Présentée comme une solution au déficit de financement des travailleurs de l’économie des plateformes en Afrique, GoCab cherche à accélérer son passage à l’échelle. La fintech s’appuie sur cette nouvelle levée de fonds pour renforcer son modèle de mobilité inclusive et électrique.
Dans un communiqué publié le mardi 3 février, la fintech GoCab, spécialisée dans la mobilité et le financement de véhicules, a annoncé la clôture d’un tour de table de 45 millions de dollars. L’opération comprend 15 millions de dollars en fonds propres et 30 millions de dollars en dette, et vise à accélérer le déploiement de solutions de mobilité électrique et inclusive sur plusieurs marchés africains.
Menée par E3 Capital et Janngo Capital, la levée de fonds a également réuni KawiSafi Ventures et Cur8 Capital. Selon l’entreprise, les ressources mobilisées serviront à renforcer ses activités sur ses marchés actuels, à s’implanter dans de nouvelles villes à forte croissance et à augmenter la part de véhicules électriques au sein de sa flotte. GoCab prévoit par ailleurs de déployer des outils basés sur l’intelligence artificielle pour le scoring, l’optimisation de flotte et la gestion des risques.
« En Afrique, des millions de personnes restent exclues à la fois de la mobilité et du financement. Ce tour de table nous permet de changer d’échelle tout en élargissant l’accès à un financement éthique et en accélérant la transition vers la mobilité électrique », souligne Azamat Sultan, cofondateur et président exécutif de GoCab.
Fondée en 2024 par Azamat Sultan et Hendrick Ketchemen, deux anciens professionnels de la banque d’investissement spécialisés en finance structurée et en marchés émergents, GoCab s’est donné pour objectif de répondre à l’accès limité au financement et à la propriété de véhicules pour les travailleurs de l’économie des plateformes. L’entreprise propose un modèle permettant aux chauffeurs et livreurs de générer des revenus réguliers tout en accédant progressivement à la propriété de leur véhicule.
Après 18 mois d’activité, GoCab est présente sur cinq marchés africains et revendique plus de 17 millions de dollars de revenus annuels récurrents. L’entreprise emploie aujourd’hui plus de 120 personnes issues de 18 nationalités. Elle accompagne plusieurs milliers de chauffeurs et entend contribuer à la structuration de systèmes de mobilité urbaine plus durables.
Dans un contexte où l’Afrique compte une population croissante de travailleurs de l’économie des plateformes, encore largement exclue des systèmes financiers traditionnels, GoCab ambitionne de s’imposer comme un acteur clé de la mobilité durable. À moyen terme, l’entreprise vise le déploiement de 10 000 véhicules opérationnels et l’atteinte de 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents, en s’appuyant sur un modèle combinant financement éthique, technologie et transition énergétique.
Samira Njoya
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Les compétences numériques sont considérées comme un socle de la transformation numérique. Par exemple, il est estimé à environ 230 millions le nombre d’emplois qui nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.
La South African Broadcasting Corporation (SABC), le radiodiffuseur public sud‑africain, s’est associée à Microsoft South Africa pour former les citoyens aux compétences numériques et à l’intelligence artificielle (IA). Les contenus de formation seront diffusés via SABC Plus, une plateforme de streaming gratuite qui revendique plus de 1,9 million d’utilisateurs enregistrés.
« L’IA peut être un puissant vecteur d’opportunités. En nous associant à la SABC, nous visons à intégrer les compétences numériques et en IA dans le quotidien de millions de Sud‑Africains. Cette initiative permet aux apprenants, aux enseignants et aux demandeurs d’emploi d’accéder à des parcours pratiques et certifiés qui les préparent à la main‑d’œuvre de demain. Démocratiser les compétences en IA n’est pas seulement un objectif, c’est notre responsabilité pour façonner une économie numérique plus inclusive », a déclaré Tiara Pathon, directrice des compétences IA pour Microsoft Elevate en Afrique du Sud.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Microsoft Elevate, qui vise à doter les individus et les organisations des compétences et outils nécessaires pour prospérer dans une économie axée sur l’IA. Elle prolonge également l’AI Skills Initiative, lancée en 2025, par laquelle Microsoft s’était engagé à former un million de Sud‑Africains d’ici 2026. À ce jour, le groupe indique avoir touché 4 millions d’apprenants, formé 1,4 million de personnes et délivré des certifications à près de 500 000 citoyens, illustrant l’ampleur de l’impact déjà enregistré.
Le programme intervient dans un contexte de transformation numérique marqué par une demande croissante en compétences numériques sur le marché du travail. Selon la Banque mondiale, 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques en Afrique subsaharienne d’ici 2030. Microsoft s’appuie également sur le Future of Jobs Report 2025 du Forum économique mondial, qui classe les compétences en IA et en données parmi les plus recherchées à l’horizon 2030. LinkedIn indique de son côté que les recrutements liés à l’IA ont progressé de 25 % sur un an, tandis que les offres d’emploi exigeant une maîtrise de l’IA ont augmenté de 70 %, bien au‑delà des seuls profils techniques.
