Le pays intensifie ses efforts en faveur de la montée en compétences numériques à l’échelle nationale. Un programme de formation destiné aux enfants a par exemple été lancé en octobre 2025.

Les autorités marocaines prévoient l’ouverture d’un nouveau campus YouCode à Errachidia, dans la région de Drâa‑Tafilalet. L’initiative vise à renforcer l’accès des jeunes aux compétences numériques et à élargir l’offre de formation aux métiers du codage dans les régions moins centralisées du pays.

Le projet a été officialisé à travers une convention signée entre plusieurs acteurs publics et associatifs, en marge de la première édition du « Rally IA Future Lab » tenue du mercredi 17 au vendredi 19 juin. Il associe notamment le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, le ministère de l’Économie et des Finances, les autorités régionales de Drâa‑Tafilalet ainsi que l’association LEET INITIATIVE.

Le futur campus proposera une formation intensive de deux ans en programmation et technologies numériques, avec environ 50 apprenants par promotion, soit près de 100 jeunes formés chaque année. Le programme cible en priorité les jeunes de la région, y compris ceux en situation de décrochage scolaire disposant de compétences ou d’un potentiel dans le numérique.

Une stratégie nationale de développement des talents numériques

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie « Digital Morocco 2030 », notamment dans son axe consacré au développement des talents numériques. Le gouvernement ambitionne d’assurer la disponibilité de compétences adaptées aux besoins du marché du travail, dans un contexte de transformation accélérée de l’économie.

Dans ce cadre, le Maroc s’est fixé plusieurs objectifs à l’horizon 2026 et 2030, dont la formation de 20 000 talents numériques par an à partir de 2026, puis 45 000 à l’horizon 2030. Le pays prévoit également la reconversion de 26 000 personnes par an aux métiers du digital dès 2026, puis 50 000 par an à partir de 2030.

Pour atteindre ces objectifs, les autorités misent entre autres sur le déploiement de bootcamps, l’adaptation de la formation professionnelle aux besoins du marché de l’emploi, le soutien à la création d’écoles de codage dans les différentes régions du Royaume, ainsi que le développement de dispositifs de certification des compétences numériques.

Un enjeu d’emploi des jeunes

Ces efforts interviennent dans un contexte où la transformation numérique redéfinit progressivement le marché du travail. Selon la Banque mondiale, environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne devraient nécessiter des compétences numériques d’ici 2030.

Au Maroc, la question de l’emploi des jeunes reste un défi structurel. Selon le Haut‑Commissariat au Plan (HCP), le taux de chômage national s’est établi à 13 % en 2025, contre 13,3 % un an plus tôt. Cette moyenne masque toutefois de fortes disparités, notamment chez les jeunes de 15 à 24 ans, où le chômage atteint 37,2 %. La même source indique que 19,1 % des jeunes diplômés sont sans emploi, tandis que le sous‑emploi touche 10,9 % de cette catégorie.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On mercredi, 24 juin 2026 03:11 Written by

La montée en puissance des technologies numériques en Afrique devrait profondément transformer les économies, avec des impacts attendus sur la productivité, l’emploi et l’accès aux services publics.

La transformation numérique de l’économie de la République du Congo pourrait générer environ 870 milliards FCFA (1,5 milliard USD) de valeur ajoutée d’ici 2030, créer plus de 144 000 emplois et connecter environ 540 000 personnes supplémentaires à l’Internet mobile, selon un rapport publié le lundi 22 juin par l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA).

Intitulé « Drive Digital Transformation of the Economy in the Republic of Congo », le rapport met en avant le rôle central du numérique dans la croissance future du pays, porté par la connectivité mobile, les services financiers numériques et la numérisation progressive des secteurs productifs.

« La République du Congo a construit une base solide dans la connectivité mobile, mais combler le fossé d’utilisation nécessite désormais des réformes budgétaires, réglementaires et de la demande coordonnées », souligne la GSMA. L’organisation estime qu’un environnement plus favorable à l’investissement est indispensable pour libérer le potentiel économique du numérique.

