Avec cette infrastructure, le Sénégal amorce une transformation de son enseignement supérieur, désormais appelé à jouer un rôle central dans la production d’innovation. L’enjeu est de faire des universités des hubs capables de générer des solutions technologiques, des start-up et des emplois.
Le Sénégal a inauguré, mardi 27 avril à Diamniadio, le premier Pôle universitaire d’innovation et de technologie (UniPod), en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). L’initiative a été officialisée par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, ainsi que le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique Alioune Sall (photo, à droite).
Avec l’inauguration de l’UniPod à l’Université Amadou Mahtar Mbow et le lancement de « Sénégal Digital Factory : de l’idée au produit », ce lundi 27 avril 2026, le Sénégal accélère sa transformation numérique avec une ambition claire : passer de l’idée à l’impact.
— SALL Alioune (@SALLAlioune20) April 27, 2026
Dans un… pic.twitter.com/PfLTDVLlW7
Implanté au sein de l’Université Amadou Mahtar Mbow, ce premier UniPod est conçu comme un espace de co-création réunissant étudiants, chercheurs, start-up et acteurs du secteur privé. Il intègre des infrastructures de prototypage et d’expérimentation technologique, destinées à favoriser le développement de solutions numériques dans des secteurs clés comme la santé, l’agriculture ou l’éducation. Le site de Diamniadio doit également accueillir un hub EdTech panafricain, renforçant son rôle dans l’écosystème régional de l’innovation.
Ce lancement s’inscrit dans le programme « Sénégal Digital Factory », qui prévoit la mise en place d’un réseau national de pôles d’innovation. Dans cette dynamique, d’autres structures similaires sont annoncées à Ziguinchor et à Saint-Louis, avec l’objectif d’étendre cette logique sur l’ensemble du territoire et de réduire les déséquilibres régionaux en matière d’accès aux infrastructures technologiques.
Au-delà des infrastructures, l’ambition des autorités est de repositionner les universités comme des acteurs centraux de la production économique. Il s’agit de transformer les établissements d’enseignement supérieur en véritables viviers d’innovation, capables de générer des solutions pour les administrations publiques et le secteur privé, mais aussi de devenir des incubateurs d’entrepreneurs et de startups technologiques.
Cette orientation s’inscrit dans le cadre de la stratégie « Sénégal 2050 » et du « New Deal technologique », qui font de l’innovation un levier de croissance et de souveraineté technologique. Le gouvernement vise notamment la création de plus de 500 start-up technologiques labellisées et environ 150 000 emplois directs dans les prochaines années.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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À l’approche des JOJ, les besoins en infrastructures numériques s’intensifient au Sénégal. Le gouvernement mise sur la formation au cloud computing pour disposer de compétences locales capables de soutenir l’événement.
Le Sénégal prévoit de former une centaine d’ingénieurs et plusieurs milliers de jeunes aux métiers du cloud computing, dans la perspective des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026. Cette annonce a été faite par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique Alioune Sall et relayée le vendredi 24 avril par l’Agence sénégalaise de presse (APS).
Le projet s’appuie sur un partenariat avec le groupe chinois Alibaba Group, mobilisé pour accompagner la mise en place d’un cloud souverain. Cette infrastructure doit permettre d’héberger les données critiques des JOJ, avec des exigences élevées en matière de disponibilité et de capacité d’adaptation à la demande. Elle servira également de support à un programme de formation destiné à doter le pays de compétences locales capables d’assurer, à terme, l’exploitation et la maintenance des systèmes.
