En repensant la manière dont les écoles gèrent les paiements, il démontre qu’une innovation simple peut transformer tout un système. Avec sa vision pragmatique de la technologie, il rapproche les familles et établissements au quotidien.
Douglas Hoernle (photo) est un entrepreneur sud‑africain. Il est le fondateur et directeur général de Karri, une start-up qui veut simplifier, accélérer et sécuriser les paiements scolaires, sans nécessité de gérer de l’argent liquide.
Fondée en 2016, Karri permet aux établissements scolaires de créer, en quelques étapes, des demandes de paiement pour leurs activités, sorties, frais ponctuels ou collectes diverses. Une fois la demande émise, l’application envoie automatiquement des notifications et des rappels, guidant les parents pour qu’ils règlent leurs paiements en quelques secondes. Les écoles bénéficient ainsi d’un système fiable et régulier, qui réduit les retards, les oublis et la manipulation manuelle d’argent.
Pour les parents, Karri représente le moyen le plus simple et le plus sûr de payer l’école directement depuis leur téléphone. Finies les enveloppes confiées aux enfants ou les recherches de monnaie : l’application centralise les demandes, indique les montants et les échéances, et permet de tout régler instantanément.
La plateforme propose également une carte de paiement pour les élèves, reliée à l’application parentale. Elle aide les enfants à apprendre à gérer leurs dépenses dans un cadre sécurisé, sous la supervision des adultes. Les parents peuvent fixer des plafonds de dépense quotidiens et partager le contrôle de compte entre plusieurs responsables si nécessaire.
En parallèle, Douglas Hoernle est cofondateur et directeur de The Student Funding Company, une start-up lancée en 2023 dont la mission est de lever les barrières financières pour permettre aux étudiants de poursuivre leurs études au Royaume‑Uni. Il siège également au conseil d’administration de Manati Alternate Student Funding, un organisme de financement étudiant, et est membre de la section londonienne de l’Entrepreneurs’ Organization, un réseau international d’entrepreneurs.
Douglas Hoernle est titulaire d’un diplôme en finance obtenu à l’université du Cap. Entrepreneur en série, il fonde en 2010 sa première entreprise, The Wine Society, qui fournit au marché étudiant du Cap des vins personnalisés, qualitatifs et abordables, ainsi que des produits promotionnels. En 2012, il lance Rethink Education, un fournisseur de solutions d’apprentissage en ligne.
Deux ans plus tard, il cofonde Juggl, une application mobile multiplateforme qui offre des services de communication, de calendrier en temps réel, de diffusion de contenu et de paiement entre les écoles, les enseignants et les parents, tous secteurs confondus. En 2016, il fonde également Rippl Communicator, une application facilitant la communication interne en entreprise, et cofonde Merriment and Co., un fournisseur de boissons qu’il dirige jusqu’à sa vente en 2018.
Melchior Koba
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Les autorités misent sur la transformation numérique pour soutenir la montée en compétence des populations. En janvier, elles avaient lancé des formations en IA obligatoires pour tous les fonctionnaires.
Le gouvernement rwandais s’associe à la société technologique américaine Oracle pour lancer une initiative nationale de développement des compétences numériques. Un protocole d’accord signé entre les deux parties a été annoncé le mardi 10 février.
Selon Oracle, l’initiative vise à offrir aux Rwandais une formation numérique de haut niveau, alignée sur les standards internationaux et reconnue par l’industrie, à travers ses programmes Oracle Academy et Oracle University. Oracle Academy interviendra au sein des établissements d’enseignement en dotant les enseignants de contenus pédagogiques actualisés, de ressources structurées et d’un accès à des technologies professionnelles, ainsi qu’à divers outils logiciels et dispositifs de perfectionnement, afin de renforcer la qualité de l’enseignement numérique.
