Avec un déficit de 220 MW à Libreville, le Gabon fait face à un défi énergétique majeur pour ses ambitions technologiques. La mobilisation de financements pour injecter 200 MW dans le réseau est désormais la condition première au fonctionnement du futur data center IA.
Le Gabon a conclu, le mercredi 11 mars, une mission économique à Washington visant à sécuriser les bases énergétiques de son futur écosystème numérique. Conduite par le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, et le ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, la délégation gabonaise a rencontré investisseurs et institutions américaines afin d’explorer des solutions de financement pour accroître la capacité électrique du pays.
Coordonnée par l’entreprise technologique américaine Cybastion, la mission visait notamment à mobiliser 200 MW supplémentaires de production d’électricité, considérés comme nécessaires pour soutenir les projets industriels et numériques en cours. Lors d’une table ronde organisée par la Chambre de commerce des USA, les responsables gabonais ont présenté aux entreprises américaines les opportunités d’investissement dans les infrastructures énergétiques de leur pays.
Selon les autorités, la région de Libreville fait face à un déficit énergétique estimé à environ 220 MW, un manque de capacité qui limite l’expansion des infrastructures numériques à forte intensité énergétique. Dans ce contexte, la sécurisation de nouvelles sources d’électricité constitue une condition préalable au développement du centre de données national dédié à l’intelligence artificielle, conçu pour héberger et traiter localement les données publiques et privées du pays, afin de réduire la dépendance aux infrastructures étrangères et renforcer la souveraineté numérique.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique conclu en janvier dernier entre le gouvernement gabonais et Cybastion pour développer les infrastructures numériques nationales. L’accord prévoit notamment la construction d’un data center de nouvelle génération à Libreville, destiné à héberger et traiter localement les données publiques et privées du pays, afin de réduire la dépendance aux infrastructures étrangères et renforcer la souveraineté numérique.
Au-delà des infrastructures, le partenariat comprend également un volet de développement des compétences. À travers le programme Africa DigiEmpower, mis en œuvre avec la Cisco Networking Academy, environ 1000 jeunes Gabonais devraient être formés aux métiers du numérique et de la cybersécurité.
Samira Njoya
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Avec une demande estimée à 230 millions d’emplois numériques d’ici 2030, l’Afrique subsaharienne fait face à un défi majeur de formation. Des initiatives naissent pour généraliser l’accès aux compétences technologiques et à l’IA afin de favoriser l’insertion des jeunes femmes.
Le géant technologique Microsoft et l’initiative Education Plus, soutenue par l’ONUSIDA, ont annoncé le mardi 10 mars le lancement d’Empower+. Cette plateforme numérique vise à renforcer les compétences en informatique et en intelligence artificielle des jeunes sur le continent. Accessible gratuitement en ligne, l’outil cible en priorité les adolescentes et les jeunes femmes dans 21 pays africains, avec l’ambition de réduire les inégalités d’accès à la formation technologique.
Disponible également sur mobile, la plateforme propose des modules couvrant la littératie numérique de base, les compétences émergentes en IA et l’usage des technologies dans le milieu professionnel. Les modules associent aussi les opportunités offertes par le numérique à la sensibilisation et à la prévention du VIH, un enjeu de santé publique particulièrement important pour les jeunes femmes en Afrique subsaharienne.
Selon Tiara Pathon, directrice des compétences en intelligence artificielle chez Microsoft Elevate, l’initiative doit offrir aux apprenants les outils nécessaires pour évoluer dans une économie dématérialisée. « L’accès à l’éducation et aux compétences est l’un des facteurs d’opportunité les plus puissants. Avec Empower+, nous voulons permettre aux apprenants d’acquérir les connaissances pour s’adapter et prospérer dans un monde en mutation rapide », a-t-elle déclaré.
Ce lancement intervient alors que la demande de profils qualifiés progresse rapidement. Selon la Banque mondiale, près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Pourtant, les disparités de genre persistent. D’après l’UNESCO, les femmes et les filles ont 25 % de chances en moins que les hommes d’utiliser les outils numériques pour des usages de base, sont quatre fois moins susceptibles de savoir programmer et treize fois moins susceptibles de déposer un brevet dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC).
Dans ce contexte, l’élargissement de l’accès aux compétences numériques apparaît comme un enjeu central pour réduire les inégalités et favoriser l’inclusion économique. Les programmes de formation accessibles en ligne pourraient ainsi contribuer à ouvrir davantage d’opportunités professionnelles aux jeunes femmes dans un secteur encore largement dominé par les hommes.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
À l’horizon 2030, le Maroc compte mobiliser l’intelligence artificielle pour renforcer sa croissance économique et créer des milliers d’emplois qualifiés. L’industrie apparaît comme l’un des principaux terrains d’application de cette stratégie.
Le ministère de l’Industrie et du Commerce, le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration et le ministère de l’Économie et des Finances ont signé le mardi 10 mars à Fès une convention avec plusieurs établissements universitaires pour créer l’Institut JAZARI Industrie X.0. Cette structure est destinée à soutenir l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) et des technologies numériques dans l’industrie marocaine, qui s’inscrit dans les efforts du royaume pour renforcer la recherche appliquée et accélérer la transformation du tissu productif.
