Les pays africains s’intéressent de plus en plus à la technologie spatiale pour soutenir le développement socio-économique. Plus de cent satellites devraient être lancés d’ici la fin de la décennie, contre une soixantaine aujourd’hui.

La Côte d’Ivoire veut s’appuyer sur l’expertise de l’Université de Montpellier, en France, pour la formation de ses premiers spécialistes du spatial. La collaboration portera également sur la fabrication du premier satellite national.

Cette coopération a été discutée le mercredi 15 avril lors d’une rencontre entre Adama Diawara (photo, au centre), ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et une délégation du Centre spatial de l’Université de Montpellier, conduite par son directeur, Laurent Dusseau. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du démarrage des activités de l’Agence spatiale de Côte d’Ivoire (ASCI).

Selon le communiqué du gouvernement ivoirien, M. Dusseau a fait remarquer que l’Université de Montpellier dispose d’une infrastructure lui permettant de former des techniciens et des ingénieurs, en combinant connaissances théoriques et compétences pratiques. « Nous le faisons dans le cadre d’un master spécialisé des grandes écoles, qui s’adresse à des ingénieurs déjà diplômés dans différents domaines et qui viennent suivre, pendant un an, une formation extrêmement intensive afin d’acquérir une compétence spatiale leur permettant d’accéder à des métiers très spécifiques du spatial, comme ingénieur IT ou ingénieur système », a-t-il expliqué.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de développement du secteur spatial en Côte d’Ivoire. En mai 2023, le pays annonçait une collaboration avec la société Universal Konstructors Associated (UKA) pour la construction de Yam-Sat CI 01, le premier satellite national, dont le lancement était prévu pour août 2024. Avant cela, le pays avait annoncé, dès 2021, la création d’une agence spatiale, finalement instituée par décret en juin 2025. Elle est chargée du renforcement des capacités nationales et de la mise en place d’infrastructures dans le domaine spatial.

« L’étendue de ses activités couvre les piliers essentiels d’application du spatial, à savoir l’observation de la Terre, la météorologie spatiale, l’astronomie, l’exploration spatiale, ainsi que la navigation et la communication par satellite », peut-on lire dans le compte rendu du Conseil des ministres du 4 juin 2025. Le gouvernement précise que cela permettra de répondre efficacement aux enjeux de développement économique, de sécurisation du territoire national et de protection de l’environnement.

Ces efforts de la Côte d’Ivoire en faveur du développement spatial s’inscrivent dans une dynamique continentale. Selon un rapport du Centre africain d’études stratégiques (ACFSS), publié en septembre 2025, les États africains consacrent environ 500 millions de dollars par an à leurs programmes spatiaux. L’étude indique que plus de 21 pays africains ont mis en place des programmes spatiaux et que 18 ont lancé au moins un satellite. Le continent a ainsi lancé un total cumulé de 65 satellites. Il compte également plus de 120 satellites supplémentaires en cours de développement, dont le lancement est prévu d’ici 2030.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 16 avril 2026 13:01 Written by

Alors que la Guinée prépare sa stratégie nationale sur l’intelligence artificielle, les autorités multiplient les partenariats pour en établir les bases. L’appui des partenaires techniques est jugé essentiel pour structurer l’écosystème et accélérer la transition numérique.

Le ministère de la Communication et de l’Économie numérique et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ont signé, le mercredi 15 avril, un document de projet portant sur le développement de l’innovation numérique et de l’intelligence artificielle (IA) en Guinée. L’accord définit un cadre d’appui technique destiné à accompagner la transformation numérique du pays à l’horizon 2035.

Le document, paraphé par le ministre Mourana Soumah et le représentant résident du PNUD, Anthony Ohemeng-Boamah, prévoit la mise en place de mécanismes d’accompagnement du secteur technologique. Ceux-ci portent principalement sur le développement de hubs technologiques et la mise en œuvre de programmes de formation à l’IA sur l’ensemble du territoire national.

