Depuis le lancement de sa stratégie numérique à l’horizon 2030, le Maroc accélère la modernisation de son administration publique. Le pays enchaîne les partenariats dans le secteur numérique afin de soutenir la transformation des services publics et renforcer la qualité de la gouvernance.
Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration a signé, le mardi 5 mai à Rabat, trois conventions de partenariat destinées à accélérer la numérisation des services publics, améliorer la relation entre l’administration et les citoyens et renforcer les mécanismes de transparence. Ces accords ont été conclus en marge des Assises africaines du gouvernement ouvert (AAGO), organisées dans la capitale marocaine.
Le premier partenariat a été conclu avec l’Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO). L’accord porte sur plusieurs axes liés à la transformation numérique, notamment l’intelligence artificielle (IA), la formation, l’échange d’expertises et le développement de projets technologiques innovants dans les administrations publiques. Les deux parties ambitionnent également de promouvoir les données ouvertes et de renforcer la coopération autour de la numérisation du patrimoine culturel et scientifique.
Le deuxième accord, signé avec l’Institution du Médiateur du royaume, vise à moderniser l’accueil des usagers dans les services publics. Les autorités marocaines veulent améliorer la qualité des prestations administratives et renforcer la confiance des citoyens envers l’administration à travers de nouveaux dispositifs numériques et des expériences pilotes appelées à être progressivement généralisées.
Le troisième partenariat concerne l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption. Il prévoit la modernisation des systèmes d’information de l’institution ainsi que le développement d’outils numériques capables de renforcer la transparence et d’améliorer la détection des risques de corruption. L’accord mise notamment sur l’utilisation de l’IA et de l’analyse de données pour accompagner la digitalisation de la gouvernance publique.
Ces accords s’inscrivent dans un contexte d’intensification des investissements dans la transformation numérique de l’administration publique. Le Maroc mise notamment sur la dématérialisation des procédures, l’interconnexion des plateformes publiques et l’intégration progressive des technologies émergentes afin d’améliorer l’efficacité des services administratifs. Cette stratégie s’appuie sur une forte progression des usages numériques dans le pays. Selon l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), le taux de pénétration de l’Internet atteignait 112,59 % fin 2025, un niveau qui s’explique par la multiplication des abonnements mobiles et fixes.
Samira Njoya
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Face à la montée des usages numériques et des cyberrisques, l’Afrique du Sud prépare l’introduction d’une identité numérique nationale. L’objectif est de simplifier l’accès aux services publics, renforcer la sécurité des données personnelles et lutter plus efficacement contre la fraude identitaire et les crimes financiers.
L’Afrique du Sud accélère sa stratégie de numérisation des services publics. Le ministère sud-africain de l’Intérieur a publié le lundi 4 mai un projet de règlement ouvrant la voie à l’introduction d’une identité numérique nationale, destinée à fonctionner aux côtés des cartes d’identité physiques déjà en circulation.
Porté par le ministère de l’Intérieur, ce projet s’inscrit dans la stratégie « Home Affairs @ home », qui vise à permettre aux citoyens d’accéder à plusieurs services administratifs directement depuis leur smartphone. Le futur système reposera sur une application baptisée « MyMzansi », à travers laquelle les utilisateurs pourront stocker et utiliser des versions numériques sécurisées de leurs documents officiels.
Selon les autorités, cette identité numérique sera valable pendant cinq ans et pourra être renouvelée à distance grâce à une vérification biométrique faciale. Le gouvernement prévoit également un système de vérification utilisant les technologies NFC, Bluetooth et QR code afin de faciliter l’authentification des citoyens dans les services publics et privés.
Le ministère sud-africain de l’Intérieur précise toutefois que cette identité numérique restera facultative et ne remplacera pas les cartes d’identité physiques. Les deux formats coexisteront dans le cadre d’un système hybride destiné à moderniser progressivement l’administration sans exclure les populations encore éloignées des usages numériques.
Un outil contre la fraude et les crimes financiers
Pour Pretoria, cette réforme dépasse la simple dématérialisation administrative. Le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, estime que le système pourrait renforcer la lutte contre le vol d’identité, les fraudes financières, la corruption et l’immigration illégale.
Le projet prévoit ainsi des mécanismes avancés de sécurité, notamment la capture biométrique, la détection de présence (liveness detection), le chiffrement des données et le rattachement de l’identité numérique à un appareil mobile spécifique. Les autorités souhaitent également mieux encadrer l’accès aux données personnelles, dans un contexte mondial marqué par la montée des préoccupations liées à la cybersécurité et à la protection de la vie privée.
