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Alors que SpaceX, Amazon et d’autres géants misent des milliards de dollars sur des constellations de satellites en orbite basse pour étendre l’accès à Internet, le volume de débris potentiels augmente dans le ciel. Dans cet entretien, le chef du département des services spatiaux à l’Union internationale des télécommunications (UIT) décrypte les logiques économiques, les questions de souveraineté, la gestion des ressources orbitales et les risques croissants de pollution spatiale, dans un contexte où l’Afrique cherche aussi à se faire sa place.

De grandes compagnies comme SpaceX, Amazon, investissent aujourd’hui des milliards dans des constellations de satellites en orbite basse terrestre (LEO) qui couvrent notamment l’Afrique. Au-delà des annonces sur la connectivité universelle, quels sont les enjeux de cet investissement ?

Ces grandes compagnies pensent qu'il y a un marché profitable dans l'extension de la connectivité à des foyers ou à des personnes qui ne sont pas bien couvertes par des moyens terrestres. Elles estiment que le plan d'affaires est correct pour investir de l'ordre de 5 à 6 milliards de dollars. Au-delà des annonces philanthropiques sur la connectivité universelle, elles sont persuadées qu'il y a un marché viable.

Un acteur comme SpaceX croit à la viabilité du marché sur deux segments : le segment individuel pour les personnes qui ont suffisamment de moyens pour payer un abonnement, et une forte demande côté entreprise, notamment dans les secteurs des transports maritimes et aériens. Actuellement, si vous prenez l'avion, la connectivité large bande n'est pas bonne. Les nouvelles constellations apportent un meilleur débit à cette solution. C'est pareil pour les transports maritimes, tant pour le suivi des marchandises que pour les bateaux de croisière. Un grand paquebot, c'est 3000 voyageurs et 2000 membres d'équipage, soit 5000 personnes dans un petit village qu'il faut connecter. Le seul moyen de leur fournir un accès WiFi suffisant, c'est par liaisons satellites. Ce marché existe, il est très important et soutient l'aspect économique de ces opérateurs.

Un autre type d'acteur, comme Amazon, y voit un intérêt économique indirect. Pour Amazon, augmenter la connectivité, c'est aussi augmenter le nombre de personnes qui peuvent utiliser les services Amazon en ligne. Même si le business de la connectivité n'est pas extrêmement rentable, cela peut être contrebalancé par l'apport de clients à d'autres branches d'Amazon qui, elles, deviennent rentables. Derrière la stratégie d'Amazon, il y a quelque chose de plus que simplement la connectivité : créer davantage de base clientèle.

N’y a-t-il pas également des enjeux géopolitiques, de défense ?

Pour ce qui est des aspects géopolitiques et militaires dans le développement de ces constellations, très honnêtement, je ne le vois pas trop en ce moment. Quand il y a une solution technologique de communication, souvent les militaires sont intéressés pour la tester et l'utiliser. Mais ce serait faux de dire que ce sont les militaires qui ont poussé le développement de ces solutions. En revanche, une fois que c'est lancé, l'idée de limiter les dépendances est en jeu. La Chine comme l'Union européenne ne souhaitent pas être dépendantes des sociétés américaines. Cela crée d'autres projets.

On revient à cette question de souveraineté. Chaque pays, ne voulant pas dépendre totalement des technologies de son voisin pour communiquer, développe sa propre flotte de satellites pour garantir la sécurité de ses communications. De plus en plus de pays souhaitent avoir une infrastructure satellitaire minimum, non pas pour couvrir tous leurs besoins, mais au moins un minimum vital toujours disponible. Récemment, en Afrique, les ministres de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) se sont mis d'accord pour développer un projet commun de satellites géostationnaires partagés entre 16 pays. L'Algérie, l'Angola, l'Égypte ont aussi leurs propres satellites.

Cependant, tous les pays ne développeront pas une constellation comme le fait l'Union européenne, parce que c'est vraiment très cher. Une constellation, contrairement aux satellites géostationnaires positionnés au-dessus de votre pays, tourne autour de toute la Terre. Il y a une grande partie du temps où elle ne vous sert pas. Soit on fait des partenariats internationaux pour diminuer les investissements, soit on est un très gros bloc économique qui peut se le permettre. Nous voyons plutôt des demandes pour accéder à l'orbite géostationnaire, où un seul satellite est déjà un très grand premier pas.

SpaceX annonce des milliers de satellites, Amazon et OneWeb leurs propres chiffres. Cette logique de compétition est-elle compatible avec la vision de l'UIT en matière de gestion durable de l'orbite basse terrestre quand l’on sait que de nombreux pays notamment en Afrique en auront aussi besoin ?

Il y a ces batailles de communication sur les chiffres, et puis la réalité de ce que les régulateurs et les sociétés mettent réellement en œuvre, qui est assez loin des annonces. OneWeb avait annoncé 40 000 satellites, puis est revenu à 3000, puis maintenant 600. Ce genre de bataille de chiffres est beaucoup lié à la communication pour les investisseurs. Beaucoup d'investisseurs sont plus impressionnés par les chiffres que par les règles techniques.

Si vous prenez SpaceX, ils ont annoncé que leur constellation Starlink finale devrait faire environ 30 000 satellites. Mais le régulateur américain, la FCC, a autorisé seulement 15 000 : une première tranche de 7500, puis une deuxième. Le régulateur lui-même ne va pas à la même limite. À l'UIT, les actions restent compatibles avec la gestion de l'orbite, même si elles sont différentes de la communication grand public. Les déploiements réels sont bien plus restreints, même s'ils sont de l'ordre de plusieurs milliers de satellites.

Notre cadre juridique permet ce genre de déploiement avec des garde-fous : éviter d'accaparer le spectre sans l'utiliser — vous êtes obligés de les utiliser ou de les perdre — et empêcher qu'une situation de monopole se crée. Nos traités disposent que le partage des fréquences doit se faire sur des bases techniques. Les pays ont toujours la possibilité de répondre aux pressions anticoncurrentielles en s'appuyant sur ces critères techniques.

