Misant sur le numérique, le gouvernement mauritanien déploie de nouveaux outils en ligne pour rationaliser les formalités, réduire les contraintes administratives et rapprocher davantage l’administration du terrain.
Le gouvernement mauritanien a procédé, en début de semaine, au lancement d’une plateforme numérique dédiée aux procédures administratives. Baptisée « Ijraati », elle regroupe plus de 800 démarches et se présente comme un répertoire centralisé des formalités applicables aux citoyens, aux investisseurs et aux entreprises. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie de dématérialisation de l’administration nationale.
Selon le ministère de la Transformation numérique, de l’Innovation et de la Modernisation de l’Administration, « Ijraati » permet aux utilisateurs de consulter les documents requis, les délais et les entités compétentes. Elle propose également un tableau de bord destiné aux administrations publiques ainsi que des données statistiques afin d’assurer une mise à jour continue des procédures.
Lors de l’atelier de lancement, le ministre Ahmed Salem Ould Bede (photo) a indiqué que « le lancement officiel du portail national des procédures administratives “Ijraati” constitue une étape charnière dans le processus de modernisation de l’administration publique », d’après l’Agence mauritanienne d’information (AMI).
Il a précisé que la feuille de route repose sur trois phases : la centralisation de l’ensemble des procédures et leur publication sur une plateforme nationale unifiée ; la mise à jour continue et la garantie de la fiabilité des données en coordination avec les différents secteurs ; enfin, la numérisation complète des procédures les plus demandées et leur intégration à la plateforme « Khdamati », afin de permettre la réalisation des transactions à distance, dans des délais définis et en toute transparence.
Ces derniers mois, plusieurs services ont été ajoutés, notamment l’inscription des étudiants à l’Université de Nouakchott, le Système numérique du trafic routier (SNTR), des services destinés aux investisseurs (création d’entreprise, demande d’agrément au Code des investissements), la délivrance du casier judiciaire, des cartes grises, des certificats de perte pour documents officiels, ainsi que des services de la Société mauritanienne d’électricité (SOMELEC).
Ces efforts s’inscrivent dans un contexte où le gouvernement intensifie ses initiatives pour faire du numérique un levier de développement socio-économique. En janvier 2025, l’exécutif a lancé le projet « Digital-Y », doté d’un financement de 4 millions d’euros en partenariat avec la coopération allemande. Il vise à intégrer davantage les outils numériques dans la gestion publique afin de moderniser les services et renforcer la transparence administrative.
Pour l’heure, la Mauritanie occupe la 165ᵉ place mondiale dans l’Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) 2024 des Nations unies, avec un score de 0,3491 sur 1, inférieur aux moyennes africaine et mondiale. Parmi les trois sous-indices, le pays enregistre son score le plus faible dans celui relatif aux services en ligne (0,1688 sur 1).
En matière de cybersécurité, la Mauritanie figure dans la quatrième et avant-dernière cohorte de l’Indice mondial de cybersécurité 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT). L’organisation souligne une performance relativement solide sur le plan législatif, mais relève des marges de progression aux niveaux organisationnel, technique, du développement des capacités et de la coopération.
Entre disponibilité des services et adoption effective
L’accélération de la dématérialisation soulève toutefois plusieurs interrogations, notamment quant à l’adoption réelle des services numériques et au rapprochement effectif de l’administration avec la population, objectif affiché par les autorités. Selon l’UIT, la couverture 2G atteignait 97 % de la population mauritanienne en 2023. En 2022, les réseaux 3G et 4G couvraient respectivement 43,9 % et 34,7 % de la population.
Au-delà de la couverture réseau, l’appropriation des services numériques suppose l’accès à des équipements compatibles, comme les smartphones, ordinateurs ou tablettes. D’après la Banque mondiale, 56,61 % des Mauritaniens âgés de plus de 15 ans possédaient un smartphone à fin 2024.
D’autres facteurs entrent en jeu : l’accessibilité tarifaire des offres télécoms, la littératie numérique, la qualité des services ou encore la confiance dans les plateformes publiques. Selon DataReportal, la Mauritanie comptait environ 2 millions d’utilisateurs d’Internet à fin décembre 2025, soit un taux de pénétration de 37,4 %.
Isaac K. Kassouwi
Édité par Sèna D. B. de Sodji
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La transformation numérique s’accélère en Afrique, considérée par les gouvernements comme un levier de développement socio-économique. Les entreprises y voient également une opportunité pour améliorer leur productivité, entre autres.
La transformation digitale s’impose désormais comme un levier stratégique de compétitivité pour les entreprises ivoiriennes. C’est l’un des principaux enseignements de la 20e édition d’« Orange Business Live », organisée le jeudi 19 février autour du thème « Innovation et Transformation digitale : accélérer la compétitivité des entreprises ivoiriennes ». Elle a été animée par Pacôme Boidi (photo, à gauche), manager senior coordination B2B, et Fitzgerald Bony (photo, au centre), directeur adjoint des opérations B2B chez Orange CI.
À travers cette rencontre, les experts ont mis en avant le rôle des solutions numériques dans l’amélioration de la productivité, la réduction des coûts et l’optimisation des processus internes. L’accent a également été mis sur la nécessité pour les entreprises locales d’intégrer l’innovation au cœur de leur stratégie afin de renforcer leur positionnement sur un marché de plus en plus concurrentiel.