Vers une administration entièrement numérique
Le gouvernement sud-africain entend faire de cette identité numérique le socle de sa future administration numérique. À terme, plusieurs services devraient être intégrés à la plateforme MyMzansi, notamment les permis de conduire, les certificats scolaires, les services sociaux ou encore certaines démarches policières et judiciaires.
Cette transformation intervient alors que l’Afrique du Sud cherche à moderniser des services publics souvent critiqués pour leurs lenteurs administratives et les longues files d’attente dans les agences gouvernementales. Le projet de règlement est actuellement soumis à consultation publique jusqu’au 6 juin 2026 avant une éventuelle adoption définitive.
Samira Njoya
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La gestion des actes d’état civil au Burundi reste encore largement dominée par des procédures manuelles, souvent sources de lenteurs administratives. Les autorités veulent désormais s’appuyer sur le numérique pour sécuriser les données des citoyens et moderniser l’administration publique.
Le Burundi poursuit la modernisation de son administration publique à travers un vaste chantier de numérisation de l’état civil et de l’identification des citoyens. Le ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique a présenté, le mardi 6 mai, une plateforme numérique dédiée à la gestion des documents administratifs et à la production d’une nouvelle carte nationale d’identité biométrique.
Selon Valentin Nahimana (photo), directeur général chargé des programmes de l’administration au sein du ministère, cette réforme était en préparation depuis plusieurs années. Sa mise en œuvre a toutefois nécessité une adaptation du cadre juridique existant, notamment des dispositions du code de la famille qui prévoyaient encore un enregistrement manuel des actes d’état civil. Ces ajustements étaient indispensables pour permettre l’intégration des nouvelles technologies dans le système administratif.
La future carte biométrique intégrera plusieurs éléments de sécurité destinés à limiter les risques de falsification et d’usurpation d’identité. Son numéro unique devrait également servir de référence dans d’autres documents officiels, notamment le passeport et différents services administratifs.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique engagée par les autorités burundaises afin de moderniser les services publics, renforcer la sécurité des données et améliorer l’identification des citoyens. Le projet prévoit notamment la numérisation des actes d’état civil, longtemps gérés de manière manuelle, ainsi que l’instauration d’un système d’identification conforme aux standards internationaux.
Sur le plan technique, les autorités affirment que les infrastructures nécessaires sont presque finalisées et que le système attend désormais l’adoption du décret devant encadrer officiellement son utilisation. Plusieurs défis persistent, notamment l’accès limité à l’électricité et à Internet dans certaines zones rurales. Selon les dernières données de DataReportal, le taux de pénétration d’Internet au Burundi est de 11,1 % fin 2025, l’un des plus faibles d’Afrique subsaharienne.
Au-delà de la simple délivrance d’un document d’identité, ce projet marque une nouvelle étape dans la transformation numérique du Burundi. Les autorités espèrent qu’il permettra de renforcer la gouvernance administrative, de faciliter l’accès aux services publics et de poser les bases d’un écosystème numérique plus moderne et interconnecté.
Samira Njoya
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Le Burkina Faso intensifie ses partenariats dans le domaine du numérique afin d’accélérer sa transformation digitale. Dans un contexte de multiplication des initiatives régionales et internationales, la BAD réaffirme son intérêt pour un accompagnement des projets structurants du pays.
La ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo/Sabane (photo), a échangé le mercredi 6 mai à Ouagadougou avec une délégation de la Banque africaine de développement (BAD), lors d’une séance de travail consacrée aux priorités numériques du Burkina Faso. Cette rencontre s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer les partenariats stratégiques autour du numérique, considéré comme un levier majeur de développement économique et social.
À cette occasion, la ministre a présenté les douze chantiers structurants de son département, ainsi que les principales avancées enregistrées et les projets en cours. Ceux-ci concernent notamment le développement des infrastructures numériques, la modernisation des services publics et le renforcement des capacités dans les technologies émergentes. Elle a également réaffirmé la vision du gouvernement, qui ambitionne de faire du numérique un moteur central de transformation de l’économie et de l’administration publique.
Les échanges ont permis d’identifier plusieurs pistes de collaboration, dont les contours devront être approfondis au niveau technique afin de déterminer les projets susceptibles de bénéficier d’un appui de la BAD.
