À travers ses solutions numériques, Joseph Wanjau s’attaque à des problématiques de gestion longtemps négligées par de nombreuses organisations africaines. Son approche technologique vise à structurer les opérations, améliorer l’efficacité et accompagner la modernisation des usages sur le continent.

Joseph Wanjau (photo) est un informaticien et entrepreneur kényan. Il est le fondateur et directeur général d’Africa Cloud Space, une entreprise spécialisée dans le développement de solutions SaaS et d’outils d’intelligence artificielle destinés aux écoles et aux associations en Afrique.

Fondée en 2015, Africa Cloud Space conçoit des solutions numériques prêtes à l’emploi visant à simplifier et automatiser la gestion des organisations africaines. L’entreprise s’adresse aussi bien aux établissements scolaires qu’aux entreprises, associations, hôpitaux et à toute structure ayant besoin d’outils efficaces pour la communication, le suivi des activités et l’organisation interne.

Parmi ses produits, Cloud School s’adresse aux établissements scolaires souhaitant moderniser et centraliser leurs opérations. La plateforme permet de gérer l’ensemble des activités d’une école à partir d’un seul espace accessible depuis tout type d’appareil, facilitant ainsi le travail de l’administration et des équipes pédagogiques.

Africa Cloud Space a également développé Ikomali, une solution de point de vente multicanal destinée aux entreprises orientées vers la vente aux particuliers. Elle permet aux commerçants et aux détaillants de suivre leurs ventes et leurs opérations en magasin, tout en structurant la gestion de la relation client.

L’entreprise propose aussi Majicloud, un système de gestion des connaissances conçu pour centraliser les informations relatives aux membres d’une organisation. De son côté, Shiriki 365 automatise l’ensemble des opérations liées à la gestion des membres. Elle s’adresse notamment aux associations, clubs et organisations communautaires.

En parallèle de ses activités entrepreneuriales, Joseph Wanjau est consultant en technologies de l’information et de la communication à l’Institut pour le droit et la gouvernance environnementale au Kenya. Diplômé de la Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology, il y a obtenu en 2013 une licence en informatique (bachelor). Entre 2013 et 2014, il a exercé en tant qu’ingénieur logiciel chez Craft Silicon, une entreprise kényane spécialisée dans le développement de logiciels.

Melchior Koba

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Dans un contexte de transformation numérique rapide, elle développe un écosystème dédié à la montée en compétences des femmes africaines. Son action cible les écarts d’accès aux outils et aux usages qui conditionnent aujourd’hui l’entrepreneuriat et le leadership.

Marie Chantal Kouacou (photo) est une experte en finance et une entrepreneure ivoirienne engagée dans la promotion de la blockchain et du Web3. Elle est fondatrice et directrice générale d’African Women Innovation 3.0 (AWI 3.0).

Fondée en 2023, AWI 3.0 accompagne les femmes africaines dans l’acquisition des compétences technologiques les plus demandées, notamment l’intelligence artificielle, la blockchain, le Web 3.0, la productivité digitale et l’innovation. L’organisation propose une plateforme d’apprentissage en ligne qui centralise tous ses modules. Sa mission est de donner aux femmes les moyens de devenir autonomes, compétentes et visibles dans le monde numérique.

L’offre d’AWI 3.0 s’articule autour de plusieurs axes complémentaires : formations de base, programmes d’entrepreneuriat et de leadership, développement de l’image de marque personnelle, réseautage et maîtrise des outils numériques. Chaque parcours est conçu pour permettre l’acquisition de compétences opérationnelles telles que la gestion d’équipe, le positionnement stratégique, la création de relations professionnelles pertinentes et l’exploitation du numérique comme levier de croissance.

