Face à la montée en puissance de l’IA dans l’éducation et la recherche, l’Algérie mise sur de nouvelles infrastructures technologiques. L’ouverture d’un premier centre consacré à l’enseignement virtuel illustre l’ambition du pays d’accélérer la transformation numérique de ses universités.

L’Algérie poursuit sa stratégie de transformation numérique de l’enseignement supérieur. Le lundi 8 juin, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a inauguré à Sidi Abdellah, près d’Alger, le premier centre national dédié aux technologies et à l’innovation dans les systèmes d’enseignement virtuel. L’initiative vise à intégrer davantage l’intelligence artificielle et les outils numériques dans les pratiques pédagogiques et la recherche scientifique.

Le centre est conçu comme une plateforme de développement et d’expérimentation de nouvelles méthodes d’apprentissage. Il dispose d’infrastructures numériques, de plateformes d’enseignement à distance et de ressources spécialisées destinées à soutenir la numérisation des formations et de la recherche scientifique. Les autorités espèrent ainsi améliorer la qualité de l’enseignement, favoriser l’innovation pédagogique et préparer les étudiants à des métiers de plus en plus marqués par l’usage des technologies émergentes.

Cette orientation s’inscrit dans une ambition plus large de bâtir une économie davantage fondée sur la connaissance et l’innovation. Les pouvoirs publics ont fixé l’objectif de porter à 20 000 le nombre de start-up dans le pays d’ici 2029, en s’appuyant notamment sur les universités comme réservoir de compétences et d’innovation.

Le projet s’inscrit également dans la stratégie portée par le ministère de l’Enseignement supérieur visant à faire émerger une « université de quatrième génération », fondée sur la numérisation des services, l’apprentissage intelligent et l’utilisation des technologies avancées. Dans cette dynamique, l’Algérie a introduit de nouvelles filières liées à l’intelligence artificielle, renforcé l’usage des outils numériques dans l’orientation des étudiants et développé des infrastructures de calcul dédiées à l’IA au sein de l’École nationale supérieure d’intelligence artificielle.

Pour les autorités, l’enjeu dépasse le seul cadre académique. Le développement d’un écosystème national de l’intelligence artificielle est désormais perçu comme un levier de compétitivité économique et de souveraineté numérique. En renforçant les capacités de formation, de recherche et d’innovation, Alger entend disposer des compétences nécessaires pour accompagner la transformation numérique des secteurs productifs et réduire sa dépendance aux technologies développées à l’étranger.

Samira Njoya

Lire aussi:

Algérie : vers la création d’un pôle technologique pour moderniser l’administration

Posted On mardi, 09 juin 2026 10:37 Written by

Alors que les données sont de plus en plus considérées comme une ressource stratégique au même titre que les infrastructures ou l’énergie, le Kenya prépare un cadre permettant de les commercialiser. L’objectif est de soutenir l’innovation tout en créant de nouvelles sources de revenus pour l’État.

Le Kenya poursuit sa stratégie de valorisation de l’économie numérique. Le gouvernement prévoit de créer un marché national dédié aux données publiques anonymisées, accessible aux entreprises, chercheurs, ONG et innovateurs. L’initiative figure dans le projet de Politique nationale de gouvernance des données publié fin mai par le ministère de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique.

Le projet prévoit la mise en place d’un Conseil national de gouvernance des données et des technologies émergentes, chargé de centraliser les informations produites par les administrations publiques et d’encadrer leur mise à disposition. Les autorités ambitionnent de rendre accessibles au moins 1000 jeux de données au cours des cinq prochaines années via une plateforme nationale dédiée.

Les données concernées proviendraient notamment de la plateforme gouvernementale eCitizen, utilisée pour de nombreux services administratifs. Elles incluraient des statistiques agrégées sur les créations d’entreprises, les demandes de passeports, les transactions foncières, les immatriculations de véhicules ou encore certaines données agricoles et démographiques. Les informations permettant d’identifier directement une personne, comme les noms, numéros de téléphone, adresses ou pièces d’identité, resteraient exclues du dispositif conformément à la législation kényane sur la protection des données.

