En janvier 2023, Starlink d’Elon Musk faisait son entrée sur le plus gros marché télécoms africain, fort de plus de 200 millions d’habitants. Même si la société compte aujourd’hui plus de 66 000 abonnés, elle risque de perdre son monopole.
Le marché nigérian du haut débit par satellite s’ouvre à un nouvel acteur mondial. Amazon a obtenu un permis d’atterrissage de sept ans auprès de la Commission nigériane des communications (NCC), autorisant son projet Kuiper à lancer des services internet au Nigeria à partir de février 2026. Cette décision marque une étape clé dans la stratégie du pays visant à diversifier ses infrastructures de connectivité et à attirer des investissements technologiques de nouvelle génération.
« L’approbation s’aligne sur les meilleures pratiques mondiales et reflète la volonté du Nigeria d’ouvrir son marché des communications par satellite aux fournisseurs de services à large bande de nouvelle génération », a indiqué la NCC, soulignant l’importance stratégique de cette autorisation dans un contexte de forte demande en connectivité.
Le permis permet à Amazon Kuiper d’exploiter son segment spatial au Nigeria dans le cadre d’une constellation mondiale pouvant atteindre 3236 satellites en orbite terrestre basse (LEO). L’entreprise est autorisée à proposer des services fixes par satellite (FSS), des services mobiles par satellite (MSS) ainsi que des stations terrestres en mouvement (ESIM), couvrant aussi bien les ménages et les entreprises que les besoins de mobilité, de logistique, de transport aérien et maritime ou encore d’infrastructures critiques.
L’arrivée d’Amazon sur ce segment met fin à la domination quasi exclusive de Starlink sur le marché nigérian de l’internet par satellite LEO. Jusqu’ici, l’entreprise d’Elon Musk bénéficiait d’un avantage de premier entrant, avec une base estimée à plus de 66 000 abonnés dans le pays. L’entrée de Kuiper introduit une concurrence directe entre deux géants disposant de capacités financières, technologiques et industrielles à l’échelle mondiale, susceptible d’influencer les prix, la qualité de service et la couverture.
Sur le plan technique, l’autorisation accordée à Kuiper couvre l’exploitation de fréquences en bande Ka, connues pour leur capacité élevée de transmission de données. Avec des canaux de 100 MHz, Amazon prévoit des débits pouvant atteindre jusqu’à 400 Mbps, tout en maintenant des coûts de terminaux compatibles avec une adoption à grande échelle. Ces caractéristiques renforcent l’attractivité du satellite comme alternative crédible aux réseaux terrestres, y compris dans les zones urbaines et semi‑urbaines.
Le Nigeria représente un marché stratégique pour Amazon. Le pays compte plus de 200 millions d’habitants et affiche encore d’importantes lacunes en matière de connectivité. Selon la NCC, plus de 23 millions de Nigérians vivent dans des zones non ou mal desservies, tandis que la pénétration du haut débit mobile atteignait 50,58 % en novembre 2025. Dans ce contexte, les satellites LEO, grâce à leur faible latence, sont perçus comme un levier clé pour soutenir les usages numériques avancés, du cloud computing aux services financiers numériques.
Au‑delà des particuliers, les services de Kuiper pourraient répondre aux besoins des entreprises opérant dans des secteurs tels que le pétrole et le gaz, les mines, les ports ou les corridors logistiques, où le déploiement de la fibre reste coûteux ou techniquement complexe. Amazon, qui a rebaptisé Project Kuiper en Amazon LEO en novembre 2025, entend également capitaliser sur l’intégration avec Amazon Web Services (AWS) pour proposer des offres combinant connectivité et services cloud.
Avec cette autorisation, le Nigeria confirme son positionnement comme l’un des marchés africains les plus dynamiques pour le haut débit par satellite. La concurrence accrue entre opérateurs LEO devrait, à terme, favoriser un accès à Internet plus rapide, plus abordable et plus résilient, au bénéfice des consommateurs, des entreprises et de l’économie numérique nigériane.
Samira Njoya, Agence Ecofin
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Avec le lancement de sa stratégie de développement « Vision 2030 » en 2016, l’Égypte a fait du numérique un pilier essentiel de sa croissance. Le développement des infrastructures TIC et la promotion de l’inclusion numérique en constituent des leviers majeurs.
Lundi, 5 janvier 2026, le chef de l’État égyptien, Abdel Fattah al-Sissi a souligné l’importance d’ouvrir de nouvelles perspectives à l’industrie des télécommunications/numérique. Il a instruit l’étude de possibilités de développement des centres de données et des services d’informatique en nuage, l’expansion de la production locale d’équipements de télécommunications et la mise en place de mécanismes efficaces de soutien et de promotion des produits locaux.
Ces questions étaient abordées lors d’une réunion avec plusieurs collaborateurs, notamment le Premier ministre Moustafa Madbouly, le ministre des Communications et des Technologies de l’information Amr Talaat et le président exécutif de l’Autorité nationale de régulation des télécommunications (NTRA), Mohamed Shamroukh.