« La formation va débuter incessamment, elle n’a pas encore démarré parce que nous venons juste de finir le déploiement des infrastructures physiques dans les Datacenters. Nous avons reçu le matériel, il a été installé, testé par des ingénieurs sénégalais et des ingénieurs chinois qui travaillent chez Alibaba pour vérifier l’aspect mirroring et les redondances », a annoncé le ministre.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des préparatifs des Jeux olympiques de la jeunesse, prévus à Dakar du 31 octobre au 13 novembre 2026, une première sur le continent africain. Au-delà des infrastructures sportives, l’événement nécessite la mise en place de systèmes numériques robustes, notamment pour la gestion des données, des accréditations ou encore des services administratifs. Les autorités indiquent par ailleurs que plusieurs applications numériques sont en cours de finalisation, notamment pour faciliter les procédures d’entrée sur le territoire ou la gestion des flux de visiteurs.
Le projet s’inscrit plus largement dans la stratégie du New Deal technologique, feuille de route numérique du pays lancée en 2025 pour positionner le Sénégal comme un hub digital régional. Cette stratégie met notamment l’accent sur la souveraineté des données, la formation aux métiers du numérique et le développement d’une économie digitale compétitive. Elle prévoit notamment la formation de 100 000 diplômés dans le domaine numérique, avec 90 % d’experts certifiés, ainsi que l’hébergement de 100 % des données sensibles au Sénégal.
Au-delà de l’échéance des JOJ, l’enjeu est de capitaliser sur ces investissements pour structurer un écosystème numérique durable. En formant des ingénieurs et des techniciens spécialisés, le Sénégal entend réduire sa dépendance aux expertises étrangères et poser les bases d’une infrastructure numérique maîtrisée localement, capable de soutenir le développement de nouveaux services et d’attirer des investissements technologiques.
Samira Njoya
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À mesure que l’intelligence artificielle s’intègre dans divers domaines d’activité, les besoins en compétences adaptées s’intensifient. La formation apparaît ainsi comme un enjeu clé pour soutenir l’appropriation de ces outils et leur déploiement à grande échelle.
L’Algérie renforce son dispositif de formation aux technologies émergentes. La ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nacima Arhab, et le ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, ont procédé, dimanche 26 avril à l’Institut national spécialisé de formation professionnelle d’El Rahmania (Alger), au lancement du programme national de formation en intelligence artificielle (IA).
Selon les autorités, cette initiative vise à faire des compétences locales un levier central d’adaptation aux mutations technologiques et de soutien à l’économie de la connaissance. L’objectif est de former, dans des délais courts, des profils capables de s’intégrer rapidement dans l’environnement numérique, mais aussi de concevoir des solutions adaptées aux besoins des entreprises et du marché national.
Le dispositif repose sur une approche pédagogique axée sur l’apprentissage par la pratique. Le cycle de formation, d’une durée totale de 12 semaines (8 semaines intensives et 4 semaines de projets concrets), est précédé d’un programme de formation des formateurs lancé le 15 janvier 2026 afin de garantir la qualité de l’encadrement.
Cette orientation vise à rapprocher la formation des réalités du terrain et à accélérer la professionnalisation des apprenants. Les participants sont ainsi amenés à travailler sur des cas réels, notamment en collaboration avec des start-up, en mobilisant les outils et modèles d’intelligence artificielle les plus récents.
L’initiative s’inscrit dans la future stratégie nationale de transformation numérique que les autorités prévoient de déployer à court terme. Celle-ci ambitionne de former jusqu’à 500 000 spécialistes TIC (technologies de l'information et de la communication) et de réduire significativement la fuite des talents qualifiés.
Dans ce cadre, l’Algérie cherche à renforcer sa souveraineté technologique et à capter une part de la valeur générée par l’intelligence artificielle. Les autorités visent ainsi une contribution de l’IA pouvant atteindre près de 7 % du PIB à l’horizon 2027. Pour soutenir cette ambition, plusieurs leviers sont mobilisés, notamment la mise en place de mécanismes de financement dédiés, le développement de pôles de formation d’excellence et la démocratisation de l’accès aux technologies numériques.
Au-delà de la formation, le programme s’intègre dans une stratégie visant à structurer un écosystème d’innovation. À ce titre, un incubateur d’entreprises a été inauguré au sein de l’institut pour accompagner les porteurs de projets et encourager la création de start-up technologiques.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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En janvier 2025, les autorités sénégalaises ont décidé d'investir 206 millions USD pour financer leur stratégie numérique pour l'éducation sur la période 2025-2029. Des actions concrètes commencent à prendre corps.
