Gestion Publique

Gestion Publique (654)

Face à la transformation numérique, désormais au cœur des priorités des pays africains pour soutenir leur développement, ceux-ci misent sur la coopération régionale et internationale afin d’accélérer la réalisation de leurs ambitions.

Le Malawi souhaite tirer parti de l’expertise du Ghana pour accélérer sa transformation numérique. Cet intérêt a été exprimé en marge du Mobile World Congress 2026, organisé à Barcelone du lundi 2 au vendredi 5 mars, qui a réuni des délégations gouvernementales ainsi que des acteurs du numérique du monde entier.

Le ministre de l’Information et de la Numérisation du Malawi, Shadric Namalomba (photo, à droite), a invité son homologue ghanéen, Samuel Nartey George (photo, à gauche), à conclure un accord bilatéral visant à reproduire au Malawi les réussites du Ghana en matière d’innovation numérique.

Dans une interview exclusive accordée à Techfocus24 après cette rencontre et relayée par son ministère, Sam George a précisé que le Malawi souhaite un appui dans plusieurs domaines, notamment la fintech, les systèmes d’identification numérique, la connectivité du dernier kilomètre, l’énergie pour la connectivité rurale, l’e-gouvernement, les environnements de travail intelligents, l’agritech, l’edutech, la healthtech et les systèmes intégrant l’intelligence artificielle.

Le ministre a indiqué qu’il conduirait prochainement une délégation de 15 à 20 entreprises technologiques ghanéennes au Malawi afin d’aider au déploiement de solutions d’identification nationale, de services fintech et de portails d’e-gouvernement, entre autres. « Pour commencer, je leur partagerai une copie de nos législations révisées afin qu’ils puissent s’en inspirer et les adapter à leurs besoins. Je leur transmettrai également notre stratégie en matière d’IA pour qu’ils puissent s’appuyer dessus », a-t-il expliqué.

Ce rapprochement intervient alors que le Malawi ambitionne, comme de nombreux pays africains, de faire du numérique un levier de développement socio-économique inclusif. Par exemple, le projet Digital Malawi, soutenu par la World Bank, vise à poser les bases d’une économie, d’une société et d’une administration publiques appuyées sur le numérique, afin d’élargir l’accès aux services et d’améliorer la qualité de vie de l’ensemble des citoyens.

« Au-delà des investissements dans les infrastructures à haut débit et dans d’autres catalyseurs numériques, il est tout aussi essentiel d’investir dans des facteurs complémentaires non numériques, tels que le leadership dans le domaine du numérique, un cadre réglementaire favorable, des institutions garantes de la redevabilité ainsi que le développement des compétences numériques appropriées », peut-on lire sur le site du gouvernement.

Pour l’instant, le Malawi se classe 163e à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations Unies (EGDI), avec un score de 0,3753 en 2024, en dessous des moyennes en Afrique australe, en Afrique et dans le monde. Le pays a également obtenu un score de 35 sur 100 à l’Indice de développement des TIC 2025 de l’International Telecommunication Union (UIT), avec notamment un taux de pénétration d’Internet estimé à 18 %.

En matière de cybersécurité, le Malawi se classe au troisième palier (Tier 3) sur cinq selon l’indice dédié de l’UIT en 2024. Il obtient des résultats jugés relativement bons pour le cadre réglementaire et les mesures organisationnelles, mais doit encore progresser sur les mesures techniques, le développement des capacités et la coopération.

Le Ghana, de son côté, est classé au premier palier, celui des pays considérés comme des modèles en matière de cybersécurité. Dans l’EGDI, il occupe la 108e place mondiale avec un score de 0,6317 sur 1, supérieur aux moyennes de l’Afrique de l’Ouest et du continent, mais légèrement inférieur à la moyenne mondiale. Avant le Malawi, la Zambie avait récemment manifesté son intérêt pour l’expertise ghanéenne en matière de transformation numérique.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Malawi : la magistrature lance une politique et un laboratoire TIC pour moderniser la justice .

Posted On jeudi, 05 mars 2026 14:08 Written by

Les pays africains misent sur la coopération régionale et internationale pour accélérer la réalisation de leurs ambitions de transformation numérique, considérée comme un levier de développement socio-économique.

