En mai 2025, les autorités mauriciennes ont présenté la stratégie nationale de transformation numérique. Plusieurs actions sont en train d’être mises en œuvre dans ce cadre.
Le gouvernement mauricien a mis en place un comité interministériel chargé de coordonner la mise en œuvre de sa stratégie nationale du numérique. La première réunion de ce nouvel organe s’est tenue le 26 août à Ébène, sous la houlette du ministère des Technologies de l’information, de la Communication et de l’Innovation (MITCI).
Le comité fait office de point de contact unique pour assurer la cohérence entre les différents ministères impliqués. Les discussions ont porté sur plusieurs chantiers prioritaires, dont la numérisation des écoles, la mise en place d’un système national d’alerte publique, le développement d’une plateforme de gestion des prestations sociales et la réduction des retards dans les prestations de services publics. Les autorités ont aussi souligné la nécessité de protéger les populations vulnérables contre les abus en ligne.
Cette initiative vise à accélérer la modernisation de l’administration mauricienne et à renforcer la capacité de l’État à offrir des services plus efficaces et inclusifs. Elle survient alors que les pays africains multiplient les programmes d’e-gouvernance pour améliorer la qualité de leurs services publics et soutenir leur transformation numérique.
En 2024, la République mauricienne s’est classée 76ᵉ mondial pour le développement de son administration en ligne, se plaçant en tête de l'Afrique de l'Est selon le département des affaires sociales des Nations unies. Elle occupe la 69ᵉ place mondiale et la 2e en Afrique pour sa préparation à l’IA, devant l'Afrique du Sud et le Maroc, d’après le cabinet britannique Oxford Insights. Sur le plan du développement des infrastructures numériques, l’Union internationale des télécommunications positionne le pays au 3ᵉ rang africain.
Si les projets avancent comme prévu, le pays insulaire pourrait renforcer sa position en matière de gouvernance numérique. Cette dynamique devrait aussi renforcer la confiance des citoyens dans l’administration numérique.
Adoni Conrad Quenum
Edité par : Feriol Bewa
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A la croisée de l’Afrique et de l’océan Indien, Maurice façonne son avenir numérique. Vision stratégique, innovation et ouverture internationale en font aujourd’hui un laboratoire de transformation digitale à suivre de près.
Ces dernières années, l’île Maurice s’est affirmée comme un véritable modèle africain en matière de transformation numérique. Grâce à une combinaison efficace d’une stratégie cohérente, d’investissements massifs dans les infrastructures et d’un soutien constant à l’innovation, la nation insulaire s’est hissée parmi les pays africains les mieux préparés à la transition numérique.
Cette dynamique se reflète dans plusieurs classements internationaux, qui mettent en évidence la maturité numérique de Maurice et son avance sur le continent. Dans son rapport 2024 sur l’E-Government Development Index, l’ONU place le pays au 76ᵉ rang mondial avec un score de 0,7506, confirmant son statut de leader en Afrique de l’Est. De son côté, l’AI Readiness Index 2024, qui évalue la capacité des gouvernements à exploiter le potentiel de l’intelligence artificielle à travers trois dimensions — gouvernance, capacités technologiques et données disponibles — attribue à Maurice un score de 53,94. Le pays se classe ainsi 69ᵉ au niveau mondial, deuxième en Afrique et premier en Afrique subsaharienne, devançant des économies majeures de la région telles que l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Maroc et le Sénégal.
Enfin, l’ICT Development Index 2025 de l’Union internationale des télécommunications (UIT) positionne Maurice au 3ᵉ rang africain avec un score de 86,3 sur 100, preuve de la solidité de ses infrastructures numériques et de la vitalité de son écosystème technologique.
Ces performances découlent entre autres du plan national Digital Mauritius 2030, qui ambitionne de faire du pays une économie numérique inclusive et durable. Cette feuille de route repose sur cinq piliers : la gouvernance numérique, le développement des infrastructures TIC, l’innovation, la gestion des talents et la cybersécurité.
Dans ce cadre, Maurice a investi dans un réseau national de fibre optique, généralisé la couverture 4G LTE et amorcé le déploiement de la 5G, tout en s’équipant de centres de données de niveau Tier-4. Le lancement prochain de la 5G Advanced, qui a entamé la phase de test, devrait encore renforcer la capacité du pays à accueillir l’Internet des objets (IoT) et les services numériques de nouvelle génération.
Parallèlement, des mesures inclusives telles que la gratuité d’Internet mobile pour les jeunes Mauriciens âgés de 18 à 25 ans et les programmes de formation aux compétences numériques viennent consolider l’axe lié à la gestion des talents. Selon les chiffres de DataReportal, Maurice comptait 1,01 million d’utilisateurs d’Internet au début de l’année 2025, représentant un taux de pénétration de 79,5 %, contre 982 500 utilisateurs (75,5 %) en janvier 2024.