(1) Lors de sa participation à une rencontre consacrée au rôle de l’intelligence artificielle dans la transformation numérique des organisations, avec un focus sur l’Industrie X.0 et les industries de la santé, Madame @AmalElfallah , pic.twitter.com/ATD0gjdVgc
— Ministère Délégué auprès du CG chargé de la TN&RA (@Ministere_TNRA) March 10, 2026
Le partenariat associe notamment l’Université Euromed de Fès, l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, l’Université Moulay Ismaïl et l’Université Al Akhawayn. Le futur institut servira de plateforme de recherche et d’innovation autour des technologies de l’industrie 4.0, incluant l’Internet des objets (IoT), la robotique avancée et l’analyse des données industrielles. L’objectif central est de rapprocher la recherche scientifique des besoins concrets des entreprises.
Selon les autorités, l’institut contribuera à transformer les résultats académiques en solutions technologiques applicables. Les travaux porteront sur l’amélioration de la productivité, la maintenance prédictive, la qualité des processus de production et le développement d’applications dans des secteurs tels que l’agriculture intelligente ou la santé. L’initiative prévoit également de soutenir la création de startups technologiques et de former des compétences spécialisées dans la data industrielle et la cybersécurité.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration d’un écosystème national autour de l’intelligence artificielle. Les autorités marocaines ont récemment lancé un réseau d’instituts baptisé « Jazari », destiné à développer des centres d’excellence dans différentes régions du pays afin de soutenir l’innovation et l’industrialisation des technologies numériques. Cette orientation rejoint les ambitions de la stratégie Maroc Digital 2030, qui place l’IA au cœur de la modernisation économique.
Le pays ambitionne, à cet effet, de générer 100 milliards de dirhams de PIB (environ 11 milliards $) grâce au déploiement structuré de l’intelligence artificielle. Selon les projections officielles, cette dynamique pourrait conduire à la création de 50 000 emplois et à la formation de 200 000 diplômés spécialisés, renforçant ainsi la compétitivité technologique et industrielle du royaume.
Samira Njoya
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Le gouvernement mauritanien accélère la digitalisation des services publics pour soutenir sa transformation numérique. Dans le secteur des transports, l’obtention des cartes grises et le système numérique du trafic routier sont déjà accessibles sur la plateforme nationale dédiée.
Les autorités mauritaniennes travaillent sur la dématérialisation des procédures d’obtention des permis de conduire. L’initiative s’inscrit dans une vision plus large de digitalisation des services publics afin d’en faciliter l’accès pour les populations.
Le projet était au cœur d’une réunion de travail sur la digitalisation des services des transports tenue le mardi 10 mars. La réunion a rassemblé le ministre de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, Ahmed Salem Bede, et son homologue chargé de l’Équipement et des Transports, Ely Ould Veirek.
Au cours de la rencontre, les deux ministres ont suivi une démonstration technique détaillée d’un nouveau dispositif numérique en cours de déploiement pour transformer le parcours d’obtention du permis de conduire. Toutes les étapes seront dématérialisées : inscription à distance, passage de l’examen et délivrance numérique et sécurisée du permis. Le système devrait réduire l’intervention humaine et renforcer la fiabilité du document délivré.
« Ce projet traduit les orientations des hautes autorités en matière de modernisation de l’administration publique et de simplification des démarches publiques. Il place les usagers au cœur d'une administration qui avance, pour des services publics à la hauteur des attentes des citoyens », a déclaré le ministère de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.
Cette initiative intervient environ deux semaines après que les autorités ont lancé une plateforme répertoriant 800 démarches administratives pour faciliter l’accès des populations aux informations. Ces démarches seront progressivement ajoutées à la plateforme nationale de services numériques, « Khdamati ». Cette dernière compte déjà des services comme l’inscription des étudiants à l’Université de Nouakchott, le Système numérique du trafic routier (SNTR), la création d’entreprise, la demande d’agrément au Code des investissements, la délivrance du casier judiciaire, des cartes grises, des certificats de perte pour documents officiels…
Il convient toutefois de rappeler que le calendrier précis de mise en service du dispositif n’est pas encore connu. Par ailleurs, la question de son adoption par les usagers se pose. Selon les dernières données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), la couverture 2G atteignait 97 % de la population mauritanienne en 2023. En 2022, les réseaux 3G et 4G couvraient respectivement 43,9 % et 34,7 % de la population. Par ailleurs, selon DataReportal, la Mauritanie comptait environ 2 millions d’utilisateurs d’Internet à fin décembre 2025, soit un taux de pénétration de 37,4 %.
Au-delà de la couverture et de la qualité des réseaux, l’adoption des services numériques dépend également de l’accès aux terminaux compatibles. D’après la Banque mondiale, 56,61 % des Mauritaniens âgés de plus de 15 ans possédaient un smartphone à fin 2024. D’autres facteurs peuvent aussi influencer l’usage effectif des services dématérialisés, notamment le niveau de compétences numériques des populations ou encore l’accessibilité financière des offres Internet.