La Banque africaine de développement, qui accompagne déjà plusieurs initiatives de transformation numérique sur le continent, a salué la cohérence des orientations stratégiques du Burkina Faso. L’institution a réitéré sa disponibilité à soutenir les projets structurants du secteur, notamment ceux liés aux infrastructures et au développement des compétences numériques.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du document de stratégie pays « DSP-i 2022-2025 », prorogé à 2026, qui encadre les interventions de la BAD au Burkina Faso. Le numérique y occupe une place croissante, en tant que levier transversal de compétitivité, d’inclusion et de modernisation.
La rencontre intervient par ailleurs dans un contexte de diversification des partenariats numériques du pays. Ces derniers jours, le Burkina Faso a également engagé des discussions avec la Russie autour de la coopération technologique. Le pays développe également des collaborations régionales avec le Niger et le Mali, ainsi qu’avec les Émirats arabes unis dans le domaine du numérique.
Sur le plan multilatéral, le Burkina Faso bénéficie déjà de l’appui de la Banque mondiale à travers plusieurs projets structurants, notamment le Projet d’accélération de la transformation digitale (PACTDIGITAL) et l’initiative WURI (West Africa Unique Identification for Regional Integration and Inclusion), dédiée à l’identification numérique régionale.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte de transformation progressive des habitudes financières, la Tunisie voit les usages numériques s’accélérer, notamment dans les transactions du quotidien. Les autorités monétaires cherchent désormais à accompagner cette évolution.
La Banque centrale de Tunisie (BCT) poursuit la structuration du secteur des paiements numériques. Dans une note diffusée le lundi 5 mai, l’institution a annoncé le lancement de « TUNPAY », un label national destiné à unifier et renforcer l’écosystème du paiement mobile dans le pays. Développé en collaboration avec la Société Monétique Tunisie (SMT), ce dispositif vise à harmoniser l’identification des services de paiement mobile auprès du grand public. L’objectif est de rendre les solutions plus visibles et plus facilement reconnaissables par les utilisateurs.
Concrètement, les banques, établissements de paiement et la Poste tunisienne, qui proposent des portefeuilles électroniques, devront intégrer cette identité visuelle à leurs applications, interfaces numériques et points d’acceptation physiques. Les commerçants, agences et réseaux d’agents utilisant les services de paiement mobile afficheront également le label.
À travers cette initiative, la Banque centrale cherche à renforcer la confiance des utilisateurs et à accélérer l’adoption des paiements digitaux dans un marché encore en phase de maturation. Les autorités veulent notamment améliorer l’interopérabilité des services et simplifier l’expérience utilisateur dans un contexte de diversification croissante des offres financières numériques.
Cette évolution intervient alors que le paiement mobile connaît une progression soutenue en Tunisie. Selon les données de la BCT, le nombre de transactions effectuées via téléphone mobile a augmenté de 81 % en 2025, atteignant 8,4 millions d’opérations. En valeur, ces transactions ont représenté 1,769 milliard de dinars (616 millions USD) sur l’année.
Malgré cette dynamique, le marché tunisien reste encore éloigné des standards observés dans certains pays africains où les paiements sans contact et les technologies NFC se développent rapidement. En Tunisie, une grande partie des opérations mobiles continue de fonctionner à travers des systèmes de validation par SMS.
Les autorités tunisiennes multiplient néanmoins les initiatives pour accélérer la numérisation des services financiers. Cette stratégie s’inscrit dans une tendance plus large observée en Afrique du Nord et sur le continent, où les banques centrales cherchent à moderniser les infrastructures de paiement afin de favoriser l’inclusion financière et de réduire l’usage du cash.
Avec « TUNPAY », la Tunisie ambitionne ainsi de poser les bases d’un environnement de paiement plus structuré, plus identifiable et davantage adapté à l’essor des usages numériques.
Samira Njoya
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La numérisation des systèmes de santé s’accélère en Afrique, portée par la nécessité d’améliorer l’accès aux soins et de réduire les inégalités territoriales. Les solutions de télémédecine s’imposent progressivement comme un levier de modernisation des infrastructures sanitaires.
En marge du GITEX Future Health Africa, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a signé, le lundi 4 mai à Casablanca, un mémorandum d’entente avec Huawei Maroc et Dott Medical. L’initiative vise à structurer le déploiement de solutions de télémédecine et à moderniser les établissements de soins de santé primaires.
Paraphé sous la présidence du ministre de la Santé Amine Tehraoui, cet accord s’inscrit dans la réforme en cours du système sanitaire, marquée par la généralisation progressive de la couverture médicale et la volonté de réduire les inégalités d’accès aux soins.
