Depuis quelques années, l’intelligence artificielle s’impose dans de nombreux secteurs, transformant profondément les méthodes de travail. Pour accompagner les créateurs de contenu en Afrique, une multinationale américaine vient d’annoncer une initiative dédiée.

Google et l'Akuna Group, le groupe créatif de l'acteur et entrepreneur britannico-sierra-léonais Idris Elba (photo), ont annoncé, mercredi 1er juillet, un programme commun de formation à l'intelligence artificielle destiné aux créateurs de contenu d'Afrique subsaharienne. L’annonce a été faite en marge du premier Google Cloud Summit africain, à Johannesburg, en Afrique du Sud.

L'initiative, dotée de plus d'un million de dollars, vise à former environ 100 000 créateurs issus de milieux sous-représentés au Nigeria, au Ghana, au Kenya, en Sierra Leone et en Afrique du Sud. Le programme donnera accès à l'assistant d'IA Gemini de Google ainsi qu'à d'autres outils numériques de production, avec pour objectif de réduire les coûts de création de contenu et d'aider les créateurs africains à rivaliser sur les marchés mondiaux.

« L'Afrique regorge d'histoires non racontées. Nous avons des créateurs avec un talent brut, des voix uniques et des perspectives que le monde a désespérément besoin d'entendre. Mais trop souvent, la barrière n'est pas un manque de vision, c'est un manque d'accès », a déclaré Idris Elba par visioconférence lors du sommet.

James Manyika, vice-président senior de Google en charge de la recherche et de la technologie, a précisé la logique de l'initiative : « nous pensons à tous ces créatifs qui n'ont pas accès aux énormes budgets des grands studios. L'IA est potentiellement un outil qui peut leur permettre de faire un travail qu'ils ne pourraient pas faire autrement ».

L'initiative s'inscrit dans un ensemble d'annonces faites lors du sommet de Johannesburg, parmi lesquelles figurent l'ouverture d'un laboratoire d'IA appliquée au Ghana et d'un centre de connectivité en Afrique du Sud. Les modalités de sélection des bénéficiaires ainsi que le calendrier de déploiement du programme n'ont pas encore été précisés.

Un secteur sous-exploité malgré un potentiel documenté

Selon une étude publiée en février 2025 par l'Agence française de développement (AFD), en collaboration avec le cabinet BearingPoint, les industries culturelles et créatives (ICC) génèrent en moyenne 45,3 milliards de dollars de revenus annuels en Afrique. Elle identifie la formalisation des emplois créatifs, encore largement concentrés dans le secteur informel, comme l'un des principaux leviers pour libérer ce potentiel.

Cependant, le secteur doit relever d’importants défis sur le continent. Au Nigeria, l’un des principaux marchés des ICC en Afrique, les créateurs sont confrontés à un approvisionnement électrique peu fiable et à une faible connectivité, selon un rapport de NECLive publié le 29 juin 2026. Ces deux obstacles constituent les principales contraintes opérationnelles, auxquelles s’ajoutent les difficultés d’accès aux équipements de production et les contraintes de financement. Des freins que les outils d’IA en ligne ne suffisent pas, à eux seuls, à lever.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

 

Lire aussi:

Paludisme : le Bénin expérimente l’IA et les drones dans la lutte antivectorielle

 

Posted On vendredi, 03 juillet 2026 20:55 Written by

Le recours aux technologies numériques transforme progressivement les modèles d’enseignement en Afrique. Le Bénin mise désormais sur l’e‑learning pour moderniser ses universités publiques et élargir l’accès à l’enseignement supérieur.

Le Bénin a autorisé la contractualisation avec plusieurs prestataires chargés de mettre en œuvre son projet national d’e‑learning. La décision, prise en Conseil des ministres le mercredi 1er juillet, ouvre la voie au déploiement des infrastructures et outils numériques nécessaires au lancement du télé‑enseignement dans les universités publiques dès la rentrée académique 2026‑2027.