Fitzgerald Bony a toutefois nuancé l’approche en soulignant que la priorité de la transformation digitale peut varier d’un marché à l’autre, selon les pratiques sectorielles. Dans un environnement où les concurrents n’ont pas encore adopté de solutions digitales, l’absence de digitalisation n’est pas nécessairement pénalisante à court terme. En revanche, dans un secteur où ces outils sont déjà largement intégrés, les entreprises doivent s’aligner pour préserver leur compétitivité.
De son côté, Pacôme Boidi a insisté sur l’effet de la connectivité globale, qui élargit désormais le périmètre concurrentiel au-delà des frontières nationales. « La compétition est ouverte. Connaissez votre secteur d’activité, osez vous lancer et engagez-vous dans les projets structurants. Essayez d’être cette boussole stratégique et n’oubliez pas qu’Orange est là pour vous accompagner », a-t-il déclaré à l’endroit des entreprises ivoiriennes.
Au-delà de la technologie, les intervenants ont souligné un enjeu central : l’alignement managérial et la conduite du changement. Ils estiment qu’en l’absence d’une vision stratégique claire et d’un leadership affirmé, les projets de transformation digitale peinent à s’inscrire dans la durée. La valeur ne tient pas à l’outil en lui-même, mais à sa capacité à répondre à un besoin concret et prioritaire de l’entreprise. D’où la recommandation d’une approche progressive, appuyée sur des résultats rapides et mesurables, afin d’embarquer progressivement l’ensemble des équipes.
Les échanges ont également mis en avant le rôle des jeunes diplômés dans cet écosystème en évolution. La formation, l’accompagnement des startups et le renforcement continu des compétences apparaissent comme des leviers clés. Les MOOC (cours en ligne ouverts à tous), les partenariats universitaires et les stages structurants peuvent ainsi contribuer à structurer un écosystème numérique plus solide, en mesure de soutenir durablement la compétitivité des entreprises ivoiriennes.
Par ailleurs, les experts ont reconnu que la digitalisation expose toutefois les entreprises à de nouveaux risques, notamment en matière de cybersécurité. Dans une étude publiée en octobre 2025, « Orange Business CI » reconnaît que les petites et moyennes entreprises (PME) sont particulièrement exposées aux cyberattaques. En 2022, plus de 27 500 PME ivoiriennes ont subi 2,8 millions de cyberattaques, soit une augmentation de plus de 39 % par rapport à l'année précédente. Malgré cette menace croissante, 81 % des PME n'ont jamais dispensé ou reçu de formation en cybersécurité, et 66 % n'abordent jamais ce sujet en comité de direction.
En 2024, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a recensé plus de 12 100 cas de cybercriminalité, un chiffre en constante augmentation depuis plusieurs années. L’agence explique que ces menaces touchent l’ensemble de la société : particuliers, entreprises, collectivités, mais aussi les structures étatiques. Elle ajoute que les cybercriminels exploitent la transformation numérique accélérée, la faible culture en cybersécurité, ainsi que l’usage croissant des smartphones, des objets connectés et des services en ligne pour développer leurs actions malveillantes.
Dans ce contexte, « Orange Business CI » propose un ensemble d’outils couvrant plusieurs niveaux de la cybersécurité en entreprise. L’offre comprend d’abord des prestations d’évaluation, comme le cyber diagnostic, qui vise à identifier les vulnérabilités organisationnelles et techniques d’un système d’information et à définir un plan d’action, ainsi que le « pentest », centré sur des tests d’intrusion techniques débouchant sur un rapport d’audit détaillé.
Le dispositif inclut également des solutions opérationnelles : une plateforme cloud de type MSSP pour sécuriser les accès Internet, des outils de protection des terminaux mobiles (MTP), une solution de supervision et de réponse aux incidents pour serveurs et postes de travail (MicroSOC), ainsi qu’un service de gestion des appareils mobiles (MDM) destiné à contrôler et sécuriser les données professionnelles sur smartphones. L’ensemble répond aux besoins des entreprises face à la diversification des risques cyber.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La cybercriminalité en Afrique connaît une recrudescence inquiétante, avec des arnaques de plus en plus sophistiquées touchant prêts mobiles, investissements frauduleux et services en ligne. Ces attaques menacent les économies, la confiance numérique et la sécurité des populations.
Interpol, l’Organisation internationale de police criminelle, a annoncé le mercredi 18 février 2026 l’arrestation de 651 personnes et la récupération de plus de 4,3 millions de dollars dans le cadre de l’opération Red Card 2.0, menée entre le 8 décembre 2025 et le 30 janvier 2026 dans 16 pays africains. L’action ciblait les infrastructures et les acteurs derrière les arnaques à haut rendement, la fraude à l’argent mobile et les applications de prêts frauduleuses. Elle a permis d’identifier 1247 victimes, pour des pertes estimées à plus de 45 millions de dollars.
« Ces syndicats cybercriminels organisés infligent des préjudices financiers et psychologiques dévastateurs aux individus, aux entreprises et aux communautés entières avec leurs fausses promesses. L’opération Red Card souligne l’importance de la collaboration dans la lutte contre la cybercriminalité transnationale », a déclaré Neal Jetton, directeur de la cybercriminalité à Interpol.