Ce nouveau cadre de coopération s’inscrit dans la continuité d’initiatives déjà engagées entre les deux parties. En mai dernier, l’Institut supérieur de technologie (IST) de Mamou a accueilli le lancement de l’UniPod Guinée, premier pôle d’innovation technologique universitaire du pays, soutenu par le programme panafricain Timbuktoo du PNUD. Ce centre constitue aujourd’hui un espace de prototypage et d’incubation pour des projets étudiants et entrepreneuriaux dans des domaines tels que l’agritech, les technologies vertes et l’intelligence artificielle appliquée.

À travers ce protocole, les autorités guinéennes et le PNUD entendent structurer davantage les initiatives de recherche, de formation et d’entrepreneuriat numérique. L’objectif est de favoriser l’émergence de solutions technologiques locales capables de répondre aux besoins des secteurs économiques et sociaux, tout en renforçant l’intégration des technologies émergentes dans les politiques publiques.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 16 avril 2026 12:30 Written by

Le marché mondial des logiciels de simulation pourrait atteindre plus de 36 milliards de dollars d’ici 2030, selon MarketsandMarkets. Dans cette dynamique, le Rwanda anticipe en introduisant ces outils dans ses universités afin de former des profils alignés sur les besoins industriels.

Le ministère des TIC et de l’Innovation du Rwanda a annoncé le mardi 14 avril, à Kigali, la signature d’un protocole d’accord avec Ansys, société américaine spécialisée dans la simulation numérique. Ce partenariat stratégique vise à intégrer des outils de simulation d’ingénierie de pointe dans le cursus des universités et écoles polytechniques du pays.

L’accord, paraphé par le ministre d’État Yves Iradukunda et le directeur général d’Ansys pour l’Afrique, Lou Major, instaure un cadre centralisé permettant d’intégrer les universités et écoles polytechniques rwandaises aux plateformes d’Ansys. Les établissements auront ainsi accès à des logiciels de simulation avancés ainsi qu’aux licences associées, avec pour objectif de favoriser une adoption plus large de ces technologies dans l’enseignement.

L’accord inclut également des programmes de formation, des conférences, des démonstrations et des sessions d’engagement avec l’industrie. Ces initiatives visent à exposer les étudiants et les enseignants à des applications concrètes de la simulation, dans une logique de rapprochement entre formation académique et besoins du marché du travail.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie du Rwanda visant à renforcer l’adéquation entre les cursus universitaires et les exigences de l’industrie, en particulier dans les secteurs de l’ingénierie et des technologies. En intégrant la simulation numérique dans les programmes, les autorités entendent améliorer le développement de compétences pratiques adaptées à une économie de plus en plus tournée vers le numérique.

Les solutions d’Ansys sont aujourd’hui utilisées par des groupes industriels dans des secteurs tels que l’aéronautique, l’automobile ou l’énergie pour simuler le comportement de produits avant leur fabrication. Ces outils contribuent à réduire les coûts de développement et à accélérer les cycles d’innovation. Leur introduction dans l’enseignement supérieur rwandais vise ainsi à familiariser les étudiants avec des technologies déjà largement déployées dans l’industrie, dans un contexte de demande croissante en compétences d’ingénierie avancée.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 16 avril 2026 08:56 Written by

La Mauritanie accélère ses efforts de transformation numérique pour soutenir le développement socio‑économique. Dans le secteur public, par exemple, le gouvernement a déjà digitalisé plusieurs dizaines de services afin de rapprocher l’administration des populations.

Les autorités mauritaniennes négocient un financement de 50 millions de dollars avec la Banque islamique de développement (BID) pour soutenir la transformation numérique du pays. Les deux parties ont signé à cet effet un accord de principe le mardi 14 avril.

Ce programme de soutien vise la mise en œuvre de quatre projets principaux : le développement des infrastructures et des équipements numériques, le renforcement de la cybersécurité, le soutien à l’interopérabilité et la modernisation des systèmes numériques, le développement des compétences numériques et de la connectivité, ainsi que la promotion de l’innovation et des start‑up.

En janvier 2025, le gouvernement mauritanien a lancé le projet Digital‑Y, financé à hauteur de 4 millions d’euros et réalisé en partenariat avec la coopération allemande. Ce projet vise à intégrer les outils numériques dans la gestion publique afin de moderniser les services, renforcer la transparence administrative et stimuler le développement économique et social.

