La connectivité mobile poursuit son expansion sur le continent et renforce son rôle dans l’économie africaine. Pour la GSMA, la prochaine étape clé consiste à transformer cette connectivité en usage numérique réel et inclusif.
Les technologies et services mobiles ont généré 240 milliards USD de valeur ajoutée en 2025 en Afrique, soit 7,8 % du PIB du continent, selon un rapport publié le mardi 16 juin par la GSMA. Le secteur a également soutenu environ 13 millions d’emplois et contribué à hauteur de 45 milliards USD aux recettes publiques, confirmant son poids croissant dans l’économie africaine.
Intitulé The Mobile Economy Africa 2026, le rapport précise que cette performance s’inscrit dans un contexte de transformation progressive du secteur mobile, qui ne se limite plus à la connectivité mais devient un moteur d’innovation et de numérisation. Les opérateurs évoluent désormais vers un rôle de partenaires de transformation numérique, en intégrant l’intelligence artificielle, les services numériques et les API ouvertes destinées aux développeurs.
Malgré ces avancées, le principal défi du continent reste l’adoption des services numériques. Si la couverture mobile haut débit est largement disponible, environ 63 % des Africains couverts n’utilisent pas Internet mobile, en raison notamment du coût des terminaux, du prix des données et du manque de compétences numériques. L’abordabilité demeure ainsi le principal frein à l’inclusion numérique sur le continent.
Le rapport met également en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans le secteur mobile, utilisée pour améliorer les réseaux, optimiser l’expérience client et développer de nouveaux services. Toutefois, la GSMA note que les modèles d’IA restent encore peu adaptés aux réalités linguistiques africaines.
Enfin, les opérateurs mobiles devraient investir plus de 76 milliards USD entre 2024 et 2030 dans les infrastructures réseau, afin d’accompagner l’extension de la 5G, l’amélioration de la qualité des services et la montée en puissance des usages numériques sur le continent. Selon la GSMA, ces investissements seront déterminants pour transformer la connectivité existante en gains économiques effectifs et réduire le déficit d’adoption numérique en Afrique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Alors que l’intelligence artificielle s’impose progressivement dans les économies africaines, le Burkina Faso veut définir sa propre trajectoire. La feuille de route adoptée par les acteurs du secteur fixe les priorités nationales pour transformer cette technologie en levier de développement économique et social.
Le Burkina Faso veut créer les conditions nécessaires à l’essor de l’intelligence artificielle sur son territoire. Les autorités ont validé à cet effet le mercredi 17 juin, la feuille de route nationale sur l’intelligence artificielle (IA) pour la période 2026-2030. Ce document devrait servir de cadre de référence pour le développement de solutions adaptées aux priorités du pays, dans des secteurs comme la santé, l’agriculture, l’éducation ou encore l’administration publique.
Concrètement, la stratégie identifie plusieurs domaines prioritaires dans lesquels des applications basées sur l’IA devraient être développées au cours des prochaines années. Les autorités évoquent notamment des outils d’aide au diagnostic médical, des solutions destinées à accompagner les producteurs agricoles grâce aux prévisions météorologiques, ainsi que des dispositifs pédagogiques adaptés aux réalités locales pour les élèves et étudiants. Le document prévoit également des applications dans les secteurs de l’eau et de l’énergie afin de faciliter la remontée d’informations par les citoyens et d’améliorer la gestion des services publics.
Cette feuille de route s’inscrit dans le cadre du Plan RELANCE 2026-2030 et du chantier gouvernemental « IA pour tous », présenté comme l’un des principaux axes de la transformation numérique du pays. Son élaboration a mobilisé des représentants de l’administration, du secteur privé, des universités, des centres de recherche, de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Le Burkina Faso rejoint ainsi le groupe croissant de pays africains qui se dotent d’un cadre stratégique dédié à l’intelligence artificielle. Ces dernières années, des pays comme le Rwanda, le Sénégal, le Bénin, l’Égypte ou encore le Kenya ont engagé des initiatives similaires afin d’encadrer le développement de cette technologie et de renforcer leur compétitivité numérique.
Pour le Burkina Faso, les enjeux dépassent le seul secteur technologique. Dans un contexte marqué par des besoins importants en matière d’accès aux services publics, de productivité agricole et de développement des compétences, l’intelligence artificielle est perçue comme un outil susceptible d’améliorer l’efficacité des politiques publiques, de soutenir l’innovation locale et de favoriser l’émergence de nouveaux services numériques adaptés aux réalités nationales.
Samira Njoya
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Les autorités algériennes s’apprêtent à lancer une nouvelle stratégie de transformation numérique, un chantier ambitieux visant à développer l’économie numérique. Pour accompagner cette mise en œuvre, des compétences expertes sont indispensables afin de piloter efficacement les réformes engagées.
L’Algérie poursuit le déploiement de sa stratégie de transformation numérique 2025-2030 et cherche à renforcer les compétences mobilisées autour de ce chantier. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a lancé dans ce cadre un appel à candidatures pour recruter un expert national en transformation numérique qui assurera également la coordination d’une équipe d’appui chargée d’accompagner la mise en œuvre des réformes engagées.