Amr Talaat affirme que les télécommunications pèsent désormais environ 6 % du PIB et que le secteur affiche une croissance annuelle comprise entre 14 % et 16 % pour la septième année consécutive. Le ministre évoque aussi une progression des exportations des services numériques, annoncées à 7,4 milliards de dollars, contre 3,3 milliards sept ans plus tôt.
En investissant dans le développement des centres de données, l’Egypte gagne dans la sécurisation des données stratégiques de l’État et des différents secteurs du marché national. Le pays attire également à lui des entreprises internationales grâce à une crédibilité infrastructurelle qui contribuera à la positionner comme pôle régional de services numériques à haute performance.
Les télécommunications sont actuellement l’un des piliers de l’économie numérique en Afrique, notamment en Egypte. Renforcer la production locale d’équipements soutiendra l’investissement à coûts plus avantageux des opérateurs télécom dans la transformation des réseaux. Pour les téléphones mobiles produits localement, du fait de prix plus soutenables, ils devraient être plus accessibles et contribuer à un plus grand usage des services numériques à valeur ajoutée par une plus grande partie de la population. Selon Amr Talaat, la capacité de production de téléphones portables est passée de 3,3 millions d’unités en 2018 à 10 millions en 2025, avec une valeur ajoutée locale d’environ 40 %. L’objectif affiché est de porter la capacité annuelle à 15 millions d’unités. Grâce à ses efforts de localisation de l’industrie engagée depuis 2016, comprenant plusieurs incitations, le pays a déjà attiré 15 marques internationales parmi lesquelles Samsung, Xiaomi, Oppo, Vivo ou encore Nokia et près de 200 millions de dollars d’investissements.
Muriel EDJO
Édité par Wilfried ASSOGBA
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Selon GSMA, le Sénégal affiche une couverture 4G quasi généralisée, atteignant 97 % de la population, et une 5G couvrant environ 39 %, principalement dans les grandes agglomérations. Les zones rurales demeurent mal couvertes.
Le Sénégal accélère sa marche vers la connectivité universelle. Lors de son message à la nation le mercredi 31 décembre 2025, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye a annoncé un programme de déploiement d’antennes satellitaires au cours de l’année 2026. Cet investissement contribuera à l’accès gratuit à Internet pour près d’un million de personnes, a-t-il déclaré. La mesure devrait profiter en priorité aux zones rurales et aux quartiers périphériques faiblement couverts par les réseaux télécoms.
Dans son étude « Stimuler la transformation numérique de l’économie au Sénégal. Opportunité, recommandations politiques et rôle du mobile », dévoilée le 5 décembre 2025, l’Association mondiale des opérateurs mobiles (GSMA) indique que le Sénégal affiche une couverture 4G quasi généralisée, atteignant 97 % de la population, et une 5G couvrant environ 39 %, principalement dans les grandes agglomérations. Sur une population d’environ 18 millions d’habitants, environ 9,9 millions de personnes utilisent des services mobiles, soit près de 52 % de la population totale. Seuls 8,16 millions de Sénégalais utilisent l’internet mobile haut débit, soit près de 42 % de la population.
Le choix d’antennes satellite répond à une contrainte simple : raccorder tout le territoire par fibre optique prend du temps et coûte cher. Les solutions récentes, portées par des constellations en orbite basse, promettent une mise en service plus rapide, y compris dans les zones difficiles d’accès. Pour l’instant, aucune précision n’a été apportée sur le modèle d’usage de ces antennes. Mais l’impact réel du service internet qu’elles promettent laisse entrevoir plusieurs possibilités.
Plusieurs gains en perspective
Dans l’éducation, l’enjeu est majeur. Un accès régulier peut donner aux enseignants des ressources actualisées, faciliter les cours à distance et offrir aux élèves des bibliothèques numériques et des exercices interactifs. Pour les étudiants éloignés des campus, la connexion devient un facteur de réussite autant qu’un gain financier, en réduisant la dépendance aux cybercafés et aux forfaits.
Côté santé, la télémédecine pourrait gagner du terrain : télé-expertise entre postes de santé et hôpitaux, transmission plus rapide de dossiers, suivi de patients chroniques et formation continue du personnel. Dans les zones enclavées, l’internet devient aussi un outil d’alerte et de coordination, utile en cas d’épidémie ou d’urgence.
L’enjeu est aussi économique. Pour les micro-entrepreneurs, l’accès gratuit ouvre la porte au commerce en ligne, aux paiements numériques, au marketing via les réseaux sociaux et à l’information sur les prix agricoles ou les opportunités de marché. Les administrations y voient un accélérateur de la dématérialisation : état civil, démarches sociales, informations fiscales, alertes et communication de proximité.
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Le Zimbabwe veut faire de son programme spatial un levier de développement socio-économique. Le pays a lancé son premier satellite en 2022 et le second en 2024.
Les autorités zimbabwéennes misent sur le troisième satellite national, le ZIMSAT-3, pour améliorer la connectivité dans le pays. C’est ce que prévoit la Stratégie nationale de développement 2 (NDS2), qui couvre la période 2026-2030.