Il y a aussi quelque chose de contre-intuitif : plus une constellation est grande, plus il est facile de partager les spectres et les orbites avec elle. Plus il y a de satellites, plus vous aurez de satellites en visibilité depuis un point de la Terre. Un nouvel arrivant peut toujours dire : "Toi, tu communiques avec ce satellite, et moi avec celui qui est loin dans le ciel." Si la constellation se réduit, le nombre de satellites visibles est plus bas, et il est plus difficile d'éviter les brouillages. D'un point de vue de partage des ressources, les grandes constellations ne sont pas nécessairement négatives.

Ce qui est plus problématique, c'est la pollution de l'espace. Plus d'objets dans l'espace, c'est potentiellement plus de débris. La probabilité d'avoir des débris qui s'échappent augmente avec le nombre de satellites. Le problème des grandes constellations est plus environnemental que lié au partage des ressources. Pour l'instant, la situation n'est pas si critique, c'est donc un bon moment pour prendre des mesures correctives.

À partir de quel moment peut-on dire que l'orbite basse terrestre est saturée ?

C'est une question complexe. Il n'existe pas une orbite basse terrestre, mais une multitude, entre environ 200 km et 2000 km d'altitude. Dans cet intervalle, il y a de grandes différences. Certaines altitudes sont particulièrement prisées, notamment entre 600 et 900 km. Plus vous descendez vers 200 km, plus l’atmosphère freine vos satellites et peut les désorbiter assez vite. Au-delà de 900 km, les performances du satellite doivent être plus grandes pour communiquer avec la Terre, c'est moins intéressant. Il y a donc un focus sur l'intervalle 600-900 km, qui commence à être vraiment congestionné.

Le reste de l'orbite n'est pas vraiment congestionné. Au-dessus de 900 km, il n'y a pas tant de satellites. En dessous de 600 km, SpaceX a annoncé qu'ils allaient baisser leurs satellites jusqu'à 550 km, mais autour de 400 km, au niveau de la station spatiale internationale, il n'y a pas tant de satellites. L'orbite basse en général n'est pas congestionnée, mais il y a un pic autour de 600-900 km, un peu dû à un effet de mode. Aller un peu plus haut sera très naturel parce que c'est simplement une orbite un peu moins bonne, mais quand même très bonne.

En termes de capacité, la dernière étude réalisée par le MIT estimait qu'on pouvait mettre environ 1,8 million de satellites autour de la Terre sans se collisionner. Mais cela ne garantit pas qu'ils peuvent fonctionner sans se brouiller au niveau radio. Pour que sur Terre on puisse distinguer deux satellites, il faut qu'ils soient assez éloignés dans l'espace pour qu'il y ait suffisamment de discrimination angulaire. Cette contrainte est généralement suffisante pour garantir qu'ils ne se brouilleront pas. Le nombre réel est donc probablement moins élevé, mais on en est encore loin : dans l'orbite basse la plus chargée, on est autour de 10 000 satellites. Il y a encore des zones d'orbites basses qui ne sont vraiment pas utilisées. Peut-être pas la meilleure place, mais quand même une très bonne place.

Qui est responsable de la dépollution spatiale ?

Sur la gestion du trafic spatial, il n'y a aucun traité. Il y a des travaux au sein du Comité des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique (COPUOS) pour préparer des lignes directrices, notamment pour éviter de créer des débris. Mais pour l'instant, cela reste des lignes directrices, pas un traité.

Côté UIT, nous nous focalisons sur l'évitement de la création des débris en garantissant que les différents acteurs aient des moyens concrets de se parler. La situation actuelle est que non seulement le nombre d'objets dans l'espace augmente, mais surtout le nombre d'acteurs qui les contrôlent augmente beaucoup. SpaceX gère 10 000 satellites, mais c'est un seul interlocuteur, ce qui est assez simple pour discuter des évitements de collision. Mais de plus en plus d'acteurs accèdent à l'espace : des PME, des startups, des universités. Plusieurs universités africaines ont lancé des satellites d'étudiants. L'un des défis est que pour chaque satellite, y compris quand il ne fonctionne plus, il faut trouver quelqu'un avec qui parler. Nous essayons de garantir que les acteurs peuvent toujours se parler, qu'ils aient les points de contact, et que s'il y a des problèmes géopolitiques, nous servons de tiers parti en transmettant les messages.

En l'absence de traité contraignant, comment se passent les relations avec les opérateurs de satellites pour la gestion des débris ?

Cela dépend beaucoup des compagnies. Les grosses sociétés ont un intérêt économique et opérationnel à maintenir l'orbite propre, parce que si elles polluent l'orbite, c'est leur propre orbite qu'elles salissent, celle qu'elles pourraient utiliser dans le futur. Elles ne sont pas réticentes, elles ont le même intérêt que nous.

Le plus grand défi concerne les start-ups qui lancent un satellite pour tester un composant pendant un an ou 18 mois, puis la mission est finie, et elles n'ont pas l'intention de continuer. Là, c'est beaucoup plus compliqué de leur faire comprendre que ce satellite ne peut pas rester éternellement dans l'espace, car une fois inutilisé, il se transforme en débris. C'est plus ça le danger actuel que celui posé par les méga-constellations.

Pour ces petites sociétés, il faut essayer de les convaincre a priori, avant le lancement, de lancer sur des orbites relativement basses, de telle sorte que la force naturelle de réentrée dans l'atmosphère fera ré-entrer le satellite au bout d'un certain temps, même sans dépense supplémentaire. Ils sont généralement assez réceptifs à l'argument si cela ne leur coûte pas plus cher et qu'il s'agit simplement de planification a priori. Encore faut-il qu'ils soient au courant avant le lancement.

Beaucoup d'États prennent des mesures nationales. Aux États-Unis, la Commission fédérale des communications (FCC) impose de faire rentrer les satellites dans les 5 ans suivant la fin de leur vie opérationnelle, bien meilleur que l'obligation précédente de 25 ans. Comme le plus grand nombre de satellites est envoyé depuis un petit nombre d'États, si ces États ont des conditions nationales similaires, cela a à peu près le même effet qu'un traité. Mais vous avez raison, cela reste une pièce manquante.

