Gestion Publique

Gestion Publique (634)

Les compétences numériques sont considérées comme un socle de la transformation numérique. Par exemple, il est estimé à environ 230 millions le nombre d’emplois qui nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.

La South African Broadcasting Corporation (SABC), le radiodiffuseur public sud‑africain, s’est associée à Microsoft South Africa pour former les citoyens aux compétences numériques et à l’intelligence artificielle (IA). Les contenus de formation seront diffusés via SABC Plus, une plateforme de streaming gratuite qui revendique plus de 1,9 million d’utilisateurs enregistrés.

« L’IA peut être un puissant vecteur d’opportunités. En nous associant à la SABC, nous visons à intégrer les compétences numériques et en IA dans le quotidien de millions de Sud‑Africains. Cette initiative permet aux apprenants, aux enseignants et aux demandeurs d’emploi d’accéder à des parcours pratiques et certifiés qui les préparent à la main‑d’œuvre de demain. Démocratiser les compétences en IA n’est pas seulement un objectif, c’est notre responsabilité pour façonner une économie numérique plus inclusive », a déclaré Tiara Pathon, directrice des compétences IA pour Microsoft Elevate en Afrique du Sud.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Microsoft Elevate, qui vise à doter les individus et les organisations des compétences et outils nécessaires pour prospérer dans une économie axée sur l’IA. Elle prolonge également l’AI Skills Initiative, lancée en 2025, par laquelle Microsoft s’était engagé à former un million de Sud‑Africains d’ici 2026. À ce jour, le groupe indique avoir touché 4 millions d’apprenants, formé 1,4 million de personnes et délivré des certifications à près de 500 000 citoyens, illustrant l’ampleur de l’impact déjà enregistré.

Le programme intervient dans un contexte de transformation numérique marqué par une demande croissante en compétences numériques sur le marché du travail. Selon la Banque mondiale, 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques en Afrique subsaharienne d’ici 2030. Microsoft s’appuie également sur le Future of Jobs Report 2025 du Forum économique mondial, qui classe les compétences en IA et en données parmi les plus recherchées à l’horizon 2030. LinkedIn indique de son côté que les recrutements liés à l’IA ont progressé de 25 % sur un an, tandis que les offres d’emploi exigeant une maîtrise de l’IA ont augmenté de 70 %, bien au‑delà des seuls profils techniques.

En Afrique du Sud, le AI Diffusion Report de Microsoft montre que l’adoption de l’IA est passée de 19,3 % au premier semestre 2025 à 21,1 % au second, soit une hausse de 1,8 point. La plateforme de recrutement Pnet souligne par ailleurs que la demande en compétences liées à l’IA dans la nation arc‑en‑ciel a progressé de 352 % entre janvier 2019 et juillet 2025.

Cette initiative soulève toutefois des interrogations quant à son efficacité réelle. Sur les 1,9 million d’utilisateurs enregistrés sur SABC Plus, seulement 25 % sont actifs, ce qui limite mécaniquement la portée effective du programme. En outre, si l’accès à la plateforme est gratuit, son utilisation suppose une connexion Internet, encore inégalement accessible, notamment pour les populations vivant dans des zones mal couvertes ou disposant de moyens financiers limités. Enfin, les personnes ne disposant pas d’équipements numériques adaptés restent de facto exclues du dispositif.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On mardi, 03 février 2026 11:54 Written by

Alors que les start‑up algériennes peinent encore à accéder à des financements privés structurés, les autorités boursières misent sur un levier inédit pour rapprocher l’écosystème entrepreneurial du marché financier.

Les start‑up labellisées peuvent lever des fonds à la Bourse d’Alger sans payer les frais d’introduction, grâce à un dispositif exceptionnel valable jusqu’en 2028. La mesure a été annoncée le dimanche 1ᵉʳ février par la Commission d’Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse (COSOB), en coordination avec la Société de Gestion de la Bourse des Valeurs (SGBV) et Algérie Clearing.