En Afrique du Sud, le AI Diffusion Report de Microsoft montre que l’adoption de l’IA est passée de 19,3 % au premier semestre 2025 à 21,1 % au second, soit une hausse de 1,8 point. La plateforme de recrutement Pnet souligne par ailleurs que la demande en compétences liées à l’IA dans la nation arc‑en‑ciel a progressé de 352 % entre janvier 2019 et juillet 2025.
Cette initiative soulève toutefois des interrogations quant à son efficacité réelle. Sur les 1,9 million d’utilisateurs enregistrés sur SABC Plus, seulement 25 % sont actifs, ce qui limite mécaniquement la portée effective du programme. En outre, si l’accès à la plateforme est gratuit, son utilisation suppose une connexion Internet, encore inégalement accessible, notamment pour les populations vivant dans des zones mal couvertes ou disposant de moyens financiers limités. Enfin, les personnes ne disposant pas d’équipements numériques adaptés restent de facto exclues du dispositif.
Isaac K. Kassouwi
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Dans plusieurs pays africains, l’accès au financement demeure l’un des principaux obstacles à la concrétisation des projets entrepreneuriaux. Parmi les facteurs en cause figurent la faiblesse du montage des dossiers et la complexité des procédures.
Le Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo (Fogec) a lancé, le mardi 3 février à Kinshasa, une plateforme numérique dédiée à l’élaboration des plans d’affaires et à la dématérialisation du processus de soumission des dossiers de financement. Baptisée Bokeli, l’initiative s’inscrit dans les efforts des autorités congolaises pour améliorer l’accompagnement des porteurs de projets et renforcer l’accès des PME et des start‑up au crédit.
Accessible via l’adresse https://bokeli.fogec.cd/, la plateforme permet aux entrepreneurs de structurer leurs projets à travers des outils numériques dédiés à la conception de business plans, à la préparation des dossiers financiers et à leur transmission aux structures concernées. Elle vise notamment à standardiser les informations requises par les institutions financières et à réduire les contraintes administratives qui freinent l’instruction des demandes de financement.
À travers ce dispositif, le Fogec entend répondre à l’un des principaux obstacles identifiés dans l’écosystème entrepreneurial congolais : la difficulté pour de nombreux porteurs de projets à présenter des dossiers techniquement solides et conformes aux exigences des banques et des mécanismes de garantie. L’institution rappelle que sa mission consiste à faciliter l’accès au financement des PME, des start‑up et des artisans, en apportant des garanties aux projets jugés viables, dans un contexte où l’insuffisance de garanties reste un frein majeur au crédit bancaire.
Cette initiative intervient dans un environnement marqué par une montée progressive de l’entrepreneuriat, portée notamment par une population jeune de plus en plus engagée dans la création d’activités économiques. Toutefois, le dynamisme entrepreneurial peine encore à se traduire par des financements structurés. Selon les données de Partech Africa, qui recense les opérations de levées de fonds supérieures à 100 000 USD sur le continent, les start‑up de la RDC ont levé 2 millions USD en 2024, après 1 million USD en 2023, des montants qui restent modestes au regard du potentiel du marché congolais. Du côté du Fogec, en cinq années d’existence, l’institution revendique l’accompagnement de près de 300 projets pour un montant global avoisinant 3,2 millions USD.
Dans ce contexte, les difficultés liées à la formalisation des projets, à la qualité des plans d’affaires et à la complexité des procédures figurent parmi les facteurs régulièrement cités par les acteurs du secteur financier. En mettant à disposition un outil numérique dédié à ces étapes clés, le Fogec cherche à renforcer la bancabilité des projets et à fluidifier l’interaction entre entrepreneurs, structures de garantie et institutions financières, dans l’objectif de soutenir plus efficacement le développement du tissu productif national.
Samira Njoya
Alors que les start‑up algériennes peinent encore à accéder à des financements privés structurés, les autorités boursières misent sur un levier inédit pour rapprocher l’écosystème entrepreneurial du marché financier.
Les start‑up labellisées peuvent lever des fonds à la Bourse d’Alger sans payer les frais d’introduction, grâce à un dispositif exceptionnel valable jusqu’en 2028. La mesure a été annoncée le dimanche 1ᵉʳ février par la Commission d’Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse (COSOB), en coordination avec la Société de Gestion de la Bourse des Valeurs (SGBV) et Algérie Clearing.
Le mécanisme cible les opérations réalisées via le compartiment « Croissance », un segment du marché des titres de capital destiné aux entreprises à fort potentiel. Les start‑up éligibles bénéficient d’une exonération totale des frais liés à l’obtention du visa sur les documents d’information, à l’admission à la cote, ainsi qu’à l’administration, la conservation et la gestion des titres.
