Classé 144e sur 193 par les Nations unies pour son e‑gouvernement en 2024, le Nigeria cherche à moderniser ses services publics. Pour y parvenir, le pays multiplie les partenariats internationaux. cBrain pourrait jouer un rôle clé dans cette transformation.
cBrain, éditeur danois spécialisé dans les logiciels gouvernementaux, a annoncé le mercredi 14 janvier un partenariat avec le fournisseur nigérian de solutions technologiques Publica AI pour déployer sa plateforme F2 auprès des ministères et agences fédéraux du Nigeria. Cette solution standardisée combine gestion de cas, workflows automatisés et intelligence artificielle intégrée, offrant un outil prêt à l’emploi capable d’accélérer la modernisation administrative.
Publica AI, partenaire local, sera chargé de l’implémentation et de l’adaptation aux exigences réglementaires nigérianes. « Ce partenariat conjugue expertise internationale et connaissance locale, garantissant que toutes les données souveraines restent au Nigeria, tout en offrant une technologie de classe mondiale », souligne Willie Ignatius, PDG de Publica AI.
La plateforme numérique F2 de cBrain, prête à l’emploi (COTS), est spécialement conçue pour le gouvernement. Prête à l’emploi, F2 fournit les capacités de base requises pour le gouvernement numérique, éliminant la dépendance au développement personnalisé et aux longs projets informatiques. Cela comprend la gestion de cas, les flux de travail intégrés, les libre‑services, les registres pour les citoyens et les entreprises, les capacités d’opération de masse pour gérer de grands volumes de cas, ainsi que l’IA intégrée sur site.
Le déploiement de F2 s’inscrit dans la stratégie africaine de cBrain, déjà testée avec succès au Kenya. Le choix du Nigeria n’est pas anodin : avec plus de 200 millions d’habitants et un besoin croissant de services publics numériques accessibles, le pays représente un marché clé pour le développement du gouvernement digital en Afrique. Le gouvernement nigérian vise à numériser 75 % de ses services publics d’ici 2027.
Au‑delà de l’efficacité administrative, ce partenariat ambitionne de stimuler l’économie numérique nigériane, en facilitant l’accès aux services publics et en renforçant la transparence et la responsabilité des institutions. Il constitue également une opportunité stratégique pour cBrain, qui entend développer son empreinte africaine tout en capitalisant sur des standards internationaux pour créer un modèle réplicable dans d’autres pays du continent.
Samira Njoya
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En janvier 2023, Starlink d’Elon Musk faisait son entrée sur le plus gros marché télécoms africain, fort de plus de 200 millions d’habitants. Même si la société compte aujourd’hui plus de 66 000 abonnés, elle risque de perdre son monopole.
Le marché nigérian du haut débit par satellite s’ouvre à un nouvel acteur mondial. Amazon a obtenu un permis d’atterrissage de sept ans auprès de la Commission nigériane des communications (NCC), autorisant son projet Kuiper à lancer des services internet au Nigeria à partir de février 2026. Cette décision marque une étape clé dans la stratégie du pays visant à diversifier ses infrastructures de connectivité et à attirer des investissements technologiques de nouvelle génération.
« L’approbation s’aligne sur les meilleures pratiques mondiales et reflète la volonté du Nigeria d’ouvrir son marché des communications par satellite aux fournisseurs de services à large bande de nouvelle génération », a indiqué la NCC, soulignant l’importance stratégique de cette autorisation dans un contexte de forte demande en connectivité.
Le permis permet à Amazon Kuiper d’exploiter son segment spatial au Nigeria dans le cadre d’une constellation mondiale pouvant atteindre 3236 satellites en orbite terrestre basse (LEO). L’entreprise est autorisée à proposer des services fixes par satellite (FSS), des services mobiles par satellite (MSS) ainsi que des stations terrestres en mouvement (ESIM), couvrant aussi bien les ménages et les entreprises que les besoins de mobilité, de logistique, de transport aérien et maritime ou encore d’infrastructures critiques.
L’arrivée d’Amazon sur ce segment met fin à la domination quasi exclusive de Starlink sur le marché nigérian de l’internet par satellite LEO. Jusqu’ici, l’entreprise d’Elon Musk bénéficiait d’un avantage de premier entrant, avec une base estimée à plus de 66 000 abonnés dans le pays. L’entrée de Kuiper introduit une concurrence directe entre deux géants disposant de capacités financières, technologiques et industrielles à l’échelle mondiale, susceptible d’influencer les prix, la qualité de service et la couverture.
Sur le plan technique, l’autorisation accordée à Kuiper couvre l’exploitation de fréquences en bande Ka, connues pour leur capacité élevée de transmission de données. Avec des canaux de 100 MHz, Amazon prévoit des débits pouvant atteindre jusqu’à 400 Mbps, tout en maintenant des coûts de terminaux compatibles avec une adoption à grande échelle. Ces caractéristiques renforcent l’attractivité du satellite comme alternative crédible aux réseaux terrestres, y compris dans les zones urbaines et semi‑urbaines.
