Alors que les métiers de la donnée et de l’intelligence artificielle s’imposent partout, s’orienter dans cet écosystème reste un parcours du combattant. C’est pour répondre à ce défi de taille que ce Nigérian a conçu une plateforme stratégique dédiée à l’accompagnement des carrières.

Raji Kudus Adewale (photo) est un data product manager et entrepreneur nigérian. Il est le fondateur et responsable produit de DeDataHub, une plateforme conçue pour accompagner les personnes souhaitant évoluer dans les secteurs de la donnée et de l’intelligence artificielle.

Fondée en 2024, DeDataHub est née d’un constat clair : face au manque d’accompagnement, de visibilité sur les opportunités et de soutien professionnel, de nombreux talents abandonnent leur reconversion dans la tech. Pour y remédier, la start‑up aide les apprenants et les professionnels à décrypter le marché du travail, à monter en compétences et à bâtir une stratégie de carrière alignée sur leurs ambitions.

La plateforme se distingue par un accompagnement de haut niveau, démocratisant des conseils jusqu’alors réservés aux réseaux professionnels fermés ou aux consultants spécialisés. L’objectif est de permettre aux utilisateurs de cerner précisément les attentes des recruteurs, d’identifier les compétences clés et de maximiser leur employabilité.

DeDataHub propose plusieurs outils destinés à accompagner les utilisateurs dans leur progression. Parmi eux figurent des conseillers virtuels capables de suggérer des parcours adaptés au profil et aux objectifs de chaque utilisateur. La start‑up indique également offrir des recommandations de compétences, des analyses des offres d’emploi, des retours sur les projets réalisés et un accompagnement pour préparer les entretiens professionnels.

Un autre aspect mis en avant par la plateforme concerne le suivi du marché de l’emploi. DeDataHub affirme analyser les besoins des recruteurs afin d’aider les utilisateurs à apprendre les compétences les plus demandées et éviter de perdre du temps sur des sujets moins utiles pour leur carrière.

Parallèlement à DeDataHub, Raji Kudus Adewale anime depuis 2024 le podcast Tech Journey With DeDataDude. À travers des partages d’expériences et des témoignages inspirants, il y propose des plans d’action concrets pour réussir dans l’écosystème technologique. Expert chevronné, il occupe actuellement le poste de responsable produit chez JPMorganChase, le géant financier américain.

Raji Kudus Adewale est diplômé en 2019 de l’Université fédérale de technologie d’Akure (FUTA), où il a obtenu un Bachelor en télédétection et systèmes d’information géographique. Il a ensuite complété son cursus par un Master en gestion des affaires internationales à l’Université Glasgow Caledonian en Écosse.

Avant de se lancer dans l’entrepreneuriat, il a notamment travaillé comme data scientist chez Milsat (2023–2024), une entreprise nigériane spécialisée dans la donnée. Parallèlement, il a été ingénieur en solutions d’IA générative chez Dana Consulting, un cabinet américain de services et conseil aux entreprises.

Melchior Koba

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La transformation numérique s’accélère en Afrique, portée par la digitalisation des services et la connectivité mobile. Les pays investissent dans la montée en compétences des populations pour accompagner cette transition et en tirer pleinement profit.

Le gouvernement algérien a annoncé la semaine dernière le lancement d’un programme d’autonomisation numérique baptisé « 77.7 ». Cette initiative vise à former les citoyens algériens de toutes les tranches d’âge et à leur fournir les compétences numériques nécessaires pour répondre aux exigences de l’époque et accompagner la dynamique de transformation numérique du pays.

L’annonce a été faite le samedi 17 mai par Sid Ali Zerrouki, à l’occasion de la Journée mondiale des télécommunications et des technologies de l’information. Le programme est mis en œuvre en partenariat avec les opérateurs Algérie Télécom et Mobilis, avec la perspective d’intégrer d’autres acteurs dans les prochaines phases.

Des compétences numériques pour tous les âges

Le programme « 77.7 » est considéré comme le plus complet à l’échelle nationale. Il cible sept groupes d’âge distincts à travers sept parcours pédagogiques conçus de manière adaptée.

Ces parcours vont de « Explorateurs de la technologie » pour les enfants de 7 à 10 ans, aux modules « Couches de la technologie », « Innovateurs » et « Technologie professionnelle » destinés aux jeunes et étudiants, jusqu’aux programmes « Technologie pour la croissance », « Autonomisation numérique » et « Seniors de la technologie », destinés aux adultes et aux personnes âgées jusqu’à 77 ans.