« ZIMSAT-3 soutiendra le renforcement de la connectivité et les efforts de transformation numérique, viendra compléter l’expansion nationale du haut débit et contribuera à améliorer l’accès aux services numériques dans les zones rurales comme urbaines », peut-on lire dans le document de la stratégie.
Cette initiative intervient alors que les autorités cherchent à généraliser l’accès à Internet dans le pays. En mars 2024, le gouvernement avait révélé qu’il explorait des partenariats avec plusieurs fournisseurs de services par satellite afin d’étendre ses services et de réduire les coûts.
La NDS2 prévoit également l’extension des infrastructures numériques afin d’assurer une connectivité à l’échelle nationale. Il est notamment prévu l’extension de la couverture en fibre optique haut débit aux zones urbaines, périurbaines et rurales, l’expansion du haut débit mobile et l’installation de kiosques numériques alimentés à l’énergie solaire dans les communautés hors réseau et mal desservies.
Les autorités recommandent aussi des accords de partage d’infrastructures entre les fournisseurs de services de télécommunications pour accélérer la couverture et réduire les coûts d’Internet et des services numériques.
Le recours au satellite intervient alors que cette technologie est de plus en plus plébiscitée pour réduire la fracture numérique, notamment en Afrique subsaharienne. Selon la GSMA, « la région abrite certaines des géographies les plus difficiles pour les réseaux terrestres, comprenant des forêts tropicales, des déserts et des chaînes de montagnes ».
Pour rappel, le Zimbabwe comptait 6,45 millions d’utilisateurs d’Internet au début de l’année 2025, pour un taux de pénétration de 38,4 %, selon DataReportal. Par ailleurs, l’Union internationale des télécommunications (UIT) estime que les réseaux 2G, 3G, 4G et 5G couvraient respectivement 93,9 %, 87,9 %, 51,6 % et 15,9 % en 2024.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Ubrick F. Quenum
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La demande en services numériques connaît une forte croissance en Afrique, mais l’offre peine encore à suivre. Face à ces opportunités, les opérateurs télécoms diversifient leurs activités pour en tirer parti.
La société de télécommunications Orange Afrique & Moyen-Orient (OMEA) diffusera 35 matchs de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), qui se tient au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, via sa super app Max it. Un accord avec la Confédération africaine de football (CAF) a été révélé le lundi 29 décembre.
Orange Afrique & Moyen-Orient et @CAF_Online, partenaires pour offrir la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 aux fans sur mobile via la super app Max it.
— Orange Africa & Middle East (@orangeafrica) December 29, 2025
35 matchs en direct pour une couverture inédite à travers l'Afrique.
Le football pour tous, partout. 🌍… pic.twitter.com/kamAI1MS8g
La diffusion est disponible dans 13 pays d’Afrique subsaharienne où Orange est présente. Il s’agit du Burkina Faso, du Botswana, du Cameroun, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de Madagascar, du Mali, du Sénégal, de la Sierra Leone, du Liberia et de la Guinée-Bissau.
Le dispositif inclut l’intégralité des matchs de la phase de poules des équipes nationales des filiales Orange qualifiées, ainsi qu’une sélection de rencontres des phases à élimination directe — huitièmes de finale, quarts de finale et une demi-finale — complétée par la petite finale et la finale. Des émissions sont également prévues avant et après les matchs.
« Cette année, avec Max it, nous donnons vie à notre vision numérique en offrant une expérience totalement intégrée. […] Cette initiative reflète notre engagement profond à soutenir l'amour de nos clients pour le football et à créer des moments inoubliables qui inspirent et rassemblent des millions de personnes à travers le continent », a déclaré Yasser Shaker, directeur général d’Orange Moyen-Orient et Afrique.
Cet accord vient renforcer l’arsenal de solutions numériques déjà déployé par Orange pour améliorer l’accès à l’information et l’interaction des supporters africains durant la CAN. Cela comprend notamment une plateforme numérique dédiée aux fans, proposant des contenus en temps réel, des statistiques, des interviews et les temps forts des matchs. L’opérateur mise également sur des outils intégrant l’intelligence artificielle à l’image d’un assistant conversationnel multilingue conçu pour répondre instantanément aux questions des supporters. Au-delà des usages numériques, Orange prévoit l’installation de Fan Zones connectées dans plusieurs pays africains.
Cette initiative s’inscrit dans la perspective d’OMEA « de faire de Max it la référence panafricaine du contenu digital, au service de l’inclusion, de l’innovation et de la valorisation des talents du continent ».
Lancée en novembre 2023, la plateforme regroupe des services de télécommunications, des services financiers, du divertissement et des contenus numériques. Par exemple, les clients peuvent accéder à des jeux en ligne, à la musique, à la télévision, à des vidéos, à des films et à des actualités.