Le projet repose sur la création d’un environnement numérique complet destiné à accompagner l’enseignement à distance. Il comprend notamment le développement et le déploiement de la plateforme nationale etudiant.bj, qui servira de portail de diffusion des cours et des contenus pédagogiques. Le dispositif comprend aussi l’aménagement d’amphithéâtres connectés, la création de studios de télé‑enseignement, l’installation d’équipements audiovisuels et de vidéoprojection, ainsi que la mise en place d’un dispositif d’assurance qualité pédagogique pour garantir la qualité des enseignements en ligne.

La première phase du programme concernera les quatre universités publiques du pays : l’Université d’Abomey‑Calavi, l’Université de Parakou, l’Université nationale des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (UNSTIM) ainsi que l’Université nationale d’Agriculture (UNA).

À travers cette initiative, les autorités béninoises souhaitent moderniser les pratiques pédagogiques, enrichir les ressources d’apprentissage et offrir un accès plus équitable à l’enseignement supérieur. Le recours au numérique devrait permettre aux étudiants de suivre les enseignements indépendamment de leur localisation géographique, tout en favorisant le partage des cours entre établissements et la mutualisation des ressources pédagogiques.

Cette transformation s’inscrit dans une dynamique plus large de numérisation de l’éducation en Afrique. Selon l’UNESCO, les technologies numériques constituent un levier majeur pour élargir l’accès à l’enseignement supérieur, améliorer la qualité des formations et renforcer la résilience des systèmes éducatifs face aux crises. Leur efficacité dépend toutefois de la disponibilité des infrastructures, de la connectivité, des équipements et de la formation des enseignants.

Avec le lancement opérationnel du projet e‑learning, le Bénin entend progressivement étendre le télé‑enseignement à l’ensemble de son système éducatif. L’ambition est de bâtir un modèle d’apprentissage hybride combinant enseignement présentiel et numérique afin d’améliorer durablement l’accès à une formation de qualité sur l’ensemble du territoire.

Samira Njoya

 

 

Posted On vendredi, 03 juillet 2026 20:52 Written by

La transformation numérique s’accélère en Afrique, où elle est considérée comme un levier majeur de développement socio‑économique, mais elle s’accompagne de nouveaux risques.

Le fournisseur de solutions de paiement américain Mastercard prévoit de mettre en place un centre d’excellence en cybersécurité en Afrique. Cette initiative vise à renforcer la cyberrésilience du continent face à la montée des menaces liées à l’accélération de la transformation numérique.

Selon un communiqué de Mastercard publié lundi 29 juin, l’entreprise précise que le centre réunira institutions financières, organisations publiques et entreprises afin de partager des renseignements, améliorer la préparation, anticiper plus tôt les menaces et renforcer durablement la résilience des systèmes. Son déploiement progressif débutera en 2026 par l’Afrique du Sud et le Nigeria.

« Alors que le Nigeria approfondit sa transformation numérique, des systèmes sécurisés et fiables seront essentiels à l’inclusion et à la croissance. Nous accueillons favorablement les collaborations qui renforcent notre économie numérique et construisent une résilience pour l’avenir », a déclaré le président nigérian Bola Ahmed Tinubu.

Cette initiative intervient dans un contexte où les pays africains intensifient leurs efforts pour renforcer leur cybersécurité, à travers des stratégies nationales, la mise en place de centres de réponse aux incidents et le développement de partenariats, entre autres. La sécurité du cyberespace est désormais perçue comme un levier essentiel pour tirer pleinement parti des opportunités offertes par la transformation numérique.

Dans un rapport publié en juin 2025, Interpol souligne que les cyberattaques se sont intensifiées sur le continent, dans un environnement marqué par une connectivité croissante et l’adoption rapide de technologies telles que la banque mobile et le commerce en ligne. L’organisation estime qu’entre 2019 et 2025, les incidents de cybersécurité en Afrique ont généré plus de 3 milliards de dollars de pertes financières.

