L’Afrique demeure sous‑équipée en infrastructures de données par rapport aux autres régions du monde. Afin de combler ce retard et d’accompagner la croissance de l’économie numérique, plusieurs pays, dont l’Égypte, multiplient les investissements dans les centres de données et les services cloud.

L’Égypte poursuit le renforcement de ses infrastructures numériques. L’Autorité nationale de régulation des télécommunications (NTRA) a accordé le lundi 15 mai une licence à Hassan Allam Digital Infrastructure and Data Center Solutions pour construire et exploiter un centre de données dans le pays. Développé en partenariat avec la société technologique A15, le projet prévoit un investissement initial de 400 millions USD pour sa première phase.

Selon les promoteurs, cet investissement constitue la première phase d’un programme plus large destiné à être étendu dans les années à venir. L’infrastructure, conçue selon les standards internationaux, doit fournir des services d’hébergement de données, de cloud computing et des capacités adaptées aux applications d’intelligence artificielle. Elle ciblera aussi bien les administrations publiques que les institutions financières et les entreprises locales et internationales.

L’annonce intervient alors que l’Égypte multiplie les investissements dans les infrastructures numériques. Selon la NTRA, il s’agit de la dixième licence de centre de données accordée au cours des deux dernières années, illustrant l’accélération du développement de ce secteur dans le pays. Les autorités considèrent désormais les centres de données comme un maillon essentiel de la transformation numérique et de la souveraineté technologique nationale.

Cette dynamique s’accompagne de la préparation d’une stratégie nationale dédiée aux centres de données et au cloud computing. Le gouvernement entend s’appuyer sur la position géographique stratégique de l’Égypte, située au carrefour de l’Afrique, de l’Europe et de l’Asie, ainsi que sur ses infrastructures de télécommunications, pour attirer davantage d’investissements dans les services numériques. L’objectif est de renforcer le rôle du pays comme plateforme régionale d’échange de données et de services numériques.

Le projet s’inscrit également dans les ambitions égyptiennes en matière d’intelligence artificielle. La deuxième stratégie nationale de l’IA prévoit de porter la contribution des technologies numériques et de l’intelligence artificielle à 7,7 % du PIB d’ici 2030. Les autorités estiment par ailleurs que l’IA pourrait générer jusqu’à 42,7 milliards USD de valeur économique au cours des prochaines années grâce à son adoption dans des secteurs tels que les services publics, la finance, la santé et l’industrie.

Au‑delà du seul marché égyptien, les nouvelles infrastructures sont destinées à répondre à une demande régionale croissante en matière d’hébergement de données et de services cloud. La progression rapide de l’intelligence artificielle, du commerce électronique et de la transformation numérique des entreprises alimente les besoins en capacités de stockage et de calcul.

Samira Njoya

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Posted On mardi, 16 juin 2026 14:34 Written by

Alors que les crypto‑actifs gagnent du terrain en Afrique, le Zimbabwe rejoint les pays du continent qui structurent progressivement ce marché. Une réforme visant à renforcer la surveillance d’un écosystème en forte croissance mais encore largement informel.

Le gouvernement du Zimbabwe a annoncé qu’il allait obliger les entreprises opérant dans le secteur des crypto‑monnaies à s’enregistrer auprès des autorités financières, dans le cadre d’un dispositif destiné à encadrer un marché jusque‑là largement informel.

Selon des règlements émis par le ministre des Finances, Mthuli Ncube, et rapportés par Reuters, les sociétés impliquées dans l’achat, la vente, le transfert ou la conservation d’actifs numériques devront désormais s’inscrire chaque année auprès de la Financial Intelligence Unit (FIU), un organisme de lutte contre le blanchiment d’argent hébergé au sein de la Banque de réserve du Zimbabwe.

L’enregistrement sera assorti de frais de 500 USD pour la première inscription et de 400 USD pour le renouvellement annuel. Toute exploitation sans enregistrement sera considérée comme une infraction, marquant la volonté des autorités de placer le secteur sous un cadre de surveillance formelle.