L’île Maurice s’appuie également sur de solides partenariats internationaux. Ses collaborations avec l’Inde, l’Union européenne ou encore le PNUD ont permis de développer des programmes d’alphabétisation numérique, de soutenir les start-up locales et de favoriser le transfert de technologies. Ces partenariats se traduisent aussi par un meilleur accès aux financements et aux innovations de pointe, renforçant l’écosystème numérique local et accélérant la mise en œuvre de la vision 2030.
En combinant une stratégie nationale ambitieuse, des infrastructures solides et une ouverture à la coopération internationale, Maurice s’impose comme une référence africaine en matière de transformation numérique. L’île ne se contente toutefois pas de ce leadership régional : elle ambitionne de rivaliser avec les économies numériques émergentes à l’échelle mondiale, tout en construisant un modèle inclusif et durable susceptible d’inspirer de nombreuses nations africaines.
Samira Njoya
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Comme de nombreux pays africains, le Maroc mise sur la coopération internationale pour concrétiser ses ambitions de transformation numérique. Ces derniers mois, le royaume s’est rapproché d’une dizaine de pays, dont l’Estonie, 2ᵉ au classement mondial de l’indice de développement de l’e-gouvernement.
Le Maroc entend renforcer sa coopération avec l’Inde dans le domaine de la transformation numérique. La question a été évoquée le mercredi 27 août à Rabat, lors d’une rencontre entre Amal El Fallah Seghrouchni (photo, à gauche), ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, et l’ambassadeur indien Sanjay Rana (photo, à droite). Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts des autorités marocaines pour atteindre les objectifs fixés dans le « Digital Maroc 2030 ».
Dans un communiqué diffusé sur sa page Facebook, le ministère a indiqué que les échanges ont mis en lumière la volonté des deux pays d’approfondir leur partenariat dans les secteurs des technologies et de la transition digitale, en vue d’attirer davantage d’investissements.
Les autorités ambitionnent « de faire du Maroc un hub numérique pour accélérer le développement social et économique » et porter la contribution du secteur du numérique à l’économie à 100 milliards de dirhams (11 milliards USD). Depuis le lancement de la stratégie en septembre 2024, le pays explore des partenariats internationaux pour sa mise en œuvre. Au cours des derniers mois, le royaume s’est notamment rapproché d’entités et pays comme le PNUD, la CEMAC, le Japon, la Banque mondiale, l’Estonie, les États-Unis, l’Union européenne, la Finlande, la Chine, l’Arabie saoudite, le Brésil, Nokia, Onepoint et le Portugal.
Ce que l’Inde peut apporter au Maroc
Dans ce contexte, l’Inde se classe 39ᵉ à l’indice mondial de l’innovation 2024 sur 133 pays, première en Asie du Sud-Est et parmi les pays de la classe moyenne inférieure, alors que le Maroc pointe à la 66ᵉ place mondiale. L’Inde est également l’un des exemples à suivre à l’échelle mondiale en matière de cybersécurité selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), de même que le Maroc, même si ce dernier doit encore faire des efforts en matière de mesures techniques et de développement des capacités.
À l’indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) des Nations unies, le Maroc devance l’Inde de six places, se classant 90ᵉ en 2024 avec un score de 0,6841 sur 1, contre 0,6678 pour l’Inde. Toutefois, le pays asiatique reste l’un des leaders mondiaux dans le sous-indice des services en ligne (OSI) avec un score de 0,8144 sur 1, contre 0,5754 pour le Maroc, qui est en dessous de la moyenne mondiale. Le pays du Maghreb veut intégrer le top 50 mondial dans cette catégorie d’ici 2030, alors qu’il était 113ᵉ en 2022.
Le Maroc devance légèrement en matière de capital humain, même si aucune des deux nations n’atteint la moyenne mondiale. En revanche, le Maroc domine en matière d’infrastructure télécoms avec un score de 0,8827, contre 0,5700 pour l’Inde, même si ce dernier compte 806 millions d’abonnés à Internet selon DataReportal.
Par ailleurs, l’Inde dispose du plus grand système d’identification biométrique au monde, Aadhaar, largement salué par les institutions internationales. Dans son « E-Government Survey 2024 », l’ONU rappelle que le programme est volontaire, mais que la majorité des 1,33 milliard d’Indiens y ont adhéré depuis plus de dix ans. Chaque citoyen peut obtenir un numéro unique à 12 chiffres donnant accès à environ 700 services publics. Le gouvernement estime que le dispositif a déjà généré plus de 1,2 milliard USD d’économies, notamment grâce aux versements directs d’allocations. Il a également inspiré des innovations comme DigiLocker, une application permettant de stocker en ligne des documents officiels, utilisée par plus de 100 millions de personnes et abritant plus de cinq milliards de fichiers.
Maroc : quelles opportunités pour les entreprises indiennes ?
Les efforts du Maroc pour accélérer le développement de son écosystème numérique ouvrent de multiples perspectives pour les entreprises technologiques internationales, y compris indiennes.