Interpol ajoute que « les cybercriminels affinent en permanence leurs tactiques, en recourant à l’ingénierie sociale, à l’intelligence artificielle et aux plateformes de messagerie instantanée pour lancer des attaques de plus en plus sophistiquées. Les réseaux cybercriminels, qu’ils soient locaux ou internationaux, exploitent les vulnérabilités humaines comme principal vecteur, en utilisant des techniques de tromperie avancées pour cibler organisations et individus ».

Isaac K. Kassouwi

Lire aussi:

Cybercriminalité : face à la montée des menaces, le Nigeria organise une réponse coordonnée

Cybersécurité : une initiative lancée au Rwanda pour former 1 million d’experts en Afrique

 

Posted On vendredi, 03 juillet 2026 20:30 Written by

À l’heure où les données alimentent les systèmes d’IA, leur valorisation constitue désormais un enjeu de souveraineté, de compétitivité et de gouvernance. Le Sénégal veut créer un cadre permettant de transformer ce patrimoine numérique en solutions concrètes au service de l’État, des entreprises et des citoyens.

Le Sénégal veut faire des données et de l’intelligence artificielle (IA) des leviers de modernisation de l’administration, d’amélioration des politiques publiques et de création de valeur économique. Les mercredi 1er et jeudi 2 juillet, le ministère des Télécommunications et du Numérique, en partenariat avec Smart Africa et avec l’appui de la coopération allemande (GIZ), a réuni administrations publiques, secteur privé, universités et partenaires techniques afin de définir les cas d’usage prioritaires des données et de l’IA qui alimenteront le futur Blueprint national de création de valeur par les données. Cette feuille de route accompagnera la mise en œuvre du New Deal technologique, la stratégie nationale de transformation numérique.

Au‑delà de la dimension institutionnelle, l’objectif est de déterminer dans quels secteurs les données peuvent produire les retombées les plus importantes. Les travaux portent notamment sur la santé, l’agriculture, les transports, l’éducation, la fiscalité, la gestion des territoires, la sécurité ou encore les services administratifs. L’IA pourrait y être mobilisée pour anticiper les besoins des populations, optimiser l’allocation des ressources publiques, optimiser la planification des infrastructures, automatiser certaines démarches administratives ou encore détecter plus rapidement les fraudes et les anomalies dans les bases de données.

Le Sénégal souhaite également mettre en place un cadre de gouvernance permettant aux administrations d’échanger leurs données de manière sécurisée tout en garantissant leur qualité, leur interopérabilité et leur protection. Cette approche vise à éviter la prolifération de bases de données cloisonnées, souvent responsables de doublons, d’inefficacités administratives et de décisions fondées sur des informations incomplètes. La souveraineté des données constitue d’ailleurs l’un des piliers du New Deal Technologique, qui prévoit le développement d’infrastructures nationales d’hébergement, d’identité numérique et d’interopérabilité des services publics.

Cette orientation rejoint les recommandations des institutions internationales. La Banque mondiale estime que des systèmes de données fiables et interopérables permettent aux gouvernements d’améliorer le ciblage des politiques publiques, d’accroître l’efficacité des dépenses publiques et de renforcer la qualité des services rendus aux citoyens. Dans le domaine de l’intelligence artificielle, la disponibilité de données de qualité constitue également une condition essentielle au développement de solutions adaptées aux réalités locales.

L’initiative s’inscrit dans l’exécution du New Deal Technologique, lancé en 2025 et intégré à la Vision Sénégal 2050. Cette stratégie vise notamment à renforcer la souveraineté numérique, accélérer la digitalisation des services publics, développer une économie numérique compétitive et positionner le Sénégal parmi les leaders africains du numérique. Les conclusions de l’atelier alimenteront ainsi une feuille de route nationale destinée à orienter les futurs investissements dans l’économie de la donnée et les applications de l’intelligence artificielle.

Samira Njoya

Lire aussi:

Madagascar lance des outils numériques pour renforcer la résilience des agriculteurs

 

Posted On vendredi, 03 juillet 2026 19:19 Written by

Le recours à l’IA et aux drones gagne du terrain dans le secteur de la santé en Afrique. Associées à la cartographie géospatiale et à l’analyse des données, ces technologies ouvrent la voie à des interventions plus ciblées, rapides et efficaces contre les maladies à forte prévalence.

