Gestion Publique

Gestion Publique (691)

La transformation numérique en Afrique et dans le monde ouvre un large éventail d’opportunités d’emploi pour les jeunes du continent. Cependant, il est nécessaire de disposer des capacités adéquates pour en tirer pleinement profit.

Les autorités libériennes envisagent de créer 15 centres de compétences numériques à travers le pays. L’initiative vise à doter les jeunes Libériens des compétences numériques, des outils et des opportunités nécessaires pour réussir dans un monde de plus en plus axé sur les technologies.

Un protocole d’accord a été signé à cet effet le jeudi 25 juin entre l’Autorité des télécommunications du Liberia (LTA) et le ministère de la Jeunesse et des Sports. Dans le cadre de ce partenariat, le régulateur fournira à chaque centre des ordinateurs, des imprimantes, une connexion Internet haut débit via Starlink, ainsi qu’un abonnement Internet d’un an. L’Autorité financera également intégralement un programme de formation aux compétences numériques d’une durée de trois mois, dont environ 750 jeunes devraient bénéficier dans tout le pays.

La signature de ce protocole d’accord intervient quelques semaines après l’organisation d’une formation destinée aux créateurs de contenus sur les mécanismes de monétisation des plateformes Meta et TikTok. Le programme s’adressait à 150 participants, parmi lesquels des humoristes, des conteurs, des créateurs de défis, des producteurs de vidéos de réaction et, plus largement, des créateurs de contenus spécialisés dans le divertissement.

Ces efforts s’inscrivent dans un contexte où de nombreux gouvernements africains considèrent le numérique comme un levier pour lutter contre le chômage des jeunes. Avec la généralisation des technologies de l’information et de la communication (TIC), le marché du travail évolue rapidement. Selon la Banque mondiale, quelque 230 millions d’emplois en Afrique nécessiteront des compétences numériques d’ici à 2030.

Selon le « Country Focus Report 2025 » de la Banque africaine de développement (BAD), le taux d’activité au Liberia est estimé à 59 %, avec un taux de chômage officiel de 3,5 %. L’institution souligne toutefois que ces chiffres masquent des niveaux élevés de sous‑emploi et d’emploi informel, particulièrement chez les jeunes et les femmes. Dans ce contexte, les 15 à 35 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation, sont davantage exposés à l’exclusion sociale, à la consommation de substances et à des perspectives économiques limitées.

« Le manque d’accès à des formations professionnelles adaptées et à des opportunités d’emploi pour les jeunes limite la capacité du Liberia à tirer pleinement parti du potentiel de sa population jeune. Sans interventions ciblées, ces défis risquent de perpétuer les cycles de pauvreté et de fragilité sociale, freinant ainsi les objectifs de développement national », souligne la BAD.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On vendredi, 26 juin 2026 10:14 Written by

Les systèmes de santé en Afrique font face à des défis persistants dans la gestion des médicaments, marqués par des ruptures de stocks et une faible traçabilité. Le recours aux outils numériques est de plus en plus considéré comme essentiel pour renforcer l’efficacité des chaînes d’approvisionnement.

Le Burundi prépare l’extension de son système numérique de gestion de la chaîne d’approvisionnement en produits de santé aux formations sanitaires privées. Cette orientation a été au centre des échanges le jeudi 25 juin entre le ministre de la Santé publique, Fidele Ndayisaba, et le directeur pays de l’ONG néerlandaise i+Solutions, Alain Parfait Bimenyimana.

La rencontre a permis de faire le point sur l’état d’avancement du projet eLMIS Medexis, une plateforme numérique dédiée à la gestion des stocks et des approvisionnements en produits de santé. Déjà déployé dans l’ensemble des formations sanitaires publiques et confessionnelles du pays, le système contribue à améliorer le suivi logistique des médicaments et autres produits médicaux.