Le partenariat prévoit le développement d’une solution intégrée combinant infrastructures numériques, équipements médicaux et plateformes de consultation à distance. L’objectif est d’améliorer la prise en charge des patients, d’optimiser l’utilisation des ressources médicales et de fluidifier le parcours de soins, en particulier dans les régions sous-dotées en personnel de santé.
Sur le plan technique, Huawei apportera ses capacités en matière de connectivité et d’infrastructures numériques, tandis que Dott Medical fournira des équipements spécialisés adaptés aux besoins des structures de soins. L’ensemble devra se conformer aux exigences nationales en matière de protection des données de santé, un enjeu clé dans la construction d’un écosystème numérique souverain.
Avant un éventuel déploiement à grande échelle, un projet pilote est prévu afin d’évaluer la viabilité technique, clinique et organisationnelle du dispositif. Un volet formation est également prévu pour accompagner les professionnels de santé dans l’appropriation de ces outils, condition essentielle à leur adoption.
Cette initiative intervient dans un contexte de montée en puissance de l'e‑santé sur le continent africain, où les États cherchent à tirer parti du numérique pour répondre à la pression démographique et aux contraintes d’infrastructures. Au Maroc, les autorités misent sur ces technologies pour renforcer l’efficacité du système, alors que le pays compte environ 7 médecins pour 10 000 habitants, un ratio encore inférieur aux standards de certains pays émergents.
Au-delà de la modernisation des services, l’enjeu est aussi économique et stratégique. En structurant un écosystème local autour de la santé numérique, le royaume ambitionne de stimuler l’innovation, attirer des investissements et se positionner comme un hub régional dans ce domaine. Cette orientation a été réaffirmée lors du lancement de la première édition de GITEX Future Health Africa Morocco, qui a réuni à Casablanca acteurs publics et privés autour de la transformation des systèmes de santé.
Samira Njoya
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Le lancement intervient dans un contexte d’accélération des e-services. Début avril, le Trésor public a notamment mis en service deux plateformes numériques, dénommées Lanaya et e-BDT, destinées à moderniser la gestion des opérations financières et à simplifier les démarches administratives.
Le gouvernement burkinabè a lancé, le mardi 5 mai à Ouagadougou, un portail national destiné à centraliser l’ensemble des services publics en ligne et à en sécuriser l’accès. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique de l’administration, visant à améliorer la qualité des prestations et à renforcer la confiance des usagers dans les services numériques.
Accessible à travers le lien www.service-public.gov.bf, ce portail a pour objectif de recenser les services numériques proposés par l’État et d’orienter les citoyens vers des canaux officiels. Il répond notamment à la problématique croissante de l’usurpation de plateformes administratives, en garantissant l’authenticité des services accessibles en ligne. À ce stade, la plateforme propose déjà 1672 fiches pratiques, 95 procédures dématérialisées et mobilise 183 institutions publiques, traduisant l’ampleur du chantier engagé.
Selon les autorités, cet outil constitue un point d’entrée unique pour les démarches administratives numériques, dans un contexte marqué par la multiplication des services dématérialisés. Il devrait ainsi contribuer à simplifier les procédures et à améliorer l’expérience des usagers dans leurs interactions avec l’administration.
En parallèle, le gouvernement a également mis en service une plateforme dédiée aux pétitions citoyennes, visant à renforcer la participation du public à la vie institutionnelle. Ce dispositif permet aux citoyens de soumettre des propositions et de faire remonter leurs préoccupations auprès des autorités. Pour être examinée, une pétition devra toutefois recueillir un seuil minimal d’adhésion fixé à 5000 soutiens.
Ces deux outils traduisent la volonté des autorités d’accélérer la numérisation de l’administration publique, tout en favorisant une plus grande interaction avec les citoyens. Les responsables gouvernementaux indiquent que d’autres services seront progressivement intégrés au portail, avec un objectif de dématérialisation accrue des procédures administratives.
Dans cette dynamique, chaque ministère devrait proposer dans les prochains mois plusieurs démarches à numériser, les usagers étant appelés à participer à leur priorisation. Cette approche vise à adapter l’offre de services publics numériques aux besoins réels des citoyens.
Samira Njoya
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Le développement de l’intelligence artificielle en Afrique s’oriente progressivement vers des solutions adaptées aux contextes locaux, notamment sur le plan linguistique. Cette approche vise à réduire les barrières d’accès aux services numériques pour une majorité de la population.
