L’artisanat, pilier de l’économie au Maroc, demeure un secteur à fort potentiel d’emploi et d’exportation. Sa numérisation s’impose comme un levier de modernisation, visant à renforcer la compétitivité des artisans, structurer les filières et élargir l’accès aux marchés.

Le Maroc engage 36 millions de dirhams (3,9 millions USD) pour accélérer la transformation numérique de son artisanat. Un accord a été signé mercredi 25 février entre le Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat, les Chambres d’Artisanat, leur Fédération et l’Agence de développement du digital. Deux autres conventions relatives à la promotion internationale et à l’appui institutionnel du secteur ont également été conclues lors de la même cérémonie.

L’accord de digitalisation prévoit la mise en place de la carte professionnelle de l’artisan, la mise en service du Registre national de l’artisanat ainsi que la dématérialisation des services des Chambres et de leurs structures affiliées. Les autorités entendent, à travers ce dispositif, améliorer l’efficacité administrative, simplifier les procédures et doter le secteur d’infrastructures numériques structurantes.

Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre du contrat‑programme national dédié au développement de l’artisanat, considéré comme un pilier de l’économie marocaine en raison de sa contribution à l’emploi, à l’exportation et au développement territorial. Selon les chiffres officiels, le secteur emploie 22 % de la main‑d’œuvre nationale, contribue à hauteur de 7 % au PIB, enregistre une croissance des exportations de 7,6 %, et représente 10 % des recettes touristiques en devises grâce à l’achat de produits artisanaux. Sa modernisation numérique est présentée comme un levier de gain de productivité, de formalisation des activités et d’élargissement de l’accès aux marchés nationaux et internationaux.

Les deux autres conventions conclues lors de la cérémonie portent respectivement sur la promotion internationale du savoir‑faire marocain, en partenariat avec SMAP EVENTS, et sur un contrat‑programme 2026 consacré à la structuration professionnelle, à la formation et à l’encadrement des artisans. Ensemble, ces dispositifs doivent renforcer la compétitivité du secteur, faciliter l’accès des artisans aux marchés et soutenir l’émergence d’un écosystème plus formalisé et productif, en complément du volet numérique piloté avec l’Agence de développement du digital au Maroc.

Samira Njoya   

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On vendredi, 27 février 2026 09:37 Written by

Les besoins en connectivité s’intensifient avec l’essor du streaming, du gaming, de l’e‑learning et la multiplication des écrans dans les foyers. Pour y répondre, Orange Maroc déploie de nouvelles solutions mobiles et fixes, adaptées aux usages numériques en constante évolution des particuliers.

Le groupe Orange Maroc a présenté, mardi 24 février à Casablanca, deux innovations majeures destinées au grand public : les forfaits mobiles personnalisables Yo Max 5G et la Livebox 7, premier routeur nouvelle génération lancé en première mondiale au Maroc. Ces dispositifs s’appuient sur le réseau 5G récemment lancé et répondent aux usages numériques croissants dans le pays.

Les forfaits Yo Max 5G permettent aux abonnés de composer eux‑mêmes leur expérience digitale, en choisissant les services adaptés à leurs besoins : streaming vidéo et musical, gaming ou e‑learning. Disponibles sur six formules allant de 99 à 649 dirhams (environ 11 à 71 USD), elles offrent jusqu’à 160 Go de data ou une connexion illimitée, avec la possibilité d’accéder aux services depuis l’application Maxit, qui centralise le pilotage du forfait.

La Livebox 7, quant à elle, inaugure l’utilisation du Wi‑Fi 7 dans un routeur grand public et introduit le système d’exploitation prplOS, qui permet d’installer directement des applications sur la box, telles qu’un VPN intégré et un contrôle parental. Équipée de dix antennes intelligentes, elle assure un débit stable dans l’ensemble du foyer et offre aux développeurs locaux la possibilité de créer des applications adaptées au marché marocain, contribuant ainsi à enrichir l’écosystème Nova Box.

