La Mauritanie accélère ses efforts de transformation numérique pour soutenir le développement socio‑économique. Dans le secteur public, par exemple, le gouvernement a déjà digitalisé plusieurs dizaines de services afin de rapprocher l’administration des populations.
Les autorités mauritaniennes négocient un financement de 50 millions de dollars avec la Banque islamique de développement (BID) pour soutenir la transformation numérique du pays. Les deux parties ont signé à cet effet un accord de principe le mardi 14 avril.
Ce programme de soutien vise la mise en œuvre de quatre projets principaux : le développement des infrastructures et des équipements numériques, le renforcement de la cybersécurité, le soutien à l’interopérabilité et la modernisation des systèmes numériques, le développement des compétences numériques et de la connectivité, ainsi que la promotion de l’innovation et des start‑up.
En janvier 2025, le gouvernement mauritanien a lancé le projet Digital‑Y, financé à hauteur de 4 millions d’euros et réalisé en partenariat avec la coopération allemande. Ce projet vise à intégrer les outils numériques dans la gestion publique afin de moderniser les services, renforcer la transparence administrative et stimuler le développement économique et social.
La Mauritanie collabore aussi avec la Banque mondiale et l’Union européenne. Cette dernière accompagne plusieurs initiatives, dont la construction d’un centre de données à Nouakchott et la liaison du pays à un nouveau câble sous‑marin en fibre optique. La Banque européenne d’investissement (BEI) finance ce projet à hauteur de 25 millions d’euros (29,4 millions de dollars), tandis que la Banque mondiale apporte 10 millions d’euros.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des ambitions des autorités mauritaniennes de « faire du numérique et de l’innovation un levier clé de modernisation de l’administration, d’inclusion sociale et de renforcement de la compétitivité ». Dans sa stratégie 2022–2025, le pays visait à l’horizon 2025 une valeur ajoutée du numérique de 700 millions de dollars, soit 8 % du produit intérieur brut (PIB), contre 350 millions de dollars et 4,5 % du PIB en 2020. Le gouvernement visait également 15 000 emplois directs et indirects créés grâce au numérique, contre 5 000 en 2020.
Pour le moment, la Mauritanie occupe la 165e position sur 193 à l’indice de développement de l’e‑gouvernement établi par les Nations Unies en 2024. Son score de 0,3491 reste inférieur aux moyennes continentale (0,4247) et mondiale (0,6382), traduisant des défis persistants en matière de numérisation des services publics. En matière de cybersécurité, le pays s’est classé au quatrième et avant‑dernier palier (Tier 4) à l’Indice global de cybersécurité 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), avec des lacunes dans les volets organisationnels, techniques, de développement des capacités et de coopération.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte de transformation numérique accélérée en Afrique, l’Ouganda multiplie les initiatives pour améliorer l’accès à Internet. Le déploiement d’un point d’échange national vise à rendre la connectivité plus efficace et plus abordable pour les utilisateurs.
L’Autorité nationale des technologies de l’information (NITA‑U), en collaboration avec le ministère des TIC et de l’Orientation nationale, a annoncé le lundi 14 avril le déploiement imminent du National IP Peering Exchange (NIPX). Ce premier point d’échange Internet vise à structurer l’acheminement du trafic numérique local et à renforcer l’efficacité de l’écosystème Internet ougandais.
@NITAUganda1 in collaboration with @MoICT_Ug have officially announced the launch of the National IP Peering Exchange (NIPX) scheduled to take place this Friday, 17th April, at Speke Resort Munyonyo.
— NITA-Uganda (@NITAUganda1) April 15, 2026
As Uganda’s first neutral and open Internet Exchange Point (IXP), the NIPX… pic.twitter.com/aLH7YgzImJ
S’adressant aux journalistes lors de la présentation, le ministre d’État chargé de l’Orientation nationale, Kabbyanga Godfrey Baluku, a souligné la portée stratégique de cette infrastructure. Selon lui, le NIPX permettra de positionner l’Ouganda comme un centre TIC compétitif et attractif en Afrique de l’Est et au‑delà. Il a également indiqué que cette infrastructure devrait favoriser l’investissement, stimuler l’innovation, encourager la production de contenus et de services numériques locaux, tout en créant de nouvelles opportunités économiques pour les jeunes et les entrepreneurs.
Prévu pour être officiellement lancé le vendredi 17 avril, le NIPX est conçu comme un hub d’interconnexion national permettant aux fournisseurs d’accès à Internet, aux fournisseurs de contenus, aux réseaux publics et aux acteurs privés d’échanger directement le trafic local à l’intérieur du pays. Jusqu’ici, une part importante du trafic Internet domestique transitait par des infrastructures situées à l’étranger avant de revenir sur le territoire, une configuration considérée comme coûteuse et inefficiente. Le nouveau dispositif vise ainsi à internaliser ces échanges afin de réduire les coûts et d’améliorer la performance globale du réseau.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la Vision Uganda 2040, qui place la transformation numérique, la science et l’innovation au cœur de la stratégie de développement économique du pays. Il traduit également la volonté des autorités de renforcer la souveraineté numérique, de moderniser le secteur des TIC et de consolider l’attractivité du pays pour les investissements dans l’économie digitale.
Selon les autorités, le NIPX devrait contribuer à réduire les coûts de connectivité internationale, à améliorer la vitesse et la qualité des services numériques, ainsi qu’à renforcer la résilience du réseau national face aux perturbations extérieures. Pour les utilisateurs, cela devrait se traduire par une expérience en ligne plus fluide, notamment dans les services de communication, l’administration numérique et l’éducation.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Face à l’accélération des usages numériques, le Sénégal cherche à structurer son écosystème et à mieux encadrer l’innovation. Un nouveau partenariat avec le PNUD vient appuyer cette dynamique, avec un accent sur l’intelligence artificielle et l’inclusion.
