À l’horizon 2060, le Burundi ambitionne de bâtir une économie tirée par le numérique et des services publics modernisés. Pour atteindre cet objectif, les autorités misent sur des partenariats technologiques et des investissements capables d’accélérer la connectivité et l’innovation.

Le Président de la République du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a reçu vendredi 27 février une délégation du groupe britannique Lyca Mobile, conduite par son président fondateur, Subaskaran Allirajah. Selon le communiqué de la présidence, la rencontre a permis de poser les bases d’un partenariat stratégique visant à accélérer la transformation numérique du pays et à renforcer la couverture sanitaire.

Dans le domaine des télécommunications, la coopération envisagée a pour objectif de développer l’accès universel à Internet et aux services de communication sur l’ensemble du territoire. Au Burundi, le taux de pénétration d’Internet reste encore faible malgré une progression récente, avec environ 11,1 % à fin 2025, soit près de 1,6 million d’utilisateurs en ligne, selon les données de DataReportal.

L’opérateur prévoit également de contribuer à l’intégration numérique des administrations et des services publics, afin de dynamiser l’efficacité administrative et la fourniture de services essentiels dans un contexte où la transformation numérique est considérée comme un levier clé de croissance.

Au-delà des télécommunications, le groupe prévoit également d’intervenir dans le secteur de la santé via sa branche Lyca Health. L’ambition est de contribuer au renforcement de la couverture sanitaire universelle, d’introduire des solutions innovantes telles que la télémédecine et d’appuyer la modernisation de certaines infrastructures médicales. Cette orientation s’inscrit dans la Vision nationale 2040-2060 du Burundi, qui positionne les technologies de l’information et de la communication comme des leviers structurants de transformation économique et sociale.

Cette dynamique prolonge des échanges déjà engagés entre les autorités burundaises et le groupe. Déjà implanté en Ouganda et en Tunisie, Lyca Mobile a obtenu en octobre 2025 une licence d’établissement et d’exploitation d’un réseau de télécommunications dans le pays par décret présidentiel. Les discussions ont désormais évolué vers une phase technique consacrée à la préparation du déploiement, avec pour objectif d’élargir l’accès à une connectivité fiable, d’améliorer la qualité du service et de favoriser l’émergence d’offres de communication plus abordables pour les populations.

Samira Njoya

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Posted On lundi, 02 mars 2026 13:02 Written by

À l’ère du numérique, les preuves électroniques s’imposent comme des outils clés pour la justice. Ces éléments facilitent la vérification des faits, limitent les risques de falsification et soutiennent l’efficacité des procédures pénales.

Le gouvernement du Gabon a validé, le jeudi 26 février en Conseil des ministres, un projet d’ordonnance modifiant le Code de procédure pénale afin d’encadrer l’admissibilité des preuves numériques devant les juridictions. Présenté par le ministre de la Justice, Augustin Emane, le texte introduit des exigences formelles destinées à adapter l’appareil judiciaire à la montée des infractions liées au numérique.

La réforme instaure un cadre technique pour l’utilisation des données électroniques dans les procédures pénales. Désormais, les éléments numériques ne pourront être admis que s’ils démontrent leur fiabilité, leur authenticité et leur traçabilité, après vérification par des entités publiques habilitées, telles que les services de cybersécurité ou les organismes d’État compétents. L’objectif est de sécuriser l’exploitation judiciaire des données issues des environnements numériques tout en limitant les risques de manipulation ou de falsification.

Par cette modification, les autorités entendent renforcer la fiabilité des enquêtes et améliorer la protection des justiciables. La reconnaissance formelle de standards techniques de validation vise également à encadrer les poursuites liées aux infractions numériques, dont la progression suit l’essor rapide des usages digitaux dans le pays. La diffusion d’Internet, qui concerne désormais plus de la moitié de la population gabonaise, accroît le volume d’interactions numériques susceptibles de générer des contentieux.

L’ordonnance s’inscrit dans un mouvement régional visant à moderniser les cadres juridiques africains face aux défis de la transformation numérique, marquée par la multiplication des litiges liés aux contenus électroniques, aux transactions en ligne et aux systèmes d’information. À l’échelle internationale, la place des preuves numériques dans les enquêtes judiciaires ne cesse de croître. Une étude menée par Cellebrite, spécialiste israélien de la criminalistique numérique, auprès de plus de 2000 enquêteurs, procureurs et experts, indique que 60 % considèrent désormais les preuves numériques comme plus déterminantes que l’ADN dans certaines affaires, et que 74 % estiment que leur utilisation améliore le taux de résolution des enquêtes.

