Le gouvernement mauritanien accélère la digitalisation des services publics. Le dernier acte en date est la dématérialisation du processus de demande du permis de conduire.
Les autorités mauritaniennes cherchent à digitaliser des services liés au ministère de la Fonction publique et du Travail. L’initiative vise à moderniser l’administration, simplifier les procédures et améliorer l’accès des citoyens aux services publics.
Ce projet a fait l’objet d’une réunion en début de semaine entre Mariem Boidiel Houmeid (photo, à gauche), ministre de la Fonction publique et du Travail, et son homologue chargé de la Transformation numérique, Ahmed Salem Ould Bede (photo, à droite). Dans son allocution, la ministre a expliqué que l’objectif de cette réunion est de présenter les besoins du secteur en matière de systèmes informatiques et de numérisation des services, afin d’identifier des solutions adaptées.
Parmi les projets proposés figurent la mise en place d’un portail de la fonction publique intégré au système « Khidmati », le lancement d’un service de gestion des décisions administratives intégré au système des ressources humaines, ainsi que la numérisation des activités de la direction générale du Travail et des délégations régionales.
M. Bede a réaffirmé l’engagement de son département à accompagner le ministère de la Fonction publique et du Travail dans la mise en œuvre de ces priorités, en fournissant les solutions techniques nécessaires et en garantissant l’interopérabilité des systèmes d’information. Il a également appelé à un travail d’équipe et à une coordination directe et rigoureuse afin d’accélérer la réalisation des projets proposés, qui auront un impact direct sur la qualité des services du secteur.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation numérique des autorités mauritaniennes, qui veulent mettre les TIC au service du développement de tous les secteurs de l’économie. Dans l’administration publique, elles misent sur la digitalisation des processus et des services pour plus de transparence, de productivité et d’amélioration dans l’accès des populations.
Le renforcement de la productivité et de l’efficacité du ministère de la Fonction publique et du Travail, qui œuvre pour améliorer les services aux citoyens et soutenir le marché de l’emploi, constitue une lueur d’espoir pour les jeunes. Selon les données d’une enquête d’Afrobarometer publiée en 2024, 47 % des Mauritaniens âgés de 18 à 35 ans sont au chômage tout en recherchant activement un emploi, un taux légèrement supérieur à la moyenne nationale de 44 %. Le rapport indique également que 26 % des jeunes sont sans emploi mais ne cherchent pas de travail.
Rappelons cependant que le processus de dématérialisation des services du ministère de la Fonction publique et du Travail est encore au stade de discussions et qu’aucun calendrier n’a été dévoilé. Il faudra donc attendre les prochains développements pour s’avancer davantage sur sa mise en œuvre, ainsi que les impacts potentiels.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’Angola poursuit le développement de son secteur spatial. Le pays dispose déjà d’un satellite de télécommunications, AngoSat-2, utilisé notamment pour accélérer la couverture du réseau sur l’ensemble du territoire.
Les autorités angolaises ont procédé, lundi 16 mars, au lancement officiel du projet de construction et de mise en orbite du premier satellite d’observation de la Terre du pays, ANGEO-1. D’un coût estimé à environ 225 millions d’euros (259 millions USD), l’appareil est développé en partenariat avec Airbus.
Les travaux ont été lancés dans les locaux d’Airbus Defence and Space à Toulouse, en France, par Mário Augusto da Silva Oliveira (photo, à gauche), ministre des Télécommunications, des Technologies de l’information et de la Communication sociale. Lors de la cérémonie, le ministre a souligné que ANGEO-1 permettra à Angola d’accéder de manière souveraine et directe à plus de 1000 images à haute résolution par jour, d’après un communiqué du Bureau de gestion du Programme spatial national (GGPEN) qui faisait partie de la délégation angolaise.
« Cette capacité sera essentielle pour soutenir le développement économique, la gestion durable des ressources naturelles et la sécurité du territoire, renforçant la capacité du pays à élaborer des politiques publiques et à prendre des décisions stratégiques fondées sur des données concrètes », peut-on lire dans le communiqué.
Le projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme spatial national. Les autorités ambitionnent « de transformer la République d’Angola d’un simple utilisateur de services, de produits et de technologies spatiales en un opérateur et producteur de ces mêmes technologies, assurant ainsi son indépendance technologique spatiale ». Outre les télécommunications, un programme d’observation de la Terre est également prévu, visant la surveillance environnementale, l’agriculture de précision, la gestion des ressources naturelles et la prévention des catastrophes.
Dans ce contexte, le président de la République, João Lourenço, a annoncé en octobre 2025 la création de l’Agence spatiale angolaise. Le « Livre blanc des TIC 2023–2027 » prévoit également la création d’un centre d’études spatiales, la formation d’experts nationaux, ainsi que le développement d’infrastructures de communication, de navigation et de météorologie.
Isaac K. Kassouwi
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Face aux défis du développement, plusieurs pays africains se tournent vers les technologies numériques. L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme l’un des piliers de cette transformation.
Le gouvernement zimbabwéen a procédé, vendredi 13 mars, au lancement de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle pour la période 2026-2030. Cette feuille de route définit comment le Zimbabwe entend mettre l’IA au service de son développement socio-économique au cours des cinq prochaines années.
« Nous nous engageons à garantir que l’utilisation de l’intelligence artificielle soit centrée sur l’humain, transparente et exempte de biais. La protection de nos intérêts nationaux ainsi que la dignité de tous les Zimbabwéens demeurent au cœur des cadres juridiques que nous mettons en place », a déclaré le président Emmerson Mnangagwa (photo, au centre) dans son discours.
La stratégie repose sur quatre piliers : le développement des talents et des capacités, la souveraineté en matière d’infrastructures, l’adoption de l’IA et la gouvernance éthique. Elle définit plusieurs priorités, notamment l’intégration dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, les mines, la santé et l’éducation, afin d’améliorer la productivité, l’efficacité et la qualité des services.
