L’Algérie se dote d’un cadre institutionnel renforcé pour prévenir les cyberattaques

Par : Samira Njoya

Date de création : lundi, 26 janvier 2026 11:09

Au fur et à mesure que l’administration algérienne se numérise, ses systèmes d’information deviennent de plus en plus exposés aux cybermenaces. Pour anticiper ces risques, le pays consolide ses structures de protection numérique.

L’Algérie s’est dotée d’un cadre institutionnel renforcé pour protéger ses systèmes d’information face à la montée des cybermenaces. Le décret présidentiel n° 26‑07 du 7 janvier 2026, publié le mercredi 21 janvier au Journal officiel, définit l’organisation et le fonctionnement des structures de cybersécurité au sein des institutions, administrations et organismes publics, afin de mieux anticiper et gérer les risques liés aux cyberattaques.

Dans chaque entité publique, une structure dédiée à la cybersécurité sera créée, distincte de celle en charge de la gestion technique des systèmes d’information. Placée sous l’autorité directe du premier responsable de l’institution, cette entité aura pour mission de coordonner toutes les actions relatives à la protection des données et à la sécurité des systèmes, y compris pour les organismes sous tutelle.

Elle sera chargée d’élaborer et de suivre la mise en œuvre de la politique de cybersécurité, d’identifier les risques à travers une cartographie dédiée et de mettre en place des plans de remédiation adaptés. Une veille continue, des audits réguliers et la notification immédiate de tout incident aux autorités compétentes complètent le dispositif.

Le texte impose également le respect de la législation sur la protection des données à caractère personnel, en liaison avec l’autorité nationale compétente. Il encourage par ailleurs la coordination avec les structures chargées des marchés publics et de la sûreté interne, afin d’intégrer des clauses de sécurité dans les contrats de sous‑traitance et de renforcer la protection du personnel et des équipements.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensification des attaques numériques en Algérie. En 2024, le pays a été confronté à un volume estimé à plus de 70 millions de cyberattaques, selon des données de Kaspersky, qui place l’Algérie au 17ᵉ rang mondial des nations les plus ciblées par les menaces numériques. Parmi ces attaques, plus de 13 millions de tentatives de phishing ont été bloquées, ainsi que près de 750 000 pièces jointes malveillantes neutralisées par les solutions de sécurité, illustrant l’ampleur des risques auxquels sont exposés les utilisateurs et les organisations.

Pour les autorités algériennes, ce dispositif devrait permettre de consolider durablement la gouvernance de la cybersécurité dans le secteur public et d’accompagner la transition numérique par un encadrement institutionnel renforcé. Dans un pays où l’usage des systèmes digitalisés s’étend rapidement, la mise en place d’un cadre opérationnel de cybersécurité vise à protéger les services publics, les infrastructures critiques et les données sensibles, tout en renforçant la confiance des citoyens et des acteurs économiques dans l’écosystème numérique.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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