Ces innovations s’inscrivent dans la stratégie d’Orange Maroc de soutenir la transformation digitale du royaume et de proposer des services connectés adaptés aux évolutions des usages, notamment la multiplication des écrans dans les foyers, l’e‑learning, le streaming et le gaming. Elles interviennent dans un contexte où la pénétration numérique au Maroc est déjà élevée. Selon Datareportal, à la fin de 2025, le pays comptait près de 57,1 millions de connexions mobiles, soit environ 148 % de la population, et plus de 35 millions d’internautes, avec un taux de pénétration dépassant 92 %, ce qui traduit l’usage intensif des téléphones mobiles et la multiplication des cartes SIM par foyer et par individu.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 26 février 2026 11:54 Written by

En Tunisie, les greentech figurent parmi les segments les moins financés de l’écosystème start‑up, bien qu’elles jouent un rôle clé dans la transition écologique. Dans un contexte marqué par des levées de fonds limitées en 2025, un nouveau mécanisme public cible leur passage à l’échelle et l’accès au marché.

La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) a annoncé, mardi 24 février, le lancement de la première cohorte du programme MAIR (Market Access for Impact and Resilience), un mécanisme de financement destiné aux start‑up et aux PME greentech en phase de commercialisation. Le dispositif vise à soutenir le passage à l’échelle industrielle, faciliter l’accès aux marchés initiaux et consolider les revenus des entreprises bénéficiaires.

L’outil cible en priorité les segments liés à la transition écologique, notamment les énergies renouvelables, la mobilité durable, l’éco‑construction, la gestion des déchets, l’agriculture durable, les technologies de l’eau, l’efficacité énergétique et la biodiversité. En intervenant à un stade où les besoins en financement augmentent pour l’industrialisation et la commercialisation, MAIR entend combler le déficit structurel d’accompagnement entre l’amorçage et la commercialisation.

MAIR est déployé dans le cadre de l’initiative « GreenTECH », portée par Smart Capital et intégrée au projet Greenov’i. Celui‑ci est financé par l’Union européenne à travers le programme « Tunisie Verte & Durable », mis en œuvre par Expertise France en collaboration avec le Centre International des Technologies de l’Environnement de Tunis, le ministère de l’Environnement et le ministère de l’Économie et de la Planification.

L’instrument s’insère dans une architecture de financement structurée comprenant également VAIR (Venture Acceleration for Impact and Resilience), qui soutient les start‑up en phase d’idéation dans le développement de leurs preuves de concept. L’ensemble du programme prévoit de financer 32 start‑up en phase amont et d’accompagner 10 start‑up et PME dans leur accès au marché, avec un objectif d’environ 300 emplois directs dans les filières de la transition écologique.

Ce lancement intervient dans un contexte de financement encore limité pour l’écosystème entrepreneurial tunisien. Selon le rapport annuel de Wamda, les start‑up tunisiennes ont levé 6,6 millions de dollars en 2025 à travers 13 opérations, un niveau inférieur aux niveaux observés dans plusieurs marchés de la région Moyen‑Orient et Afrique du Nord. Dans ce contexte, les mécanismes publics et les instruments dédiés à l’innovation à impact apparaissent comme des leviers structurants pour les jeunes entreprises en phase de croissance.

En ciblant les segments industriels liés à la transition écologique et en intervenant à un stade avancé du cycle de développement des entreprises, MAIR vise à renforcer la capacité des start‑up tunisiennes à transformer leurs innovations en offres commercialisées et à s’insérer durablement sur les marchés.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 26 février 2026 09:36 Written by

Comme partout dans le monde, le Kenya est confronté à une accélération des risques informatiques qui accompagne sa transformation numérique. Le pays redouble d’efforts pour protéger son cyberespace, qui a été exposé à plus de 10 milliards de menaces informatiques en 2025, selon les autorités.

Le gouvernement kényan explore une coopération dans le domaine de la cybersécurité avec la société roumaine Safetech Innovations. William Kabogo Gitau, ministre de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique, a reçu une délégation de l’entreprise basée à Bucarest, accompagnée de l’ambassadrice de Roumanie au Kenya, Gentiana Serbu.

Mardi 24 février, un communiqué du ministre publié sur X précise : « notre discussion a porté sur la cybersécurité en tant que priorité critique pour le Kenya, notamment alors que nous accélérons la numérisation au sein du gouvernement. Nous avons débattu de la protection des infrastructures critiques, du renforcement des capacités institutionnelles et de la nécessité de construire des cadres de résilience cybernétique solides et durables ».

Le ministre a ajouté que la discussion a également porté sur la collaboration en matière de recherche et de développement, avec un accent particulier sur les partenariats avec les établissements d’enseignement supérieur kényans afin de promouvoir le transfert de connaissances et l’échange d’expériences.