La feuille de route prévoit également des incitations pour les entreprises et innovateurs qui adoptent les technologies d’IA, dans le but de favoriser une économie numérique dynamique et d’encourager le développement technologique local. Elle met aussi l’accent sur la conception de systèmes d’IA éthiques et centrés sur l’humain, respectueux des droits fondamentaux tout en soutenant une croissance inclusive.
Cette stratégie s’inscrit dans le cadre plus large des ambitions de transformation numérique des autorités zimbabwéennes. À travers le « Plan directeur Smart Zimbabwe 2030 », le gouvernement souhaite intégrer pleinement les TIC dans l’ensemble de la société et dans tous les secteurs de l’économie afin de favoriser un développement socio-économique rapide et durable.
Le plan cite notamment une étude de l’Union internationale des télécommunications (UIT) indiquant qu’une augmentation de 10 % du score de numérisation d’un pays entraîne une hausse de 0,75 % de son PIB par habitant. Pour l’heure, le Zimbabwe occupe la 149ᵉ place sur 193 pays dans l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, avec un score de 0,4481 sur 1, inférieur à la moyenne mondiale de 0,6382.
Quelques défis à prendre en compte
Comme toute technologie, l’intelligence artificielle comporte néanmoins des risques. Le président Mnangagwa a par exemple appelé au renforcement des lois et des cadres réglementaires afin de protéger les enfants et les citoyens dans l’espace numérique, à mesure que les technologies d’IA continuent de se développer.
L’UNESCO, qui a contribué à l’élaboration de la stratégie, a également évalué l’état de préparation du pays à l’IA. Dans un rapport publié en juillet 2025, l’organisation souligne que la stratégie doit être accompagnée d’un plan visant à gérer les principaux défis et risques liés à cette technologie. Ceux-ci incluent notamment la domination étrangère, la perte d’autonomie humaine, ainsi que les limites en matière de financement, d’infrastructures techniques et de capacités de recherche. Ces difficultés sont aggravées par l’émigration de talents hautement qualifiés.
Le Département des affaires économiques et sociales (DAES) des Nations unies reconnaît également le potentiel de l’IA pour soutenir le développement socio-économique, notamment dans son rapport « E-Government Survey 2024 ». Il met toutefois en garde contre certains risques, comme les biais dans les données, susceptibles d’entraîner une mauvaise représentation de certains groupes, ainsi que diverses préoccupations éthiques, sécuritaires et sociales.
Le DAES estime par ailleurs que la fracture numérique persistante constitue un défi majeur pour la mise en œuvre des technologies d’IA dans le secteur public, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Au Zimbabwe, 58,4 % de la population n’utilisait pas Internet en 2024, selon les données de l’UIT. Cette situation peut s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment la disponibilité du réseau télécoms, l’accessibilité d’appareils compatibles (ordinateurs, smartphones, tablettes) et le niveau de compétences numériques.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le gouvernement mauritanien accélère la digitalisation des services publics pour soutenir sa transformation numérique. Dans le secteur des transports, l’obtention des cartes grises et le système numérique du trafic routier sont déjà accessibles sur la plateforme nationale dédiée.
Les autorités mauritaniennes travaillent sur la dématérialisation des procédures d’obtention des permis de conduire. L’initiative s’inscrit dans une vision plus large de digitalisation des services publics afin d’en faciliter l’accès pour les populations.
Le projet était au cœur d’une réunion de travail sur la digitalisation des services des transports tenue le mardi 10 mars. La réunion a rassemblé le ministre de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, Ahmed Salem Bede, et son homologue chargé de l’Équipement et des Transports, Ely Ould Veirek.
Au cours de la rencontre, les deux ministres ont suivi une démonstration technique détaillée d’un nouveau dispositif numérique en cours de déploiement pour transformer le parcours d’obtention du permis de conduire. Toutes les étapes seront dématérialisées : inscription à distance, passage de l’examen et délivrance numérique et sécurisée du permis. Le système devrait réduire l’intervention humaine et renforcer la fiabilité du document délivré.
« Ce projet traduit les orientations des hautes autorités en matière de modernisation de l’administration publique et de simplification des démarches publiques. Il place les usagers au cœur d'une administration qui avance, pour des services publics à la hauteur des attentes des citoyens », a déclaré le ministère de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.
Cette initiative intervient environ deux semaines après que les autorités ont lancé une plateforme répertoriant 800 démarches administratives pour faciliter l’accès des populations aux informations. Ces démarches seront progressivement ajoutées à la plateforme nationale de services numériques, « Khdamati ». Cette dernière compte déjà des services comme l’inscription des étudiants à l’Université de Nouakchott, le Système numérique du trafic routier (SNTR), la création d’entreprise, la demande d’agrément au Code des investissements, la délivrance du casier judiciaire, des cartes grises, des certificats de perte pour documents officiels…
Il convient toutefois de rappeler que le calendrier précis de mise en service du dispositif n’est pas encore connu. Par ailleurs, la question de son adoption par les usagers se pose. Selon les dernières données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), la couverture 2G atteignait 97 % de la population mauritanienne en 2023. En 2022, les réseaux 3G et 4G couvraient respectivement 43,9 % et 34,7 % de la population. Par ailleurs, selon DataReportal, la Mauritanie comptait environ 2 millions d’utilisateurs d’Internet à fin décembre 2025, soit un taux de pénétration de 37,4 %.
Au-delà de la couverture et de la qualité des réseaux, l’adoption des services numériques dépend également de l’accès aux terminaux compatibles. D’après la Banque mondiale, 56,61 % des Mauritaniens âgés de plus de 15 ans possédaient un smartphone à fin 2024. D’autres facteurs peuvent aussi influencer l’usage effectif des services dématérialisés, notamment le niveau de compétences numériques des populations ou encore l’accessibilité financière des offres Internet.