Dans les cas clés, les forces de l’ordre ont agi de manière ciblée. Au Nigeria, plus de 1000 comptes frauduleux ont été fermés et une propriété résidentielle servant de base aux opérations a été confisquée. Au Kenya, 27 arrestations ont été effectuées dans le cadre de stratagèmes d’investissement frauduleux diffusés via messagerie et réseaux sociaux, avec des victimes attirées par de faux rendements et des relevés de compte falsifiés. En Côte d’Ivoire, 58 personnes ont été arrêtées et 240 téléphones portables, 25 ordinateurs portables et plus de 300 cartes SIM ont été saisis dans une opération ciblée contre la fraude aux prêts mobiles touchant principalement les populations vulnérables.
Cette initiative est la suite de l’opération Red Card, menée entre novembre 2024 et février 2025, qui avait déjà permis l’arrestation d’environ 300 cybercriminels et la saisie de près de 2000 appareils dans sept pays africains, tandis que plusieurs milliers de victimes d’escroqueries aux services bancaires mobiles, aux investissements frauduleux et aux arnaques par messagerie avaient été recensées.
L’opération Red Card 2.0 s’inscrit dans un contexte de forte augmentation de la cybercriminalité en Afrique, alimentée par l’adoption rapide des technologies numériques et les lacunes en matière juridique, de formation et de moyens techniques. Selon le Rapport d’évaluation de la cybermenace en Afrique d’Interpol, la criminalité liée au cyberespace représente désormais plus de 30 % des infractions signalées dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest et de l’Est, et la majorité des pays appelle à un renforcement significatif des capacités de lutte contre ces crimes.
Les pertes financières liées à la cybercriminalité constituent également une menace croissante pour les économies africaines. Selon des estimations compilées à partir de rapports internationaux, la cybercriminalité aurait coûté au moins 3 milliards de dollars entre 2019 et 2025 à divers pays du continent, avec des coûts potentiellement plus élevés en tenant compte des pertes indirectes, comme la perte de productivité, l’atteinte à la réputation et les frais de restauration des systèmes.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Au Sénégal, les contrôles routiers sont régulièrement entachés de corruption, pénalisant les usagers. Pour y remédier, le pays mise sur l’introduction d’outils technologiques visant à encadrer l’action des agents et à assurer une meilleure traçabilité des interventions sur le terrain.
Le gouvernement du Sénégal va doter prochainement ses unités de régulation de la circulation de 2500 caméras portables (bodycams). Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a annoncé la mesure le mercredi 18 février devant l’Assemblée nationale, lors de l’examen d’un projet de loi visant à professionnaliser le secteur de la sécurité privée.
Selon le ministre, ces équipements permettront d’enregistrer les interactions entre agents et usagers, fournissant des éléments factuels exploitables en cas de litige et favorisant une meilleure traçabilité des interventions sur la voie publique. L’objectif est d’améliorer les pratiques opérationnelles et de renforcer la qualité du service rendu aux citoyens.
Modernisation du contrôle routier par les outils numériques
Sur le plan technique, les caméras piétons seront associées aux assistants numériques personnels (PDA) déjà utilisés par le ministère pour la gestion des contraventions et la dématérialisation des procédures. Cette combinaison vise à standardiser le traitement des infractions, limiter les manipulations en espèces et assurer un reversement direct des amendes au Trésor public, contribuant ainsi à une gestion plus rigoureuse des flux financiers.
Le projet accompagne la modernisation progressive des forces de sécurité, engagée depuis plusieurs années à travers l’intégration d’outils numériques dans la gestion du trafic et des contrôles routiers. L’administration mise sur l’exploitation des technologies mobiles pour améliorer l’efficacité des opérations et fiabiliser la collecte des données liées aux infractions.
Une technologie déjà expérimentée dans plusieurs pays
À l’échelle internationale, les caméras portables se généralisent dans les services de sécurité comme outil d’appui aux procédures et à la gestion des preuves. Plusieurs études menées en Amérique du Nord et en Europe montrent une amélioration du respect des protocoles lors des contrôles et une diminution des incidents liés aux interventions.
Sur le continent africain, l’Afrique du Sud a engagé depuis 2023 un programme d’équipement de certains agents de police et de circulation en bodycams afin d’améliorer le suivi des interventions. Le Nigéria et le Kenya ont également amorcé des réflexions sur l’intégration de ces dispositifs dans leurs systèmes de sécurité publique.
Pour le Sénégal, l’introduction conjointe des bodycams et des PDA traduit une volonté d’articuler innovation technologique et réforme des pratiques administratives. En reliant ces outils à un circuit numérique de gestion des infractions, les autorités cherchent à fiabiliser les procédures, optimiser la perception des amendes et moderniser l’environnement opérationnel des forces de sécurité.
