La Mauritanie accélère ses efforts de transformation numérique pour soutenir le développement socio‑économique. Dans le secteur public, par exemple, le gouvernement a déjà digitalisé plusieurs dizaines de services afin de rapprocher l’administration des populations.
Les autorités mauritaniennes négocient un financement de 50 millions de dollars avec la Banque islamique de développement (BID) pour soutenir la transformation numérique du pays. Les deux parties ont signé à cet effet un accord de principe le mardi 14 avril.
Ce programme de soutien vise la mise en œuvre de quatre projets principaux : le développement des infrastructures et des équipements numériques, le renforcement de la cybersécurité, le soutien à l’interopérabilité et la modernisation des systèmes numériques, le développement des compétences numériques et de la connectivité, ainsi que la promotion de l’innovation et des start‑up.
En janvier 2025, le gouvernement mauritanien a lancé le projet Digital‑Y, financé à hauteur de 4 millions d’euros et réalisé en partenariat avec la coopération allemande. Ce projet vise à intégrer les outils numériques dans la gestion publique afin de moderniser les services, renforcer la transparence administrative et stimuler le développement économique et social.
La Mauritanie collabore aussi avec la Banque mondiale et l’Union européenne. Cette dernière accompagne plusieurs initiatives, dont la construction d’un centre de données à Nouakchott et la liaison du pays à un nouveau câble sous‑marin en fibre optique. La Banque européenne d’investissement (BEI) finance ce projet à hauteur de 25 millions d’euros (29,4 millions de dollars), tandis que la Banque mondiale apporte 10 millions d’euros.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des ambitions des autorités mauritaniennes de « faire du numérique et de l’innovation un levier clé de modernisation de l’administration, d’inclusion sociale et de renforcement de la compétitivité ». Dans sa stratégie 2022–2025, le pays visait à l’horizon 2025 une valeur ajoutée du numérique de 700 millions de dollars, soit 8 % du produit intérieur brut (PIB), contre 350 millions de dollars et 4,5 % du PIB en 2020. Le gouvernement visait également 15 000 emplois directs et indirects créés grâce au numérique, contre 5 000 en 2020.
Pour le moment, la Mauritanie occupe la 165e position sur 193 à l’indice de développement de l’e‑gouvernement établi par les Nations Unies en 2024. Son score de 0,3491 reste inférieur aux moyennes continentale (0,4247) et mondiale (0,6382), traduisant des défis persistants en matière de numérisation des services publics. En matière de cybersécurité, le pays s’est classé au quatrième et avant‑dernier palier (Tier 4) à l’Indice global de cybersécurité 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), avec des lacunes dans les volets organisationnels, techniques, de développement des capacités et de coopération.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les pays africains intensifient leurs efforts en matière de cybersécurité. Elle est désormais considérée comme une condition essentielle pour tirer pleinement parti des avantages de la transformation numérique.
Les autorités mozambicaines misent sur l’expertise européenne pour renforcer la cybersécurité. Le pays poursuit ses efforts afin de protéger son cyberespace national face aux menaces croissantes liées à l’accélération de la transformation numérique.
Révélée le lundi 13 avril par l’Instituto Nacional de Tecnologias de Informação e Comunicação (INTIC), cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme TAIEX de la Commission européenne. Ce dispositif d’assistance technique et d’échange d’informations vise à partager les connaissances et les bonnes pratiques de l’Union européenne afin de soutenir les réformes institutionnelles et juridiques dans les pays partenaires.
Dans ce cadre, une équipe de cinq techniciens de l’Équipe de réponse aux incidents cybernétiques (CSIRT) de l’INTIC séjourne actuellement à Lisbonne pour une visite d’étude et une formation intensive auprès du Centre national de cybersécurité du Portugal (CNCS), avec un accent particulier sur les échanges avec le CERT.PT. Cette mission a pour objectif principal le renforcement des compétences techniques, la consolidation des capacités de réponse aux incidents et la promotion des bonnes pratiques internationales.
Le partenariat prévoit également une deuxième phase, au cours de laquelle des experts européens se rendront au Mozambique afin de poursuivre les actions de renforcement des capacités sur place, garantissant un transfert de connaissances adapté au contexte local. Au-delà de la formation technique, cette coopération vise aussi à soutenir l’élaboration de politiques publiques alignées sur les standards internationaux, notamment en matière de lutte contre les fraudes numériques et l’usurpation d’identité en ligne.
À travers ce partenariat, le Mozambique poursuit son recours à l’expertise internationale dans le cadre de ses efforts pour renforcer la sécurité de son cyberespace national. Le pays s’est rapproché en février dernier des États-Unis, considérés comme l’un des modèles mondiaux en matière de cybersécurité selon l’Union internationale des télécommunications (UIT). En novembre 2025, Maputo avait déjà signé un protocole d’accord avec le Togo dans le domaine de la cybersécurité. L’accord couvre le renforcement des capacités techniques et opérationnelles des CSIRT des deux pays, le partage d’informations sur les menaces émergentes ainsi que l’échange de bonnes pratiques.
Le Mozambique fait également partie de plusieurs instruments internationaux, lui offrant un cadre de coopération. Il s’agit de la Convention des Nations unies contre la cybercriminalité, la Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données personnelles (Convention de Malabo) et la Convention de Budapest sur la cybercriminalité. Le partenariat avec l’Union européenne devrait également lui ouvrir les portes du Forum of Incident Response and Security Teams (FIRST), une association internationale regroupant des équipes d’intervention en cas d’incidents de sécurité informatique.