Cette décision intervient après plusieurs années de restrictions sur les crypto‑actifs dans le pays. Dès 2018, les autorités avaient limité les activités liées aux monnaies numériques, poussant une grande partie des échanges vers des circuits informels et des plateformes de pair‑à‑pair.

Sur le plan continental, cette évolution s’inscrit dans un contexte de forte progression de l’adoption des crypto‑actifs en Afrique subsaharienne. Selon une étude publiée en septembre par la société Chainalysis, spécialisée dans l’analyse de données relatives à la blockchain, les transactions en cryptomonnaies ont atteint 205 milliards USD en Afrique subsaharienne entre juillet 2024 et juin 2025, portées notamment par les transferts transfrontaliers et les usages liés aux remittances.

Dans de nombreux pays africains, les crypto‑monnaies sont de plus en plus utilisées comme alternative aux circuits bancaires traditionnels, notamment en raison des coûts élevés des transferts internationaux. La Banque mondiale indique que les frais de transferts en Afrique subsaharienne figurent parmi les plus élevés au monde, dépassant régulièrement 6 % du montant envoyé.

Le Zimbabwe rejoint ainsi une tendance plus large de structuration du secteur des actifs numériques sur le continent. En Afrique du Sud, les prestataires crypto sont encadrés par la Financial Sector Conduct Authority (FSCA), tandis qu’au Nigeria, la Securities and Exchange Commission (SEC) a mis en place un régime d’enregistrement progressif des plateformes d’échange.

Au Kenya, une loi sur les Virtual Asset Service Providers (VASP) prévoit un cadre de supervision partagé entre la Banque centrale et l’autorité des marchés financiers, illustrant une approche hybride de la régulation des actifs numériques.

Samira Njoya

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Posted On mardi, 16 juin 2026 14:12 Written by

Fort de la progression rapide des paiements numériques ces dernières années, le Sénégal cherche désormais à étendre leur usage au secteur de la santé. L’objectif est de moderniser les services, sécuriser les transactions et améliorer l’expérience des usagers.

Le ministère sénégalais de la Santé et de l’Hygiène publique a signé le lundi 15 juin à Dakar une convention‑cadre avec Orange Finance Mobile Sénégal (OFMS) pour accélérer la numérisation des paiements dans les établissements publics de santé. L’initiative vise à simplifier les démarches des usagers, améliorer la gestion financière des structures sanitaires et renforcer l’accès aux services de santé à travers le pays.

Dans le cadre de ce partenariat, les deux parties prévoient d’élargir l’utilisation des solutions de paiement électronique dans les hôpitaux, centres de santé et autres établissements publics. Selon les autorités, cette évolution devrait permettre de réduire les paiements en espèces, d’améliorer la traçabilité des transactions et de sécuriser davantage les recettes des structures sanitaires.

Orange Finance Mobile Sénégal est déjà présent dans plus de 600 pharmacies et plus de 200 structures de santé publiques et privées du pays. L’opérateur entend s’appuyer sur son réseau et son expertise dans les services financiers numériques pour faciliter les paiements de soins, y compris dans les zones éloignées où l’accès aux services bancaires demeure limité.

Cette initiative intervient dans un contexte de forte progression des paiements numériques au Sénégal. Selon les données relayées par la BCEAO, le pays est devenu en 2024 le premier marché de monnaie électronique de l’UEMOA, représentant 24,1 % du volume régional des transactions. Le mobile money constitue désormais l’un des principaux moteurs de l’inclusion financière dans le pays. La dynamique se reflète également dans les performances des opérateurs. Le service Orange Money revendiquait 13 millions de clients actifs en 2025 et près de 3,8 milliards de transactions réalisées au cours de l’année, illustrant l’ancrage croissant des paiements dématérialisés dans les usages quotidiens des Sénégalais.

La convention s’inscrit plus largement dans l’Agenda Sénégal 2050 et le New Deal Technologique, qui placent le numérique au cœur de la modernisation des services publics. Pour le gouvernement, la numérisation des paiements devrait contribuer à améliorer la gouvernance des établissements de santé, renforcer la transparence dans la gestion des ressources et faciliter l’accès des citoyens à des services publics plus efficaces.