Une adoption numérique encore limitée malgré une bonne couverture

Le Congo affiche une couverture relativement avancée avec environ 86 % de la population couverte par les réseaux 4G. Pourtant, l’usage reste très faible : seulement 19 % de la population utilise effectivement l’Internet mobile, tandis qu’environ 70 % des personnes couvertes restent hors ligne.

Ce déséquilibre met en évidence un enjeu structurel d’adoption plutôt qu’un manque d’infrastructures. Le pays obtient un score de 26/100 dans l’indice GSMA Digital Nations and Society 2025, dont 33/100 pour l’environnement politique et réglementaire, traduisant un cadre encore insuffisamment incitatif.

La GSMA souligne également que la numérisation de l’économie pourrait porter le nombre d’utilisateurs d’Internet mobile à environ 2,2 millions d’ici 2030, soit près de 31 % de la population congolaise. Cette progression s’accompagnerait d’un impact économique significatif, avec un impact fiscal net d’environ 93 milliards FCFA en 2030, grâce à une meilleure efficacité de la collecte et à l’élargissement de la base économique. Sur la période, les recettes fiscales cumulées pourraient atteindre 174 milliards FCFA, selon le rapport.

Des secteurs clés directement impactés par la numérisation

La GSMA souligne que les effets du numérique se feront sentir dans l’ensemble des secteurs de l’économie congolaise, notamment l’agriculture, l’industrie, les services, le commerce, les transports, les services financiers et l’administration publique.

Le développement du mobile money et des services numériques devrait notamment renforcer l’inclusion financière, en particulier dans les zones où l’accès aux services bancaires reste limité. La numérisation des chaînes de valeur devrait également améliorer la productivité, réduire les coûts de transaction et faciliter l’accès aux marchés.

Des réformes jugées indispensables pour accélérer la transformation

Pour concrétiser ce potentiel, le rapport insiste sur la nécessité de réformes structurelles. Celles‑ci portent sur le renforcement de l’environnement d’investissement dans les infrastructures numériques, l’amélioration du cadre réglementaire et fiscal, ainsi que la réduction des coûts d’accès aux smartphones et aux données mobiles.

La GSMA met également en avant l’importance du développement des compétences numériques et du renforcement de la confiance dans les services numériques à travers des politiques de cybersécurité adaptées.

Samira Njoya

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Posted On mercredi, 24 juin 2026 03:04 Written by

Déjà adopté ou étudié par plusieurs pays d’Afrique, le modèle indien d’infrastructures publiques numériques suscite désormais l’intérêt du Burundi. Les discussions engagées ouvrent la voie à un éventuel partage d’expertise dans deux leviers jugés essentiels à la transformation numérique de l’économie.

Le Burundi explore des possibilités de coopération avec l’Inde pour renforcer ses infrastructures numériques, notamment dans les domaines de l’identité numérique et des paiements électroniques. Cette perspective a été évoquée le lundi 22 juin lors d’une rencontre entre Isidora Ntakiyiruta, assistante du ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, et Upender Singh Rawat, ambassadeur de l’Inde au Burundi. Les échanges ont porté sur les mécanismes susceptibles d’accompagner la modernisation des services publics et l’inclusion financière à travers le partage de l’expérience indienne en matière de transformation numérique.

Les discussions ont notamment mis en lumière le potentiel d’adaptation au contexte burundais de certaines composantes de l’India Stack, l’infrastructure publique numérique développée par l’Inde. Celle-ci repose sur plusieurs plateformes permettant l’identification numérique des citoyens, les paiements instantanés, l’échange sécurisé de données et l’accès dématérialisé aux services publics. Au cours des dernières années, ce modèle s’est imposé comme une référence internationale en matière de gouvernance numérique et d’inclusion financière.