Cette orientation s’inscrit dans une vision plus large portée par les autorités kényanes, qui considèrent désormais la donnée comme un actif stratégique. Dans les documents préparatoires de la future politique, le gouvernement estime que les administrations publiques disposent d’importants volumes de données encore sous-exploités en raison de systèmes fragmentés, de standards hétérogènes et d’un partage limité entre institutions.

Au-delà de la génération de revenus, Nairobi espère stimuler l’innovation locale. L’accès à des données structurées pourrait favoriser le développement de nouveaux services numériques, d’outils d’analyse, de solutions d’intelligence artificielle ou encore de produits financiers adaptés à différents secteurs de l’économie. Les autorités citent notamment les domaines de l’agriculture, des transports, de la santé ou de la planification urbaine parmi les principaux bénéficiaires potentiels.

Le projet suscite néanmoins des interrogations sur les garanties de confidentialité et les risques de réidentification des données une fois celles-ci commercialisées. Ces préoccupations alimentent déjà le débat public au Kenya, où certains observateurs appellent à un renforcement des mécanismes de contrôle avant toute mise en œuvre du futur marché.

Si elle aboutit, l’initiative placerait le Kenya parmi les premiers pays africains à chercher à structurer un véritable marché national des données publiques. Une démarche qui reflète l’évolution croissante des politiques numériques sur le continent, où la donnée est de plus en plus perçue comme une ressource économique à part entière.

Samira Njoya

Lire aussi:

 Le Kenya signe avec Google pour doubler ses flux touristiques en 2026

Posted On mardi, 09 juin 2026 07:44 Written by

Face à la multiplication des arnaques numériques, des usurpations d’identité et des contenus illicites sur Internet, Maurice envisage de mettre en place un mécanisme de vérification d’identité pour les utilisateurs des réseaux sociaux. Une initiative qui intervient alors que les signalements de cyberincidents continuent de progresser dans le pays.

Le gouvernement mauricien entend renforcer la traçabilité des activités sur les réseaux sociaux. Le ministère des Technologies de l’information, de la Communication et de l’Innovation prévoit d’engager des consultations avec les différentes parties prenantes en vue de mettre en place un mécanisme de vérification d’identité des utilisateurs des plateformes numériques. L’initiative a été annoncée à l’issue du Conseil des ministres du vendredi 5 juin.

Les autorités justifient cette réflexion par la recrudescence des abus commis en ligne. Sont notamment visés les faux profils, l’usurpation d’identité, la diffusion de fausses informations, les contenus haineux ou diffamatoires, ainsi que les fraudes numériques et les contenus liés à l’exploitation sexuelle des enfants.

Selon le ministre Avinash Ramtohul, plus de 2300 cas de préjudices en ligne ont déjà été signalés depuis le début de l’année 2026. Les escroqueries reposant sur l’ingénierie sociale figurent parmi les menaces les plus préoccupantes. Elles consistent notamment à tromper les victimes afin d’obtenir des codes de vérification ou des informations personnelles permettant de prendre le contrôle de comptes de messagerie ou de réseaux sociaux.

Cette initiative intervient dans un contexte de pression croissante sur les autorités mauriciennes. D’après les données présentées par le Computer Emergency Response Team de Maurice (CERT-MU), 6073 incidents cybernétiques ont été recensés dans le pays en 2025, dont 913 cas de fraudes et d’escroqueries numériques.

Les services chargés de la lutte contre la cybercriminalité font également état d’une hausse continue des dossiers traités. Entre janvier 2023 et janvier 2026, plus de 930 affaires liées à des escroqueries et fraudes en ligne ont été instruites par les autorités, conduisant à 130 arrestations.

Au-delà de la lutte contre la fraude, le projet soulève toutefois des questions liées à la protection de la vie privée et à la liberté d’expression. Plusieurs pays africains expérimentent déjà des mécanismes visant à renforcer l’identification des internautes. Au Gabon, par exemple, une ordonnance publiée en avril 2026 a mis fin à l’anonymat sur les plateformes numériques. Les utilisateurs doivent désormais fournir des informations permettant leur identification, notamment leur nom, leur domicile et leur Numéro d’identification personnel (NIP), dans le cadre d’un dispositif destiné à lutter contre la désinformation, les contenus illicites et les abus en ligne.

