L’Afrique est confrontée à des menaces cybernétiques croissantes parallèlement à l’accélération de sa transformation numérique. Selon Interpol, les incidents de cybersécurité sur le continent ont entraîné des pertes financières estimées à plus de 3 milliards de dollars entre 2019 et 2025.
Le gouvernement nigérian envisage de créer un Conseil de coordination de la cybersécurité. Il vise à renforcer la résilience collective du Nigeria face aux cybermenaces et à améliorer la réponse coordonnée aux menaces cybernétiques en constante évolution dans les secteurs public et privé.
ESTABLISHMENT OF NIGERIA'S NATIONAL CYBERSECURITY COORDINATION COUNCIL TO STRENGTHEN CYBER RESILIENCE
— Dr. 'Bosun Tijani (@bosuntijani) April 1, 2026
The Federal Government has signalled its intention to work collaboratively with the private sector and key stakeholders toward the establishment of a Cybersecurity Coordination… pic.twitter.com/BSqEJIyj9h
L’initiative a été annoncée dans un communiqué le mercredi 1er avril par Bosun Tijani, ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie Numérique. Le Conseil proposé, plateforme de coordination multi-acteurs non statutaire, visera à rassembler les principaux acteurs pour renforcer les partenariats, faciliter le partage d’informations fiables et assurer une coopération durable entre les institutions chargées de la cybersécurité.
Selon le ministre, cette initiative fait suite à des incidents récents de cybersécurité ayant représenté des risques significatifs pour les clients et perturbé les opérations dans les grandes institutions privées, les systèmes publics et l’industrie des services au Nigeria. « Ces incidents mettent en évidence la nature de plus en plus coordonnée et sophistiquée des menaces cybernétiques, orchestrées par des acteurs organisés et des réseaux malveillants cherchant à saper la confiance dans l’écosystème numérique en pleine croissance du Nigeria », peut-on lire dans le communiqué.
Le Nigeria, à l’instar de nombreux pays africains, est confronté à une accélération des menaces informatiques, parallèlement à la progression de sa transformation numérique. Dans un rapport publié en janvier 2026, le cabinet de conseil Deloitte souligne qu’en 2025, « Les organisations, tous secteurs confondus, ont fait face à une augmentation notable des attaques, allant des escroqueries dopées à l’intelligence artificielle aux incidents de ransomware, en passant par l’usurpation d’identité affectant les utilisateurs au quotidien. Au fil de l’année, une tendance claire s’est dessinée : les attaquants sont devenus plus sophistiqués et plus agiles […] ». Le rapport prévoit qu’en 2026, ces acteurs s’appuieront encore davantage sur l’automatisation et les outils pilotés par l’IA.
Par ailleurs, la National Information Technology Development Agency (NITDA) a indiqué que le Nigeria perd chaque année plus de 500 millions de dollars à cause de la cybercriminalité. Ce fléau peut compromettre l’ambition des autorités de créer une économie de 1 000 milliards de dollars.
Intervenant en janvier dernier, lors d’une conférence, M. Bosun Tijani a souligné que cette ambition dépend autant de la confiance que des infrastructures physiques, au vu de l’importance croissante du numérique. « Si nous perdons la confiance dans ce secteur, les citoyens seront découragés d’utiliser les outils capables de transformer notre économie. Si nous maintenons cette confiance, les citoyens croiront en ces outils, et ces derniers contribueront à rendre le Nigeria prospère ».
Isaac K. Kassouwi
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Le gouvernement éthiopien accélère sa transformation numérique pour soutenir le développement social et économique. Cela implique la dématérialisation de l’accès aux services de l’administration publique.
L’Ethiopie introduit la signature électronique pour faciliter l’accès aux services publics. Dénommée teleSign, l’initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation numérique du pays.
digitized workflows allowing citizens and organizations to authenticate legal documents and enabling legal practitioners to issue or renew attorney licenses remotely from any location.
— Ethio telecom (@ethiotelecom) March 31, 2026
The solution ensures robust security by utilizing AI-powered Liveness Detection 3/6 pic.twitter.com/VGFhwux2sv
Développée par l’opérateur historique Ethio Telecom, la solution a été présentée officiellement le mardi 31 janvier. Elle permet aux citoyens éthiopiens de réaliser leurs démarches administratives en ligne de manière sécurisée et sans se déplacer. Ils peuvent signer des documents officiels, vérifier leur identité numériquement, demander des certificats, authentifier des documents ou donner des procurations, le tout depuis n’importe quel endroit et à tout moment.
« Le lancement de teleSign constitue une étape majeure dans le parcours de transformation numérique de l’Éthiopie, en introduisant la vérification d’identité numérique sécurisée, des signatures numériques reconnues légalement et des flux de travail gouvernementaux entièrement numérisés qui réduisent la bureaucratie, augmentent l’accessibilité et favorisent l’inclusion numérique nationale », a déclaré Ethio Telecom dans un communiqué.
La signature numérique peut contribuer à accélérer la transformation numérique, selon la Banque mondiale. Dans un rapport publié en 2024, l’institution de Bretton Woods rappelle que, à mesure que les transactions se dématérialisent, les mécanismes qui en garantissent la sécurité doivent eux aussi évoluer vers le format électronique. En l’absence de dispositifs fiables et reconnus sur le plan juridique pour authentifier les échanges en ligne, le recours aux signatures manuscrites demeure nécessaire, ce qui oblige encore citoyens et entreprises à se déplacer physiquement et freine ainsi la dynamique de numérisation.