De son côté, Oracle University proposera, via un portail e-learning, des formations spécialisées et des certifications reconnues dans des domaines stratégiques tels que le cloud computing, l’intelligence artificielle, l’IA générative, la cybersécurité, la programmation et les processus métier, avec pour objectif de préparer les apprenants aux compétences recherchées sur le marché du travail.
Le programme intervient alors que le Rwanda, à l’instar de nombreux pays africains, a fait de la transformation numérique un levier central de son développement socio-économique. L’Union internationale des télécommunications (UIT) souligne que les compétences numériques constituent un pilier essentiel de la numérisation des économies et un élément désormais central des stratégies nationales de transformation digitale.
Par ailleurs, une étude publiée en octobre 2025 par le ministère des TIC et de l’Innovation (MINICT), en partenariat avec la Digital Cooperation Organisation (DCO), mettait en évidence un décalage entre les compétences recherchées par les employeurs et celles développées dans les universités. Cette inadéquation crée des contraintes pour l’industrie, et les acteurs du secteur privé ont appelé à un renforcement des investissements académiques dans la formation aux métiers du numérique. Les enseignants et professeurs universitaires ont notamment besoin de compétences numériques avancées pour mieux préparer les étudiants aux exigences actuelles et futures du marché du travail.
Selon la Banque mondiale, 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Cette dynamique représente une opportunité majeure dans un contexte rwandais marqué par un chômage élevé : la Banque africaine de développement (BAD) estimait le taux de chômage à 40,2 % en 2023, soulignant que l’inadéquation des compétences en constitue l’une des principales causes. Dans une étude publiée en 2022, la Banque mondiale indiquait également qu’environ 14 % de la population active est sans emploi et ne dispose pas des qualifications requises par le marché. Le chômage des jeunes atteint près de 21 %, et parmi ceux qui travaillent, environ 60 % occupent des emplois peu productifs, notamment dans l’agriculture de subsistance, le commerce de détail ou la construction.
Si la formation est en ligne et complètement gratuite, l’accès réel des populations rwandaises dépendra de plusieurs autres facteurs, notamment l’accès à des appareils numériques (smartphones, tablettes, ordinateurs…) ou encore l’accès à Internet. Selon DataReportal, le pays comptait 5,01 millions d’abonnés à l’Internet fin décembre 2025, pour un taux de pénétration de 34,2 %.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Confronté au sous-emploi des jeunes, le Kenya mise sur l’externalisation pour créer des emplois numériques et séduire les investisseurs, avec l’ambition de devenir une référence africaine des services aux entreprises.
Dans une démarche inédite, quatre opérateurs majeurs de l’externalisation des services aux entreprises ont lancé cette semaine « The Outsourcing Alliance of Kenya » (OAK). Cette coalition privée vise à structurer et accélérer le développement des Global Business Services, incluant le BPO et les services informatiques externalisés. L’annonce a été faite le jeudi 5 février par le ministère de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique sur son compte X, marquant une nouvelle étape pour un secteur appelé à jouer un rôle central dans la création d’emplois.
𝐊𝐞𝐧𝐲𝐚'𝐬 𝐆𝐥𝐨𝐛𝐚𝐥 𝐁𝐮𝐬𝐢𝐧𝐞𝐬𝐬 𝐒𝐞𝐫𝐯𝐢𝐜𝐞𝐬 𝐒𝐞𝐜𝐭𝐨𝐫 𝐑𝐞𝐚𝐜𝐡𝐞𝐬 𝐍𝐞𝐰 𝐌𝐢𝐥𝐞𝐬𝐭𝐨𝐧𝐞𝐬 𝐰𝐢𝐭𝐡 𝐋𝐚𝐮𝐧𝐜𝐡 𝐨𝐟 𝐎𝐮𝐭𝐬𝐨𝐮𝐫𝐜𝐢𝐧𝐠 𝐀𝐥𝐥𝐢𝐚𝐧𝐜𝐞
— Ministry of Info, Comms & The Digital Economy KE (@MoICTKenya) February 5, 2026
The Outsourcing Alliance of Kenya (OAK) was officially launched on February 3, 2026, signaling… pic.twitter.com/NjaNNt3g7M
Le lancement officiel s’est déroulé en présence de représentants du gouvernement. Selon Kenyan Wall Street, l’alliance regroupe notamment CCI Kenya, CloudFactory Kenya, Teleperformance Kenya et Sama Kenya. Elle ambitionne de fédérer plus de vingt membres d’ici au deuxième trimestre 2026 et de contribuer à la création de 100 000 emplois sur l’ensemble de la chaîne de valeur.