Pour l’heure, le Mozambique se classe au troisième palier sur cinq de l’indice global de l’UIT en 2024, avec un score de 66,05 sur 100. Si les résultats sont jugés relativement satisfaisants sur le plan organisationnel et en matière de coopération, des défis subsistent dans les domaines des mesures juridiques, techniques et du développement des capacités.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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À Casablanca, Orange a dévoilé les ambitions de sa super application Max it, destinée à devenir l’un des principaux moteurs de croissance du groupe en Afrique et au Moyen-Orient. Avec déjà 23 millions d’utilisateurs actifs par mois, la plateforme veut changer de dimension d’ici 2028.
Orange accélère sa transformation dans le cadre de sa nouvelle stratégie de croissance 2026-2030, baptisée « Trust the Future », présentée à la presse internationale le 8 avril 2026 à Casablanca, au Maroc. Longtemps perçu comme un opérateur télécoms classique, le groupe français mise désormais sur les services numériques pour ouvrir un nouveau cycle de croissance, avec l’Afrique et le Moyen-Orient comme priorités.
Au cœur de cette ambition : Max it, sa super application développée depuis Casablanca, présentée comme l’un des leviers pour générer de nouveaux revenus et supplanter ceux issus des télécommunications traditionnelles. Pour l’étape 2028 de notre plan stratégique, nous souhaitons gagner 50 millions d’utilisateurs mensuels actifs supplémentaires sur Max it. Max it accompagnera également Orange Money dans son objectif d’enregistrer 20 millions de clients mensuels actifs supplémentaires dans la zone, ainsi qu’un million de nouveaux consommateurs pour Orange Energies », affirme Yvan Delègue (photo), directeur du programme Max it.
Un objectif à la hauteur des ambitions du groupe, qui entend faire de Max it une porte d’entrée unique vers une gamme de services du quotidien : gestion de ligne mobile, paiements, contenus numériques, achats de services et accès à une marketplace intégrée.
Une riche gamme de services et partenaires
Déployée dans 16 pays, la super application revendique déjà 23 millions d’utilisateurs actifs par mois. Parmi eux, 8 millions ont recours aux services financiers intégrés via Orange Money, tandis que la solution de mobile money du groupe totalise 47 millions d’utilisateurs actifs dans la région. Max it appuie également l’offre Orange Energies, disponible dans 13 pays et permet déjà à près de 1 million de clients d’acheter et de recharger leur électricité depuis l’application.
Pour Orange, l’intérêt de cette super application repose sur une logique simple : intégrer plusieurs usages dans un même environnement numérique. L’utilisateur n’a plus besoin de multiplier les applications ou les interfaces. Il peut consulter son compte, effectuer un paiement, accéder à du divertissement (vidéo à la demande, compétitions sportives en direct, gaming, séries TV, etc.) ou acheter un service sans sortir de l’écosystème Orange. Cette convergence permet au groupe de fluidifier l’expérience client et de renforcer la fidélisation.
Yvan Delègue insiste sur la capacité de Max it à soutenir une stratégie de « bundles », c’est-à-dire d’offres combinant connectivité et contenus. Orange peut, par exemple, associer un forfait data à un service de streaming sportif pour encourager l’usage, tout en limitant la crainte de surconsommation de data chez l’abonné.
Ce repositionnement intervient alors que la région Afrique-Moyen-Orient devient le principal moteur de performance du groupe. En 2025, Orange y a réalisé 8,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 12,2 %, faisant de cette zone le premier contributeur à la croissance globale de l’entreprise. Le pari d’Orange s’appuie aussi sur des fondamentaux démographiques et économiques favorables : l’Afrique, dont la population pourrait atteindre 2,5 milliards d’habitants en 2050, concentre un fort potentiel de développement des usages numériques.
L’IA pour plus d’inclusion
Au-delà de la seule performance commerciale, Orange veut faire de Max it une plateforme ouverte, capable d’accueillir aussi bien des partenaires internationaux que des commerçants locaux. L’enjeu est double : enrichir l’offre de services pour les utilisateurs et offrir de la visibilité à des acteurs économiques cherchant à capter une clientèle déjà massifiée. Dans cette optique, Max it tend à se positionner comme un véritable agrégateur de services numériques, susceptible de structurer des écosystèmes locaux autour du paiement, de la consommation de contenus et des services essentiels.
Pour tenir son cap d’ici 2028, Orange compte sur deux leviers majeurs : l’élargissement de son réseau de partenaires et l’intégration plus poussée de l’intelligence artificielle. Le groupe veut utiliser l’IA pour personnaliser les services, en proposant à chaque utilisateur l’offre la plus pertinente au moment opportun. Il évoque également des interfaces vocales adaptées aux langues locales, afin de réduire certaines barrières à l’adoption numérique dans plusieurs marchés africains.
Avec Max it, Orange ne vend donc plus seulement de la connectivité. Le groupe cherche à se placer à l’intersection des télécoms, de la finance numérique, de l’énergie et des services marchands. En clair, devenir un acteur technologique intégré capable de capter une part plus large de la valeur numérique sur le continent.