« Lorsque les transactions sont numérisées, de nouveaux problèmes de sécurité apparaissent, car la facilité avec laquelle les données numériques peuvent être dupliquées ou modifiées introduit des vulnérabilités supplémentaires qui n’existaient pas avec le papier », peut-on lire dans le rapport intitulé « Signatures électroniques : Permettre une transformation numérique fiable ».
Pour rappel, l’Ethiopie mise sur la transformation numérique pour accélérer son développement socio-économique, conformément à la stratégie « Digital Ethiopia 2030 ». Pour le moment, le pays se classe à la 169e selon l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI). En 2024, le pays a enregistré un score de 0,3111 sur 1, en dessous des moyennes sous-régionale, continentale et mondiale.
Isaac K. Kassouwi
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Le Nigeria a lancé un projet de 2 milliards $ pour déployer 90 000 km de fibre optique, visant à réduire la fracture numérique. Le pays entend également développer l’écosystème numérique afin de tirer pleinement parti de ces infrastructures et stimuler l’innovation et la croissance économique.
Les autorités nigérianes veulent consacrer 12 milliards de nairas (8,6 millions de dollars) à un programme de recherche national sur l’économie numérique. Il vise à renforcer les institutions et à garantir que la transition numérique profite à l’ensemble de la société, en s’appuyant sur des preuves scientifiques plutôt que sur des décisions à court terme.
Ce programme, baptisé National Digital Economy Research Clusters (NDERC), s’inscrit dans le cadre du projet BRIDGE, initiative nationale qui prévoit le déploiement de 90 000 km de fibre optique à travers le pays afin d’améliorer la connectivité et de soutenir le développement d’une économie numérique moderne. Le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Bosun Tijani (photo), a annoncé le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt le dimanche 29 mars.
Today my heart is filled with deep joy as we announce the Expression of Interest for the National Digital Economy Research Clusters— a ₦12 billion research funding scheme designed to place ideas, evidence, and research at the centre of Nigeria’s digital transformation.
— Dr. 'Bosun Tijani (@bosuntijani) March 28, 2026
This… pic.twitter.com/UfDrbPVHUX
« À mesure que nous développons notre infrastructure numérique, il devient essentiel d’adopter des approches fondées sur des données probantes et une réflexion approfondie, afin que tous puissent tirer pleinement profit de cet investissement majeur. Trop souvent, les politiques numériques sont influencées par les dynamiques de marché et les cycles politiques, plutôt que par la recherche et une vision à long terme », a déclaré le ministre, dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux.
Le NDERC prévoit la création de six clusters de recherche couvrant des domaines stratégiques : connectivité, infrastructures publiques numériques, compétences et éducation numériques, économie numérique et emploi, sécurité et protection des consommateurs, ainsi qu’intelligence artificielle et technologies émergentes. Le programme mobilisera 36 professeurs issus de 36 universités nigérianes, en collaboration avec des partenaires académiques internationaux, et impliquera plus de 200 chercheurs, afin de produire des travaux scientifiques rigoureux et directement exploitables dans l’élaboration des politiques publiques.
Le programme s’inscrit dans l’ambition des autorités nigérianes de mettre le numérique au service du développement socio-économique. Selon le gouvernement, les TIC devraient contribuer à hauteur de 22 % du PIB, d’ici 2027.
Par ailleurs, le projet BRIDGE devrait, selon les autorités, permettre la création de nouvelles opportunités d’emploi, avec jusqu’à 20 000 emplois directs et plus de 150 000 emplois indirects, tout en stimulant l’innovation. Il contribuera également à une hausse de 1,5 % du PIB par habitant, faisant passer le PIB du pays de 472,62 milliards de dollars à environ 502 milliards de dollars en quatre ans.
Isaac K. Kassouwi
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Le gouvernement angolais accélère la transformation numérique dans tous les secteurs de gestion publique. En 2025, il s’est associé à la société américaine Cybastion, notamment afin de renforcer le volet cybersécurité.
Les autorités angolaises ont annoncé le vendredi 27 mars, le lancement d'un Laboratoire d’innovation pour les finances publiques (i.Lab). Ce dispositif permet de tester des solutions, de mesurer leur impact et de déployer celles qui améliorent effectivement les services de l'Etat. Il a été mis sur pied par le Service des TIC des Finances Publiques (SETIC-FP), rattaché au ministère des Finances.
Lors de la cérémonie de lancement, une preuve de concept (PoC) a été présentée. Elle est axée sur l’introduction de signatures numériques qualifiées dans le Système Intégré de Gestion Documentaire (SIGD), une plateforme développée en interne par le SETIC-FP pour numériser le processus de gestion documentaire au sein du ministère. Cette solution vise à renforcer l’authenticité et l’intégrité des documents électroniques, à réduire les validations manuelles et à augmenter la confiance dans les processus digitaux.
Selon les autorités, la création de l’i.Lab entre dans le cadre des efforts pour accélérer la transformation numérique des finances publiques, principalement menés à travers le SETIC-FP. Ce dernier a développé plusieurs outils, tels que le Portail de l’Unité de Gestion de la Dette Publique (UGD), une application pour le ministère des Finances, le Système Intégré de Gestion des Programmes d’Investissement Public (SIGPIP), et le Système de Gestion du Conseil Fiscal (CGCF).