Le consultant retenu aura notamment pour mission de soutenir le Haut-Commissariat à la numérisation (HCN) dans l’opérationnalisation de la Stratégie nationale de transformation numérique. Son rôle devrait couvrir la coordination des travaux des experts mobilisés, l’appui à l’élaboration de plans d’action prioritaires, le suivi des projets numériques ainsi que la mise en place d’outils de pilotage et d’évaluation destinés à mesurer les progrès réalisés. Cette expertise s’inscrit dans le cadre d’un projet conduit conjointement par le PNUD et le HCN pour accélérer la mise en œuvre de la feuille de route numérique du pays.
Ce recrutement intervient alors que l’Algérie s’emploie à traduire en actions concrètes sa Stratégie nationale de transformation numérique 2025-2030. Celle-ci vise notamment la modernisation de l’administration publique, l’amélioration des services aux citoyens, le renforcement de la gouvernance numérique et le développement de l’économie numérique. Pour soutenir cette ambition, les autorités ont engagé plusieurs centaines de projets de numérisation couvrant différents secteurs de l’administration et des services publics.
La mission est prévue sur une durée de huit mois, entre juillet 2026 et mars 2027, pour un volume de 70 jours ouvrables. Les candidatures peuvent être soumises jusqu’au 24 juin via le portail fournisseurs Quantum du PNUD : https://supplier.quantum.partneragencies.org/.
Samira Njoya
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En consacrant sa première encyclique à l’intelligence artificielle, le pape Léon XIV met en garde contre les dérives néocoloniales du numérique et appelle à une gouvernance inclusive. À l’approche du Dialogue mondial sur l’IA à Genève, l’Afrique est invitée à défendre ses cultures et ses valeurs dans ce débat global.
Le 25 mai 2026, le pape Léon XIV publiait sa première encyclique qui aborde le thème de l’IA. Ce texte propose une réflexion sur la dignité humaine, le concept de bien commun et la gouvernance des données à l’ère numérique. Il ne s’adresse pas exclusivement aux catholiques : il prétend parler à « toute la famille humaine ». Mais de quelle humanité s’agit-il et selon quelle vision du monde ? À quelques semaines de la première session du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, prévue les 6 et 7 juillet prochains à Genève, la question mérite d’être posée sans détour.
« Magnifica Humanitas » s’aventure bien au-delà des considérations morales habituelles sur la technologie. Elle souligne, sans ambiguïté, que les modèles d’IA « reflètent les paramètres culturels de ceux qui les ont conçus et formés, avec toutes leurs qualités et leurs défauts ». Le discernement éthique face à l’IA ne peut se limiter à demander si l’on utilise bien ou mal cette technologie. Il faut aussi s’interroger sur « la conception de la personne et de la société qui est inscrite dans les données et les modèles » qui orientent les systèmes.
Le texte va plus loin et nomme le risque néocolonial sans faux-fuyants. Si l’extraction de données en provenance de pays de moindre poids géopolitique se poursuit sans que leurs populations aient leur mot à dire, « l’ère numérique ne sera pas postcoloniale, mais coloniale sous une nouvelle forme ». Les données sanitaires, épidémiologiques, génétiques et démographiques, que le Pape Léon XIV qualifie de « nouvelles “terres rares” du pouvoir », sont « souvent collectées sous le couvert de l’aide, de la recherche ou de l’innovation ». Par ailleurs, l’économie numérique « repose sur le travail silencieux de millions d'êtres humains […] des jeunes, pour la majorité des femmes, qui travaillent laborieusement pour un salaire de misère ». Ces personnes, qui vivent en majorité dans le Sud global, sont affectées à l'étiquetage des données, à la modération des contenus et à l’apprentissage des modèles.
Sur le plan de la gouvernance, le ton est tout aussi direct. Le Pape refuse que la puissance technique constitue de facto une habilitation à décider unilatéralement pour tous ; c’est ce qu’il nomme « désarmer » l’IA. Selon le souverain pontife, l’IA doit être un bien commun accessible à toutes les cultures humaines. En outre, il exprime sans détour un point de vue qui semble souvent passer au second plan : « Les communautés ne peuvent être réduites à de simples destinataires de décisions prises ailleurs » ; « une IA plus morale ne sert à rien si cette morale est décidée par une poignée de personnes ».
Cette exigence d'inclusion conduit inévitablement à celle de la diversité culturelle et des visions du monde sur la place de l'individu face à sa communauté. Cependant, le pluralisme culturel évoqué par le pape est-il seulement synonyme de la possibilité pour différentes cultures d’utiliser les mêmes systèmes d’IA ? Ou bien cela signifie-t-il qu’elles doivent aussi participer à la détermination des valeurs qui seront intégrées à ces systèmes ?
Il est vrai que le Vatican et plusieurs traditions philosophiques africaines se rejoignent dans leur refus d’une conception purement utilitariste de l’être humain. Cependant, la vision fondamentale du monde qui informe le rapport à l’autre, au temps, à la connaissance et à la technique n’est pas la même à Rome, à Dakar, à Pretoria, à Rabat, à Nairobi ou dans la Silicon Valley. Certaines traditions humaines insistent d’abord sur l’individu, l’autonomie et les droits tandis que d’autres mettent davantage l’accent sur l’interdépendance, la communauté, la mémoire et le bien commun partagé entre tous.