Samira Njoya

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Posted On mardi, 16 juin 2026 10:32 Written by

Face à la croissance des usages numériques, la Guinée équatoriale entend mieux exploiter ses infrastructures existantes. Les autorités envisagent de transformer le réseau de fibre optique de SEGESA en actif commercial au service des opérateurs télécoms et de la connectivité nationale.

La Société d’électricité de Guinée équatoriale (SEGESA) envisage d’élargir son champ d’activité au‑delà de la distribution d’énergie. Réuni le vendredi 12 juin à Malabo avec les responsables de l’entreprise publique, le vice‑président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a recommandé la création d’une structure dédiée à la gestion et à la valorisation du réseau national de fibre optique déployé par l’entreprise.

Cette orientation s’inscrit dans le projet de modernisation du réseau électrique national conduit par SEGESA. L’entreprise s’appuie sur près de 2000 kilomètres de fibre optique installés le long de ses infrastructures afin d’améliorer la supervision du réseau, la gestion de la facturation, le suivi des opérations et l’efficacité globale des services. Selon les autorités, ces investissements pourraient également servir de socle au développement du haut débit et de technologies avancées comme la 5G.

Au‑delà de ses besoins internes, SEGESA envisage désormais d’exploiter commercialement cette infrastructure en la mettant à la disposition d’autres acteurs du marché, notamment les opérateurs de télécommunications. Une telle stratégie permettrait à l’entreprise de diversifier ses sources de revenus tout en contribuant au renforcement de la connectivité numérique dans le pays.

Cette ambition intervient alors que la demande en services numériques continue de progresser en Guinée équatoriale. Selon DataReportal, le pays comptait environ 1,16 million d’utilisateurs d’Internet au début de 2025, soit un taux de pénétration de 60,4 % de la population. Le nombre d’internautes a augmenté de 28 000 en un an, illustrant une adoption croissante des services numériques par les ménages, les entreprises et les administrations.

L’initiative de SEGESA rejoint une tendance observée dans certains pays où les entreprises publiques d’électricité cherchent à rentabiliser leurs infrastructures numériques. Au Kenya, la société publique de transport d’électricité KETRACO commercialise une partie de sa capacité de fibre optique auprès d’opérateurs télécoms afin de générer des revenus supplémentaires et de soutenir le développement du haut débit.

Pour les autorités équato‑guinéennes, le projet présente un potentiel économique important. S’appuyant sur une étude réalisée par Huawei, le vice‑président a estimé que cette infrastructure pouvait créer davantage de valeur pour l’entreprise publique. Il a ainsi recommandé la mise en place d’une entité spécialisée, dotée de compétences techniques adaptées et accompagnée par un partenaire technologique expérimenté.

Samira Njoya

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Posted On lundi, 15 juin 2026 15:55 Written by

Alors que moins d’un tiers de la population congolaise dispose d’un accès à Internet, les autorités veulent faire du numérique un levier d’amélioration de l’enseignement. Une politique nationale récemment adoptée doit servir de socle à cette ambition.

La République démocratique du Congo veut mieux encadrer la transformation numérique de son système éducatif. Le vendredi 12 juin, le Conseil des ministres a adopté la Politique nationale de l’information et de la communication pour l’éducation et la formation (PNICEF), un cadre destiné à harmoniser l’intégration des technologies numériques dans l’ensemble des cycles d’enseignement.

Portée par la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, cette politique doit servir de référence pour les futures initiatives numériques dans le secteur. Elle couvre aussi bien l’enseignement primaire et secondaire que la formation professionnelle, l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et l’alphabétisation. L’objectif est de favoriser des outils interopérables, sécurisés et alignés sur les priorités éducatives nationales.

Cette orientation survient après plusieurs projets de numérisation déployés ces dernières années dans le secteur éducatif congolais. Les autorités ont notamment engagé la numérisation de la gestion administrative des établissements scolaires, le renforcement des systèmes d’information éducatifs ainsi que la modernisation des mécanismes de collecte et de gestion des données scolaires. Toutefois, l’absence d’un cadre global de coordination limitait jusqu’ici la cohérence et la complémentarité de ces initiatives.