Pour rappel, Orange comptait 178 millions d’abonnés dans 17 pays en Afrique et au Moyen-Orient au troisième trimestre 2025. La super app Max it, quant à elle, comptait 17,4 millions d’utilisateurs actifs dans 14 marchés à fin décembre 2024. Au lancement de la plateforme en 2023, l’entreprise avait anticipé 45 millions d’utilisateurs à la fin de 2025. La multinationale capitalisait sur le fait que le smartphone constitue la porte d’entrée vers la vie numérique en Afrique et au Moyen-Orient, avec un taux d’adoption en forte croissance qui devrait atteindre 61 % de clients connectés en 2025.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Ubrick F. Quenum
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Au Sénégal, en 2025, près de 3 % des foyers ruraux disposent d’un accès à Internet, contre 43,8 % dans la région de Dakar, une disparité qui pousse les opérateurs à multiplier les initiatives pour étendre la connectivité sur l’ensemble du territoire.
Sonatel Orange a annoncé, le lundi 22 décembre, le lancement des premières offres Internet haut débit par satellite (VSAT) au Sénégal. Cette initiative positionne l’opérateur comme le premier acteur du marché à proposer une couverture quasi nationale en combinant satellite, fibre optique, 5G et 4G, avec l’ambition de réduire les disparités d’accès entre zones urbaines et territoires enclavés.
Sonatel, premier opérateur de l’Internet par satellite au Sénégal
— Groupe Sonatel (@GroupeSonatel) December 22, 2025
Grâce à l’Internet par satellite, les zones les plus éloignées peuvent désormais accéder à une connectivité fiable, en complément de la Fibre, de la 4G et de la 5G.
L’offre satellite Orange renforce la résilience… pic.twitter.com/AwrjjM9jOd
S’exprimant à cette occasion, le directeur général du groupe Sonatel, Brelotte Ba, a indiqué que ce déploiement s’inscrit dans la vision des autorités sénégalaises en matière de modernisation des infrastructures numériques. Il a souligné que l’opérateur dispose désormais des capacités technologiques et opérationnelles nécessaires pour accompagner la mise en œuvre du Plan Sénégal Horizon 2050, en s’appuyant sur des infrastructures locales et une expertise nationale.
Sur le plan opérationnel, Sonatel Orange s’appuie sur un mix technologique combinant réseaux fixes, mobiles de nouvelle génération et solutions satellitaires. En partenariat avec Eutelsat/Konnect, l’opérateur commercialise depuis le 10 décembre des offres Internet par satellite à destination des ménages et des professionnels, avec une couverture annoncée de près de 99 % du territoire. Ces formules illimitées ciblent en priorité les zones rurales, frontalières ou difficiles d’accès, où les infrastructures terrestres restent limitées.
Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large de politiques publiques orientées vers la réduction des fractures territoriales et le renforcement de la continuité numérique à l’échelle nationale. Dans cette dynamique, Sonatel prévoit également le déploiement d’un million de prises de fibre optique supplémentaires entre 2026 et 2028, portant à près de deux millions le nombre de foyers raccordables à l’horizon 2028, y compris dans des localités jusqu’ici peu couvertes.
Au‑delà du renforcement des infrastructures, les enjeux sont également institutionnels et économiques. En se positionnant comme partenaire technologique de l’État et des collectivités, Sonatel entend soutenir la digitalisation des services publics, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’administration. L’objectif est de faciliter l’accès des citoyens aux services numériques essentiels et de consolider une inclusion digitale à l’échelle du territoire.
Samira Njoya
Le groupe Orange est présent dans 17 pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Il est partenaire de longue date de la Confédération africaine de football, instance qui organise la Coupe d’Afrique des Nations (CAN).
Dans un communiqué publié le vendredi 19 décembre 2025, l’opérateur télécoms Orange annonce son engagement dans le sport africain en mettant ses solutions numériques et de connectivité au service de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) TotalEnergies 2025, qui se tient au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026. L’opérateur veut capitaliser sur cet événement continental pour démontrer le rôle structurant des télécoms dans l’expérience sportive moderne.
« Nous sommes fiers de notre partenariat avec la CAF, car le football est plus qu'un simple sport : c'est une passion commune qui unit et dynamise les communautés à travers l'Afrique. Cette année, avec Max it, nous donnons vie à notre vision numérique en offrant une expérience totalement intégrée », a indiqué Yasser Shaker, directeur général d’Orange Moyen-Orient et Afrique. Et d’ajouter : « nos clients peuvent désormais s'immerger dans l'effervescence de la fan zone de la CAN et vivre la Coupe d'Afrique des Nations TotalEnergies CAF, Maroc 2025, plus près que jamais de l'action ».
Concrètement, Orange déploie un ensemble de dispositifs digitaux destinés à améliorer l’accès à l’information et l’interaction des supporters. Parmi eux figure une plateforme numérique dédiée aux fans, proposant contenus en temps réel, statistiques, interviews et temps forts des matchs. L’opérateur mise également sur des outils intégrant l’intelligence artificielle, à l’image d’un assistant conversationnel multilingue conçu pour répondre instantanément aux questions des supporters.
Au-delà des usages numériques, Orange prévoit l’installation de Fan Zones connectées dans plusieurs pays africains. Ces espaces, équipés d’écrans et de solutions de connectivité, visent à permettre aux supporters, y compris dans des zones moins bien desservies, de vivre la CAN dans des conditions immersives. Cette approche s’inscrit dans la stratégie du groupe visant à démocratiser l’accès aux services numériques à travers ses réseaux.