Le dispositif s’applique aux levées de fonds plafonnées à 500 millions de dinars algériens (3,85 millions USD) et couvre toutes les opérations engagées entre 2026 et 2028. En supprimant ces coûts d’entrée, souvent dissuasifs pour les jeunes entreprises, les autorités cherchent à lever un frein majeur à l’accès au marché boursier comme source de financement alternatif. Le paysage entrepreneurial algérien compte aujourd’hui plus de 7800 start‑up enregistrées sur le portail officiel startup.dz, dont environ 2300 ont obtenu le label officiel « start‑up ».
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de soutien à l’entrepreneuriat et à l’innovation, présentés par les pouvoirs publics comme des leviers essentiels de diversification de l’économie nationale. Elle intervient dans un contexte où la Bourse d’Alger reste de taille modeste, avec seulement huit titres cotés à la fin du premier semestre 2025, incluant les récentes introductions de la Banque de Développement Local (BDL) et de la start‑up Moustachir.
À ce jour, Moustachir demeure la seule start‑up algérienne à avoir accédé à la cote. Introduite en 2024, l’entreprise avait fixé des objectifs ambitieux : un chiffre d’affaires supérieur à 55 millions de dinars en 2025, avec une trajectoire projetée au‑delà de 187 millions de dinars à l’horizon 2028. En moins de deux ans, la start‑up s’est déjà implantée sur plusieurs marchés du Moyen‑Orient, notamment à Oman et aux Émirats arabes unis.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les autorités poursuivent les efforts en faveur de la transformation numérique. L’exécutif a adopté en septembre 2025 un cadre légal pour la numérisation des services publics.
Le gouvernement gabonais veut mettre en place un cadre juridique pour l’archivage numérique dans le pays. L’initiative a fait l’objet d’un projet d’ordonnance adopté le jeudi 29 janvier, lors du Conseil des ministres.
Selon les autorités, l’initiative s’inscrit dans la politique nationale d’archivage et fixe les principes et règles applicables à la constitution, conservation, gestion et valorisation des documents électroniques et numériques. Elle encadre également l’activité des prestataires de services de dématérialisation et de conservation des archives électroniques.
Le ministère de l’Économie numérique explique que cette mesure permet notamment la création, conservation et sécurisation des documents administratifs sous forme numérique ; une meilleure organisation et protection des archives de l’État ; une régulation des prestataires de numérisation et de conservation.
Cette initiative s’inscrit dans les ambitions de transformation numérique du Gabon. Alors que les autorités veulent intégrer le numérique à tous les secteurs d’activité, l’archivage numérique est censé garantir plus d’efficacité, moins de pertes de données et plus de transparence, notamment dans l’administration publique.
Depuis juillet 2025, le gouvernement explore des solutions locales pour la gestion électronique des documents administratifs, s’étant rapproché d’entreprises comme CompanyViene et ST Digital. Début décembre, un atelier avait réuni les acteurs du secteur pour jeter les bases d’un système intégré et sécurisé d’archivage des actes judiciaires, afin d’améliorer leur traitement et leur accessibilité aux citoyens.
La digitalisation des archives pose toutefois plusieurs interrogations, notamment celles liées à la sécurité, dans un contexte de recrudescence des cyberattaques et de la cybercriminalité en Afrique. Le Gabon fait partie des pays les moins avancés en matière de cybersécurité, selon le Global Security Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT). L’organisation estime que le pays a mis en place un cadre légal favorable à la cybersécurité, ayant obtenu le score maximal (20/20) dans ce volet. Cependant, il présente des lacunes en ce qui concerne l’organisation, le développement des capacités, la coopération et les mesures techniques. Pour ce volet, le pays affiche un score de 0/20.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Selon la Banque mondiale, environ 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Cette évolution soutient la transformation numérique en cours sur le continent.
Le gouvernement capverdien a lancé, la semaine dernière, le programme « Skodji Digital » pour former jusqu’à 3000 jeunes aux compétences numériques. D’un coût de 400 000 euros (environ 477 000 dollars), cette initiative vise à permettre aux jeunes de participer à l’économie mondiale du travail indépendant « gig economy », d’accéder à des opportunités de travail à distance et de développer des micro‑entreprises numériques.
Dans sa première phase, le programme soutiendra directement 1050 participants, dont des jeunes résidant sur le territoire national et au sein de la diaspora. Les candidatures sont déjà ouvertes et le resteront jusqu’au 25 février, via une plateforme dédiée, tandis que la phase de formation, selon son type, aura une durée variable comprise entre deux et six mois.
« Skodji Digital prévoit une formation structurée en compétences numériques alignées sur la demande du marché mondial, un accès accompagné aux plateformes internationales d’emploi numérique et de travail indépendant, l’activation de carrières dans des secteurs numériques émergents ainsi que des parcours dédiés à l’entrepreneuriat numérique et à la création de micro‑initiatives entrepreneuriales », peut‑on lire dans un communiqué du gouvernement.