Comment se passe votre relation avec les astronomes qui se plaignent que les trains de satellites brouillent leur travail d'observation ?

Nous ne traitons pas de l'astronomie optique, celle qui utilise les rayons lumineux. Pour l'astronomie radio, le sujet va être débattu l'année prochaine lors de la Conférence mondiale des radiocommunications 2027. Un des points étudie la mise en place de zones de silence radio. Actuellement, cela existe autour des grands radiotélescopes : autour de ces sites, vous n'avez pas le droit d'utiliser le WiFi ou votre téléphone mobile. La discussion portera sur l'extension de ce silence radio à l'espace : quand les satellites sont au-dessus de ces zones, ils ne doivent pas émettre. Les États membres décideront l'année prochaine.

Quelles sont les mesures urgentes à adopter pour améliorer le contrôle de la pollution spatiale ?

La mesure la plus urgente est de s'assurer qu'un satellite, même après sa vie opérationnelle, ne devienne pas un objet qui n'a plus de propriétaire sur Terre. Il ne faudrait pas qu'il y ait des objets dont plus personne n'est responsable. Si plus personne n'en est responsable, les lois internationales sont telles que vous ne savez plus quoi faire de cet objet. L'objet reste toujours sous la responsabilité de l'État qui l'a initialement lancé. Si du jour au lendemain, parce qu'il a fini sa vie, ce satellite n'est plus géré par quelqu'un, cela pose un très gros problème. On n'a pas le droit de le retirer.

La chose la plus importante serait de garantir qu'il n'y ait plus de satellites orphelins, que tant qu'ils sont dans l'espace, il y ait un point de contact quelque part qui puisse donner des informations sur le satellite, son état ou sa construction. Quand vous pouvez discuter avec la personne sur Terre, vous pouvez décider de faire quelque chose. Mais s'il n'y a personne à qui parler, l'objet se promène sans qu'on sache quoi faire avec, risquant des collisions.

Comment fonctionne l'attribution des ressources spatiales aux pays ? Des pays développés peuvent-ils négocier directement avec des États ayant moins de capacités financières pour occuper leurs ressources spatiales ?

La première chose est de mettre en place le cadre. Une fois le cadre établi, le mécanisme de l'UIT n'interdit pas les accords bilatéraux entre pays, ou qu'une société d'un pays vienne voir un État et lui dise : « Tu as ces ressources. » Cela n'est pas interdit, mais c'est dans le cadre établi par l'UIT.

Toutes les ressources dans l'espace extra-atmosphérique sont régies par le traité de l'espace des Nations Unies, qui date des années 60. Ce traité indique que tout ce qui est au-delà de l'atmosphère terrestre n'est pas sujet à appropriation souveraine. Aucun État ne peut réclamer la souveraineté sur une partie de l'espace. Les ressources planifiées pour les États au sein de l'UIT ne sont pas une valeur locative, c'est un droit d'utilisation. La communauté internationale reconnaît que vous pouvez utiliser ces ressources et que vous avez le droit d'être protégé des brouillages. Cela suffit pour exploiter un système.

Les États ne peuvent pas vendre ou louer ces ressources. En revanche, rien n'interdit à une société privée dont le siège est à l'étranger d'établir une filiale dans un État, et que cette filiale demande une licence d'exploitation pour utiliser les ressources de l'État de manière privée. Ce n'est pas vraiment une cession, c'est juste que l'État décide d'utiliser ses ressources via une société privée. Tant qu'il y a cet accord, c'est conforme au droit international.

Faut-il obligatoirement être membre de l'UIT pour accéder à ces ressources ?

Oui, il faut être membre de l'UIT. Seuls les membres peuvent bénéficier de ce mécanisme. Mais la question ne se pose pas vraiment car nous avons 194 États membres. Tous les pays des Nations Unies sont membres de l'UIT. Même le Pape est membre de l'UIT. Il y a seulement un très petit nombre d'États non-membres, comme le Kosovo, qui n'est pas reconnu par un nombre suffisant d'États. Même la Palestine a un statut particulier de quasi-État et a le droit d'accéder aux ressources. Tous les États, à peu près, ont accès aux ressources.

Pour les pays africains en retard dans la compétition spatiale, y a-t-il un risque que leurs ressources non utilisées leur soient retirées ?

Non, je n'y crois pas du tout. Chaque pays a une voix à l'UIT, et les pays en développement ont la majorité. Les pays d'Afrique coordonnent leur position au sein de l'Union africaine des télécommunications. Ils ont des positions communes, rassemblant autour d'une cinquantaine d'États, soit le quart du monde. Avec les pays d'Asie et d'Amérique du Sud, ils feraient un front très large qui aurait la majorité.

Cependant, si vous n'avez pas de satellite pour exploiter ces ressources, elles restent immatérielles. C'est pourquoi plusieurs initiatives existent en Afrique pour développer des satellites : le projet des 16 pays de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), la création de l'Agence spatiale africaine en Égypte pour mutualiser les fonds. Les régulateurs africains ont aussi été parmi les premiers à développer des cadres réglementaires permettant l'utilisation de services comme Starlink. Les citoyens ont ainsi accès à ces ressources, avant même certains pays européens qui refusent encore la technologie. Historiquement, les pays développés n'ont pas commencé par des satellites nationaux, mais par des organisations régionales en mutualisant les fonds.

Aujourd'hui, la technologie tend-t-elle vers les satellites en orbite basse ou plutôt géostationnaires ?

La tendance actuelle est ce que l'industrie satellitaire appelle le multi-orbite : des équipements au sol capables de communiquer à la fois avec les satellites en orbite basse et en orbite géostationnaire, sans changer d'équipement. L'avantage serait de combiner les avantages des deux orbites.