Adoni Conrad Quenum
Edité par M.F. Vahid Codjia
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Quelques semaines après le lancement de la 5G, Orange Maroc poursuit le renforcement des infrastructures numériques du royaume, misant sur la connectivité internationale pour soutenir la croissance des usages numériques et les ambitions du Maroc en matière de souveraineté digitale.
Orange Maroc a annoncé, le mardi 16 décembre, l’inauguration à Nador de la première cable landing station (CLS) open access du Maroc, une infrastructure stratégique destinée à accueillir le câble sous-marin Medusa. Long de plus de 8700 km et reliant 19 points d’atterrissement entre l’Europe et l’Afrique du Nord, ce câble à très haut débit devrait renforcer la connectivité internationale du royaume et soutenir ses ambitions de hub numérique régional.
« C’est une infrastructure que les équipes Orange Maroc ont conçue et réalisée grâce à des expertises locales, mais aussi avec la participation active des expertises du groupe Orange. Elle permettra au Maroc de renforcer sa souveraineté numérique et de soutenir le développement numérique de l’économie marocaine », a déclaré Mohamed Benali, Chief Technology & Information Officer d’Orange Maroc.
Le projet Medusa vise à offrir une capacité de transmission de données pouvant atteindre 20 térabits par seconde par paire de fibre, grâce à une technologie de fibres optiques de nouvelle génération. En connectant directement Nador à Marseille, ainsi qu’à d’autres points stratégiques en Méditerranée, ce câble sous-marin devrait renforcer la résilience des échanges numériques entre l’Afrique du Nord et l’Europe, tout en diversifiant les routes de connectivité. La station d’atterrissement construite par Orange Maroc s’étend sur 3500 m² et dispose d’une capacité IT dimensionnée pour accueillir des services numériques avancés.
Un projet inscrit dans une stratégie nationale et régionale
Ces réalisations s’inscrivent dans la stratégie de long terme d’Orange Maroc, qui prévoit plus de 100 milliards de dirhams (environ 10,9 milliards de dollars) d’investissements sur 25 ans pour le développement des infrastructures numériques du pays. Elles accompagnent notamment le déploiement de la 5G, le développement de solutions d’intelligence artificielle, ainsi que le renforcement de la souveraineté numérique à travers le data center Orange Tech et des partenariats cloud.
À plus large échelle, ces initiatives s’inscrivent également dans les ambitions du Maroc en matière de transformation digitale, visant à bâtir un écosystème numérique performant, durable et compétitif, capable de soutenir la croissance de l’économie nationale, tout en intégrant des engagements sociétaux et environnementaux, notamment l’objectif de recours à 100 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2040.
Impacts économiques et technologiques
Sur le plan économique, l’arrivée du câble Medusa pourrait contribuer à transformer le paysage numérique national. En améliorant la connectivité internationale du royaume, cette infrastructure est appelée à attirer de nouveaux investissements technologiques, à soutenir la croissance des services numériques et à réduire les coûts de bande passante pour les entreprises comme pour les utilisateurs. Elle offre également une redondance stratégique face à l’augmentation des flux de données et aux besoins croissants liés à la 5G, au cloud computing et à l’intelligence artificielle.
Samira Njoya
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La 5G est perçue comme un catalyseur de la transformation numérique, une priorité de nombreux gouvernements africains. La technologie a déjà été lancée dans une trentaine de pays sur le continent.
Les autorités algériennes ont procédé, mercredi 3 décembre, au lancement officiel de la 5G. Elles y voient une étape décisive pour la modernisation des télécommunications, marquant le début d’un déploiement progressif destiné à stimuler l’économie numérique.
Les opérateurs télécoms peuvent désormais installer leurs premières stations 5G et préparer leurs offres pour le grand public et les entreprises. Le gouvernement prévoit un déploiement étalé sur six ans, selon un plan national qui mise sur une couverture progressive et équilibrée. Huit wilayas serviront de zones pilotes avant une extension à l’ensemble du territoire.
Ce lancement fait suite à l’attribution, en juillet dernier, des licences 5G à Mobilis, Djezzy et Ooredoo, confirmée au Journal officiel du 24 novembre. Les cahiers des charges fixant les obligations techniques, financières et de couverture ont également été précisés pour ces licences, qui ont coûté 63,9 milliards de dinars (≈ 492 millions USD).
Selon les autorités, l’arrivée de la 5G ouvre une nouvelle phase de connectivité, dans un contexte où les besoins en bande passante augmentent rapidement. La technologie doit accompagner la montée en puissance de l’intelligence artificielle, de l’Internet des objets, du cloud computing et d’autres technologies avancées. Les secteurs de la santé, de l’industrie 4.0, de l’éducation ou encore de la mobilité intelligente devraient en bénéficier. Les tests réalisés par Mobilis en février 2025 avaient déjà atteint des débits allant jusqu’à 1,2 Gbit/s.