Selon M. Kabogo, ce rapprochement s’inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale entre le Kenya et la Roumanie, régie par un protocole d’entente existant, qui favorise la collaboration dans des secteurs clés tels que les TIC et l’innovation. Il intervient environ un mois après le lancement du projet Kenya Cyber Resilience (KCR), mené en partenariat avec l’Union européenne et destiné à renforcer la sécurité, la résilience et la fiabilité d’un écosystème numérique national en pleine expansion. Son coût total est estimé à environ 454 millions de shillings kényans (≈ 3,5 millions USD). Le pays s’est également rapproché des États‑Unis, de l’ONU et de la société technologique chinoise Huawei.

Outre les efforts de coopération régionale et internationale, le pays renforce également ses capacités nationales. Ainsi, le projet de création d’une Agence nationale de cybersécurité (NCSA) est en cours afin de compléter les institutions existantes. Sur le plan réglementaire, le Kenya dispose d’une loi sur la protection des données, du Computer Misuse and Cybercrimes Act, ainsi que d’une stratégie nationale de cybersécurité pour la période 2022–2027.

Ces efforts interviennent dans un contexte où les autorités reconnaissent que l’ampleur et la rapidité de la transformation numérique du Kenya ont accru son exposition à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées. D’après les données de la Communications Authority (CA), 12,5 milliards d’incidents ou tentatives de cyberattaques ont été détectés en 2025, soit une hausse de 247 % par rapport à 2024.

Pour rappel, dans son Indice mondial de cybersécurité 2024, l’Union internationale des télécommunications (UIT) a classé le Kenya 21ᵉ au niveau mondial et 3ᵉ en Afrique. Le pays a obtenu les scores maximaux en matière de coopération, de développement des capacités et de mesures organisationnelles. Des efforts restent toutefois nécessaires pour renforcer le cadre réglementaire et les mesures techniques.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 25 février 2026 14:46 Written by

Face aux enjeux du marché de l’emploi et à la demande croissante de compétences numériques, l’Ouganda mise sur la formation et l’entrepreneuriat technologique pour renforcer l’inclusion, stimuler l’innovation locale et préparer les jeunes aux métiers de demain.

Le ministère ougandais des TIC et de l’Orientation nationale a annoncé, jeudi 19 février, la signature d’un partenariat avec Spotlight on Africa, et Algorithmic Partners. L’accord prévoit la création d’un pôle d’innovation en TIC à Mbale, destiné à renforcer les compétences numériques des jeunes Ougandais et à soutenir l’entrepreneuriat technologique local.

Selon les autorités, cette initiative marque le passage de l’intention à l’exécution dans la politique publique de développement numérique. Elle s’appuie sur une collaboration public‑privé visant à élargir l’accès aux compétences recherchées sur le marché, à stimuler l’innovation locale et à favoriser l’autonomisation économique, notamment des femmes. Le futur centre proposera des formations allant des compétences de base en littératie numérique aux compétences avancées telles que le codage, l’intelligence artificielle et la blockchain.

Le dispositif intègre également un système de certification numérique basé sur la blockchain, conçu pour sécuriser la vérification des qualifications et réduire la fraude documentaire. En renforçant la confiance entre institutions de formation, employeurs et diplômés, l’outil devrait améliorer la transparence du marché du travail numérique et soutenir l’émergence d’un écosystème d’innovation structuré autour des compétences.

Au‑delà de la formation, le projet vise à élargir l’accès aux services publics numériques dans les zones mal desservies et à dynamiser les écosystèmes locaux d’innovation. Il s’inscrit dans la feuille de route nationale qui accorde une place centrale aux infrastructures numériques, aux compétences, à la cybersécurité et à la protection des données, avec l’objectif de bâtir une économie numérique inclusive et génératrice d’emplois.

Des programmes tels que le laboratoire informatique mobile DigiTrack ont déjà formé plus de 11 000 personnes à l’échelle nationale au cours des deux derniers trimestres, y compris des jeunes ayant des besoins spécifiques, en apportant directement les compétences numériques dans les communautés. Il complète également la stratégie nationale d’externalisation des processus d’affaires de l’Ouganda, qui vise à connecter les jeunes professionnels anglophones aux marchés mondiaux.