L'une des limitations de l'orbite basse est que la capacité de communication de la constellation est la même au-dessus d'une grande ville ou au-dessus de la mer où il n'y a personne. Il y a donc des hotspots qui ne sont pas très bien desservis parce qu'il y a une telle concentration d'utilisateurs. L'orbite géostationnaire peut combler cela, car elle peut focaliser la capacité sur des endroits précis. L'idée est d'utiliser l'orbite basse là où il n'y a pas beaucoup d'utilisateurs, et l'orbite géostationnaire là où elle serait saturée.

Starlink a déjà des petites zones où le service est noté « actuellement pas disponible », parce que la constellation a atteint son maximum et ne peut pas prendre plus de clients sans dégrader les débits. C'est déjà un éclairage sur cette problématique. Le grand défi technologique est de créer un seul équipement qui communique soit avec un satellite à 600 km, soit avec un satellite à 36 000 km. La différence est telle que ce n'est pas du tout les mêmes puissances, c'est assez compliqué.

Propos recueillis par Muriel EDJO

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Posted On vendredi, 22 mai 2026 10:45 Written by

La Guinée multiplie les efforts en vue d’une amélioration de la connectivité Internet pour soutenir la transformation numérique. Le pays veut par exemple se connecter à un second câble sous‑marin.

Les autorités guinéennes veulent doubler la capacité de la dorsale nationale de fibre optique (backbone). L’initiative permettra à l’infrastructure d’absorber la croissance rapide du trafic Internet et d’éviter les risques de saturation qui pourraient entraîner une dégradation de la qualité de service, notamment des lenteurs et des interruptions.

Le projet a été examiné lors de la réunion de cabinet du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation du lundi 27 avril. La Société de gestion et d’exploitation du backbone national (SOGEB) a indiqué que les études préparatoires avancent en vue de sa mise en œuvre.

Ce projet de doublement de la capacité intervient dans un contexte de transformation numérique marqué par une hausse rapide des usages. Le trafic Internet mobile est passé de 23,98 millions de gigabytes (GB) au deuxième trimestre 2021 à 118,86 millions GB à la même période en 2025, selon les données du régulateur télécoms. Sur la même période, le nombre d’abonnés Internet mobile est passé de 6,6 millions à 8,3 millions.

Par ailleurs, le pays a engagé des discussions pour se connecter à un second câble sous‑marin de fibre optique. Cette initiative vise à renforcer la résilience de l’infrastructure numérique nationale tout en augmentant la capacité internationale afin de mieux répondre à la demande croissante. La Guinée explore également des solutions satellitaires pour améliorer la couverture et sécuriser l’accès à Internet dans les zones moins bien desservies.

Dans ce contexte, le renforcement de la dorsale vise à accompagner la transformation numérique en cours en garantissant une connectivité plus stable, plus rapide et plus fiable. En réduisant les risques de congestion du réseau, il doit permettre d’améliorer durablement la qualité de service pour les usagers, aussi bien particuliers que entreprises.

Les particuliers peuvent utiliser des services comme la maison connectée, l’Internet des objets, le télétravail, le streaming ou l’e‑learning. Les entreprises pourront, de leur côté, s’appuyer sur une infrastructure plus robuste pour développer leurs activités numériques, accélérer leur digitalisation et déployer des solutions gourmandes en bande passante comme le cloud, les services en ligne, le commerce électronique ou encore les applications métiers en temps réel.

Au‑delà de ces usages, ce renforcement vise à structurer et dynamiser l’écosystème numérique guinéen. Il crée de meilleures conditions de développement pour les jeunes entreprises du numérique. En Afrique, l’absence d’une connectivité fiable et abordable est souvent considérée comme l’un des principaux freins à la croissance des start‑up. Elle limite leur capacité à attirer des investisseurs et freine le développement de nouveaux services. Elle réduit également leurs possibilités d’innovation et leur capacité à élargir leur clientèle, aussi bien au niveau national qu’international.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 30 avril 2026 10:30 Written by

En Afrique, la montée en puissance des usages vidéo, des applications cloud et des services en ligne pousse le pays à repenser son parc mobile. Le Rwanda s’inscrit dans cette dynamique en revoyant la place des anciennes technologies pour mieux accompagner la généralisation du haut débit mobile.

Les autorités rwandaises préparent l’abandon progressif des technologies de téléphonie mobile 2G et 3G. L’initiative vise à accélérer le développement et l’adoption du haut débit au Rwanda, dans la perspective de la transformation numérique actuellement en cours.

Jeudi 26 mars, Paula Ingabire, ministre des TIC et de l’Innovation, a rencontré des importateurs d’appareils et des acteurs du secteur privé. L’objectif était de discuter des modalités pratiques de cette transition de manière inclusive et de réfléchir aux moyens de faciliter l’accès de tous les Rwandais à des terminaux compatibles avec les technologies 4G et 5G.

Une transition planifiée dans le cadre stratégique national

La migration vers les réseaux 4G et 5G s’inscrit dans le Plan stratégique du secteur des TIC 2024-2029, qui fixe le cadre de la transformation numérique du pays. En novembre 2024, le gouvernement, en partenariat avec l’Allemagne, a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour réaliser une évaluation technique de l’abandon progressif des réseaux 2G et 3G. Cette étude vise principalement à mesurer le niveau de préparation des infrastructures et de l’écosystème technologique.

Elle implique également l’examen des conséquences d’une éventuelle non-transition, telles que l’augmentation des coûts liés au maintien des anciens réseaux, le retrait du soutien des fabricants et les risques en matière de sécurité et de conformité. L’étude analysera l’impact sur la couverture, notamment dans les zones rurales, et la capacité des réseaux 4G et 5G à fournir une connectivité de qualité, inclusive et abordable.

L’évaluation prend aussi en compte les aspects économiques : évolution de l’ARPU [NDLR, revenu moyen par utilisateur], risque de perte de revenus pour les opérateurs, conditions de migration des utilisateurs vers les nouvelles technologies, contraintes liées à l’accès aux terminaux 4G et 5G, effets sur les prix et la concurrence, ainsi que les enjeux de régulation et d’efficacité énergétique.

