Gestion Publique

Gestion Publique (687)

Le numérique occupe une place croissante dans les politiques publiques sénégalaises, traduisant les ambitions de modernisation et de souveraineté technologique du pays. Dans ce contexte, le ministère connaît un changement de nom et de direction avec la nomination d’un nouveau responsable à sa tête.

La composition du nouveau gouvernement sénégalais a été dévoilée le lundi 1er juin. Parmi les nominations de l’équipe dirigée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, celle de Samba Diouf (photo) au poste de ministre des Télécommunications et du Numérique attire particulièrement l’attention. Il succède à Alioune Sall à la tête d’un département qui change également de configuration institutionnelle, le numérique étant désormais dissocié du portefeuille de la Communication.

Cette réorganisation traduit l’importance croissante accordée au numérique dans les politiques publiques sénégalaises. Le nouveau ministre hérite ainsi d’un secteur placé au cœur des ambitions économiques et de souveraineté technologique des autorités.

Un spécialiste de la transformation numérique

Avant son entrée au gouvernement, Samba Diouf occupait les fonctions de ministre‑conseiller chargé du Numérique auprès du président de la République. Son parcours professionnel s’est principalement construit dans les domaines de la transformation numérique, des télécommunications et des services financiers.

Il a notamment exercé des responsabilités au sein de plusieurs groupes technologiques internationaux tels que Huawei, IBM, Oracle, Atos et Ericsson. Au cours de sa carrière, il a piloté des projets de transformation numérique touchant aussi bien les administrations publiques que les opérateurs télécoms et les institutions financières.

Son profil se distingue également par une double compétence technique et managériale. Titulaire d’un master en physique, d’un master en ingénierie des systèmes d’information et de communication, d’un Executive MBA en stratégie d’entreprise ainsi que d’un MBA en finance, il dispose d’une expertise couvrant à la fois les enjeux technologiques, de gouvernance et de développement des affaires.

Des chantiers stratégiques à poursuivre

L’arrivée de Samba Diouf intervient deux mois après le premier anniversaire du New Deal Technologique et le lancement de ses projets structurants. Lancé l’année précédente, ce programme repose sur 12 projets prioritaires et mobilise des investissements évalués à près de 1100 milliards de francs CFA (1,95 milliard $) entre 2025 et 2034. Il vise notamment à renforcer la connectivité, développer les services publics numériques, soutenir l’économie numérique et améliorer la souveraineté technologique du pays.

Les défis restent toutefois nombreux. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), si le Sénégal figure parmi les 15 pays africains les plus avancés en matière de services numériques en 2025, des disparités persistent dans l’accès à Internet, notamment entre zones urbaines et rurales. Les questions de cybersécurité, d’identité numérique, de développement de l’intelligence artificielle et d’accompagnement des start‑up technologiques figurent également parmi les priorités du secteur.

À la tête d’un ministère désormais entièrement consacré aux télécommunications et au numérique, Samba Diouf devra transformer les ambitions affichées par les autorités en réalisations concrètes, dans un contexte où le numérique est appelé à jouer un rôle croissant dans la compétitivité économique du Sénégal et la modernisation de l’action publique.

Samira Njoya

Lire aussi:

Sénégal : le New Deal Technologique entre en phase opérationnelle avec des projets structurants

Posted On mardi, 02 juin 2026 09:35 Written by

Grâce à des partenariats technologiques et à une approche axée sur le numérique, les autorités kényanes ambitionnent de transformer en profondeur l’expérience touristique et son impact économique. Le pays s’inscrit désormais dans une nouvelle dynamique pour son secteur touristique, dans une volonté de renforcer la compétitivité du pays sur la scène internationale et de diversifier ses leviers de croissance.

Le Kenya a officiellement lancé sa nouvelle stratégie touristique baptisée « Magical Kenya – The Origin of Wonder », une feuille de route ambitieuse qui vise à doubler le nombre de visiteurs internationaux, de 3 à 5 millions, et à accroître de moitié les revenus du tourisme, en s’appuyant sur la transformation numérique et des partenariats technologiques globaux.