La Mauritanie collabore aussi avec la Banque mondiale et l’Union européenne. Cette dernière accompagne plusieurs initiatives, dont la construction d’un centre de données à Nouakchott et la liaison du pays à un nouveau câble sous‑marin en fibre optique. La Banque européenne d’investissement (BEI) finance ce projet à hauteur de 25 millions d’euros (29,4 millions de dollars), tandis que la Banque mondiale apporte 10 millions d’euros.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des ambitions des autorités mauritaniennes de « faire du numérique et de l’innovation un levier clé de modernisation de l’administration, d’inclusion sociale et de renforcement de la compétitivité ». Dans sa stratégie 2022–2025, le pays visait à l’horizon 2025 une valeur ajoutée du numérique de 700 millions de dollars, soit 8 % du produit intérieur brut (PIB), contre 350 millions de dollars et 4,5 % du PIB en 2020. Le gouvernement visait également 15 000 emplois directs et indirects créés grâce au numérique, contre 5 000 en 2020.

Pour le moment, la Mauritanie occupe la 165e position sur 193 à l’indice de développement de l’e‑gouvernement établi par les Nations Unies en 2024. Son score de 0,3491 reste inférieur aux moyennes continentale (0,4247) et mondiale (0,6382), traduisant des défis persistants en matière de numérisation des services publics. En matière de cybersécurité, le pays s’est classé au quatrième et avant‑dernier palier (Tier 4) à l’Indice global de cybersécurité 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), avec des lacunes dans les volets organisationnels, techniques, de développement des capacités et de coopération.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 15 avril 2026 15:29 Written by

Dans un contexte de transformation numérique accélérée en Afrique, l’Ouganda multiplie les initiatives pour améliorer l’accès à Internet. Le déploiement d’un point d’échange national vise à rendre la connectivité plus efficace et plus abordable pour les utilisateurs.

L’Autorité nationale des technologies de l’information (NITA‑U), en collaboration avec le ministère des TIC et de l’Orientation nationale, a annoncé le lundi 14 avril le déploiement imminent du National IP Peering Exchange (NIPX). Ce premier point d’échange Internet vise à structurer l’acheminement du trafic numérique local et à renforcer l’efficacité de l’écosystème Internet ougandais.

S’adressant aux journalistes lors de la présentation, le ministre d’État chargé de l’Orientation nationale, Kabbyanga Godfrey Baluku, a souligné la portée stratégique de cette infrastructure. Selon lui, le NIPX permettra de positionner l’Ouganda comme un centre TIC compétitif et attractif en Afrique de l’Est et au‑delà. Il a également indiqué que cette infrastructure devrait favoriser l’investissement, stimuler l’innovation, encourager la production de contenus et de services numériques locaux, tout en créant de nouvelles opportunités économiques pour les jeunes et les entrepreneurs.

Mettre fin à la taxe numérique

Prévu pour être officiellement lancé le vendredi 17 avril, le NIPX est conçu comme un hub d’interconnexion national permettant aux fournisseurs d’accès à Internet, aux fournisseurs de contenus, aux réseaux publics et aux acteurs privés d’échanger directement le trafic local à l’intérieur du pays. Jusqu’ici, une part importante du trafic Internet domestique transitait par des infrastructures situées à l’étranger avant de revenir sur le territoire, une configuration considérée comme coûteuse et inefficiente. Le nouveau dispositif vise ainsi à internaliser ces échanges afin de réduire les coûts et d’améliorer la performance globale du réseau.

Vers la Vision Uganda 2040

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la Vision Uganda 2040, qui place la transformation numérique, la science et l’innovation au cœur de la stratégie de développement économique du pays. Il traduit également la volonté des autorités de renforcer la souveraineté numérique, de moderniser le secteur des TIC et de consolider l’attractivité du pays pour les investissements dans l’économie digitale.

Selon les autorités, le NIPX devrait contribuer à réduire les coûts de connectivité internationale, à améliorer la vitesse et la qualité des services numériques, ainsi qu’à renforcer la résilience du réseau national face aux perturbations extérieures. Pour les utilisateurs, cela devrait se traduire par une expérience en ligne plus fluide, notamment dans les services de communication, l’administration numérique et l’éducation.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 15 avril 2026 15:09 Written by

Face à l’accélération des usages numériques, le Sénégal cherche à structurer son écosystème et à mieux encadrer l’innovation. Un nouveau partenariat avec le PNUD vient appuyer cette dynamique, avec un accent sur l’intelligence artificielle et l’inclusion.