L’Afrique du Sud explore une coopération avec les Pays-Bas dans plusieurs domaines du numérique afin de stimuler l’innovation et de renforcer la protection des espaces en ligne. Les deux parties ont signé, à cet effet, un protocole d’accord le mardi 3 mars.

Cette initiative a été actée lors d’une réunion bilatérale entre Mondli Gungubele (photo, à gauche), vice-ministre sud-africain des Communications et des Technologies numériques, et une délégation de l’ambassade des Pays-Bas en Afrique du Sud. Les échanges ont porté sur le développement des compétences numériques, les technologies émergentes, l’intelligence artificielle (IA), la cybersécurité et la protection des enfants en ligne.

Ce rapprochement s’inscrit dans le cadre des efforts des pays africains pour accélérer leur transformation numérique, en intégrant les technologies numériques dans tous les secteurs de l’économie afin de soutenir le développement socio-économique.

L’Afrique du Sud reste toutefois l’un des leaders africains en matière de transformation numérique, notamment dans l’administration publique. Le pays a enregistré un score de 0,8616 sur 1 à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, se classant premier sur 54 pays africains et 40ᵉ sur 193 dans le monde, au-dessus de la moyenne mondiale de 0,6382.

En cybersécurité, l’Union internationale des télécommunications (UIT) classe le pays dans la deuxième catégorie de performance sur cinq. Ses mesures techniques, légales et de coopération sont jugées relativement satisfaisantes, avec le score maximal de 20 sur deux piliers, mais l’organisation souligne la nécessité de renforcer le développement des capacités et les mesures organisationnelles.

Les Pays-Bas, de leur côté, figurent au 10ᵉ rang mondial de l’EGDI 2024 avec un score de 0,9538 sur 1. En matière de cybersécurité, le pays est classé dans la première catégorie, considérée comme modèle à suivre, ayant obtenu le score maximal dans quatre des cinq piliers de l’indice UIT : légaux, techniques, organisationnels et de coopération. Pour le développement des capacités, il a obtenu 19,22 sur 20.

Si ces données illustrent l’expertise potentielle des Pays-Bas pour soutenir les ambitions sud-africaines, il convient de rappeler que les deux parties n’ont signé, pour l’instant, qu’un protocole d’accord. Celui-ci formalise la volonté de coopérer, mais ne garantit pas encore la concrétisation de projets dotés de financements et d’un calendrier clair. Il faudra donc observer les prochaines étapes pour en évaluer la portée réelle.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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 Afrique du Sud : la SABC forme aux compétences numériques 

Posted On mardi, 03 mars 2026 14:21 Written by

En RDC, de nouvelles directives présidentielles placent le numérique au cœur du débat national. Le pouvoir central affiche une volonté de redéfinir les règles d’usage des plateformes en ligne.

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a instruit le gouvernement de renforcer l’encadrement des réseaux sociaux afin d’en prévenir les dérives. La directive a été donnée lors de la 80ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres tenue le vendredi 27 février à Kinshasa.

Le chef de l’État a chargé le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, ainsi que le ministre de l’Économie numérique, de proposer et de mettre en œuvre, en concertation avec les services concernés, des mesures destinées à promouvoir un usage responsable, éthique et rationnel des réseaux sociaux. Celles-ci pourraient inclure, le cas échéant, « des mesures restrictives proportionnées et conformes à la loi, tout en respectant les libertés fondamentales », selon le compte rendu lu par Augustin Kibassa Maliba, ministre de l’Économie numérique.

Cette mesure intervient dans un contexte d’adoption croissante des réseaux sociaux, parallèlement à l’expansion des services de télécommunications, notamment d’Internet. Selon la plateforme de données DataReportal, le nombre d’utilisateurs d’Internet est passé de 21,14 millions en 2021 à 34,7 millions début 2026, soit une progression de 64,1 %, pour un taux de pénétration estimé à 30,5 %. Sur la même période, le nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux est passé de 4 millions à 10,4 millions.

Les autorités congolaises estiment que « loin de servir exclusivement des finalités positives, les réseaux sociaux constituent de plus en plus des vecteurs de désinformation, de troubles à l’ordre public, de discours de haine, de manipulation de l’opinion et d’incitation à la division entre Congolais, portant ainsi atteinte à la cohésion nationale, à l’ordre public et à la stabilité sociale ».