Le secrétaire principal chargé des TIC et de l’Économie numérique, John Tanui, a rappelé dans un discours lu lors de l’événement que l’expansion des Global Business Services constitue un levier pour offrir des opportunités inclusives aux jeunes. Il a souligné le rôle catalyseur de l’État à travers des politiques ciblées, des cadres réglementaires adaptés et des mesures facilitant l’accès aux marchés internationaux. Le gouvernement s’appuie notamment sur des programmes de formation comme Ajira Digital et Jitume, qui visent à former massivement les jeunes Kényans aux compétences recherchées par le marché mondial de l’outsourcing, selon le ministère de l’Économie numérique.
Cette initiative intervient alors que le Kenya enregistre un taux de chômage d’environ 5,2 % en 2025, avec une situation particulièrement difficile pour les jeunes. Dans le même temps, la pénétration d’internet atteint 48 % en 2025, un taux encore perfectible, mais en nette progression, qui constitue un facteur déterminant pour le développement des services numériques et de l’outsourcing.
Félicien Houindo Lokossou
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Les compétences numériques sont considérées comme un socle de la transformation numérique. Par exemple, il est estimé à environ 230 millions le nombre d’emplois qui nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.
La South African Broadcasting Corporation (SABC), le radiodiffuseur public sud‑africain, s’est associée à Microsoft South Africa pour former les citoyens aux compétences numériques et à l’intelligence artificielle (IA). Les contenus de formation seront diffusés via SABC Plus, une plateforme de streaming gratuite qui revendique plus de 1,9 million d’utilisateurs enregistrés.
« L’IA peut être un puissant vecteur d’opportunités. En nous associant à la SABC, nous visons à intégrer les compétences numériques et en IA dans le quotidien de millions de Sud‑Africains. Cette initiative permet aux apprenants, aux enseignants et aux demandeurs d’emploi d’accéder à des parcours pratiques et certifiés qui les préparent à la main‑d’œuvre de demain. Démocratiser les compétences en IA n’est pas seulement un objectif, c’est notre responsabilité pour façonner une économie numérique plus inclusive », a déclaré Tiara Pathon, directrice des compétences IA pour Microsoft Elevate en Afrique du Sud.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Microsoft Elevate, qui vise à doter les individus et les organisations des compétences et outils nécessaires pour prospérer dans une économie axée sur l’IA. Elle prolonge également l’AI Skills Initiative, lancée en 2025, par laquelle Microsoft s’était engagé à former un million de Sud‑Africains d’ici 2026. À ce jour, le groupe indique avoir touché 4 millions d’apprenants, formé 1,4 million de personnes et délivré des certifications à près de 500 000 citoyens, illustrant l’ampleur de l’impact déjà enregistré.
Le programme intervient dans un contexte de transformation numérique marqué par une demande croissante en compétences numériques sur le marché du travail. Selon la Banque mondiale, 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques en Afrique subsaharienne d’ici 2030. Microsoft s’appuie également sur le Future of Jobs Report 2025 du Forum économique mondial, qui classe les compétences en IA et en données parmi les plus recherchées à l’horizon 2030. LinkedIn indique de son côté que les recrutements liés à l’IA ont progressé de 25 % sur un an, tandis que les offres d’emploi exigeant une maîtrise de l’IA ont augmenté de 70 %, bien au‑delà des seuls profils techniques.