Le pays fait du haut débit une priorité : l’accès à la 4G est en cours de généralisation, tandis que la couverture en fibre optique doit passer de 1,5 million de foyers en 2022 à 5,6 millions en 2030. Le lancement de la 5G est également prévu, avec des licences déjà attribuées aux opérateurs et un objectif de 70 % de couverture nationale d’ici 2030, soutenu par un investissement estimé à 9 milliards USD. Ces chantiers représentent des opportunités pour les fournisseurs de services, les équipementiers et les opérateurs satellites, dans un contexte où des zones blanches subsistent malgré un taux de pénétration déjà de 91 %, selon l’UIT.
Le royaume accorde également une importance à la formation aux compétences numériques afin d’assurer la disponibilité des talents en numérique, en quantité et en compétences, adaptées aux besoins du marché, en activant tous les leviers de production et d’attraction. Ainsi, le pays veut initier 20 000 talents à partir de 2026 avant de passer à 45 000 à partir de 2030. Pour la reconversion, c’est 26 000 à partir de 2026 et 50 000 à partir de 2030. Le pays veut également attirer de nouveaux talents étrangers : 4 000 par an à partir de 2026 et 6 000 dès 2030.
Le Maroc ambitionne de renforcer son attractivité pour les grands acteurs internationaux du numérique. Le pays veut accueillir des hyperscalers spécialisés dans le cloud et les centres de données, et mise sur le développement de l’intelligence artificielle pour accélérer la digitalisation des services publics et privés. L’objectif affiché est d’attirer de nouveaux investisseurs spécialisés en IA et d’ancrer durablement le Maroc comme un hub régional de l’innovation.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La mise en place de la plateforme est soutenue par l’Union européenne. Elle s’inscrit dans le cadre d’une enveloppe de 820 millions d’euros destinée à soutenir la transformation numérique au Nigeria.
Le gouvernement nigérian prépare le lancement de la Nigerian Data Exchange Platform (NGDX), une infrastructure numérique visant à centraliser et sécuriser le partage de données entre administrations et entreprises. La plateforme devrait être opérationnelle d’ici fin 2025.
As part of our top priority initiatives — from Project Bridge to 3MTT and Rural Connectivity — we are also delivering the Nigerian Data Exchange Platform (NGDX).
— Dr. 'Bosun Tijani (@bosuntijani) August 26, 2025
NGDX will:
1. Enable secure, seamless data sharing across government and business.
2. Unlock innovation,… pic.twitter.com/GbhwrGgIpf
L’initiative a été discutée le lundi 25 août à Abuja, lors d’un atelier réunissant les parties prenantes et des partenaires internationaux, dont l’Union européenne, la Finlande et l’Estonie. Dans un post publié sur X, le ministre de l’Économie numérique, Bosun Tijani (photo, au centre), a expliqué que la NGDX facilitera un partage sécurisé des données entre administration et secteur privé, stimulera l’innovation et la croissance inclusive, et offrira aux citoyens des services plus rapides et fiables, tout en garantissant la protection de la vie privée et la sécurité des données.
Cette plateforme s’inscrit dans le cadre des efforts de transformation numérique du gouvernement nigérian, qui vise à simplifier les démarches administratives, réduire les inefficiences et stimuler l’innovation dans des secteurs comme la santé, l’agriculture, la fintech ou l’éducation. Par exemple, une fois opérationnelle, elle permettra aux citoyens de ne plus avoir à saisir à plusieurs reprises les mêmes informations personnelles pour différentes démarches administratives.
« Nous avons vu comment l’interopérabilité a transformé les services financiers grâce à la NIBSS. La NGDX étendra cette puissance à l’ensemble de notre économie », a déclaré M. Tijani. D’ailleurs, les autorités nigérianes visent une contribution de 22 % des technologies de l’information et de la communication (TIC) au PIB d'ici 2027.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le programme couvre la période 2025–2028. Outre le Kenya, il touche dix pays d’Afrique subsaharienne que sont le Bénin, le Botswana, le Burundi, la Côte d'Ivoire, l’Éthiopie, le Malawi, le Nigeria, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.
Le Kenya a lancé, le lundi 25 août, le système de cartographie du haut débit Africa Broadband Mapping Systems (Africa BB-Maps), financé à hauteur de 15 millions d’euros par l’Union européenne (UE). Également soutenu par l’Union internationale des télécommunications (UIT), le projet vise à fournir des données harmonisées sur l’infrastructure, la couverture, la qualité de service et l’abordabilité de l’Internet.
Dans un communiqué, l’Autorité des communications (CA) explique que l’Africa BB-Maps doit permettre de mieux orienter les investissements et les politiques publiques en matière de connectivité. « La capacité de lier la cartographie du haut débit à la planification socio-économique nous permettra de prioriser la connectivité pour les zones économiques, les établissements de santé, les pôles agricoles et les centres communautaires, améliorant directement les résultats en matière d’éducation, de santé, de commerce et de gouvernance », a déclaré David Mugonyi, directeur général du régulateur télécoms.
M. Mugonyi a ajouté que la cartographie viendra compléter les réformes en cours visant à accélérer l’attribution du spectre, promouvoir le partage d’infrastructures et réduire le coût de la connectivité. Le gouvernement kényan multiplie déjà les efforts pour généraliser l’accès à Internet dans le cadre de ses ambitions de transformation numérique.
