Comme de nombreux pays africains, le Zimbabwe mise sur les TIC pour son développement socio-économique. Le pays compte sur la coopération régionale et internationale pour réaliser ses objectifs.
Le gouvernement zimbabwéen explore de nouvelles pistes de collaboration avec l’UNESCO dans les domaines de l’intelligence artificielle (IA), de la transformation numérique et de la gouvernance numérique. Cette coopération a été au cœur d’une réunion le mardi 10 février entre la ministre des TIC, Tatenda Mavetera (photo, au centre), et Tawfik Jelassi, directeur général adjoint de l’UNESCO pour la communication et l’information.
« Nos discussions ont porté sur l’intelligence artificielle et les cadres nationaux de politique, la transformation numérique dans le secteur public, la régulation et la gouvernance des plateformes, ainsi que le développement des compétences numériques pour les jeunes et les adultes », a déclaré M. Jelassi.
De son côté, Mme Mavetera a mis en avant le rôle transformateur de l’IA et des technologies émergentes dans le fonctionnement du gouvernement et le développement national. Elle a souligné l’importance de la recherche, de l’innovation et de la collaboration avec les institutions académiques et techniques pour favoriser des solutions technologiques durables.
Ce rapprochement s’inscrit dans le cadre des ambitions de transformation numérique des autorités zimbabwéennes. À travers le « Plan directeur Smart Zimbabwe 2030 », le gouvernement souhaite intégrer pleinement les TIC dans l’ensemble de la société et dans tous les secteurs de l’économie afin de favoriser un développement socio-économique rapide et durable. Le plan cite une étude de l’Union internationale des télécommunications (UIT) indiquant qu’une augmentation de 10 % du score de numérisation d’un pays entraîne une hausse de 0,75 % de son PIB par habitant.
Dans cette stratégie, l’intelligence artificielle est considérée comme un catalyseur essentiel, promettant d’accroître l’efficacité, de stimuler l’innovation et d’améliorer les services dans des secteurs allant de l’agriculture et la santé à l’éducation et l’administration publique. C’est précisément autour de l’IA que se concentre la collaboration récente avec l’UNESCO, qui a participé à l’élaboration de la stratégie nationale du Zimbabwe et à l’évaluation de l’état de préparation du pays pour l’IA.
Le rapport d’évaluation publié en juillet 2025 souligne toutefois que, pour exploiter pleinement le potentiel de l’IA, le Zimbabwe doit mettre en place une stratégie nationale complète, accompagnée d’un plan visant à gérer les principaux défis et risques. Ceux-ci incluent la domination étrangère, notamment par l’imposition culturelle, la perte d’autonomie humaine, ainsi que les limites de financement, d’infrastructures techniques et de capacités de recherche, aggravées par l’émigration de talents hautement qualifiés, connue sous le nom de « fuite des cerveaux ».
Actuellement, le Zimbabwe occupe la 149ᵉ place sur 193 pays dans l’indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, avec un score de 0,4481 sur 1, en dessous de la moyenne mondiale de 0,6382.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les autorités misent sur la transformation numérique pour soutenir la montée en compétence des populations. En janvier, elles avaient lancé des formations en IA obligatoires pour tous les fonctionnaires.
Le gouvernement rwandais s’associe à la société technologique américaine Oracle pour lancer une initiative nationale de développement des compétences numériques. Un protocole d’accord signé entre les deux parties a été annoncé le mardi 10 février.
Selon Oracle, l’initiative vise à offrir aux Rwandais une formation numérique de haut niveau, alignée sur les standards internationaux et reconnue par l’industrie, à travers ses programmes Oracle Academy et Oracle University. Oracle Academy interviendra au sein des établissements d’enseignement en dotant les enseignants de contenus pédagogiques actualisés, de ressources structurées et d’un accès à des technologies professionnelles, ainsi qu’à divers outils logiciels et dispositifs de perfectionnement, afin de renforcer la qualité de l’enseignement numérique.
De son côté, Oracle University proposera, via un portail e-learning, des formations spécialisées et des certifications reconnues dans des domaines stratégiques tels que le cloud computing, l’intelligence artificielle, l’IA générative, la cybersécurité, la programmation et les processus métier, avec pour objectif de préparer les apprenants aux compétences recherchées sur le marché du travail.
Le programme intervient alors que le Rwanda, à l’instar de nombreux pays africains, a fait de la transformation numérique un levier central de son développement socio-économique. L’Union internationale des télécommunications (UIT) souligne que les compétences numériques constituent un pilier essentiel de la numérisation des économies et un élément désormais central des stratégies nationales de transformation digitale.
Par ailleurs, une étude publiée en octobre 2025 par le ministère des TIC et de l’Innovation (MINICT), en partenariat avec la Digital Cooperation Organisation (DCO), mettait en évidence un décalage entre les compétences recherchées par les employeurs et celles développées dans les universités. Cette inadéquation crée des contraintes pour l’industrie, et les acteurs du secteur privé ont appelé à un renforcement des investissements académiques dans la formation aux métiers du numérique. Les enseignants et professeurs universitaires ont notamment besoin de compétences numériques avancées pour mieux préparer les étudiants aux exigences actuelles et futures du marché du travail.