Isaac K. Kassouwi
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Pour renforcer la transparence et l’efficacité du contrôle routier, le gouvernement kényan mise sur la technologie plutôt que sur l’intervention humaine. Cette stratégie, amorcée dès 2020, entend freiner la hausse des accidents constatée entre 2024 et 2025.
Le Kenya vient de franchir un nouveau cap dans la numérisation du contrôle routier. L’Autorité nationale des transports et de la sécurité (NTSA) a annoncé le lundi 9 mars la mise en service d’un système automatisé de gestion du trafic routier avec amendes instantanées. Grâce à des caméras intelligentes, il détecte les infractions routières et les contrevenants sont notifiés par SMS. Fini l’intervention humaine directe. L’autorité présente cette réforme comme un moyen de renforcer l’efficacité et la transparence dans le contrôle routier et la sécurité routière.
Le mardi 10 mars, dans un souci d’information, la NTSA a publié une liste de 35 infractions routières assorties d’amendes immédiates correspondantes. Le barème va d’un simple avertissement pour un léger excès de vitesse à des sanctions de 10 000 shillings kényans (77,37 USD) pour des manquements jugés plus graves, comme l’excès de vitesse, le stationnement causant une obstruction, la non-installation des limiteurs de vitesse réglementaires sur les véhicules de transport en commun et les véhicules commerciaux ou encore la conduite d’un véhicule sans certificat de contrôle technique valide. D’autres infractions sont également visées : le non-respect des feux de signalisation, la conduite sur trottoir ou passage piéton ou encore le défaut de port de la ceinture de sécurité. Les contrevenants disposent de sept jours pour régler l’amende, faute de quoi des intérêts s’appliquent et l’accès aux services de la NTSA peut être bloqué.
Une série d’investissements techniques
Cette automatisation du contrôle routier est rendue possible grâce à une série d’innovations introduites depuis 2020 par le gouvernement. Le cadre légal du pays prévoit désormais un permis de conduire sous forme de carte intelligente dotée d’une puce électronique. La puce renferme non seulement les données d’identité du conducteur, mais aussi ses empreintes digitales, sa photographie, sa signature et des informations biométriques. En 2022, les plaques d’immatriculation de seconde génération, souvent présentées au Kenya comme des plaques « numériques » ou sécurisées, sont intervenues. Les autorités expliquent qu’elles intègrent des éléments de sécurité avancés, y compris des fonctions de traçabilité numérique des propriétaires des véhicules. En 2024, le gouvernement a officiellement fait des caméras de vitesse et de la vidéosurveillance un pilier supplémentaire de sa nouvelle stratégie de sécurité routière. Déployées en phase pilote en 2024, ces caméras seront renforcées en 2026 par de nouvelles prévues dans les six grandes villes du pays, sur demande du président de la République William Ruto.
En pratique, ce couplage entre permis biométrique, plaques sécurisées et caméras permet aux autorités d’identifier plus rapidement le véhicule en infraction, de rattacher l’infraction à un conducteur ou à un propriétaire et d’alimenter ainsi un historique de conduite exploitable par l’administration.
Des réserves persistent
Mais le système automatisé de gestion du trafic routier avec amendes instantanées soulève déjà des contestations. L’Association des automobilistes du Kenya (Motorists Association of Kenya, MAK) a publiquement demandé des clarifications urgentes à la NTSA. Le groupe estime que le nouveau dispositif laisse en suspens plusieurs questions de fond : quelle procédure pour un automobiliste qui souhaite contester l’amende ? Quels garde-fous pour éviter qu’un système automatisé ne devienne à la fois enquêteur, juge et exécutant ? Qui certifie et vérifie régulièrement la qualité des caméras et autres équipements de détection ? Et dans quel compte public seront versées les amendes perçues ? La MAK demande aussi à savoir quelle concertation publique a précédé l’entrée en vigueur du système.
L’association rappelle en outre que la crédibilité d’un contrôle entièrement numérisé dépend aussi de la disponibilité des documents d’identification des véhicules. Or, depuis février 2026, elle dénonce un retard de production de plus de 70 000 plaques d’immatriculation, s’interrogeant sur l’usage des fonds déjà collectés auprès des automobilistes pour leur production. Pour la MAK, il ne suffit pas de numériser le contrôle routier et la sanction ; encore faut-il que toute la chaîne administrative — plaques, licences, traçabilité et recours — fonctionne sans retard ni opacité.
En installant la route sous l’œil des caméras intelligentes et en faisant du SMS le nouveau procès-verbal, le Kenya affiche une ambition nette : réduire les infractions, limiter les contacts propices à la corruption et moderniser la sécurité routière afin de réduire le nombre d’accidents de la route, qui s’élevait à 5009 en 2025 contre 4748 en 2024 selon les données du Conseil national sur l’administration de la justice (NCAJ).
Muriel EDJO
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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En Afrique, les femmes restent minoritaires dans les métiers scientifiques et technologiques, malgré la croissance rapide de l’économie numérique. L’accès aux formations et aux opportunités professionnelles dans le digital reste limité, accentuant le besoin d’initiatives pour élargir la participation féminine.