Isaac K. Kassouwi
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Pour renforcer la transparence et l’efficacité du contrôle routier, le gouvernement kényan mise sur la technologie plutôt que sur l’intervention humaine. Cette stratégie, amorcée dès 2020, entend freiner la hausse des accidents constatée entre 2024 et 2025.
Le Kenya vient de franchir un nouveau cap dans la numérisation du contrôle routier. L’Autorité nationale des transports et de la sécurité (NTSA) a annoncé le lundi 9 mars la mise en service d’un système automatisé de gestion du trafic routier avec amendes instantanées. Grâce à des caméras intelligentes, il détecte les infractions routières et les contrevenants sont notifiés par SMS. Fini l’intervention humaine directe. L’autorité présente cette réforme comme un moyen de renforcer l’efficacité et la transparence dans le contrôle routier et la sécurité routière.
Le mardi 10 mars, dans un souci d’information, la NTSA a publié une liste de 35 infractions routières assorties d’amendes immédiates correspondantes. Le barème va d’un simple avertissement pour un léger excès de vitesse à des sanctions de 10 000 shillings kényans (77,37 USD) pour des manquements jugés plus graves, comme l’excès de vitesse, le stationnement causant une obstruction, la non-installation des limiteurs de vitesse réglementaires sur les véhicules de transport en commun et les véhicules commerciaux ou encore la conduite d’un véhicule sans certificat de contrôle technique valide. D’autres infractions sont également visées : le non-respect des feux de signalisation, la conduite sur trottoir ou passage piéton ou encore le défaut de port de la ceinture de sécurité. Les contrevenants disposent de sept jours pour régler l’amende, faute de quoi des intérêts s’appliquent et l’accès aux services de la NTSA peut être bloqué.
Une série d’investissements techniques
Cette automatisation du contrôle routier est rendue possible grâce à une série d’innovations introduites depuis 2020 par le gouvernement. Le cadre légal du pays prévoit désormais un permis de conduire sous forme de carte intelligente dotée d’une puce électronique. La puce renferme non seulement les données d’identité du conducteur, mais aussi ses empreintes digitales, sa photographie, sa signature et des informations biométriques. En 2022, les plaques d’immatriculation de seconde génération, souvent présentées au Kenya comme des plaques « numériques » ou sécurisées, sont intervenues. Les autorités expliquent qu’elles intègrent des éléments de sécurité avancés, y compris des fonctions de traçabilité numérique des propriétaires des véhicules. En 2024, le gouvernement a officiellement fait des caméras de vitesse et de la vidéosurveillance un pilier supplémentaire de sa nouvelle stratégie de sécurité routière. Déployées en phase pilote en 2024, ces caméras seront renforcées en 2026 par de nouvelles prévues dans les six grandes villes du pays, sur demande du président de la République William Ruto.
En pratique, ce couplage entre permis biométrique, plaques sécurisées et caméras permet aux autorités d’identifier plus rapidement le véhicule en infraction, de rattacher l’infraction à un conducteur ou à un propriétaire et d’alimenter ainsi un historique de conduite exploitable par l’administration.
Des réserves persistent
Mais le système automatisé de gestion du trafic routier avec amendes instantanées soulève déjà des contestations. L’Association des automobilistes du Kenya (Motorists Association of Kenya, MAK) a publiquement demandé des clarifications urgentes à la NTSA. Le groupe estime que le nouveau dispositif laisse en suspens plusieurs questions de fond : quelle procédure pour un automobiliste qui souhaite contester l’amende ? Quels garde-fous pour éviter qu’un système automatisé ne devienne à la fois enquêteur, juge et exécutant ? Qui certifie et vérifie régulièrement la qualité des caméras et autres équipements de détection ? Et dans quel compte public seront versées les amendes perçues ? La MAK demande aussi à savoir quelle concertation publique a précédé l’entrée en vigueur du système.
L’association rappelle en outre que la crédibilité d’un contrôle entièrement numérisé dépend aussi de la disponibilité des documents d’identification des véhicules. Or, depuis février 2026, elle dénonce un retard de production de plus de 70 000 plaques d’immatriculation, s’interrogeant sur l’usage des fonds déjà collectés auprès des automobilistes pour leur production. Pour la MAK, il ne suffit pas de numériser le contrôle routier et la sanction ; encore faut-il que toute la chaîne administrative — plaques, licences, traçabilité et recours — fonctionne sans retard ni opacité.
En installant la route sous l’œil des caméras intelligentes et en faisant du SMS le nouveau procès-verbal, le Kenya affiche une ambition nette : réduire les infractions, limiter les contacts propices à la corruption et moderniser la sécurité routière afin de réduire le nombre d’accidents de la route, qui s’élevait à 5009 en 2025 contre 4748 en 2024 selon les données du Conseil national sur l’administration de la justice (NCAJ).
Muriel EDJO
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Comme de nombreux pays africains, la Somalie intensifie ses efforts pour protéger le cyberespace national. Le pays a récemment adopté une loi dans ce domaine.
Le gouvernement somalien a procédé, le samedi 7 mars, au lancement de la Somalia Computer Incident Response Team (SOMCIRT). Ce centre est dédié à la coordination de la prévention, de la détection et de la réponse aux incidents de cybersécurité.
𝐒𝐨𝐦𝐚𝐥𝐢𝐚 𝐋𝐚𝐮𝐧𝐜𝐡𝐞𝐬 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 𝐂𝐲𝐛𝐞𝐫 𝐈𝐧𝐜𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐑𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐞 𝐂𝐞𝐧𝐭𝐞𝐫 –𝐒𝐎𝐌𝐂𝐈𝐑𝐓
— NCA Somalia (@SomaliaNCA) March 7, 2026
Mogadishu, Somalia – 7 March 2026 — The Prime Minister of the Federal Government of Somalia, H.E. Hamza Abdi Barre, today inaugurated the Somalia Computer… pic.twitter.com/LDAsGfznLW
Selon l’Autorité nationale des communications (NCA), le centre soutiendra la déclaration des incidents, émettra des alertes et des avertissements, coordonnera les réponses aux menaces cybernétiques et promouvra la sensibilisation à la cybersécurité ainsi que la coopération entre les institutions gouvernementales, le secteur privé et les partenaires internationaux afin de renforcer la protection des infrastructures numériques critiques de la Somalie.
