Alors que la consommation de données explose en Afrique, les opérateurs télécoms accélèrent les investissements dans les infrastructures sous-marines pour renforcer la résilience des réseaux. Orange participe ainsi à un nouveau projet de câble reliant l’Afrique et l’Europe.
Le groupe Orange a annoncé, le mardi 12 mai, la signature d’un protocole d’accord avec plusieurs acteurs télécoms et numériques en vue du lancement du projet de câble sous-marin « Via Africa ». Cette nouvelle infrastructure vise à renforcer la connectivité entre l’Europe et l’Afrique le long de la façade atlantique, dans un contexte de forte croissance des usages numériques sur le continent.
Le projet est porté par un consortium réunissant notamment Canalink, GUILAB, International Mauritania Telecom, Orange Côte d’Ivoire, Sonatel et Silverlinks. L’initiative repose sur un modèle de co-investissement permettant à chaque partenaire de participer à la gouvernance et au développement du système.
Le câble Via Africa entend relier plusieurs points d’atterrissage en Europe, notamment au Royaume-Uni, en France et au Portugal, à différents pays africains situés sur la côte atlantique, dont la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Nigeria, avec une extension envisagée jusqu’à l’Afrique du Sud. Pensé comme un système « open cable », il vise à offrir une capacité ouverte et évolutive pour accompagner la hausse continue du trafic de données et diversifier les routes internationales.
À court terme, le consortium prévoit de financer une étude de tracé afin d’optimiser le parcours du câble en tenant compte des contraintes techniques, économiques et de résilience. Le lancement du processus de sélection d’un fournisseur industriel constitue également l’une des prochaines étapes clés du projet.
Ce nouveau développement intervient dans un environnement marqué par une accélération des investissements dans les infrastructures numériques en Afrique. Le continent dépend encore fortement d’un nombre limité de câbles sous-marins pour son accès à Internet international, ce qui le rend vulnérable aux interruptions. Ces dernières années, plusieurs projets majeurs ont été déployés ou annoncés, à l’image de 2Africa, soutenu par Meta et des opérateurs internationaux, ou encore Equiano développé par Google, qui relie déjà l’Europe à plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.
Dans ce contexte, le projet Via Africa s’inscrit dans une dynamique visant à améliorer la résilience des réseaux et à réduire les risques liés aux coupures de câbles, qui ont récemment perturbé la connectivité dans plusieurs pays africains. La multiplication des routes sous-marines apparaît désormais comme un enjeu stratégique pour sécuriser les échanges numériques. Au-delà des aspects techniques, l’enjeu est également économique. Un rapport de la Banque mondiale indique qu’une augmentation de 10 % du taux de pénétration du haut débit peut entraîner une hausse de 1,38 % du PIB dans les pays en développement.
Samira Njoya
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La montée en puissance de l’e‑commerce transforme les habitudes de consommation à Maurice et entraîne une hausse du volume de colis traités par la douane. Un an après l’annonce d’un projet de cadre légal dédié, les autorités veulent désormais renforcer les outils numériques de contrôle.
Face à l’augmentation du volume de colis liés au commerce en ligne et à la multiplication des trafics illicites, Maurice veut renforcer le contrôle de ses flux postaux grâce au numérique. Le sujet a été au centre d’une rencontre tenue le vendredi 15 mai entre le junior minister des Finances, Dhaneshwar Damry, le directeur général de la Mauritius Revenue Authority (MRA), Rohit Ramnawaz, et une délégation des douanes sud-coréennes (Korean Customs Service).
Les échanges ont porté sur le renforcement des systèmes de gestion des risques et l’intégration de technologies avancées dans le traitement des colis entrants. Les autorités mauriciennes veulent notamment améliorer les capacités de détection des drogues, armes et marchandises frauduleuses grâce à des dispositifs de scanning et d’analyse automatisée. « La vision du gouvernement, c’est de digitaliser les services gouvernementaux afin d’améliorer leur efficacité et leur efficience, tout en gérant les risques grandissants liés au trafic de drogue et aux produits illicites », a déclaré Dhaneshwar Damry à l’issue de la rencontre.
Cette coopération s’inscrit dans un contexte de progression rapide de l’e‑commerce à Maurice. Selon les autorités douanières, entre 4000 et 5000 colis transitent chaque jour par le territoire mauricien, un volume en hausse porté par les achats en ligne et les plateformes internationales d’e‑commerce. Cette croissance complique le travail des services de contrôle, confrontés à des méthodes de fraude de plus en plus sophistiquées, notamment la sous‑évaluation des marchandises ou la dissimulation de produits prohibés dans les colis postaux.