Par ailleurs, le SETIC-FP participe à des événements internationaux et explore les possibilités de coopération. Début mars, un accord a été signé avec le Cap-Vert, dans lequel les deux parties se sont engagées à mettre en œuvre des solutions technologiques innovantes, à assurer la formation technique des équipes et à consolider une gouvernance numérique plus robuste, alignée sur les meilleures pratiques internationales. Le pays s’est également rapproché du Brésil.
Le processus de transformation numérique des finances publiques s’inscrit dans le cadre plus large de la stratégie nationale de transformation numérique de l’Angola, qui vise à intégrer les TIC dans tous les secteurs pour soutenir le développement socio-économique. Dans l’administration publique, Luanda voit la numérisation comme un gage de modernisation, ainsi que d’une gestion financière plus efficace, transparente et axée sur les résultats.
Isaac K. Kassouwi
Edité par : Feriol Bewa
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Les autorités mozambicaines accélèrent les efforts en faveur de la transformation numérique. Une stratégie nationale dédiée est en cours de développement depuis février dernier.
Le Mozambique avance vers la mise en service de son Agence de transformation numérique et d’innovation (ATDI), créée au début du mois. L’exécutif a annoncé, en début de semaine, la nomination d’Adilson dos Santos Cousin Gomes (photo) au poste de président du conseil d’administration de l’institution.
Sa mission consistera à coordonner les activités de l’ATDI, chargée de la fourniture de services et de l’accompagnement du processus de transformation numérique dans le secteur public. Plus précisément, cela inclut l’harmonisation et l’interopérabilité des plateformes numériques de l’État, la gestion et l’intégration des centres de données, la rationalisation des procédures d’acquisition de solutions technologiques, ainsi que le développement de systèmes numériques de services aux citoyens.
Dans un communiqué, le ministère des Communications et de la Transformation numérique a déclaré que cette nomination « intervient dans un contexte où le Mozambique intensifie ses efforts pour accélérer la transformation numérique, renforcer la cybersécurité et promouvoir l’interopérabilité des systèmes de l’État, des facteurs jugés déterminants pour l’efficacité des services publics et le développement économique ».
En plus de l’ATDI, le 10 mars, le gouvernement mozambicain avait institué par décret une Commission nationale pour l’intelligence artificielle (CNIA) ainsi qu’une Commission technique multisectorielle de coordination et de mise en œuvre de la transformation numérique (CTD). En février, le Mozambique lançait officiellement le processus d’élaboration de sa Stratégie nationale de transformation numérique. Une fois terminée, cette feuille de route doit permettre la valorisation des infrastructures numériques publiques pour favoriser un développement inclusif et renforcer la résilience économique.
Maputo a également intensifié au cours des derniers mois les initiatives pour généraliser l’accès à Internet dans le pays. Il ambitionne d’atteindre un taux de pénétration mobile de 80 % et une couverture de 95 % du territoire national. La disponibilité du réseau devrait atteindre 99 %. Côté performances, l’exécutif vise des débits de connexion de 100 Mbps à 1 Gbps pour la 5G, 10 Mbps à 100 Mbps pour la 4G. Pour y arriver, il mise sur la technologie satellitaire, l’extension et la modernisation du réseau télécoms, ainsi que l’extension du réseau de fibre optique.
Pour rappel, le Mozambique est classé 177ᵉ sur 193 pays à l’Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) 2024 des Nations unies, avec un score de 0,2848 sur 1, inférieur aux moyennes sous-régionale, africaine et mondiale. En matière de cybersécurité, le pays se situe au troisième palier de l’Indice global de l’Union internationale des télécommunications (UIT) en 2024, avec des marges de progression notables dans les domaines légal, technique et du renforcement des capacités. L’UIT estime également le taux de pénétration d’Internet à 20,5 %.
Isaac K. Kassouwi
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Aujourd’hui, le numérique est présent dans tous les secteurs en Afrique, y compris dans le commerce. Celui-ci représentait le deuxième plus important contributeur au PIB réel du Nigeria au quatrième trimestre 2025.
Les autorités nigérianes ont lancé, le mardi 24 mars, la Fenêtre unique nationale pour le commerce. Cette plateforme numérique vise à moderniser le secteur, réduire les coûts et améliorer l’efficacité à travers l’économie.
Selon le ministère des Finances, la plateforme intègre les agences gouvernementales dans un système numérique unique, simplifiant les processus d’importation et d’exportation, réduisant les délais et abaissant le coût des affaires. Pour le gouvernement, le système renforce la transparence, la coordination et la collecte des recettes. Pour les entreprises, il réduit la bureaucratie et accélère l’accès aux marchés.