« Alors que les services numériques continuent de se développer à travers la Somalie, le renforcement des systèmes de cybersécurité est essentiel pour protéger les institutions gouvernementales, les infrastructures de télécommunications et d’autres secteurs critiques. SOMCIRT jouera un rôle clé pour garantir que notre écosystème numérique reste sûr et résilient », a déclaré Mohamed Hassan Mohamed, ministre des Communications et de la Technologie.
La création de la SOMCIRT est prévue par la Loi sur la cybersécurité, validée par le parlement en janvier 2026. Elle vient s’ajouter à différentes initiatives prises au cours des derniers mois pour renforcer la capacité de la Somalie à faire face aux menaces cybernétiques et à protéger les infrastructures numériques critiques.
En ce qui concerne le cadre réglementaire, au-delà de la loi sur la cybersécurité, le gouvernement somalien a également engagé plusieurs réformes ces dernières années. En août 2025, il a approuvé le projet de loi sur la cybercriminalité. Par ailleurs, la loi sur la protection des données, entrée en vigueur en mars 2023, a conduit à la création de l’Agence de protection des données (ADP), chargée d’en assurer l’application.
Le pays intensifie également sa coopération internationale. Il a signé le 10 février 2026 un protocole d’accord avec la Turquie couvrant plusieurs domaines du numérique, dont la cybersécurité. La Somalie s’était déjà rapprochée de la Malaisie et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Ces efforts interviennent dans un contexte de transformation numérique où la cybersécurité est considérée comme une condition sine qua non pour les États qui veulent profiter pleinement des opportunités qu’offrent les TIC. La Somalie a été classée au quatrième pallier (Tier 4) sur 5 dans le « Global Cybersecurity Index 2024 » de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Le pays a enregistré un score global de 37,39 sur 100 et doit intensifier ses efforts, notamment en matière de mesures techniques, légales et de développement des capacités.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Face à la transformation numérique, désormais au cœur des priorités des pays africains pour soutenir leur développement, ceux-ci misent sur la coopération régionale et internationale afin d’accélérer la réalisation de leurs ambitions.
Le Malawi souhaite tirer parti de l’expertise du Ghana pour accélérer sa transformation numérique. Cet intérêt a été exprimé en marge du Mobile World Congress 2026, organisé à Barcelone du lundi 2 au vendredi 5 mars, qui a réuni des délégations gouvernementales ainsi que des acteurs du numérique du monde entier.
Le ministre de l’Information et de la Numérisation du Malawi, Shadric Namalomba (photo, à droite), a invité son homologue ghanéen, Samuel Nartey George (photo, à gauche), à conclure un accord bilatéral visant à reproduire au Malawi les réussites du Ghana en matière d’innovation numérique.
Dans une interview exclusive accordée à Techfocus24 après cette rencontre et relayée par son ministère, Sam George a précisé que le Malawi souhaite un appui dans plusieurs domaines, notamment la fintech, les systèmes d’identification numérique, la connectivité du dernier kilomètre, l’énergie pour la connectivité rurale, l’e-gouvernement, les environnements de travail intelligents, l’agritech, l’edutech, la healthtech et les systèmes intégrant l’intelligence artificielle.
Le ministre a indiqué qu’il conduirait prochainement une délégation de 15 à 20 entreprises technologiques ghanéennes au Malawi afin d’aider au déploiement de solutions d’identification nationale, de services fintech et de portails d’e-gouvernement, entre autres. « Pour commencer, je leur partagerai une copie de nos législations révisées afin qu’ils puissent s’en inspirer et les adapter à leurs besoins. Je leur transmettrai également notre stratégie en matière d’IA pour qu’ils puissent s’appuyer dessus », a-t-il expliqué.
Ce rapprochement intervient alors que le Malawi ambitionne, comme de nombreux pays africains, de faire du numérique un levier de développement socio-économique inclusif. Par exemple, le projet Digital Malawi, soutenu par la World Bank, vise à poser les bases d’une économie, d’une société et d’une administration publiques appuyées sur le numérique, afin d’élargir l’accès aux services et d’améliorer la qualité de vie de l’ensemble des citoyens.
« Au-delà des investissements dans les infrastructures à haut débit et dans d’autres catalyseurs numériques, il est tout aussi essentiel d’investir dans des facteurs complémentaires non numériques, tels que le leadership dans le domaine du numérique, un cadre réglementaire favorable, des institutions garantes de la redevabilité ainsi que le développement des compétences numériques appropriées », peut-on lire sur le site du gouvernement.
Pour l’instant, le Malawi se classe 163e à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations Unies (EGDI), avec un score de 0,3753 en 2024, en dessous des moyennes en Afrique australe, en Afrique et dans le monde. Le pays a également obtenu un score de 35 sur 100 à l’Indice de développement des TIC 2025 de l’International Telecommunication Union (UIT), avec notamment un taux de pénétration d’Internet estimé à 18 %.
En matière de cybersécurité, le Malawi se classe au troisième palier (Tier 3) sur cinq selon l’indice dédié de l’UIT en 2024. Il obtient des résultats jugés relativement bons pour le cadre réglementaire et les mesures organisationnelles, mais doit encore progresser sur les mesures techniques, le développement des capacités et la coopération.
Le Ghana, de son côté, est classé au premier palier, celui des pays considérés comme des modèles en matière de cybersécurité. Dans l’EGDI, il occupe la 108e place mondiale avec un score de 0,6317 sur 1, supérieur aux moyennes de l’Afrique de l’Ouest et du continent, mais légèrement inférieur à la moyenne mondiale. Avant le Malawi, la Zambie avait récemment manifesté son intérêt pour l’expertise ghanéenne en matière de transformation numérique.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les pays africains misent sur la coopération régionale et internationale pour accélérer la réalisation de leurs ambitions de transformation numérique, considérée comme un levier de développement socio-économique.