Lancé en décembre 2022, avec l’appui de l’ONG i+Solutions et de l’Ambassade du Royaume des Pays‑Bas, le projet vise à renforcer la chaîne d’approvisionnement en santé à travers la digitalisation, dans un contexte marqué par la nécessité d’améliorer la disponibilité des médicaments et la fiabilité des données logistiques.

Selon i+Solutions, le déploiement national d’eLMIS Medexis a franchi une étape importante en 2025, avec la couverture de l’ensemble des formations sanitaires publiques et confessionnelles. Plus de 2000 utilisateurs ont été formés dans 956 établissements de santé, accompagnés par la mise à disposition de 839 ordinateurs portables et 148 routeurs pour faciliter l’utilisation du système.

Au‑delà de l’extension envisagée au secteur privé, les discussions ont également porté sur les conditions de consolidation du dispositif. Il s’agit notamment du renforcement de l’accompagnement des utilisateurs, de l’amélioration des équipements numériques et du développement de la connectivité Internet dans les structures de santé. Le recours à des solutions satellitaires comme Starlink a été mentionné pour les zones les moins connectées.

La question de l’interopérabilité du système avec les autres plateformes numériques du secteur de la santé a également été abordée, dans la perspective de mieux intégrer les données et d’améliorer la coordination de la gestion sanitaire.

Samira Njoya

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Posted On vendredi, 26 juin 2026 10:00 Written by

Alors que les données s'imposent comme une ressource stratégique pour les économies numériques, la Guinée prépare un cadre national visant à mieux les gérer et les exploiter. Le projet ambitionne d’accompagner la modernisation de l'administration, renforcer la prise de décision publique et favoriser l'innovation numérique.

La Guinée poursuit la structuration de son économie numérique. Le gouvernement a lancé le vendredi 19 juin les travaux d’élaboration d’une Stratégie nationale de gouvernance des données, un document appelé à définir les règles de collecte, de partage, de sécurisation et de valorisation des données produites par les administrations, les entreprises et les citoyens.

Portée par la Direction nationale des technologies de l'information et de l'économie numérique (DNTIEN), cette stratégie vise à doter le pays d'un cadre de référence pour améliorer la qualité des données publiques, renforcer leur interopérabilité et favoriser leur exploitation dans les services numériques. Les autorités souhaitent également créer les conditions nécessaires au développement de nouveaux usages autour de l’intelligence artificielle, de l’innovation et de l’économie de la donnée, tout en garantissant la protection des informations sensibles et la souveraineté numérique nationale.

Cette initiative intervient alors que la Guinée multiplie les investissements dans les infrastructures numériques et place la transformation numérique parmi les priorités de son programme de développement Simandou 2040. Ce plan national de long terme prévoit notamment la modernisation des infrastructures technologiques et le développement d'une économie davantage fondée sur la connaissance, l'innovation et les services numériques.

Au-delà des infrastructures, plusieurs experts estiment que la capacité des États à exploiter efficacement leurs données devient un facteur déterminant pour améliorer les services publics, renforcer la planification économique et attirer les investissements. C'est dans cette logique que de nombreux pays africains accélèrent la mise en place de cadres de gouvernance des données. Le Rwanda, l'Afrique du Sud, la Sierra Leone, la Gambie, le Lesotho, le Burundi, la République démocratique du Congo ou encore le Mozambique travaillent déjà au renforcement ou à la mise en œuvre de politiques nationales dédiées.

Pour la Guinée, les enjeux dépassent la seule modernisation administrative. Une gouvernance efficace des données pourrait faciliter le partage sécurisé d'informations entre administrations, améliorer la prise de décision publique et soutenir l'émergence d'applications reposant sur l'intelligence artificielle dans des secteurs tels que la santé, l'éducation, l'agriculture ou encore les services financiers. Les autorités espèrent ainsi jeter les bases d'un écosystème numérique capable de soutenir les ambitions économiques du pays à l'horizon 2040.