Cette initiative prend également tout son sens dans un contexte continental. Selon la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC), d’ici 2030, environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques. La transformation numérique du marché du travail, accélérée par la quatrième révolution industrielle, crée une demande massive de talents qualifiés. Des centres comme celui de Mbale apparaissent ainsi comme des réponses concrètes à ce besoin, en formant les jeunes aux métiers de demain et en soutenant l’inclusion économique et sociale à grande échelle.

Samira Njoya

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Posted On mercredi, 25 février 2026 14:16 Written by

Le lancement de nouvelles plateformes vise à moderniser la gestion académique, améliorer les services aux étudiants et soutenir l’innovation, dans un contexte de transition vers une université plus connectée et productive.

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari (photo), a procédé mardi 24 février à Alger au lancement de quatre nouvelles plateformes numériques, portant à 73 le nombre total de services numériques intégrés au système d’information du secteur.

S’exprimant à l’occasion de cette cérémonie, Kamel Baddari a souligné que ce renforcement du paysage digital est le fruit des efforts conjoints des établissements universitaires, des centres de données et des laboratoires de recherche du pays. Il a insisté sur le fait que ces plateformes numériques « illustrent le haut niveau de numérisation atteint par le secteur dans ses activités d’enseignement, de recherche, de gouvernance et de services à la communauté universitaire ».

Les quatre nouvelles plateformes couvrent des domaines stratégiques et sociaux. Le Registre numérique des filières universitaires vise une meilleure gestion des filières économiques des universités et à valoriser les résultats de la recherche scientifique en projets à forte valeur ajoutée économique et sociale. Le Réseau universitaire des incubateurs et centres de développement de l’entrepreneuriat (AUNEI) cherche à consolider l’écosystème d’innovation et à accompagner les étudiants et chercheurs dans la création de start-up. Une plateforme de consultations psychologiques en ligne est destinée à promouvoir la santé mentale en milieu universitaire, et la plateforme de réservation de repas intégrée à l’application mobile destinée aux étudiants modernise les services de restauration.

Ce lancement s’inscrit dans un contexte de digitalisation progressive du secteur, marqué notamment par une série d’outils déjà déployés ces dernières années, tels que les systèmes de gestion électronique des diplômes, les portails de suivi des recherches scientifiques ou encore les modules de gestion administrative dématérialisée. L’ensemble de ces services vise à réduire les délais bureaucratiques, à améliorer l’efficacité de la gouvernance et à rapprocher les universités de leurs partenaires socio-économiques.

Plus largement, cette dynamique s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique à l’horizon 2030. Deux piliers transversaux soutiennent cette stratégie : l’instauration d’un cadre juridique et réglementaire adapté, avec l’élaboration en cours d’un projet de loi sur la numérisation, et le renforcement de la cybersécurité, jugé essentiel pour protéger les données et les systèmes d’information face à des menaces cybernétiques de plus en plus sophistiquées.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 25 février 2026 08:38 Written by

Au Sénégal, 61 % de la population utilise Internet et plus de 84 % a accès à l’électricité. Les opérateurs télécoms et énergétiques veulent désormais améliorer la qualité des services et simplifier l’expérience des usagers.

Le Groupe Sonatel et la société nationale d’électricité Senelec ont annoncé le vendredi 20 février la signature d’un accord stratégique à Dakar destiné à accélérer la transformation numérique de leurs opérations et à améliorer la qualité des services énergétiques et télécoms. Le partenariat a été officialisé par les directeurs généraux des deux entreprises, Brelotte Ba (photo, à gauche) et Papa Toby Gueye (photo, à droite).

L’accord prévoit une convergence accrue entre les capacités opérationnelles des deux groupes afin d’optimiser leurs performances et renforcer la qualité de service. Il inclut également le développement de services numériques destinés aux usagers, notamment à travers l’amélioration continue de la relation client et le déploiement de solutions digitales visant à fluidifier l’accès aux services essentiels. Les deux entreprises entendent ainsi renforcer les synergies entre infrastructures énergétiques et réseaux de communication pour soutenir les ambitions nationales de transformation digitale.

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique nationale d’accélération de la transformation numérique et de modernisation des infrastructures stratégiques, où la convergence entre énergie et connectivité devient un levier structurant de performance économique. Selon DataReportal, le Sénégal comptait environ 11,3 millions d’utilisateurs d’Internet au début de 2025, soit un taux de pénétration de 60,6 % de la population. Dans le même temps, le taux d’accès à l’électricité a dépassé 84 % au niveau national, avec une couverture quasi généralisée en milieu urbain, selon la Banque mondiale.