Mais plusieurs interrogations demeurent. L’une d’elles concerne l’extension réelle de la couverture. Selon une étude d’Ericsson publiée en 2022, le coût de base du déploiement de la 5G dans un pays se situe entre 3 et 8 milliards USD. Un investissement supplémentaire de 20 à 35 % serait ensuite nécessaire pour élargir la couverture. Dans ce contexte, l’Algérie n’est pas à l’abri d’un déploiement qui privilégie les zones urbaines jugées plus rentables, au détriment des régions rurales.
Un autre défi porte sur l’accessibilité financière. D’après un rapport de la GSMA publié en 2022, les smartphones compatibles 5G sont proposés à partir de 150 USD chez plusieurs fabricants. Un prix qui reste hors de portée pour une grande partie des consommateurs africains, particulièrement lorsqu’un paiement intégral est exigé. L’organisation estime que des programmes de financement seront probablement nécessaires pour rendre ces appareils plus accessibles et faciliter l’adoption de la 5G.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les consommateurs télécoms africains se plaignent souvent de la cherté des services télécoms. Des grognes des citoyens ont conduit cette semaine à une réduction des tarifs à Madagascar.
Au Burkina Faso, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a présenté, mardi 2 décembre, une série de mesures censées renforcer l’équité, la transparence et la justice dans les services de communication électronique. Mais malgré ces annonces, les consommateurs demeurent insatisfaits et continuent de réclamer avant tout une baisse des tarifs de l’Internet.
Parmi les décisions retenues figurent l’allongement de la validité du compte principal de 90 jours à 180 jours (à compter de la dernière recharge), l’utilisation des bonus vers tous les réseaux, ainsi que la possibilité de récupérer, dans un délai fixé, les crédits et volumes non consommés après expiration. Le régulateur impose également une durée minimale de validité d’un mois pour les forfaits data de 1 Go.
Au‑delà du prix, les abonnés demandent aussi une amélioration tangible de la qualité de service, une réduction de la rapidité avec laquelle les données sont consommées, un meilleur suivi de leur usage, ainsi que la mise à disposition de nouveaux produits, notamment des forfaits illimités.
Ces mesures avaient en réalité été adoptées en 2023, mais leur application avait été suspendue. Elles viennent d’être validées par la justice, ce qui les rend désormais exécutoires. Elles faisaient suite à un mouvement de boycott lancé à la mi‑avril 2023 contre Orange, Moov Africa et Telecel pour dénoncer la cherté et la mauvaise qualité des services. Depuis, la grogne des consommateurs s’est poursuivie, notamment sur les réseaux sociaux.
L’ARCEP, de son côté, est convaincue que ces mesures « concrètes, objectives et opérationnelles » se traduiront directement sur le coût des offres et sur la protection effective des droits des consommateurs. « Les impacts ont permis de réduire les prix moyens des offres de référence des services Internet mobile des principaux opérateurs, Orange Burkina Faso et ONATEL, avec une baisse moyenne comprise entre 28 % et 45 %, selon les offres dont la validité est d’un mois minimum. Les décisions de régulation de l’opérateur puissant Orange Burkina Faso ont également permis de réduire de 50 % les prix des SMS vers d’autres réseaux nationaux et de contraindre l’ouverture progressive des bonus vers d’autres réseaux », a déclaré le secrétaire exécutif de l’ARCEP, Wendlassida Patrice Compaoré (photo, au centre).
Pour rappel, les dépenses mensuelles en Internet mobile représentaient 8,8 % du revenu national brut (RNB) par habitant au Burkina Faso en 2025, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT). Or, pour qu’un service soit considéré comme abordable, ce ratio devrait être inférieur à 2 %. À titre de comparaison, il s’établit à 5,32 % en moyenne en Afrique et à 1,38 % dans le monde.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Leader du marché télécoms sierra-léonais, Orange multiplie les investissements pour améliorer son infrastructure. L’entreprise a récemment annoncé avoir investi 50 millions USD pour moderniser son réseau.
Orange Sierra Leone a procédé le samedi 29 novembre à l’inauguration d’un centre de données dans la ville de Bo, au sud du pays. L’infrastructure, dont la construction a coûté 23 millions d’euros (26,7 millions USD), est une réplique exacte du principal datacenter de l’entreprise dans la capitale, Freetown. Elle servira de site de secours en cas de sinistre afin que les urgences, les pannes ou les catastrophes naturelles ne perturbent pas les services numériques à l’échelle nationale.
« Stratégiquement situé dans le sud du pays, le nouveau centre contribue à étendre l’infrastructure numérique aux communautés rurales et régionales, en particulier dans les corridors sud et est, notamment vers Makeni, Kono et Kenema. Il permettra une meilleure répartition du trafic réseau et améliorera la connectivité dans les zones mal desservies », a précisé l’opérateur dans un communiqué publié sur sa page Facebook le dimanche 30 novembre.
La construction de ce centre de données de secours intervient dans un contexte où la capitale Freetown reste exposée aux risques de glissements de terrain, comme celui survenu en 2017, et où le pays est régulièrement confronté à des inondations.
