Alors que la transition numérique s’accélère sur le continent, il s’est donné pour mission de préparer les générations futures aux métiers de demain. À travers ses initiatives pédagogiques, il brise les barrières sociales pour mettre la technologie à la portée de tous les jeunes.

Nzometiah Nervis Tetsop (photo) est un entrepreneur et innovateur technologique camerounais. Il est le fondateur et directeur général de Nervtek, une entreprise spécialisée dans l’éducation scientifique et technologique des enfants et des jeunes.

Fondée en 2018, Nervtek déploie un écosystème axé sur l’apprentissage pratique et la création de solutions concrètes à travers l’approche STEAM (sciences, technologie, ingénierie, arts et mathématiques). L’ambition de l’organisation est de démocratiser l’accès à ces disciplines, indépendamment de l’origine sociale des apprenants.

Pour y parvenir, l’entreprise déploie plusieurs programmes éducatifs ciblant les enfants et les adolescents. Parmi ses initiatives phares figure le Holiday Tech Camp, un camp de vacances immersif centré sur les technologies numériques. Les participants s’y initient à des disciplines d’avenir telles que la robotique, la programmation, le développement web, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, la modélisation 3D ou encore le pilotage de drones. Les formations reposent systématiquement sur des ateliers pratiques et des projets concrets, favorisant une assimilation intuitive des concepts théoriques.

Parallèlement, Nervtek a développé le kit éducatif nTron. Conçu localement au Cameroun, cet outil pédagogique a pour but de rendre l’enseignement des sciences interactif et vivant. Grâce aux composants électroniques et aux matériels inclus, les élèves et étudiants peuvent réaliser des expériences, concevoir des montages simples et donner vie à leurs propres projets technologiques.

Au‑delà de son volet purement éducatif, Nervtek anime une véritable communauté d’innovation à travers des rencontres, des ateliers et des conférences. Une attention particulière est accordée à l’inclusion, notamment via des camps technologiques spécifiquement dédiés aux jeunes filles.

Nzometiah Nervis Tetsop est diplômé de l’université de Buea où il a obtenu en 2020 un bachelor en ingénierie électrique et électronique. Il intervient aujourd’hui comme consultant technologique pour le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Liberia, ainsi qu’auprès du ministère des Postes et Télécommunications du Cameroun. Son expertise est également mise à profit au sein du Projet d’accélération de la transformation numérique au Cameroun (Patnuc), où il œuvre en tant qu’analyste et réformateur des politiques numériques.

Ingénieur hardware chez Lead Robotics, il avait forgé ses premières armes professionnelles dès 2018 comme ingénieur stagiaire chez Eneo, le fournisseur historique d’électricité du Cameroun. En 2020, il a par ailleurs occupé les fonctions de responsable de la robotique au sein de la Youth Empowerment through Science and Technology (YEST‑IN), une initiative promouvant le bénévolat des jeunes en faveur du développement communautaire par les sciences.

Melchior Koba

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Le numérique s’impose désormais comme un levier stratégique pour la population africaine, en particulier pour la jeunesse. Toutefois, pour en tirer pleinement parti, l’enjeu central reste la formation et le développement des compétences adaptées aux besoins du marché.

Le gouvernement nigérian a signé un accord de partenariat avec l’edtech américaine Coursera afin de doter les jeunes de compétences numériques compétitives à l’échelle mondiale. Baptisée « Digital Training Academy (DTA) », cette initiative s’inscrit dans les efforts du pays pour accélérer la formation aux métiers du numérique.

Le partenariat a été signé par Maruf Tunji Alausa (photo, à droite), ministre de l’Éducation du Nigeria, la semaine dernière, en marge de l’édition 2026 du Forum mondial de l’éducation qui s’est tenu à Londres, au Royaume-Uni.

« Grâce à ce programme, les jeunes Nigérians recevront une formation de haut niveau dans des domaines très demandés tels que l’intelligence artificielle, la science des données, la cybersécurité, le cloud computing, l’ingénierie logicielle, ainsi que d’autres secteurs numériques clés. Ils obtiendront également des certifications reconnues internationalement et valorisées par les employeurs du monde entier », a déclaré M. Alausa dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux le jeudi 21 mai.