Le Sénégal a annoncé lundi 20 avril le lancement d’une bibliothèque numérique nationale dédiée aux élèves. Cette plateforme vise à faciliter l’accès aux ressources pédagogiques et à assurer la continuité des apprentissages, dans un contexte de perturbations régulières du calendrier scolaire.
Accessible en ligne sur différents supports (smartphones, tablettes, ordinateurs), la bibliothèque propose un ensemble de contenus couvrant plusieurs niveaux d’enseignement, du préscolaire au secondaire. Les ressources, validées par des enseignants, incluent des cours, des exercices interactifs et des outils de révision. Deux solutions composent l’offre : Senkala, axée sur les évaluations et les exercices, et Promet, dédiée aux contenus pédagogiques et à l’apprentissage autonome.
L’initiative vise, d’une part, à garantir la continuité pédagogique en permettant aux élèves de poursuivre leur apprentissage en dehors de la salle de classe. D’autre part, elle s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’éducation, en intégrant les technologies numériques au cœur des méthodes d’enseignement. Au-delà de l’accès aux contenus, la plateforme ambitionne de réduire les inégalités éducatives, notamment entre zones urbaines et rurales.
Toutefois, l’accès à Internet à domicile reste profondément inégal au Sénégal, selon une enquête de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) publiée en juillet 2025. Si 43,8 % des ménages dakarois disposent d’une connexion, ce taux tombe à 16,3 % dans les autres zones urbaines et à moins de 3 % en milieu rural. Les données de DataReportal, qui évaluent l’accès à Internet mobile, sont cependant plus élevées. À la fin de l’année 2025, le Sénégal comptait 11,5 millions d’internautes, soit un taux de pénétration de 60,6 %.
Adoni Conrad Quenum (Agence Ecofin)
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Les autorités zambiennes souhaitent généraliser l’accès à Internet dans le pays, dans le cadre des aspirations de transformation numérique. Cette ambition concerne non seulement les particuliers, mais aussi les établissements publics tels que les écoles et les hôpitaux.
Le gouvernement zambien prévoit de connecter 2500 écoles supplémentaires à Internet d’ici la fin de l’année 2026. L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation numérique du système éducatif.
Dans ce cadre, les entreprises de télécommunications et les institutions financières zambiennes se sont engagées la semaine dernière à soutenir le ministère de l’Éducation dans l’extension de la connectivité Internet dans les écoles à travers le pays. Cet engagement a été pris lors d’une réunion de concertation avec les partenaires consacrée à la connectivité scolaire.
« La collaboration a permis à des salles de classe autrefois limitées en ressources d’introduire aujourd’hui les apprenants aux outils numériques. Les enseignants élargissent leurs méthodes. Les élèves accèdent à des connaissances qui dépassent largement leur environnement immédiat », a déclaré Noriana Muneku, secrétaire permanente chargée de l’Administration au ministère de l’Éducation.
Cette initiative intervient dans un contexte où les autorités zambiennes misent sur la technologie pour soutenir le développement socio-économique dans l’ensemble des secteurs. Dans le domaine de l’éducation, cette ambition est mise en œuvre en partenariat avec des acteurs privés et des organisations internationales.
Le ministère de l’Éducation estime notamment que les écoles peuvent tirer parti d’un large éventail d’outils TIC pour communiquer, créer, diffuser, stocker et gérer l’information de manière efficace. Les technologies de l’information et de la communication offrent aux apprenants un accès à une vaste gamme de ressources éducatives en ligne, telles que des manuels numériques, des livres électroniques et des logiciels éducatifs spécialisés, disponibles à tout moment et depuis n’importe quel lieu.
