Sur le continent africain, l’absence d’un adressage numérique fiable freine l’accès aux services essentiels et au développement économique. Plusieurs pays multiplient les initiatives pour cartographier leurs territoires et bâtir une gouvernance plus connectée et inclusive.

Dans de nombreux pays africains, l’attribution d’adresses numériques précises et standardisées aux habitations, entreprises et infrastructures reste un défi structurel, alors même que l’économie numérique et les services en ligne se développent rapidement. Cette absence de systèmes d’adressage cohérents freine l’accès à des services essentiels tels que la livraison de colis, les soins de santé, la gestion des urgences et les démarches administratives.

Plusieurs pays souffrent d’un manque d’adresses officielles, ce qui constitue un obstacle de taille à l’inclusion sociale et économique. Dans de nombreuses zones rurales, mais aussi dans des quartiers urbains en pleine expansion, les habitants vivent souvent sans adresses formelles, ce qui complique considérablement la logistique, la planification territoriale et la prestation de services de base.

Des initiatives nationales pour moderniser l’adressage

Conscients de ces enjeux, plusieurs États africains ont engagé des réformes ambitieuses pour se doter de systèmes d’adressage numérique fiables. Le Nigeria, par exemple, a lancé un vaste programme national pour moderniser son système d’adresses en s’appuyant sur les technologies GPS, les applications mobiles et les bases de données numériques centralisées. Cette dynamique permet de faciliter l’identification des lieux, d’améliorer la prestation des services publics et de soutenir la croissance de l’économie numérique.

D’autres pays comme le Kenya, l’Afrique du Sud, le Rwanda ou encore le Sénégal suivent la même voie, multipliant les partenariats entre acteurs publics et privés pour numériser leur territoire. Au Cameroun et en Guinée, les autorités collaborent avec la start-up FindMe pour déployer des solutions d’adressage numérique dans certaines zones pilotes, dans une perspective de modernisation des services postaux et d’amélioration de la connectivité territoriale.

Cette mobilisation croissante s’inscrit dans un cadre international plus large. En 2009, l’Union postale universelle (UPU) a adopté une résolution invitant tous ses pays membres à mettre en place un système d’adressage national. Cet appel a servi de catalyseur pour plusieurs pays africains, qui voient désormais l’adressage numérique comme un levier essentiel pour accompagner leur transition numérique et renforcer l’efficacité des politiques publiques.

Un levier pour l’économie numérique et les services modernes

La généralisation de l’adressage numérique sur le continent pourrait transformer profondément les économies africaines. En offrant une visibilité géographique plus fine, ces systèmes facilitent l’émergence de services innovants dans le e-commerce, la fintech, la mobilité ou encore la santé.

Dans le domaine du commerce en ligne par exemple, la fiabilité des adresses est un facteur clé de succès. Or, le marché africain du e-commerce connaît une croissance rapide, avec des projections estimant un chiffre d’affaires dépassant les 45 milliards de dollars d’ici 2028, selon un rapport publié par la fintech lituanienne Nikulipe. L’absence d’adresses précises ralentit cette dynamique, en rendant les livraisons plus complexes, plus coûteuses et moins fiables.

Un outil pour renforcer la gouvernance et l’inclusion

Au-delà de la sphère économique, l’adressage numérique constitue un pilier pour une gouvernance territoriale plus efficace. Les municipalités peuvent planifier avec plus de précision les infrastructures, assurer la gestion des services publics (collecte des déchets, recensement, secours d’urgence), et renforcer leur capacité d’intervention face aux crises sanitaires ou environnementales.

Cette structuration spatiale améliore aussi l’accès des citoyens aux services sociaux et financiers. Une adresse formelle peut faciliter l’ouverture d’un compte bancaire, l’enregistrement d’une entreprise ou la réception d’aides publiques, contribuant ainsi à une inclusion sociale et économique plus large.