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) ont signé, mardi 14 avril à Dakar, un protocole d’accord cadre visant à structurer la gouvernance numérique du Sénégal et à accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle dans les services publics.
Le PNUD & le Ministère de la Communication, des Télécommunications & du numérique (MCTN) ont signé un protocole d’accord pour collaborer sur la gouvernance numérique, l’inclusion, l’iA et l’innovation, afin de promouvoir la transformation #numérique du #Sénégal.@mctngouvsn pic.twitter.com/TH3hokHdph
— PNUD Sénégal (@PNUDSenegal) April 14, 2026
L’accord a été paraphé par le ministre Alioune Sall (photo, à gauche) et Njoya Tikum (photo, à droite), représentant résident du PNUD. Il intervient dans un contexte stratégique pour la politique numérique sénégalaise, marqué par l’ambition des autorités de renforcer l’inclusion numérique et de mettre en place un cadre réglementaire favorable à l’innovation. Le gouvernement qualifie ce partenariat de « structurant et orienté vers des résultats tangibles », en cohérence avec ses priorités en matière de dématérialisation des services publics et de compétitivité économique. La concrétisation la plus immédiate de cette coopération est attendue le 27 avril prochain avec l’inauguration de l’University Innovation Pod (UNIPOD) au sein de l’Université Amadou Mahtar Mbow. Financé à hauteur d’un million de dollars, ce hub technologique sera conçu comme un incubateur de nouvelle génération destiné à accompagner les jeunes innovateurs dans la transformation de leurs projets de recherche en solutions entrepreneuriales à fort impact. Les autorités envisagent, à terme, de répliquer ce modèle à travers le territoire national afin de renforcer le maillage des pôles d’innovation. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du « New Deal technologique », la stratégie nationale de transformation numérique du Sénégal. Celle-ci ambitionne notamment la création de plus de 500 start-up technologiques labellisées à l’horizon 2034 et la génération d’environ 150 000 emplois directs dans le secteur. Selon les données de StartupBlink, le pays compte actuellement une soixantaine de start-up actives, illustrant un écosystème en structuration, encore en phase de montée en puissance.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le mobile money s’impose en Afrique comme un pilier des transactions financières, porté par une forte adoption dans les services du quotidien et les paiements publics. En Zambie, les autorités l’intègrent désormais aux postes de péage pour moderniser la collecte routière.
L’Agence nationale du fonds routier (NRFA) a introduit un système de paiement par mobile money sur l’ensemble des postes de péage qu’elle exploite à travers la Zambie. Cette réforme vise à moderniser la collecte des redevances routières, réduire les congestions aux barrières et améliorer l’efficacité des opérations de péage.
L’initiative, présentée le dimanche 12 avril par le responsable des relations publiques de la NRFA, Alphonsius Hamachila, s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation numérique de l’agence. Le nouveau dispositif fonctionne en parallèle avec les moyens de paiement existants, notamment les espèces et la carte électronique E-Toll, offrant ainsi trois options de paiement aux usagers de la route. Selon la NRFA, ce système permet des transactions plus rapides, sécurisées et moins dépendantes de la manipulation de liquidités, tout en contribuant à la fluidification du trafic aux points de passage.
Dans la pratique, le paiement s’effectue directement via téléphone mobile. Le numéro de l’usager est saisi par l’agent au poste de péage, puis la transaction est validée instantanément sur l’appareil du conducteur. Toutefois, l’agence précise que cette solution ne s’appliquera pas aux postes de péage opérés dans le cadre de partenariats public-privé (PPP), qui conservent leurs propres systèmes de gestion.
Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la montée en puissance du mobile money en Zambie. Selon la Banque de Zambie, le secteur a franchi une étape sans précédent, avec des transactions dépassant 100 milliards de kwachas (environ 5,2 milliards $) en mars 2025, soit le niveau mensuel le plus élevé jamais enregistré, confirmant l’ampleur de l’adoption des paiements numériques dans l’économie nationale.
En intégrant ce mode de paiement dans la gestion des péages, les autorités misent sur une amélioration de la collecte des recettes destinées à l’entretien et à la modernisation du réseau routier national. Le système devrait également réduire les risques liés à la gestion des espèces et améliorer la transparence des transactions.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les pays africains intensifient leurs efforts en matière de cybersécurité. Elle est désormais considérée comme une condition essentielle pour tirer pleinement parti des avantages de la transformation numérique.
Les autorités mozambicaines misent sur l’expertise européenne pour renforcer la cybersécurité. Le pays poursuit ses efforts afin de protéger son cyberespace national face aux menaces croissantes liées à l’accélération de la transformation numérique.
Révélée le lundi 13 avril par l’Instituto Nacional de Tecnologias de Informação e Comunicação (INTIC), cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme TAIEX de la Commission européenne. Ce dispositif d’assistance technique et d’échange d’informations vise à partager les connaissances et les bonnes pratiques de l’Union européenne afin de soutenir les réformes institutionnelles et juridiques dans les pays partenaires.