FGN Launches National Single Window to Cut Trade Costs and Boost Growth
— Federal Ministry of Finance (@FinMinNigeria) March 24, 2026
The Honourable Minister of Finance and Coordinating Minister of the Economy, Mr Wale Edun, today led the launch of Nigeria’s National Single Window in Lagos, a flagship reform to modernise trade, reduce… pic.twitter.com/koIAo44RFK
« Il s’agit d’un passage décisif de la complexité à la coordination », a déclaré le ministre des Finances, Wale Edun. « Cela facilitera le commerce, améliorera la compétitivité et soutiendra la croissance économique », a-t-il ajouté. La Fenêtre unique nationale fait partie d’un programme de réformes plus large visant à construire une économie nigériane plus compétitive et attractive pour les investisseurs. Elle intervient dans un contexte de transformation numérique où les autorités nigérianes misent sur l’intégration des technologies numériques dans tous les secteurs pour soutenir le développement socio-économique. Par exemple, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) estime que la digitalisation du commerce joue un rôle clé dans l’amélioration de l’efficacité des contrôles aux frontières et des procédures administratives, réduisant ainsi les coûts commerciaux et renforçant la résilience des chaînes d’approvisionnement mondiales. La GSMA souligne que la numérisation peut soutenir les efforts d’expansion commerciale et faciliter le commerce pour tirer pleinement parti de l’intégration régionale. Selon l’organisation, la digitalisation du secteur commercial pourrait créer une valeur ajoutée de 873 milliards de nairas (663,6 millions USD) d’ici 2030, soit 1,3 % du PIB du secteur. Elle pourrait également générer 90 000 emplois supplémentaires et contribuer à hauteur de 70 millions de nairas supplémentaires aux recettes de l’État. Au quatrième trimestre 2025, le commerce était le deuxième contributeur au PIB réel du Nigeria avec 16,84 %, derrière la production agricole (20,44 %), selon les sources officielles. Il convient toutefois de rappeler que la numérisation du commerce en question ne se limite pas à l’administration. La CNUCED estime que l’intégration de technologies avancées telles que l’analyse des mégadonnées, l’intelligence artificielle et la blockchain renforce l’efficacité, la transparence et les capacités de gestion des risques des processus commerciaux. La GSMA met également en avant le e-commerce, qui permet la commercialisation de nouveaux produits, l’expansion des services de livraison et une réduction significative des coûts de transaction.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les projets de modernisation de l’administration publique suivent leur cours en Éthiopie. Les autorités viennent de lancer un projet pilote pour transformer les commissariats grâce au numérique.
L’Éthiopie a inauguré, dans sa capitale Addis-Abeba, un commissariat de police intelligent, conçu pour offrir aux citoyens un accès simplifié, rapide et continu aux services publics. L’information a été annoncée par l’Agence de presse éthiopienne, Ethiopian News Agency (ENA), le dimanche 22 mars.
Dans ce poste de police de nouvelle génération, les usagers interagissent directement avec des bornes numériques en libre-service. Grâce à des écrans interactifs et à une assistance vidéo à distance, ils peuvent déposer une plainte, soumettre des documents ou encore régler une amende sans passer par un guichet traditionnel. Le service est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, supprimant ainsi les contraintes horaires souvent associées aux administrations publiques.
« Cette innovation améliore sensiblement la qualité du service offert aux citoyens et contribue au renforcement du système judiciaire et des services de police », a indiqué Andnet Sisay, chef du département technologique de la police fédérale éthiopienne.
Ce dispositif repose sur l’intégration de technologies telles que l’intelligence artificielle et la gestion centralisée des données. Il permet de réduire significativement les délais de traitement tout en limitant les erreurs humaines liées aux procédures manuelles. Pour les citoyens, l’expérience se veut plus fluide : moins d’attente, moins de paperasse et une interaction plus directe avec l’administration.
Au-delà du gain de temps, cette transformation modifie la relation entre les usagers et l’administration. En réduisant les contacts physiques, elle contribue également à limiter certaines pratiques informelles, renforçant ainsi la transparence du service. Le commissariat fonctionne avec un personnel réduit sur site, tandis que les agents assurent un accompagnement à distance, garantissant un suivi continu des dossiers. Pensé comme un projet pilote, ce modèle pourrait être étendu à d’autres villes du pays.
Adoni Conrad Quenum
Éditée par M.F. Vahid Codjia
Comme de nombreux pays africains, l’Algérie mise sur les technologies numériques pour résoudre ses défis. L’un des problèmes majeurs auxquels le pays est confronté est l’accès à l’eau.
Les autorités algériennes explorent des solutions technologiques locales pour développer le secteur de l’eau, renforcer la sécurité hydrique et relever les défis, notamment ceux liés au changement climatique. Un appel à projet a été lancé dans ce sens.
