Le pays prévoit d’investir 1,5 milliard USD d’ici 2030 pour accélérer sa transformation numérique, notamment par la dématérialisation des services publics. Ce projet soulève toutefois la question de la capacité des agents publics à utiliser efficacement les plateformes numériques qui seront mises en place.
Le gouvernement tchadien souhaite renforcer sa coopération avec l’Union internationale des télécommunications (UIT) pour développer les compétences numériques de ses jeunes cadres. La question a été abordée à l’occasion du Colloque mondial des régulateurs 2025 (GSR-25), tenu du dimanche 31 août au mercredi 3 septembre en Arabie saoudite.
À cette occasion, Haliki Choua Mahamat (photo, à droite), directeur général de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), s’est entretenu avec Doreen Bogdan-Martin (photo, à gauche), secrétaire générale de l’UIT. Tous deux ont insisté sur la nécessité d’investir dans la formation des jeunes professionnels, en particulier dans le secteur de la régulation, pour mieux accompagner la transformation numérique et la gestion des infrastructures stratégiques.
Cette initiative s’ajoute à d’autres démarches récentes du Tchad pour renforcer les capacités locales. Fin juillet, l’Agence de développement des technologies de l’information et de la communication (ADETIC) a conclu un accord-cadre avec l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE), basé à Ouagadougou. Ce partenariat prévoit notamment la formation de cadres tchadiens en intelligence artificielle et technologies émergentes. Un protocole distinct a également été signé entre l’École nationale supérieure des TIC (ENASTIC) et 2iE, ouvrant la voie à des échanges académiques et à la co-construction de programmes2.
Par ailleurs, du 4 au 14 août, une formation gratuite sur l’intelligence artificielle (IA), destinée à 2 000 jeunes âgés de 15 à 35 ans, a été organisée avec des partenaires comme l’UNESCO et la Banque mondiale. Cette initiative est présentée par les autorités tchadiennes comme une passerelle vers l’emploi, l’innovation et l’entrepreneuriat numérique, avec la création de start-up dans un contexte où environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030, selon la Banque mondiale.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime qu’il est devenu nécessaire d’investir dans le développement des compétences des fonctionnaires, car les technologies numériques ont le potentiel de transformer l’administration, en facilitant la mise en œuvre de services plus accessibles et efficaces.
« La réalisation d’un gouvernement numérique, où la technologie est appliquée à la conception des processus, des politiques et des services répondant aux besoins des usagers, nécessite l’adoption de nouvelles méthodes de travail et de nouvelles compétences au sein de l’administration publique. Les gouvernements doivent promouvoir les aptitudes, les attitudes et les connaissances permettant aux fonctionnaires d’évoluer dans un environnement numérique, en intégrant les technologies numériques pour créer de la valeur publique », peut-on lire dans le rapport « Developing skills for digital government: A review of good practices across OECD governments », publié en février 2024.
Isaac K. Kassouwi
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En Afrique subsaharienne, 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030 selon la Banque mondiale. Dans ce contexte, le Ghana a lancé il y a quatre mois le programme One Million Coders.
Le gouvernement ghanéen explore les pistes de collaboration avec le secteur privé pour former la jeunesse au codage et aux compétences numériques. Samuel George, le ministre de la Communication, de la Technologie numérique et des Innovations, a discuté le jeudi 4 septembre avec une délégation de la société Code Raccoon, d’un programme de formation de 350 000 jeunes.
Le programme évalué à 4 millions d’euros (environ 4,7 millions USD) pour une durée de 3 mois sera complété par une formation annuelle en développement logiciel. Le cursus, qui a déjà été testé en Allemagne selon le ministère, mettra l’accent sur des compétences très demandées comme la programmation en Python et JavaScript, ainsi que sur des modules dédiés à l’intelligence artificielle et à la cybersécurité. Il vise à être homologué non seulement par l’État, mais aussi par les grandes entreprises technologiques mondiales.