Selon Léon XIV, la dignité appartient à chaque être humain, indépendamment de toute performance ou appartenance. C’est une dignité individuelle, intrinsèque et transcendante. Dans de nombreuses cultures africaines, la dignité ne réside pas d’abord dans l’individu en soi-même. Elle se construit et s’exprime dans la relation à l’autre et dans la capacité à s’engager avec la communauté dont on est issu. Cette idée n’est pas absente de l’encyclique, mais elle s’exprime selon un cadre intellectuel et religieux distinct.
Or, ces nuances peuvent entraîner des conséquences concrètes lorsqu’il s’agit de définir les priorités et les mécanismes de gouvernance de l’IA. Elles peuvent influencer la manière dont on envisage le consentement pour l’utilisation des données, la souveraineté des ressources numériques, la répartition des bénéfices tirés de l’IA ou encore la place que l’on accorde aux différentes communautés dans les mécanismes de gouvernance. La question n’est donc pas de savoir quelle vision du monde devrait l’emporter, mais de déterminer comment éviter qu’une seule conception du monde ne soit implicitement érigée en norme universelle.
Face à ce risque d'uniformisation culturelle, le premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA se tiendra à Genève les 6 et 7 juillet 2026 et constituera un jalon décisif. Les délégations africaines y participeront en s’appuyant notamment sur la Déclaration d’Addis-Abeba, adoptée le 27 avril 2026 sous les auspices de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, ainsi que sur la Stratégie continentale de l’Union africaine sur l’IA. La Stratégie attire clairement l’attention sur le fait que la prolifération de modèles d’IA générative conçus en dehors de l’Afrique, et entraînés à partir de langues et de données étrangères, peut mettre en péril les systèmes culturels et les identités locales au profit de conceptions étrangères du monde.
La Déclaration invite notamment les États africains à protéger les bases de données communautaires et en langues autochtones, à allouer des fonds publics au développement de modèles en langues africaines et à mettre en place des écosystèmes d’IA ancrés dans la culture. Toutefois, la protection des données africaines ne concerne que la provenance des données d’entrée des modèles d’IA. Cet aspect omet de prendre en compte les hypothèses culturelles et éthiques qu’un modèle intègre dans les réponses qu’il fournit.
À l’instar de la stratégie continentale sur l’IA, l’encyclique de Léon XIV met en garde contre une réponse publique qui se limiterait à des déclarations éthiques générales. En effet, professer des valeurs est vain si les mécanismes effectifs de prise de décision demeurent le privilège d’une poignée d’acteurs. « Parler de subsidiarité », écrit Léon XIV, « exige de protéger la capacité des communautés à choisir et à corriger, sans reléguer leur intervention à un simple rôle de surveillance, une fois que les normes ont été établies ailleurs ».
L’Afrique n’est pas un bloc homogène. Ses cinquante-quatre pays n'occupent pas tous la même place dans l'économie numérique mondiale. Cependant, cette diversité n’efface pas un impératif commun : celui de ne pas considérer la gouvernance publique de l’IA uniquement comme une question de souveraineté technologique. À Genève, les délégations africaines devront relever un défi qui sera de présenter la culture et les valeurs africaines comme des éléments à protéger, mais aussi comme des moteurs d’une « renaissance culturelle » portée par la technologie.
Biographie
Juriste, Evelyne Akoto travaille sur les enjeux de gouvernance publique et d'éthique de l'intelligence artificielle. Elle se concentre notamment sur les violences basées sur le genre facilitées par la technologie ainsi que la littératie numérique et en IA en Afrique de l’Ouest francophone. Ses analyses explorent la façon dont les transformations technologiques redéfinissent les rapports sociaux, surtout à la croisée des inégalités de genre, de la technologie et des droits humains.
Dans un contexte où les infrastructures ferroviaires africaines restent confrontées à des défis de sécurité, le Sénégal déploie une solution numérique associant connectivité mobile, énergie solaire et centralisation des données pour sécuriser ses passages à niveau.
La société nationale des Chemins de fer du Sénégal (CFS) a lancé à Thiès un projet pilote de passages à niveau intelligents destinés à renforcer la sécurité sur l’axe ferroviaire Dakar‑Thiès. Le dispositif, qui sera déployé sur 7 sites, combine des barrières automatiques, des capteurs connectés et un système de communication sans fil fonctionnant grâce à des réseaux cellulaires et satellitaires. Alimentée par l’énergie solaire, la solution a été présentée le dimanche 14 juin en marge de la Journée mondiale de sensibilisation aux passages à niveau.
Papa Babacar Youm, directeur des projets aux CFS, a expliqué que chaque conducteur serait informé en temps réel de la situation du passage à niveau avant de l’aborder. Selon lui, l’ensemble des équipements installés sur les passages à niveau communiquera directement avec les locomotives et le centre de contrôle de Thiès afin de fournir en temps réel des informations sur l’état des infrastructures et la circulation des trains.