L’efficacité du dispositif reposera sur la formation des agents, l’encadrement juridique de l’utilisation des enregistrements et l’intégration de ces technologies dans un système de gestion cohérent, enjeux déjà observés dans plusieurs pays ayant adopté des solutions similaires.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La RDC mise sur le numérique pour accélérer son développement socio‑économique et mobilise des financements internationaux pour soutenir sa stratégie nationale.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé, mardi 17 février, l’opérationnalisation d’un financement de 500 millions $ pour soutenir le développement du numérique. Cette annonce fait suite à une séance de travail présidée par le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba (photo, à droite), avec une délégation de haut niveau composée d’experts de la Banque mondiale et de l’Agence française de développement (AFD).
Selon le ministère de l’Économie numérique, les assistances techniques sont en cours de finalisation afin de lancer les investissements autour de deux axes prioritaires. Le premier porte sur le renforcement des infrastructures numériques. D’importants travaux sont prévus pour relier les principales villes du pays au haut débit, avec pour objectif d’améliorer la qualité des services tout en réduisant de manière significative les coûts d’accès à Internet pour la population.
Le second axe concerne la digitalisation des services publics et le développement des compétences. La dématérialisation de l’état civil figure parmi les priorités, afin de simplifier les démarches administratives des citoyens et d’améliorer la fiabilité des données publiques. Cette composante devrait également inclure des actions de formation et de renforcement des capacités pour accompagner la transformation numérique de l’administration et favoriser l’employabilité dans les métiers du numérique.
Cette rencontre intervient après la signature en juin 2025 d’une série d’accords de financement d’un montant total de 1,9 milliard de dollars avec la Banque mondiale, dont 400 millions spécifiquement alloués au secteur numérique. L’Union européenne s’est engagée à apporter, de son côté, une contribution de 100 millions d’euros (≈ 117,5 millions $).
Cela s’inscrit dans le cadre des efforts des autorités pour financer la stratégie nationale de transformation numérique considérée comme un levier de développement socio‑économique. Pour soutenir son Plan national du numérique 2026–2030 (PNN2), lancé en octobre 2025, le gouvernement prévoit un investissement public d’un milliard de dollars sur cinq ans, complété par 500 millions de dollars d’appuis extérieurs déjà mobilisés auprès de partenaires internationaux. Le pays continue d’explorer d’autres partenariats de financement.
Selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA), le numérique pourrait apporter environ 4,1 milliards $ à l’économie congolaise d’ici 2029, à condition d’investir massivement dans des secteurs clés comme l’industrie et l’agriculture. Mais pour le moment, le pays se classe 179ᵉ sur 193 à l’Indice de développement de l’e‑gouvernement des Nations unies (EGDI). Il reste en deçà des moyennes en Afrique centrale, en Afrique et dans le monde.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La numérisation s’impose comme un levier pour renforcer la transparence et la traçabilité des opérations douanières, tout en sécurisant les recettes publiques et en améliorant la compétitivité économique.
L’Office Burundais des Recettes (OBR), avec l’appui de TradeMark Africa et de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a présenté, mardi 17 février à Bujumbura, la nouvelle version web du Guichet Unique Électronique (GUE) pour la gestion des permis d’importation. Le dispositif inclut désormais le module ABREMA, destiné aux produits pharmaceutiques et médicaux.
Ce mardi 17 février 2026, l’@OBR_BI a procedé à la mise en production et exploitation definitive du module web #ABREMA, une plateforme numérique dédiée à la facilitation de l’importation des produits médicamenteux via le guichet unique électronique.https://t.co/JFCxqmPTRx pic.twitter.com/grqyGfB9gU
— Office Bdais des Recettes (@OBR_BI) February 17, 2026
La plateforme permet aux importateurs et exportateurs de déposer leurs demandes, suivre l’avancement de leurs dossiers en temps réel et effectuer les paiements en ligne, sans avoir à se déplacer. Conçue comme une plateforme intégrée, elle centralise les procédures auprès de l’Autorité burundaise de régulation des médicaments à usage humain et des aliments (ABREMA), chargée du contrôle de la qualité et de la conformité des produits pharmaceutiques, du ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage pour les certifications sanitaires et phytosanitaires, ainsi que de l’OBR pour l’apurement des autorisations. La plateforme dispose d’un tableau de bord interactif permettant aux utilisateurs de suivre à tout moment l’état de leurs dossiers et de calculer automatiquement les frais, avec possibilité de paiement en devises.
Cette modernisation s’inscrit dans la politique de transformation numérique des services publics au Burundi, visant à réduire les délais administratifs, à renforcer la traçabilité des opérations commerciales et à améliorer la compétitivité de l’économie. Elle prolonge également les efforts engagés pour intégrer le GUE au système douanier ASYCUDA, dans le cadre de la transition vers un Territoire Douanier Unique. L’usage de cette plateforme est devenu exclusif et tous les importateurs de produits pharmaceutiques devront désormais passer par ce système pour leurs démarches.
La digitalisation du GUE contribue par ailleurs à fluidifier les échanges entre les agences réglementaires et les entreprises, tout en soutenant les réformes destinées à intégrer le pays dans un territoire douanier unique régional. Des pays comme le Rwanda, le Kenya, l’Ouganda ou le Zimbabwe exploitent également des guichets uniques électroniques interconnectés aux systèmes douaniers en ligne. Le système ASYCUDA WORLD, développé avec l’appui de la CNUCED, est déployé dans plus de 100 économies et contribue à réduire les délais de dédouanement et les coûts administratifs.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Alors que la connectivité est devenue un moteur essentiel de croissance et d’innovation, les restrictions numériques imposées par certains États continuent de fragiliser les économies et de limiter l’exercice des droits fondamentaux.