Dans ce cadre, une équipe de cinq techniciens de l’Équipe de réponse aux incidents cybernétiques (CSIRT) de l’INTIC séjourne actuellement à Lisbonne pour une visite d’étude et une formation intensive auprès du Centre national de cybersécurité du Portugal (CNCS), avec un accent particulier sur les échanges avec le CERT.PT. Cette mission a pour objectif principal le renforcement des compétences techniques, la consolidation des capacités de réponse aux incidents et la promotion des bonnes pratiques internationales.
Le partenariat prévoit également une deuxième phase, au cours de laquelle des experts européens se rendront au Mozambique afin de poursuivre les actions de renforcement des capacités sur place, garantissant un transfert de connaissances adapté au contexte local. Au-delà de la formation technique, cette coopération vise aussi à soutenir l’élaboration de politiques publiques alignées sur les standards internationaux, notamment en matière de lutte contre les fraudes numériques et l’usurpation d’identité en ligne.
À travers ce partenariat, le Mozambique poursuit son recours à l’expertise internationale dans le cadre de ses efforts pour renforcer la sécurité de son cyberespace national. Le pays s’est rapproché en février dernier des États-Unis, considérés comme l’un des modèles mondiaux en matière de cybersécurité selon l’Union internationale des télécommunications (UIT). En novembre 2025, Maputo avait déjà signé un protocole d’accord avec le Togo dans le domaine de la cybersécurité. L’accord couvre le renforcement des capacités techniques et opérationnelles des CSIRT des deux pays, le partage d’informations sur les menaces émergentes ainsi que l’échange de bonnes pratiques.
Le Mozambique fait également partie de plusieurs instruments internationaux, lui offrant un cadre de coopération. Il s’agit de la Convention des Nations unies contre la cybercriminalité, la Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données personnelles (Convention de Malabo) et la Convention de Budapest sur la cybercriminalité. Le partenariat avec l’Union européenne devrait également lui ouvrir les portes du Forum of Incident Response and Security Teams (FIRST), une association internationale regroupant des équipes d’intervention en cas d’incidents de sécurité informatique.
Pour l’heure, le Mozambique se classe au troisième palier sur cinq de l’indice global de l’UIT en 2024, avec un score de 66,05 sur 100. Si les résultats sont jugés relativement satisfaisants sur le plan organisationnel et en matière de coopération, des défis subsistent dans les domaines des mesures juridiques, techniques et du développement des capacités.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Au cours des deux dernières années, l’Afrique s’est illustrée comme le principal contributeur à la bonne performance financière du groupe Orange. Le continent, qui regorge encore d’un potentiel inexploité, est aujourd’hui placé au cœur de la stratégie quinquennale de croissance du groupe de télécommunications.
Alors que ses marchés historiques européens arrivent à maturité, Orange déplace son centre de gravité vers la région Afrique et Moyen-Orient. Le groupe français de télécommunications y annonce plus de 5 milliards d’euros d’investissements entre 2026 et 2028, le doublement de sa base fibre et la construction de plus de 15 000 nouveaux sites télécoms en zones rurales, dans le cadre de son nouveau plan stratégique, baptisé « Trust the Future ».
Présenté à la presse internationale le mercredi 8 avril 2026 à Casablanca, au Maroc, ce plan, qui fait de la confiance son axe principal, s’articule autour de trois ambitions destinées à tirer parti de la solidité de sa base de clients : la proximité client, la croissance par l’innovation et l’excellence à grande échelle. Pour Christel Heydemann (photo), directrice générale du groupe, il s’agit de rassurer les consommateurs sur la disponibilité, la qualité, l’utilité et la fiabilité des services offerts par Orange dans la région, notamment en matière de connectivité à haut débit, socle de la transformation numérique.
« Dans un monde où la complexité numérique et les risques augmentent, les attentes en matière de qualité de service, de sécurité et de simplicité évoluent rapidement, tandis que l’IA transforme chaque secteur. Dans ce contexte, la confiance devient un critère décisif de choix. Trust the Future concrétise l’avantage d’Orange en matière de confiance grâce à des réseaux fiables, une cybersécurité intégrée, des pratiques responsables en matière de données et d’IA, ainsi que des expériences utilisateur fluides. La confiance est la fondation sur laquelle le Groupe construira son avenir », apprend-on.
La connectivité comme socle
Les grandes ambitions de croissance d’Orange en Afrique s’appuient sur les dynamiques de transformation profonde dont le continent est aujourd’hui l’un des principaux foyers. Le mobile y constitue déjà un levier essentiel de développement économique et social. L’écosystème mobile représente ainsi 7,7 % du produit intérieur brut (PIB), soit 220 milliards de dollars en 2024, et pourrait atteindre 270 milliards USD d’ici à 2030 selon la GSM Association (GSMA).
Cette dynamique repose sur plusieurs tendances de fond : une population jeune et en forte expansion, une progression rapide des usages numériques, une adoption croissante des services fondés sur la data ainsi que des réseaux 4G et 5G, un essor continu des services financiers mobiles et une demande accrue de solutions utiles, accessibles et ancrées dans les usages locaux.
Dans le cadre de cette nouvelle relation de confiance fondée sur la proximité client, la croissance par l’innovation et l’excellence à grande échelle, Orange vise plus de 40 millions de nouveaux utilisateurs 4G et 5G d’ici 2028. En 2025, l’opérateur revendiquait 179 millions de clients sur ses 17 marchés africains ainsi qu’en Jordanie, soit une hausse de 14 millions d’abonnés en un an. Il comptait également plus de 90 millions de clients 4G, tandis que la 5G était disponible sur 7 marchés : l’Égypte, le Maroc, la Tunisie, la Jordanie, le Sénégal, le Botswana et Madagascar. Le parc fibre et haut débit fixe totalisait, lui, 4,8 millions de clients.