Les opérateurs télécoms rwandais commencent déjà à se préparer à cette transition. Airtel Rwanda a annoncé en décembre 2024 son intention d’abandonner progressivement la 3G d’ici fin 2025, puis la 2G d’ici 2026, s’alignant sur les tendances mondiales et les ambitions nationales en matière de haut débit. Selon Emmanuel Hamez, alors DG de la filiale rwandaise d’Airtel Africa, cette évolution est non seulement nécessaire, mais inévitable, l’opérateur mettant en place un réseau moderne capable de répondre aux besoins d’une société connectée et numérique.

Une transition inévitable face à la montée du numérique

La demande en connectivité à haut débit croît rapidement, et la 3G est désormais trop lente pour de nombreuses applications, en particulier avec l’augmentation du nombre d’utilisateurs et des besoins en bande passante. Les autorités rwandaises considèrent que cette transition est indispensable pour rester en phase avec les tendances mondiales et l’essor des applications basées sur les données, tout en réduisant progressivement la dépendance aux services vocaux traditionnels.

Le Rwanda entend tirer parti des nouvelles technologies pour réduire la fracture numérique, améliorer la qualité de la connectivité sur tout le territoire et stimuler une économie numérique durable et inclusive. La Stratégie nationale de haut débit souligne que l’accès amélioré au haut débit peut être un véritable moteur de productivité, d’innovation, d’efficacité et de création d’emplois.

En Afrique subsaharienne, de nombreux opérateurs maintiennent encore la 2G pour desservir les utilisateurs sans smartphone, assurer les services vocaux dans les zones mal desservies et fournir les SMS. Toutefois, à l’échelle mondiale, les opérateurs amorcent le retrait progressif de la 3G et des premières générations de 4G afin de libérer du spectre et d'accompagner le déploiement de la 4G LTE avancée et de la 5G.

Par ailleurs, la Banque mondiale estime que la suppression des anciens réseaux sans fil (2G et 3G) peut rendre les investissements télécoms plus efficaces en Afrique en améliorant la couverture et la qualité des services. Elle explique que le maintien de ces réseaux constitue une utilisation peu efficiente des dépenses en capital, dans la mesure où leur ARPU est inférieur à celui généré par la 4G ou la 5G. L’arrêt des anciens réseaux permettrait également de réaffecter les fréquences à des technologies plus performantes, capables d’offrir de meilleurs débits et une meilleure qualité de service.

Des défis persistants en matière d’inclusion numérique

Malgré les avantages annoncés, la transition vers l’ultra-haut débit pose la question de l’inclusion numérique. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), la 2G et la 3G couvraient déjà 98,8 % de la population en 2024, un niveau comparable à celui de la 4G. Si l’écart de couverture reste limité, il pourrait néanmoins concerner certaines zones rurales ou périphériques, où la qualité et la disponibilité des réseaux plus récents demeurent inégales.

Au-delà de la couverture, l’usage constitue un autre défi. D’après les autorités rwandaises, les abonnements au haut débit mobile représentaient 54 % de la population en 2024, signe d’une adoption encore incomplète. L’un des principaux obstacles reste l’accès aux terminaux compatibles. Les smartphones, indispensables pour exploiter pleinement les réseaux 4G et 5G, n’étaient détenus que par 45 % de la population en 2024. À ces contraintes s’ajoutent le coût des offres de données, le niveau de compétences numériques et la pertinence des contenus disponibles.

Par ailleurs, la 2G et la 3G continuent de jouer un rôle dans certains usages professionnels, notamment pour les communications machine à machine (M2M). Elles restent utilisées par des terminaux de paiement électronique, des distributeurs automatiques, des compteurs intelligents ou certains équipements industriels et de transport. Dès lors, se pose la question de la capacité des acteurs concernés à migrer vers des solutions alternatives fiables.

Isaac K. Kassouwi

Éditée par M.F. Vahid Codjia

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Posted On mercredi, 01 avril 2026 08:52 Written by

À l’horizon 2060, le Burundi ambitionne de bâtir une économie tirée par le numérique et des services publics modernisés. Pour atteindre cet objectif, les autorités misent sur des partenariats technologiques et des investissements capables d’accélérer la connectivité et l’innovation.

Le Président de la République du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a reçu vendredi 27 février une délégation du groupe britannique Lyca Mobile, conduite par son président fondateur, Subaskaran Allirajah. Selon le communiqué de la présidence, la rencontre a permis de poser les bases d’un partenariat stratégique visant à accélérer la transformation numérique du pays et à renforcer la couverture sanitaire.

Dans le domaine des télécommunications, la coopération envisagée a pour objectif de développer l’accès universel à Internet et aux services de communication sur l’ensemble du territoire. Au Burundi, le taux de pénétration d’Internet reste encore faible malgré une progression récente, avec environ 11,1 % à fin 2025, soit près de 1,6 million d’utilisateurs en ligne, selon les données de DataReportal.

L’opérateur prévoit également de contribuer à l’intégration numérique des administrations et des services publics, afin de dynamiser l’efficacité administrative et la fourniture de services essentiels dans un contexte où la transformation numérique est considérée comme un levier clé de croissance.

Au-delà des télécommunications, le groupe prévoit également d’intervenir dans le secteur de la santé via sa branche Lyca Health. L’ambition est de contribuer au renforcement de la couverture sanitaire universelle, d’introduire des solutions innovantes telles que la télémédecine et d’appuyer la modernisation de certaines infrastructures médicales. Cette orientation s’inscrit dans la Vision nationale 2040-2060 du Burundi, qui positionne les technologies de l’information et de la communication comme des leviers structurants de transformation économique et sociale.

Cette dynamique prolonge des échanges déjà engagés entre les autorités burundaises et le groupe. Déjà implanté en Ouganda et en Tunisie, Lyca Mobile a obtenu en octobre 2025 une licence d’établissement et d’exploitation d’un réseau de télécommunications dans le pays par décret présidentiel. Les discussions ont désormais évolué vers une phase technique consacrée à la préparation du déploiement, avec pour objectif d’élargir l’accès à une connectivité fiable, d’améliorer la qualité du service et de favoriser l’émergence d’offres de communication plus abordables pour les populations.