Au cœur de cette stratégie, un partenariat structurant a été signé le vendredi 29 mai entre Google Kenya et la ministre du Tourisme et de la Faune, Rebecca Miano (photo, à gauche). Cet accord, formalisé par un protocole de collaboration, prévoit des investissements conjoints autour de trois axes majeurs : le renforcement des compétences numériques et l’autonomisation des jeunes, le déploiement d’infrastructures d’intelligence artificielle via Google Cloud, ainsi que l’amélioration de la visibilité internationale du Kenya grâce à Google Ads et à l’exploitation de données de marché.

Le programme, qui sera mis en œuvre entre mai et décembre 2026, s’appuiera sur des partenaires d’exécution tels que The Africa Growth Lab et Action Lab. Il sera structuré en plusieurs phases, allant de la construction des bases technologiques et organisationnelles à l’activation des infrastructures cloud du ministère, jusqu’au déploiement de campagnes marketing à l’échelle mondiale.

Cette initiative s’inscrit dans une ambition plus large : transformer l’industrie touristique kényane en un moteur de croissance économique plus compétitif et plus digitalisé.

Le Kenya, terre d’attractivité

Pour accompagner cette transformation, un groupe de travail de 22 membres a été mis en place. Sa mission est de repenser le positionnement de la marque « Magical Kenya », de renforcer l’attractivité internationale du pays et de proposer des stratégies innovantes pour dynamiser les arrivées touristiques et l’emploi des jeunes. Lors de la cérémonie de signature, la ministre Rebecca Miano a salué cette collaboration stratégique, soulignant le rôle central du numérique dans la diversification de l’offre touristique. Selon elle, l’intégration des technologies permettra de mieux valoriser les 47 comtés du pays à travers la cartographie des expériences touristiques et la création de parcours plus personnalisés pour les visiteurs.

Avec ce partenariat, le Kenya confirme son positionnement comme l’un des pays africains les plus avancés dans l’intégration des technologies numériques au service du développement économique. En misant sur l’intelligence artificielle, le cloud et le marketing digital, Nairobi entend renforcer sa compétitivité face aux grandes destinations touristiques mondiales.

Le pari est cohérent avec les dynamiques continentales : plusieurs destinations africaines — Tanzanie, Rwanda, Afrique du Sud — ont accéléré leurs investissements dans le marketing digital et les plateformes de réservation. Le Kenya, fort de sa notoriété internationale, entend désormais convertir cette image en flux monétaires mieux structurés, en s’appuyant sur la puissance de distribution et d’analyse de données que Google peut offrir.

Reste à en mesurer les effets concrets d’ici fin 2026, date à laquelle les premières campagnes mondiales devraient être pleinement opérationnelles.

Muriel EDJO

Lire aussi:

E-visa : un outil numérique pour repenser la mobilité africaine

Posted On mardi, 02 juin 2026 02:25 Written by

Face à l’ampleur croissante des exigences budgétaires et administratives des systèmes de protection sociale, les États sont contraints de repenser en profondeur leurs outils de gestion. À Maurice, cette dynamique engage un chantier stratégique où la transformation numérique devient autant un levier de performance qu’un enjeu de gouvernance publique.

À Maurice, la transformation numérique du système de sécurité sociale est officiellement engagée après treize années d’attente. Le gouvernement a officiellement lancé, le mercredi 27 mai, le programme de numérisation des dossiers des bénéficiaires des prestations sociales, dans le cadre du projet « Bulk Scanning of Beneficiary Files ». Une opération de grande ampleur qui vise à intégrer plus de 10,5 millions de documents au futur système E‑Social Security.

L’initiative intervient dans un contexte où la protection sociale représente l’un des principaux postes de dépenses publiques du pays. Selon les données officielles, les dépenses consacrées à ce secteur ont atteint 91,4 milliards de roupies (1,9 milliard de dollars) durant l’exercice budgétaire 2024‑2025, soit 37,4 % des dépenses totales de l’État et 12,8 % du produit intérieur brut (PIB). À juin 2025, le nombre de bénéficiaires de la Pension de Retraite de Base s’élevait à 279 559 personnes.

Jusqu’à présent, la gestion administrative de ces prestations reposait largement sur des archives papier. Dans certains bureaux de la Sécurité sociale, les dossiers s’accumulaient du sol au plafond, compliquant le travail quotidien des agents chargés du traitement des pensions, aides sociales et contributions des affiliés, explique le ministre de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale, Ashok Subron.

