Le Mozambique intensifie ses efforts en matière de cybersécurité. Ces derniers mois, le pays a renforcé sa coopération internationale.
Les autorités mozambicaines renforcent le cadre juridique de la protection du cyberespace national. L’Assemblée de la République a adopté, jeudi 16 avril, les lois sur la cybersécurité et la cybercriminalité.
Dans un communiqué, l’Institut national des TIC (INTIC) indique que la loi sur la cybersécurité vise à doter l’État d’instruments efficaces pour répondre aux défis de la société de l’information. Elle garantira la protection de l’État, des institutions et des citoyens, ainsi que la défense des systèmes d’information et des infrastructures critiques. Elle permettra aussi de prévenir les risques, de coordonner la réponse aux incidents cybernétiques et d’améliorer la résilience des entités publiques et privées dépendant des plateformes numériques.
De son côté, la loi sur la cybercriminalité établit des dispositions pénales, tant matérielles que procédurales, y compris des mécanismes de coopération internationale. Elle encadre l’enquête sur les infractions cybernétiques et la collecte de preuves électroniques. Elle s’applique à toutes les personnes physiques et morales, publiques ou privées, utilisant des réseaux de communication de données et des systèmes d’information.
« L’adoption de ces deux textes marque une étape décisive dans la consolidation de la transformation numérique du pays et renforce la confiance des citoyens, des entreprises et des institutions dans l’utilisation des technologies de l’information et de la communication », peut-on lire dans le communiqué de l’INTIC publié sur Facebook.
Cette adoption intervient quelques jours après l’annonce d’un partenariat avec l’Union européenne visant à développer les capacités nationales en cybersécurité. Le pays s’était déjà rapproché des États-Unis et du Togo dans le même sens. Il est également partie à plusieurs instruments internationaux : la Convention des Nations unies contre la cybercriminalité, la Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données personnelles (Malabo, 2014), ainsi que la Convention de Budapest sur la cybercriminalité (2001).
Ces efforts s’inscrivent dans la volonté des autorités mozambicaines de faire des TIC un levier de développement socio-économique. Une stratégie nationale de transformation numérique est en cours d’élaboration. Toutefois, l’Union internationale des télécommunications (UIT) souligne que les pays doivent accroître leur niveau de cybersécurité pour tirer pleinement parti des opportunités offertes par les TIC.
Pour l’heure, le Mozambique se classe au troisième niveau sur cinq dans le dernier Indice global de cybersécurité de l’UIT (2024), avec un score de 66,05/100. L’organisation estime que les performances du pays sont relativement satisfaisantes sur le plan organisationnel et en matière de coopération. Des défis persistent néanmoins dans les domaines des mesures juridiques, techniques et du développement des capacités.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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