Les fintechs d’Afrique de l’Est font face à des procédures d’agrément distinctes dans chaque pays, un frein majeur à leur expansion régionale. Le Kenya et le Rwanda veulent y remédier en instaurant un mécanisme de reconnaissance mutuelle des licences pour les prestataires de paiement.
La Banque centrale du Kenya (CBK) et la Banque nationale du Rwanda (NBR) ont officialisé, mercredi 11 mars, un protocole d’accord instaurant un cadre de reconnaissance mutuelle des licences pour les prestataires de services de paiement. L’objectif est de permettre aux fintechs autorisées dans l’un des deux pays d’opérer dans l’autre sans devoir obtenir une nouvelle autorisation complète.
L'initiative s'attaque directement au coût de la conformité réglementaire, l’un des principaux freins à l’expansion régionale. Jusqu'ici, la fragmentation des régulations imposait aux start-up des procédures d'agrément distinctes dans chaque pays, prolongeant les délais de mise sur le marché et augmentant les coûts d’entrée.
Le nouveau cadre ne remplace pas la supervision nationale, mais prévoit une coordination renforcée entre les deux régulateurs afin d’assurer le suivi des entreprises opérant dans les deux juridictions. Cette simplification intervient alors que la fintech demeure l’un des principaux moteurs d’investissement dans la tech africaine. En 2025, le secteur a capté 769 millions de dollars en financement en capital, soit près de 19 % des fonds propres levés par les start-up africaines, selon les données du marché.
L'initiative s’inscrit dans la stratégie de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) visant à interconnecter les systèmes de paiement et à faciliter les transactions numériques transfrontalières. En alignant progressivement leurs cadres réglementaires, les deux pays cherchent à stimuler l’interopérabilité des services financiers et à soutenir le commerce régional.
Si ce mécanisme de reconnaissance mutuelle s’avère efficace, il pourrait servir de modèle pour d’autres marchés de la région, contribuant à la construction d’un espace régional plus intégré pour les paiements numériques.
Samira Njoya
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