Une administration appelée à gagner en efficacité

Le projet prévoit la numérisation progressive de l’ensemble des dossiers liés aux pensions, aides sociales, prestations destinées aux personnes en situation de handicap ainsi qu’aux affiliés du National Pension Scheme (NPS) et du National Solidarity Fund (NSF). Les autorités estiment qu’environ 18 mois seront nécessaires pour finaliser l’intégration complète des données.

Chaque mois, près de 800 000 paiements sont effectués au profit d’au moins 350 000 bénéficiaires. Dans ce contexte, la dématérialisation des procédures apparaît comme un levier majeur d’amélioration de la qualité du service public.

L’accès instantané aux informations devrait permettre de réduire les délais de traitement des demandes, réduire les erreurs liées aux traitements manuels et améliorer les conditions de travail du personnel. Pour les autorités, la modernisation de la sécurité sociale doit contribuer à rendre l’action publique à la fois plus efficace et plus accessible.

Un outil au service de la soutenabilité du système

Au‑delà des gains opérationnels, le projet répond également à des préoccupations financières de long terme.

La réforme intervient alors que Maurice engage une restructuration progressive de son système de retraite. Le budget 2025‑2026 prévoit notamment un relèvement graduel de l’âge d’éligibilité à la Pension de Retraite de Base, de 60 à 65 ans, afin de tenir compte du vieillissement de la population et des contraintes budgétaires croissantes.

Plusieurs observateurs soulignent depuis plusieurs années les fragilités structurelles du financement des retraites et des aides sociales – la contribution sociale généralisée instaurée en pleine crise sanitaire – qui se heurte désormais à des défis de soutenabilité budgétaire, d’équité intergénérationnelle et de cohérence économique.

Dans ce contexte, la mise en place d’une base de données centralisée pourrait permettre un meilleur suivi des bénéficiaires, une identification plus rapide des doublons ou anomalies administratives et une plus grande visibilité sur les flux financiers. Des éléments devenus essentiels pour piloter un dispositif représentant plus d’un tiers des dépenses publiques nationales.

Une pièce supplémentaire dans la stratégie numérique de l’État

Le projet E‑Social Security s’inscrit également dans la feuille de route numérique du gouvernement mauricien, qui place la modernisation administrative, la transparence et la gouvernance publique au cœur de son programme.

La démarche rejoint une tendance observée dans plusieurs pays africains, où les gouvernements investissent dans la création de registres sociaux numériques afin d’améliorer le ciblage des aides publiques, de réduire les erreurs d’inclusion ou d’exclusion et de renforcer l’efficacité des politiques sociales.

Pour Maurice, l’enjeu dépasse donc la simple numérisation d’archives. Il s’agit de bâtir une infrastructure de données capable d’accompagner l’évolution future du système de protection sociale et de soutenir les décisions publiques dans un contexte de pression démographique et budgétaire croissante.

Les défis de la transition numérique

La réussite du projet dépendra toutefois de plusieurs facteurs.

La cybersécurité constitue l’un des principaux défis. La centralisation de données sensibles concernant plusieurs centaines de milliers de citoyens exige des dispositifs robustes de protection contre les cyberattaques et les fuites d’informations.

Les autorités devront également veiller au respect de la confidentialité des données personnelles, à l’accompagnement des agents publics dans l’adoption des nouveaux outils et à l’accessibilité des services numériques pour les populations les plus vulnérables, notamment les personnes âgées.

Si ces conditions sont réunies, la numérisation de la sécurité sociale pourrait devenir l’un des projets emblématiques de la modernisation administrative mauricienne et contribuer à renforcer l’efficacité d’un système qui constitue l’un des principaux piliers de la solidarité nationale.

Muriel EDJO

Lire aussi:

Infrastructures publiques numériques : six pays africains s’intéressent au modèle indien

L’île Maurice déploie l’IA générative dans ses écoles

Posted On mardi, 02 juin 2026 02:19 Written by

Le numérique s’impose désormais comme un levier stratégique pour la population africaine, en particulier pour la jeunesse. Toutefois, pour en tirer pleinement parti, l’enjeu central reste la formation et le développement des compétences adaptées aux besoins du marché.

Le gouvernement nigérian a signé un accord de partenariat avec l’edtech américaine Coursera afin de doter les jeunes de compétences numériques compétitives à l’échelle mondiale. Baptisée « Digital Training Academy (DTA) », cette initiative s’inscrit dans les efforts du pays pour accélérer la formation aux métiers du numérique.