La filiale guinéenne d’Orange a annoncé le lancement de l’édition 2026 de son programme « Hello Women », une initiative destinée à encourager les jeunes filles et les femmes à s’orienter vers les métiers scientifiques, techniques et du numérique. Le dispositif, présenté le lundi 9 mars, vise à renforcer l’accès des Guinéennes aux compétences numériques et à favoriser leur insertion dans un secteur encore largement dominé par les hommes.
Le programme prévoit plusieurs activités, notamment des sessions de sensibilisation aux métiers technologiques, des rencontres avec des professionnelles du secteur, ainsi que des visites de sites techniques de l’entreprise. Les participantes pourront également suivre des formations courtes au sein de l’Orange Digital Center, couvrant des domaines tels que le développement informatique, le cloud computing, la cybersécurité ou encore l’analyse de données. L’initiative comprend aussi l’organisation d’un hackathon dédié aux femmes afin de stimuler l’innovation autour de solutions technologiques répondant à des problématiques locales.
Selon Ousmane Boly Traoré, directeur général d’Orange Guinée, le programme vise à accompagner les femmes à différentes étapes de leur parcours, qu’il s’agisse de découvrir les métiers du numérique, de se reconvertir vers des filières techniques ou d’accéder à une première expérience professionnelle. L’entreprise affirme vouloir contribuer à élargir la participation féminine dans les secteurs scientifiques et technologiques, où elles restent encore sous-représentées.
Cette initiative intervient dans un contexte où la participation des femmes aux métiers du numérique demeure limitée sur le continent africain. D’après l’UNESCO, les femmes représentent environ 30 % des chercheurs scientifiques en Afrique, mais leur présence dans les domaines liés aux technologies de l’information reste plus faible. Dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest et centrale, elles constituent moins de 15 % des chercheurs en ingénierie et technologies, ce qui limite leur participation à l’économie digitale.
Les entreprises technologiques et les opérateurs télécoms multiplient ainsi les initiatives pour réduire cet écart. Au sein du groupe Orange, les femmes représentent environ 25,4 % des effectifs dans les métiers techniques et du numérique. En soutenant des programmes de formation et d’accompagnement comme « Hello Women », l’opérateur espère contribuer à élargir le vivier de talents féminins et favoriser une plus grande diversité dans les professions technologiques.
Au-delà des enjeux d’égalité, l’inclusion des femmes dans les filières scientifiques et technologiques est également considérée comme un levier de développement économique. La transformation numérique du continent crée en effet une demande croissante de compétences dans des domaines tels que la cybersécurité, l’intelligence artificielle ou l’analyse de données. Selon la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne pourrait générer jusqu’à 230 millions d’emplois liés au numérique d’ici 2030, sous l’effet de l’expansion rapide des services digitaux, ce qui renforce la nécessité de former davantage de talents, y compris féminins.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Alors que l’économie numérique africaine connaît une croissance rapide, l’accès à des outils fiables pour créer et gérer sa présence en ligne reste un défi pour de nombreux entrepreneurs et PME. Lever les obstacles techniques et financiers devient crucial pour soutenir l’inclusion digitale.
Gebeya, plateforme panafricaine spécialisée dans le digital pour les PME, et InterNetX, registraire européen filiale du groupe IONOS, ont annoncé, lundi 9 mars, la signature d’un partenariat stratégique. L’objectif est de permettre aux entrepreneurs africains, freelances et petites entreprises d’enregistrer et de gérer des domaines web directement via la plateforme Gebeya, en utilisant des méthodes de paiement locales.
« Posséder un domaine web est désormais indispensable pour toute entreprise ou professionnel souhaitant se développer sur le marché numérique africain », souligne Amadou Daffe (photo), PDG de Gebeya. « Ce partenariat avec InterNetX simplifie cette étape cruciale et supprime les obstacles liés aux cartes de crédit internationales et aux restrictions de devises. »
La collaboration intégrera la plateforme AutoDNS d’InterNetX aux solutions Gebeya, notamment le marché Jitume AI et le studio Dala AI. Les utilisateurs pourront ainsi acheter des domaines, configurer des certificats SSL et lancer leurs sites web en quelques minutes, en utilisant des paiements en monnaie locale. Cette approche contourne les blocages fréquents liés aux transactions internationales, qui restent un frein pour de nombreux entrepreneurs africains.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de croissance rapide des services d’hébergement en ligne et de l’utilisation du numérique sur le continent. Selon We Are Social et Meltwater, l’Afrique comptait environ 670 millions d’internautes début 2025. Dans ce cadre, les start-up et PME africaines cherchent à renforcer leur présence en ligne pour mieux atteindre leurs clients et développer leurs activités.
