Face à la transformation numérique, désormais au cœur des priorités des pays africains pour soutenir leur développement, ceux-ci misent sur la coopération régionale et internationale afin d’accélérer la réalisation de leurs ambitions.
Le Malawi souhaite tirer parti de l’expertise du Ghana pour accélérer sa transformation numérique. Cet intérêt a été exprimé en marge du Mobile World Congress 2026, organisé à Barcelone du lundi 2 au vendredi 5 mars, qui a réuni des délégations gouvernementales ainsi que des acteurs du numérique du monde entier.
Le ministre de l’Information et de la Numérisation du Malawi, Shadric Namalomba (photo, à droite), a invité son homologue ghanéen, Samuel Nartey George (photo, à gauche), à conclure un accord bilatéral visant à reproduire au Malawi les réussites du Ghana en matière d’innovation numérique.
Dans une interview exclusive accordée à Techfocus24 après cette rencontre et relayée par son ministère, Sam George a précisé que le Malawi souhaite un appui dans plusieurs domaines, notamment la fintech, les systèmes d’identification numérique, la connectivité du dernier kilomètre, l’énergie pour la connectivité rurale, l’e-gouvernement, les environnements de travail intelligents, l’agritech, l’edutech, la healthtech et les systèmes intégrant l’intelligence artificielle.
Le ministre a indiqué qu’il conduirait prochainement une délégation de 15 à 20 entreprises technologiques ghanéennes au Malawi afin d’aider au déploiement de solutions d’identification nationale, de services fintech et de portails d’e-gouvernement, entre autres. « Pour commencer, je leur partagerai une copie de nos législations révisées afin qu’ils puissent s’en inspirer et les adapter à leurs besoins. Je leur transmettrai également notre stratégie en matière d’IA pour qu’ils puissent s’appuyer dessus », a-t-il expliqué.
Ce rapprochement intervient alors que le Malawi ambitionne, comme de nombreux pays africains, de faire du numérique un levier de développement socio-économique inclusif. Par exemple, le projet Digital Malawi, soutenu par la World Bank, vise à poser les bases d’une économie, d’une société et d’une administration publiques appuyées sur le numérique, afin d’élargir l’accès aux services et d’améliorer la qualité de vie de l’ensemble des citoyens.
« Au-delà des investissements dans les infrastructures à haut débit et dans d’autres catalyseurs numériques, il est tout aussi essentiel d’investir dans des facteurs complémentaires non numériques, tels que le leadership dans le domaine du numérique, un cadre réglementaire favorable, des institutions garantes de la redevabilité ainsi que le développement des compétences numériques appropriées », peut-on lire sur le site du gouvernement.
Pour l’instant, le Malawi se classe 163e à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations Unies (EGDI), avec un score de 0,3753 en 2024, en dessous des moyennes en Afrique australe, en Afrique et dans le monde. Le pays a également obtenu un score de 35 sur 100 à l’Indice de développement des TIC 2025 de l’International Telecommunication Union (UIT), avec notamment un taux de pénétration d’Internet estimé à 18 %.
En matière de cybersécurité, le Malawi se classe au troisième palier (Tier 3) sur cinq selon l’indice dédié de l’UIT en 2024. Il obtient des résultats jugés relativement bons pour le cadre réglementaire et les mesures organisationnelles, mais doit encore progresser sur les mesures techniques, le développement des capacités et la coopération.
Le Ghana, de son côté, est classé au premier palier, celui des pays considérés comme des modèles en matière de cybersécurité. Dans l’EGDI, il occupe la 108e place mondiale avec un score de 0,6317 sur 1, supérieur aux moyennes de l’Afrique de l’Ouest et du continent, mais légèrement inférieur à la moyenne mondiale. Avant le Malawi, la Zambie avait récemment manifesté son intérêt pour l’expertise ghanéenne en matière de transformation numérique.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Alors que les menaces informatiques se multiplient et que le pays figure parmi les plus exposés aux attaques numériques, l’Algérie entend renforcer sa souveraineté numérique, la sécurisation des systèmes d’information devenant un enjeu central pour préserver les données publiques et la stabilité des services essentiels.
L’Agence de sécurité des systèmes d’information du ministère de la Défense nationale a dévoilé, mardi 3 mars, la Stratégie nationale 2025‑2029 pour la sécurité des systèmes d’information. Validé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ce document cadre vise à structurer la riposte de l’État face à l’escalade des menaces cyber et à renforcer la résilience numérique du pays.
Cette feuille de route s’articule autour de plusieurs piliers, notamment la consolidation des capacités techniques, l’optimisation de la coordination interinstitutionnelle ainsi que la prévention et la gestion des crises numériques. Un accent particulier est également mis sur la sensibilisation des administrations et des citoyens.
Selon le ministère de la Défense, l’objectif est triple : protéger les infrastructures critiques, sécuriser les données étatiques sensibles et garantir la continuité du service public dans un contexte de transformation digitale accélérée. Plus largement, la stratégie entend préserver la souveraineté numérique et restaurer la confiance dans l’environnement digital national.
L’initiative intervient dans un climat de cybercriminalité soutenue. D’après le groupe Kaspersky, l’Algérie a été la cible de plus de 70 millions de cyberattaques en 2024. Sur la même période, plus de 13 millions de tentatives de phishing et près de 750 000 pièces jointes malveillantes ont été neutralisées — illustrant l’ampleur de la pression cyber.