Les contenus sont modulaires, progressifs et adaptés à chaque tranche d’âge, allant de la découverte des outils numériques jusqu’à leur maîtrise avancée. La cybersécurité constitue un pilier obligatoire dans l’ensemble des parcours, couvrant notamment la lutte contre le phishing, la fraude en ligne, la désinformation et la protection des données personnelles.

Sur le plan opérationnel, le programme repose sur un modèle hybride combinant formation en présentiel et à distance. Sept « Skills Centers » répartis dans les wilayas d’Alger, Oran, Annaba, Sétif, Chlef, Saïda et Adrar constituent le socle de la mise en œuvre, avec une capacité d’accueil d’environ 1000 apprenants par centre et par an. Pour sa première année, le ministère prévoit de former entre 25 000 et 30 000 citoyens.

Une dynamique nationale de montée en compétences

Cette initiative s’inscrit dans une intensification des efforts des autorités algériennes en matière de développement des compétences numériques. L’État affirme vouloir investir dans le capital humain comme « base essentielle » pour accompagner les mutations technologiques rapides du monde actuel.

Ces derniers mois, plusieurs programmes ont été lancés dans cette dynamique. En avril 2026, Alger a mis en place un programme national de formation à l’intelligence artificielle, d’une durée de 12 semaines. En mai 2025, l’exécutif a lancé le programme « Chabab Tech », destiné à former les jeunes aux technologies telles que le cloud computing, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’Internet des objets. Plus tôt la même année, le gouvernement avait déjà entamé le déploiement de « Skills Centers ».

Vers la stratégie « Algérie Numérique 2030 »

Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la stratégie « Algérie Numérique 2030 », qui fait du renforcement des compétences l’un de ses cinq piliers majeurs. Cette feuille de route ambitionne de former jusqu’à 500 000 spécialistes des TIC et de réduire significativement la fuite des talents qualifiés.

Dans un contexte marqué par un chômage encore élevé, notamment chez les jeunes, ces efforts sont présentés comme une réponse structurelle. Selon l’enquête « Activité, Emploi et Chômage » de l’Office national des statistiques (ONS) pour 2024, le taux de chômage global s’élève à 9,7 %. La Banque mondiale estime, de son côté, le chômage des jeunes à 29,4 % en 2024, contre 29,9 % l’année précédente.

Au‑delà des perspectives d’emploi, la formation numérique vise également à faciliter l’adoption des services digitaux, à renforcer l’inclusion numérique et à améliorer la protection des utilisateurs dans un environnement de plus en plus connecté.

Isaac K. Kassouwi

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De la diplomatie au code, elle multiplie les casquettes pour accélérer la transition numérique régionale. Sa plateforme de formation propose des parcours adaptés aux réalités locales, du niveau débutant aux compétences avancées.

Laetitia Sêssi Agassa (photo) est une entrepreneure et développeuse web béninoise. Elle est la fondatrice et directrice générale de Kankode, une plateforme d’apprentissage en ligne conçue pour démocratiser l’accès aux compétences numériques en Afrique de l’Ouest.

Fondée en 2025, Kankode s’adresse à plusieurs profils. Les étudiants peuvent y acquérir des compétences utiles pour leurs études et leur avenir professionnel. Les artisans et commerçants y trouvent des outils pour mieux gérer et développer leurs activités. Les personnes en reconversion peuvent également découvrir de nouveaux métiers liés au numérique grâce à des parcours progressifs.

La plateforme organise son offre autour de trois grands parcours. Le premier permet de découvrir les bases du numérique, notamment l’utilisation d’Internet et des outils numériques essentiels. Le deuxième aide les entrepreneurs et commerçants à utiliser le numérique pour vendre, communiquer et mieux gérer leurs activités. Le troisième parcours est consacré aux métiers du numérique et propose des formations plus avancées pour acquérir des compétences recherchées dans le secteur technologique.

Kankode mise sur une méthode d’apprentissage simple et pratique. Les cours reposent sur de courtes vidéos, des exercices interactifs et des quiz afin de faciliter la compréhension. Les contenus sont conçus pour être accessibles même aux débutants qui n’ont jamais utilisé certains outils numériques auparavant. La plateforme encourage également un apprentissage à son propre rythme.

Membre de la communauté eTradeforWomen, Laetitia Sêssi Agassa est cofondatrice et cheffe de projet de BSM groupe, une entreprise de communication et de marketing numérique. Elle est ambassadrice d’isahit, une plateforme d’étiquetage éthique des données pour l’IA, basée en France.