L’intérêt du Burundi pour cette expérience intervient alors que les infrastructures publiques numériques (Digital Public Infrastructure – DPI) sont de plus en plus perçues comme des outils structurants pour améliorer l’efficacité de l’action publique, renforcer l’inclusion financière et élargir l’accès aux services essentiels. Dans ce domaine, l’Inde s’est imposée comme l’un des principaux référents mondiaux grâce à un écosystème numérique desservant environ 1,3 milliard de personnes. Son système de paiement instantané UPI (Unified Payments Interface), qui permet d’effectuer des transactions en temps réel, a notamment dépassé les frontières indiennes et est aujourd’hui opérationnel dans plusieurs pays, dont les Émirats arabes unis, Singapour, le Bhoutan, le Népal, le Sri Lanka, Maurice, le Qatar et la France.

Fort de cette expérience, New Delhi multiplie les partenariats internationaux autour de ses infrastructures numériques. Selon le gouvernement indien, 23 pays ont déjà signé des accords de coopération portant sur le partage de solutions liées à l’identité numérique, aux paiements électroniques, à l’échange de données et à la fourniture de services publics numériques. En Afrique, des pays comme le Kenya, la Tanzanie, l’Éthiopie, la Sierra Leone, la Gambie et le Lesotho figurent parmi les États engagés dans cette démarche.

Les deux parties ont également évoqué la possibilité d’établir des contacts techniques entre les institutions concernées afin d’examiner les conditions d’une éventuelle collaboration. Cette coopération viendrait renforcer des relations bilatérales déjà actives dans plusieurs secteurs, notamment l’énergie, où l’Inde soutient le projet hydroélectrique Kabu 16, considéré comme l’un des principaux symboles du partenariat entre les deux pays.

Samira Njoya

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Posted On mardi, 23 juin 2026 12:22 Written by

Face à la multiplication des plateformes de services publics, le gouvernement a opté pour une centralisation numérique afin de simplifier l’accès aux démarches administratives. L’objectif est de renforcer l’interopérabilité des systèmes et d’améliorer l’efficacité de l’administration.

L'Éthiopie a officiellement lancé le samedi 20 juin la plateforme numérique unifiée MESOB, une initiative destinée à centraliser l'accès aux services publics et à accélérer la modernisation de l'administration. Présentée lors du sommet « Digital for Excellence », l'application vise à simplifier les démarches des citoyens et à accélérer la transformation numérique du secteur public.

Développée par l'Institut éthiopien d'intelligence artificielle, la solution MESOB fonctionne comme une super appli gouvernementale. À partir d'un compte unique adossé au système national d’identité numérique (Fayda), les utilisateurs peuvent accéder à plus de 185 services publics : obtention d’une pièce d’identité, démarches fiscales, licences commerciales, permis de travail ou formalités d’investissement.

La plateforme repose sur l'interconnexion des bases de données de plusieurs administrations, ce qui évite aux usagers de fournir plusieurs fois les mêmes informations et réduit les déplacements physiques entre les bureaux publics. Selon les autorités, cette intégration doit permettre de raccourcir les délais de traitement, d'améliorer la transparence administrative et de réduire les opportunités de corruption liées aux procédures manuelles.

Le lancement de MESOB s'inscrit dans une dynamique mondiale de développement des infrastructures publiques numériques (DPI). Ces systèmes reposent généralement sur trois piliers : une identité numérique, des plateformes d'échange de données entre administrations et des services accessibles en ligne. En Afrique, plusieurs pays, dont le Rwanda, le Kenya ou encore le Maroc, investissent dans ces infrastructures afin de rendre les services publics plus accessibles et de soutenir la transformation numérique de leur économie.

En Éthiopie, MESOB constitue l'un des piliers de la stratégie gouvernementale de numérisation 2025-2030. La plateforme s'appuie notamment sur Fayda, qui comptait plus de 20 millions d’inscrits en juillet 2025 et déjà 55 organismes connectés. Lors de sa phase pilote, lancée en avril 2025, MESOB regroupait 12 institutions fédérales et 41 services publics. Les autorités prévoient désormais d'étendre progressivement son périmètre à l'ensemble des ministères et organismes publics du pays.