Le mécanisme cible les opérations réalisées via le compartiment « Croissance », un segment du marché des titres de capital destiné aux entreprises à fort potentiel. Les start‑up éligibles bénéficient d’une exonération totale des frais liés à l’obtention du visa sur les documents d’information, à l’admission à la cote, ainsi qu’à l’administration, la conservation et la gestion des titres.

Le dispositif s’applique aux levées de fonds plafonnées à 500 millions de dinars algériens (3,85 millions USD) et couvre toutes les opérations engagées entre 2026 et 2028. En supprimant ces coûts d’entrée, souvent dissuasifs pour les jeunes entreprises, les autorités cherchent à lever un frein majeur à l’accès au marché boursier comme source de financement alternatif. Le paysage entrepreneurial algérien compte aujourd’hui plus de 7800 start‑up enregistrées sur le portail officiel startup.dz, dont environ 2300 ont obtenu le label officiel « start‑up ».

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de soutien à l’entrepreneuriat et à l’innovation, présentés par les pouvoirs publics comme des leviers essentiels de diversification de l’économie nationale. Elle intervient dans un contexte où la Bourse d’Alger reste de taille modeste, avec seulement huit titres cotés à la fin du premier semestre 2025, incluant les récentes introductions de la Banque de Développement Local (BDL) et de la start‑up Moustachir.

À ce jour, Moustachir demeure la seule start‑up algérienne à avoir accédé à la cote. Introduite en 2024, l’entreprise avait fixé des objectifs ambitieux : un chiffre d’affaires supérieur à 55 millions de dinars en 2025, avec une trajectoire projetée au‑delà de 187 millions de dinars à l’horizon 2028. En moins de deux ans, la start‑up s’est déjà implantée sur plusieurs marchés du Moyen‑Orient, notamment à Oman et aux Émirats arabes unis.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 03 février 2026 08:15 Written by

Les autorités poursuivent les efforts en faveur de la transformation numérique. L’exécutif a adopté en septembre 2025 un cadre légal pour la numérisation des services publics.

Le gouvernement gabonais veut mettre en place un cadre juridique pour l’archivage numérique dans le pays. L’initiative a fait l’objet d’un projet d’ordonnance adopté le jeudi 29 janvier, lors du Conseil des ministres.

Selon les autorités, l’initiative s’inscrit dans la politique nationale d’archivage et fixe les principes et règles applicables à la constitution, conservation, gestion et valorisation des documents électroniques et numériques. Elle encadre également l’activité des prestataires de services de dématérialisation et de conservation des archives électroniques.

 

Le ministère de l’Économie numérique explique que cette mesure permet notamment la création, conservation et sécurisation des documents administratifs sous forme numérique ; une meilleure organisation et protection des archives de l’État ; une régulation des prestataires de numérisation et de conservation.

Cette initiative s’inscrit dans les ambitions de transformation numérique du Gabon. Alors que les autorités veulent intégrer le numérique à tous les secteurs d’activité, l’archivage numérique est censé garantir plus d’efficacité, moins de pertes de données et plus de transparence, notamment dans l’administration publique.

Depuis juillet 2025, le gouvernement explore des solutions locales pour la gestion électronique des documents administratifs, s’étant rapproché d’entreprises comme CompanyViene et ST Digital. Début décembre, un atelier avait réuni les acteurs du secteur pour jeter les bases d’un système intégré et sécurisé d’archivage des actes judiciaires, afin d’améliorer leur traitement et leur accessibilité aux citoyens.