Selon la Banque mondiale, 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Cette dynamique représente une opportunité majeure dans un contexte rwandais marqué par un chômage élevé : la Banque africaine de développement (BAD) estimait le taux de chômage à 40,2 % en 2023, soulignant que l’inadéquation des compétences en constitue l’une des principales causes. Dans une étude publiée en 2022, la Banque mondiale indiquait également qu’environ 14 % de la population active est sans emploi et ne dispose pas des qualifications requises par le marché. Le chômage des jeunes atteint près de 21 %, et parmi ceux qui travaillent, environ 60 % occupent des emplois peu productifs, notamment dans l’agriculture de subsistance, le commerce de détail ou la construction.
Si la formation est en ligne et complètement gratuite, l’accès réel des populations rwandaises dépendra de plusieurs autres facteurs, notamment l’accès à des appareils numériques (smartphones, tablettes, ordinateurs…) ou encore l’accès à Internet. Selon DataReportal, le pays comptait 5,01 millions d’abonnés à l’Internet fin décembre 2025, pour un taux de pénétration de 34,2 %.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La transformation numérique devient un levier stratégique pour le développement socio-économique en Afrique. Pour accélérer l’atteinte de leurs objectifs, les États africains s’appuient sur des partenariats internationaux.
Le gouvernement indien a annoncé le vendredi 6 février la signature de protocoles d’accord avec 23 pays, dont six africains, en vue d’une coopération sur les infrastructures publiques numériques (DPI). Cette collaboration envisagée porte notamment sur l’identité numérique, les paiements numériques, l’échange de données et les plateformes de fourniture de services publics.
Les pays africains concernés sont la Sierra Leone, la Tanzanie, le Kenya, l’Éthiopie, la Gambie et le Lesotho. Ils pourront répliquer ou adopter des plateformes indiennes de gouvernance numérique, accessibles via India Stack Global, un portail qui met en avant les DPI développées par l’Inde et facilite leur déploiement auprès des pays partenaires. La plateforme donne accès à 18 solutions numériques clés.
Il s’agit notamment d’Aadhaar, une plateforme d’identité numérique biométrique ; de Unified Payments Interface (UPI), un système de paiement numérique en temps réel ; de DigiLocker, un portefeuille numérique de documents authentifiés ; de e-Hospital, un système de gestion hospitalière en ligne ; de e-Office, une plateforme de gouvernance sans papier ; de eCourts, dédié à la numérisation des procédures judiciaires ; et de DIKSHA, une plateforme nationale d’apprentissage numérique.
Les autres solutions couvrent notamment la gestion des services de vaccination, le partage sécurisé des données, la santé numérique, les achats publics, les services administratifs en ligne, la télémédecine, le suivi des maladies non transmissibles, les services nutritionnels, la formation et l’emploi, la gestion des financements publics et la planification des infrastructures.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où de nombreux pays africains misent sur la transformation numérique comme levier de développement socio-économique. Les DPI sont de plus en plus perçues comme des outils structurants pour améliorer l’efficacité de l’action publique, renforcer l’inclusion financière et élargir l’accès aux services essentiels. Dans ce domaine, l’Inde s’impose comme l’un des référents mondiaux, ses plateformes desservant environ 1,3 milliard de personnes et suscitant l’intérêt croissant de nombreux pays. À titre d’exemple, UPI est déjà opérationnel aux Émirats arabes unis, à Singapour, au Bhoutan, au Népal, au Sri Lanka, en France, à Maurice et au Qatar.
L’Inde est classée 97e mondial à l’Indice mondial de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024 avec un score de 0,6678 sur 1. Elle se situe au-dessus de la moyenne mondiale (0,6382) et de celle africaine (0,4247). Dans le sous-indice des services en ligne, elle a enregistré un score de 0,8184 sur 1, supérieur à la moyenne mondiale (0,5754 sur 1).
Il convient toutefois de rappeler que cet intérêt croissant pour le modèle des infrastructures publiques numériques (DPI) soulève plusieurs interrogations, notamment en matière de cybersécurité. Dans une étude publiée en octobre 2025, le Forum économique mondial (WEF) souligne qu’alors que les gouvernements du monde entier, et en particulier ceux du Sud global, cherchent à reproduire des architectures similaires, la question n’est plus seulement de savoir comment construire des DPI, mais comment les concevoir de manière sécurisée.
L’étude met notamment en lumière plusieurs vulnérabilités observées en Inde. L’exposition publique d’informations personnelles de responsables a ainsi conduit à une fuite massive de données ayant affecté plus de 20 millions de citoyens. Le système a également été confronté à des tentatives de manipulation à l’aide de supports biométriques falsifiés, tandis que des attaques par corrélation ont révélé que l’intégration d’Aadhaar à de multiples services publics pouvait engendrer des risques en cascade pour la protection de la vie privée.
