Face à l’essor démographique urbain, les villes africaines accélèrent l’adoption de solutions numériques. L’objectif est d’améliorer la qualité des services publics, de renforcer la gouvernance locale et de répondre aux défis liés à l’urbanisation rapide.
La Communauté urbaine de Douala (CUD) et le groupe technologique chinois Huawei ont signé le mardi 28 avril, en Chine, un protocole d’accord stratégique pour accompagner la modernisation numérique de la capitale économique camerounaise. L’initiative intervient dans une ville de plus de 3,5 millions d’habitants, confrontée à une urbanisation rapide et à des défis croissants en matière de mobilité, de gestion foncière et de services publics.
Ce partenariat, qui reste à ce stade un accord de principe, prévoit un accompagnement technique autour de plusieurs axes structurants de la gestion urbaine. Il porte notamment sur le déploiement de solutions de vidéosurveillance, la mise en place de systèmes intelligents de gestion du trafic et l’extension des infrastructures de connectivité, notamment le réseau de fibre optique municipal.
Un volet central porte sur la transformation numérique du foncier. La CUD envisage la digitalisation d’environ 200 000 dossiers fonciers ainsi que l’introduction d’un certificat de possession numérique. L’objectif est de sécuriser les transactions foncières et de réduire les litiges, dans un contexte où la pression sur le foncier constitue un enjeu majeur pour l’aménagement urbain et l’investissement.
Le projet inclut également des solutions de gestion intelligente de l’éclairage public, permettant un pilotage à distance des infrastructures afin de réduire les coûts énergétiques et d’améliorer la maintenance. Par ailleurs, un programme de transfert de compétences est prévu, avec la formation d’ingénieurs et de cadres municipaux aux technologies numériques, via les programmes de Huawei.
Si les modalités financières et le calendrier de mise en œuvre n’ont pas été précisés, ce protocole s’inscrit dans une volonté plus large de la CUD de moderniser la gouvernance urbaine à travers la donnée et les technologies numériques.
Huawei n’en est pas à sa première intervention dans ce type de projets en Afrique. Le groupe chinois a déjà déployé des solutions de villes intelligentes dans plusieurs métropoles du continent, notamment à Nairobi et Mombasa au Kenya, où ses systèmes de vidéosurveillance et de gestion urbaine ont été intégrés aux dispositifs de sécurité publique. En Afrique du Sud, la ville d’Ekurhuleni a également bénéficié de l’accompagnement du groupe pour le déploiement de réseaux numériques, de solutions cloud et d’applications de gestion urbaine. Au Sénégal également, Huawei met en œuvre un projet à Dakar pour numériser le trafic routier.
Ces initiatives s’inscrivent dans la stratégie globale de Huawei autour des « Safe City », un programme qui couvre aujourd’hui plus de 100 villes dans une trentaine de pays, combinant vidéosurveillance, gestion du trafic et plateformes de données urbaines.
Samira Njoya
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