Le projet marque une nouvelle étape dans la transformation numérique du réseau sénégalais. Les installations reposent sur une architecture autonome, capable de fonctionner sans câblage physique, un choix particulièrement adapté aux zones où les infrastructures de télécommunication restent limitées. Les données collectées sont centralisées puis intégrées aux systèmes de supervision des CFS afin de permettre un suivi à distance des équipements et une meilleure gestion opérationnelle du trafic.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique mondiale de modernisation des infrastructures ferroviaires par les technologies numériques. Les exploitants ferroviaires recourent de plus en plus aux capteurs connectés, aux systèmes de surveillance en temps réel et aux plateformes de gestion de données pour améliorer la sécurité et la maintenance des réseaux. Au Sénégal, où les autorités ambitionnent de renforcer le rôle du rail dans la mobilité et le transport de marchandises, ces solutions pourraient contribuer à accélérer la modernisation d’un réseau longtemps confronté à un déficit d’investissements.
Les enjeux dépassent le seul cadre de la sécurité routière. En misant sur une infrastructure connectée et alimentée par l’énergie solaire, les CFS expérimentent un modèle susceptible d’être reproduit sur d’autres lignes ferroviaires du pays. La capacité à superviser à distance des équipements critiques, même dans des zones dépourvues de réseaux filaires, pourrait ouvrir la voie à une gestion plus intelligente des infrastructures de transport et à une réduction des coûts d’exploitation.
Samira Njoya
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La santé maternelle demeure un défi majeur en Guinée. Entre insuffisance des infrastructures, manque de personnel qualifié et difficultés d’accès aux soins dans les zones rurales, les femmes restent exposées à de nombreux risques pendant la grossesse et l’accouchement.
La Guinée a lancé, le mardi 16 juin à Conakry, un projet pilote de santé numérique destiné à améliorer l’accès aux services de santé maternelle et néonatale dans les zones reculées. Financé par le gouvernement japonais à hauteur de 393 333 USD, l’initiative est mise en œuvre en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et repose sur la technologie japonaise SPAQ développée par SOIK Corporation.
« En connectant une application dédiée à un échographe portable, SPAQ permet d’optimiser et de moderniser le suivi prénatal, la centralisation des résultats ainsi que le monitoring dans les zones isolées », a expliqué l’ambassadeur du Japon en Guinée, Kato Ryuichi. Selon lui, le projet prévoit également le déploiement d’une clinique mobile, l’équipement de 10 structures de santé et la formation de 20 sages‑femmes à l’utilisation de cette solution numérique.
Le dispositif vise à rapprocher les soins des populations vivant dans les localités les plus enclavées. Grâce à l’association d’une application mobile et d’un échographe portable, les agents de santé pourront réaliser des examens prénataux, détecter plus rapidement les grossesses à risque et assurer un meilleur suivi des patientes et des nouveau‑nés. Plus de 5 000 femmes enceintes et autant de nourrissons devraient bénéficier directement du projet.
Cette initiative intervient alors que la Guinée reste confrontée à d’importants défis en matière de santé maternelle et néonatale. Selon les autorités, le pays ne compte qu’une sage‑femme pour près de 20 000 habitants. Les inondations récurrentes, qui ont affecté plus de 175 000 personnes en 2024, compliquent davantage l’accès aux structures de santé dans plusieurs régions. Les longues distances à parcourir, le manque d’équipements médicaux et la faible couverture sanitaire dans certaines zones rurales continuent également de peser sur la prise en charge des femmes enceintes.
Au‑delà de l’amélioration du suivi prénatal, le projet vise à contribuer à accélérer la transformation numérique du système de santé guinéen. Les autorités espèrent démontrer l’efficacité des outils numériques pour étendre l’accès aux soins spécialisés dans les zones isolées et renforcer la résilience du système sanitaire face aux crises sanitaires et climatiques.
Samira Njoya
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L’Afrique demeure sous‑équipée en infrastructures de données par rapport aux autres régions du monde. Afin de combler ce retard et d’accompagner la croissance de l’économie numérique, plusieurs pays, dont l’Égypte, multiplient les investissements dans les centres de données et les services cloud.
L’Égypte poursuit le renforcement de ses infrastructures numériques. L’Autorité nationale de régulation des télécommunications (NTRA) a accordé le lundi 15 mai une licence à Hassan Allam Digital Infrastructure and Data Center Solutions pour construire et exploiter un centre de données dans le pays. Développé en partenariat avec la société technologique A15, le projet prévoit un investissement initial de 400 millions USD pour sa première phase.
Selon les promoteurs, cet investissement constitue la première phase d’un programme plus large destiné à être étendu dans les années à venir. L’infrastructure, conçue selon les standards internationaux, doit fournir des services d’hébergement de données, de cloud computing et des capacités adaptées aux applications d’intelligence artificielle. Elle ciblera aussi bien les administrations publiques que les institutions financières et les entreprises locales et internationales.
L’annonce intervient alors que l’Égypte multiplie les investissements dans les infrastructures numériques. Selon la NTRA, il s’agit de la dixième licence de centre de données accordée au cours des deux dernières années, illustrant l’accélération du développement de ce secteur dans le pays. Les autorités considèrent désormais les centres de données comme un maillon essentiel de la transformation numérique et de la souveraineté technologique nationale.