En modernisant les systèmes d’adressage, les pays africains posent les fondations d’une transformation numérique durable. L’enjeu dépasse la simple localisation. Il s’agit d’un outil stratégique pour organiser le territoire, structurer les services et accompagner la transition vers une économie numérique inclusive.

L’adressage numérique, à travers ses multiples retombées, représente donc bien plus qu’un projet technique. C’est une étape-clé vers une Afrique mieux gouvernée, plus intégrée, et résolument tournée vers l’avenir.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 31 juillet 2025 12:35 Written by

Alors que la transformation numérique s’accélère au Tchad, la formation des cadres publics devient un enjeu stratégique pour accompagner la modernisation de l’administration et garantir des services efficaces et adaptés aux citoyens.

L’Agence de développement des technologies de l’information et de la communication (ADETIC) du Tchad a conclu un partenariat avec l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE), un centre privé de formation basé à Ouagadougou, au Burkina Faso. L’initiative vise à former les ressources humaines tchadiennes aux métiers du numérique et aux technologies avancées et émergentes.

L’accord-cadre repose sur trois axes principaux, à savoir : la formation de cadres tchadiens dans les domaines de l’intelligence artificielle et des technologies émergentes ; l’accueil de stagiaires burkinabè au sein de l’ADETIC ; et le développement de projets conjoints de recherche appliquée axés sur la gouvernance numérique, l’innovation locale et le développement durable. Un protocole de collaboration distinct a également été signé entre l’École nationale supérieure des TIC (ENASTIC) du Tchad et 2iE, ouvrant la voie à des échanges académiques et à la co-construction de programmes.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la visite officielle du ministre tchadien des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration, Boukar Michel, à Ouagadougou. L’accord traduit une volonté de construire un capital humain apte à accompagner la modernisation de l’administration et à répondre aux exigences de l’économie numérique. En s’alliant à 2iE, le Tchad entend accélérer la professionnalisation de ses talents, souvent limitée par l’insuffisance d’infrastructures de formation spécialisée sur le territoire national.

Ce rapprochement intervient alors que de nombreux pays africains s’engagent dans des politiques de digitalisation des services publics. La réussite de ces réformes dépend en grande partie de la disponibilité de compétences techniques locales. Investir dans la formation de cadres qualifiés devient ainsi un enjeu stratégique pour des États comme le Tchad, confrontés à la fois à un déficit de ressources humaines spécialisées et à des besoins croissants en matière d’administration électronique.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 31 juillet 2025 04:42 Written by

Le Cap-Vert est décidé à faire du numérique un pilier du développement socio-économique national. Les autorités capverdiennes ambitionnent d’augmenter au cours des prochaines années la part du numérique dans le PIB, actuellement estimée à environ 5 %.

Le gouvernement du Cap-Vert poursuit son engagement pour accélérer le développement de l’écosystème start-up. L’exécutif a lancé, le lundi 28 juillet, le programme BOOST.CV, qui vise à accompagner 150 jeunes entrepreneurs dans le secteur numérique en leur offrant formation, mentorat et incubation de projets innovants.

« Il ne s’agit pas seulement d’un outil technologique, mais d’un instrument de politique publique conçu pour générer un impact réel. Nous croyons fermement que le talent capverdien, tant sur les îles qu’au sein de la diaspora, est notre plus grande ressource. Et c’est notre responsabilité, en tant qu’État, de créer les conditions pour que ce talent puisse s’épanouir et innover », a déclaré Olavo Correia, vice-Premier ministre, ministre des Finances et ministre de l’Économie numérique, dans un communiqué du gouvernement publié le 29 juillet.

Cette initiative vient s’ajouter à des mesures déjà mises en œuvre. Dans une interview accordée à l’Agence Ecofin en mai, Pedro Lopes, secrétaire d’État à l’Économie numérique, expliquait : « le programme Cape Verde Digital est notre vitrine. À travers digital.cv, vous pouvez explorer notre écosystème. Nous soutenons 200 jeunes chaque année via une bourse (Cabo Digital Scholarship) et finançons une centaine de start-up avec l’équivalent de six salaires minimum pour deux cofondateurs, ainsi qu’un soutien logistique et marketing. Le programme Go Global nous permet de financer la participation de nos start-up à des événements tech internationaux ».

