L’intelligence artificielle (IA) s’impose comme un catalyseur de croissance en Afrique, transformant entreprises, services publics et infrastructures numériques. Le Maroc entend capitaliser sur cette révolution technologique pour stimuler son développement et renforcer sa souveraineté numérique.
Le Maroc place l’intelligence artificielle au cœur de sa stratégie de transformation économique. À l’horizon 2030, le royaume ambitionne de générer 100 milliards de dirhams de PIB, soit environ 11 milliards $, grâce au déploiement structuré de l’IA. Cette dynamique pourrait également conduire à la création de 50 000 emplois et à la formation de 200 000 diplômés aux compétences liées à l’intelligence artificielle, selon les projections officielles.
Ces objectifs ont été dévoilés le lundi 12 janvier à Rabat par Amal El Fallah Seghrouchni (photo), ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, lors d’une conférence consacrée au numérique. La ministre a rappelé que le PIB actuel du Maroc avoisine 170 milliards $, soulignant que l’IA représente un levier majeur de croissance, à condition d’être intégrée dans un cadre structuré, souverain et orienté vers l’impact.
Ces annonces s’inscrivent dans le cadre de la future stratégie nationale de l’intelligence artificielle, dont la feuille de route doit être prochainement dévoilée. Celle‑ci repose sur plusieurs piliers clés : le renforcement des compétences, le développement d’infrastructures numériques souveraines, et l’essor des services cloud et de traitement de données capables de soutenir des usages avancés de l’IA à l’échelle nationale.
Pour concrétiser cette ambition et structurer l’écosystème national, le Maroc a également annoncé le lancement du réseau Jazari Root, un cœur fédérateur de l’écosystème national d’intelligence artificielle. Avec un campus de 20 hectares et un data center souverain de 50 MW, Jazari Root vise à réunir chercheurs, start‑up, grandes entreprises et institutions publiques autour de projets concrets, allant de l’e‑gouvernement à la gestion des villes intelligentes, en passant par l’agriculture, la santé ou la logistique.
En structurant dès à présent ses investissements et son écosystème, le royaume entend se positionner comme un acteur crédible de l’intelligence artificielle à l’échelle régionale et africaine, afin de capter une part de la valeur que l’IA pourrait générer dans l’économie mondiale, estimée à près de 15 700 milliards $ d’ici 2030 selon PwC.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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