Cette dynamique s’accompagne de la préparation d’une stratégie nationale dédiée aux centres de données et au cloud computing. Le gouvernement entend s’appuyer sur la position géographique stratégique de l’Égypte, située au carrefour de l’Afrique, de l’Europe et de l’Asie, ainsi que sur ses infrastructures de télécommunications, pour attirer davantage d’investissements dans les services numériques. L’objectif est de renforcer le rôle du pays comme plateforme régionale d’échange de données et de services numériques.
Le projet s’inscrit également dans les ambitions égyptiennes en matière d’intelligence artificielle. La deuxième stratégie nationale de l’IA prévoit de porter la contribution des technologies numériques et de l’intelligence artificielle à 7,7 % du PIB d’ici 2030. Les autorités estiment par ailleurs que l’IA pourrait générer jusqu’à 42,7 milliards USD de valeur économique au cours des prochaines années grâce à son adoption dans des secteurs tels que les services publics, la finance, la santé et l’industrie.
Au‑delà du seul marché égyptien, les nouvelles infrastructures sont destinées à répondre à une demande régionale croissante en matière d’hébergement de données et de services cloud. La progression rapide de l’intelligence artificielle, du commerce électronique et de la transformation numérique des entreprises alimente les besoins en capacités de stockage et de calcul.
Samira Njoya
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Alors que les crypto‑actifs gagnent du terrain en Afrique, le Zimbabwe rejoint les pays du continent qui structurent progressivement ce marché. Une réforme visant à renforcer la surveillance d’un écosystème en forte croissance mais encore largement informel.
Le gouvernement du Zimbabwe a annoncé qu’il allait obliger les entreprises opérant dans le secteur des crypto‑monnaies à s’enregistrer auprès des autorités financières, dans le cadre d’un dispositif destiné à encadrer un marché jusque‑là largement informel.
Selon des règlements émis par le ministre des Finances, Mthuli Ncube, et rapportés par Reuters, les sociétés impliquées dans l’achat, la vente, le transfert ou la conservation d’actifs numériques devront désormais s’inscrire chaque année auprès de la Financial Intelligence Unit (FIU), un organisme de lutte contre le blanchiment d’argent hébergé au sein de la Banque de réserve du Zimbabwe.
L’enregistrement sera assorti de frais de 500 USD pour la première inscription et de 400 USD pour le renouvellement annuel. Toute exploitation sans enregistrement sera considérée comme une infraction, marquant la volonté des autorités de placer le secteur sous un cadre de surveillance formelle.
Cette décision intervient après plusieurs années de restrictions sur les crypto‑actifs dans le pays. Dès 2018, les autorités avaient limité les activités liées aux monnaies numériques, poussant une grande partie des échanges vers des circuits informels et des plateformes de pair‑à‑pair.
Sur le plan continental, cette évolution s’inscrit dans un contexte de forte progression de l’adoption des crypto‑actifs en Afrique subsaharienne. Selon une étude publiée en septembre par la société Chainalysis, spécialisée dans l’analyse de données relatives à la blockchain, les transactions en cryptomonnaies ont atteint 205 milliards USD en Afrique subsaharienne entre juillet 2024 et juin 2025, portées notamment par les transferts transfrontaliers et les usages liés aux remittances.
Dans de nombreux pays africains, les crypto‑monnaies sont de plus en plus utilisées comme alternative aux circuits bancaires traditionnels, notamment en raison des coûts élevés des transferts internationaux. La Banque mondiale indique que les frais de transferts en Afrique subsaharienne figurent parmi les plus élevés au monde, dépassant régulièrement 6 % du montant envoyé.
Le Zimbabwe rejoint ainsi une tendance plus large de structuration du secteur des actifs numériques sur le continent. En Afrique du Sud, les prestataires crypto sont encadrés par la Financial Sector Conduct Authority (FSCA), tandis qu’au Nigeria, la Securities and Exchange Commission (SEC) a mis en place un régime d’enregistrement progressif des plateformes d’échange.
Au Kenya, une loi sur les Virtual Asset Service Providers (VASP) prévoit un cadre de supervision partagé entre la Banque centrale et l’autorité des marchés financiers, illustrant une approche hybride de la régulation des actifs numériques.
Samira Njoya
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Fort de la progression rapide des paiements numériques ces dernières années, le Sénégal cherche désormais à étendre leur usage au secteur de la santé. L’objectif est de moderniser les services, sécuriser les transactions et améliorer l’expérience des usagers.
Le ministère sénégalais de la Santé et de l’Hygiène publique a signé le lundi 15 juin à Dakar une convention‑cadre avec Orange Finance Mobile Sénégal (OFMS) pour accélérer la numérisation des paiements dans les établissements publics de santé. L’initiative vise à simplifier les démarches des usagers, améliorer la gestion financière des structures sanitaires et renforcer l’accès aux services de santé à travers le pays.
Dans le cadre de ce partenariat, les deux parties prévoient d’élargir l’utilisation des solutions de paiement électronique dans les hôpitaux, centres de santé et autres établissements publics. Selon les autorités, cette évolution devrait permettre de réduire les paiements en espèces, d’améliorer la traçabilité des transactions et de sécuriser davantage les recettes des structures sanitaires.
