L’Égypte délivre sa 10ᵉ licence de data center en deux ans

Par : Samira Njoya

Date de création : mardi, 16 juin 2026 14:34

L’Afrique demeure sous‑équipée en infrastructures de données par rapport aux autres régions du monde. Afin de combler ce retard et d’accompagner la croissance de l’économie numérique, plusieurs pays, dont l’Égypte, multiplient les investissements dans les centres de données et les services cloud.

L’Égypte poursuit le renforcement de ses infrastructures numériques. L’Autorité nationale de régulation des télécommunications (NTRA) a accordé le lundi 15 mai une licence à Hassan Allam Digital Infrastructure and Data Center Solutions pour construire et exploiter un centre de données dans le pays. Développé en partenariat avec la société technologique A15, le projet prévoit un investissement initial de 400 millions USD pour sa première phase.

Selon les promoteurs, cet investissement constitue la première phase d’un programme plus large destiné à être étendu dans les années à venir. L’infrastructure, conçue selon les standards internationaux, doit fournir des services d’hébergement de données, de cloud computing et des capacités adaptées aux applications d’intelligence artificielle. Elle ciblera aussi bien les administrations publiques que les institutions financières et les entreprises locales et internationales.

L’annonce intervient alors que l’Égypte multiplie les investissements dans les infrastructures numériques. Selon la NTRA, il s’agit de la dixième licence de centre de données accordée au cours des deux dernières années, illustrant l’accélération du développement de ce secteur dans le pays. Les autorités considèrent désormais les centres de données comme un maillon essentiel de la transformation numérique et de la souveraineté technologique nationale.

Cette dynamique s’accompagne de la préparation d’une stratégie nationale dédiée aux centres de données et au cloud computing. Le gouvernement entend s’appuyer sur la position géographique stratégique de l’Égypte, située au carrefour de l’Afrique, de l’Europe et de l’Asie, ainsi que sur ses infrastructures de télécommunications, pour attirer davantage d’investissements dans les services numériques. L’objectif est de renforcer le rôle du pays comme plateforme régionale d’échange de données et de services numériques.

Le projet s’inscrit également dans les ambitions égyptiennes en matière d’intelligence artificielle. La deuxième stratégie nationale de l’IA prévoit de porter la contribution des technologies numériques et de l’intelligence artificielle à 7,7 % du PIB d’ici 2030. Les autorités estiment par ailleurs que l’IA pourrait générer jusqu’à 42,7 milliards USD de valeur économique au cours des prochaines années grâce à son adoption dans des secteurs tels que les services publics, la finance, la santé et l’industrie.

Au‑delà du seul marché égyptien, les nouvelles infrastructures sont destinées à répondre à une demande régionale croissante en matière d’hébergement de données et de services cloud. La progression rapide de l’intelligence artificielle, du commerce électronique et de la transformation numérique des entreprises alimente les besoins en capacités de stockage et de calcul.

Samira Njoya

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