Le programme sera mis en œuvre en partenariat avec la National Open University of Nigeria (NOUN) et le Yaba College of Technology (YABATECH), combinant un accès national avec un accompagnement et un mentorat adaptés aux besoins du marché. Dans le cadre de cette initiative, le gouvernement a entièrement financé 36 000 licences Coursera et Pluralsight dès la première année.

La signature de ce partenariat est intervenue quelques jours après l’annonce d’une initiative devant permettre de former 50 000 jeunes aux compétences numériques. L’exécutif, en collaboration avec Ericsson, avait déjà lancé en février 2026 le programme Connect NextGen Innovation Hackathon, une formation numérique intensive de quatre mois destinée à 50 000 jeunes.

En février 2026, Young Advocates for a Sustainable and Inclusive Future, une organisation de la société civile axée sur le développement durable et l’inclusion, a annoncé son intention de former 15 000 jeunes Nigérians issus de milieux défavorisés via la plateforme IBM SkillsBuild.

Ces différentes initiatives dénotent de la volonté des autorités d’autonomiser les jeunes en misant sur le numérique. Cette approche intervient dans un contexte de transformation numérique qui redéfinit progressivement le marché du travail. La Banque mondiale estime par exemple qu’environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Au Nigeria, entre 35 % et 45 % des emplois devraient requérir ce type de compétences sur la période.

Pour rappel, 23 % des Nigérians âgés de 18 à 35 ans étaient sans emploi tout en étant à la recherche d’un travail, selon une enquête d’Afrobarometer publiée en juin 2025. L’étude indique que 32 % de cette tranche d’âge ne recherchait pas de travail.

Isaac K. Kassouwi

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Face à des systèmes scolaires souvent déconnectés des réalités de la tech, la modernisation de l’apprentissage des sciences est devenue un enjeu stratégique régional. Face à ce défi, cette Sénégalaise entend développer les talents dès leur plus jeune âge.

Awa Alyne Daffe (photo) est une ingénieure et entrepreneure sénégalaise. Elle est la fondatrice et la directrice générale de STEAMtastic, une plateforme éducative interactive conçue pour les enfants, les adolescents et les enseignants d’Afrique francophone.

Fondée en 2020, STEAMtastic veut rendre l’apprentissage des sciences, de la technologie, de l’ingénierie, des arts et des mathématiques (STEAM) plus accessible, plus ludique et plus concret. La plateforme mise sur une approche pratique et amusante afin d’aider les jeunes à apprendre tout en développant leur créativité, leur esprit critique et leur capacité à résoudre des problèmes.

La plateforme propose plusieurs dizaines de modules éducatifs destinés à différents niveaux d’apprentissage. Les cours couvrent des domaines variés et s’adressent aussi bien aux débutants qu’aux apprenants plus avancés. Une partie des contenus est accessible gratuitement, sans inscription ni contrainte financière, afin de permettre aux utilisateurs de découvrir la méthode pédagogique de la plateforme avant d’aller plus loin.

STEAMtastic cible principalement les jeunes âgés de 5 à 18 ans. Les contenus sont adaptés à chaque tranche d’âge afin de rendre l’apprentissage plus simple et plus engageant. Les leçons prennent la forme de vidéos interactives, de quiz, de projets pratiques et de parcours éducatifs conçus comme des jeux. Les apprenants peuvent obtenir des badges et des certificats au fur et à mesure de leur progression, renforçant leur motivation.

Awa Alyne Daffe est aussi une cofondatrice de Siza Company, une société de promotion commerciale. Fondée en 2019, elle fournit des services de marketing, de publicité et de conseil stratégique. L’entrepreneure est également la représentante principale pour le Sénégal de Pangea Global Ventures, une entreprise qui connecte les entrepreneurs ouest‑africains et des investisseurs à impact mondial.