Le lancement de cette infrastructure s’inscrit dans le cadre de la transformation numérique, dans un pays où les services télécoms sont devenus omniprésents pour les entreprises, les particuliers et l’administration publique. « L’Internet est devenu un outil indispensable dans notre vie quotidienne. Si la connexion venait à être interrompue, chacun réaliserait combien nous en dépendons », avait déclaré Salima Bah, ministre des Communications, de la Technologie et de l’Innovation, après une brève interruption des services en août 2024. Elle avait ajouté que le gouvernement et les entreprises avaient engagé d’importants investissements pour éviter que cela ne se reproduise.
En plus de ce datacenter, Orange Sierra Leone exploite 616 sites télécoms dans le pays, dont 40 récemment déployés et 70 % alimentés par des sources d’énergie verte. La société a également investi 50 millions USD pour moderniser l’ensemble de son réseau, désormais entièrement compatible 4G et 5G.
Ces efforts d’amélioration de la qualité et de la disponibilité du service devraient conférer des avantages concurrentiels à l’opérateur, selon la GSMA. L’organisation souligne « qu'une bonne qualité de service peut améliorer l’expérience numérique et créer de nouvelles opportunités pour les individus et la communauté au sens large ». Fin décembre 2024, Orange Sierra Leone déclarait 3,04 millions d’abonnés à la téléphonie mobile, pour une part de marché de 51 %, dans un pays où elle concurrence Africell et QCell.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La transformation numérique accélérée entraîne une forte demande en capacités de centres de données à travers l’Afrique. L’offre restant limitée, les opérateurs télécoms se positionnent pour y répondre, en lançant des infrastructures capables de soutenir cloud, IA et services des entreprises.
La société de télécommunications Orange Maroc a inauguré le mercredi 19 novembre à Casablanca son nouveau data center de dernière génération, « Orange Tech ». Avec une capacité initiale de 1,5 MW, cette infrastructure vise à répondre à la demande croissante en hébergement, services cloud et cybersécurité, tout en soutenant la stratégie nationale de souveraineté numérique.
« Grâce à cette nouvelle infrastructure, Orange Maroc renforce sa position de partenaire de confiance auprès des entreprises et des administrations, en fournissant au pays des infrastructures critiques au cœur de sa transformation numérique », a déclaré l’opérateur sur X.
Orange Maroc franchit une nouvelle étape dans son engagement au service de la souveraineté numérique du Royaume avec l’inauguration de son Data Center de nouvelle génération « Orange Tech ».
— Orange Maroc (@OrangeMaroc) November 19, 2025
En présence du gouverneur de la Province de Nouaceur, M. Jalal Benhayoun et de… pic.twitter.com/iGZ1qFUEA9
Conçu sur une emprise de 15 000 m², Orange Tech combine redondance opérationnelle et performance environnementale. La salle technique est conçue pour être conforme aux standards UPTIME, et le site est équipé de plus de 1000 panneaux solaires (≈700 kWc) pour favoriser l’autoconsommation et réduire l’empreinte carbone des services hébergés. L’infrastructure est pensée pour supporter des charges d’hébergement, des workloads cloud et des services à haute exigence de disponibilité, y compris des usages liés à l’IA et des applications critiques pour les entreprises et administrations.
Ce lancement s’inscrit pleinement dans les ambitions nationales portées par « Maroc Digital 2030 » et le « Nouveau Modèle de Développement », qui placent la souveraineté numérique, l’extension des infrastructures et la montée en compétences au centre des priorités. Il intervient également dans un contexte d’accélération stratégique pour l’opérateur, qui a récemment annoncé des avancées sur la 5G, l’intelligence artificielle et le renforcement de son portefeuille de services B2B.
Pour les entreprises et administrations clientes d’Orange, ce data center devrait apporter une meilleure résilience des services, une sécurisation renforcée des données localisées au Maroc, ainsi qu’une amélioration significative des performances. Il ouvre aussi l’accès à de nouveaux usages numériques dont le cloud souverain, l’IA locale et l’hébergement critique à haute disponibilité.
Au-delà de ses fonctions techniques, Orange Tech s’inscrit dans un contexte africain où la demande en capacités de centres de données reste largement insatisfaite. À la mi-2023, le continent ne représentait encore que moins de 2 % de l’offre mondiale de centres de données de colocation, concentrée surtout en Afrique du Sud, selon le rapport « Data Centres in Africa Focus » d’Oxford Business Group.
Samira Njoya
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Les autorités africaines cherchent à accélérer l’adoption des services télécoms dans le cadre de la transformation numérique en cours sur le continent. En Namibie, environ 35,6 % de la population n’utilisait pas Internet au début de l’année 2025.
Le gouvernement namibien ambitionne de connecter plus de 9000 citoyens à la 4G dans le cadre de la première phase du Fonds du service universel (USF), qui vise à généraliser l’accès aux services de télécommunications dans le pays. Cet objectif a été révélé cette semaine lors de la mise en service de la première tour télécoms du programme dans le village d’Epinga, dans la région d’Ohangwena, au nord du pays, en partenariat avec l’opérateur MTC.