Samira Njoya

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Posted On lundi, 02 mars 2026 13:02 Written by

Les besoins en connectivité s’intensifient avec l’essor du streaming, du gaming, de l’e‑learning et la multiplication des écrans dans les foyers. Pour y répondre, Orange Maroc déploie de nouvelles solutions mobiles et fixes, adaptées aux usages numériques en constante évolution des particuliers.

Le groupe Orange Maroc a présenté, mardi 24 février à Casablanca, deux innovations majeures destinées au grand public : les forfaits mobiles personnalisables Yo Max 5G et la Livebox 7, premier routeur nouvelle génération lancé en première mondiale au Maroc. Ces dispositifs s’appuient sur le réseau 5G récemment lancé et répondent aux usages numériques croissants dans le pays.

Les forfaits Yo Max 5G permettent aux abonnés de composer eux‑mêmes leur expérience digitale, en choisissant les services adaptés à leurs besoins : streaming vidéo et musical, gaming ou e‑learning. Disponibles sur six formules allant de 99 à 649 dirhams (environ 11 à 71 USD), elles offrent jusqu’à 160 Go de data ou une connexion illimitée, avec la possibilité d’accéder aux services depuis l’application Maxit, qui centralise le pilotage du forfait.

La Livebox 7, quant à elle, inaugure l’utilisation du Wi‑Fi 7 dans un routeur grand public et introduit le système d’exploitation prplOS, qui permet d’installer directement des applications sur la box, telles qu’un VPN intégré et un contrôle parental. Équipée de dix antennes intelligentes, elle assure un débit stable dans l’ensemble du foyer et offre aux développeurs locaux la possibilité de créer des applications adaptées au marché marocain, contribuant ainsi à enrichir l’écosystème Nova Box.

Ces innovations s’inscrivent dans la stratégie d’Orange Maroc de soutenir la transformation digitale du royaume et de proposer des services connectés adaptés aux évolutions des usages, notamment la multiplication des écrans dans les foyers, l’e‑learning, le streaming et le gaming. Elles interviennent dans un contexte où la pénétration numérique au Maroc est déjà élevée. Selon Datareportal, à la fin de 2025, le pays comptait près de 57,1 millions de connexions mobiles, soit environ 148 % de la population, et plus de 35 millions d’internautes, avec un taux de pénétration dépassant 92 %, ce qui traduit l’usage intensif des téléphones mobiles et la multiplication des cartes SIM par foyer et par individu.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 26 février 2026 11:54 Written by

Au Sénégal, 61 % de la population utilise Internet et plus de 84 % a accès à l’électricité. Les opérateurs télécoms et énergétiques veulent désormais améliorer la qualité des services et simplifier l’expérience des usagers.

Le Groupe Sonatel et la société nationale d’électricité Senelec ont annoncé le vendredi 20 février la signature d’un accord stratégique à Dakar destiné à accélérer la transformation numérique de leurs opérations et à améliorer la qualité des services énergétiques et télécoms. Le partenariat a été officialisé par les directeurs généraux des deux entreprises, Brelotte Ba (photo, à gauche) et Papa Toby Gueye (photo, à droite).

L’accord prévoit une convergence accrue entre les capacités opérationnelles des deux groupes afin d’optimiser leurs performances et renforcer la qualité de service. Il inclut également le développement de services numériques destinés aux usagers, notamment à travers l’amélioration continue de la relation client et le déploiement de solutions digitales visant à fluidifier l’accès aux services essentiels. Les deux entreprises entendent ainsi renforcer les synergies entre infrastructures énergétiques et réseaux de communication pour soutenir les ambitions nationales de transformation digitale.

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique nationale d’accélération de la transformation numérique et de modernisation des infrastructures stratégiques, où la convergence entre énergie et connectivité devient un levier structurant de performance économique. Selon DataReportal, le Sénégal comptait environ 11,3 millions d’utilisateurs d’Internet au début de 2025, soit un taux de pénétration de 60,6 % de la population. Dans le même temps, le taux d’accès à l’électricité a dépassé 84 % au niveau national, avec une couverture quasi généralisée en milieu urbain, selon la Banque mondiale.

Dans ce contexte d’extension simultanée des réseaux énergétiques et numériques, la coopération entre Sonatel et Senelec vise à améliorer la qualité et la fiabilité des services essentiels pour les usagers. La progression rapide des usages numériques, notamment les services financiers mobiles, les plateformes administratives en ligne et les solutions connectées, renforce en effet l’interdépendance entre infrastructures énergétiques performantes et réseaux télécoms robustes.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Posted On mardi, 24 février 2026 13:47 Written by

Les autorités sénégalaises ambitionnent de généraliser l’accès à Internet dans le cadre de leur stratégie nationale de transformation numérique. Pour atteindre cet objectif, l’exécutif mise sur la technologie satellitaire, alors qu’environ 40 % de la population n’utilise pas encore Internet.

Le gouvernement sénégalais entend s’appuyer sur Starlink, qui vient d’annoncer le lancement de ses activités commerciales au Sénégal, pour offrir une connexion gratuite à un million de personnes d’ici juin 2026. Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), citant un communiqué du ministère de la Communication et de l’Économie numérique, les autorités ont négocié l’acquisition de 5000 terminaux de la société américaine à un tarif préférentiel.

Pour l’exécutif, l’arrivée de Starlink constitue une avancée stratégique majeure vers l’accès universel à Internet. Grâce à sa constellation de satellites en orbite basse, la technologie doit permettre de réduire significativement les zones blanches en complétant ou en prolongeant la couverture des réseaux terrestres, notamment dans les régions difficiles d’accès.

Les secteurs ciblés incluent en priorité les zones blanches à travers des solutions de Wi-Fi communautaire, l’éducation, l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, les collectivités territoriales, les zones frontalières ainsi que le plan Diomaye pour la Casamance. L’initiative devrait permettre de réduire significativement les coûts de connectivité pour ces acteurs, tout en leur offrant un accès à une connexion très haut débit, fiable et performante.