D’autres initiatives comprennent « Reinvent Cape Verde », où les institutions publiques et privées soumettent leurs défis à des start-up qui proposent des solutions via des hackathons, ainsi que le Fonds Morabeza, un fonds de 24 millions de dollars visant à favoriser la croissance de start-ups technologiques dirigées par des jeunes et des femmes.

M. Lopes a souligné les progrès dans la mise en place d’un cadre réglementaire favorable aux start-up, incluant une loi dédiée avec avantages fiscaux, la création d’une zone économique spéciale technologique, et des lois modernes sur la protection des données et les transactions numériques. Le gouvernement a aussi simplifié l’enregistrement des entreprises, instauré des visas pour nomades digitaux, et inauguré un parc technologique.

Actuellement, l’écosystème start-up du Cap-Vert est classé à la 75ᵉ place mondiale et à la deuxième place en Afrique de l’Ouest selon le rapport « Global Startup Ecosystem Index 2025 » de StartupBlink. Ce dernier explique cependant que les start-up sont principalement confrontées au manque actuel d’infrastructures physiques dans le pays et à un climat d’investissement peu développé. Un défi supplémentaire signalé dans le rapport est la préférence marquée de la population pour la stabilité du secteur public, au détriment de l’entrepreneuriat, perçu comme risqué.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On mercredi, 30 juillet 2025 11:22 Written by

Dans un contexte où les financements destinés aux start-up africaines peinent à retrouver leur niveau d’avant-crise, la société sud-africaine HAVAÍC poursuit ses investissements en capital-risque pour dynamiser l’innovation technologique sur le continent.

La société sud-africaine de capital-risque HAVAÍC a annoncé le mardi 29 juillet la deuxième clôture de son Fonds africain d’innovation, qui atteint désormais 50 millions $. Cette nouvelle phase a permis de lever 25 millions $ supplémentaires, apportés par Sanlam Multi-Manager ainsi que par des investisseurs déjà engagés tels que Fireball Capital et le SA SME Fund.

« Ces soutiens témoignent de notre capacité à générer des rendements attractifs tout en créant un impact social et économique tangible. Ensemble, nous pouvons continuer à faire grandir le capital-risque africain et soutenir l’écosystème technologique du continent », a déclaré Ian Lessem (photo, à gauche), associé directeur à HAVAÍC.

Lancé en août 2024, ce troisième fonds cible des start-up africaines post-revenus, combinant fort potentiel de croissance et impact mesurable. Il a récemment investi 1 million USD dans SAPay, une fintech sud-africaine qui dématérialise les paiements dans le secteur des taxis minibus, et renforcé sa participation dans Sportable, une jeune pousse développant des technologies de tracking sportif en temps réel.

Un rebond du capital-risque africain qui reste fragile

L’année 2023 a marqué un coup d’arrêt brutal dans le financement des start-up africaines, avec un recul de 36 % selon Africa: The Big Deal, et moins de 3,2 milliards USD levés au total, contre plus de 6 milliards USD en 2022. En 2024, les montants levés restaient encore modestes, avec 2,2 milliards USD, selon les mêmes sources.

Avec un portefeuille de 22 start-up actives dans 183 pays, et six sorties notables dont la vente de RapidDeploy à Motorola Solutions en février 2025 et la fusion entre hearX et la société américaine Eargo, HAVAÍC affiche une stratégie centrée sur la structuration de champions technologiques africains à portée globale.

Au-delà de l’accès au financement, les fonds levés par HAVAÍC devraient contribuer à consolider l’écosystème tech africain, en soutenant la scalabilité des entreprises innovantes dans des secteurs clés notamment fintech, agritech, healthtech ou edtech. Pour les investisseurs institutionnels comme Sanlam, cette incursion vise à capter le potentiel de long terme d’un marché en construction, en s’appuyant sur des partenaires locaux expérimentés.

