Face à la concurrence mondiale autour de l’intelligence artificielle, la Chine multiplie les initiatives pour se positionner en Afrique. À travers de nouveaux dispositifs, le pays cherche à identifier des talents et des solutions capables de soutenir la transformation numérique du continent.

La Chine a annoncé le vendredi 24 avril le lancement d’un concours international dédié à l’intelligence artificielle. L’initiative s’inscrit dans la célébration des 70 ans de relations diplomatiques entre la Chine et plusieurs pays africains. Elle vise à valoriser les jeunes talents africains ainsi que des solutions technologiques innovantes issues du continent.

Porté par le Secrétariat du Forum sur la coopération sino‑africaine (FOCAC), ce programme traduit une volonté de Pékin de prospecter les écosystèmes africains de l’innovation, dans un contexte où l’intelligence artificielle s’impose comme un levier stratégique de transformation économique et de compétitivité internationale.

La compétition vise à identifier des projets capables d’apporter des réponses concrètes aux défis de développement du continent, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’industrie, de la recherche scientifique et des services publics. L’accent est mis sur des solutions à fort impact, susceptibles d’être intégrées dans des dynamiques de transformation numérique à plus grande échelle.

Au‑delà de la compétition, l’initiative ambitionne de servir de plateforme d’exposition internationale pour les innovateurs africains. Les projets retenus bénéficieront d’une visibilité accrue, d’une publication dans un recueil international et d’un accompagnement vers des opportunités de collaboration avec des acteurs de l’écosystème technologique chinois.

Les lauréats seront également invités à participer à une immersion en Chine, destinée à renforcer les échanges entre porteurs de projets africains et experts de l’intelligence artificielle. Cette démarche vise à favoriser le transfert de compétences et la création de partenariats dans un secteur en pleine structuration.

Le concours est ouvert aux étudiants, chercheurs, entrepreneurs et professionnels du numérique issus du continent africain. Aucune structure formelle n’est exigée, l’évaluation étant centrée sur la pertinence des idées, leur caractère innovant et leur potentiel d’impact.

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 29 mai 2026 via le lien : https://ecnxdbgxnkac.feishu.cn/share/base/form/shrcnOZjhi7LTFB6eLAFb6ej5Ve

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 30 avril 2026 10:48 Written by

La Guinée multiplie les efforts en vue d’une amélioration de la connectivité Internet pour soutenir la transformation numérique. Le pays veut par exemple se connecter à un second câble sous‑marin.

Les autorités guinéennes veulent doubler la capacité de la dorsale nationale de fibre optique (backbone). L’initiative permettra à l’infrastructure d’absorber la croissance rapide du trafic Internet et d’éviter les risques de saturation qui pourraient entraîner une dégradation de la qualité de service, notamment des lenteurs et des interruptions.

Le projet a été examiné lors de la réunion de cabinet du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation du lundi 27 avril. La Société de gestion et d’exploitation du backbone national (SOGEB) a indiqué que les études préparatoires avancent en vue de sa mise en œuvre.

Ce projet de doublement de la capacité intervient dans un contexte de transformation numérique marqué par une hausse rapide des usages. Le trafic Internet mobile est passé de 23,98 millions de gigabytes (GB) au deuxième trimestre 2021 à 118,86 millions GB à la même période en 2025, selon les données du régulateur télécoms. Sur la même période, le nombre d’abonnés Internet mobile est passé de 6,6 millions à 8,3 millions.

Par ailleurs, le pays a engagé des discussions pour se connecter à un second câble sous‑marin de fibre optique. Cette initiative vise à renforcer la résilience de l’infrastructure numérique nationale tout en augmentant la capacité internationale afin de mieux répondre à la demande croissante. La Guinée explore également des solutions satellitaires pour améliorer la couverture et sécuriser l’accès à Internet dans les zones moins bien desservies.

Dans ce contexte, le renforcement de la dorsale vise à accompagner la transformation numérique en cours en garantissant une connectivité plus stable, plus rapide et plus fiable. En réduisant les risques de congestion du réseau, il doit permettre d’améliorer durablement la qualité de service pour les usagers, aussi bien particuliers que entreprises.

Les particuliers peuvent utiliser des services comme la maison connectée, l’Internet des objets, le télétravail, le streaming ou l’e‑learning. Les entreprises pourront, de leur côté, s’appuyer sur une infrastructure plus robuste pour développer leurs activités numériques, accélérer leur digitalisation et déployer des solutions gourmandes en bande passante comme le cloud, les services en ligne, le commerce électronique ou encore les applications métiers en temps réel.