« Cette initiative s’aligne sur notre vision nationale de création d’une main-d’œuvre numérique prête à saisir les opportunités offertes par l’économie pilotée par l’intelligence artificielle. Avec les bons partenariats, nous pouvons donner à notre jeunesse les moyens de prospérer tant au niveau local qu’international » a déclaré le ministre.
Ceci survient dans un contexte où le Ghana a lancé en avril One Million Coders un programme de quatre ans visant à former un million de Ghanéens aux compétences numériques essentielles, avec un accent particulier mis sur des disciplines clés comme le codage, la cybersécurité et l’analyse de données. Dans ce cadre, l’exécutif avait entamé des discussions avec l’entreprise technologique locale TECHAiDE, qui propose Asanka, un système de gestion de l’apprentissage (LMS) hors ligne fonctionnant via un dispositif sans fil.
Isaac K. Kassouwi
Edité par : Feriol Bewa
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Les compétences numériques sont l’une des priorités des autorités zimbabwéennes. Au cours des derniers mois, elles se sont rapprochées de partenaires comme LinkedIn et les Émirats arabes unis.
Le gouvernement zimbabwéen souhaite approfondir sa coopération avec Huawei afin de développer les talents dans le numérique. C’était l’un des principaux points à l’ordre du jour lors des échanges le lundi 1er septembre, entre le président Emmerson Mnangagwa et des hauts responsables de la société technologique chinoise, dans le cadre d’une visite officielle en Chine.
Il est notamment prévu d’élargir les investissements dans les talents TIC et de mettre en place un centre de formation numérique. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation digitale à l’horizon 2030, dont l’un des trois piliers concerne le développement des compétences et le renforcement des capacités numériques. L’exécutif avait d’ailleurs identifié comme défis majeurs à la transformation digitale du pays le manque de compétences en TIC et le faible niveau de maîtrise du numérique.
Dans ce contexte, le Zimbabwe a multiplié les partenariats. En août 2024, le gouvernement a noué un accord exploratoire avec LinkedIn pour développer les compétences numériques des fonctionnaires et des jeunes via la plateforme « LinkedIn Learning ». En avril 2025, un programme visant à former 1,5 million de citoyens à la programmation et à l’intelligence artificielle a été lancé avec le soutien des Émirats arabes unis, dans le cadre du « Zimbabwe Digital Skills Program ».
Lors du lancement de ce programme, les autorités avaient affirmé vouloir poser « les bases d'une main-d’œuvre tournée vers l’avenir et maîtrisant les technologies de pointe ». La Banque mondiale estime que 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Le Zimbabwe, pour sa part, fait face à un taux élevé de chômage et de sous-emploi, particulièrement parmi les jeunes, avec un taux de chômage estimé à 35 % en 2021.
Si Huawei affirme « rester déterminé à jouer un rôle central dans l’agenda de numérisation » du Zimbabwe, il convient toutefois de souligner qu’aucun nouvel accord formel n’a, pour l’instant, été signé ni même annoncé.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Il fait partie de ces entrepreneurs africains qui souhaitent apporter un impact significatif au secteur numérique. Son parcours illustre l’émergence d’initiatives locales visant à transformer l’accès à la formation sur le continent.
Valery Kagro (photo), entrepreneur technologique tchadien, est cofondateur et directeur général de PayiSkoul, une néobanque éducative basée à Abidjan, en Côte d’Ivoire, dédiée au financement et à la digitalisation du secteur éducatif.
Créée en 2024, PayiSkoul vise à faciliter le règlement des frais de scolarité et de formation en tenant compte des contraintes financières des étudiants et de leurs familles. La plateforme propose un portefeuille digital relié aux comptes bancaires et cartes Visa, permettant de régler les frais de scolarité, le logement et le matériel pédagogique en plusieurs échéances. Elle inclut également des services tels que le cashback éducatif, la micro-épargne et le microcrédit destinés aux projets étudiants.
Pour les établissements partenaires, PayiSkoul met à disposition un tableau de bord automatisé pour le suivi des paiements, la gestion des échéances et les relances, afin de fluidifier la relation entre établissements et familles.