Face à l’expansion des cybermenaces visant les infrastructures critiques, le WEF estime que la sécurisation des DPI apparaît dès lors indispensable. Même une cyberattaque potentielle peut compromettre l’intégrité et la disponibilité de ces systèmes, tout en affaiblissant la confiance des citoyens. Parmi les principaux risques identifiés figurent la fraude à l’identité synthétique, les biais algorithmiques, les cybermenaces alimentées par l’intelligence artificielle, ainsi que les enjeux de souveraineté des données.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Depuis une décennie, le gouvernement béninois multiplie les réformes et investissements pour faire du numérique un levier de modernisation de l’État. Les autorités travaillent désormais à une nouvelle stratégie destinée à consolider les acquis et à fixer les priorités du secteur.
Le Bénin a engagé un processus de réflexion pour élaborer sa Stratégie numérique à l’horizon 2031. Les principaux acteurs du secteur se sont réunis les jeudi 5 et vendredi 6 février à Cotonou lors d’un atelier stratégique, marquant le lancement des travaux devant structurer l’action publique dans le numérique à moyen terme.
Les discussions ont porté sur plusieurs priorités, notamment l’extension de la couverture Internet sur l’ensemble du territoire, la modernisation des services publics à travers les e-services, ainsi que le développement de technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle dans des secteurs à fort potentiel. Les participants ont également examiné l’adéquation entre les compétences numériques locales et les besoins du marché, de même que les mécanismes de financement nécessaires à la mise en œuvre de la future stratégie.
Cette nouvelle feuille de route s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis 2016. Celles-ci ont permis le déploiement de plus de 3000 kilomètres de fibre optique, l’amélioration de la couverture nationale, la mise en place du Registre national des personnes physiques et le lancement de plus de 250 services publics numériques. Ces avancées ont contribué à positionner le Bénin parmi les pays africains les mieux classés dans l’indice de maturité GovTech 2025, aux côtés notamment de l’Algérie, de l’Afrique du Sud et du Nigeria.
Malgré ces progrès, plusieurs défis demeurent, en particulier l’accès à Internet dans certaines zones, l’appropriation des services numériques par les populations et l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’économie. À travers cette future stratégie, les autorités ambitionnent de consolider les acquis, d’accélérer l’inclusion numérique et de faire du secteur un moteur durable de croissance et de transformation économique à l’horizon 2031.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Une infrastructure nationale bien structurée est un pilier de la transformation numérique. Sans mesures de sécurité adaptées, les bénéfices attendus restent fragiles.
Les autorités tchadiennes ont confié à Techso Group la mission de sécuriser le data center national, en amont de son lancement. Un accord tripartite a été signé le jeudi 5 février entre l’entreprise, l’Agence de développement des TIC (ADETIC) et l’Agence nationale de sécurité informatique et de certification électronique (ANSICE).
Le partenariat porte sur un audit de sécurité ainsi que sur la certification du site et des équipements, afin d’assurer leur conformité aux normes en vigueur en matière de protection des infrastructures critiques. « Il s’agit de garantir la fiabilité, l’intégrité et la résilience du data center national », a déclaré Nadjma Saleh Kebzabo (photo, au centre), directrice générale adjointe de l’ANSICE.
Par ailleurs, l’accord prévoit également l’opérationnalisation des 100 micro-centres de données déployés dans les différentes institutions de l’État. « Interconnectés au data center national, ces dispositifs permettront d’asseoir une architecture numérique unifiée, sécurisée et performante, au service de la dématérialisation des procédures administratives et de l’amélioration de la qualité du service public », a déclaré l’ADETIC dans un communiqué.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué, selon les autorités tchadiennes, par des « défis croissants liés à la cybercriminalité et à la protection des données sensibles ». En effet, la transformation numérique s’accélère à travers le continent, avec de nombreux pays misant sur l’intégration des TIC dans les secteurs pour soutenir le développement socio-économique. Le Tchad, par exemple, accorde une place importante au numérique dans son plan de développement « Tchad Connexion 2030 ».
Il est notamment prévu 1,5 milliard de dollars d’investissements dans le numérique. Cela vise à hisser le pays parmi les principales économies numériques d’Afrique et à étendre significativement la couverture des réseaux afin de connecter la majorité de la population. Le programme prévoit également la numérisation et l’interconnexion de l’ensemble des services publics et parapublics, pour offrir aux citoyens un accès complet aux services d’e‑gouvernement. Le désenclavement numérique figure aussi parmi les priorités des autorités.