Samira Njoya

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Posted On lundi, 22 juin 2026 11:57 Written by

Alors que les données s'imposent comme une ressource stratégique pour les économies numériques, la Guinée prépare un cadre national visant à mieux les gérer et les exploiter. Le projet ambitionne d’accompagner la modernisation de l'administration, renforcer la prise de décision publique et favoriser l'innovation numérique.

La Guinée poursuit la structuration de son économie numérique. Le gouvernement a lancé le vendredi 19 juin les travaux d’élaboration d’une Stratégie nationale de gouvernance des données, un document appelé à définir les règles de collecte, de partage, de sécurisation et de valorisation des données produites par les administrations, les entreprises et les citoyens.

Portée par la Direction nationale des technologies de l'information et de l'économie numérique (DNTIEN), cette stratégie vise à doter le pays d'un cadre de référence pour améliorer la qualité des données publiques, renforcer leur interopérabilité et favoriser leur exploitation dans les services numériques. Les autorités souhaitent également créer les conditions nécessaires au développement de nouveaux usages autour de l’intelligence artificielle, de l’innovation et de l’économie de la donnée, tout en garantissant la protection des informations sensibles et la souveraineté numérique nationale.

Cette initiative intervient alors que la Guinée multiplie les investissements dans les infrastructures numériques et place la transformation numérique parmi les priorités de son programme de développement Simandou 2040. Ce plan national de long terme prévoit notamment la modernisation des infrastructures technologiques et le développement d'une économie davantage fondée sur la connaissance, l'innovation et les services numériques.

Au-delà des infrastructures, plusieurs experts estiment que la capacité des États à exploiter efficacement leurs données devient un facteur déterminant pour améliorer les services publics, renforcer la planification économique et attirer les investissements. C'est dans cette logique que de nombreux pays africains accélèrent la mise en place de cadres de gouvernance des données. Le Rwanda, l'Afrique du Sud, la Sierra Leone, la Gambie, le Lesotho, le Burundi, la République démocratique du Congo ou encore le Mozambique travaillent déjà au renforcement ou à la mise en œuvre de politiques nationales dédiées.

Pour la Guinée, les enjeux dépassent la seule modernisation administrative. Une gouvernance efficace des données pourrait faciliter le partage sécurisé d'informations entre administrations, améliorer la prise de décision publique et soutenir l'émergence d'applications reposant sur l'intelligence artificielle dans des secteurs tels que la santé, l'éducation, l'agriculture ou encore les services financiers. Les autorités espèrent ainsi jeter les bases d'un écosystème numérique capable de soutenir les ambitions économiques du pays à l'horizon 2040.

Samira Njoya

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Posted On lundi, 22 juin 2026 10:53 Written by

Face à un taux de chômage des jeunes avoisinant les 30 % en Algérie en 2025, les autorités misent sur un nouveau cadre numérique de certification des diplômes. Objectif : mieux aligner les formations sur les besoins du marché et faciliter l’insertion des diplômés.

Le ministère algérien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a annoncé le mercredi 17 juin la mise en ligne d’une version pilote du Cadre national de certification et de qualification (CNC), une plateforme numérique destinée à structurer et harmoniser la reconnaissance des diplômes universitaires. Accessible à l’adresse https://cnc.mesrs.dz/, l’outil vise à améliorer la lisibilité des formations et à faciliter la reconnaissance des compétences à l’échelle nationale et internationale.

« Cette version pilote constitue une étape fondamentale dans la mise en place d’un système d’enseignement supérieur transparent et fiable, et l’alignement des résultats de la formation universitaire sur les besoins réels de l’économie nationale », indique le ministère, qui précise que le dispositif devrait également renforcer la mobilité professionnelle des diplômés.