Sur le plan institutionnel, le pays demeure au stade « établissement » (T3) en matière de cybersécurité, selon la 5ᵉ édition du Global Cybersecurity Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications. Ce classement traduit un engagement structuré mais encore en phase de consolidation, soutenu par des actions gouvernementales.
Au‑delà des considérations sécuritaires, le renforcement du dispositif cyber s’impose comme un impératif économique. À l’échelle mondiale, la cybercriminalité représente un coût annuel estimé à plusieurs milliers de milliards de dollars. Dans ce contexte, la stratégie 2025‑2029 se positionne comme un levier destiné à sécuriser l’expansion de l’économie numérique algérienne et à protéger ses investissements digitaux.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’essor de l’intelligence artificielle générative facilite la création de contenus manipulés, notamment les deepfakes. En Afrique, où la régulation numérique demeure fragmentée, la protection des mineurs devient un enjeu prioritaire pour les États et les régulateurs.
À mesure que les câbles sous-marins se multiplient et que la 4G puis la 5G progressent sur le continent, une génération entière s’installe dans l’univers numérique. Cette connectivité constitue un levier majeur de développement économique, éducatif et social. Elle expose cependant des millions de mineurs à des menaces nouvelles, plus sophistiquées et plus difficiles à détecter.
Selon les estimations conjointes de l’Union internationale des télécommunications et de l’Union africaine, environ 40 % des jeunes Africains âgés de 15 à 24 ans ont aujourd’hui accès à Internet. Ce chiffre, en progression constante, souligne un double impératif : accélérer l’inclusion numérique tout en renforçant les mécanismes de protection.
L’IA générative, nouvelle frontière des violences numériques
L’intelligence artificielle générative modifie profondément la nature des atteintes visant les enfants en ligne. Le cyberharcèlement ne se limite plus aux insultes ou à la diffusion d’images réelles : il peut désormais reposer sur des contenus entièrement fabriqués. Des applications accessibles au grand public permettent de créer de fausses images intimes, de cloner une voix ou de manipuler une vidéo à partir d’une simple photographie.
En 2023, l’Internet Watch Foundation a signalé pour la première fois l’apparition d’images d’abus sexuels d’enfants entièrement générées par IA circulant sur Internet. L’organisation souligne que ces technologies abaissent considérablement les barrières techniques et compliquent l’identification des auteurs. INTERPOL reconnaît également que la sophistication croissante des deepfakes complique les enquêtes, rendant plus difficile la distinction entre contenus authentiques et images manipulées. Ces outils alimentent aussi des pratiques de « sextorsion », dans lesquelles des individus utilisent de faux contenus pour faire chanter des adolescents et leurs familles.
Des organisations de défense des droits de l’enfant signalent que les prédateurs peuvent par ailleurs utiliser l’IA pour analyser le comportement en ligne, l’état émotionnel et les centres d’intérêt d’un enfant afin d’adapter leur stratégie de manipulation.
Des cadres juridiques encore inadaptés
Face à cette évolution rapide, la réponse réglementaire demeure inégale. La Convention de Malabo adoptée par l’Union africaine établit un socle en matière de cybersécurité et de protection des données à caractère personnel. Toutefois, ce texte précède l’essor de l’intelligence artificielle et ne traite pas explicitement des contenus synthétiques visant des mineurs.
Dans plusieurs États africains, les lois sur la protection des données encadrent la collecte et le traitement des informations personnelles sans prévoir de dispositions spécifiques concernant la responsabilité des plateformes en cas de diffusion de deepfakes impliquant des enfants.
En Afrique du Sud, la Protection of Personal Information Act impose des obligations strictes en matière de traitement des données, y compris celles des mineurs. Néanmoins, comme dans de nombreux pays, le cadre reste centré sur la protection de la vie privée plutôt que sur la prévention proactive des contenus générés par IA.
Au Cameroun, une charte sur la protection des enfants en ligne adoptée en 2023 pose les bases d’une responsabilité partagée entre opérateurs télécoms, régulateurs et familles. La loi vise uniquement la protection des enfants âgés de moins de 18 ans. Elle n’assure donc pas la protection de tous les mineurs puisque la minorité légale au Cameroun est fixée à 21 ans.
Vers une gouvernance plus structurée de l’IA
La réflexion progresse toutefois au niveau continental et international. L’Union africaine a engagé des travaux sur une stratégie encadrant le développement et l’usage de l’intelligence artificielle, avec un accent sur l’éthique, la gouvernance des données et la souveraineté numérique. La question de la protection des enfants y apparaît progressivement comme un enjeu transversal, dans un continent où la population est la plus jeune du monde.
À l’échelle mondiale, l’UNICEF plaide pour une approche fondée sur le « Safety by Design », consistant à intégrer la sécurité et la protection des mineurs dès la conception des produits numériques. Cette démarche vise à anticiper les risques plutôt qu’à intervenir uniquement après la diffusion de contenus préjudiciables. L’organisation souligne que les enfants sont surexposés aux risques en ligne dans les contextes où la régulation, la modération en langues locales et les mécanismes de signalement restent insuffisamment développés.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les pays africains misent sur la coopération régionale et internationale pour accélérer la réalisation de leurs ambitions de transformation numérique, considérée comme un levier de développement socio-économique.