Le Nigeria représente un marché stratégique pour Amazon. Le pays compte plus de 200 millions d’habitants et affiche encore d’importantes lacunes en matière de connectivité. Selon la NCC, plus de 23 millions de Nigérians vivent dans des zones non ou mal desservies, tandis que la pénétration du haut débit mobile atteignait 50,58 % en novembre 2025. Dans ce contexte, les satellites LEO, grâce à leur faible latence, sont perçus comme un levier clé pour soutenir les usages numériques avancés, du cloud computing aux services financiers numériques.
Au‑delà des particuliers, les services de Kuiper pourraient répondre aux besoins des entreprises opérant dans des secteurs tels que le pétrole et le gaz, les mines, les ports ou les corridors logistiques, où le déploiement de la fibre reste coûteux ou techniquement complexe. Amazon, qui a rebaptisé Project Kuiper en Amazon LEO en novembre 2025, entend également capitaliser sur l’intégration avec Amazon Web Services (AWS) pour proposer des offres combinant connectivité et services cloud.
Avec cette autorisation, le Nigeria confirme son positionnement comme l’un des marchés africains les plus dynamiques pour le haut débit par satellite. La concurrence accrue entre opérateurs LEO devrait, à terme, favoriser un accès à Internet plus rapide, plus abordable et plus résilient, au bénéfice des consommateurs, des entreprises et de l’économie numérique nigériane.
Samira Njoya, Agence Ecofin
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L’intelligence artificielle (IA) s’impose comme un catalyseur de croissance en Afrique, transformant entreprises, services publics et infrastructures numériques. Le Maroc entend capitaliser sur cette révolution technologique pour stimuler son développement et renforcer sa souveraineté numérique.
Le Maroc place l’intelligence artificielle au cœur de sa stratégie de transformation économique. À l’horizon 2030, le royaume ambitionne de générer 100 milliards de dirhams de PIB, soit environ 11 milliards $, grâce au déploiement structuré de l’IA. Cette dynamique pourrait également conduire à la création de 50 000 emplois et à la formation de 200 000 diplômés aux compétences liées à l’intelligence artificielle, selon les projections officielles.
Ces objectifs ont été dévoilés le lundi 12 janvier à Rabat par Amal El Fallah Seghrouchni (photo), ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, lors d’une conférence consacrée au numérique. La ministre a rappelé que le PIB actuel du Maroc avoisine 170 milliards $, soulignant que l’IA représente un levier majeur de croissance, à condition d’être intégrée dans un cadre structuré, souverain et orienté vers l’impact.
Ces annonces s’inscrivent dans le cadre de la future stratégie nationale de l’intelligence artificielle, dont la feuille de route doit être prochainement dévoilée. Celle‑ci repose sur plusieurs piliers clés : le renforcement des compétences, le développement d’infrastructures numériques souveraines, et l’essor des services cloud et de traitement de données capables de soutenir des usages avancés de l’IA à l’échelle nationale.
Pour concrétiser cette ambition et structurer l’écosystème national, le Maroc a également annoncé le lancement du réseau Jazari Root, un cœur fédérateur de l’écosystème national d’intelligence artificielle. Avec un campus de 20 hectares et un data center souverain de 50 MW, Jazari Root vise à réunir chercheurs, start‑up, grandes entreprises et institutions publiques autour de projets concrets, allant de l’e‑gouvernement à la gestion des villes intelligentes, en passant par l’agriculture, la santé ou la logistique.
En structurant dès à présent ses investissements et son écosystème, le royaume entend se positionner comme un acteur crédible de l’intelligence artificielle à l’échelle régionale et africaine, afin de capter une part de la valeur que l’IA pourrait générer dans l’économie mondiale, estimée à près de 15 700 milliards $ d’ici 2030 selon PwC.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le numérique occupe une place centrale dans les projets de développement en Guinée. L’année 2025 a été marquée par des avancées majeures en infrastructures dans le secteur. Pour 2026, les autorités souhaitent consolider les acquis et accélérer la mise en œuvre de projets structurants.
En 2025, la Guinée a intensifié ses initiatives dans le cadre de sa transformation numérique, accélérant le déploiement des infrastructures, renforçant la digitalisation de l’État et modernisant la gouvernance du secteur des télécommunications. Ces avancées ont été mises en perspective par la ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Rose Pola Pricemou (photo), à l’occasion d’un bilan sectoriel.
Sur le plan des infrastructures, la capacité du backbone national a été multipliée par quatre, passant de 50 à 200 Gbps, tandis que près de 12 000 km de fibre optique ont été déployés pour relier l’ensemble des régions administratives. À ces réalisations s’ajoutent la mise en service du premier data center national certifié Tier 3, l’opérationnalisation du point d’échange Internet (IXP) et la gestion souveraine du nom de domaine national .gn, renforçant la sécurité et la résilience des réseaux.