Orange Finance Mobile Sénégal est déjà présent dans plus de 600 pharmacies et plus de 200 structures de santé publiques et privées du pays. L’opérateur entend s’appuyer sur son réseau et son expertise dans les services financiers numériques pour faciliter les paiements de soins, y compris dans les zones éloignées où l’accès aux services bancaires demeure limité.
Cette initiative intervient dans un contexte de forte progression des paiements numériques au Sénégal. Selon les données relayées par la BCEAO, le pays est devenu en 2024 le premier marché de monnaie électronique de l’UEMOA, représentant 24,1 % du volume régional des transactions. Le mobile money constitue désormais l’un des principaux moteurs de l’inclusion financière dans le pays. La dynamique se reflète également dans les performances des opérateurs. Le service Orange Money revendiquait 13 millions de clients actifs en 2025 et près de 3,8 milliards de transactions réalisées au cours de l’année, illustrant l’ancrage croissant des paiements dématérialisés dans les usages quotidiens des Sénégalais.
La convention s’inscrit plus largement dans l’Agenda Sénégal 2050 et le New Deal Technologique, qui placent le numérique au cœur de la modernisation des services publics. Pour le gouvernement, la numérisation des paiements devrait contribuer à améliorer la gouvernance des établissements de santé, renforcer la transparence dans la gestion des ressources et faciliter l’accès des citoyens à des services publics plus efficaces.
Samira Njoya
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Face à la croissance des usages numériques, la Guinée équatoriale entend mieux exploiter ses infrastructures existantes. Les autorités envisagent de transformer le réseau de fibre optique de SEGESA en actif commercial au service des opérateurs télécoms et de la connectivité nationale.
La Société d’électricité de Guinée équatoriale (SEGESA) envisage d’élargir son champ d’activité au‑delà de la distribution d’énergie. Réuni le vendredi 12 juin à Malabo avec les responsables de l’entreprise publique, le vice‑président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a recommandé la création d’une structure dédiée à la gestion et à la valorisation du réseau national de fibre optique déployé par l’entreprise.
Cette orientation s’inscrit dans le projet de modernisation du réseau électrique national conduit par SEGESA. L’entreprise s’appuie sur près de 2000 kilomètres de fibre optique installés le long de ses infrastructures afin d’améliorer la supervision du réseau, la gestion de la facturation, le suivi des opérations et l’efficacité globale des services. Selon les autorités, ces investissements pourraient également servir de socle au développement du haut débit et de technologies avancées comme la 5G.
Au‑delà de ses besoins internes, SEGESA envisage désormais d’exploiter commercialement cette infrastructure en la mettant à la disposition d’autres acteurs du marché, notamment les opérateurs de télécommunications. Une telle stratégie permettrait à l’entreprise de diversifier ses sources de revenus tout en contribuant au renforcement de la connectivité numérique dans le pays.
Cette ambition intervient alors que la demande en services numériques continue de progresser en Guinée équatoriale. Selon DataReportal, le pays comptait environ 1,16 million d’utilisateurs d’Internet au début de 2025, soit un taux de pénétration de 60,4 % de la population. Le nombre d’internautes a augmenté de 28 000 en un an, illustrant une adoption croissante des services numériques par les ménages, les entreprises et les administrations.
L’initiative de SEGESA rejoint une tendance observée dans certains pays où les entreprises publiques d’électricité cherchent à rentabiliser leurs infrastructures numériques. Au Kenya, la société publique de transport d’électricité KETRACO commercialise une partie de sa capacité de fibre optique auprès d’opérateurs télécoms afin de générer des revenus supplémentaires et de soutenir le développement du haut débit.
Pour les autorités équato‑guinéennes, le projet présente un potentiel économique important. S’appuyant sur une étude réalisée par Huawei, le vice‑président a estimé que cette infrastructure pouvait créer davantage de valeur pour l’entreprise publique. Il a ainsi recommandé la mise en place d’une entité spécialisée, dotée de compétences techniques adaptées et accompagnée par un partenaire technologique expérimenté.
Samira Njoya
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Alors que moins d’un tiers de la population congolaise dispose d’un accès à Internet, les autorités veulent faire du numérique un levier d’amélioration de l’enseignement. Une politique nationale récemment adoptée doit servir de socle à cette ambition.
La République démocratique du Congo veut mieux encadrer la transformation numérique de son système éducatif. Le vendredi 12 juin, le Conseil des ministres a adopté la Politique nationale de l’information et de la communication pour l’éducation et la formation (PNICEF), un cadre destiné à harmoniser l’intégration des technologies numériques dans l’ensemble des cycles d’enseignement.
Portée par la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, cette politique doit servir de référence pour les futures initiatives numériques dans le secteur. Elle couvre aussi bien l’enseignement primaire et secondaire que la formation professionnelle, l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et l’alphabétisation. L’objectif est de favoriser des outils interopérables, sécurisés et alignés sur les priorités éducatives nationales.
Cette orientation survient après plusieurs projets de numérisation déployés ces dernières années dans le secteur éducatif congolais. Les autorités ont notamment engagé la numérisation de la gestion administrative des établissements scolaires, le renforcement des systèmes d’information éducatifs ainsi que la modernisation des mécanismes de collecte et de gestion des données scolaires. Toutefois, l’absence d’un cadre global de coordination limitait jusqu’ici la cohérence et la complémentarité de ces initiatives.