Awa Alyne Daffe est une informaticienne diplômée de l’université du Maryland. Elle a commencé sa carrière professionnelle en 2013 comme graphiste indépendante. En 2019, elle devient la responsable régionale pour l’Afrique francophone de STEMCafe, un centre d’apprentissage où les enfants et les jeunes de 5 à 18 ans découvrent, par le jeu, les STEM.

La même année, elle rejoint iDEV Technologies, une entreprise de services numériques, en tant que responsable du développement commercial. De 2024 à 2025, elle a été responsable des partenariats et du développement de YALI Regional Leadership Center à Dakar.

Melchior Koba

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Les barrières financières et linguistiques privent encore trop d’élèves d’un suivi scolaire de qualité. C’est face à cette fracture éducative que cette Sud‑Africaine déploie une solution numérique inclusive.

Tshaamano Mabuba (photo) est une entrepreneure edtech sud‑africaine. Elle est la fondatrice et directrice générale de Buddy Learning, une start‑up spécialisée dans l’accompagnement scolaire et l’accès à l’éducation.

Fondée en 2022, Buddy Learning conçoit des solutions innovantes pour les élèves, les parents, les écoles et les entreprises. Son ambition est de simplifier l’apprentissage et ouvrir de nouvelles opportunités de développement des compétences pour tous.

Conçue comme un écosystème éducatif complet, la plateforme Buddy Learning propose des ressources pédagogiques adaptées à tous les niveaux, de la maternelle à l’université. Les contenus y sont structurés de manière intuitive afin de permettre aux familles de trouver rapidement les outils correspondant à chaque étape du parcours scolaire.

L’une des forces de la plateforme réside dans sa capacité à connecter les familles avec des tuteurs qualifiés, baptisés les « Buddies ». Ce service de mentorat sur mesure s’adresse aux élèves en difficulté ou à ceux qui souhaitent perfectionner leurs résultats académiques, permettant aux parents de sélectionner le profil d’accompagnateur idéal pour leur enfant.

Pour lever les barrières financières, linguistiques et technologiques, Buddy Learning a également développé BuddyAI. Cet assistant éducatif, directement intégré à WhatsApp, permet aux élèves de poser des questions, d’obtenir des explications claires et de réaliser des exercices interactifs, le tout depuis un simple téléphone portable.

Parallèlement à sa casquette d’entrepreneure, Tshaamano Mabuba est présentatrice de télévision pour SuperSport Schools, un média spécialisé dans la production et la diffusion de contenus sportifs scolaires. Elle est diplômée de l’Université du Cap, où elle a obtenu un bachelor en sciences actuarielles en 2022. Elle est aussi titulaire d’un bachelor en science des données et analyse commerciale obtenu en 2025 à là University of London en Angleterre.

Son parcours professionnel témoigne de sa polyvalence. Elle commence sa carrière en 2019 comme assistante administrative chez Super Group, un leader de la logistique et de la mobilité. Plus récemment, entre janvier 2025 et mars 2026, elle a mis ses compétences analytiques au service de la transmission en enseignant les mathématiques à la prestigieuse Jeppe High School for Girls.

Melchior Koba

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Positionnée sur le segment de l’edtech, la start-up EduBridge Africa ambitionne de simplifier le processus souvent complexe des étudiants africains désireux de poursuivre leurs études à l’international.

En Ouganda, la start-up EduBridge Africa veut simplifier l’accès des étudiants africains aux universités étrangères grâce à une plateforme numérique centralisant accompagnement académique, orientation et services administratifs. Basée à Kampala, la start-up a été lancée en 2019 par Winnie Chimwedzi.

La solution propose un accompagnement couvrant plusieurs étapes du parcours étudiant : choix des universités, préparation des candidatures, orientation académique, assistance pour les démarches administratives et accompagnement lié aux visas étudiants. EduBridge Africa cible principalement les étudiants intéressés par des établissements situés en Europe, en Amérique du Nord ou dans certains pays asiatiques.

