Spatial : la Côte d’Ivoire se tourne vers l’Université de Montpellier, en France

Par : Isaac K. Kassouwi

Date de création : jeudi, 16 avril 2026 13:01

Les pays africains s’intéressent de plus en plus à la technologie spatiale pour soutenir le développement socio-économique. Plus de cent satellites devraient être lancés d’ici la fin de la décennie, contre une soixantaine aujourd’hui.

La Côte d’Ivoire veut s’appuyer sur l’expertise de l’Université de Montpellier, en France, pour la formation de ses premiers spécialistes du spatial. La collaboration portera également sur la fabrication du premier satellite national.

Cette coopération a été discutée le mercredi 15 avril lors d’une rencontre entre Adama Diawara (photo, au centre), ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et une délégation du Centre spatial de l’Université de Montpellier, conduite par son directeur, Laurent Dusseau. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du démarrage des activités de l’Agence spatiale de Côte d’Ivoire (ASCI).

Selon le communiqué du gouvernement ivoirien, M. Dusseau a fait remarquer que l’Université de Montpellier dispose d’une infrastructure lui permettant de former des techniciens et des ingénieurs, en combinant connaissances théoriques et compétences pratiques. « Nous le faisons dans le cadre d’un master spécialisé des grandes écoles, qui s’adresse à des ingénieurs déjà diplômés dans différents domaines et qui viennent suivre, pendant un an, une formation extrêmement intensive afin d’acquérir une compétence spatiale leur permettant d’accéder à des métiers très spécifiques du spatial, comme ingénieur IT ou ingénieur système », a-t-il expliqué.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de développement du secteur spatial en Côte d’Ivoire. En mai 2023, le pays annonçait une collaboration avec la société Universal Konstructors Associated (UKA) pour la construction de Yam-Sat CI 01, le premier satellite national, dont le lancement était prévu pour août 2024. Avant cela, le pays avait annoncé, dès 2021, la création d’une agence spatiale, finalement instituée par décret en juin 2025. Elle est chargée du renforcement des capacités nationales et de la mise en place d’infrastructures dans le domaine spatial.

« L’étendue de ses activités couvre les piliers essentiels d’application du spatial, à savoir l’observation de la Terre, la météorologie spatiale, l’astronomie, l’exploration spatiale, ainsi que la navigation et la communication par satellite », peut-on lire dans le compte rendu du Conseil des ministres du 4 juin 2025. Le gouvernement précise que cela permettra de répondre efficacement aux enjeux de développement économique, de sécurisation du territoire national et de protection de l’environnement.

Ces efforts de la Côte d’Ivoire en faveur du développement spatial s’inscrivent dans une dynamique continentale. Selon un rapport du Centre africain d’études stratégiques (ACFSS), publié en septembre 2025, les États africains consacrent environ 500 millions de dollars par an à leurs programmes spatiaux. L’étude indique que plus de 21 pays africains ont mis en place des programmes spatiaux et que 18 ont lancé au moins un satellite. Le continent a ainsi lancé un total cumulé de 65 satellites. Il compte également plus de 120 satellites supplémentaires en cours de développement, dont le lancement est prévu d’ici 2030.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

Lire aussi:

Nilesat et RASCOM s’associent pour accélérer le développement du secteur spatial africain

TECH STARS

TECH TV

greenbox-la-chambre-froide-anti-pertes-post-recoltes-du-congolais-divin-kouebatouka
a-la-rencontre-de-sthevi-letsika-electricien-et-roboticien-qui-a-concu-un-dispositif-de-detection-de-fumee-et-de-gaz
la-kenyane-linet-kwamboka-experte-en-data-science
les-drones-maliba-de-portee-375-km-du-malien-moussa-diarra-sont-concus-a-80-a-partir-de-plastique-recycle

Please publish modules in offcanvas position.