Par ailleurs, cette décision intervient dans un contexte particulier marqué par des défis sécuritaires persistants dans plusieurs provinces du pays. La question sécuritaire figure parmi les sujets les plus débattus sur les réseaux sociaux.

Vulgariser et appliquer le Code du numérique

Au cœur de la communication présidentielle figure la nécessité de vulgariser et de faire appliquer le Code du numérique, adopté pour encadrer l’usage des plateformes digitales en RDC. Selon le chef de l’État, cet instrument juridique prévoit déjà des mécanismes de prévention, de régulation et de répression des abus en ligne, mais demeure insuffisamment connu et appliqué, tant par le public que par certains acteurs institutionnels.

La vulgarisation du Code du numérique ne concernera pas uniquement les citoyens. Le ministre de la Communication et Médias a été chargé, en collaboration avec les opérateurs publics et privés, d’assurer une sensibilisation continue du grand public à travers des campagnes pédagogiques. Les magistrats devront également être ciblés, sous la coordination du Conseil supérieur de la magistrature, afin de garantir une application cohérente et dissuasive des dispositions prévues.

Au-delà des mesures réglementaires, l’exécutif mise aussi sur l’éducation. Les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ont été engagés à intégrer progressivement des modules de formation et de sensibilisation au numérique responsable dans les programmes d’enseignement. Les enjeux liés aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle devront ainsi être pris en compte dans la formation des jeunes.

Un rapport détaillé sur l’exécution de l’ensemble de ces instructions, indiquant les actions entreprises, les résultats obtenus ainsi que les éventuelles difficultés rencontrées, devra être transmis par les ministres concernés tous les quinze jours, afin d’en permettre le suivi et l’évaluation. Il convient toutefois de rappeler que les dispositions précises de mise en œuvre restent, à ce jour, inconnues.

Isaac K. Kassouwi

Éditée par Sèna D. B. de Sodji

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Le Gabon encadre l’usage des preuves numériques en justice

Posted On mardi, 03 mars 2026 08:30 Written by

Dans un contexte de développement rapide du paysage numérique, les autorités sénégalaises multiplient les initiatives pour s’adapter aux nouveaux défis du cyberespace. Une récente rencontre illustre cette volonté de mieux encadrer les usages en ligne et de renforcer la protection des citoyens.

Le directeur général adjoint de la Police nationale sénégalaise, le contrôleur général Abdoul Wahabou Sall, a reçu la semaine dernière une délégation de Meta Platforms, la maison-mère des plateformes de réseaux sociaux Facebook, WhatsApp et Instagram. L’objectif de la rencontre est d’explorer de nouveaux axes de coopération en matière de sécurité en ligne.

Les discussions ont notamment porté sur la protection des jeunes et des mineurs sur les réseaux sociaux, ainsi que le renforcement des mécanismes de collaboration opérationnelle entre les forces de l’ordre et l’entreprise américaine. « À cet égard, les représentants de Meta ont réaffirmé leur disponibilité à accompagner la Police nationale à travers des actions de renforcement de capacités », a indiqué la Police sénégalaise.

Ce partenariat devrait se concrétiser par des actions de renforcement de capacités destinées aux unités spécialisées, notamment la division spéciale de lutte contre la cybercriminalité. Des sessions de formation technique sur les outils et le portail dédié aux forces de l’ordre de Meta sont prévues afin d’améliorer la gestion des demandes judiciaires et le traitement des contenus signalés.

Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large observée en Afrique, où les États multiplient les partenariats avec les acteurs du numérique pour faire face à l’expansion rapide des usages en ligne. Dans un contexte de recrudescence des cyberarnaques, du harcèlement en ligne et de la diffusion de contenus illicites, les autorités sénégalaises s’efforcent d’adapter leurs méthodes d’enquête à un environnement numérique désormais au cœur des infractions.