Parallèlement à ses activités au sein d’AWI 3.0, Marie Chantal Kouacou est partenaire commerciale chez GUILD4AI, un réseau mondial dédié à l’intelligence artificielle réunissant entreprises innovantes, conférenciers, experts et enseignants. Elle occupe également le poste de directrice administrative et financière de l’OIA Anacarde Côte d’Ivoire, une plateforme qui fédère l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur de la filière anacarde.

Elle est titulaire d’un diplôme en comptabilité et finance obtenu à l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. Elle est aussi diplômée de TECH Global University, université numérique au sein de laquelle elle a obtenu, en 2024, un master en business intelligence.

Sa carrière professionnelle débute en 2003 à la Société Générale, où elle exerce en tant qu’assistante administrative. En 2004, Marie Chantal Kouacou rejoint le Centre national de recherche agronomique de Côte d’Ivoire. Elle y occupe successivement les fonctions de comptable, de cheffe du service administratif et financier, puis de responsable du service de contrôle de gestion, avant de quitter l’institution en 2023.

Melchior Koba

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L’essor de l’intelligence artificielle redéfinit les priorités éducatives dans la région. Face à une jeunesse nombreuse et à une économie en mutation, l’Afrique de l’Est cherche à structurer sa montée en compétences pour rester compétitive dans la transformation numérique mondiale.

MindHYVE.ai, Inc., entreprise américaine spécialisée dans l’intelligence artificielle agentique, et l’Inter‑University Council for East Africa (IUCEA), l’organisme régional chargé de l’intégration et de l’harmonisation de l’enseignement supérieur en Afrique de l’Est, ont signé le mardi 9 décembre à Kampala un partenariat destiné à faire de la région un futur pôle de compétences en IA. L’accord vise à doter les universités membres de l’IUCEA d’outils d’apprentissage avancés et de programmes certifiants de niveau international.

« Ce partenariat marque un moment déterminant pour l’Afrique de l’Est. Équiper nos universités, nos éducateurs et nos étudiants avec une connaissance de l’IA et une maîtrise éthique est essentiel pour l’avancement de notre région », a déclaré le professeur Idris A. Rai (photo), secrétaire exécutif par intérim de l’IUCEA, soulignant la volonté de renforcer la compétitivité de la région dans l’économie numérique mondiale.

Dans sa première phase, l’accord permettra aux plus de 170 universités membres d’accéder à ArthurAI, la plateforme d’apprentissage agentique de MindHYVE.ai, qui sera déployée dans le cadre d’un projet pilote régional. S’y ajoutent 50 cours certifiés du programme « The Dawn Directive », des certifications en littératie et maîtrise de l’IA codélivrées avec le California Institute of Artificial Intelligence, ainsi que des sessions de formation destinées aux enseignants et responsables académiques. Le protocole prévoit une mise en œuvre sur deux ans, supervisée par un comité conjoint chargé de l’évaluation et du passage à l’échelle.

Cette collaboration intervient dans un contexte où la demande en compétences numériques explose. L’Afrique de l’Est, qui concentre l’une des populations les plus jeunes du continent, peine encore à répondre aux besoins en formation avancée dans les technologies émergentes. Selon la Banque mondiale, d’ici 2030, l’Afrique subsaharienne pourrait créer près de 230 millions d’emplois nécessitant des compétences numériques, alors même que les déficits de qualification demeurent l’un des principaux freins à cette transition. Les gouvernements de la région multiplient par ailleurs les stratégies nationales d’IA, d’innovation et de transformation de l’enseignement supérieur, offrant un terrain favorable à ce type d’initiative régionale.

La mise en œuvre de ce partenariat devrait permettre à l’Afrique de l’Est de former un plus grand nombre d’étudiants et de professionnels aux compétences essentielles dans une économie de plus en plus numérique. Elle offre également aux universités une base commune pour renforcer la qualité de leurs programmes, améliorer la mobilité académique et structurer des formations alignées sur les besoins technologiques croissants de la région. L’initiative pourrait enfin soutenir les efforts engagés par les États membres pour moderniser l’enseignement supérieur et intégrer davantage les technologies émergentes dans les cursus.

