Face à la montée des usages numériques et des cyberrisques, l’Afrique du Sud prépare l’introduction d’une identité numérique nationale. L’objectif est de simplifier l’accès aux services publics, renforcer la sécurité des données personnelles et lutter plus efficacement contre la fraude identitaire et les crimes financiers.
L’Afrique du Sud accélère sa stratégie de numérisation des services publics. Le ministère sud-africain de l’Intérieur a publié le lundi 4 mai un projet de règlement ouvrant la voie à l’introduction d’une identité numérique nationale, destinée à fonctionner aux côtés des cartes d’identité physiques déjà en circulation.
Porté par le ministère de l’Intérieur, ce projet s’inscrit dans la stratégie « Home Affairs @ home », qui vise à permettre aux citoyens d’accéder à plusieurs services administratifs directement depuis leur smartphone. Le futur système reposera sur une application baptisée « MyMzansi », à travers laquelle les utilisateurs pourront stocker et utiliser des versions numériques sécurisées de leurs documents officiels.
Selon les autorités, cette identité numérique sera valable pendant cinq ans et pourra être renouvelée à distance grâce à une vérification biométrique faciale. Le gouvernement prévoit également un système de vérification utilisant les technologies NFC, Bluetooth et QR code afin de faciliter l’authentification des citoyens dans les services publics et privés.
Le ministère sud-africain de l’Intérieur précise toutefois que cette identité numérique restera facultative et ne remplacera pas les cartes d’identité physiques. Les deux formats coexisteront dans le cadre d’un système hybride destiné à moderniser progressivement l’administration sans exclure les populations encore éloignées des usages numériques.
Un outil contre la fraude et les crimes financiers
Pour Pretoria, cette réforme dépasse la simple dématérialisation administrative. Le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, estime que le système pourrait renforcer la lutte contre le vol d’identité, les fraudes financières, la corruption et l’immigration illégale.
Le projet prévoit ainsi des mécanismes avancés de sécurité, notamment la capture biométrique, la détection de présence (liveness detection), le chiffrement des données et le rattachement de l’identité numérique à un appareil mobile spécifique. Les autorités souhaitent également mieux encadrer l’accès aux données personnelles, dans un contexte mondial marqué par la montée des préoccupations liées à la cybersécurité et à la protection de la vie privée.
Vers une administration entièrement numérique
Le gouvernement sud-africain entend faire de cette identité numérique le socle de sa future administration numérique. À terme, plusieurs services devraient être intégrés à la plateforme MyMzansi, notamment les permis de conduire, les certificats scolaires, les services sociaux ou encore certaines démarches policières et judiciaires.
Cette transformation intervient alors que l’Afrique du Sud cherche à moderniser des services publics souvent critiqués pour leurs lenteurs administratives et les longues files d’attente dans les agences gouvernementales. Le projet de règlement est actuellement soumis à consultation publique jusqu’au 6 juin 2026 avant une éventuelle adoption définitive.
Samira Njoya
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