Les coupures d’Internet et les restrictions d’accès aux plateformes numériques ont coûté à l’Afrique subsaharienne 1,11 milliard de dollars en 2025, selon le rapport Global Cost of Internet Shutdowns publié par la plateforme spécialisée britannique Top10VPN. Au niveau mondial, ces interruptions ont engendré une perte totale de 19,7 milliards de dollars, soulignant une escalade préoccupante des atteintes numériques.
En Afrique subsaharienne, les pertes de 2025 représentent une diminution par rapport aux 1,56 milliard de dollars enregistrés en 2024, mais restent massives. Les coupures ont totalisé 24 276 heures d’interruption, affectant 116,1 millions d’internautes. Les perturbations sont survenues dans des contextes de troubles politiques ou de conflits : élections, protestations, examens, coups d’État militaires.
Les pays les plus touchés
La République démocratique du Congo est le pays le plus impacté en Afrique avec 67,2 millions de dollars de pertes, touchant 34,7 millions d’internautes sur 1 008 heures d’interruptions. Le Soudan, malgré un nombre plus limité d’internautes touchés (14,9 millions), a enregistré 66,6 millions de dollars de pertes sur 2 148 heures de coupures, reflétant l’ampleur prolongée des interruptions. Le Cameroun a subi 40,5 millions de dollars de pertes, affectant 12,6 millions d’internautes sur 52 heures d’interruption.
Les interruptions ciblent fréquemment les plateformes de réseaux sociaux telles que Twitter, Telegram, TikTok, Facebook ou WhatsApp, outils essentiels pour la communication, le commerce et l’information. Dans certains cas, les gouvernements recourent à des ralentissements intentionnels, rendant l’accès aux contenus multimédias ou aux diffusions en direct pratiquement impossible.
Comment ces pertes sont‑elles calculées ?
Le rapport de Top10VPN précise que les coûts économiques des coupures sont calculés à l’aide de l’outil Netblocks Cost of Shutdown Tool, basé sur la méthodologie de la Brookings Institution, adaptée pour l’Afrique subsaharienne. Les pertes sont estimées en fonction du PIB numérique, de la durée des interruptions et du nombre d’internautes affectés. Les données proviennent de sources fiables, notamment la Banque mondiale et les statistiques gouvernementales. Les restrictions sur les réseaux sociaux, bien que spécifiques, sont évaluées sur l’ensemble des internautes, car elles perturbent l’accès pour tous, même ceux n’utilisant pas activement les plateformes bloquées.
Un frein majeur à la transformation numérique
Ces pertes massives illustrent les conséquences des coupures d’Internet sur le développement économique de l’Afrique subsaharienne. Alors que la région investit dans la transformation numérique pour rattraper son retard, ces interruptions délibérées freinent l’innovation et la compétitivité. Elles provoquent également un manque à gagner pour les opérateurs télécoms, les entreprises dépendant du numérique et les particuliers, freinant ainsi le potentiel de croissance dans un monde de plus en plus connecté.
Dans une déclaration publiée en janvier 2026, l’UNESCO a rappelé que l’accès à Internet constitue un pilier de la liberté d’expression et un élément central de l’exercice des droits démocratiques, et a appelé les États à privilégier des politiques favorisant la connectivité plutôt que des restrictions.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Comme de nombreux pays africains, le Tchad mise sur l’intégration des technologies numériques pour accélérer son développement socio‑économique, une dynamique qui touche désormais des secteurs stratégiques comme les transports.
Le gouvernement tchadien explore un partenariat avec l’Azerbaïdjan pour accélérer la digitalisation du secteur des transports. Cette perspective a été au centre d’une réunion tenue le lundi 16 février entre Boukar Michel, ministre de l’Économie numérique, et Fatima Goukouni Weddeye (photo), ministre des Transports, qui ont reçu une délégation officielle azerbaïdjanaise en mission au Tchad.
Les discussions ont porté sur plusieurs priorités stratégiques pour le secteur. Il s’agit notamment de la digitalisation des documents et services de transport, de la mise en place de systèmes intelligents de suivi et de gestion du trafic routier par géolocalisation, ainsi que de la modernisation des plateformes aéroportuaires à travers des solutions numériques intégrées. Les deux parties ont également évoqué le déploiement de dispositifs avancés de contrôle, d’alerte et de surveillance afin de renforcer la sécurité et d’améliorer la performance opérationnelle.
Selon les autorités tchadiennes, « la délégation azerbaïdjanaise a présenté des solutions technologiques éprouvées, adaptées aux réalités nationales et susceptibles d’accompagner efficacement la transformation digitale du secteur des transports au Tchad ».
Ce rapprochement s’inscrit dans un cadre plus large de renforcement de la coopération entre le Tchad et l’Azerbaïdjan en matière de transformation numérique, engagé fin janvier 2026 avec la signature de deux protocoles d’accord. M. Boukar Michel a souligné que cette dynamique s’aligne sur la stratégie nationale de transformation numérique, qui vise à améliorer la qualité des services publics, accroître la transparence et l’efficacité administrative, renforcer la sécurité des infrastructures stratégiques et stimuler l’innovation ainsi que l’attractivité économique du pays.
