La montée en puissance de l’intelligence artificielle en Afrique s’accompagne d’une volonté croissante de maîtriser les infrastructures et les données. Au Maroc, des acteurs locaux s’organisent pour proposer des solutions souveraines adaptées aux réalités du continent.
ABA Technology, entreprise marocaine spécialisée dans l’intelligence artificielle, et le groupe français Atos ont annoncé avoir signé, mardi 7 avril, en marge du GITEX Africa 2026 à Marrakech, un mémorandum d’entente visant à accélérer le déploiement de la plateforme Fusion AI auprès d’acteurs publics et privés. Cette technologie, récemment lancée, ambitionne de structurer l’usage de l’IA dans des environnements complexes tout en garantissant la souveraineté des données.
« Fusion AI répond à une exigence aujourd’hui centrale : déployer une intelligence artificielle gouvernée, sécurisée et pleinement opérationnelle dans des environnements critiques », a indiqué Safia Faraj (photo, à droite), directrice Afrique d’Atos. Selon elle, ce partenariat doit permettre de faire passer les organisations « de l’expérimentation à la production », en intégrant des systèmes capables d’automatiser les processus tout en respectant des standards stricts de sécurité et de conformité.
Dans le cadre de cet accord, Atos interviendra comme intégrateur de la plateforme développée par ABA Technology auprès de ses clients, notamment dans le secteur public, industriel et scientifique. La coopération prévoit le déploiement de solutions d’IA adaptées à différents usages, allant de l’optimisation industrielle à la recherche scientifique, en passant par la gestion des politiques publiques. L’objectif est de proposer des architectures capables d’unifier les données, les systèmes et les opérations au sein d’environnements fortement régulés.
Ce partenariat intervient dans un contexte d’accélération des investissements dans l’intelligence artificielle, y compris en Afrique où les enjeux de souveraineté technologique deviennent stratégiques. Selon les estimations de Google, les investissements mondiaux dans l’IA pourraient dépasser 1500 milliards de dollars dans les prochaines années, poussant les États et les entreprises à mieux maîtriser leurs infrastructures et leurs données.
Il s’inscrit également dans la continuité du lancement, la semaine précédente, de Fusion AI par ABA Technology. Présentée comme une plateforme conçue et opérée depuis le Maroc, cette solution repose sur une architecture unifiée capable de connecter systèmes informatiques, infrastructures industrielles et objets connectés. Déclinée en plusieurs applications sectorielles, elle permet par exemple d’optimiser la production industrielle via des jumeaux numériques, d’améliorer la prise de décision publique grâce à des outils d’intelligence territoriale ou encore d’accélérer la recherche biomédicale.
À travers cette alliance, les deux partenaires ambitionnent de structurer une offre d’intelligence artificielle adaptée aux réalités africaines, en combinant expertise technologique et capacités d’intégration à grande échelle. Pour ABA Technology, l’enjeu est d’étendre l’adoption de sa plateforme au-delà du marché marocain, tandis qu’Atos renforce son positionnement sur les projets liés à la souveraineté numérique sur le continent.
Samira Njoya
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