Le Maroc se distingue comme l’un des pays africains les plus avancés dans la numérisation des services publics. Avec plus de 600 services en ligne et une population fortement connectée, le royaume accélère l’inclusion numérique et modernise ses interactions entre citoyens, entreprises et administrations.
Le Maroc accélère la structuration de son écosystème d’e-gouvernement. Huit mémorandums d’entente ont été signés mardi 10 février à Rabat pour lancer la phase opérationnelle du projet « Idarati X.0 », une méta-application appelée à devenir le point d’entrée unifié des services publics numériques.
Porté par le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, en coordination avec la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), le projet ambitionne de structurer un véritable écosystème autour d’un wallet numérique national. Cette brique centrale permettra aux citoyens d’accéder, via une interface unique, à plusieurs services administratifs, en s’appuyant sur la carte nationale d’identité électronique (CNIE) comme socle d’authentification.
Les conventions signées engagent notamment le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, le ministère du Transport et de la Logistique, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) ainsi que l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC). D’autres administrations sont également parties prenantes, traduisant une approche transversale fondée sur l’interopérabilité des systèmes.
Pensée comme une méta-application, Idarati X.0 ne se limite pas à agréger des services existants. Elle vise à repenser l’architecture des parcours usagers, à réduire la fragmentation des plateformes publiques et à centraliser les interactions entre l’administration et les citoyens. Le projet doit se déployer en quatre phases — du benchmark initial au chiffrage des investissements (Capex) et des coûts d’exploitation (Opex) — pour une durée estimée à six mois.
La question de la protection des données constitue un axe structurant du dispositif. Les autorités mettent en avant une approche fondée sur les principes de « privacy by design » et de « security by design », intégrant les exigences de conformité réglementaire et de cybersécurité dès la phase de conception technique. La CNDP est associée au processus afin d’assurer l’alignement du projet avec les standards nationaux en matière de confidentialité et de gouvernance des données.
Ce chantier s’inscrit dans la continuité de la stratégie « Maroc Digital 2030 », qui ambitionne d’accélérer la dématérialisation des procédures, de renforcer l’inclusion numérique et d’améliorer la qualité des services publics. En 2024, 600 services publics étaient déjà en ligne : 300 pour les citoyens, 200 pour les entreprises et 100 pour les administrations. Cette dynamique place le Maroc parmi les pays leaders en Afrique en matière de transformation numérique. Le royaume est classé 90ᵉ mondial et 4ᵉ en Afrique à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, avec un score de 0,6841 sur 1, supérieur aux moyennes africaine et mondiale.
Le contexte numérique marocain est particulièrement favorable à ce type d’initiative. Selon DataReportal, le royaume comptait plus de 35,3 millions d’internautes à la fin de 2025, soit un taux de pénétration d’environ 92 % de la population, tandis que le nombre de connexions mobiles dépassait 54,9 millions, traduisant une adoption massive du mobile et de l’accès Internet à large échelle.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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