La digitalisation des archives pose toutefois plusieurs interrogations, notamment celles liées à la sécurité, dans un contexte de recrudescence des cyberattaques et de la cybercriminalité en Afrique. Le Gabon fait partie des pays les moins avancés en matière de cybersécurité, selon le Global Security Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT). L’organisation estime que le pays a mis en place un cadre légal favorable à la cybersécurité, ayant obtenu le score maximal (20/20) dans ce volet. Cependant, il présente des lacunes en ce qui concerne l’organisation, le développement des capacités, la coopération et les mesures techniques. Pour ce volet, le pays affiche un score de 0/20.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 02 février 2026 11:26 Written by

Selon la Banque mondiale, environ 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Cette évolution soutient la transformation numérique en cours sur le continent.

Le gouvernement capverdien a lancé, la semaine dernière, le programme « Skodji Digital » pour former jusqu’à 3000 jeunes aux compétences numériques. D’un coût de 400 000 euros (environ 477 000 dollars), cette initiative vise à permettre aux jeunes de participer à l’économie mondiale du travail indépendant « gig economy », d’accéder à des opportunités de travail à distance et de développer des micro‑entreprises numériques.

Dans sa première phase, le programme soutiendra directement 1050 participants, dont des jeunes résidant sur le territoire national et au sein de la diaspora. Les candidatures sont déjà ouvertes et le resteront jusqu’au 25 février, via une plateforme dédiée, tandis que la phase de formation, selon son type, aura une durée variable comprise entre deux et six mois.

« Skodji Digital prévoit une formation structurée en compétences numériques alignées sur la demande du marché mondial, un accès accompagné aux plateformes internationales d’emploi numérique et de travail indépendant, l’activation de carrières dans des secteurs numériques émergents ainsi que des parcours dédiés à l’entrepreneuriat numérique et à la création de micro‑initiatives entrepreneuriales », peut‑on lire dans un communiqué du gouvernement.

Cette démarche s’inscrit dans la stratégie numérique du Cap‑Vert, qui repose sur l’expansion des services numériques, l’attraction d’entreprises internationales, l’accueil de travailleurs à distance et l’investissement dans les compétences locales. Le pays s’est notamment rapproché du Portugal afin de devenir un vivier de talents numériques pour les entreprises portugaises. Les deux parties entendent renforcer leur coopération pour la mise en place d’une offre de formation alignée sur les besoins du marché et dans la création d’un environnement favorable à l’expérimentation de solutions technologiques.

Cette initiative du gouvernement capverdien constitue aussi un levier pour l’emploi. Le pays dispose d’une population d’environ 600 000 habitants, majoritairement jeune, selon la Banque africaine de développement (BAD). L’institution financière indique que le taux global de chômage est de 14,5 %. Chez les jeunes, il grimpe à 27,8 %, à raison de 33,4 % pour les femmes et 22,9 % pour les hommes.

Il convient toutefois de rappeler que le développement de la gig economy ainsi que le travail à distance nécessitent, entre autres, un accès de qualité à Internet. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), le taux de pénétration d’Internet dans le pays était de 73,5 % en 2023.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On lundi, 02 février 2026 06:22 Written by

Les autorités malgaches misent sur le numérique comme levier de développement socio‑économique. Cette orientation concerne l’ensemble des secteurs, notamment l’éducation.

Le gouvernement malgache poursuit ses efforts en faveur de la transformation numérique de l’enseignement supérieur. Un partenariat a été officialisé la semaine dernière entre la Primature et cinq ministères, dont ceux chargés du Développement numérique et de l’Enseignement supérieur.

Dans un communiqué publié le mercredi 21 janvier 2026, le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications (MDNPT) a déclaré que ce partenariat traduit la vision selon laquelle « la transformation numérique de l’enseignement supérieur n’est plus une option, mais une nécessité pour améliorer l’accès de tous les jeunes à une éducation de qualité et les préparer au marché du travail de demain ».

Dans ce cadre, le MDNPT pilote plusieurs axes clés, dont l’intégration du numérique dans les universités via le déploiement de l’Internet haut débit et leur interconnexion à la plateforme numérique nationale. Le ministère soutient aussi la recherche en Big Data et en intelligence artificielle par l’accès aux centres de données, promeut l’entrepreneuriat numérique au sein des universités et œuvre à la valorisation des compétences locales afin d’aligner les certifications sur les standards internationaux et les besoins du secteur privé.