Au-delà de la simple acquisition de domaines, ce partenariat contribue à renforcer la souveraineté numérique africaine et à réduire les obstacles techniques à l’entrepreneuriat en ligne. L’accès simplifié aux outils de gestion de domaines et aux certificats SSL permettra de sécuriser les sites web, de stimuler le commerce électronique et de soutenir la croissance des PME, tout en favorisant l’inclusion numérique sur le continent.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Face à des cybermenaces de plus en plus nombreuses et sophistiquées, la protection des internautes s’impose comme un enjeu majeur pour les États. En Égypte, le gouvernement a choisi de renforcer la sensibilisation aux bonnes pratiques numériques afin de réduire la vulnérabilité des utilisateurs.
Le ministère égyptien des Communications et des Technologies de l’information a annoncé, vendredi 6 mars, le lancement d’une initiative nationale baptisée « Digital Citizenship and Online Protection » (Citoyenneté numérique et protection en ligne). Au cœur de ce programme figure la plateforme Wa3i.net, conçue pour sensibiliser les citoyens aux bonnes pratiques numériques et réduire leur exposition aux cybermenaces.
La plateforme se veut un centre de connaissances dédié à la sécurité numérique. Accessible en langue arabe, elle propose des contenus pédagogiques, des guides pratiques et des ressources éducatives destinés à différents publics, notamment les enfants, les adolescents, les parents et les enseignants. L’objectif est de promouvoir les bonnes pratiques en matière de protection des données personnelles, de navigation sécurisée et d’utilisation responsable des technologies.
Le programme repose sur l’idée que la sensibilisation constitue la première ligne de défense contre les cyberattaques. En renforçant la culture numérique des citoyens, les autorités espèrent réduire leur vulnérabilité face à des menaces telles que le phishing, le cyberharcèlement, les escroqueries en ligne ou encore la diffusion de fausses informations.
Cette initiative intervient dans un contexte d’expansion rapide de l’usage d’Internet dans le pays. Selon les données de DataReportal, l’Égypte comptait près de 98 millions d’internautes, soit un taux de pénétration de l’Internet estimé à 72,2 % de la population. L’essor des services numériques, des réseaux sociaux et des plateformes de paiement en ligne s’accompagne toutefois d’une hausse des risques liés à la cybercriminalité, qui touche aussi bien les particuliers que les entreprises et les administrations.
Les données du secteur confirment l’ampleur croissante de ces menaces. Selon les analyses de la société de cybersécurité Kaspersky, 27,4 % des internautes en Égypte ont été confrontés à des menaces en ligne en 2024, notamment des sites malveillants ou des logiciels malveillants diffusés via le web. L’entreprise indique également que les attaques de phishing et d’ingénierie sociale ont progressé de 44 % dans la région Moyen-Orient, Turquie et Afrique, illustrant la sophistication croissante des méthodes utilisées par les cybercriminels.
Face à cette évolution du paysage cybernétique, le gouvernement égyptien mise sur une approche collaborative. Le programme prévoit la mise en place de partenariats avec des institutions publiques, des organisations internationales et des acteurs du secteur privé afin de partager les bonnes pratiques et de renforcer les capacités nationales en matière de cybersécurité.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Comme de nombreux pays africains, la Somalie intensifie ses efforts pour protéger le cyberespace national. Le pays a récemment adopté une loi dans ce domaine.
Le gouvernement somalien a procédé, le samedi 7 mars, au lancement de la Somalia Computer Incident Response Team (SOMCIRT). Ce centre est dédié à la coordination de la prévention, de la détection et de la réponse aux incidents de cybersécurité.
𝐒𝐨𝐦𝐚𝐥𝐢𝐚 𝐋𝐚𝐮𝐧𝐜𝐡𝐞𝐬 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 𝐂𝐲𝐛𝐞𝐫 𝐈𝐧𝐜𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐑𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐞 𝐂𝐞𝐧𝐭𝐞𝐫 –𝐒𝐎𝐌𝐂𝐈𝐑𝐓
— NCA Somalia (@SomaliaNCA) March 7, 2026
Mogadishu, Somalia – 7 March 2026 — The Prime Minister of the Federal Government of Somalia, H.E. Hamza Abdi Barre, today inaugurated the Somalia Computer… pic.twitter.com/LDAsGfznLW
Selon l’Autorité nationale des communications (NCA), le centre soutiendra la déclaration des incidents, émettra des alertes et des avertissements, coordonnera les réponses aux menaces cybernétiques et promouvra la sensibilisation à la cybersécurité ainsi que la coopération entre les institutions gouvernementales, le secteur privé et les partenaires internationaux afin de renforcer la protection des infrastructures numériques critiques de la Somalie.
« Alors que les services numériques continuent de se développer à travers la Somalie, le renforcement des systèmes de cybersécurité est essentiel pour protéger les institutions gouvernementales, les infrastructures de télécommunications et d’autres secteurs critiques. SOMCIRT jouera un rôle clé pour garantir que notre écosystème numérique reste sûr et résilient », a déclaré Mohamed Hassan Mohamed, ministre des Communications et de la Technologie.
La création de la SOMCIRT est prévue par la Loi sur la cybersécurité, validée par le parlement en janvier 2026. Elle vient s’ajouter à différentes initiatives prises au cours des derniers mois pour renforcer la capacité de la Somalie à faire face aux menaces cybernétiques et à protéger les infrastructures numériques critiques.