La digitalisation de l’administration publique s’est également accélérée. En 2025, 39 applications de services publics ont été déployées et plusieurs démarches majeures, dont la délivrance du passeport, ont été entièrement dématérialisées via un portail numérique unifié. La plateforme TELEMO a permis la digitalisation complète des marchés publics, garantissant transparence et traçabilité. Parallèlement, le FUGAS, fichier unique de la fonction publique, a rationalisé les effectifs, générant des économies budgétaires de plus de 233 milliards de francs guinéens (environ 26,9 millions USD).
Du côté de l’éducation et de l’inclusion numérique, plus de 10 000 personnes ont bénéficié de formations aux usages du numérique. Le projet Univ Connect a interconnecté plusieurs universités, touchant plus de 80 000 étudiants, enseignants et chercheurs. Dans le primaire, 585 écoles ont été connectées à Internet via le programme GIGA, avec l’objectif d’atteindre 2 200 établissements d’ici 2026, soit près de 900 000 bénéficiaires. Parallèlement, des hubs numériques se déploient dans les régions, avec 20 autres en construction, offrant des espaces d’apprentissage pour la jeunesse. Plus de 4 millions USD ont été investis pour soutenir l’entrepreneuriat technologique et stimuler l’innovation locale.
Ces réformes portent leurs fruits sur le plan économique et stratégique. Le secteur des télécommunications représente désormais 4,4 % du PIB guinéen et a attiré environ 220 millions USD d’investissements, tandis que le coût de l’Internet mobile a reculé d’environ 25 %.
Pour 2026, les priorités porteront sur l’extension de la connectivité aux zones encore non desservies, avec plus de 600 zones blanches identifiées, la montée en puissance des usages numériques dans l’éducation et les services publics, ainsi que le renforcement de la cybersécurité et de l’hébergement local des données. Toutefois, des défis demeurent, notamment en matière d’accessibilité universelle, de maintenance des infrastructures et de formation continue des compétences numériques pour accompagner une adoption durable à l’échelle nationale.
Samira Njoya
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Alors que l’usage des cryptomonnaies progresse rapidement en Afrique, les enjeux de sécurité numérique deviennent centraux. Entre opportunités économiques et risques croissants de fraude, le continent cherche à structurer un cadre plus sûr pour accompagner le développement des actifs numériques.
Tether, une société mondiale de cryptomonnaies, a annoncé le vendredi 9 janvier une collaboration avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) afin de renforcer la cybersécurité et l’éducation du public autour des actifs numériques en Afrique. Cette initiative intervient alors que l’adoption des cryptomonnaies progresse rapidement sur le continent, exposant davantage les utilisateurs aux risques de fraude et de criminalité financière.
Tether and the United Nations Join Forces to Safeguard Africa’s Digital Economy
— Tether (@tether) January 9, 2026
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« Grâce à cette collaboration, nous pouvons faire progresser l’inclusion numérique, renforcer les compétences numériques et l’employabilité des jeunes, promouvoir des écosystèmes numériques sécurisés et transparents et exploiter l’innovation pour prévenir le crime organisé tout en favorisant une croissance économique durable et inclusive », a déclaré Sylvie Bertrand, représentante régionale de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Concrètement, le partenariat se décline à travers plusieurs projets ciblés. Au Sénégal, une initiative dédiée à l’éducation des jeunes à la cybersécurité prévoit des programmes de formation en plusieurs phases, intégrant des sessions menées avec la fondation Plan B issue de la collaboration entre Tether et la ville de Lugano, ainsi qu’un accompagnement en coaching et en mentorat pour développer des projets numériques sécurisés.
À l’échelle continentale, le programme soutient également des organisations de la société civile venant en aide aux victimes de la traite des êtres humains dans des pays comme le Nigeria, la RDC, le Malawi, l’Éthiopie et l’Ouganda, tout en renforçant la sensibilisation aux risques financiers en ligne.
Cette alliance s’inscrit dans un contexte marqué par l’essor rapide des usages des actifs numériques en Afrique. Le continent est aujourd’hui la troisième région du monde connaissant la croissance la plus rapide du marché des cryptomonnaies. Cette dynamique s’accompagne toutefois de vulnérabilités croissantes : une récente opération coordonnée par Interpol a permis de mettre au jour près de 260 millions de dollars en cryptomonnaies et en monnaies fiduciaires issues d’activités illicites à travers plusieurs pays africains.
À terme, cette alliance pourrait contribuer à renforcer la confiance dans les actifs numériques, soutenir l’inclusion financière et améliorer la capacité des États africains à prévenir les crimes financiers, tout en accompagnant une croissance plus sûre et plus durable de l’économie numérique du continent.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Comme de nombreux pays africains, le Kenya mise sur le numérique pour son développement socio‑économique. Cette transformation nécessite de nouvelles compétences pour renforcer l’administration publique et améliorer l’efficacité des services.