Dans ce contexte d’extension simultanée des réseaux énergétiques et numériques, la coopération entre Sonatel et Senelec vise à améliorer la qualité et la fiabilité des services essentiels pour les usagers. La progression rapide des usages numériques, notamment les services financiers mobiles, les plateformes administratives en ligne et les solutions connectées, renforce en effet l’interdépendance entre infrastructures énergétiques performantes et réseaux télécoms robustes.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Posted On mardi, 24 février 2026 13:47 Written by

Alors que la transformation numérique s’accélère en Afrique, Madagascar renforce ses efforts pour former sa jeunesse. Selon la Banque mondiale, près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.

Le Centre National de Télé-enseignement et de l’Enseignement à Distance (CNTEMAD) devient une Université Virtuelle Publique. Le projet a été lancé officiellement le 20 février à Antananarivo. Soutenue par la Banque mondiale via le programme DECIM, l’initiative vise à élargir l’accès à l’enseignement supérieur grâce au numérique et à renforcer les compétences du capital humain malgache.

La nouvelle université numérique repose sur une plateforme développée en partenariat avec SAYNA, permettant de gérer tout le parcours étudiant à distance, de l’inscription aux examens jusqu’aux soutenances. L’objectif est de répondre à une demande croissante de formation universitaire, particulièrement dans les zones reculées, tout en réduisant les coûts logistiques et en modernisant les pratiques pédagogiques. Le financement alloué à ce projet s’élève à 3 millions de dollars, et l’UVP ambitionne d’accueillir jusqu’à 49 000 apprenants par an d’ici 2029, avec 10 000 diplômés supplémentaires chaque année.

Cette transformation s’inscrit dans la stratégie nationale de développement du capital humain et de transformation numérique à Madagascar. Dans un pays où plus de 40 % des jeunes âgés de 18 à 35 ans étaient au chômage en 2024, selon Afrobarometer, l’accès à des formations adaptées aux besoins du marché devient un levier stratégique pour améliorer l’employabilité. Les obstacles identifiés – manque de formation ou de préparation (30 %), manque d’expérience (27 %) et inadéquation entre les qualifications scolaires et les besoins des employeurs (16 %) – soulignent l’importance de solutions éducatives innovantes et inclusives.

En parallèle, le projet UVP prévoit la modernisation des infrastructures techniques et l’extension du dispositif à 16 centres régionaux équipés de solutions solaires autonomes, garantissant la continuité des activités même dans les zones à faible connexion électrique. Cette initiative complète les programmes nationaux de formation numérique, tels qu’ASAN’AI ou Skills4Job, qui visent à former des jeunes aux compétences recherchées sur le marché, notamment dans les métiers du digital et de la relation client.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Madagascar Subventionne 664 000 appareils connectés pour soutenir l’inclusion numérique 

Posted On mardi, 24 février 2026 13:45 Written by

En Afrique, investir dans la transition verte est désormais une priorité pour stimuler l’innovation et renforcer l’inclusion numérique. Les start-up qui développent des solutions durables occupent une place centrale face aux défis énergétiques et environnementaux du continent.

L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA) a annoncé le dimanche 23 février le lancement d’un Fonds d’innovation destiné aux petites entreprises et start-up utilisant les technologies mobiles pour favoriser la transition énergétique propre et l’inclusion numérique. L’initiative cible l’Afrique, l’Amérique centrale et du Sud, ainsi que l’Asie du Sud et du Sud-Est, et prévoit des subventions comprises entre 100 000 £ et 200 000 £ (soit 135 000 à 270 000 dollars) sur une période de 15 à 18 mois.

« Nous investissons dans des entreprises qui utilisent la technologie mobile pour renforcer l’inclusion numérique et soutenir une transition énergétique durable, tout en proposant des solutions circulaires qui prolongent la durée de vie des appareils et rendent la connectivité plus abordable pour les communautés mal desservies », a déclaré Philippe Bellordre, responsable par intérim du Mobile for Development à la GSMA.