Le Bénin veut expérimenter l’intelligence artificielle, les drones et la cartographie géospatiale pour renforcer la lutte contre le paludisme. Le gouvernement a lancé, le mardi 30 juin à Cotonou, le projet « Action intégrée pour la prévention du paludisme », financé par le Japon à hauteur de 2,3 millions de dollars. Déployée dans six communes pilotes, cette initiative combine innovations technologiques, vaccination, lutte antivectorielle et mobilisation communautaire afin de mieux cibler les zones à risque et de réduire la transmission de la maladie.

L’innovation repose sur l’utilisation combinée de plusieurs technologies. Les outils de cartographie géospatiale et d’intelligence artificielle devraient servir à analyser les données environnementales afin d’identifier les zones présentant les plus forts risques de prolifération des moustiques. Ces informations guideront ensuite le déploiement de drones capables de pulvériser avec précision des larvicides homologués par l’Organisation mondiale de la Santé sur les gîtes larvaires, y compris dans des zones difficiles d’accès. Les autorités béninoises souhaitent ainsi rendre les opérations de lutte antivectorielle plus ciblées, plus rapides et plus efficaces que les méthodes conventionnelles.

Cette initiative intervient alors que le paludisme demeure le principal défi de santé publique au Bénin. Selon les autorités sanitaires, la maladie reste le premier motif de consultation et d’hospitalisation dans les établissements de santé. Les efforts engagés ces dernières années ont toutefois permis de réduire de 38 % l’incidence entre 2022 et 2024 et de 39 % la mortalité, grâce aux campagnes de moustiquaires imprégnées et à l’introduction du vaccin antipaludique.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie nationale de renforcement du système de santé et dans la vision « Bénin 2060 Alafia ». Soutenue par le Japon dans le cadre de la TICAD, l’initiative traduit la volonté des autorités béninoises d’intégrer les technologies émergentes à la lutte contre le paludisme afin d’améliorer le ciblage des interventions, d’optimiser les ressources mobilisées et de renforcer durablement la prévention.

Samira Njoya

Lire aussi:

Bénin : 150 jeunes disputent les premières Olympiades nationales d'IA

Posted On vendredi, 03 juillet 2026 18:50 Written by

Engagés dans le développement de l’intelligence artificielle, le Rwanda et l’Égypte souhaitent renforcer leur coopération pour lancer des projets communs et favoriser le transfert de compétences. Les initiatives prévues devraient contribuer à moderniser les services publics et à stimuler l’innovation.

Le Rwanda et l’Égypte souhaitent approfondir leur coopération dans les domaines de l’intelligence artificielle (IA), de la transformation numérique et du développement des compétences numériques. Les ministres rwandais des TIC et de l’Innovation, Paula Ingabire, et égyptien des Communications et des Technologies de l’information, Raafat Hindi, se sont rencontrés le lundi 29 juin au Caire pour définir de nouveaux axes de collaboration. Les deux gouvernements sont convenus de préparer un protocole d’accord qui servira de cadre à leur coopération dans les technologies de l’information et de la communication.

Les discussions ont porté sur la mise en œuvre de projets pilotes utilisant l’intelligence artificielle dans plusieurs secteurs prioritaires, notamment la santé, l’agriculture, les services publics numériques et les technologies dédiées aux langues locales. Kigali et Le Caire souhaitent également renforcer les échanges entre administrations, universités, centres de recherche et pôles d’innovation afin de favoriser le transfert de connaissances, la recherche appliquée et la formation de talents spécialisés dans l’IA.

Au‑delà des projets bilatéraux, les deux pays ambitionnent de promouvoir une approche africaine commune de l’intelligence artificielle, fondée sur des principes de responsabilité, d’inclusion et de développement durable. Les ministres ont notamment évoqué une coordination accrue dans les forums régionaux et internationaux consacrés à la gouvernance de l’IA, afin de faire émerger des positions africaines communes sur les technologies émergentes. L’Égypte participe déjà au groupe de travail de l’Union africaine sur l’intelligence artificielle ainsi qu’aux travaux du Conseil de l’IA de Smart Africa.