Selon les autorités gabonaises, l’ordonnance entrera en vigueur après sa publication au Journal officiel, conformément à la procédure de promulgation des textes législatifs. Elle constitue un premier pas vers la modernisation du traitement judiciaire des infractions numériques et un renforcement de la sécurité juridique dans le cadre pénal, en phase avec les évolutions technologiques du pays.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 02 mars 2026 10:48 Written by

La robotique transforme la santé en Afrique, offrant des perspectives inédites pour améliorer la qualité des soins et optimiser les coûts. Mais le continent doit relever des défis majeurs, de la formation au financement, pour que ces technologies profitent réellement aux populations.

La robotique médicale, qui intègre des systèmes automatisés pour la chirurgie assistée, le diagnostic et l’assistance hospitalière, s’impose progressivement comme un moteur de modernisation des systèmes de santé africains. Selon Data Bridge Market Research, le marché des robots médicaux au Moyen-Orient et en Afrique connaît un taux de croissance annuel composé de 13,5 % entre 2022 et 2029, passant de 451,26 millions de dollars en 2021 à 1 144,64 millions de dollars d’ici 2029. Malgré cette croissance, l’adoption sur le continent reste encore faible comparée aux autres régions, concentrée dans des pays à revenus plus élevés ou disposant d’infrastructures hospitalières avancées.

Initiatives phares de robotique médicale sur le continent 

En Afrique du Sud, plusieurs hôpitaux publics ont déjà réalisé plus de 600 interventions assistées par robot, principalement en urologie et gynécologie, réduisant les séjours hospitaliers et les complications post-opératoires. Au Nigeria, une plateforme clinique de chirurgie robotique a été récemment approuvée, permettant pour la première fois des interventions robotisées dans un établissement public. À Luanda (Angola), des expérimentations de téléchirurgie ont été menées via des systèmes robotisés, démontrant le potentiel de ces technologies même dans des contextes de réseau limité.

Le Maroc se distingue également : une prostatectomie radicale a été réalisée entre Casablanca et Shanghai, illustrant la faisabilité de la téléchirurgie sur de longues distances. D’autres interventions ont été conduites entre plusieurs villes marocaines, confirmant la capacité technique et l’intérêt pour la robotique chirurgicale. En dehors de la chirurgie, la robotique est utilisée pour l’assistance hospitalière au Kenya et dans d’autres pays, améliorant l’efficacité des services et libérant du temps pour le personnel soignant.

Défis liés à l’adoption de la robotique 

Pour les pays africains, l’un des défis majeurs reste le coût élevé des équipements robotiques, souvent plusieurs millions de dollars par unité, ce qui limite leur acquisition par les établissements publics. Un système de chirurgie robotique, tel que le da Vinci 5, coûte généralement entre 1,5 et 2,5 millions de dollars. La formation constitue un autre défi : les interventions robotisées nécessitent des compétences chirurgicales et techniques spécifiques.

Des initiatives telles que Ircad Africa, au Rwanda, forment les médecins africains à la chirurgie mini-invasive et à la robotique avancée. Par ailleurs, l’émergence de start-up et laboratoires d’innovation autour de l’IA, de la robotique et de l’e-santé ouvre des perspectives de croissance pour le secteur au cours de la prochaine décennie.

La robotique médicale soulève également des questions éthiques et réglementaires, notamment la responsabilité en cas de dysfonctionnement, la protection des données des patients et l’acceptabilité de l’automatisation dans les soins.

Une trajectoire de croissance malgré les obstacles 

Selon les prévisions de la société d’études de marché Spherical Insights, le marché global de la robotique chirurgicale devrait dépasser 22,89 milliards de dollars d’ici 2030, avec des opportunités croissantes pour les pays émergents qui investissent dans la transformation numérique de la santé.

Pour l’Afrique, réussir cette transition nécessite un effort coordonné en matière de politiques publiques, d’investissements, de formation et de partenariats internationaux, afin d’assurer que la robotique médicale devienne un vecteur tangible de modernisation des systèmes de santé et d’amélioration de la qualité des soins.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On vendredi, 27 février 2026 15:00 Written by

L’artisanat, pilier de l’économie au Maroc, demeure un secteur à fort potentiel d’emploi et d’exportation. Sa numérisation s’impose comme un levier de modernisation, visant à renforcer la compétitivité des artisans, structurer les filières et élargir l’accès aux marchés.