L’Afrique du Sud explore une coopération avec les Pays-Bas dans plusieurs domaines du numérique afin de stimuler l’innovation et de renforcer la protection des espaces en ligne. Les deux parties ont signé, à cet effet, un protocole d’accord le mardi 3 mars.
Cette initiative a été actée lors d’une réunion bilatérale entre Mondli Gungubele (photo, à gauche), vice-ministre sud-africain des Communications et des Technologies numériques, et une délégation de l’ambassade des Pays-Bas en Afrique du Sud. Les échanges ont porté sur le développement des compétences numériques, les technologies émergentes, l’intelligence artificielle (IA), la cybersécurité et la protection des enfants en ligne.
Ce rapprochement s’inscrit dans le cadre des efforts des pays africains pour accélérer leur transformation numérique, en intégrant les technologies numériques dans tous les secteurs de l’économie afin de soutenir le développement socio-économique.
L’Afrique du Sud reste toutefois l’un des leaders africains en matière de transformation numérique, notamment dans l’administration publique. Le pays a enregistré un score de 0,8616 sur 1 à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, se classant premier sur 54 pays africains et 40ᵉ sur 193 dans le monde, au-dessus de la moyenne mondiale de 0,6382.
En cybersécurité, l’Union internationale des télécommunications (UIT) classe le pays dans la deuxième catégorie de performance sur cinq. Ses mesures techniques, légales et de coopération sont jugées relativement satisfaisantes, avec le score maximal de 20 sur deux piliers, mais l’organisation souligne la nécessité de renforcer le développement des capacités et les mesures organisationnelles.
Les Pays-Bas, de leur côté, figurent au 10ᵉ rang mondial de l’EGDI 2024 avec un score de 0,9538 sur 1. En matière de cybersécurité, le pays est classé dans la première catégorie, considérée comme modèle à suivre, ayant obtenu le score maximal dans quatre des cinq piliers de l’indice UIT : légaux, techniques, organisationnels et de coopération. Pour le développement des capacités, il a obtenu 19,22 sur 20.
Si ces données illustrent l’expertise potentielle des Pays-Bas pour soutenir les ambitions sud-africaines, il convient de rappeler que les deux parties n’ont signé, pour l’instant, qu’un protocole d’accord. Celui-ci formalise la volonté de coopérer, mais ne garantit pas encore la concrétisation de projets dotés de financements et d’un calendrier clair. Il faudra donc observer les prochaines étapes pour en évaluer la portée réelle.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La protection des données personnelles constitue un chantier engagé depuis plus d’une décennie au Maroc. Mais l’essor rapide de l’IA et des usages numériques impose un renforcement des mécanismes de coopération et de régulation pour faire face à des risques plus complexes et transfrontaliers.
Le Maroc et le Portugal renforcent leur coordination face aux nouveaux défis du numérique. Les autorités nationales chargées de la protection des données personnelles des deux pays ont signé, le mercredi 25 février à Lisbonne, un mémorandum d’entente destiné à structurer leur coopération institutionnelle.
L’accord a été paraphé au siège de la Commission nationale de protection des données (CNPD) par sa présidente, Paula Meira Lourenço (photo, à droite), et par Omar Seghrouchni (photo, à gauche), président de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP). Le texte établit un cadre opérationnel visant à intensifier l’échange d’expertise technique et le partage d’informations.
IA et violences numériques au cœur des priorités
La coopération ciblera en priorité les enjeux liés à l’intelligence artificielle, à la manipulation d’images (deepfakes) et aux violences numériques. Ces phénomènes soulèvent des questions croissantes en matière de protection de la vie privée, de sécurité juridique et de régulation des usages numériques. Le mémorandum prévoit également des programmes de formation, des projets éducatifs et un partage de bonnes pratiques en matière de contrôle et d’application des cadres réglementaires, dans un contexte d’évolution rapide des technologies.
Cette initiative intervient alors que les deux pays connaissent une forte dynamique numérique. Au Maroc, le taux de pénétration d’Internet dépasse 92 % fin 2025 selon DataReportal, plaçant le pays parmi les marchés les plus connectés du continent africain. Le Portugal s’est, pour sa part, distingué par un taux élevé d’adoption de l’intelligence artificielle générative, selon une étude récente de Bain & Company. Le pays bénéficie en outre d’une expérience avancée dans l’application du Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne.
Un ancrage dans les réseaux régionaux
L’accord prévoit l’organisation de réunions bilatérales annuelles afin d’assurer un suivi structuré. Chaque institution mobilisera également ses réseaux internationaux : la CNPD s’appuiera sur le Réseau ibéro-américain de protection des données personnelles (RIPD) et le Réseau lusophone de protection des données personnelles (RLPD). La CNDP marocaine pourra, de son côté, activer le Réseau africain des autorités de protection des données personnelles (NADPA-RAPDP) ainsi que l’Association francophone des autorités de protection des données personnelles (AFAPDP).
Samira Njoya
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En RDC, de nouvelles directives présidentielles placent le numérique au cœur du débat national. Le pouvoir central affiche une volonté de redéfinir les règles d’usage des plateformes en ligne.
Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a instruit le gouvernement de renforcer l’encadrement des réseaux sociaux afin d’en prévenir les dérives. La directive a été donnée lors de la 80ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres tenue le vendredi 27 février à Kinshasa.
Le chef de l’État a chargé le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, ainsi que le ministre de l’Économie numérique, de proposer et de mettre en œuvre, en concertation avec les services concernés, des mesures destinées à promouvoir un usage responsable, éthique et rationnel des réseaux sociaux. Celles-ci pourraient inclure, le cas échéant, « des mesures restrictives proportionnées et conformes à la loi, tout en respectant les libertés fondamentales », selon le compte rendu lu par Augustin Kibassa Maliba, ministre de l’Économie numérique.
Cette mesure intervient dans un contexte d’adoption croissante des réseaux sociaux, parallèlement à l’expansion des services de télécommunications, notamment d’Internet. Selon la plateforme de données DataReportal, le nombre d’utilisateurs d’Internet est passé de 21,14 millions en 2021 à 34,7 millions début 2026, soit une progression de 64,1 %, pour un taux de pénétration estimé à 30,5 %. Sur la même période, le nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux est passé de 4 millions à 10,4 millions.
Les autorités congolaises estiment que « loin de servir exclusivement des finalités positives, les réseaux sociaux constituent de plus en plus des vecteurs de désinformation, de troubles à l’ordre public, de discours de haine, de manipulation de l’opinion et d’incitation à la division entre Congolais, portant ainsi atteinte à la cohésion nationale, à l’ordre public et à la stabilité sociale ».
Par ailleurs, cette décision intervient dans un contexte particulier marqué par des défis sécuritaires persistants dans plusieurs provinces du pays. La question sécuritaire figure parmi les sujets les plus débattus sur les réseaux sociaux.
Vulgariser et appliquer le Code du numérique
Au cœur de la communication présidentielle figure la nécessité de vulgariser et de faire appliquer le Code du numérique, adopté pour encadrer l’usage des plateformes digitales en RDC. Selon le chef de l’État, cet instrument juridique prévoit déjà des mécanismes de prévention, de régulation et de répression des abus en ligne, mais demeure insuffisamment connu et appliqué, tant par le public que par certains acteurs institutionnels.
La vulgarisation du Code du numérique ne concernera pas uniquement les citoyens. Le ministre de la Communication et Médias a été chargé, en collaboration avec les opérateurs publics et privés, d’assurer une sensibilisation continue du grand public à travers des campagnes pédagogiques. Les magistrats devront également être ciblés, sous la coordination du Conseil supérieur de la magistrature, afin de garantir une application cohérente et dissuasive des dispositions prévues.
Au-delà des mesures réglementaires, l’exécutif mise aussi sur l’éducation. Les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ont été engagés à intégrer progressivement des modules de formation et de sensibilisation au numérique responsable dans les programmes d’enseignement. Les enjeux liés aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle devront ainsi être pris en compte dans la formation des jeunes.
Un rapport détaillé sur l’exécution de l’ensemble de ces instructions, indiquant les actions entreprises, les résultats obtenus ainsi que les éventuelles difficultés rencontrées, devra être transmis par les ministres concernés tous les quinze jours, afin d’en permettre le suivi et l’évaluation. Il convient toutefois de rappeler que les dispositions précises de mise en œuvre restent, à ce jour, inconnues.
Isaac K. Kassouwi
Éditée par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte de développement rapide du paysage numérique, les autorités sénégalaises multiplient les initiatives pour s’adapter aux nouveaux défis du cyberespace. Une récente rencontre illustre cette volonté de mieux encadrer les usages en ligne et de renforcer la protection des citoyens.
Le directeur général adjoint de la Police nationale sénégalaise, le contrôleur général Abdoul Wahabou Sall, a reçu la semaine dernière une délégation de Meta Platforms, la maison-mère des plateformes de réseaux sociaux Facebook, WhatsApp et Instagram. L’objectif de la rencontre est d’explorer de nouveaux axes de coopération en matière de sécurité en ligne.
Les discussions ont notamment porté sur la protection des jeunes et des mineurs sur les réseaux sociaux, ainsi que le renforcement des mécanismes de collaboration opérationnelle entre les forces de l’ordre et l’entreprise américaine. « À cet égard, les représentants de Meta ont réaffirmé leur disponibilité à accompagner la Police nationale à travers des actions de renforcement de capacités », a indiqué la Police sénégalaise.
Ce partenariat devrait se concrétiser par des actions de renforcement de capacités destinées aux unités spécialisées, notamment la division spéciale de lutte contre la cybercriminalité. Des sessions de formation technique sur les outils et le portail dédié aux forces de l’ordre de Meta sont prévues afin d’améliorer la gestion des demandes judiciaires et le traitement des contenus signalés.
Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large observée en Afrique, où les États multiplient les partenariats avec les acteurs du numérique pour faire face à l’expansion rapide des usages en ligne. Dans un contexte de recrudescence des cyberarnaques, du harcèlement en ligne et de la diffusion de contenus illicites, les autorités sénégalaises s’efforcent d’adapter leurs méthodes d’enquête à un environnement numérique désormais au cœur des infractions.