L’Afrique du Sud explore une coopération avec les Pays-Bas dans plusieurs domaines du numérique afin de stimuler l’innovation et de renforcer la protection des espaces en ligne. Les deux parties ont signé, à cet effet, un protocole d’accord le mardi 3 mars.
Cette initiative a été actée lors d’une réunion bilatérale entre Mondli Gungubele (photo, à gauche), vice-ministre sud-africain des Communications et des Technologies numériques, et une délégation de l’ambassade des Pays-Bas en Afrique du Sud. Les échanges ont porté sur le développement des compétences numériques, les technologies émergentes, l’intelligence artificielle (IA), la cybersécurité et la protection des enfants en ligne.
Ce rapprochement s’inscrit dans le cadre des efforts des pays africains pour accélérer leur transformation numérique, en intégrant les technologies numériques dans tous les secteurs de l’économie afin de soutenir le développement socio-économique.
L’Afrique du Sud reste toutefois l’un des leaders africains en matière de transformation numérique, notamment dans l’administration publique. Le pays a enregistré un score de 0,8616 sur 1 à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, se classant premier sur 54 pays africains et 40ᵉ sur 193 dans le monde, au-dessus de la moyenne mondiale de 0,6382.
En cybersécurité, l’Union internationale des télécommunications (UIT) classe le pays dans la deuxième catégorie de performance sur cinq. Ses mesures techniques, légales et de coopération sont jugées relativement satisfaisantes, avec le score maximal de 20 sur deux piliers, mais l’organisation souligne la nécessité de renforcer le développement des capacités et les mesures organisationnelles.
Les Pays-Bas, de leur côté, figurent au 10ᵉ rang mondial de l’EGDI 2024 avec un score de 0,9538 sur 1. En matière de cybersécurité, le pays est classé dans la première catégorie, considérée comme modèle à suivre, ayant obtenu le score maximal dans quatre des cinq piliers de l’indice UIT : légaux, techniques, organisationnels et de coopération. Pour le développement des capacités, il a obtenu 19,22 sur 20.
Si ces données illustrent l’expertise potentielle des Pays-Bas pour soutenir les ambitions sud-africaines, il convient de rappeler que les deux parties n’ont signé, pour l’instant, qu’un protocole d’accord. Celui-ci formalise la volonté de coopérer, mais ne garantit pas encore la concrétisation de projets dotés de financements et d’un calendrier clair. Il faudra donc observer les prochaines étapes pour en évaluer la portée réelle.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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En RDC, de nouvelles directives présidentielles placent le numérique au cœur du débat national. Le pouvoir central affiche une volonté de redéfinir les règles d’usage des plateformes en ligne.
Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a instruit le gouvernement de renforcer l’encadrement des réseaux sociaux afin d’en prévenir les dérives. La directive a été donnée lors de la 80ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres tenue le vendredi 27 février à Kinshasa.
Le chef de l’État a chargé le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, ainsi que le ministre de l’Économie numérique, de proposer et de mettre en œuvre, en concertation avec les services concernés, des mesures destinées à promouvoir un usage responsable, éthique et rationnel des réseaux sociaux. Celles-ci pourraient inclure, le cas échéant, « des mesures restrictives proportionnées et conformes à la loi, tout en respectant les libertés fondamentales », selon le compte rendu lu par Augustin Kibassa Maliba, ministre de l’Économie numérique.
Cette mesure intervient dans un contexte d’adoption croissante des réseaux sociaux, parallèlement à l’expansion des services de télécommunications, notamment d’Internet. Selon la plateforme de données DataReportal, le nombre d’utilisateurs d’Internet est passé de 21,14 millions en 2021 à 34,7 millions début 2026, soit une progression de 64,1 %, pour un taux de pénétration estimé à 30,5 %. Sur la même période, le nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux est passé de 4 millions à 10,4 millions.
Les autorités congolaises estiment que « loin de servir exclusivement des finalités positives, les réseaux sociaux constituent de plus en plus des vecteurs de désinformation, de troubles à l’ordre public, de discours de haine, de manipulation de l’opinion et d’incitation à la division entre Congolais, portant ainsi atteinte à la cohésion nationale, à l’ordre public et à la stabilité sociale ».
Par ailleurs, cette décision intervient dans un contexte particulier marqué par des défis sécuritaires persistants dans plusieurs provinces du pays. La question sécuritaire figure parmi les sujets les plus débattus sur les réseaux sociaux.
Vulgariser et appliquer le Code du numérique
Au cœur de la communication présidentielle figure la nécessité de vulgariser et de faire appliquer le Code du numérique, adopté pour encadrer l’usage des plateformes digitales en RDC. Selon le chef de l’État, cet instrument juridique prévoit déjà des mécanismes de prévention, de régulation et de répression des abus en ligne, mais demeure insuffisamment connu et appliqué, tant par le public que par certains acteurs institutionnels.
La vulgarisation du Code du numérique ne concernera pas uniquement les citoyens. Le ministre de la Communication et Médias a été chargé, en collaboration avec les opérateurs publics et privés, d’assurer une sensibilisation continue du grand public à travers des campagnes pédagogiques. Les magistrats devront également être ciblés, sous la coordination du Conseil supérieur de la magistrature, afin de garantir une application cohérente et dissuasive des dispositions prévues.
Au-delà des mesures réglementaires, l’exécutif mise aussi sur l’éducation. Les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ont été engagés à intégrer progressivement des modules de formation et de sensibilisation au numérique responsable dans les programmes d’enseignement. Les enjeux liés aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle devront ainsi être pris en compte dans la formation des jeunes.