Cependant, l’Union internationale des télécommunications (UIT) estime que la cybersécurité est une condition incontournable si les pays veulent pleinement tirer parti des opportunités que présentent les TIC pour le développement. L’organisation a d’ailleurs classé le Tchad dans l’avant-dernier palier (Tier 4) pour son Indice global de cybersécurité en 2024. Le pays a enregistré une performance jugée relativement bonne dans les piliers du cadre réglementaire et de la coopération. Il doit toutefois redoubler d’efforts en ce qui concerne les mesures techniques, organisationnelles et de développement des capacités.
Pour le moment, le Tchad se classe 189e sur 193 à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) avec un score de 0,1785 sur 1. Le pays se situe en dessous de la moyenne en Afrique (0,4247) et de la moyenne mondiale (0,6382).
Isaac K. Kassouwi
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En donnant accès à des ressources vocales multilingues, Google veut favoriser l’émergence d’outils d’IA adaptés aux réalités locales, avec des applications potentielles dans l’éducation, la mobilité, les services financiers et la communication numérique.
Google a annoncé lundi 2 février le lancement de WAXAL, une base de données vocale conçue pour faciliter le développement de technologies d’intelligence artificielle adaptées à l’Afrique subsaharienne. L’ensemble des données couvre 21 langues, dont le yoruba, acholi, hausa, luganda, malagasy et shona, et contient plus de 11 000 heures d’enregistrements audio provenant de près de 2 millions d’enregistrements individuels.
« Nous voulions capturer la façon dont les gens parlent vraiment, alors nous avons demandé aux participants de décrire différentes images dans leur langue maternelle. Nous avons également enregistré des acteurs vocaux professionnels en studio pour créer l’audio de haute qualité nécessaire à la technologie du texte à la parole », a expliqué Google dans un communiqué.
Selon Google, WAXAL comprend 1 250 heures de discours transcrits pour la reconnaissance automatique de la parole et plus de 20 heures d’enregistrements studio pour la synthèse vocale (text-to-speech). La collecte a été réalisée en collaboration avec des partenaires africains, notamment l’Université Makerere en Ouganda, l’Université du Ghana et Digital Umuganda au Rwanda. Des experts régionaux ont assuré la qualité des enregistrements pour les applications professionnelles.
La mise à disposition de WAXAL se fait en licence ouverte sur la plateforme Hugging Face, ce qui permet aux chercheurs et développeurs d’accéder librement aux données. L’objectif affiché est double : stimuler l’innovation dans les technologies vocales en Afrique et contribuer à la préservation numérique des langues locales.
Selon les estimations de l’UNESCO, l’Afrique compte entre 1500 et 3000 langues distinctes, mais la majorité des outils numériques ne prend en charge que quelques langues principales. L’absence de données de qualité constitue un frein majeur à l’essor des assistants vocaux, des applications éducatives ou des outils de transcription automatique sur le continent.
Outre WAXAL, plusieurs projets locaux en Afrique cherchent à combler le déficit de données vocales. Au Bénin, l’initiative « JaimeMaLangue » mobilise les citoyens pour construire une base nationale en langues locales ; des jeux de données comme African Voices (Nigeria) ou African Next Voices (Mali) enrichissent les corpus pour des langues sous-représentées. Des programmes universitaires en Afrique de l’Est développent des ressources pour le luganda, le swahili et d’autres langues, contribuant ainsi à un écosystème plus robuste pour les technologies vocales africaines.
Samira Njoya
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Les compétences numériques sont considérées comme un socle de la transformation numérique. Par exemple, il est estimé à environ 230 millions le nombre d’emplois qui nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.
La South African Broadcasting Corporation (SABC), le radiodiffuseur public sud‑africain, s’est associée à Microsoft South Africa pour former les citoyens aux compétences numériques et à l’intelligence artificielle (IA). Les contenus de formation seront diffusés via SABC Plus, une plateforme de streaming gratuite qui revendique plus de 1,9 million d’utilisateurs enregistrés.
« L’IA peut être un puissant vecteur d’opportunités. En nous associant à la SABC, nous visons à intégrer les compétences numériques et en IA dans le quotidien de millions de Sud‑Africains. Cette initiative permet aux apprenants, aux enseignants et aux demandeurs d’emploi d’accéder à des parcours pratiques et certifiés qui les préparent à la main‑d’œuvre de demain. Démocratiser les compétences en IA n’est pas seulement un objectif, c’est notre responsabilité pour façonner une économie numérique plus inclusive », a déclaré Tiara Pathon, directrice des compétences IA pour Microsoft Elevate en Afrique du Sud.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Microsoft Elevate, qui vise à doter les individus et les organisations des compétences et outils nécessaires pour prospérer dans une économie axée sur l’IA. Elle prolonge également l’AI Skills Initiative, lancée en 2025, par laquelle Microsoft s’était engagé à former un million de Sud‑Africains d’ici 2026. À ce jour, le groupe indique avoir touché 4 millions d’apprenants, formé 1,4 million de personnes et délivré des certifications à près de 500 000 citoyens, illustrant l’ampleur de l’impact déjà enregistré.