Ces derniers mois, les institutions publiques ont elles aussi été ciblées par des attaques. En octobre, la plateforme des impôts a été piratée, suivie début février d’une cyberattaque visant le département de l’automatisation des fichiers (DAF), une agence qui s’occupe de la délivrance des cartes d’identité, des passeports et des données biométriques. L’attaque a provoqué la suspension temporaire de la production des cartes nationales d’identité.
La coopération avec les plateformes numériques constitue, entre autres, un levier essentiel pour identifier les auteurs d’actes criminels et accélérer le traitement des signalements. Au-delà d’un simple échange institutionnel, elle traduit l’évolution du rôle des forces de sécurité, désormais appelées à intervenir autant dans le cyberespace que sur le terrain.
Le Sénégal a-t-il les moyens d’y faire face ?
Dans son rapport « Global Cybersecurity Index 2024 », l’Union internationale des télécommunications (UIT) a attribué au Sénégal un score de 67,17 sur 100 à l’indice mondial de cybersécurité. Ce score positionne le pays dans la catégorie Tier 3, qui regroupe les pays « ayant obtenu au moins 55/100 et affichant un engagement initial en matière de cybersécurité. Cette catégorie correspond aux États ayant engagé des actions — évaluation, adoption ou mise en œuvre de mesures reconnues — dans un nombre modéré de domaines ou d’indicateurs ».
Depuis cette évaluation de l’UIT, les autorités sénégalaises ont annoncé le New deal technologique, un programme de 1,7 milliard de dollars pour faire du pays un hub technologique à l’horizon 2034. Lors de son lancement en février 2025, le président Bassirou Diomaye Faye a indiqué dans son discours : « nous nous engageons à construire un espace numérique souverain en renforçant notre cyber-résilience, en sécurisant les infrastructures, en protégeant nos données critiques et en réduisant progressivement notre dépendance vis-à-vis des solutions étrangères ».
Adoni Conrad Quenum
Édité par M.F. Vahid Codjia
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Ghana : la stratégie nationale d’IA finalisée et prête à être lancée (ministre)
De nombreux pays africains misent sur la transformation numérique pour soutenir leur développement socio-économique. Cela passe par l’intégration de technologies comme l’intelligence artificielle dans l’ensemble des secteurs.
Les autorités ghanéennes ont finalisé la stratégie nationale d’intelligence artificielle (IA), récemment validée par le gouvernement. La feuille de route devrait être officiellement lancée dans les prochaines semaines par le président John Dramani Mahama.
L’information a été révélée par Samuel Nartey George, ministre de la Communication, de la Technologie numérique et de l’Innovation, dans son intervention lors de la conférence nationale sur la protection des données 2026, tenue le jeudi 26 février.
La stratégie nationale d’IA du Ghana repose sur quatre priorités clés. Elle vise à exploiter et protéger les données nationales, y compris les données génomiques africaines, comme un atout stratégique. Elle prévoit de développer une infrastructure numérique robuste et une puissance de calcul adaptée pour soutenir l’innovation et le traitement massif de données. La formation et le renforcement des compétences, notamment via le programme « One Million Coders », visent à constituer une main-d’œuvre qualifiée en IA et cybersécurité. Enfin, la stratégie garantit une gouvernance transparente et éthique, avec des cas d’utilisation concrets, pour générer une valeur réelle pour tous les citoyens.
Cette feuille de route reflète la volonté des autorités ghanéennes de faire des technologies numériques un levier central du développement national. Elles mettent en avant le potentiel transformateur de l’IA dans de nombreux secteurs. Lors du lancement du Forum de consultation des parties prenantes sur la Stratégie nationale d’IA en mai 2025, M. George avait présenté des exemples concrets comme la prévision de la santé des cultures en agriculture, des diagnostics plus rapides en santé, un apprentissage personnalisé en éducation, une sécurité renforcée dans les transports et une surveillance accrue pour la défense et la sécurité frontalière.
Cette vision du gouvernement ghanéen bénéficie du soutien des Nations unies. Dans son « E-Government Survey 2024 », le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DAES) souligne que l’intelligence artificielle a le potentiel d’optimiser les opérations du secteur public. Grâce à l’automatisation des tâches administratives, l’IA peut non seulement accroître l’efficacité, mais aussi éliminer les retards et les redondances. Elle peut également détecter des défauts, classer des données et formuler des recommandations précises.
Malgré les opportunités offertes par l’IA, le DAES souligne plusieurs risques potentiels. Il s’agit notamment du biais des données, qui peut entraîner une mauvaise représentation de certains groupes, ainsi que des préoccupations éthiques, sécuritaires et sociales. La fracture numérique a également été pointée du doigt comme un défi majeur pour la mise en œuvre des technologies de l’IA dans le secteur public, en particulier dans les pays à revenu moyen, à faible revenu et les pays les moins avancés.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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À l’horizon 2060, le Burundi ambitionne de bâtir une économie tirée par le numérique et des services publics modernisés. Pour atteindre cet objectif, les autorités misent sur des partenariats technologiques et des investissements capables d’accélérer la connectivité et l’innovation.
Le Président de la République du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a reçu vendredi 27 février une délégation du groupe britannique Lyca Mobile, conduite par son président fondateur, Subaskaran Allirajah. Selon le communiqué de la présidence, la rencontre a permis de poser les bases d’un partenariat stratégique visant à accélérer la transformation numérique du pays et à renforcer la couverture sanitaire.
