De nombreux pays africains misent sur la transformation numérique pour soutenir leur développement socio-économique. Cela passe par l’intégration de technologies comme l’intelligence artificielle dans l’ensemble des secteurs.
Les autorités ghanéennes ont finalisé la stratégie nationale d’intelligence artificielle (IA), récemment validée par le gouvernement. La feuille de route devrait être officiellement lancée dans les prochaines semaines par le président John Dramani Mahama.
L’information a été révélée par Samuel Nartey George, ministre de la Communication, de la Technologie numérique et de l’Innovation, dans son intervention lors de la conférence nationale sur la protection des données 2026, tenue le jeudi 26 février.
La stratégie nationale d’IA du Ghana repose sur quatre priorités clés. Elle vise à exploiter et protéger les données nationales, y compris les données génomiques africaines, comme un atout stratégique. Elle prévoit de développer une infrastructure numérique robuste et une puissance de calcul adaptée pour soutenir l’innovation et le traitement massif de données. La formation et le renforcement des compétences, notamment via le programme « One Million Coders », visent à constituer une main-d’œuvre qualifiée en IA et cybersécurité. Enfin, la stratégie garantit une gouvernance transparente et éthique, avec des cas d’utilisation concrets, pour générer une valeur réelle pour tous les citoyens.
Cette feuille de route reflète la volonté des autorités ghanéennes de faire des technologies numériques un levier central du développement national. Elles mettent en avant le potentiel transformateur de l’IA dans de nombreux secteurs. Lors du lancement du Forum de consultation des parties prenantes sur la Stratégie nationale d’IA en mai 2025, M. George avait présenté des exemples concrets comme la prévision de la santé des cultures en agriculture, des diagnostics plus rapides en santé, un apprentissage personnalisé en éducation, une sécurité renforcée dans les transports et une surveillance accrue pour la défense et la sécurité frontalière.
Cette vision du gouvernement ghanéen bénéficie du soutien des Nations unies. Dans son « E-Government Survey 2024 », le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DAES) souligne que l’intelligence artificielle a le potentiel d’optimiser les opérations du secteur public. Grâce à l’automatisation des tâches administratives, l’IA peut non seulement accroître l’efficacité, mais aussi éliminer les retards et les redondances. Elle peut également détecter des défauts, classer des données et formuler des recommandations précises.
Malgré les opportunités offertes par l’IA, le DAES souligne plusieurs risques potentiels. Il s’agit notamment du biais des données, qui peut entraîner une mauvaise représentation de certains groupes, ainsi que des préoccupations éthiques, sécuritaires et sociales. La fracture numérique a également été pointée du doigt comme un défi majeur pour la mise en œuvre des technologies de l’IA dans le secteur public, en particulier dans les pays à revenu moyen, à faible revenu et les pays les moins avancés.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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