L’initiative intervient alors que le gouvernement mauricien multiplie depuis plusieurs années les investissements dans la modernisation des services douaniers et fiscaux. La Mauritius Revenue Authority a engagé plusieurs projets liés à l’automatisation des procédures de dédouanement, à la gestion numérique des risques et au renforcement du contrôle des colis entrants. L’institution travaille notamment sur des systèmes de scanning avancés destinés à détecter plus efficacement les drogues, les armes et autres produits prohibés. Les autorités misent également sur la coopération internationale pour moderniser les infrastructures de contrôle et accélérer le traitement des marchandises tout en sécurisant les échanges commerciaux.
Samira Njoya
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La transformation numérique s’accélère en Afrique, portée par la digitalisation des services et la connectivité mobile. Les pays investissent dans la montée en compétences des populations pour accompagner cette transition et en tirer pleinement profit.
Le gouvernement algérien a annoncé la semaine dernière le lancement d’un programme d’autonomisation numérique baptisé « 77.7 ». Cette initiative vise à former les citoyens algériens de toutes les tranches d’âge et à leur fournir les compétences numériques nécessaires pour répondre aux exigences de l’époque et accompagner la dynamique de transformation numérique du pays.
L’annonce a été faite le samedi 17 mai par Sid Ali Zerrouki, à l’occasion de la Journée mondiale des télécommunications et des technologies de l’information. Le programme est mis en œuvre en partenariat avec les opérateurs Algérie Télécom et Mobilis, avec la perspective d’intégrer d’autres acteurs dans les prochaines phases.
Des compétences numériques pour tous les âges
Le programme « 77.7 » est considéré comme le plus complet à l’échelle nationale. Il cible sept groupes d’âge distincts à travers sept parcours pédagogiques conçus de manière adaptée.
Ces parcours vont de « Explorateurs de la technologie » pour les enfants de 7 à 10 ans, aux modules « Couches de la technologie », « Innovateurs » et « Technologie professionnelle » destinés aux jeunes et étudiants, jusqu’aux programmes « Technologie pour la croissance », « Autonomisation numérique » et « Seniors de la technologie », destinés aux adultes et aux personnes âgées jusqu’à 77 ans.
Les contenus sont modulaires, progressifs et adaptés à chaque tranche d’âge, allant de la découverte des outils numériques jusqu’à leur maîtrise avancée. La cybersécurité constitue un pilier obligatoire dans l’ensemble des parcours, couvrant notamment la lutte contre le phishing, la fraude en ligne, la désinformation et la protection des données personnelles.
Sur le plan opérationnel, le programme repose sur un modèle hybride combinant formation en présentiel et à distance. Sept « Skills Centers » répartis dans les wilayas d’Alger, Oran, Annaba, Sétif, Chlef, Saïda et Adrar constituent le socle de la mise en œuvre, avec une capacité d’accueil d’environ 1000 apprenants par centre et par an. Pour sa première année, le ministère prévoit de former entre 25 000 et 30 000 citoyens.
Une dynamique nationale de montée en compétences
Cette initiative s’inscrit dans une intensification des efforts des autorités algériennes en matière de développement des compétences numériques. L’État affirme vouloir investir dans le capital humain comme « base essentielle » pour accompagner les mutations technologiques rapides du monde actuel.
Ces derniers mois, plusieurs programmes ont été lancés dans cette dynamique. En avril 2026, Alger a mis en place un programme national de formation à l’intelligence artificielle, d’une durée de 12 semaines. En mai 2025, l’exécutif a lancé le programme « Chabab Tech », destiné à former les jeunes aux technologies telles que le cloud computing, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’Internet des objets. Plus tôt la même année, le gouvernement avait déjà entamé le déploiement de « Skills Centers ».
Vers la stratégie « Algérie Numérique 2030 »
Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la stratégie « Algérie Numérique 2030 », qui fait du renforcement des compétences l’un de ses cinq piliers majeurs. Cette feuille de route ambitionne de former jusqu’à 500 000 spécialistes des TIC et de réduire significativement la fuite des talents qualifiés.
Dans un contexte marqué par un chômage encore élevé, notamment chez les jeunes, ces efforts sont présentés comme une réponse structurelle. Selon l’enquête « Activité, Emploi et Chômage » de l’Office national des statistiques (ONS) pour 2024, le taux de chômage global s’élève à 9,7 %. La Banque mondiale estime, de son côté, le chômage des jeunes à 29,4 % en 2024, contre 29,9 % l’année précédente.
Au‑delà des perspectives d’emploi, la formation numérique vise également à faciliter l’adoption des services digitaux, à renforcer l’inclusion numérique et à améliorer la protection des utilisateurs dans un environnement de plus en plus connecté.
Isaac K. Kassouwi
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Le transport routier assure l’essentiel des échanges de marchandises au Maroc. Les autorités veulent accélérer la numérisation du secteur pour moderniser sa gestion et renforcer la sécurité routière.
Selon les données sectorielles, le transport routier représente plus de 75 % des flux de marchandises au Maroc et constitue l’un des piliers de la logistique nationale. Face à la croissance des échanges et à l’augmentation du trafic, les autorités marocaines accélèrent la numérisation du secteur afin d’améliorer la sécurité routière, moderniser les services administratifs et renforcer le suivi des activités de transport.