SE @GeneralNeva, le Chef de l’Etat #Burundi-ais et Président en exercice de l’ @_AfricanUnion a reçu en audience Mr Subaskaran Allirajah,Président-Fondateur du Groupe Lyca Mobile et sa délégation. Les échanges ont porté sur la coopération entre l’opérateur LYCA et le Gouvernement pic.twitter.com/3ijRKDQ6oO
— Ntare Rushatsi House (@NtareHouse) February 27, 2026
Dans le domaine des télécommunications, la coopération envisagée a pour objectif de développer l’accès universel à Internet et aux services de communication sur l’ensemble du territoire. Au Burundi, le taux de pénétration d’Internet reste encore faible malgré une progression récente, avec environ 11,1 % à fin 2025, soit près de 1,6 million d’utilisateurs en ligne, selon les données de DataReportal.
L’opérateur prévoit également de contribuer à l’intégration numérique des administrations et des services publics, afin de dynamiser l’efficacité administrative et la fourniture de services essentiels dans un contexte où la transformation numérique est considérée comme un levier clé de croissance.
Au-delà des télécommunications, le groupe prévoit également d’intervenir dans le secteur de la santé via sa branche Lyca Health. L’ambition est de contribuer au renforcement de la couverture sanitaire universelle, d’introduire des solutions innovantes telles que la télémédecine et d’appuyer la modernisation de certaines infrastructures médicales. Cette orientation s’inscrit dans la Vision nationale 2040-2060 du Burundi, qui positionne les technologies de l’information et de la communication comme des leviers structurants de transformation économique et sociale.
Cette dynamique prolonge des échanges déjà engagés entre les autorités burundaises et le groupe. Déjà implanté en Ouganda et en Tunisie, Lyca Mobile a obtenu en octobre 2025 une licence d’établissement et d’exploitation d’un réseau de télécommunications dans le pays par décret présidentiel. Les discussions ont désormais évolué vers une phase technique consacrée à la préparation du déploiement, avec pour objectif d’élargir l’accès à une connectivité fiable, d’améliorer la qualité du service et de favoriser l’émergence d’offres de communication plus abordables pour les populations.
Samira Njoya
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À l’ère du numérique, les preuves électroniques s’imposent comme des outils clés pour la justice. Ces éléments facilitent la vérification des faits, limitent les risques de falsification et soutiennent l’efficacité des procédures pénales.
Le gouvernement du Gabon a validé, le jeudi 26 février en Conseil des ministres, un projet d’ordonnance modifiant le Code de procédure pénale afin d’encadrer l’admissibilité des preuves numériques devant les juridictions. Présenté par le ministre de la Justice, Augustin Emane, le texte introduit des exigences formelles destinées à adapter l’appareil judiciaire à la montée des infractions liées au numérique.
La réforme instaure un cadre technique pour l’utilisation des données électroniques dans les procédures pénales. Désormais, les éléments numériques ne pourront être admis que s’ils démontrent leur fiabilité, leur authenticité et leur traçabilité, après vérification par des entités publiques habilitées, telles que les services de cybersécurité ou les organismes d’État compétents. L’objectif est de sécuriser l’exploitation judiciaire des données issues des environnements numériques tout en limitant les risques de manipulation ou de falsification.
Par cette modification, les autorités entendent renforcer la fiabilité des enquêtes et améliorer la protection des justiciables. La reconnaissance formelle de standards techniques de validation vise également à encadrer les poursuites liées aux infractions numériques, dont la progression suit l’essor rapide des usages digitaux dans le pays. La diffusion d’Internet, qui concerne désormais plus de la moitié de la population gabonaise, accroît le volume d’interactions numériques susceptibles de générer des contentieux.
L’ordonnance s’inscrit dans un mouvement régional visant à moderniser les cadres juridiques africains face aux défis de la transformation numérique, marquée par la multiplication des litiges liés aux contenus électroniques, aux transactions en ligne et aux systèmes d’information. À l’échelle internationale, la place des preuves numériques dans les enquêtes judiciaires ne cesse de croître. Une étude menée par Cellebrite, spécialiste israélien de la criminalistique numérique, auprès de plus de 2000 enquêteurs, procureurs et experts, indique que 60 % considèrent désormais les preuves numériques comme plus déterminantes que l’ADN dans certaines affaires, et que 74 % estiment que leur utilisation améliore le taux de résolution des enquêtes.
Selon les autorités gabonaises, l’ordonnance entrera en vigueur après sa publication au Journal officiel, conformément à la procédure de promulgation des textes législatifs. Elle constitue un premier pas vers la modernisation du traitement judiciaire des infractions numériques et un renforcement de la sécurité juridique dans le cadre pénal, en phase avec les évolutions technologiques du pays.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La robotique transforme la santé en Afrique, offrant des perspectives inédites pour améliorer la qualité des soins et optimiser les coûts. Mais le continent doit relever des défis majeurs, de la formation au financement, pour que ces technologies profitent réellement aux populations.