Cette démarche s’inscrit dans la stratégie numérique du Cap‑Vert, qui repose sur l’expansion des services numériques, l’attraction d’entreprises internationales, l’accueil de travailleurs à distance et l’investissement dans les compétences locales. Le pays s’est notamment rapproché du Portugal afin de devenir un vivier de talents numériques pour les entreprises portugaises. Les deux parties entendent renforcer leur coopération pour la mise en place d’une offre de formation alignée sur les besoins du marché et dans la création d’un environnement favorable à l’expérimentation de solutions technologiques.
Cette initiative du gouvernement capverdien constitue aussi un levier pour l’emploi. Le pays dispose d’une population d’environ 600 000 habitants, majoritairement jeune, selon la Banque africaine de développement (BAD). L’institution financière indique que le taux global de chômage est de 14,5 %. Chez les jeunes, il grimpe à 27,8 %, à raison de 33,4 % pour les femmes et 22,9 % pour les hommes.
Il convient toutefois de rappeler que le développement de la gig economy ainsi que le travail à distance nécessitent, entre autres, un accès de qualité à Internet. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), le taux de pénétration d’Internet dans le pays était de 73,5 % en 2023.
Isaac K. Kassouwi
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La République mauricienne fait partie des meilleurs élèves africains en matière d’IA. Selon le Government AI Readiness Index du cabinet britannique Oxford Insights, Maurice affichait en 2024 un score de 53,94 sur 100, se classant premier en Afrique subsaharienne.
Maurice intègre l’intelligence artificielle générative dans son système éducatif avec le lancement de mytGPT Education, un assistant pédagogique développé par Mauritius Telecom et le ministère de l’Éducation. L’outil, officiellement lancé le lundi 26 janvier, vise à moderniser les pratiques d’apprentissage et d’enseignement à l’échelle nationale.
« La mise en œuvre de mytGPT Education dans les écoles s’inscrit pleinement dans notre stratégie, dont l’objectif est de faire de l’intelligence artificielle un outil au service du progrès national, accessible à tous. À travers ce projet, chaque enfant à Maurice pourra disposer d’un accompagnateur pédagogique IA capable de soutenir son apprentissage », a déclaré Veemal Gungadin, CEO de Mauritius Telecom.
Concrètement, mytGPT Education repose sur des technologies d’IA générative conçues pour fournir un accompagnement pédagogique personnalisé aux élèves. La plateforme propose des explications adaptées au niveau de chaque apprenant, des exercices interactifs ainsi qu’un contenu sécurisé disponible en anglais, français et créole phonétique. Pour les enseignants, l’outil permet d’automatiser la production de quiz et de supports pédagogiques, tout en intégrant des fonctionnalités d’analyse des performances scolaires, susceptibles d’orienter plus finement les stratégies d’enseignement.
Le projet est déployé, dans un premier temps, sur une base pilote auprès des élèves des Grades 4, 7, 8 et 9, dans huit établissements scolaires, comprenant quatre écoles primaires et quatre collèges d’État répartis sur l’ensemble du territoire. Plus de 50 ressources pédagogiques, alignées sur le National Curriculum Framework, ont déjà été intégrées à la plateforme. En parallèle, des sessions de formation organisées entre décembre 2025 et janvier 2026 ont permis de sensibiliser les enseignants aux fondamentaux de l’intelligence artificielle, à l’usage de la plateforme et aux bonnes pratiques liées au prompt engineering.
À travers cette expérimentation, Maurice s’inscrit dans une tendance mondiale visant à explorer le potentiel de l’IA générative appliquée à l’éducation, un segment encore émergent dans les pays africains. Si le projet ouvre la voie à une personnalisation accrue des apprentissages et à une optimisation des ressources pédagogiques, son passage à l’échelle dépendra de plusieurs facteurs clés : la robustesse technologique de la plateforme, son intégration avec les systèmes éducatifs existants, la gouvernance des données scolaires et la capacité du système éducatif à accompagner durablement les enseignants dans l’appropriation de ces nouveaux outils numériques.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte de forte concurrence entre hubs africains du numérique, le royaume mise sur des partenariats ciblés pour consolider son attractivité auprès des acteurs internationaux de l’offshoring.
Le Maroc a procédé, le mardi 27 janvier à Rabat, à la signature de trois accords destinés à renforcer l’écosystème de l’offshoring numérique. Conclus en marge d’une rencontre dédiée au renouvellement de l’offre nationale du secteur, ces partenariats visent à soutenir la formation, l’attractivité territoriale et l’implantation de projets à forte valeur ajoutée.