Muriel EDJO
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L’accélération de l’accès à Internet stimule la production de contenus pour les réseaux sociaux en Afrique. Cela ouvre des perspectives d’emploi pour la jeunesse.
Les autorités libériennes préparent une formation à destination des créateurs de contenus sur la monétisation pour les plateformes de Meta et TikTok. Prévu les 6 et 7 mai 2026, le programme cible 150 participants. Cela inclut des humoristes, conteurs, créateurs de défis, producteurs de vidéos de réaction et, plus largement, les créateurs de contenus orientés vers le divertissement.
Selon l’Autorité libérienne des télécommunications (LTA), la formation sur Meta couvrira les outils de création de contenu pour Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger et Threads. Elle abordera les techniques de production de contenus performants, des sessions pratiques, les opportunités de monétisation, l’éthique sur les réseaux sociaux et les bonnes pratiques. En revanche, peu de détails ont été fournis concernant TikTok.
Le régulateur télécoms rappelle simplement que TikTok est une plateforme détenue par une entreprise chinoise, qui connaît une forte croissance mondiale, particulièrement auprès de la génération Z. Ses algorithmes permettent aux nouveaux créateurs de devenir viraux rapidement grâce à de courtes vidéos, au direct, ainsi qu’à des filtres et outils d’animation.
La monétisation des réseaux sociaux, un levier pour l’emploi des jeunes
Selon la LTA, la monétisation des réseaux sociaux agit comme un catalyseur de l’entrepreneuriat numérique, permettant aux individus de contourner les barrières traditionnelles d’accès à l’économie formelle et de générer des revenus directs et tangibles. Elle apparaît ainsi comme une réponse à la question préoccupante de l’emploi des jeunes au Liberia.
Selon le Country Focus Report 2025 de la Banque africaine de développement (BAD), le taux d’activité au Liberia est estimé à 59 %, avec un taux de chômage officiel de 3,5 %. L’institution souligne toutefois que ces chiffres masquent souvent des niveaux élevés de sous‑emploi et d’emploi informel, particulièrement chez les jeunes et les femmes.
Le rapport indique que le chômage des jeunes demeure une préoccupation majeure, notamment chez les personnes âgées de 15 à 35 ans qui ne sont ni en emploi, ni en éducation, ni en formation. Ce groupe, souvent qualifié de « jeunes à risque », est particulièrement exposé à l’exclusion sociale, à la consommation de substances et à de faibles perspectives économiques.
« Le manque d’accès à des formations professionnelles adaptées et à des opportunités d’emploi pour les jeunes limite la capacité du Liberia à tirer pleinement parti du potentiel de sa population jeune. Sans interventions ciblées, ces défis risquent de perpétuer les cycles de pauvreté et de fragilité sociale, freinant ainsi les objectifs de développement national », peut‑on lire dans le rapport.
Des contraintes techniques et réglementaires persistantes
Il convient toutefois de rappeler que la monétisation pour les plateformes de Meta et TikTok dépend de plusieurs conditions. La LTA explique par exemple que pour TikTok, il faut qu’un pays dispose de lois sur la protection des données, d’une infrastructure de paiement, de cadres fiscaux et d’un niveau suffisant d’investissement publicitaire local. Actuellement, aucun pays africain ne remplit entièrement ces critères.
L’éligibilité à la monétisation sur Meta exige que les créateurs aient au moins 18 ans, respectent les normes communautaires et atteignent un seuil minimal d’abonnés. La monétisation nécessite également une infrastructure bancaire compatible pour les paiements directs. Les outils de monétisation de Meta sont actuellement actifs dans huit pays africains, dont le Ghana.
Par ailleurs, la question de l’accès à un Internet de qualité et abordable se pose également. Selon les données de DataReportal, le Liberia comptait 1,73 million d’abonnés Internet à fin 2025, pour un taux de pénétration de 30 %. Le pays comptait également 1,1 million d’utilisateurs des réseaux sociaux, soit 19,1 % de la population.
Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), 5 Go de données mobiles représentaient 12,5 % du revenu national brut (RNB) par habitant, contre 147 % pour l’Internet fixe. Ce ratio ne devrait pas dépasser 2 % pour que le service soit considéré comme abordable.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’Afrique est confrontée à des menaces cybernétiques croissantes parallèlement à l’accélération de sa transformation numérique. Selon Interpol, les incidents de cybersécurité sur le continent ont entraîné des pertes financières estimées à plus de 3 milliards de dollars entre 2019 et 2025.
Le gouvernement nigérian envisage de créer un Conseil de coordination de la cybersécurité. Il vise à renforcer la résilience collective du Nigeria face aux cybermenaces et à améliorer la réponse coordonnée aux menaces cybernétiques en constante évolution dans les secteurs public et privé.
ESTABLISHMENT OF NIGERIA'S NATIONAL CYBERSECURITY COORDINATION COUNCIL TO STRENGTHEN CYBER RESILIENCE
— Dr. 'Bosun Tijani (@bosuntijani) April 1, 2026
The Federal Government has signalled its intention to work collaboratively with the private sector and key stakeholders toward the establishment of a Cybersecurity Coordination… pic.twitter.com/BSqEJIyj9h
L’initiative a été annoncée dans un communiqué le mercredi 1er avril par Bosun Tijani, ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie Numérique. Le Conseil proposé, plateforme de coordination multi-acteurs non statutaire, visera à rassembler les principaux acteurs pour renforcer les partenariats, faciliter le partage d’informations fiables et assurer une coopération durable entre les institutions chargées de la cybersécurité.