Au‑delà de ces usages, ce renforcement vise à structurer et dynamiser l’écosystème numérique guinéen. Il crée de meilleures conditions de développement pour les jeunes entreprises du numérique. En Afrique, l’absence d’une connectivité fiable et abordable est souvent considérée comme l’un des principaux freins à la croissance des start‑up. Elle limite leur capacité à attirer des investisseurs et freine le développement de nouveaux services. Elle réduit également leurs possibilités d’innovation et leur capacité à élargir leur clientèle, aussi bien au niveau national qu’international.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 30 avril 2026 10:30 Written by

Alors que l’exposition des enfants aux plateformes numériques s’intensifie, le Rwanda renforce sa stratégie de protection en ligne. Le pays rejoint plusieurs États africains qui cherchent à mieux réguler l’usage des réseaux sociaux chez les mineurs face aux enjeux éducatifs et sociaux.

Le gouvernement rwandais envisage de renforcer l’encadrement de l’usage des réseaux sociaux par les mineurs. La ministre des TIC et de l’Innovation, Paula Ingabire, a déclaré le mercredi 29 avril que la loi en préparation vise à interdire l’accès aux plateformes numériques aux enfants de moins de 16 ans, dans un contexte de préoccupations croissantes liées aux contenus en ligne et à leurs effets sur le développement des plus jeunes.

La future réglementation viserait à empêcher les mineurs de créer des comptes ou d’accéder à des contenus sur des réseaux tels que Facebook, Instagram ou encore YouTube. La mise en œuvre reposerait sur une collaboration entre les fournisseurs d’accès à Internet, les plateformes numériques et les parents, avec en perspective l’appui d’un système national d’identification numérique pour vérifier l’âge des utilisateurs.

Selon la ministre, cette démarche repose sur des constats précis. Une étude nationale révèle que 46 % des écoliers accèdent déjà aux services numériques via des téléphones mobiles, souvent sans encadrement parental. Dans le même temps, 30 à 35 % des élèves déclarent être confrontés à des difficultés liées à l’usage des réseaux sociaux, notamment des troubles de l’attention ou des formes d’anxiété associées à la consommation de contenus en ligne.

Cette initiative ne constitue pas une mesure isolée. Elle s’appuie sur un cadre réglementaire déjà existant, notamment la politique nationale de protection de l’enfance en ligne adoptée en 2025, qui prévoit le renforcement de la surveillance des contenus numériques et la collaboration avec les fournisseurs d’accès et les plateformes pour limiter les contenus préjudiciables. Le pays dispose par ailleurs d’un arsenal juridique incluant des lois sur la cybersécurité et la protection des données, avec des dispositions spécifiques pour les mineurs de moins de 16 ans.

Une dynamique qui s’accélère en Afrique

Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large observée sur le continent, où plusieurs États cherchent à mieux réguler l’accès des mineurs aux plateformes numériques. Au Gabon, les autorités ont récemment annoncé l’introduction d’une réglementation imposant un âge minimum de 16 ans pour l’accès aux réseaux sociaux, accompagné de mécanismes d’identification renforcés. Le Zimbabwe étudie également des restrictions similaires visant les moins de 18 ans, tandis que le Nigeria a lancé des consultations publiques en vue d’introduire des limitations d’âge sur les plateformes.

D’autres pays, comme l’Égypte, ont engagé des réflexions réglementaires pour mieux protéger les enfants face à la montée des contenus jugés nocifs sur les réseaux sociaux. Ces initiatives s’inscrivent dans les efforts de coordination portés notamment par l’Union africaine pour renforcer la sécurité des enfants en ligne.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 30 avril 2026 07:46 Written by

Face aux mutations technologiques dans le secteur médical, la formation des professionnels de santé évolue vers des modèles plus interactifs. L’objectif est de combiner compétences pratiques et maîtrise des outils numériques pour répondre aux nouveaux besoins des systèmes de santé.

Le département de pharmacie de l’Université d’Abomey-Calavi a mis en service, le lundi 27 avril, un centre de simulation dédié à la formation pratique des étudiants en sciences pharmaceutiques. Baptisé « Pharm Expérience », ce dispositif vise à rapprocher l’apprentissage académique des conditions concrètes d’exercice en officine et en milieu hospitalier.