Un rapport détaillé sur l’exécution de l’ensemble de ces instructions, indiquant les actions entreprises, les résultats obtenus ainsi que les éventuelles difficultés rencontrées, devra être transmis par les ministres concernés tous les quinze jours, afin d’en permettre le suivi et l’évaluation. Il convient toutefois de rappeler que les dispositions précises de mise en œuvre restent, à ce jour, inconnues.
Isaac K. Kassouwi
Éditée par Sèna D. B. de Sodji
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Dans un contexte de développement rapide du paysage numérique, les autorités sénégalaises multiplient les initiatives pour s’adapter aux nouveaux défis du cyberespace. Une récente rencontre illustre cette volonté de mieux encadrer les usages en ligne et de renforcer la protection des citoyens.
Le directeur général adjoint de la Police nationale sénégalaise, le contrôleur général Abdoul Wahabou Sall, a reçu la semaine dernière une délégation de Meta Platforms, la maison-mère des plateformes de réseaux sociaux Facebook, WhatsApp et Instagram. L’objectif de la rencontre est d’explorer de nouveaux axes de coopération en matière de sécurité en ligne.
Les discussions ont notamment porté sur la protection des jeunes et des mineurs sur les réseaux sociaux, ainsi que le renforcement des mécanismes de collaboration opérationnelle entre les forces de l’ordre et l’entreprise américaine. « À cet égard, les représentants de Meta ont réaffirmé leur disponibilité à accompagner la Police nationale à travers des actions de renforcement de capacités », a indiqué la Police sénégalaise.
Ce partenariat devrait se concrétiser par des actions de renforcement de capacités destinées aux unités spécialisées, notamment la division spéciale de lutte contre la cybercriminalité. Des sessions de formation technique sur les outils et le portail dédié aux forces de l’ordre de Meta sont prévues afin d’améliorer la gestion des demandes judiciaires et le traitement des contenus signalés.
Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large observée en Afrique, où les États multiplient les partenariats avec les acteurs du numérique pour faire face à l’expansion rapide des usages en ligne. Dans un contexte de recrudescence des cyberarnaques, du harcèlement en ligne et de la diffusion de contenus illicites, les autorités sénégalaises s’efforcent d’adapter leurs méthodes d’enquête à un environnement numérique désormais au cœur des infractions.
Ces derniers mois, les institutions publiques ont elles aussi été ciblées par des attaques. En octobre, la plateforme des impôts a été piratée, suivie début février d’une cyberattaque visant le département de l’automatisation des fichiers (DAF), une agence qui s’occupe de la délivrance des cartes d’identité, des passeports et des données biométriques. L’attaque a provoqué la suspension temporaire de la production des cartes nationales d’identité.
La coopération avec les plateformes numériques constitue, entre autres, un levier essentiel pour identifier les auteurs d’actes criminels et accélérer le traitement des signalements. Au-delà d’un simple échange institutionnel, elle traduit l’évolution du rôle des forces de sécurité, désormais appelées à intervenir autant dans le cyberespace que sur le terrain.
Le Sénégal a-t-il les moyens d’y faire face ?
Dans son rapport « Global Cybersecurity Index 2024 », l’Union internationale des télécommunications (UIT) a attribué au Sénégal un score de 67,17 sur 100 à l’indice mondial de cybersécurité. Ce score positionne le pays dans la catégorie Tier 3, qui regroupe les pays « ayant obtenu au moins 55/100 et affichant un engagement initial en matière de cybersécurité. Cette catégorie correspond aux États ayant engagé des actions — évaluation, adoption ou mise en œuvre de mesures reconnues — dans un nombre modéré de domaines ou d’indicateurs ».
Depuis cette évaluation de l’UIT, les autorités sénégalaises ont annoncé le New deal technologique, un programme de 1,7 milliard de dollars pour faire du pays un hub technologique à l’horizon 2034. Lors de son lancement en février 2025, le président Bassirou Diomaye Faye a indiqué dans son discours : « nous nous engageons à construire un espace numérique souverain en renforçant notre cyber-résilience, en sécurisant les infrastructures, en protégeant nos données critiques et en réduisant progressivement notre dépendance vis-à-vis des solutions étrangères ».
Adoni Conrad Quenum
Édité par M.F. Vahid Codjia
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De nombreux pays africains misent sur la transformation numérique pour soutenir leur développement socio-économique. Cela passe par l’intégration de technologies comme l’intelligence artificielle dans l’ensemble des secteurs.
Les autorités ghanéennes ont finalisé la stratégie nationale d’intelligence artificielle (IA), récemment validée par le gouvernement. La feuille de route devrait être officiellement lancée dans les prochaines semaines par le président John Dramani Mahama.
L’information a été révélée par Samuel Nartey George, ministre de la Communication, de la Technologie numérique et de l’Innovation, dans son intervention lors de la conférence nationale sur la protection des données 2026, tenue le jeudi 26 février.
La stratégie nationale d’IA du Ghana repose sur quatre priorités clés. Elle vise à exploiter et protéger les données nationales, y compris les données génomiques africaines, comme un atout stratégique. Elle prévoit de développer une infrastructure numérique robuste et une puissance de calcul adaptée pour soutenir l’innovation et le traitement massif de données. La formation et le renforcement des compétences, notamment via le programme « One Million Coders », visent à constituer une main-d’œuvre qualifiée en IA et cybersécurité. Enfin, la stratégie garantit une gouvernance transparente et éthique, avec des cas d’utilisation concrets, pour générer une valeur réelle pour tous les citoyens.
Cette feuille de route reflète la volonté des autorités ghanéennes de faire des technologies numériques un levier central du développement national. Elles mettent en avant le potentiel transformateur de l’IA dans de nombreux secteurs. Lors du lancement du Forum de consultation des parties prenantes sur la Stratégie nationale d’IA en mai 2025, M. George avait présenté des exemples concrets comme la prévision de la santé des cultures en agriculture, des diagnostics plus rapides en santé, un apprentissage personnalisé en éducation, une sécurité renforcée dans les transports et une surveillance accrue pour la défense et la sécurité frontalière.