Le partenariat a été signé par Maruf Tunji Alausa (photo, à droite), ministre de l’Éducation du Nigeria, la semaine dernière, en marge de l’édition 2026 du Forum mondial de l’éducation qui s’est tenu à Londres, au Royaume-Uni.

« Grâce à ce programme, les jeunes Nigérians recevront une formation de haut niveau dans des domaines très demandés tels que l’intelligence artificielle, la science des données, la cybersécurité, le cloud computing, l’ingénierie logicielle, ainsi que d’autres secteurs numériques clés. Ils obtiendront également des certifications reconnues internationalement et valorisées par les employeurs du monde entier », a déclaré M. Alausa dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux le jeudi 21 mai.

Le programme sera mis en œuvre en partenariat avec la National Open University of Nigeria (NOUN) et le Yaba College of Technology (YABATECH), combinant un accès national avec un accompagnement et un mentorat adaptés aux besoins du marché. Dans le cadre de cette initiative, le gouvernement a entièrement financé 36 000 licences Coursera et Pluralsight dès la première année.

La signature de ce partenariat est intervenue quelques jours après l’annonce d’une initiative devant permettre de former 50 000 jeunes aux compétences numériques. L’exécutif, en collaboration avec Ericsson, avait déjà lancé en février 2026 le programme Connect NextGen Innovation Hackathon, une formation numérique intensive de quatre mois destinée à 50 000 jeunes.

En février 2026, Young Advocates for a Sustainable and Inclusive Future, une organisation de la société civile axée sur le développement durable et l’inclusion, a annoncé son intention de former 15 000 jeunes Nigérians issus de milieux défavorisés via la plateforme IBM SkillsBuild.

Ces différentes initiatives dénotent de la volonté des autorités d’autonomiser les jeunes en misant sur le numérique. Cette approche intervient dans un contexte de transformation numérique qui redéfinit progressivement le marché du travail. La Banque mondiale estime par exemple qu’environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Au Nigeria, entre 35 % et 45 % des emplois devraient requérir ce type de compétences sur la période.

Pour rappel, 23 % des Nigérians âgés de 18 à 35 ans étaient sans emploi tout en étant à la recherche d’un travail, selon une enquête d’Afrobarometer publiée en juin 2025. L’étude indique que 32 % de cette tranche d’âge ne recherchait pas de travail.

Isaac K. Kassouwi

Lire aussi:

Au Nigeria, un partenariat veut aider 30 000 jeunes à créer et développer leur entreprise 

Posted On mercredi, 27 mai 2026 07:54 Written by

La commande publique constitue un moteur essentiel de la croissance économique nationale guinéenne. Cette bascule technologique a pour objectif d’harmoniser les pratiques du pays avec les standards de performance des grandes économies africaines.

La Guinée a officiellement lancé, le vendredi 22 mai à Conakry, la plateforme TELEMO, une plateforme numérique destinée à dématérialiser toutes les procédures de passation des marchés publics. Développée dans le cadre d’une coopération avec le Rwanda, cette plateforme vise à moderniser la gestion de la commande publique, renforcer la transparence et réduire les délais administratifs.

« La vision de TELEMO est de mettre en place un système national unique, fiable et sécurisé pour la gestion de la commande publique. Chaque action est tracée et chaque décision enregistrée, ce qui permet une transparence totale. Nous visons aussi l’efficacité et l’inclusion, car la plateforme est ouverte à toutes les entreprises, nationales comme internationales », a déclaré le chef de projet TELEMO, Mouslihou Diallo.

La plateforme permet désormais de gérer de manière entièrement numérique l’ensemble du cycle des marchés publics, de la planification des appels d’offres jusqu’à l’attribution des contrats. Le système centralise la publication des appels d’offres, la réception et l’évaluation des soumissions, le suivi des procédures ainsi que l’archivage sécurisé des données. Le projet entend également faciliter l’accès des PME aux marchés publics via une plateforme en ligne.

Cette opérationnalisation s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des finances publiques et de numérisation de l’administration guinéenne. Selon les chiffres officiels, les marchés publics représentent entre 11 % et 15 % du PIB national, ce qui en fait un levier majeur de l’économie nationale. À l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, la Banque mondiale estime que les marchés publics représentent environ 11,5 % du PIB des pays de la sous‑région, soit un total d’environ 80 milliards de dollars dépensés chaque année en biens, services et travaux.