Le CNC repose sur une approche basée sur les compétences. Il permet de classer les diplômes selon des niveaux précis intégrant les savoirs, savoir-faire et savoir-être, ainsi que des critères comme l’autonomie, la responsabilité et les capacités de communication. L’objectif est de fournir une lecture plus claire des qualifications et de mieux relier les parcours universitaires aux besoins du marché de l’emploi.

Dans le détail, la plateforme sert à décrire et classifier les certifications délivrées par l’enseignement supérieur, tout en établissant des repères comparables au niveau international. Elle s’adresse à la fois aux étudiants, aux établissements et aux employeurs, afin de faciliter l’interprétation des diplômes et l’identification des compétences lors des recrutements.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’université algérienne. Elle vise à renforcer la transparence du système, améliorer la crédibilité des diplômes nationaux et adapter plus efficacement l’offre de formation aux besoins de l’économie. Selon le ministère, les méthodologies adoptées s’inspirent de cadres déjà en vigueur dans près de 150 pays, qui ont développé des systèmes similaires pour standardiser les qualifications et améliorer la mobilité académique et professionnelle.

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 19 juin 2026 10:31 Written by

La connectivité mobile poursuit son expansion sur le continent et renforce son rôle dans l’économie africaine. Pour la GSMA, la prochaine étape clé consiste à transformer cette connectivité en usage numérique réel et inclusif.

Les technologies et services mobiles ont généré 240 milliards USD de valeur ajoutée en 2025 en Afrique, soit 7,8 % du PIB du continent, selon un rapport publié le mardi 16 juin par la GSMA. Le secteur a également soutenu environ 13 millions d’emplois et contribué à hauteur de 45 milliards USD aux recettes publiques, confirmant son poids croissant dans l’économie africaine.

Intitulé The Mobile Economy Africa 2026, le rapport précise que cette performance s’inscrit dans un contexte de transformation progressive du secteur mobile, qui ne se limite plus à la connectivité mais devient un moteur d’innovation et de numérisation. Les opérateurs évoluent désormais vers un rôle de partenaires de transformation numérique, en intégrant l’intelligence artificielle, les services numériques et les API ouvertes destinées aux développeurs.

Malgré ces avancées, le principal défi du continent reste l’adoption des services numériques. Si la couverture mobile haut débit est largement disponible, environ 63 % des Africains couverts n’utilisent pas Internet mobile, en raison notamment du coût des terminaux, du prix des données et du manque de compétences numériques. L’abordabilité demeure ainsi le principal frein à l’inclusion numérique sur le continent.

Le rapport met également en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans le secteur mobile, utilisée pour améliorer les réseaux, optimiser l’expérience client et développer de nouveaux services. Toutefois, la GSMA note que les modèles d’IA restent encore peu adaptés aux réalités linguistiques africaines.

Enfin, les opérateurs mobiles devraient investir plus de 76 milliards USD entre 2024 et 2030 dans les infrastructures réseau, afin d’accompagner l’extension de la 5G, l’amélioration de la qualité des services et la montée en puissance des usages numériques sur le continent. Selon la GSMA, ces investissements seront déterminants pour transformer la connectivité existante en gains économiques effectifs et réduire le déficit d’adoption numérique en Afrique.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 18 juin 2026 13:29 Written by

Alors que l’intelligence artificielle s’impose progressivement dans les économies africaines, le Burkina Faso veut définir sa propre trajectoire. La feuille de route adoptée par les acteurs du secteur fixe les priorités nationales pour transformer cette technologie en levier de développement économique et social.

Le Burkina Faso veut créer les conditions nécessaires à l’essor de l’intelligence artificielle sur son territoire. Les autorités ont validé à cet effet le mercredi 17 juin, la feuille de route nationale sur l’intelligence artificielle (IA) pour la période 2026-2030. Ce document devrait servir de cadre de référence pour le développement de solutions adaptées aux priorités du pays, dans des secteurs comme la santé, l’agriculture, l’éducation ou encore l’administration publique.