La Kenya School of Government (KSG), institution publique chargée de renforcer les compétences des citoyens, explore un partenariat avec la filiale locale de la société technologique chinoise Huawei. La potentielle collaboration vise à soutenir la transformation numérique en cours dans le pays.
Selon la KSG, les discussions ont porté sur l’exploitation des technologies numériques émergentes afin de renforcer le développement du leadership, l’efficacité institutionnelle et l’innovation au sein de l’administration publique. Elles ont également exploré l’élaboration d’un protocole d’accord visant à ancrer une collaboration à long terme autour du renforcement des capacités numériques des cadres dirigeants, du transfert de connaissances et des priorités nationales de transformation numérique.
« Notre objectif est de bâtir une fonction publique qui soit non seulement alphabétisée au numérique, mais aussi capable d’appliquer efficacement les outils de cloud, d’intelligence artificielle et de cybersécurité afin d’améliorer la prestation des services, de renforcer la performance institutionnelle et de protéger les données des citoyens », a déclaré Nura Mohamed, directeur général de la KSG, rapporté par TechTrend.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’ambition de transformation numérique qui veut faire des TIC un pilier du développement socio‑économique. Par exemple, à travers son Digital Master Plan 2022–2032, le pays ambitionne de déployer 1 450 centres numériques communautaires et de dématérialiser l’ensemble des services publics. Dans ce contexte, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime qu’il est devenu nécessaire d’investir dans le développement des compétences des fonctionnaires, car les technologies numériques ont le potentiel de transformer l’administration, en facilitant la mise en œuvre de services plus accessibles et efficaces.
« La réalisation d’un gouvernement numérique, où la technologie est appliquée à la conception des processus, des politiques et des services répondant aux besoins des usagers, nécessite l’adoption de nouvelles méthodes de travail et de nouvelles compétences au sein de l’administration publique. Les gouvernements doivent promouvoir les aptitudes, les attitudes et les connaissances permettant aux fonctionnaires d’évoluer dans un environnement numérique, en intégrant les technologies numériques pour créer de la valeur publique », peut‑on lire dans le rapport « Developing skills for digital government: A review of good practices across OECD governments », publié en février 2024.
L’UNESCO, de son côté, estime toutefois que les fonctionnaires ne doivent pas devenir des experts techniques. Ils doivent plutôt comprendre les nouvelles tendances technologiques et acquérir une compréhension de base des implications sociétales des technologies pour diriger les initiatives de transformation numérique et de gouvernance. L’organisation ajoute que la planification et la conception numériques, l’utilisation et la gouvernance des données, la gestion et l’exécution numériques sont trois domaines de compétences essentiels que les fonctionnaires doivent maîtriser en fonction des besoins de leur pays en matière de transformation numérique.
planification et la conception numériques, l’utilisation et la gouvernance des données, la gestion et l’exécution numériques sont trois domaines de compétences essentiels que les fonctionnaires doivent maîtriser en fonction des besoins de leur pays en matière de transformation numérique.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Selon la Banque africaine de développement (BAD), l’IA pourrait ajouter 1 000 milliards de dollars au PIB africain d’ici 2035. Le Maroc veut tirer parti de cette opportunité en mettant en œuvre une stratégie capable de stimuler la croissance, moderniser l’administration et renforcer la compétitivité nationale.
Le Maroc s’apprête à dévoiler officiellement sa feuille de route « Maroc IA 2030 », un cadre stratégique conçu pour structurer l’écosystème national de l’intelligence artificielle. Attendue ce mois de janvier, cette initiative a pour objectif d’exploiter pleinement le potentiel de l’IA afin de moderniser les services publics, améliorer l’interopérabilité des systèmes numériques et renforcer la compétitivité économique, a précisé la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni (photo), en amont de l’événement « AI Made in Morocco », ouvert le lundi 12 janvier à Rabat.
Selon la ministre, la stratégie « Maroc IA 2030 » structure une approche globale autour de priorités claires : garantir l’indépendance technologique, instaurer un climat de confiance autour des usages, développer les compétences nationales, soutenir l’innovation locale et assurer une couverture équilibrée sur l’ensemble du territoire. Au cœur du dispositif figurent la création des Al‑Jazari Institutes, un réseau national de centres d’excellence dédiés à l’IA, qui seront chargés de rapprocher la recherche académique, l’innovation technologique et les besoins des acteurs économiques régionaux.