Samira Njoya

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Face aux défis d’accès au crédit formel et aux faibles niveaux d’éducation financière, Stokvel Academy se positionne comme une initiative innovante pour démocratiser l’épargne collective et la gestion financière.

Stokvel Academy est une plateforme d’e-learning développée par une start-up éponyme. Elle offre des cours en ligne, des ressources pédagogiques et des outils pratiques pour aider les individus et les communautés à créer ou rejoindre des « stokvels », ces associations d’épargne collective traditionnelles répandues en Afrique du Sud, et à gérer convenablement leurs finances.

La start-up, basée à Soweto, a été lancée en 2017 par Busisiwe Skenjana. « En formant des jeunes agents, nous ne nous attaquons pas seulement au chômage, mais nous donnons également aux stokvels les moyens de devenir plus forts et plus résilients », a indiqué Mme. Skenjana.

Grâce à un catalogue de modules structurés, Stokvel Academy couvre des sujets variés : principes de base de l’épargne, planification financière, gestion de trésorerie, gouvernance des groupes d’épargne, évaluation des risques, et stratégie d’investissement. Accessible depuis un navigateur web, la plateforme permet à ses utilisateurs d’apprendre à leur rythme, quel que soit leur niveau de départ. Elle entend rendre l’éducation financière inclusive, en abaissant les barrières d’entrée à la connaissance des mécanismes d’épargne collective.

En combinant tradition et technologie, Stokvel Academy modernise un modèle communautaire bien implanté. Pour les groupes existants, la formation peut renforcer la gouvernance interne, éviter les conflits, et améliorer la pérennité du stokvel. Pour les nouveaux membres, elle représente une porte d’entrée vers des méthodes d’épargne structurée.

Dans un contexte où l’accès aux services bancaires reste limité pour une part de la population, Stokvel Academy apparaît comme une alternative pertinente qui combine inclusion financière, renforcement des capacités et « empowerment » des communautés. En formant des épargnants responsables et informés, la plateforme contribue à renforcer la résilience financière des ménages, stimuler l’investissement local, et encourager des dynamiques d’économie solidaire adaptées aux réalités africaines.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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Encore étudiant, il fait du numérique un terrain d’expérimentation et d’apprentissage continu. Son engagement envers l’IA et le cloud illustre l’intérêt des jeunes Africains pour les nouvelles technologies.

Le Camerounais Awahnji Jean Awah (photo) développe des solutions numériques et s’oriente vers les technologies cloud et l’intelligence artificielle. Il poursuit un Master en Data Science et Intelligence Artificielle à l’Institut universitaire de la Côte, où il acquiert les bases scientifiques et pratiques de ces domaines.

Parallèlement à son cursus, il se forme sur le terrain par le développement web, des projets d’analyse de données et la création de sites pour des clients. Ce travail en autonomie lui permet de confronter ses compétences aux besoins concrets d’utilisateurs et d’entreprises.

Avec l’objectif de devenir « un ingénieur IA full‑stack capable de concevoir des solutions numériques à fort impact », Awahnji Jean Awah rejoint l’Orange Digital Center (ODC), centre de formation de l’opérateur Orange. Il y suit plusieurs programmes issus d’un partenariat conclu en avril 2024 entre ODC et Coursera, qu’il a découvert via les réseaux sociaux.

Il valide des certifications IBM (DevOps, Software Engineering, Machine Learning, AI Developer), Meta (Back End et Front End Developer), Google (UX, Data Analytics, Project Management), AWS Cloud Architect, Azure Developer, Red Hat Kubernetes/OpenShift, Microsoft Project Management, Cloud Support, Scrum Master, ainsi que d’autres modules techniques.