L’exécutif prévoit notamment la pose de plus de 100 000 kilomètres de câbles en fibre optique, la création de 25 000 points d’accès Wi-Fi publics et la mise en place de villages numériques dans chacun des 1 450 districts du pays. En avril 2023, la Banque mondiale s’est engagée à financer la mise en œuvre de la première phase du projet d’accélération de l’économie numérique du Kenya à hauteur de 390 millions USD.
Selon les données de la CA, le Kenya comptait 57,1 millions d’abonnements aux services Internet mobiles à fin mars 2025, dont 44,4 millions en haut débit, ainsi que 1,8 million d’abonnements à l’Internet fixe pour une population estimée à 56,43 millions d’habitants. Toutefois, ces chiffres sont probablement surestimés, car une même personne peut utiliser plusieurs cartes SIM, chacune étant comptabilisée comme un abonnement. La GSMA estime qu’en réalité, environ 35 millions de Kényans restent privés d’accès à l’Internet mobile.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La transformation numérique de l’éducation figure parmi les priorités du gouvernement sénégalais. En début d’année, il a présenté une stratégie quinquennale, dotée d’une enveloppe d’environ 232 millions de dollars, destinée à moderniser le système éducatif.
Le gouvernement sénégalais veut renforcer sa coopération avec l’opérateur télécoms Sonatel (Orange) et la société technologique chinoise Huawei dans le domaine de l’éducation numérique. Un protocole d’accord a été conclu entre les trois parties la semaine dernière, en marge de la Conférence mondiale sur l’éducation intelligente 2025, organisée à Pékin du lundi 18 au mercredi 20 août.
Signé par Moustapha Mamba Guirassy, ministre de l’Éducation nationale, l’accord porte sur le déploiement d’équipements pédagogiques numériques, le développement d’infrastructures numériques et la formation des talents. Selon un communiqué de Huawei publié le 22 août, cette initiative doit « accélérer la transformation numérique de l’éducation nationale sénégalaise et promouvoir l’éducation inclusive ».
Elle s’inscrit dans un contexte où Dakar multiplie les initiatives pour intégrer les technologies de l’information et de la communication (TIC) dans son système éducatif. En janvier, le gouvernement a présenté une stratégie numérique pour l’éducation 2025–2029, dotée d’un budget de 130 milliards de francs CFA (environ 232 millions de dollars), visant à moderniser l’école grâce à l’intelligence artificielle et à répondre à la demande croissante de compétences numériques sur le marché du travail.
Toujours en janvier, une convention a été signée avec Télé-École, chaîne éducative sénégalaise, pour développer des contenus numériques adaptés et mettre à disposition des outils en ligne jusque dans les zones reculées.
En mars, le ministère de l’Éducation nationale et celui de l’Enseignement supérieur ont lancé un vaste programme de formation au numérique et à l’intelligence artificielle destiné à 105 000 enseignants et personnels administratifs. L’objectif est de permettre aux bénéficiaires d’adapter les pratiques pédagogiques aux évolutions technologiques, d’intégrer les ressources numériques dans l’apprentissage, de sensibiliser les élèves aux enjeux du numérique et de renforcer les compétences en cybersécurité dans les établissements scolaires.
Ces efforts s’inscrivent dans une dynamique internationale. L’UNESCO promeut en effet l’intégration des TIC dans l’éducation, soulignant leur potentiel pour améliorer l’accès, renforcer les acquis d’apprentissage et développer les compétences du XXIᵉ siècle. Au Sénégal, le système éducatif reste toutefois confronté à de nombreux défis, selon les autorités. Il s’agit notamment de programmes souvent en décalage avec les réalités nationales et les besoins de l’économie, du retard dans l’adaptation aux enjeux du numérique, de la déperdition scolaire élevée, du déficit d’enseignants et du manque d’infrastructures face à des effectifs d’élèves en constante augmentation.
Il convient toutefois de rappeler que la collaboration n’en est, pour l’instant, qu’au stade de protocole d’accord. Si elle traduit une volonté de coopération, rien ne garantit encore sa concrétisation. Aucun détail n’a été communiqué quant au calendrier de signature d’un accord formel. Il faudra donc attendre les développements ultérieurs pour en mesurer les retombées potentielles.
Isaac K. Kassouwi
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Le Cap-Vert est décidé à faire du numérique un pilier du développement socio-économique national. Les autorités capverdiennes ambitionnent d’augmenter au cours des prochaines années la part du numérique dans le PIB, actuellement estimée à environ 5 %.
Le gouvernement du Cap-Vert poursuit son engagement pour accélérer le développement de l’écosystème start-up. L’exécutif a lancé, le lundi 28 juillet, le programme BOOST.CV, qui vise à accompagner 150 jeunes entrepreneurs dans le secteur numérique en leur offrant formation, mentorat et incubation de projets innovants.