Les conventions portent notamment sur le déploiement de la prime à la formation, conçue comme un levier d’adaptation des compétences aux besoins des entreprises du numérique. Elles prévoient également le développement des Tech Valleys Offshoring, à travers la création de pôles économiques spécialisés intégrant infrastructures technologiques, services mutualisés et espaces dédiés à l’accueil d’investissements nationaux et internationaux.
La signature de ces accords intervient dans un contexte de transformation accélérée du marché mondial de l’offshoring, marqué par la digitalisation des services, l’essor du cloud, de la data et de l’intelligence artificielle. Dans ce nouvel environnement, les destinations historiques sont désormais en concurrence avec des hubs émergents, notamment en Afrique. Le Maroc cherche ainsi à consolider son positionnement en misant sur une offre plus structurée, davantage orientée vers les métiers numériques et les services à forte valeur ajoutée.
L’offshoring s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux contributeurs aux exportations de services du royaume. À fin 2024, le secteur comptait près de 148 500 emplois et générait plus de 26,2 milliards de dirhams (≈2,8 milliards USD) de recettes à l’export. Cette dynamique s’accompagne d’une évolution progressive des activités, avec un recul des centres d’appels traditionnels au profit des services IT, de l’ingénierie et des fonctions digitales spécialisées. Les autorités marocaines visent, à l’horizon 2030, un doublement des performances du secteur, avec un objectif de 270 000 emplois et près de 40 milliards de dirhams d’exportations.
À travers ces partenariats, le gouvernement entend renforcer la compétitivité de l’offre « Made in Morocco » sur le marché mondial des services numériques. La montée en compétences des talents, la structuration de pôles territoriaux spécialisés et la visibilité offerte aux investisseurs constituent les principaux leviers attendus.
À terme, ces accords pourraient contribuer à attirer de nouveaux projets technologiques, soutenir l’emploi qualifié et renforcer la place du Maroc comme plateforme régionale de services numériques destinés aux marchés européen et africain.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le Nigeria se présente comme le seul pays d’Afrique de l’Ouest à disposer d’un satellite de communications opérationnel. Mais cette infrastructure approche progressivement de la fin de sa vie.
Les autorités nigérianes avancent vers leur objectif d’acquérir deux nouveaux satellites télécoms afin de renforcer l’infrastructure numérique nationale. Le président de la République, Bola Ahmed Tinubu, a approuvé l’initiative, selon le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Bosun Tijani, cité par la presse locale.
M. Tijani a fait cette annonce le mercredi 28 janvier à Abuja, lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la protection de la vie privée, par la Commission nigériane de protection des données.
Les deux nouveaux satellites sont destinés à remplacer le NigComSat‑1R, seul satellite de communications exploité par le Nigeria depuis décembre 2011. Celui‑ci avait été lancé pour succéder au NigComSat‑1, mis en orbite le 13 mai 2007 avec l’appui de la Chine, mais perdu peu après son lancement. Conçu pour une durée de vie de 15 ans, le NigComSat‑1R devait atteindre sa fin de vie en 2026. Le gouvernement a toutefois annoncé, en septembre 2025, la prolongation de son exploitation jusqu’en 2028.
Selon le ministre, l’acquisition de nouveaux satellites s’inscrit pleinement dans les ambitions de transformation numérique du Nigeria. Il a rappelé que le pays poursuit parallèlement le déploiement de 90 000 km de fibre optique, un projet déjà achevé à 60 %. La technologie numérique occupe une place centrale dans la stratégie du président Tinubu visant à bâtir une économie de 1000 milliards USD. Les satellites peuvent notamment contribuer à élargir l’accès aux TIC dans un pays où la GSMA estime à 120 millions le nombre de personnes non connectées à l’Internet mobile fin 2023, sur une population de 223,8 millions d’habitants.
Dès 2016, le gouvernement nigérian avait exprimé sa volonté de se doter de deux nouveaux satellites télécoms, évaluant le coût du projet à environ 500 millions USD. L’exécutif indiquait alors négocier un prêt avec la Banque d’export‑import de Chine (China Eximbank), sur le modèle du financement du premier satellite.
Toutefois, Jane Nkechi Egerton‑Idehen, directrice générale de Nigerian Communications Satellite Limited (NigComSat), expliquait dans une interview accordée à TechCabal en septembre 2025 que ce schéma n’est plus l’unique option. Selon elle, le processus est désormais ouvert, et plusieurs fournisseurs et investisseurs ont soumis des offres.
Au‑delà de la question financière, Mme Egerton‑Idehen souligne que le Nigeria cherche aussi à préserver ses créneaux orbitaux, c’est‑à‑dire les positions réservées à chaque pays pour le déploiement de satellites. Le NigComSat‑1R occupe actuellement l’un des trois créneaux attribués au Nigeria par l’Union internationale des télécommunications (UIT).