Ces derniers mois, les institutions publiques ont elles aussi été ciblées par des attaques. En octobre, la plateforme des impôts a été piratée, suivie début février d’une cyberattaque visant le département de l’automatisation des fichiers (DAF), une agence qui s’occupe de la délivrance des cartes d’identité, des passeports et des données biométriques. L’attaque a provoqué la suspension temporaire de la production des cartes nationales d’identité.

La coopération avec les plateformes numériques constitue, entre autres, un levier essentiel pour identifier les auteurs d’actes criminels et accélérer le traitement des signalements. Au-delà d’un simple échange institutionnel, elle traduit l’évolution du rôle des forces de sécurité, désormais appelées à intervenir autant dans le cyberespace que sur le terrain.

Le Sénégal a-t-il les moyens d’y faire face ?

Dans son rapport « Global Cybersecurity Index 2024 », l’Union internationale des télécommunications (UIT) a attribué au Sénégal un score de 67,17 sur 100 à l’indice mondial de cybersécurité. Ce score positionne le pays dans la catégorie Tier 3, qui regroupe les pays « ayant obtenu au moins 55/100 et affichant un engagement initial en matière de cybersécurité. Cette catégorie correspond aux États ayant engagé des actions — évaluation, adoption ou mise en œuvre de mesures reconnues — dans un nombre modéré de domaines ou d’indicateurs ».

Depuis cette évaluation de l’UIT, les autorités sénégalaises ont annoncé le New deal technologique, un programme de 1,7 milliard de dollars pour faire du pays un hub technologique à l’horizon 2034. Lors de son lancement en février 2025, le président Bassirou Diomaye Faye a indiqué dans son discours : « nous nous engageons à construire un espace numérique souverain en renforçant notre cyber-résilience, en sécurisant les infrastructures, en protégeant nos données critiques et en réduisant progressivement notre dépendance vis-à-vis des solutions étrangères ».

Adoni Conrad Quenum

Édité par M.F. Vahid Codjia

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Ghana : la stratégie nationale d’IA finalisée et prête à être lancée (ministre)

Posted On mardi, 03 mars 2026 08:14 Written by

De nombreux pays africains misent sur la transformation numérique pour soutenir leur développement socio-économique. Cela passe par l’intégration de technologies comme l’intelligence artificielle dans l’ensemble des secteurs.

Les autorités ghanéennes ont finalisé la stratégie nationale d’intelligence artificielle (IA), récemment validée par le gouvernement. La feuille de route devrait être officiellement lancée dans les prochaines semaines par le président John Dramani Mahama.

 

L’information a été révélée par Samuel Nartey George, ministre de la Communication, de la Technologie numérique et de l’Innovation, dans son intervention lors de la conférence nationale sur la protection des données 2026, tenue le jeudi 26 février.

La stratégie nationale d’IA du Ghana repose sur quatre priorités clés. Elle vise à exploiter et protéger les données nationales, y compris les données génomiques africaines, comme un atout stratégique. Elle prévoit de développer une infrastructure numérique robuste et une puissance de calcul adaptée pour soutenir l’innovation et le traitement massif de données. La formation et le renforcement des compétences, notamment via le programme « One Million Coders », visent à constituer une main-d’œuvre qualifiée en IA et cybersécurité. Enfin, la stratégie garantit une gouvernance transparente et éthique, avec des cas d’utilisation concrets, pour générer une valeur réelle pour tous les citoyens.

Cette feuille de route reflète la volonté des autorités ghanéennes de faire des technologies numériques un levier central du développement national. Elles mettent en avant le potentiel transformateur de l’IA dans de nombreux secteurs. Lors du lancement du Forum de consultation des parties prenantes sur la Stratégie nationale d’IA en mai 2025, M. George avait présenté des exemples concrets comme la prévision de la santé des cultures en agriculture, des diagnostics plus rapides en santé, un apprentissage personnalisé en éducation, une sécurité renforcée dans les transports et une surveillance accrue pour la défense et la sécurité frontalière.

Cette vision du gouvernement ghanéen bénéficie du soutien des Nations unies. Dans son « E-Government Survey 2024 », le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DAES) souligne que l’intelligence artificielle a le potentiel d’optimiser les opérations du secteur public. Grâce à l’automatisation des tâches administratives, l’IA peut non seulement accroître l’efficacité, mais aussi éliminer les retards et les redondances. Elle peut également détecter des défauts, classer des données et formuler des recommandations précises.