En ce qui concerne le cadre réglementaire, au-delà de la loi sur la cybersécurité, le gouvernement somalien a également engagé plusieurs réformes ces dernières années. En août 2025, il a approuvé le projet de loi sur la cybercriminalité. Par ailleurs, la loi sur la protection des données, entrée en vigueur en mars 2023, a conduit à la création de l’Agence de protection des données (ADP), chargée d’en assurer l’application.
Le pays intensifie également sa coopération internationale. Il a signé le 10 février 2026 un protocole d’accord avec la Turquie couvrant plusieurs domaines du numérique, dont la cybersécurité. La Somalie s’était déjà rapprochée de la Malaisie et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Ces efforts interviennent dans un contexte de transformation numérique où la cybersécurité est considérée comme une condition sine qua non pour les États qui veulent profiter pleinement des opportunités qu’offrent les TIC. La Somalie a été classée au quatrième pallier (Tier 4) sur 5 dans le « Global Cybersecurity Index 2024 » de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Le pays a enregistré un score global de 37,39 sur 100 et doit intensifier ses efforts, notamment en matière de mesures techniques, légales et de développement des capacités.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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A travers ce partenariat stratégique, le pays cherche à renforcer l’intégration des entreprises locales dans l’économie numérique et à stimuler l’essor du e-commerce sur le continent.
Le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a officialisé, le jeudi 5 mars, un protocole d’accord avec la société technologique Quest Ghana Limited et le gouvernement des Seychelles. Ce partenariat vise à transformer l’archipel en un hub compétitif pour l’économie numérique et le commerce transfrontalier en Afrique.
Today, the #AfCFTA Secretariat, Quest Ghana Limited and the government of the Republic of Seychelles signed a Memorandum of Understanding (MoU) to advance Seychelles’ digital economy, and digital trade under the AfCFTA.
— AfCFTA Secretariat Official (@AfCFTA) March 5, 2026
The collaboration aims to position Seychelles as a… pic.twitter.com/M4xsA9bnZZ
L’initiative se concentre sur l’intégration des entreprises locales dans les chaînes de valeur numériques du continent. Selon les parties prenantes, l'objectif est de permettre aux opérateurs seychellois de participer plus activement aux échanges dématérialisés, en s'appuyant sur les mécanismes de facilitation du commerce prévus par la ZLECAf.
Le partenariat prévoit la mise en place d’un cadre technique destiné à sécuriser les transactions numériques transfrontalières. L’accord met l’accent sur l’interopérabilité des systèmes, condition indispensable pour simplifier les paiements et les échanges commerciaux entre des entreprises opérant dans des juridictions différentes.
Un accent particulier est mis sur les micro, petites et moyennes entreprises (MPME). En améliorant leur accès aux infrastructures numériques, les partenaires espèrent lever certaines barrières à l’entrée du commerce intra-africain et favoriser la participation des entreprises locales aux échanges digitaux du continent.
Pour les Seychelles, cette stratégie de diversification s’appuie sur une maturité numérique déjà avancée. Début 2025, le taux de pénétration d’Internet atteignait 87,4 % de la population, selon DataReportal. Dans ce contexte, le commerce électronique connaît également une progression notable : le marché devrait croître à un rythme annuel moyen de 14,35 % entre 2023 et 2027, pour atteindre 46,41 millions de dollars en 2027, d’après les estimations de Statista.
À l’échelle continentale, ce projet pilote s’inscrit dans l’ambition de la ZLECAf de bâtir un marché unique de 1,3 milliard de consommateurs. Le commerce électronique et les services numériques sont perçus comme des moteurs essentiels pour atteindre l’objectif d'un PIB combiné de 3400 milliards de dollars, en réduisant les coûts de transaction et en accélérant la circulation des biens et services.
Samira Njoya
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Alors que l’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un levier stratégique de développement, plusieurs initiatives émergent pour permettre aux pays africains de développer des capacités locales tout en conservant la maîtrise de leurs données et de leurs infrastructures technologiques.
La Smart Africa Alliance a annoncé le jeudi 5 mars la signature d’un partenariat stratégique avec la société américaine MeetKai, spécialisée dans l’intelligence artificielle souveraine. L’accord, présenté lors du Mobile World Congress (MWC) de Barcelone, prévoit le lancement d’un programme pilote de développement d’infrastructures et de capacités nationales d’IA dans cinq pays africains, sous l’égide du Conseil africain pour l’IA.
At #MWC2026 in Barcelona, Smart Africa and MeetKai launched a landmark 5-country pilot to accelerate Sovereign AI across Africa through the Africa AI Council.#SmartAfrica #SovereignAI #AI #MWC2026 pic.twitter.com/uJxBWGWCBB
— Lacina Koné (@CEOSmartAfrica) March 5, 2026
Le déploiement de « piles d’IA souveraines »
L’initiative vise à accompagner les États participants dans la mise en place d’infrastructures nationales d’intelligence artificielle. Elle repose notamment sur le déploiement de « piles d’IA souveraines », des architectures technologiques destinées à garantir aux gouvernements la maîtrise de l’hébergement des données, du développement des modèles et du déploiement des applications. Ce cadre doit permettre aux pays concernés de développer des solutions d’IA conformes à leurs législations et à leurs priorités de développement. Les cinq pays pilotes seront annoncés dans les prochaines semaines.