Selon le ministre, cette initiative fait suite à des incidents récents de cybersécurité ayant représenté des risques significatifs pour les clients et perturbé les opérations dans les grandes institutions privées, les systèmes publics et l’industrie des services au Nigeria. « Ces incidents mettent en évidence la nature de plus en plus coordonnée et sophistiquée des menaces cybernétiques, orchestrées par des acteurs organisés et des réseaux malveillants cherchant à saper la confiance dans l’écosystème numérique en pleine croissance du Nigeria », peut-on lire dans le communiqué.
Le Nigeria, à l’instar de nombreux pays africains, est confronté à une accélération des menaces informatiques, parallèlement à la progression de sa transformation numérique. Dans un rapport publié en janvier 2026, le cabinet de conseil Deloitte souligne qu’en 2025, « Les organisations, tous secteurs confondus, ont fait face à une augmentation notable des attaques, allant des escroqueries dopées à l’intelligence artificielle aux incidents de ransomware, en passant par l’usurpation d’identité affectant les utilisateurs au quotidien. Au fil de l’année, une tendance claire s’est dessinée : les attaquants sont devenus plus sophistiqués et plus agiles […] ». Le rapport prévoit qu’en 2026, ces acteurs s’appuieront encore davantage sur l’automatisation et les outils pilotés par l’IA.
Par ailleurs, la National Information Technology Development Agency (NITDA) a indiqué que le Nigeria perd chaque année plus de 500 millions de dollars à cause de la cybercriminalité. Ce fléau peut compromettre l’ambition des autorités de créer une économie de 1 000 milliards de dollars.
Intervenant en janvier dernier, lors d’une conférence, M. Bosun Tijani a souligné que cette ambition dépend autant de la confiance que des infrastructures physiques, au vu de l’importance croissante du numérique. « Si nous perdons la confiance dans ce secteur, les citoyens seront découragés d’utiliser les outils capables de transformer notre économie. Si nous maintenons cette confiance, les citoyens croiront en ces outils, et ces derniers contribueront à rendre le Nigeria prospère ».
Isaac K. Kassouwi
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Le gouvernement éthiopien accélère sa transformation numérique pour soutenir le développement social et économique. Cela implique la dématérialisation de l’accès aux services de l’administration publique.
L’Ethiopie introduit la signature électronique pour faciliter l’accès aux services publics. Dénommée teleSign, l’initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation numérique du pays.
digitized workflows allowing citizens and organizations to authenticate legal documents and enabling legal practitioners to issue or renew attorney licenses remotely from any location.
— Ethio telecom (@ethiotelecom) March 31, 2026
The solution ensures robust security by utilizing AI-powered Liveness Detection 3/6 pic.twitter.com/VGFhwux2sv
Développée par l’opérateur historique Ethio Telecom, la solution a été présentée officiellement le mardi 31 janvier. Elle permet aux citoyens éthiopiens de réaliser leurs démarches administratives en ligne de manière sécurisée et sans se déplacer. Ils peuvent signer des documents officiels, vérifier leur identité numériquement, demander des certificats, authentifier des documents ou donner des procurations, le tout depuis n’importe quel endroit et à tout moment.
« Le lancement de teleSign constitue une étape majeure dans le parcours de transformation numérique de l’Éthiopie, en introduisant la vérification d’identité numérique sécurisée, des signatures numériques reconnues légalement et des flux de travail gouvernementaux entièrement numérisés qui réduisent la bureaucratie, augmentent l’accessibilité et favorisent l’inclusion numérique nationale », a déclaré Ethio Telecom dans un communiqué.
La signature numérique peut contribuer à accélérer la transformation numérique, selon la Banque mondiale. Dans un rapport publié en 2024, l’institution de Bretton Woods rappelle que, à mesure que les transactions se dématérialisent, les mécanismes qui en garantissent la sécurité doivent eux aussi évoluer vers le format électronique. En l’absence de dispositifs fiables et reconnus sur le plan juridique pour authentifier les échanges en ligne, le recours aux signatures manuscrites demeure nécessaire, ce qui oblige encore citoyens et entreprises à se déplacer physiquement et freine ainsi la dynamique de numérisation.
« Lorsque les transactions sont numérisées, de nouveaux problèmes de sécurité apparaissent, car la facilité avec laquelle les données numériques peuvent être dupliquées ou modifiées introduit des vulnérabilités supplémentaires qui n’existaient pas avec le papier », peut-on lire dans le rapport intitulé « Signatures électroniques : Permettre une transformation numérique fiable ».
Pour rappel, l’Ethiopie mise sur la transformation numérique pour accélérer son développement socio-économique, conformément à la stratégie « Digital Ethiopia 2030 ». Pour le moment, le pays se classe à la 169e selon l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI). En 2024, le pays a enregistré un score de 0,3111 sur 1, en dessous des moyennes sous-régionale, continentale et mondiale.
Isaac K. Kassouwi
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Le Nigeria a lancé un projet de 2 milliards $ pour déployer 90 000 km de fibre optique, visant à réduire la fracture numérique. Le pays entend également développer l’écosystème numérique afin de tirer pleinement parti de ces infrastructures et stimuler l’innovation et la croissance économique.