Samira Njoya

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Posted On lundi, 22 juin 2026 10:53 Written by

Les autorités somaliennes misent sur la transformation numérique pour soutenir le développement socio‑économique du pays. Pour y parvenir, elles renforcent les infrastructures afin de soutenir la montée en puissance des services digitaux.

La Somalie intensifie sa transition vers la nouvelle génération d’adresses Internet (IPv6). L’initiative vise à renforcer la capacité des infrastructures numériques du pays et à anticiper la croissance future des usages en ligne.

Dans ce cadre, l’Autorité nationale des communications (NCA) et le Centre national IPv6 ont organisé, le mercredi 10 juin, un atelier réunissant les fournisseurs d’accès à Internet, des universités, des experts en télécommunications ainsi que plusieurs acteurs du secteur numérique.

Selon l’agence nationale de presse, cette rencontre a servi de plateforme de sensibilisation à l’adoption de l’IPv6. Elle a également permis de renforcer la collaboration entre les parties prenantes et de soutenir le programme national de transformation numérique, notamment à travers le déploiement de technologies Internet de nouvelle génération et l’amélioration des infrastructures existantes.

« Aujourd’hui, nous ne planifions pas seulement les besoins actuels d’Internet, mais aussi ceux des générations futures, en veillant à ce qu’elles aient accès à des technologies modernes et soient préparées à la croissance continue de l’économie numérique », a déclaré Mustafa Yasiin Sheikh, directeur général du régulateur télécoms.

Avant cet atelier, la Somalie avait déjà adopté en février 2025 une stratégie nationale dédiée à l’IPv6. C’est dans ce cadre que le Centre national IPv6 a été mis en place. Installé au sein de la Jamhuriya University, ce centre doit servir de pôle de recherche et de formation, destiné à préparer une nouvelle génération d’experts en déploiement et en gestion de l’IPv6.

Ces efforts s’inscrivent dans un contexte où la précédente génération du protocole IP (IPv4), encore largement utilisée en Afrique, a atteint ses limites d’attribution en 2011. Lancé en 1981, IPv4 offre une capacité maximale d’environ 4,3 milliards d’adresses IP uniques. À l’inverse, IPv6 peut générer jusqu’à 340 trillions de trillions d’adresses, ce qui en fait une solution durable face à la demande croissante, tant pour les utilisateurs classiques que pour les objets connectés.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On vendredi, 12 juin 2026 11:51 Written by

Le numérique occupe une place croissante dans les politiques publiques sénégalaises, traduisant les ambitions de modernisation et de souveraineté technologique du pays. Dans ce contexte, le ministère connaît un changement de nom et de direction avec la nomination d’un nouveau responsable à sa tête.

La composition du nouveau gouvernement sénégalais a été dévoilée le lundi 1er juin. Parmi les nominations de l’équipe dirigée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, celle de Samba Diouf (photo) au poste de ministre des Télécommunications et du Numérique attire particulièrement l’attention. Il succède à Alioune Sall à la tête d’un département qui change également de configuration institutionnelle, le numérique étant désormais dissocié du portefeuille de la Communication.

Cette réorganisation traduit l’importance croissante accordée au numérique dans les politiques publiques sénégalaises. Le nouveau ministre hérite ainsi d’un secteur placé au cœur des ambitions économiques et de souveraineté technologique des autorités.

Un spécialiste de la transformation numérique

Avant son entrée au gouvernement, Samba Diouf occupait les fonctions de ministre‑conseiller chargé du Numérique auprès du président de la République. Son parcours professionnel s’est principalement construit dans les domaines de la transformation numérique, des télécommunications et des services financiers.

Il a notamment exercé des responsabilités au sein de plusieurs groupes technologiques internationaux tels que Huawei, IBM, Oracle, Atos et Ericsson. Au cours de sa carrière, il a piloté des projets de transformation numérique touchant aussi bien les administrations publiques que les opérateurs télécoms et les institutions financières.