Concrètement, la stratégie identifie plusieurs domaines prioritaires dans lesquels des applications basées sur l’IA devraient être développées au cours des prochaines années. Les autorités évoquent notamment des outils d’aide au diagnostic médical, des solutions destinées à accompagner les producteurs agricoles grâce aux prévisions météorologiques, ainsi que des dispositifs pédagogiques adaptés aux réalités locales pour les élèves et étudiants. Le document prévoit également des applications dans les secteurs de l’eau et de l’énergie afin de faciliter la remontée d’informations par les citoyens et d’améliorer la gestion des services publics.

Cette feuille de route s’inscrit dans le cadre du Plan RELANCE 2026-2030 et du chantier gouvernemental « IA pour tous », présenté comme l’un des principaux axes de la transformation numérique du pays. Son élaboration a mobilisé des représentants de l’administration, du secteur privé, des universités, des centres de recherche, de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers.

Le Burkina Faso rejoint ainsi le groupe croissant de pays africains qui se dotent d’un cadre stratégique dédié à l’intelligence artificielle. Ces dernières années, des pays comme le Rwanda, le Sénégal, le Bénin, l’Égypte ou encore le Kenya ont engagé des initiatives similaires afin d’encadrer le développement de cette technologie et de renforcer leur compétitivité numérique.

Pour le Burkina Faso, les enjeux dépassent le seul secteur technologique. Dans un contexte marqué par des besoins importants en matière d’accès aux services publics, de productivité agricole et de développement des compétences, l’intelligence artificielle est perçue comme un outil susceptible d’améliorer l’efficacité des politiques publiques, de soutenir l’innovation locale et de favoriser l’émergence de nouveaux services numériques adaptés aux réalités nationales.

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 18 juin 2026 13:28 Written by

Les autorités algériennes s’apprêtent à lancer une nouvelle stratégie de transformation numérique, un chantier ambitieux visant à développer l’économie numérique. Pour accompagner cette mise en œuvre, des compétences expertes sont indispensables afin de piloter efficacement les réformes engagées.

L’Algérie poursuit le déploiement de sa stratégie de transformation numérique 2025-2030 et cherche à renforcer les compétences mobilisées autour de ce chantier. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a lancé dans ce cadre un appel à candidatures pour recruter un expert national en transformation numérique qui assurera également la coordination d’une équipe d’appui chargée d’accompagner la mise en œuvre des réformes engagées.

Le consultant retenu aura notamment pour mission de soutenir le Haut-Commissariat à la numérisation (HCN) dans l’opérationnalisation de la Stratégie nationale de transformation numérique. Son rôle devrait couvrir la coordination des travaux des experts mobilisés, l’appui à l’élaboration de plans d’action prioritaires, le suivi des projets numériques ainsi que la mise en place d’outils de pilotage et d’évaluation destinés à mesurer les progrès réalisés. Cette expertise s’inscrit dans le cadre d’un projet conduit conjointement par le PNUD et le HCN pour accélérer la mise en œuvre de la feuille de route numérique du pays.

Ce recrutement intervient alors que l’Algérie s’emploie à traduire en actions concrètes sa Stratégie nationale de transformation numérique 2025-2030. Celle-ci vise notamment la modernisation de l’administration publique, l’amélioration des services aux citoyens, le renforcement de la gouvernance numérique et le développement de l’économie numérique. Pour soutenir cette ambition, les autorités ont engagé plusieurs centaines de projets de numérisation couvrant différents secteurs de l’administration et des services publics.

La mission est prévue sur une durée de huit mois, entre juillet 2026 et mars 2027, pour un volume de 70 jours ouvrables. Les candidatures peuvent être soumises jusqu’au 24 juin  via le portail fournisseurs Quantum du PNUD : https://supplier.quantum.partneragencies.org/.