Elle est diplômée de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) d’Abomey‑Calavi au Bénin, où elle a obtenu en 2017 un bachelor en diplomatie et relations internationales. Elle a commencé sa carrière professionnelle en 2016 comme rédactrice indépendante.

En 2017, Laetitia Sêssi Agassa devient traductrice anglais‑français en freelance. En 2020, elle rejoint Botamp, une entreprise technologique, en tant que développeuse web. En 2023, elle devient mentor pour développeurs de logiciels chez ADPlist, une communauté internationale qui s’est donné pour mission de démocratiser le mentorat pour tous.

Melchior Koba

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Avec la transformation numérique, les pays africains préparent leurs citoyens aux compétences de demain. Par exemple, la Banque mondiale indique que près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.

Le gouvernement djiboutien a lancé une étude de faisabilité en vue de la création de « Maisons du numérique » dans les cinq régions de l’intérieur du pays. L’initiative s’inscrit dans le programme E-SKILLS, destiné à renforcer les compétences numériques de la population.

Dans un communiqué publié le mercredi 13 mai, le ministère délégué chargé de l’Économie numérique et de l’Innovation précise que cette étude constitue une étape déterminante pour définir les modalités de déploiement de ces espaces de proximité. Ceux-ci sont conçus comme des leviers d’inclusion numérique et de réduction de la fracture digitale.

« Les futures Maisons du numérique auront vocation à renforcer l’accès aux compétences numériques, accompagner les populations dans leurs usages du digital, encourager l’innovation locale et favoriser l’émergence d’opportunités économiques au sein des régions », indique le communiqué relayé sur les réseaux sociaux.

Ces structures devraient rapprocher le programme E-SKILLS des populations locales. Celui-ci vise à former au moins 3000 jeunes et femmes d’ici 2029, pour un coût estimé à 7 millions d’euros (environ 8,1 millions de dollars). Le projet s’inscrit dans la Vision Djibouti 2035, la feuille de route « Smart Nation » et le Plan national de développement 2025-2030, qui ambitionnent de positionner le pays comme un hub régional de compétences numériques.

Les compétences numériques sont considérées comme un levier de la transformation numérique. Elles constituent également un enjeu majeur en Afrique, où la problématique de l’emploi des jeunes reste particulièrement préoccupante. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), 90 % des métiers dans le monde nécessiteront une certaine compétence numérique d’ici 2030. À la même échéance, la Banque mondiale estime que 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne dépendront de ces aptitudes.

En 2024, le chômage des jeunes djiboutiens âgés de 15 à 24 ans atteignait 76,32 % selon la Banque mondiale, soit près de cinq fois la moyenne mondiale (15,7 %). La même année, seuls 23,7 % des personnes en âge de travailler occupaient un emploi, l’un des niveaux les plus faibles parmi les membres de l’Organisation de coopération islamique (OCI), selon le Centre de recherches statistiques, économiques et sociales et de formation pour les pays islamiques (SESRIC).

Au-delà des compétences, les Maisons du numérique peuvent également contribuer à réduire la fracture digitale dans un pays où la connectivité reste inégalement répartie. Selon l’Union internationale des télécommunications, la couverture 4G atteignait 76 % de la population en 2024, tandis que le taux de pénétration d’Internet s’établissait à 65,3 %.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Entre robotique et conseil international, il mise sur une pédagogie interactive pour préparer la jeunesse aux mutations de l’économie numérique. À travers sa start-up, il structure un parcours progressif visant à transformer les jeunes utilisateurs en créateurs de technologies.

Muhammad Gawish (photo) est un cofondateur et le directeur général de iSchool, une start-up de technologie éducative. Elle propose des cours en ligne destinés aux jeunes âgés de 6 à 18 ans, avec l’objectif de les préparer aux métiers technologiques de demain grâce à des formations pratiques et progressives.

Depuis sa création en 2018, iSchool se distingue par son approche pédagogique personnalisée. Le modèle repose sur des cours individuels en direct, permettant un accompagnement sur mesure, adapté au rythme de chaque élève. Grâce à un système de suivi intégré, les parents peuvent superviser en temps réel l’évolution des compétences de leurs enfants.