C’est dans ce contexte que le ministère du Transport et de la Logistique a signé, le jeudi 15 mai à Rabat, une convention de partenariat avec la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) et sa filiale CDG Incept. L’accord vise à accompagner la mise en œuvre de la feuille de route digitale du transport routier, dans le cadre de la stratégie nationale « Digital Morocco 2030 ».
Le partenariat prévoit la création d’une plateforme numérique intégrée dédiée au transport routier, incluant un système de chronotachygraphe numérique. Ce dispositif permettra de suivre en temps réel plusieurs données relatives aux véhicules, notamment la vitesse, les distances parcourues, les temps de conduite ou encore la localisation des camions et autocars.
Selon le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, cette solution doit permettre aux conducteurs et aux entreprises de transport d’assurer un suivi numérique plus précis de leurs opérations, tout en facilitant l’accès aux services administratifs. Les usagers pourront effectuer certaines démarches à distance via une plateforme centralisée, sans devoir se déplacer dans les services du ministère.
Les autorités veulent également utiliser ces outils numériques pour renforcer la sécurité routière. Le Maroc enregistre encore plusieurs milliers d’accidents de la route chaque année. D’après l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA), plus de 143 000 accidents corporels ont été recensés en 2024 dans le pays, causant plus de 4000 décès. Le suivi numérique des temps de conduite et des déplacements des véhicules pourrait ainsi contribuer à limiter certaines infractions liées à la fatigue, aux excès de vitesse ou au non‑respect des règles de circulation.
Cette transformation numérique intervient également dans un contexte de modernisation progressive de la logistique marocaine. Selon le ministère du Transport, le secteur contribue à environ 5 % du PIB national et joue un rôle stratégique dans les échanges commerciaux du royaume avec l’Europe et l’Afrique. Le développement des infrastructures portuaires, notamment autour du complexe Tanger Med, a accru les besoins en solutions numériques capables d’améliorer la traçabilité des marchandises et l’efficacité des chaînes logistiques.
Pour la CDG, ce projet constitue une première étape dans l’accompagnement de la digitalisation des procédures du ministère. Les travaux devraient s’étaler sur environ six mois. À terme, les autorités espèrent bâtir un écosystème numérique capable d’améliorer la gouvernance du transport routier, de fluidifier les opérations et de rapprocher davantage les services publics des professionnels et des citoyens.
Samira Njoya
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La transformation numérique des administrations devient un enjeu stratégique sur le continent. En Guinée, les autorités misent sur plusieurs projets structurants pour moderniser les services publics et renforcer leur performance.
La Guinée accélère la modernisation de son administration publique. Le ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique a présenté, le vendredi 15 mai à Conakry, neuf projets stratégiques destinés à renforcer la numérisation des services publics, améliorer la gestion administrative et moderniser les outils de gouvernance de l’État.
Les initiatives portent notamment sur la numérisation des services publics à travers le Guichet unique des services publics (GUSP), la modernisation des systèmes de gestion des ressources humaines et le déploiement d’équipements numériques au sein de l’administration. Le programme prévoit également une cartographie détaillée de l’administration publique, un recensement des systèmes informatiques actuellement utilisés pour la gestion du personnel ainsi que le renforcement des capacités des agents publics à l’utilisation des outils numériques.
Les autorités veulent aussi réhabiliter et moderniser le Gouv‑Lab, restructurer les établissements publics administratifs (EPA) et rationaliser l’intervention de l’État afin d’améliorer la coordination administrative. Des outils digitaux, dont la plateforme FUGAS dédiée à la gestion des ressources humaines publiques, doivent également être renforcés. Selon le ministère chargé de la Fonction publique, ces projets doivent permettre de réduire les lourdeurs administratives, renforcer la transparence et améliorer l’accès des citoyens et des entreprises aux services publics.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Simandou 2040, présenté par les autorités comme la nouvelle feuille de route économique et institutionnelle de la Guinée pour les quinze prochaines années. Longtemps associé au gigantesque projet minier de Simandou, ce programme englobe désormais plusieurs réformes liées au numérique, à la gouvernance publique et au développement des infrastructures. Les autorités cherchent ainsi à bâtir une administration plus performante et davantage orientée vers les résultats, dans un contexte où plusieurs pays africains accélèrent la transformation numérique de leurs services publics.
Les nouveaux projets interviennent alors que la Guinée a déjà engagé plusieurs initiatives dans le domaine de l’e‑gouvernement ces dernières années. Le pays dispose désormais d’un portail national de services publics donnant accès à plusieurs démarches administratives en ligne, notamment les demandes de passeport, de visa, d’actes d’état civil ou encore de permis biométriques. Le gouvernement a également lancé des plateformes numériques comme eTax pour la télédéclaration et le télépaiement des impôts, tandis que l’Agence nationale de digitalisation de l’État (ANDE), créée en 2022, pilote plusieurs projets liés à l’interconnexion des administrations, au développement de solutions numériques publiques et au déploiement du réseau métropolitain de fibre optique de Conakry.