Le programme intervient dans un contexte de transformation numérique marqué par une demande croissante en compétences numériques sur le marché du travail. Selon la Banque mondiale, 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques en Afrique subsaharienne d’ici 2030. Microsoft s’appuie également sur le Future of Jobs Report 2025 du Forum économique mondial, qui classe les compétences en IA et en données parmi les plus recherchées à l’horizon 2030. LinkedIn indique de son côté que les recrutements liés à l’IA ont progressé de 25 % sur un an, tandis que les offres d’emploi exigeant une maîtrise de l’IA ont augmenté de 70 %, bien au‑delà des seuls profils techniques.
En Afrique du Sud, le AI Diffusion Report de Microsoft montre que l’adoption de l’IA est passée de 19,3 % au premier semestre 2025 à 21,1 % au second, soit une hausse de 1,8 point. La plateforme de recrutement Pnet souligne par ailleurs que la demande en compétences liées à l’IA dans la nation arc‑en‑ciel a progressé de 352 % entre janvier 2019 et juillet 2025.
Cette initiative soulève toutefois des interrogations quant à son efficacité réelle. Sur les 1,9 million d’utilisateurs enregistrés sur SABC Plus, seulement 25 % sont actifs, ce qui limite mécaniquement la portée effective du programme. En outre, si l’accès à la plateforme est gratuit, son utilisation suppose une connexion Internet, encore inégalement accessible, notamment pour les populations vivant dans des zones mal couvertes ou disposant de moyens financiers limités. Enfin, les personnes ne disposant pas d’équipements numériques adaptés restent de facto exclues du dispositif.
Isaac K. Kassouwi
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Alors que les start‑up algériennes peinent encore à accéder à des financements privés structurés, les autorités boursières misent sur un levier inédit pour rapprocher l’écosystème entrepreneurial du marché financier.
Les start‑up labellisées peuvent lever des fonds à la Bourse d’Alger sans payer les frais d’introduction, grâce à un dispositif exceptionnel valable jusqu’en 2028. La mesure a été annoncée le dimanche 1ᵉʳ février par la Commission d’Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse (COSOB), en coordination avec la Société de Gestion de la Bourse des Valeurs (SGBV) et Algérie Clearing.
Le mécanisme cible les opérations réalisées via le compartiment « Croissance », un segment du marché des titres de capital destiné aux entreprises à fort potentiel. Les start‑up éligibles bénéficient d’une exonération totale des frais liés à l’obtention du visa sur les documents d’information, à l’admission à la cote, ainsi qu’à l’administration, la conservation et la gestion des titres.
Le dispositif s’applique aux levées de fonds plafonnées à 500 millions de dinars algériens (3,85 millions USD) et couvre toutes les opérations engagées entre 2026 et 2028. En supprimant ces coûts d’entrée, souvent dissuasifs pour les jeunes entreprises, les autorités cherchent à lever un frein majeur à l’accès au marché boursier comme source de financement alternatif. Le paysage entrepreneurial algérien compte aujourd’hui plus de 7800 start‑up enregistrées sur le portail officiel startup.dz, dont environ 2300 ont obtenu le label officiel « start‑up ».
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de soutien à l’entrepreneuriat et à l’innovation, présentés par les pouvoirs publics comme des leviers essentiels de diversification de l’économie nationale. Elle intervient dans un contexte où la Bourse d’Alger reste de taille modeste, avec seulement huit titres cotés à la fin du premier semestre 2025, incluant les récentes introductions de la Banque de Développement Local (BDL) et de la start‑up Moustachir.
À ce jour, Moustachir demeure la seule start‑up algérienne à avoir accédé à la cote. Introduite en 2024, l’entreprise avait fixé des objectifs ambitieux : un chiffre d’affaires supérieur à 55 millions de dinars en 2025, avec une trajectoire projetée au‑delà de 187 millions de dinars à l’horizon 2028. En moins de deux ans, la start‑up s’est déjà implantée sur plusieurs marchés du Moyen‑Orient, notamment à Oman et aux Émirats arabes unis.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les autorités poursuivent les efforts en faveur de la transformation numérique. L’exécutif a adopté en septembre 2025 un cadre légal pour la numérisation des services publics.
Le gouvernement gabonais veut mettre en place un cadre juridique pour l’archivage numérique dans le pays. L’initiative a fait l’objet d’un projet d’ordonnance adopté le jeudi 29 janvier, lors du Conseil des ministres.
Selon les autorités, l’initiative s’inscrit dans la politique nationale d’archivage et fixe les principes et règles applicables à la constitution, conservation, gestion et valorisation des documents électroniques et numériques. Elle encadre également l’activité des prestataires de services de dématérialisation et de conservation des archives électroniques.
Le ministère de l’Économie numérique explique que cette mesure permet notamment la création, conservation et sécurisation des documents administratifs sous forme numérique ; une meilleure organisation et protection des archives de l’État ; une régulation des prestataires de numérisation et de conservation.