Ce cadre s’inscrit dans la continuité de la stratégie nationale « Digital Morocco 2030 », lancée en septembre 2024, qui place l’intelligence artificielle au centre de la transformation numérique du royaume. Cette stratégie vise notamment à générer plus de 240 000 emplois numériques d’ici 2030 et à faire contribuer le numérique à hauteur d’environ 10 milliards de dollars au PIB national. Le contexte international et régional est aussi un moteur pour cette ambition. En 2025, le Maroc a progressé de 14 points dans l’indice de préparation des gouvernements à l’IA, atteignant la 87ᵉ place mondiale et la 8ᵉ au niveau du Moyen‑Orient et de l’Afrique du Nord, selon les autorités.
Cette progression se traduit par des actions concrètes : la création d’une direction générale dédiée à l’IA et aux technologies émergentes, chargée de piloter la politique publique en la matière, et la mise en place prochaine d’un pôle numérique régional arabo‑africain en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), destiné à devenir une plateforme d’innovation numérique durable.
À l’échelle africaine, le Maroc n’est pas isolé dans cette démarche. Plusieurs pays du continent, tels que l’Égypte, le Rwanda et le Kenya, ont lancé leurs propres stratégies nationales d’IA ou renforcé leurs cadres institutionnels pour accélérer l’adoption de l’IA dans l’économie et les services publics. Ces démarches incluent la création de centres d’excellence, des initiatives de formation et des cadres réglementaires destinés à encourager l’innovation responsable.
Si la stratégie est pleinement mise en œuvre, les effets pourraient être multiples : le renforcement de la compétitivité de l’économie marocaine, la création d’emplois qualifiés, l’amélioration de l’efficacité des services publics grâce à des systèmes plus intelligents, et une position renforcée sur la scène technologique continentale et mondiale.
Samira Njoya
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Document clé pour la sécurisation de la propriété immobilière, le livret foncier est au cœur des transactions et de l’investissement. Sa dématérialisation progressive vise à fiabiliser les données, réduire les délais administratifs et accompagner la modernisation de la gouvernance foncière.
L’Algérie a engagé la généralisation du système d’information AMLAK, destiné à remplacer progressivement le livret foncier papier par un format entièrement électronique. L’annonce a été faite le dimanche 11 janvier par la Direction générale du domaine national (DGDN), dans le cadre de l’accélération de la transformation numérique de l’administration foncière. À terme, l’ensemble des directions du cadastre et de la conservation foncière seront connectées à ce système unique.
Le passage au livret foncier électronique vise d’abord à corriger les limites du dispositif actuel. Les procédures reposant sur le papier sont marquées par des délais de traitement longs, des difficultés de mise à jour et des risques de perte ou de falsification des documents. En centralisant l’émission, la modification et l’archivage des titres fonciers, AMLAK doit améliorer la fiabilité des données et renforcer la coordination entre les services concernés.
Contrairement à une simple numérisation, le système repose sur un dispositif de traçabilité intégrale des opérations foncières. Chaque étape, depuis le dépôt d’une demande jusqu’à la délivrance du titre, est enregistrée dans la plateforme. Les opérations deviennent ainsi vérifiables et conformes aux règles réglementaires en vigueur. Pour l’administration, AMLAK fournit également des indicateurs de performance en temps réel, facilitant le suivi de l’activité cadastrale et le pilotage des ressources.
Pour les usagers, la réforme devrait se traduire par une réduction significative des délais. Les demandes déposées auprès des services du cadastre et de la conservation foncière pourront être traitées plus rapidement, limitant les blocages administratifs. Cette fluidification des procédures est susceptible d’accélérer les transactions immobilières, de sécuriser les droits de propriété et de réduire les litiges liés aux titres fonciers, des facteurs clés pour le bon fonctionnement du marché immobilier.
Cette évolution intervient dans un contexte de hausse de l’activité foncière. En 2025, l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC) a délivré 430 000 titres fonciers, soit une progression de 15 % par rapport à 2024. Cette dynamique accentue les contraintes pesant sur les services fonciers et renforce l’intérêt d’un système numérique capable d’absorber des volumes croissants de demandes.
À plus long terme, la généralisation d’AMLAK pourrait améliorer la gouvernance foncière et renforcer la transparence administrative. En disposant de données foncières centralisées et actualisées, l’État se dote d’un outil susceptible de soutenir la sécurisation de l’investissement immobilier et la modernisation de la gestion du patrimoine foncier national.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les nouveaux médias (réseaux sociaux, blogs, plateformes vidéo) constituent désormais, en Afrique comme ailleurs, les espaces privilégiés d’information des jeunes. Face à la propagation de la désinformation, des discours de haine et de multiples dérives sur ces canaux longtemps délaissés, la régulation est devenue une urgente nécessité.
Réuni en Conseil des ministres le mercredi 7 janvier 2026, le gouvernement du Sénégal a adopté le projet de loi portant création du Conseil national de régulation des médias (CNRM). Cette nouvelle institution qui doit succéder au Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) mis en place en 2006, marque une profonde refonte du cadre légal pour mieux répondre aux mutations numériques et aux nouveaux usages de l’information.