Le gouvernement tanzanien accélère le développement d’un modèle de langage basé sur le kiswahili, dans le cadre de sa stratégie nationale de transformation numérique. La ministre de la Communication et des Technologies de l’information, Angellah Kairuki, en a fait état le jeudi 30 avril, lors de la présentation des orientations budgétaires de son département pour l’exercice 2026/2027.
Le projet est porté par la Commission tanzanienne des technologies de l’information et de la communication (ICTC). Il vise à adapter les outils d’IA aux réalités linguistiques locales afin de faciliter leur utilisation par une large partie de la population. L’objectif est de permettre l’interaction avec les systèmes numériques en kiswahili, langue parlée par plus de 100 millions de personnes en Afrique de l’Est et dans la région des Grands Lacs.
Selon les autorités, cette approche devrait contribuer à élargir l’accès aux services numériques, en particulier dans les zones rurales où la barrière linguistique reste un frein à l’adoption des technologies. Le futur modèle vise également à faciliter la production et la circulation de contenus éducatifs et informatifs dans une langue accessible, tout en soutenant le développement d’outils numériques locaux.
Au-delà de l’accessibilité, le projet s’inscrit dans une volonté de structurer un écosystème de données en langue kiswahili, destiné à renforcer les capacités des développeurs et innovateurs locaux. Il s’agit également de mieux représenter les langues africaines dans les systèmes d’intelligence artificielle, encore dominés par les langues occidentales.
Cette initiative intervient dans un contexte de forte croissance du secteur numérique en Tanzanie. Selon les données officielles, le nombre d’abonnés mobiles a atteint 111,9 millions en mars 2026, contre 90,4 millions un an plus tôt, tandis que les utilisateurs d’Internet sont passés à 58,9 millions d’utilisateurs d’Internet sur la même période.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Face à l’essor démographique urbain, les villes africaines accélèrent l’adoption de solutions numériques. L’objectif est d’améliorer la qualité des services publics, de renforcer la gouvernance locale et de répondre aux défis liés à l’urbanisation rapide.
La Communauté urbaine de Douala (CUD) et le groupe technologique chinois Huawei ont signé le mardi 28 avril, en Chine, un protocole d’accord stratégique pour accompagner la modernisation numérique de la capitale économique camerounaise. L’initiative intervient dans une ville de plus de 3,5 millions d’habitants, confrontée à une urbanisation rapide et à des défis croissants en matière de mobilité, de gestion foncière et de services publics.
Ce partenariat, qui reste à ce stade un accord de principe, prévoit un accompagnement technique autour de plusieurs axes structurants de la gestion urbaine. Il porte notamment sur le déploiement de solutions de vidéosurveillance, la mise en place de systèmes intelligents de gestion du trafic et l’extension des infrastructures de connectivité, notamment le réseau de fibre optique municipal.
Un volet central porte sur la transformation numérique du foncier. La CUD envisage la digitalisation d’environ 200 000 dossiers fonciers ainsi que l’introduction d’un certificat de possession numérique. L’objectif est de sécuriser les transactions foncières et de réduire les litiges, dans un contexte où la pression sur le foncier constitue un enjeu majeur pour l’aménagement urbain et l’investissement.
Le projet inclut également des solutions de gestion intelligente de l’éclairage public, permettant un pilotage à distance des infrastructures afin de réduire les coûts énergétiques et d’améliorer la maintenance. Par ailleurs, un programme de transfert de compétences est prévu, avec la formation d’ingénieurs et de cadres municipaux aux technologies numériques, via les programmes de Huawei.
Si les modalités financières et le calendrier de mise en œuvre n’ont pas été précisés, ce protocole s’inscrit dans une volonté plus large de la CUD de moderniser la gouvernance urbaine à travers la donnée et les technologies numériques.
Huawei n’en est pas à sa première intervention dans ce type de projets en Afrique. Le groupe chinois a déjà déployé des solutions de villes intelligentes dans plusieurs métropoles du continent, notamment à Nairobi et Mombasa au Kenya, où ses systèmes de vidéosurveillance et de gestion urbaine ont été intégrés aux dispositifs de sécurité publique. En Afrique du Sud, la ville d’Ekurhuleni a également bénéficié de l’accompagnement du groupe pour le déploiement de réseaux numériques, de solutions cloud et d’applications de gestion urbaine. Au Sénégal également, Huawei met en œuvre un projet à Dakar pour numériser le trafic routier.