Le défi reste d’autant plus important que l’environnement numérique du pays demeure en construction. Selon DataReportal, la RDC comptait 34,7 millions d’internautes à la fin de l’année 2025, soit un taux de pénétration d’Internet de 30,5 %, ce qui signifie que près de 70 % de la population reste encore hors ligne. Cette fracture numérique se répercute sur le système éducatif, où de nombreux établissements continuent de faire face à des contraintes liées à l’accès à Internet, à l’électricité et aux équipements informatiques.

À travers la PNICEF, le gouvernement entend ainsi disposer d’une feuille de route unique pour guider les investissements, renforcer les compétences numériques des apprenants et des enseignants, et améliorer la gouvernance du secteur. Les autorités espèrent également créer les conditions nécessaires au développement d’une éducation plus inclusive et mieux adaptée aux exigences de l’économie numérique.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 15 juin 2026 05:44 Written by

Les autorités somaliennes misent sur la transformation numérique pour soutenir le développement socio‑économique du pays. Pour y parvenir, elles renforcent les infrastructures afin de soutenir la montée en puissance des services digitaux.

La Somalie intensifie sa transition vers la nouvelle génération d’adresses Internet (IPv6). L’initiative vise à renforcer la capacité des infrastructures numériques du pays et à anticiper la croissance future des usages en ligne.

Dans ce cadre, l’Autorité nationale des communications (NCA) et le Centre national IPv6 ont organisé, le mercredi 10 juin, un atelier réunissant les fournisseurs d’accès à Internet, des universités, des experts en télécommunications ainsi que plusieurs acteurs du secteur numérique.

Selon l’agence nationale de presse, cette rencontre a servi de plateforme de sensibilisation à l’adoption de l’IPv6. Elle a également permis de renforcer la collaboration entre les parties prenantes et de soutenir le programme national de transformation numérique, notamment à travers le déploiement de technologies Internet de nouvelle génération et l’amélioration des infrastructures existantes.

« Aujourd’hui, nous ne planifions pas seulement les besoins actuels d’Internet, mais aussi ceux des générations futures, en veillant à ce qu’elles aient accès à des technologies modernes et soient préparées à la croissance continue de l’économie numérique », a déclaré Mustafa Yasiin Sheikh, directeur général du régulateur télécoms.

Avant cet atelier, la Somalie avait déjà adopté en février 2025 une stratégie nationale dédiée à l’IPv6. C’est dans ce cadre que le Centre national IPv6 a été mis en place. Installé au sein de la Jamhuriya University, ce centre doit servir de pôle de recherche et de formation, destiné à préparer une nouvelle génération d’experts en déploiement et en gestion de l’IPv6.

Ces efforts s’inscrivent dans un contexte où la précédente génération du protocole IP (IPv4), encore largement utilisée en Afrique, a atteint ses limites d’attribution en 2011. Lancé en 1981, IPv4 offre une capacité maximale d’environ 4,3 milliards d’adresses IP uniques. À l’inverse, IPv6 peut générer jusqu’à 340 trillions de trillions d’adresses, ce qui en fait une solution durable face à la demande croissante, tant pour les utilisateurs classiques que pour les objets connectés.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On vendredi, 12 juin 2026 11:51 Written by

La transformation numérique de l’administration congolaise franchit un nouveau cap avec l’émergence d’un système d’identité numérique national. Au cœur des réformes en cours, le RDC‑PASS ambitionne de structurer l’identification des citoyens et de faciliter l’accès aux services publics.

La République démocratique du Congo s’apprête à lancer le RDC‑PASS, son système national d’identification numérique. Le lancement officiel est prévu le samedi 13 juin à Kinshasa. Présenté comme un identifiant unique, sécurisé et gratuit, le projet sera dévoilé sous le haut patronage du président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, dans le cadre de la stratégie « RDC 2030 Digital Nation ».