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) ont signé, mardi 14 avril à Dakar, un protocole d’accord cadre visant à structurer la gouvernance numérique du Sénégal et à accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle dans les services publics.

L’accord a été paraphé par le ministre Alioune Sall (photo, à gauche) et Njoya Tikum (photo, à droite), représentant résident du PNUD. Il intervient dans un contexte stratégique pour la politique numérique sénégalaise, marqué par l’ambition des autorités de renforcer l’inclusion numérique et de mettre en place un cadre réglementaire favorable à l’innovation. Le gouvernement qualifie ce partenariat de « structurant et orienté vers des résultats tangibles », en cohérence avec ses priorités en matière de dématérialisation des services publics et de compétitivité économique. 

La concrétisation la plus immédiate de cette coopération est attendue le 27 avril prochain avec l’inauguration de l’University Innovation Pod (UNIPOD) au sein de l’Université Amadou Mahtar Mbow. Financé à hauteur d’un million de dollars, ce hub technologique sera conçu comme un incubateur de nouvelle génération destiné à accompagner les jeunes innovateurs dans la transformation de leurs projets de recherche en solutions entrepreneuriales à fort impact. Les autorités envisagent, à terme, de répliquer ce modèle à travers le territoire national afin de renforcer le maillage des pôles d’innovation. 

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du « New Deal technologique », la stratégie nationale de transformation numérique du Sénégal. Celle-ci ambitionne notamment la création de plus de 500 start-up technologiques labellisées à l’horizon 2034 et la génération d’environ 150 000 emplois directs dans le secteur. Selon les données de StartupBlink, le pays compte actuellement une soixantaine de start-up actives, illustrant un écosystème en structuration, encore en phase de montée en puissance.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 15 avril 2026 10:16 Written by

Le mobile money s’impose en Afrique comme un pilier des transactions financières, porté par une forte adoption dans les services du quotidien et les paiements publics. En Zambie, les autorités l’intègrent désormais aux postes de péage pour moderniser la collecte routière.

L’Agence nationale du fonds routier (NRFA) a introduit un système de paiement par mobile money sur l’ensemble des postes de péage qu’elle exploite à travers la Zambie. Cette réforme vise à moderniser la collecte des redevances routières, réduire les congestions aux barrières et améliorer l’efficacité des opérations de péage.

L’initiative, présentée le dimanche 12 avril par le responsable des relations publiques de la NRFA, Alphonsius Hamachila, s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation numérique de l’agence. Le nouveau dispositif fonctionne en parallèle avec les moyens de paiement existants, notamment les espèces et la carte électronique E-Toll, offrant ainsi trois options de paiement aux usagers de la route. Selon la NRFA, ce système permet des transactions plus rapides, sécurisées et moins dépendantes de la manipulation de liquidités, tout en contribuant à la fluidification du trafic aux points de passage.

Dans la pratique, le paiement s’effectue directement via téléphone mobile. Le numéro de l’usager est saisi par l’agent au poste de péage, puis la transaction est validée instantanément sur l’appareil du conducteur. Toutefois, l’agence précise que cette solution ne s’appliquera pas aux postes de péage opérés dans le cadre de partenariats public-privé (PPP), qui conservent leurs propres systèmes de gestion.

Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la montée en puissance du mobile money en Zambie. Selon la Banque de Zambie, le secteur a franchi une étape sans précédent, avec des transactions dépassant 100 milliards de kwachas (environ 5,2 milliards $) en mars 2025, soit le niveau mensuel le plus élevé jamais enregistré, confirmant l’ampleur de l’adoption des paiements numériques dans l’économie nationale.

En intégrant ce mode de paiement dans la gestion des péages, les autorités misent sur une amélioration de la collecte des recettes destinées à l’entretien et à la modernisation du réseau routier national. Le système devrait également réduire les risques liés à la gestion des espèces et améliorer la transparence des transactions.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 14 avril 2026 13:15 Written by

Les pays africains intensifient leurs efforts en matière de cybersécurité. Elle est désormais considérée comme une condition essentielle pour tirer pleinement parti des avantages de la transformation numérique.