Ce rapprochement intervient alors que les deux pays accélèrent leurs propres stratégies nationales. Le Rwanda vient d’approuver la création d’une Agence nationale de l’intelligence artificielle destinée à coordonner les investissements, l’innovation et la gouvernance de cette technologie, après avoir lancé sa stratégie d’infrastructures publiques numériques.

De son côté, l’Égypte déploie sa Stratégie nationale pour l’intelligence artificielle 2025‑2030, qui prévoit l’intégration de l’IA dans les services publics, le développement d’une main‑d’œuvre spécialisée et le renforcement des capacités de recherche. Le gouvernement a également adopté un plan opérationnel avec indicateurs de suivi et multiplie les partenariats avec les pays africains afin d’accélérer l’adoption de ces technologies sur le continent.

Samira Njoya

Lire aussi:

L’Égypte délivre sa 10ᵉ licence de data center en deux ans

Posted On vendredi, 03 juillet 2026 18:47 Written by

Premier producteur africain de diamants artisanaux, la RDC veut tirer davantage de valeur de cette ressource. Le pays entend s’appuyer sur les technologies numériques pour renforcer la transparence et créer davantage de valeur localement.

Le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN) et la société suisse ADEX Platform AG ont conclu, le lundi 29 juin, un accord destiné à développer une plateforme numérique de traçabilité et de commercialisation des diamants en République démocratique du Congo. Cette infrastructure numérique vise à connecter directement les producteurs congolais aux acheteurs internationaux tout en améliorant la transparence des échanges.

La future plateforme devrait assurer le suivi des diamants tout au long de la chaîne d’approvisionnement, depuis leur production jusqu’à leur commercialisation. Elle s’appuiera sur des outils numériques destinés à renforcer la traçabilité des pierres, sécuriser et fiabiliser les données commerciales, et faciliter la mise en relation entre producteurs congolais et acheteurs internationaux. Pour les autorités, cette infrastructure numérique répond à un double objectif : réduire les circuits informels qui pénalisent encore la filière et renforcer la crédibilité des diamants congolais sur les marchés internationaux grâce à une meilleure transparence des échanges.

Le projet intervient dans un contexte où la RDC cherche à mieux valoriser ses ressources minières grâce aux technologies numériques. Malgré son rang parmi les principaux producteurs mondiaux de diamants, le pays exporte encore une grande partie de sa production à l’état brut, tandis que l’exploitation artisanale demeure largement dominante. Les difficultés de traçabilité et la contrebande continuent également de limiter les retombées économiques du secteur.

Selon les données de la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM), la RDC a produit 8,1 millions de carats de diamants en 2025, contre 13 millions de carats en 2021, illustrant le recul de la production ces dernières années. Environ 85 % des diamants proviennent encore de l’exploitation artisanale, un segment fortement exposé aux circuits informels. Pour le gouvernement, le recours aux outils numériques constitue ainsi un levier pour mieux contrôler les flux, renforcer la certification des pierres et améliorer la compétitivité de la filière.

Au‑delà de la plateforme, le partenariat prévoit la création d’ADEX RDC S.A., une société commune chargée du déploiement des solutions numériques. Il comprend également l’installation d’une taillerie‑joaillerie de niveau international, un programme de transfert de technologies ainsi que des actions de renforcement des capacités des professionnels congolais. L’objectif est de développer une chaîne de valeur davantage intégrée, capable d’accroître la transformation locale des diamants tout en accompagnant la modernisation numérique du secteur minier.

Samira Njoya

Lire aussi:

Connectivité satellitaire en Afrique, le GSMA définit les huit piliers pour une régulation cohérente

Posted On vendredi, 03 juillet 2026 18:35 Written by

Pilier de l’économie malgache, l’agriculture contribue à près de 30 % du PIB national, mais reste confrontée à de faibles gains de productivité et à une forte vulnérabilité climatique. Le gouvernement veut y répondre en accélérant la transformation numérique du secteur.