Son profil se distingue également par une double compétence technique et managériale. Titulaire d’un master en physique, d’un master en ingénierie des systèmes d’information et de communication, d’un Executive MBA en stratégie d’entreprise ainsi que d’un MBA en finance, il dispose d’une expertise couvrant à la fois les enjeux technologiques, de gouvernance et de développement des affaires.

Des chantiers stratégiques à poursuivre

L’arrivée de Samba Diouf intervient deux mois après le premier anniversaire du New Deal Technologique et le lancement de ses projets structurants. Lancé l’année précédente, ce programme repose sur 12 projets prioritaires et mobilise des investissements évalués à près de 1100 milliards de francs CFA (1,95 milliard $) entre 2025 et 2034. Il vise notamment à renforcer la connectivité, développer les services publics numériques, soutenir l’économie numérique et améliorer la souveraineté technologique du pays.

Les défis restent toutefois nombreux. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), si le Sénégal figure parmi les 15 pays africains les plus avancés en matière de services numériques en 2025, des disparités persistent dans l’accès à Internet, notamment entre zones urbaines et rurales. Les questions de cybersécurité, d’identité numérique, de développement de l’intelligence artificielle et d’accompagnement des start‑up technologiques figurent également parmi les priorités du secteur.

À la tête d’un ministère désormais entièrement consacré aux télécommunications et au numérique, Samba Diouf devra transformer les ambitions affichées par les autorités en réalisations concrètes, dans un contexte où le numérique est appelé à jouer un rôle croissant dans la compétitivité économique du Sénégal et la modernisation de l’action publique.

Samira Njoya

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Posted On mardi, 02 juin 2026 09:35 Written by

Grâce à des partenariats technologiques et à une approche axée sur le numérique, les autorités kényanes ambitionnent de transformer en profondeur l’expérience touristique et son impact économique. Le pays s’inscrit désormais dans une nouvelle dynamique pour son secteur touristique, dans une volonté de renforcer la compétitivité du pays sur la scène internationale et de diversifier ses leviers de croissance.

Le Kenya a officiellement lancé sa nouvelle stratégie touristique baptisée « Magical Kenya – The Origin of Wonder », une feuille de route ambitieuse qui vise à doubler le nombre de visiteurs internationaux, de 3 à 5 millions, et à accroître de moitié les revenus du tourisme, en s’appuyant sur la transformation numérique et des partenariats technologiques globaux.

Au cœur de cette stratégie, un partenariat structurant a été signé le vendredi 29 mai entre Google Kenya et la ministre du Tourisme et de la Faune, Rebecca Miano (photo, à gauche). Cet accord, formalisé par un protocole de collaboration, prévoit des investissements conjoints autour de trois axes majeurs : le renforcement des compétences numériques et l’autonomisation des jeunes, le déploiement d’infrastructures d’intelligence artificielle via Google Cloud, ainsi que l’amélioration de la visibilité internationale du Kenya grâce à Google Ads et à l’exploitation de données de marché.

Le programme, qui sera mis en œuvre entre mai et décembre 2026, s’appuiera sur des partenaires d’exécution tels que The Africa Growth Lab et Action Lab. Il sera structuré en plusieurs phases, allant de la construction des bases technologiques et organisationnelles à l’activation des infrastructures cloud du ministère, jusqu’au déploiement de campagnes marketing à l’échelle mondiale.

Cette initiative s’inscrit dans une ambition plus large : transformer l’industrie touristique kényane en un moteur de croissance économique plus compétitif et plus digitalisé.

Le Kenya, terre d’attractivité

Pour accompagner cette transformation, un groupe de travail de 22 membres a été mis en place. Sa mission est de repenser le positionnement de la marque « Magical Kenya », de renforcer l’attractivité internationale du pays et de proposer des stratégies innovantes pour dynamiser les arrivées touristiques et l’emploi des jeunes. Lors de la cérémonie de signature, la ministre Rebecca Miano a salué cette collaboration stratégique, soulignant le rôle central du numérique dans la diversification de l’offre touristique. Selon elle, l’intégration des technologies permettra de mieux valoriser les 47 comtés du pays à travers la cartographie des expériences touristiques et la création de parcours plus personnalisés pour les visiteurs.