Ces initiatives s’inscrivent dans la stratégie globale de Huawei autour des « Safe City », un programme qui couvre aujourd’hui plus de 100 villes dans une trentaine de pays, combinant vidéosurveillance, gestion du trafic et plateformes de données urbaines.
Samira Njoya
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En République démocratique du Congo (RDC), les paiements en espèces restent dominants, malgré la progression du mobile money. Les solutions biométriques apparaissent comme une piste pour moderniser les usages et renforcer l’inclusion financière.
La biométrie palmaire fait son entrée sur le marché financier de la RDC avec le déploiement du terminal MainMoney, un dispositif conçu pour réduire la dépendance à l’argent liquide. Le dispositif a été officiellement lancé le mercredi 29 avril, avec l’ambition de faciliter les transactions et de renforcer l’inclusion financière dans le pays.
La solution permet d’effectuer des paiements sans carte bancaire ni téléphone mobile, grâce à une authentification biométrique basée sur la paume de la main. Elle repose sur la technologie « Palm Vein », qui analyse le réseau veineux interne de la main pour identifier chaque utilisateur. Ce système, considéré comme plus sécurisé que les empreintes digitales classiques, s’appuie sur des caractéristiques biologiques uniques et difficiles à reproduire, renforçant ainsi la fiabilité des transactions. L’utilisateur doit au préalable enregistrer ses données afin de lier son identité physique à son profil de paiement.
« Ce que nous voulons expliquer derrière le concept MainMoney c’est que votre main devient votre portefeuille. Nous avons créé MainMoney parce que nous savons qu’il y a au moins 29 millions de Congolais qui ont un compte mobile money et il y en a aussi qui ont un compte bancaire mais le cash domine toujours dans notre communauté. Nous avons voulu élargir notre inclusion financière », a déclaré Sylvain Mubenga, directeur général de MainMoney.
Le dispositif cible à la fois les particuliers et les structures professionnelles. Il est destiné aux fonctionnaires, aux étudiants ainsi qu’aux usagers des services du quotidien, notamment dans les supermarchés, les stations‑service et les établissements de santé. Pour les entreprises, la plateforme permet également de centraliser les paiements et d’améliorer la gestion des rémunérations, avec des applications possibles dans la paie basée sur les jours de travail effectif.
Dans un pays où les paiements en espèces restent largement dominants malgré la progression du mobile money, la solution entend répondre aux limites persistantes de l’inclusion financière. Elle vise à sécuriser les transactions, à réduire les risques liés à la circulation du cash et à simplifier l’accès aux services financiers numériques pour une population encore fortement dépendante des espèces.
Samira Njoya
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L’Éthiopie prévoit d’intégrer 90 millions de citoyens à son système d’identité numérique à l’horizon 2030, un projet structurant pour sa numérisation. Les résultats déjà enregistrés renforcent son attractivité et incitent d’autres pays africains à recourir à son expertise.
L’Éthiopie et le Mozambique ont signé, le lundi 27 avril à Addis‑Abeba, un protocole d’accord portant sur le développement de l’identité numérique et des infrastructures numériques publiques (DPI). L’accord a été conclu entre l’Agence de transformation et d’innovation numériques du Mozambique (ATDI) et FaydaVerse Digital Solutions Enterprise, une entité publique éthiopienne chargée de valoriser à l’international l’expertise du pays en matière d’identification numérique.
D’une durée de trois ans, renouvelable, ce partenariat établit un cadre de coopération technique destiné à développer des systèmes d’identité numérique sécurisés, inclusifs et fondés sur des normes ouvertes. L’objectif est de permettre aux citoyens mozambicains de s’identifier et d’accéder aux services publics ou privés à distance, sans contrainte de déplacement physique.
Dans ce cadre, l’Éthiopie fournira une assistance technique au Mozambique, incluant le partage d’architectures technologiques, la formation des équipes locales et la mise en œuvre de projets pilotes. Les deux parties entendent également renforcer l’interopérabilité des systèmes gouvernementaux et développer des solutions adaptées en matière de cybersécurité. Le partenariat met par ailleurs l’accent sur la souveraineté technologique, un enjeu croissant pour les États africains. Il vise à garantir une maîtrise locale des systèmes numériques et des données, tout en réduisant la dépendance vis‑à‑vis des fournisseurs étrangers.
Le choix de l’Éthiopie n’est pas anodin. Ces dernières années, le pays s’est imposé comme l’un des plus avancés du continent en matière d’identité numérique grâce au programme « Fayda », son système national d’identification. Lancé pour attribuer à chaque citoyen une identité unique et sécurisée, ce dispositif a déjà permis d’enregistrer plus de 42 millions de personnes et de poser les bases d’un écosystème numérique intégré.