Pour la Guinée, les enjeux dépassent la simple modernisation administrative. Les autorités misent sur la numérisation de la commande publique pour améliorer l’efficacité de la dépense publique, renforcer l’attractivité du climat des affaires et accroître la participation des entreprises locales aux contrats publics.

Samira Njoya

Lire aussi:

La Guinée lance le 3e pilier du programme Simandou 2040 consacré au numérique

Guinée : Rose Pola Pricemou reconduite pour poursuivre la transformation numérique

Posted On mardi, 26 mai 2026 10:16 Written by

La transformation numérique s’accélère en Afrique, portée par la digitalisation des services et la connectivité mobile. Les pays investissent dans la montée en compétences des populations pour accompagner cette transition et en tirer pleinement profit.

Le gouvernement algérien a annoncé la semaine dernière le lancement d’un programme d’autonomisation numérique baptisé « 77.7 ». Cette initiative vise à former les citoyens algériens de toutes les tranches d’âge et à leur fournir les compétences numériques nécessaires pour répondre aux exigences de l’époque et accompagner la dynamique de transformation numérique du pays.

L’annonce a été faite le samedi 17 mai par Sid Ali Zerrouki, à l’occasion de la Journée mondiale des télécommunications et des technologies de l’information. Le programme est mis en œuvre en partenariat avec les opérateurs Algérie Télécom et Mobilis, avec la perspective d’intégrer d’autres acteurs dans les prochaines phases.

Des compétences numériques pour tous les âges

Le programme « 77.7 » est considéré comme le plus complet à l’échelle nationale. Il cible sept groupes d’âge distincts à travers sept parcours pédagogiques conçus de manière adaptée.

Ces parcours vont de « Explorateurs de la technologie » pour les enfants de 7 à 10 ans, aux modules « Couches de la technologie », « Innovateurs » et « Technologie professionnelle » destinés aux jeunes et étudiants, jusqu’aux programmes « Technologie pour la croissance », « Autonomisation numérique » et « Seniors de la technologie », destinés aux adultes et aux personnes âgées jusqu’à 77 ans.

Les contenus sont modulaires, progressifs et adaptés à chaque tranche d’âge, allant de la découverte des outils numériques jusqu’à leur maîtrise avancée. La cybersécurité constitue un pilier obligatoire dans l’ensemble des parcours, couvrant notamment la lutte contre le phishing, la fraude en ligne, la désinformation et la protection des données personnelles.

Sur le plan opérationnel, le programme repose sur un modèle hybride combinant formation en présentiel et à distance. Sept « Skills Centers » répartis dans les wilayas d’Alger, Oran, Annaba, Sétif, Chlef, Saïda et Adrar constituent le socle de la mise en œuvre, avec une capacité d’accueil d’environ 1000 apprenants par centre et par an. Pour sa première année, le ministère prévoit de former entre 25 000 et 30 000 citoyens.

Une dynamique nationale de montée en compétences

Cette initiative s’inscrit dans une intensification des efforts des autorités algériennes en matière de développement des compétences numériques. L’État affirme vouloir investir dans le capital humain comme « base essentielle » pour accompagner les mutations technologiques rapides du monde actuel.

Ces derniers mois, plusieurs programmes ont été lancés dans cette dynamique. En avril 2026, Alger a mis en place un programme national de formation à l’intelligence artificielle, d’une durée de 12 semaines. En mai 2025, l’exécutif a lancé le programme « Chabab Tech », destiné à former les jeunes aux technologies telles que le cloud computing, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’Internet des objets. Plus tôt la même année, le gouvernement avait déjà entamé le déploiement de « Skills Centers ».

Vers la stratégie « Algérie Numérique 2030 »

Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la stratégie « Algérie Numérique 2030 », qui fait du renforcement des compétences l’un de ses cinq piliers majeurs. Cette feuille de route ambitionne de former jusqu’à 500 000 spécialistes des TIC et de réduire significativement la fuite des talents qualifiés.

Dans un contexte marqué par un chômage encore élevé, notamment chez les jeunes, ces efforts sont présentés comme une réponse structurelle. Selon l’enquête « Activité, Emploi et Chômage » de l’Office national des statistiques (ONS) pour 2024, le taux de chômage global s’élève à 9,7 %. La Banque mondiale estime, de son côté, le chômage des jeunes à 29,4 % en 2024, contre 29,9 % l’année précédente.