L’accompagnement technique de MeetKai vise à mettre en place des plateformes d’IA capables d’intégrer les langues africaines. L’objectif est d’automatiser les services publics numériques dans des secteurs critiques tels que la santé, l’agriculture, l’éducation et l’administration. Pour ce faire, la firme de Los Angeles mobilise son système phare, MKA1, conçu pour bâtir des écosystèmes hébergés localement, évitant ainsi la dépendance aux infrastructures cloud étrangères tout en stimulant l’innovation domestique.
Un enjeu de captation de valeur
Cette approche souveraine est déterminante pour l’avenir économique du continent. Selon le cabinet McKinsey & Company, l’IA pourrait générer jusqu’à 1 200 milliards $ de valeur en Afrique d’ici 2030. Toutefois, sans le contrôle des infrastructures et des talents, une grande partie de cette richesse risque d’échapper aux économies locales. Le succès de ce pilote conditionne donc la capacité des États à transformer ce potentiel technologique en un véritable levier de croissance souveraine.
Samira Njoya
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Le Sénégal mise sur le numérique pour transformer l’ensemble des secteurs de l’économie et accélérer le développement national. Dans cette dynamique, Orange se positionne comme un partenaire technologique de choix.
Orange Business Sénégal, la filiale B2B de Sonatel, a annoncé le jeudi 5 mars la signature d’une convention de partenariat avec la Société nationale du Port autonome de Dakar (SONAPAD). Cette collaboration vise à moderniser ce pilier stratégique de l’économie sénégalaise et à en faire un « Smart Port ».
Orange Business Sénégal au cœur de la transformation du Port Autonome de Dakar
— Orange Business Sénégal (@obs_senegal) March 5, 2026
Le Port Autonome de Dakar est bien plus qu’une infrastructure logistique.
C’est un pilier stratégique de l’économie sénégalaise traitant l’essentiel des flux commerciaux du pays.
Ce jeudi 5 mars,… pic.twitter.com/ceBUBpoCLT
Selon Orange, la convention prévoit la modernisation des infrastructures grâce à une connectivité de classe mondiale, l’amélioration de la performance opérationnelle, la digitalisation du parcours de paiement et la sécurisation des systèmes critiques afin de garantir la continuité des activités.
« Il ne s’agit plus seulement d’informatiser l’existant, mais de refonder nos chaînes de valeur autour d’infrastructures numériques robustes et résilientes », a affirmé Waly Diouf Bodian (photo, à gauche), directeur général de la SONAPAD, lors de la cérémonie de signature, selon des propos rapportés par Seneweb.
Ce partenariat s’inscrit dans les efforts de transformation numérique engagés par l’institution portuaire. Celle-ci lancera, à compter du 2 janvier 2026, la phase pilote de l’échange électronique des Bons à délivrer via le Guichet unique portuaire électronique, une plateforme opérationnelle depuis février 2024.
En octobre 2024, un mémorandum d’entente (MoU) avait également été signé avec Huawei Technologies pour la digitalisation des services portuaires. L’accord porte notamment sur l’implémentation de solutions technologiques destinées à améliorer la gestion des flux de camions et de conteneurs sur la plateforme portuaire.
L’innovation technologique est perçue comme un levier d’efficacité et de compétitivité du Port de Dakar à l’échelle sous-régionale et internationale. Pour rappel, l’infrastructure génère près de 95 % des recettes douanières nationales, soit environ 25 % du budget de l’État.
La mise en place du guichet unique figure d’ailleurs parmi les facteurs ayant contribué à l’amélioration de la performance du PAD en 2024, selon l’Indice de performance des ports à conteneurs (CPPI) publié par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence. Le port s’est hissé à la première place en Afrique subsaharienne, avec un score passé de –82 en 2023 à +23 en 2024, soit l’une des plus fortes progressions enregistrées dans le monde.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Face à la transformation numérique, désormais au cœur des priorités des pays africains pour soutenir leur développement, ceux-ci misent sur la coopération régionale et internationale afin d’accélérer la réalisation de leurs ambitions.
Le Malawi souhaite tirer parti de l’expertise du Ghana pour accélérer sa transformation numérique. Cet intérêt a été exprimé en marge du Mobile World Congress 2026, organisé à Barcelone du lundi 2 au vendredi 5 mars, qui a réuni des délégations gouvernementales ainsi que des acteurs du numérique du monde entier.
Le ministre de l’Information et de la Numérisation du Malawi, Shadric Namalomba (photo, à droite), a invité son homologue ghanéen, Samuel Nartey George (photo, à gauche), à conclure un accord bilatéral visant à reproduire au Malawi les réussites du Ghana en matière d’innovation numérique.