Cette vision du gouvernement ghanéen bénéficie du soutien des Nations unies. Dans son « E-Government Survey 2024 », le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DAES) souligne que l’intelligence artificielle a le potentiel d’optimiser les opérations du secteur public. Grâce à l’automatisation des tâches administratives, l’IA peut non seulement accroître l’efficacité, mais aussi éliminer les retards et les redondances. Elle peut également détecter des défauts, classer des données et formuler des recommandations précises.
Malgré les opportunités offertes par l’IA, le DAES souligne plusieurs risques potentiels. Il s’agit notamment du biais des données, qui peut entraîner une mauvaise représentation de certains groupes, ainsi que des préoccupations éthiques, sécuritaires et sociales. La fracture numérique a également été pointée du doigt comme un défi majeur pour la mise en œuvre des technologies de l’IA dans le secteur public, en particulier dans les pays à revenu moyen, à faible revenu et les pays les moins avancés.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Comme partout dans le monde, le Kenya est confronté à une accélération des risques informatiques qui accompagne sa transformation numérique. Le pays redouble d’efforts pour protéger son cyberespace, qui a été exposé à plus de 10 milliards de menaces informatiques en 2025, selon les autorités.
Le gouvernement kényan explore une coopération dans le domaine de la cybersécurité avec la société roumaine Safetech Innovations. William Kabogo Gitau, ministre de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique, a reçu une délégation de l’entreprise basée à Bucarest, accompagnée de l’ambassadrice de Roumanie au Kenya, Gentiana Serbu.
Kenya welcomes structured cooperation that strengthens our national cybersecurity posture and safeguards our digital transformation gains.
— H.E William Kabogo Gitau, E.G.H (@honkabogo) February 24, 2026
This morning at the Ministry Headquarters, I hosted a courtesy call from the delegation of Safetech Innovations, and Romanian Ambassador to… pic.twitter.com/7UhO2liwTs
Mardi 24 février, un communiqué du ministre publié sur X précise : « notre discussion a porté sur la cybersécurité en tant que priorité critique pour le Kenya, notamment alors que nous accélérons la numérisation au sein du gouvernement. Nous avons débattu de la protection des infrastructures critiques, du renforcement des capacités institutionnelles et de la nécessité de construire des cadres de résilience cybernétique solides et durables ».
Le ministre a ajouté que la discussion a également porté sur la collaboration en matière de recherche et de développement, avec un accent particulier sur les partenariats avec les établissements d’enseignement supérieur kényans afin de promouvoir le transfert de connaissances et l’échange d’expériences.
Selon M. Kabogo, ce rapprochement s’inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale entre le Kenya et la Roumanie, régie par un protocole d’entente existant, qui favorise la collaboration dans des secteurs clés tels que les TIC et l’innovation. Il intervient environ un mois après le lancement du projet Kenya Cyber Resilience (KCR), mené en partenariat avec l’Union européenne et destiné à renforcer la sécurité, la résilience et la fiabilité d’un écosystème numérique national en pleine expansion. Son coût total est estimé à environ 454 millions de shillings kényans (≈ 3,5 millions USD). Le pays s’est également rapproché des États‑Unis, de l’ONU et de la société technologique chinoise Huawei.
Outre les efforts de coopération régionale et internationale, le pays renforce également ses capacités nationales. Ainsi, le projet de création d’une Agence nationale de cybersécurité (NCSA) est en cours afin de compléter les institutions existantes. Sur le plan réglementaire, le Kenya dispose d’une loi sur la protection des données, du Computer Misuse and Cybercrimes Act, ainsi que d’une stratégie nationale de cybersécurité pour la période 2022–2027.
Ces efforts interviennent dans un contexte où les autorités reconnaissent que l’ampleur et la rapidité de la transformation numérique du Kenya ont accru son exposition à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées. D’après les données de la Communications Authority (CA), 12,5 milliards d’incidents ou tentatives de cyberattaques ont été détectés en 2025, soit une hausse de 247 % par rapport à 2024.
Pour rappel, dans son Indice mondial de cybersécurité 2024, l’Union internationale des télécommunications (UIT) a classé le Kenya 21ᵉ au niveau mondial et 3ᵉ en Afrique. Le pays a obtenu les scores maximaux en matière de coopération, de développement des capacités et de mesures organisationnelles. Des efforts restent toutefois nécessaires pour renforcer le cadre réglementaire et les mesures techniques.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le gouvernement malgache mise sur le numérique comme levier de développement socio‑économique. Parmi ses priorités figure la digitalisation des services publics, destinée à rapprocher l’administration des citoyens. Pourtant, une large part de la population demeure exclue du numérique.
Les autorités de Madagascar ont officiellement lancé, le samedi 21 février, un programme national de vente de 664 000 équipements numériques subventionnés, dont 400 000 destinés aux femmes et aux filles. Cette initiative vise à élargir l’accès aux terminaux numériques et à réduire la fracture numérique, notamment au profit des femmes et des jeunes, tout en renforçant durablement l’inclusion numérique dans le pays.
La mise en œuvre du programme repose sur un réseau de neuf distributeurs officiels contractualisés, afin d’assurer la transparence du processus, l’accessibilité des équipements et une couverture nationale progressive, y compris dans les zones rurales. Le programme s’inscrit dans la sous‑composante « Équipements numériques abordables » du Fonds DECIM (Digital and Energy Connectivity for Inclusion in Madagascar), doté d’une enveloppe de 24 millions de dollars.
Dévoilé dès avril 2025, ce programme s’inscrit dans la stratégie globale des autorités malgaches pour soutenir le développement socio‑économique par le numérique. Cette stratégie est encadrée par le Plan stratégique quinquennal du numérique (PSN) 2023‑2028, qui trace une feuille de route visant à positionner Madagascar comme un acteur majeur de l’économie numérique en Afrique. Le plan met l’accent sur le développement des télécommunications, l’e‑gouvernement et l’inclusion numérique. Les autorités tablent notamment sur une contribution du secteur numérique de 6 % au PIB d’ici 2028, contre 1,5 % en 2019.