« Il ne s’agit pas seulement d’un outil technologique, mais d’un instrument de politique publique conçu pour générer un impact réel. Nous croyons fermement que le talent capverdien, tant sur les îles qu’au sein de la diaspora, est notre plus grande ressource. Et c’est notre responsabilité, en tant qu’État, de créer les conditions pour que ce talent puisse s’épanouir et innover », a déclaré Olavo Correia, vice-Premier ministre, ministre des Finances et ministre de l’Économie numérique, dans un communiqué du gouvernement publié le 29 juillet.
Cette initiative vient s’ajouter à des mesures déjà mises en œuvre. Dans une interview accordée à l’Agence Ecofin en mai, Pedro Lopes, secrétaire d’État à l’Économie numérique, expliquait : « le programme Cape Verde Digital est notre vitrine. À travers digital.cv, vous pouvez explorer notre écosystème. Nous soutenons 200 jeunes chaque année via une bourse (Cabo Digital Scholarship) et finançons une centaine de start-up avec l’équivalent de six salaires minimum pour deux cofondateurs, ainsi qu’un soutien logistique et marketing. Le programme Go Global nous permet de financer la participation de nos start-up à des événements tech internationaux ».
D’autres initiatives comprennent « Reinvent Cape Verde », où les institutions publiques et privées soumettent leurs défis à des start-up qui proposent des solutions via des hackathons, ainsi que le Fonds Morabeza, un fonds de 24 millions de dollars visant à favoriser la croissance de start-ups technologiques dirigées par des jeunes et des femmes.
M. Lopes a souligné les progrès dans la mise en place d’un cadre réglementaire favorable aux start-up, incluant une loi dédiée avec avantages fiscaux, la création d’une zone économique spéciale technologique, et des lois modernes sur la protection des données et les transactions numériques. Le gouvernement a aussi simplifié l’enregistrement des entreprises, instauré des visas pour nomades digitaux, et inauguré un parc technologique.
Actuellement, l’écosystème start-up du Cap-Vert est classé à la 75ᵉ place mondiale et à la deuxième place en Afrique de l’Ouest selon le rapport « Global Startup Ecosystem Index 2025 » de StartupBlink. Ce dernier explique cependant que les start-up sont principalement confrontées au manque actuel d’infrastructures physiques dans le pays et à un climat d’investissement peu développé. Un défi supplémentaire signalé dans le rapport est la préférence marquée de la population pour la stabilité du secteur public, au détriment de l’entrepreneuriat, perçu comme risqué.
Isaac K. Kassouwi
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Comme beaucoup de pays africains, le Gabon compte sur la coopération internationale pour accélérer sa transformation numérique. En juin, le président Oligui Nguema a échangé avec son homologue botswanais, dont le pays est cité en exemple.
Le gouvernement gabonais souhaite renforcer sa coopération avec la Turquie dans le domaine du numérique. Ce sujet a été au cœur des échanges le mardi 29 juillet, lors d’une audience accordée par Mark Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique, à Can İncesu, ambassadeur de la République de Turquie au Gabon.
Au cours de la rencontre, M. Doumba a présenté les missions et priorités de son département, axées notamment sur la modernisation de l’administration publique par le numérique, le développement des infrastructures numériques nationales, la gouvernance des données et la souveraineté technologique, ainsi que la formation des jeunes talents numériques.
En réponse, l’ambassadeur de Turquie a exprimé l’intérêt de son pays à accompagner le Gabon dans cette dynamique, notamment à travers le partage d’expertise en matière de gouvernement électronique, l’appui à l’introduction de la signature électronique dans les échanges officiels, le développement de solutions de paiement à distance pour les services publics, et l’installation d’infrastructures télécoms dans les zones moins desservies.
La Turquie est classée 27ᵉ sur 193 à l’Indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) des Nations unies, avec un score de 0,8913 sur 1, bien au-dessus de la moyenne mondiale de 0,6382. Dans le sous-indice des services en ligne, elle atteint 0,9225, 0,9192 dans le capital humain, et 0,8322 pour les infrastructures télécoms. Par ailleurs, en 2024, la Turquie affichait un taux de pénétration d’Internet de 87,3 %, contre 96 % pour la téléphonie mobile, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT). Selon l’indice de développement des TIC 2025, elle a obtenu un score de 88,5 sur 100.
De son côté, le Gabon se classe 121ᵉ au niveau mondial à l’EGDI avec un score de 0,5741 sur 1. Le pays obtient un score de 0,8263 dans le sous-indice des infrastructures télécoms, mais ses résultats sont plus faibles dans les services en ligne (0,3188) et le capital humain (0,5772). Malgré ces défis, le gouvernement entend faire du numérique un pilier central du développement socio-économique national et réduire la dépendance aux ressources extractives. L’exécutif vise une contribution du secteur numérique de 10 à 12 % du PIB d’ici la fin 2025, contre environ 5 % actuellement.
