Le transport routier assure l’essentiel des échanges de marchandises au Maroc. Les autorités veulent accélérer la numérisation du secteur pour moderniser sa gestion et renforcer la sécurité routière.
Selon les données sectorielles, le transport routier représente plus de 75 % des flux de marchandises au Maroc et constitue l’un des piliers de la logistique nationale. Face à la croissance des échanges et à l’augmentation du trafic, les autorités marocaines accélèrent la numérisation du secteur afin d’améliorer la sécurité routière, moderniser les services administratifs et renforcer le suivi des activités de transport.
C’est dans ce contexte que le ministère du Transport et de la Logistique a signé, le jeudi 15 mai à Rabat, une convention de partenariat avec la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) et sa filiale CDG Incept. L’accord vise à accompagner la mise en œuvre de la feuille de route digitale du transport routier, dans le cadre de la stratégie nationale « Digital Morocco 2030 ».
Le partenariat prévoit la création d’une plateforme numérique intégrée dédiée au transport routier, incluant un système de chronotachygraphe numérique. Ce dispositif permettra de suivre en temps réel plusieurs données relatives aux véhicules, notamment la vitesse, les distances parcourues, les temps de conduite ou encore la localisation des camions et autocars.
Selon le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, cette solution doit permettre aux conducteurs et aux entreprises de transport d’assurer un suivi numérique plus précis de leurs opérations, tout en facilitant l’accès aux services administratifs. Les usagers pourront effectuer certaines démarches à distance via une plateforme centralisée, sans devoir se déplacer dans les services du ministère.
Les autorités veulent également utiliser ces outils numériques pour renforcer la sécurité routière. Le Maroc enregistre encore plusieurs milliers d’accidents de la route chaque année. D’après l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA), plus de 143 000 accidents corporels ont été recensés en 2024 dans le pays, causant plus de 4000 décès. Le suivi numérique des temps de conduite et des déplacements des véhicules pourrait ainsi contribuer à limiter certaines infractions liées à la fatigue, aux excès de vitesse ou au non‑respect des règles de circulation.
Cette transformation numérique intervient également dans un contexte de modernisation progressive de la logistique marocaine. Selon le ministère du Transport, le secteur contribue à environ 5 % du PIB national et joue un rôle stratégique dans les échanges commerciaux du royaume avec l’Europe et l’Afrique. Le développement des infrastructures portuaires, notamment autour du complexe Tanger Med, a accru les besoins en solutions numériques capables d’améliorer la traçabilité des marchandises et l’efficacité des chaînes logistiques.
Pour la CDG, ce projet constitue une première étape dans l’accompagnement de la digitalisation des procédures du ministère. Les travaux devraient s’étaler sur environ six mois. À terme, les autorités espèrent bâtir un écosystème numérique capable d’améliorer la gouvernance du transport routier, de fluidifier les opérations et de rapprocher davantage les services publics des professionnels et des citoyens.
Samira Njoya
Lire aussi:
Transformation numérique : le Maroc et le Ghana signent un accord de partage d’expertises

