L’un des enjeux auxquels répond la start-up concerne l’asymétrie d’information qui caractérise encore le marché africain de la mobilité étudiante. Beaucoup de candidats disposent d’un accès limité aux informations sur les programmes disponibles, les procédures d’admission ou les possibilités de financement. À cela s’ajoutent les risques liés aux intermédiaires informels et aux fraudes documentaires.

EduBridge Africa mise ainsi sur la numérisation du conseil académique afin de rendre ses services plus accessibles. La plateforme entend centraliser les échanges entre étudiants, conseillers et établissements partenaires tout en réduisant certaines lourdeurs administratives. Elle met également en avant des services de mentorat et d’accompagnement personnalisés destinés à mieux préparer les candidats à leur intégration académique.

Le développement de solutions comme EduBridge Africa reflète la montée des plateformes edtech africaines spécialisées dans l’orientation et la mobilité internationale. Avec l’augmentation de la demande pour les études supérieures à l’étranger, plusieurs start-up cherchent désormais à numériser des services historiquement fragmentés et largement hors ligne. L’edtech ougandaise revendique plus de 5700 étudiants inscrits, plus de 11 mentors actifs et plus de 54 pays couverts.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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Alors que les métiers de la donnée et de l’intelligence artificielle s’imposent partout, s’orienter dans cet écosystème reste un parcours du combattant. C’est pour répondre à ce défi de taille que ce Nigérian a conçu une plateforme stratégique dédiée à l’accompagnement des carrières.

Raji Kudus Adewale (photo) est un data product manager et entrepreneur nigérian. Il est le fondateur et responsable produit de DeDataHub, une plateforme conçue pour accompagner les personnes souhaitant évoluer dans les secteurs de la donnée et de l’intelligence artificielle.

Fondée en 2024, DeDataHub est née d’un constat clair : face au manque d’accompagnement, de visibilité sur les opportunités et de soutien professionnel, de nombreux talents abandonnent leur reconversion dans la tech. Pour y remédier, la start‑up aide les apprenants et les professionnels à décrypter le marché du travail, à monter en compétences et à bâtir une stratégie de carrière alignée sur leurs ambitions.

La plateforme se distingue par un accompagnement de haut niveau, démocratisant des conseils jusqu’alors réservés aux réseaux professionnels fermés ou aux consultants spécialisés. L’objectif est de permettre aux utilisateurs de cerner précisément les attentes des recruteurs, d’identifier les compétences clés et de maximiser leur employabilité.

DeDataHub propose plusieurs outils destinés à accompagner les utilisateurs dans leur progression. Parmi eux figurent des conseillers virtuels capables de suggérer des parcours adaptés au profil et aux objectifs de chaque utilisateur. La start‑up indique également offrir des recommandations de compétences, des analyses des offres d’emploi, des retours sur les projets réalisés et un accompagnement pour préparer les entretiens professionnels.

Un autre aspect mis en avant par la plateforme concerne le suivi du marché de l’emploi. DeDataHub affirme analyser les besoins des recruteurs afin d’aider les utilisateurs à apprendre les compétences les plus demandées et éviter de perdre du temps sur des sujets moins utiles pour leur carrière.

Parallèlement à DeDataHub, Raji Kudus Adewale anime depuis 2024 le podcast Tech Journey With DeDataDude. À travers des partages d’expériences et des témoignages inspirants, il y propose des plans d’action concrets pour réussir dans l’écosystème technologique. Expert chevronné, il occupe actuellement le poste de responsable produit chez JPMorganChase, le géant financier américain.

Raji Kudus Adewale est diplômé en 2019 de l’Université fédérale de technologie d’Akure (FUTA), où il a obtenu un Bachelor en télédétection et systèmes d’information géographique. Il a ensuite complété son cursus par un Master en gestion des affaires internationales à l’Université Glasgow Caledonian en Écosse.

Avant de se lancer dans l’entrepreneuriat, il a notamment travaillé comme data scientist chez Milsat (2023–2024), une entreprise nigériane spécialisée dans la donnée. Parallèlement, il a été ingénieur en solutions d’IA générative chez Dana Consulting, un cabinet américain de services et conseil aux entreprises.