Cette initiative s’inscrit dans les ambitions de transformation numérique du Gabon. Alors que les autorités veulent intégrer le numérique à tous les secteurs d’activité, l’archivage numérique est censé garantir plus d’efficacité, moins de pertes de données et plus de transparence, notamment dans l’administration publique.
Depuis juillet 2025, le gouvernement explore des solutions locales pour la gestion électronique des documents administratifs, s’étant rapproché d’entreprises comme CompanyViene et ST Digital. Début décembre, un atelier avait réuni les acteurs du secteur pour jeter les bases d’un système intégré et sécurisé d’archivage des actes judiciaires, afin d’améliorer leur traitement et leur accessibilité aux citoyens.
La digitalisation des archives pose toutefois plusieurs interrogations, notamment celles liées à la sécurité, dans un contexte de recrudescence des cyberattaques et de la cybercriminalité en Afrique. Le Gabon fait partie des pays les moins avancés en matière de cybersécurité, selon le Global Security Index 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT). L’organisation estime que le pays a mis en place un cadre légal favorable à la cybersécurité, ayant obtenu le score maximal (20/20) dans ce volet. Cependant, il présente des lacunes en ce qui concerne l’organisation, le développement des capacités, la coopération et les mesures techniques. Pour ce volet, le pays affiche un score de 0/20.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Selon la Banque mondiale, environ 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Cette évolution soutient la transformation numérique en cours sur le continent.
Le gouvernement capverdien a lancé, la semaine dernière, le programme « Skodji Digital » pour former jusqu’à 3000 jeunes aux compétences numériques. D’un coût de 400 000 euros (environ 477 000 dollars), cette initiative vise à permettre aux jeunes de participer à l’économie mondiale du travail indépendant « gig economy », d’accéder à des opportunités de travail à distance et de développer des micro‑entreprises numériques.
Dans sa première phase, le programme soutiendra directement 1050 participants, dont des jeunes résidant sur le territoire national et au sein de la diaspora. Les candidatures sont déjà ouvertes et le resteront jusqu’au 25 février, via une plateforme dédiée, tandis que la phase de formation, selon son type, aura une durée variable comprise entre deux et six mois.
« Skodji Digital prévoit une formation structurée en compétences numériques alignées sur la demande du marché mondial, un accès accompagné aux plateformes internationales d’emploi numérique et de travail indépendant, l’activation de carrières dans des secteurs numériques émergents ainsi que des parcours dédiés à l’entrepreneuriat numérique et à la création de micro‑initiatives entrepreneuriales », peut‑on lire dans un communiqué du gouvernement.
Cette démarche s’inscrit dans la stratégie numérique du Cap‑Vert, qui repose sur l’expansion des services numériques, l’attraction d’entreprises internationales, l’accueil de travailleurs à distance et l’investissement dans les compétences locales. Le pays s’est notamment rapproché du Portugal afin de devenir un vivier de talents numériques pour les entreprises portugaises. Les deux parties entendent renforcer leur coopération pour la mise en place d’une offre de formation alignée sur les besoins du marché et dans la création d’un environnement favorable à l’expérimentation de solutions technologiques.
Cette initiative du gouvernement capverdien constitue aussi un levier pour l’emploi. Le pays dispose d’une population d’environ 600 000 habitants, majoritairement jeune, selon la Banque africaine de développement (BAD). L’institution financière indique que le taux global de chômage est de 14,5 %. Chez les jeunes, il grimpe à 27,8 %, à raison de 33,4 % pour les femmes et 22,9 % pour les hommes.
Il convient toutefois de rappeler que le développement de la gig economy ainsi que le travail à distance nécessitent, entre autres, un accès de qualité à Internet. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), le taux de pénétration d’Internet dans le pays était de 73,5 % en 2023.
Isaac K. Kassouwi
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Les autorités malgaches misent sur le numérique comme levier de développement socio‑économique. Cette orientation concerne l’ensemble des secteurs, notamment l’éducation.
Le gouvernement malgache poursuit ses efforts en faveur de la transformation numérique de l’enseignement supérieur. Un partenariat a été officialisé la semaine dernière entre la Primature et cinq ministères, dont ceux chargés du Développement numérique et de l’Enseignement supérieur.
Dans un communiqué publié le mercredi 21 janvier 2026, le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications (MDNPT) a déclaré que ce partenariat traduit la vision selon laquelle « la transformation numérique de l’enseignement supérieur n’est plus une option, mais une nécessité pour améliorer l’accès de tous les jeunes à une éducation de qualité et les préparer au marché du travail de demain ».
Dans ce cadre, le MDNPT pilote plusieurs axes clés, dont l’intégration du numérique dans les universités via le déploiement de l’Internet haut débit et leur interconnexion à la plateforme numérique nationale. Le ministère soutient aussi la recherche en Big Data et en intelligence artificielle par l’accès aux centres de données, promeut l’entrepreneuriat numérique au sein des universités et œuvre à la valorisation des compétences locales afin d’aligner les certifications sur les standards internationaux et les besoins du secteur privé.