La robotique médicale, qui intègre des systèmes automatisés pour la chirurgie assistée, le diagnostic et l’assistance hospitalière, s’impose progressivement comme un moteur de modernisation des systèmes de santé africains. Selon Data Bridge Market Research, le marché des robots médicaux au Moyen-Orient et en Afrique connaît un taux de croissance annuel composé de 13,5 % entre 2022 et 2029, passant de 451,26 millions de dollars en 2021 à 1 144,64 millions de dollars d’ici 2029. Malgré cette croissance, l’adoption sur le continent reste encore faible comparée aux autres régions, concentrée dans des pays à revenus plus élevés ou disposant d’infrastructures hospitalières avancées.
Initiatives phares de robotique médicale sur le continent
En Afrique du Sud, plusieurs hôpitaux publics ont déjà réalisé plus de 600 interventions assistées par robot, principalement en urologie et gynécologie, réduisant les séjours hospitaliers et les complications post-opératoires. Au Nigeria, une plateforme clinique de chirurgie robotique a été récemment approuvée, permettant pour la première fois des interventions robotisées dans un établissement public. À Luanda (Angola), des expérimentations de téléchirurgie ont été menées via des systèmes robotisés, démontrant le potentiel de ces technologies même dans des contextes de réseau limité.
Le Maroc se distingue également : une prostatectomie radicale a été réalisée entre Casablanca et Shanghai, illustrant la faisabilité de la téléchirurgie sur de longues distances. D’autres interventions ont été conduites entre plusieurs villes marocaines, confirmant la capacité technique et l’intérêt pour la robotique chirurgicale. En dehors de la chirurgie, la robotique est utilisée pour l’assistance hospitalière au Kenya et dans d’autres pays, améliorant l’efficacité des services et libérant du temps pour le personnel soignant.
Défis liés à l’adoption de la robotique
Pour les pays africains, l’un des défis majeurs reste le coût élevé des équipements robotiques, souvent plusieurs millions de dollars par unité, ce qui limite leur acquisition par les établissements publics. Un système de chirurgie robotique, tel que le da Vinci 5, coûte généralement entre 1,5 et 2,5 millions de dollars. La formation constitue un autre défi : les interventions robotisées nécessitent des compétences chirurgicales et techniques spécifiques.
Des initiatives telles que Ircad Africa, au Rwanda, forment les médecins africains à la chirurgie mini-invasive et à la robotique avancée. Par ailleurs, l’émergence de start-up et laboratoires d’innovation autour de l’IA, de la robotique et de l’e-santé ouvre des perspectives de croissance pour le secteur au cours de la prochaine décennie.
La robotique médicale soulève également des questions éthiques et réglementaires, notamment la responsabilité en cas de dysfonctionnement, la protection des données des patients et l’acceptabilité de l’automatisation dans les soins.
Une trajectoire de croissance malgré les obstacles
Selon les prévisions de la société d’études de marché Spherical Insights, le marché global de la robotique chirurgicale devrait dépasser 22,89 milliards de dollars d’ici 2030, avec des opportunités croissantes pour les pays émergents qui investissent dans la transformation numérique de la santé.
Pour l’Afrique, réussir cette transition nécessite un effort coordonné en matière de politiques publiques, d’investissements, de formation et de partenariats internationaux, afin d’assurer que la robotique médicale devienne un vecteur tangible de modernisation des systèmes de santé et d’amélioration de la qualité des soins.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’artisanat, pilier de l’économie au Maroc, demeure un secteur à fort potentiel d’emploi et d’exportation. Sa numérisation s’impose comme un levier de modernisation, visant à renforcer la compétitivité des artisans, structurer les filières et élargir l’accès aux marchés.
Le Maroc engage 36 millions de dirhams (3,9 millions USD) pour accélérer la transformation numérique de son artisanat. Un accord a été signé mercredi 25 février entre le Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat, les Chambres d’Artisanat, leur Fédération et l’Agence de développement du digital. Deux autres conventions relatives à la promotion internationale et à l’appui institutionnel du secteur ont également été conclues lors de la même cérémonie.
L’accord de digitalisation prévoit la mise en place de la carte professionnelle de l’artisan, la mise en service du Registre national de l’artisanat ainsi que la dématérialisation des services des Chambres et de leurs structures affiliées. Les autorités entendent, à travers ce dispositif, améliorer l’efficacité administrative, simplifier les procédures et doter le secteur d’infrastructures numériques structurantes.
Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre du contrat‑programme national dédié au développement de l’artisanat, considéré comme un pilier de l’économie marocaine en raison de sa contribution à l’emploi, à l’exportation et au développement territorial. Selon les chiffres officiels, le secteur emploie 22 % de la main‑d’œuvre nationale, contribue à hauteur de 7 % au PIB, enregistre une croissance des exportations de 7,6 %, et représente 10 % des recettes touristiques en devises grâce à l’achat de produits artisanaux. Sa modernisation numérique est présentée comme un levier de gain de productivité, de formalisation des activités et d’élargissement de l’accès aux marchés nationaux et internationaux.