Le centre repose sur une architecture technologique en deux volets complémentaires. Il comprend une salle de dispensation reproduisant une officine moderne et une salle de cours équipée d’outils numériques interactifs. Un système de caméras et de visioconférence permet de suivre en temps réel les scénarios pratiques et jeux de rôle réalisés en simulation, offrant aux étudiants une immersion pédagogique renforcée.

Une approche pour anticiper la solution « e‑pharmacie »

Pour les autorités universitaires, cette innovation vise à élever les standards d’apprentissage en rapprochant la théorie des exigences professionnelles du terrain. Le Prof. Habib Ganfon (photo, au centre), vice-doyen de la pharmacie, souligne que l’ambition est de placer l’apprenant au cœur de la dynamique de changement technologique en cours dans le secteur.

Le centre servira également de base pour familiariser les futurs praticiens avec la solution numérique « e‑pharmacie », actuellement en phase de concrétisation au niveau national. L’objectif est de créer un maillage technologique permettant aux étudiants de maîtriser les outils numériques de gestion pharmaceutique avant leur déploiement généralisé.

Une tendance continentale vers la numérisation de la pharmacie

Au-delà du cas béninois, le développement de solutions numériques dans le secteur pharmaceutique s’accélère sur le continent. Plusieurs pays africains explorent ou encadrent déjà les modèles de pharmacie en ligne et de distribution numérisée des médicaments, dans un contexte marqué par des défis persistants de chaîne d’approvisionnement et d’accès aux produits essentiels.

Selon le rapport « La pharmacie en ligne en Afrique : panorama des réglementations et opportunités d’action » publié en 2023 par le cabinet Salient, cinq pays africains – le Ghana, le Kenya, le Nigeria, le Rwanda et l’Afrique du Sud – ont déjà adopté des cadres réglementaires ou des directives encadrant les pharmacies en ligne. Le Ghana est allé plus loin en mettant en place une pharmacie électronique nationale pilotée par l’État.

Samira Njoya

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Posted On mercredi, 29 avril 2026 09:57 Written by

Le Cameroun a récemment mis en œuvre un nouveau mécanisme de collecte des droits de douane sur les téléphones et terminaux numériques. Moins d’un mois après le lancement effectif, ce dispositif automatisé produit déjà ses premiers résultats.

Au Cameroun, la régulation du marché des terminaux numériques franchit une nouvelle étape. Le ministère des Finances a annoncé l’entrée en vigueur effective d’un mécanisme électronique de collecte des droits de douane sur les téléphones, tablettes et autres équipements connectés. En moins d’un mois, le système a déjà permis d’identifier près de 700 000 nouveaux appareils connectés au réseau local sans dédouanement préalable, mettant en évidence l’ampleur des circuits informels dans ce segment en forte croissance.

Dans un communiqué publié le lundi 27 avril, le ministre des Finances Louis Paul Motaze précise que ce dispositif, opérationnel depuis le 1er avril 2026, repose sur l’identification des terminaux via leur numéro IMEI. Ce procédé permet de croiser les données issues des réseaux des opérateurs télécoms avec celles de l’administration douanière, afin de détecter en temps réel les équipements introduits sur le territoire en dehors des circuits officiels.

L’enjeu est d’autant plus important que le marché camerounais des smartphones connaît une expansion rapide, portée par la démocratisation des usages numériques et la baisse progressive du coût des terminaux d’entrée de gamme. Dans ce contexte, une part significative des appareils échappe encore au contrôle fiscal, notamment en raison des importations informelles et du commerce transfrontalier non déclaré, privant l’État de ressources importantes.

Pour accompagner la mise en œuvre de la réforme, les autorités ont instauré une phase transitoire. Les importateurs et utilisateurs d’appareils non conformes disposent d’un délai de grâce jusqu’au 30 avril pour régulariser leur situation sans pénalité. Durant cette période, le blocage automatique des terminaux a été suspendu afin de favoriser la sensibilisation et d’éviter une rupture brutale dans l’usage des services mobiles.

Passé ce délai, les équipements identifiés comme issus de la contrebande seront bloqués sur l’ensemble des réseaux nationaux, sans préavis supplémentaire. Cette mesure vise à renforcer la discipline sur le marché, mais aussi à instaurer un signal dissuasif à l’égard des circuits d’importation illégaux qui continuent de prospérer en marge des circuits formels.