Malgré les opportunités offertes par l’IA, le DAES souligne plusieurs risques potentiels. Il s’agit notamment du biais des données, qui peut entraîner une mauvaise représentation de certains groupes, ainsi que des préoccupations éthiques, sécuritaires et sociales. La fracture numérique a également été pointée du doigt comme un défi majeur pour la mise en œuvre des technologies de l’IA dans le secteur public, en particulier dans les pays à revenu moyen, à faible revenu et les pays les moins avancés.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Le Ghana explore un partenariat avec le Japon pour former les étudiants à l’IA

Posted On lundi, 02 mars 2026 15:58 Written by

Comme partout dans le monde, le Kenya est confronté à une accélération des risques informatiques qui accompagne sa transformation numérique. Le pays redouble d’efforts pour protéger son cyberespace, qui a été exposé à plus de 10 milliards de menaces informatiques en 2025, selon les autorités.

Le gouvernement kényan explore une coopération dans le domaine de la cybersécurité avec la société roumaine Safetech Innovations. William Kabogo Gitau, ministre de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique, a reçu une délégation de l’entreprise basée à Bucarest, accompagnée de l’ambassadrice de Roumanie au Kenya, Gentiana Serbu.

Mardi 24 février, un communiqué du ministre publié sur X précise : « notre discussion a porté sur la cybersécurité en tant que priorité critique pour le Kenya, notamment alors que nous accélérons la numérisation au sein du gouvernement. Nous avons débattu de la protection des infrastructures critiques, du renforcement des capacités institutionnelles et de la nécessité de construire des cadres de résilience cybernétique solides et durables ».

Le ministre a ajouté que la discussion a également porté sur la collaboration en matière de recherche et de développement, avec un accent particulier sur les partenariats avec les établissements d’enseignement supérieur kényans afin de promouvoir le transfert de connaissances et l’échange d’expériences.

Selon M. Kabogo, ce rapprochement s’inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale entre le Kenya et la Roumanie, régie par un protocole d’entente existant, qui favorise la collaboration dans des secteurs clés tels que les TIC et l’innovation. Il intervient environ un mois après le lancement du projet Kenya Cyber Resilience (KCR), mené en partenariat avec l’Union européenne et destiné à renforcer la sécurité, la résilience et la fiabilité d’un écosystème numérique national en pleine expansion. Son coût total est estimé à environ 454 millions de shillings kényans (≈ 3,5 millions USD). Le pays s’est également rapproché des États‑Unis, de l’ONU et de la société technologique chinoise Huawei.

Outre les efforts de coopération régionale et internationale, le pays renforce également ses capacités nationales. Ainsi, le projet de création d’une Agence nationale de cybersécurité (NCSA) est en cours afin de compléter les institutions existantes. Sur le plan réglementaire, le Kenya dispose d’une loi sur la protection des données, du Computer Misuse and Cybercrimes Act, ainsi que d’une stratégie nationale de cybersécurité pour la période 2022–2027.

Ces efforts interviennent dans un contexte où les autorités reconnaissent que l’ampleur et la rapidité de la transformation numérique du Kenya ont accru son exposition à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées. D’après les données de la Communications Authority (CA), 12,5 milliards d’incidents ou tentatives de cyberattaques ont été détectés en 2025, soit une hausse de 247 % par rapport à 2024.

Pour rappel, dans son Indice mondial de cybersécurité 2024, l’Union internationale des télécommunications (UIT) a classé le Kenya 21ᵉ au niveau mondial et 3ᵉ en Afrique. Le pays a obtenu les scores maximaux en matière de coopération, de développement des capacités et de mesures organisationnelles. Des efforts restent toutefois nécessaires pour renforcer le cadre réglementaire et les mesures techniques.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Numérique : le Kenya s’associe au Danemark, leader mondial de l’e-gouvernement 

Posted On mercredi, 25 février 2026 14:46 Written by

Le gouvernement malgache mise sur le numérique comme levier de développement socio‑économique. Parmi ses priorités figure la digitalisation des services publics, destinée à rapprocher l’administration des citoyens. Pourtant, une large part de la population demeure exclue du numérique.