Au‑delà des perspectives d’emploi, la formation numérique vise également à faciliter l’adoption des services digitaux, à renforcer l’inclusion numérique et à améliorer la protection des utilisateurs dans un environnement de plus en plus connecté.

Isaac K. Kassouwi

Lire aussi:

L'Algérie lance un programme national de formation en IA pour accélérer la création de start-up

Posted On lundi, 18 mai 2026 12:09 Written by

Avec la transformation numérique, les pays africains préparent leurs citoyens aux compétences de demain. Par exemple, la Banque mondiale indique que près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.

Le gouvernement djiboutien a lancé une étude de faisabilité en vue de la création de « Maisons du numérique » dans les cinq régions de l’intérieur du pays. L’initiative s’inscrit dans le programme E-SKILLS, destiné à renforcer les compétences numériques de la population.

Dans un communiqué publié le mercredi 13 mai, le ministère délégué chargé de l’Économie numérique et de l’Innovation précise que cette étude constitue une étape déterminante pour définir les modalités de déploiement de ces espaces de proximité. Ceux-ci sont conçus comme des leviers d’inclusion numérique et de réduction de la fracture digitale.

« Les futures Maisons du numérique auront vocation à renforcer l’accès aux compétences numériques, accompagner les populations dans leurs usages du digital, encourager l’innovation locale et favoriser l’émergence d’opportunités économiques au sein des régions », indique le communiqué relayé sur les réseaux sociaux.

Ces structures devraient rapprocher le programme E-SKILLS des populations locales. Celui-ci vise à former au moins 3000 jeunes et femmes d’ici 2029, pour un coût estimé à 7 millions d’euros (environ 8,1 millions de dollars). Le projet s’inscrit dans la Vision Djibouti 2035, la feuille de route « Smart Nation » et le Plan national de développement 2025-2030, qui ambitionnent de positionner le pays comme un hub régional de compétences numériques.

Les compétences numériques sont considérées comme un levier de la transformation numérique. Elles constituent également un enjeu majeur en Afrique, où la problématique de l’emploi des jeunes reste particulièrement préoccupante. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), 90 % des métiers dans le monde nécessiteront une certaine compétence numérique d’ici 2030. À la même échéance, la Banque mondiale estime que 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne dépendront de ces aptitudes.

En 2024, le chômage des jeunes djiboutiens âgés de 15 à 24 ans atteignait 76,32 % selon la Banque mondiale, soit près de cinq fois la moyenne mondiale (15,7 %). La même année, seuls 23,7 % des personnes en âge de travailler occupaient un emploi, l’un des niveaux les plus faibles parmi les membres de l’Organisation de coopération islamique (OCI), selon le Centre de recherches statistiques, économiques et sociales et de formation pour les pays islamiques (SESRIC).

Au-delà des compétences, les Maisons du numérique peuvent également contribuer à réduire la fracture digitale dans un pays où la connectivité reste inégalement répartie. Selon l’Union internationale des télécommunications, la couverture 4G atteignait 76 % de la population en 2024, tandis que le taux de pénétration d’Internet s’établissait à 65,3 %.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Djibouti officialise sa plateforme d’identité numérique Mobile ID 

Djibouti prépare sa Stratégie nationale d’intelligence artificielle

Posted On vendredi, 15 mai 2026 12:23 Written by

Les pays africains misent de plus en plus sur le numérique pour soutenir leur développement socio-économique. Pour y parvenir, ils doivent investir davantage dans la cybersécurité.

Le Liberia s’est doté d’un laboratoire de cybersécurité et d’investigation numérique. Le dispositif vise à renforcer les capacités du pays face à la montée des menaces cybernétiques.

Une délégation de la CEDEAO a effectué une visite d’inspection de l’infrastructure le mardi 12 mai. L’organisation sous-régionale a ainsi évalué le niveau de conformité et de performance du laboratoire, dans le cadre de son dispositif de suivi et d’évaluation des initiatives liées à la cybersécurité dans les États membres, conformément à sa stratégie régionale en la matière.