La signature de ce partenariat intervient quelques semaines après que le ministère a signé un accord avec un opérateur télécoms privé malgache pour déployer des points d’accès Wi‑Fi (hotspots Internet) destinés aux étudiants dans les universités.

L’intégration des TIC à tous les niveaux de l’enseignement figure parmi les priorités du Plan stratégique du numérique (PSN 2023–2028). Le gouvernement vise ainsi à renforcer une éducation inclusive, adaptée aux normes et besoins actuels, en généralisant l’usage des TIC dans l’enseignement. Cette stratégie comprend, entre autres, la numérisation des supports pédagogiques, l’adaptation des méthodes d’apprentissage et la digitalisation du parcours étudiant, tout en valorisant et sécurisant les compétences et en mettant en place un référentiel formation‑emploi pour améliorer l’orientation des étudiants.

Il convient toutefois de rappeler que la numérisation de l’enseignement supérieur à Madagascar demeure à un stade embryonnaire. En juillet 2025, lors d’une conférence‑débat organisée par le PNUD et la Banque mondiale, les acteurs du secteur ont mis en avant plusieurs contraintes structurelles persistantes, notamment la faible connectivité, le manque d’équipements, la fragmentation institutionnelle et les fortes disparités d’accès. Ils ont également insisté sur la nécessité de stratégies claires, de plans de mise en œuvre assortis de mécanismes rigoureux de suivi‑évaluation, ainsi que d’une volonté politique affirmée, d’une meilleure coordination entre les acteurs et d’une inclusion effective.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 26 janvier 2026 11:41 Written by

Le Zimbabwe ambitionne de connecter l’ensemble de ses établissements scolaires dans le cadre d’un programme de généralisation de l’accès à Internet. Cette ambition se heurte toutefois aux limites actuelles du réseau télécoms, qui excluent encore certaines zones et une partie de la population.

Le gouvernement zimbabwéen a décidé d’équiper les écoles primaires et secondaires du pays de 8000 kits Internet Starlink. Selon les autorités, cette initiative vise à garantir une connectivité à l’échelle nationale pour les établissements scolaires, en particulier dans les zones reculées et mal desservies.

Les équipements ont été officiellement remis le mercredi 21 janvier 2026 par le ministère des Technologies de l’information et de la communication (TIC) à celui de l’Enseignement primaire et secondaire. À cette occasion, la ministre des TIC, Tatenda Mavetera, a indiqué que le programme ambitionne de réduire la fracture numérique et d’offrir aux apprenants de tout le Zimbabwe un accès à des services Internet abordables et fiables.

Dans un communiqué publié sur X, le ministère des TIC a précisé que « cette démarche devrait renforcer l’apprentissage numérique, améliorer l’accès aux ressources éducatives mondiales et préparer les élèves à participer de manière compétitive à l’économie numérique ». Il a ajouté que cette initiative s’inscrit dans les efforts du gouvernement visant à moderniser le secteur de l’éducation et à promouvoir un accès inclusif aux technologies de l’information et de la communication.

Le Zimbabwe bénéficie déjà du projet GIGA, une initiative conjointe de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et de l’UNICEF), qui vise à connecter toutes les écoles du monde à Internet. Selon des données officielles citées par GIGA en mars 2025, 3500 établissements scolaires zimbabwéens sur un total de 7000 sont déjà connectés. L’UIT s’était engagée à collaborer avec les autorités nationales pour identifier les solutions de connectivité les plus performantes et les plus rentables pour les écoles restantes.