Au‑delà de la modernisation administrative, les enjeux sont également économiques. La Guinée espère améliorer le climat des affaires, renforcer l’efficacité de l’action publique et faciliter les interactions entre l’administration, les citoyens et les entreprises. Les autorités estiment aussi que la digitalisation des procédures pourrait contribuer à réduire les délais administratifs, renforcer la traçabilité des opérations et améliorer la transparence dans la gestion publique.
Samira Njoya
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Avec la transformation numérique, les pays africains préparent leurs citoyens aux compétences de demain. Par exemple, la Banque mondiale indique que près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.
Le gouvernement djiboutien a lancé une étude de faisabilité en vue de la création de « Maisons du numérique » dans les cinq régions de l’intérieur du pays. L’initiative s’inscrit dans le programme E-SKILLS, destiné à renforcer les compétences numériques de la population.
Dans un communiqué publié le mercredi 13 mai, le ministère délégué chargé de l’Économie numérique et de l’Innovation précise que cette étude constitue une étape déterminante pour définir les modalités de déploiement de ces espaces de proximité. Ceux-ci sont conçus comme des leviers d’inclusion numérique et de réduction de la fracture digitale.
« Les futures Maisons du numérique auront vocation à renforcer l’accès aux compétences numériques, accompagner les populations dans leurs usages du digital, encourager l’innovation locale et favoriser l’émergence d’opportunités économiques au sein des régions », indique le communiqué relayé sur les réseaux sociaux.
Ces structures devraient rapprocher le programme E-SKILLS des populations locales. Celui-ci vise à former au moins 3000 jeunes et femmes d’ici 2029, pour un coût estimé à 7 millions d’euros (environ 8,1 millions de dollars). Le projet s’inscrit dans la Vision Djibouti 2035, la feuille de route « Smart Nation » et le Plan national de développement 2025-2030, qui ambitionnent de positionner le pays comme un hub régional de compétences numériques.
Les compétences numériques sont considérées comme un levier de la transformation numérique. Elles constituent également un enjeu majeur en Afrique, où la problématique de l’emploi des jeunes reste particulièrement préoccupante. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), 90 % des métiers dans le monde nécessiteront une certaine compétence numérique d’ici 2030. À la même échéance, la Banque mondiale estime que 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne dépendront de ces aptitudes.
En 2024, le chômage des jeunes djiboutiens âgés de 15 à 24 ans atteignait 76,32 % selon la Banque mondiale, soit près de cinq fois la moyenne mondiale (15,7 %). La même année, seuls 23,7 % des personnes en âge de travailler occupaient un emploi, l’un des niveaux les plus faibles parmi les membres de l’Organisation de coopération islamique (OCI), selon le Centre de recherches statistiques, économiques et sociales et de formation pour les pays islamiques (SESRIC).
Au-delà des compétences, les Maisons du numérique peuvent également contribuer à réduire la fracture digitale dans un pays où la connectivité reste inégalement répartie. Selon l’Union internationale des télécommunications, la couverture 4G atteignait 76 % de la population en 2024, tandis que le taux de pénétration d’Internet s’établissait à 65,3 %.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le pays a lancé un vaste chantier de modernisation de ses services publics afin de les rendre plus accessibles et efficaces par le numérique. Les archives administratives constituent un axe central de la réforme, avec l’objectif de les centraliser.
Le gouvernement tchadien a officiellement lancé, le jeudi 14 mai à N’Djamena, une plateforme numérique dédiée au Journal officiel de la République. Accessible via journalofficiel.td, ce portail vise à moderniser l’accès aux textes juridiques et administratifs, renforcer la transparence de l’action publique et faciliter la diffusion des informations officielles auprès des citoyens, des entreprises et des institutions.
💻 68 ans d’archives gouvernementales désormais accessibles en ligne 🇹🇩
— PNUD TCHAD (@PNUD_Tchad) May 14, 2026
Honorés d’avoir accompagné le Secrétariat général du Gouvernement dans la conception et la mise en place du portail numérique du Journal Officiel.
Lois, décrets et textes réglementaires sont désormais plus… pic.twitter.com/xqvVd3pgAC
La nouvelle plateforme centralise désormais les lois, décrets, communiqués officiels, avis d’appels d’offres, marchés publics approuvés ainsi que différents textes réglementaires publiés par l’État. Le portail permet également de consulter plus de 68 années d’archives administratives et réglementaires, couvrant la période allant de 1958 à aujourd’hui.
Financé par l’Union européenne et mis en œuvre avec l’appui du PNUD, le projet s’inscrit dans les efforts engagés par les autorités pour accélérer la transformation numérique de l’administration tchadienne. L’objectif est de sécuriser et préserver la mémoire administrative nationale tout en garantissant un accès plus rapide et plus large aux documents officiels. Le gouvernement souhaite également améliorer la transparence autour des marchés publics et renforcer la fiabilité de l’information administrative diffusée aux citoyens.
Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs pays africains accélèrent la numérisation de leurs services publics afin d’améliorer la gouvernance, réduire les délais administratifs et faciliter l’accès à l’information publique. La dématérialisation des journaux officiels apparaît également comme un moyen de renforcer la sécurité juridique et de simplifier les démarches des citoyens, des investisseurs et des professionnels du droit.
Au-delà de la modernisation administrative, le pays cherche à améliorer l’accès à l’information juridique et à renforcer l’attractivité du pays pour les investisseurs. La maîtrise nationale des infrastructures et des archives numériques constitue un enjeu stratégique pour construire une administration plus efficace, plus transparente et davantage accessible sur l’ensemble du territoire.
Samira Njoya
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La numérisation des services financiers gagne du terrain en Algérie. Entre hausse du nombre de cartes bancaires, déploiement des terminaux de paiement et progression des transactions électroniques, le pays cherche à installer durablement les usages numériques dans l’économie.
L’Algérie poursuit l’accélération de sa transition vers les paiements numériques. Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a annoncé le jeudi 14 mai devant le Conseil de la nation que le pays comptait, à fin mars 2026, plus de 22 millions de cartes de paiement en circulation, dont près de 18 millions de cartes Edahabia émises par Algérie Poste. Cette progression s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique engagée par les autorités pour renforcer l’inclusion financière et moderniser les services de paiement.
Les chiffres communiqués par le ministère témoignent de cette progression. Le parc national de distributeurs automatiques de billets a atteint 4713 appareils à fin mars 2026, pour environ 235 millions d’opérations enregistrées. Le nombre de terminaux de paiement électronique (TPE) dépasse désormais les 104 000 unités, contre environ 68 000 à fin 2024, traduisant une accélération importante du déploiement des équipements chez les commerçants.
L’utilisation des moyens de paiement numériques progresse également en valeur. Selon les données du GIE Monétique, les paiements électroniques réalisés via TPE, Internet et mobile ont atteint 939 milliards de dinars (7 milliards $) en 2025, en hausse de 46 % sur un an. Les paiements sur Internet ont particulièrement progressé, avec plus de 27 millions de transactions enregistrées pour une valeur dépassant 145 milliards de dinars. Les transferts d’argent via mobile ont eux aussi connu une forte croissance, stimulés notamment par les applications BaridMob et Wimpay.
Cette dynamique est portée par plusieurs réformes engagées ces dernières années. Les autorités ont notamment créé, en 2024, une Commission nationale des moyens de paiement électronique afin d’accélérer le développement de la monétique et d’améliorer la sécurité des transactions. En parallèle, l’extension des services publics numériques, l’essor du commerce électronique et la généralisation progressive des paiements en ligne contribuent à modifier les habitudes de consommation dans un pays historiquement dominé par les paiements en espèces.
Le développement du e-paiement reste toutefois confronté à plusieurs défis. Malgré l’augmentation rapide du nombre de cartes et de TPE, l’usage du cash demeure largement dominant dans l’économie algérienne. Selon des données relayées récemment par le GIE Monétique, moins de 10 % des commerçants du pays disposent actuellement d’un terminal de paiement électronique.
Les autorités misent néanmoins sur la poursuite de la numérisation des services financiers pour accélérer l’adoption des paiements électroniques. Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse la simple modernisation des transactions : il s’agit aussi de réduire l’économie informelle, d’améliorer la traçabilité des flux financiers et de favoriser une plus grande inclusion financière dans le pays.
Samira Njoya
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Depuis quelques années, les financements dans les jeunes pousses africaines ralentissent. Avec la hausse des taux d’intérêt, les investisseurs sont devenus de plus en plus sélectifs, obligeant les entrepreneurs technologiques africains à se tourner vers le financement par dette.
Le financement par dette est devenu, pour la première fois, le principal mode de financement dans l’écosystème des start-up africaines. Au premier trimestre 2026, la dette a représenté 305 millions USD sur les 600 millions de dollars levés, contre seulement 50 millions USD au premier trimestre 2025, soit un montant six fois supérieur en un an, selon les données d’Africa: The Big Deal.
Ce basculement s’inscrit dans une tendance de fond amorcée depuis plusieurs années. Selon le rapport annuel 2025 de Partech publié en janvier 2026, les financements par dette sont passés de 1,01 milliard USD fin 2024 à 1,64 milliard USD fin 2025, soit une hausse de 63 % sur un an.
Le nombre d’opérations a suivi la même trajectoire, progressant de 40 % pour atteindre 108 transactions, un niveau record sur le continent. En 2025, la dette a ainsi représenté 41 % de l’ensemble des capitaux investis dans les start-up africaines, contre 31 % en 2024 et 17 % en 2019.