Au-delà de la mobilisation des recettes douanières, les autorités inscrivent cette réforme dans une approche plus large de sécurisation et de structuration de l’écosystème numérique. La traçabilité accrue des terminaux permet en effet de mieux encadrer leur circulation, de limiter l’usage d’équipements contrefaits ou non homologués et de renforcer, à terme, la sécurité des réseaux et des utilisateurs.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 29 avril 2026 09:07 Written by

Au Burkina Faso, la montée en puissance des usages numériques contraste avec un manque de profils qualifiés dans les métiers du numérique. Alors que des millions d’emplois exigeront des compétences numériques en Afrique d’ici 2030, le pays explore de nouveaux partenariats pour accélérer la formation.

La ministre burkinabè de la Transition digitale, Aminata Zerbo/Sabane (photo, à droite), a échangé le jeudi 28 avril à Bobo-Dioulasso avec Natalia Krasovskaia (photo, à gauche), directrice exécutive du Centre de diplomatie publique russe. Cette rencontre, tenue en marge de la 22e édition de la Semaine nationale de la culture, avait pour objectif d’explorer des projets de formation dans des domaines clés comme la cybersécurité et l’intelligence artificielle.

Les deux parties ont évoqué la mise en place de programmes de formation au profit des jeunes Burkinabè. Selon le ministère, une première initiative est déjà déployée à Ouagadougou, où un programme d’enseignement est mis en œuvre dans un lycée régional en partenariat avec une université de Novossibirsk. L’objectif est de former des profils opérationnels, alors que la demande en compétences numériques progresse, portée par la numérisation des services et des entreprises.

D’autres pistes de collaboration sont à l’étude, notamment avec un institut polytechnique privé, afin de renforcer la formation des cadres. Pour le gouvernement, l’enjeu est de structurer une offre locale de compétences capable de soutenir la transformation numérique et de réduire la dépendance à l’expertise étrangère.

Ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenariats du Burkina Faso, avec un accent croissant sur les secteurs technologiques. À travers ce type d’initiatives, les autorités cherchent à jeter les bases d’un écosystème numérique autonome et mieux adapté aux besoins du marché.

Cette collaboration intervient dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans le secteur technologique en Afrique. Selon le rapport Foresight Africa 2025–2030 du Brookings Institution, près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Le document anticipe également jusqu’à 650 millions d’opportunités de formation, pour un marché estimé à environ 130 milliards de dollars.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 29 avril 2026 08:38 Written by

Les autorités tchadiennes font du numérique un levier central de transformation et entendent en généraliser l’usage. Cette dynamique implique néanmoins un encadrement renforcé afin de prévenir les dérives.

Le gouvernement tchadien a engagé une actualisation de son cadre juridique du numérique afin de l’adapter à l’évolution rapide des technologies et des usages. Un comité de 34 membres a été officiellement installé à N’Djamena le lundi 27 avril par le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration, Haliki Choua Mahamat (photo).

Le ministre a souligné que les textes en vigueur sont devenus obsolètes face aux mutations du secteur numérique, en appelant à des réformes rapides et efficaces. Le comité dispose de 45 jours pour proposer des textes modernisés, concrets et directement applicables.

S’appuyant sur les travaux déjà réalisés, notamment ceux de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), la mission consistera à harmoniser et moderniser l’ensemble des dispositions existantes afin de doter le pays d’un cadre juridique plus adapté aux enjeux actuels du numérique.

La mise en place du comité intervient quelques mois après que Boukar Michel, ancien ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration publique, a annoncé que le pays élaborait un Code du numérique. Celui-ci intègre les normes internationales en matière de cybersécurité, de protection des données et de gouvernance de l’Internet, dotant ainsi le Tchad d’un cadre juridique moderne, conforme aux meilleures pratiques mondiales.

En octobre 2025, l’Assemblée nationale du Tchad a ratifié une ordonnance prise plus tôt dans l’année modifiant un article de la loi de 2014 sur la régulation des communications électroniques et des activités postales. Le texte vise à moderniser le cadre juridique du secteur, à favoriser la concurrence, à améliorer la couverture des réseaux et à renforcer la souveraineté numérique du pays.