Si le potentiel des TIC pour améliorer le système éducatif est largement reconnu, notamment par l’UNESCO, le recours à la technologie satellitaire de Starlink, qui offre une couverture étendue et des débits relativement élevés, soulève néanmoins plusieurs interrogations. Celles‑ci portent notamment sur la disponibilité des équipements de connexion dans les écoles (ordinateurs, tablettes ou smartphones), les compétences numériques des enseignants, l’accès à l’électricité, la pertinence des contenus pédagogiques numériques, ainsi que la pérennité du modèle, dans la mesure où Starlink repose sur des abonnements mensuels.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 22 janvier 2026 09:41 Written by

Le Soudan du Sud développe progressivement son infrastructure numérique nationale. Début 2025, le pays comptait environ 1,9 million d’abonnés à Internet, pour un taux de pénétration de 15,7 %, selon DataReportal.

Les autorités sud‑soudanaises ont officiellement mis en place la semaine dernière un Comité de supervision des services de passerelle et du centre de données. Sa mission est de renforcer la gouvernance, la responsabilité et le contrôle institutionnel sur ces infrastructures stratégiques.

Le comité a été créé par l’Autorité nationale des communications (NCA) avec l’expertise de la société suisse mgi communications ag (MGI). Ses priorités incluent la numérisation des flux de revenus de la passerelle internationale du Soudan du Sud (SSIGW), la modernisation des infrastructures pour stimuler la transformation numérique, et la garantie que toutes les opérations protègent strictement la souveraineté nationale et les intérêts de sécurité.

« En renforçant la supervision réglementaire et en numérisant la collecte des revenus, la NCA veille à ce que les ressources nationales de communication contribuent directement à la croissance économique du pays et à l’indépendance technologique, pour un futur plus connecté », a déclaré le régulateur télécoms.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de transformation numérique des autorités sud‑soudanaises. Le président a récemment signé un décret ordonnant la numérisation de toutes les institutions publiques. L’exécutif estime que cette transformation ouvre la voie à plusieurs bénéfices : stimulation de l’innovation, amélioration de la productivité, accès aux marchés mondiaux, création d’emplois, promotion de l’entrepreneuriat, développement des infrastructures, prise de décision fondée sur les données et croissance inclusive.

Pour atteindre ces objectifs, l’exécutif cherche à renforcer l’infrastructure numérique. Par exemple, en juillet 2025, un budget de plus de 9 milliards USD a été voté pour la mise en place de l’infrastructure dorsale nationale de fibre optique. Le début des travaux d’installation de 2400 km de fibre a été annoncé pour décembre 2025. Le ministre des TIC a également présenté des initiatives visant à réduire le coût d’accès à Internet.

Dans une étude diagnostique publiée en 2023, la Banque mondiale a indiqué que l’économie numérique du Soudan du Sud reste encore naissante malgré son potentiel. Son développement est freiné par un accès à Internet coûteux et limité, ainsi que par l’absence d’un cadre réglementaire clair et prévisible, ce qui décourage les investissements privés.

Pour le moment, le Soudan du Sud se classe à l’avant‑dernière place de l’Indice de développement de l’e‑gouvernement (EGDI) des Nations unies, qui évalue 193 pays. Le pays d’Afrique de l’Est a enregistré un score de 0,1191/1, bien en deçà des moyennes africaine et mondiale. Pour l’indicateur sur les infrastructures télécoms, il a obtenu un score de 0,0547/1.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mercredi, 21 janvier 2026 05:48 Written by

Classé 144e sur 193 par les Nations unies pour son e‑gouvernement en 2024, le Nigeria cherche à moderniser ses services publics. Pour y parvenir, le pays multiplie les partenariats internationaux. cBrain pourrait jouer un rôle clé dans cette transformation.

cBrain, éditeur danois spécialisé dans les logiciels gouvernementaux, a annoncé le mercredi 14 janvier un partenariat avec le fournisseur nigérian de solutions technologiques Publica AI pour déployer sa plateforme F2 auprès des ministères et agences fédéraux du Nigeria. Cette solution standardisée combine gestion de cas, workflows automatisés et intelligence artificielle intégrée, offrant un outil prêt à l’emploi capable d’accélérer la modernisation administrative.