Le Maroc engage 36 millions de dirhams (3,9 millions USD) pour accélérer la transformation numérique de son artisanat. Un accord a été signé mercredi 25 février entre le Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat, les Chambres d’Artisanat, leur Fédération et l’Agence de développement du digital. Deux autres conventions relatives à la promotion internationale et à l’appui institutionnel du secteur ont également été conclues lors de la même cérémonie.

L’accord de digitalisation prévoit la mise en place de la carte professionnelle de l’artisan, la mise en service du Registre national de l’artisanat ainsi que la dématérialisation des services des Chambres et de leurs structures affiliées. Les autorités entendent, à travers ce dispositif, améliorer l’efficacité administrative, simplifier les procédures et doter le secteur d’infrastructures numériques structurantes.

Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre du contrat‑programme national dédié au développement de l’artisanat, considéré comme un pilier de l’économie marocaine en raison de sa contribution à l’emploi, à l’exportation et au développement territorial. Selon les chiffres officiels, le secteur emploie 22 % de la main‑d’œuvre nationale, contribue à hauteur de 7 % au PIB, enregistre une croissance des exportations de 7,6 %, et représente 10 % des recettes touristiques en devises grâce à l’achat de produits artisanaux. Sa modernisation numérique est présentée comme un levier de gain de productivité, de formalisation des activités et d’élargissement de l’accès aux marchés nationaux et internationaux.

Les deux autres conventions conclues lors de la cérémonie portent respectivement sur la promotion internationale du savoir‑faire marocain, en partenariat avec SMAP EVENTS, et sur un contrat‑programme 2026 consacré à la structuration professionnelle, à la formation et à l’encadrement des artisans. Ensemble, ces dispositifs doivent renforcer la compétitivité du secteur, faciliter l’accès des artisans aux marchés et soutenir l’émergence d’un écosystème plus formalisé et productif, en complément du volet numérique piloté avec l’Agence de développement du digital au Maroc.

Samira Njoya   

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On vendredi, 27 février 2026 09:37 Written by

Les besoins en connectivité s’intensifient avec l’essor du streaming, du gaming, de l’e‑learning et la multiplication des écrans dans les foyers. Pour y répondre, Orange Maroc déploie de nouvelles solutions mobiles et fixes, adaptées aux usages numériques en constante évolution des particuliers.

Le groupe Orange Maroc a présenté, mardi 24 février à Casablanca, deux innovations majeures destinées au grand public : les forfaits mobiles personnalisables Yo Max 5G et la Livebox 7, premier routeur nouvelle génération lancé en première mondiale au Maroc. Ces dispositifs s’appuient sur le réseau 5G récemment lancé et répondent aux usages numériques croissants dans le pays.

Les forfaits Yo Max 5G permettent aux abonnés de composer eux‑mêmes leur expérience digitale, en choisissant les services adaptés à leurs besoins : streaming vidéo et musical, gaming ou e‑learning. Disponibles sur six formules allant de 99 à 649 dirhams (environ 11 à 71 USD), elles offrent jusqu’à 160 Go de data ou une connexion illimitée, avec la possibilité d’accéder aux services depuis l’application Maxit, qui centralise le pilotage du forfait.

La Livebox 7, quant à elle, inaugure l’utilisation du Wi‑Fi 7 dans un routeur grand public et introduit le système d’exploitation prplOS, qui permet d’installer directement des applications sur la box, telles qu’un VPN intégré et un contrôle parental. Équipée de dix antennes intelligentes, elle assure un débit stable dans l’ensemble du foyer et offre aux développeurs locaux la possibilité de créer des applications adaptées au marché marocain, contribuant ainsi à enrichir l’écosystème Nova Box.

Ces innovations s’inscrivent dans la stratégie d’Orange Maroc de soutenir la transformation digitale du royaume et de proposer des services connectés adaptés aux évolutions des usages, notamment la multiplication des écrans dans les foyers, l’e‑learning, le streaming et le gaming. Elles interviennent dans un contexte où la pénétration numérique au Maroc est déjà élevée. Selon Datareportal, à la fin de 2025, le pays comptait près de 57,1 millions de connexions mobiles, soit environ 148 % de la population, et plus de 35 millions d’internautes, avec un taux de pénétration dépassant 92 %, ce qui traduit l’usage intensif des téléphones mobiles et la multiplication des cartes SIM par foyer et par individu.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 26 février 2026 11:54 Written by

En Tunisie, les greentech figurent parmi les segments les moins financés de l’écosystème start‑up, bien qu’elles jouent un rôle clé dans la transition écologique. Dans un contexte marqué par des levées de fonds limitées en 2025, un nouveau mécanisme public cible leur passage à l’échelle et l’accès au marché.