Avec ce partenariat, le Kenya confirme son positionnement comme l’un des pays africains les plus avancés dans l’intégration des technologies numériques au service du développement économique. En misant sur l’intelligence artificielle, le cloud et le marketing digital, Nairobi entend renforcer sa compétitivité face aux grandes destinations touristiques mondiales.

Le pari est cohérent avec les dynamiques continentales : plusieurs destinations africaines — Tanzanie, Rwanda, Afrique du Sud — ont accéléré leurs investissements dans le marketing digital et les plateformes de réservation. Le Kenya, fort de sa notoriété internationale, entend désormais convertir cette image en flux monétaires mieux structurés, en s’appuyant sur la puissance de distribution et d’analyse de données que Google peut offrir.

Reste à en mesurer les effets concrets d’ici fin 2026, date à laquelle les premières campagnes mondiales devraient être pleinement opérationnelles.

Muriel EDJO

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Posted On mardi, 02 juin 2026 02:25 Written by

Face à l’ampleur croissante des exigences budgétaires et administratives des systèmes de protection sociale, les États sont contraints de repenser en profondeur leurs outils de gestion. À Maurice, cette dynamique engage un chantier stratégique où la transformation numérique devient autant un levier de performance qu’un enjeu de gouvernance publique.

À Maurice, la transformation numérique du système de sécurité sociale est officiellement engagée après treize années d’attente. Le gouvernement a officiellement lancé, le mercredi 27 mai, le programme de numérisation des dossiers des bénéficiaires des prestations sociales, dans le cadre du projet « Bulk Scanning of Beneficiary Files ». Une opération de grande ampleur qui vise à intégrer plus de 10,5 millions de documents au futur système E‑Social Security.

L’initiative intervient dans un contexte où la protection sociale représente l’un des principaux postes de dépenses publiques du pays. Selon les données officielles, les dépenses consacrées à ce secteur ont atteint 91,4 milliards de roupies (1,9 milliard de dollars) durant l’exercice budgétaire 2024‑2025, soit 37,4 % des dépenses totales de l’État et 12,8 % du produit intérieur brut (PIB). À juin 2025, le nombre de bénéficiaires de la Pension de Retraite de Base s’élevait à 279 559 personnes.

Jusqu’à présent, la gestion administrative de ces prestations reposait largement sur des archives papier. Dans certains bureaux de la Sécurité sociale, les dossiers s’accumulaient du sol au plafond, compliquant le travail quotidien des agents chargés du traitement des pensions, aides sociales et contributions des affiliés, explique le ministre de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale, Ashok Subron.

Une administration appelée à gagner en efficacité

Le projet prévoit la numérisation progressive de l’ensemble des dossiers liés aux pensions, aides sociales, prestations destinées aux personnes en situation de handicap ainsi qu’aux affiliés du National Pension Scheme (NPS) et du National Solidarity Fund (NSF). Les autorités estiment qu’environ 18 mois seront nécessaires pour finaliser l’intégration complète des données.

Chaque mois, près de 800 000 paiements sont effectués au profit d’au moins 350 000 bénéficiaires. Dans ce contexte, la dématérialisation des procédures apparaît comme un levier majeur d’amélioration de la qualité du service public.

L’accès instantané aux informations devrait permettre de réduire les délais de traitement des demandes, réduire les erreurs liées aux traitements manuels et améliorer les conditions de travail du personnel. Pour les autorités, la modernisation de la sécurité sociale doit contribuer à rendre l’action publique à la fois plus efficace et plus accessible.

Un outil au service de la soutenabilité du système

Au‑delà des gains opérationnels, le projet répond également à des préoccupations financières de long terme.

La réforme intervient alors que Maurice engage une restructuration progressive de son système de retraite. Le budget 2025‑2026 prévoit notamment un relèvement graduel de l’âge d’éligibilité à la Pension de Retraite de Base, de 60 à 65 ans, afin de tenir compte du vieillissement de la population et des contraintes budgétaires croissantes.