Pour Maurice, l’enjeu sera de trouver un équilibre entre sécurité numérique et respect des libertés individuelles. Les consultations annoncées devront notamment déterminer les modalités techniques du dispositif, son articulation avec les plateformes internationales et les garanties offertes en matière de protection des données personnelles. Alors que les cybermenaces gagnent en sophistication, les autorités cherchent à renforcer la confiance dans l’espace numérique sans compromettre les droits fondamentaux des internautes.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Réseaux sociaux: au Gabon, les utilisateurs doivent désormais s’identifier formellement

Posted On lundi, 08 juin 2026 09:52 Written by

L'accès aux talents est un facteur clé dans le développement de l'économie digitale. Forte de l'un des plus importants viviers de diplômés d'Afrique, l'Égypte multiplie les initiatives pour former une nouvelle génération de spécialistes capables d'accompagner ses ambitions numériques.

L’Agence égyptienne de développement de l’industrie des technologies de l’information (ITIDA) a annoncé, le jeudi 4 juin, le lancement de la plus importante édition de son programme estival de formation aux compétences numériques. Cette année, l’initiative ambitionne de former 10 000 étudiants universitaires aux métiers technologiques les plus recherchés sur le marché, dans un contexte de forte demande mondiale en talents numériques.

Mis en œuvre en partenariat avec l’Institut national des télécommunications (NTI), le programme est ouvert aux étudiants issus de filières techniques et non techniques. Les formations portent notamment sur l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le développement logiciel, la science des données, le cloud computing, le marketing numérique, l’électronique et le design numérique. Au-delà des enseignements théoriques, les participants bénéficieront de projets pratiques et de modules dédiés aux compétences professionnelles, afin de faciliter leur insertion sur le marché du travail.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie égyptienne pour consolider sa position parmi les principaux pôles régionaux de services numériques et d’externalisation. Grâce à un important vivier de diplômés au sein d'une population de plus de 110 millions d’habitants, et une position géographique à la croisée de l’Europe, de l’Afrique et du Moyen-Orient, le pays attire un nombre croissant d’entreprises internationales spécialisées dans les technologies, les centres de services et l’externalisation des processus métiers.

Le programme survient aussi dans un contexte ou l’Égypte cherche à renforcer les compétences de sa main-d’œuvre dans le numérique. Les autorités ambitionnent de former environ 800 000 personnes aux technologies de l’information et de la communication (TIC) en 2026 à travers différents dispositifs publics. Le pays délivre par ailleurs près de 750 000 diplômes universitaires chaque année, dont une part importante dans les filières scientifiques, technologiques et d’ingénierie, constituant ainsi l’un des plus grands réservoirs de talents de la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique).

Cette montée en compétences accompagne les ambitions économiques du secteur égyptien du numérique. Le ministère des Communications et des Technologies de l’information vise à porter les exportations de services d’externalisation à 6 milliards USD en 2026, contre environ 5,2 milliards USD en 2025. Sur un marché mondial marqué par une pénurie persistante de profils qualifiés dans l’IA, la cybersécurité ou encore l’ingénierie logicielle, Le Caire cherche à transformer son avantage démographique en levier de croissance et à renforcer son attractivité auprès des multinationales en quête de talents numériques.

Samira Njoya

Lire aussi:  Le Gabon mobilise près de 9 millions $ pour renforcer la formation aux métiers du numérique

Compétences numériques : 10 secteurs porteurs pour l'emploi en Afrique d'ici 2030

Posted On dimanche, 07 juin 2026 05:50 Written by

Alors que plusieurs applications sont déjà utilisées dans les tribunaux malgaches pour gérer les dossiers civils, pénaux et fonciers, les autorités veulent franchir une nouvelle étape dans la modernisation de la justice. Une plateforme dédiée au casier judiciaire est notamment en cours de conception.