Les autorités de Madagascar ont officiellement lancé, le samedi 21 février, un programme national de vente de 664 000 équipements numériques subventionnés, dont 400 000 destinés aux femmes et aux filles. Cette initiative vise à élargir l’accès aux terminaux numériques et à réduire la fracture numérique, notamment au profit des femmes et des jeunes, tout en renforçant durablement l’inclusion numérique dans le pays.

La mise en œuvre du programme repose sur un réseau de neuf distributeurs officiels contractualisés, afin d’assurer la transparence du processus, l’accessibilité des équipements et une couverture nationale progressive, y compris dans les zones rurales. Le programme s’inscrit dans la sous‑composante « Équipements numériques abordables » du Fonds DECIM (Digital and Energy Connectivity for Inclusion in Madagascar), doté d’une enveloppe de 24 millions de dollars.

Dévoilé dès avril 2025, ce programme s’inscrit dans la stratégie globale des autorités malgaches pour soutenir le développement socio‑économique par le numérique. Cette stratégie est encadrée par le Plan stratégique quinquennal du numérique (PSN) 2023‑2028, qui trace une feuille de route visant à positionner Madagascar comme un acteur majeur de l’économie numérique en Afrique. Le plan met l’accent sur le développement des télécommunications, l’e‑gouvernement et l’inclusion numérique. Les autorités tablent notamment sur une contribution du secteur numérique de 6 % au PIB d’ici 2028, contre 1,5 % en 2019.

Cependant, la fracture numérique demeure prononcée à Madagascar. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), seulement 18,7 % de la population (estimée à 32,9 millions par la Banque mondiale) utilisait Internet en 2024, tandis que 44,4 % possédaient des téléphones mobiles, sans distinction de type d’appareil. L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA) souligne que l’accessibilité financière des smartphones reste un obstacle majeur à l’adoption d’Internet, même dans les zones déjà couvertes par le réseau, malgré des appareils désormais proposés à moins de 100 dollars.

Il convient également de rappeler que cette initiative reste marginale par rapport à la population encore exclue du numérique. De plus, les autorités malgaches n’ont pas encore annoncé de phases ultérieures ni de calendrier précis.

L’accès aux smartphones ne garantit pas à lui seul l’adoption et l’utilisation des services numériques. D’autres facteurs limitent l’inclusion numérique, notamment la couverture des réseaux télécoms. Selon l’UIT, les réseaux 2G et 3G couvraient respectivement 88,5 % et 69,2 % de la population fin 2023. La 4G atteignait 34,6 % en 2024, tandis que la 5G ne couvrait que 6,12 %. S’ajoutent à cela le coût des offres Internet, le niveau des compétences numériques, les préoccupations en matière de sécurité, la qualité de l’expérience de connectivité et le manque de pertinence perçue des services numériques pour certaines populations. 

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On lundi, 23 février 2026 11:48 Written by

Misant sur le numérique, le gouvernement mauritanien déploie de nouveaux outils en ligne pour rationaliser les formalités, réduire les contraintes administratives et rapprocher davantage l’administration du terrain.

Le gouvernement mauritanien a procédé, en début de semaine, au lancement d’une plateforme numérique dédiée aux procédures administratives. Baptisée « Ijraati », elle regroupe plus de 800 démarches et se présente comme un répertoire centralisé des formalités applicables aux citoyens, aux investisseurs et aux entreprises. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie de dématérialisation de l’administration nationale.

Selon le ministère de la Transformation numérique, de l’Innovation et de la Modernisation de l’Administration, « Ijraati » permet aux utilisateurs de consulter les documents requis, les délais et les entités compétentes. Elle propose également un tableau de bord destiné aux administrations publiques ainsi que des données statistiques afin d’assurer une mise à jour continue des procédures.

Lors de l’atelier de lancement, le ministre Ahmed Salem Ould Bede (photo) a indiqué que « le lancement officiel du portail national des procédures administratives “Ijraati” constitue une étape charnière dans le processus de modernisation de l’administration publique », d’après l’Agence mauritanienne d’information (AMI).

