Entre industrialisation locale, montée en puissance du mobile et politiques d’emploi, le Kenya cherche à bâtir une économie digitale capable de soutenir la croissance et l’insertion des jeunes.
Au Kenya, près de cinq millions de smartphones ont déjà été assemblés sur le territoire national afin de renforcer l’accès aux outils numériques et de stimuler la création d’emplois ainsi que l’industrialisation technologique. L’annonce a été faite le lundi 19 janvier par William Kabogo Gitau, secrétaire de cabinet au ministère de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique, en marge du lancement du soutien en capital commercial NYOTA destiné aux jeunes porteurs de projets.
Government prioritises youth empowerment
— H.E William Kabogo Gitau, E.G.H (@honkabogo) January 19, 2026
The Government has rolled out several initiatives to empower youths, create vast opportunities for boosting entrepreneurship and job creation.
Today, I was honoured to join the President H.E. Dr. @WilliamsRuto and Deputy President H.E.… pic.twitter.com/H7ytbZYh0Y
Commercialisés à des prix compris entre 6000 et 8000 shillings kényans (46,5 et 62,2 dollars), ces appareils s’inscrivent dans la stratégie gouvernementale d’inclusion numérique, alors que le pays cherche à élargir l’usage des technologies digitales au sein de sa population, notamment chez les jeunes, afin de tirer pleinement parti des opportunités offertes par la connectivité mobile.
Dans un pays où le taux de pénétration de la téléphonie mobile dépasse 140 %, selon les données de l’Autorité kényane des communications, la démocratisation des smartphones joue un rôle central dans l’expansion des usages numériques. Elle pourrait accélérer l’adoption des services financiers numériques, du e‑commerce, de l’e‑gouvernement et des plateformes d’emploi en ligne, tout en soutenant l’essor de l’économie numérique locale.
Cette dynamique industrielle s’intègre dans une politique plus large de promotion de l’emploi par le numérique. Selon le gouvernement, plus de 300 000 emplois ont déjà été créés grâce aux entreprises d’externalisation des processus métiers (BPO) et aux plateformes numériques, un segment appelé à jouer un rôle clé dans la diversification de l’économie kényane.
Parallèlement, les autorités multiplient les programmes de soutien à l’entrepreneuriat des jeunes. À travers le projet NYOTA, une enveloppe de 258,4 millions de shillings kényans a récemment été mobilisée pour accompagner plus de 10 300 jeunes entrepreneurs dans les comtés de Nairobi, Kiambu et Kajiado, avec pour objectif de renforcer les revenus et de promouvoir l’épargne.
Le renforcement des compétences constitue un autre pilier de cette stratégie. Environ 350 centres numériques ont déjà été installés dans les établissements d’enseignement et de formation techniques et professionnels, tandis que 1450 centres supplémentaires sont prévus à terme dans les circonscriptions du pays afin de réduire la fracture numérique et de stimuler l’innovation locale.
Pour accompagner cette transformation, le Kenya investit également dans les infrastructures. Le gouvernement prévoit le déploiement de 100 000 kilomètres de fibre optique à haut débit à travers le pays, une initiative jugée essentielle pour attirer les investissements et soutenir les activités numériques à travers le pays.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
Lire aussi:
Formation numérique des fonctionnaires : le Kenya explore un partenariat avec Huawei

