Ces efforts s’inscrivent dans un contexte marqué par une accélération croissante de la transformation numérique, avec l’émergence de nouvelles technologies et de nouveaux usages. L’intelligence artificielle (IA), par exemple, s’impose progressivement dans de nombreux usages numériques, mais elle soulève aussi des défis majeurs. En l’absence de règles claires, elle peut être utilisée pour la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, la création de contenus trompeurs (deepfakes) ou encore la facilitation d’arnaques en ligne de plus en plus sophistiquées.

D’autres technologies comme le cloud computing, la blockchain ou encore l’essor des plateformes numériques accentuent également les enjeux de cybersécurité et de protection des données. Le vide juridique actuel peut ainsi exposer les utilisateurs, les entreprises et les institutions à des risques accrus de cyberattaques, de fraude numérique ou d’exploitation abusive des données personnelles.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 28 avril 2026 12:23 Written by

Avec cette infrastructure, le Sénégal amorce une transformation de son enseignement supérieur, désormais appelé à jouer un rôle central dans la production d’innovation. L’enjeu est de faire des universités des hubs capables de générer des solutions technologiques, des start-up et des emplois.

Le Sénégal a inauguré, mardi 27 avril à Diamniadio, le premier Pôle universitaire d’innovation et de technologie (UniPod), en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). L’initiative a été officialisée par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, ainsi que le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique Alioune Sall (photo, à droite).

Implanté au sein de l’Université Amadou Mahtar Mbow, ce premier UniPod est conçu comme un espace de co-création réunissant étudiants, chercheurs, start-up et acteurs du secteur privé. Il intègre des infrastructures de prototypage et d’expérimentation technologique, destinées à favoriser le développement de solutions numériques dans des secteurs clés comme la santé, l’agriculture ou l’éducation. Le site de Diamniadio doit également accueillir un hub EdTech panafricain, renforçant son rôle dans l’écosystème régional de l’innovation.

Ce lancement s’inscrit dans le programme « Sénégal Digital Factory », qui prévoit la mise en place d’un réseau national de pôles d’innovation. Dans cette dynamique, d’autres structures similaires sont annoncées à Ziguinchor et à Saint-Louis, avec l’objectif d’étendre cette logique sur l’ensemble du territoire et de réduire les déséquilibres régionaux en matière d’accès aux infrastructures technologiques.

Au-delà des infrastructures, l’ambition des autorités est de repositionner les universités comme des acteurs centraux de la production économique. Il s’agit de transformer les établissements d’enseignement supérieur en véritables viviers d’innovation, capables de générer des solutions pour les administrations publiques et le secteur privé, mais aussi de devenir des incubateurs d’entrepreneurs et de startups technologiques.

Cette orientation s’inscrit dans le cadre de la stratégie « Sénégal 2050 » et du « New Deal technologique », qui font de l’innovation un levier de croissance et de souveraineté technologique. Le gouvernement vise notamment la création de plus de 500 start-up technologiques labellisées et environ 150 000 emplois directs dans les prochaines années.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 28 avril 2026 07:56 Written by

À l’approche des JOJ, les besoins en infrastructures numériques s’intensifient au Sénégal. Le gouvernement mise sur la formation au cloud computing pour disposer de compétences locales capables de soutenir l’événement.

Le Sénégal prévoit de former une centaine d’ingénieurs et plusieurs milliers de jeunes aux métiers du cloud computing, dans la perspective des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026. Cette annonce a été faite par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique Alioune Sall et relayée le vendredi 24 avril par l’Agence sénégalaise de presse (APS).

Le projet s’appuie sur un partenariat avec le groupe chinois Alibaba Group, mobilisé pour accompagner la mise en place d’un cloud souverain. Cette infrastructure doit permettre d’héberger les données critiques des JOJ, avec des exigences élevées en matière de disponibilité et de capacité d’adaptation à la demande. Elle servira également de support à un programme de formation destiné à doter le pays de compétences locales capables d’assurer, à terme, l’exploitation et la maintenance des systèmes.

« La formation va débuter incessamment, elle n’a pas encore démarré parce que nous venons juste de finir le déploiement des infrastructures physiques dans les Datacenters. Nous avons reçu le matériel, il a été installé, testé par des ingénieurs sénégalais et des ingénieurs chinois qui travaillent chez Alibaba pour vérifier l’aspect mirroring et les redondances », a annoncé le ministre.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des préparatifs des Jeux olympiques de la jeunesse, prévus à Dakar du 31 octobre au 13 novembre 2026, une première sur le continent africain. Au-delà des infrastructures sportives, l’événement nécessite la mise en place de systèmes numériques robustes, notamment pour la gestion des données, des accréditations ou encore des services administratifs. Les autorités indiquent par ailleurs que plusieurs applications numériques sont en cours de finalisation, notamment pour faciliter les procédures d’entrée sur le territoire ou la gestion des flux de visiteurs.