Selon le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, cette réforme du régulateur vise à « adapter la régulation aux mutations technologiques, protéger les droits, renforcer la responsabilité des acteurs et consolider la démocratie ». Le texte juridique s’inscrira « dans les bonnes pratiques internationales en matière de régulation des médias et de communication numérique, en tenant compte des recommandations des instances régionales et internationales ».
En deux décennies, le paysage médiatique africain, notamment sénégalais s’est en effet métamorphosé sous l’effet de la numérisation, de la montée en puissance des plateformes sociales et de la multiplication des créateurs de contenus indépendants. Désormais, la régulation veut s’étendre à un espace public hybride, où la frontière entre médias traditionnels et numériques s’estompe. Le CNRM aura pour mission de superviser les plateformes numériques et les créateurs de contenu diffusant de l’information au public.
Cette approche s’inscrit dans une dynamique mondiale où les États cherchent à concilier protection des libertés et responsabilité numérique, face aux défis que posent les fake news et la manipulation de l’opinion sur Internet. « Lorsqu’ils participent à l’espace public de l’information, ils doivent être soumis à des principes de responsabilité, au même titre que les médias traditionnels », explique Habibou Dia, directeur de la communication au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. Cette orientation vise à établir un cadre équitable, à promouvoir une éthique commune et à lutter contre la désinformation, tout en préservant la liberté d’expression.
L’adoption du projet de loi en Conseil des ministres n’est qu’un premier jalon. Le texte sera prochainement soumis à l’Assemblée nationale pour examen et adoption définitive. Sa mise en œuvre concrète marquera l’entrée du Sénégal dans une nouvelle ère de la régulation médiatique : celle d’un modèle intégré, inclusif et adapté à l’économie numérique.
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Selon l’Office National des Pêches, le volume des débarquements des produits de la pêche côtière et artisanale accuse un repli de 15% à fin novembre 2025. Les revenus du secteur ont également baissé de 4% durant la même période. Une situation que le numérique peut contribuer à résoudre.
Le Maroc accélère la transformation numérique de son secteur halieutique. Selon des déclarations faites cette semaine au Parlement, 68 des 76 marchés aux poissons du pays fonctionnent désormais grâce à des systèmes numériques.
Lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants, lundi 5 janvier 2026, Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée des Pêches maritimes, a indiqué que le déploiement de ces outils sur les marchés de première vente, permet à l’État d’accéder à des informations plus précises et de renforcer la surveillance des transactions commerciales.
Concrètement, l’enregistrement numérique facilite le suivi des ventes et la production de données exploitables, réduisant ainsi l’opacité des échanges. Il améliore également les capacités de contrôle et d’audit, un levier essentiel pour assainir les pratiques et la gouvernance du secteur.
Cette transition ne se limite pas aux marchés. La surveillance a été étendue aux zones de pêche : tous les navires opérant dans les eaux marocaines sont désormais suivis par satellite, a précisé la responsable. Parallèlement, l’identification par radiofréquence (RFID) est utilisée pour tracer les bateaux autorisés, afin de renforcer les contrôles et de lutter contre la pêche illégale.
Le gouvernement applique également ces outils numériques à la recherche scientifique, à la gestion des pêches, aux méthodes de production et à la commercialisation. Cette approche vise à améliorer la collecte de données, la planification et une gestion plus durable des ressources.
Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie engagée de longue date. La stratégie Halieutis, lancée en 2009, avait déjà initié une modernisation progressive, notamment en remplaçant la documentation papier par le traitement électronique des données à l’exportation.
Aujourd’hui, avec la numérisation des marchés de première vente et le renforcement des contrôles en mer, le Maroc franchit une nouvelle étape vers une filière plus traçable, mieux régulée et davantage pilotée par la donnée.
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Moderniser l'enseignement supérieur et booster la recherche est l’un des objectifs que s’est fixés la Guinée pour se doter d’une jeunesse compétente et entreprenante. Le gouvernement voit dans le recours au numérique un atout pour l’atteinte de ses objectifs.
Sous la présidence de la ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Rose Pola Pricemou (photo), la Guinée a officiellement lancé fin décembre 2025 « Univ Connect ». Ce projet d’interconnexion par fibre optique des institutions d’enseignement supérieur (IES), piloté par l’Agence nationale du service universel des télécommunications et du numérique (ANSUTEN), vise à doter les campus du pays d’une infrastructure Internet plus rapide, plus stable et mieux sécurisée.
« Cette initiative constitue une étape déterminante dans l’accompagnement de l’évolution numérique du secteur éducatif en Guinée, et permettra à nos établissements d’offrir des services académiques à la hauteur des standards internationaux », a déclaré l’ANSUTEN.