Une infrastructure de pointe dédiée à la cybersécurité

Selon le ministère des Postes et Télécommunications, le laboratoire est équipé d’outils de criminalistique numérique de dernière génération, de systèmes de surveillance des menaces en temps réel, de capacités avancées de réponse aux incidents, ainsi que d’équipements spécialisés de formation. « Ce laboratoire de classe mondiale renforce considérablement la capacité du pays à enquêter sur les cybercrimes, à récupérer des preuves numériques, à analyser les menaces et à se défendre contre les risques cyber émergents », indique le ministère dans un communiqué publié sur Facebook.

Un précédent communiqué du ministère datant de 2024 lors du lancement du projet précisait que le laboratoire serait structuré en deux principales sections : une cellule de réponse aux incidents informatiques (CERT) et une unité de criminalistique numérique. La première sera chargée de répondre aux menaces numériques, notamment les cyberattaques et tentatives de piratage, tout en assurant la surveillance des systèmes, l’atténuation des risques et la formation des acteurs de la sécurité. La seconde sera dédiée aux enquêtes, permettant aux forces de l’ordre de collecter et analyser des preuves numériques dans des affaires telles que la fraude financière ou le trafic de drogue.

Un projet soutenu par la CEDEAO depuis 2019

Les prémices de cette initiative remontent à 2019, lorsque la CEDEAO s’était engagée à fournir au Liberia environ 400 millions de dollars d’équipements de criminalistique numérique, sous réserve de la mise à disposition d’un site adapté. Toutefois, des retards liés à l’acquisition de 100 000 dollars destinés aux travaux de rénovation ont freiné sa mise en œuvre pendant plusieurs années. Le projet a néanmoins connu une accélération en 2024, notamment sous la houlette du président Joseph Boakai.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts des autorités pour sécuriser le cyberespace national dans un contexte marqué par la montée des menaces numériques. Dans son « Cybercrime Africa Cyberthreat Assessment 2025 », Interpol souligne que l’essor des services numériques, des réseaux sociaux, du commerce en ligne et de la banque mobile a favorisé l’expansion de la cybercriminalité en Afrique. Le rapport indique que celle-ci représente plus de 30 % des infractions signalées en Afrique de l’Ouest et de l’Est en 2024, tandis que les pertes financières cumulées sur le continent entre 2019 et 2025 sont estimées à plus de 3 milliards de dollars.

Dans ce contexte, l’Union internationale des télécommunications (UIT) appelle les États à renforcer leurs dispositifs de cybersécurité afin de tirer pleinement parti des opportunités du numérique. Elle classe actuellement le Liberia à l’avant-dernier niveau de son Indice global de cybersécurité (2024), saluant des progrès en matière de cadre réglementaire et de coopération, mais pointant encore des insuffisances sur les plans technique, organisationnel et du développement des compétences. 

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Le Liberia annonce une formation sur la création de contenus pour Meta et TikTok

Posted On mercredi, 13 mai 2026 11:32 Written by

Les pays africains misent sur l’intégration des TIC pour assurer le développement socio-économique. Cette transformation touche à tous les secteurs, dont l’éducation.

L’Université du Burundi s’est dotée d’une Unité d’appui à l’enseignement numérique. Annoncée la semaine dernière, l’initiative s’inscrit dans le cadre plus large de la transformation numérique de l’enseignement supérieur dans le pays.

Selon la décision rectorale établissant l’unité, celle-ci a pour mission de développer et renforcer l’enseignement numérique dans toutes les facultés et instituts de l’université. Elle devra également initier et accompagner efficacement les projets et programmes visant l’intégration des technologies numériques afin d’améliorer la qualité de l’enseignement. L’unité sera aussi chargée de promouvoir la réflexion, la recherche et les partenariats dans le domaine des technologies éducatives.

Pour assurer la mise en œuvre du dispositif, des points focaux ont été désignés dans l’ensemble des facultés et instituts. Leur rôle consistera principalement à accompagner les enseignants dans l’adoption des pratiques pédagogiques numériques, à identifier les besoins en formation et en ressources. Ils devront aussi suivre les nouvelles perspectives offertes par les technologies éducatives et contribuer au développement d’une culture du numérique au sein de l’enseignement supérieur.

Entre potentiel, retard et défis

Cette initiative intervient alors que les autorités burundaises veulent digitaliser l’enseignement supérieur, à l’instar de nombreux pays africains. L’intégration des TIC dans les processus d’enseignement-apprentissage est perçue comme un moyen d’améliorer l’accès aux ressources pédagogiques, de moderniser les méthodes d’enseignement et de renforcer les compétences numériques des étudiants et des enseignants.