Madagascar poursuit la modernisation progressive de son système judiciaire à travers l’extension de ses services numériques. Les autorités judiciaires ont annoncé le mardi 2 juin, à l’occasion du 65e anniversaire de la Cour suprême, une nouvelle phase de cette transformation, marquée par la préparation d’une plateforme dédiée au casier judiciaire. L’initiative est appelée à renforcer la dématérialisation des démarches administratives dans le secteur.

Selon les responsables, plusieurs outils numériques sont déjà déployés dans les juridictions du pays, tels que Logipenal, Logicivil, INFO, PAC, ILO ou encore IGAP. Lesdites plateformes ont pour rôle la gestion des affaires civiles, pénales, commerciales et foncières avec l’objectif d’améliorer le traitement des dossiers, renforcer leur traçabilité et réduire les délais administratifs au sein des tribunaux. Les autorités estiment que cette transformation vise à répondre à l’une des principales attentes des usagers : une justice plus rapide et plus accessible. Le défi reste toutefois d’étendre ces outils à l’ensemble du territoire afin d’assurer une couverture homogène des services judiciaires.

L’intelligence artificielle figure également parmi les technologies étudiées pour accompagner cette transformation. Déjà utilisée dans certaines tâches de recherche et de gestion documentaire, elle pourrait contribuer à améliorer l’efficacité du traitement des dossiers. Les autorités insistent néanmoins sur le fait que ces outils doivent demeurer une aide à la décision et non se substituer au rôle du magistrat.

Dans ce contexte, la Commission malgache de l’Informatique et des Libertés (CMIL) plaide pour un encadrement réglementaire de l’usage de l’intelligence artificielle dans le secteur judiciaire. Les travaux engagés devraient aboutir à l’élaboration d’un cadre destiné à concilier innovation technologique avec la protection des données personnelles et le respect des principes fondamentaux de la justice.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Madagascar : vers une université publique 100 % numérique

Posted On vendredi, 05 juin 2026 12:24 Written by

L’intelligence artificielle est appelée à constituer l’un des principaux moteurs de la transformation numérique du Maroc. Pour accélérer son déploiement, le gouvernement mise sur la collaboration avec Orange dans le cadre d’une stratégie qui prévoit la création de 50 000 emplois.

Le Maroc poursuit la mise en œuvre de sa stratégie de développement de l’intelligence artificielle. Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration a signé le jeudi 4 juin à Casablanca un mémorandum d’entente avec Orange Maroc pour renforcer leur coopération dans l’expérimentation et le déploiement de solutions d’IA. L’accord a été conclu par la ministre déléguée Amal El Fallah Seghrouchni et le directeur général d’Orange Maroc, Hendrik Kasteel.

À travers ce partenariat, les deux parties entendent développer des cas d’usage concrets alignés sur les priorités de transformation numérique du royaume. L’accent sera notamment mis sur l’e‑gouvernement afin d’améliorer la qualité et l’efficacité des services publics. Des projets pilotes ont déjà été identifiés et seront développés conjointement dans les prochains mois.

Orange Maroc mettra également à contribution ses infrastructures et son expertise technologique pour tester des applications dans plusieurs secteurs jugés stratégiques, notamment l’e‑santé, l’e‑éducation et l’e‑agriculture. Pour les autorités marocaines, l’enjeu est d’accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle dans des domaines susceptibles d’avoir un impact direct sur les citoyens et la compétitivité de l’économie.

Cette coopération s’inscrit dans les ambitions stratégiques affichées par le Maroc pour le développement de l’intelligence artificielle. Le gouvernement a fait de cette technologie l’un des piliers de sa stratégie « Maroc Digital 2030 » et de sa feuille de route « AI Made in Morocco », qui visent à accélérer la transformation numérique des administrations, des entreprises et des services publics.

