Alors que l’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un levier stratégique de développement, plusieurs initiatives émergent pour permettre aux pays africains de développer des capacités locales tout en conservant la maîtrise de leurs données et de leurs infrastructures technologiques.
La Smart Africa Alliance a annoncé le jeudi 5 mars la signature d’un partenariat stratégique avec la société américaine MeetKai, spécialisée dans l’intelligence artificielle souveraine. L’accord, présenté lors du Mobile World Congress (MWC) de Barcelone, prévoit le lancement d’un programme pilote de développement d’infrastructures et de capacités nationales d’IA dans cinq pays africains, sous l’égide du Conseil africain pour l’IA.
At #MWC2026 in Barcelona, Smart Africa and MeetKai launched a landmark 5-country pilot to accelerate Sovereign AI across Africa through the Africa AI Council.#SmartAfrica #SovereignAI #AI #MWC2026 pic.twitter.com/uJxBWGWCBB
— Lacina Koné (@CEOSmartAfrica) March 5, 2026
Le déploiement de « piles d’IA souveraines »
L’initiative vise à accompagner les États participants dans la mise en place d’infrastructures nationales d’intelligence artificielle. Elle repose notamment sur le déploiement de « piles d’IA souveraines », des architectures technologiques destinées à garantir aux gouvernements la maîtrise de l’hébergement des données, du développement des modèles et du déploiement des applications. Ce cadre doit permettre aux pays concernés de développer des solutions d’IA conformes à leurs législations et à leurs priorités de développement. Les cinq pays pilotes seront annoncés dans les prochaines semaines.
L’accompagnement technique de MeetKai vise à mettre en place des plateformes d’IA capables d’intégrer les langues africaines. L’objectif est d’automatiser les services publics numériques dans des secteurs critiques tels que la santé, l’agriculture, l’éducation et l’administration. Pour ce faire, la firme de Los Angeles mobilise son système phare, MKA1, conçu pour bâtir des écosystèmes hébergés localement, évitant ainsi la dépendance aux infrastructures cloud étrangères tout en stimulant l’innovation domestique.
Un enjeu de captation de valeur
Cette approche souveraine est déterminante pour l’avenir économique du continent. Selon le cabinet McKinsey & Company, l’IA pourrait générer jusqu’à 1 200 milliards $ de valeur en Afrique d’ici 2030. Toutefois, sans le contrôle des infrastructures et des talents, une grande partie de cette richesse risque d’échapper aux économies locales. Le succès de ce pilote conditionne donc la capacité des États à transformer ce potentiel technologique en un véritable levier de croissance souveraine.
Samira Njoya
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