La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) a annoncé, mardi 24 février, le lancement de la première cohorte du programme MAIR (Market Access for Impact and Resilience), un mécanisme de financement destiné aux start‑up et aux PME greentech en phase de commercialisation. Le dispositif vise à soutenir le passage à l’échelle industrielle, faciliter l’accès aux marchés initiaux et consolider les revenus des entreprises bénéficiaires.

L’outil cible en priorité les segments liés à la transition écologique, notamment les énergies renouvelables, la mobilité durable, l’éco‑construction, la gestion des déchets, l’agriculture durable, les technologies de l’eau, l’efficacité énergétique et la biodiversité. En intervenant à un stade où les besoins en financement augmentent pour l’industrialisation et la commercialisation, MAIR entend combler le déficit structurel d’accompagnement entre l’amorçage et la commercialisation.

MAIR est déployé dans le cadre de l’initiative « GreenTECH », portée par Smart Capital et intégrée au projet Greenov’i. Celui‑ci est financé par l’Union européenne à travers le programme « Tunisie Verte & Durable », mis en œuvre par Expertise France en collaboration avec le Centre International des Technologies de l’Environnement de Tunis, le ministère de l’Environnement et le ministère de l’Économie et de la Planification.

L’instrument s’insère dans une architecture de financement structurée comprenant également VAIR (Venture Acceleration for Impact and Resilience), qui soutient les start‑up en phase d’idéation dans le développement de leurs preuves de concept. L’ensemble du programme prévoit de financer 32 start‑up en phase amont et d’accompagner 10 start‑up et PME dans leur accès au marché, avec un objectif d’environ 300 emplois directs dans les filières de la transition écologique.

Ce lancement intervient dans un contexte de financement encore limité pour l’écosystème entrepreneurial tunisien. Selon le rapport annuel de Wamda, les start‑up tunisiennes ont levé 6,6 millions de dollars en 2025 à travers 13 opérations, un niveau inférieur aux niveaux observés dans plusieurs marchés de la région Moyen‑Orient et Afrique du Nord. Dans ce contexte, les mécanismes publics et les instruments dédiés à l’innovation à impact apparaissent comme des leviers structurants pour les jeunes entreprises en phase de croissance.

En ciblant les segments industriels liés à la transition écologique et en intervenant à un stade avancé du cycle de développement des entreprises, MAIR vise à renforcer la capacité des start‑up tunisiennes à transformer leurs innovations en offres commercialisées et à s’insérer durablement sur les marchés.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 26 février 2026 09:36 Written by

Comme partout dans le monde, le Kenya est confronté à une accélération des risques informatiques qui accompagne sa transformation numérique. Le pays redouble d’efforts pour protéger son cyberespace, qui a été exposé à plus de 10 milliards de menaces informatiques en 2025, selon les autorités.

Le gouvernement kényan explore une coopération dans le domaine de la cybersécurité avec la société roumaine Safetech Innovations. William Kabogo Gitau, ministre de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique, a reçu une délégation de l’entreprise basée à Bucarest, accompagnée de l’ambassadrice de Roumanie au Kenya, Gentiana Serbu.

Mardi 24 février, un communiqué du ministre publié sur X précise : « notre discussion a porté sur la cybersécurité en tant que priorité critique pour le Kenya, notamment alors que nous accélérons la numérisation au sein du gouvernement. Nous avons débattu de la protection des infrastructures critiques, du renforcement des capacités institutionnelles et de la nécessité de construire des cadres de résilience cybernétique solides et durables ».

Le ministre a ajouté que la discussion a également porté sur la collaboration en matière de recherche et de développement, avec un accent particulier sur les partenariats avec les établissements d’enseignement supérieur kényans afin de promouvoir le transfert de connaissances et l’échange d’expériences.

Selon M. Kabogo, ce rapprochement s’inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale entre le Kenya et la Roumanie, régie par un protocole d’entente existant, qui favorise la collaboration dans des secteurs clés tels que les TIC et l’innovation. Il intervient environ un mois après le lancement du projet Kenya Cyber Resilience (KCR), mené en partenariat avec l’Union européenne et destiné à renforcer la sécurité, la résilience et la fiabilité d’un écosystème numérique national en pleine expansion. Son coût total est estimé à environ 454 millions de shillings kényans (≈ 3,5 millions USD). Le pays s’est également rapproché des États‑Unis, de l’ONU et de la société technologique chinoise Huawei.