Conçu pour être interopérable avec les services publics et privés, le système facilite notamment l’accès aux prestations sociales, aux services financiers et aux plateformes administratives en ligne. Cette avancée positionne aujourd’hui l’Éthiopie comme un modèle émergent en matière d’infrastructures numériques publiques en Afrique.
Au‑delà de ses aspects techniques, cette initiative illustre la montée en puissance de la coopération Sud‑Sud dans le domaine du numérique. Alignée sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine, elle témoigne d’une volonté croissante des pays africains de mutualiser leurs expertises afin d’accélérer la transformation numérique du continent et de construire une économie numérique plus intégrée.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Face à la concurrence mondiale autour de l’intelligence artificielle, la Chine multiplie les initiatives pour se positionner en Afrique. À travers de nouveaux dispositifs, le pays cherche à identifier des talents et des solutions capables de soutenir la transformation numérique du continent.
La Chine a annoncé le vendredi 24 avril le lancement d’un concours international dédié à l’intelligence artificielle. L’initiative s’inscrit dans la célébration des 70 ans de relations diplomatiques entre la Chine et plusieurs pays africains. Elle vise à valoriser les jeunes talents africains ainsi que des solutions technologiques innovantes issues du continent.
Porté par le Secrétariat du Forum sur la coopération sino‑africaine (FOCAC), ce programme traduit une volonté de Pékin de prospecter les écosystèmes africains de l’innovation, dans un contexte où l’intelligence artificielle s’impose comme un levier stratégique de transformation économique et de compétitivité internationale.
La compétition vise à identifier des projets capables d’apporter des réponses concrètes aux défis de développement du continent, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’industrie, de la recherche scientifique et des services publics. L’accent est mis sur des solutions à fort impact, susceptibles d’être intégrées dans des dynamiques de transformation numérique à plus grande échelle.
Au‑delà de la compétition, l’initiative ambitionne de servir de plateforme d’exposition internationale pour les innovateurs africains. Les projets retenus bénéficieront d’une visibilité accrue, d’une publication dans un recueil international et d’un accompagnement vers des opportunités de collaboration avec des acteurs de l’écosystème technologique chinois.
Les lauréats seront également invités à participer à une immersion en Chine, destinée à renforcer les échanges entre porteurs de projets africains et experts de l’intelligence artificielle. Cette démarche vise à favoriser le transfert de compétences et la création de partenariats dans un secteur en pleine structuration.
Le concours est ouvert aux étudiants, chercheurs, entrepreneurs et professionnels du numérique issus du continent africain. Aucune structure formelle n’est exigée, l’évaluation étant centrée sur la pertinence des idées, leur caractère innovant et leur potentiel d’impact.
Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 29 mai 2026 via le lien : https://ecnxdbgxnkac.feishu.cn/share/base/form/shrcnOZjhi7LTFB6eLAFb6ej5Ve
Samira Njoya
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La Guinée multiplie les efforts en vue d’une amélioration de la connectivité Internet pour soutenir la transformation numérique. Le pays veut par exemple se connecter à un second câble sous‑marin.
Les autorités guinéennes veulent doubler la capacité de la dorsale nationale de fibre optique (backbone). L’initiative permettra à l’infrastructure d’absorber la croissance rapide du trafic Internet et d’éviter les risques de saturation qui pourraient entraîner une dégradation de la qualité de service, notamment des lenteurs et des interruptions.
Le projet a été examiné lors de la réunion de cabinet du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation du lundi 27 avril. La Société de gestion et d’exploitation du backbone national (SOGEB) a indiqué que les études préparatoires avancent en vue de sa mise en œuvre.
Ce projet de doublement de la capacité intervient dans un contexte de transformation numérique marqué par une hausse rapide des usages. Le trafic Internet mobile est passé de 23,98 millions de gigabytes (GB) au deuxième trimestre 2021 à 118,86 millions GB à la même période en 2025, selon les données du régulateur télécoms. Sur la même période, le nombre d’abonnés Internet mobile est passé de 6,6 millions à 8,3 millions.
Par ailleurs, le pays a engagé des discussions pour se connecter à un second câble sous‑marin de fibre optique. Cette initiative vise à renforcer la résilience de l’infrastructure numérique nationale tout en augmentant la capacité internationale afin de mieux répondre à la demande croissante. La Guinée explore également des solutions satellitaires pour améliorer la couverture et sécuriser l’accès à Internet dans les zones moins bien desservies.
