Avec une demande estimée à 230 millions d’emplois numériques d’ici 2030, l’Afrique subsaharienne fait face à un défi majeur de formation. Des initiatives naissent pour généraliser l’accès aux compétences technologiques et à l’IA afin de favoriser l’insertion des jeunes femmes.
Le géant technologique Microsoft et l’initiative Education Plus, soutenue par l’ONUSIDA, ont annoncé le mardi 10 mars le lancement d’Empower+. Cette plateforme numérique vise à renforcer les compétences en informatique et en intelligence artificielle des jeunes sur le continent. Accessible gratuitement en ligne, l’outil cible en priorité les adolescentes et les jeunes femmes dans 21 pays africains, avec l’ambition de réduire les inégalités d’accès à la formation technologique.
Disponible également sur mobile, la plateforme propose des modules couvrant la littératie numérique de base, les compétences émergentes en IA et l’usage des technologies dans le milieu professionnel. Les modules associent aussi les opportunités offertes par le numérique à la sensibilisation et à la prévention du VIH, un enjeu de santé publique particulièrement important pour les jeunes femmes en Afrique subsaharienne.
Selon Tiara Pathon, directrice des compétences en intelligence artificielle chez Microsoft Elevate, l’initiative doit offrir aux apprenants les outils nécessaires pour évoluer dans une économie dématérialisée. « L’accès à l’éducation et aux compétences est l’un des facteurs d’opportunité les plus puissants. Avec Empower+, nous voulons permettre aux apprenants d’acquérir les connaissances pour s’adapter et prospérer dans un monde en mutation rapide », a-t-elle déclaré.
Ce lancement intervient alors que la demande de profils qualifiés progresse rapidement. Selon la Banque mondiale, près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Pourtant, les disparités de genre persistent. D’après l’UNESCO, les femmes et les filles ont 25 % de chances en moins que les hommes d’utiliser les outils numériques pour des usages de base, sont quatre fois moins susceptibles de savoir programmer et treize fois moins susceptibles de déposer un brevet dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC).
Dans ce contexte, l’élargissement de l’accès aux compétences numériques apparaît comme un enjeu central pour réduire les inégalités et favoriser l’inclusion économique. Les programmes de formation accessibles en ligne pourraient ainsi contribuer à ouvrir davantage d’opportunités professionnelles aux jeunes femmes dans un secteur encore largement dominé par les hommes.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji

























