Le Tchad actualise ses politiques numériques face à l’essor de nouveaux usages et technologies

Par : Isaac K. Kassouwi

Date de création : mardi, 28 avril 2026 12:23

Date de modification : 28 avril 2026 12:25

Les autorités tchadiennes font du numérique un levier central de transformation et entendent en généraliser l’usage. Cette dynamique implique néanmoins un encadrement renforcé afin de prévenir les dérives.

Le gouvernement tchadien a engagé une actualisation de son cadre juridique du numérique afin de l’adapter à l’évolution rapide des technologies et des usages. Un comité de 34 membres a été officiellement installé à N’Djamena le lundi 27 avril par le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration, Haliki Choua Mahamat (photo).

Le ministre a souligné que les textes en vigueur sont devenus obsolètes face aux mutations du secteur numérique, en appelant à des réformes rapides et efficaces. Le comité dispose de 45 jours pour proposer des textes modernisés, concrets et directement applicables.

S’appuyant sur les travaux déjà réalisés, notamment ceux de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), la mission consistera à harmoniser et moderniser l’ensemble des dispositions existantes afin de doter le pays d’un cadre juridique plus adapté aux enjeux actuels du numérique.

La mise en place du comité intervient quelques mois après que Boukar Michel, ancien ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration publique, a annoncé que le pays élaborait un Code du numérique. Celui-ci intègre les normes internationales en matière de cybersécurité, de protection des données et de gouvernance de l’Internet, dotant ainsi le Tchad d’un cadre juridique moderne, conforme aux meilleures pratiques mondiales.

En octobre 2025, l’Assemblée nationale du Tchad a ratifié une ordonnance prise plus tôt dans l’année modifiant un article de la loi de 2014 sur la régulation des communications électroniques et des activités postales. Le texte vise à moderniser le cadre juridique du secteur, à favoriser la concurrence, à améliorer la couverture des réseaux et à renforcer la souveraineté numérique du pays.

Ces efforts s’inscrivent dans un contexte marqué par une accélération croissante de la transformation numérique, avec l’émergence de nouvelles technologies et de nouveaux usages. L’intelligence artificielle (IA), par exemple, s’impose progressivement dans de nombreux usages numériques, mais elle soulève aussi des défis majeurs. En l’absence de règles claires, elle peut être utilisée pour la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, la création de contenus trompeurs (deepfakes) ou encore la facilitation d’arnaques en ligne de plus en plus sophistiquées.

D’autres technologies comme le cloud computing, la blockchain ou encore l’essor des plateformes numériques accentuent également les enjeux de cybersécurité et de protection des données. Le vide juridique actuel peut ainsi exposer les utilisateurs, les entreprises et les institutions à des risques accrus de cyberattaques, de fraude numérique ou d’exploitation abusive des données personnelles.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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