Ce parcours, entamé en juillet 2024 et poursuivi tout au long de l’année 2025, repose sur un rythme soutenu qui combine ateliers pratiques, accompagnement pédagogique du personnel de l’ODC et mises en situation professionnelle. Dans un entretien accordé à We Are Tech Africa, il qualifie cette expérience de « riche, pratique, intuitive, bien encadrée par le personnel de l’ODC ».

En parallèle, il travaille comme développeur freelance et praticien en IA, un cadre qui lui sert de terrain d’expérimentation pour ses nouvelles compétences. Selon lui, les certifications obtenues ont « renforcé mon portfolio, amélioré mon autonomie technique, augmenté mes opportunités de missions freelance et accru ma crédibilité professionnelle ».

Elles ont, dit‑il, transformé ses « compétences, renforcé ma confiance et m’ont donné les outils nécessaires pour concrétiser mes idées en solutions réelles et porteuses d’impact ». Cette évolution se traduit par des « missions mieux rémunérées, davantage de responsabilités et une confiance accrue de la part des clients », ajoute‑t‑il.

Pour la suite, Awahnji Jean Awah projette de « devenir ingénieur certifié en IA et cloud, concevoir des outils d’IA impactants, développer des solutions cloud évolutives et, à terme, créer ou rejoindre une start‑up technologique ».

Melchior Koba 

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Face à un chômage des jeunes qui avoisine 60 %, le pays mise sur la transformation digitale de l’enseignement technique pour moderniser les formations et aligner davantage les compétences des apprenants sur les besoins réels du marché du travail.

La Guinée a procédé, mardi 25 novembre, à la validation de sa Stratégie nationale de transformation digitale de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (ETFP), lors d’un atelier organisé à Conakry par le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Estimée à 300 milliards GNF (34,5 millions USD), cette stratégie vise à moderniser en profondeur le système national de formation technique et professionnelle.

Elle s’appuie sur les Objectifs de développement durable, notamment l’ODD 4 consacré à l’éducation de qualité, et ambitionne de faire de l’ETFP un pilier de l’employabilité et de l’entrepreneuriat. Ses priorités portent sur la modernisation des formations, l’adaptation des curricula aux besoins réels du marché du travail, le renforcement des infrastructures numériques, l’amélioration de la connectivité et la réduction du déficit de compétences chez les enseignants.

Selon le ministère, les 300 milliards GNF serviront à développer les infrastructures numériques, équiper les établissements, former les enseignants et déployer des plateformes d’apprentissage en ligne. Le plan s’inscrit dans une vision à l’horizon 2035, axée sur la construction d’un écosystème numérique robuste capable de soutenir durablement l’enseignement technique. Sur le plan régional, la Guinée participe à l’initiative panafricaine de digitalisation de l’ETFP, visant à harmoniser les approches et à mutualiser financements et expertises entre États et partenaires.

Cette validation intervient alors que le marché du travail africain connaît une transformation rapide sous l’effet de la numérisation. Les études internationales montrent une forte croissance des métiers liés au numérique dont la demande devrait augmenter d’ici 2030. Le rapport « Foresight Africa 2025–2030 » du think tank américain Brookings Institution estime qu’à cet horizon, 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques en Afrique subsaharienne. Il anticipe également jusqu’à 650 millions d’opportunités de formation, représentant un marché potentiel de 130 milliards USD.

La mise en œuvre effective de la stratégie dépendra toutefois de plusieurs facteurs, notamment la mobilisation des financements nécessaires, la qualité de la gouvernance, la capacité à former des enseignants aux outils numériques, ainsi que la disponibilité d’infrastructures essentielles (électricité fiable et internet haut débit), en particulier dans les zones rurales.

Si elle est pleinement réalisée, la stratégie permettra d’améliorer l’accès aux formations qualifiantes, de moderniser les filières techniques, d’accroître l’employabilité des jeunes et de renforcer la compétitivité du pays dans une économie où les compétences numériques sont devenues indispensables. Un enjeu crucial en Guinée, où le chômage des jeunes reste particulièrement élevé, estimé à près de 60 % selon des données nationales consolidées.