Melchior Koba

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La transformation numérique s’accélère en Afrique, portée par la digitalisation des services et la connectivité mobile. Les pays investissent dans la montée en compétences des populations pour accompagner cette transition et en tirer pleinement profit.

Le gouvernement algérien a annoncé la semaine dernière le lancement d’un programme d’autonomisation numérique baptisé « 77.7 ». Cette initiative vise à former les citoyens algériens de toutes les tranches d’âge et à leur fournir les compétences numériques nécessaires pour répondre aux exigences de l’époque et accompagner la dynamique de transformation numérique du pays.

L’annonce a été faite le samedi 17 mai par Sid Ali Zerrouki, à l’occasion de la Journée mondiale des télécommunications et des technologies de l’information. Le programme est mis en œuvre en partenariat avec les opérateurs Algérie Télécom et Mobilis, avec la perspective d’intégrer d’autres acteurs dans les prochaines phases.

Des compétences numériques pour tous les âges

Le programme « 77.7 » est considéré comme le plus complet à l’échelle nationale. Il cible sept groupes d’âge distincts à travers sept parcours pédagogiques conçus de manière adaptée.

Ces parcours vont de « Explorateurs de la technologie » pour les enfants de 7 à 10 ans, aux modules « Couches de la technologie », « Innovateurs » et « Technologie professionnelle » destinés aux jeunes et étudiants, jusqu’aux programmes « Technologie pour la croissance », « Autonomisation numérique » et « Seniors de la technologie », destinés aux adultes et aux personnes âgées jusqu’à 77 ans.

Les contenus sont modulaires, progressifs et adaptés à chaque tranche d’âge, allant de la découverte des outils numériques jusqu’à leur maîtrise avancée. La cybersécurité constitue un pilier obligatoire dans l’ensemble des parcours, couvrant notamment la lutte contre le phishing, la fraude en ligne, la désinformation et la protection des données personnelles.

Sur le plan opérationnel, le programme repose sur un modèle hybride combinant formation en présentiel et à distance. Sept « Skills Centers » répartis dans les wilayas d’Alger, Oran, Annaba, Sétif, Chlef, Saïda et Adrar constituent le socle de la mise en œuvre, avec une capacité d’accueil d’environ 1000 apprenants par centre et par an. Pour sa première année, le ministère prévoit de former entre 25 000 et 30 000 citoyens.

Une dynamique nationale de montée en compétences

Cette initiative s’inscrit dans une intensification des efforts des autorités algériennes en matière de développement des compétences numériques. L’État affirme vouloir investir dans le capital humain comme « base essentielle » pour accompagner les mutations technologiques rapides du monde actuel.

Ces derniers mois, plusieurs programmes ont été lancés dans cette dynamique. En avril 2026, Alger a mis en place un programme national de formation à l’intelligence artificielle, d’une durée de 12 semaines. En mai 2025, l’exécutif a lancé le programme « Chabab Tech », destiné à former les jeunes aux technologies telles que le cloud computing, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’Internet des objets. Plus tôt la même année, le gouvernement avait déjà entamé le déploiement de « Skills Centers ».

Vers la stratégie « Algérie Numérique 2030 »

Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la stratégie « Algérie Numérique 2030 », qui fait du renforcement des compétences l’un de ses cinq piliers majeurs. Cette feuille de route ambitionne de former jusqu’à 500 000 spécialistes des TIC et de réduire significativement la fuite des talents qualifiés.

Dans un contexte marqué par un chômage encore élevé, notamment chez les jeunes, ces efforts sont présentés comme une réponse structurelle. Selon l’enquête « Activité, Emploi et Chômage » de l’Office national des statistiques (ONS) pour 2024, le taux de chômage global s’élève à 9,7 %. La Banque mondiale estime, de son côté, le chômage des jeunes à 29,4 % en 2024, contre 29,9 % l’année précédente.