Malgré la volonté clairement affichée par les deux parties, la collaboration reste encore à un stade embryonnaire. Elles ont convenu de poursuivre les échanges techniques afin d’identifier des projets communs susceptibles d’avoir un fort impact pour les citoyens gabonais. Cependant, aucun accord concret n’a encore été signé ni officiellement annoncé. Le chemin vers un partenariat opérationnel reste donc à construire, et il faudra attendre les prochaines étapes pour mesurer la portée réelle de cette coopération.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Dans le cadre de sa transformation numérique, le Liberia franchit une nouvelle étape avec l’appui de partenaires stratégiques du secteur privé. Cette alliance vise à rendre l’administration fiscale plus efficace et plus transparente.
La Liberia Revenue Authority (LRA), instance nationale en charge des impôts, a acté le mercredi 23 juillet un accord avec Orange Money Liberia et Ecobank, pour un système numérique permettant aux citoyens de s’acquitter de leurs impôts et frais publics directement via leur téléphone mobile.
« En quelques clics sur leur téléphone portable, les citoyens peuvent désormais remplir leurs obligations civiques, ce qui leur permet d'économiser du temps, de l'argent et des efforts. [...] Nous sommes ravis de nous associer à la LRA et à Ecobank pour contribuer à la modernisation du système fiscal libérien » a indiqué Maxwell Dodd, PDG d'Orange Money Liberia.
Concrètement, les contribuables peuvent désormais effectuer leurs paiements fiscaux à partir du code USSD *144#, sans besoin de connexion internet. En saisissant leur numéro d’identification fiscale (TIN), le montant dû et la nature du paiement, ils reçoivent instantanément une confirmation par SMS. Le service couvre déjà 18 ministères et agences gouvernementales, et une formation des agents publics a été organisée pour en assurer le déploiement effectif.
L’initiative vise à faciliter le paiement des taxes, notamment pour les populations éloignées des centres urbains, à accroître la transparence et la traçabilité des recettes publiques. Il faut souligner qu’elle favorise l’inclusion financière, car accessible à toute personne disposant d’un téléphone mobile.
À moyen terme, cette plateforme pourrait contribuer à élargir l’assiette fiscale, accroître les recettes de l’État et améliorer l'efficacité administrative. Le Liberia s’inscrit ainsi dans une dynamique régionale où la finance mobile devient un levier de transformation des services publics. À plus long terme, ce modèle de partenariat public-privé pourrait inspirer d’autres pays d’Afrique de l’Ouest dans leur transition vers une gouvernance plus numérique, inclusive et connectée aux réalités du terrain.
Adoni Conrad Quenum
Edité par : Feriol Bewa
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Avec l’accélération de la transformation numérique sur le continent, la demande en compétences numériques connaît également une forte croissance. Face à cet enjeu, les acteurs publics et privés multiplient les initiatives pour former les talents et répondre aux besoins du marché.
Le gouvernement gabonais veut dynamiser le fonctionnement de l’Institut africain d’informatique (IAI), basé à Libreville. L’exécutif entend redonner à cette institution panafricaine fondée en 1971 son statut de fer de lance de la formation d’ingénieurs informaticiens de haut niveau sur le continent.
Mark Alexandre Doumba (photo, à droite), ministre de l'Économie numérique, de la Digitalisation et de l'Innovation, a reçu ce mardi 22 juillet la direction de l’IAI pour faire un point complet sur la situation actuelle. Il a réaffirmé sa volonté de poursuivre, dans la continuité de l'engagement pris par son prédécesseur, une refonte en profondeur de l’Institut.
« Si l’IAI a longtemps incarné l’excellence et l’innovation dans le domaine du numérique en Afrique, les difficultés structurelles et organisationnelles rencontrées ces dernières années ont ralenti son développement et son rayonnement », a déclaré le ministère dans un communiqué publié sur Facebook.
Parmi les priorités évoquées figurent la modernisation de l’offre de formation, la mise en place d’une nouvelle dynamique pédagogique et managériale, la réorganisation de la gouvernance ainsi que l’élaboration d’un plan de redressement structurant. Le ministre a également annoncé la convocation prochaine d’un conseil d’administration extraordinaire avec les États membres pour acter une relance concertée.
Cette volonté du gouvernement intervient dans un contexte de transformation numérique marqué par une demande croissante en compétences. Selon la Banque mondiale, 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030, avec une forte concentration dans les services numériques. Ces opportunités exigeront des profils dotés de compétences intermédiaires ou avancées.
Pourtant, selon une étude de Talentum, une fintech spécialisée dans les ressources humaines, la plupart des pays africains forment encore moins de 5000 ingénieurs informaticiens par an, alors que la demande est souvent dix fois plus élevée. Cette pénurie de compétences techniques freine considérablement la progression de la transformation numérique sur le continent.
Il convient toutefois de rappeler que la relance de l’IAI reste pour l’instant une volonté politique forte, mais encore à concrétiser. Des interrogations subsistent quant à la pérennité du financement des réformes, à la capacité de l’institution à suivre le rythme rapide des évolutions technologiques, ainsi qu’à l’engagement effectif de l’ensemble des États membres. Il s’agit du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Centrafrique, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Niger, du Sénégal, du Tchad, du Togo et du Congo.