Les autorités nigérianes veulent consacrer 12 milliards de nairas (8,6 millions de dollars) à un programme de recherche national sur l’économie numérique. Il vise à renforcer les institutions et à garantir que la transition numérique profite à l’ensemble de la société, en s’appuyant sur des preuves scientifiques plutôt que sur des décisions à court terme.
Ce programme, baptisé National Digital Economy Research Clusters (NDERC), s’inscrit dans le cadre du projet BRIDGE, initiative nationale qui prévoit le déploiement de 90 000 km de fibre optique à travers le pays afin d’améliorer la connectivité et de soutenir le développement d’une économie numérique moderne. Le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Bosun Tijani (photo), a annoncé le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt le dimanche 29 mars.
Today my heart is filled with deep joy as we announce the Expression of Interest for the National Digital Economy Research Clusters— a ₦12 billion research funding scheme designed to place ideas, evidence, and research at the centre of Nigeria’s digital transformation.
— Dr. 'Bosun Tijani (@bosuntijani) March 28, 2026
This… pic.twitter.com/UfDrbPVHUX
« À mesure que nous développons notre infrastructure numérique, il devient essentiel d’adopter des approches fondées sur des données probantes et une réflexion approfondie, afin que tous puissent tirer pleinement profit de cet investissement majeur. Trop souvent, les politiques numériques sont influencées par les dynamiques de marché et les cycles politiques, plutôt que par la recherche et une vision à long terme », a déclaré le ministre, dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux.
Le NDERC prévoit la création de six clusters de recherche couvrant des domaines stratégiques : connectivité, infrastructures publiques numériques, compétences et éducation numériques, économie numérique et emploi, sécurité et protection des consommateurs, ainsi qu’intelligence artificielle et technologies émergentes. Le programme mobilisera 36 professeurs issus de 36 universités nigérianes, en collaboration avec des partenaires académiques internationaux, et impliquera plus de 200 chercheurs, afin de produire des travaux scientifiques rigoureux et directement exploitables dans l’élaboration des politiques publiques.
Le programme s’inscrit dans l’ambition des autorités nigérianes de mettre le numérique au service du développement socio-économique. Selon le gouvernement, les TIC devraient contribuer à hauteur de 22 % du PIB, d’ici 2027.
Par ailleurs, le projet BRIDGE devrait, selon les autorités, permettre la création de nouvelles opportunités d’emploi, avec jusqu’à 20 000 emplois directs et plus de 150 000 emplois indirects, tout en stimulant l’innovation. Il contribuera également à une hausse de 1,5 % du PIB par habitant, faisant passer le PIB du pays de 472,62 milliards de dollars à environ 502 milliards de dollars en quatre ans.
Isaac K. Kassouwi
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Le gouvernement angolais accélère la transformation numérique dans tous les secteurs de gestion publique. En 2025, il s’est associé à la société américaine Cybastion, notamment afin de renforcer le volet cybersécurité.
Les autorités angolaises ont annoncé le vendredi 27 mars, le lancement d'un Laboratoire d’innovation pour les finances publiques (i.Lab). Ce dispositif permet de tester des solutions, de mesurer leur impact et de déployer celles qui améliorent effectivement les services de l'Etat. Il a été mis sur pied par le Service des TIC des Finances Publiques (SETIC-FP), rattaché au ministère des Finances.
Lors de la cérémonie de lancement, une preuve de concept (PoC) a été présentée. Elle est axée sur l’introduction de signatures numériques qualifiées dans le Système Intégré de Gestion Documentaire (SIGD), une plateforme développée en interne par le SETIC-FP pour numériser le processus de gestion documentaire au sein du ministère. Cette solution vise à renforcer l’authenticité et l’intégrité des documents électroniques, à réduire les validations manuelles et à augmenter la confiance dans les processus digitaux.
Selon les autorités, la création de l’i.Lab entre dans le cadre des efforts pour accélérer la transformation numérique des finances publiques, principalement menés à travers le SETIC-FP. Ce dernier a développé plusieurs outils, tels que le Portail de l’Unité de Gestion de la Dette Publique (UGD), une application pour le ministère des Finances, le Système Intégré de Gestion des Programmes d’Investissement Public (SIGPIP), et le Système de Gestion du Conseil Fiscal (CGCF).

Par ailleurs, le SETIC-FP participe à des événements internationaux et explore les possibilités de coopération. Début mars, un accord a été signé avec le Cap-Vert, dans lequel les deux parties se sont engagées à mettre en œuvre des solutions technologiques innovantes, à assurer la formation technique des équipes et à consolider une gouvernance numérique plus robuste, alignée sur les meilleures pratiques internationales. Le pays s’est également rapproché du Brésil.
Le processus de transformation numérique des finances publiques s’inscrit dans le cadre plus large de la stratégie nationale de transformation numérique de l’Angola, qui vise à intégrer les TIC dans tous les secteurs pour soutenir le développement socio-économique. Dans l’administration publique, Luanda voit la numérisation comme un gage de modernisation, ainsi que d’une gestion financière plus efficace, transparente et axée sur les résultats.