Dans le secteur des transports, le ministère de tutelle avait déjà annoncé, en septembre 2025, le lancement d’un vaste projet de digitalisation de ses services administratifs à caractère financier. Ce chantier prévoit la mise en place d’un système numérique intégré centralisant l’ensemble des prestations proposées, notamment les cartes grises, les permis de conduire, les licences de transport, les agréments ainsi que la Lettre de Voiture Obligatoire (LVO).
Il convient de noter que la collaboration envisagée entre l’Azerbaïdjan et le Tchad dans le domaine de la digitalisation des transports reste pour le moment au stade de discussion. Les autorités tchadiennes ont toutefois déclaré que les travaux se poursuivront au niveau technique afin d’identifier les projets prioritaires, définir un cadre opérationnel clair et établir un calendrier de mise en œuvre.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Porté par l’essor d’Internet mobile et des usages numériques, le gaming connaît une croissance rapide en Afrique. Dans ce contexte, le Sénégal entend capter une part de ce marché en structurant son écosystème et en soutenant des initiatives comme Efest Africa.
L’Association Sénégalaise des Gamers et le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique ont signé, le vendredi 13 février à Dakar, une convention de partenariat pour l’organisation d’Efest Africa. Cet accord encadre la préparation de cet événement international dédié au gaming, à l’esport, à l’innovation technologique et à la transformation numérique au Sénégal.
New Deal Technologique 🇸🇳
— New Deal Technologique (@LeNewDeal) February 14, 2026
Le 13 février 2026, le Ministre Alioune SALL a signé les conventions avec les partenaires de la 3e cohorte.
Une nouvelle étape pour accélérer la transformation numérique, soutenir l’innovation et étendre le digital sur tout le territoire.#Innovation pic.twitter.com/H8BKrz61vn
Présent lors de la signature, Alioune Sall a indiqué que ce cadre de coopération vise à renforcer le positionnement du pays comme hub technologique émergent sur le continent. L’accord prévoit la conception, la promotion et l’organisation de l’événement, avec pour objectifs de valoriser les initiatives publiques et privées, de promouvoir les start‑up locales, d’attirer des investisseurs internationaux et de stimuler l’employabilité des jeunes dans les secteurs du numérique et du gaming.
L’initiative s’inscrit dans la vision gouvernementale visant à faire de Dakar un pôle africain de l’innovation à travers le New Deal Technologique. L’événement doit également favoriser la mise en réseau entre entrepreneurs, mentors, institutions et partenaires. Dans le cadre de la convention, SENGAMES assurera la coordination générale du projet, la mobilisation de partenaires et la stratégie de communication, tandis que le ministère garantira le portage institutionnel, l’accompagnement technique et la participation aux instances de gouvernance.
La signature intervient alors que le gaming s’impose progressivement comme un segment émergent de l’économie numérique sénégalaise. Selon une étude publiée en 2025 par SENGAMES, le marché national des jeux vidéo est estimé à environ 49 milliards FCFA (88,5 millions USD), en incluant les dépenses en jeux, microtransactions et connectivité. Le pays compterait par ailleurs environ 1,7 million de joueurs réguliers, soit près d’un habitant sur dix. Dans ce contexte, des initiatives comme Efest Africa visent à structurer davantage l’écosystème national, à promouvoir la création de contenus locaux et à attirer des investissements dans un secteur encore émergent mais en forte progression.
À l’échelle continentale, le développement du gaming et de l’esport s’appuie sur la croissance d’une population jeune et connectée, ainsi que sur l’amélioration de l’accès à Internet mobile. Selon l’éditeur de jeux Carry1st et le cabinet d’études Newzoo, les principaux marchés africains restent dominés par l’Égypte, le Nigeria et l’Afrique du Sud, qui concentrent plus de la moitié de la valeur du marché, portés notamment par l’adoption rapide des smartphones et l’amélioration de la connectivité.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Ces derniers mois, le Maroc a multiplié les partenariats pour accélérer la formation aux métiers du numérique. Aux côtés des acteurs publics, des groupes technologiques comme Samsung et Mistral AI accompagnent cette montée en compétences.
Le ministère de l’Industrie et du Commerce, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation ainsi que le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration ont signé, lundi 16 février à Rabat, une convention de partenariat avec le groupe international français spécialisé dans l’assurance AXA. L’accord vise à renforcer les compétences nationales dans les métiers de la Data, de l’intelligence artificielle et des technologies numériques.
Le dispositif prévoit le déploiement de formations initiales et continues, le développement de parcours en alternance et l’appui à des projets de recherche et développement liés à la transformation digitale. Il ambitionne également d’anticiper les besoins en profils spécialisés dans des domaines tels que la cybersécurité, le cloud, le DevOps ou encore le testing, tout en assurant une meilleure adéquation entre l’offre de formation et les besoins du marché du travail.