Au‑delà des perspectives d’emploi, la formation numérique vise également à faciliter l’adoption des services digitaux, à renforcer l’inclusion numérique et à améliorer la protection des utilisateurs dans un environnement de plus en plus connecté.

Isaac K. Kassouwi

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De la diplomatie au code, elle multiplie les casquettes pour accélérer la transition numérique régionale. Sa plateforme de formation propose des parcours adaptés aux réalités locales, du niveau débutant aux compétences avancées.

Laetitia Sêssi Agassa (photo) est une entrepreneure et développeuse web béninoise. Elle est la fondatrice et directrice générale de Kankode, une plateforme d’apprentissage en ligne conçue pour démocratiser l’accès aux compétences numériques en Afrique de l’Ouest.

Fondée en 2025, Kankode s’adresse à plusieurs profils. Les étudiants peuvent y acquérir des compétences utiles pour leurs études et leur avenir professionnel. Les artisans et commerçants y trouvent des outils pour mieux gérer et développer leurs activités. Les personnes en reconversion peuvent également découvrir de nouveaux métiers liés au numérique grâce à des parcours progressifs.

La plateforme organise son offre autour de trois grands parcours. Le premier permet de découvrir les bases du numérique, notamment l’utilisation d’Internet et des outils numériques essentiels. Le deuxième aide les entrepreneurs et commerçants à utiliser le numérique pour vendre, communiquer et mieux gérer leurs activités. Le troisième parcours est consacré aux métiers du numérique et propose des formations plus avancées pour acquérir des compétences recherchées dans le secteur technologique.

Kankode mise sur une méthode d’apprentissage simple et pratique. Les cours reposent sur de courtes vidéos, des exercices interactifs et des quiz afin de faciliter la compréhension. Les contenus sont conçus pour être accessibles même aux débutants qui n’ont jamais utilisé certains outils numériques auparavant. La plateforme encourage également un apprentissage à son propre rythme.

Membre de la communauté eTradeforWomen, Laetitia Sêssi Agassa est cofondatrice et cheffe de projet de BSM groupe, une entreprise de communication et de marketing numérique. Elle est ambassadrice d’isahit, une plateforme d’étiquetage éthique des données pour l’IA, basée en France.

Elle est diplômée de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) d’Abomey‑Calavi au Bénin, où elle a obtenu en 2017 un bachelor en diplomatie et relations internationales. Elle a commencé sa carrière professionnelle en 2016 comme rédactrice indépendante.

En 2017, Laetitia Sêssi Agassa devient traductrice anglais‑français en freelance. En 2020, elle rejoint Botamp, une entreprise technologique, en tant que développeuse web. En 2023, elle devient mentor pour développeurs de logiciels chez ADPlist, une communauté internationale qui s’est donné pour mission de démocratiser le mentorat pour tous.

Melchior Koba

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Avec la transformation numérique, les pays africains préparent leurs citoyens aux compétences de demain. Par exemple, la Banque mondiale indique que près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.

Le gouvernement djiboutien a lancé une étude de faisabilité en vue de la création de « Maisons du numérique » dans les cinq régions de l’intérieur du pays. L’initiative s’inscrit dans le programme E-SKILLS, destiné à renforcer les compétences numériques de la population.

Dans un communiqué publié le mercredi 13 mai, le ministère délégué chargé de l’Économie numérique et de l’Innovation précise que cette étude constitue une étape déterminante pour définir les modalités de déploiement de ces espaces de proximité. Ceux-ci sont conçus comme des leviers d’inclusion numérique et de réduction de la fracture digitale.

« Les futures Maisons du numérique auront vocation à renforcer l’accès aux compétences numériques, accompagner les populations dans leurs usages du digital, encourager l’innovation locale et favoriser l’émergence d’opportunités économiques au sein des régions », indique le communiqué relayé sur les réseaux sociaux.