La force de la plateforme réside dans la diversité de ses disciplines : programmation, développement de jeux vidéo et d’applications mobiles, création de sites web, science des données ou encore intelligence artificielle. Pour maximiser l’engagement, la plateforme intègre des univers familiers comme Minecraft, transformant l’apprentissage de la logique informatique en une expérience interactive et ludique.

iSchool organise son programme selon les tranches d’âge et les niveaux scolaires. Chaque groupe suit un parcours d’apprentissage progressif adapté à ses capacités. Les plus jeunes découvrent les bases de la technologie et de la logique informatique, tandis que les plus âgés travaillent sur des projets plus avancés comme le développement d’applications, les jeux en trois dimensions ou les interfaces numériques.

Muhammad Gawish est titulaire d’un diplôme en génie électrique et télécommunications obtenu en 2018 à l’université du Caire. Parallèlement à la direction de iSchool, il est consultant en technologies éducatives en freelance sur Freelancer.com. Il est aussi le coordonnateur du programme international pour les activités de sumo robotique de Fujisoft Incorporated, un fournisseur de solutions informatiques au Japon.

Il a commencé sa carrière professionnelle en 2015 comme responsable en recherche et développement en stage chez AmpereRobotics. En 2017, il a fait un stage de business developer chez The Coca-Cola Company aux États-Unis. En 2019, il rejoint xTool Education (anciennement Makeblock), une entreprise qui propose des solutions edtech, comme consultant en éducation STEAM (science, technologie, ingénierie, art et mathématiques).

En 2015, Muhammad Gawish a remporté la deuxième place au concours NOOR IoT lors du salon Cairo ICT.

Melchior Koba

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Basée en Zambie, ZeroAI Technologies développe une solution EdTech qui cible un angle encore peu adressé : l’enseignement de l’intelligence artificielle et de la robotique dans des environnements à faibles ressources.

ZeroAI est une solution numérique développée par une jeune pousse zambienne. Elle propose des laboratoires pédagogiques clés en main permettant aux écoles d’enseigner les disciplines STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), même en l’absence d’Internet ou d’infrastructures électriques fiables.

Lancée en 2015 par Lottie Mukuka (photo), la start-up conçoit ainsi des écosystèmes complets intégrant matériel, logiciels et contenus pédagogiques.

« Nous avons conçu notre solution pour les écoles que tout le monde ignore : celles qui manquent de ressources, situées en zone rurale ou dépourvues d’infrastructures. [...] Personne ne résolvait le problème de l’environnement hors ligne, axé sur le matériel et couvrant l’ensemble du laboratoire, à un prix que les écoles pouvaient réellement se permettre », a indiqué Lottie Mukuka.

Chaque déploiement comprend notamment des kits matériels (Arduino, capteurs IoT), des logiciels de simulation propriétaires fonctionnant hors ligne, ainsi qu’un programme pédagogique structuré et des formations destinées aux enseignants. L’objectif est de permettre aux établissements de devenir autonomes dans l’enseignement de l’IA et de la robotique.

Ce positionnement s’inscrit dans une problématique structurelle du continent : la majorité des solutions EdTech reposent sur une connectivité Internet stable et des équipements numériques, encore largement absents dans de nombreuses écoles africaines. ZeroAI fait donc le choix d’une approche centrée sur le matériel et le hors ligne, pensée pour les zones rurales ou sous-équipées.

Au-delà de cette offre éducative, l’entreprise développe également des solutions plus larges en automatisation, robotique et innovation digitale, dans une logique de convergence entre formation et applications industrielles. Déjà déployée dans plusieurs pays, la solution a permis de former plus de 10 000 élèves à travers une quarantaine d’écoles, en Afrique et sur d’autres marchés émergents.

En s’attaquant à la question de l’accès aux compétences numériques dès le niveau scolaire, ZeroAI Technologies illustre une tendance émergente : celle de start-up africaines qui ne se contentent pas de numériser l’éducation, mais qui adaptent leurs modèles aux contraintes d’infrastructure pour élargir réellement l’accès aux technologies de demain.

Adoni Conrad Quenum

Edité par M.F. Vahid Codjia

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Portée par l’essor du numérique, l’économie africaine fait émerger de nouveaux besoins en compétences commerciales. La capacité à vendre des solutions technologiques s’impose désormais comme un facteur déterminant de croissance pour les entreprises.

Francis Enguélé (photo) est un entrepreneur franco-camerounais. Il est le fondateur et directeur général de Tewodros School of Sales, une école installée en Côte d’Ivoire et dédiée à la formation de commerciaux spécialisés dans les solutions technologiques.

