Le numérique est devenu un terrain stratégique où se rencontrent ambitions économiques, attentes sociales et enjeux de souveraineté. Pour les grands opérateurs, l’enjeu n’est plus uniquement de connecter, mais de prouver leur capacité à accompagner durablement les mutations du continent africain.
Avec « Trust the future », son nouveau chapitre stratégique pour 2026‑2030 présenté à la presse les mardi 7 et mercredi 8 avril au Maroc, avec un rôle clé confié à Orange Middle East and Africa, le groupe télécoms Orange place la confiance au centre de son modèle de croissance. Pour l’entreprise, cette confiance repose à la fois sur la qualité des réseaux, la cybersécurité, l’innovation et la responsabilité. Mais en Afrique, elle se construit aussi sur le terrain, au contact direct de la jeunesse, des entrepreneurs et des territoires. C’est précisément là que les Orange Digital Centers (ODC) apparaissent comme l’un des leviers les plus concrets de cette stratégie.
Le message stratégique d’Orange est clair : dans un univers numérique devenu plus complexe, la confiance n’est plus un simple argument de communication, mais un avantage concurrentiel. Construire une relation de confiance avec la jeunesse africaine, lui apporter un appui technique dans ses défis d’acquisition de savoirs et d’insertion professionnelle, lui garantir une crédibilité auprès du marché de l’emploi sont autant d’engagements portés par Orange, qui affirme vouloir accompagner gratuitement 6 millions de personnes dans l’usage du numérique d’ici 2030, notamment à travers ses Orange Digital Centers.
Un modèle intégré
L’écosystème qui a continué à grandir en Afrique et au Moyen‑Orient est aujourd’hui composé de 53 ODC, présents dans les seize marchés africains d’Orange et en Jordanie. Ils sont en partenariat avec 167 universités. En 2025, les ODC ont enregistré 1,4 million de bénéficiaires, dont 42 % de femmes. Ils revendiquent également 450 startups accompagnées, dont 24 financées par Orange Ventures. Autrement dit, les ODC ne relèvent plus de l’expérimentation, mais constituent déjà un écosystème structuré, à échelle régionale.
Selon Alia Sahaly (photo, au centre), directrice ODC et RSE d’Orange Middle East and Africa, la force du modèle réside dans son intégration. Les Orange Digital Centers s’organisent autour de plusieurs briques complémentaires : une École du Code pour les formations pratiques et certifiantes, un FabLab pour le prototypage, Orange Fab pour l’accélération des startups, Orange Ventures pour le financement, sans oublier des déclinaisons régionales implantées au sein d’établissements universitaires. Cette chaîne complète, de la formation jusqu’à l’investissement, traduit une idée simple : la confiance se gagne aussi en donnant aux jeunes des compétences, des outils et des débouchés.
Employabilité et reconversion
L’un des premiers piliers du service ODC reste l’employabilité. 42 000 certifications délivrées en partenariat avec des entités internationales comme Amazon Web Services (AWS), Coursera et Google ; plus de 277 000 heures de formation accumulées, 13 programmes spécialisés et 500 certificats professionnels Google axés sur les nouveaux métiers du web, de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle (IA), de l’UX/UI, de la data ou encore du cloud. Le programme Master Repair illustre cette logique de reconversion et d’accès à l’emploi, en formant des jeunes à la réparation de terminaux mobiles, à l’installation de panneaux solaires ou à la maintenance des réseaux fibre.
Des formations de plus en plus prisées
Le second pilier est celui de l’entrepreneuriat. Orange met en avant seize années de soutien aux innovateurs, avec des outils comme l’Orange Summer Challenge, le Prix Orange de l’Entrepreneuriat Social en Afrique et au Moyen‑Orient (POESAM), ou encore l’accélération commerciale via Orange Fab. Le groupe souligne aussi le rôle d’Orange Ventures, fonds d’investissement de 50 millions d’euros (environ 58 millions USD), pour financer les jeunes pousses les plus prometteuses. Ici encore, l’enjeu dépasse la seule communication institutionnelle. L’ODC permet à Orange de se positionner comme un acteur qui ne vend pas seulement de la connectivité, mais qui participe à la fabrication de l’économie numérique africaine.
Les résultats avancés par Orange renforcent cette lecture. Selon une évaluation de suivi, l’opérateur télécoms déclare que 69 % des jeunes interrogés estiment que leurs compétences ont fortement progressé grâce au programme, 71 % jugent son apport significatif pour leur développement personnel et professionnel, et trois quarts déclarent utiliser régulièrement les compétences acquises. Selon Orange, le succès des ODC est tel que la demande de formation peut atteindre 40 fois le nombre de places disponibles dans certains pays.
Au fond, l’Orange Digital Center incarne en Afrique ce que la stratégie « Trust the future » cherche à démontrer à l’échelle du groupe : la confiance ne se résume pas seulement à la robustesse d’un réseau ou à la protection des données. Elle se construit aussi par la formation, l’inclusion, l’innovation locale et l’accompagnement des entrepreneurs. En Afrique et au Moyen‑Orient, région que le groupe présente lui‑même comme son moteur de croissance, l’ODC apparaît ainsi comme un actif stratégique à double rendement : un instrument d’impact social, mais aussi un accélérateur de crédibilité, de talents et, à terme, de croissance durable pour Orange.
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