La signature de ce partenariat intervient quelques semaines après que le ministère a signé un accord avec un opérateur télécoms privé malgache pour déployer des points d’accès Wi‑Fi (hotspots Internet) destinés aux étudiants dans les universités.
L’intégration des TIC à tous les niveaux de l’enseignement figure parmi les priorités du Plan stratégique du numérique (PSN 2023–2028). Le gouvernement vise ainsi à renforcer une éducation inclusive, adaptée aux normes et besoins actuels, en généralisant l’usage des TIC dans l’enseignement. Cette stratégie comprend, entre autres, la numérisation des supports pédagogiques, l’adaptation des méthodes d’apprentissage et la digitalisation du parcours étudiant, tout en valorisant et sécurisant les compétences et en mettant en place un référentiel formation‑emploi pour améliorer l’orientation des étudiants.
Il convient toutefois de rappeler que la numérisation de l’enseignement supérieur à Madagascar demeure à un stade embryonnaire. En juillet 2025, lors d’une conférence‑débat organisée par le PNUD et la Banque mondiale, les acteurs du secteur ont mis en avant plusieurs contraintes structurelles persistantes, notamment la faible connectivité, le manque d’équipements, la fragmentation institutionnelle et les fortes disparités d’accès. Ils ont également insisté sur la nécessité de stratégies claires, de plans de mise en œuvre assortis de mécanismes rigoureux de suivi‑évaluation, ainsi que d’une volonté politique affirmée, d’une meilleure coordination entre les acteurs et d’une inclusion effective.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le Zimbabwe ambitionne de connecter l’ensemble de ses établissements scolaires dans le cadre d’un programme de généralisation de l’accès à Internet. Cette ambition se heurte toutefois aux limites actuelles du réseau télécoms, qui excluent encore certaines zones et une partie de la population.
Le gouvernement zimbabwéen a décidé d’équiper les écoles primaires et secondaires du pays de 8000 kits Internet Starlink. Selon les autorités, cette initiative vise à garantir une connectivité à l’échelle nationale pour les établissements scolaires, en particulier dans les zones reculées et mal desservies.
The Minister of ICT, Postal and Courier Services, Hon. Tatenda Mavetera, today donated 8,000 Starlink internet kits to the Ministry of Primary and Secondary Education under the Presidential Internet Scheme.
— Ministry of ICT, Postal & Courier Services - Zim (@MICTPCS_ZW) January 21, 2026
The consignment was officially received by the Minister of Primary and… pic.twitter.com/GK3CGoJoek
Les équipements ont été officiellement remis le mercredi 21 janvier 2026 par le ministère des Technologies de l’information et de la communication (TIC) à celui de l’Enseignement primaire et secondaire. À cette occasion, la ministre des TIC, Tatenda Mavetera, a indiqué que le programme ambitionne de réduire la fracture numérique et d’offrir aux apprenants de tout le Zimbabwe un accès à des services Internet abordables et fiables.
Dans un communiqué publié sur X, le ministère des TIC a précisé que « cette démarche devrait renforcer l’apprentissage numérique, améliorer l’accès aux ressources éducatives mondiales et préparer les élèves à participer de manière compétitive à l’économie numérique ». Il a ajouté que cette initiative s’inscrit dans les efforts du gouvernement visant à moderniser le secteur de l’éducation et à promouvoir un accès inclusif aux technologies de l’information et de la communication.
Le Zimbabwe bénéficie déjà du projet GIGA, une initiative conjointe de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et de l’UNICEF), qui vise à connecter toutes les écoles du monde à Internet. Selon des données officielles citées par GIGA en mars 2025, 3500 établissements scolaires zimbabwéens sur un total de 7000 sont déjà connectés. L’UIT s’était engagée à collaborer avec les autorités nationales pour identifier les solutions de connectivité les plus performantes et les plus rentables pour les écoles restantes.
Si le potentiel des TIC pour améliorer le système éducatif est largement reconnu, notamment par l’UNESCO, le recours à la technologie satellitaire de Starlink, qui offre une couverture étendue et des débits relativement élevés, soulève néanmoins plusieurs interrogations. Celles‑ci portent notamment sur la disponibilité des équipements de connexion dans les écoles (ordinateurs, tablettes ou smartphones), les compétences numériques des enseignants, l’accès à l’électricité, la pertinence des contenus pédagogiques numériques, ainsi que la pérennité du modèle, dans la mesure où Starlink repose sur des abonnements mensuels.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le Soudan du Sud développe progressivement son infrastructure numérique nationale. Début 2025, le pays comptait environ 1,9 million d’abonnés à Internet, pour un taux de pénétration de 15,7 %, selon DataReportal.