Madagascar accélère la transformation numérique de son agriculture avec le lancement d’une infrastructure publique numérique et de trois premiers services destinés aux producteurs. L’initiative a été dévoilée le mardi 30 juin lors d’un atelier consacré à l’élaboration de la feuille de route nationale pour la numérisation de l’agriculture, organisé à Antananarivo par les ministères de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement numérique, avec l’appui de la Banque mondiale à travers le mécanisme KWPF.

Au cœur du dispositif figure une infrastructure publique numérique agricole destinée à garantir l’interopérabilité et la souveraineté des données relatives à l’agriculture, à l’élevage et à la pêche. Les autorités ont parallèlement présenté trois premières solutions numériques. La première consiste en un annuaire national des producteurs, qui constituera une base de données unifiée des exploitants agricoles. La deuxième combine un système de suivi des prix des produits agricoles et un dispositif d’alerte météorologique diffusant des informations actualisées en temps réel. Enfin, une plateforme de conseil agricole numérique fournira aux producteurs des recommandations adaptées à leurs cultures, à leur localisation et aux conditions climatiques locales.

Selon le ministère de l’Agriculture, ces outils ont vocation à améliorer l’accès des producteurs aux informations sur les marchés, à faciliter les décisions culturales et à renforcer leur capacité d’anticipation face aux aléas climatiques. Trois entreprises ont été retenues par les autorités, sous la supervision de l’assistant technique NextA, pour développer ces solutions. Des projets similaires sont également en cours dans l’élevage, notamment autour de la digitalisation des ruches et du suivi sanitaire numérique des cheptels bovins.

Ce chantier intervient dans un contexte où l’agriculture demeure un pilier de l’économie malgache. D’après la Banque mondiale, le secteur représente près de 30 % du PIB, environ 40 % des recettes d’exportation et fait vivre près de 70 % de la population active. Pourtant, les faibles niveaux de productivité, l’accès limité aux services agricoles et la forte exposition aux chocs climatiques continuent de freiner son développement. Pour les institutions internationales, le recours aux technologies numériques constitue désormais un levier essentiel pour améliorer les rendements, faciliter l’accès aux marchés et renforcer la sécurité alimentaire.

Le lancement de ces solutions s’inscrit également dans une stratégie plus large de transformation numérique du secteur agricole. Madagascar travaille depuis plusieurs années, avec l’appui de partenaires comme la Banque mondiale et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, à l’élaboration d’une feuille de route nationale pour l’agriculture numérique. Celle‑ci doit permettre de structurer les infrastructures de données, d’améliorer la gouvernance numérique du secteur et de favoriser le déploiement de services digitaux à grande échelle au bénéfice des producteurs.

Samira Njoya

Lire aussi:

Madagascar : un cadre légal pour faire face à la cybercriminalité

Posted On mercredi, 01 juillet 2026 09:47 Written by

Avec plus de 13 millions de portefeuilles électroniques recensés au Maroc fin 2024 selon Bank Al‑Maghrib, la concurrence s’intensifie sur le marché des paiements mobiles. Orange Maroc entend consolider sa présence en s’appuyant sur le réseau national de Cash Plus pour rapprocher ses services des utilisateurs.

L’opérateur Orange Maroc et Cash Plus, établissement de paiement spécialisé dans les services financiers de proximité, ont conclu un partenariat destiné à élargir l’accès aux services financiers mobiles tout en intégrant les offres télécoms. Officialisé lundi 29 juin, l’accord permet désormais aux utilisateurs d’Orange Money d’effectuer des opérations de dépôt et de retrait d’espèces dans l’ensemble du réseau Cash Plus.

L’accord s’appuie sur la complémentarité des deux acteurs. Avec plus de 5200 points de service, dont près de 23 % situés en zones rurales, Cash Plus met son maillage territorial au service du portefeuille électronique d’Orange Money. Les opérations sont réalisées en temps réel grâce au numéro de téléphone du client. En parallèle, les agences Cash Plus intégreront progressivement la commercialisation des offres télécoms de l’opérateur, élargissant ainsi son réseau de distribution au‑delà de ses boutiques.