Les entreprises éligibles doivent être légalement enregistrées dans l’une des zones ciblées, employer jusqu’à 250 personnes et démontrer un chiffre d’affaires ainsi qu’une base d’utilisateurs actifs. Le Fonds exige également une contribution financière de contrepartie d’au moins 25 % du coût du projet. Il soutient des solutions combinant impact environnemental et viabilité commerciale, telles que la réparation, la rénovation et la réutilisation des appareils mobiles, les programmes de reprise et d’échange, ainsi que la collecte et le recyclage responsables des déchets électroniques.

Les start-up soutenues par le Fonds proposent des solutions qui prolongent la durée de vie des appareils et réduisent les déchets électroniques. Ces initiatives visent à rendre la connectivité plus accessible aux populations mal desservies et à renforcer l’inclusion socio-économique. Les candidats retenus bénéficieront également d’un suivi régulier, d’un accompagnement pour l’évaluation et l’apprentissage, ainsi que d’une visibilité accrue via les publications et plateformes GSMA.

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 6 avril 2026 à 23h59 (heure du Royaume-Uni). Les entreprises intéressées peuvent postuler directement via le lien : https://gsma-innovation.fluxx.io/user_sessions/new

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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 Côte d’Ivoire : numérisation des exonérations pour les équipements d’énergies renouvelables

Posted On mardi, 24 février 2026 09:04 Written by

Le gouvernement malgache mise sur le numérique comme levier de développement socio‑économique. Parmi ses priorités figure la digitalisation des services publics, destinée à rapprocher l’administration des citoyens. Pourtant, une large part de la population demeure exclue du numérique.

Les autorités de Madagascar ont officiellement lancé, le samedi 21 février, un programme national de vente de 664 000 équipements numériques subventionnés, dont 400 000 destinés aux femmes et aux filles. Cette initiative vise à élargir l’accès aux terminaux numériques et à réduire la fracture numérique, notamment au profit des femmes et des jeunes, tout en renforçant durablement l’inclusion numérique dans le pays.

La mise en œuvre du programme repose sur un réseau de neuf distributeurs officiels contractualisés, afin d’assurer la transparence du processus, l’accessibilité des équipements et une couverture nationale progressive, y compris dans les zones rurales. Le programme s’inscrit dans la sous‑composante « Équipements numériques abordables » du Fonds DECIM (Digital and Energy Connectivity for Inclusion in Madagascar), doté d’une enveloppe de 24 millions de dollars.

Dévoilé dès avril 2025, ce programme s’inscrit dans la stratégie globale des autorités malgaches pour soutenir le développement socio‑économique par le numérique. Cette stratégie est encadrée par le Plan stratégique quinquennal du numérique (PSN) 2023‑2028, qui trace une feuille de route visant à positionner Madagascar comme un acteur majeur de l’économie numérique en Afrique. Le plan met l’accent sur le développement des télécommunications, l’e‑gouvernement et l’inclusion numérique. Les autorités tablent notamment sur une contribution du secteur numérique de 6 % au PIB d’ici 2028, contre 1,5 % en 2019.

Cependant, la fracture numérique demeure prononcée à Madagascar. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), seulement 18,7 % de la population (estimée à 32,9 millions par la Banque mondiale) utilisait Internet en 2024, tandis que 44,4 % possédaient des téléphones mobiles, sans distinction de type d’appareil. L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA) souligne que l’accessibilité financière des smartphones reste un obstacle majeur à l’adoption d’Internet, même dans les zones déjà couvertes par le réseau, malgré des appareils désormais proposés à moins de 100 dollars.

Il convient également de rappeler que cette initiative reste marginale par rapport à la population encore exclue du numérique. De plus, les autorités malgaches n’ont pas encore annoncé de phases ultérieures ni de calendrier précis.

L’accès aux smartphones ne garantit pas à lui seul l’adoption et l’utilisation des services numériques. D’autres facteurs limitent l’inclusion numérique, notamment la couverture des réseaux télécoms. Selon l’UIT, les réseaux 2G et 3G couvraient respectivement 88,5 % et 69,2 % de la population fin 2023. La 4G atteignait 34,6 % en 2024, tandis que la 5G ne couvrait que 6,12 %. S’ajoutent à cela le coût des offres Internet, le niveau des compétences numériques, les préoccupations en matière de sécurité, la qualité de l’expérience de connectivité et le manque de pertinence perçue des services numériques pour certaines populations. 

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 23 février 2026 11:48 Written by
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