Les autorités marocaines projettent une contribution de l’intelligence artificielle à hauteur de 100 milliards de dirhams (environ 11 milliards USD) au produit intérieur brut à l’horizon 2030. Cette dynamique devrait également permettre la création de 50 000 emplois spécialisés et la formation de 200 000 diplômés aux compétences liées à l’IA. Dans ce contexte, le partenariat conclu avec Orange Maroc vise à accélérer le passage des stratégies aux applications concrètes, en s’appuyant sur les infrastructures, les compétences et les capacités d’innovation du secteur privé.

Samira Njoya

Lire aussi:

Le Maroc mise sur l’IA pour générer 11 milliards $ de PIB additionnel d’ici 2030

Posted On vendredi, 05 juin 2026 09:45 Written by

Les ruptures de stocks de médicaments et vaccins restent l’un des principaux défis des systèmes de santé africains. En RDC, les autorités misent sur le numérique pour améliorer le suivi logistique et renforcer l’approvisionnement des structures sanitaires.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a lancé la semaine dernière à Kinshasa, la phase pilote de LOGIMEV, un système numérique destiné à moderniser la gestion logistique des produits sanitaires. Développée sur la plateforme OpenLMIS avec l’appui de plusieurs partenaires internationaux, cette solution vise améliorer le suivi des stocks de médicaments et vaccins, ainsi que la circulation des données logistiques dans le système sanitaire congolais.

« Cet événement marque une étape décisive dans l'approvisionnement des produits de santé au sein du ministère de la Santé. Grâce à cette initiative, nous disposeront progressivement d'un système intégré capable de fournir des données logistiques fiables et en temps réel pour prise de décision a tout le niveau de notre système de santé », a déclaré le docteur Body Ilonga, secrétaire général à la Santé.

Porté par le ministère de la Santé publique, le projet est mis en œuvre avec le soutien de partenaires tels que l'Alliance Gavi, UNICEF, VillageReach et la Clinton Health Access Initiative (CHAI). Les autorités présentent cette initiative comme une étape dans la digitalisation du système de santé national, avec pour objectif de disposer de données logistiques centralisées et accessibles en temps réel, afin d’améliorer la prise de décision.

Le système a été configuré pour assurer le suivi de 154 produits couvrant 14 programmes nationaux, dont le Programme élargi de vaccination (PEV). La phase pilote sera déployée dans les provinces de Kinshasa et du Maniema, avant une extension progressive à l’échelle nationale. Le projet entre dans le cadre du Plan national de développement sanitaire 2024-2033, qui prévoit une modernisation des outils de gestion et des infrastructures du secteur.

L'initiative survient aussi dans un contexte où plusieurs pays africains accélèrent la numérisation de leurs systèmes sanitaires, afin d’améliorer la disponibilité des médicaments et la gestion des campagnes de vaccination. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les ruptures de stocks et les insuffisances logistiques figurent parmi les principaux facteurs limitant l’accès aux soins sur le continent. Les plateformes numériques de gestion logistique sont ainsi de plus en plus utilisées pour renforcer la visibilité des chaînes d’approvisionnement et réduire les pertes de produits de santé.

En République démocratique du Congo, où les défis logistiques restent importants en raison de l’étendue du territoire et des difficultés d’accès à certaines zones, les autorités espèrent que cette digitalisation contribuera à améliorer la disponibilité des vaccins et médicaments dans les centres de santé. À terme, LOGIMEV pourrait aussi favoriser l’interopérabilité entre les différents programmes sanitaires, et renforcer la résilience du système de santé congolais.

Samira Njoya 

Lire aussi: Au Ghana, Rivia combine cliniques connectées et téléconsultation pour fluidifier les soins

Posted On jeudi, 04 juin 2026 16:54 Written by

Face aux exigences d’un service public plus rapide et plus accessible, le Maroc renforce la transformation de ses administrations. Les services de sécurité s’inscrivent désormais dans cette dynamique de modernisation orientée vers la qualité de service.

Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration et la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) ont signé le mercredi 3 juin, à Rabat, une convention‑cadre pour améliorer l’accueil des citoyens dans les services de police à travers le royaume. L’accord a été paraphé par la ministre déléguée chargée de la Transition numérique, Amal El Fallah Seghrouchni, et le directeur général de la DGSN, Abdellatif Hammouchi.