« Contrairement aux méthodes d’enseignement traditionnelles, qui peuvent limiter le rythme d’apprentissage, l’intégration des TIC permet aux élèves d’apprendre à leur propre rythme et selon leur propre emploi du temps, leur offrant ainsi la flexibilité nécessaire pour concilier études, activités personnelles ou engagements professionnels », indique le ministère dans son « Education Statistics Bulletin 2025 ».
Dans cette dynamique, le gouvernement a mis en place la plateforme « Digital Learning Passport » en collaboration avec l’UNESCO, l’UNICEF et Microsoft. Elle propose une large gamme de contenus éducatifs, incluant des leçons interactives, des supports audio et vidéo ainsi que des ressources pédagogiques numérisées alignées sur le programme scolaire. En 2024, plus de 300 000 élèves y accédaient pour étudier des matières telles que l’anglais, les mathématiques, les sciences et les études sociales.
Selon les données du ministère de l’Éducation, 8 239 écoles sur les 13 987 que compte le pays disposaient d’un accès à Internet pour des usages administratifs à fin 2025. Cependant, seules 5487 écoles bénéficiaient d’un accès destiné à l’enseignement et à l’apprentissage, tandis que 3276 disposaient d’une connexion jugée fiable.
Cette initiative soulève toutefois plusieurs interrogations, notamment sur la généralisation effective de la connectivité dans les écoles, la fiabilité et la pérennité des réseaux, la disponibilité des équipements TIC, ainsi que les capacités des enseignants et des élèves à utiliser ces outils. L’accès à l’électricité reste également un enjeu majeur : en 2025, 5812 écoles ne disposaient d’aucune alimentation électrique.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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La République du Congo avait signé en avril 2025 un protocole d’accord avec l’École des hautes études en sciences économiques (EHESE) de Moscou. C’était en marge de la troisième édition du Gitex Africa qui s’est déroulée à Marrakech, au Maroc.
La Russie s’est engagée à financer la mise en œuvre des phases 3 et 4 du Centre africain de recherche en intelligence artificielle (CARIA). Cet établissement vise à former aux technologies émergentes, de quoi offrir de nouvelles opportunités d’emploi dans l’économie numérique aux jeunes.
La question a été abordée lors de la visite de travail au Congo d’une délégation russe la semaine dernière. Les discussions entre les deux parties ont notamment porté sur la consolidation d’un partenariat stratégique en pleine évolution, dans les secteurs du numérique, de l’innovation et de la formation.
Selon le ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, l’aboutissement de ce financement ouvrira la voie à des avancées concrètes, notamment l’implantation d’un campus de School 21 au sein du CARIA. Il s’agit d’une école russe de formation aux compétences numériques, inspirée du modèle de l’école française École 42. Axée sur l’apprentissage par projets et la collaboration entre apprenants, elle vise à former rapidement des talents dans les domaines du développement logiciel, de l’intelligence artificielle et des technologies avancées.
Le financement servira également au lancement de programmes intensifs de formation destinés à la jeunesse congolaise, dans des métiers numériques à fort potentiel.
Le renforcement des compétences numériques apparaît comme une lueur d’espoir au Congo, alors que la Banque mondiale estime que près de 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques en Afrique subsaharienne d’ici 2030. Au Congo, une enquête d’Afrobarometer (2024) indique que 41 % des 18–35 ans sont sans emploi et en recherche active. Par ailleurs, 42 % des individus de cette tranche d’âge ne sont ni en emploi ni en recherche d’emploi.
Les résultats de l’enquête montrent également que le chômage arrive en tête des problèmes les plus importants auxquels les jeunes Congolais souhaitent que leur gouvernement s’attaque, suivi par l’approvisionnement en eau, les infrastructures routières, l’éducation et la santé.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les pays africains s’intéressent de plus en plus à la technologie spatiale pour soutenir le développement socio-économique. Plus de cent satellites devraient être lancés d’ici la fin de la décennie, contre une soixantaine aujourd’hui.