Outre les efforts de coopération régionale et internationale, le pays renforce également ses capacités nationales. Ainsi, le projet de création d’une Agence nationale de cybersécurité (NCSA) est en cours afin de compléter les institutions existantes. Sur le plan réglementaire, le Kenya dispose d’une loi sur la protection des données, du Computer Misuse and Cybercrimes Act, ainsi que d’une stratégie nationale de cybersécurité pour la période 2022–2027.

Ces efforts interviennent dans un contexte où les autorités reconnaissent que l’ampleur et la rapidité de la transformation numérique du Kenya ont accru son exposition à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées. D’après les données de la Communications Authority (CA), 12,5 milliards d’incidents ou tentatives de cyberattaques ont été détectés en 2025, soit une hausse de 247 % par rapport à 2024.

Pour rappel, dans son Indice mondial de cybersécurité 2024, l’Union internationale des télécommunications (UIT) a classé le Kenya 21ᵉ au niveau mondial et 3ᵉ en Afrique. Le pays a obtenu les scores maximaux en matière de coopération, de développement des capacités et de mesures organisationnelles. Des efforts restent toutefois nécessaires pour renforcer le cadre réglementaire et les mesures techniques.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 25 février 2026 14:46 Written by

Face aux enjeux du marché de l’emploi et à la demande croissante de compétences numériques, l’Ouganda mise sur la formation et l’entrepreneuriat technologique pour renforcer l’inclusion, stimuler l’innovation locale et préparer les jeunes aux métiers de demain.

Le ministère ougandais des TIC et de l’Orientation nationale a annoncé, jeudi 19 février, la signature d’un partenariat avec Spotlight on Africa, et Algorithmic Partners. L’accord prévoit la création d’un pôle d’innovation en TIC à Mbale, destiné à renforcer les compétences numériques des jeunes Ougandais et à soutenir l’entrepreneuriat technologique local.

Selon les autorités, cette initiative marque le passage de l’intention à l’exécution dans la politique publique de développement numérique. Elle s’appuie sur une collaboration public‑privé visant à élargir l’accès aux compétences recherchées sur le marché, à stimuler l’innovation locale et à favoriser l’autonomisation économique, notamment des femmes. Le futur centre proposera des formations allant des compétences de base en littératie numérique aux compétences avancées telles que le codage, l’intelligence artificielle et la blockchain.

Le dispositif intègre également un système de certification numérique basé sur la blockchain, conçu pour sécuriser la vérification des qualifications et réduire la fraude documentaire. En renforçant la confiance entre institutions de formation, employeurs et diplômés, l’outil devrait améliorer la transparence du marché du travail numérique et soutenir l’émergence d’un écosystème d’innovation structuré autour des compétences.

Au‑delà de la formation, le projet vise à élargir l’accès aux services publics numériques dans les zones mal desservies et à dynamiser les écosystèmes locaux d’innovation. Il s’inscrit dans la feuille de route nationale qui accorde une place centrale aux infrastructures numériques, aux compétences, à la cybersécurité et à la protection des données, avec l’objectif de bâtir une économie numérique inclusive et génératrice d’emplois.

Des programmes tels que le laboratoire informatique mobile DigiTrack ont déjà formé plus de 11 000 personnes à l’échelle nationale au cours des deux derniers trimestres, y compris des jeunes ayant des besoins spécifiques, en apportant directement les compétences numériques dans les communautés. Il complète également la stratégie nationale d’externalisation des processus d’affaires de l’Ouganda, qui vise à connecter les jeunes professionnels anglophones aux marchés mondiaux.

Cette initiative prend également tout son sens dans un contexte continental. Selon la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC), d’ici 2030, environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques. La transformation numérique du marché du travail, accélérée par la quatrième révolution industrielle, crée une demande massive de talents qualifiés. Des centres comme celui de Mbale apparaissent ainsi comme des réponses concrètes à ce besoin, en formant les jeunes aux métiers de demain et en soutenant l’inclusion économique et sociale à grande échelle.

Samira Njoya

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Posted On mercredi, 25 février 2026 14:16 Written by

Le lancement de nouvelles plateformes vise à moderniser la gestion académique, améliorer les services aux étudiants et soutenir l’innovation, dans un contexte de transition vers une université plus connectée et productive.