Avant PayiSkoul, Valery Kagro avait lancé Genoskul, une start-up fondée en 2020 dans le domaine des technologies éducatives. Sa plateforme propose des formations à distance, un service de répétiteurs et un assistant intelligent capable de répondre aux questions des utilisateurs.
L’entrepreneur est diplômé de l’université de Ngaoundere, au Cameroun, où il a obtenu en 2019 un bachelor en informatique. Il détient également un certificat en intelligence artificielle de l’université virtuelle du Sénégal et un certificat en analyse de données délivré par OpenClassrooms.
Son parcours professionnel commence en 2019 au Trésor public du Tchad comme stagiaire au département informatique. En 2022, il rejoint le Programme des Nations unies pour le développement dans son pays en tant que responsable technologique du Programme Jeunesse Innovation.
Entre 2022 et 2024, il occupe le poste de responsable technique chez Izipay, une fintech camerounaise. En parallèle, il exerce comme directeur de la technologie chez Allô’Bailleurs, une plateforme ivoirienne de mise en relation entre locataires et propriétaires, et comme responsable technique et de coordination pour l’Afrique centrale chez DAWN, une entreprise de technologie éducative basée à Lagos, au Nigeria.
Melchior Koba
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Le Japon affirme sa stratégie africaine en misant sur le capital humain et l’innovation technologique. La formation à l’IA couplée à des programmes dans la santé, la logistique et l’agriculture, traduit une volonté de bâtir une coopération plus durable.
Le Japon s’engage à former 30 000 experts en intelligence artificielle (IA) en Afrique au cours des trois prochaines années pour accélérer la numérisation de l’économie et créer des emplois sur le continent, a annoncé le Premier ministre japonais, Shigeru Ishiba (photo), le mercredi 20 août 2025.
« Le Japon avait pour objectif de soutenir la formation de 30 000 experts en intelligence artificielle au cours des trois prochaines années afin de promouvoir la numérisation et de créer des emplois », a-t-il déclaré dans un discours prononcé à l’ouverture des travaux de la 9e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD-9) qui se tient à Yokohama (40 km au Sud de Tokyo) jusqu’au vendredi 22 août.
M. Ishiba a également indiqué que le pays du Soleil Levant partagerait son expertise numérique afin de « co-créer des solutions » aux défis auxquels l'Afrique est confrontée.

Selon des sources gouvernementales citées par l’agence de presse japonaise Kyodo News, Tokyo prévoit dans ce cadre de lancer des cours sur l'IA et la Data Science dans des établissements d'enseignement supérieur en Afrique, avec la coopération de Yutaka Matsuo, professeur à l'Ecole supérieure d'ingénierie rattachée à l'Université de Tokyo et expert japonais de premier plan en IA.
Ces cours seront proposés dans plusieurs dizaines d'universités dans plusieurs pays, dont le Kenya et l’Ouganda, et porteront principalement sur l’intégration de l’IA dans les secteurs de l'industrie manufacturière, de l'agriculture et de la logistique, d’après ces mêmes sources.
Outre le développement de talents en IA, M. Ishiba a révélé que le Japon formera 300 000 personnes dans d’autres domaines, dont 35 000 dans le secteur de la santé et de la médecine, au cours des trois prochaines années.
Le Premier ministre japonais a par ailleurs proposé la création d'une « zone économique » reliant l'océan Indien à l'Afrique, qui « contribuera à l'intégration et au développement industriel de l'Afrique », tout en s’engageant à promouvoir le libre-échange et les investissements privés sur le continent.

Se démarquer de la Chine
Il a également indiqué que le Japon accordera des prêts pouvant atteindre 5,5 milliards de dollars à plusieurs pays africains, en coordination avec la Banque africaine de développement (BAD) afin de promouvoir le développement durable de l'Afrique et de résoudre ses problèmes d'endettement.
L'Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et des institutions financières privées prévoient par ailleurs de débloquer 1,5 milliard de dollars d’investissements d’impact pour financer la réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays africains et l’atteinte de certains objectifs de développement durable.