Dans une interview exclusive accordée à Techfocus24 après cette rencontre et relayée par son ministère, Sam George a précisé que le Malawi souhaite un appui dans plusieurs domaines, notamment la fintech, les systèmes d’identification numérique, la connectivité du dernier kilomètre, l’énergie pour la connectivité rurale, l’e-gouvernement, les environnements de travail intelligents, l’agritech, l’edutech, la healthtech et les systèmes intégrant l’intelligence artificielle.
Le ministre a indiqué qu’il conduirait prochainement une délégation de 15 à 20 entreprises technologiques ghanéennes au Malawi afin d’aider au déploiement de solutions d’identification nationale, de services fintech et de portails d’e-gouvernement, entre autres. « Pour commencer, je leur partagerai une copie de nos législations révisées afin qu’ils puissent s’en inspirer et les adapter à leurs besoins. Je leur transmettrai également notre stratégie en matière d’IA pour qu’ils puissent s’appuyer dessus », a-t-il expliqué.
Ce rapprochement intervient alors que le Malawi ambitionne, comme de nombreux pays africains, de faire du numérique un levier de développement socio-économique inclusif. Par exemple, le projet Digital Malawi, soutenu par la World Bank, vise à poser les bases d’une économie, d’une société et d’une administration publiques appuyées sur le numérique, afin d’élargir l’accès aux services et d’améliorer la qualité de vie de l’ensemble des citoyens.
« Au-delà des investissements dans les infrastructures à haut débit et dans d’autres catalyseurs numériques, il est tout aussi essentiel d’investir dans des facteurs complémentaires non numériques, tels que le leadership dans le domaine du numérique, un cadre réglementaire favorable, des institutions garantes de la redevabilité ainsi que le développement des compétences numériques appropriées », peut-on lire sur le site du gouvernement.
Pour l’instant, le Malawi se classe 163e à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations Unies (EGDI), avec un score de 0,3753 en 2024, en dessous des moyennes en Afrique australe, en Afrique et dans le monde. Le pays a également obtenu un score de 35 sur 100 à l’Indice de développement des TIC 2025 de l’International Telecommunication Union (UIT), avec notamment un taux de pénétration d’Internet estimé à 18 %.
En matière de cybersécurité, le Malawi se classe au troisième palier (Tier 3) sur cinq selon l’indice dédié de l’UIT en 2024. Il obtient des résultats jugés relativement bons pour le cadre réglementaire et les mesures organisationnelles, mais doit encore progresser sur les mesures techniques, le développement des capacités et la coopération.
Le Ghana, de son côté, est classé au premier palier, celui des pays considérés comme des modèles en matière de cybersécurité. Dans l’EGDI, il occupe la 108e place mondiale avec un score de 0,6317 sur 1, supérieur aux moyennes de l’Afrique de l’Ouest et du continent, mais légèrement inférieur à la moyenne mondiale. Avant le Malawi, la Zambie avait récemment manifesté son intérêt pour l’expertise ghanéenne en matière de transformation numérique.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Alors que les menaces informatiques se multiplient et que le pays figure parmi les plus exposés aux attaques numériques, l’Algérie entend renforcer sa souveraineté numérique, la sécurisation des systèmes d’information devenant un enjeu central pour préserver les données publiques et la stabilité des services essentiels.
L’Agence de sécurité des systèmes d’information du ministère de la Défense nationale a dévoilé, mardi 3 mars, la Stratégie nationale 2025‑2029 pour la sécurité des systèmes d’information. Validé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ce document cadre vise à structurer la riposte de l’État face à l’escalade des menaces cyber et à renforcer la résilience numérique du pays.
Cette feuille de route s’articule autour de plusieurs piliers, notamment la consolidation des capacités techniques, l’optimisation de la coordination interinstitutionnelle ainsi que la prévention et la gestion des crises numériques. Un accent particulier est également mis sur la sensibilisation des administrations et des citoyens.
Selon le ministère de la Défense, l’objectif est triple : protéger les infrastructures critiques, sécuriser les données étatiques sensibles et garantir la continuité du service public dans un contexte de transformation digitale accélérée. Plus largement, la stratégie entend préserver la souveraineté numérique et restaurer la confiance dans l’environnement digital national.
L’initiative intervient dans un climat de cybercriminalité soutenue. D’après le groupe Kaspersky, l’Algérie a été la cible de plus de 70 millions de cyberattaques en 2024. Sur la même période, plus de 13 millions de tentatives de phishing et près de 750 000 pièces jointes malveillantes ont été neutralisées — illustrant l’ampleur de la pression cyber.
Sur le plan institutionnel, le pays demeure au stade « établissement » (T3) en matière de cybersécurité, selon la 5ᵉ édition du Global Cybersecurity Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications. Ce classement traduit un engagement structuré mais encore en phase de consolidation, soutenu par des actions gouvernementales.
Au‑delà des considérations sécuritaires, le renforcement du dispositif cyber s’impose comme un impératif économique. À l’échelle mondiale, la cybercriminalité représente un coût annuel estimé à plusieurs milliers de milliards de dollars. Dans ce contexte, la stratégie 2025‑2029 se positionne comme un levier destiné à sécuriser l’expansion de l’économie numérique algérienne et à protéger ses investissements digitaux.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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