La Côte d’Ivoire veut s’appuyer sur l’expertise de l’Université de Montpellier, en France, pour la formation de ses premiers spécialistes du spatial. La collaboration portera également sur la fabrication du premier satellite national.
Cette coopération a été discutée le mercredi 15 avril lors d’une rencontre entre Adama Diawara (photo, au centre), ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et une délégation du Centre spatial de l’Université de Montpellier, conduite par son directeur, Laurent Dusseau. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du démarrage des activités de l’Agence spatiale de Côte d’Ivoire (ASCI).
Selon le communiqué du gouvernement ivoirien, M. Dusseau a fait remarquer que l’Université de Montpellier dispose d’une infrastructure lui permettant de former des techniciens et des ingénieurs, en combinant connaissances théoriques et compétences pratiques. « Nous le faisons dans le cadre d’un master spécialisé des grandes écoles, qui s’adresse à des ingénieurs déjà diplômés dans différents domaines et qui viennent suivre, pendant un an, une formation extrêmement intensive afin d’acquérir une compétence spatiale leur permettant d’accéder à des métiers très spécifiques du spatial, comme ingénieur IT ou ingénieur système », a-t-il expliqué.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de développement du secteur spatial en Côte d’Ivoire. En mai 2023, le pays annonçait une collaboration avec la société Universal Konstructors Associated (UKA) pour la construction de Yam-Sat CI 01, le premier satellite national, dont le lancement était prévu pour août 2024. Avant cela, le pays avait annoncé, dès 2021, la création d’une agence spatiale, finalement instituée par décret en juin 2025. Elle est chargée du renforcement des capacités nationales et de la mise en place d’infrastructures dans le domaine spatial.
« L’étendue de ses activités couvre les piliers essentiels d’application du spatial, à savoir l’observation de la Terre, la météorologie spatiale, l’astronomie, l’exploration spatiale, ainsi que la navigation et la communication par satellite », peut-on lire dans le compte rendu du Conseil des ministres du 4 juin 2025. Le gouvernement précise que cela permettra de répondre efficacement aux enjeux de développement économique, de sécurisation du territoire national et de protection de l’environnement.
Ces efforts de la Côte d’Ivoire en faveur du développement spatial s’inscrivent dans une dynamique continentale. Selon un rapport du Centre africain d’études stratégiques (ACFSS), publié en septembre 2025, les États africains consacrent environ 500 millions de dollars par an à leurs programmes spatiaux. L’étude indique que plus de 21 pays africains ont mis en place des programmes spatiaux et que 18 ont lancé au moins un satellite. Le continent a ainsi lancé un total cumulé de 65 satellites. Il compte également plus de 120 satellites supplémentaires en cours de développement, dont le lancement est prévu d’ici 2030.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Le marché mondial des logiciels de simulation pourrait atteindre plus de 36 milliards de dollars d’ici 2030, selon MarketsandMarkets. Dans cette dynamique, le Rwanda anticipe en introduisant ces outils dans ses universités afin de former des profils alignés sur les besoins industriels.
Le ministère des TIC et de l’Innovation du Rwanda a annoncé le mardi 14 avril, à Kigali, la signature d’un protocole d’accord avec Ansys, société américaine spécialisée dans la simulation numérique. Ce partenariat stratégique vise à intégrer des outils de simulation d’ingénierie de pointe dans le cursus des universités et écoles polytechniques du pays.
Minister of State @yves_Iradukunda welcomed a delegation from @ANSYS led by Mr. Lou Major, Managing Director for Africa, for the signing of an MoU between MINICT and Ansys. The agreement establishes a single framework through which universities and polytechnics can be onboarded… pic.twitter.com/is1CiD2GEZ
— Ministry of ICT and Innovation | Rwanda (@RwandaICT) April 14, 2026
L’accord, paraphé par le ministre d’État Yves Iradukunda et le directeur général d’Ansys pour l’Afrique, Lou Major, instaure un cadre centralisé permettant d’intégrer les universités et écoles polytechniques rwandaises aux plateformes d’Ansys. Les établissements auront ainsi accès à des logiciels de simulation avancés ainsi qu’aux licences associées, avec pour objectif de favoriser une adoption plus large de ces technologies dans l’enseignement.