Contrairement à ce qui s’est passé lors des précédentes éditions de la TICAD, qui se tient chaque trois ans depuis 1993, le gouvernement japonais n’a pas annoncé cette année le montant total des fonds qui devraient être injectés dans les économies africaines durant les trois prochaines années en Afrique.
En se concentrant sur des investissements dans le capital humain, l’économie verte et l’amélioration des conditions de vie des populations en Afrique, le Japon cherche visiblement à se démarquer de son puissant rival chinois, qui a accru ces dernières années son influence sur le continent en déversant des fonds colossaux, souvent sous forme de prêts dédiés au financement des infrastructures qui ont contribué à l’endettement excessif de plusieurs pays.
Agence Ecofin rappelle que des dirigeants d'environ 50 pays africains participent à la TICAD-9, dont les présidents nigérian Bola Tinubu, sud-africain Cyril Ramaphosa et kényan William Ruto.
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Le ministère de la Transition digitale du Burkina Faso, en partenariat avec Orange Digital Center, a annoncé le mercredi 27 août la 2ᵉ édition du programme « Superbes Codeuses ». L’initiative s’adresse aux lycéennes âgées de 15 à 18 ans, désireuses de se former aux métiers du digital, du codage, de la robotique et aux outils no-code. Les inscriptions sont ouvertes du 1er au 30 septembre pour Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou. Les participantes sélectionnées bénéficieront d’une formation pratique et pourront développer leurs compétences techniques et leur esprit d’innovation.
Formulaire d’inscription : https://forms.gle/azZSZvdUdJ7CD1SL6
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La transformation numérique de l’éducation figure parmi les priorités du gouvernement sénégalais. En début d’année, il a présenté une stratégie quinquennale, dotée d’une enveloppe d’environ 232 millions de dollars, destinée à moderniser le système éducatif.
Le gouvernement sénégalais veut renforcer sa coopération avec l’opérateur télécoms Sonatel (Orange) et la société technologique chinoise Huawei dans le domaine de l’éducation numérique. Un protocole d’accord a été conclu entre les trois parties la semaine dernière, en marge de la Conférence mondiale sur l’éducation intelligente 2025, organisée à Pékin du lundi 18 au mercredi 20 août.
Signé par Moustapha Mamba Guirassy, ministre de l’Éducation nationale, l’accord porte sur le déploiement d’équipements pédagogiques numériques, le développement d’infrastructures numériques et la formation des talents. Selon un communiqué de Huawei publié le 22 août, cette initiative doit « accélérer la transformation numérique de l’éducation nationale sénégalaise et promouvoir l’éducation inclusive ».
Elle s’inscrit dans un contexte où Dakar multiplie les initiatives pour intégrer les technologies de l’information et de la communication (TIC) dans son système éducatif. En janvier, le gouvernement a présenté une stratégie numérique pour l’éducation 2025–2029, dotée d’un budget de 130 milliards de francs CFA (environ 232 millions de dollars), visant à moderniser l’école grâce à l’intelligence artificielle et à répondre à la demande croissante de compétences numériques sur le marché du travail.
Toujours en janvier, une convention a été signée avec Télé-École, chaîne éducative sénégalaise, pour développer des contenus numériques adaptés et mettre à disposition des outils en ligne jusque dans les zones reculées.
En mars, le ministère de l’Éducation nationale et celui de l’Enseignement supérieur ont lancé un vaste programme de formation au numérique et à l’intelligence artificielle destiné à 105 000 enseignants et personnels administratifs. L’objectif est de permettre aux bénéficiaires d’adapter les pratiques pédagogiques aux évolutions technologiques, d’intégrer les ressources numériques dans l’apprentissage, de sensibiliser les élèves aux enjeux du numérique et de renforcer les compétences en cybersécurité dans les établissements scolaires.
Ces efforts s’inscrivent dans une dynamique internationale. L’UNESCO promeut en effet l’intégration des TIC dans l’éducation, soulignant leur potentiel pour améliorer l’accès, renforcer les acquis d’apprentissage et développer les compétences du XXIᵉ siècle. Au Sénégal, le système éducatif reste toutefois confronté à de nombreux défis, selon les autorités. Il s’agit notamment de programmes souvent en décalage avec les réalités nationales et les besoins de l’économie, du retard dans l’adaptation aux enjeux du numérique, de la déperdition scolaire élevée, du déficit d’enseignants et du manque d’infrastructures face à des effectifs d’élèves en constante augmentation.
