Orange déploie un nouvel axe sous-marin afin de renforcer la liaison Afrique – Europe

Par : Samira Njoya

Date de création : mardi, 19 mai 2026 07:40

Date de modification : 19 mai 2026 07:42

Alors que la consommation de données explose en Afrique, les opérateurs télécoms accélèrent les investissements dans les infrastructures sous-marines pour renforcer la résilience des réseaux. Orange participe ainsi à un nouveau projet de câble reliant l’Afrique et l’Europe.

Le groupe Orange a annoncé, le mardi 12 mai, la signature d’un protocole d’accord avec plusieurs acteurs télécoms et numériques en vue du lancement du projet de câble sous-marin « Via Africa ». Cette nouvelle infrastructure vise à renforcer la connectivité entre l’Europe et l’Afrique le long de la façade atlantique, dans un contexte de forte croissance des usages numériques sur le continent.

Le projet est porté par un consortium réunissant notamment Canalink, GUILAB, International Mauritania Telecom, Orange Côte d’Ivoire, Sonatel et Silverlinks. L’initiative repose sur un modèle de co-investissement permettant à chaque partenaire de participer à la gouvernance et au développement du système.

Le câble Via Africa entend relier plusieurs points d’atterrissage en Europe, notamment au Royaume-Uni, en France et au Portugal, à différents pays africains situés sur la côte atlantique, dont la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Nigeria, avec une extension envisagée jusqu’à l’Afrique du Sud. Pensé comme un système « open cable », il vise à offrir une capacité ouverte et évolutive pour accompagner la hausse continue du trafic de données et diversifier les routes internationales.

À court terme, le consortium prévoit de financer une étude de tracé afin d’optimiser le parcours du câble en tenant compte des contraintes techniques, économiques et de résilience. Le lancement du processus de sélection d’un fournisseur industriel constitue également l’une des prochaines étapes clés du projet.

Ce nouveau développement intervient dans un environnement marqué par une accélération des investissements dans les infrastructures numériques en Afrique. Le continent dépend encore fortement d’un nombre limité de câbles sous-marins pour son accès à Internet international, ce qui le rend vulnérable aux interruptions. Ces dernières années, plusieurs projets majeurs ont été déployés ou annoncés, à l’image de 2Africa, soutenu par Meta et des opérateurs internationaux, ou encore Equiano développé par Google, qui relie déjà l’Europe à plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

Dans ce contexte, le projet Via Africa s’inscrit dans une dynamique visant à améliorer la résilience des réseaux et à réduire les risques liés aux coupures de câbles, qui ont récemment perturbé la connectivité dans plusieurs pays africains. La multiplication des routes sous-marines apparaît désormais comme un enjeu stratégique pour sécuriser les échanges numériques. Au-delà des aspects techniques, l’enjeu est également économique. Un rapport de la Banque mondiale indique qu’une augmentation de 10 % du taux de pénétration du haut débit peut entraîner une hausse de 1,38 % du PIB dans les pays en développement.

Samira Njoya

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