Selon un communiqué du ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises publié le mercredi 18 mars, cet appel s’adresse aux porteurs de projets innovants, aux start-up et scale-up, aux micro-entreprises, aux incubateurs et accélérateurs, aux chercheurs issus des universités et centres de recherche, ainsi qu’aux experts et spécialistes du secteur économique, y compris les talents algériens établis à l’étranger. L’initiative vise à construire un écosystème national d’innovation dans le domaine de l’eau, à développer des solutions technologiques nationales, à lancer des projets pilotes sur le terrain et à créer des opportunités de collaboration entre les secteurs public et privé. Les domaines prioritaires incluent la réduction des fuites et du gaspillage d’eau, le dessalement avec une meilleure efficacité énergétique, la réutilisation de l’eau, l’irrigation intelligente et l’agriculture durable, l’utilisation de l’intelligence artificielle et de l’Internet des objets dans la gestion de l’eau, ainsi que les solutions d’adaptation au changement climatique. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique, qui mise sur l’intégration des TIC dans tous les secteurs pour soutenir le développement socio-économique. En ce qui concerne le secteur de l’eau, l’Algérie est confrontée à un stress hydrique croissant. Le pays figure parmi les zones arides à semi-arides, avec des ressources en eau limitées et une dépendance accrue aux précipitations irrégulières et aux nappes souterraines surexploitées. Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le recours aux nouvelles technologies peut améliorer considérablement la gestion des ressources en eau, permettant ainsi de faire face à la pénurie liée à la demande croissante et au changement climatique. L’organisation souligne notamment que les systèmes d’alerte reposant sur des drones ou sur des dispositifs intégrés d’observation de la Terre peuvent contribuer à la prévision et à l’atténuation des risques de catastrophes. Par ailleurs, des solutions comme les compteurs intelligents, qui fournissent des données en temps réel et un retour d’information personnalisé, sont susceptibles d’améliorer l’efficacité des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement existants. Toutefois, comme le souligne Abdesselam Malek, docteur en hydrogéologie, dans une interview accordée au quotidien Horizons, la problématique de l’eau en Algérie dépasse la seule question technologique. « Chez nous, surtout dans le Sud, nos oasis ont perduré grâce à cette résilience face à des pluies très irrégulières, avec des digues de dérivation vers des surfaces de stockage et un partage ingénieux. Nos oueds dans le Nord perdent trop vite des écoulements en centaines de millions de mètres cubes qui rejoignent la mer en quelques jours, parfois en quelques heures », a-t-il déclaré.
Isaac K. Kassouwi
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Le gouvernement mauritanien accélère la digitalisation des services publics. Le dernier acte en date est la dématérialisation du processus de demande du permis de conduire.
Les autorités mauritaniennes cherchent à digitaliser des services liés au ministère de la Fonction publique et du Travail. L’initiative vise à moderniser l’administration, simplifier les procédures et améliorer l’accès des citoyens aux services publics.
Ce projet a fait l’objet d’une réunion en début de semaine entre Mariem Boidiel Houmeid (photo, à gauche), ministre de la Fonction publique et du Travail, et son homologue chargé de la Transformation numérique, Ahmed Salem Ould Bede (photo, à droite). Dans son allocution, la ministre a expliqué que l’objectif de cette réunion est de présenter les besoins du secteur en matière de systèmes informatiques et de numérisation des services, afin d’identifier des solutions adaptées.
Parmi les projets proposés figurent la mise en place d’un portail de la fonction publique intégré au système « Khidmati », le lancement d’un service de gestion des décisions administratives intégré au système des ressources humaines, ainsi que la numérisation des activités de la direction générale du Travail et des délégations régionales.
M. Bede a réaffirmé l’engagement de son département à accompagner le ministère de la Fonction publique et du Travail dans la mise en œuvre de ces priorités, en fournissant les solutions techniques nécessaires et en garantissant l’interopérabilité des systèmes d’information. Il a également appelé à un travail d’équipe et à une coordination directe et rigoureuse afin d’accélérer la réalisation des projets proposés, qui auront un impact direct sur la qualité des services du secteur.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation numérique des autorités mauritaniennes, qui veulent mettre les TIC au service du développement de tous les secteurs de l’économie. Dans l’administration publique, elles misent sur la digitalisation des processus et des services pour plus de transparence, de productivité et d’amélioration dans l’accès des populations.
Le renforcement de la productivité et de l’efficacité du ministère de la Fonction publique et du Travail, qui œuvre pour améliorer les services aux citoyens et soutenir le marché de l’emploi, constitue une lueur d’espoir pour les jeunes. Selon les données d’une enquête d’Afrobarometer publiée en 2024, 47 % des Mauritaniens âgés de 18 à 35 ans sont au chômage tout en recherchant activement un emploi, un taux légèrement supérieur à la moyenne nationale de 44 %. Le rapport indique également que 26 % des jeunes sont sans emploi mais ne cherchent pas de travail.
Rappelons cependant que le processus de dématérialisation des services du ministère de la Fonction publique et du Travail est encore au stade de discussions et qu’aucun calendrier n’a été dévoilé. Il faudra donc attendre les prochains développements pour s’avancer davantage sur sa mise en œuvre, ainsi que les impacts potentiels.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’Angola poursuit le développement de son secteur spatial. Le pays dispose déjà d’un satellite de télécommunications, AngoSat-2, utilisé notamment pour accélérer la couverture du réseau sur l’ensemble du territoire.
Les autorités angolaises ont procédé, lundi 16 mars, au lancement officiel du projet de construction et de mise en orbite du premier satellite d’observation de la Terre du pays, ANGEO-1. D’un coût estimé à environ 225 millions d’euros (259 millions USD), l’appareil est développé en partenariat avec Airbus.
Les travaux ont été lancés dans les locaux d’Airbus Defence and Space à Toulouse, en France, par Mário Augusto da Silva Oliveira (photo, à gauche), ministre des Télécommunications, des Technologies de l’information et de la Communication sociale. Lors de la cérémonie, le ministre a souligné que ANGEO-1 permettra à Angola d’accéder de manière souveraine et directe à plus de 1000 images à haute résolution par jour, d’après un communiqué du Bureau de gestion du Programme spatial national (GGPEN) qui faisait partie de la délégation angolaise.
« Cette capacité sera essentielle pour soutenir le développement économique, la gestion durable des ressources naturelles et la sécurité du territoire, renforçant la capacité du pays à élaborer des politiques publiques et à prendre des décisions stratégiques fondées sur des données concrètes », peut-on lire dans le communiqué.