Il convient toutefois de rappeler que la collaboration n’en est, pour l’instant, qu’au stade de protocole d’accord. Si elle traduit une volonté de coopération, rien ne garantit encore sa concrétisation. Aucun détail n’a été communiqué quant au calendrier de signature d’un accord formel. Il faudra donc attendre les développements ultérieurs pour en mesurer les retombées potentielles.
Isaac K. Kassouwi
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Entre le Cameroun et la France, son parcours mêle informatique et technologies immersives. Il développe aujourd’hui des projets qui relient formation, innovation et entrepreneuriat.
Charles Bihina (photo) est un entrepreneur et développeur camerounais spécialisé dans la réalité virtuelle (VR) et augmentée (AR). En 2022, il fonde DiVRsitee, une entreprise dédiée à la conception de jeux pédagogiques.
DiVRsitee conçoit des expériences immersives pour sensibiliser les utilisateurs aux différentes formes de discrimination : genre, migrations, harcèlement, violences. Les jeux placent les participants dans la peau de personnes vulnérables souvent confrontées à la stigmatisation.
L’entreprise propose ses solutions à des entreprises, associations, collectivités locales et institutions souhaitant organiser des ateliers de sensibilisation ou des formations immersives. Elle valorise la réalité virtuelle comme levier pédagogique et vecteur d’empathie.
En parallèle, Charles Bihina enseigne la programmation et la réalité virtuelle sur la plateforme Udemy. Il intervient également comme formateur en VR, AR, métavers et intelligence artificielle à l’École Hexagone en France. Il exerce également comme développeur indépendant en XR (réalité étendue) sur la plateforme Malt.
Diplômé de l’Institut africain d’informatique, il obtient en 2012 un bachelor en génie logiciel, puis un master en génie informatique à l’université protestante d’Afrique centrale. En 2017, il poursuit sa formation en France, décrochant un master en ingénierie du virtuel et innovation à Arts et Métiers ParisTech.
Sa carrière débute en 2011 chez Eneo Cameroun, distributeur public d’électricité, comme informaticien. Il rejoint ensuite Camtel, opérateur télécom, puis le cabinet dentaire de la Vallée Bastos. En 2015, il devient responsable informatique au complexe scolaire international Les Coccinelles. En 2019, il travaille en France pour EDF comme graphiste 3D et développeur d’applications VR. Entre 2023 et 2024, il est formateur en métavers et intelligence artificielle à l’école française d’ingénierie informatique EPSI.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Fort de son expérience dans la création d’entreprises dans divers secteurs, l’entrepreneur apporte son aide aux Ivoiriens porteurs d’idées. Son but est de construire et de soutenir des initiatives qui créent une valeur économique et sociale durable.
Amidou Diarra (photo) est un entrepreneur ivoirien actif dans le commerce électronique, l’agriculture, l’éducation et la publicité. Il est le fondateur et directeur général de C’possible, une plateforme d’accompagnement à l’entrepreneuriat.
Fondée en 2023, C’possible propose un dispositif qui associe mentorat, ateliers pratiques, ressources méthodologiques et outils numériques. L’objectif est de soutenir le développement et la mise en œuvre de projets entrepreneuriaux.
La plateforme met l’accent sur la mise en action rapide et la structuration des entreprises. Elle guide les porteurs de projets à travers des étapes clés : validation de l’idée, élaboration d’un modèle économique, formalisation juridique, gestion financière et stratégie marketing. Elle entend ainsi réduire les obstacles liés au lancement d’entreprise en offrant un cadre clair et accessible.
C’possible développe également une communauté d’entrepreneurs. L’espace favorise les échanges, le partage d’expériences et la constitution de réseaux. Elle mobilise des experts ainsi que de jeunes créateurs pour renforcer l’écosystème entrepreneurial francophone en Afrique.