L’accord inclut également des programmes de formation, des conférences, des démonstrations et des sessions d’engagement avec l’industrie. Ces initiatives visent à exposer les étudiants et les enseignants à des applications concrètes de la simulation, dans une logique de rapprochement entre formation académique et besoins du marché du travail.
Ce projet s’inscrit dans la stratégie du Rwanda visant à renforcer l’adéquation entre les cursus universitaires et les exigences de l’industrie, en particulier dans les secteurs de l’ingénierie et des technologies. En intégrant la simulation numérique dans les programmes, les autorités entendent améliorer le développement de compétences pratiques adaptées à une économie de plus en plus tournée vers le numérique.
Les solutions d’Ansys sont aujourd’hui utilisées par des groupes industriels dans des secteurs tels que l’aéronautique, l’automobile ou l’énergie pour simuler le comportement de produits avant leur fabrication. Ces outils contribuent à réduire les coûts de développement et à accélérer les cycles d’innovation. Leur introduction dans l’enseignement supérieur rwandais vise ainsi à familiariser les étudiants avec des technologies déjà largement déployées dans l’industrie, dans un contexte de demande croissante en compétences d’ingénierie avancée.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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L’accélération de l’accès à Internet stimule la production de contenus pour les réseaux sociaux en Afrique. Cela ouvre des perspectives d’emploi pour la jeunesse.
Les autorités libériennes préparent une formation à destination des créateurs de contenus sur la monétisation pour les plateformes de Meta et TikTok. Prévu les 6 et 7 mai 2026, le programme cible 150 participants. Cela inclut des humoristes, conteurs, créateurs de défis, producteurs de vidéos de réaction et, plus largement, les créateurs de contenus orientés vers le divertissement.
Selon l’Autorité libérienne des télécommunications (LTA), la formation sur Meta couvrira les outils de création de contenu pour Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger et Threads. Elle abordera les techniques de production de contenus performants, des sessions pratiques, les opportunités de monétisation, l’éthique sur les réseaux sociaux et les bonnes pratiques. En revanche, peu de détails ont été fournis concernant TikTok.
Le régulateur télécoms rappelle simplement que TikTok est une plateforme détenue par une entreprise chinoise, qui connaît une forte croissance mondiale, particulièrement auprès de la génération Z. Ses algorithmes permettent aux nouveaux créateurs de devenir viraux rapidement grâce à de courtes vidéos, au direct, ainsi qu’à des filtres et outils d’animation.
La monétisation des réseaux sociaux, un levier pour l’emploi des jeunes
Selon la LTA, la monétisation des réseaux sociaux agit comme un catalyseur de l’entrepreneuriat numérique, permettant aux individus de contourner les barrières traditionnelles d’accès à l’économie formelle et de générer des revenus directs et tangibles. Elle apparaît ainsi comme une réponse à la question préoccupante de l’emploi des jeunes au Liberia.
Selon le Country Focus Report 2025 de la Banque africaine de développement (BAD), le taux d’activité au Liberia est estimé à 59 %, avec un taux de chômage officiel de 3,5 %. L’institution souligne toutefois que ces chiffres masquent souvent des niveaux élevés de sous‑emploi et d’emploi informel, particulièrement chez les jeunes et les femmes.
Le rapport indique que le chômage des jeunes demeure une préoccupation majeure, notamment chez les personnes âgées de 15 à 35 ans qui ne sont ni en emploi, ni en éducation, ni en formation. Ce groupe, souvent qualifié de « jeunes à risque », est particulièrement exposé à l’exclusion sociale, à la consommation de substances et à de faibles perspectives économiques.