La convention prévoit la mise en œuvre de programmes pilotes ainsi que le développement d’infrastructures numériques et matérielles destinées à moderniser les conditions d’accueil dans les commissariats et services de sécurité. L’objectif est d’expérimenter de nouveaux dispositifs avant leur généralisation progressive à l’ensemble du territoire.

Au‑delà des aspects techniques, cet accord entend renforcer la coopération institutionnelle entre les deux départements. Il s’agit notamment d’accompagner la modernisation du service public policier et de renforcer son intégration dans le chantier de transformation numérique de l’administration publique.

L’initiative s’inscrit dans un processus plus large de modernisation engagé depuis plusieurs années par la police marocaine. Fin 2024, la DGSN a lancé la plateforme « E‑Police », qui permet aux citoyens d’effectuer en ligne plusieurs démarches administratives, notamment la demande de documents policiers, la prise de rendez‑vous ou encore le suivi de certaines procédures à distance.

L’institution a également développé un écosystème numérique reposant sur l’identité numérique et la dématérialisation progressive de plusieurs services administratifs. Selon la DGSN, cette stratégie vise à réduire les déplacements des usagers, accélérer le traitement des demandes et renforcer la protection des données personnelles.

La convention signée à Rabat s’inscrit également dans une logique de généralisation des standards de qualité de service au sein des administrations publiques. Elle prévoit une phase d’expérimentation à travers des projets pilotes, dont les résultats serviront de base à un déploiement plus large dans les différentes structures de la DGSN à l’échelle nationale.

Samira Njoya

Lire aussi:

 Administration numérique : le Maroc modernise la délivrance des cartes d’identité

Posted On jeudi, 04 juin 2026 09:26 Written by

Les initiatives numériques se multiplient au sein des collectivités camerounaises, mais leur déploiement reste inégal d’un territoire à l’autre. Les autorités misent sur une approche coordonnée pour favoriser l’interopérabilité des systèmes et améliorer la qualité des services rendus aux populations.

Le gouvernement camerounais recherche des financements pour mettre en œuvre DIGI‑CoR, un programme de 92 milliards FCFA (≈ 163 millions $) visant à accélérer la transformation numérique des collectivités territoriales décentralisées (CTD). Présenté le mardi 2 juin à Yaoundé aux partenaires techniques et financiers, le projet ambitionne de moderniser l’administration locale, renforcer l’accès aux services publics numériques et réduire les disparités territoriales en matière de connectivité et d’équipements.

Le programme prévoit notamment le déploiement d’infrastructures numériques, l’amélioration de la connectivité, l’équipement des collectivités en matériels informatiques et énergétiques, ainsi que la mise en place de plateformes numériques interopérables. L’objectif est de permettre aux différents systèmes déjà déployés par l’administration locale de communiquer entre eux pour améliorer la circulation de l’information et l’efficacité des services.

L’initiative intervient dans un contexte où la transition numérique des collectivités reste inégale. Selon les données présentées par les autorités, 68,5 % des CTD ne disposent pas de réseaux informatiques structurés et 57,8 % ne possèdent pas de personnel spécifiquement formé aux outils numériques. Cette situation freine la modernisation des services administratifs alors même que les communes et les régions sont appelées à jouer un rôle croissant dans le développement local.

DIGI‑CoR entend également mutualiser certaines infrastructures afin de réduire les coûts d’investissement et d’exploitation. Plutôt que de développer des solutions isolées, les collectivités pourront s’appuyer sur des ressources partagées pour l’hébergement des données, la cybersécurité ou encore la gestion des services numériques. Le programme prévoit par ailleurs le renforcement des compétences des agents publics et la mise en place d’un cadre normatif destiné à harmoniser la transformation numérique à l’échelle nationale.

Pour les citoyens, les autorités attendent une simplification des démarches administratives, une réduction des délais de traitement et un meilleur accès à l’information publique. Les collectivités devraient pour leur part bénéficier d’une amélioration de la mobilisation des recettes locales, d’une gestion administrative plus efficace et d’outils de pilotage fondés sur la donnée.