Dans le cadre de cet accord, les universités et établissements publics d’enseignement supérieur seront mobilisés aux côtés d’écoles relevant du ministère de l’Industrie et du Commerce afin de renforcer les passerelles entre le monde académique et le tissu économique. Le partenariat prévoit également le développement de stages, de dispositifs d’immersion professionnelle et de programmes favorisant l’insertion des jeunes diplômés dans les secteurs technologiques.
Cette convention s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique à l’horizon 2030, qui fait du développement du capital humain un levier central de compétitivité économique. La formation aux métiers du numérique, l’essor de l’intelligence artificielle et la création d’emplois qualifiés figurent parmi les priorités de cette feuille de route. Le pays prévoit notamment de former 100 000 jeunes par an aux compétences numériques, avec l’objectif de générer 240 000 emplois dans le secteur à l’horizon 2030 afin de répondre à la demande croissante en profils spécialisés.
Selon le ministère chargé de la Transition numérique, ce partenariat doit contribuer à structurer un écosystème national capable d’anticiper les mutations technologiques et de positionner le Maroc comme un hub régional des métiers technologiques, au service de la souveraineté numérique et de la compétitivité économique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les autorités sénégalaises prévoient d’accélérer la transformation numérique en 2026. De nombreux projets sont déjà en cours pour moderniser les services publics, renforcer la connectivité et développer l’économie numérique.
À l’occasion de la revue du portefeuille de la Banque mondiale au Sénégal, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a reçu, le jeudi 12 février à Dakar, le vice‑président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, en tournée dans le pays avec ses équipes. La rencontre a été l’occasion de présenter la vision intégrée du numérique portée par les autorités sénégalaises et d’examiner les grands axes du New Deal technologique, la feuille de route nationale pour la transformation digitale.
Au cœur des discussions, le Projet d’Accélération de l’Économie Numérique au Sénégal (PAENS), récemment aligné sur l’agenda national. Après plusieurs mois de structuration approfondie, le projet intègre désormais des priorités concrètes, notamment le déploiement du système intégré de gestion des finances publiques, le renforcement des capacités en cybersécurité, la mise en place d’un Cloud gouvernemental souverain et le développement de cas d’usage dans l’IA.
Au‑delà des orientations, les échanges ont permis d’acter des étapes opérationnelles concrètes attendues au premier semestre 2026. Parmi elles figurent le lancement de l’appel d’offres pour la connexion des zones blanches, notamment dans le bassin arachidier et la basse Casamance, le démarrage des travaux pour le module comptable intégré du SIGIF, et le déploiement du dossier patient informatisé, financé dans le cadre du PAENS.
Un budget en nette progression pour soutenir le numérique
Pour soutenir ces objectifs, le Sénégal a renforcé l’allocation budgétaire dédiée au numérique. Le budget du ministère du Numérique pour 2026 s’élève à 81,06 milliards de francs CFA (environ 146 millions USD), soit une hausse de près de 38,7 % par rapport à 2025. Près de 60 % de cette enveloppe est dédiée à l’investissement, notamment dans les infrastructures, la cybersécurité et le développement de l’économie numérique.
L’ensemble de ces initiatives s’inscrit pleinement dans le cadre du New Deal technologique lancé en février 2026 par les autorités sénégalaises, qui vise à faire du numérique un moteur de souveraineté et de développement. Dans ce contexte, le PAENS bénéficie d’un soutien conséquent de la Banque mondiale, avec une enveloppe de 95,05 milliards de francs CFA, destinée entre autres à renforcer l’environnement juridique, réglementaire et institutionnel de l’économie numérique, développer la connectivité à large bande et favoriser l’inclusion numérique, tout en soutenant l’adoption du numérique dans les services publics, notamment à travers la santé digitale.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le numérique représente un enjeu majeur pour l’emploi des jeunes en Afrique. Selon la Banque mondiale, 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé, lundi 16 février, l’achèvement de la première phase de la formation des formateurs à Kinshasa, dans le cadre d’un programme national de montée en compétences numériques visant à terme 250 000 jeunes Congolais. Le déploiement du projet doit désormais s’étendre aux provinces.
Dès le 13 février 2026, le ministère de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique en avait détaillé les modalités. Cinq cents jeunes ont entamé un parcours de formation hybride, à l’issue duquel un test final permettra de sélectionner 200 profils parmi les plus méritants. Ces derniers seront répartis en trois niveaux (Basic, Intermédiaire et Avancé) afin de devenir des multiplicateurs de compétences à l’échelle nationale.
En septembre 2025, le gouvernement congolais a signé un protocole d’accord avec les sociétés américaines Cisco et Cybastion pour la mise en œuvre du programme sur une durée de cinq ans. Les bénéficiaires seront dotés de compétences en réseaux et cybersécurité, data science, programmation et systèmes d’exploitation, anglais technique, transformation digitale et entrepreneuriat. Le ministère précise qu’au-delà de la formation, « Cisco et Cybastion accompagneront l’insertion professionnelle des jeunes auprès de leur réseau de partenaires locaux, ouvrant ainsi de réelles opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat ».
La formation des formateurs marque le début effectif du programme de formation des jeunes Congolais aux métiers du numérique. Les autorités considèrent le numérique comme un levier essentiel de développement économique et social, mais aussi comme un vecteur de création d’emplois et d’émancipation pour la jeunesse, dans un contexte où la question de l’emploi reste préoccupante en RDC.