Isaac K. Kassouwi
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Le Malawi cherche à généraliser l’usage du numérique alors que 82 % des Malawites n’utilisent pas encore Internet. Parmi les facteurs à prendre en compte figure la disponibilité de contenus en ligne utiles et pertinents pour les populations locales.
Le Fonds du service universel (USF) du Malawi a attribué des subventions d’une valeur totale de 63,4 millions de kwachas malawites (36 700 $) à cinq créateurs de contenus numériques. L’initiative vise, selon les autorités, à encourager la création et la croissance de contenus locaux afin de refléter les réalités malawites et valoriser le développement du pays.
« L’USF identifie les lacunes dans le secteur des communications, et l’une des plus critiques est l’absence de contenus locaux riches, pertinents et engageants. C’est pour cela que nous avons lancé l’Initiative de développement de contenus numériques locaux, afin de permettre aux Malawites de créer et d’accéder à des contenus qui reflètent leur histoire et leur culture », a déclaré Daud Suleman, directeur général de l’Autorité de régulation des communications du Malawi (MACRA).
Au-delà de la valorisation culturelle, cette initiative a de quoi stimuler l’adoption d’Internet dans le pays. Selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA), les taux d’adoption d’Internet mobile sont généralement plus élevés dans les marchés où l’écosystème numérique est dynamique et propose des contenus et services en ligne localisés, adaptés aux besoins des utilisateurs.
Parfois, la simple disponibilité d’un service dans la langue locale suffit à favoriser son utilisation. Dans d’autres cas, la demande se concentre sur des contenus répondant à des besoins spécifiques, comme les transferts d’argent, l’agriculture ou encore la santé. Par exemple, la plateforme « Mobile Connectivity Index » de la GSMA a donné un score 25 sur 100 au Malawi en ce qui concerne la pertinence des contenus produits par rapport à la population.
Pour rappel, le taux de pénétration d’Internet au Malawi était de 18 % en 2023, selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Toutefois, la disponibilité de contenus locaux, bien qu’essentielle, ne saurait à elle seule suffire à connecter les 82 % de la population encore exclus du monde numérique. D’autres facteurs d’adoption entrent en jeu, notamment l’accessibilité financière des appareils compatibles, le coût des forfaits Internet, les compétences numériques de base, ainsi que la couverture et la qualité du réseau.
Isaac K. Kassouwi
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Comme de nombreux pays africains, la Somalie mise sur la coopération internationale pour réaliser ses ambitions de transformation numérique. Récemment, le pays s’est rapproché de l’Union internationale des télécommunications (UIT), entre autres.
Le gouvernement somalien souhaite renforcer sa coopération avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) afin d’accélérer sa transformation numérique. Un protocole d’accord a été signé en ce sens entre les deux parties, le mercredi 16 juillet à Mogadiscio.
Selon Lionel Laurens, représentant résident du PNUD en Somalie, cet accord servira de base au développement de la gouvernance numérique, de l’innovation, de la formation du capital humain et des infrastructures des services publics électroniques.
Ce rapprochement avec le PNUD s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération engagée par le gouvernement pour « favoriser le progrès technologique et l’inclusion numérique » dans le cadre de son développement socio-économique. Début juillet, les autorités somaliennes avaient déjà réaffirmé leur volonté de collaborer avec la communauté internationale lors d’un événement tenu en Suisse. Des échanges ont notamment eu lieu avec des représentants de l’Union internationale des télécommunications, de la Malaisie, de l’Arabie saoudite et de Djibouti.
Les discussions avaient porté sur plusieurs axes : inclusion numérique, renforcement des compétences numériques des jeunes et des fonctionnaires, gouvernance numérique, développement des télécommunications, investissement dans les technologies avancées et cybersécurité.
Pour l’instant, la Somalie reste l’un des pays les moins avancés dans le domaine du numérique. Elle occupe la 191ᵉ place sur 193, au classement 2024 de l’indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies, avec un score de 0,1468 sur 1, contre une moyenne de 0,4247 pour l’Afrique et de 0,6382 au niveau mondial. Le pays est également classé au niveau 4 sur 5 dans l’édition 2024 du Global Cybersecurity Index de l’UIT, avec un score global de 37,38 sur 100, signalant d’importants besoins en matière de capacités techniques, juridiques et humaines.
M. Laurens a réaffirmé l’engagement du PNUD à soutenir activement le gouvernement fédéral, et en particulier le ministère des Télécommunications, qualifié d’acteur clé de la transition numérique dans le pays. Mais il ne s’agit pour l’heure que d’un protocole d’accord. Les prochaines étapes permettront d’évaluer concrètement les retombées de cette coopération.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’intelligence artificielle s’impose comme l’une des technologies phares de la révolution technologique en cours. En Tunisie, les autorités y ont eu recours pour mettre en place le programme de développement national.