Outre Ohangwena, cette première phase cible les communautés mal desservies des régions de Kavango Ouest, Kavango Est, Kunene et Oshikoto, avec pour objectif d’atteindre au moins 80 % de couverture haut débit dans ces zones. Environ 10 300 personnes supplémentaires devraient bénéficier de services 4G améliorés.
« Dans la mise en œuvre de la phase 1, nous déployons plusieurs types de pylônes, notamment des tours en treillis de 60 m, des mâts haubanés de 80 m et 120 m, tous dotés de capacités de charge robustes. Cela garantit leur stabilité structurelle et leur adaptabilité aux innovations futures », a expliqué Licky Erastus, directeur général de MTC.
Selon l’Autorité de régulation des communications de Namibie (CRAN), 360 000 Namibiens, soit environ 12 % de la population, n’étaient pas couverts par le réseau 4G en février 2024. À cela s’ajoutent 339 établissements scolaires et 50 structures de santé. Pour la 3G, l’Union internationale des télécommunications (UIT) estimait le taux de couverture à 89 % en 2023. La 2G, quant à elle, couvrait déjà 100 % de la population.
Lancé en février 2025, l’USF dispose d’un investissement de base de 145 millions de dollars namibiens (environ 8,4 millions USD), financé par des subventions gouvernementales et une redevance de 0,5 % sur les revenus des opérateurs télécoms. Si le déploiement du réseau rapproche l’infrastructure des populations, l’adoption effective des services dépend encore de plusieurs facteurs : l’accès aux appareils compatibles, le coût des services et le niveau de compétences numériques.
Selon DataReportal, la Namibie comptait 2,67 millions d’abonnés à la téléphonie mobile début 2025, pour un taux de pénétration de 87,1 %. Le nombre d’utilisateurs d’Internet s’élevait à 1,97 million, soit un taux de 64,4 %.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Au Mali, l’accès au numérique reste limité, surtout dans les zones rurales. La montée en puissance des services en ligne et des outils financiers digitaux rend urgent le renforcement des infrastructures et de la couverture Internet, afin de stimuler l’économie locale et réduire la fracture numérique.
La Société Financière Internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, a annoncé le lundi 17 novembre un financement par prêt de 80 millions d’euros (92,7 millions de dollars) à Orange Mali SA pour moderniser les infrastructures télécoms du pays. L’objectif est d’étendre la couverture haut débit, notamment dans les zones rurales, et de faciliter l’accès aux services financiers numériques.
« Ce partenariat renforce notre engagement en faveur de l’inclusion numérique et de l’accès universel aux télécommunications. Grâce au soutien de la SFI, nous allons élargir la couverture du réseau, renforcer sa résilience et permettre à davantage de Maliens de profiter des opportunités offertes par l’économie numérique », a déclaré Aboubacar Sadikh Diop (photo, au centre), directeur général d’Orange Mali.
Le financement est constitué de 50 millions d’euros provenant des ressources propres de la SFI et de 30 millions d’euros mobilisés auprès de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD). Il permettra l’installation de 300 nouvelles antennes 4G et le déploiement d’un réseau de fibre optique, ce qui permettra de connecter environ 300 000 foyers et petites entreprises, dont près de la moitié dans les zones rurales.
Le projet intègre également des programmes de formation numérique, avec pour objectif que 70 % des bénéficiaires soient des femmes d’ici 2032, contribuant à l’égalité numérique et à l’autonomisation féminine. En parallèle, Orange Mali remplacera ses groupes électrogènes diesel par des systèmes solaires, avec une réduction estimée à plus de 8000 tonnes de CO₂ par an.
Ce financement constitue le premier investissement concret issu du partenariat signé entre la SFI et Orange Middle East & Africa (OMEA) lors de l’Africa CEO Forum d’Abidjan en mai 2025. Il s’inscrit dans la continuité de la stratégie nationale « Mali Digital 2020 » et de l’initiative « Digital Economy for Africa » du Groupe de la Banque mondiale, visant à utiliser la technologie pour créer des emplois, renforcer la résilience et promouvoir un développement durable.
Ces dernières années, le Mali a mis l’accent sur l’extension de la connectivité dans les zones rurales. Un récent partenariat entre Intelsat et Orange Mali a permis à 360 000 habitants de ces régions d’accéder à Internet. Malgré ces avancées, le rapport DataReportal du 8 novembre indique que sur les 8,91 millions d’internautes au Mali à la fin 2025 (soit 35,1 % de la population), plus de la moitié vivent en zones rurales, soulignant que de nombreux défis restent à relever pour réduire la fracture numérique.
Ce nouveau financement devrait permettre à Orange Mali, principal opérateur du pays avec plus de 12 millions d’abonnés, de déployer plus rapidement son réseau, de renforcer la connectivité dans les zones les plus isolées et de faciliter l’accès au numérique pour des populations longtemps marginalisées. Cette extension ouvrira également l’accès à de nouveaux services en ligne déjà déployés au Mali, tels que la télémédecine, l’éducation numérique et les services financiers mobiles.
Samira Njoya
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