« Le manque d’accès à des formations professionnelles adaptées et à des opportunités d’emploi pour les jeunes limite la capacité du Liberia à tirer pleinement parti du potentiel de sa population jeune. Sans interventions ciblées, ces défis risquent de perpétuer les cycles de pauvreté et de fragilité sociale, freinant ainsi les objectifs de développement national », peut‑on lire dans le rapport.
Des contraintes techniques et réglementaires persistantes
Il convient toutefois de rappeler que la monétisation pour les plateformes de Meta et TikTok dépend de plusieurs conditions. La LTA explique par exemple que pour TikTok, il faut qu’un pays dispose de lois sur la protection des données, d’une infrastructure de paiement, de cadres fiscaux et d’un niveau suffisant d’investissement publicitaire local. Actuellement, aucun pays africain ne remplit entièrement ces critères.
L’éligibilité à la monétisation sur Meta exige que les créateurs aient au moins 18 ans, respectent les normes communautaires et atteignent un seuil minimal d’abonnés. La monétisation nécessite également une infrastructure bancaire compatible pour les paiements directs. Les outils de monétisation de Meta sont actuellement actifs dans huit pays africains, dont le Ghana.
Par ailleurs, la question de l’accès à un Internet de qualité et abordable se pose également. Selon les données de DataReportal, le Liberia comptait 1,73 million d’abonnés Internet à fin 2025, pour un taux de pénétration de 30 %. Le pays comptait également 1,1 million d’utilisateurs des réseaux sociaux, soit 19,1 % de la population.
Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), 5 Go de données mobiles représentaient 12,5 % du revenu national brut (RNB) par habitant, contre 147 % pour l’Internet fixe. Ce ratio ne devrait pas dépasser 2 % pour que le service soit considéré comme abordable.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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En Côte d’Ivoire, l’éducation des jeunes filles reste confrontée à des disparités marquées, notamment dans les filières scientifiques et technologiques. Des initiatives numériques cherchent à combler ce déficit.
L’Unicef Côte d’Ivoire et la Fondation Maarif de Türkiye ont paraphé, le mardi 7 avril à Abidjan, un protocole d’entente. Cette alliance vise à renforcer l’inclusion numérique et l’accès à l’éducation pour les jeunes filles, avec un accent particulier sur les filières scientifiques.
Fruit d’une année de négociations, ce partenariat s’articule autour de la réduction des disparités de genre dans le système éducatif ivoirien. Les deux institutions prévoient d’orienter massivement les élèves vers les disciplines STEM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques), des secteurs où les filles restent historiquement sous‑représentées. « Ce protocole est une opportunité de mettre l’accent sur la participation des filles dans des domaines qui ne sont pas traditionnellement les leurs », a précisé Jean‑François Basse (photo, à droite), représentant résident de l’Unicef en Côte d’Ivoire.
Le second volet de l’accord repose sur l’exploitation de la plateforme numérique des jeunes « U‑Report ». Avec plus de 3 millions d’adhérents dans le pays, cet outil de participation citoyenne servira de canal pour promouvoir l’engagement social des jeunes, y compris dans les zones rurales. L’objectif est de transformer ces adolescents en acteurs du changement tout en développant des programmes de formation pratique destinés à améliorer l’employabilité des profils les plus vulnérables.
Cette collaboration intervient alors que la Côte d’Ivoire multiplie les initiatives pour moderniser son secteur éducatif. Selon les données du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, le taux de scolarisation des filles s’est amélioré, passant de 33 % en 2011 à 83 % en 2024. Cependant, la migration vers les filières techniques et scientifiques reste un défi majeur. La Fondation Maarif, qui gère un réseau croissant d’écoles à l’international, apporte ici son expertise pédagogique pour compléter les programmes humanitaires de l’agence onusienne.
Notons que cet accord s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors du festival technologique de l’an dernier. Il prévoit également le soutien à des événements nationaux d’envergure, tels que la Fête de la Science, afin de créer un pont durable entre les institutions internationales et le tissu éducatif local.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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