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari (photo), a procédé mardi 24 février à Alger au lancement de quatre nouvelles plateformes numériques, portant à 73 le nombre total de services numériques intégrés au système d’information du secteur.

S’exprimant à l’occasion de cette cérémonie, Kamel Baddari a souligné que ce renforcement du paysage digital est le fruit des efforts conjoints des établissements universitaires, des centres de données et des laboratoires de recherche du pays. Il a insisté sur le fait que ces plateformes numériques « illustrent le haut niveau de numérisation atteint par le secteur dans ses activités d’enseignement, de recherche, de gouvernance et de services à la communauté universitaire ».

Les quatre nouvelles plateformes couvrent des domaines stratégiques et sociaux. Le Registre numérique des filières universitaires vise une meilleure gestion des filières économiques des universités et à valoriser les résultats de la recherche scientifique en projets à forte valeur ajoutée économique et sociale. Le Réseau universitaire des incubateurs et centres de développement de l’entrepreneuriat (AUNEI) cherche à consolider l’écosystème d’innovation et à accompagner les étudiants et chercheurs dans la création de start-up. Une plateforme de consultations psychologiques en ligne est destinée à promouvoir la santé mentale en milieu universitaire, et la plateforme de réservation de repas intégrée à l’application mobile destinée aux étudiants modernise les services de restauration.

Ce lancement s’inscrit dans un contexte de digitalisation progressive du secteur, marqué notamment par une série d’outils déjà déployés ces dernières années, tels que les systèmes de gestion électronique des diplômes, les portails de suivi des recherches scientifiques ou encore les modules de gestion administrative dématérialisée. L’ensemble de ces services vise à réduire les délais bureaucratiques, à améliorer l’efficacité de la gouvernance et à rapprocher les universités de leurs partenaires socio-économiques.

Plus largement, cette dynamique s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique à l’horizon 2030. Deux piliers transversaux soutiennent cette stratégie : l’instauration d’un cadre juridique et réglementaire adapté, avec l’élaboration en cours d’un projet de loi sur la numérisation, et le renforcement de la cybersécurité, jugé essentiel pour protéger les données et les systèmes d’information face à des menaces cybernétiques de plus en plus sophistiquées.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 25 février 2026 08:38 Written by

Au Sénégal, 61 % de la population utilise Internet et plus de 84 % a accès à l’électricité. Les opérateurs télécoms et énergétiques veulent désormais améliorer la qualité des services et simplifier l’expérience des usagers.

Le Groupe Sonatel et la société nationale d’électricité Senelec ont annoncé le vendredi 20 février la signature d’un accord stratégique à Dakar destiné à accélérer la transformation numérique de leurs opérations et à améliorer la qualité des services énergétiques et télécoms. Le partenariat a été officialisé par les directeurs généraux des deux entreprises, Brelotte Ba (photo, à gauche) et Papa Toby Gueye (photo, à droite).

L’accord prévoit une convergence accrue entre les capacités opérationnelles des deux groupes afin d’optimiser leurs performances et renforcer la qualité de service. Il inclut également le développement de services numériques destinés aux usagers, notamment à travers l’amélioration continue de la relation client et le déploiement de solutions digitales visant à fluidifier l’accès aux services essentiels. Les deux entreprises entendent ainsi renforcer les synergies entre infrastructures énergétiques et réseaux de communication pour soutenir les ambitions nationales de transformation digitale.

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique nationale d’accélération de la transformation numérique et de modernisation des infrastructures stratégiques, où la convergence entre énergie et connectivité devient un levier structurant de performance économique. Selon DataReportal, le Sénégal comptait environ 11,3 millions d’utilisateurs d’Internet au début de 2025, soit un taux de pénétration de 60,6 % de la population. Dans le même temps, le taux d’accès à l’électricité a dépassé 84 % au niveau national, avec une couverture quasi généralisée en milieu urbain, selon la Banque mondiale.

Dans ce contexte d’extension simultanée des réseaux énergétiques et numériques, la coopération entre Sonatel et Senelec vise à améliorer la qualité et la fiabilité des services essentiels pour les usagers. La progression rapide des usages numériques, notamment les services financiers mobiles, les plateformes administratives en ligne et les solutions connectées, renforce en effet l’interdépendance entre infrastructures énergétiques performantes et réseaux télécoms robustes.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Posted On mardi, 24 février 2026 13:47 Written by
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