Le dispositif vise à attribuer à chaque citoyen une identité numérique interopérable, appelée à être utilisée dans les services administratifs, financiers et sociaux. L’objectif est de réduire les lourdeurs administratives, de limiter la fraude documentaire et de faciliter l’accès aux services publics dans un pays où les systèmes d’identification restent encore fragmentés et inégalement accessibles.

Un projet structurant estimé à 97,1 millions de dollars 

Le développement du RDC‑PASS repose sur un investissement évalué à 97,1 millions de dollars, selon le ministère du Plan. Le projet s’inscrit dans un partenariat public‑privé signé en juin 2025 entre l’État congolais et Trident Digital Tech DRC Africa SAS, filiale du groupe singapourien Trident Digital Tech Holdings.

Ce partenariat, conclu sur une durée de 20 ans, confère à l’entreprise le rôle de fournisseur exclusif des services d’identification électronique (e‑KYC), reposant sur des technologies Web 3.0 et des mécanismes de vérification numérique avancés. Trident Digital Tech Holdings a par ailleurs indiqué avoir levé 2,6 millions de dollars, destinés à soutenir les premières phases de déploiement et la commercialisation du système sur le marché congolais.

À titre de comparaison, plusieurs pays africains ont engagé des programmes similaires à grande échelle. Le Nigeria, avec son système NIN, a déjà enrôlé des dizaines de millions de citoyens, tandis que le Kenya structure son écosystème autour de l’identité numérique via des services d’e‑gouvernement intégrés.

Une architecture basée sur l’identification sécurisée et les services intégrés 

Le RDC‑PASS repose sur quatre usages principaux. Il permettra l’authentification biométrique des cartes SIM afin de limiter les lignes téléphoniques frauduleuses, l’accès unifié aux plateformes d’e‑gouvernement via un identifiant unique, l’intégration d’un système d’e‑KYC automatisé pour les services financiers, et la délivrance d’une identité numérique sécurisée en complément des documents physiques.

Dans cette architecture, l’identifiant devient un point d’entrée central vers les services publics et privés, avec une logique d’interopérabilité entre administrations, opérateurs télécoms et institutions financières.

Une mise en œuvre progressive et des enjeux de souveraineté numérique 

Selon les autorités, le déploiement du système se fera par phases, avec des audits techniques, des tests pilotes et une montée en charge progressive après le lancement officiel. Mais les enjeux dépassent la seule dimension technique. La question de la souveraineté des données, de leur stockage et de leur gestion par un acteur privé étranger sur une durée de vingt ans reste centrale dans les débats autour du projet.

Un projet clé dans la stratégie numérique congolaise 

Le RDC‑PASS s’inscrit dans une enveloppe plus large annoncée par le gouvernement, estimée à 1 milliard de dollars pour le développement du numérique sur la période 2026‑2030. Dans ce cadre, l’identité numérique est considérée comme une infrastructure de base, au même titre que la connectivité ou les plateformes d’e‑gouvernement. Son succès dépendra toutefois de sa capacité à être adopté à grande échelle et à s’intégrer dans l’ensemble des services publics et privés du pays.

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 11 juin 2026 11:14 Written by

Au‑delà des outils de diagnostic, la révolution de l’intelligence artificielle dans la santé repose désormais sur la capacité à gérer et valoriser les données médicales. Le Maroc entend se positionner sur ce segment stratégique avant un déploiement vers d’autres marchés africains.

La course à l’intelligence artificielle dans la santé ne se joue plus uniquement sur les algorithmes ou les outils d’aide au diagnostic. Elle se déplace désormais vers un enjeu plus stratégique : la maîtrise des infrastructures capables d’héberger, de sécuriser et d’exploiter les données médicales à grande échelle.

C’est dans cette logique que s’inscrit le partenariat conclu la semaine dernière à Casablanca entre Mediot AI, filiale du groupe ABA Life, et Siemens Healthineers. Les deux entreprises ambitionnent de développer une nouvelle génération d’infrastructures médicales reposant sur l’intelligence artificielle, avec une première phase de déploiement au Maroc avant une extension progressive vers d’autres marchés africains.