Plusieurs observateurs soulignent depuis plusieurs années les fragilités structurelles du financement des retraites et des aides sociales – la contribution sociale généralisée instaurée en pleine crise sanitaire – qui se heurte désormais à des défis de soutenabilité budgétaire, d’équité intergénérationnelle et de cohérence économique.

Dans ce contexte, la mise en place d’une base de données centralisée pourrait permettre un meilleur suivi des bénéficiaires, une identification plus rapide des doublons ou anomalies administratives et une plus grande visibilité sur les flux financiers. Des éléments devenus essentiels pour piloter un dispositif représentant plus d’un tiers des dépenses publiques nationales.

Une pièce supplémentaire dans la stratégie numérique de l’État

Le projet E‑Social Security s’inscrit également dans la feuille de route numérique du gouvernement mauricien, qui place la modernisation administrative, la transparence et la gouvernance publique au cœur de son programme.

La démarche rejoint une tendance observée dans plusieurs pays africains, où les gouvernements investissent dans la création de registres sociaux numériques afin d’améliorer le ciblage des aides publiques, de réduire les erreurs d’inclusion ou d’exclusion et de renforcer l’efficacité des politiques sociales.

Pour Maurice, l’enjeu dépasse donc la simple numérisation d’archives. Il s’agit de bâtir une infrastructure de données capable d’accompagner l’évolution future du système de protection sociale et de soutenir les décisions publiques dans un contexte de pression démographique et budgétaire croissante.

Les défis de la transition numérique

La réussite du projet dépendra toutefois de plusieurs facteurs.

La cybersécurité constitue l’un des principaux défis. La centralisation de données sensibles concernant plusieurs centaines de milliers de citoyens exige des dispositifs robustes de protection contre les cyberattaques et les fuites d’informations.

Les autorités devront également veiller au respect de la confidentialité des données personnelles, à l’accompagnement des agents publics dans l’adoption des nouveaux outils et à l’accessibilité des services numériques pour les populations les plus vulnérables, notamment les personnes âgées.

Si ces conditions sont réunies, la numérisation de la sécurité sociale pourrait devenir l’un des projets emblématiques de la modernisation administrative mauricienne et contribuer à renforcer l’efficacité d’un système qui constitue l’un des principaux piliers de la solidarité nationale.

Muriel EDJO

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Posted On mardi, 02 juin 2026 02:19 Written by

Le numérique s’impose désormais comme un levier stratégique pour la population africaine, en particulier pour la jeunesse. Toutefois, pour en tirer pleinement parti, l’enjeu central reste la formation et le développement des compétences adaptées aux besoins du marché.

Le gouvernement nigérian a signé un accord de partenariat avec l’edtech américaine Coursera afin de doter les jeunes de compétences numériques compétitives à l’échelle mondiale. Baptisée « Digital Training Academy (DTA) », cette initiative s’inscrit dans les efforts du pays pour accélérer la formation aux métiers du numérique.

Le partenariat a été signé par Maruf Tunji Alausa (photo, à droite), ministre de l’Éducation du Nigeria, la semaine dernière, en marge de l’édition 2026 du Forum mondial de l’éducation qui s’est tenu à Londres, au Royaume-Uni.

« Grâce à ce programme, les jeunes Nigérians recevront une formation de haut niveau dans des domaines très demandés tels que l’intelligence artificielle, la science des données, la cybersécurité, le cloud computing, l’ingénierie logicielle, ainsi que d’autres secteurs numériques clés. Ils obtiendront également des certifications reconnues internationalement et valorisées par les employeurs du monde entier », a déclaré M. Alausa dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux le jeudi 21 mai.