Dans ce contexte, le renforcement de la dorsale vise à accompagner la transformation numérique en cours en garantissant une connectivité plus stable, plus rapide et plus fiable. En réduisant les risques de congestion du réseau, il doit permettre d’améliorer durablement la qualité de service pour les usagers, aussi bien particuliers que entreprises.
Les particuliers peuvent utiliser des services comme la maison connectée, l’Internet des objets, le télétravail, le streaming ou l’e‑learning. Les entreprises pourront, de leur côté, s’appuyer sur une infrastructure plus robuste pour développer leurs activités numériques, accélérer leur digitalisation et déployer des solutions gourmandes en bande passante comme le cloud, les services en ligne, le commerce électronique ou encore les applications métiers en temps réel.
Au‑delà de ces usages, ce renforcement vise à structurer et dynamiser l’écosystème numérique guinéen. Il crée de meilleures conditions de développement pour les jeunes entreprises du numérique. En Afrique, l’absence d’une connectivité fiable et abordable est souvent considérée comme l’un des principaux freins à la croissance des start‑up. Elle limite leur capacité à attirer des investisseurs et freine le développement de nouveaux services. Elle réduit également leurs possibilités d’innovation et leur capacité à élargir leur clientèle, aussi bien au niveau national qu’international.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La Guinée et le PNUD renforcent leur coopération sur l’IA et l’innovation numérique
Alors que l’exposition des enfants aux plateformes numériques s’intensifie, le Rwanda renforce sa stratégie de protection en ligne. Le pays rejoint plusieurs États africains qui cherchent à mieux réguler l’usage des réseaux sociaux chez les mineurs face aux enjeux éducatifs et sociaux.
Le gouvernement rwandais envisage de renforcer l’encadrement de l’usage des réseaux sociaux par les mineurs. La ministre des TIC et de l’Innovation, Paula Ingabire, a déclaré le mercredi 29 avril que la loi en préparation vise à interdire l’accès aux plateformes numériques aux enfants de moins de 16 ans, dans un contexte de préoccupations croissantes liées aux contenus en ligne et à leurs effets sur le développement des plus jeunes.
La future réglementation viserait à empêcher les mineurs de créer des comptes ou d’accéder à des contenus sur des réseaux tels que Facebook, Instagram ou encore YouTube. La mise en œuvre reposerait sur une collaboration entre les fournisseurs d’accès à Internet, les plateformes numériques et les parents, avec en perspective l’appui d’un système national d’identification numérique pour vérifier l’âge des utilisateurs.
Selon la ministre, cette démarche repose sur des constats précis. Une étude nationale révèle que 46 % des écoliers accèdent déjà aux services numériques via des téléphones mobiles, souvent sans encadrement parental. Dans le même temps, 30 à 35 % des élèves déclarent être confrontés à des difficultés liées à l’usage des réseaux sociaux, notamment des troubles de l’attention ou des formes d’anxiété associées à la consommation de contenus en ligne.
Cette initiative ne constitue pas une mesure isolée. Elle s’appuie sur un cadre réglementaire déjà existant, notamment la politique nationale de protection de l’enfance en ligne adoptée en 2025, qui prévoit le renforcement de la surveillance des contenus numériques et la collaboration avec les fournisseurs d’accès et les plateformes pour limiter les contenus préjudiciables. Le pays dispose par ailleurs d’un arsenal juridique incluant des lois sur la cybersécurité et la protection des données, avec des dispositions spécifiques pour les mineurs de moins de 16 ans.
Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large observée sur le continent, où plusieurs États cherchent à mieux réguler l’accès des mineurs aux plateformes numériques. Au Gabon, les autorités ont récemment annoncé l’introduction d’une réglementation imposant un âge minimum de 16 ans pour l’accès aux réseaux sociaux, accompagné de mécanismes d’identification renforcés. Le Zimbabwe étudie également des restrictions similaires visant les moins de 18 ans, tandis que le Nigeria a lancé des consultations publiques en vue d’introduire des limitations d’âge sur les plateformes.
D’autres pays, comme l’Égypte, ont engagé des réflexions réglementaires pour mieux protéger les enfants face à la montée des contenus jugés nocifs sur les réseaux sociaux. Ces initiatives s’inscrivent dans les efforts de coordination portés notamment par l’Union africaine pour renforcer la sécurité des enfants en ligne.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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