Isaac K. Kassouwi
Edité par : Feriol Bewa
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Les autorités mozambicaines accélèrent les efforts en faveur de la transformation numérique. Une stratégie nationale dédiée est en cours de développement depuis février dernier.
Le Mozambique avance vers la mise en service de son Agence de transformation numérique et d’innovation (ATDI), créée au début du mois. L’exécutif a annoncé, en début de semaine, la nomination d’Adilson dos Santos Cousin Gomes (photo) au poste de président du conseil d’administration de l’institution.
Sa mission consistera à coordonner les activités de l’ATDI, chargée de la fourniture de services et de l’accompagnement du processus de transformation numérique dans le secteur public. Plus précisément, cela inclut l’harmonisation et l’interopérabilité des plateformes numériques de l’État, la gestion et l’intégration des centres de données, la rationalisation des procédures d’acquisition de solutions technologiques, ainsi que le développement de systèmes numériques de services aux citoyens.
Dans un communiqué, le ministère des Communications et de la Transformation numérique a déclaré que cette nomination « intervient dans un contexte où le Mozambique intensifie ses efforts pour accélérer la transformation numérique, renforcer la cybersécurité et promouvoir l’interopérabilité des systèmes de l’État, des facteurs jugés déterminants pour l’efficacité des services publics et le développement économique ».
En plus de l’ATDI, le 10 mars, le gouvernement mozambicain avait institué par décret une Commission nationale pour l’intelligence artificielle (CNIA) ainsi qu’une Commission technique multisectorielle de coordination et de mise en œuvre de la transformation numérique (CTD). En février, le Mozambique lançait officiellement le processus d’élaboration de sa Stratégie nationale de transformation numérique. Une fois terminée, cette feuille de route doit permettre la valorisation des infrastructures numériques publiques pour favoriser un développement inclusif et renforcer la résilience économique.
Maputo a également intensifié au cours des derniers mois les initiatives pour généraliser l’accès à Internet dans le pays. Il ambitionne d’atteindre un taux de pénétration mobile de 80 % et une couverture de 95 % du territoire national. La disponibilité du réseau devrait atteindre 99 %. Côté performances, l’exécutif vise des débits de connexion de 100 Mbps à 1 Gbps pour la 5G, 10 Mbps à 100 Mbps pour la 4G. Pour y arriver, il mise sur la technologie satellitaire, l’extension et la modernisation du réseau télécoms, ainsi que l’extension du réseau de fibre optique.
Pour rappel, le Mozambique est classé 177ᵉ sur 193 pays à l’Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) 2024 des Nations unies, avec un score de 0,2848 sur 1, inférieur aux moyennes sous-régionale, africaine et mondiale. En matière de cybersécurité, le pays se situe au troisième palier de l’Indice global de l’Union internationale des télécommunications (UIT) en 2024, avec des marges de progression notables dans les domaines légal, technique et du renforcement des capacités. L’UIT estime également le taux de pénétration d’Internet à 20,5 %.
Isaac K. Kassouwi
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Aujourd’hui, le numérique est présent dans tous les secteurs en Afrique, y compris dans le commerce. Celui-ci représentait le deuxième plus important contributeur au PIB réel du Nigeria au quatrième trimestre 2025.
Les autorités nigérianes ont lancé, le mardi 24 mars, la Fenêtre unique nationale pour le commerce. Cette plateforme numérique vise à moderniser le secteur, réduire les coûts et améliorer l’efficacité à travers l’économie.
Selon le ministère des Finances, la plateforme intègre les agences gouvernementales dans un système numérique unique, simplifiant les processus d’importation et d’exportation, réduisant les délais et abaissant le coût des affaires. Pour le gouvernement, le système renforce la transparence, la coordination et la collecte des recettes. Pour les entreprises, il réduit la bureaucratie et accélère l’accès aux marchés.
FGN Launches National Single Window to Cut Trade Costs and Boost Growth
— Federal Ministry of Finance (@FinMinNigeria) March 24, 2026
The Honourable Minister of Finance and Coordinating Minister of the Economy, Mr Wale Edun, today led the launch of Nigeria’s National Single Window in Lagos, a flagship reform to modernise trade, reduce… pic.twitter.com/koIAo44RFK
« Il s’agit d’un passage décisif de la complexité à la coordination », a déclaré le ministre des Finances, Wale Edun. « Cela facilitera le commerce, améliorera la compétitivité et soutiendra la croissance économique », a-t-il ajouté. La Fenêtre unique nationale fait partie d’un programme de réformes plus large visant à construire une économie nigériane plus compétitive et attractive pour les investisseurs. Elle intervient dans un contexte de transformation numérique où les autorités nigérianes misent sur l’intégration des technologies numériques dans tous les secteurs pour soutenir le développement socio-économique. Par exemple, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) estime que la digitalisation du commerce joue un rôle clé dans l’amélioration de l’efficacité des contrôles aux frontières et des procédures administratives, réduisant ainsi les coûts commerciaux et renforçant la résilience des chaînes d’approvisionnement mondiales. La GSMA souligne que la numérisation peut soutenir les efforts d’expansion commerciale et faciliter le commerce pour tirer pleinement parti de l’intégration régionale. Selon l’organisation, la digitalisation du secteur commercial pourrait créer une valeur ajoutée de 873 milliards de nairas (663,6 millions USD) d’ici 2030, soit 1,3 % du PIB du secteur. Elle pourrait également générer 90 000 emplois supplémentaires et contribuer à hauteur de 70 millions de nairas supplémentaires aux recettes de l’État. Au quatrième trimestre 2025, le commerce était le deuxième contributeur au PIB réel du Nigeria avec 16,84 %, derrière la production agricole (20,44 %), selon les sources officielles. Il convient toutefois de rappeler que la numérisation du commerce en question ne se limite pas à l’administration. La CNUCED estime que l’intégration de technologies avancées telles que l’analyse des mégadonnées, l’intelligence artificielle et la blockchain renforce l’efficacité, la transparence et les capacités de gestion des risques des processus commerciaux. La GSMA met également en avant le e-commerce, qui permet la commercialisation de nouveaux produits, l’expansion des services de livraison et une réduction significative des coûts de transaction.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les projets de modernisation de l’administration publique suivent leur cours en Éthiopie. Les autorités viennent de lancer un projet pilote pour transformer les commissariats grâce au numérique.
