Face à des cybermenaces de plus en plus nombreuses et sophistiquées, la protection des internautes s’impose comme un enjeu majeur pour les États. En Égypte, le gouvernement a choisi de renforcer la sensibilisation aux bonnes pratiques numériques afin de réduire la vulnérabilité des utilisateurs.
Le ministère égyptien des Communications et des Technologies de l’information a annoncé, vendredi 6 mars, le lancement d’une initiative nationale baptisée « Digital Citizenship and Online Protection » (Citoyenneté numérique et protection en ligne). Au cœur de ce programme figure la plateforme Wa3i.net, conçue pour sensibiliser les citoyens aux bonnes pratiques numériques et réduire leur exposition aux cybermenaces.
La plateforme se veut un centre de connaissances dédié à la sécurité numérique. Accessible en langue arabe, elle propose des contenus pédagogiques, des guides pratiques et des ressources éducatives destinés à différents publics, notamment les enfants, les adolescents, les parents et les enseignants. L’objectif est de promouvoir les bonnes pratiques en matière de protection des données personnelles, de navigation sécurisée et d’utilisation responsable des technologies.
Le programme repose sur l’idée que la sensibilisation constitue la première ligne de défense contre les cyberattaques. En renforçant la culture numérique des citoyens, les autorités espèrent réduire leur vulnérabilité face à des menaces telles que le phishing, le cyberharcèlement, les escroqueries en ligne ou encore la diffusion de fausses informations.
Cette initiative intervient dans un contexte d’expansion rapide de l’usage d’Internet dans le pays. Selon les données de DataReportal, l’Égypte comptait près de 98 millions d’internautes, soit un taux de pénétration de l’Internet estimé à 72,2 % de la population. L’essor des services numériques, des réseaux sociaux et des plateformes de paiement en ligne s’accompagne toutefois d’une hausse des risques liés à la cybercriminalité, qui touche aussi bien les particuliers que les entreprises et les administrations.
Les données du secteur confirment l’ampleur croissante de ces menaces. Selon les analyses de la société de cybersécurité Kaspersky, 27,4 % des internautes en Égypte ont été confrontés à des menaces en ligne en 2024, notamment des sites malveillants ou des logiciels malveillants diffusés via le web. L’entreprise indique également que les attaques de phishing et d’ingénierie sociale ont progressé de 44 % dans la région Moyen-Orient, Turquie et Afrique, illustrant la sophistication croissante des méthodes utilisées par les cybercriminels.
Face à cette évolution du paysage cybernétique, le gouvernement égyptien mise sur une approche collaborative. Le programme prévoit la mise en place de partenariats avec des institutions publiques, des organisations internationales et des acteurs du secteur privé afin de partager les bonnes pratiques et de renforcer les capacités nationales en matière de cybersécurité.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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