Il a précisé que la feuille de route repose sur trois phases : la centralisation de l’ensemble des procédures et leur publication sur une plateforme nationale unifiée ; la mise à jour continue et la garantie de la fiabilité des données en coordination avec les différents secteurs ; enfin, la numérisation complète des procédures les plus demandées et leur intégration à la plateforme « Khdamati », afin de permettre la réalisation des transactions à distance, dans des délais définis et en toute transparence.

Ces derniers mois, plusieurs services ont été ajoutés, notamment l’inscription des étudiants à l’Université de Nouakchott, le Système numérique du trafic routier (SNTR), des services destinés aux investisseurs (création d’entreprise, demande d’agrément au Code des investissements), la délivrance du casier judiciaire, des cartes grises, des certificats de perte pour documents officiels, ainsi que des services de la Société mauritanienne d’électricité (SOMELEC).

Ces efforts s’inscrivent dans un contexte où le gouvernement intensifie ses initiatives pour faire du numérique un levier de développement socio-économique. En janvier 2025, l’exécutif a lancé le projet « Digital-Y », doté d’un financement de 4 millions d’euros en partenariat avec la coopération allemande. Il vise à intégrer davantage les outils numériques dans la gestion publique afin de moderniser les services et renforcer la transparence administrative.

Pour l’heure, la Mauritanie occupe la 165ᵉ place mondiale dans l’Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) 2024 des Nations unies, avec un score de 0,3491 sur 1, inférieur aux moyennes africaine et mondiale. Parmi les trois sous-indices, le pays enregistre son score le plus faible dans celui relatif aux services en ligne (0,1688 sur 1).

En matière de cybersécurité, la Mauritanie figure dans la quatrième et avant-dernière cohorte de l’Indice mondial de cybersécurité 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT). L’organisation souligne une performance relativement solide sur le plan législatif, mais relève des marges de progression aux niveaux organisationnel, technique, du développement des capacités et de la coopération.

Entre disponibilité des services et adoption effective 

L’accélération de la dématérialisation soulève toutefois plusieurs interrogations, notamment quant à l’adoption réelle des services numériques et au rapprochement effectif de l’administration avec la population, objectif affiché par les autorités. Selon l’UIT, la couverture 2G atteignait 97 % de la population mauritanienne en 2023. En 2022, les réseaux 3G et 4G couvraient respectivement 43,9 % et 34,7 % de la population.

Au-delà de la couverture réseau, l’appropriation des services numériques suppose l’accès à des équipements compatibles, comme les smartphones, ordinateurs ou tablettes. D’après la Banque mondiale, 56,61 % des Mauritaniens âgés de plus de 15 ans possédaient un smartphone à fin 2024.

D’autres facteurs entrent en jeu : l’accessibilité tarifaire des offres télécoms, la littératie numérique, la qualité des services ou encore la confiance dans les plateformes publiques. Selon DataReportal, la Mauritanie comptait environ 2 millions d’utilisateurs d’Internet à fin décembre 2025, soit un taux de pénétration de 37,4 %.

Isaac K. Kassouwi

Édité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On samedi, 21 février 2026 04:11 Written by

La RDC mise sur le numérique pour accélérer son développement socio‑économique et mobilise des financements internationaux pour soutenir sa stratégie nationale.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé, mardi 17 février, l’opérationnalisation d’un financement de 500 millions $ pour soutenir le développement du numérique. Cette annonce fait suite à une séance de travail présidée par le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba (photo, à droite), avec une délégation de haut niveau composée d’experts de la Banque mondiale et de l’Agence française de développement (AFD).

Selon le ministère de l’Économie numérique, les assistances techniques sont en cours de finalisation afin de lancer les investissements autour de deux axes prioritaires. Le premier porte sur le renforcement des infrastructures numériques. D’importants travaux sont prévus pour relier les principales villes du pays au haut débit, avec pour objectif d’améliorer la qualité des services tout en réduisant de manière significative les coûts d’accès à Internet pour la population.

Le second axe concerne la digitalisation des services publics et le développement des compétences. La dématérialisation de l’état civil figure parmi les priorités, afin de simplifier les démarches administratives des citoyens et d’améliorer la fiabilité des données publiques. Cette composante devrait également inclure des actions de formation et de renforcement des capacités pour accompagner la transformation numérique de l’administration et favoriser l’employabilité dans les métiers du numérique.