Samira Njoya

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La start-up nigériane Kodeedu ambitionne de démocratiser l’accès à l’éducation en ligne grâce à sa plateforme web innovante.

Kodeedu est une solution d’apprentissage en ligne développée par la start-up nigériane éponyme. Destinée aux étudiants, aux professionnels et à toute personne désireuse d’acquérir de nouvelles compétences, elle offre un catalogue diversifié de cours, allant de la programmation informatique au marketing digital, en passant par les compétences professionnelles adaptées au marché local. La start-up a été lancée en 2021.

« Nous développons une plateforme de micro-apprentissage qui permet d'acquérir des compétences de manière rapide, flexible et parfaitement adaptée à l'avenir numérique de l'Afrique », a indiqué la jeune pousse. Et d’ajouter : « Kodeedu décompose des sujets complexes en leçons faciles à assimiler et adaptées aux appareils mobiles, permettant ainsi aux apprenants de progresser en quelques minutes par jour, et non en plusieurs mois ».

 

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Accessible depuis un navigateur Internet, la plateforme permet aux apprenants de suivre des modules vidéo, d’effectuer des exercices interactifs et d’obtenir des certificats de complétion. Grâce à cette approche, elle veut surmonter les obstacles traditionnels liés à l’éducation (distance, coût, indisponibilité d’établissements de formation) et offrir une alternative flexible et adaptée aux réalités du Nigeria.

Pour les utilisateurs, l’atout principal de Kodeedu réside dans la flexibilité : chacun peut apprendre selon son propre rythme, depuis n’importe quel lieu connecté. Cela ouvre des opportunités pour les jeunes des zones rurales, ceux qui travaillent déjà, ou les personnes n’ayant pas accès à l’enseignement supérieur traditionnel. Par ailleurs, la plateforme favorise une mise à jour constante des compétences, ce qui est essentiel dans une économie en mutation rapide.

Pour le marché nigérian de l’emploi, Kodeedu représente un levier potentiel de renforcement des capacités, en permettant aux apprenants d’acquérir des compétences recherchées (informatiques, digitales, entrepreneuriales) et d’augmenter leurs chances d’employabilité. Dans un contexte où l’économie digitale est en pleine croissance, cette montée en compétences peut aider à combler le fossé entre la demande du marché et l’offre de talents qualifiés.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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En structurant un accès clair aux langues africaines, il change le cadre existant. Son travail ouvre un espace d’apprentissage structuré qui transforme la manière d’aborder ces langues.

Frank Akinwande Williams (photo) est un entrepreneur nigérian actif dans l’edtech et la culture numérique à Lagos. Il est cofondateur et directeur général de Lingawa, une plateforme en ligne dédiée à l’apprentissage des langues africaines.

Fondée en 2022 par Frank Akinwande Williams, Yvonne Williams et Uche Azinge, Lingawa (anciennement TopSet) propose des cours adaptés au rythme et aux disponibilités de chaque utilisateur, grâce à des horaires flexibles et à l’appui de tuteurs spécialisés. La plateforme mise sur une progression individualisée, permettant à chacun d’avancer à son propre rythme.

Les apprenants sont mis en relation avec un tuteur natif, sélectionné selon leurs objectifs, leur niveau et leur manière d’apprendre. Les tuteurs prennent le temps d’expliquer les notions, de vérifier la compréhension et de favoriser la répétition — une méthode particulièrement utile pour les débutants ou ceux qui souhaitent renouer avec leur langue d’origine. Lingawa propose actuellement des cours de yoruba et d’igbo.

La plateforme intègre également des contenus culturels dans le parcours d’apprentissage. Films, chansons, jeux et supports interactifs sont utilisés pour créer un environnement d’apprentissage ancré dans des usages familiers. L’objectif est de faciliter l’acquisition de réflexes linguistiques au fil des séances.