Le projet s’appuie sur plusieurs initiatives déjà engagées dans le pays. À ce jour, 335 portails communaux ont été développés dans le cadre des premiers programmes de numérisation des communes, tandis que 145 collectivités ont déjà bénéficié d’équipements financés par le Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention Intercommunale (FEICOM). Toutefois, les autorités estiment que ces initiatives demeurent fragmentées et insuffisamment interconnectées, limitant leur impact à l’échelle nationale.

Selon les projections, la mise en œuvre de DIGI‑CoR pourrait générer plus de 9200 emplois directs, indirects et induits sur trois ans, dont une part significative pour les jeunes et les femmes. Les autorités y voient l’un des principaux leviers pour accélérer la modernisation de l’administration territoriale et soutenir le développement de l’économie numérique locale.

Samira Njoya

Lire aussi:

Cameroun : le ministère de la Fonction publique signe avec Camtel pour garantir l’accessibilité de ses e-services 

Cameroun : l’Agence nationale de promotion des PME déploie deux applications numériques destinées aux porteurs de projet

Posted On jeudi, 04 juin 2026 09:04 Written by

La digitalisation des services judiciaires change progressivement la manière dont les citoyens accèdent au droit au Burkina Faso. Mais cette évolution reste freinée par une fracture numérique persistante entre zones urbaines et rurales.

Le Burkina Faso poursuit la modernisation de son système judiciaire à travers le numérique. Les plateformes déployées par le ministère de la Justice ont permis la délivrance de plus de 600 000 casiers judiciaires et près de 70 000 certificats de nationalité, illustrant l’accélération de la dématérialisation des services destinés aux citoyens. Ces chiffres ont été dévoilés à l’occasion du Forum national sur la digitalisation de la justice, organisé du mardi 2 au mercredi 3 juin à Ouagadougou.

Ces résultats témoignent des progrès enregistrés ces dernières années dans la mise en ligne de certaines procédures administratives. Outre les plateformes dédiées au casier judiciaire et au certificat de nationalité, le pays a lancé en février dernier un service numérique consacré aux actes dérivés du Registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM), qui a déjà permis la délivrance d’environ 2000 documents. Les autorités ont également mis en place un système permettant le dépôt et le suivi en ligne des plaintes pénales.

Cependant, l’accès aux services judiciaires numériques demeure confronté à un obstacle majeur : la fracture numérique. Selon les données présentées lors du Forum national sur la digitalisation de la justice, le taux d’accès à Internet atteint environ 72 % dans les zones urbaines, contre seulement 27 % dans les zones rurales. Une situation qui reflète les inégalités d’accès aux technologies numériques dans le pays. Selon des données de la Banque mondiale en 2024, seulement 37,24 % des habitants disposaient d’un smartphone. D’après DataReportal, le pays comptait 5,42 millions d'internautes à la fin de 2025.

Cette fracture numérique constitue un enjeu majeur pour les ambitions de transformation de l’administration. Si les services en ligne permettent de réduire les délais de traitement et les déplacements des usagers, leur impact reste limité tant qu’une part importante de la population demeure privée des équipements ou de la connectivité nécessaires pour y accéder.

Les autorités réfléchissent également à d’autres mesures d’accompagnement. Parmi les pistes évoquées figurent l’intégration des langues nationales dans les plateformes numériques, le développement de solutions adaptées aux personnes peu alphabétisées ainsi que l’extension des infrastructures de connectivité dans les zones rurales.

Ces mesures s’ajoutent à d’autres initiatives déjà en cours, notamment le déploiement d’infrastructures télécoms dans les zones blanches et les cases numériques qui serviront de relais pour permettre aux populations d’accéder à Internet et à divers services publics dématérialisés.

Samira Njoya

Lire aussi:

Burkina Faso : la numérisation de la justice génère plus de 600 000 $ en deux ans

Posted On mercredi, 03 juin 2026 10:40 Written by
Page 1 sur 191

Please publish modules in offcanvas position.