Le défi reste toutefois immense. Selon l’African Private Capital Association (ex-AVCA), le continent ne capte encore qu’une fraction du capital-risque mondial (moins de 1 %). Des initiatives comme le Fonds II de HAVAÍC constituent donc autant de leviers pour attirer des capitaux locaux et internationaux vers les entreprises les plus prometteuses du continent.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 30 juillet 2025 10:08 Written by

Active dans le crédit financier mobile en Afrique depuis quelques années, Orange franchit une nouvelle étape sur ce segment. L’opérateur se tourne vers une fintech africaine pour mieux servir ses 40 millions d’utilisateurs actifs sur le continent.

Orange a annoncé le lundi 28 juillet un partenariat entre sa division mobile money et la fintech sud-africaine Jumo. Grâce à la technologie de cette dernière, en l’occurrence les outils d’intelligence artificielle et d’analyse des données, l’opérateur télécoms pourra désormais affiner le scoring client, réduire les délais de traitement, automatiser les décisions et adapter les montants proposés au profil de chaque utilisateur.

La technologie de Jumo devrait également permettre d’élargir l’offre de services financiers au-delà des prêts simples, vers des produits plus ciblés pour les petits entrepreneurs, les marchands ou les travailleurs informels. Avec un taux de défaut inférieur à 4%, la fintech sud-africaine assure une gestion du risque maîtrisée tout en améliorant l’expérience utilisateur.

« Cette alliance stratégique permettra le déploiement de divers produits de crédit sur plusieurs marchés en s'appuyant sur différents bailleurs de fonds, créant ainsi un nouveau marché de la microfinance pour les personnes non bancarisées dans les marchés émergents, avec un accent initial sur l'Afrique francophone » peut-on lire dans le communiqué.

Selon l’édition 2024 du rapport de responsabilité sociétale de l’opérateur, 340 000 personnes ont eu recours à ses prêts Tik Tak et plus de 160 milliards d'euros de transactions ont été réalisées via Orange Money. Cette nouvelle initiative vise à renforcer l’impact économique du crédit mobile en favorisant l’accès à des financements utiles, adaptés et responsables. Le service sera d’abord déployé dans plusieurs pays francophones, avant une extension progressive.

« Cette collaboration basée sur les plateformes de paiements mobiles et de transfert d'argent d'Orange Money, offrira aux clients une gamme plus importante de services financiers et permettra à nos partenaires bancaires de se développer sur de nouveaux marchés » a ajouté Andrew Watkins-Ball, le fondateur de Jumo.

Adoni Conrad Quenum

Edité par : Feriol Bewa

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Posted On mardi, 29 juillet 2025 13:31 Written by

Comme beaucoup de pays africains, le Gabon compte sur la coopération internationale pour accélérer sa transformation numérique. En juin, le président Oligui Nguema a échangé avec son homologue botswanais, dont le pays est cité en exemple.

Le gouvernement gabonais souhaite renforcer sa coopération avec la Turquie dans le domaine du numérique. Ce sujet a été au cœur des échanges le mardi 29 juillet, lors d’une audience accordée par Mark Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique, à Can İncesu, ambassadeur de la République de Turquie au Gabon.

Au cours de la rencontre, M. Doumba a présenté les missions et priorités de son département, axées notamment sur la modernisation de l’administration publique par le numérique, le développement des infrastructures numériques nationales, la gouvernance des données et la souveraineté technologique, ainsi que la formation des jeunes talents numériques.

En réponse, l’ambassadeur de Turquie a exprimé l’intérêt de son pays à accompagner le Gabon dans cette dynamique, notamment à travers le partage d’expertise en matière de gouvernement électronique, l’appui à l’introduction de la signature électronique dans les échanges officiels, le développement de solutions de paiement à distance pour les services publics, et l’installation d’infrastructures télécoms dans les zones moins desservies.