Cette démarche s’inscrit dans l’objectif du gouvernement de démocratiser l’accès au haut et très haut débit sur l’ensemble du territoire national, en particulier dans les zones rurales et isolées où le déploiement des réseaux terrestres reste un défi économique et technique. L’exécutif a notamment fait de la technologie satellitaire un levier stratégique dans la réalisation de cette ambition, qui s’inscrit dans le cadre plus large de la transformation numérique, avec l’intégration des TIC dans tous les secteurs d’activité pour accélérer le développement socio-économique.

Pourtant, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), les réseaux 2G, 3G et 4G couvraient déjà la quasi-totalité du territoire sénégalais en 2023. Mais une étude menée en 2025 dans le cadre du Projet d’accélération de l’économie numérique au Sénégal (PAENS) nuance ce constat : 24 % des localités ne disposent d’aucun réseau, soit près de 18 858 habitants, 37 % connaissent des pertes fréquentes de signal, seulement 52 % bénéficient d’une couverture 4G, tandis que certaines zones restent limitées à la 2G.

Les résultats de l’étude montrent que ces insuffisances affectent également les infrastructures sociales, notamment les écoles et les centres de santé situés dans les zones reculées, freinant l’accès aux services essentiels. En matière d’usage, DataReportal estime le taux de pénétration d’Internet au Sénégal à 60,6 % à fin 2025.

L’initiative soulève cependant plusieurs interrogations, notamment sur sa capacité à se généraliser à l’ensemble du territoire et sur son impact réel sur l’adoption de l’Internet par les populations. Même si des obstacles comme le coût ou la couverture réseau sont atténués, d’autres facteurs peuvent limiter l’utilisation. Il s’agit notamment de la possession d’appareils compatibles avec le Wi-Fi, les compétences numériques des utilisateurs, la disponibilité de contenus pertinents, ainsi que les questions de sécurité, d’éthique et de normes sociales.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On jeudi, 05 février 2026 12:25 Written by

Le Nigeria se présente comme le seul pays d’Afrique de l’Ouest à disposer d’un satellite de communications opérationnel. Mais cette infrastructure approche progressivement de la fin de sa vie.

Les autorités nigérianes avancent vers leur objectif d’acquérir deux nouveaux satellites télécoms afin de renforcer l’infrastructure numérique nationale. Le président de la République, Bola Ahmed Tinubu, a approuvé l’initiative, selon le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Bosun Tijani, cité par la presse locale.

M. Tijani a fait cette annonce le mercredi 28 janvier à Abuja, lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la protection de la vie privée, par la Commission nigériane de protection des données.

Les deux nouveaux satellites sont destinés à remplacer le NigComSat‑1R, seul satellite de communications exploité par le Nigeria depuis décembre 2011. Celui‑ci avait été lancé pour succéder au NigComSat‑1, mis en orbite le 13 mai 2007 avec l’appui de la Chine, mais perdu peu après son lancement. Conçu pour une durée de vie de 15 ans, le NigComSat‑1R devait atteindre sa fin de vie en 2026. Le gouvernement a toutefois annoncé, en septembre 2025, la prolongation de son exploitation jusqu’en 2028.

Selon le ministre, l’acquisition de nouveaux satellites s’inscrit pleinement dans les ambitions de transformation numérique du Nigeria. Il a rappelé que le pays poursuit parallèlement le déploiement de 90 000 km de fibre optique, un projet déjà achevé à 60 %. La technologie numérique occupe une place centrale dans la stratégie du président Tinubu visant à bâtir une économie de 1000 milliards USD. Les satellites peuvent notamment contribuer à élargir l’accès aux TIC dans un pays où la GSMA estime à 120 millions le nombre de personnes non connectées à l’Internet mobile fin 2023, sur une population de 223,8 millions d’habitants.

Dès 2016, le gouvernement nigérian avait exprimé sa volonté de se doter de deux nouveaux satellites télécoms, évaluant le coût du projet à environ 500 millions USD. L’exécutif indiquait alors négocier un prêt avec la Banque d’export‑import de Chine (China Eximbank), sur le modèle du financement du premier satellite.

Toutefois, Jane Nkechi Egerton‑Idehen, directrice générale de Nigerian Communications Satellite Limited (NigComSat), expliquait dans une interview accordée à TechCabal en septembre 2025 que ce schéma n’est plus l’unique option. Selon elle, le processus est désormais ouvert, et plusieurs fournisseurs et investisseurs ont soumis des offres.

Au‑delà de la question financière, Mme Egerton‑Idehen souligne que le Nigeria cherche aussi à préserver ses créneaux orbitaux, c’est‑à‑dire les positions réservées à chaque pays pour le déploiement de satellites. Le NigComSat‑1R occupe actuellement l’un des trois créneaux attribués au Nigeria par l’Union internationale des télécommunications (UIT).

Isaac K. Kassouwi

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Posted On vendredi, 30 janvier 2026 06:37 Written by

De nombreux pays africains misent sur la transformation numérique pour soutenir leur développement socio‑économique. La cybersécurité est considérée comme une condition préalable pour tirer pleinement parti des TIC.

Le Parlement somalien a officiellement approuvé, le lundi 26 janvier, la loi sur la cybersécurité. Cette adoption vient renforcer le cadre réglementaire national, dans un contexte d’efforts accrus des autorités pour assurer la sécurité du cyberespace du pays.

Selon la National Communications Authority (NCA), le texte établit un cadre national de gestion de la cybersécurité. Il précise notamment les responsabilités du ministère des Communications, le rôle technique du régulateur télécoms, les obligations des opérateurs d’infrastructures critiques, ainsi que les mécanismes de prévention, de signalement et de réponse aux incidents cybernétiques.

Le texte prévoit également la création de l’équipe somalienne de réponse aux incidents informatiques (SOM‑CIRT), ainsi que la mise en place d’un comité de cybersécurité composé de neuf membres et d’un centre d’intervention d’urgence chargé de coordonner les réponses rapides aux incidents.