Le projet s’inscrit plus largement dans la stratégie du New Deal technologique, feuille de route numérique du pays lancée en 2025 pour positionner le Sénégal comme un hub digital régional. Cette stratégie met notamment l’accent sur la souveraineté des données, la formation aux métiers du numérique et le développement d’une économie digitale compétitive. Elle prévoit notamment la formation de 100 000 diplômés dans le domaine numérique, avec 90 % d’experts certifiés, ainsi que l’hébergement de 100 % des données sensibles au Sénégal.

Au-delà de l’échéance des JOJ, l’enjeu est de capitaliser sur ces investissements pour structurer un écosystème numérique durable. En formant des ingénieurs et des techniciens spécialisés, le Sénégal entend réduire sa dépendance aux expertises étrangères et poser les bases d’une infrastructure numérique maîtrisée localement, capable de soutenir le développement de nouveaux services et d’attirer des investissements technologiques.

Samira Njoya

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Posted On mardi, 28 avril 2026 07:42 Written by

En Afrique, la demande en solutions numériques pour la transformation digitale est en pleine croissance. Cette dynamique crée des opportunités pour les fournisseurs locaux comme internationaux.

La société technologique américaine Oracle prépare le lancement de ses services cloud au Kenya. Ces services permettront aux administrations, entreprises et particuliers d’utiliser des applications et de stocker des données directement en ligne, via des serveurs Internet, sans dépendre d’un support local.

Une délégation d’Oracle Corporation conduite par Annick Sakho, responsable des affaires gouvernementales pour l’Afrique, a rencontré la semaine dernière le ministre de l’Information, de la Communication et de l’Économie numérique, William Kabogo Gitau. Cette réunion s’inscrit dans le cadre des efforts de coopération des autorités kényanes pour soutenir la transformation numérique en cours.

Il en ressort que les services Oracle Cloud devraient être commercialement disponibles dans les prochains mois. Cette infrastructure cloud offrira des capacités intégrées de bout en bout pour soutenir des opérations efficaces et fiables, stimuler l’innovation et permettre une transition au-delà des solutions de type « software-as-a-service (SaaS) » vers des solutions numériques plus complètes.

Oracle prépare son entrée sur le marché kényan du cloud, dans un contexte de transformation numérique marqué par une demande croissante de solutions digitales. Dans ce cadre, le gouvernement kényan considère l’adoption du cloud computing comme une priorité stratégique, destinée à stimuler l’innovation, améliorer la prestation des services et optimiser l’utilisation des ressources au sein des administrations et des organisations.

Selon la « Kenya Cloud Policy » adoptée en 2024, le cloud computing présente plusieurs avantages clés. Il permettrait notamment de réduire les coûts liés aux infrastructures et à la maintenance, tout en renforçant l’efficacité et la réactivité des services. La politique souligne également son rôle dans l’accélération de l’innovation, la sécurisation des données, l’amélioration de la scalabilité des systèmes et le renforcement de la collaboration interinstitutionnelle. Enfin, le cloud est perçu comme un levier d’ouverture internationale, en facilitant la circulation et l’échange transfrontaliers des données.

Un rapport de la firme Telecom Advisory Services LLC, publié en septembre 2023, indique un taux d’adoption du cloud de 26 % par les organisations au Kenya, contre 49 % en Europe de l’Est et en Amérique du Nord. Le document ajoute qu’en 2021, l’impact de l’adoption du cloud sur l’économie kényane s’élevait à 12,9 milliards de shillings (≈ 100 millions $), soit 0,08 % du PIB. Ce montant pourrait atteindre 1400 milliards de shillings d’ici 2033, soit 0,56 % du PIB.

Ces perspectives offrent des opportunités pour Oracle, qui poursuit son expansion en Afrique dans le cloud. L’entreprise opère déjà dans 51 régions réparties dans 26 pays, avec une présence encore limitée à l’Afrique du Sud sur le continent. Elle prévoit toutefois d’étendre son empreinte avec le lancement de nouvelles régions cloud au Maroc et au Kenya. 

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 28 avril 2026 07:27 Written by
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