Les deux autres conventions conclues lors de la cérémonie portent respectivement sur la promotion internationale du savoir‑faire marocain, en partenariat avec SMAP EVENTS, et sur un contrat‑programme 2026 consacré à la structuration professionnelle, à la formation et à l’encadrement des artisans. Ensemble, ces dispositifs doivent renforcer la compétitivité du secteur, faciliter l’accès des artisans aux marchés et soutenir l’émergence d’un écosystème plus formalisé et productif, en complément du volet numérique piloté avec l’Agence de développement du digital au Maroc.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les besoins en connectivité s’intensifient avec l’essor du streaming, du gaming, de l’e‑learning et la multiplication des écrans dans les foyers. Pour y répondre, Orange Maroc déploie de nouvelles solutions mobiles et fixes, adaptées aux usages numériques en constante évolution des particuliers.
Le groupe Orange Maroc a présenté, mardi 24 février à Casablanca, deux innovations majeures destinées au grand public : les forfaits mobiles personnalisables Yo Max 5G et la Livebox 7, premier routeur nouvelle génération lancé en première mondiale au Maroc. Ces dispositifs s’appuient sur le réseau 5G récemment lancé et répondent aux usages numériques croissants dans le pays.
Les forfaits Yo Max 5G permettent aux abonnés de composer eux‑mêmes leur expérience digitale, en choisissant les services adaptés à leurs besoins : streaming vidéo et musical, gaming ou e‑learning. Disponibles sur six formules allant de 99 à 649 dirhams (environ 11 à 71 USD), elles offrent jusqu’à 160 Go de data ou une connexion illimitée, avec la possibilité d’accéder aux services depuis l’application Maxit, qui centralise le pilotage du forfait.
La Livebox 7, quant à elle, inaugure l’utilisation du Wi‑Fi 7 dans un routeur grand public et introduit le système d’exploitation prplOS, qui permet d’installer directement des applications sur la box, telles qu’un VPN intégré et un contrôle parental. Équipée de dix antennes intelligentes, elle assure un débit stable dans l’ensemble du foyer et offre aux développeurs locaux la possibilité de créer des applications adaptées au marché marocain, contribuant ainsi à enrichir l’écosystème Nova Box.
Ces innovations s’inscrivent dans la stratégie d’Orange Maroc de soutenir la transformation digitale du royaume et de proposer des services connectés adaptés aux évolutions des usages, notamment la multiplication des écrans dans les foyers, l’e‑learning, le streaming et le gaming. Elles interviennent dans un contexte où la pénétration numérique au Maroc est déjà élevée. Selon Datareportal, à la fin de 2025, le pays comptait près de 57,1 millions de connexions mobiles, soit environ 148 % de la population, et plus de 35 millions d’internautes, avec un taux de pénétration dépassant 92 %, ce qui traduit l’usage intensif des téléphones mobiles et la multiplication des cartes SIM par foyer et par individu.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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En Tunisie, les greentech figurent parmi les segments les moins financés de l’écosystème start‑up, bien qu’elles jouent un rôle clé dans la transition écologique. Dans un contexte marqué par des levées de fonds limitées en 2025, un nouveau mécanisme public cible leur passage à l’échelle et l’accès au marché.
La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) a annoncé, mardi 24 février, le lancement de la première cohorte du programme MAIR (Market Access for Impact and Resilience), un mécanisme de financement destiné aux start‑up et aux PME greentech en phase de commercialisation. Le dispositif vise à soutenir le passage à l’échelle industrielle, faciliter l’accès aux marchés initiaux et consolider les revenus des entreprises bénéficiaires.
L’outil cible en priorité les segments liés à la transition écologique, notamment les énergies renouvelables, la mobilité durable, l’éco‑construction, la gestion des déchets, l’agriculture durable, les technologies de l’eau, l’efficacité énergétique et la biodiversité. En intervenant à un stade où les besoins en financement augmentent pour l’industrialisation et la commercialisation, MAIR entend combler le déficit structurel d’accompagnement entre l’amorçage et la commercialisation.
MAIR est déployé dans le cadre de l’initiative « GreenTECH », portée par Smart Capital et intégrée au projet Greenov’i. Celui‑ci est financé par l’Union européenne à travers le programme « Tunisie Verte & Durable », mis en œuvre par Expertise France en collaboration avec le Centre International des Technologies de l’Environnement de Tunis, le ministère de l’Environnement et le ministère de l’Économie et de la Planification.
L’instrument s’insère dans une architecture de financement structurée comprenant également VAIR (Venture Acceleration for Impact and Resilience), qui soutient les start‑up en phase d’idéation dans le développement de leurs preuves de concept. L’ensemble du programme prévoit de financer 32 start‑up en phase amont et d’accompagner 10 start‑up et PME dans leur accès au marché, avec un objectif d’environ 300 emplois directs dans les filières de la transition écologique.
Ce lancement intervient dans un contexte de financement encore limité pour l’écosystème entrepreneurial tunisien. Selon le rapport annuel de Wamda, les start‑up tunisiennes ont levé 6,6 millions de dollars en 2025 à travers 13 opérations, un niveau inférieur aux niveaux observés dans plusieurs marchés de la région Moyen‑Orient et Afrique du Nord. Dans ce contexte, les mécanismes publics et les instruments dédiés à l’innovation à impact apparaissent comme des leviers structurants pour les jeunes entreprises en phase de croissance.
En ciblant les segments industriels liés à la transition écologique et en intervenant à un stade avancé du cycle de développement des entreprises, MAIR vise à renforcer la capacité des start‑up tunisiennes à transformer leurs innovations en offres commercialisées et à s’insérer durablement sur les marchés.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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