Selon une étude publiée en 2022 par le ministère du Plan, les 15-29 ans représentent 50,44 % de la population en âge de travailler. Leur taux de chômage (2,5 %) demeure supérieur à celui des adultes (1,4 %), tandis que le chômage de longue durée touche 61,8 % des jeunes, contre 61,2 % des adultes. L’étude estime en outre que, pour stabiliser le taux de chômage et le taux d’activité, le pays devra créer environ 9,6 millions d’emplois entre 2022 et 2030, puis près de 35 millions d’ici 2050.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Face aux enjeux sociaux et environnementaux croissants, l’innovation technologique portée par les jeunes entrepreneurs gagne du terrain en Afrique et au Moyen-Orient. À travers le concours Orange Summer Challenge, le groupe Orange soutient l’émergence de solutions à impact et accompagne leur développement.
Le concours international Orange Summer Challenge, dédié à l’entrepreneuriat responsable en Afrique et au Moyen-Orient, a dévoilé les lauréats de la finale de sa 3ᵉ édition organisée le 4 février à Casablanca, au Maroc. Trois start-up ont été distinguées pour leur potentiel d’impact dans des domaines liés à la sécurité au travail, à l’énergie durable et à la gestion des ressources en eau.
La start-up jordanienne SafeGuard a remporté le premier prix grâce à un dispositif intelligent de prévention des accidents professionnels basé sur la détection des risques. La malgache GasNika s’est classée deuxième avec une solution de production de biogaz à partir de déchets organiques, valorisés en fertilisant biologique. La tunisienne DripIn complète le podium avec une solution connectée utilisant l’intelligence artificielle pour détecter les fuites d’eau et optimiser la consommation.
Les lauréats bénéficieront d’un accompagnement financier, technique et commercial assuré par le réseau des Orange Digital Centers, ainsi que d’une dotation globale de 50 000 euros destinée à accélérer le développement de leurs projets.
Pour l’édition 2025, 369 jeunes innovateurs issus de 14 pays ont suivi un programme d’accompagnement intensif combinant formation, mentorat et coaching, déployé par Orange Afrique et Moyen-Orient avec l’appui de partenaires technologiques et institutionnels, dont Amazon Web Services, Meta, le Programme des Nations Unies pour le développement, The Hashgraph Association et Dar Blockchain. Au total, 56 projets ont émergé autour de la thématique Startup4Good, dans des secteurs tels que l’environnement, la santé, l’éducation et l’agriculture.
Selon Ben Cheick Haidara, directeur général adjoint et directeur des opérations d’Orange Afrique et Moyen-Orient, cette édition illustre l’ambition du groupe de faire des Orange Digital Centers des plateformes d’innovation ouvertes, orientées vers des solutions technologiques à impact social et environnemental. « Bien plus qu’une compétition, ce programme permet aux jeunes entrepreneurs de développer des solutions technologiques, notamment basées sur l’intelligence artificielle, pour répondre concrètement aux défis sociétaux et environnementaux. À travers les Orange Digital Centers, Orange s’engage durablement aux côtés de la jeunesse pour faire émerger une innovation à fort impact en Afrique et au Moyen-Orient », a-t-il souligné.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les autorités algériennes ont entamé depuis plusieurs années la numérisation des services judiciaires. Plusieurs fonctionnalités sont déjà disponibles, comme la consultation des affaires, le retrait électronique des copies de jugements ou l’accès au casier judiciaire.
Le ministre algérien de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaâ, a annoncé le dimanche 15 février depuis la Cour de Biskra le lancement d’une plateforme numérique permettant aux avocats de demander et retirer en ligne les copies exécutoires des jugements et décisions de justice. L’initiative vise à simplifier les démarches et à réduire les déplacements physiques vers les tribunaux.
La plateforme offre aux avocats la possibilité de déposer leurs demandes de « grosses » issues des juridictions ordinaires et administratives et de récupérer les documents signés électroniquement. Chaque demande est traitée automatiquement et mise à disposition dans un délai maximum de 24 heures. Selon le ministre, ce dispositif contribue à moderniser le fonctionnement des juridictions et à améliorer la réactivité des services destinés aux professionnels du droit et aux justiciables. L’accès se fait via le compte électronique de chaque avocat sur l’interface numérique d’échange de requêtes et de mémoires du ministère.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de digitalisation des services judiciaires en Algérie. Depuis mai 2024, un guichet électronique national permet déjà le suivi des affaires et le retrait des copies simples de jugements et arrêts depuis n’importe quelle juridiction du pays, réduisant délais et déplacements pour les justiciables et leurs avocats.
À l’instar de l’Algérie, plusieurs pays africains ont engagé la modernisation numérique de leurs systèmes judiciaires. Au Maroc, les plateformes numériques permettent aux avocats de déposer des documents électroniquement, de suivre l’avancée des procédures et d’accéder à certains actes comme les extraits de casier ou décisions de justice. Au Rwanda, le système intégré de gestion électronique des dossiers (IECMS) assure la numérisation du dépôt des affaires, le suivi des dossiers et la tenue d’audiences virtuelles, rendant les procédures plus accessibles et transparentes pour les justiciables.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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