La Turquie est classée 27ᵉ sur 193 à l’Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) des Nations unies, avec un score de 0,8913 sur 1, bien au-dessus de la moyenne mondiale de 0,6382. Dans le sous-indice des services en ligne, elle atteint 0,9225, 0,9192 dans le capital humain, et 0,8322 pour les infrastructures télécoms. Par ailleurs, en 2024, la Turquie affichait un taux de pénétration d’Internet de 87,3 %, contre 96 % pour la téléphonie mobile, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT). Selon l’indice de développement des TIC 2025, elle a obtenu un score de 88,5 sur 100.

De son côté, le Gabon se classe 121ᵉ au niveau mondial à l’EGDI avec un score de 0,5741 sur 1. Le pays obtient un score de 0,8263 dans le sous-indice des infrastructures télécoms, mais ses résultats sont plus faibles dans les services en ligne (0,3188) et le capital humain (0,5772). Malgré ces défis, le gouvernement entend faire du numérique un pilier central du développement socio-économique national et réduire la dépendance aux ressources extractives. L’exécutif vise une contribution du secteur numérique de 10 à 12 % du PIB d’ici la fin 2025, contre environ 5 % actuellement.

Malgré la volonté clairement affichée par les deux parties, la collaboration reste encore à un stade embryonnaire. Elles ont convenu de poursuivre les échanges techniques afin d’identifier des projets communs susceptibles d’avoir un fort impact pour les citoyens gabonais. Cependant, aucun accord concret n’a encore été signé ni officiellement annoncé. Le chemin vers un partenariat opérationnel reste donc à construire, et il faudra attendre les prochaines étapes pour mesurer la portée réelle de cette coopération. 

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 29 juillet 2025 11:59 Written by

En scellant un partenariat avec Alibaba Cloud, le Sénégal entend ériger les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 en levier d’accélération de sa transformation numérique, alliant souveraineté technologique, innovation locale et formation de talents.

Le gouvernement sénégalais a annoncé, le lundi 28 juillet, la signature d’un protocole d’accord à Hangzhou avec le chinois Alibaba Cloud. L’initiative vise à doter les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) prévus à Dakar en 2026 d’une infrastructure cloud sécurisée, performante et souveraine, tout en posant les bases d’un écosystème numérique pérenne au Sénégal.

« C’est la première fois que la technologie Cloud de classe mondiale va accompagner un événement olympique en Afrique. À travers notre infrastructure Cloud éprouvée et nos capacités en matière d’intelligence artificielle, notre ambition est de délivrer une expérience digitale efficiente, sécurisée et innovante pour les athlètes, les organisateurs et les spectateurs en général », a affirmé Selina Yuan (photo, au centre), vice-présidente du groupe Alibaba et présidente d'Alibaba Cloud Intelligence International.

Selon les termes de l’accord, un investissement initial de 5 millions USD sera mobilisé pour le déploiement de la solution hybride Apsara Stack d’Alibaba Cloud. Celle-ci permettra l’hébergement local des données dans le respect des normes internationales. Le partenariat prévoit également la formation de 200 ingénieurs cloud, la création d’un centre d’excellence technologique, ainsi que la mise en œuvre de services numériques pour les JOJ, incluant la billetterie, le e-transport et la diffusion en direct. Après l’événement, l’infrastructure devrait évoluer vers un cloud public national destiné à soutenir les services publics et le secteur privé.

Ce partenariat s’inscrit dans la dynamique enclenchée par la visite officielle du Premier ministre Ousmane Sonko en Chine en juin 2025. Il s’intègre pleinement au « New Deal Technologique », la stratégie nationale qui vise à renforcer la souveraineté numérique du Sénégal en misant sur l’innovation, l’infrastructure locale et la formation. L’accord marque aussi une nouvelle étape dans le renforcement des liens technologiques entre Dakar et Pékin.