Consolider le rôle de l’Afrique
La montée en puissance du groupe en Afrique ne concerne pas seulement les réseaux. Orange entend aussi faire du continent un terrain de croissance pour ses services à plus forte valeur ajoutée : finance mobile, super-app, cloud, cybersécurité, intelligence artificielle et services aux entreprises. Dans sa présentation, le groupe affiche une ambition de croissance à deux chiffres dans le B2B, avec un accent particulier sur les services informatiques, tandis que l’IA et les modèles de langage doivent irriguer à la fois les réseaux et les offres commerciales.
L’idée est claire : ne plus seulement connecter, mais capter une part croissante de la valeur numérique produite sur le continent, dont l’importance stratégique apparaît déjà dans les résultats financiers du groupe. En 2025, la zone Afrique et Moyen-Orient a été le principal contributeur à la progression d’Orange, avec 8,4 milliards d’euros de revenus, en hausse de 12,2 %. L’EBITDAaL (résultat opérationnel courant avant prise en compte des dotations aux amortissements ou dépréciations des immobilisations corporelles et incorporelles, et de l’impact des charges liées aux rémunérations sous forme de stock-options/actions) a également progressé de 13,9 %.
Cependant, les ambitions africaines d’Orange ne sont pas à l’abri de vents contraires. Le dernier bulletin semestriel du Groupe de la Banque mondiale sur la situation économique en Afrique subsaharienne, publié le 8 avril 2026, prévoit que la croissance se maintiendra à 4,1 % en 2026 (soit le même rythme qu’en 2025), tout en constatant une intensification des risques de dégradation.
Le renchérissement des combustibles, des denrées alimentaires et des engrais, conjugué au durcissement des conditions financières, risque fortement de tirer l’inflation à la hausse, de perturber l’activité économique et de toucher plus durement les ménages les plus vulnérables, qui consacrent une part plus importante de leurs revenus à l’alimentation et à l’énergie.
Muriel EDJO
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La cybersécurité fait partie des priorités des autorités namibiennes, qui ont fait du numérique un pilier du développement socio‑économique. Le gouvernement a alloué un budget de 1 million $ au secteur pour l’exercice financier 2026/2027.
La Namibie a enregistré 1,7 million de cyberattaques entre janvier et décembre 2025, selon les autorités, soit une hausse d’environ 37 % par rapport à la même période de l’année précédente. C’est ce que révèle le « Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025 ».
The Namibia Cyber Security Incident Response Team (NAM-CSIRT) housed at CRAN, released it’s annual Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025.
— CRAN (@CRANamibia) April 11, 2026
Highlighting the national and international landscapes, in this edition, NAM-CSIRT draws the spotlight on the secured electronic… pic.twitter.com/1Qe7FtjalG
Le rapport, publié le vendredi 11 avril par l’Équipe namibienne de réponse aux incidents cybernétiques (NAM‑CSIRT), indique que 2 231 970 vulnérabilités ont été identifiées au cours de l’année. Celles‑ci ont directement facilité les attaques observées, notamment les attaques par déni de service distribué (DDoS), la propagation de malwares et les accès distants non autorisés.
Selon le document, l’année 2025 marque un net basculement vers une exploitation massive de la confiance, où l’ingénierie sociale et les tromperies assistées par l’intelligence artificielle amplifient les cas traditionnels. Au premier trimestre, les cas ont notamment inclus des campagnes de deepfake générées par l’IA pour promouvoir des schémas d’investissement frauduleux. À mi‑année, le phishing via Telegram et les autres formes d’ingénierie sociale sont restés très présents.
Le rapport souligne également l’émergence de ransomwares au niveau municipal, utilisant des techniques de double extorsion, ainsi que des campagnes de smishing imitant des services de livraison et des vidéos deepfake mettant en scène de hauts responsables, illustrant un écosystème de fraude de plus en plus structuré et alimenté par la désinformation générée par l’IA.
Une dynamique globale et continentale
Cette augmentation des fraudes s’inscrit dans un contexte global et continental. Dans son « Cybercrime Africa Cyberthreat Assessment 2025 », Interpol indique que l’accélération de la cybercriminalité en Afrique est facilitée par l’essor des activités en ligne comme les services numériques, les réseaux sociaux, le commerce numérique et la banque mobile.
Interpol souligne dans son rapport que « les cybercriminels affinent en permanence leurs tactiques, en recourant à l’ingénierie sociale, à l’intelligence artificielle et aux plateformes de messagerie instantanée pour lancer des attaques de plus en plus sophistiquées. Les réseaux cybercriminels, qu’ils soient locaux ou internationaux, exploitent les vulnérabilités humaines comme méthode principale, utilisant des techniques de tromperie avancées pour cibler organisations et individus ».
Des mesures pour sécuriser l’avenir numérique de la Namibie
La NAM‑CSIRT souligne que le déploiement de l’e‑ID, l’essor des services numériques et la croissance des infrastructures rendent l’intégration de la cybersécurité au développement national de plus en plus urgente. Une approche globale impliquant l’État, les régulateurs, les secteurs critiques, les entreprises, le monde académique et les citoyens est jugée essentielle pour préserver la confiance numérique et assurer la continuité des services.
Dans ce contexte, le « Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025 » recommande de finaliser le cadre juridique relatif à la cybercriminalité, à la protection des données et aux infrastructures critiques. Il appelle également à renforcer les capacités du NAM‑CSIRT afin d’améliorer la surveillance, la détection et la coordination des incidents.