Isaac K. Kassouwi
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L’intelligence artificielle est annoncée comme un moteur de transformation mondiale, avec des retombées économiques colossales attendues. Les pays africains, conscients des opportunités, se mobilisent pour développer leurs stratégies nationales et s’assurer une place dans cette course à l’innovation digitale.
Djibouti a lancé un processus structuré visant à définir sa future Stratégie nationale de l’intelligence artificielle (IA), avec l’appui du système des Nations unies. Le ministère de l’Économie numérique et de l’Innovation a organisé la semaine dernière une phase diagnostique nationale, suivie d’un atelier multi‑acteurs, réunissant institutions publiques, experts nationaux, partenaires internationaux, jeunes innovateurs et représentants du secteur privé et de la société civile.
#Djibouti pose les bases de son avenir numérique✨
— United Nations | Djibouti (@UNDjibouti) January 27, 2026
L’élaboration de la Stratégie nationale de l’#IA par le @MENIDjib, avec l'appui de l'@UNESCO à travers la phase diagnostique RAM et de l'@UNESCWA, marque une étape clé pour une IA éthique, inclusive et souveraine, au service du…
Les autorités djiboutiennes entendent ainsi poser les bases d’un cadre stratégique orienté vers une intelligence artificielle responsable, inclusive et éthique. L’objectif est d’anticiper les usages de l’IA, d’en encadrer le développement et d’en maximiser les retombées économiques et sociales, tout en assurant la protection des citoyens et la souveraineté numérique du pays.
Les échanges ont permis d’identifier plusieurs axes structurants, notamment : le renforcement des compétences locales, le développement des infrastructures numériques, la gouvernance des données, l’innovation technologique et l’intégration progressive de l’IA dans les politiques publiques. Une attention particulière a également été accordée à l’employabilité des jeunes et à la réduction des inégalités numériques.
Les contributions recueillies au cours de cet exercice alimenteront la version finale de la stratégie, afin qu’elle soit à la fois techniquement robuste, politiquement portée et opérationnelle à court et moyen terme. L’enjeu pour Djibouti est de disposer d’un cadre clair permettant d’orienter les investissements, de structurer l’écosystème numérique et d’attirer les partenariats technologiques.
Cette future Stratégie nationale de l’intelligence artificielle s’inscrit pleinement dans la Vision Djibouti 2035, le Plan national de développement 2025–2030 ainsi que le Cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable. Elle s’inscrit également dans une tendance mondiale marquée par l’essor rapide de l’intelligence artificielle. Selon le rapport « Annual Global CEO Survey » du cabinet PwC, l’IA pourrait générer jusqu’à 15 700 milliards USD pour l’économie mondiale d’ici 2030, dont près de 1200 milliards USD pour l’Afrique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Engagé dans un vaste chantier de transformation numérique, le Gabon s’appuie sur la coopération internationale pour renforcer ses capacités. Le pays a récemment consolidé son partenariat avec les États‑Unis, notamment dans le domaine de la formation aux métiers du digital.
La société technologique américaine Cybastion et l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) ont officiellement lancé, le mardi 27 janvier, un programme national de formations gratuites dédié aux métiers du numérique et de la cybersécurité. L’initiative est destinée à 1000 jeunes Gabonais.
Présentant le programme Africa DigiEmpower, la directrice générale de Cybastion Gabon, Antonia Akouré‑Davain (photo), a mis en avant la nécessité de développer les compétences locales afin de soutenir la dynamique de transformation numérique engagée par le Gabon. Elle a indiqué que l’initiative entend à la fois accompagner la modernisation des infrastructures digitales du pays et permettre aux jeunes ainsi qu’aux femmes d’acquérir des compétences opérationnelles adaptées aux besoins du marché, dans l’objectif de renforcer leur employabilité aussi bien dans le secteur public que privé.
Le dispositif repose sur trois niveaux de formation, allant de l’initiation aux spécialisations techniques. Un premier niveau, accessible sans prérequis, permettra aux apprenants d’acquérir des compétences de base en informatique et en usage des outils numériques. Les niveaux avancés offriront quant à eux des parcours certifiants en réseaux, cybersécurité et technologies numériques, afin de répondre aux besoins croissants du secteur digital.
Ce programme s’inscrit dans le prolongement d’un partenariat signé en 2025 entre Cybastion et l’État gabonais, visant à accélérer le développement des infrastructures numériques et à doter la main‑d’œuvre du pays de compétences numériques de classe mondiale. Dans ce cadre, l’ANINF, partenaire clé du projet, accueillera les formations au sein de l’ANINF Academy, dans les locaux de la tour ANINF, et accompagnera les apprenants tout au long de leur parcours. L’agence a également indiqué que les profils les plus performants pourront être mobilisés dans ses projets de transformation numérique du pays.