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 18 juin 2026 13:26 Written by

En consacrant sa première encyclique à l’intelligence artificielle, le pape Léon XIV met en garde contre les dérives néocoloniales du numérique et appelle à une gouvernance inclusive. À l’approche du Dialogue mondial sur l’IA à Genève, l’Afrique est invitée à défendre ses cultures et ses valeurs dans ce débat global.

Le 25 mai 2026, le pape Léon XIV publiait sa première encyclique qui aborde le thème de l’IA. Ce texte propose une réflexion sur la dignité humaine, le concept de bien commun et la gouvernance des données à l’ère numérique. Il ne s’adresse pas exclusivement aux catholiques : il prétend parler à « toute la famille humaine ». Mais de quelle humanité s’agit-il et selon quelle vision du monde ? À quelques semaines de la première session du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, prévue les 6 et 7 juillet prochains à Genève, la question mérite d’être posée sans détour.

« Magnifica Humanitas » s’aventure bien au-delà des considérations morales habituelles sur la technologie. Elle souligne, sans ambiguïté, que les modèles d’IA « reflètent les paramètres culturels de ceux qui les ont conçus et formés, avec toutes leurs qualités et leurs défauts ». Le discernement éthique face à l’IA ne peut se limiter à demander si l’on utilise bien ou mal cette technologie. Il faut aussi s’interroger sur « la conception de la personne et de la société qui est inscrite dans les données et les modèles » qui orientent les systèmes.

Le texte va plus loin et nomme le risque néocolonial sans faux-fuyants. Si l’extraction de données en provenance de pays de moindre poids géopolitique se poursuit sans que leurs populations aient leur mot à dire, « l’ère numérique ne sera pas postcoloniale, mais coloniale sous une nouvelle forme ». Les données sanitaires, épidémiologiques, génétiques et démographiques, que le Pape Léon XIV qualifie de « nouvelles “terres rares” du pouvoir », sont « souvent collectées sous le couvert de l’aide, de la recherche ou de l’innovation ». Par ailleurs, l’économie numérique « repose sur le travail silencieux de millions d'êtres humains […] des jeunes, pour la majorité des femmes, qui travaillent laborieusement pour un salaire de misère ». Ces personnes, qui vivent en majorité dans le Sud global, sont affectées à l'étiquetage des données, à la modération des contenus et à l’apprentissage des modèles.

Sur le plan de la gouvernance, le ton est tout aussi direct. Le Pape refuse que la puissance technique constitue de facto une habilitation à décider unilatéralement pour tous ; c’est ce qu’il nomme « désarmer » l’IA. Selon le souverain pontife, l’IA doit être un bien commun accessible à toutes les cultures humaines. En outre, il exprime sans détour un point de vue qui semble souvent passer au second plan : « Les communautés ne peuvent être réduites à de simples destinataires de décisions prises ailleurs » ; « une IA plus morale ne sert à rien si cette morale est décidée par une poignée de personnes ».

Cette exigence d'inclusion conduit inévitablement à celle de la diversité culturelle et des visions du monde sur la place de l'individu face à sa communauté. Cependant, le pluralisme culturel évoqué par le pape est-il seulement synonyme de la possibilité pour différentes cultures d’utiliser les mêmes systèmes d’IA ? Ou bien cela signifie-t-il qu’elles doivent aussi participer à la détermination des valeurs qui seront intégrées à ces systèmes ?

Il est vrai que le Vatican et plusieurs traditions philosophiques africaines se rejoignent dans leur refus d’une conception purement utilitariste de l’être humain. Cependant, la vision fondamentale du monde qui informe le rapport à l’autre, au temps, à la connaissance et à la technique n’est pas la même à Rome, à Dakar, à Pretoria, à Rabat, à Nairobi ou dans la Silicon Valley. Certaines traditions humaines insistent d’abord sur l’individu, l’autonomie et les droits tandis que d’autres mettent davantage l’accent sur l’interdépendance, la communauté, la mémoire et le bien commun partagé entre tous.