Le rapport préconise la création de CSIRT sectoriels dans les principaux secteurs et la réduction des vulnérabilités critiques, comme les systèmes obsolètes et mal sécurisés. Il insiste aussi sur l’accélération du déploiement de l’identité numérique et des services de confiance. Les autorités sont invitées à rendre obligatoire l’authentification à plusieurs facteurs, à renforcer la sensibilisation aux menaces telles que le phishing et les deepfakes. Elles doivent également améliorer le partage d’informations sur les cybermenaces.
Enfin, le document met l’accent sur le renforcement de la gouvernance cyber via les normes internationales. Il recommande également un soutien accru aux PME et aux administrations disposant de faibles ressources afin d’améliorer leur niveau de protection.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
La transformation numérique de l’administration s’intensifie au Burkina Faso, portée par des impératifs d’efficacité et de sécurité. Dans un contexte de vigilance accrue, les autorités misent sur le numérique pour renforcer la gestion des flux et la performance des services publics.
Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a procédé le mercredi 8 avril au lancement officiel de la plateforme numérique de gestion de la fiche de voyage. Accessible en ligne via l’adresse https://fichedevoyage.gov.bf/, la plateforme permet désormais aux voyageurs de renseigner leur fiche jusqu’à 72 heures avant leur départ. L’objectif est de fluidifier les procédures d’entrée et de sortie du territoire, tout en réduisant les files d’attente et les délais de traitement dans les points de contrôle, notamment à l’aéroport international de Ouagadougou.
Au‑delà de la simplification des démarches, la dématérialisation introduit un changement structurel dans la gestion des données migratoires. Les services de sécurité disposent désormais d’un accès centralisé et en temps réel aux informations des voyageurs, ce qui améliore la traçabilité des flux et renforce les capacités d’analyse dans un contexte régional marqué par des enjeux sécuritaires persistants.
Le lancement s’inscrit dans la dynamique de transformation numérique de l’administration publique. La plateforme vient ainsi s’ajouter à un ensemble de services déjà numérisés dans le cadre de la modernisation administrative en cours. Cette évolution s’est accélérée avec le développement de 272 plateformes de services en ligne annoncées en février, dont 146 sont déjà opérationnelles, facilitant l’accès des citoyens et des entreprises aux démarches administratives.
Cette extension de la dématérialisation répond à plusieurs défis structurels auxquels l’administration burkinabè reste confrontée, notamment la lenteur des procédures physiques, la fragmentation des bases de données et la difficulté de suivi des flux de voyageurs. En centralisant les informations et en automatisant une partie du traitement administratif, ces solutions numériques visent à réduire les délais, limiter les erreurs humaines et renforcer la fiabilité des données.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Portée par des ambitions croissantes dans le numérique, la coopération entre le Maroc et le Gabon se renforce autour de la formation et de l’intelligence artificielle. Les deux pays misent sur le transfert de compétences pour accélérer leur transformation numérique et soutenir leur compétitivité.
En marge de l’édition 2026 du GITEX Africa, tenue du mardi 7 au jeudi 9 avril à Marrakech, le Maroc et le Gabon ont signé deux accords dans les domaines du numérique, de la formation et de l’intelligence artificielle. Ces initiatives traduisent une volonté commune d’accélérer la transformation numérique et le développement des compétences.
Le premier accord, signé entre les ministres en charge du numérique, Amal El Fallah Seghrouchni et Mark Alexandre Doumba, porte sur la structuration de la coopération bilatérale. Il couvre plusieurs axes, notamment le partage d’expertise en politiques publiques numériques, l’harmonisation des cadres réglementaires et la mise en place de programmes de formation adaptés aux évolutions du secteur. Dans le cadre de cet accord, 15 étudiants gabonais bénéficieront de bourses complètes pour intégrer l’Université Mohammed VI Polytechnique dès la rentrée de septembre 2026.
Le second accord a été conclu entre l’Institut national des postes et télécommunications du Maroc et l’Institut national des postes et télécommunications du Gabon. Il vise la modernisation des cursus de formation afin de mieux les aligner sur les besoins du marché du numérique et de l’administration publique. Le dispositif inclut notamment un programme dédié aux agents publics gabonais, avec l’attribution de 5 bourses annuelles sur 5 ans, entièrement financées, dans l’objectif de renforcer durablement les compétences techniques au sein des administrations.
Cette coopération s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération Sud‑Sud sur le continent africain, où plusieurs États misent sur le partage d’expertise pour accélérer leur transition numérique et renforcer la compétitivité de leurs écosystèmes. Le Gabon cherche ainsi à capitaliser sur l’expérience marocaine pour structurer son environnement numérique et diversifier son économie. Le pays peaufine actuellement sa stratégie numérique autour de plusieurs axes, notamment le renforcement du cadre réglementaire, le développement des infrastructures, la numérisation et la dématérialisation des services publics, ainsi que le développement des compétences numériques.
De son côté, le Maroc poursuit ses ambitions dans l’intelligence artificielle, avec un objectif de création de valeur pouvant atteindre 100 milliards de dirhams (≈ 10,7 milliards $) à l’horizon 2030, en s’appuyant sur l’innovation, la montée en compétences et le renforcement des partenariats internationaux.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La Guinée cherche à accélérer l’intégration de l'IA dans son tissu économique. Face aux défis de compétitivité et d’innovation, les acteurs publics et privés multiplient les initiatives pour faciliter l’appropriation de ces technologies par les entreprises locales.