« La loi sur la cybersécurité devrait jouer un rôle clé dans le renforcement de la confiance numérique, le soutien à la croissance de l’économie numérique et l’intensification de la coopération entre les institutions publiques, le secteur privé et les partenaires internationaux », a indiqué le régulateur télécoms dans un communiqué.

En août 2025, le gouvernement somalien avait approuvé le projet de loi sur la cybercriminalité. En mars 2023, la loi sur la protection des données (Data Protection Act) entrait en vigueur. Celle‑ci a notamment conduit à la création de l’Agence de protection des données (ADP), chargée de veiller à son application.

Au‑delà du cadre réglementaire, la Somalie mise sur la coopération internationale pour assurer la protection de son cyberspace. Le pays a par exemple signé en août 2025 un protocole d’accord avec la Malaisie, considérée comme l’un des modèles mondiaux en matière de cybersécurité. En novembre 2024, le pays s’était déjà rapproché de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour renforcer sa capacité à lutter contre les crimes perpétrés sur Internet.

Ces efforts interviennent dans un contexte de recrudescence des cybermenaces. Dans son rapport « State of Cybersecurity in Somalia 2024 », Abdullahi Guled, consultant auprès du ministère des Communications, a indiqué que la Somalie a connu plusieurs incidents en 2024, même si une bonne partie n’a pas été rendue publique. Il s’agit notamment d’attaques par rançongiciel contre des institutions publiques et de tentatives d’hameçonnage visant le secteur financier. Par exemple, en novembre 2025, la plateforme e‑visa a été piratée, compromettant les données personnelles de plusieurs milliers de personnes.

Pour rappel, la Somalie a été classée au quatrième pallier (Tier 4) sur 5 dans le « Global Cybersecurity Index 2024 » de l’Union internationale des télécommunications (UIT), « témoignant d’un engagement de base en matière de cybersécurité ». Le pays doit toutefois intensifier ses efforts, notamment en matière de mesures techniques, légales et de développement des capacités. Il a enregistré un score global de 37,38 sur 100. 

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 29 janvier 2026 07:19 Written by

En janvier 2023, Starlink d’Elon Musk faisait son entrée sur le plus gros marché télécoms africain, fort de plus de 200 millions d’habitants. Même si la société compte aujourd’hui plus de 66 000 abonnés, elle risque de perdre son monopole.

Le marché nigérian du haut débit par satellite s’ouvre à un nouvel acteur mondial. Amazon a obtenu un permis d’atterrissage de sept ans auprès de la Commission nigériane des communications (NCC), autorisant son projet Kuiper à lancer des services internet au Nigeria à partir de février 2026. Cette décision marque une étape clé dans la stratégie du pays visant à diversifier ses infrastructures de connectivité et à attirer des investissements technologiques de nouvelle génération.

« L’approbation s’aligne sur les meilleures pratiques mondiales et reflète la volonté du Nigeria d’ouvrir son marché des communications par satellite aux fournisseurs de services à large bande de nouvelle génération », a indiqué la NCC, soulignant l’importance stratégique de cette autorisation dans un contexte de forte demande en connectivité.

Le permis permet à Amazon Kuiper d’exploiter son segment spatial au Nigeria dans le cadre d’une constellation mondiale pouvant atteindre 3236 satellites en orbite terrestre basse (LEO). L’entreprise est autorisée à proposer des services fixes par satellite (FSS), des services mobiles par satellite (MSS) ainsi que des stations terrestres en mouvement (ESIM), couvrant aussi bien les ménages et les entreprises que les besoins de mobilité, de logistique, de transport aérien et maritime ou encore d’infrastructures critiques.

L’arrivée d’Amazon sur ce segment met fin à la domination quasi exclusive de Starlink sur le marché nigérian de l’internet par satellite LEO. Jusqu’ici, l’entreprise d’Elon Musk bénéficiait d’un avantage de premier entrant, avec une base estimée à plus de 66 000 abonnés dans le pays. L’entrée de Kuiper introduit une concurrence directe entre deux géants disposant de capacités financières, technologiques et industrielles à l’échelle mondiale, susceptible d’influencer les prix, la qualité de service et la couverture.

Sur le plan technique, l’autorisation accordée à Kuiper couvre l’exploitation de fréquences en bande Ka, connues pour leur capacité élevée de transmission de données. Avec des canaux de 100 MHz, Amazon prévoit des débits pouvant atteindre jusqu’à 400 Mbps, tout en maintenant des coûts de terminaux compatibles avec une adoption à grande échelle. Ces caractéristiques renforcent l’attractivité du satellite comme alternative crédible aux réseaux terrestres, y compris dans les zones urbaines et semi‑urbaines.

Le Nigeria représente un marché stratégique pour Amazon. Le pays compte plus de 200 millions d’habitants et affiche encore d’importantes lacunes en matière de connectivité. Selon la NCC, plus de 23 millions de Nigérians vivent dans des zones non ou mal desservies, tandis que la pénétration du haut débit mobile atteignait 50,58 % en novembre 2025. Dans ce contexte, les satellites LEO, grâce à leur faible latence, sont perçus comme un levier clé pour soutenir les usages numériques avancés, du cloud computing aux services financiers numériques.

Au‑delà des particuliers, les services de Kuiper pourraient répondre aux besoins des entreprises opérant dans des secteurs tels que le pétrole et le gaz, les mines, les ports ou les corridors logistiques, où le déploiement de la fibre reste coûteux ou techniquement complexe. Amazon, qui a rebaptisé Project Kuiper en Amazon LEO en novembre 2025, entend également capitaliser sur l’intégration avec Amazon Web Services (AWS) pour proposer des offres combinant connectivité et services cloud.

Avec cette autorisation, le Nigeria confirme son positionnement comme l’un des marchés africains les plus dynamiques pour le haut débit par satellite. La concurrence accrue entre opérateurs LEO devrait, à terme, favoriser un accès à Internet plus rapide, plus abordable et plus résilient, au bénéfice des consommateurs, des entreprises et de l’économie numérique nigériane.

Samira Njoya, Agence Ecofin

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Posted On jeudi, 15 janvier 2026 09:17 Written by
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