Fondée en 2025, Tewodros School of Sales est un centre de formation spécialisé dans le développement des compétences commerciales en Afrique, avec un positionnement clair : former des professionnels capables de vendre efficacement des solutions technologiques. Elle cible les entreprises et les professionnels désireux d’améliorer leurs performances commerciales.

L’approche pédagogique repose sur une combinaison entre méthodes classiques de vente et usage des outils numériques. Les formations couvrent notamment la prospection active, la gestion de la performance commerciale et l’utilisation d’outils digitaux comme les logiciels de gestion de la relation client ou les solutions d’automatisation.

Un élément central du programme est l’intégration de l’intelligence artificielle dans les pratiques commerciales. Les apprenants sont formés à utiliser ces outils pour améliorer leur productivité, structurer leurs messages, analyser leurs prospects et automatiser certaines tâches. Cette approche vise à adapter les commerciaux aux exigences actuelles du marché et à renforcer leur efficacité.

En parallèle, Francis Enguélé est cofondateur, depuis 2025, de Kalfind, une plateforme sénégalaise qui met en relation des particuliers avec des professionnels spécialisés dans les travaux de construction, de rénovation et de dépannage d’urgence.

Il exerce également comme consultant en développement commercial chez Go Africa Online, ainsi que comme consultant en informatique chez Graphisoft, une entreprise technologique française qui accompagne architectes, ingénieurs et concepteurs dans la réalisation de projets de construction.

Francis Enguélé est diplômé de l’université de Poitiers, où il obtient en 2012 un bachelor en administration publique. Il décroche ensuite un master en développement commercial et entrepreneuriat en 2015 à Novencia Business School à Paris, puis un master en commerce international en 2020 à l’université Carlos III de Madrid, en Espagne.

Sa carrière professionnelle commence en 2012 au sein de ZUPdeCO, une association éducative française, où il était directeur. Entre 2021 et 2025, il travaille en Espagne pour Autodesk, une entreprise technologique américaine, où il a occupé notamment les fonctions de responsable du développement commercial stratégique, puis de responsable des grands comptes.

Melchior Koba

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Au Burkina Faso, la montée en puissance des usages numériques contraste avec un manque de profils qualifiés dans les métiers du numérique. Alors que des millions d’emplois exigeront des compétences numériques en Afrique d’ici 2030, le pays explore de nouveaux partenariats pour accélérer la formation.

La ministre burkinabè de la Transition digitale, Aminata Zerbo/Sabane (photo, à droite), a échangé le jeudi 28 avril à Bobo-Dioulasso avec Natalia Krasovskaia (photo, à gauche), directrice exécutive du Centre de diplomatie publique russe. Cette rencontre, tenue en marge de la 22e édition de la Semaine nationale de la culture, avait pour objectif d’explorer des projets de formation dans des domaines clés comme la cybersécurité et l’intelligence artificielle.

Les deux parties ont évoqué la mise en place de programmes de formation au profit des jeunes Burkinabè. Selon le ministère, une première initiative est déjà déployée à Ouagadougou, où un programme d’enseignement est mis en œuvre dans un lycée régional en partenariat avec une université de Novossibirsk. L’objectif est de former des profils opérationnels, alors que la demande en compétences numériques progresse, portée par la numérisation des services et des entreprises.

D’autres pistes de collaboration sont à l’étude, notamment avec un institut polytechnique privé, afin de renforcer la formation des cadres. Pour le gouvernement, l’enjeu est de structurer une offre locale de compétences capable de soutenir la transformation numérique et de réduire la dépendance à l’expertise étrangère.

Ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenariats du Burkina Faso, avec un accent croissant sur les secteurs technologiques. À travers ce type d’initiatives, les autorités cherchent à jeter les bases d’un écosystème numérique autonome et mieux adapté aux besoins du marché.

Cette collaboration intervient dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans le secteur technologique en Afrique. Selon le rapport Foresight Africa 2025–2030 du Brookings Institution, près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Le document anticipe également jusqu’à 650 millions d’opportunités de formation, pour un marché estimé à environ 130 milliards de dollars.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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Avec cette infrastructure, le Sénégal amorce une transformation de son enseignement supérieur, désormais appelé à jouer un rôle central dans la production d’innovation. L’enjeu est de faire des universités des hubs capables de générer des solutions technologiques, des start-up et des emplois.

Le Sénégal a inauguré, mardi 27 avril à Diamniadio, le premier Pôle universitaire d’innovation et de technologie (UniPod), en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). L’initiative a été officialisée par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, ainsi que le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique Alioune Sall (photo, à droite).