Le projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme spatial national. Les autorités ambitionnent « de transformer la République d’Angola d’un simple utilisateur de services, de produits et de technologies spatiales en un opérateur et producteur de ces mêmes technologies, assurant ainsi son indépendance technologique spatiale ». Outre les télécommunications, un programme d’observation de la Terre est également prévu, visant la surveillance environnementale, l’agriculture de précision, la gestion des ressources naturelles et la prévention des catastrophes.
Dans ce contexte, le président de la République, João Lourenço, a annoncé en octobre 2025 la création de l’Agence spatiale angolaise. Le « Livre blanc des TIC 2023–2027 » prévoit également la création d’un centre d’études spatiales, la formation d’experts nationaux, ainsi que le développement d’infrastructures de communication, de navigation et de météorologie.
Isaac K. Kassouwi
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Face aux défis du développement, plusieurs pays africains se tournent vers les technologies numériques. L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme l’un des piliers de cette transformation.
Le gouvernement zimbabwéen a procédé, vendredi 13 mars, au lancement de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle pour la période 2026-2030. Cette feuille de route définit comment le Zimbabwe entend mettre l’IA au service de son développement socio-économique au cours des cinq prochaines années.
« Nous nous engageons à garantir que l’utilisation de l’intelligence artificielle soit centrée sur l’humain, transparente et exempte de biais. La protection de nos intérêts nationaux ainsi que la dignité de tous les Zimbabwéens demeurent au cœur des cadres juridiques que nous mettons en place », a déclaré le président Emmerson Mnangagwa (photo, au centre) dans son discours.
La stratégie repose sur quatre piliers : le développement des talents et des capacités, la souveraineté en matière d’infrastructures, l’adoption de l’IA et la gouvernance éthique. Elle définit plusieurs priorités, notamment l’intégration dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, les mines, la santé et l’éducation, afin d’améliorer la productivité, l’efficacité et la qualité des services.
La feuille de route prévoit également des incitations pour les entreprises et innovateurs qui adoptent les technologies d’IA, dans le but de favoriser une économie numérique dynamique et d’encourager le développement technologique local. Elle met aussi l’accent sur la conception de systèmes d’IA éthiques et centrés sur l’humain, respectueux des droits fondamentaux tout en soutenant une croissance inclusive.
Cette stratégie s’inscrit dans le cadre plus large des ambitions de transformation numérique des autorités zimbabwéennes. À travers le « Plan directeur Smart Zimbabwe 2030 », le gouvernement souhaite intégrer pleinement les TIC dans l’ensemble de la société et dans tous les secteurs de l’économie afin de favoriser un développement socio-économique rapide et durable.
Le plan cite notamment une étude de l’Union internationale des télécommunications (UIT) indiquant qu’une augmentation de 10 % du score de numérisation d’un pays entraîne une hausse de 0,75 % de son PIB par habitant. Pour l’heure, le Zimbabwe occupe la 149ᵉ place sur 193 pays dans l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, avec un score de 0,4481 sur 1, inférieur à la moyenne mondiale de 0,6382.
Quelques défis à prendre en compte
Comme toute technologie, l’intelligence artificielle comporte néanmoins des risques. Le président Mnangagwa a par exemple appelé au renforcement des lois et des cadres réglementaires afin de protéger les enfants et les citoyens dans l’espace numérique, à mesure que les technologies d’IA continuent de se développer.
L’UNESCO, qui a contribué à l’élaboration de la stratégie, a également évalué l’état de préparation du pays à l’IA. Dans un rapport publié en juillet 2025, l’organisation souligne que la stratégie doit être accompagnée d’un plan visant à gérer les principaux défis et risques liés à cette technologie. Ceux-ci incluent notamment la domination étrangère, la perte d’autonomie humaine, ainsi que les limites en matière de financement, d’infrastructures techniques et de capacités de recherche. Ces difficultés sont aggravées par l’émigration de talents hautement qualifiés.
Le Département des affaires économiques et sociales (DAES) des Nations unies reconnaît également le potentiel de l’IA pour soutenir le développement socio-économique, notamment dans son rapport « E-Government Survey 2024 ». Il met toutefois en garde contre certains risques, comme les biais dans les données, susceptibles d’entraîner une mauvaise représentation de certains groupes, ainsi que diverses préoccupations éthiques, sécuritaires et sociales.
Le DAES estime par ailleurs que la fracture numérique persistante constitue un défi majeur pour la mise en œuvre des technologies d’IA dans le secteur public, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Au Zimbabwe, 58,4 % de la population n’utilisait pas Internet en 2024, selon les données de l’UIT. Cette situation peut s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment la disponibilité du réseau télécoms, l’accessibilité d’appareils compatibles (ordinateurs, smartphones, tablettes) et le niveau de compétences numériques.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le gouvernement mauritanien accélère la digitalisation des services publics pour soutenir sa transformation numérique. Dans le secteur des transports, l’obtention des cartes grises et le système numérique du trafic routier sont déjà accessibles sur la plateforme nationale dédiée.
Les autorités mauritaniennes travaillent sur la dématérialisation des procédures d’obtention des permis de conduire. L’initiative s’inscrit dans une vision plus large de digitalisation des services publics afin d’en faciliter l’accès pour les populations.