En Afrique du Sud, le AI Diffusion Report de Microsoft montre que l’adoption de l’IA est passée de 19,3 % au premier semestre 2025 à 21,1 % au second, soit une hausse de 1,8 point. La plateforme de recrutement Pnet souligne par ailleurs que la demande en compétences liées à l’IA dans la nation arc‑en‑ciel a progressé de 352 % entre janvier 2019 et juillet 2025.
Cette initiative soulève toutefois des interrogations quant à son efficacité réelle. Sur les 1,9 million d’utilisateurs enregistrés sur SABC Plus, seulement 25 % sont actifs, ce qui limite mécaniquement la portée effective du programme. En outre, si l’accès à la plateforme est gratuit, son utilisation suppose une connexion Internet, encore inégalement accessible, notamment pour les populations vivant dans des zones mal couvertes ou disposant de moyens financiers limités. Enfin, les personnes ne disposant pas d’équipements numériques adaptés restent de facto exclues du dispositif.
Isaac K. Kassouwi
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Elle défend une vision de la technologie tournée vers l’action et l’utilité sociale. À travers son initiative, elle montre comment le numérique peut devenir un levier concret de transformation pour les communautés.
Abena Adoma (photo) est une spécialiste ghanéenne des technologies. Elle est la fondatrice de Techies4Impact, une organisation qui rassemble des passionnés du numérique autour de projets utiles à la société. Son approche repose sur l’entrepreneuriat et l’innovation comme leviers pour produire un impact positif et durable.
Fondée en 2023, Techies4Impact se donne pour ambition de devenir un espace de référence pour toutes celles et ceux qui souhaitent utiliser la technologie pour agir concrètement sur leur environnement. L’organisation défend une vision claire : faire du numérique un outil au service des communautés, et non un simple moteur de performance économique.
Techies4Impact accompagne des initiatives technologiques conçues pour répondre à des problèmes du quotidien. Elle intervient notamment dans des établissements scolaires, où elle aide les élèves à dépasser le rôle de simples utilisateurs pour devenir des créateurs. Cet accompagnement passe par l’accès à des ordinateurs, mais aussi par l’acquisition de compétences numériques essentielles.
L’organisation s’adresse aux jeunes, élèves, porteurs de projets et bénévoles désireux de mettre le numérique au service de leur entourage. Elle se positionne comme un lieu de rencontre et de collaboration, réunissant à la fois des apprenants, formateurs et personnes prêtes à financer ou soutenir les projets développés.
Abena Adoma est diplômée de la Kwame Nkrumah University of Science and Technology (KNUST) de Kumasi, où elle a obtenu un bachelor en administration des affaires. Elle commence sa carrière professionnelle en 2020 chez Spectrum Fibre Ltd au Ghana, en tant qu’administratrice des ressources humaines. De 2022 à 2024, elle travaille chez Broadspectrum Digital Payments, une fintech, où elle occupe les postes d’assistante au développement commercial et d’analyste des opérations technologiques.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Selon la Banque mondiale, environ 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Cette évolution soutient la transformation numérique en cours sur le continent.
Le gouvernement capverdien a lancé, la semaine dernière, le programme « Skodji Digital » pour former jusqu’à 3000 jeunes aux compétences numériques. D’un coût de 400 000 euros (environ 477 000 dollars), cette initiative vise à permettre aux jeunes de participer à l’économie mondiale du travail indépendant « gig economy », d’accéder à des opportunités de travail à distance et de développer des micro‑entreprises numériques.
Dans sa première phase, le programme soutiendra directement 1050 participants, dont des jeunes résidant sur le territoire national et au sein de la diaspora. Les candidatures sont déjà ouvertes et le resteront jusqu’au 25 février, via une plateforme dédiée, tandis que la phase de formation, selon son type, aura une durée variable comprise entre deux et six mois.