Au‑delà du Gabon, cette initiative s’inscrit dans un enjeu stratégique continental. Selon la Banque mondiale, plus de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne devraient nécessiter des compétences numériques d’ici 2030, dans une région où près de 60 % de la population a moins de 25 ans. En misant sur la formation, le Gabon entend ainsi renforcer son capital humain, stimuler l’employabilité des jeunes, soutenir l’économie numérique et contribuer à l’émergence d’une Afrique plus compétitive dans l’économie digitale mondiale.
Samira Njoya
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De nombreux pays africains misent sur la transformation numérique pour soutenir leur développement socio‑économique. La cybersécurité est considérée comme une condition préalable pour tirer pleinement parti des TIC.
Le Parlement somalien a officiellement approuvé, le lundi 26 janvier, la loi sur la cybersécurité. Cette adoption vient renforcer le cadre réglementaire national, dans un contexte d’efforts accrus des autorités pour assurer la sécurité du cyberespace du pays.
𝐒𝐨𝐦𝐚𝐥𝐢𝐚’𝐬 𝐏𝐚𝐫𝐥𝐢𝐚𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐀𝐩𝐩𝐫𝐨𝐯𝐞𝐬 𝐭𝐡𝐞 𝐂𝐲𝐛𝐞𝐫𝐬𝐞𝐜𝐮𝐫𝐢𝐭𝐲 𝐋𝐚𝐰
— NCA Somalia (@SomaliaNCA) January 26, 2026
Mogadishu, Somalia – January 26, 2026 — The House of the People of the Federal Parliament of Somalia has today officially approved Somalia’s Cybersecurity Law, which aims to protect… pic.twitter.com/7XOgRDLp5A
Selon la National Communications Authority (NCA), le texte établit un cadre national de gestion de la cybersécurité. Il précise notamment les responsabilités du ministère des Communications, le rôle technique du régulateur télécoms, les obligations des opérateurs d’infrastructures critiques, ainsi que les mécanismes de prévention, de signalement et de réponse aux incidents cybernétiques.
Le texte prévoit également la création de l’équipe somalienne de réponse aux incidents informatiques (SOM‑CIRT), ainsi que la mise en place d’un comité de cybersécurité composé de neuf membres et d’un centre d’intervention d’urgence chargé de coordonner les réponses rapides aux incidents.
« La loi sur la cybersécurité devrait jouer un rôle clé dans le renforcement de la confiance numérique, le soutien à la croissance de l’économie numérique et l’intensification de la coopération entre les institutions publiques, le secteur privé et les partenaires internationaux », a indiqué le régulateur télécoms dans un communiqué.
En août 2025, le gouvernement somalien avait approuvé le projet de loi sur la cybercriminalité. En mars 2023, la loi sur la protection des données (Data Protection Act) entrait en vigueur. Celle‑ci a notamment conduit à la création de l’Agence de protection des données (ADP), chargée de veiller à son application.
Au‑delà du cadre réglementaire, la Somalie mise sur la coopération internationale pour assurer la protection de son cyberspace. Le pays a par exemple signé en août 2025 un protocole d’accord avec la Malaisie, considérée comme l’un des modèles mondiaux en matière de cybersécurité. En novembre 2024, le pays s’était déjà rapproché de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour renforcer sa capacité à lutter contre les crimes perpétrés sur Internet.
Ces efforts interviennent dans un contexte de recrudescence des cybermenaces. Dans son rapport « State of Cybersecurity in Somalia 2024 », Abdullahi Guled, consultant auprès du ministère des Communications, a indiqué que la Somalie a connu plusieurs incidents en 2024, même si une bonne partie n’a pas été rendue publique. Il s’agit notamment d’attaques par rançongiciel contre des institutions publiques et de tentatives d’hameçonnage visant le secteur financier. Par exemple, en novembre 2025, la plateforme e‑visa a été piratée, compromettant les données personnelles de plusieurs milliers de personnes.
Pour rappel, la Somalie a été classée au quatrième pallier (Tier 4) sur 5 dans le « Global Cybersecurity Index 2024 » de l’Union internationale des télécommunications (UIT), « témoignant d’un engagement de base en matière de cybersécurité ». Le pays doit toutefois intensifier ses efforts, notamment en matière de mesures techniques, légales et de développement des capacités. Il a enregistré un score global de 37,38 sur 100.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte de pressions financières croissantes, le Kenya mise sur le numérique pour automatiser ses paiements. L’idée est de renforcer la transparence, la rapidité et le contrôle, tout en modernisant ses systèmes de finances publiques.
Le Trésor national du Kenya a annoncé, le mardi 27 janvier, le lancement prochain d’un système numérique destiné à automatiser les paiements de la dette extérieure. L’information a été communiquée par le secrétaire principal du Trésor, Chris Kiptoo, à l’issue d’un briefing de l’équipe projet, en présence de représentants du Bureau du contrôleur du budget, du vérificateur général et de la Banque mondiale.
La plateforme devrait être opérationnelle à partir du lundi 2 février 2026, avec une période de fonctionnement parallèle d’un mois pour assurer une transition sécurisée.
