La RDC mise sur une plateforme numérique pour moderniser la filière diamant

Par : Samira Njoya

Date de création : jeudi, 02 juillet 2026 05:52

Premier producteur africain de diamants artisanaux, la RDC veut tirer davantage de valeur de cette ressource. Le pays entend s’appuyer sur les technologies numériques pour renforcer la transparence et créer davantage de valeur localement.

Le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN) et la société suisse ADEX Platform AG ont conclu, le lundi 29 juin, un accord destiné à développer une plateforme numérique de traçabilité et de commercialisation des diamants en République démocratique du Congo. Cette infrastructure numérique vise à connecter directement les producteurs congolais aux acheteurs internationaux tout en améliorant la transparence des échanges.

La future plateforme devrait assurer le suivi des diamants tout au long de la chaîne d’approvisionnement, depuis leur production jusqu’à leur commercialisation. Elle s’appuiera sur des outils numériques destinés à renforcer la traçabilité des pierres, sécuriser et fiabiliser les données commerciales, et faciliter la mise en relation entre producteurs congolais et acheteurs internationaux. Pour les autorités, cette infrastructure numérique répond à un double objectif : réduire les circuits informels qui pénalisent encore la filière et renforcer la crédibilité des diamants congolais sur les marchés internationaux grâce à une meilleure transparence des échanges.

Le projet intervient dans un contexte où la RDC cherche à mieux valoriser ses ressources minières grâce aux technologies numériques. Malgré son rang parmi les principaux producteurs mondiaux de diamants, le pays exporte encore une grande partie de sa production à l’état brut, tandis que l’exploitation artisanale demeure largement dominante. Les difficultés de traçabilité et la contrebande continuent également de limiter les retombées économiques du secteur.

Selon les données de la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM), la RDC a produit 8,1 millions de carats de diamants en 2025, contre 13 millions de carats en 2021, illustrant le recul de la production ces dernières années. Environ 85 % des diamants proviennent encore de l’exploitation artisanale, un segment fortement exposé aux circuits informels. Pour le gouvernement, le recours aux outils numériques constitue ainsi un levier pour mieux contrôler les flux, renforcer la certification des pierres et améliorer la compétitivité de la filière.

Au‑delà de la plateforme, le partenariat prévoit la création d’ADEX RDC S.A., une société commune chargée du déploiement des solutions numériques. Il comprend également l’installation d’une taillerie‑joaillerie de niveau international, un programme de transfert de technologies ainsi que des actions de renforcement des capacités des professionnels congolais. L’objectif est de développer une chaîne de valeur davantage intégrée, capable d’accroître la transformation locale des diamants tout en accompagnant la modernisation numérique du secteur minier.

Samira Njoya

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