« Skodji Digital prévoit une formation structurée en compétences numériques alignées sur la demande du marché mondial, un accès accompagné aux plateformes internationales d’emploi numérique et de travail indépendant, l’activation de carrières dans des secteurs numériques émergents ainsi que des parcours dédiés à l’entrepreneuriat numérique et à la création de micro‑initiatives entrepreneuriales », peut‑on lire dans un communiqué du gouvernement.
Cette démarche s’inscrit dans la stratégie numérique du Cap‑Vert, qui repose sur l’expansion des services numériques, l’attraction d’entreprises internationales, l’accueil de travailleurs à distance et l’investissement dans les compétences locales. Le pays s’est notamment rapproché du Portugal afin de devenir un vivier de talents numériques pour les entreprises portugaises. Les deux parties entendent renforcer leur coopération pour la mise en place d’une offre de formation alignée sur les besoins du marché et dans la création d’un environnement favorable à l’expérimentation de solutions technologiques.
Cette initiative du gouvernement capverdien constitue aussi un levier pour l’emploi. Le pays dispose d’une population d’environ 600 000 habitants, majoritairement jeune, selon la Banque africaine de développement (BAD). L’institution financière indique que le taux global de chômage est de 14,5 %. Chez les jeunes, il grimpe à 27,8 %, à raison de 33,4 % pour les femmes et 22,9 % pour les hommes.
Il convient toutefois de rappeler que le développement de la gig economy ainsi que le travail à distance nécessitent, entre autres, un accès de qualité à Internet. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), le taux de pénétration d’Internet dans le pays était de 73,5 % en 2023.
Isaac K. Kassouwi
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La République mauricienne fait partie des meilleurs élèves africains en matière d’IA. Selon le Government AI Readiness Index du cabinet britannique Oxford Insights, Maurice affichait en 2024 un score de 53,94 sur 100, se classant premier en Afrique subsaharienne.
Maurice intègre l’intelligence artificielle générative dans son système éducatif avec le lancement de mytGPT Education, un assistant pédagogique développé par Mauritius Telecom et le ministère de l’Éducation. L’outil, officiellement lancé le lundi 26 janvier, vise à moderniser les pratiques d’apprentissage et d’enseignement à l’échelle nationale.
« La mise en œuvre de mytGPT Education dans les écoles s’inscrit pleinement dans notre stratégie, dont l’objectif est de faire de l’intelligence artificielle un outil au service du progrès national, accessible à tous. À travers ce projet, chaque enfant à Maurice pourra disposer d’un accompagnateur pédagogique IA capable de soutenir son apprentissage », a déclaré Veemal Gungadin, CEO de Mauritius Telecom.
Concrètement, mytGPT Education repose sur des technologies d’IA générative conçues pour fournir un accompagnement pédagogique personnalisé aux élèves. La plateforme propose des explications adaptées au niveau de chaque apprenant, des exercices interactifs ainsi qu’un contenu sécurisé disponible en anglais, français et créole phonétique. Pour les enseignants, l’outil permet d’automatiser la production de quiz et de supports pédagogiques, tout en intégrant des fonctionnalités d’analyse des performances scolaires, susceptibles d’orienter plus finement les stratégies d’enseignement.
Le projet est déployé, dans un premier temps, sur une base pilote auprès des élèves des Grades 4, 7, 8 et 9, dans huit établissements scolaires, comprenant quatre écoles primaires et quatre collèges d’État répartis sur l’ensemble du territoire. Plus de 50 ressources pédagogiques, alignées sur le National Curriculum Framework, ont déjà été intégrées à la plateforme. En parallèle, des sessions de formation organisées entre décembre 2025 et janvier 2026 ont permis de sensibiliser les enseignants aux fondamentaux de l’intelligence artificielle, à l’usage de la plateforme et aux bonnes pratiques liées au prompt engineering.