Le projet était au cœur d’une réunion de travail sur la digitalisation des services des transports tenue le mardi 10 mars. La réunion a rassemblé le ministre de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, Ahmed Salem Bede, et son homologue chargé de l’Équipement et des Transports, Ely Ould Veirek.
Au cours de la rencontre, les deux ministres ont suivi une démonstration technique détaillée d’un nouveau dispositif numérique en cours de déploiement pour transformer le parcours d’obtention du permis de conduire. Toutes les étapes seront dématérialisées : inscription à distance, passage de l’examen et délivrance numérique et sécurisée du permis. Le système devrait réduire l’intervention humaine et renforcer la fiabilité du document délivré.
« Ce projet traduit les orientations des hautes autorités en matière de modernisation de l’administration publique et de simplification des démarches publiques. Il place les usagers au cœur d'une administration qui avance, pour des services publics à la hauteur des attentes des citoyens », a déclaré le ministère de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.
Cette initiative intervient environ deux semaines après que les autorités ont lancé une plateforme répertoriant 800 démarches administratives pour faciliter l’accès des populations aux informations. Ces démarches seront progressivement ajoutées à la plateforme nationale de services numériques, « Khdamati ». Cette dernière compte déjà des services comme l’inscription des étudiants à l’Université de Nouakchott, le Système numérique du trafic routier (SNTR), la création d’entreprise, la demande d’agrément au Code des investissements, la délivrance du casier judiciaire, des cartes grises, des certificats de perte pour documents officiels…
Il convient toutefois de rappeler que le calendrier précis de mise en service du dispositif n’est pas encore connu. Par ailleurs, la question de son adoption par les usagers se pose. Selon les dernières données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), la couverture 2G atteignait 97 % de la population mauritanienne en 2023. En 2022, les réseaux 3G et 4G couvraient respectivement 43,9 % et 34,7 % de la population. Par ailleurs, selon DataReportal, la Mauritanie comptait environ 2 millions d’utilisateurs d’Internet à fin décembre 2025, soit un taux de pénétration de 37,4 %.
Au-delà de la couverture et de la qualité des réseaux, l’adoption des services numériques dépend également de l’accès aux terminaux compatibles. D’après la Banque mondiale, 56,61 % des Mauritaniens âgés de plus de 15 ans possédaient un smartphone à fin 2024. D’autres facteurs peuvent aussi influencer l’usage effectif des services dématérialisés, notamment le niveau de compétences numériques des populations ou encore l’accessibilité financière des offres Internet.
Isaac K. Kassouwi
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Pour renforcer la transparence et l’efficacité du contrôle routier, le gouvernement kényan mise sur la technologie plutôt que sur l’intervention humaine. Cette stratégie, amorcée dès 2020, entend freiner la hausse des accidents constatée entre 2024 et 2025.
Le Kenya vient de franchir un nouveau cap dans la numérisation du contrôle routier. L’Autorité nationale des transports et de la sécurité (NTSA) a annoncé le lundi 9 mars la mise en service d’un système automatisé de gestion du trafic routier avec amendes instantanées. Grâce à des caméras intelligentes, il détecte les infractions routières et les contrevenants sont notifiés par SMS. Fini l’intervention humaine directe. L’autorité présente cette réforme comme un moyen de renforcer l’efficacité et la transparence dans le contrôle routier et la sécurité routière.
Le mardi 10 mars, dans un souci d’information, la NTSA a publié une liste de 35 infractions routières assorties d’amendes immédiates correspondantes. Le barème va d’un simple avertissement pour un léger excès de vitesse à des sanctions de 10 000 shillings kényans (77,37 USD) pour des manquements jugés plus graves, comme l’excès de vitesse, le stationnement causant une obstruction, la non-installation des limiteurs de vitesse réglementaires sur les véhicules de transport en commun et les véhicules commerciaux ou encore la conduite d’un véhicule sans certificat de contrôle technique valide. D’autres infractions sont également visées : le non-respect des feux de signalisation, la conduite sur trottoir ou passage piéton ou encore le défaut de port de la ceinture de sécurité. Les contrevenants disposent de sept jours pour régler l’amende, faute de quoi des intérêts s’appliquent et l’accès aux services de la NTSA peut être bloqué.
Une série d’investissements techniques
Cette automatisation du contrôle routier est rendue possible grâce à une série d’innovations introduites depuis 2020 par le gouvernement. Le cadre légal du pays prévoit désormais un permis de conduire sous forme de carte intelligente dotée d’une puce électronique. La puce renferme non seulement les données d’identité du conducteur, mais aussi ses empreintes digitales, sa photographie, sa signature et des informations biométriques. En 2022, les plaques d’immatriculation de seconde génération, souvent présentées au Kenya comme des plaques « numériques » ou sécurisées, sont intervenues. Les autorités expliquent qu’elles intègrent des éléments de sécurité avancés, y compris des fonctions de traçabilité numérique des propriétaires des véhicules. En 2024, le gouvernement a officiellement fait des caméras de vitesse et de la vidéosurveillance un pilier supplémentaire de sa nouvelle stratégie de sécurité routière. Déployées en phase pilote en 2024, ces caméras seront renforcées en 2026 par de nouvelles prévues dans les six grandes villes du pays, sur demande du président de la République William Ruto.