Le défi reste d’autant plus important que l’environnement numérique du pays demeure en construction. Selon DataReportal, la RDC comptait 34,7 millions d’internautes à la fin de l’année 2025, soit un taux de pénétration d’Internet de 30,5 %, ce qui signifie que près de 70 % de la population reste encore hors ligne. Cette fracture numérique se répercute sur le système éducatif, où de nombreux établissements continuent de faire face à des contraintes liées à l’accès à Internet, à l’électricité et aux équipements informatiques.
À travers la PNICEF, le gouvernement entend ainsi disposer d’une feuille de route unique pour guider les investissements, renforcer les compétences numériques des apprenants et des enseignants, et améliorer la gouvernance du secteur. Les autorités espèrent également créer les conditions nécessaires au développement d’une éducation plus inclusive et mieux adaptée aux exigences de l’économie numérique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les autorités somaliennes misent sur la transformation numérique pour soutenir le développement socio‑économique du pays. Pour y parvenir, elles renforcent les infrastructures afin de soutenir la montée en puissance des services digitaux.
La Somalie intensifie sa transition vers la nouvelle génération d’adresses Internet (IPv6). L’initiative vise à renforcer la capacité des infrastructures numériques du pays et à anticiper la croissance future des usages en ligne.
Dans ce cadre, l’Autorité nationale des communications (NCA) et le Centre national IPv6 ont organisé, le mercredi 10 juin, un atelier réunissant les fournisseurs d’accès à Internet, des universités, des experts en télécommunications ainsi que plusieurs acteurs du secteur numérique.
Selon l’agence nationale de presse, cette rencontre a servi de plateforme de sensibilisation à l’adoption de l’IPv6. Elle a également permis de renforcer la collaboration entre les parties prenantes et de soutenir le programme national de transformation numérique, notamment à travers le déploiement de technologies Internet de nouvelle génération et l’amélioration des infrastructures existantes.
« Aujourd’hui, nous ne planifions pas seulement les besoins actuels d’Internet, mais aussi ceux des générations futures, en veillant à ce qu’elles aient accès à des technologies modernes et soient préparées à la croissance continue de l’économie numérique », a déclaré Mustafa Yasiin Sheikh, directeur général du régulateur télécoms.
Avant cet atelier, la Somalie avait déjà adopté en février 2025 une stratégie nationale dédiée à l’IPv6. C’est dans ce cadre que le Centre national IPv6 a été mis en place. Installé au sein de la Jamhuriya University, ce centre doit servir de pôle de recherche et de formation, destiné à préparer une nouvelle génération d’experts en déploiement et en gestion de l’IPv6.
Ces efforts s’inscrivent dans un contexte où la précédente génération du protocole IP (IPv4), encore largement utilisée en Afrique, a atteint ses limites d’attribution en 2011. Lancé en 1981, IPv4 offre une capacité maximale d’environ 4,3 milliards d’adresses IP uniques. À l’inverse, IPv6 peut générer jusqu’à 340 trillions de trillions d’adresses, ce qui en fait une solution durable face à la demande croissante, tant pour les utilisateurs classiques que pour les objets connectés.
Isaac K. Kassouwi
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La transformation numérique de l’administration congolaise franchit un nouveau cap avec l’émergence d’un système d’identité numérique national. Au cœur des réformes en cours, le RDC‑PASS ambitionne de structurer l’identification des citoyens et de faciliter l’accès aux services publics.
La République démocratique du Congo s’apprête à lancer le RDC‑PASS, son système national d’identification numérique. Le lancement officiel est prévu le samedi 13 juin à Kinshasa. Présenté comme un identifiant unique, sécurisé et gratuit, le projet sera dévoilé sous le haut patronage du président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, dans le cadre de la stratégie « RDC 2030 Digital Nation ».
Le dispositif vise à attribuer à chaque citoyen une identité numérique interopérable, appelée à être utilisée dans les services administratifs, financiers et sociaux. L’objectif est de réduire les lourdeurs administratives, de limiter la fraude documentaire et de faciliter l’accès aux services publics dans un pays où les systèmes d’identification restent encore fragmentés et inégalement accessibles.
Un projet structurant estimé à 97,1 millions de dollars
Le développement du RDC‑PASS repose sur un investissement évalué à 97,1 millions de dollars, selon le ministère du Plan. Le projet s’inscrit dans un partenariat public‑privé signé en juin 2025 entre l’État congolais et Trident Digital Tech DRC Africa SAS, filiale du groupe singapourien Trident Digital Tech Holdings.
Ce partenariat, conclu sur une durée de 20 ans, confère à l’entreprise le rôle de fournisseur exclusif des services d’identification électronique (e‑KYC), reposant sur des technologies Web 3.0 et des mécanismes de vérification numérique avancés. Trident Digital Tech Holdings a par ailleurs indiqué avoir levé 2,6 millions de dollars, destinés à soutenir les premières phases de déploiement et la commercialisation du système sur le marché congolais.