Ces structures devraient rapprocher le programme E-SKILLS des populations locales. Celui-ci vise à former au moins 3000 jeunes et femmes d’ici 2029, pour un coût estimé à 7 millions d’euros (environ 8,1 millions de dollars). Le projet s’inscrit dans la Vision Djibouti 2035, la feuille de route « Smart Nation » et le Plan national de développement 2025-2030, qui ambitionnent de positionner le pays comme un hub régional de compétences numériques.

Les compétences numériques sont considérées comme un levier de la transformation numérique. Elles constituent également un enjeu majeur en Afrique, où la problématique de l’emploi des jeunes reste particulièrement préoccupante. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), 90 % des métiers dans le monde nécessiteront une certaine compétence numérique d’ici 2030. À la même échéance, la Banque mondiale estime que 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne dépendront de ces aptitudes.

En 2024, le chômage des jeunes djiboutiens âgés de 15 à 24 ans atteignait 76,32 % selon la Banque mondiale, soit près de cinq fois la moyenne mondiale (15,7 %). La même année, seuls 23,7 % des personnes en âge de travailler occupaient un emploi, l’un des niveaux les plus faibles parmi les membres de l’Organisation de coopération islamique (OCI), selon le Centre de recherches statistiques, économiques et sociales et de formation pour les pays islamiques (SESRIC).

Au-delà des compétences, les Maisons du numérique peuvent également contribuer à réduire la fracture digitale dans un pays où la connectivité reste inégalement répartie. Selon l’Union internationale des télécommunications, la couverture 4G atteignait 76 % de la population en 2024, tandis que le taux de pénétration d’Internet s’établissait à 65,3 %.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Entre robotique et conseil international, il mise sur une pédagogie interactive pour préparer la jeunesse aux mutations de l’économie numérique. À travers sa start-up, il structure un parcours progressif visant à transformer les jeunes utilisateurs en créateurs de technologies.

Muhammad Gawish (photo) est un cofondateur et le directeur général de iSchool, une start-up de technologie éducative. Elle propose des cours en ligne destinés aux jeunes âgés de 6 à 18 ans, avec l’objectif de les préparer aux métiers technologiques de demain grâce à des formations pratiques et progressives.

Depuis sa création en 2018, iSchool se distingue par son approche pédagogique personnalisée. Le modèle repose sur des cours individuels en direct, permettant un accompagnement sur mesure, adapté au rythme de chaque élève. Grâce à un système de suivi intégré, les parents peuvent superviser en temps réel l’évolution des compétences de leurs enfants.

La force de la plateforme réside dans la diversité de ses disciplines : programmation, développement de jeux vidéo et d’applications mobiles, création de sites web, science des données ou encore intelligence artificielle. Pour maximiser l’engagement, la plateforme intègre des univers familiers comme Minecraft, transformant l’apprentissage de la logique informatique en une expérience interactive et ludique.

iSchool organise son programme selon les tranches d’âge et les niveaux scolaires. Chaque groupe suit un parcours d’apprentissage progressif adapté à ses capacités. Les plus jeunes découvrent les bases de la technologie et de la logique informatique, tandis que les plus âgés travaillent sur des projets plus avancés comme le développement d’applications, les jeux en trois dimensions ou les interfaces numériques.

Muhammad Gawish est titulaire d’un diplôme en génie électrique et télécommunications obtenu en 2018 à l’université du Caire. Parallèlement à la direction de iSchool, il est consultant en technologies éducatives en freelance sur Freelancer.com. Il est aussi le coordonnateur du programme international pour les activités de sumo robotique de Fujisoft Incorporated, un fournisseur de solutions informatiques au Japon.

Il a commencé sa carrière professionnelle en 2015 comme responsable en recherche et développement en stage chez AmpereRobotics. En 2017, il a fait un stage de business developer chez The Coca-Cola Company aux États-Unis. En 2019, il rejoint xTool Education (anciennement Makeblock), une entreprise qui propose des solutions edtech, comme consultant en éducation STEAM (science, technologie, ingénierie, art et mathématiques).

En 2015, Muhammad Gawish a remporté la deuxième place au concours NOOR IoT lors du salon Cairo ICT.

Melchior Koba

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