L’accord couvre plusieurs domaines stratégiques, notamment les hôpitaux intelligents, l’interopérabilité des systèmes d’information hospitaliers, l’imagerie médicale assistée par l’IA, la maintenance prédictive des équipements biomédicaux ainsi que les plateformes de télémédecine. Au cœur du dispositif figure « Medifus Health Operating System », une plateforme développée par Mediot AI destinée à connecter les équipements médicaux, les données cliniques et les modèles d’intelligence artificielle au sein d’un environnement sécurisé.

Au‑delà de la dimension technologique, l’initiative répond à plusieurs défis structurels auxquels restent confrontés de nombreux systèmes de santé africains : la pénurie de personnels qualifiés, les inégalités territoriales dans l’accès aux soins et la faible exploitation des données médicales pour améliorer les parcours de santé.

Ces défis sont mis en évidence par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Dans son rapport « African Health Workforce Compact – Investment Case Analysis Report », publié en janvier 2026, l’institution estime que l’Afrique devra disposer de 6,1 millions de professionnels de santé supplémentaires pour atteindre la couverture sanitaire universelle et répondre aux besoins essentiels de sa population d’ici à 2030.

Dans ce contexte, les promoteurs du projet considèrent l’intelligence artificielle comme un levier susceptible de renforcer les capacités diagnostiques, d’améliorer la prise de décision clinique et de soutenir le développement de la télémédecine, notamment dans les zones insuffisamment couvertes par les infrastructures sanitaires traditionnelles.

Le choix du Maroc comme point de départ n’est pas anodin. Le royaume a multiplié ces dernières années les investissements dans la transformation numérique du système de santé, parallèlement à la généralisation progressive de la couverture médicale. Selon Siemens Healthineers, plus de 32 millions de Marocains bénéficient désormais d’une couverture maladie obligatoire, créant un environnement favorable à l’adoption de nouvelles technologies médicales.

L’initiative intervient également dans un contexte de montée en puissance des enjeux de souveraineté numérique et sanitaire. Les données de santé figurent parmi les informations les plus sensibles traitées par les administrations et les établissements hospitaliers. Le partenariat entre Mediot AI et Siemens Healthineers prévoit ainsi le développement d’environnements souverains destinés à l’hébergement sécurisé des données médicales et au déploiement de solutions d’intelligence artificielle.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 10 juin 2026 13:01 Written by

Trois ans après l’adoption de sa politique nationale sur l’intelligence artificielle, le Rwanda franchit une nouvelle étape dans la structuration de son écosystème numérique.

Le Rwanda renforce son dispositif institutionnel autour de l’intelligence artificielle. Le Conseil des ministres a approuvé le lundi 8 juin la création de l’Agence nationale de l’intelligence artificielle. Cette nouvelle structure aura pour mission d’accélérer le développement, l’adoption, l’investissement et la gouvernance de l’IA afin de soutenir la transformation numérique et la croissance économique du pays.

L’agence sera la première institution rwandaise entièrement dédiée à cette technologie. Elle devra notamment coordonner les initiatives publiques et privées, favoriser l’émergence de solutions basées sur l’IA et renforcer le cadre de gouvernance nécessaire à son déploiement dans des secteurs comme l’administration, la santé, l’éducation ou encore l’agriculture.

Cette décision s’inscrit dans la continuité de la politique nationale sur l’intelligence artificielle adoptée en 2023. À travers cette feuille de route, Kigali ambitionne de devenir l’un des principaux pôles africains de l’IA en misant sur le développement des compétences, la recherche, les infrastructures de données, l’investissement privé et l’innovation responsable.

L’annonce intervient également alors que le Rwanda accélère les investissements dans son écosystème technologique. Le programme Rwanda AI Scaling Hub, soutenu par plusieurs partenaires internationaux, bénéficie d’un financement d’environ 25 milliards de francs rwandais (près de 17 millions USD) visant à favoriser l’adoption de solutions d’intelligence artificielle dans l’économie et les services publics.