Avec cette initiative, les autorités sénégalaises ambitionnent non seulement d’ériger les JOJ en tremplin technologique, mais aussi de consolider leur stratégie de souveraineté numérique. La montée en compétence locale, à travers la formation de 1000 jeunes via Alibaba Cloud Academy, et le développement d’une infrastructure solide devraient permettre au Sénégal d’accélérer sa transformation numérique tout en stimulant l’innovation et l’emploi qualifié.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 29 juillet 2025 06:07 Written by

Le gouvernement nigérian et Google poursuivent leur collaboration dans le cadre de la stratégie nationale pour le numérique. L’intelligence artificielle, la cybersécurité et l’éducation numérique figurent parmi les priorités mises en avant lors d’échanges récents.

L’Agence nationale pour le développement des technologies de l'information (NITDA) et la société technologique Google ont réaffirmé, vendredi 25 juillet, leur volonté commune de faire du Nigeria un acteur de premier plan dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) et de la cybersécurité en Afrique de l’Ouest. La déclaration a été faite à l’issue d’une série de réunions stratégiques tenues à Abuja entre le directeur général de la NITDA, Kashifu Inuwa, et Marcus Jadotte, vice-président des affaires gouvernementales et des politiques publiques (cloud) chez Google.

Les discussions ont porté sur les axes clés de la transformation numérique du pays notamment l'adoption de l’IA dans les services publics, la modernisation du système éducatif à travers des outils numériques, le renforcement de la cybersécurité nationale et la promotion de l’innovation locale. Google a réitéré son soutien aux priorités du gouvernement, notamment dans le déploiement d’infrastructures cloud et la réduction des coûts technologiques pour les institutions publiques.

Ces échanges interviennent alors que Google vient d’annoncer un investissement de 37 millions de dollars pour soutenir le développement de l’IA en Afrique. L’enveloppe servira à financer la recherche, la formation, les infrastructures et le développement de solutions IA adaptées aux besoins du continent. L’entreprise a également récemment inauguré un centre communautaire dédié à l’IA à Accra, au Ghana, marquant ainsi son ambition d’ancrer durablement son action en Afrique subsaharienne.

Le renforcement de la coopération entre le Nigeria et Google autour de l’intelligence artificielle s’inscrit dans un contexte où le pays accélère ses initiatives pour structurer un écosystème numérique robuste. Abuja mise notamment sur son programme « 3MTT » (Three Million Technical Talent) pour former des millions de jeunes aux compétences numériques de demain, y compris en IA. En soutenant ces efforts, Google pourrait non seulement accompagner la montée en compétences locales, mais aussi soutenir l’émergence de solutions locales capables de répondre aux défis économiques et sociaux du pays.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 28 juillet 2025 11:11 Written by

Depuis quelques années, les opérateurs télécoms africains développent une activité de crédits financiers en faveur de leurs abonnés. Orange s’est lancé sur ce segment en 2020, en Côte d’Ivoire.

L’opérateur télécoms Orange a annoncé que 340 000 personnes ont eu recours aux prêts Tik Tak en 2024. L’information a été dévoilée dans son rapport de Responsabilité́ sociétale d’entreprise 2024. « En 2024, plus de 340 000 clients ont pu bénéficier d'un prêt Tik Tak, leur permettant de financer leur activité́, d’agrandir leurs locaux ou investir dans du matériel » lit-on dans le document.

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Les prêts Tik Tak sont une solution de financement simple et pratique accessible aux utilisateurs d’Orange Money, leur permettant d'emprunter de l'argent rapidement. Ces prêts sont soutenus par Orange Bank Africa, mais l’opérateur recourt à d’autres banques dans les pays où cette dernière n’est pas présente.

Chaque utilisateur dispose d’une possibilité d’emprunt calculée via la super application d’Orange, Max It. « Grâce à l’intelligence artificielle et aux données Orange Money, les utilisateurs peuvent désormais connaitre instantanément leur capacité d’emprunt avant de faire une demande » explique le rapport.