L’Éthiopie a inauguré, dans sa capitale Addis-Abeba, un commissariat de police intelligent, conçu pour offrir aux citoyens un accès simplifié, rapide et continu aux services publics. L’information a été annoncée par l’Agence de presse éthiopienne, Ethiopian News Agency (ENA), le dimanche 22 mars.
Dans ce poste de police de nouvelle génération, les usagers interagissent directement avec des bornes numériques en libre-service. Grâce à des écrans interactifs et à une assistance vidéo à distance, ils peuvent déposer une plainte, soumettre des documents ou encore régler une amende sans passer par un guichet traditionnel. Le service est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, supprimant ainsi les contraintes horaires souvent associées aux administrations publiques.
« Cette innovation améliore sensiblement la qualité du service offert aux citoyens et contribue au renforcement du système judiciaire et des services de police », a indiqué Andnet Sisay, chef du département technologique de la police fédérale éthiopienne.
Ce dispositif repose sur l’intégration de technologies telles que l’intelligence artificielle et la gestion centralisée des données. Il permet de réduire significativement les délais de traitement tout en limitant les erreurs humaines liées aux procédures manuelles. Pour les citoyens, l’expérience se veut plus fluide : moins d’attente, moins de paperasse et une interaction plus directe avec l’administration.
Au-delà du gain de temps, cette transformation modifie la relation entre les usagers et l’administration. En réduisant les contacts physiques, elle contribue également à limiter certaines pratiques informelles, renforçant ainsi la transparence du service. Le commissariat fonctionne avec un personnel réduit sur site, tandis que les agents assurent un accompagnement à distance, garantissant un suivi continu des dossiers. Pensé comme un projet pilote, ce modèle pourrait être étendu à d’autres villes du pays.
Adoni Conrad Quenum
Éditée par M.F. Vahid Codjia
Comme de nombreux pays africains, l’Algérie mise sur les technologies numériques pour résoudre ses défis. L’un des problèmes majeurs auxquels le pays est confronté est l’accès à l’eau.
Les autorités algériennes explorent des solutions technologiques locales pour développer le secteur de l’eau, renforcer la sécurité hydrique et relever les défis, notamment ceux liés au changement climatique. Un appel à projet a été lancé dans ce sens.
Selon un communiqué du ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises publié le mercredi 18 mars, cet appel s’adresse aux porteurs de projets innovants, aux start-up et scale-up, aux micro-entreprises, aux incubateurs et accélérateurs, aux chercheurs issus des universités et centres de recherche, ainsi qu’aux experts et spécialistes du secteur économique, y compris les talents algériens établis à l’étranger. L’initiative vise à construire un écosystème national d’innovation dans le domaine de l’eau, à développer des solutions technologiques nationales, à lancer des projets pilotes sur le terrain et à créer des opportunités de collaboration entre les secteurs public et privé. Les domaines prioritaires incluent la réduction des fuites et du gaspillage d’eau, le dessalement avec une meilleure efficacité énergétique, la réutilisation de l’eau, l’irrigation intelligente et l’agriculture durable, l’utilisation de l’intelligence artificielle et de l’Internet des objets dans la gestion de l’eau, ainsi que les solutions d’adaptation au changement climatique. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique, qui mise sur l’intégration des TIC dans tous les secteurs pour soutenir le développement socio-économique. En ce qui concerne le secteur de l’eau, l’Algérie est confrontée à un stress hydrique croissant. Le pays figure parmi les zones arides à semi-arides, avec des ressources en eau limitées et une dépendance accrue aux précipitations irrégulières et aux nappes souterraines surexploitées. Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le recours aux nouvelles technologies peut améliorer considérablement la gestion des ressources en eau, permettant ainsi de faire face à la pénurie liée à la demande croissante et au changement climatique. L’organisation souligne notamment que les systèmes d’alerte reposant sur des drones ou sur des dispositifs intégrés d’observation de la Terre peuvent contribuer à la prévision et à l’atténuation des risques de catastrophes. Par ailleurs, des solutions comme les compteurs intelligents, qui fournissent des données en temps réel et un retour d’information personnalisé, sont susceptibles d’améliorer l’efficacité des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement existants. Toutefois, comme le souligne Abdesselam Malek, docteur en hydrogéologie, dans une interview accordée au quotidien Horizons, la problématique de l’eau en Algérie dépasse la seule question technologique. « Chez nous, surtout dans le Sud, nos oasis ont perduré grâce à cette résilience face à des pluies très irrégulières, avec des digues de dérivation vers des surfaces de stockage et un partage ingénieux. Nos oueds dans le Nord perdent trop vite des écoulements en centaines de millions de mètres cubes qui rejoignent la mer en quelques jours, parfois en quelques heures », a-t-il déclaré.