En pratique, ce couplage entre permis biométrique, plaques sécurisées et caméras permet aux autorités d’identifier plus rapidement le véhicule en infraction, de rattacher l’infraction à un conducteur ou à un propriétaire et d’alimenter ainsi un historique de conduite exploitable par l’administration.
Des réserves persistent
Mais le système automatisé de gestion du trafic routier avec amendes instantanées soulève déjà des contestations. L’Association des automobilistes du Kenya (Motorists Association of Kenya, MAK) a publiquement demandé des clarifications urgentes à la NTSA. Le groupe estime que le nouveau dispositif laisse en suspens plusieurs questions de fond : quelle procédure pour un automobiliste qui souhaite contester l’amende ? Quels garde-fous pour éviter qu’un système automatisé ne devienne à la fois enquêteur, juge et exécutant ? Qui certifie et vérifie régulièrement la qualité des caméras et autres équipements de détection ? Et dans quel compte public seront versées les amendes perçues ? La MAK demande aussi à savoir quelle concertation publique a précédé l’entrée en vigueur du système.
L’association rappelle en outre que la crédibilité d’un contrôle entièrement numérisé dépend aussi de la disponibilité des documents d’identification des véhicules. Or, depuis février 2026, elle dénonce un retard de production de plus de 70 000 plaques d’immatriculation, s’interrogeant sur l’usage des fonds déjà collectés auprès des automobilistes pour leur production. Pour la MAK, il ne suffit pas de numériser le contrôle routier et la sanction ; encore faut-il que toute la chaîne administrative — plaques, licences, traçabilité et recours — fonctionne sans retard ni opacité.
En installant la route sous l’œil des caméras intelligentes et en faisant du SMS le nouveau procès-verbal, le Kenya affiche une ambition nette : réduire les infractions, limiter les contacts propices à la corruption et moderniser la sécurité routière afin de réduire le nombre d’accidents de la route, qui s’élevait à 5009 en 2025 contre 4748 en 2024 selon les données du Conseil national sur l’administration de la justice (NCAJ).
Muriel EDJO
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Comme de nombreux pays africains, la Somalie intensifie ses efforts pour protéger le cyberespace national. Le pays a récemment adopté une loi dans ce domaine.
Le gouvernement somalien a procédé, le samedi 7 mars, au lancement de la Somalia Computer Incident Response Team (SOMCIRT). Ce centre est dédié à la coordination de la prévention, de la détection et de la réponse aux incidents de cybersécurité.
𝐒𝐨𝐦𝐚𝐥𝐢𝐚 𝐋𝐚𝐮𝐧𝐜𝐡𝐞𝐬 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 𝐂𝐲𝐛𝐞𝐫 𝐈𝐧𝐜𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐑𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐞 𝐂𝐞𝐧𝐭𝐞𝐫 –𝐒𝐎𝐌𝐂𝐈𝐑𝐓
— NCA Somalia (@SomaliaNCA) March 7, 2026
Mogadishu, Somalia – 7 March 2026 — The Prime Minister of the Federal Government of Somalia, H.E. Hamza Abdi Barre, today inaugurated the Somalia Computer… pic.twitter.com/LDAsGfznLW
Selon l’Autorité nationale des communications (NCA), le centre soutiendra la déclaration des incidents, émettra des alertes et des avertissements, coordonnera les réponses aux menaces cybernétiques et promouvra la sensibilisation à la cybersécurité ainsi que la coopération entre les institutions gouvernementales, le secteur privé et les partenaires internationaux afin de renforcer la protection des infrastructures numériques critiques de la Somalie.
« Alors que les services numériques continuent de se développer à travers la Somalie, le renforcement des systèmes de cybersécurité est essentiel pour protéger les institutions gouvernementales, les infrastructures de télécommunications et d’autres secteurs critiques. SOMCIRT jouera un rôle clé pour garantir que notre écosystème numérique reste sûr et résilient », a déclaré Mohamed Hassan Mohamed, ministre des Communications et de la Technologie.
La création de la SOMCIRT est prévue par la Loi sur la cybersécurité, validée par le parlement en janvier 2026. Elle vient s’ajouter à différentes initiatives prises au cours des derniers mois pour renforcer la capacité de la Somalie à faire face aux menaces cybernétiques et à protéger les infrastructures numériques critiques.
En ce qui concerne le cadre réglementaire, au-delà de la loi sur la cybersécurité, le gouvernement somalien a également engagé plusieurs réformes ces dernières années. En août 2025, il a approuvé le projet de loi sur la cybercriminalité. Par ailleurs, la loi sur la protection des données, entrée en vigueur en mars 2023, a conduit à la création de l’Agence de protection des données (ADP), chargée d’en assurer l’application.
Le pays intensifie également sa coopération internationale. Il a signé le 10 février 2026 un protocole d’accord avec la Turquie couvrant plusieurs domaines du numérique, dont la cybersécurité. La Somalie s’était déjà rapprochée de la Malaisie et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Ces efforts interviennent dans un contexte de transformation numérique où la cybersécurité est considérée comme une condition sine qua non pour les États qui veulent profiter pleinement des opportunités qu’offrent les TIC. La Somalie a été classée au quatrième pallier (Tier 4) sur 5 dans le « Global Cybersecurity Index 2024 » de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Le pays a enregistré un score global de 37,39 sur 100 et doit intensifier ses efforts, notamment en matière de mesures techniques, légales et de développement des capacités.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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