Dans la formule classique, l’utilisateur peut prêter entre 5000 FCFA (environ 9 USD) et 50 000 FCFA. Il existe des abonnés Tik Tak Plus et Tik Tak Prestige qui peuvent prêter respectivement jusqu’à 500 000 FCFA et 1 million FCFA. Les commerçants représentent 35% des utilisateurs du service, suivis des personnes exerçant une activité́ spécialisée (métiers de la santé, artisanat, services, etc.) avec 22%, à égalité avec les fonctionnaires et les enseignants. Les agriculteurs et les pêcheurs ferment la marche avec 9%.

Au-delà des chiffres, le service Tik Tak s’impose progressivement comme outil de soutien à la résilience économique des populations. Pour de nombreux utilisateurs, ce microcrédit permet de faire face à des dépenses urgentes, mais aussi de renforcer leur productivité. « Grâce à un prêt Tik Tak de 300 000 FCFA, j’ai pu acheter mon stock et relancer mon activité́ après une période difficile » a indiqué Aubin, commerçant en Côte d’Ivoire.

Adoni Conrad Quenum

Edité par : Feriol Bewa

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Posted On dimanche, 27 juillet 2025 16:55 Written by

L’intégration de l’IA comme outil peut aider l’Afrique à transformer ses défis en opportunités. Pour accompagner cette dynamique, Google renforce son engagement sur le continent à travers des initiatives en faveur de la recherche, de la formation et de l’innovation.

Google a récemment annoncé une série de soutiens financiers, techniques et communautaires à l’écosystème africain de l’intelligence artificielle. L’enveloppe globale estimée à 37 millions USD vise à renforcer la recherche, la formation de talents et les infrastructures. Elle inclut des financements antérieurs désormais rassemblés sous une même initiative.

Parmi les actions phares du géant américain, l'inauguration d’un centre communautaire de l’IA à Accra au Ghana. Ce nouvel espace servira de hub collaboratif pour la recherche, l’apprentissage et l’expérimentation autour de l’IA. Il accueillera des ateliers techniques, des événements interdisciplinaires et des échanges entre chercheurs, développeurs, entrepreneurs, étudiants et membres de la société civile.

Sur le volet recherche, Google a réaffirmé son engagement dans le programme « AI: Food Security » doté de 25 millions USD. Celui-ci soutient des projets africains exploitant l’IA pour améliorer la sécurité alimentaire, anticiper les périodes de faim et renforcer la résilience agricole. En parallèle, 3 millions USD seront alloués au Masakhane African Languages AI Hub pour promouvoir des outils open source dans plus de 40 langues africaines.

En matière de formation, 100 000 bourses Google Career Certificate seront proposées à des étudiants ghanéens. Les modules couvriront l’IA, la cybersécurité, l’analyse de données et le développement logiciel. D’autres programmes de formation soutenus par Google.org seront déployés au Ghana, au Kenya, au Nigeria et en Afrique du Sud, en partenariat avec des universités et des ONG locales.

Deux institutions universitaires africaines, à savoir l’Université de Pretoria et le Wits MIND Institute, recevront par ailleurs chacune un financement de 1 million USD pour appuyer les travaux de recherche. Enfin, la firme prévoit de soutenir plus de 100 start-up africaines spécialisées dans l’IA via un fonds catalytique. Ce mécanisme combinera financement philanthropique, capital-risque et appui technique, pour stimuler des innovations adaptées aux besoins locaux.

Ce nouvel engagement de Google survient alors que l’intelligence artificielle gagne en importance dans la transformation numérique de l’Afrique. Selon le cabinet PwC, cette technologie pourrait injecter jusqu’à 1200 milliards USD à l’économie continentale d’ici 2030, soit une hausse de 5,6% de son PIB. Un potentiel qui dépendra néanmoins de la capacité à structurer un écosystème local robuste, inclusif et durable.

Samira Njoya

Edité par : Feriol Bewa

Posted On dimanche, 27 juillet 2025 15:02 Written by
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