À travers cette expérimentation, Maurice s’inscrit dans une tendance mondiale visant à explorer le potentiel de l’IA générative appliquée à l’éducation, un segment encore émergent dans les pays africains. Si le projet ouvre la voie à une personnalisation accrue des apprentissages et à une optimisation des ressources pédagogiques, son passage à l’échelle dépendra de plusieurs facteurs clés : la robustesse technologique de la plateforme, son intégration avec les systèmes éducatifs existants, la gouvernance des données scolaires et la capacité du système éducatif à accompagner durablement les enseignants dans l’appropriation de ces nouveaux outils numériques.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Engagé dans un vaste chantier de transformation numérique, le Gabon s’appuie sur la coopération internationale pour renforcer ses capacités. Le pays a récemment consolidé son partenariat avec les États‑Unis, notamment dans le domaine de la formation aux métiers du digital.
La société technologique américaine Cybastion et l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) ont officiellement lancé, le mardi 27 janvier, un programme national de formations gratuites dédié aux métiers du numérique et de la cybersécurité. L’initiative est destinée à 1000 jeunes Gabonais.
Présentant le programme Africa DigiEmpower, la directrice générale de Cybastion Gabon, Antonia Akouré‑Davain (photo), a mis en avant la nécessité de développer les compétences locales afin de soutenir la dynamique de transformation numérique engagée par le Gabon. Elle a indiqué que l’initiative entend à la fois accompagner la modernisation des infrastructures digitales du pays et permettre aux jeunes ainsi qu’aux femmes d’acquérir des compétences opérationnelles adaptées aux besoins du marché, dans l’objectif de renforcer leur employabilité aussi bien dans le secteur public que privé.
Le dispositif repose sur trois niveaux de formation, allant de l’initiation aux spécialisations techniques. Un premier niveau, accessible sans prérequis, permettra aux apprenants d’acquérir des compétences de base en informatique et en usage des outils numériques. Les niveaux avancés offriront quant à eux des parcours certifiants en réseaux, cybersécurité et technologies numériques, afin de répondre aux besoins croissants du secteur digital.
Ce programme s’inscrit dans le prolongement d’un partenariat signé en 2025 entre Cybastion et l’État gabonais, visant à accélérer le développement des infrastructures numériques et à doter la main‑d’œuvre du pays de compétences numériques de classe mondiale. Dans ce cadre, l’ANINF, partenaire clé du projet, accueillera les formations au sein de l’ANINF Academy, dans les locaux de la tour ANINF, et accompagnera les apprenants tout au long de leur parcours. L’agence a également indiqué que les profils les plus performants pourront être mobilisés dans ses projets de transformation numérique du pays.
Au‑delà du Gabon, cette initiative s’inscrit dans un enjeu stratégique continental. Selon la Banque mondiale, plus de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne devraient nécessiter des compétences numériques d’ici 2030, dans une région où près de 60 % de la population a moins de 25 ans. En misant sur la formation, le Gabon entend ainsi renforcer son capital humain, stimuler l’employabilité des jeunes, soutenir l’économie numérique et contribuer à l’émergence d’une Afrique plus compétitive dans l’économie digitale mondiale.
Samira Njoya
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Face à l’accélération des savoirs et des technologies, de nouvelles solutions émergent pour aider chacun à progresser. Au Togo, cet entrepreneur propose une approche innovante qui transforme l’accès aux compétences et aux opportunités professionnelles.
Alphonse Gogoli (photo) est un ingénieur togolais et un entrepreneur technologique. Il est cofondateur et directeur de Deezpro, une plateforme de formation en ligne dédiée au développement des compétences professionnelles et à l’évolution de carrière.
Fondée en 2023, Deezpro s’adresse aussi bien aux personnes désireuses d’acquérir de nouvelles connaissances qu’à celles qui souhaitent consolider leurs compétences existantes. La plateforme propose un large catalogue de formations accessibles en ligne, couvrant des domaines variés tels que : la bureautique (Word, Excel, PowerPoint), la modélisation 3D, le développement web, la gestion des données, l’intelligence artificielle, le marketing, le management, la qualité, ainsi que la préparation à des certifications professionnelles.