Implanté au sein de l’Université Amadou Mahtar Mbow, ce premier UniPod est conçu comme un espace de co-création réunissant étudiants, chercheurs, start-up et acteurs du secteur privé. Il intègre des infrastructures de prototypage et d’expérimentation technologique, destinées à favoriser le développement de solutions numériques dans des secteurs clés comme la santé, l’agriculture ou l’éducation. Le site de Diamniadio doit également accueillir un hub EdTech panafricain, renforçant son rôle dans l’écosystème régional de l’innovation.

Ce lancement s’inscrit dans le programme « Sénégal Digital Factory », qui prévoit la mise en place d’un réseau national de pôles d’innovation. Dans cette dynamique, d’autres structures similaires sont annoncées à Ziguinchor et à Saint-Louis, avec l’objectif d’étendre cette logique sur l’ensemble du territoire et de réduire les déséquilibres régionaux en matière d’accès aux infrastructures technologiques.

Au-delà des infrastructures, l’ambition des autorités est de repositionner les universités comme des acteurs centraux de la production économique. Il s’agit de transformer les établissements d’enseignement supérieur en véritables viviers d’innovation, capables de générer des solutions pour les administrations publiques et le secteur privé, mais aussi de devenir des incubateurs d’entrepreneurs et de startups technologiques.

Cette orientation s’inscrit dans le cadre de la stratégie « Sénégal 2050 » et du « New Deal technologique », qui font de l’innovation un levier de croissance et de souveraineté technologique. Le gouvernement vise notamment la création de plus de 500 start-up technologiques labellisées et environ 150 000 emplois directs dans les prochaines années.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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À l’approche des JOJ, les besoins en infrastructures numériques s’intensifient au Sénégal. Le gouvernement mise sur la formation au cloud computing pour disposer de compétences locales capables de soutenir l’événement.

Le Sénégal prévoit de former une centaine d’ingénieurs et plusieurs milliers de jeunes aux métiers du cloud computing, dans la perspective des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026. Cette annonce a été faite par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique Alioune Sall et relayée le vendredi 24 avril par l’Agence sénégalaise de presse (APS).

Le projet s’appuie sur un partenariat avec le groupe chinois Alibaba Group, mobilisé pour accompagner la mise en place d’un cloud souverain. Cette infrastructure doit permettre d’héberger les données critiques des JOJ, avec des exigences élevées en matière de disponibilité et de capacité d’adaptation à la demande. Elle servira également de support à un programme de formation destiné à doter le pays de compétences locales capables d’assurer, à terme, l’exploitation et la maintenance des systèmes.

« La formation va débuter incessamment, elle n’a pas encore démarré parce que nous venons juste de finir le déploiement des infrastructures physiques dans les Datacenters. Nous avons reçu le matériel, il a été installé, testé par des ingénieurs sénégalais et des ingénieurs chinois qui travaillent chez Alibaba pour vérifier l’aspect mirroring et les redondances », a annoncé le ministre.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des préparatifs des Jeux olympiques de la jeunesse, prévus à Dakar du 31 octobre au 13 novembre 2026, une première sur le continent africain. Au-delà des infrastructures sportives, l’événement nécessite la mise en place de systèmes numériques robustes, notamment pour la gestion des données, des accréditations ou encore des services administratifs. Les autorités indiquent par ailleurs que plusieurs applications numériques sont en cours de finalisation, notamment pour faciliter les procédures d’entrée sur le territoire ou la gestion des flux de visiteurs.

Le projet s’inscrit plus largement dans la stratégie du New Deal technologique, feuille de route numérique du pays lancée en 2025 pour positionner le Sénégal comme un hub digital régional. Cette stratégie met notamment l’accent sur la souveraineté des données, la formation aux métiers du numérique et le développement d’une économie digitale compétitive. Elle prévoit notamment la formation de 100 000 diplômés dans le domaine numérique, avec 90 % d’experts certifiés, ainsi que l’hébergement de 100 % des données sensibles au Sénégal.

Au-delà de l’échéance des JOJ, l’enjeu est de capitaliser sur ces investissements pour structurer un écosystème numérique durable. En formant des ingénieurs et des techniciens spécialisés, le Sénégal entend réduire sa dépendance aux expertises étrangères et poser les bases d’une infrastructure numérique maîtrisée localement, capable de soutenir le développement de nouveaux services et d’attirer des investissements technologiques.

Samira Njoya

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