À titre de comparaison, plusieurs pays africains ont engagé des programmes similaires à grande échelle. Le Nigeria, avec son système NIN, a déjà enrôlé des dizaines de millions de citoyens, tandis que le Kenya structure son écosystème autour de l’identité numérique via des services d’e‑gouvernement intégrés.
Une architecture basée sur l’identification sécurisée et les services intégrés
Le RDC‑PASS repose sur quatre usages principaux. Il permettra l’authentification biométrique des cartes SIM afin de limiter les lignes téléphoniques frauduleuses, l’accès unifié aux plateformes d’e‑gouvernement via un identifiant unique, l’intégration d’un système d’e‑KYC automatisé pour les services financiers, et la délivrance d’une identité numérique sécurisée en complément des documents physiques.
Dans cette architecture, l’identifiant devient un point d’entrée central vers les services publics et privés, avec une logique d’interopérabilité entre administrations, opérateurs télécoms et institutions financières.
Une mise en œuvre progressive et des enjeux de souveraineté numérique
Selon les autorités, le déploiement du système se fera par phases, avec des audits techniques, des tests pilotes et une montée en charge progressive après le lancement officiel. Mais les enjeux dépassent la seule dimension technique. La question de la souveraineté des données, de leur stockage et de leur gestion par un acteur privé étranger sur une durée de vingt ans reste centrale dans les débats autour du projet.
Un projet clé dans la stratégie numérique congolaise
Le RDC‑PASS s’inscrit dans une enveloppe plus large annoncée par le gouvernement, estimée à 1 milliard de dollars pour le développement du numérique sur la période 2026‑2030. Dans ce cadre, l’identité numérique est considérée comme une infrastructure de base, au même titre que la connectivité ou les plateformes d’e‑gouvernement. Son succès dépendra toutefois de sa capacité à être adopté à grande échelle et à s’intégrer dans l’ensemble des services publics et privés du pays.
Samira Njoya
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Au‑delà des outils de diagnostic, la révolution de l’intelligence artificielle dans la santé repose désormais sur la capacité à gérer et valoriser les données médicales. Le Maroc entend se positionner sur ce segment stratégique avant un déploiement vers d’autres marchés africains.
La course à l’intelligence artificielle dans la santé ne se joue plus uniquement sur les algorithmes ou les outils d’aide au diagnostic. Elle se déplace désormais vers un enjeu plus stratégique : la maîtrise des infrastructures capables d’héberger, de sécuriser et d’exploiter les données médicales à grande échelle.
C’est dans cette logique que s’inscrit le partenariat conclu la semaine dernière à Casablanca entre Mediot AI, filiale du groupe ABA Life, et Siemens Healthineers. Les deux entreprises ambitionnent de développer une nouvelle génération d’infrastructures médicales reposant sur l’intelligence artificielle, avec une première phase de déploiement au Maroc avant une extension progressive vers d’autres marchés africains.
L’accord couvre plusieurs domaines stratégiques, notamment les hôpitaux intelligents, l’interopérabilité des systèmes d’information hospitaliers, l’imagerie médicale assistée par l’IA, la maintenance prédictive des équipements biomédicaux ainsi que les plateformes de télémédecine. Au cœur du dispositif figure « Medifus Health Operating System », une plateforme développée par Mediot AI destinée à connecter les équipements médicaux, les données cliniques et les modèles d’intelligence artificielle au sein d’un environnement sécurisé.
Au‑delà de la dimension technologique, l’initiative répond à plusieurs défis structurels auxquels restent confrontés de nombreux systèmes de santé africains : la pénurie de personnels qualifiés, les inégalités territoriales dans l’accès aux soins et la faible exploitation des données médicales pour améliorer les parcours de santé.
Ces défis sont mis en évidence par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Dans son rapport « African Health Workforce Compact – Investment Case Analysis Report », publié en janvier 2026, l’institution estime que l’Afrique devra disposer de 6,1 millions de professionnels de santé supplémentaires pour atteindre la couverture sanitaire universelle et répondre aux besoins essentiels de sa population d’ici à 2030.
Dans ce contexte, les promoteurs du projet considèrent l’intelligence artificielle comme un levier susceptible de renforcer les capacités diagnostiques, d’améliorer la prise de décision clinique et de soutenir le développement de la télémédecine, notamment dans les zones insuffisamment couvertes par les infrastructures sanitaires traditionnelles.
Le choix du Maroc comme point de départ n’est pas anodin. Le royaume a multiplié ces dernières années les investissements dans la transformation numérique du système de santé, parallèlement à la généralisation progressive de la couverture médicale. Selon Siemens Healthineers, plus de 32 millions de Marocains bénéficient désormais d’une couverture maladie obligatoire, créant un environnement favorable à l’adoption de nouvelles technologies médicales.
L’initiative intervient également dans un contexte de montée en puissance des enjeux de souveraineté numérique et sanitaire. Les données de santé figurent parmi les informations les plus sensibles traitées par les administrations et les établissements hospitaliers. Le partenariat entre Mediot AI et Siemens Healthineers prévoit ainsi le développement d’environnements souverains destinés à l’hébergement sécurisé des données médicales et au déploiement de solutions d’intelligence artificielle.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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