La Confédération Générale des Entreprises de Guinée (CGE-GUI) a lancé, le mercredi 8 avril à Conakry, le programme « AI Xcelerate », en partenariat avec l'Organisation Internationale des Employeurs et Microsoft. Cette initiative vise à accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) au sein du tissu productif, dans un contexte où la transformation numérique devient un levier clé de compétitivité pour les entreprises africaines.
𝗜𝗔 | 𝗨𝗻 𝗹𝗲𝘃𝗶𝗲𝗿 𝘀𝘁𝗿𝗮𝘁é𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗶𝘀𝗲𝘀 𝗴𝘂𝗶𝗻é𝗲𝗻𝗻𝗲𝘀
— Rose Pola Pricemou (@rppola) April 10, 2026
Ce mercredi 8 avril 2026, j'ai pris part au lancement du programme « 𝗔𝗜 𝗫𝗰𝗲𝗹𝗲𝗿𝗮𝘁𝗲 », une initiative portée par la 𝗖𝗼𝗻𝗳𝗲́𝗱𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗚𝗲́𝗻𝗲́𝗿𝗮𝗹𝗲… pic.twitter.com/kQxFcecMjf
Le programme cible plus de 250 entreprises guinéennes, avec l’objectif de faciliter l’appropriation de technologies encore peu exploitées localement. Il ambitionne notamment d’accompagner les acteurs économiques dans l’amélioration de leur productivité, la modernisation de leurs outils de gestion et leur adaptation aux mutations économiques mondiales, selon Mansah Sy Savané, vice-président de la CGE-GUI.
Au-delà de la formation, « AI Xcelerate » propose un accompagnement structuré permettant aux entreprises de tester et d’intégrer progressivement l’intelligence artificielle dans leurs activités. L’enjeu est de passer d’une phase de sensibilisation à une adoption opérationnelle, en particulier pour les PME qui constituent l’essentiel du tissu économique guinéen.
Cette initiative intervient alors que l’intelligence artificielle s’impose comme un moteur de croissance à l’échelle mondiale. Pour la Guinée, l’enjeu est d’éviter un décrochage technologique, en dotant ses entreprises des capacités nécessaires pour tirer parti de ces outils dans un environnement économique en mutation rapide.
L’offensive du patronat s’inscrit dans un cadre institutionnel déjà engagé.
Selon Rose Pola Pricemou (photo), conseillère à la présidence chargée des Nouvelles technologies et de l’IA, le pays a adopté la démarche AILA du PNUD, ayant conduit à l’élaboration d’une feuille de route nationale de l’intelligence artificielle pour la période 2026-2035. Cette dynamique a été renforcée par les conférences DounIA, consacrées à la structuration d’une stratégie nationale sur les données numériques.
Samira Njoya
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À Casablanca, Orange a dévoilé les ambitions de sa super application Max it, destinée à devenir l’un des principaux moteurs de croissance du groupe en Afrique et au Moyen-Orient. Avec déjà 23 millions d’utilisateurs actifs par mois, la plateforme veut changer de dimension d’ici 2028.
Orange accélère sa transformation dans le cadre de sa nouvelle stratégie de croissance 2026-2030, baptisée « Trust the Future », présentée à la presse internationale le 8 avril 2026 à Casablanca, au Maroc. Longtemps perçu comme un opérateur télécoms classique, le groupe français mise désormais sur les services numériques pour ouvrir un nouveau cycle de croissance, avec l’Afrique et le Moyen-Orient comme priorités.
Au cœur de cette ambition : Max it, sa super application développée depuis Casablanca, présentée comme l’un des leviers pour générer de nouveaux revenus et supplanter ceux issus des télécommunications traditionnelles. Pour l’étape 2028 de notre plan stratégique, nous souhaitons gagner 50 millions d’utilisateurs mensuels actifs supplémentaires sur Max it. Max it accompagnera également Orange Money dans son objectif d’enregistrer 20 millions de clients mensuels actifs supplémentaires dans la zone, ainsi qu’un million de nouveaux consommateurs pour Orange Energies », affirme Yvan Delègue (photo), directeur du programme Max it.
Un objectif à la hauteur des ambitions du groupe, qui entend faire de Max it une porte d’entrée unique vers une gamme de services du quotidien : gestion de ligne mobile, paiements, contenus numériques, achats de services et accès à une marketplace intégrée.
Une riche gamme de services et partenaires
Déployée dans 16 pays, la super application revendique déjà 23 millions d’utilisateurs actifs par mois. Parmi eux, 8 millions ont recours aux services financiers intégrés via Orange Money, tandis que la solution de mobile money du groupe totalise 47 millions d’utilisateurs actifs dans la région. Max it appuie également l’offre Orange Energies, disponible dans 13 pays et permet déjà à près de 1 million de clients d’acheter et de recharger leur électricité depuis l’application.
Pour Orange, l’intérêt de cette super application repose sur une logique simple : intégrer plusieurs usages dans un même environnement numérique. L’utilisateur n’a plus besoin de multiplier les applications ou les interfaces. Il peut consulter son compte, effectuer un paiement, accéder à du divertissement (vidéo à la demande, compétitions sportives en direct, gaming, séries TV, etc.) ou acheter un service sans sortir de l’écosystème Orange. Cette convergence permet au groupe de fluidifier l’expérience client et de renforcer la fidélisation.
Yvan Delègue insiste sur la capacité de Max it à soutenir une stratégie de « bundles », c’est-à-dire d’offres combinant connectivité et contenus. Orange peut, par exemple, associer un forfait data à un service de streaming sportif pour encourager l’usage, tout en limitant la crainte de surconsommation de data chez l’abonné.