Lingawa met aussi à la disposition des utilisateurs une application mobile qui permet de réviser entre deux cours grâce à des flashcards, des jeux et des outils de suivi des progrès. Ce soutien complémentaire aide à maintenir un rythme régulier et à renforcer les acquis. La plateforme propose également des sessions d’immersion virtuelles, conçues pour pratiquer l’écoute et l’expression dans des situations proches du réel.

Frank Akinwande Williams est titulaire d’une licence (bachelor) en médecine obtenue en 2008 à l’université de Birmingham, en Angleterre. Il est également diplômé de l’université de York, où il a obtenu en 2012 une licence en économie et finance. Il est aussi titulaire d’un master en administration des finances obtenu en 2018 à la Harvard Business School, aux États-Unis.

Il commence sa carrière professionnelle en 2012 comme analyste en services bancaires d’investissement chez Morgan Stanley, au Royaume-Uni. En 2014, il rejoint Helios Investment Partners à Londres en tant qu’associé aux opérations de portefeuille et aux investissements. En 2018, il intègre Actis, un investisseur britannique, comme associé, avant de devenir directeur en 2020, un poste qu’il occupera jusqu’en 2022.

Melchior Koba

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Selon l’UIT, en 2024, seuls 39 pays africains avaient finalisé l’adoption de stratégies nationales de protection de l’enfance en ligne. L’organisation ajoute que 32 % étaient encore en cours d’élaboration et 41 % n’avaient entrepris aucune démarche en ce sens.

Les autorités tunisiennes ont lancé, le mercredi 19 novembre 2025, une Charte nationale pour renforcer les capacités des familles afin de garantir un environnement numérique sûr pour l’enfant. Portée par le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Seniors, et le ministère des Technologies de la communication, l’initiative est également appuyée par l’implication des opérateurs télécoms, des fournisseurs d’accès à Internet, des médias publics et de l’ensemble des acteurs du secteur.

Dans son allocution, Asma Jabri, ministre de la Famille, a souligné que la famille constitue « la première ligne de défense de l’enfant ». Il faut donc lui donner les outils nécessaires pour interagir correctement et en toute sécurité avec les technologies de l’information, à travers la sensibilisation, la formation et l’accompagnement. Elle pourra ainsi suivre les évolutions technologiques et exercer une surveillance positive et responsable de l’usage du numérique par leurs propres enfants.

Cette initiative intervient dans un contexte où les enfants se connectent de plus en plus à Internet, aussi bien pour le divertissement que pour l’apprentissage. L’Union internationale des télécommunications (UIT) estime qu’un enfant dans le monde se connecte à Internet pour la première fois toutes les demi-secondes. En Tunisie, Sofiene Hemissi, ministre des Technologies de la communication, a récemment révélé que les mineurs âgés de 12 à 16 ans passent en moyenne huit heures par jour en ligne.

En octobre dernier, lors d’un colloque organisé par le ministère de l’Intérieur en collaboration avec les ministères de la Défense nationale et des Technologies de la communication, M. Hemissi avait souligné l’aggravation des menaces cybernétiques visant les mineurs en raison de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA). Il a indiqué que les dangers ne se limitent plus à l’accès à du contenu immoral, mais incluent désormais l’inculcation d’informations historiques, religieuses et civilisationnelles erronées.

Dans ce contexte, le gouvernement avait déjà lancé en 2024 un Plan d’action national pour la prévention et la réponse à la violence à l’égard des enfants en ligne, en partenariat avec l’UNICEF. « Les technologies de l’information et de la communication (TIC) occupent une place centrale dans la vie quotidienne des enfants. Si leur accès offre de nombreux avantages éducatifs et sociaux, ces technologies peuvent également exposer les enfants à des risques et causer des préjudices. De plus, ces risques et préjudices peuvent circuler entre les environnements numériques et physiques, les risques en ligne pouvant se transformer en préjudices hors ligne et vice-versa », avait alors déclaré l’organisation onusienne.