Sur le plan opérationnel, 13 sites sont déjà raccordés à la fibre nationale, selon les informations communiquées lors du lancement. 9 sont déjà totalement fonctionnels, et 4 sont en cours de mise en service. Quatre sites supplémentaires sont par ailleurs annoncés en phase de déploiement. À terme, le programme prévoit la connectivité et l’interconnexion de 17 institutions d’enseignement supérieur, afin de constituer un réseau universitaire haut débit et sécurisé à l’échelle du pays.
Selon l’ANSUTEN, ce projet s'inscrit dans la dynamique de la transformation numérique impulsée par le gouvernement dans le cadre du programme socio-économique durable Simandou 2040. Il vise à renforcer l'accès à une infrastructure numérique moderne et fiable pour les universités et établissements d’enseignement supérieur privés à travers la Guinée.
Au-delà de l’accès Internet, l’enjeu est de créer un véritable « réseau académique » permettant aux établissements de partager des ressources et de moderniser leurs services. Univ Connect doit faciliter l’accès aux bibliothèques numériques, aux plateformes d’apprentissage en ligne et aux outils de recherche, tout en améliorant la qualité des échanges entre près de 80 000 enseignants, chercheurs et étudiants.
L’interconnexion ouvre la voie à des usages plus intensifs : visioconférence, cours hybrides, collaboration interuniversitaire, accès aux bases de données scientifiques et hébergement d’applications pédagogiques. À moyen terme, ce socle pourrait soutenir des plateformes nationales de recherche et d’innovation.
Reste un défi de pérennité. L’impact à long terme de ce réseau universitaire dépendra de l’entretien des équipements, de la robustesse des réseaux internes sur les campus, de la disponibilité énergétique et de la mise en place de standards de cybersécurité. Autrement dit, la fibre n’est qu’un socle : pour atteindre les standards internationaux visés, il faudra aussi une gouvernance durable.
Muriel EDJO
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Avec le lancement de sa stratégie de développement « Vision 2030 » en 2016, l’Égypte a fait du numérique un pilier essentiel de sa croissance. Le développement des infrastructures TIC et la promotion de l’inclusion numérique en constituent des leviers majeurs.
Lundi, 5 janvier 2026, le chef de l’État égyptien, Abdel Fattah al-Sissi a souligné l’importance d’ouvrir de nouvelles perspectives à l’industrie des télécommunications/numérique. Il a instruit l’étude de possibilités de développement des centres de données et des services d’informatique en nuage, l’expansion de la production locale d’équipements de télécommunications et la mise en place de mécanismes efficaces de soutien et de promotion des produits locaux.
Ces questions étaient abordées lors d’une réunion avec plusieurs collaborateurs, notamment le Premier ministre Moustafa Madbouly, le ministre des Communications et des Technologies de l’information Amr Talaat et le président exécutif de l’Autorité nationale de régulation des télécommunications (NTRA), Mohamed Shamroukh.
Amr Talaat affirme que les télécommunications pèsent désormais environ 6 % du PIB et que le secteur affiche une croissance annuelle comprise entre 14 % et 16 % pour la septième année consécutive. Le ministre évoque aussi une progression des exportations des services numériques, annoncées à 7,4 milliards de dollars, contre 3,3 milliards sept ans plus tôt.
En investissant dans le développement des centres de données, l’Egypte gagne dans la sécurisation des données stratégiques de l’État et des différents secteurs du marché national. Le pays attire également à lui des entreprises internationales grâce à une crédibilité infrastructurelle qui contribuera à la positionner comme pôle régional de services numériques à haute performance.
Les télécommunications sont actuellement l’un des piliers de l’économie numérique en Afrique, notamment en Egypte. Renforcer la production locale d’équipements soutiendra l’investissement à coûts plus avantageux des opérateurs télécom dans la transformation des réseaux. Pour les téléphones mobiles produits localement, du fait de prix plus soutenables, ils devraient être plus accessibles et contribuer à un plus grand usage des services numériques à valeur ajoutée par une plus grande partie de la population. Selon Amr Talaat, la capacité de production de téléphones portables est passée de 3,3 millions d’unités en 2018 à 10 millions en 2025, avec une valeur ajoutée locale d’environ 40 %. L’objectif affiché est de porter la capacité annuelle à 15 millions d’unités. Grâce à ses efforts de localisation de l’industrie engagée depuis 2016, comprenant plusieurs incitations, le pays a déjà attiré 15 marques internationales parmi lesquelles Samsung, Xiaomi, Oppo, Vivo ou encore Nokia et près de 200 millions de dollars d’investissements.
Muriel EDJO
Édité par Wilfried ASSOGBA
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Selon GSMA, le Sénégal affiche une couverture 4G quasi généralisée, atteignant 97 % de la population, et une 5G couvrant environ 39 %, principalement dans les grandes agglomérations. Les zones rurales demeurent mal couvertes.