Ce repositionnement intervient alors que la région Afrique-Moyen-Orient devient le principal moteur de performance du groupe. En 2025, Orange y a réalisé 8,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 12,2 %, faisant de cette zone le premier contributeur à la croissance globale de l’entreprise. Le pari d’Orange s’appuie aussi sur des fondamentaux démographiques et économiques favorables : l’Afrique, dont la population pourrait atteindre 2,5 milliards d’habitants en 2050, concentre un fort potentiel de développement des usages numériques.
L’IA pour plus d’inclusion
Au-delà de la seule performance commerciale, Orange veut faire de Max it une plateforme ouverte, capable d’accueillir aussi bien des partenaires internationaux que des commerçants locaux. L’enjeu est double : enrichir l’offre de services pour les utilisateurs et offrir de la visibilité à des acteurs économiques cherchant à capter une clientèle déjà massifiée. Dans cette optique, Max it tend à se positionner comme un véritable agrégateur de services numériques, susceptible de structurer des écosystèmes locaux autour du paiement, de la consommation de contenus et des services essentiels.
Pour tenir son cap d’ici 2028, Orange compte sur deux leviers majeurs : l’élargissement de son réseau de partenaires et l’intégration plus poussée de l’intelligence artificielle. Le groupe veut utiliser l’IA pour personnaliser les services, en proposant à chaque utilisateur l’offre la plus pertinente au moment opportun. Il évoque également des interfaces vocales adaptées aux langues locales, afin de réduire certaines barrières à l’adoption numérique dans plusieurs marchés africains.
Avec Max it, Orange ne vend donc plus seulement de la connectivité. Le groupe cherche à se placer à l’intersection des télécoms, de la finance numérique, de l’énergie et des services marchands. En clair, devenir un acteur technologique intégré capable de capter une part plus large de la valeur numérique sur le continent.
Muriel EDJO
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L’accélération de l’accès à Internet stimule la production de contenus pour les réseaux sociaux en Afrique. Cela ouvre des perspectives d’emploi pour la jeunesse.
Les autorités libériennes préparent une formation à destination des créateurs de contenus sur la monétisation pour les plateformes de Meta et TikTok. Prévu les 6 et 7 mai 2026, le programme cible 150 participants. Cela inclut des humoristes, conteurs, créateurs de défis, producteurs de vidéos de réaction et, plus largement, les créateurs de contenus orientés vers le divertissement.
Selon l’Autorité libérienne des télécommunications (LTA), la formation sur Meta couvrira les outils de création de contenu pour Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger et Threads. Elle abordera les techniques de production de contenus performants, des sessions pratiques, les opportunités de monétisation, l’éthique sur les réseaux sociaux et les bonnes pratiques. En revanche, peu de détails ont été fournis concernant TikTok.
Le régulateur télécoms rappelle simplement que TikTok est une plateforme détenue par une entreprise chinoise, qui connaît une forte croissance mondiale, particulièrement auprès de la génération Z. Ses algorithmes permettent aux nouveaux créateurs de devenir viraux rapidement grâce à de courtes vidéos, au direct, ainsi qu’à des filtres et outils d’animation.
La monétisation des réseaux sociaux, un levier pour l’emploi des jeunes
Selon la LTA, la monétisation des réseaux sociaux agit comme un catalyseur de l’entrepreneuriat numérique, permettant aux individus de contourner les barrières traditionnelles d’accès à l’économie formelle et de générer des revenus directs et tangibles. Elle apparaît ainsi comme une réponse à la question préoccupante de l’emploi des jeunes au Liberia.
Selon le Country Focus Report 2025 de la Banque africaine de développement (BAD), le taux d’activité au Liberia est estimé à 59 %, avec un taux de chômage officiel de 3,5 %. L’institution souligne toutefois que ces chiffres masquent souvent des niveaux élevés de sous‑emploi et d’emploi informel, particulièrement chez les jeunes et les femmes.
Le rapport indique que le chômage des jeunes demeure une préoccupation majeure, notamment chez les personnes âgées de 15 à 35 ans qui ne sont ni en emploi, ni en éducation, ni en formation. Ce groupe, souvent qualifié de « jeunes à risque », est particulièrement exposé à l’exclusion sociale, à la consommation de substances et à de faibles perspectives économiques.
« Le manque d’accès à des formations professionnelles adaptées et à des opportunités d’emploi pour les jeunes limite la capacité du Liberia à tirer pleinement parti du potentiel de sa population jeune. Sans interventions ciblées, ces défis risquent de perpétuer les cycles de pauvreté et de fragilité sociale, freinant ainsi les objectifs de développement national », peut‑on lire dans le rapport.
Des contraintes techniques et réglementaires persistantes
Il convient toutefois de rappeler que la monétisation pour les plateformes de Meta et TikTok dépend de plusieurs conditions. La LTA explique par exemple que pour TikTok, il faut qu’un pays dispose de lois sur la protection des données, d’une infrastructure de paiement, de cadres fiscaux et d’un niveau suffisant d’investissement publicitaire local. Actuellement, aucun pays africain ne remplit entièrement ces critères.
L’éligibilité à la monétisation sur Meta exige que les créateurs aient au moins 18 ans, respectent les normes communautaires et atteignent un seuil minimal d’abonnés. La monétisation nécessite également une infrastructure bancaire compatible pour les paiements directs. Les outils de monétisation de Meta sont actuellement actifs dans huit pays africains, dont le Ghana.