Publica AI, partenaire local, sera chargé de l’implémentation et de l’adaptation aux exigences réglementaires nigérianes. « Ce partenariat conjugue expertise internationale et connaissance locale, garantissant que toutes les données souveraines restent au Nigeria, tout en offrant une technologie de classe mondiale », souligne Willie Ignatius, PDG de Publica AI.

La plateforme numérique F2 de cBrain, prête à l’emploi (COTS), est spécialement conçue pour le gouvernement. Prête à l’emploi, F2 fournit les capacités de base requises pour le gouvernement numérique, éliminant la dépendance au développement personnalisé et aux longs projets informatiques. Cela comprend la gestion de cas, les flux de travail intégrés, les libre‑services, les registres pour les citoyens et les entreprises, les capacités d’opération de masse pour gérer de grands volumes de cas, ainsi que l’IA intégrée sur site.

Le déploiement de F2 s’inscrit dans la stratégie africaine de cBrain, déjà testée avec succès au Kenya. Le choix du Nigeria n’est pas anodin : avec plus de 200 millions d’habitants et un besoin croissant de services publics numériques accessibles, le pays représente un marché clé pour le développement du gouvernement digital en Afrique. Le gouvernement nigérian vise à numériser 75 % de ses services publics d’ici 2027.

Au‑delà de l’efficacité administrative, ce partenariat ambitionne de stimuler l’économie numérique nigériane, en facilitant l’accès aux services publics et en renforçant la transparence et la responsabilité des institutions. Il constitue également une opportunité stratégique pour cBrain, qui entend développer son empreinte africaine tout en capitalisant sur des standards internationaux pour créer un modèle réplicable dans d’autres pays du continent.

Samira Njoya

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Posted On jeudi, 15 janvier 2026 12:33 Written by

Comme de nombreux pays africains, le Kenya mise sur le numérique pour son développement socio‑économique. Cette transformation nécessite de nouvelles compétences pour renforcer l’administration publique et améliorer l’efficacité des services.

La Kenya School of Government (KSG), institution publique chargée de renforcer les compétences des citoyens, explore un partenariat avec la filiale locale de la société technologique chinoise Huawei. La potentielle collaboration vise à soutenir la transformation numérique en cours dans le pays.

Selon la KSG, les discussions ont porté sur l’exploitation des technologies numériques émergentes afin de renforcer le développement du leadership, l’efficacité institutionnelle et l’innovation au sein de l’administration publique. Elles ont également exploré l’élaboration d’un protocole d’accord visant à ancrer une collaboration à long terme autour du renforcement des capacités numériques des cadres dirigeants, du transfert de connaissances et des priorités nationales de transformation numérique.

« Notre objectif est de bâtir une fonction publique qui soit non seulement alphabétisée au numérique, mais aussi capable d’appliquer efficacement les outils de cloud, d’intelligence artificielle et de cybersécurité afin d’améliorer la prestation des services, de renforcer la performance institutionnelle et de protéger les données des citoyens », a déclaré Nura Mohamed, directeur général de la KSG, rapporté par TechTrend.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’ambition de transformation numérique qui veut faire des TIC un pilier du développement socio‑économique. Par exemple, à travers son Digital Master Plan 2022–2032, le pays ambitionne de déployer 1 450 centres numériques communautaires et de dématérialiser l’ensemble des services publics. Dans ce contexte, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime qu’il est devenu nécessaire d’investir dans le développement des compétences des fonctionnaires, car les technologies numériques ont le potentiel de transformer l’administration, en facilitant la mise en œuvre de services plus accessibles et efficaces.