Isaac K. Kassouwi
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Le gouvernement mauritanien accélère la digitalisation des services publics. Le dernier acte en date est la dématérialisation du processus de demande du permis de conduire.
Les autorités mauritaniennes cherchent à digitaliser des services liés au ministère de la Fonction publique et du Travail. L’initiative vise à moderniser l’administration, simplifier les procédures et améliorer l’accès des citoyens aux services publics.
Ce projet a fait l’objet d’une réunion en début de semaine entre Mariem Boidiel Houmeid (photo, à gauche), ministre de la Fonction publique et du Travail, et son homologue chargé de la Transformation numérique, Ahmed Salem Ould Bede (photo, à droite). Dans son allocution, la ministre a expliqué que l’objectif de cette réunion est de présenter les besoins du secteur en matière de systèmes informatiques et de numérisation des services, afin d’identifier des solutions adaptées.
Parmi les projets proposés figurent la mise en place d’un portail de la fonction publique intégré au système « Khidmati », le lancement d’un service de gestion des décisions administratives intégré au système des ressources humaines, ainsi que la numérisation des activités de la direction générale du Travail et des délégations régionales.
M. Bede a réaffirmé l’engagement de son département à accompagner le ministère de la Fonction publique et du Travail dans la mise en œuvre de ces priorités, en fournissant les solutions techniques nécessaires et en garantissant l’interopérabilité des systèmes d’information. Il a également appelé à un travail d’équipe et à une coordination directe et rigoureuse afin d’accélérer la réalisation des projets proposés, qui auront un impact direct sur la qualité des services du secteur.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation numérique des autorités mauritaniennes, qui veulent mettre les TIC au service du développement de tous les secteurs de l’économie. Dans l’administration publique, elles misent sur la digitalisation des processus et des services pour plus de transparence, de productivité et d’amélioration dans l’accès des populations.
Le renforcement de la productivité et de l’efficacité du ministère de la Fonction publique et du Travail, qui œuvre pour améliorer les services aux citoyens et soutenir le marché de l’emploi, constitue une lueur d’espoir pour les jeunes. Selon les données d’une enquête d’Afrobarometer publiée en 2024, 47 % des Mauritaniens âgés de 18 à 35 ans sont au chômage tout en recherchant activement un emploi, un taux légèrement supérieur à la moyenne nationale de 44 %. Le rapport indique également que 26 % des jeunes sont sans emploi mais ne cherchent pas de travail.
Rappelons cependant que le processus de dématérialisation des services du ministère de la Fonction publique et du Travail est encore au stade de discussions et qu’aucun calendrier n’a été dévoilé. Il faudra donc attendre les prochains développements pour s’avancer davantage sur sa mise en œuvre, ainsi que les impacts potentiels.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’Angola poursuit le développement de son secteur spatial. Le pays dispose déjà d’un satellite de télécommunications, AngoSat-2, utilisé notamment pour accélérer la couverture du réseau sur l’ensemble du territoire.
Les autorités angolaises ont procédé, lundi 16 mars, au lancement officiel du projet de construction et de mise en orbite du premier satellite d’observation de la Terre du pays, ANGEO-1. D’un coût estimé à environ 225 millions d’euros (259 millions USD), l’appareil est développé en partenariat avec Airbus.
Les travaux ont été lancés dans les locaux d’Airbus Defence and Space à Toulouse, en France, par Mário Augusto da Silva Oliveira (photo, à gauche), ministre des Télécommunications, des Technologies de l’information et de la Communication sociale. Lors de la cérémonie, le ministre a souligné que ANGEO-1 permettra à Angola d’accéder de manière souveraine et directe à plus de 1000 images à haute résolution par jour, d’après un communiqué du Bureau de gestion du Programme spatial national (GGPEN) qui faisait partie de la délégation angolaise.
« Cette capacité sera essentielle pour soutenir le développement économique, la gestion durable des ressources naturelles et la sécurité du territoire, renforçant la capacité du pays à élaborer des politiques publiques et à prendre des décisions stratégiques fondées sur des données concrètes », peut-on lire dans le communiqué.
Le projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme spatial national. Les autorités ambitionnent « de transformer la République d’Angola d’un simple utilisateur de services, de produits et de technologies spatiales en un opérateur et producteur de ces mêmes technologies, assurant ainsi son indépendance technologique spatiale ». Outre les télécommunications, un programme d’observation de la Terre est également prévu, visant la surveillance environnementale, l’agriculture de précision, la gestion des ressources naturelles et la prévention des catastrophes.
Dans ce contexte, le président de la République, João Lourenço, a annoncé en octobre 2025 la création de l’Agence spatiale angolaise. Le « Livre blanc des TIC 2023–2027 » prévoit également la création d’un centre d’études spatiales, la formation d’experts nationaux, ainsi que le développement d’infrastructures de communication, de navigation et de météorologie.
Isaac K. Kassouwi
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