Par ailleurs, la question de l’accès à un Internet de qualité et abordable se pose également. Selon les données de DataReportal, le Liberia comptait 1,73 million d’abonnés Internet à fin 2025, pour un taux de pénétration de 30 %. Le pays comptait également 1,1 million d’utilisateurs des réseaux sociaux, soit 19,1 % de la population.
Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), 5 Go de données mobiles représentaient 12,5 % du revenu national brut (RNB) par habitant, contre 147 % pour l’Internet fixe. Ce ratio ne devrait pas dépasser 2 % pour que le service soit considéré comme abordable.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’essor du numérique en Algérie s’accompagne d’une forte hausse des cybermenaces, allant des escroqueries en ligne aux attaques massives contre les systèmes d’information. Un phénomène qui met à l’épreuve les dispositifs de cybersécurité du pays.
L’Algérie a enregistré 13 204 affaires de cybercriminalité en 2025, impliquant 7 815 individus. Ces chiffres ont été donnés le mardi 7 avril par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), à l’occasion d’une conférence de presse consacrée à la présentation du bilan annuel de ses activités opérationnelles. Une tendance en nette hausse, alors que la Gendarmerie nationale faisait déjà état de plus de 2700 affaires en 2024, illustrant l’ampleur croissante du phénomène.
Dans le détail, les infractions recensées concernent principalement des escroqueries en ligne, des atteintes aux droits des enfants, ainsi que la vente de produits interdits sur internet. La généralisation des réseaux sociaux et du commerce en ligne informel a favorisé l’émergence de nouvelles formes de criminalité, souvent difficiles à détecter et à tracer. Les autorités soulignent par ailleurs une sophistication accrue des modes opératoires, avec un recours croissant à l’usurpation d’identité et aux techniques d’ingénierie sociale.
Dans le même temps, la pression cyber s’intensifie à grande échelle. D’après Kaspersky, l’Algérie a été la cible de plus de 70 millions de cyberattaques en 2024. Sur la même période, plus de 13 millions de tentatives de phishing et près de 750 000 pièces jointes malveillantes ont été neutralisées, illustrant l’ampleur et la diversité des menaces qui ciblent les systèmes numériques du pays.
Face à cette montée des risques, les pouvoirs publics cherchent à structurer leur réponse. L’Agence de sécurité des systèmes d’information du ministère de la Défense nationale a récemment dévoilé la Stratégie nationale de cybersécurité 2025 – 2029, destinée à renforcer la protection des systèmes d’information, sécuriser les infrastructures critiques et améliorer la coordination entre les acteurs institutionnels.
Sur le plan international, l’Algérie demeure toutefois dans une phase de consolidation. Selon la 5ᵉ édition du Global Cybersecurity Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), le pays est classé au niveau « établissement » (T3). Ce positionnement traduit l’existence d’un cadre en construction, soutenu par des initiatives publiques, mais encore éloigné des standards des économies les plus avancées en matière de cybersécurité.
Dans un contexte continental, cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large de montée des cybermenaces en Afrique. Selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), le manque de préparation face aux cybermenaces pourrait coûter annuellement en moyenne jusqu’à 10 % du PIB des pays africains.
Samira Njoya
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Avec l’ambition de devenir un acteur majeur de l’intelligence artificielle, le Maroc mise sur le numérique pour soutenir sa croissance. Le partenariat engagé avec l’Union européenne vise à accompagner cette stratégie et à développer des capacités locales.
La ministre marocaine de la Transition numérique, Amal El Fallah Seghrouchni (photo, au centre), et la vice‑présidente exécutive de la Commission européenne, Henna Virkkunen, ont lancé le mercredi 8 avril le « Dialogue numérique UE–Maroc ». Ce partenariat, marqué par la signature d’un accord sur les écosystèmes d’intelligence artificielle, vise à positionner le royaume comme un hub régional de l’innovation et du calcul haute performance.
Selon le communiqué conjoint des deux parties, le dialogue s’articule autour de plusieurs piliers, notamment le soutien aux start‑up, la cybersécurité et l’interopérabilité des services publics numériques. L’objectif est de structurer une coopération de long terme pour accompagner la stratégie « Maroc Digital 2030 », tout en facilitant le partage de ressources technologiques entre les deux rives de la Méditerranée. Dans ce cadre, le Maroc ambitionne de générer 100 milliards de dirhams (≈ 11 milliards $) de PIB grâce à l’intelligence artificielle à l’horizon 2030.
L’un des volets les plus concrets de cet accord repose sur le calcul haute performance (HPC). Quatre centres européens de supercalcul (BSC, CINECA, GENCI et LUMI) ont signé une lettre d’intention avec l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Cette collaboration permettra à l’UM6P, qui héberge déjà le supercalculateur le plus puissant d’Afrique, de se connecter aux « usines d’IA » de l’Union européenne. Cette synergie technique s’appuie notamment sur le câble sous‑marin Medusa, récemment raccordé à Nador, garantissant une connectivité à haut débit et une latence réduite pour les projets de recherche communs.
Ce rapprochement intervient dans un contexte marqué par le 30e anniversaire de l’accord d’association UE–Maroc (1996) et s’inscrit dans la continuité du « Pacte pour la Méditerranée » lancé fin 2025. Pour Rabat, l’enjeu est de consolider sa souveraineté technologique tout en attirant des investissements européens dans son écosystème de start‑up. Côté européen, ce dialogue vise à renforcer la sécurité des chaînes de valeur numériques et à promouvoir des standards communs de gouvernance de l’IA avec ses partenaires du Sud.
Samira Njoya
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