« Nous avons constaté que l’endettement constituait le changement structurel le plus important de l’année 2025. Encore marginal il y a quelques années, le financement par dette est devenu un pilier central du financement technologique africain », souligne Partech dans son rapport.
Pour le cabinet, cette progression ne traduit pas une reprise cyclique mais un changement durable des modes de financement. Un nombre croissant de start-up africaines atteint désormais un niveau d’activité, de génération de trésorerie et de gouvernance suffisant pour accéder à des instruments structurés et non dilutifs.
En avril 2026, le togolais Gozem a ainsi levé 24,5 millions USD en dette auprès de la Société financière internationale (SFI) pour financer l’expansion de sa flotte, tandis que la start-up agricole kényane Victory Farms a obtenu 15 millions USD via AgDevCo.
« Les chiffres semblent corrects à première vue, mais le fort recul des financements en capital [equity, Ndlr] et la raréfaction des petites levées témoignent d’un environnement plus difficile pour les start-up en phase d’amorçage », nuance Max Cuvellier Giacomelli, cofondateur d’Africa: The Big Deal.
La répartition géographique de la dette révèle des écarts marqués. En 2025, le Kenya arrive en tête avec 498 millions USD levés par dette, soit 48 % du capital total déployé dans le pays, suivi de l’Égypte (246 millions USD, +73 % sur un an), du Nigeria (160 millions USD, +132 %), du Sénégal (139 millions USD) et de l’Afrique du Sud (72 millions USD, -45 %).
Cette montée en puissance a toutefois une contrepartie. Le nombre total d’opérations a chuté de 34 % entre le premier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, passant de 140 à 92 transactions. Les petites levées, comprises entre 100 000 et 500 000 USD, sont passées de 73 à 32. Les start-up en phase d’amorçage, qui ne disposent pas encore d’une croissance suffisante pour accéder à la dette, se retrouvent ainsi exclues d’une partie du marché du financement.
Adoni Conrad Quenum
Edité par M.F. Vahid Codjia
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Les pays africains misent de plus en plus sur le numérique pour soutenir leur développement socio-économique. Pour y parvenir, ils doivent investir davantage dans la cybersécurité.
Le Liberia s’est doté d’un laboratoire de cybersécurité et d’investigation numérique. Le dispositif vise à renforcer les capacités du pays face à la montée des menaces cybernétiques.
Une délégation de la CEDEAO a effectué une visite d’inspection de l’infrastructure le mardi 12 mai. L’organisation sous-régionale a ainsi évalué le niveau de conformité et de performance du laboratoire, dans le cadre de son dispositif de suivi et d’évaluation des initiatives liées à la cybersécurité dans les États membres, conformément à sa stratégie régionale en la matière.
Selon le ministère des Postes et Télécommunications, le laboratoire est équipé d’outils de criminalistique numérique de dernière génération, de systèmes de surveillance des menaces en temps réel, de capacités avancées de réponse aux incidents, ainsi que d’équipements spécialisés de formation. « Ce laboratoire de classe mondiale renforce considérablement la capacité du pays à enquêter sur les cybercrimes, à récupérer des preuves numériques, à analyser les menaces et à se défendre contre les risques cyber émergents », indique le ministère dans un communiqué publié sur Facebook.
Un précédent communiqué du ministère datant de 2024 lors du lancement du projet précisait que le laboratoire serait structuré en deux principales sections : une cellule de réponse aux incidents informatiques (CERT) et une unité de criminalistique numérique. La première sera chargée de répondre aux menaces numériques, notamment les cyberattaques et tentatives de piratage, tout en assurant la surveillance des systèmes, l’atténuation des risques et la formation des acteurs de la sécurité. La seconde sera dédiée aux enquêtes, permettant aux forces de l’ordre de collecter et analyser des preuves numériques dans des affaires telles que la fraude financière ou le trafic de drogue.
Les prémices de cette initiative remontent à 2019, lorsque la CEDEAO s’était engagée à fournir au Liberia environ 400 millions de dollars d’équipements de criminalistique numérique, sous réserve de la mise à disposition d’un site adapté. Toutefois, des retards liés à l’acquisition de 100 000 dollars destinés aux travaux de rénovation ont freiné sa mise en œuvre pendant plusieurs années. Le projet a néanmoins connu une accélération en 2024, notamment sous la houlette du président Joseph Boakai.
Cette initiative s’inscrit dans les efforts des autorités pour sécuriser le cyberespace national dans un contexte marqué par la montée des menaces numériques. Dans son « Cybercrime Africa Cyberthreat Assessment 2025 », Interpol souligne que l’essor des services numériques, des réseaux sociaux, du commerce en ligne et de la banque mobile a favorisé l’expansion de la cybercriminalité en Afrique. Le rapport indique que celle-ci représente plus de 30 % des infractions signalées en Afrique de l’Ouest et de l’Est en 2024, tandis que les pertes financières cumulées sur le continent entre 2019 et 2025 sont estimées à plus de 3 milliards de dollars.