Les autorités mozambicaines misent sur l’expertise européenne pour renforcer la cybersécurité. Le pays poursuit ses efforts afin de protéger son cyberespace national face aux menaces croissantes liées à l’accélération de la transformation numérique.

Révélée le lundi 13 avril par l’Instituto Nacional de Tecnologias de Informação e Comunicação (INTIC), cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme TAIEX de la Commission européenne. Ce dispositif d’assistance technique et d’échange d’informations vise à partager les connaissances et les bonnes pratiques de l’Union européenne afin de soutenir les réformes institutionnelles et juridiques dans les pays partenaires.

Dans ce cadre, une équipe de cinq techniciens de l’Équipe de réponse aux incidents cybernétiques (CSIRT) de l’INTIC séjourne actuellement à Lisbonne pour une visite d’étude et une formation intensive auprès du Centre national de cybersécurité du Portugal (CNCS), avec un accent particulier sur les échanges avec le CERT.PT. Cette mission a pour objectif principal le renforcement des compétences techniques, la consolidation des capacités de réponse aux incidents et la promotion des bonnes pratiques internationales.

Le partenariat prévoit également une deuxième phase, au cours de laquelle des experts européens se rendront au Mozambique afin de poursuivre les actions de renforcement des capacités sur place, garantissant un transfert de connaissances adapté au contexte local. Au-delà de la formation technique, cette coopération vise aussi à soutenir l’élaboration de politiques publiques alignées sur les standards internationaux, notamment en matière de lutte contre les fraudes numériques et l’usurpation d’identité en ligne.

À travers ce partenariat, le Mozambique poursuit son recours à l’expertise internationale dans le cadre de ses efforts pour renforcer la sécurité de son cyberespace national. Le pays s’est rapproché en février dernier des États-Unis, considérés comme l’un des modèles mondiaux en matière de cybersécurité selon l’Union internationale des télécommunications (UIT). En novembre 2025, Maputo avait déjà signé un protocole d’accord avec le Togo dans le domaine de la cybersécurité. L’accord couvre le renforcement des capacités techniques et opérationnelles des CSIRT des deux pays, le partage d’informations sur les menaces émergentes ainsi que l’échange de bonnes pratiques.

Le Mozambique fait également partie de plusieurs instruments internationaux, lui offrant un cadre de coopération. Il s’agit de la Convention des Nations unies contre la cybercriminalité, la Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données personnelles (Convention de Malabo) et la Convention de Budapest sur la cybercriminalité. Le partenariat avec l’Union européenne devrait également lui ouvrir les portes du Forum of Incident Response and Security Teams (FIRST), une association internationale regroupant des équipes d’intervention en cas d’incidents de sécurité informatique.

Pour l’heure, le Mozambique se classe au troisième palier sur cinq de l’indice global de l’UIT en 2024, avec un score de 66,05 sur 100. Si les résultats sont jugés relativement satisfaisants sur le plan organisationnel et en matière de coopération, des défis subsistent dans les domaines des mesures juridiques, techniques et du développement des capacités.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 14 avril 2026 12:50 Written by

Au cours des deux dernières années, l’Afrique s’est illustrée comme le principal contributeur à la bonne performance financière du groupe Orange. Le continent, qui regorge encore d’un potentiel inexploité, est aujourd’hui placé au cœur de la stratégie quinquennale de croissance du groupe de télécommunications.

Alors que ses marchés historiques européens arrivent à maturité, Orange déplace son centre de gravité vers la région Afrique et Moyen-Orient. Le groupe français de télécommunications y annonce plus de 5 milliards d’euros d’investissements entre 2026 et 2028, le doublement de sa base fibre et la construction de plus de 15 000 nouveaux sites télécoms en zones rurales, dans le cadre de son nouveau plan stratégique, baptisé « Trust the Future ».

Présenté à la presse internationale le mercredi 8 avril 2026 à Casablanca, au Maroc, ce plan, qui fait de la confiance son axe principal, s’articule autour de trois ambitions destinées à tirer parti de la solidité de sa base de clients : la proximité client, la croissance par l’innovation et l’excellence à grande échelle. Pour Christel Heydemann (photo), directrice générale du groupe, il s’agit de rassurer les consommateurs sur la disponibilité, la qualité, l’utilité et la fiabilité des services offerts par Orange dans la région, notamment en matière de connectivité à haut débit, socle de la transformation numérique.