Cependant, la fracture numérique demeure prononcée à Madagascar. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), seulement 18,7 % de la population (estimée à 32,9 millions par la Banque mondiale) utilisait Internet en 2024, tandis que 44,4 % possédaient des téléphones mobiles, sans distinction de type d’appareil. L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA) souligne que l’accessibilité financière des smartphones reste un obstacle majeur à l’adoption d’Internet, même dans les zones déjà couvertes par le réseau, malgré des appareils désormais proposés à moins de 100 dollars.
Il convient également de rappeler que cette initiative reste marginale par rapport à la population encore exclue du numérique. De plus, les autorités malgaches n’ont pas encore annoncé de phases ultérieures ni de calendrier précis.
L’accès aux smartphones ne garantit pas à lui seul l’adoption et l’utilisation des services numériques. D’autres facteurs limitent l’inclusion numérique, notamment la couverture des réseaux télécoms. Selon l’UIT, les réseaux 2G et 3G couvraient respectivement 88,5 % et 69,2 % de la population fin 2023. La 4G atteignait 34,6 % en 2024, tandis que la 5G ne couvrait que 6,12 %. S’ajoutent à cela le coût des offres Internet, le niveau des compétences numériques, les préoccupations en matière de sécurité, la qualité de l’expérience de connectivité et le manque de pertinence perçue des services numériques pour certaines populations.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Misant sur le numérique, le gouvernement mauritanien déploie de nouveaux outils en ligne pour rationaliser les formalités, réduire les contraintes administratives et rapprocher davantage l’administration du terrain.
Le gouvernement mauritanien a procédé, en début de semaine, au lancement d’une plateforme numérique dédiée aux procédures administratives. Baptisée « Ijraati », elle regroupe plus de 800 démarches et se présente comme un répertoire centralisé des formalités applicables aux citoyens, aux investisseurs et aux entreprises. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie de dématérialisation de l’administration nationale.
Selon le ministère de la Transformation numérique, de l’Innovation et de la Modernisation de l’Administration, « Ijraati » permet aux utilisateurs de consulter les documents requis, les délais et les entités compétentes. Elle propose également un tableau de bord destiné aux administrations publiques ainsi que des données statistiques afin d’assurer une mise à jour continue des procédures.
Lors de l’atelier de lancement, le ministre Ahmed Salem Ould Bede (photo) a indiqué que « le lancement officiel du portail national des procédures administratives “Ijraati” constitue une étape charnière dans le processus de modernisation de l’administration publique », d’après l’Agence mauritanienne d’information (AMI).
Il a précisé que la feuille de route repose sur trois phases : la centralisation de l’ensemble des procédures et leur publication sur une plateforme nationale unifiée ; la mise à jour continue et la garantie de la fiabilité des données en coordination avec les différents secteurs ; enfin, la numérisation complète des procédures les plus demandées et leur intégration à la plateforme « Khdamati », afin de permettre la réalisation des transactions à distance, dans des délais définis et en toute transparence.
Ces derniers mois, plusieurs services ont été ajoutés, notamment l’inscription des étudiants à l’Université de Nouakchott, le Système numérique du trafic routier (SNTR), des services destinés aux investisseurs (création d’entreprise, demande d’agrément au Code des investissements), la délivrance du casier judiciaire, des cartes grises, des certificats de perte pour documents officiels, ainsi que des services de la Société mauritanienne d’électricité (SOMELEC).
Ces efforts s’inscrivent dans un contexte où le gouvernement intensifie ses initiatives pour faire du numérique un levier de développement socio-économique. En janvier 2025, l’exécutif a lancé le projet « Digital-Y », doté d’un financement de 4 millions d’euros en partenariat avec la coopération allemande. Il vise à intégrer davantage les outils numériques dans la gestion publique afin de moderniser les services et renforcer la transparence administrative.
Pour l’heure, la Mauritanie occupe la 165ᵉ place mondiale dans l’Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) 2024 des Nations unies, avec un score de 0,3491 sur 1, inférieur aux moyennes africaine et mondiale. Parmi les trois sous-indices, le pays enregistre son score le plus faible dans celui relatif aux services en ligne (0,1688 sur 1).
En matière de cybersécurité, la Mauritanie figure dans la quatrième et avant-dernière cohorte de l’Indice mondial de cybersécurité 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT). L’organisation souligne une performance relativement solide sur le plan législatif, mais relève des marges de progression aux niveaux organisationnel, technique, du développement des capacités et de la coopération.
Entre disponibilité des services et adoption effective
L’accélération de la dématérialisation soulève toutefois plusieurs interrogations, notamment quant à l’adoption réelle des services numériques et au rapprochement effectif de l’administration avec la population, objectif affiché par les autorités. Selon l’UIT, la couverture 2G atteignait 97 % de la population mauritanienne en 2023. En 2022, les réseaux 3G et 4G couvraient respectivement 43,9 % et 34,7 % de la population.
Au-delà de la couverture réseau, l’appropriation des services numériques suppose l’accès à des équipements compatibles, comme les smartphones, ordinateurs ou tablettes. D’après la Banque mondiale, 56,61 % des Mauritaniens âgés de plus de 15 ans possédaient un smartphone à fin 2024.
D’autres facteurs entrent en jeu : l’accessibilité tarifaire des offres télécoms, la littératie numérique, la qualité des services ou encore la confiance dans les plateformes publiques. Selon DataReportal, la Mauritanie comptait environ 2 millions d’utilisateurs d’Internet à fin décembre 2025, soit un taux de pénétration de 37,4 %.
Isaac K. Kassouwi
Édité par Sèna D. B. de Sodji
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