Parallèlement, M. Diarra est un cofondateur de Monrezo. Lancée en 2024, cette plateforme relie particuliers, professionnels et entrepreneurs en quête de conseils dans les domaines de l’entreprise, de la carrière ou de la vie personnelle à des experts africains et des personnalités publiques.
Avant ces projets, il avait participé en 2022 à la création de Diago, une plateforme numérique qui connecte les détaillants informels à des opportunités d’approvisionnement et de services financiers. Il en a été directeur général jusqu’en 2023. La start-up a ensuite été rachetée par Chari.co, une entreprise marocaine de commerce électronique qui offre aussi des services financiers.
Amidou Diarra est diplômé en marketing et communication et certifié en coaching et développement personnel. Il a commencé sa carrière professionnelle en 2016 chez Orange Côte d’Ivoire en tant que chargé de revue de presse. En 2018, il a rejoint l’entreprise énergétique Total Côte d’Ivoire comme responsable de station de ravitaillement.
Melchior Koba
Edité par M.F. Vahid Codjia
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L’intégration de l’IA comme outil peut aider l’Afrique à transformer ses défis en opportunités. Pour accompagner cette dynamique, Google renforce son engagement sur le continent à travers des initiatives en faveur de la recherche, de la formation et de l’innovation.
Google a récemment annoncé une série de soutiens financiers, techniques et communautaires à l’écosystème africain de l’intelligence artificielle. L’enveloppe globale estimée à 37 millions USD vise à renforcer la recherche, la formation de talents et les infrastructures. Elle inclut des financements antérieurs désormais rassemblés sous une même initiative.
Parmi les actions phares du géant américain, l'inauguration d’un centre communautaire de l’IA à Accra au Ghana. Ce nouvel espace servira de hub collaboratif pour la recherche, l’apprentissage et l’expérimentation autour de l’IA. Il accueillera des ateliers techniques, des événements interdisciplinaires et des échanges entre chercheurs, développeurs, entrepreneurs, étudiants et membres de la société civile.
Africa's AI future is bright! Today @samgeorgegh, Ghana's Minister of @mocghana joined us as we launched our AI Community Center in Accra & committed $37M in grants & support for research & innovation. #GoogleAfrica #AIForGood pic.twitter.com/BcMm3DByeA
— Google in Africa (@googleafrica) July 24, 2025
Sur le volet recherche, Google a réaffirmé son engagement dans le programme « AI: Food Security » doté de 25 millions USD. Celui-ci soutient des projets africains exploitant l’IA pour améliorer la sécurité alimentaire, anticiper les périodes de faim et renforcer la résilience agricole. En parallèle, 3 millions USD seront alloués au Masakhane African Languages AI Hub pour promouvoir des outils open source dans plus de 40 langues africaines.
En matière de formation, 100 000 bourses Google Career Certificate seront proposées à des étudiants ghanéens. Les modules couvriront l’IA, la cybersécurité, l’analyse de données et le développement logiciel. D’autres programmes de formation soutenus par Google.org seront déployés au Ghana, au Kenya, au Nigeria et en Afrique du Sud, en partenariat avec des universités et des ONG locales.
Deux institutions universitaires africaines, à savoir l’Université de Pretoria et le Wits MIND Institute, recevront par ailleurs chacune un financement de 1 million USD pour appuyer les travaux de recherche. Enfin, la firme prévoit de soutenir plus de 100 start-up africaines spécialisées dans l’IA via un fonds catalytique. Ce mécanisme combinera financement philanthropique, capital-risque et appui technique, pour stimuler des innovations adaptées aux besoins locaux.
Ce nouvel engagement de Google survient alors que l’intelligence artificielle gagne en importance dans la transformation numérique de l’Afrique. Selon le cabinet PwC, cette technologie pourrait injecter jusqu’à 1200 milliards USD à l’économie continentale d’ici 2030, soit une hausse de 5,6% de son PIB. Un potentiel qui dépendra néanmoins de la capacité à structurer un écosystème local robuste, inclusif et durable.
Samira Njoya
Edité par : Feriol Bewa