Selon Kaspersky, l’Afrique subsaharienne a enregistré 138 millions de cyberattaques au premier semestre 2025. Cette pression croissante souligne l’urgence de renforcer les capacités en cybersécurité sur le continent.
L’Afrique structure sa riposte face à l’explosion des cybermenaces et au manque critique de main-d’œuvre qualifiée. Dans cette optique, l’International Cybersecurity Community for Africa (ICCA), une plateforme panafricaine de cybersécurité, a été lancée le vendredi 20 mars à Kigali, au Rwanda. Ce nouvel organe vise à fédérer les experts du continent et à accroître les capacités opérationnelles régionales.
The International Cybersecurity Community for Africa (ICCA) officially launched in Kigali on 20 March 2026.
— International Cybersecurity Community for Africa (@icca_afrika) March 21, 2026
More than just an organization, ICCA is a movement focused on building a stronger, more resilient cybersecurity ecosystem across Africa through collaboration, capacity… pic.twitter.com/hq7fUm09dz
Le dispositif se positionne comme un cadre de coopération dédié au partage d’informations sur les risques numériques, à l’apprentissage et au perfectionnement des talents. Son déploiement intervient alors que les attaques informatiques s’intensifient. Selon les indicateurs révélés lors de l’inauguration, les organisations africaines subissent en moyenne environ 1848 attaques hebdomadaires.
Pour répondre à cette pression, l’ICCA ambitionne de former un million de spécialistes d’ici 2030, un défi de taille alors que le continent n’en compte actuellement que 300 000 pour une demande en pleine expansion.
Afin de soutenir cet objectif, deux outils technologiques ont été présentés. Le premier, Umurinzi Cyber Threat Intelligence, permet de repérer les identifiants compromis sur le dark web et d’alerter les structures visées. Le second est un système de formation pratique, de type Capture the Flag (CTF). Il propose des simulations d’attaques pour renforcer l’expertise technique à des coûts maîtrisés et dans un environnement adapté aux réalités locales.
Soutenue par les autorités rwandaises et des partenaires internationaux, cette initiative s’intègre dans une stratégie globale de valorisation du capital humain et de protection des infrastructures critiques. À travers ce projet, les promoteurs souhaitent favoriser l’émergence d’un écosystème numérique intégré, apte à relever les défis de la transition digitale.
Dans sa feuille de route, l’ICCA prévoit d’étendre ses activités à une quinzaine de pays d’ici 2027 et d’instaurer des programmes de certification. À terme, l’institution compte lancer un indice africain de résilience cyber afin de mesurer le degré de préparation des États face à la cybercriminalité.
Samira Njoya
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