tout en favorisant la montée en compétence des acteurs nationaux. La ministre Aminata Zerbo/Sabane a salué l’intérêt manifesté par le groupe égyptien, estimant que ce type d’initiative s’inscrit dans la vision gouvernementale d’accélération de la transformation digitale.

À ce stade, aucune convention n’a été annoncée. Les discussions pourraient toutefois déboucher, à terme, sur des partenariats structurants, alors que le Burkina Faso multiplie les démarches pour faire du numérique un pilier de la modernisation des services publics et du développement économique.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 19 janvier 2026 08:25 Written by

En Guinée, l’agriculture mobilise près de 58 % de la population active. Pour renforcer la productivité et sécuriser la filière, le gouvernement mise sur le numérique, modernisant la gestion des intrants et soutenant directement les producteurs.

La Guinée a officiellement lancé, le jeudi 15 janvier à Conakry, sa plateforme digitale de gestion des intrants agricoles. Portée par le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, l’initiative vise à moderniser l’accès des producteurs aux engrais, semences et autres intrants stratégiques, dans un contexte où la performance du secteur agricole demeure un enjeu central pour la sécurité alimentaire et la croissance économique du pays.

Conçue comme un outil de pilotage et de transparence, la plateforme permet de centraliser les opérations liées à la commande, à la distribution et au suivi des intrants agricoles. Elle ambitionne de réduire les dysfonctionnements structurels de la filière, notamment les retards de livraison, les problèmes de qualité et les inégalités d’accès entre producteurs. Développée avec l’appui du Projet de production alimentaire d’urgence (PPAU), financé par la Banque africaine de développement (BAD), elle constitue la pierre angulaire de la stratégie nationale de fourniture durable des intrants agricoles.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme du secteur agricole guinéen, amorcée à l’issue des États généraux du secteur agropastoral tenus en 2024. Les autorités cherchent à repositionner l’État comme régulateur et garant de la qualité, tout en renforçant le rôle du secteur privé dans l’importation et la distribution des intrants. Une approche alignée sur les orientations de plusieurs pays africains qui misent sur la digitalisation pour améliorer l’efficience des chaînes de valeur agricoles.

Sur le terrain, les défis restent importants pour les producteurs guinéens. L’agriculture représente environ 30 % du PIB et repose majoritairement sur de petites exploitations à faible productivité. L’accès limité à des intrants de qualité, les coûts élevés, les circuits de distribution peu structurés et la dépendance aux aléas climatiques freinent les rendements. Selon les données de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), l’utilisation d’engrais en Guinée reste nettement inférieure à la moyenne africaine, ce qui pèse sur la compétitivité du secteur et les revenus des agriculteurs.

En misant sur la digitalisation pour restructurer un segment stratégique de son économie, les autorités espèrent contribuer à une meilleure allocation des intrants, à une réduction des coûts logistiques et à un ciblage plus efficace des politiques de soutien aux producteurs. En posant les bases d’un système plus transparent et traçable, la plateforme ouvre également la voie à d’autres services numériques agricoles, tels que l’identification des producteurs ou le suivi des performances des filières. Un levier stratégique pour renforcer la productivité, sécuriser les approvisionnements et accompagner la transformation durable de l’agriculture guinéenne.

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 16 janvier 2026 13:33 Written by
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