La transformation numérique des administrations devient un enjeu stratégique sur le continent. En Guinée, les autorités misent sur plusieurs projets structurants pour moderniser les services publics et renforcer leur performance.
La Guinée accélère la modernisation de son administration publique. Le ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique a présenté, le vendredi 15 mai à Conakry, neuf projets stratégiques destinés à renforcer la numérisation des services publics, améliorer la gestion administrative et moderniser les outils de gouvernance de l’État.
Les initiatives portent notamment sur la numérisation des services publics à travers le Guichet unique des services publics (GUSP), la modernisation des systèmes de gestion des ressources humaines et le déploiement d’équipements numériques au sein de l’administration. Le programme prévoit également une cartographie détaillée de l’administration publique, un recensement des systèmes informatiques actuellement utilisés pour la gestion du personnel ainsi que le renforcement des capacités des agents publics à l’utilisation des outils numériques.
Les autorités veulent aussi réhabiliter et moderniser le Gouv‑Lab, restructurer les établissements publics administratifs (EPA) et rationaliser l’intervention de l’État afin d’améliorer la coordination administrative. Des outils digitaux, dont la plateforme FUGAS dédiée à la gestion des ressources humaines publiques, doivent également être renforcés. Selon le ministère chargé de la Fonction publique, ces projets doivent permettre de réduire les lourdeurs administratives, renforcer la transparence et améliorer l’accès des citoyens et des entreprises aux services publics.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Simandou 2040, présenté par les autorités comme la nouvelle feuille de route économique et institutionnelle de la Guinée pour les quinze prochaines années. Longtemps associé au gigantesque projet minier de Simandou, ce programme englobe désormais plusieurs réformes liées au numérique, à la gouvernance publique et au développement des infrastructures. Les autorités cherchent ainsi à bâtir une administration plus performante et davantage orientée vers les résultats, dans un contexte où plusieurs pays africains accélèrent la transformation numérique de leurs services publics.
Les nouveaux projets interviennent alors que la Guinée a déjà engagé plusieurs initiatives dans le domaine de l’e‑gouvernement ces dernières années. Le pays dispose désormais d’un portail national de services publics donnant accès à plusieurs démarches administratives en ligne, notamment les demandes de passeport, de visa, d’actes d’état civil ou encore de permis biométriques. Le gouvernement a également lancé des plateformes numériques comme eTax pour la télédéclaration et le télépaiement des impôts, tandis que l’Agence nationale de digitalisation de l’État (ANDE), créée en 2022, pilote plusieurs projets liés à l’interconnexion des administrations, au développement de solutions numériques publiques et au déploiement du réseau métropolitain de fibre optique de Conakry.
Au‑delà de la modernisation administrative, les enjeux sont également économiques. La Guinée espère améliorer le climat des affaires, renforcer l’efficacité de l’action publique et faciliter les interactions entre l’administration, les citoyens et les entreprises. Les autorités estiment aussi que la digitalisation des procédures pourrait contribuer à réduire les délais administratifs, renforcer la traçabilité des opérations et améliorer la transparence dans la gestion publique.
Samira Njoya
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