Dans ce contexte, l’Union internationale des télécommunications (UIT) appelle les États à renforcer leurs dispositifs de cybersécurité afin de tirer pleinement parti des opportunités du numérique. Elle classe actuellement le Liberia à l’avant-dernier niveau de son Indice global de cybersécurité (2024), saluant des progrès en matière de cadre réglementaire et de coopération, mais pointant encore des insuffisances sur les plans technique, organisationnel et du développement des compétences.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte de forte demande en emplois qualifiés, les compétences numériques prennent une place de plus en plus importante. Orange intensifie ses actions pour soutenir l’insertion professionnelle des jeunes en Afrique.
Investir dans le plus grand atout de l’Afrique : sa jeunesse. C’est autour de cet axe que le groupe Orange a dévoilé le mardi 12 mai, lors du Sommet Africa Forward organisé à Nairobi, une nouvelle phase de son engagement en faveur de l’employabilité des jeunes sur le continent.
Dans le cadre de sa stratégie de transformation socio-économique, l’opérateur ambitionne de former plus de 3 millions de jeunes d’ici 2030 aux métiers du numérique, notamment dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le cloud ou encore l’entrepreneuriat. Ces formations, gratuites et certifiantes, seront déployées à travers un réseau élargi d’infrastructures dédiées.
Pour soutenir cet objectif, Orange prévoit l’ouverture de 50 nouveaux Orange Digital Centers, portant leur nombre total à 100 en Afrique et au Moyen-Orient. Le dispositif s’appuiera également sur des partenariats académiques, avec plus de 167 universités, ainsi que sur des plateformes d’apprentissage internationales comme Coursera. L’ambition est de renforcer l’accès aux compétences numériques et de mieux aligner les formations aux besoins du marché du travail.
Au-delà de la formation, le groupe entend également accélérer l’insertion professionnelle des jeunes. Orange prévoit ainsi d’accompagner plus de 500 start-up à l’horizon 2030, en s’appuyant sur un dispositif qui a déjà permis de soutenir plus de 400 jeunes entreprises sur le continent. L’objectif est de transformer les compétences acquises en opportunités économiques concrètes, dans des secteurs porteurs comme la fintech, la santé, l’agriculture ou encore le e-commerce.
Cette orientation vers l’emploi se matérialise notamment à travers le programme « Master Repair », développé en partenariat avec la GIZ. Déployé au Maroc, en Tunisie, au Sénégal et en Égypte, ce projet vise à former des jeunes aux métiers techniques liés à la réparation d’équipements électroniques, ainsi qu’à l’installation et à la maintenance de solutions énergétiques et de connectivité.
À mi-parcours, le programme a déjà permis à 285 jeunes d’acquérir des compétences opérationnelles, avec une attention particulière portée à l’inclusion : 26 % des bénéficiaires sont des femmes et près d’un tiers sont des personnes en situation de handicap. Le projet entre désormais dans une phase dédiée à l’insertion professionnelle, avec un accompagnement renforcé vers l’emploi salarié ou l’auto-emploi.
En combinant formation, accompagnement entrepreneurial et insertion professionnelle, Orange cherche à répondre à l’un des principaux défis du continent : la création d’emplois pour une population jeune en forte croissance. Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique plus large visant à faire du numérique un levier d’inclusion économique et sociale en Afrique.
Samira Njoya
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Les solutions de paiement numériques continuent de se développer en Afrique. Elles répondent à un besoin croissant, porté par la transformation numérique en cours sur le continent.
Le fournisseur de services financiers mozambicain Letshego, a lancé une carte de débit au Mozambique en partenariat avec la société américaine Mastercard. L’initiative vise, selon les deux parties, à soutenir la transformation numérique en cours dans le pays ainsi que l’inclusion financière de la population.
Dans un communiqué publié le lundi 11 mai, Mastercard explique que la carte s’appuie sur son réseau mondial. Elle permet aux clients d’effectuer des transactions en toute sécurité, à la fois localement et à l’international là où elle est acceptée. Elle facilite les paiements du quotidien et une plus grande participation au système financier formel.
L’initiative intervient dans un contexte de transformation numérique marqué par une demande croissante de solutions de paiement digitalisées. Elle répond notamment à l’essor des usages numériques, allant des achats sur des plateformes d’e-commerce internationales comme Alibaba ou Jumia, à l’abonnement à des services de streaming tels que Netflix ou Spotify, en passant par divers paiements en ligne du quotidien, encore difficiles d’accès pour une partie de la population non bancarisée.