Le Burundi accuse toutefois un retard dans ce domaine. Richard Ndayishimiye, doyen de l’Institut Supérieur de Commerce (ISCO) à l’Université du Burundi et expert en transformation numérique de l’enseignement supérieur, l’a souligné en janvier dernier lors du 8e colloque de AUPTIC à Lausanne, en Suisse. Il a notamment évoqué les difficultés liées à la fracture numérique, au faible accès aux infrastructures de connexion et d’énergie, ainsi qu’au besoin de renforcement des compétences numériques au sein de la communauté universitaire.

Au niveau des pratiques, une enquête citée indique que seulement 19,69 % des étudiants suivent régulièrement un enseignement numérique, alors que 49,32 % des enseignants déclarent organiser des cours numériques. Par ailleurs, 82,7 % des étudiants expriment des besoins en formation, contre 93,5 % des enseignants.

Concernant la fracture numérique, les étudiants disposent d’équipements limités : seul un étudiant sur cinq possède un ordinateur. Les smartphones sont plus répandus, mais souvent incompatibles avec certaines applications pédagogiques. Les campus disposent également de peu, voire pas, d’espaces de travail équipés.

Malgré ces contraintes, un fort appétit pour le numérique se dégage au sein de la communauté universitaire. Selon l’enquête, 85,04 % des étudiants se disent favorables au développement du numérique, contre 96,1 % des enseignants.

Isaac K. Kassouwi

Posted On lundi, 11 mai 2026 11:17 Written by

Les autorités tchadiennes font du numérique un levier central de transformation et entendent en généraliser l’usage. Cette dynamique implique néanmoins un encadrement renforcé afin de prévenir les dérives.

Le gouvernement tchadien a engagé une actualisation de son cadre juridique du numérique afin de l’adapter à l’évolution rapide des technologies et des usages. Un comité de 34 membres a été officiellement installé à N’Djamena le lundi 27 avril par le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration, Haliki Choua Mahamat (photo).

Le ministre a souligné que les textes en vigueur sont devenus obsolètes face aux mutations du secteur numérique, en appelant à des réformes rapides et efficaces. Le comité dispose de 45 jours pour proposer des textes modernisés, concrets et directement applicables.

S’appuyant sur les travaux déjà réalisés, notamment ceux de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), la mission consistera à harmoniser et moderniser l’ensemble des dispositions existantes afin de doter le pays d’un cadre juridique plus adapté aux enjeux actuels du numérique.

La mise en place du comité intervient quelques mois après que Boukar Michel, ancien ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration publique, a annoncé que le pays élaborait un Code du numérique. Celui-ci intègre les normes internationales en matière de cybersécurité, de protection des données et de gouvernance de l’Internet, dotant ainsi le Tchad d’un cadre juridique moderne, conforme aux meilleures pratiques mondiales.

En octobre 2025, l’Assemblée nationale du Tchad a ratifié une ordonnance prise plus tôt dans l’année modifiant un article de la loi de 2014 sur la régulation des communications électroniques et des activités postales. Le texte vise à moderniser le cadre juridique du secteur, à favoriser la concurrence, à améliorer la couverture des réseaux et à renforcer la souveraineté numérique du pays.

Ces efforts s’inscrivent dans un contexte marqué par une accélération croissante de la transformation numérique, avec l’émergence de nouvelles technologies et de nouveaux usages. L’intelligence artificielle (IA), par exemple, s’impose progressivement dans de nombreux usages numériques, mais elle soulève aussi des défis majeurs. En l’absence de règles claires, elle peut être utilisée pour la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, la création de contenus trompeurs (deepfakes) ou encore la facilitation d’arnaques en ligne de plus en plus sophistiquées.

D’autres technologies comme le cloud computing, la blockchain ou encore l’essor des plateformes numériques accentuent également les enjeux de cybersécurité et de protection des données. Le vide juridique actuel peut ainsi exposer les utilisateurs, les entreprises et les institutions à des risques accrus de cyberattaques, de fraude numérique ou d’exploitation abusive des données personnelles.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Dossier médical électronique : le Tchad engage une transition vers la santé numérique 

Le Tchad travaille à sécuriser son data center national avant son lancement 

Posted On mardi, 28 avril 2026 12:23 Written by
Page 1 sur 50

Please publish modules in offcanvas position.