Selon Léon XIV, la dignité appartient à chaque être humain, indépendamment de toute performance ou appartenance. C’est une dignité individuelle, intrinsèque et transcendante. Dans de nombreuses cultures africaines, la dignité ne réside pas d’abord dans l’individu en soi-même. Elle se construit et s’exprime dans la relation à l’autre et dans la capacité à s’engager avec la communauté dont on est issu. Cette idée n’est pas absente de l’encyclique, mais elle s’exprime selon un cadre intellectuel et religieux distinct.

Or, ces nuances peuvent entraîner des conséquences concrètes lorsqu’il s’agit de définir les priorités et les mécanismes de gouvernance de l’IA. Elles peuvent influencer la manière dont on envisage le consentement pour l’utilisation des données, la souveraineté des ressources numériques, la répartition des bénéfices tirés de l’IA ou encore la place que l’on accorde aux différentes communautés dans les mécanismes de gouvernance. La question n’est donc pas de savoir quelle vision du monde devrait l’emporter, mais de déterminer comment éviter qu’une seule conception du monde ne soit implicitement érigée en norme universelle.

Face à ce risque d'uniformisation culturelle, le premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA se tiendra à Genève les 6 et 7 juillet 2026 et constituera un jalon décisif. Les délégations africaines y participeront en s’appuyant notamment sur la Déclaration d’Addis-Abeba, adoptée le 27 avril 2026 sous les auspices de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, ainsi que sur la Stratégie continentale de l’Union africaine sur l’IA. La Stratégie attire clairement l’attention sur le fait que la prolifération de modèles d’IA générative conçus en dehors de l’Afrique, et entraînés à partir de langues et de données étrangères, peut mettre en péril les systèmes culturels et les identités locales au profit de conceptions étrangères du monde.

La Déclaration invite notamment les États africains à protéger les bases de données communautaires et en langues autochtones, à allouer des fonds publics au développement de modèles en langues africaines et à mettre en place des écosystèmes d’IA ancrés dans la culture. Toutefois, la protection des données africaines ne concerne que la provenance des données d’entrée des modèles d’IA. Cet aspect omet de prendre en compte les hypothèses culturelles et éthiques qu’un modèle intègre dans les réponses qu’il fournit.

À l’instar de la stratégie continentale sur l’IA, l’encyclique de Léon XIV met en garde contre une réponse publique qui se limiterait à des déclarations éthiques générales. En effet, professer des valeurs est vain si les mécanismes effectifs de prise de décision demeurent le privilège d’une poignée d’acteurs. « Parler de subsidiarité », écrit Léon XIV, « exige de protéger la capacité des communautés à choisir et à corriger, sans reléguer leur intervention à un simple rôle de surveillance, une fois que les normes ont été établies ailleurs ».

L’Afrique n’est pas un bloc homogène. Ses cinquante-quatre pays n'occupent pas tous la même place dans l'économie numérique mondiale. Cependant, cette diversité n’efface pas un impératif commun : celui de ne pas considérer la gouvernance publique de l’IA uniquement comme une question de souveraineté technologique. À Genève, les délégations africaines devront relever un défi qui sera de présenter la culture et les valeurs africaines comme des éléments à protéger, mais aussi comme des moteurs d’une « renaissance culturelle » portée par la technologie.

Biographie 

Juriste, Evelyne Akoto travaille sur les enjeux de gouvernance publique et d'éthique de l'intelligence artificielle. Elle se concentre notamment sur les violences basées sur le genre facilitées par la technologie ainsi que la littératie numérique et en IA en Afrique de l’Ouest francophone. Ses analyses explorent la façon dont les transformations technologiques redéfinissent les rapports sociaux, surtout à la croisée des inégalités de genre, de la technologie et des droits humains.

 

Posted On jeudi, 18 juin 2026 13:24 Written by
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