En Tunisie, le président de la Commission des plans de développement, Mohamed El Kou, a annoncé le mercredi 9 juillet que l’intelligence artificielle a été utilisée pour élaborer le plan national de développement 2026 - 2030. Ce plan fixe les priorités économiques et sociales du pays pour les cinq prochaines années.
Selon lui, les outils IA ont permis d’analyser une large base de données et d’indicateurs sectoriels afin d’identifier de manière objective les axes stratégiques à privilégier. Le plan en met l’accent sur la transformation numérique, les réformes législatives, le soutien aux PME, l’équité territoriale, la santé et les énergies renouvelables. L’objectif est d’éviter les choix politiques arbitraires et de baser les décisions sur les besoins réels.
« Le recours à l’intelligence artificielle dans la planification est désormais une nécessité. Ceux qui ne s’adaptent pas risquent la marginalisation. [...] Dans un monde en mutation rapide, la Tunisie ne peut rester en retrait. Elle doit accompagner sérieusement le virage numérique et s’y engager pleinement » poursuit Mohamed El Kou, qui précise toutefois que l’IA ne remplace pas l’intelligence humaine, mais la complète, dans le cadre d’une vision d’« État intelligent ».
Cette initiative reflète une volonté de moderniser l’action publique, de gagner en transparence, et de préparer l’économie à la compétition numérique mondiale. Elle survient dans un contexte où l’IA est au cœur des débats. Selon la Banque mondiale, quand cet outil est associé à la gestion et à la prise de décision humaines, il peut être utilisé par les gouvernements pour relever les défis de développement.
« Les technologies de rupture telles que l'intelligence artificielle (IA) ont le potentiel de transformer les gouvernements. L'IA peut être utilisée comme un outil permettant d'offrir une expérience de prestation de services personnalisée, d'améliorer l'efficacité des processus de gestion, de renforcer le respect des politiques et de contribuer à l'identification des fraudes ».
Adoni Conrad Quenum
Edité par : Feriol Bewa
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Par cette démarche inédite, le pays tend la main aux Afro-descendants, réaffirmant son rôle de terre de mémoire, de réconciliation et d’avenir partagé.
Le Bénin a lancé, le vendredi 4 juillet 2025, la plateforme numérique My Afro Origins, destinée à accueillir les demandes de reconnaissance de la nationalité béninoise par les Afro-descendants.
Ce portail s’inscrit dans la mise en œuvre de la loi n°2024-31 du 2 septembre 2024 qui consacre, pour la première fois, le droit au retour et à la citoyenneté pour les descendants d’Africains subsahariens déportés durant la traite négrière et le commerce triangulaire.
« Nos frères et sœurs de la diaspora, déracinés de force lors des heures sombres de la traite transatlantique, doivent retrouver leur place au sein de la communauté africaine. Il est temps de guérir ces blessures, de recréer ce lien sacré avec ceux qui, bien que physiquement éloignés, portent l’Afrique dans leur cœur », a déclaré Olushegun Adjadi Bakari, ministre des Affaires étrangères du Bénin.
🇧🇯 #MyAfroOrigins | Le Bénin franchit une étape historique en lançant https://t.co/xECNhS3QvZ, la plateforme dédiée à la reconnaissance de la nationalité béninoise pour nos frères et sœurs afro-descendants.
— Olushegun ADJADI BAKARI (@shegunbakari) July 7, 2025
Ce faisant, le @gouvbenin réaffirme leur droit au retour. L’Afrique est… pic.twitter.com/MLpcTjWU97
Cette information s’inscrit dans un contexte où les Afro-descendants, en particulier les Afro-américains et les Afro-caribéens, cherchent à revenir en Afrique, renouer les liens et contribuer au développement du continent. Elle intervient également dans le cadre de la décennie internationale des personnes d’ascendance africaine 2015-2024 proclamée par l’ONU pour promouvoir les droits humains, la justice et le développement pour les personnes d’origine africaine vivant hors du continent.
Le Bénin a lancé plusieurs initiatives pour favoriser le retour des Afro-descendants et renforcer les liens avec sa diaspora mondiale. Les Vodun Days sont devenus un rendez-vous essentiel pour la diaspora africaine. De nombreux Afro-descendants, venus d’Haïti, des États-Unis ou du Brésil, y voient une opportunité de renouer avec leurs racines. De plus, le Bénin a vu émerger, ces dernières années, de nombreux Guadeloupéens animés par le désir de retrouver leurs racines africaines.
Cette initiative est également portée par plusieurs pays, dont le Ghana avec son programme « Year of Return » en 2019, et la Guinée-Bissau, qui a récemment accordé la citoyenneté et délivré des passeports nationaux à un premier groupe de personnes d’origine africaine.
Au-delà de la reconnaissance de la nationalité béninoise aux Afro-descendants, cette initiative pourrait créer de réelles opportunités de développement économique, culturel et éducatif.
Notons que la plateforme My Afro Origins permet, entre autres, de s’informer, de constituer son dossier et d’effectuer le paiement des frais de traitement de 100 $.
Lydie Mobio
Edité par M.F. Vahid Codjia