Le Sénégal accélère sa marche vers la connectivité universelle. Lors de son message à la nation le mercredi 31 décembre 2025, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye a annoncé un programme de déploiement d’antennes satellitaires au cours de l’année 2026. Cet investissement contribuera à l’accès gratuit à Internet pour près d’un million de personnes, a-t-il déclaré. La mesure devrait profiter en priorité aux zones rurales et aux quartiers périphériques faiblement couverts par les réseaux télécoms.
Dans son étude « Stimuler la transformation numérique de l’économie au Sénégal. Opportunité, recommandations politiques et rôle du mobile », dévoilée le 5 décembre 2025, l’Association mondiale des opérateurs mobiles (GSMA) indique que le Sénégal affiche une couverture 4G quasi généralisée, atteignant 97 % de la population, et une 5G couvrant environ 39 %, principalement dans les grandes agglomérations. Sur une population d’environ 18 millions d’habitants, environ 9,9 millions de personnes utilisent des services mobiles, soit près de 52 % de la population totale. Seuls 8,16 millions de Sénégalais utilisent l’internet mobile haut débit, soit près de 42 % de la population.
Le choix d’antennes satellite répond à une contrainte simple : raccorder tout le territoire par fibre optique prend du temps et coûte cher. Les solutions récentes, portées par des constellations en orbite basse, promettent une mise en service plus rapide, y compris dans les zones difficiles d’accès. Pour l’instant, aucune précision n’a été apportée sur le modèle d’usage de ces antennes. Mais l’impact réel du service internet qu’elles promettent laisse entrevoir plusieurs possibilités.
Plusieurs gains en perspective
Dans l’éducation, l’enjeu est majeur. Un accès régulier peut donner aux enseignants des ressources actualisées, faciliter les cours à distance et offrir aux élèves des bibliothèques numériques et des exercices interactifs. Pour les étudiants éloignés des campus, la connexion devient un facteur de réussite autant qu’un gain financier, en réduisant la dépendance aux cybercafés et aux forfaits.
Côté santé, la télémédecine pourrait gagner du terrain : télé-expertise entre postes de santé et hôpitaux, transmission plus rapide de dossiers, suivi de patients chroniques et formation continue du personnel. Dans les zones enclavées, l’internet devient aussi un outil d’alerte et de coordination, utile en cas d’épidémie ou d’urgence.
L’enjeu est aussi économique. Pour les micro-entrepreneurs, l’accès gratuit ouvre la porte au commerce en ligne, aux paiements numériques, au marketing via les réseaux sociaux et à l’information sur les prix agricoles ou les opportunités de marché. Les administrations y voient un accélérateur de la dématérialisation : état civil, démarches sociales, informations fiscales, alertes et communication de proximité.
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Le Zimbabwe veut faire de son programme spatial un levier de développement socio-économique. Le pays a lancé son premier satellite en 2022 et le second en 2024.
Les autorités zimbabwéennes misent sur le troisième satellite national, le ZIMSAT-3, pour améliorer la connectivité dans le pays. C’est ce que prévoit la Stratégie nationale de développement 2 (NDS2), qui couvre la période 2026-2030.
« ZIMSAT-3 soutiendra le renforcement de la connectivité et les efforts de transformation numérique, viendra compléter l’expansion nationale du haut débit et contribuera à améliorer l’accès aux services numériques dans les zones rurales comme urbaines », peut-on lire dans le document de la stratégie.
Cette initiative intervient alors que les autorités cherchent à généraliser l’accès à Internet dans le pays. En mars 2024, le gouvernement avait révélé qu’il explorait des partenariats avec plusieurs fournisseurs de services par satellite afin d’étendre ses services et de réduire les coûts.
La NDS2 prévoit également l’extension des infrastructures numériques afin d’assurer une connectivité à l’échelle nationale. Il est notamment prévu l’extension de la couverture en fibre optique haut débit aux zones urbaines, périurbaines et rurales, l’expansion du haut débit mobile et l’installation de kiosques numériques alimentés à l’énergie solaire dans les communautés hors réseau et mal desservies.
Les autorités recommandent aussi des accords de partage d’infrastructures entre les fournisseurs de services de télécommunications pour accélérer la couverture et réduire les coûts d’Internet et des services numériques.
Le recours au satellite intervient alors que cette technologie est de plus en plus plébiscitée pour réduire la fracture numérique, notamment en Afrique subsaharienne. Selon la GSMA, « la région abrite certaines des géographies les plus difficiles pour les réseaux terrestres, comprenant des forêts tropicales, des déserts et des chaînes de montagnes ».
Pour rappel, le Zimbabwe comptait 6,45 millions d’utilisateurs d’Internet au début de l’année 2025, pour un taux de pénétration de 38,4 %, selon DataReportal. Par ailleurs, l’Union internationale des télécommunications (UIT) estime que les réseaux 2G, 3G, 4G et 5G couvraient respectivement 93,9 %, 87,9 %, 51,6 % et 15,9 % en 2024.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Ubrick F. Quenum
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