« En donnant à davantage de personnes les outils nécessaires pour participer à l’économie numérique, nous contribuons à renforcer la résilience financière et à permettre aux communautés de prospérer dans un monde de plus en plus connecté », a déclaré Gabriel Swanepoel, président de division Afrique chez Mastercard
Au-delà des particuliers, l’enjeu concerne également les PME, qui constituent un maillon central de l’économie locale. Pour ces entreprises, l’accès à des moyens de paiement numériques fiables peut faciliter les ventes en ligne, sécuriser les transactions avec les clients et fournisseurs, mais aussi ouvrir l’accès à de nouveaux marchés, y compris à l’international. Dans un environnement où une large part des échanges reste encore dominée par le cash, ces outils apparaissent comme un levier pour formaliser davantage l’activité économique et améliorer la traçabilité des flux financiers.
Il convient toutefois de souligner que la disponibilité des services ne garantit pas nécessairement leur adoption. L’adoption des services financiers numériques est souvent associée à plusieurs facteurs comme la confiance des utilisateurs, le niveau de littératie numérique, l’accès à des équipements adaptés (smartphones, connexion Internet) ainsi que le coût des services. Elle dépend aussi des habitudes de paiement, notamment la persistance de l’usage du cash dans de nombreux contextes.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les infrastructures critiques, notamment dans le transport aérien, figurent parmi les cibles privilégiées des cyberattaques. Face à ces risques, le Gabon engage un renforcement de la sécurité de ses systèmes numériques pour garantir la continuité des opérations.
Le Gabon veut renforcer la protection de ses systèmes numériques dans le secteur de l’aviation civile. L’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) a annoncé à cet effet le jeudi 7 mai, la signature d'un accord de partenariat avec l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF). L'initiative vise à sécuriser les infrastructures critiques et à moderniser les systèmes d’information du secteur aérien.
Dans le cadre de cet accord, l’ANINF accompagnera l’ANAC dans la modernisation de ses systèmes numériques. L’objectif est de renforcer la sécurité des infrastructures informatiques, d’améliorer la gestion des données sensibles et d’optimiser les outils de gestion et de communication utilisés dans l’administration de l’aviation civile.
Le partenariat prévoit également une montée en capacité des systèmes de continuité de service et une amélioration de la résilience face aux incidents numériques. Les deux institutions travaillent aussi sur l’interopérabilité des systèmes d’information, afin de faciliter un échange sécurisé et structuré des données entre administrations.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique portée par les autorités gabonaises, qui font de la souveraineté numérique et de la modernisation de l’administration des priorités. Elle est également alignée avec les standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui encourage les États à renforcer la cybersécurité de leurs infrastructures aéronautiques.
Le partenariat intervient dans un contexte international marqué par la recrudescence et la montée croissante des cyberattaques ciblant les systèmes d’aviation civile et les infrastructures critiques. Face aux nouveaux défis liés à l’interconnexion des environnements IT (Technologies de l’Information) et OT (Technologies Opérationnelles), la protection des systèmes numériques, la sécurisation des données sensibles ainsi que la continuité des opérations deviennent des objectifs centraux.
Au-delà du secteur aérien, cette coopération illustre la volonté du Gabon de construire une administration plus sécurisée et mieux interconnectée. En structurant ses systèmes autour de standards de cybersécurité plus élevés, le pays cherche à renforcer la fiabilité de ses services publics numériques et la protection de ses données stratégiques.
Samira Njoya
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Le pays opte pour une modernisation de ses procédures d’entrée sur le territoire en misant sur la numérisation des démarches consulaires. Une évolution qui redéfinit la gestion administrative des flux migratoires.
Depuis le lundi 11 mai, toutes les demandes de visa pour le Tchad doivent obligatoirement être effectuées en ligne, via la plateforme officielle evisa.td. L’annonce a été faite par la sous-direction de l’E-Visa du ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration dans un communiqué publié le vendredi 8 mai 2026.
La plateforme eVisa Tchad, déjà opérationnelle depuis décembre 2024, devient désormais l’unique canal de demande pour l’ensemble des catégories de visas, à l’exception des visas diplomatiques et de courtoisie, qui restent gérés par les missions diplomatiques tchadiennes.
Selon les autorités, cette mesure s’inscrit dans l’application du décret n°2299/PR/PM/MSPI/2025 et d’un arrêté conjoint de 2026, qui encadrent les conditions d’entrée et de séjour des étrangers au Tchad. L’objectif est de centraliser et sécuriser le traitement des demandes, tout en simplifiant les procédures administratives.
Les autorités précisent par ailleurs qu’une période de transition est en cours. Les visas délivrés avant l’entrée en vigueur du dispositif restent valables jusqu’à leur expiration. En revanche, à partir du 21 mai 2026, tout visa délivré en dehors de la plateforme sera considéré comme invalide et ne permettra plus l’entrée sur le territoire tchadien. Les autorisations manuelles d’entrée sont supprimées définitivement.
Avec cette réforme, le Tchad rejoint un mouvement plus large de dématérialisation des procédures de visa observé dans plusieurs pays africains, à l’instar du Rwanda, du Kenya et du Ghana, qui ont déjà basculé vers des systèmes entièrement numériques pour la gestion des demandes d’entrée sur leur territoire.
Samira Njoya
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