Les autorités sud‑soudanaises ont officiellement mis en place la semaine dernière un Comité de supervision des services de passerelle et du centre de données. Sa mission est de renforcer la gouvernance, la responsabilité et le contrôle institutionnel sur ces infrastructures stratégiques.
Le comité a été créé par l’Autorité nationale des communications (NCA) avec l’expertise de la société suisse mgi communications ag (MGI). Ses priorités incluent la numérisation des flux de revenus de la passerelle internationale du Soudan du Sud (SSIGW), la modernisation des infrastructures pour stimuler la transformation numérique, et la garantie que toutes les opérations protègent strictement la souveraineté nationale et les intérêts de sécurité.
« En renforçant la supervision réglementaire et en numérisant la collecte des revenus, la NCA veille à ce que les ressources nationales de communication contribuent directement à la croissance économique du pays et à l’indépendance technologique, pour un futur plus connecté », a déclaré le régulateur télécoms.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de transformation numérique des autorités sud‑soudanaises. Le président a récemment signé un décret ordonnant la numérisation de toutes les institutions publiques. L’exécutif estime que cette transformation ouvre la voie à plusieurs bénéfices : stimulation de l’innovation, amélioration de la productivité, accès aux marchés mondiaux, création d’emplois, promotion de l’entrepreneuriat, développement des infrastructures, prise de décision fondée sur les données et croissance inclusive.
Pour atteindre ces objectifs, l’exécutif cherche à renforcer l’infrastructure numérique. Par exemple, en juillet 2025, un budget de plus de 9 milliards USD a été voté pour la mise en place de l’infrastructure dorsale nationale de fibre optique. Le début des travaux d’installation de 2400 km de fibre a été annoncé pour décembre 2025. Le ministre des TIC a également présenté des initiatives visant à réduire le coût d’accès à Internet.
Dans une étude diagnostique publiée en 2023, la Banque mondiale a indiqué que l’économie numérique du Soudan du Sud reste encore naissante malgré son potentiel. Son développement est freiné par un accès à Internet coûteux et limité, ainsi que par l’absence d’un cadre réglementaire clair et prévisible, ce qui décourage les investissements privés.
Pour le moment, le Soudan du Sud se classe à l’avant‑dernière place de l’Indice de développement de l’e‑gouvernement (EGDI) des Nations unies, qui évalue 193 pays. Le pays d’Afrique de l’Est a enregistré un score de 0,1191/1, bien en deçà des moyennes africaine et mondiale. Pour l’indicateur sur les infrastructures télécoms, il a obtenu un score de 0,0547/1.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Classé 144e sur 193 par les Nations unies pour son e‑gouvernement en 2024, le Nigeria cherche à moderniser ses services publics. Pour y parvenir, le pays multiplie les partenariats internationaux. cBrain pourrait jouer un rôle clé dans cette transformation.
cBrain, éditeur danois spécialisé dans les logiciels gouvernementaux, a annoncé le mercredi 14 janvier un partenariat avec le fournisseur nigérian de solutions technologiques Publica AI pour déployer sa plateforme F2 auprès des ministères et agences fédéraux du Nigeria. Cette solution standardisée combine gestion de cas, workflows automatisés et intelligence artificielle intégrée, offrant un outil prêt à l’emploi capable d’accélérer la modernisation administrative.
Publica AI, partenaire local, sera chargé de l’implémentation et de l’adaptation aux exigences réglementaires nigérianes. « Ce partenariat conjugue expertise internationale et connaissance locale, garantissant que toutes les données souveraines restent au Nigeria, tout en offrant une technologie de classe mondiale », souligne Willie Ignatius, PDG de Publica AI.
La plateforme numérique F2 de cBrain, prête à l’emploi (COTS), est spécialement conçue pour le gouvernement. Prête à l’emploi, F2 fournit les capacités de base requises pour le gouvernement numérique, éliminant la dépendance au développement personnalisé et aux longs projets informatiques. Cela comprend la gestion de cas, les flux de travail intégrés, les libre‑services, les registres pour les citoyens et les entreprises, les capacités d’opération de masse pour gérer de grands volumes de cas, ainsi que l’IA intégrée sur site.
Le déploiement de F2 s’inscrit dans la stratégie africaine de cBrain, déjà testée avec succès au Kenya. Le choix du Nigeria n’est pas anodin : avec plus de 200 millions d’habitants et un besoin croissant de services publics numériques accessibles, le pays représente un marché clé pour le développement du gouvernement digital en Afrique. Le gouvernement nigérian vise à numériser 75 % de ses services publics d’ici 2027.
Au‑delà de l’efficacité administrative, ce partenariat ambitionne de stimuler l’économie numérique nigériane, en facilitant l’accès aux services publics et en renforçant la transparence et la responsabilité des institutions. Il constitue également une opportunité stratégique pour cBrain, qui entend développer son empreinte africaine tout en capitalisant sur des standards internationaux pour créer un modèle réplicable dans d’autres pays du continent.
Samira Njoya
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