Au‑delà de la création d’une nouvelle administration, Kigali cherche surtout à consolider son avance sur un continent où la plupart des pays en sont encore au stade de la réflexion stratégique. Dès 2023, la ministre des TIC et de l’Innovation, Paula Ingabire, indiquait que près de 70 % de la politique nationale d’IA était consacrée au développement des compétences, considérées comme le principal levier pour bâtir une industrie locale capable de produire des solutions adaptées aux réalités africaines.

Cette orientation répond à un enjeu économique plus large. Selon l’UNESCO, le Rwanda fait encore face à des défis liés à la disponibilité des talents spécialisés, aux données d’entraînement et aux capacités de recherche. Le pays dispose néanmoins d’atouts importants, notamment un environnement réglementaire favorable à l’innovation numérique et une stratégie gouvernementale fortement orientée vers les technologies émergentes.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 10 juin 2026 10:45 Written by

Alors que les usages numériques progressent rapidement en RDC, Orange RDC plaide pour une accélération des investissements dans les réseaux, une fiscalité allégée sur les smartphones et un renforcement des compétences afin d’étendre l’accès au numérique à l’ensemble du territoire.

Faire de la République démocratique du Congo un hub technologique de référence en Afrique à l’horizon 2030. C’est l’ambition réaffirmée par Orange RDC lors d’une rencontre entre son directeur général, Brutus Sadou Diakite (photo), et le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda Kabangu. L’opérateur y a présenté les principaux axes de sa stratégie pour accompagner l’accélération de la transformation numérique du pays.

La feuille de route repose d’abord sur le renforcement des infrastructures. Orange RDC prévoit de poursuivre ses investissements dans l’extension de la fibre optique et l’amélioration de la qualité des réseaux mobiles. Cet enjeu reste central dans un pays où les défis de connectivité demeurent importants, notamment en dehors des grands centres urbains. L’opérateur estime qu’une meilleure couverture numérique du territoire constitue un préalable au développement des services numériques et de l’économie numérique.

L’accessibilité des équipements figure également parmi les priorités évoquées. Orange RDC plaide pour une réduction de la fiscalité appliquée aux smartphones ainsi qu’aux équipements réseau. Selon l’entreprise, ces mesures pourraient favoriser l’adoption des services numériques, améliorer la couverture du territoire et soutenir les investissements nécessaires à l’augmentation des capacités de réseau.

L’opérateur met enfin l’accent sur le développement des compétences. Le groupe entend s’appuyer sur son expertise internationale pour contribuer à la formation des talents locaux dans les domaines du numérique et de l’innovation. L’objectif est de créer un vivier de compétences capable d’accompagner l’essor de nouveaux services et de soutenir la croissance de l’économie numérique congolaise.

Cette vision intervient dans un contexte de progression continue des usages numériques en RDC. Selon les données du secteur, le taux de pénétration des télécommunications a atteint 62 % tandis que celui de l’Internet s’élève à 33 %. Parallèlement, les revenus issus de l’Internet mobile représentent désormais plus de la moitié du chiffre d’affaires du marché télécoms, illustrant la montée en puissance des services numériques dans le pays.

Les autorités congolaises multiplient également les initiatives pour renforcer l’inclusion numérique. Début juin, le Fonds de développement du service universel a lancé les travaux de premiers sites pilotes de télécommunications dans le Kongo Central afin d’étendre la connectivité aux zones moins desservies. De son côté, Orange participe déjà à plusieurs projets d’extension de couverture, notamment à travers un partenariat avec Vodacom visant à connecter des millions d’habitants supplémentaires dans les régions rurales.

Pour Orange RDC comme pour les pouvoirs publics, la construction d’un hub technologique congolais ne reposera pas uniquement sur les infrastructures. Elle passera également par la démocratisation de l’accès aux terminaux, le développement des compétences numériques et l’amélioration de la connectivité sur l’ensemble des 145 territoires du pays.

Samira Njoya

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Posted On mardi, 09 juin 2026 14:31 Written by
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