Le programme sera mis en œuvre en partenariat avec la National Open University of Nigeria (NOUN) et le Yaba College of Technology (YABATECH), combinant un accès national avec un accompagnement et un mentorat adaptés aux besoins du marché. Dans le cadre de cette initiative, le gouvernement a entièrement financé 36 000 licences Coursera et Pluralsight dès la première année.

La signature de ce partenariat est intervenue quelques jours après l’annonce d’une initiative devant permettre de former 50 000 jeunes aux compétences numériques. L’exécutif, en collaboration avec Ericsson, avait déjà lancé en février 2026 le programme Connect NextGen Innovation Hackathon, une formation numérique intensive de quatre mois destinée à 50 000 jeunes.

En février 2026, Young Advocates for a Sustainable and Inclusive Future, une organisation de la société civile axée sur le développement durable et l’inclusion, a annoncé son intention de former 15 000 jeunes Nigérians issus de milieux défavorisés via la plateforme IBM SkillsBuild.

Ces différentes initiatives dénotent de la volonté des autorités d’autonomiser les jeunes en misant sur le numérique. Cette approche intervient dans un contexte de transformation numérique qui redéfinit progressivement le marché du travail. La Banque mondiale estime par exemple qu’environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Au Nigeria, entre 35 % et 45 % des emplois devraient requérir ce type de compétences sur la période.

Pour rappel, 23 % des Nigérians âgés de 18 à 35 ans étaient sans emploi tout en étant à la recherche d’un travail, selon une enquête d’Afrobarometer publiée en juin 2025. L’étude indique que 32 % de cette tranche d’âge ne recherchait pas de travail.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On mercredi, 27 mai 2026 07:54 Written by

La commande publique constitue un moteur essentiel de la croissance économique nationale guinéenne. Cette bascule technologique a pour objectif d’harmoniser les pratiques du pays avec les standards de performance des grandes économies africaines.

La Guinée a officiellement lancé, le vendredi 22 mai à Conakry, la plateforme TELEMO, une plateforme numérique destinée à dématérialiser toutes les procédures de passation des marchés publics. Développée dans le cadre d’une coopération avec le Rwanda, cette plateforme vise à moderniser la gestion de la commande publique, renforcer la transparence et réduire les délais administratifs.

« La vision de TELEMO est de mettre en place un système national unique, fiable et sécurisé pour la gestion de la commande publique. Chaque action est tracée et chaque décision enregistrée, ce qui permet une transparence totale. Nous visons aussi l’efficacité et l’inclusion, car la plateforme est ouverte à toutes les entreprises, nationales comme internationales », a déclaré le chef de projet TELEMO, Mouslihou Diallo.

La plateforme permet désormais de gérer de manière entièrement numérique l’ensemble du cycle des marchés publics, de la planification des appels d’offres jusqu’à l’attribution des contrats. Le système centralise la publication des appels d’offres, la réception et l’évaluation des soumissions, le suivi des procédures ainsi que l’archivage sécurisé des données. Le projet entend également faciliter l’accès des PME aux marchés publics via une plateforme en ligne.

Cette opérationnalisation s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des finances publiques et de numérisation de l’administration guinéenne. Selon les chiffres officiels, les marchés publics représentent entre 11 % et 15 % du PIB national, ce qui en fait un levier majeur de l’économie nationale. À l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, la Banque mondiale estime que les marchés publics représentent environ 11,5 % du PIB des pays de la sous‑région, soit un total d’environ 80 milliards de dollars dépensés chaque année en biens, services et travaux.

Pour la Guinée, les enjeux dépassent la simple modernisation administrative. Les autorités misent sur la numérisation de la commande publique pour améliorer l’efficacité de la dépense publique, renforcer l’attractivité du climat des affaires et accroître la participation des entreprises locales aux contrats publics.

Samira Njoya

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Posted On mardi, 26 mai 2026 10:16 Written by

La transformation numérique s’accélère en Afrique, portée par la digitalisation des services et la connectivité mobile. Les pays investissent dans la montée en compétences des populations pour accompagner cette transition et en tirer pleinement profit.