« La réalisation d’un gouvernement numérique, où la technologie est appliquée à la conception des processus, des politiques et des services répondant aux besoins des usagers, nécessite l’adoption de nouvelles méthodes de travail et de nouvelles compétences au sein de l’administration publique. Les gouvernements doivent promouvoir les aptitudes, les attitudes et les connaissances permettant aux fonctionnaires d’évoluer dans un environnement numérique, en intégrant les technologies numériques pour créer de la valeur publique », peut‑on lire dans le rapport « Developing skills for digital government: A review of good practices across OECD governments », publié en février 2024.

L’UNESCO, de son côté, estime toutefois que les fonctionnaires ne doivent pas devenir des experts techniques. Ils doivent plutôt comprendre les nouvelles tendances technologiques et acquérir une compréhension de base des implications sociétales des technologies pour diriger les initiatives de transformation numérique et de gouvernance. L’organisation ajoute que la planification et la conception numériques, l’utilisation et la gouvernance des données, la gestion et l’exécution numériques sont trois domaines de compétences essentiels que les fonctionnaires doivent maîtriser en fonction des besoins de leur pays en matière de transformation numérique.

planification et la conception numériques, l’utilisation et la gouvernance des données, la gestion et l’exécution numériques sont trois domaines de compétences essentiels que les fonctionnaires doivent maîtriser en fonction des besoins de leur pays en matière de transformation numérique. 

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On mardi, 13 janvier 2026 07:01 Written by

Document clé pour la sécurisation de la propriété immobilière, le livret foncier est au cœur des transactions et de l’investissement. Sa dématérialisation progressive vise à fiabiliser les données, réduire les délais administratifs et accompagner la modernisation de la gouvernance foncière.

L’Algérie a engagé la généralisation du système d’information AMLAK, destiné à remplacer progressivement le livret foncier papier par un format entièrement électronique. L’annonce a été faite le dimanche 11 janvier par la Direction générale du domaine national (DGDN), dans le cadre de l’accélération de la transformation numérique de l’administration foncière. À terme, l’ensemble des directions du cadastre et de la conservation foncière seront connectées à ce système unique.

Le passage au livret foncier électronique vise d’abord à corriger les limites du dispositif actuel. Les procédures reposant sur le papier sont marquées par des délais de traitement longs, des difficultés de mise à jour et des risques de perte ou de falsification des documents. En centralisant l’émission, la modification et l’archivage des titres fonciers, AMLAK doit améliorer la fiabilité des données et renforcer la coordination entre les services concernés.

Contrairement à une simple numérisation, le système repose sur un dispositif de traçabilité intégrale des opérations foncières. Chaque étape, depuis le dépôt d’une demande jusqu’à la délivrance du titre, est enregistrée dans la plateforme. Les opérations deviennent ainsi vérifiables et conformes aux règles réglementaires en vigueur. Pour l’administration, AMLAK fournit également des indicateurs de performance en temps réel, facilitant le suivi de l’activité cadastrale et le pilotage des ressources.

Pour les usagers, la réforme devrait se traduire par une réduction significative des délais. Les demandes déposées auprès des services du cadastre et de la conservation foncière pourront être traitées plus rapidement, limitant les blocages administratifs. Cette fluidification des procédures est susceptible d’accélérer les transactions immobilières, de sécuriser les droits de propriété et de réduire les litiges liés aux titres fonciers, des facteurs clés pour le bon fonctionnement du marché immobilier.

Cette évolution intervient dans un contexte de hausse de l’activité foncière. En 2025, l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC) a délivré 430 000 titres fonciers, soit une progression de 15 % par rapport à 2024. Cette dynamique accentue les contraintes pesant sur les services fonciers et renforce l’intérêt d’un système numérique capable d’absorber des volumes croissants de demandes.

À plus long terme, la généralisation d’AMLAK pourrait améliorer la gouvernance foncière et renforcer la transparence administrative. En disposant de données foncières centralisées et actualisées, l’État se dote d’un outil susceptible de soutenir la sécurisation de l’investissement immobilier et la modernisation de la gestion du patrimoine foncier national.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 12 janvier 2026 10:32 Written by
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