Le système intégrera plusieurs dispositifs clés : le système de gestion de la dette Meridian, le système de taux de change de la Banque centrale du Kenya, ainsi que les processus de demande et d’approbation du Trésor public. Cette architecture vise à automatiser l’ensemble de la chaîne de paiement, de la génération des instructions à leur approbation et exécution, remplaçant ainsi les procédures manuelles par des flux de travail numériques sécurisés. Selon Chris Kiptoo, cette réforme devrait réduire les retards et les erreurs tout en améliorant la surveillance des obligations financières du pays.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la dette extérieure du Kenya représente près de la moitié de la dette publique totale. À la fin de 2025, la dette extérieure s’élevait à environ 5,5 milliards de shillings (42 milliards $), sur une dette publique totale dépassant les 11 000 milliards de shillings. L’importance de ces engagements rend cruciale la mise en place de mécanismes transparents et fiables pour le service de la dette, en particulier alors que Fitch souligne des besoins de financement croissants et la nécessité de gérer efficacement les emprunts extérieurs en 2026.
En modernisant la gestion des paiements de la dette, cette plateforme pourrait accélérer le traitement des transactions, renforcer la transparence et améliorer la traçabilité des fonds publics. Elle devrait également contribuer à une meilleure coordination entre les différents organismes gouvernementaux et à une supervision plus rigoureuse des obligations financières.
Toutefois, le passage à un système entièrement numérique soulève des défis en matière de cybersécurité, notamment la protection contre les intrusions, les fraudes et les défaillances techniques. La sécurisation des données sensibles et la résilience du système face aux cyberattaques seront déterminantes pour garantir la fiabilité et la continuité du paiement de la dette.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’utilisation d’Internet par les mineurs suscite un débat croissant à l’échelle mondiale. L’Afrique, elle aussi confrontée aux risques liés à l’exposition précoce aux réseaux sociaux, cherche à renforcer la protection des enfants en ligne. En Égypte, les autorités envisagent l’adoption d’un cadre législatif dédié.
Le Parlement égyptien a annoncé, le dimanche 25 janvier, son intention de rédiger une législation visant à réglementer l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants. L’information a été rendue publique dans un communiqué de la Chambre des représentants, qui indique que ce projet de loi ambitionne de limiter les effets négatifs du numérique sur les mineurs, notamment les risques psychologiques et comportementaux liés à une exposition précoce aux plateformes sociales.
Selon le texte, les députés entendent engager des consultations avec le gouvernement ainsi qu’avec des organismes spécialisés afin d’élaborer un cadre juridique adapté. Cette démarche vise à instaurer des mécanismes de contrôle de l’accès des enfants aux réseaux sociaux, tout en encadrant les pratiques des plateformes numériques opérant dans le pays.
Cette initiative intervient dans un contexte politique marqué par l’intervention du président Abdel‑Fattah el‑Sissi, qui a appelé, la veille, le gouvernement et les parlementaires à examiner la possibilité de restreindre l’usage des réseaux sociaux par les enfants, jusqu’à ce qu’ils atteignent un âge leur permettant de « gérer correctement » ces outils numériques. Les autorités égyptiennes rejoignent ainsi un débat mondial de plus en plus présent autour de la protection des mineurs dans l’espace numérique.
À l’échelle internationale, plusieurs pays ont déjà pris des mesures concrètes pour encadrer l’accès des jeunes aux plateformes sociales. En France, l’Assemblée nationale a récemment adopté en première lecture un texte visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’Australie a, pour sa part, adopté en décembre 2025 une loi pionnière interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, obligeant les plateformes à supprimer les comptes non conformes sous peine de lourdes amendes.
En Afrique, la protection de l’enfance en ligne demeure inégale. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), seuls 39 pays africains avaient, en 2024, adopté une stratégie nationale de protection des enfants en ligne. Dans le même temps, 32 % des États du continent étaient encore en phase d’élaboration, tandis que 41 % n’avaient engagé aucune démarche en ce sens. Cette situation contraste avec la croissance rapide des usages numériques, alors qu’un enfant dans le monde se connecte à Internet pour la première fois toutes les demi‑secondes, selon l’UIT.
Pour l’Égypte, l’adoption d’une telle législation pourrait renforcer la protection des mineurs face aux risques liés au numérique, notamment le cyberharcèlement, l’exposition à des contenus inadaptés ou les pressions sociales générées par l’usage intensif des écrans. Le chantier reste cependant complexe. La députée Amira El‑Adly a récemment souligné le manque de données officielles fiables sur l’utilisation d’Internet par les enfants dans le pays, ainsi que sur les impacts psychologiques ou comportementaux associés. Une lacune qui pourrait compliquer l’élaboration d’un cadre juridique à la fois efficace, équilibré et applicable.
Samira Njoya
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