Cette rencontre intervient après la signature en juin 2025 d’une série d’accords de financement d’un montant total de 1,9 milliard de dollars avec la Banque mondiale, dont 400 millions spécifiquement alloués au secteur numérique. L’Union européenne s’est engagée à apporter, de son côté, une contribution de 100 millions d’euros (≈ 117,5 millions $).

Cela s’inscrit dans le cadre des efforts des autorités pour financer la stratégie nationale de transformation numérique considérée comme un levier de développement socio‑économique. Pour soutenir son Plan national du numérique 2026–2030 (PNN2), lancé en octobre 2025, le gouvernement prévoit un investissement public d’un milliard de dollars sur cinq ans, complété par 500 millions de dollars d’appuis extérieurs déjà mobilisés auprès de partenaires internationaux. Le pays continue d’explorer d’autres partenariats de financement.

Selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA), le numérique pourrait apporter environ 4,1 milliards $ à l’économie congolaise d’ici 2029, à condition d’investir massivement dans des secteurs clés comme l’industrie et l’agriculture. Mais pour le moment, le pays se classe 179ᵉ sur 193 à l’Indice de développement de l’e‑gouvernement des Nations unies (EGDI). Il reste en deçà des moyennes en Afrique centrale, en Afrique et dans le monde.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On vendredi, 20 février 2026 08:12 Written by

Comme de nombreux pays africains, le Tchad mise sur l’intégration des technologies numériques pour accélérer son développement socio‑économique, une dynamique qui touche désormais des secteurs stratégiques comme les transports.

Le gouvernement tchadien explore un partenariat avec l’Azerbaïdjan pour accélérer la digitalisation du secteur des transports. Cette perspective a été au centre d’une réunion tenue le lundi 16 février entre Boukar Michel, ministre de l’Économie numérique, et Fatima Goukouni Weddeye (photo), ministre des Transports, qui ont reçu une délégation officielle azerbaïdjanaise en mission au Tchad.

Les discussions ont porté sur plusieurs priorités stratégiques pour le secteur. Il s’agit notamment de la digitalisation des documents et services de transport, de la mise en place de systèmes intelligents de suivi et de gestion du trafic routier par géolocalisation, ainsi que de la modernisation des plateformes aéroportuaires à travers des solutions numériques intégrées. Les deux parties ont également évoqué le déploiement de dispositifs avancés de contrôle, d’alerte et de surveillance afin de renforcer la sécurité et d’améliorer la performance opérationnelle.

Selon les autorités tchadiennes, « la délégation azerbaïdjanaise a présenté des solutions technologiques éprouvées, adaptées aux réalités nationales et susceptibles d’accompagner efficacement la transformation digitale du secteur des transports au Tchad ».

Ce rapprochement s’inscrit dans un cadre plus large de renforcement de la coopération entre le Tchad et l’Azerbaïdjan en matière de transformation numérique, engagé fin janvier 2026 avec la signature de deux protocoles d’accord. M. Boukar Michel a souligné que cette dynamique s’aligne sur la stratégie nationale de transformation numérique, qui vise à améliorer la qualité des services publics, accroître la transparence et l’efficacité administrative, renforcer la sécurité des infrastructures stratégiques et stimuler l’innovation ainsi que l’attractivité économique du pays.

Dans le secteur des transports, le ministère de tutelle avait déjà annoncé, en septembre 2025, le lancement d’un vaste projet de digitalisation de ses services administratifs à caractère financier. Ce chantier prévoit la mise en place d’un système numérique intégré centralisant l’ensemble des prestations proposées, notamment les cartes grises, les permis de conduire, les licences de transport, les agréments ainsi que la Lettre de Voiture Obligatoire (LVO).

Il convient de noter que la collaboration envisagée entre l’Azerbaïdjan et le Tchad dans le domaine de la digitalisation des transports reste pour le moment au stade de discussion. Les autorités tchadiennes ont toutefois déclaré que les travaux se poursuivront au niveau technique afin d’identifier les projets prioritaires, définir un cadre opérationnel clair et établir un calendrier de mise en œuvre.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Posted On jeudi, 19 février 2026 09:38 Written by
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