« Dans un monde où la complexité numérique et les risques augmentent, les attentes en matière de qualité de service, de sécurité et de simplicité évoluent rapidement, tandis que l’IA transforme chaque secteur. Dans ce contexte, la confiance devient un critère décisif de choix. Trust the Future concrétise l’avantage d’Orange en matière de confiance grâce à des réseaux fiables, une cybersécurité intégrée, des pratiques responsables en matière de données et d’IA, ainsi que des expériences utilisateur fluides. La confiance est la fondation sur laquelle le Groupe construira son avenir », apprend-on.

La connectivité comme socle 

Les grandes ambitions de croissance d’Orange en Afrique s’appuient sur les dynamiques de transformation profonde dont le continent est aujourd’hui l’un des principaux foyers. Le mobile y constitue déjà un levier essentiel de développement économique et social. L’écosystème mobile représente ainsi 7,7 % du produit intérieur brut (PIB), soit 220 milliards de dollars en 2024, et pourrait atteindre 270 milliards USD d’ici à 2030 selon la GSM Association (GSMA).

Cette dynamique repose sur plusieurs tendances de fond : une population jeune et en forte expansion, une progression rapide des usages numériques, une adoption croissante des services fondés sur la data ainsi que des réseaux 4G et 5G, un essor continu des services financiers mobiles et une demande accrue de solutions utiles, accessibles et ancrées dans les usages locaux.

Dans le cadre de cette nouvelle relation de confiance fondée sur la proximité client, la croissance par l’innovation et l’excellence à grande échelle, Orange vise plus de 40 millions de nouveaux utilisateurs 4G et 5G d’ici 2028. En 2025, l’opérateur revendiquait 179 millions de clients sur ses 17 marchés africains ainsi qu’en Jordanie, soit une hausse de 14 millions d’abonnés en un an. Il comptait également plus de 90 millions de clients 4G, tandis que la 5G était disponible sur 7 marchés : l’Égypte, le Maroc, la Tunisie, la Jordanie, le Sénégal, le Botswana et Madagascar. Le parc fibre et haut débit fixe totalisait, lui, 4,8 millions de clients.

Consolider le rôle de l’Afrique

La montée en puissance du groupe en Afrique ne concerne pas seulement les réseaux. Orange entend aussi faire du continent un terrain de croissance pour ses services à plus forte valeur ajoutée : finance mobile, super-app, cloud, cybersécurité, intelligence artificielle et services aux entreprises. Dans sa présentation, le groupe affiche une ambition de croissance à deux chiffres dans le B2B, avec un accent particulier sur les services informatiques, tandis que l’IA et les modèles de langage doivent irriguer à la fois les réseaux et les offres commerciales.

L’idée est claire : ne plus seulement connecter, mais capter une part croissante de la valeur numérique produite sur le continent, dont l’importance stratégique apparaît déjà dans les résultats financiers du groupe. En 2025, la zone Afrique et Moyen-Orient a été le principal contributeur à la progression d’Orange, avec 8,4 milliards d’euros de revenus, en hausse de 12,2 %. L’EBITDAaL (résultat opérationnel courant avant prise en compte des dotations aux amortissements ou dépréciations des immobilisations corporelles et incorporelles, et de l’impact des charges liées aux rémunérations sous forme de stock-options/actions) a également progressé de 13,9 %.

Cependant, les ambitions africaines d’Orange ne sont pas à l’abri de vents contraires. Le dernier bulletin semestriel du Groupe de la Banque mondiale sur la situation économique en Afrique subsaharienne, publié le 8 avril 2026, prévoit que la croissance se maintiendra à 4,1 % en 2026 (soit le même rythme qu’en 2025), tout en constatant une intensification des risques de dégradation.

Le renchérissement des combustibles, des denrées alimentaires et des engrais, conjugué au durcissement des conditions financières, risque fortement de tirer l’inflation à la hausse, de perturber l’activité économique et de toucher plus durement les ménages les plus vulnérables, qui consacrent une part plus importante de leurs revenus à l’alimentation et à l’énergie.