Cette alliance intervient dans un contexte de progression des paiements numériques au Maroc. Selon Bank Al‑Maghrib, le pays comptait plus de 13 millions de portefeuilles électroniques (m‑wallets) fin 2024. Cette dynamique s’accompagne d’une intensification de la concurrence entre les établissements de paiement et les opérateurs télécoms, qui cherchent à renforcer leurs réseaux de proximité afin de faciliter les opérations de dépôt et de retrait, un levier essentiel pour accélérer l’adoption des services financiers mobiles.

Cette stratégie s’inscrit dans la continuité du développement d’Orange Money au Maroc depuis son lancement en 2019, à la suite de l’obtention de son agrément auprès de Bank Al‑Maghrib. L’opérateur multiplie depuis les partenariats pour élargir les usages de son portefeuille électronique. En 2025, il avait notamment conclu un accord avec Damane Cash, permettant aux clients d’accéder aux services Orange Money et aux offres télécoms à travers un réseau de plus de 4000 agences.

Samira Njoya

Lire aussi:

Orange Maroc entre dans le chantier national de l’intelligence artificielle

Posted On mardi, 30 juin 2026 13:04 Written by

L’amélioration de l’accès à l’information représente l’un des piliers des stratégies de santé numérique en Afrique. Le Mali vient de renforcer ce volet en mettant en ligne une plateforme destinée à centraliser les informations et les services de son ministère de la Santé.

Le Mali poursuit la numérisation de son système de santé avec la mise en service d’une nouvelle plateforme numérique destinée à améliorer l’accès des citoyens à l’information sanitaire et à faciliter l’orientation des usagers. Accessible à l’adresse www.sante.gov.ml, le portail officiel du ministère de la Santé et du Développement social centralise les informations institutionnelles tout en proposant des services pratiques, notamment la géolocalisation des structures sanitaires et administratives.

Au‑delà de la diffusion de l’actualité institutionnelle, le portail intègre un système de géolocalisation des services administratifs ainsi que des établissements hospitaliers et pharmaceutiques relevant du ministère. Conçu pour être consulté aussi bien sur ordinateur que sur smartphone ou tablette, il vise à améliorer l’accès des citoyens à l’information publique, renforcer la transparence de l’action gouvernementale et accroître la visibilité des initiatives du secteur de la santé, aussi bien au niveau national qu’international.

Ce lancement s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique engagée par les autorités maliennes dans le secteur de la santé. Adopté en 2024, le Plan stratégique national de santé numérique 2024‑2028 prévoit le développement d’un écosystème numérique capable d’améliorer la production et le partage des données sanitaires, de renforcer les systèmes d’information et de faciliter l’accès aux services de santé grâce aux technologies numériques. Le document met également l’accent sur l’interopérabilité des plateformes, le renforcement des infrastructures numériques et le développement des compétences des personnels de santé.

Cette orientation répond à des défis persistants. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les systèmes d’information sanitaire constituent un pilier essentiel de la couverture sanitaire universelle, en permettant aux décideurs comme aux populations d’accéder à des informations fiables pour orienter les politiques publiques et améliorer la qualité des soins. Dans de nombreux pays africains, la numérisation des administrations sanitaires s’accélère afin de rendre les services plus accessibles, renforcer la gouvernance et améliorer le suivi des politiques de santé.

Avec ce nouveau portail, le ministère de la Santé et du Développement social dispose désormais d’un canal officiel destiné à faciliter la communication avec les citoyens, les professionnels de santé, les partenaires techniques et financiers ainsi que les médias. Les autorités invitent les usagers à consulter régulièrement la plateforme afin de suivre l’actualité du département et d’accéder aux informations officielles.

Samira Njoya

Lire aussi:

 L’Éthiopie déploie une « super appli » pour simplifier les démarches administratives

Posted On mardi, 30 juin 2026 09:45 Written by
Page 1 sur 194

Please publish modules in offcanvas position.