Le gouvernement algérien a annoncé la semaine dernière le lancement d’un programme d’autonomisation numérique baptisé « 77.7 ». Cette initiative vise à former les citoyens algériens de toutes les tranches d’âge et à leur fournir les compétences numériques nécessaires pour répondre aux exigences de l’époque et accompagner la dynamique de transformation numérique du pays.

L’annonce a été faite le samedi 17 mai par Sid Ali Zerrouki, à l’occasion de la Journée mondiale des télécommunications et des technologies de l’information. Le programme est mis en œuvre en partenariat avec les opérateurs Algérie Télécom et Mobilis, avec la perspective d’intégrer d’autres acteurs dans les prochaines phases.

Des compétences numériques pour tous les âges

Le programme « 77.7 » est considéré comme le plus complet à l’échelle nationale. Il cible sept groupes d’âge distincts à travers sept parcours pédagogiques conçus de manière adaptée.

Ces parcours vont de « Explorateurs de la technologie » pour les enfants de 7 à 10 ans, aux modules « Couches de la technologie », « Innovateurs » et « Technologie professionnelle » destinés aux jeunes et étudiants, jusqu’aux programmes « Technologie pour la croissance », « Autonomisation numérique » et « Seniors de la technologie », destinés aux adultes et aux personnes âgées jusqu’à 77 ans.

Les contenus sont modulaires, progressifs et adaptés à chaque tranche d’âge, allant de la découverte des outils numériques jusqu’à leur maîtrise avancée. La cybersécurité constitue un pilier obligatoire dans l’ensemble des parcours, couvrant notamment la lutte contre le phishing, la fraude en ligne, la désinformation et la protection des données personnelles.

Sur le plan opérationnel, le programme repose sur un modèle hybride combinant formation en présentiel et à distance. Sept « Skills Centers » répartis dans les wilayas d’Alger, Oran, Annaba, Sétif, Chlef, Saïda et Adrar constituent le socle de la mise en œuvre, avec une capacité d’accueil d’environ 1000 apprenants par centre et par an. Pour sa première année, le ministère prévoit de former entre 25 000 et 30 000 citoyens.

Une dynamique nationale de montée en compétences

Cette initiative s’inscrit dans une intensification des efforts des autorités algériennes en matière de développement des compétences numériques. L’État affirme vouloir investir dans le capital humain comme « base essentielle » pour accompagner les mutations technologiques rapides du monde actuel.

Ces derniers mois, plusieurs programmes ont été lancés dans cette dynamique. En avril 2026, Alger a mis en place un programme national de formation à l’intelligence artificielle, d’une durée de 12 semaines. En mai 2025, l’exécutif a lancé le programme « Chabab Tech », destiné à former les jeunes aux technologies telles que le cloud computing, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’Internet des objets. Plus tôt la même année, le gouvernement avait déjà entamé le déploiement de « Skills Centers ».

Vers la stratégie « Algérie Numérique 2030 »

Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la stratégie « Algérie Numérique 2030 », qui fait du renforcement des compétences l’un de ses cinq piliers majeurs. Cette feuille de route ambitionne de former jusqu’à 500 000 spécialistes des TIC et de réduire significativement la fuite des talents qualifiés.

Dans un contexte marqué par un chômage encore élevé, notamment chez les jeunes, ces efforts sont présentés comme une réponse structurelle. Selon l’enquête « Activité, Emploi et Chômage » de l’Office national des statistiques (ONS) pour 2024, le taux de chômage global s’élève à 9,7 %. La Banque mondiale estime, de son côté, le chômage des jeunes à 29,4 % en 2024, contre 29,9 % l’année précédente.

Au‑delà des perspectives d’emploi, la formation numérique vise également à faciliter l’adoption des services digitaux, à renforcer l’inclusion numérique et à améliorer la protection des utilisateurs dans un environnement de plus en plus connecté.

Isaac K. Kassouwi

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Posted On lundi, 18 mai 2026 12:09 Written by
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