Par ailleurs, la GSMA, en partenariat avec l’UNICEF, a lancé fin octobre 2025 un groupe de travail pour protéger les enfants en ligne. Cette plateforme multipartite vise à diriger, coordonner et faire progresser les efforts de protection des enfants en ligne à travers l’Afrique, tout en renforçant les capacités nationales et régionales pour assurer leur sécurité sur Internet. Le groupe comprend notamment de grands opérateurs télécoms du continent, dont Orange, présent en Tunisie.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Au Mali, l’accès au numérique reste limité, surtout dans les zones rurales. La montée en puissance des services en ligne et des outils financiers digitaux rend urgent le renforcement des infrastructures et de la couverture Internet, afin de stimuler l’économie locale et réduire la fracture numérique.

La Société Financière Internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, a annoncé le lundi 17 novembre un financement par prêt de 80 millions d’euros (92,7 millions de dollars) à Orange Mali SA pour moderniser les infrastructures télécoms du pays. L’objectif est d’étendre la couverture haut débit, notamment dans les zones rurales, et de faciliter l’accès aux services financiers numériques.

« Ce partenariat renforce notre engagement en faveur de l’inclusion numérique et de l’accès universel aux télécommunications. Grâce au soutien de la SFI, nous allons élargir la couverture du réseau, renforcer sa résilience et permettre à davantage de Maliens de profiter des opportunités offertes par l’économie numérique », a déclaré Aboubacar Sadikh Diop (photo, au centre), directeur général d’Orange Mali.

Le financement est constitué de 50 millions d’euros provenant des ressources propres de la SFI et de 30 millions d’euros mobilisés auprès de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD). Il permettra l’installation de 300 nouvelles antennes 4G et le déploiement d’un réseau de fibre optique, ce qui permettra de connecter environ 300 000 foyers et petites entreprises, dont près de la moitié dans les zones rurales.

Le projet intègre également des programmes de formation numérique, avec pour objectif que 70 % des bénéficiaires soient des femmes d’ici 2032, contribuant à l’égalité numérique et à l’autonomisation féminine. En parallèle, Orange Mali remplacera ses groupes électrogènes diesel par des systèmes solaires, avec une réduction estimée à plus de 8000 tonnes de CO₂ par an.

Ce financement constitue le premier investissement concret issu du partenariat signé entre la SFI et Orange Middle East & Africa (OMEA) lors de l’Africa CEO Forum d’Abidjan en mai 2025. Il s’inscrit dans la continuité de la stratégie nationale « Mali Digital 2020 » et de l’initiative « Digital Economy for Africa » du Groupe de la Banque mondiale, visant à utiliser la technologie pour créer des emplois, renforcer la résilience et promouvoir un développement durable.

Ces dernières années, le Mali a mis l’accent sur l’extension de la connectivité dans les zones rurales. Un récent partenariat entre Intelsat et Orange Mali a permis à 360 000 habitants de ces régions d’accéder à Internet. Malgré ces avancées, le rapport DataReportal du 8 novembre indique que sur les 8,91 millions d’internautes au Mali à la fin 2025 (soit 35,1 % de la population), plus de la moitié vivent en zones rurales, soulignant que de nombreux défis restent à relever pour réduire la fracture numérique.

Ce nouveau financement devrait permettre à Orange Mali, principal opérateur du pays avec plus de 12 millions d’abonnés, de déployer plus rapidement son réseau, de renforcer la connectivité dans les zones les plus isolées et de faciliter l’accès au numérique pour des populations longtemps marginalisées. Cette extension ouvrira également l’accès à de nouveaux services en ligne déjà déployés au Mali, tels que la télémédecine, l’éducation numérique et les services financiers mobiles.

Samira Njoya

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