Chaque formation est présentée de manière détaillée, avec des informations claires sur son contenu, sa durée et, le plus souvent, son coût.
Deezpro se distingue également par son offre d’accompagnement personnalisé via le mentorat. Les apprenants peuvent échanger avec des conseillers ou des tuteurs, poser leurs questions et bénéficier d’un suivi pédagogique adapté à leurs besoins. La plateforme met par ailleurs l’accent sur la préparation à des certifications reconnues, rendue possible grâce à des partenariats avec des organismes internationaux, permettant une validation officielle des compétences acquises.
En parallèle de ses activités entrepreneuriales, Alphonse Gogoli est enseignant associé à l’université de Lomé. Il intervient aussi comme vulgarisateur scientifique au sein de Cosmos Materia, une agence média spécialisée dans les sciences et le génie des matériaux.
Il est diplômé de l’université de Lorraine (France), où il a obtenu en 2018 un master en mécanique des matériaux, structures et procédés. La même année, il décroche un diplôme d’ingénieur en mécanique et productique à l’École nationale d’ingénieurs de Metz. En 2022, il obtient un doctorat en mécanique des matériaux à l’université de Caen Normandie.
Sa carrière professionnelle débute en 2016 comme ingénieur assistant chez Bürkert Fluid Control Systems, fabricant de systèmes de mesure et de contrôle pour les liquides et les gaz. En 2017, il rejoint IKEA France comme responsable du service technique et du pilotage de projets logistiques. En 2018, il travaille comme ingénieur en R&D au Laboratoire d’étude des microstructures et de mécanique des matériaux (LEM3).
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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Il s’attaque à l’un des principaux freins à la mobilité étudiante : la complexité des paiements internationaux. À travers sa solution numérique, il ouvre l’accès aux études à l’étranger pour des milliers d’étudiants confrontés à des obstacles financiers et administratifs.
Sunday Paul Adah (photo), entrepreneur nigérian installé à Boise (États‑Unis), est cofondateur et directeur général de Radius, anciennement Pay4Me App, une plateforme de paiement pensée pour simplifier les démarches financières des étudiants internationaux qui doivent régler des frais auprès d’écoles, d’institutions ou d’organisations situées à l’étranger.
Fondée en 2022, Radius permet de payer les frais de scolarité, de visa, d’examens ou de logement, en évitant les contraintes liées aux virements internationaux. L’application mobile offre la possibilité d’effectuer des paiements le jour même et de suivre en temps réel l’évolution des transactions, ce qui apporte davantage de visibilité et de sérénité aux utilisateurs.
La plateforme intègre des outils de gestion des devises avec des taux de change compétitifs, un élément clé pour les paiements transfrontaliers. Radius met en avant une interface simple d’utilisation ainsi qu’un service d’assistance disponible 24h/24 et 7j/7, afin d’accompagner les étudiants à chaque étape de leurs démarches financières liées à leurs études.
En parallèle, Sunday Paul Adah est le fondateur d’Across The Horizon, un cabinet de conseil en études à l’étranger créé en 2015. Cette structure accompagne les étudiants africains et leurs familles dans la recherche de formations internationales accessibles financièrement. En 2020, il fonde également Scholarships Africa, une plateforme dédiée à la recherche et à la candidature à des bourses d’études pour les étudiants internationaux.
Il est diplômé de l’Université d’État de Boise, où il obtient en 2021 un bachelor en études multidisciplinaires. Il est également titulaire d’un master en administration publique, gouvernement et politique obtenu en 2023 à l’Université Grand Canyon, ainsi que d’un master en création d’entreprise décroché en 2025 à la David Eccles School of Business de l’Université de l’Utah.
Melchior Koba
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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