Muriel EDJO

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Posted On mardi, 14 avril 2026 05:51 Written by

La cybersécurité fait partie des priorités des autorités namibiennes, qui ont fait du numérique un pilier du développement socio‑économique. Le gouvernement a alloué un budget de 1 million $ au secteur pour l’exercice financier 2026/2027.

La Namibie a enregistré 1,7 million de cyberattaques entre janvier et décembre 2025, selon les autorités, soit une hausse d’environ 37 % par rapport à la même période de l’année précédente. C’est ce que révèle le « Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025 ».

Le rapport, publié le vendredi 11 avril par l’Équipe namibienne de réponse aux incidents cybernétiques (NAM‑CSIRT), indique que 2 231 970 vulnérabilités ont été identifiées au cours de l’année. Celles‑ci ont directement facilité les attaques observées, notamment les attaques par déni de service distribué (DDoS), la propagation de malwares et les accès distants non autorisés.

Selon le document, l’année 2025 marque un net basculement vers une exploitation massive de la confiance, où l’ingénierie sociale et les tromperies assistées par l’intelligence artificielle amplifient les cas traditionnels. Au premier trimestre, les cas ont notamment inclus des campagnes de deepfake générées par l’IA pour promouvoir des schémas d’investissement frauduleux. À mi‑année, le phishing via Telegram et les autres formes d’ingénierie sociale sont restés très présents.

Le rapport souligne également l’émergence de ransomwares au niveau municipal, utilisant des techniques de double extorsion, ainsi que des campagnes de smishing imitant des services de livraison et des vidéos deepfake mettant en scène de hauts responsables, illustrant un écosystème de fraude de plus en plus structuré et alimenté par la désinformation générée par l’IA.

Une dynamique globale et continentale 

Cette augmentation des fraudes s’inscrit dans un contexte global et continental. Dans son « Cybercrime Africa Cyberthreat Assessment 2025 », Interpol indique que l’accélération de la cybercriminalité en Afrique est facilitée par l’essor des activités en ligne comme les services numériques, les réseaux sociaux, le commerce numérique et la banque mobile.

Interpol souligne dans son rapport que « les cybercriminels affinent en permanence leurs tactiques, en recourant à l’ingénierie sociale, à l’intelligence artificielle et aux plateformes de messagerie instantanée pour lancer des attaques de plus en plus sophistiquées. Les réseaux cybercriminels, qu’ils soient locaux ou internationaux, exploitent les vulnérabilités humaines comme méthode principale, utilisant des techniques de tromperie avancées pour cibler organisations et individus ».

Des mesures pour sécuriser l’avenir numérique de la Namibie 

La NAM‑CSIRT souligne que le déploiement de l’e‑ID, l’essor des services numériques et la croissance des infrastructures rendent l’intégration de la cybersécurité au développement national de plus en plus urgente. Une approche globale impliquant l’État, les régulateurs, les secteurs critiques, les entreprises, le monde académique et les citoyens est jugée essentielle pour préserver la confiance numérique et assurer la continuité des services.

Dans ce contexte, le « Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025 » recommande de finaliser le cadre juridique relatif à la cybercriminalité, à la protection des données et aux infrastructures critiques. Il appelle également à renforcer les capacités du NAM‑CSIRT afin d’améliorer la surveillance, la détection et la coordination des incidents.

Le rapport préconise la création de CSIRT sectoriels dans les principaux secteurs et la réduction des vulnérabilités critiques, comme les systèmes obsolètes et mal sécurisés. Il insiste aussi sur l’accélération du déploiement de l’identité numérique et des services de confiance. Les autorités sont invitées à rendre obligatoire l’authentification à plusieurs facteurs, à renforcer la sensibilisation aux menaces telles que le phishing et les deepfakes. Elles doivent également améliorer le partage d’informations sur les cybermenaces.

Enfin, le document met l’accent sur le renforcement de la gouvernance cyber via les normes internationales. Il recommande également un soutien accru aux PME et aux administrations disposant de faibles ressources afin d’améliorer leur niveau de protection.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Posted On lundi, 13 avril 2026 12:51 Written by
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